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					Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000     Dakar, 3/6 décembre 2003


AIDES                                                            Bok Jef
Programme Afrique                                                Dakar
France                                                           Sénégal




       ACTES DU 10e REGROUPEMENT DU
           RESEAU AFRIQUE 2000
                            DAKAR - SENEGAL

                             3 au 6 décembre 2003


                 LE CHANGEMENT D’ECHELLE
              DANS LA PRISE EN CHARGE GLOBALE
              DES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH


                             World Aids Foundation
                                    Aventis
                                    Merck
                             Boehringer Ingelheim




ALAVI, REVS+ et AAS, Burkina Faso - ANSS, Burundi -AMEPOUH,
LUMIERE-ACTION et RUBAN-ROUGE, Côte d'Ivoire - AIDES, France -
ASFEGMASSI, Guinée-Conakry - ARCAD-SIDA, Mali - MVS, Niger - BOK
JEF, Sénégal - ACS, AMC et EVT, Togo



                                                                Février 2004


                                                                         -0-
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000   Dakar, 3/6 décembre 2003




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                    Dakar, 3/6 décembre 2003


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REMERCIEMENTS                                                                          p.4


I –PRESENTATION GENERALE                                                               p.5

Contexte du Xe regroupement régional du Réseau Afrique 2000                            p.5
Rappel des objectifs et du programme                                                   p.5
Principaux résultats du regroupement                                                   p.6
Allocutions d’ouverture                                                                p.8


II - POINTS D’ACTUALITE                                                               p.11

1 – Actualités thérapeutiques                                                          p.11
Médicaments génériques et contrôle qualité                                             p.11
Recommandations de prise en charge dans les pays du Sud (OMS)                          p.13

2 – Actualités du Réseau Afrique 2000                                                  p.23
Le centre de formation DONYA à Bamako au Mali                                          p.23
Le soutien en ARV aux militants du réseau Afrique 2000                                 p.23
Le site du Réseau Afrique 2000                                                         p.24
Point sur les jumelages                                                                p.24
La candidature de Kénédougou Solidarité (Mali)                                         p.24



III - QUELLES DYNAMIQUES DE DEMULTIPLICATION A
PARTIR DE NOS EXPERIENCES ?                 p.26
1 – L’expérience de Association African Solidarité (Burkina Faso)                      p.26

2 - Présentation de ACS (Togo)                                                         p.27

3 – La dynamique de démultiplication de AIDES (France)                                 p.28

4 – Synthèse intermédiaire sur les dynamiques de démultiplication                      p.29




                                                                                        -2-
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                   Dakar, 3/6 décembre 2003



IV- L’EVALUATION DES BESOINS LIES AU
CHANGEMENT D’ECHELLE DES ACTIVITES DE PRISE EN
CHARGE : ENJEUX ET METHODES                p.30

1 – Présentation de ALAVI (Burkina Faso)                                                p.30

2 - Présentation de ANSS (Burundi)                                                      p.32

3 - Présentation de AMC (Togo)                                                          p.34

4 - Synthèse intermédiaire sur l’évaluation des besoins                                 p.35


V- LE MONTAGE ET LA GESTION DE RESEAUX LOCAUX
DE SOINS                                   p.37
1 – Exemple de MVS (Niger)                                                              p.37

2 – Exemple de REVS+ (Burkina Faso)                                                     p.38

3 - Exemple de ARCAD-Sida (Mali)                                                        p.39



VI - SYNTHESE GENERALE ET RECOMMANDATIONS
                                                                                        p.42

1 - Contributions possibles des acteurs communautaires au changement d’échelle de la prise
en charge globale des personnes vivant avec le VIH/sida                               p.42

2 – Place et rôle des acteurs communautaires dans le cadre de la décentralisation des
initiatives d’accès aux traitements incluant les ARV                                    p.45



DISCOURS DE CLOTURE                                                                     p.47


ANNEXES                                                                                 p.49

Liste des participants
Programme
Evaluation
Articles de presse



                                                                                         -3-
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003


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       Ce 10ème regroupement a été possible grâce à la bonne volonté de Bok Jef qui a
accepté la lourde tâche de co-organiser ce regroupement malgré sa récente arrivée dans le
Réseau.

        Il n’aurait pas été possible sans la conjugaison de plusieurs efforts venus d’institutions
et de personnes diverses à qui nous adressons nos sincères remerciements.

Notre reconnaissance va à l’endroit de :

World Aids Foundation
Les laboratoires Aventis, Merck, Boehringer Ingelheim
La Coordination Intersectorielle de la Lutte contre le Sida au Sénégal
Le Ministère Sénégalais de la Santé

       Enfin nous remercions ceux qui ont facilité, ou contribué, à notre participation à la 6e
Conférence Internationale sur la prise en charge communautaire et à domicile des PVVIH, qui
a donné plus d’ampleur à ce regroupement, et en particulier :

Pr Pape Salif Sow et Dr Ibrahim N’Doye, du Comité d’Organisation de la Conférence
Kémal Chérabi et Clémence Barré de ESTHER




                                                                                             -4-
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003




                                           I – PRESENTATION GENERALE


Contexte du Xème regroupement régional du Réseau Afrique 2000

Du 3 au 6 décembre 2003 s’est tenu à Dakar le 10ème regroupement du Réseau Afrique 2000.

Cet atelier co-organisé par AIDES et l’association sénégalaise Bok Jef portait sur « le
changement d’échelle dans la prise en charge globale des PVVIH».

Dans un contexte international qui évolue et permet dans de plus en plus de pays, de
bénéficier d’ARV à prix négociés, voire d’ARV génériques, des initiatives nationales d’accès
aux multithérapies sont mises en œuvre, dans le cadre desquelles les centres de soins gérés par
les associations membres du Réseau Afrique 2000, sont déjà ou doivent devenir centre de
référence ou centre accrédité.

Les associations du Réseau Afrique 2000 suivent et vont être amenées à suivre un nombre
croissant de personnes sous multithérapies antirétrovirales, et sont ou vont être de plus en plus
sollicitées dans le cadre des initiatives internationales comme le Fonds Mondial de Lutte
contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose, l’initiative 3 by 5 de l’OMS, ou encore le
programme ESTHER.

La plupart de ces associations sont donc entrées dans une dynamique de changement d’échelle
dans la prise en charge globale des PVVIH, et s’interrogent sur la place des acteurs
communautaires dans cette dynamique car le changement d’échelle dans la prise en charge
globale est un objectif partagé par les différents acteurs : bailleurs de fonds, associations du
Nord et du Sud, institutionnels. Il est donc important face à ces demandes de pouvoir
apporter, dans le cadre du travail en réseau réalisé par les associations d’Afrique 2000, les
outils et méthodes nécessaires à la mise en oeuvre de nouveaux centres.


Rappel des objectifs et du programme

L’atelier a pour objectif d’échanger les expériences en matière de démultiplication des
activités de prise en charge dans la sous-région, d’analyser les besoins des acteurs associatifs
et de définir des méthodes et outils pour la conduite de projets dans une dynamique de
changement d’échelle.

Le programme était donc centré principalement sur les thématiques suivantes :

   -   Les dynamiques de démultiplication expérimentées par les associations,
   -   L’évaluation des besoins liés au changement d’échelle dans la prise en charge,
   -   Le montage et la gestion des réseaux locaux de soins,
   -   Les actualités thérapeutiques centrées sur la présentation commentée des
       recommandations (OMS) de prise en charge dans les pays du Sud et les premiers



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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                       Dakar, 3/6 décembre 2003

       résultats des contrôles qualité de médicaments génériques effectués par l’AFSSAPS à
       la demande du RESEAU AFRIQUE 2000.

Un dîner-débat a permis d’échanger sur le Fonds Mondial et de faire le point sur l’implication
des associations dans le CCM de leur pays.

Enfin, cette rencontre a permis de faire le point sur les actualités et les projets du RESEAU
AFRIQUE 2000.

Au total, vingt quatre (24) participants africains et cinq (5) participants de AIDES ont assisté
au regroupement régional.

L’opportunité de la tenue de la 6e Conférence Internationale sur la prise en charge
communautaire et à domicile des PVVIH qui s’est tenue du 8 au 11 novembre 2003 à Dakar
nous a permis d’inscrire le regroupement en Conférence satellite de cet événement et de
participer à deux tables-rondes pour présenter les conclusions de nos travaux.
Une conférence de presse a été organisée, qui était la première du genre pour le Réseau
Afrique 2000 dans le cadre d’une conférence internationale (cf. articles de presse en annexe),

Principaux résultats du regroupement

Deux stratégies-types de décentralisation ont été mises en évidence. La première tourne
autour de la décentralisation des activités associatives à travers l’extension géographique des
activités de l’association et le renforcement des capacités associatives locales. La seconde
consiste en la décentralisation des savoirs communautaires à travers le renforcement des
capacités par diffusion des savoirs auprès des structures publiques, privées et associatives
locales.

                             Stratégie 1 : décentralisation des        Stratégie 2 : décentralisation
                             activités associatives                    des savoirs communautaires
Objectifs                    - Extension géographique des              Renforcement des capacités par la
                             activités de l’association.               diffusion des savoirs,
                             - Renforcement des capacités              des structures publiques,
                             associatives locales.                     privées et associatives locales.
Conditions préalables        Identification d’un « paquet »            Reconnaissance du savoir-faire
                             d’activités de qualité.                   communautaire et implication
                             Solidité logistique de la structure de    des acteurs communautaires
                             référence.                                dans les stratégies nationales.
                             Expertise de la structure de référence.   Convergence des objectifs avec
                             Mission exploratoire.                     l’Etat et les recommandations
                             Mobilisation locale (existence d’une      internationales.
                             demande) et convergence des               Contractualisation du transfert
                             objectifs des associations et/ou des      de savoir.
                             personnes ressources locales.             Solidité des compétences et
                                                                       expertises de la structure de
                                                                       référence.
                                                                       Identification des personnes
                                                                       ressources.
Cadres juridiques possibles - Antenne du siège.                        Conventions de formation, de


                                                                                           -6-
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                 Dakar, 3/6 décembre 2003


                           - Association affiliée.                diffusion, de publication…
                            Et mise en réseau local (formalisé ?) Et mise en réseau local
                                                                  (formalisé ?)
Résultats attendus         Désengorgement de la structure de      Engagement qualitatif et
                           référence.                             quantitatif des professionnels
                           Valorisation et renforcement de la     de santé dans la PEC globale.
                           dynamique locale.                      Diffusion multisectorielle des
                           Garantie immédiate de la qualité       savoirs.
                           d’action.                              Reconnaissance des
                           Proximité des services pour la         compétences des acteurs non
                           communauté.                            professionnels.
                           Bénéfices mutuels pour les deux        Renforcement des compétences
                           structures et les autres partenaires.  locales.
                                                                  Renforcement des réseaux.
                                                                  Economie d’échelle dans
                                                                  l’investissement des ressources
                                                                  humaines associatives.
                                                                  Garantie différée de la qualité
                                                                  d’action.
Difficultés possibles      Problèmes de communication.            Manque de reconnaissance des
(contraintes)              Contexte socio-culturel différent      savoirs associatifs.
                           (discriminations …)                    Difficultés de collaboration
                           Alourdissement du travail de           entre les différents niveaux
                           supervision de la structure de         administratifs.
                           référence.                             Changement d’environnement
                           Manque d’autonomie vis-à-vis de la institutionnel.
                           structure de référence.                Résistance aux changements
                                                                  des individus et des structures.
                                                                  Vigilance sur la pérennisation
                                                                  des savoirs transférés.
                                                                  Non-respect du contrat de
                                                                  partenariat.

Afin que les acteurs communautaires jouent pleinement leur rôle dans le cadre de la
décentralisation des initiatives d’accès aux traitements incluant les ARV, des préalables
doivent être posés :

    information et formation initiale et continue des acteurs communautaires à la PEC
     globale des PVVIH,
    solide expérience par des activités reconnues dans la prise en charge globale,
    expérience dans le plaidoyer et investissement dans la revendication et/ou la mise en
     place de programmes nationaux d’accès aux ARV,
    insertion indispensable dans le programme national de lutte contre le sida.




                                                                                        -7-
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003



Allocutions d’ouverture

Allocution de N’Déné Sylla, Président de Bok Jef

« Avant de prononcer mon propos, j'aimerais que nous observions une minute de silence, en
la mémoire de ceux et celles qui nous ont quittés Que Dieu les accueille dans son Paradis.

C'est pour moi un réel plaisir, au nom des membres de l'association Bokk Jeff et en mon nom
personnel, de souhaiter la bienvenue à tous ceux et celles, membres du Réseau Afrique 2000
ou partenaires privilégiés, qui nous ont fait l'amitié de nous apporter la chaleur de leur
présence et la force de leur expérience.

Le Sénégal, par le biais de notre association, a été choisi pour organiser, en prélude à la 6 ème
conférence sur la prise en charge communautaire et à domicile des PVVIH, le forum portant
sur le thème suivant : "Le changement d'échelle dans la prise en charge globale des
personnes vivant avec le VIH".

Ce forum a une grande signification pour nous, dans la mesure où le Réseau Afrique 2000 et
AIDES ont accordé leur confiance à une aussi jeune association que la nôtre pour
l'organisation d'une manifestation aussi importante. Bien plus que ce fait, c'est le thème du
forum que nous apprécions à la hauteur des enjeux auxquels des associations comme la nôtre
font face. En effet, la question de l'amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec
le VIH au Sénégal est essentielle, car si le Sénégal est l'un des premiers pays africains à avoir
mis en place une initiative d'accès aux ARV, un domaine aussi important que la prise en
charge communautaire des personnes vivant avec le VIH reste pour l'instant embryonnaire. La
stigmatisation et la discrimination des PVVIH les poussent à maintenir le silence autour de
leur statut sérologique. En outre, bien que la prévalence reste stable, les derniers résultats de
la surveillance épidémiologique montrent des taux supérieurs à 2% dans certaines régions du
pays.

En ce sens ce forum, ainsi que la prochaine conférence, constituent pour nous une opportunité
extraordinaire d'apprendre des expériences des autres pays et d'améliorer la prise en charge
des PVVIH, aussi bien à Dakar que dans les régions. Nous en remercions par avance.

Je tiens également à exprimer ma reconnaissance à tous ceux qui nous ont apporté leur soutien
financier et logistique pour la tenue de ce présent regroupement.

Mesdames et messieurs, tout en nous excusant par avance des imperfections éventuelles qui
pourraient survenir çà et là, je vous souhaite un agréable séjour au Sénégal.

