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Les amis siciliens dOmar Bongo.doc

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Les amis siciliens dOmar Bongo.doc Powered By Docstoc
					Pour admirer le linge le plus sale du régime Bongo, nul besoin d’infiltrer la blanchisserie du
palais. De très beaux spécimens s’exposent régulièrement, mine de rien, à la Une de L’Union,
le quotidien du pouvoir.

                                                         *

Me Louis-Gaston Mayila appartient à la catégorie d’exploitants forestiers que nous estimons
le plus, celle qui nous lit. Françafricain d’exception, l’actuel Vice-Premier ministre gabonais,
ministre de la Solidarité nationale, des Affaires sociales, du Bien-être et de la Lutte contre la
pauvreté est un pilier de la kleptocratie bongoïste depuis plus de trois décennies : conseiller
personnel du jeune dictateur dès 1974, plusieurs fois ministre, président du Conseil
économique et social depuis 1997, ce vice-président du parti au pouvoir est aussi actionnaire
unique de la Compagnie forestière de Tsamba Magotsi (COFMA).

Il est bien vu en France. Grand officier de l’ordre national du Mérite, commandeur de la
Légion d’honneur, commandeur des Palmes académiques, Me Mayila s’occupait en 2005 de
la direction de campagne d’Omar Bongo auprès des Gabonais de l’étranger, y compris ceux
de l’Hexagone. Ce travail s’est déroulé, tout comme l’élection, sans incident. Il est vrai que
la Société Générale s’est plaint un moment auprès d’American Express du règlement par carte
bancaire des frais d’une conférence débat et cocktail au Concorde Lafayette. Le raout a coûté
50 000 euros.1

Il y a un an, nous avons pris la liberté de publier un listing des forestiers gabonais redevables
d’arriérés auprès du fisc de leur pays.2 Loin derrière Bongo père et fils, avec presque un
milliard d’euros, mais aussi à la traîne du Premier ministre de l’époque et sa petite famille
(279 743 200 FCFA), ainsi que du ministre du Pétrole (259 085 400 FCFA) et celui des
Travaux publics (154 140 000 FCFA), Me Louis-Gaston Mayila s’y affichait avec un très
honorable 72 632 000 FCFA. Par la suite, il a été le seul hiérarque gabonais à nous avoir
honoré d’un échange d’information.

En août 2005, dans une lettre à l’ONG gabonaise qui a diffusé nos informations, il précise que
le règlement de la somme citée est alors en cours – ce que nous ignorions totalement – et qu’
« En droit, lorsque le débiteur et le créancier ont signé un moratoire et que le débiteur
respecte les échéances […] ce deal vaut titre libératoire » – principe dont nous étions déjà au
courant.3 Mais de cet informateur inattendu, nous avons appris beaucoup plus. Il y a dans
son style épistolaire quelque chose du Romain antique :

        « Tout pouvoir a un début, a une fin, nous sommes payés pour le savoir et les exemples autour de nous
        abondent. »

        « Je n'ai jamais cessé dans mes discours, dans mes prises de position publiques [de dire] qu'un homme
        politique doit être capable de rendre des comptes à tout moment. »

Voir ci-dessous.

        « Sur son char, tiré par quatre taureaux blancs, le bouffon de César lui rappelait ceci : “N'oublies [sic]
        pas César que tu es mortel” ».

1
  « Moins d’or dans le magot d’Omar Bongo », Bakchich, 09/08/2006.
2
  « Les mauvais payeurs de la forêt gabonaise », www.brainforest.org/PAGES/esmauvaispayeurs.pdf. Voir
également « Le roitelet de la forêt », www.bdpgabon.org/content/view/1405/71/
3
  www.brainforest.org/PAGES/reaction_mayila.htm
Ceci nous l’avons en effet oublié. « Nous » ? Mais que vaut notre piteuse première personne
du pluriel face à une troisième personne aussi singulière ?

          « Aujourd'hui, en pleine crise de l'emploi, Louis Gaston MAYILA emploie plus de 250 personnes. Si
          vous donnez une femme à chacun [sic] et une moyenne de un à deux enfants par personne, le compte est
          vite fait, du nombre de personnes qui vivent grâce à l'initiative et à l'action de Louis Gaston
          MAYILA. »

          « S'il y en a qui pensent qu'être au pouvoir est une sinécure et qu'un poste politique est une rente
          viagère, MAYILA n'est pas dedans. »

Fessée bien reçue. Et encore :

          « Je suis un des rares [G]abonais, sinon le seul, qui exploite en direct mon permis sans passer par les
          fermiers qui se sucrent sur le dos des [G]abonais et qui bénéficient grassement des largesses de la
          Banque Mondiale. »

L’actuel Vice-Premier ministre gabonais conclut sur cette ode à la bonne gouvernance :

          « Quand on a la naïveté sinon la bêtise de confier le fichier du Trésor d'un pays à une Institution
          Internationale, on doit savoir que ceci, un jour ou l'autre se retournera contre le pays. »

Redevables depuis un an envers cet auteur, nous nous trouvons finalement, heureusement, en
mesure de lui rendre la faveur. Nous espérons qu’il saura apprécier.

                                                           *

                                                                 It's almost irresistible. She's so deliciously low.
                                                                 So horribly dirty.

