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					                Sebastian Golze <golze@berlin.sireco.net>

      Groupement de textes: L'inégalité sociale
       question de synthèse: la question sociale

      Le dix-huitième siècle en France est marqué par
beaucoup d'injustices sociales qui ont finalement mené
à la révolution. Les auteurs de ces cinq textes ont des
avis très différents sur la politique qu'ils souhaitent. Il
y a d'idées presque marxistes mais aussi très
capitalistes. Aussi les points où les auteurs voient les
injustices diffèrent comme les remèdes qu'ils
proposent.


      Rousseau et Diderot souhaitent une société
globalement moins économique que celle du dix-
huitième siècle. Diderot est beaucoup plus extrême que
Rousseau: il veut une société qui se fonde plus sur des
valeurs classiques que sur la richesse. L'extrait du
Neveu de Rameau étudié est un texte ironique dans le
quel Diderot ridiculise l'opinion du neveu qui
argumente de façon très maladroite. On trouve des
formules montrant la simplicité de la pensée du
personnage comme par exemple la phrase "L'or est
tout; et le reste, sans or, est rien." où le neveu n'a pas
compris que le mot le reste suffisait déjà complètement
et que le "sans or" est complètement superflu et
redondant. Le neveu utilise aussi des formules très
exagérés qui mettent en question son argumentation
("L'or est tout" l.1) en plus son argumentation n'est
presque que de la parataxe ce qui s'oppose fortement à
l'argumentation qui nécessite un grand nombre de liens
logiques. Le neveu élève l'argent à un statut de religion

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et á cause de l'ironie le lecteur apprend que Diderot
veut une société dans la quelle une bonne éducation
générale, dégradée par le neveu à des "belles
maximes" inutiles, compte au moins autant que la
richesse matérielle. Rousseau va beaucoup plus loin et
dénonce l'existence d'une société complexe. Il explique
la formation des sociétés par l'introduction du partage
du travail ayant rendu nécessaire des relations
humaines d'interdépendance intenses ("continuèrent à
jouir (...) d'un commerce indépendant, mais dès
l'instant qu'un homme eut besoin du secours d'un autre
(...) on vit bientôt l'esclavage et la misère germer..."
l.17 à l.22). Comme résolution du problème il propose
l'abolition de tout société développée ce qui implique
l'abolition de l'argent qui est le moteur essentiel des
échanges humains. Rousseau développe ce modèle
sachant que cela est une utopie pour monter
explicitement son idée que toute société est une source
de malheur.
       Au contraire Voltaire dans son article Luxe et
l'auteur inconnu de l'article peuple ne veulent pas
moins d'activité économique mais il veulent que ceux
qui travaillent vraiment soient plus rémunérés et
reconnu par la société. Voltaire veut que le
gouvernement donne à la population la sécurité que
chacun qui travaillera durement aura une rémunération
juste de son travail ("...il faut qu'ils aient l'espérance
que leur travail leur procurera un état agréable;..." l.11
et 12). Voltaire pense essentiellement aux paysans
défavorisés qui par de telles mesures auront la
possibilité de s'acheter des propres terres ("Lorsque les
habitants de la campagne sont bien traités,

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invisiblement le nombre de propriétaires s'augmente
parmi eux:.." l.21 et l.22) de se libérer des terres pour
les quelles ils doivent payer aux grand propriétaires
fonciers. Il pense qu'on pourra ainsi réaliser la richesse
du grand nombre. Mais d'après lui le gouvernement
doit faire extrêmement attention à ce que la population
ne tombe pas dans la décadence ("Les peuples...un peu
de luxe." l.12 à l.16). Aussi l'auteur de l'article peuple
fait l'éloge de ceux qui travaillent durement donc les
ouvriers et les laboureurs. Il proteste contre les
sentiments de supériorité des riches par rapport à ceux
qui rendent leur vie possible. L'auteur souligne cette
nécessité par exemple par l'utilisation fréquente de nos
dans les lignes 24 et 25 qui montre pour qui le peuple
travaille vraiment même si beaucoup des riches ne le
remarquent même pas. Il résume dans le dernier
paragraphe de l'extrait "..qui forment toujours la partie
la plus nombreuse et la plus nécessaire de la nation."
l.35 et 36.
      Enfin on trouve dans ce groupement encore des
avis très capitalistes. Sedaine exprime par le père
Vanderk une position très fixée sur la richesse. Il élève
le commerçant qui a classiquement un métier peu
honorable au dessus des nobles et même au dessus du
roi. Les nobles ont un pouvoir limité à leur domaine et
le commerçant "se fait obéir d'un bout de l'univers à
l'autre" l.16 simplement par sa signature où le noble a
peut-être même besoin de force. Le roi doit avoir de
l'or dans son argent pour qu'il soit accepté et le
commerçant ne doit que signer ("..son seing n'a pas
besoin, comme la monnaie d'un souverain, que la
valeur du métal serve de caution à l'empreinte,..." l.16

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à l.18). Vanderk père relie avec le commerçant "la
droiture, l'honneur, la probité" l.25 et l.26 et veut le
mettre ainsi aussi sur le plan moral sur le même niveau
que les nobles ("Ce qui légitime dans un gentilhomme
les droits de naissance, ce qui fait la base de ses
tires:..." l.24 et l.25). Vanderk père affirme donc qu'en
gagnant assez d'argent on est aussi socialement
accepté. Donc il fait en gros l'éloge de la société
actuelle où enfin ne compte que la richesse pour la
position sociale. Sedaine prend ici la position du
Neveu de Rameau qui relie aussi tout à l'argent ce
qu'on peut résumer par la formule de la ligne 16
"honoré, riche et puissant" où les termes honorés et
puissants sont vus comme les conséquences directes de
riche. Sedaine qui en fait est donc ridiculisé par
Diderot ne pense pas du tout à ceux qui ne réussissent
pas économiquement donc il défend même un
capitaliste très pure ou "de guerre".