Je vous remercie. »




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                      Dakar, 3/6 décembre 2003

Allocution de Monsieur Christian SAOUT, Président de AIDES


« Monsieur le Représentant du Gouvernement,
Cher Monsieur le Président de Bokk Jeff,
Chers Volontaires et Permanents du réseau Afrique 2000,
Mesdames et Messieurs,
Chers Invités,
Chers Amis,

Le réseau Afrique 2000 est réuni une fois de plus pour l’un de ses regroupements si
nécessaires qui scandent sa vie et tracent la feuille de route pour les mois à venir.

Ces regroupements sont aussi toujours l’occasion de prendre ensemble la mesure des
avancées entre deux regroupements. De se demander autant comment va le réseau Afrique
2000 que « Comment va la lutte contre le sida dans le monde ».

     A cette question, « Comment va la lutte contre le sida dans le monde », on peut
        légitimement répondre avec des inquiétudes. Autant au Nord qu’au Sud.

Au Nord nous ne parvenons plus à cantonner l’épidémie et elle trouve à nouveau à se
développer avec force, particulièrement dans les populations les plus vulnérables, les plus
démunies, chez ceux et celles qui composent des groupes de personnes exclues ou
stigmatisées. En France, l’épidémie devient de plus en plus une épidémie de relations
hétérosexuelles et elle concerne bientôt presque majoritairement des femmes.

Au Sud, l’ONUSIDA vient, comme à chaque 1er décembre, de fournir un le bilan attristant
d’une pandémie toujours explosive. Particulièrement en Afrique où les défis face à l’épidémie
sont terriblement difficiles à relever malgré une forte implication de la société civile, en raison
d’une série de handicaps.

Dans ce panorama aggravé quelques signes modestement encourageants sont apparus ces
derniers mois avec la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le
paludisme et par le lancement tout récent de l’initiative « 3 pour 5 » de l’OMS.

Mais, nos décideurs internationaux et nationaux doivent être conscients que de tels
engagements constituent des dettes contractées à l’égard des peuples, à l’égard de leurs
peuples, à l’égard de l’opinion internationale. Il faut que nos décideurs aient conscience d’être
comptables de ces dettes.

Alors, que peut-on risquer de dire pour l’instant, sinon que ce que les associations du Sud,
notamment avec le soutien des ONG du Nord, affirmaient depuis longtemps était
indispensable : c’est la brèche ouverte dans le mur de l’indifférence, avec les toutes premières
initiatives d’accès aux traitements qu’elles avaient arrachées, qui est en train de s’élargir. Il
faut croire que le Fonds mondial et l’initiative « 3 pour 5 » sont les prémices de
l’élargissement de cette brèche pour que ce soit un jour un front, un large front, qui s’installe
face à l’épidémie.

Ce front est tout aussi indispensable au Sud qu’au Nord. Comme l’a rappelé Nelson Mandela
à Johannesbourg cette semaine, lors du concert 46664 : « Le sida n’est plus seulement une


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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                   Dakar, 3/6 décembre 2003

maladie, c’est une question de droits de l’Homme ». C’est exact. Au Nord comme au Sud, la
lutte contre le sida est une question de droits de l’Homme : c’est en restaurant la dignité de
chacun et celle de tous que l’on donne à la lutte contre le sida quelques chances de réussir.

Mais, au-delà des droits de l’Homme, l’autre donnée essentielle, c’est la question de la
répartition de la richesse dans le monde. Que ce soit d’ailleurs dans les pays du Nord ou entre
les pays occidentaux développés et les pays les plus pauvres de la planète particulièrement en
Afrique.

C’est modestement un peu de cette richesse collective créée par les associations du
réseau Afrique 2000 qui sera d’ailleurs l’objet de notre regroupement avec la question
du changement d’échelle dans la prise en charge globale des personnes vivant avec le
VIH/sida. Il sera en effet question de savoir comment démultiplier nos expériences
concrètes sur les territoires des pays inclus dans le réseau Afrique 2000 : il faut aller des
villes-sièges de nos associations, des « sièges-capitales », vers des relais mieux diffusés,
mieux répartis sur l’ensemble de nos territoires. Cela nécessite de la méthode et mérite
que l’on y réfléchisse si l’on veut réussir, notamment sur le point de savoir comment
évaluer les besoins dans ce changement d’échelle.

Bien sûr, comme à l’accoutumée notre regroupement sera aussi tourné vers l’actualité des
traitements et vers l’actualité institutionnelle internationale.

Nos travaux, nos réflexions et notre mobilisation devraient donc aussi nous permettre
d’aborder au mieux la Conférence internationale extra-hospitalière qui se tient également à
Dakar à partir de dimanche et à laquelle nous allons pour beaucoup d’entre nous participer.

Le thème de notre regroupement est au fond une manière de décliner celui de la
Conférence internationale : « Plus de soins pour vivre mieux ». « Plus de soins pour vivre
mieux » c’est la question qui sous-tend la problématique de la démultiplication des
expériences associatives sur l’ensemble des territoires. « Plus de soins pour vivre mieux »,
c’est bien notre objectif commun.

Merci de votre attention pour ce message d’ouverture de nos travaux, et bon regroupement à
tous. »




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003


                                                             II - POINTS D’ACTUALITE


1 – ACTUALITES THERAPEUTIQUES

       1.1- Médicaments génériques et contrôle qualité1
Contexte
- Plusieurs sollicitations pour contrôler la qualité de médicaments anti-VIH génériques :
De la part des associations membres du réseau Afrique 2000
De la part d’autres associations africaines
De la part d’autres associations françaises qui se mobilisent pour l’accès aux traitements
- Contacts à l’agence du médicament et pharmacologues

Premier cas : le V1
Produit ramené lors d’une mission en Afrique, pas un anti-VIH mais un médicament qui
stimule l’immunité, le « V1 ». La demande était simple « qu’est-ce qu’il y a dedans ? »
Contact avec l’Afssaps qui ne peut pas nous aider.
L’agence nous dit qu’elle est en mesure, pour des raisons techniques, de répondre seulement à
la question : « est-ce qu’il y a tel principe actif et en quelle quantité ? »

Deuxième cas : le Ginovir 3D
A la demande d’associations du Cameroun, un contrôle qualité du Ginovir 3D a été effectué
par l’AFSSAPS à la demande de AIDES.
Un document présentait le générique comme étant une combinaison fixe de médicaments anti-
VIH. Le Ginovir 3D serait une association fixe d’AZT (200 mg) / 3TC (150 mg) / IDV (40
mg). Pris 3 fois/jour, les doses totales d’anti-VIH (AZT 600 mg / 3TC 450 mg / IDV 120 mg)
ne correspondent pas aux quantités habituelles recommandées par jour pour un adulte, soit :
AZT 500 à 600 mg, 3TC 300 mg, IDV 2400 mg.
Mauvaises doses : toxicité et résistance
450 mg de 3TC au lieu de 300 mg (effets indésirables peut-être plus importants)
120 mg d’IDV au lieu de 2400 mg (le sous-dosage en indinavir peut entraîner des risques de
résistance). Aux doses affichées, Ginovir 3D ne serait pas efficace longtemps (bithérapie) et
entraînerait des résistance aux antiprotéases.

Résultats du contrôle de qualité
Il a fallu attendre 6 mois, c’est plus compliqué avec les médicaments qui contiennent
plusieurs principes actifs.
L’agence trouve dans les comprimés qui lui ont été envoyés :
     - AZT 200 mg ;
     - absence d’IDV ;
     - absence de 3TC ;
     - d4T 40 mg ;
     - un troisième composé qui n’est pas identifié.


Communiquer les résultats

1
    Voir fichiers sur CD joint sur le contrôle de qualité.


                                                                                             - 11 -
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Courriers et résultats mis en ligne sur le site de AIDES
Envoyés au réseau Afrique 2000
Brève dans la presse en France
Bien expliquer que cela ne remettait pas en cause l’intérêt des génériques
Communiquer les résultats au laboratoire (SELCHI) mais depuis leur site ne fonctionne plus.
Pas de réponse.

Plusieurs articles dans la presse au Cameroun

Troisième cas : Pharmaquick au Bénin
Un membre d’Act Up à Paris est revenu du Bénin avec deux comprimés provenant de
Pharmaquick. Un comprimé d’AZT et un comprimé de 3TC. Les deux comprimés ont été
confiés à un pharmacologue plutôt que l’Afssaps.
Contrôle la présence ou l’absence de principes actifs. Résultats rendu très rapidement.
Comprimés contiennent bien les principes actifs aux bonnes doses.

Quatrième cas : produits CIPLA
L’ANSS a fourni à AIDES treize médicaments de Cipla pour un contrôle de qualité :
Dinex EC, Duovir, Duovir-N, Efavir, Indivan, Lamivir, Lamivir-S, Nelvir (nelfinavir 250
mg), Nevimune (oral suspension nevirapine), Odivir Kit, Stavir, Triomune, Zidovir
Médicaments envoyés à l’agence, en attente du résultat. L’Afssaps souhaite formaliser le
partenariat.

Les limites du contrôle ponctuel
Un point de contrôle ne suffit pas à valider de manière définitive la qualité des médicaments.
Cela permet néanmoins de donner l’alerte (Ginovir 3D).
Si contrôle OK, comme pour Pharmaquick cela ne veut pas dire que tous les médicaments
produits par ce laboratoire seront de bonne qualité.
Transfert de compétence : contrôle de qualité dans les pays du Sud.




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   1.2 – L’initiative « 3 by 5 » de l’OMS : recommandations pour la prise
   en charge du VIH/sida dans les pays du Sud (présentation d’après une
   version provisoire des recommandations)

« L’apparition en 1996 d’un traitement antirétroviral actif (ART) a révolutionné la manière
dont sont soignées les personnes vivant avec le VIH/SIDA dans les pays développés. Ces
traitements ne permettent pas de guérir de la maladie et posent aux personnes vivant avec le
VIH/SIDA de nouveaux problèmes spécifiques liés aux effets secondaires et à la résistance
aux médicaments. Néanmoins, ils ont considérablement réduit les taux de mortalité et de
morbidité, amélioré la qualité de vie, revitalisé les communautés et transformé la perception
du VIH/SIDA qui, de fléau, est devenu une maladie chronique avec laquelle on peut vivre.

Malheureusement, la majeure partie des 40 millions de personnes qui vivent actuellement
avec le VIH/SIDA habitent dans les pays en développement, où elles ne bénéficient pas de ce
pronostic nettement amélioré 35. L’OMS estime que fin 2003, près de 6 millions de personnes
vivant dans les pays en développement ont un besoin immédiat d’un traitement antirétroviral
indispensable à leur survie. En revanche, seulement 400 000 personnes parmi celles-ci ont
accès à ces traitements alors que plus d’un tiers d’entre elles habitent dans un même pays : le
Brésil.

Lors de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le
VIH/SIDA, le 22 septembre 2003, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré urgence
sanitaire mondiale le manque d’accès au traitement antirétroviral. L’OMS appelle donc à une
action sans précédent pour garantir que, d’ici à la fin 2005, 3 millions de personnes au moins
auront accès au traitement antirétroviral dont elles ont besoin.

Pour atteindre cet objectif des « 3 millions d’ici 2005 », l’OMS va développer un cadre
stratégique reposant sur les piliers suivants :

      une autorité globale, un partenariat et un plaidoyer solides,

      un soutien en urgence au niveau national,

      des outils normalisés simplifiés pour délivrer le traitement antirétroviral actif,

      une fourniture efficiente et fiable des médicaments et des diagnostics,

       une identification et une ré-application rapides des nouveaux savoirs et succès.

Les recommandations de traitement simplifiées et mises à jour constituent la pierre angulaire
de l’objectif « 3 millions d’ici 2005 » de l’OMS. Plus directives que les précédentes
recommandations en ce qui concerne les traitements de première et deuxième intention, elles
tiennent compte non seulement des résultats des essais cliniques et des études d’observation
sur l’efficacité et les effets secondaires des schémas thérapeutiques discutés, mais encore de
l’expérience acquise par les programmes de traitements antirétroviraux dans les pays à
ressources limitées ainsi que du coût et de l’accessibilité aux médicaments dans ces pays. Par
cette approche, l’OMS souhaite aider ces pays et ces régions en relevant le défi majeur posé
par la fourniture du traitement antirétroviral aux millions d’individus qui sont en attente d’un
traitement immédiat ou imminent. Ce document s’attache uniquement aux recommandations


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pour le traitement et la surveillance des antirétroviraux ; il est toutefois l’une des
composantes d’un ensemble de soins globaux diffusés au niveau national, réunissant la
prévention et le traitement de l’infection opportuniste, des programmes nutritionnels, une
aide psychosociale pour les personnes contaminées. Le traitement du VIH, facilité par ces
recommandations, vient compléter, au niveau national, toute la série d‘efforts en matière de
prévention du VIH pour les personnes non contaminées.

Voici un rappel des progrès les plus récents qui ont été réalisés dans le domaine des
traitements antirétroviraux et qui sont pris en compte dans l’élaboration de la présente
révision :
           les nouvelles données d’essai clinique dont certaines suggèrent l’infériorité de
            l’efficacité virologique de l’association nucléosidique triple, AZT/3TC/abacavir
            (ABC) comparée au schéma de la trithérapie ou de la quadrithérapie basée sur
            l’éfavirenz ;

           la mise à disposition d’un nucléotidique analogue, le ténofovir disoproxil
            fumarate (TDF) ;

           les problèmes de toxicité en ce qui concerne le composant nucléosidique double
            de stavudine (d4T)/didanosine (ddI) ;

           la reconnaissance croissante de l’étendue de la résistance croisée aux classes de
            médicaments parmi les analogues nucléosidiques et nucléotidiques ;

           l’approbation d’un nouvel analogue nucléosidique, l’emtricitabine (FTC) et d’un
            inhibiteur de la protéase, l’atazanavir (ATV), ainsi que les progrès de la mise à
            disposition et de l’expérience clinique se rapportant aux préparations
            d’antirétroviraux génériques de qualité supérieure, notamment dans les
            associations à dose fixe et les emballages rigides. (on ne prendra toutefois pas en
            compte l’enfuvirtide ou ENF dans la suite de ce document en raison de son coût et
            des exigences de son administration parentérale, qui rendent ce médicament
            actuellement inadapté pour les pays aux ressources limitées).