                                                                          Professor Henry Higgins, My Fair Lady

On va longtemps se souvenir du dîner de gala organisé au palais du bord de mer le 17 août,
lors de la fête de ce qu’il est convenu d’appeler « l’indépendance ». Les invités les plus
branchés sont venus de loin. L’Union leur a consacré sa Une.4

          « Omar Bongo Ondimba honoré pour son engagement pour la paix.
          Le président gabonais s'est vu décerner le trophée de la paix 2006 par le Parlement mondial des Etats
          pour la sécurité et la paix, nouvelle société des Nations qui a dépêché à Libreville les Prs Eugenio
          Caliguira, Ciro di Costanza et le Dr Massimiliano Alesi. »

Excusez-nous de devoir citer longuement :

          « Le président gabonais devient ainsi, suite au choix porté sur sa personne par cette auguste institution
          […] grand Chancelier international et sénateur à vie de ce Parlement. Il rejoint les anciens présidents
          Nelson Mandela, Gorbatchev et Hugo Sanchez [sic], ainsi que d'autres illustres personnalités […].
          Bongo Ondimba a donc reçu des mains des membres du Parlement pour la paix les attributs y relatifs.
          Notamment le trophée de la paix 2006, le diplôme attaché à ce trophée, le drapeau du Parlement
          mondial des Etats pour la sécurité et la paix, son passeport et les copies de tous les diplômes qui
          s'attachent à ces qualités. C'était en présence des hôtes de marque du Gabon […] et du gotha
          institutionnel et politique gabonais visiblement heureux de cette marque de considération et de



4
    Du 19-20/08/2006.


                                                                                                                       2
        reconnaissance de l'oeuvre accomplie des armées 5 durant par le président Bongo Ondimba, dans le
        règlement des conflits dans de nombreux pays du continent […]. »

Peu de détails, sinon que

        « Les allocutions des Prs Eugenio Caliguira (ministre de la Coopération diplomatique internationale au
        sein du Parlement et avocat international membre du Bureau international de Londres), Ciro Di
        Costanza (Maître de cérémonie international du Parlement, Pr de conférence universitaire, en Italie, en
        Urkraine [sic] et aux Etats-Unis) et surtout celle de Me Louis-Gaston Mayila, sénateur au Parlement
        mondial des États pour la sécurité et la paix, membre de la Haute chambre, ont ponctué cette
        cérémonie. »

Voici quelques trop brefs extraits de cette dernière allocution :

« “La paix a un nom et un visage, ceux d'Omar Bongo Ondimba” ». Visage auquel l’orateur
s’adresse en déclamant : « “Vous vous dépensez sans compter” » – pour « l’Afrique »
s’entend – « “avec un dévouement et une abnégation qui désormais font école” ». Le
président gabonais est du coup assimilé à un « “dépositaire” », en l’occurrence de « “sagesse
africaine” ». Aparté du journal : « le président Bongo Ondimba a toujours su cultiver les
cinq (5) vertus fondamentales selon “la Kabbale” que sont, la bonté, la justice, l’amour, la
sagesse et la vérité. » C’est bien de notre cher mollah Omar qu’on parle ? Oy vey…

Selon Me Mayila, le vénérable mystique apporte au parlement mondial « “un plus d'âme, un
plus de sagesse, un plus de prestige. Mais surtout un peu plus de chacune des vertus”
énoncées plus haut. » Impossible de rater la répétition du thème de la vertu.

C’est dommage que le forestier Vice-Premier ministre n’ait eu rien de plus solide à nous dire
d’une instance dont il jure que « “Le rôle, l'importance, et l'influence […] grandisse[nt] à
mesure que s'amoncellent à l'horizon des menaces pour la paix du monde” ». A noter que
Louis-Gaston Mayila est « sénateur » de l’institution en question depuis le 15 novembre
2004. Absent d’un récent inventaire de ses innombrables « distinctions honorifiques », ce
titre figure parmi ses « fonctions occupées ».6 Un bon boulot.

C’est ainsi que nous nous voyons offrir, sur un plateau, le dernier projet d’un
personnage que les juges anti-mafia connaissent bien, qui est souvent dénoncé dans la
presse italienne comme proche de l’extrême droite et du monde du mercenariat, et dont
la condition psychologique serait, selon les services secrets péninsulaires, « marcatamente
anormali ».

Voyons ça ensemble.

Il n’y a pas meilleure introduction au Parlamento Mondiale per la Sicurezza e la Pace – basé
à Palerme, disons-le tout de suite – que son hilarant site web.7 La page d’accueil existe en
plusieurs langues, y compris celle, plus ou moins, de Molière :


5
  Bavure absente de l’édition papier.
6
  « Me Louis Gaston Mayila : L’avocat pour le bonheur du plus grand nombre », Infos Plus Gabon, 05/02/2006.
Où on lit aussi : « Il est attachant de compter parmi les ministres de la République un humaniste tel que Me
Mayila, amoureux de son pays et qui ne cesse de rechercher la bonne mesure dans la vie de tous les jours […].
Le nouveau promu attache, il n’est point utile de le démonter [sic], un grand prix à la qualité des relations
humaines […]. »
7
  www.internationalparliament.org/francaise/index.html


                                                                                                                  3
       « Le parlement pour la paix et la sureté du monde que est aussi connu pour etre etabli le 15 Decembre
       1975 pendant des jours très diffcilies pour la intialtive de un Ortodox Eveque Mons.: Viktor Busá. Il a
       recu la Presidence pour toute sa vie et le Mons Makarios III a até Elireé comme secretaire Generale. Il
       a eté aussi le President de Cypre. Après la mort de sa beauté Makarios pendant l’anneé 1977 La postion
       etait pour Dr Sypros Kiprianou qui etait le President de la Republique de Cipre qui est devenu Le Vice-
       President du Parlement du Monde Pour la paix et la sureté. »

On a bien compris : le parlementaire en chef, Viktor Busà, serait un patriarche de l’église
biélorusse (non reconnue par l’église orthodoxe). Plus loin on apprend que ses amis
parlementaires l’appellent « Lord Presidente Internazionale ». Appellation digne du noble
but poursuivi :

       « la defense de toutes les villess du monde et la sureté des Nations selon les norms du Droit
       International et Les lois priveées. »

Précision :

       « Tous Le Etats que veulent etre partie du Parlement du Monde devran supporter le development
       economique, politique, morale, religiueuse, culturale et diplomatique entre tous les gouvernements
       […]. »

Il est entendu que les envoyés de l’auguste parlamento bénéficient de « tous les benefits et
l’immunité diplomatique ». On va y revenir.