      Les auteurs voient tous sauf Sedaine l'inégalité
sociale dans l'inégalité économique donc dans la
fortune non justifiée des riches. Voltaire, l'auteur de
l'article peuple et Diderot sont réalistes et acceptent un
certain niveau d'inégalité économique.
Dans les deux articles d'encyclopédie on veut
seulement limiter la misère des défavorisés: Voltaire
propose dans son article Luxe d'aider aux pauvres de
sortir de leur situation avec leur propres forces en
acquérant ce qui dans une économie quasi capitaliste est
le plus important, les moyens de production comme les
terres pour le paysan ("...invisiblement le nombre de
propriétaires s'augmente parmi eux:.." l.22). Donc

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l'idée de Voltaire est celle de donner aux pauvres la
chance de participer au "jeu" capitaliste en acceptant
les règles et il ne veut pas de réforme s'approchant du
marxisme. Si on réalise les idées de Voltaire on voyait
pas disparaître la misère mais ceux qui veulent
vraiment en sortir ont une bonne chance de réussir.
Voltaire veut honorer comme l'auteur de l'article
peuple le travail honnête. Dans cet article l'auteur
insiste sur la dimension de l'inégalité en faisant sur 15
lignes (l.4 à l.18) le portrait des riches qui d'après lui
ne travaillent pas et vivent dans le plus grand luxe
imaginable et en les opposant à ceux qui travaillent
vraiment sans se plaindre ("... sans regarder la fortune
qui rit au-dessus de lui,..." l.23) donc d'après lui les
ouvriers et les laboureurs. Il souligne cette
comparaison par de nombreux effets de style comme
les parallèles qu'il trace entre certains termes employés
pour caractériser les finaciés et les autres comme
"riches plafonds" l.4 et "chaumes" l.21; "habit de tous
les saisons" l.23 à l.24 à "ils appellent l'or et la soie
pour filer leurs vêtements;.." ou "... la faim arrive, tout
lui est bon;..." l.26 à ils "cherchent l'appétit dans l'art
de leurs cuisiniers ;..." l.5 et l.6. Même si dans l'extrait
l'auteur ne dit pas qu'il faut mieux traiter les
travailleurs la description y fait appel implicitement.
Donc cet article ne fait pas appelle directement à une
révolution mais veut seulement réduire "la ville
dépendance du pauvre au riche" (l.23 Luxe). Diderot
n'est pas explicite par rapport à ce qu'il pense de
l'inégalité et où il la voit. Mais puisqu'il ironise le
neveu il semble critiquer les riches qui ont "su



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brusquer la fortune" (l.12 et l.13 peuple) et donc avec
eux l'inégalité financière.
      Au contraire Rousseau et Sedaine prennent des
positions beaucoup plus extrêmes. Rousseau voit
l'inégalité déjà dans toute propriété privée ("...l'égalité
disparut, la propriété s'introduisit,..." l.19) et dans la
division du travail ("...mais dès l'instant qu'un homme
eut besoin du secours d'un autre ,(...) on vit bientôt
l'esclavage et la misère germer..." l.17 à l.22). Par
conséquent l'abolition de la société serait l'abolition de
l'inégalité mais ce texte n'est qu'une construction
mentale de Rousseau donc il ne faut pas vraiment
prendre cette idée comme un remède réel contre
l'inégalité. Sedaine au contraire voit comme le seul
l'inégalité sociale dans le fait que les nobles ne soient
pas autorisés à faire du commerce et à travailler mais
doivent en même temps supporter beaucoup de charges
("...tous les biens que la nécessité de servir le prince
avait fait sortir des mains de vos ancêtres:..." l.5 et l.6).
Il montre l'absurdité du fait qu'un noble peut déroger
par le commerce mais qu'un riche commerçant peu
devenir noble ("..., ce qui peut procurer la noblesse
n'est pas capables de l'ôter." l.8 et l.9). Donc Sedaine
est le seul à voir les nobles comme les défavorisés
dans le système du dix-huitième siècle.

      Pour conclure, on peut d'abord remarquer que les
auteurs se sont plus concentrés sur les problèmes
d'inégalités économiques et ne pas tellement sur les
privilèges de la noblesse comme on pourrait l'attendre
du titre du groupement. Pour résumer les modèles
imaginées les plus réalistes sont ceux de Voltaire et de

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l'article peuple. Ils ont des idées qui sont vraiment
réalisables dans la société du dix-huitième siècle et
sont même valables aujourd'hui. On peut approcher
l'article Luxe de la théorie économique de Keynes et
l'article peuple un peu du socialisme. Rousseau et
Diderot ne proposent en fait pas de remède réalisable à
l'inégalité et celle de Sedaine qui voit les nobles
comme les défavorisés n'est pas tellement importante
par rapport à la pauvreté du peuple. D'après les
expériences socialistes qu'a connu l'histoire on peut
dire que les idées keynésiennes qui ont menés à de
nombreux succès comme par exemple la politique du
New Deal aux États Unis sont les plus adaptés de ce
groupement de textes pour résoudre les problèmes
économiques, dans le dix-huitième siècle comme
aujourd'hui.




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