Ces recommandations de traitement font partie de l’engagement permanent de l’Organisation
Mondiale de la Santé pour le traitement des personnes vivant avec le VIH/SIDA
(PLWH/AIDS). La première édition de ces recommandations a été publiée et diffusée en avril
2002. Elle reflétait les meilleures pratiques de l’époque et s’appuyait sur la révision des
preuves existantes. Dans ce domaine en constante évolution, l’OMS a reconnu dès le départ
que ces recommandations devraient être mises à jour de manière régulière. La présente mise
à jour a été effectuée afin de refléter les nouvelles données scientifiques et la réalité de
l’amélioration de l’accès aux traitements antirétroviraux dans de nombreux pays. »2

La version définitive des recommandations est disponible en français à l’adresse suivante :
http://www.who.int/hiv/pub/prev_care/en/arv_fr_w.pdf




2
 Introduction du rapport de l’OMS AMÉLIORER L’ACCÈS AUX TRAITEMENTS ANTIRÉTROVIRAUX DANS
LES PAYS À RESSOURCES LIMITÉES : RECOMMANDATIONS POUR UNE APPROCHE DE SANTÉ
PUBLIQUE / RÉVISION 2003. Voir fichier sur CD joint.



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Nécessité de mettre à disposition les traitements
Actuellement, cinq à six millions de personnes infectées par le VIH dans le monde en
développement doivent, pour survivre, avoir accès à un traitement antirétroviral.
Quelque 300 000 d'entre elles seulement y ont accès (1/3 au Brésil).
 Situation d'urgence sanitaire mondiale

Rappel de base sur ARV et VIH/sida
Les ARV ne permettent pas de se débarrasser du virus mais le contrôlent.
Les ARV ont des effets indésirables.
Le virus peut devenir résistant aux ARV.
Baisse très importante du nombre de décès et de nouveaux cas de sida.
Meilleure qualité de vie.

La mise à jour des recommandations OMS
Objectif affiché de 3 millions de personnes sous ARV d’ici à la fin 2005
Propositions qui prennent en compte :
       LE PRIX DES ARV
       LEUR DISPONIBILITE
       LES RESULTATS D’ESSAIS CLINIQUES
       Efficacité et effets indésirables
       LA PRATIQUE, VIA LES PROGRAMMES D’ACCES DANS LES PAYS DU SUD

Prise en compte des dernières informations scientifiques
AZT/3TC/abacavir un peu moins efficace que AZT/3TC/efavirenz ou
AZT/3TC/abacavir/efavirenz
Ténofovir commence à être disponible
Toxicité plus importante avec l’association ddI/d4T
Résistance
AMM de FTC (Emtriva) et atazanavir (Reyataz)
Nouvelles associations fixes d’ARV
AMM de T20 (Fuzeon), nouvelle classe de médicament mais inaccessible (injectable,
coûteux)

Objectifs de ces recommandations
Standardiser et simplifier les schémas thérapeutiques proposés
Proposer des schémas validés scientifiquement pour éviter une prise en charge de mauvaise
qualité
Prendre en compte la réalité de terrain (infrastructure, contexte socio-économique) pour une
prise en charge bien définie et réalisable

Recommandations OMS
     Quand commencer un traitement ?
     Quels traitements de première intention ?
     Raisons du changement de traitement
     Suivi d’une personne sous ARV
     Quels traitements de deuxième intention
     Cas spécifiques (grossesse, enfant, tuberculose)
     Observance
     Résistance aux ARV



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Quand commencer un traitement ?
    - Avec numération CD4 :
Si infection opportuniste en cours
Si symptômes présents (perte de poids, diarrhées inexpliquées etc.) et peut-être si CD4 <
350/mm3
Sans symptôme si CD4 inférieur à 200/mm3
    - Sans numération CD4 :
Si infection opportuniste en cours
Si symptômes présents (perte de poids, diarrhées inexpliquées etc.)
Si symptômes présents (perte de poids, problèmes de peau, zona, infections pulmonaires
récurrentes) et lymphocytes inférieurs à 1200/mm3

Mesurer la quantité de virus dans le sang ?
La mesure de la quantité de virus dans le sang (charge virale) n’est pas recommandée pour
initier un traitement (coût et complexité de l’examen).

Quels traitements de première intention ?
Schémas simplifiés
Un traitement de première ligne : [(d4T or AZT) + 3TC + (NVP or EFZ)]
Si problème de tolérance ou d’efficacité
Un traitement de seconde ligne prédéfini
Après prise en charge par un spécialiste

Trois sites d’actions des médicaments anti-VIH
Bloquer l’entrée
Bloquer le virus dans la cellule (enzyme de transcription)
Empêcher la maturation des nouveaux virus

Vingt principes actifs (24 médicaments)
       Les inhibiteurs de la transcriptase inverse :
NRTIs
Zidovudine (ZDV, AZT)
Didanosine (ddI)
Zalcitabine (ddC)
Stavudine (d4T)
Lamivudine (3TC)
Abacavir (ABC)
Emtricitabine (FTC)
Nucleotide RTIs
Tenofovir (TDF)
NNRTIs
Nevirapine (NVP)
Delavirdine (DLV)
Efavirenz (EFV)
       Les antiprotéases (ou inhibiteurs de la protéase):
Saquinavir (SQV)
Ritonavir (RTV)
Indinavir (DV)
Nelfinavir (NFV)
Amprenavir (APV)


                                                                                    - 16 -
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Lopinavir/ritonavir (LPV/RTV)
Atazanavir (ATV)
       Les inhibiteurs d’entrée :
Enfuvirtide (T-20)

Prise en compte de la réalité de terrain
Avril 2002, trois types de trithérapie étaient proposées pour initier un traitement :
2 NRTIs + 1 NNRTI
2 NRTIs + 1 IP
3 NRTIs

Décembre 2003, une différentes proposition : 2 NRTIs + 1 NNRTI
3 NNRTIs presque jamais utilisée (coût prohibitif de l’abacavir, problème d’hypersensibilité)
2 NRTIs + 1 IP presque systématiquement utilisée en deuxième ligne (coût, nombre de prises
et d’unités de prise, chaîne du froid pour certaines d’entre elles)

Cinq principes actifs sélectionnés
       Nucléosides :
stavudine (d4T, Zerit, Stavir, etc.)
zidovudine (AZT, Retrovir, Zidovir, etc.)
lamivudine (3TC, Epivir, Lamivir, etc.)
       Non-Nucléosides :
nevirapine (NVP, Viramune, Nevimune, etc.)
efavirenz (EFZ, Sustiva, Efavir, etc.)

Pourquoi 2 NRTIs + 1 NNRTI ?
Efficacité
Tolérance
Combinaisons à dose fixe (Triomune, etc.)
Conservation (température ambiante)
Coût

Quatre combinaisons possibles
AZT (zidovune) + 3TC (lamivudine) + NVP (névirapine)
AZT + 3TC + EFZ (efavirenz)
d4T (stavudine) + 3TC + NVP
d4T+ 3TC + EFZ

AZT vs. d4T
(NE JAMAIS ASSOCIER AZT et d4T)
        AZT :
(-) Moins bien toléré en début de traitement (nausées)
(-) Anémie et baisse des globules blancs (bilan biologique nécessaire)
(+) Moins de perte de graisse de d4T
(+) Combinaison fixe
        d4T :
(+) Mieux toléré en début de traitement
(+) Pas de problème d’anémie
(-) Perte de graisse (lipoatrophie)
(-) Neuropathie (douleurs aux pieds et aux mains), pancréatite


                                                                                         - 17 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                  Dakar, 3/6 décembre 2003

Acidose lactique (usines à énergie des cellules sont endommagées) plus fréquente ?

3TC (lamivudine)
Efficace (en association)
Bien toléré
Une ou deux prise(s) par jour: 150 mg x 2, 300 mg x 1
Combinaison fixe (Duovir, etc.)
Nouveau médicament similaire récemment disponible (FTC, Emtriva)

NVP vs. EFZ
(NEVIRAPINE: TOUJOURS INITIER LE TRAITEMENT AVEC LA MOITIE DE LA
DOSE PENDANT LES 14 PREMIERS JOURS)
         nevirapine :
(+) coût
(+) combinaison fixe
(-) allergie de peau (rash cutané)
(-) toxicité sur le foie (hépatotoxicité)
         Efavirenz
(-) coût
(-) pas encore de combinaison fixe mais Odivir (présentation par strip de ddI, 3TC, EFZ)
(+) moins d’allergie de peau
(+) moins toxique sur le foie
(-) Problèmes de dépression, angoisse, difficulté de concentration, cauchemars (problèmes
neuro-psychiatriques)

Autres caractéristiques

 Traitements Grossesse                Tuberculose                 Examen sanguin
d4T/3TC/NVP     oui    Possible mais interaction avec rifampicine      non
AZT/3TC/NVP     oui    Possible mais interaction avec rifampicine      oui
d4T/3TC/EFZ    non                         oui                         non
AZT/3TC/EFZ    non                         oui                         oui

Quelques exemples
(AZT + 3TC) + NVP
383 à 418 $ par an (*)

(d4T + 3TC + NVP)
281 à 358 $ par an (*)

(AZT + 3TC) + EFZ
611 à 986 $ par an (*)

(d4T + 3TC) + EFV
297 à 1086 $ par an (*)

Antiprotéases en première intention ?
Les NNRTIs ne marchent pas sur VIH2 et le VIH1 sous-type O. Dans certaines communautés
où la prévalence de ces virus est forte ?
En cas d’intolérance aux NNRTIs (problème de foie, maladie mentale, allergies cutanées)


                                                                                     - 18 -
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IP en association à faible dose de ritonavir plus efficace et plus simple à prendre mais
problème de conservation
Difficulté en cas de tuberculose (interaction médicamenteuse)
Certaines IP moins efficaces

3 NRTIs en première intention ?
Nouvelles informations: moins efficace voir pas efficace du tout :
        AZT/3TC/ABC (ABC inférieur à EFZ)
        ddI/TDF/3TC (plus de 90% d’échec)
        3TC/ABC/TDF (plus de 50% d’échec)
Mais si combinaison fixe AZT/3TC/ABC devient plus accessible à envisager au cas par cas
(en particulier si TB)

Raisons du changement de traitement
       Échec :
Ne pas confondre avec le « syndrome de reconstitution immunitaire »
Si mesure des CD4: baisse et retour à un niveau avant le traitement ou baisse de plus de 50%
Pas de mesure des CD4: symptômes cliniques
       Tolérance :
Anémie
Perte de graisse
Toxicité sur le foie
Allergie de peau
Neuropathie
Pancréatite
Problèmes neuropsychiatriques

Tolérance
Identifier le médicament responsable et le substituer
d4T vers AZT : Neuropathie, pancréatite
d4T vers ddI, TDF, ABC : Perte de graisse
ZDV vers d4T : Nausées importantes, anémie
NVP vers EFZ : Allergie cutanée modérée
NVP vers IP : Allergie cutanée grave
EFZ vers NVP : Problèmes neuropsychiatriques

Suivi d’une personne séropositive

 Centre de soins               Hôpital                       Hôpital
 communautaire                 de district                   régional
 • Dépistage VIH               • Dépistage VIH               • Dépistage VIH
 • Hémoglobine (AZT)           • Accès à 2e trousse          • Formule sanguine
 • Test de grossesse (EFZ)     • Formule sanguine            • comptage des CD4
                               • comptage des CD4            • Autres bilans (foie,
                               • ALT (mesure des             reins, graisse dans le
                               enzymes du foie)              sang)
                               • Test de grossesse (EFZ)     • Test de grossesse (EFZ)
                               • BK crachat                  • BK crachat
                                                             • Charge virale


                                                                                           - 19 -
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Suivi clinique

       Avant d’initier le traitement :
Déterminer l’état de santé de la personne
Tuberculose
Grossesse
Troubles psychiatriques
Quels autres traitements
Poids
Discuter du traitement avec le patient

       Après avoir initier le traitement :
Déterminer s’il y a des problèmes de tolérance
Vérifier l’observance
Est-ce que le patient va mieux ?
Poids
Bilan sanguin si nécessaire

Quels traitements de deuxième intention ?
Changer tous les médicaments
Utiliser une nouvelle classe de médicaments anti-VIH
Les IPs sont plus efficaces si elles sont associées à une faible dose de ritonavir

Plusieurs combinaisons possibles
TDF (tenofovir)+ ddI(didanosine)+ LPV/r (lopinavir)
TDF + ddI+ SQV/r (saquinavir)
ABC (abacavir)+ ddI+ LPV/r
ABC + ddI+ SQV/r

Limites
Accès difficile à ABC, TDF, IPs
Dose plus faible de ddI si en association à TDF (250 mg au lieu de 400 mg ?)
nelfinavir possible mais moins puissant
IDV/r possible mais quelle dose ? (400/100, 600/100, 800/100 ?) effets indésirables (calculs,
peau sèche, ongle incarné)
La place de IDV sans ritonavir (à jeun, trois fois par jour, boire beaucoup)
ritonavir doit être conservé au froid

Grossesse
EFZ pourrait être toxique sur le fœtus (malformations chez le singe)
Si grossesse prévue utiliser NVP
Nécessaire de remplacer EFZ par NVP si grossesse démarre
Éviter l’association ddI/d4T, risque plus important d’acidose lactique chez la femme enceinte
Peut-être utiliser une combinaison d’ARV plutôt que NVP ou AZT seul si prévention de la
transmission mère-enfant seulement (éviter les résistances)
Si choix IP plutôt que NNRTI préférer SQV/r ou nelfinavir

Enfants de moins de 18 mois



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Difficulté de confirmer la séropositivité avant 18 mois sans accès à des examens biologiques
coûteux (charge virale par exemple)
Utiliser les CD4 pour décider de commencer un traitement (pourcentage inférieur à 20%) ou
présence de symptômes
Si lymphocytes < 2500 et symptômes envisager le traitement
Refaire un test anticorps à 18 mois pour les enfants dont on ne connaît pas le statut

Quels traitements pour les enfants ?
Des tableaux avec différentes doses par âge devront être mis au point (couper et écraser des
comprimés)
EFZ, en dessous de 3 ans on ne sait pas quelle dose utilisée
Comme pour l’adulte (AZT ou d4T) + 3TC + (NVP ou EFZ si plus de trois ans)
Doit-on adapter le traitement en fonction du traitement que la mère a reçu dans les
programmes de transmission mère-enfant ?