Ah ben, jusqu’à aujourd’hui, le bilan global est assez positif. Impressionnant même :

       « […] intervention dans crises diplomatiques et guerres comme dans les Nationes suivantes: Turquie
       contre Cypre, Guerre en Somalie and Ethiopia internal conflict Uganda, Central African Republic, Mali,
       Chad, the Congo, Zaire, Mozambique, Angola et la guerre dans le Moyen Est. En outre a partecipé dans
       la mediation entre le conflict de guerre avec Ecuador et Perù, dans la guerre civile en Modavie et la
       Persecution raciste en l’Afrique du Sur, a fait une grande action pour la protection de minoriteés. Le
       Parlement du Monde aussi deplores la continuation des experiments nucleares de la France en
       Oceanie. »

Très fort, cette préoccupation chez Busà pour le sort des pays africains. L’Union a omis
d’inclure « Sesee-Seko-Mobutu [sic] ex Chef de Zaire » dans la liste des bénéficiaires
précédents du trophée qu’a reçu en août dernier le Chef du Gabon et co-fondateur de la
Françafrique,

Non seulement

       « La Greffierie du Parlement International Pour la Sureté et la Paix du Monde a etabli des relationes
       diplomatiques avec des Nationes Africaines ou de-facto avec nombreuses Institutiones […]. »

mais

       « Le Parlement du Monde a partecipé dans les elections politiques de nombreuses nationes comme la
       Repubblique du Congo (Brazzaville) en envoyant un accrediteé observateur. »

Certes, à première vue le parlement pue le pétrole. Un de ses deux vice-présidents n’est autre
que Teodoro Obiang, PDG de l’entreprise familiale « la Guinée équatoriale ». L’autre –
malgré l’allusion de l’Union à l’ancien footballeur mexicain Hugo Sanchez – s’appelle Hugo
Chavez. Pourtant, le poids des députés de Palerme n’est pas en simple fonction de leurs
barils. Lansana Conté, generalissimo de la Guinée, se charge du secrétariat général : son pays


                                                                                                               4
est riche en pétrole, pauvre, pour l’instant, en production pétrolière. Sont membres du
Consiglio supremo di présidenza, Leurs Excellences Luis Almeida Cabral et Manuel Pinto da
Costa, anciens autocrates des pays producteurs de deuxième rang que sont le Sao Tomé-et-
Principe et la Guinée Bissau. Ils sont assistés par le ministre libérien des Postes, le ministre
adjoint somalien de la Santé, le ministre malgache de l’Environnement, ainsi que
l’excentrique ancien premier ministre de la Grenade – aujourd’hui plus excentrique que
jamais puisque mort depuis 1997. Amici, il se peut qu’on ait affaire ici à des postes fantômes.

Le site du parlamento propose une intéressante page sur son vice-président Obiang, où l’on
apprend qu’en 2002 il se voit décerner le titre de docteur honoris causa en relations
internationales de la « Senior University International ». Cette école réapparaît curieusement
sur la page très détaillée consacrée à sa Béatitude Monseigneur Busà, profil qui n’est
disponible qu’en italien, mais qui se comprend assez facilement. Après déclinaison de son
état civil –

       « Mons. Viktor Busà, Arcivescovo Ortodosso della Chiesa Russa-Autocefala, è nato il 15 Dicembre
       1941 a Palermo, dove risiede. Artista, letterato e scienziato di chiara fama mondiale […] » –

il est précisé que ce faiseur de paix est

       « Rettore Internazionale della Senior University (Canada - USA), Rettore Internazionale dell'American
       International University (USA - Suriname), nonché Presidente della Commissione Scientifica Europea
       dell' American International University (USA - Suriname). »

Seul hic, c’est que Senior University et American International sont des universités du seul
cyberspace. La première a souvent changé de nom ces dernières années. En juin 2006, sous
le sobriquet « Rutherford University », elle est chassée de sa domiciliation dans le Wyoming
aux USA, où elle manquait de toute accréditation. Une enquête fédérale de 2004 s’était
indignée des diploma mills (usines à diplômes) dont cet Etat était un bastion, pourvoyeurs
juteux de qualifications permettant d’accéder aux emplois publics. Sur l’attrayant site de
Rutherford – et c’est tout à son crédit – on ne se vante que du « décret officiel » que lui a
octroyé « the International States Parliament for Safety and Peace ».8 La rumeur dit que
cette fac vient de déménager au Swaziland.

Ne nous attardons pas sur le cas de l’« American International University (USA –
Suriname) », alias « University of Louisiana ». Elle a été démasquée il y a six ans déjà.9

Gothique à temps plein, Busà porte plusieurs casquettes. La plus importante de ses
nombreuses fonctions universitaires est « Professore Straordinario di Tanatologia, » – c’est
l’étude de la mort et de l’agonie, il n’est jamais trop tard pour le savoir – « Storia della
Medicina e Sessuologia ». Une chaire de la chair quoi. Cet enseignement serait assuré au
« Psychoembriology College di San Paolo del Brasile ».

