HERMANN by zhangyun

VIEWS: 13 PAGES: 1

									Le levain de l'amitié / Amish Friendship Bread Starter

Pour faire du pain léger et aéré, il faut laisser lever la pâte. Mais il ne lèvera pas sans
levure, ni levain. De nos jours on trouve de la levure de boulangerie fraîche (appelée
aussi levure de bière) et de la levure sèche (lyophilisée).
L’autre solution est de conserver du levain d’une fournée de pain sur l’autre, c’est à dire un peu de
pâte levée qu’on mélangera la prochaine fois à la farine et à l’eau pour faire monter la pâte. Mais
avant de façonner les pains, on conservera à nouveau un peu de pâte levée crue pour la fois suivante.
Et ainsi de suite, mais peu à peu le levain perd de sa force et à un certain moment il faut refaire du
levain tout frais.
Comment s’y prend-on ? A la manière ancienne, il faut ajouter à de la farine, du sucre et du lait et
laisser le tout fermenter jusqu’à 3 semaines, en mélangeant chaque jour et en ajoutant régulièrement
à nouveau de la farine, et du lait en respectant scrupuleusement les jours.
C’est fastidieux, et si vous étiez réduits à attendre 3 semaines pour faire votre pain, vous seriez bien
ennuyés. Or il y a eu une époque, lointaine il est vrai, où c’était la seule manière de faire son pain. Si
pour une raison ou une autre votre levain était desséché ou moisi, vous ne pouviez plus faire de pain
pendant 3 semaines.
Les Amish, qui suivent encore une grande partie des traditions de leurs ancêtres, font toujours encore
leur pain au levain. Et ils se sont tous un jour au l’autre trouvés face à un levain inutilisable. Que faire
pour nourrir leur famille ?

De telles circonstances sont à l’origine du levain de l’amitié, une tradition amish très ancrée.
Lorsqu’une famille prépare du levain, elle n’a au départ qu’un petit récipient rempli de son mélange
lait/farine/sucre et maintenant aussi un peu de levure sèche (la durée de fermentation du levain est
alors réduite à 10 jours). Au cours des semaines qui suivent, comme on ajoute régulièrement de la
farine et du liquide, on finit par obtenir un grand saladier de levain, bien plus qu’il n’en faut pour la
fabrication du pain familial.
Alors la coutume est de partager le levain prêt à l’emploi en 4 parts. On en garde une pour soi, de
quoi faire son pain, et on distribue les 3 autres parts à des amis. Ainsi plusieurs familles disposent de
levain frais pour relancer leur fabrication de pain.
Quand des jours plus tard, le levain commencera à perdre de son efficacité, en attendant que le
nouveau soit prêt, on recevra d’une ou l’autre famille amie une nouvelle portion de levain bien utile.
C’est ce qu’ils appellent le levain de l’amitié, qui comme je l’ai dit est une coutume toujours en vigueur
chez les Amish.

En ce qui nous concerne, nous n’avons pas besoin qu’on nous apporte une portion de levain pour
faire notre pain. Si nous fabriquons notre propre pain pour le plaisir et non par nécessité, nous
trouvons la levure en magasin.




                                                   Mais le levain est un symbole dans bien des
domaines de la vie des choses qui peuvent commencer tout petit et prendre de l’ampleur ensuite. Le
levain de la médisance qui provoque des querelles. Le levain de l’enseignement donné aux enfants
qui se développera plus tard dans leur vie. Et le levain de l’amitié qui d’un sourire ou d’un seul petit
geste gentil peut encourager, stimuler, permettre à autrui de faire de grandes choses. Soyons donc
également très généreux dans le partage de ce levain de l’amitié.

								
To top