Tuberculose et VIH
Si CD4 < 200, commencer le traitement TB et 2 semaines à 2 mois après commencer le
traitement anti-VIH (EFZ ou SQV/r ou NFV ou ABC)
Si CD4 entre 200-350, commencer le traitement TB, envisager le traitement anti-VIH
Si CD4 > 350, TB mais pas VIH

Observance
Ne pas manquer plus de 1 ou 2 prises par mois par que le traitement soit le plus efficace
possible
Éducation des patients indispensable:
       Le VIH c’est quoi
       Les maladies opportunistes
       Les bénéfices du traitement
       Les effets indésirables
       Comment prendre son traitement
       Importance de bien prendre son traitement

Autres pistes
Éducation par les pairs, matériel d’éducation adapté (visuel par exemple)
Traitement facile à prendre
       Moins d’unité de prise (Triomune)
       Pas plus de 2 fois par jour
       Pas de contrainte alimentaire
       Prendre en compte le mode de vie du patient
Implication des proches et des associations

Ce que l’on a appris sur l’observance dans les pays du Sud
Pas d’impact positif si on demande une contribution financière aux patients
Visite à domicile et soutien psychosocial (+)
Soutien de la famille (+), traiter tous les membres de la famille (+)
Piluliers ou blisters (+)
Pour certains patients DOT (+)
Équipement mobile pour aller vers les patients
Bien organiser l’approvisionnement en médicaments anti-VIH



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Résistance aux ARV
Défi pour les pays du Nord et du Sud. Au Nord 10% des nouvelles contaminations par virus
résistant à un médicament anti-VIH.
Les pays du Sud : participer à ou initier des programmes de surveillance des résistances
        Chez les personnes séropositives qui n’ont jamais pris de traitement
        Chez les personnes qui ont besoin de changer de traitement

Conclusion
Réfléchir à ces propositions
Les discuter
Les adapter aux situations locales




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2 – ACTUALITES DU RESEAU AFRIQUE 2000

    Le centre de formation DONYA à Bamako au Mali

Rappel du calendrier :
       - première formation de formateurs en novembre 2003
       - deuxième session en janvier 2004 avec les mêmes participants
       - évaluation : validation des participants comme formateurs ou intervenants.
       - sessions de formations locales ? en fonction du plan de formation de chaque
association.

Aujourd’hui, DONYA n’a pas de financements propres et des négociations sont en cours avec
en parallèle une demande d’accréditation pour que les participants aient une attestation
valable.
Mais DONYA reste un grand chantier sans financements ni existence juridique ni
accréditation. C’est un projet ARCAD/AIDES qui associe le Réseau Afrique 2000 dans sa
dimension sous- régionale.

    Le soutien en ARV aux militants du réseau Afrique 2000

Ce programme été présenté au dernier regroupement à Niamey et a été lancé en avril 2003.

Rappel :

Objectif du programme : soutenir les membres actifs des associations du Réseau Afrique 2000
pour qu’ils poussent le plaidoyer pour l’accès aux ARV dans leur pays.

Comment ? En prenant en charge les trithérapies (envoi de médicaments collectés au niveau
du réseau AIDES et dons des labos + achat sur place) et la base du suivi biologique (une
analyse CD4 chaque 6 mois).

Qui ? Une soixantaine de membres actifs des associations AMC, ACS et EVT (Togo) et AAS,
ALAVI et REVS+ (Burkina Faso), sur proposition conjointe du médecin référent et du CA de
l’association.

Procédure :
       - envoi d’une liste par association
       - signature d’une convention avec AIDES
       - envoi tous les 3 mois des médicaments + virements bancaires
       - possibilité de modifier les listes en cas de « force majeure » (remplacement d’une
personne décédée ou partie), d’après l’avenant à la convention.

Ce programme, qui devrait durer deux ans, a donc sept mois d’ancienneté.

Calendrier : envoi du bilan financier annuel et des pièces justificatives en février 2004.




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                       Dakar, 3/6 décembre 2003



    Le site du Réseau Afrique 2000

Ce projet date de quelques années, une première tentative avait été faite en 2001, et est remis
à l’ordre du jour à la demande des partenaires.

Adresse : www.reseauafrique2000.org

Comment allons-nous procéder ?
        - élaboration d’un site par une agence professionnelle à partir des contenus fournis par
AIDES
        - format du site : léger, convivial, facile à mettre à jour
        - 40 pages français/anglais, dont une page pour chaque association du Réseau avec un
lien vers son site
        - gestion du site et mise à jour par une association du Réseau (responsabilité tournante)

Calendrier :
      - décembre 2003 : élaboration d’une charte graphique et envoi des premiers contenus
      - pour le 05/01/04 : réception des mises à jour de chaque association pour sa
présentation
      - mi-janvier : finalisation et mise en ligne
      - six premiers mois : gestion par Ruban Rouge
       - six mois suivants : gestion par AAS


    Point sur les jumelages

Etat des lieux 2003 : 11 jumelages en cours, 3 en projet, un arrêté.

Le Ministère des Affaires Etrangères financent les projets de jumelage sur deux ans
(septembre 2002/04).

Projet en cours (présenté au regroupement de Niamey) : élaboration d’un « guide » sur les
jumelages
        - travail d’un comité de rédaction formé de référents du réseau AIDES et de
représentants du Réseau Afrique 2000 sur deux ateliers (mars et octobre 2003)
        - premier « draft » élaboré qui va être amélioré pour une parution pour la
Conférence Internationale de Bangkok en juillet 2004.


    La candidature de Kénédougou Solidarité (Mali)


L’association Kénédougou Solidarité de Sikasso au Mali souhaite intégrer le Réseau Afrique
2000.

C’est une association communautaire qui est à l’origine de la création du CERKES en 1997.



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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                   Dakar, 3/6 décembre 2003

Ses activités sont le conseil-dépistage, la PEC sociale, psychologique et médicale… et la mise
en place d’une association de PVVIH « Djigi » (=espoir) dont six membres sont sous
traitement.

Décision du réseau Afrique 2000
C’est une association que nous connaissons déjà puisqu’elle est parrainée par ARCAD-Sida et
à ce titre a déjà participé à plusieurs regroupements du Réseau.
Sa candidature est acceptée à l’unanimité.

Rappel des coordonnées et contacts à KENEDOUGOU SOLIDARITE
Mohamed TOURE - Président
BP 365
Rue 44, porte 1210, Wayerma I
SIKASSO
Tel/fax : 223 262 14 33 / 672 20 57
N° vert : 262 16 56
E-mail : ksolidarite@yahoo.fr / kenesol@buroticservices.net.ml




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003



   III - QUELLES DYNAMIQUES DE DEMULTIPLICATION A
                       PARTIR DE NOS EXPERIENCES ?


1 – L'EXPERIENCE DE ASSOCIATION AFRICAN SOLIDARITE (AAS)
EN MATIERE DE DECENTRALISATION DES PRESTATIONS DE
PRISE EN CHARGE (BURKINA FASO)

Présentation rapide du contexte et du projet de décentralisation de l’association en
rapport avec le thème
AAS apporte sa contribution dans la lutte contre le sida depuis 1991.
Création du Centre Oasis en 1998 (accompagnement et prise en charge de PVVIH).
Nombre croissant des bénéficiaires du Centre et de PVVIH plan national.
Décision de AAS de décentraliser ses prestations (ouverture d’un centre à Zorgho).

Politique nationale de décentralisation des activités de lutte contre le sida
Coordination par le Comité National de Lutte contre le Sida et les IST (CNLS/IST).
Mise en place de comités locaux de lutte contre le Sida: niveau province, département,
village.
Initiatives d’accès aux traitements: dons Tan Aliz, Esther, Le Fonds Mondial , MAP (Banque
Mondiale), diminution des prix des ARV, Signature d’une convention avec le Brésil pour
l’importation d’ARV pédiatrique.

Justification des options choisies par l’association
AAS opte pour l’installation d’antennes pour décentraliser pour décentraliser ses activités.
Appui technique à des organisations locales (exemples de Kaya et de Manga).

Moyens, méthodes et partenariats mis en œuvre
Collaboration avec une association locale (obtention d’un local, facilités auprès des autorités
et des populations).
Implication de personnes ressources locales.
Partenaire financier (Emmaüs/Pays-Bas) obtenu par l’intermédiaire de l’association locale.

Méthodes
Élaboration d’un plan d’action.
Exécution d’activités préliminaires (colonies de vacances avec implications des enfants de la
localité).
Diversification des activités (intégration d’activités de préventions, ouverture d’une radio
communautaire, etc.).
Dépistage.
Références de cas vers des structures de santé locales et le centre Oasis.

Chronogramme d’exécution des activités
2002 : - Missions d’explorations
       - Organisation d’une colonie de vacances (août 2002)
2003 : - Mars / mai: installation (locaux, kiosques Café Santé, radio)




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       - Juin : démarrage des activités (animation IEC, conseil de dépistage, mise en place de
clubs anti Sida)

Résultats du projet
Installation d’un kiosque Café Santé.
Constitution de 5 Clubs anti Sida (CAS).
80 tests de dépistage réalisés.
Une radio communautaire.
Partenariat établi avec les structures locales (communales, sanitaires).

Difficultés rencontrées
Moins de difficultés rencontrées du fait de notre approche.
La mentalité par rapport au VIH (appréhension).
Manque d’infrastructures dans la localité (moyens de communication notamment).

Perspectives pour l’association
La radio Laafi , outil de mobilisation par excellence.
Poursuite et formaliser le système de référence avec les structures de santé au niveau local.
La dynamique nationale en matière de décentralisation (mise en place de comités locaux de
lutte contre le sida).
Les programmes internationaux d’élargissement de l’accès aux traitements ARV.
Autres localités identifiées: Kombissiri, Ziniaré.


2 - PRESENTATION DE ACS (TOGO)

Contexte du projet de décentralisation
35 institutions en lutte contre la pandémie de l’infection à VIH :
    - 33 à Lomé contre 2 à l’intérieur du pays.
10 interviennent de façon sporadique ou ponctuelle dans la région des plateaux :
    - 2 offrent une prise en charge médicale,
    - 3 offrent des services de conseil,
    - 4 font de la sensibilisation.
  Création d’une antenne ACS à Atakpamé.

Justification des options
Faiblesse de la couverture des services offerts par les institutions étatiques et les ONG.
Un motif double :
      - la mobilisation locale,
      - l’intention de devenir un réseau national.

Les moyens
    Les ressources humaines :
Missions de prospections.
Un noyau de 25 volontaires.
Un personnel salarié de trois personnes.
    Le matériel :
Matériel d’unité périphérique de soins.
    Les ressources financières :
Les fonds de démarrage rassemblés par le collectif Sida de la ville de NIORT.


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RISA- Atakpamé est actuellement financé par Solidarité Sida.

La méthode
RISA-Atakpamé est une antenne de RISA I- Lomé.
RISA-Atakpamé n’est pas autonome.

Les partenariats
AIDES NIORT.
Solidarité Sida.

Résultats
ACS plus proche de ses usagers.
Nombreux progrès enregistrés dans la lutte contre la stigmatisation.
Une soixantaine de patients régulièrement suivis.

Difficultés
     Les soins à domiciles :
Cadre de vie pas toujours adapté.
Difficulté de transport des malades alités.
Difficulté d’acheminement des de médicaments.
     Le soutien psychosocial :
Difficulté d’instaurer un climat de confidentialité.
Difficultés de suivi des malades.

Perspectives
Organiser le suivi de l’évolution de l ’association.
Diversifier nos services.
Renforcer les services déjà existants.


3 - LA DYNAMIQUE DE DEMULTIPLICATION DE AIDES (FRANCE)
La période d’émergence
1984 création d’une association à Paris.
Suivent des créations d’associations « AIDES » en région, notamment à Marseille.
Multiplication des créations d’associations sur la base d’une carte des CHU.

Le mouvement fédéral
Création en 1990 de AIDES Fédération.
Structure juridique distincte des associations AIDES régionales à laquelle sont affiliées ces
associations régionales.
Avantages du fédéralisme (subsidiarité, cohérence dans un mouvement).
Limites du fédéralisme.

Le mouvement unifié AIDES
Une fusion de l’ensemble (fédération + associations régionales) dans une entité unique.
Une organisation politique unifiée et non pas unique (mouvement décentralisé).
La conservation de trois niveaux avec chacun un métier : le national (stratégie), le régional
(mutualisation des moyens), le local (autonomie de l’action dans le respect des règles
nationales).


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Une organisation administrative de AIDES unifiée et non pas unique (la déconcentration).
Une double approche décisionnelle (ascendante et descendante pour l’orientation politique
dans la délibération collective, ascendante et descendante pour l’exécutif dans l’approche
fonctionnelle).

Conclusion
L’enjeu de la transformation politique dans la lutte contre le sida (subsidiarité, innovation, …)
par la responsabilisation des acteurs dans la chaîne « national/régional/local » de AIDES :
axes stratégiques nationaux, régionaux, locaux.
L’enjeu de la qualité d’action par des outils spécifiques : fiches-actions, soutien
méthodologique, …



4 - SYNTHESE INTERMEDIAIRE SUR LES DYNAMIQUES DE
DEMULTIPLICATION

Il ressort des expériences présentées trois stratégies pour la décentralisation des activités :
             - La création d’antenne par une association-mère
             - L’appui à des organisations locales indépendantes
             - La diffusion de bonnes pratiques au secteur public.
Les travaux de l’atelier ont permis d’approfondir chacune des stratégies à partir d’une feuille
de route en cinq points à savoir :
             - Les conditions nécessaires à la stratégie
             - Les expériences associatives sous-régionales illustrant la stratégie,
             - Les facteurs de succès de cette stratégie,
             - Les principales difficultés à surmonter pour la mise en œuvre de la stratégie,
             - Les principales recommandations pour renforcer la contribution des
                associations à la décentralisation des activités de prise en charge,




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          IV - L’EVALUATION DES BESOINS LIES AU
 CHANGEMENT D’ECHELLE DES ACTIVITES DE PRISE EN
                   CHARGE : ENJEUX ET METHODES

1 - PRESENTATION DE ALAVI (BURKINA FASO)

Présentation du contexte et du projet
Le taux de prévalence du VIH/SIDA au Burkina Faso reste élevé à 6,5% (rapport CNLS-IST
2001). 45 % de la population Burkinabé vit en dessous du seuil de pauvreté ( moins de 70$/an
et par personne ). Elle est essentiellement rurale et démunie, incapable de prendre les
traitements en charge. La prise en charge des PVVIH/SIDA nécessite l’implication de
plusieurs acteurs (ONG/OBC/services de santé…)
Ainsi l’Association Laafi la viim ( ALAVI ) créée le 07/7/95 s’est donnée pour mission la
promotion et l’autosuffisance des PVVIH.
De nos jours, les Politiques nationales de décentralisation (PND) tendent à :
         - l’intégration de la prise en charge médicale des PV VIH au niveau des districts
sanitaires.
         - la mise en place de comités locaux (provinciaux départementaux et villageois) du
CNLS-IST.
Initiatives internationales d’accès aux ARV: Programme ESTHER(en cours), TAP, Fonds
Global, BURKINA Vie (en projet).
Face à la lenteur des PND, aux besoins croissants des populations, à la faible couverture
sanitaire et à l’insuffisance de la Prise en Charge Globale des PVVIH/SIDA à l’intérieur du
pays, l’association intervient dans 79 villages de 5 départements (Saaba, Léna, Sourgou et
Fada-N’gourma et Tanghin-Dassouri). Elle a pu mobiliser et sensibiliser un nombre
important de personnes.
Cas du département de Tanghin-Dassouri :
L’extension des activités de l’association dans ce département est relative à un projet
dénommé « Prévention et prise en charge du VIH/SIDA chez les jeunes et les adolescents »
qui a débuté en 2001.
Le projet a comporté d’abord une phase pilote au cours de la quelle les activités étaient
basées sur la prévention du VIH/SIDA puis une seconde phase d’intensification et
d’instauration des activités de Prise en Charge. Au cours de la première phase, environ 456
personnes ont été mobilisées et sensibilisées. Par ailleurs, les formations sanitaires de la
localité ont enregistré une augmentation du nombre de cas de malades avec les retours de nos
compatriotes qui vivaient en CI. C’est ainsi que la forte demande des populations a permit de
réaliser le projet et d’implanter un centre dans la localité.