                                                     *




8
  www.rutherford.edu/about.cfm?page=01_05#content
9
  www.siliconinvestor.com/readmsg.aspx?msgid=19415820&s=davidson ,
forums.degreeinfo.com/showthread.php?s=&threadid=3999


                                                                                                               5
                                                              Un ladro son forse ? Son forse un bandito ?
                                                              Qual altro cliente da me fu tradito ?
                                                              Mi paga quest’uomo… fedele m’avrà.

                                                                       Sparafucile, Rigoletto, acte III

On va peut-être arrêter là. Pour toute information complémentaire sur notre « Presidente
Onorario della Banca di Germoplasma del Mediterraneo di Palermo » on a deux options.
Vous êtes libres de consulter ses nombreuses monographies, dans la mesure du possible :
certaines d’entre elles, à l’instar de la quasi-totalité de son œuvre poétique, semblent n’avoir
jamais été déposées à la Biblioteca nazionale. En vain nous y avons cherché des titres
comme :

        « Introduzione al fenomeno omosessuale (Ed. USEC, 1974) »
        « Manifesto per una nuova politica popolare delle Nazioni (Ed. Accademia Italiana, 1976) »
        « Tesi sul Tyrannosaurus Rex (Ed. Pellerito, 1984) »
        « Aspetti Psicopatici nella criminalizzazione (Ed. Universitarie, 1985) »
        « La Tanatomania nella Psichiatria contemporanea (Ed. Accademia Siciliana per le Scienze, 1996) »
        « Patogenesi e patologia della paranoia multiforme (Ed. Accademia Siciliana per le Scienze, 1999) »

Deuxième option : abonnez-vous au très lucide mensuel italien, La Voce della Campania.
Depuis plus de deux ans cet ancien canard du Parti communiste italien met à nu les
accointances réelles de Busà.

La curiosité de la rédaction s’éveille dès l’ouverture de l’enquête du procureur de Gêne sur le
regretté Fabrizio Quattrocchi, ce spécialiste de la sécurité privée, enlevé et exécuté en Irak en
avril 2004. Il paraît que le défunt fut un « collaborateur occasionnel » de la société IBSA
Italie, boîte d’un passioné d’arts martiaux nommé Giacomo Spartaco Bertolleti.10 Jusqu’à sa
démission courant 2005,11 celui-ci était un des membres les plus actifs de l’International
Bodyguard & Security Services Association (IBSSA),12 organisme créé en France en 1994,13
avec siège à Budapest, secrétariat à Tel Aviv et compte bancaire en Floride. Aux dernières
nouvelles, le président honoraire d’IBSSA est « H.R.H. Prince Michael James Alexander
Stewart of Albany », de son vrai nom Michel Lafosse. Cet imposteur belge, se prétendant
descendant direct de Bonnie Prince Charlie – ainsi que, plus plausiblement, l’attaché culturel
de l’ambassade des chevaliers de Malte au Sao Tomé – est actuellement dans la nasse de la
justice britannique pour faux et usage de faux, notamment lors de l’obtention de sa nationalité
britannique. Parallèlement, l’Office of the Scottish Charity Regulator enquête sur deux



10
   « Iraq / I mercenari il “nuovo parlamento mondiale” », La Voce, mai 2004.
11
   Dans un article (« Lo stato parallelo ») paru dans le numéro d’octobre 2005, La Voce s’attarde sur l’affiliation
de son successeur provisoire avec Azione Giovani, mouvement de jeunesse de l’ancien parti fasciste Alleanza
Nazionale.
12
   Voir l’effrayante brochure « Bodyguard and Security : 10 Years of IBSSA »,
www.ibssa.org/static/bs/bs1stissue.pdf
13
   Selon IBSSA. La création d’IBSSA France n’a été déclarée à la préfecture des Alpes-Maritimes que le 31
janvier 2001 (Journal Officiel, 10/03/2001). Curieusement, son adresse niçoise – au 10, avenue Aimé-Martin –
est celle du Calvary Chapel Nice, antenne de l’évangéliste Calvary Fellowship de Mountlake Terrace, dans l’Etat
du Washington aux USA. André Durain, représentant d’IBSSA en PACA recruté par Bertoletti en 2000, est
l’ancien garde du corps d’une « famille arabe importante ». Il serait actuellement gérant du peu connu Centre
national de formation professionnelle de la sécurité, domicilié au 7, bd de Magnan à Nice. (« Sportiva IBSSA
Official Magazine, inserto speciale n. 179 », juillet/août 2000,
www.ibssa.org/static/sportivo/july_august_2000.pdf. A l’époque, la société Sport Promotion de Bertoletti
héberge le « press and public relation department » d’IBSSA.)


