Les-troubles-du-graphisme

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					                               Les troubles du graphisme
    (d’après l’intervention de M. Guyot, psychomotricien à Dijon et Beaune)



1 – La qualité du graphisme
       Elle dépend du développement psychomoteur de chacun. Certains enfants, grands
prématurés par exemple, peuvent présenter une instabilité psychomotrice importante qui
gêne fortement l’apprentissage du graphisme. Il convient dans ce cas de mettre en place des
rééducations multiples (psychologie, psychomotricité, orthophonie …).

      Dans les autres cas, pour lesquels l’indication de psychomotricité suffit pour
rééduquer le graphisme, il faut repérer les causes des troubles.

        L’écriture exige une maitrise de gestes qui demandent beaucoup de concentration de
la part des élèves de grande section. Des enfants qui maitrisent bien la grande motricité
peuvent être en difficulté face aux activités de graphisme car les muscles du bras, de l’avant-
bras et des doigts ne sont pas suffisamment préparés pour l’écriture.

       Pour bien écrire, il faut être vigilant :

          à la posture :
                   - le ventre près de la table,
                   - l’avant-bras à moitié sur la table,
                   - le poids du corps bien réparti entre les deux bras
                   - les deux mains sur la table pour que la main qui écrit puisse glisser sur
                      la page
                   - le point d’écriture entre les deux yeux
                   - le dos plutôt en avant qu’en arrière ; on peut remonter le cahier pour
                      obliger l’enfant à se pencher en avant
          à la coordination des muscles de l’avant-bras et des muscles fléchisseurs des
           doigts
          à la coordination occulo-manuelle

Certaines différences anatomiques peuvent générer des troubles du graphisme :

                   -   des doigts très longs et fins souvent peu musclés : la rééducation
                       consiste à muscler les fibres des doigts.
                   -   des doigts courts et gros qui peinent à fléchir ; la tenue du crayon est
                       mauvaise , la pression souvent trop forte : on peut alors faire faire des
                       exercices de fléchissements de la pince pouce-index avec une boule de
                       pâte à modeler que l’enfant ne doit pas écraser. On peut aussi faire
                       écrire l’enfant avec un critérium dont la mine est un peu ressortie : il
                       doit doser la pression sur la feuille pour ne pas casser la mine.



        Beaucoup de troubles du graphisme sont dus à une immaturité des coordinations
fines digitales : une mauvaise tenue du crayon, un pouce hyperlaxe, raidi qui fait passer le
crayon à l’avant de la main, gênent le travail des autres muscles des doigts et perturbent la
vitesse d’exécution ; seul les muscles de l’avant-bras travaillent.

        L’écriture, qui se manifeste par les mouvements ascendants et descendants de la
pince pouce-index ne s’automatise pas et reste difficile pour les enfants. Une rééducation du
fléchissement du pouce s’avère nécessaire, accompagnée d’une vigilance et d’un soutien
parental pour les exercices quotidiens donnés par le psychomotricien.

       La motricité de la pince pouce-index s’automatise seule si le développement
psychomoteur est suffisant. Le guide-doigt sert à placer correctement les doigts mais ne
permet pas l’intégration du mouvement. Pour cela, il convient mieux de travailler la
motricité de la pince les yeux fermés afin de faire ressentir le mouvement de l’intérieur.



2- La production graphique
       Elle relève plus facilement du maître E et des enseignants.

Pour une production graphique de qualité, il faut

       vérifier la hauteur des lettres

       écrire sur les lignes

       repérer l’espace entre les mots

       considérer les coordinations entre lettres

Si les lettres se télescopent : l’élève exerce trop de pression sur la feuille, la main ne glisse
pas suffisamment

       on peut proposer des exercices de tracés de traits horizontaux pour faire glisser la
main, sentir le mouvement vers la droite

       on peut aussi proposer des exercices d’écriture de trois lettres + glissement de la
main + trois lettres + glissement …

Si les lettres ne sont pas alignées, l’enfant manque de motricité digitale : seul l’avant-bras
travaille, il faut rééduquer l’utilisation des muscles des doigts.
Si l’écriture est fine et trop petite, le pouce est peut-être trop raide ; seul l’avant-bras
travaille et l’enfant gagne de la fatigue en diminuant l’amplitude des mouvements. Il faut
rééduquer chez un psychomotricien

L’écriture trop rapide révèle une impulsivité psychomotrice. Des exercices relaxants sont
alors nécessaires avant toute activité graphique.

L’écriture trop lente renvoie aux troubles de la qualité graphique et aux difficultés de
posture, de tenue du crayon, de coordination et de musculation de la main. A mi-CP, un
élève doit pouvoir écrire entre 25 et 27 lettres en 5 minutes, au CM2, entre 200 et 230.



Chez M Guyot, un examen coûte 40 euros ; chaque séance coûte 35 euros. Certaines
mutuelles commencent à rembourser une dizaine de séances par an. Un système de
prestations supplémentaires, accordé par la Secu, peut aider certaines familles qui en font la
demande.

Une rééducation peut durer de quelques séances ( 5 ) à plus mais demande souvent moins
d’une année.

				
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posted:9/22/2011
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