Options choisies
L’association a opté pour la création d’antennes à l’intérieur du pays en vue de constituer un
réseau national. Elle mène les activités suivantes dans la localité :
        - Sensibilisation de la population du département qui est en général sous informée.
        - Accompagnement psychosocial des personnes concernées par le VIH/SIDA afin de
leur permettre de mieux s’intégrer dans la communauté.
        - Prise en charge médicale (en collaboration avec la FS) à l’endroit des personnes
démunies.


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       - Promotion du dépistage du VIH/SIDA pour une éventuelle prise en charge des
personnes infectées.

Moyens, méthodes et partenariat
     Les étapes de mise en œuvre du projet sont :
        - Identification/sélection de Pair(e)s éducateurs(trices) ( P.E )3.
        - Formation des P.E suivie d’une cérémonie de lancement des activités et de la mise en
place de l’antenne du département ( composée d’un Responsable de zone, de jeunes et de 46
P.E ).
        - Acquisition de supports de sensibilisation, de matériel de dépistage et aménagement
de locaux.
     Les activités sont réalisées par les PE qui interviennent dans la :
        - réalisation de causeries éducatives ( à travers les projections de films, les émissions
radio).
        - réalisation de conseils pré et post test du dépistage du VIH/SIDA en collaboration
avec les agents publics de santé qui font le prélèvement au niveau de la FS.
        - visite à domicile, soutien en vivre et en vêtements.
        - l’orientation vers les FS (Consultations et soins médicaux, soutien en médicaments et
en frais d’examens paracliniques).
        - distribution des préservatifs.
     Les partenaires :
    - L’UNFPA ( Fonds des Nations Unies pour la Population )
    - L’UNICEF ( Fonds des Nations Unies pour l’Enfance )
    - Le CNLS( Conseil National de Lutte contre le Sida )
    - Le District Sanitaire de la zone
    - Les autorités administratives et coutumières du département
    - La Presse Nationale

Résultats
6 715 jeunes et adolescents touchés par la sensibilisation (dont 2 931 filles et 3 784 garçons) à
travers 138 causeries éducatives d’octobre 2002 à septembre 2003.
1 457 jeunes et adolescents touchés par la projection d’une dizaine de films en 2003.
1 600 jeunes et adolescents touchés par la réalisation de 04 jeux concours radiophoniques
avec la radio rurale en 2002.
04 représentations de théâtre forum en 2002.
2 320 unités de préservatifs distribués ( avril / septembre 2003 ).
584 jeunes et adolescents dépistés dont 37 positifs ( d’octobre 2002 à septembre 2003 ).
37 jeunes et adolescents sont suivis sur le plan médical et psychosocial.
Plus de 200 jeunes fréquentent le centre pour son cadre d’études et ses activités récréatives
(jeux de sociétés…)

Difficultés
L’identification des P.E répondant aux critères définis.
La mobilité des P.E dans le département ( pour cause de mariage, d’obtention d’emploi…)
Le manque d’équipement pour le dépistage au niveau de la formation sanitaire du
département.
Le manque de moyen de déplacement pour les P.E.
Le manque de moyens de communication ( téléphone ).

3
    P.E : jeunes fille et garçon chargé d’informer / sensibiliser / mobiliser leur pair.


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Perspectives
Implanter des cadres de jeunes et adolescents au niveau de chaque village du département.
Équiper le centre de Tanghin-Dassouri de moyens de communications ( téléphone ), d’une
bibliothèque de lecture.
Doter le centre d’outils informatique pour la gestion des données.
Former et recycler le personnel et les volontaires en vue d’offrir des services de meilleures
qualités.
Acquérir des moyens de déplacements pour les P.E.
Pérenniser les activités du centre.



2 - PRESENTATION DE ANSS (BURUNDI)

Présentation du projet
Actions de prise en charge bien développées au niveau de la capitale BUJUMBURA.
Beaucoup de membres venant de l’intérieur du pays. Forte prévalence du VIH dans le pays et
surtout dans les régions périurbaines, par ex. 25 % à KIRUNDO. Nécessité de décentraliser
les actions de l’ANSS sur demande des membres.
Politique nationale décentralisation des activités de lutte contre le sida :
Création d’un ministère à la présidence chargé de la lutte contre le VIH-SIDA, portefeuille
ministériel créé pour décharger le ministère de la santé publique et s’occuper uniquement de
la lutte contre le SIDA en vue de mettre en place des mécanismes de nature à viser la
couverture de tout le territoire national, l’efficacité et l’efficience de l’action, l’impact et la
durabilité des résultats attendus de tous les acteurs.
Mise en place d’un Conseil National de Lutte Contre le SIDA (CNLS) et des comités qui en
dépendent à tous les niveaux (Province, Commune, Colline).
Initiatives internationales d’élargissement de l’accès aux soins :
Financement du Fonds Global à travers le projet RIBUP-VIH/SIDA (Renforcement de
l’Initiative BUrundaise dans le domaine de la Présentation et la prise en charge des personnes
vivant avec le VIH-SIDA).
Promesse de la Banque Mondiale à travers le projet MAP (PMLSO) d’acheter les ARVs pour
les structures capables de les prescrire et d’en assurer le suivi pour les malades.

Evaluation des besoins
    - Un personnel médical et para-médical formé pour la prise en charge de l’infection à
VIH.
    - Un équipement adopté pour le suivi clinique et biologique.
    - Soins à domicile pour les PVVS gravement malades.
    - Observance des traitements pour les patients éloignés du Centre TURIHO de l’ANSS.
    - Appui psychosocial aux PVVIH de l’intérieur du pays.
    - Un personnel compétent pour le conseil lié au dépistage volontaire et confidentiel.
    - Activités génératrices de revenus pour la réduction de l’impact du VIH à l’organisation
socio-économique des ménages.

Choix des priorités
La priorité est donnée aux endroits (provinces) à plus forte séroprévalence avec effectifs de




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membres de l’ANSS assez importants. Ex : Kirundo (Nord), Gitega (Centre), Makamba
(Sud), Muramvya (Centre-Ouest du Pays).

Options choisies
Décentralisation des actions sur le même modèle que le centre TURIHO.
Mise en place des principaux services : dépistage et counselling, prise en charge
psychosociale, et prise en charge médicale.
Préalable: existence d’une cellule de membres actifs de l’ANSS vivant dans cette région d’où
le choix de KIRUNDO.
L’option de l’association de créer des antennes à l’intérieur du pays a été dictée par le souci
d’approcher la prestation des services offerts par l’association aux domiciles de ses membres.

Moyens et méthodes
Présentations du projet au CNLS pour financement (implantation).
Envoi d’une partie de l’équipe du centre TURIHO vers l’intérieur en rotation.
Contacts administratifs faits avec l’administration et surtout les autorités sanitaires de la
province.
Formation de l’équipe médicale de la province pour la prise en charge des personnes vivant
avec le VIH/SIDA pour harmonisation des interventions.
Organisation d’un atelier de planification participatives pour les membres de l’association.
Prévision basée sur les chiffres du centre TURIHO au début de ses activités.
Réajustement immédiat des chiffres deux mois après le début des activités.
Manque d’autres structures a fait que le centre est très fréquenté.
Le dépistage confidentiel avec séance de counselling n’était pas la pratique habituelle dans la
province; l’offre de prise en charge et de certaines préventions comme le
COTRIMOXAZOLE attire beaucoup de personnes.

Résultats
Dépistage de mars à septembre 2003: 1 595+.
Consultations médicales: 996 pour trois mois.
Médicaments contre les IO servis.
Plan d’action de l’antenne établi.
Prise en charge sociale des hospitalisés et autres personnes vulnérables.
Formation d’une partie de l’équipe.
Formation de l’infirmière avec stage au centre TURIHO.
10 personnes sous ARV gratuitement.
Reconnaissance de l’antenne dans les activités de coordination au niveau provincial dans la
lutte contre le VIH.

Perspectives
Poursuite des activités de décentralisation des activités de l’association.
Forte demande des membres des autres provinces du pays pour l’implantation d’une antenne.
Réorganisation de la structure avec bonne représentation des membres des antennes.
Meilleure planification intégrée des activités des antennes et du niveau central avec plus
grande implication des membres des antennes.

Difficultés
Retard dans le démarrage effectif des activités.
Sous estimation des besoins au départ.



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Certains financements qui prennent en charge les salaires des membres de l’équipe ne sont
pas venus à temps, nécessité d’un renforcement par une partie de l’équipe du centre TURIHO.
Difficultés d’ordre organisationnel par rapport au fonctionnement de l’antenne.
Place de l’antenne dans les instances de l’association qui n’était pas prévue, d’où nécessité
d’une réorganisation des textes régissant l’association (statuts, règlement d’ordre intérieur,
manuel des procédures, règlement du personnel, organigramme, etc.)



3 - PRESENTATION DE AMC (TOGO)


Pourquoi la décentralisation des actions de AMC ?
Dans un souci de rapprocher ses prestations des bénéficiaires, AMC envisageait de
décentraliser ses actions. Le CISSA Kpalimé est né des constats suivants…

Premiers constats
Nombre élevé de patients venant de la région des plateaux au CISSA de Lomé ( 38 personnes
reçues de janvier à juin 2003 ).
Inexistence d’action de prise en charge en faveur des PVVIH à Kpalimé.
Enclavement de la plupart des localités de la région rendant difficile le déplacement des
patients.

Méthode d’évaluation des besoins : une enquête auprès des structures de soins
Une enquête menée dans la région des plateaux notamment à Kpalimé et à Notsé de mars à
avril 2003 a révélé la nécessité de mener une action rapide en matière de lutte contre le SIDA
vers ses populations et surtout celles de Kpalimé le plus vite possible. Kpalimé est une ville
frontalière du Ghana et située à 120 Km de Lomé.

Résultats
En 2000 :      - Sur 97 malades présentant des signes cliniques et hospitalisés, 66 cas de
séropositifs ont été enregistré soit 68,04 %.
               - Sur 296 donneurs de sang 47 ont été dépistés positifs soit une séroprévalence
de 15,87 %.
En 2001 :      - Sur 151 personnes hospitalisées, 109 sont séropositifs soit 72 %.
               - Sur 222 donneurs de sang, 16 sont dépistés positifs donnant une
séroprévalence de 7,20 %.
En 2002 :      - Sur 152 tests réalisés, 90 tests sont positifs soit 59,21 % avec la répartition
suivante selon le sexe : 53 femmes positives (34,86 %) et 37 hommes positifs (24,34 %).

Début des actions
La décentralisation des activités de PEC à Kpalimé a débuté officieusement au mois de juillet
2003.
L’inauguration du Centre d’Information et de Soins de Santé Ambulatoires (CISSA) Kpalimé
a eu lieu le 16 Octobre 2003.

Activités
Conseil pré test et post- test.
Consultation.
Dispensation de médicaments.


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Soins.
Visites et soins à domicile.

Perspectives et conclusion
Nous espérons avoir les moyens conséquents pour :
        - Faire face aux problèmes de prise en charge dans la région.
        - Former et recycler le personnel en vue d’améliorer les prestations.
        - Mettre à la disposition du centre des moyens de déplacement afin d’alléger la tache
aux volontaires dans les activités de visites et soins à domicile.
Vu les besoins en matière de prise en charge des PVVIH et l’inexistence d’autres centres dans
la région en fonction de la demande de plus en plus élevée depuis l’inauguration, le centre
risque d’être vite débordé et dépassé celui de Lomé en terme de file active.

Partenariat
Les partenaires du CISSA – Kpalimé :
Acquis:        - Solidarité SIDA, une subvention pour 2004.
Envisagés:     - Coopération Française, projet déposé.
               - Aides Nantes, projet déposé dans le cadre du jumelage.
               - Chrétien SIDA (Grenoble).



4 - SYNTHESE INTERMEDIAIRE SUR L’EVALUATION DES BESOINS

Les témoignages d’expériences ont permis de dégager les principales étapes de la
planification stratégique dans le cadre de la décentralisation :


S’inscrire dans une démarche communautaire
Faciliter l’expression des besoins et des demandes de la communauté (personnes concernées
par le VIH/sida).
S’assurer que les activités envisagées sont discutées, construites et mises en œuvre avec la
communauté.
Favoriser l’implication de la communauté dans l’évaluation du projet.

De l’analyse du contexte à la mobilisation des ressources
Les 4 principales étapes :
       - Analyse de situation.
       - Analyse de la réponse.
       - Choix des priorités et définition de la stratégie de l’association.
       - Mobilisation des ressources .

Préalables
Avoir une vision claire de la stratégie de démultiplication de l’association.
Procéder à une analyse de l’environnement interne de l’association (missions, forces et
faiblesses, défis).