                                                                                                                 6
fondations bien pourvues qu’il aurait montées à sa propre gloire. En juillet 2006, en instance
d’expulsion, Lafosse quitte Edinburgh pour rentrer en Belgique habiter avec sa maman.14

Les 25 et 26 septembre 2004, le parlamento mondiale et IBSSA organisent ensemble, à
Palerme, une « XII Conference on Security of the Mediterranean », où, figurez-vous, il est
beaucoup question d’Irak. Dans un « rapport » apparemment rédigé dans la foulée, Giacomo
Bertoletti évoque l’intervention d’un « cheik Mamoud Ahmed », qui s’exprimait

         « en langue française de l’université de la Sorbonne les yeux radieux qui subjuguent le public qui se tait
         en écoutant. […] Il se présente : “Je suis le chef d’un tribu irakien de 18 millions, PDG d’une grande
         société pétrolière, peut-être je serai président ou vice-président si les élections de janvier 2005 aura lieu.
         […] Je ne plaisante pas, si la monarchie absolue existait toujours, […] peut-être j’aurais été roi.” »15

Le cheik appelle à un effort de guerre renforcé « afin de terminer le travail de défense contre
des groupes terroristes qui pour la plupart ne sont pas irakiens ». Que Giacomo Bertoletti ait
été parmi le public médusé de ce monsieur pourrait s’expliquer de par sa qualité de
représentant principal en Italie de la co-organisatrice IBSSA. Pourtant il est aussi
« coordinateur international d’IBSSA pour la région du Golfe ». Nous soupçonnons qu’il ne
s’agit pas là de celui de Naples.

Peu après la disparition de Quattrocchi, Bertoletti supprime le seul lien sur le site web de sa
société « Sport Promotion » : celui renvoyant au parlamento de Busà. Pas grave. En juin
2005, La Voce déniche un listing interne confortant la thèse d’une « longue affiliation » entre
les deux hommes.

Pas surprenant dans ces conditions que celui que les journalistes considèrent le numéro due de
Busà soit membre honoraire d’IBSSA.16 Au sein de l’hémicycle de Palerme, le Sicilien
Rocco Giacalone est « Capo del Cerimoniale », « Ambasciatore Straordinario e
Plenipotenziario » et « Portavoce ufficiale del Consiglio Supremo di Presidenza ». Pour La
Voce, parlement et Rambos seraient « étroitement liés ».17

Et au mensuel de s’inquiéter que,

         « Formés en Italie, les mercenaires issus de la synergie IBSSA-Parlement mondial trouvent la voie
         ouverte au recrutement sur n’importe quel front de guerre, grâce aux bonnes entrées de l’organisme
         palermitain et aux passeports diplomatiques qu’il délivre et qui sont reconnus par de nombreux états
         étrangers. Et peut-être même par l’état italien. »18


14
   « Fake King of Scots flees to Belgium », The Sunday Mail, 23/07/2006. Le président honoraire fondateur
d’IBSSA est le prince Adam Karol Czartoryski, obscur mais authentique cousin du roi d’Espagne ; son vice-
président honoraire est le président de la Gambie, Yahya Jammeh. Au Gabon, IBSSA est représentée par
l’incontournable ministre, général… et forestier Idriss Ngari. Voir « Les mauvais payeurs de la forêt
gabonaise ».
15
   Notre traduction d’un anglais proprement surréaliste. www.japansekrijgskunsten.org/centre/sjk/ibssaipsp1.htm
16
   www.ibssa.org/index.php?oldal=honorary&nyelv=us –
17
   « Al Parlamento mondiale fondato da Busà è strettamente collegata la multinazionale dei body guard IBSSA,
il cui nome è venuto alla luce durante le indagini, aperte da diverse Procure, sull’arruolamento dei
“mercenari” italiani in Iraq. » (octobre 2005) Cette haute chambre entretient d’autres liaisons qui suscitent
l’intérêt du journal. Entrepreneur en propreté urbaine, ramasseur d’appel d’offres de la ville de Naples, Pasquale
Bruscino est membre de la commission « Ecologia, ambiente, territorio e beni naturali » du parlamento
mondiale. (mai 2004)
18
   Ibid. « Addestrati in Italia, i mercenari sfornati dalla sinergia IBSSA-Parlamento mondiale trovano strada
facile per il reclutamento su qualsiasi fronte di guerra, grazie alle potenti entrature nei cinque continenti della
sigla palermitana, che arriva al punto di rilasciare passaporti diplomatici per l’espatrio riconosciuti da


                                                                                                                     7
De nouvelles révélations en octobre 2005. Busà et d’autres membres de son équipe auraient
été longtemps détenteurs de « passeports diplomatiques à durée illimitée » d’une alarmante
ONG macédonienne, la « First Children’s Embassy of the World Megjashi » (FCEWM).19
Privilège qu’ils partageaient avec le néo-fasciste Riccardo Sindoca, « consul honoraire à
Milan » de cette opération.20 Rappelez-vous que le co-fondateur du Dipartimento studi
strategici antiterrorismo (DSSA) est arrêté avec son complice Gaetano Saya début juillet
2005 pour avoir projeté l’enlèvement en France de plusieurs gauchistes italiens exilés, dont le
plus célèbre, Cesare Battisti – celui qu’ils appelaient « le Porc rouge ». L’opération avortée
aurait bénéficié des contacts du DSSA dans le milieu des pieds nickelés en Irak.21

La presse française présente le DSSA comme une « cellule d’investigation parallèle sur les
islamistes, les antimondialistes, la gauche radicale et modérée », composé d’anciennes
barbouzes « se revendiqua[n]t ouvertement de George W. Bush ». Son ambition principale :
« éliminer le terrorisme islamique et protéger le pape ».22 Pour Le Figaro, il aurait été le bras
armé des partis fascistes Movimento sociale italiano et Destra Nazionale.23 Et surtout un bon
ami du syndicat de police Unione Nazionale. En effet, l’arrestation des cerveaux Sindoca et
Saya s’est accompagnée de la mise en examen de pas moins de 24 policiers, gendarmes et
agents de la répression des fraudes.

Rien vu, rien entendu à la direction de l’ambassade macédonienne des bambins, pour qui
Sindoca était simple « expert international en sécurité et diplomatie ». Allez comprendre. La
justice italienne enquête sur des liens éventuels entre le DSSA et IBSSA. La Voce, lui, parle
déjà du « lien occulte » entre le DSSA et le parlement mondial.24

Peut-être Louis-Gaston Mayila pourrait-il nous aider à trancher ce débat. Un des trois porte-
flingues de Busà dépêchés au gala du grand kabbaliste de Libreville était un certain Ciro di
Costanzo,25 propriétaire d’un gymnase de karaté en banlieue napolitaine. En tant que « consul
général en Italie » de la First Children’s Embassy, il aurait été le boss de Sindoca, consul à
Milan.



numerosi stati esteri. E forse anche da quello italiano. » La liste des membres honoraires d’IBSSA décortiquée
dans ce numéro témoignerait de l’existence de multiples liens avec les forces armées italiennes. La Voce croit
qu’avant de s’être réalisée en Irak, la synergie IBSSA-Parlement mondial se serait produite en Afghanistan et au
Kosovo.
19
   Associé de la FCEWM pendant plus de dix ans, Busà portait le titre d’« ambassadeur honoraire en région
méditerranéenne ». (La Voce, octobre 2005)
20
   Suite à la publication du papier de La Voce, la First Embassy lui a fait savoir que de « nombreux » individus
cités ne comptent plus parmi ses membres depuis 2000. La composition de son nouveau corps diplomatique,
amaigri, n’est malheureusement pas indiquée sur www.childrensembassy.org.mk/. La Voce s’étonnait ensuite
sur un « conseiller diplomatique » de l’Ambassade, M. Massimo Manto, gérant de salles de jeux à
Frattamaggiore, Casoria et Santa Maria Capua Vetere. (« Trame massoniche e aiuti umanitari », décembre 2005)
21
   Voir « La “police parallèle” italienne voulait enlever Cesare Battisti en France », Amnistia, 03/07/2005, et
« “Police parallèle italienne”: Rome-Paris, via Bagdad », 18/07/2005.
22
   Cité dans « Un commando fasciste italien rêvait d’enlever Battisti », Libération, 05/07/2005.
23
   « Une “Police parallèle” italienne démantelée », Le Figaro, 05/07/2005. A noter l’absence de couverture de
ces arrestations par un quotidien spécialisé dans l’actu internationale, Le Monde.
24
   « Per la prima volta la Voce è in grado di portare alla luce il collegamento occulto fra la polizia parallela
fondata dal duo Gaetano Saya – Riccardo Sindoca (su cui indaga la Procura di Genova), e la pletorica,
inquietante organizzazione sovranazionale fondata a Palermo nella casa dell’impiegato Busà. » (octobre 2005)
25
   « Ambasciatore at Large », « Capo del Cerimoniale » et « ministre » du « Dipartimento per la Protezione
della Vita e per gli Affari Sociali » chez Busà.


                                                                                                              8
Ce qui est sûr c’est que Ciro di Costanzo est un fanatique de golf. Voyez, de toute urgence, le
site web de « Birdie per la vita », fondation dont il est président d’honneur et qui semble faire
dans l’humanitaire à Mogadiscio, au Congo-Brazzaville, au Liberia et… en Serbie.26 Est
présent sur ce site un larmoyant président de la Somalie :

        « Aidez-nous ! La paix est notre objectif, mais nous avons besoin d’aide. Si l’Europe et les USA ne
        nous aident pas maintenant, au moment où nous nous battons pour la paix, nous risquons véritablement
        de devenir une base terroriste. Le terrorisme est contre notre religion […]. Nous avons formé une
        armée de 20 000 jeunes hommes, mais il nous manque de l’argent pour les payer. Le désarmement
        n’est pas facile et personne ne nous aide. […] On veut rendre opérationnel le port et l’aéroport mais
        nous ne pouvons pas y arriver seuls. Aux entrepreneurs prêts à nous aider, nous proposons les terres
        gratuites et l’exemption fiscale. »27

                                                        *

Très actuels, les papiers parus dans La Voce della Campania n’ont pourtant pas omis de
revisiter le lointain passé judiciaire de sa Béatitude Busà.28

Ses ennuis commencent en 1989 avec l’enquête du juge turinois Lorenzo Poggi sur une
ribambelle de malfaiteurs supposés qui auraient voulu « confectionner et distribuer des
diplômes sans valeur légale portant des timbres contrefaits de la CEE ».29 Aux côtés de Busà
s’y trouve l’affable prince Alliata di Monreale, mafieux multicarte planant entre univers
maçonnique, CIA et excités anticommunistes de tout poil. Le juge obtient la permission du
président du Conseil d’accéder aux fiches des services secrets sur Busà. C’est un personnage,
lit-il,

        « psychologiquement instable et notoirement mythomane avec une tendance à inventer des entités de
        nature diverse […] ».30

Un des premiers à avoir pressenti des liens entre le parlement de Palerme et le monde de la
maçonnerie parallèle, le juge Poggi vise « l’università Pro-Deo »31 et le « Sovrano Militare