Etape 1- Analyse de situation
    Contexte sanitaire :
Données épidémiologiques


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Accessibilité des populations aux structures de diagnostic et de soins liés au VIH
Accès aux traitements des maladies opportunistes – accès aux ARV
     Contexte social :
Identification des groupes vulnérables
Analyse des comportements à risque
Analyse des attitudes vis-à-vis des personnes concernées/représentations vis-à-vis du
VIH/SIDA
Etat de la mobilisation communautaire
     Contexte politique/économique :
Volonté politique et cadre institutionnel
Ressources existantes

Etape 2- Analyse de la réponse
Etat des lieux des projets et réponses existant en matière de PEC globale
Adéquation des réponses existantes aux besoins de la communauté
Identification des manques ressentis par les professionnels de la santé
Demandes exprimées par la communauté

Etape 3 – Choix des priorités (critères) et définition de la stratégie
Degré de mobilisation communautaire
Etat de l’épidémie et de sa dynamique de propagation
Cible géographique
Disponibilité de ressources
Définition d’une stratégie opérationnelle qui tienne compte de l’analyse du contexte et des
opportunités (ex. Schémas de diagnostic et thérapeutiques simplifiés)

Etape 4 – Mobilisation des ressources
Fonds Mondial
ESTHER
IPPTE
MAP et TAP (BM)
Fondations internationales
Ressources locales




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     V- LE MONTAGE ET LA GESTION DE RESEAUX LOCAUX
                                           DE SOINS

1 – EXEMPLE DE MVS (NIGER)

Contexte
1994 : création de l’ONG MVS.
Entre 1996 et 1998, mise en place de trois antennes SOS/SIDA au niveau de la Communauté
Urbaine de Niamey (CUN), d’une Cellule d’Ecoute d’Informations et de Conseils aux
PVVIH.
A cause de ces structures, l’ONG se fait connaître et des demandes sont exprimées en
provenance d’autres régions du pays ou de certains partenaires au développement pour y
mettre en oeuvre des activités.
Constat effectif de la concentration de toutes les interventions au niveau de Niamey, et choix
d’aller à Tahoua qui enregistre le plus de cas de SIDA notifiés par les formations sanitaires,
après la CUN.
Juin 2000 : accord de financement de la coopération Luxembourgeoise pour des activités de
prévention à Tahoua.

Justification des options choisies par l’association
Vu les faibles capacités de mobilisation de ressources de l’ONG :
Création de comités locaux formés de volontaires et chargés de veiller à l’exécution des
activités, de mobiliser localement des ressources, avec cependant l’aval du Comité Exécutif.
     Moyens, Méthodes et Partenariats mis en œuvre :
Mission exploratoire, avec création d’un comité local de MVS: rencontre des autorités
administratives et sanitaires, et identification de personnes ressources qui vont constituer le
comité local.
Elaboration d’un projet et recherche de financement auprès de plusieurs partenaires.
Etablissement d’une convention de partenariat avec l’hôpital régional pour le traitement des
prélèvements et la prise en charge médicale des personnes dépistées positives avec :
    - Traitement des prélèvements faits au niveau de l’antenne MVS, par le laboratoire de
l’hôpital régional.
    - Prise en charge par MVS de la formation d’un médecin de l’hôpital en prise en charge
médicale des PVVIH.
    - Mise à disposition par MVS au niveau de ce médecin de MEG pour la prévention et la
prise en charge des IO.
    - Référence des personnes dépistées positives au niveau de ce médecin après le conseil
post-test.
Recrutement local de deux agents IEC et stage de formation à NIAMEY.
Cérémonie officielle de lancement des activités avec médiatisation importante et implication
des autorités sanitaires, coutumières et politico-administratives.
Renforcement deux ans plus tard par des activités de promotion du dépistage volontaire et de
prise en charge des cas dépistés positifs.




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     Résultats du projet :
Mise en place d’une antenne SOS/SIDA à Tahoua en juin 2000.
Renforcement de l’antenne par des activités de dépistage volontaire anonyme depuis juillet
2003 et création d’un partenariat avec l’Hôpital régional pour la prise en charge médicale des
personnes dépistées positives.

Résultats chiffrés
Nombre de personnes touchées par les activités de CCC en 2002 : 2 462.
Nombre de préservatifs distribués en 2002 : 3 996.
Nombre de dépistages volontaires effectués depuis juillet 2003 : 86.
Nombre de personnes dépistées positives et référées au médecin référent : 1.
Nombre de personnes touchées par les activités de CCC en 2002 : 2 462.
Nombre de préservatifs distribués en 2002 : 3 996.
Nombre de dépistages volontaires effectués depuis juillet 2003 : 86.
Nombre de personnes dépistées positives et référées au médecin référent : 1.

Difficultés rencontrées dans le projet
Problèmes de mobilisation de ressources pour la pérennisation des activités.
Difficultés de contrôle sur le fonctionnement des antennes décentralisées=manque de
coordination technique, supervisions purement administratives.
Mauvaise circulation de l’information.

Perspectives pour l’association
Couverture de deux nouvelles régions du pays par les interventions de l’ONG d’ici 2006 :
Agadez-Zinder mais dans le cadre de financement pérennisable.
Missions exploratoires déjà accomplies et contacts pris pour la mise en place d’une cellule
locale de MVS dans ces deux villes.
Recherche de financement en cours.



2 – EXEMPLE DE REVS+ (BURKINA FASO)

Contexte du projet de décentralisation
Insuffisance des prestataires de soins formés en counselling et dans la gestion du choc à
l’annonce d’une séropositivité.
Le besoin d’informer les bénéficiaires de la CPN sur l’infection à VIH et la promotion du
dépistage précoce .
Le besoin de renforcement des capacités de la prise en charge des employés de certaines
sociétés de la place.
La nécessité de la prise en charge de la co-infection VIH-tuberculose.

Options
L’amélioration de la prise en charge psychologique et médicale de toute personne dépistée
positive.




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                      Dakar, 3/6 décembre 2003

Orientation vers les structures de référence pour une prise en charge correcte et complète.

Moyens, méthodes
La communication par des rencontres avec les prestataires de soins.
Mise en place d’un pool de conseillers dans différents sites de REVS+ .
Implication des personnes concernées.
Animation d’émissions d’éducation et de santé radiophoniques.
Mise à disposition de la médecine interne : un médecin vacataire et un interne.

Résultats
Fréquentation accrue des malades dans le box de consultation.
Accès gratuit de médicaments disponibles à tous les malades positifs.
Accès gratuit et facile aux soins spécialisés.
Les personnes atteintes de tuberculose adhèrent plus facilement à la demande de dépistage.
Les femmes enceintes ou ayant des enfants de bas âge se font de plus en plus dépister après
les causeries de sensibilisation.
Fréquentation massive du CREN les jours de sensibilisation.
Obtention de l’exonération de certaines analyses biologiques.

Difficultés
La limitation des ressources devant un besoin croissant.
La disponibilité des médecins pour une demande plus forte.
Le statut privé de l’hôpital pose parfois des refus d’exonération de toutes les analyses
biologiques.
Le lieu de consultation met à nu la confidentialité du statut sérologique des usagers.
Problème de communication avec certains responsables d’unité de santé.

Perspectives
Former plus de conseillers pour les mettre à la disposition des centres de santé de la ville et
les infirmeries des société qui le désirent.
Former une équipe dynamique de suivi de l’observance thérapeutique.
Création de l’antenne de Houndé et de Dandé.


3 – EXEMPLE DE ARCAD-SIDA (MALI)

Présentation du contexte et du projet de décentralisation
Depuis une décennie la décentralisation est un des axes stratégiques de la politique nationale
du Mali.
En 1996, ARCAD/SIDA a mis en place, le CESAC à Bamako avec pour objectif assurer la
prise en charge des personnes vivant avec le VIH/SIDA. Le CESAC suit aujourd’hui une file
active de 5 000 patients, a réalisé en 2002 plus de 8 000 consultations médicales, près de 1
500 soins à Domicile et suit près de 350 patients sous ARV.
En 2000 après évaluation du CESAC, le PRODESS (PROgramme de DEveloppement
Sanitaire et Social du Mali) a retenu l’extension de la prise en charge des PVVIH/SIDA dans
les villes de Mopti et de Sikasso sur la base de l’expérience du CESAC.




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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                    Dakar, 3/6 décembre 2003

Objectifs
L’objectif du projet de décentralisation de ARCAD-SIDA est l’ouverture de nouveaux
centres associatifs à Bamako et dans les capitales régionales pour la prise en charge globale
conformément à la convention signée avec la coopération française depuis 1996.
Ainsi ce projet a vu le jour dans 2 régions du Mali :
         - CERKES à Sikasso en 1998
         - CESAC à Mopti en 2002
     Pourquoi Sikasso ?
Position géographique : ville frontière entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
Taux de prévalence : 5 à 6 % (1994).
Initiative locale.
     Pourquoi Mopti ?
Position géographique et économique : ville frontière avec le Burkina Faso, transhumance
vers la Côte d’Ivoire, ville touristique.
Séroprévalence : 3 % (1994).
Réseau de prise en charge non structuré.

Justification des options choisies : deux options
     Renforcement des réponses locales par la création d’antennes :
ARCAD/SIDA est venue en appui à un réseau local de prise en charge des PVVIH/SIDA dans
la région de Mopti.
     Alliance et partenariat :
Kénédougou Solidarité est une association créée par des jeunes formés au CESAC de Bamako
ressortissant de la région de Sikasso. Kénédougou Solidarité a créé le CERKES pour la prise
en charge des PVVIH/SIDA à l’image du CESAC.

Moyen, méthodes et partenariat
      Moyen :
Renforcement des capacités des intervenants des deux structures par des formations et des
stages
Mobilisation des fonds au près de l’Etat et de la Coopération Française pour la mise en place
du CESAC de Mopti et le renforcement du CERKES de Sikasso.
      Méthode :
Réseautage : Bamako, Mopti, Sikasso  interface entre les structures de soins et les
communautés
      Partenariat :
Pour la pérennisation l’Etat malien s’est engagé à prendre chaque année une part croissante
des coûts récurrents selon l’échéancier suivant.
                       An1 An2 An3 An4
Réseau Bamako          25 % 50 % 75 % 100 %
Réseau Mopti           0 % 25 % 50 % 100 %
Réseau Sikasso         0      25 % 50 % 100 %
ARCAD/SIDA est opérateur pour les CESAC de Bamako et de Mopti, co-acteur au même
titre que Kénédougou Solidarité avec qui il est lié par un contrat de partenariat.


                         ETAT           ARCAD-SIDA        COOPERATION
                        MALIEN            Alliance         FRANCAISE
                                      KENESOLIDARITE


                    CESAC BAMAKO        CESAC MOPTI         CERKES
                                                            SIKASSO
                                                                                          - 40 -
  Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                       Dakar, 3/6 décembre 2003



  Résultats

  CESAC Mopti
  Activités          Août / déc 2002   1er semestre 2003
  Dépistage          31 HIV+ / 93      43 HIV+ / 155
  Consultations      57                93
  Soins à Domicile   22                76

  CERKES
  Activités     2002           1er semestre 2003
  Dépistage     165 HIV+ / 654 66 HIV+ / 526
  Consultations 602            264


  Difficultés
  Développer le travail en réseau entre les hôpitaux, les centres de soins primaires et les centres
  associatifs.
  Besoins importants de renforcer les compétences des acteurs pour la décentralisation.
  Décentralisation de la prescription des ARV à Mopti et à Sikasso.
  Élaboration des contrats de partenariat.
  Suivi et évaluation.
  Mobilisation des fonds.

  Perspectives pour l’association
  Mise en œuvre de la restructuration de ARCAD/SIDA : diagnostic institutionnel de
  l’association par un réseau d’expertise local et international ( 2002 ).



                                         ARCAD-SIDA


   Prise en charge                   Formation              Réinsert°                 Communicat°
      globale                                               socio-éco.




CESAC    CESAC Capitales             Centre Donya             FAIC
Bamako   Mopti Régionales                                     AGR                      Prévention
               Ségou                                                                   Plaidoyer
               Kayes
               Sikasso




                                                                                              - 41 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000   Dakar, 3/6 décembre 2003



        VI - SYNTHESE GENERALE ET RECOMMANDATIONS



1    –   CONTRIBUTIONS POSSIBLES   DES    ACTEURS
COMMUNAUTAIRES AU CHANGEMENT D’ECHELLE DE LA PRISE
EN CHARGE GLOBALE DES PERSONNES VIVANT AVEC LE
VIH/SIDA




                                                                      - 42 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                   Dakar, 3/6 décembre 2003



                                           Contributions possibles des acteurs communautaires
                        au changement d’échelle de la prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH/sida

                                                           Stratégie 1                                         Stratégie 2
                                                                                             « Décentralisation des savoirs communautaires»
                                           « Décentralisation des activités associatives »
Objectifs                               - Extension géographique des activités de            Renforcement des capacités par la diffusion des
                                        l’association.                                       savoirs, des structures publiques, privées et
                                        - Renforcement des capacités associatives locales.   associatives locales.
Conditions préalables                   Identification d’un « paquet » d’activités de        Reconnaissance du savoir-faire communautaire
                                        qualité.                                             et implication des acteurs communautaires dans
                                        Solidité logistique de la structure de référence.    les stratégies nationales.
                                        Expertise de la structure de référence.              Convergence des objectifs avec l’Etat et les
                                        Mission exploratoire.                                recommandations internationales.
                                        Mobilisation locale (existence d’une demande) et     Contractualisation du transfert de savoir
                                        convergence des objectifs des associations et/ou     Solidité des compétences et expertises de la
                                        des personnes ressources locales.                    structure de référence.
                                                                                             Identification des personnes ressources.
Cadres juridiques possibles             - Antenne du siège.                                  Conventions de formation, de diffusion, de
                                        - Association affiliée.                              publication…
                                         Et mise en réseau local (formalisé ?)               Et mise en réseau local (formalisé ?)
Résultats attendus                      Désengorgement de la structure de référence.         Engagement qualitatif et quantitatif des
                                        Valorisation /renforcement de la dynamique           professionnels de santé dans la PEC globale.
                                        locale.                                              Diffusion multisectorielle des savoirs.
                                        Garantie immédiate de la qualité d’action.           Reconnaissance des compétences des acteurs
                                        Proximité des services pour la communauté.           non professionnels.
                                        Bénéfices mutuels pour les deux structures et les    Renforcement des compétences locales.
                                        autres partenaires.                                  Renforcement des réseaux.
                                                                                             Economie d’échelle dans l’investissement des
                                                                                             ressources humaines associatives.
                                                                                             Garantie différée de la qualité d’action.


                                                                                                                                          - 43 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                 Dakar, 3/6 décembre 2003


Difficultés possibles (contraintes)   Problèmes de communication.                          Manque de reconnaissance des savoirs
                                      Contexte socio-culturel différent (discriminations   associatifs.
                                      …)                                                   Difficultés de collaboration entre les différents
                                      Alourdissement du travail de supervision de la       niveaux administratifs.
                                      structure de référence.                              Changement d’environnement institutionnel.
                                      Manque d’autonomie vis à vis de la structure de       Résistance aux changements des individus et
                                      référence.                                           des structures.
                                      Non-respect du contrat du partenariat.               Vigilance sur la pérennisation des savoirs
                                                                                           transférés.
                                                                                           Non-respect du contrat de partenariat.
Exemples d’expériences permettant     CESAC Mopti                                          ASFEGMASSI
d’illustrer la stratégie              ACS Atakpamé                                         LUMIERE ACTION
                                      AAS Zorgho                                           MVS
                                      MVS Tahoua                                           ARCAD Sida
                                      ALAVI Tanghin-Dassouri
                                      Lumière-Action Korogho
                                      AMEPOUH Abidjan/Bouaké
                                      Ruban Rouge Abidjan
                                      ANSS Bujumbura
                                      REVS+ Bobo
                                      CERKES Sikasso
                                      AMC Kpalimé
Recommandation                        Décentralisation des activités si peu ou pas de Décentralisation des savoirs vers des
                                      professionnels locaux mobilisés au plan local.  professionnels et des acteurs suffisamment
                                                                                      mobilisés.