26
   www.birdieperlavita.com/sezioni_html/lng/en_id/8, www.birdieperlavita.com/sezioni_html/lng/_id/9
27
   Notre traduction de l’anglais. www.birdieperlavita.com/sezioni_html/lng/en_id/15
28
   Les avocats de l’intéressé maintiennent que leur client n’a jamais été condamné. (La Voce, octobre 2005)
29
   « […] Il Parlamento Mondiale arriva per la prima volta sul tavolo dei magistrati nel 1989, quando il giudice
del tribunale di Torino Lorenzo Poggi, nell’ambito di un procedimento penale per associazione a delinquere
finalizzata “alla confezione e distribuzione di diplomi di laurea privi di valore legale recanti timbri CEE
contraffatti” […] » (La Voce, septembre 2004). La Voce affirmera plus tard (octobre 2005) qu’en fait les
premières enquêtes judicaires sur Busà pour vente de faux titres remontent aux années 70. (« E risale ai lontani
anni settanta il suo coinvolgimento in inchieste giudiziarie sul rilascio di onorificenze fasulle in cambio di
denaro. »)
30
   « […] “psichicamente instabile e notoriamente mitomane, con spiccata tendenza all’invenzione di enti di
varia natura e alla elargizione di diplomi di benemerenza in Italia e all’estero”. » (cité dans « La chiave del
rapimento delle pacifiste italiane », La Voce, septembre 2004) Voir aussi « Il capitano ultimo e il prezzo di
Riina », La Voce, mars 2005 : « E in un precedente dossier degli anni ottanta elaborato su direttiva della
presidenza del Consiglio, si rincarava la dose: gli esperti definivano infatti Busà come “elemento di condizioni
psichiche marcatamente anormali”, “più volte ricoverato presso l’ospedale cittadino per depressione psichica”,
evidenziando “i molteplici titoli che il Busà stesso si è attribuito nel corso degli anni”. »
31
   Pietro Calacione serait un des principaux « traits d’union » – en français dans le texte – entre cette illustre
université romaine et le parlement mondial. Cité dans une enquête judiciaire palermitaine de juillet 1993 sur « le
comptable de la mafia » Giuseppe Mandalari, Calacione, proche de la droite extrême, disposerait d’importantes
entrées au ministère de l’Intérieur. (La Voce, mars 2005)


                                                                                                                9
Ospedaliero Ordine di San Giorgio in Carinzia ».32 Il découvre, dans l’entourage immédiat de
Busà, un certain Piero Tabellini.

Encore un passionné d’Afrique, comme on l’apprendra par la suite. Fin 2002, en faux
commissaire européen, Piero Tabellini déboule à Brazzaville avec dans ses valises un « prix
lauréat des docteurs de la CEE » pour le Cobra en chef, dont il fallait « récompenser [les]
efforts en faveur de la démocratie et le maintien de la paix et la cohésion sociale ». Au lieu
des Prodi, Barre et Giscard promis, ne débarquent que « quelques personnalités italiennes et
françaises de second ordre et une “princesse belge” mal identifiée ».33 Cette délégation est
« logé[e] dans les deux principaux hôtels de la capitale et transporté[e] dans des véhicules
officiels escortés d’une armada de motards ». Manque de pot – si c’était bien ça – la
supercherie est exposée au tout dernier moment, aucun prix n’est finalement attribué. Fête et
bouffe sont annulées.

Revenons au pedigree de Busà. Le 7 juillet 1996, en tête à tête avec des magistrats de la
Direzione distrettuale antimafia (DDA) de Reggio Calabria, un repenti du nom de Curio
Pintus (5 ans et 6 mois de prison), affidé du chef de la ’Ndrangheta d'Africo (28 ans), se met à
parler des montages qu’a couvert sa rentable boîte aux lettres panaméenne, « Soliman
Finance ». L’interrogé déclare avoir utilisé le parlamento mondiale « pour déplacer l’argent
d’un pays à l’autre ».34 Dieu sait que Pintus en avait pas mal. En 1993, la Banque centrale
d’Argentine lui aurait remis des promissory notes d’une valeur de 650 millions de dollars.35

1996 : pour les mafieux, c’est l’annus horribilis. Les instructions baptisées « Phoney
Money » et « Chèque to chèque » battent leur plein et connaissent une éphémère célébrité.
Avant d’être retirée au substitut du procureur d’Aoste et enterré, « Phoney » implique
l’arrestation de 18 financiers supposés friands de recyclage et familiers de la loge maçonnique
P2 et la ligue du Nord. Rien que de très banal. Il en allait tout autrement avec « Chèque to
chèque » (36 arrestations), où le substitut au procureur de Torre Annunziata s’est rapidement
trouvé nez à nez avec des indices de trafics d’armes, de dinars libyens, d’or, et de
cochonneries radioactives, entre autres. A la hauteur du scénario, une distribution de rêve :
Vladimir Zhirinovsky l’ultra nationaliste russe et anti-sémite, Licio Gelli le patron
octogénaire du P2, Ricard Maria Carles l'archevêque de Barcelone. Faisant des débuts
remarquables : Nicholas Oman, marchand slovène de missiles et consul honoraire du Liberia
à ses heures, et Said Omar Mugne, « industriel » somalien36 et fin connaisseur du trafic
d’armes qui intéressait tant la journaliste italienne Ilaria Alpi au moment de son assassinat en
mars 1994 en Somalie.37