                                                                                                                                               - 44 -
2 – PLACE ET ROLE DES ACTEURS COMMUNAUTAIRES DANS LE
CADRE DE LA DECENTRALISATION DES INITIATIVES D’ACCES
AUX TRAITEMENTS INCLUANT LES ARV

Préalables :

    information et formation initiale et continue des acteurs communautaires à la PEC
     globale des PVVIH,
    solide expérience par des activités reconnues dans la prise en charge globale,
    expérience dans le plaidoyer et investissement dans la revendication et/ou la mise en
     place de programmes nationaux d’accès aux ARV,
    insertion indispensable dans le programme national de lutte contre le sida.


 Composantes de la         Type d’implication des            Besoins des structures et des
   prise en charge        acteurs communautaires              acteurs communautaires
       globale
Conseil-dépistage       - Promotion du dépistage           - Reconnaissance des savoirs-
                        anonyme et volontaire.             faire (statut et rémunération des
                        - Acteur du counselling et de      conseillers).
                        l’accompagnement pré et post-
                        test.
PTME                    - Accompagnement familial.         - Reconnaissance des savoirs-
                        - Plaidoyer pour le traitement     faire.
                        par ARV de la famille.
                        - Soutien aux mères pratiquant
                        l’allaitement artificiel.
                        - Sensibilisation et
                        accompagnement pré et post
                        test dans les services de
                        consultation pré-natale (CPN).
Prise en charge à       - Soins palliatifs (fin de vie).   - Reconnaissance des savoirs-
domicile                - Accompagnement médical et        faire (statut et rémunération des
                        psychosocial.                      conseillers).
                        - Conseil et accompagnement
                        nutritionnel et hygiénique.
                        - Médiation familiale.
                        - Aide à l’observance.
Prévention et PEC des   - Référence à la consultation      - Besoin de médecins référents à
IO                      médicale.                          l’interne ou à l’externe.
                        - Délivrance par la pharmacie
                        communautaire des MEG.
Soutien psychosocial    - Groupes de parole.
                        - Auto-support.
                        - Visites à domicile.
                        - Visites à l’hôpital.
                        - Soutien des OEV.
PEC sous ARV            - Consultations médicales à        - Vacations de prescripteurs.



                                                                                               45
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                  Dakar, 3/6 décembre 2003


                        l’interne ou à l’externe.         - Convention avec un centre
                        - Prescription et/ou délivrance   médical de référence.
                        des ARV.                          - Accréditation du centre
                        - Education thérapeutique         communautaire comme centre de
                        (observance).                     prescription.
Soutien nutritionnel    - Education nutritionnelle.       - Partenariat avec des
                        - Aide alimentaire.               programmes d’aide alimentaire.
Soutien juridique       - Médiation pour le respect des   - Vacations de juristes.
                        droits des personnes.             - Conventions avec les
                        - Lutte contre les                professionnels du droit.
                        discriminations.
Soutien socio-          - Continuité des soins par        - Partenariat avec des organismes
économique (AGR)        l’économique.                     de développement et organismes
                        - Réinsertion ou insertion        de crédits.
                        sociale des personnes.
                        - Accès aux mutuelles.
Recommandations :

      Reconnaissance des savoirs spécifiques des acteurs communautaires.
      Valorisation et rémunération des savoirs et des activités.
      Identification des zones de partenariat possibles.
      Inclusion systématique des acteurs communautaires dans les réseaux de prise en
       charge.




                                                                                        - 46 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003



                                                       DISCOURS DE CLOTURE


Allocution de N’Déné Sylla, Président de Bok Jef

«»


Allocution de Monsieur Christian SAOUT, Président de AIDES

« Monsieur le Représentant du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Cher Monsieur le Président de Bokk Jeff,
Chers Volontaires et Permanents du réseau Afrique 2000,
Chers Invités,
Chers Amis,

Quel bilan tirer de notre semaine de regroupement, de ces moments partagés ensemble autour
d’une cause qui nous est essentielle ? Je vous propose de regarder cela autour de ce que nous
pourrions appeler un quadruple changement d’échelle.

Le premier nous est extérieur, même si notre mobilisation y a fortement contribué. En effet,
notre regroupement s’est ouvert sur un formidable espoir, celui contenu dans l’annonce du
projet « 3 pour 5 » de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Nous saluons cette
mobilisation internationale. Et immédiatement, quarante huit heures à peine après cette
annonce, nous avons discuté des stratégies recommandées par l’Oms dans le cadre de la mise
en œuvre du projet « 3 pour 5 » et travaillé à faire remonter sans attendre nos observations
préliminaires vers l’organisation mondiale. Proposer et contribuer à améliorer les initiatives
quelles qu’elles soient restent donc des valeurs fondatrices des associations du réseau Afrique
2000.

C’est d’ailleurs parce que nous persistons à proposer et à contribuer que nous restons si
vigilants sur des annonces comme celles de l’Oms. Nous l’avons dit lors de l’ouverture : de
telles annonces constituent des dettes de solidarité à l’égard des peuples, et si nous entendons
tout faire pour soutenir et améliorer ces réponses c’est pour mieux montrer la détermination
de nos attentes et la nécessité que les Etats et les organisations internationales honorent leurs
paroles.

L’Organisation mondiale de la santé propose donc un changement d’échelle dans l’accès aux
antirétroviraux. Nous voulons en être, et c’est le sens des premières observations que nous
avons faîtes.

Passons maintenant au deuxième changement d’échelle, celui qui était le sujet même de ce
regroupement du réseau Afrique 2000. Nous l’avons dit tout à l’heure, les associations du
réseau Afrique 2000 entendent proposer et contribuer. Comment mieux le faire qu’en nous
intéressant nous aussi au changement d’échelle du côté des communautés. C’est toute la
question de la décentralisation qui nous a préoccupé pendant de long moments.




                                                                                           - 47 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                     Dakar, 3/6 décembre 2003

Il s’agissait pour nous de découvrir les voies et moyens pour faire plus, soit directement, soit
indirectement.

Nous avons identifié deux stratégies pour la décentralisation des réponses communautaires :
la décentralisation des activités et la décentralisation des savoirs. Deux stratégies bien
différentes mais qui aboutissent toutes deux au même objectif : la démultiplication des
réponses dans la prise en charge communautaire des personnes vivant avec le VIH/sida.

Et nous avons regardé assez finement comment ces stratégies peuvent être mises en œuvre :
quelles sont les conditions à réunir dans nos associations mais aussi dans les contextes où
elles vont trouver à se décliner, quelles sont les modalités d’organisation possibles, quels sont
les résultats que l’on est en droit d’attendre, et aussi, parce que nous sommes suffisamment
forts pour cela au sein du réseau Afrique 2000, quels sont les risques ou les difficultés de ces
stratégies. Parce que nous savons bien que tout n’est pas toujours parfait.

Et puis, nous nous sommes attachés à regarder de plus près la place et le rôle des acteurs
communautaires dans le cadre de la décentralisation des initiatives d’accès au traitement
incluant des ARV. Car il ne faut pas en douter : les programmes initiés dans nos pays, les
programmes initiés dans le cadre du Fonds mondial, et maintenant les programmes initiés par
l’Oms dans le cadre de son initiative « 3 pour 5 » ne se déploieront dans les pays de l’Afrique
sub-saharienne qu’avec la contribution et l’implication des communautés. Les systèmes de
santé ne s’organiseront pas assez vite ni seuls pour relever le défi de l’arrivée des traitements.

Mais, il ne faut pas que les apports substantiels des communautés qui ont depuis longtemps
ouvert une brèche dans l’accès aux ARV se dissolvent. Au contraire, et nos travaux sur la
démultiplication l’ont montré, les principes d’approche globale et de mobilisation
communautaire doivent être mise en œuvre partout : également dans les systèmes publics.

Pour cela, les acteurs communautaires ont besoin de reconnaissance : de reconnaissance de
leurs savoirs-faire spécifiques, de valorisation et de rémunération de leurs savoirs et que leur
inclusion systématique dans les réseaux de prise en charge.

C’est un troisième changement d’échelle qu’il convient de revendiquer et d’observer : celui
qui va amener les Etats à reconnaître les apports de la dynamique communautaire dans la
prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH/sida, y compris dans les stratégies
de prescription des antirétroviraux.

Parlons maintenant du quatrième changement d’échelle. Il a trait au réseau Afrique 2000 lui-
même. Un réseau qui poursuit sa route. Un réseau qui travaille et qui partage la fierté des
échanges qui enrichissent les uns et les autres même si nous ne sommes pas tous à même
niveau de forces ou de richesses. En tout cas cela ne nous interdit pas d’être un contributeur à
la Conférence internationale sur la prise en charge extra-hospitalière qui va s’ouvrir lundi ici
même à Dakar. Le réseau Afrique 2000 y sera présent. Non pas seulement pour assister. Mais
pour y prendre la parole. Pour parler justement de changement d’échelle. Celui des
associations qui le composent. Montrant ainsi ce qu’est un vrai réseau : un réseau qui vit au
cœur des problématiques qui le fondent et qui est toujours capable de relever des défis en
perpétuels changements ou des situations en perpétuels ajustement.

C’est une vraie fierté. Sachons là garder à la même échelle. Très haut. »



                                                                                            - 48 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000   Dakar, 3/6 décembre 2003


                                                             ANNEXES


Liste des participants

Programme

Evaluation

Articles de presse




                                                                      - 49 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000           Dakar, 3/6 décembre 2003


  LISTE DES PARTICIPANTS AU 10EME REGROUPEMENT
                RESEAU AFRIQUE 2000
                DAKAR – 3/6 DEC 2003

   -   Burkina Faso : Halidou BANSE (AAS), Alain Saga OUERMI (ALAVI), Olga
       Mireille A.M. NINON (REVS+)

   -   Burundi : Adélaïde NAYUBURUNDI (ANSS)

   -   Cote d’Ivoire : Raoul Marius BOKA (Ruban Rouge), Marius César KOUE BI (RSB),
       Léiliane M’BOA CORCHER (Lumière Action), Christine GONHI HOUSSOU
       (AMEPOUH)

   -   France : Corentine ZANKPE-YOVO, Hélène ROSSERT, Christian SAOUT,
       Emmanuel TRENADO, Erick MAVILLE (AIDES)

   -   Guinée : Mariama Ciré KOUYATE (ASFEGMASSI)

   -   Mali : Bintou DEMBELE KEITA, Aliou SYLLA (ARCAD-SIDA)

   -   Niger : Sanata RABIOU DIALLO (MVS)

   -   Sénégal : Catherine FALL, Dienoum BA, Saidou BA, N’Déné SYLLA (Bok Jef)

   -   Togo : Komlan François HOETOWOU (AMC), Joël Marcellin BROOHM NIKWUE
       (ACS), Charles Kossi DODZRO (EVT)




                                                                                 - 50 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                Dakar, 3/6 décembre 2003


                                  PROGRAMME

Mercredi 3 décembre :

   -   cérémonie d’ouverture, présentation des participants, des objectifs et du programme
       du regroupement (9h-10h30)
   - actualités thérapeutiques – Emmanuel Trénado + ANRS
   génériques et accords OMC ; médicaments génériques et contrôle qualité (11h- 12h30)
   recommandations de l’OMS 2003 sur la prise en charge thérapeutique dans les pays du
   Sud (14h-15h30)
   - visite de Bok Jef (à partir de 16h)

Jeudi 4 décembre :

   - Quelles dynamiques de démultiplication à partir de nos expériences ? (9h-12h30)
   Dr Bintou Dembélé, ARCAD Sida, Mali
   Corentine Zankpe-Yovo, AIDES, France
   Etudes de cas : AAS (Zorgho), ACS (Atakpamé), réseau AIDES

   -   L’évaluation des besoins liés au changement d’échelle des activités de prise en
       charge : enjeux et méthodes (14h-17h30)
   Louise Fatim Dia, ACI, Sénégal
   Erick Maville, AIDES, France
   Etudes de cas : ALAVI (Tanghin Dassouri), ANSS (Kirundo), AMC (Kpalimé)


Vendredi 5 décembre :

   - Le montage et la gestion de réseaux locaux de soins (9h-12h30)
   Dr Aliou Sylla, ARCAD Sida, Mali
   Hélène Rossert, AIDES, France
   Etudes de cas : MVS (Tahoua, Zinder, Maradi), REVS+ (réseau de soins avec Sanou
   Souro), Lumière Action (CIDV Korhogo), ARCAD-Sida (Mopti, Sikasso)


   -   Actualités du Réseau (15h30-17h) : DONYA, programme ARV, site du Réseau,
       jumelages, candidature Kénédougou Solidarité…
   -   Evaluation (17h-18h)

Dîner débat :
   - Point sur le Fonds Mondial et l’implication des associations dans les CCM pays (20h)


Samedi 6 décembre :

   -   Synthèse et recommandations (10h-12h)
   -   Cérémonie de clôture (14h30-16h30)




                                                                                    - 51 -
    Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                 Dakar, 3/6 décembre 2003


                           EVALUATION des JOURNEES

                              Nombre de questionnaires remis : 12 / 19

             « Le changement d’échelle dans la prise en charge globale des PVVIH »


Nous vous remercions d’évaluer personnellement ce regroupement régional en répondant aux
questions suivantes. Ne cochez qu’une seule réponse par question et n’hésitez pas à ajouter des
commentaires et des suggestions dans les espaces prévus.


                                                 Tout à
                                                             Plutôt  Pas vraiment    Pas du tout
                                                   fait
                                                            d’accord   d’accord       d’accord
                                                d’accord
 1 – Déroulement du regroupement régional

 La présentation du programme a été claire.         9           3


 Les objectifs du regroupement ont été             11           1
 clairement énoncés.


 Les thèmes annoncés ont été traités.               8           3


 La durée du regroupement était adaptée.            4           8


 Le temps réservé à chaque module adapté.           2           7           2


 L’enchaînement des modules était adapté.           6           5




                                                                                         - 52 -
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                                                  Tout à
                                                             Plutôt  Pas vraiment Pas du tout
                                                    fait
                                                            d’accord   d’accord    d’accord
                                                 d’accord
2 – Contenu des modules et séances

Les actualités thérapeutiques ont répondu à        10          1
vos attentes en terme d’information.


Les présentations des participants sur les
dynamiques de démultiplication, l’évaluation        6          4            1
des besoins liés au changement d’échelle et le
montage et la gestion de réseaux locaux
étaient pertinentes et adaptées.


Les travaux de groupes et leurs restitutions
sur ces différents modules ont répondu à vos        6          4            1
attentes en terme de réflexion.


Les actualités du Réseau Afrique 2000 ont
répondu à vos attentes en terme d’information      10          2
et d’échanges.


Le dîner-débat sur le Fonds Mondial et les
CCM pays a répondu à vos attentes en terme          7          1
d’information et d’échanges.




                                                                                      - 53 -
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                                                 Tout à
                                                            Plutôt  Pas vraiment    Pas du tout
                                                   fait
                                                           d’accord   d’accord       d’accord
                                                d’accord
3 – Votre participation

Vous vous êtes senti(e) impliqué(e) pendant
                                                   7          5
le regroupement.


Vous avez pu échanger avec les autres              8          4
participants.


Vous avez eu l’occasion de vous exprimer           9          3
quand vous le souhaitiez.


Le climat du regroupement était favorable aux      7          3            2
échanges dans le groupe.




                                                                                     - 54 -
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                                                 Tout à
                                                             Plutôt  Pas vraiment      Pas du tout
                                                   fait
                                                            d’accord   d’accord         d’accord
                                                d’accord
4 – L’animation

Les animateurs ont facilité les échanges dans       7           5
le groupe à chaque séance.


Les intervenants ont répondu à vos questions.       5           7


Les synthèses ont été claires et précises.          6           6


Les méthodes et supports pédagogiques               9           2
étaient adaptés aux objectifs des séances.



Commentaires sur l’animation


Plusieurs personnes ont été gênées par l’attitude de certains animateurs qui ont monopolisé la
parole et ont créé de la confusion en remettant en cause les travaux du groupe.




                                                                                        - 55 -
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                                                 Tout à
                                                            Plutôt  Pas vraiment     Pas du tout
                                                   fait
                                                           d’accord   d’accord        d’accord
                                                d’accord
5 - Organisation

Le lieu choisi pour le regroupement était          9           2            1
adapté.


Les horaires ont été respectés.                    4           6            1


L’organisation des pauses et des repas a été       7           5
adaptée.


Les conditions      d’hébergement   ont   été      5           6                         1
satisfaisantes.



Commentaires sur l’organisation


Plusieurs personnes soulignent des problèmes d’organisation.




                                                                                      - 56 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                   Dakar, 3/6 décembre 2003



                                                  Tout à
                                                             Plutôt  Pas vraiment     Pas du tout
                                                    fait
                                                            d’accord   d’accord        d’accord
                                                 d’accord
6 – Utilité du regroupement pour votre
pratique de changement d’échelle

Le regroupement vous         a   apporté   un      11          1
enrichissement personnel.


Vous allez pouvoir réutiliser ce que vous avez
appris dans votre pratique de terrain.             10          2



Les expériences et outils présentés seront         10          2
utiles à votre association.



Commentaires sur l’utilité du regroupement

Globalement, tous ceux qui se sont exprimés sont satisfaits du regroupement, de son potentiel
d’échanges et de partages.




Suggestions : quelles suites souhaiteriez vous que nous donnions à ce regroupement
régional ? et quelle implication de votre association dans le Réseau Afrique 2000 ?


Plusieurs personnes souhaitent que les modérateurs des regroupements soient tournants à
l’avenir afin que toutes les associations du Réseau soient impliquées au même titre.


De plus, plusieurs souhaitent que ce regroupement soit suivi d’un accompagnement accrû du
Réseau dans les programmes de décentralisation, notamment lors des missions.




                                                                                       - 57 -
Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                   Dakar, 3/6 décembre 2003


                             ARTICLES DE PRESSE

Article de L’Aurore (quotidien sénégalais)

6e CONFERENCE SUR LA PRISE EN CHARGE DES PERSONNES VIVANT AVEC
LE VIRUS DU VIH/SIDA
STRATEGIE DU "THREE BY FIVE"
La louable utopie d’un accès universel aux Arv
 Les statistiques dans le monde révèlent que 8 mille personnes mourront du sida et 14 mille
 seront contaminées par le VIH/sida. En Afrique, 30 millions de personnes vivent avec le
 virus. En matière d'accès aux traitements, 400 mille personnes sur les 6 millions qui en ont
 urgemment besoin dans les pays en développement y ont aujourd'hui accès, soit moins de 7
 %. En Afrique subsaharienne, la situation est encore plus dramatique : 100 mille personnes
 à peine ont accès aux antirétroviraux, moins de 2 % des besoins.
PRISE EN CHARGE COMMUNAUTAIRE DES PERSONNES VIVANT AVEC LE
VIRUS
Les institutions étouffent les communautés au Sénégal


"Au Sénégal, la parole des communautés est difficile à se faire entendre dans la prise en
charge communautaire des personnes vivant avec le virus du Sida". Ainsi constatait hier le
Dr Hélène Rossert, du Réseau Afrique 2000, directrice générale de l'Ong Aides, au cours
d'une conférence de presse que le Réseau tenait dans le cadre de la sixième conférence sur
la prise en charge communautaire et à domicile des personnes vivant avec le virus du
VIH/sida. "Conclusions et recommandations pour l'implication des acteurs communautaires
dans la décentralisation des programmes d’accès aux traitements", était le thème de ce point
de presse.

Dans la libération des initiatives communautaires au Sénégal, un véritable cri d'alerte a été
lancé. Pour le Dr Rossert, "il y a une forte mainmise des institutions sur les communautés au
Sénégal". Dans les initiatives médicales pour la lutte contre le sida, constate-t-elle, le
Sénégal est un modèle et il a même impliqué les communautés, mais en matière de prise en
charge communautaire des personnes vivant avec le virus du VIH/sida, le Sénégal est
"impossible". Plusieurs fois le Réseau Afrique 2000 a tenté de mettre sur pied un centre de
prise en charge spécialement géré par des personnes en dehors du système médical, mais
rien n'y fit. La main baladeuse des institutions médicales ne laisse aucune autonomie à la
communauté. Au Sénégal, l'Association Bokk Jëff, implanté au niveau du Centre de
traitement ambulatoire du Chu de Fann, par ailleurs membre du Réseau Afrique 2000, n'a
jusque-là pas de centre de prise en charge. Evoluant dans le cadre le cadre de la prise en
charge communautaire, cette association manque, selon son coordonnateur Ndéne Sylla, de
moyens. Et poursuit-il, dans l'accompagnement psychologique du malade, la réponse
comprend une forte dose médicale.

Pour le Dr Rossert, la prise en charge des personnes vivant avec le virus du Sida n'est pas
seulement médicale. Car souligne-t-elle, avec un niveau de stigmatisation tellement élevé au
Sénégal, certaines aspects échappent aux structures médicales. Parfois, note le Dr Diallo
Rabiou Sanata du Niger, tu peux prescrire au malade des Arv, alors qu'il n'a même pas de
quoi manger. En Côte d'Ivoire raconte Mme Rose Dossou, qui introduisait une



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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                       Dakar, 3/6 décembre 2003


communication sur le thème “De meilleures soins, opportunités et défis”, "des malades
quittent des coins reculés pour venir à Abidjan en vue de bénéficier à l'accès aux Arv.
Souvent, ils risquent d'attendre plusieurs jours, s'il y a rupture de stock, alors qu'ils n'avaient
tout juste le billet de retour. Où vont-ils manger, se loger"?

Autant de problèmes qui échappent aux systèmes médicaux et au personnel de santé qui,
souvent, est débordé par l’affluence quotidienne des malades. Mieux, poursuit le Dr Sanata,
il ne sert à rien de dépister un malade, de lui prescrire des Arv sans pour autant l'aider à
accepter son statut de séropositivité, de l'accompagner psychologiquement et
spirituellement.

Cette attitude de mainmise des institutions sur les communautés, n'est pas liée au faible taux
de prévalence au Sénégal. "Ce n'est pas une histoire de séroprévalence", dixit le Dr Sanata.
Au Niger celui-ci tourne autour de 0,87 %. L'implication des associations communautaires,
doit selon elle, être prise en compte dans les politiques nationales de santé.

Il faudrait, selon les membres du Réseau Afrique 2000, une certaine “reconnaissance des
savoir-faire communautaire dans la prise en charge des malades du sida”. Ensuite aller à la
rémunération de ces savoir-faire, puis renforcer les travaux en réseau notamment autour des
hôpitaux.



Article de IPS News

SANTE-AFRIQUE :
Nécessité d'impliquer la communauté dans la prise en charge des personnes infectées
par le VIH

Par Abdou Faye

DAKAR, 16 déc (IPS) - Le rôle de la communauté est incontournable dans la prise en
charge des personnes vivant avec le VIH pour renforcer la croisade contre la pandémie
du SIDA en Afrique.


Les participants à la sixième conférence internationale sur la prise en charge communautaire
et à domicile des personnes vivant avec le VIH (PVVIH), se sont accordés sur cette nécessité
au cours de leurs travaux qui se sont déroulés la semaine dernière à Dakar, la capitale
sénégalaise.

''La prise en charge communautaire et à domicile des PVVIH est une stratégie incontournable
dans l'éradication du SIDA. Donc il est temps de créer un cadre d'action pour l'exécution
d'une telle stratégie qui s'avère efficace et essentielle dans la prise en charge des PVVIH'',
souligne Dr Ibra Ndoye, coordonnateur du Comité national de prévention et de lutte contre le
SIDA au Sénégal et président de la conférence.

La discrimination et la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH constituent, pour
Ndoye, de puissants freins à la prévention et à la prise en charge de ces personnes. Selon lui,
un malade du SIDA a besoin de vivre dans un environnement social où l'on l'entoure d'une



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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                        Dakar, 3/6 décembre 2003

certaine compréhension plutôt que de l'accabler par des discours culpabilisants ou des rejets
discriminatoires.

Organisée pour la première fois en Afrique, à la suite de la dernière édition tenue en décembre
2001 à Chiang Mai, en Thaïlande, la conférence a regroupé plus de 2.500 délégués (réseaux
communautaires, scientifiques, et politiques). Quatre épouses de chefs d'Etat africains
(Rwanda, Gabon, Gambie et Sénégal) ont également assisté à la rencontre.

Axée sur le thème ''plus de soins pour mieux vivre'', la rencontre avait pour principal objectif
de chercher des solutions pour améliorer la qualité de vie des PVVIH et d'assurer la
complémentarité entre les soins médicaux et le réconfort qu'offrent le domicile et la
communauté aux personnes infectées.

Il s'est agi, pendant la rencontre qui a duré quatre jours, de ''lancer un pont entre l'hôpital, la
maison et la communauté'', explique Dr Ndoye.

Le président du comité scientifique de la conférence, le professeur Pape Salif Sow, a évoqué
la nécessité de créer un environnement propice aux PVVIH en vue d'améliorer leurs
conditions de vie. Selon lui, cela doit passer ''impérativement par l'association des
communautés et l'intégration des PVVIH elles-mêmes dans la gestion des soins, notamment
l'administration des médicaments''.

Pour cela, toutes les facettes de la prise en charge des PVVIH doivent être intégrées, allant de
la dispensation de soins à l'accompagnement psychosocial, en passant par les soins palliatifs,
l'accompagnement spirituel, etc.

Pour le président du Conseil sénégalais des organisations de lutte contre le SIDA, Ibrahima
Keita, la conférence de Dakar a servi de cadre d'échanges et de concertation pour barrer la
route à l'infection.

Le Premier ministre sénégalais, Idrissa Seck, qui a présidé la cérémonie de clôture de la
conférence, a indiqué que la prise en charge communautaire et à domicile des PVVIH trouvait
tout son sens dans l'adage wolof (une langue majoritairement parlée au Sénégal) qui dit :
''L'Homme est le remède de l'Homme''. Ainsi, la prise en charge des PVVIH ne doit pas se
limiter seulement à la thérapie anti-rétrovirale (ARV), souligne Seck.

Lors des travaux, les représentants des PVVIH ont exprimé leurs inquiétudes relatives
notamment à l'absence d'une articulation entre la prise en charge et le système de santé
publique.

S'exprimant au nom des PVVIH, Jeanne Kouamé, représentante des réseaux co-organisateurs
de la conférence, a engagé la responsabilité des chefs d'Etat africains dans la lutte contre la
pandémie. Selon elle, il existe une certaine indifférence de la part des dirigeants et, parfois
même, un certain mépris dans l'accompagnement médical, institutionnel et familial parce que
évoluant loin des antichambres des malades du SIDA.

''Une forte mobilisation est notée dans la prévention et dans le traitement des ARV, mais dans
la mobilisation sociale et spirituelle, beaucoup d'efforts restent à faire'', regrette Kouamé.

Très souvent, déplore-t-elle, les bailleurs de fonds confient leur argent aux institutions qui


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Actes du 10e regroupement du réseau Afrique 2000                    Dakar, 3/6 décembre 2003

sont en déphasage par rapport aux réalités communautaires.

Son propos est largement partagé par les membres du Réseau 2000, qui regroupe, depuis
1997, 16 associations africaines de prise en charge communautaire dans huit pays africains
(Burkina Faso, Burundi, Côte d'Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Togo et Sénégal). Selon Réseau
2000, la famille est la composante de base des communautés africaines.

Les associations de PVVIH, membres du Réseau 2000, sont habilitées dans certains pays à
prescrire des ARV avec l'appui de médecins. Un tel engagement permet ainsi de résoudre le
problème de prescription des ARV, notamment avec l'initiative ''3 sur 5'', lancée le 1er
décembre 2003 par l'ONUSIDA. Elle vise à fournir des anti-rétroviraux à trois millions de
personnes d'ici à la fin de 2005.

Les associations membres du Réseau 2000 disposent même d'un centre de dépistage
volontaire du SIDA dans certains pays.

''Au Sénégal, la parole des communautés est difficile à se faire entendre dans la prise en
charge communautaire des personnes vivant avec le virus du SIDA'', explique Dr Hélène
Robert du Réseau Afrique 2000, directrice générale de l'ONG Aides. ''Il y a une forte
mainmise des institutions sur les communautés au Sénégal'', regrette Robert.

La pandémie continue de faire de nombreuses victimes. Selon les récentes statistiques
publiées par l'ONUSIDA, 29 millions de personnes vivent avec le VIH/SIDA en Afrique.
Dans le domaine de l'accès au traitement, 400.000 personnes seulement sont servies sur les 6
millions qui ont en besoin dans les pays en développement, soit moins de 7 pour cent. En
Afrique subsaharienne, la situation est encore plus dramatique : 100.000 personnes à peine
ont accès aux anti-rétroviraux. (FIN/2003)




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