32
   De Luciano Pellicioni, objet de l’enquête du juge de Padoue Giovanni Tamburino dans les années 70 sur
l’organisation paramilitaire Rosa dei Venti.
33
   Jeune Afrique / L’Intelligent, 08/12/2002.
34
   Procès verbal cité dans La Voce, octobre 2005. « “Pintus ammette di essersi servito dell’organizzazione per
spostare soldi da un Paese all’altro” ».
35
   « Soliman facci sognare !!! », L’Altrapagina, www.altrapagina.it/printable.php?ID_Articolo=44
36
   Voir « Armi e soldi, vip sotto accusa », La Stampa, 02/06/1996, ainsi que « Small town finds itself in centre of
arms scandal », The Sunday Telegraph, 23/06/1996 : « La justice enquête aussi sur l’implication éventuelle de
M. Mugne dans l’affaire Iran-Contra [...] et dans le transfert de matériaux à certains des suspects liés à
l’attentat de Lockerbie. »
37
   Elle se renseignait également sur le trafic de déchets toxiques. Voir notre « Rougier : forêt, Elf, Pasqua »,
www.bdpgabon.org/articles/categories/revelations/EEpEAAluZVikGpNdgt.shtml


                                                                                                                 10
Le parlamento mondiale aurait été cité lui aussi dans cet écheveau de bonheur.38 Pas plus de
précisions du côté de La Voce. Osons l’observation qu’un certain « ZHIRINOVSKY S.E.
Sen. Dr. Vladimir » s’affiche toujours comme l’« Ambasciatore Straordinario e
Plenipotenziario » du dit parlamento.

D’autres observations seraient plus hasardeuses. Que le « mercure rouge », l’osmium et le
plutonium de « Chèque to chèque » seraient passés par la Biélorussie39 n’aurait sans doute pas
grand-chose à voir avec le fait, signalé plus haut, que Busà se veut patriarche de « l’Eglise
orthodoxe biélorusse slave » depuis 1971.40 Quant aux supporters somaliens du parlamento,
nous naviguons à vue. Certes, il y en a, et on est parfois très content de le faire savoir. Une
courte dépêche pondue au lendemain du 11 septembre par un certain Fernando Mariotti,
envoyé plénipotentiaire, claironne à qui veut l’entendre que selon le ministre somalien du
commerce il n’y a pas, à Mogadiscio, ni de Ben Laden en fuite ni aucun de « ses acolytes ».41

Mais pour aussi utile qu’elle soit, la bio de Busà version La Voce passe carrément à côté
d’une bien bonne. En clair : du sommet de sa carrière. Disons le comble. Reste à savoir si le
reportage paru dans La Stampa du 30 juillet 1999 ne fait pas partie intégrante des procédures
que nous venons de feuilleter.

         « Pour vendre de l’uranium et de faux titres diplomatiques, les trafiquants se sont servis de passeports
         du “Parlement mondial pour la sécurité et la paix”, une organisation méconnue jusqu'il y à peu dans les
         milieux diplomatiques. Hier, des carabinieri de Rome, au cours d’une opération comportant
         l’arrestation de huit personnes […], ont saisi un montant de pesos argentins d’une valeur d’un milliard
         de lire. L’organisation trafiquait de l’uranium provenant de San Diego en direction de la République du
         Zaïre, en échange de matériel militaire, escroquant instituts de crédit italiens et étrangers par le biais
         d’un réseau de sociétés financières opérant entre Rome et la Sicile, à l’aide de faux titres et certificats de
         crédits. […] Le “Parlement mondial”, créé il y a 25 ans à Palerme par monseigneur Vittorio Maria Busà,
         aurait des représentations diplomatiques dans tous les pays et un petit siège “anonyme”, situé au centre
         du chef-lieu sicilien ; ses représentants affirment ne pas être “ni criminels ni trafiquants, mais seulement
         des messagers de la paix”. Les huit arrêtés (deux Siciliens et six Romains) sont accusés d’association
         de malfaiteurs en vue de la fabrication de faux billets et titres d’Etat, et de trafic de matériel
         radioactif. »42

                                                          *


38
   La Voce, octobre 2005.
39
   La Stampa, op. cit.
40
   En espagnol : « II Patriarca Bielorruso en Diáspora, actual Arz. de Byalistock, Patriarca Ecuménico de los
Eslavos, y de toda Rusia, Mons. Víktor Iván I ». Voir www.par.org.ar/Miembros/iglesiabbielorrusa.htm
41
   « Attacco a Kabul: Somalia non ospitera' Bin Laden, politico », ATS, ANSA, 20/10/2001.
42
   « Tra Roma e Palermo finiscono in cella 8 persone. La capitale “crocevia” di un traffico di uranio »
« PALERMO Per vendere nel mondo uranio e titoli di Stato falsi, i trafficanti si servivano di passaporti
diplomatici del “Parlamento mondiale per la sicurezza e la pace”, un'organizzazione sconosciuta fino a pochi
giorni fa nell'ambiente diplomatico. Ieri i carabinieri di Roma, durante un'operazione che ha portato all'arresto
di otto persone, ne hanno sequestrati una cinquantina, insieme a pesos argentini per un valore di oltre un
miliardo di lire. L'organizzazione trafficava uranio proveniente da San Diego e diretto alla Repubblica dello
Zaire, spacciandolo per materiale ad uso militare e truffava istituti di credito italiani ed esteri con una rete di
societa' finanziarie operanti tra Roma e la Sicilia, utilizzando titoli e certificati di credito falsi. Secondo gli
investigatori, i dieci indagati potrebbero essere in possesso delle dieci barre di uranio sottratte undici anni fa da
un carico partito dagli Usa e destinato allo Zaire e da allora mai piu' ritrovato. Il “Parlamento mondiale”,
fondato 25 anni fa a Palermo da monsignor Vittorio Maria Busa', avrebbe rappresentanze diplomatiche in tutti i
Paesi, e da una piccola sede “anonima”, situata al centro del capoluogo siciliano, i responsabili sostengono di
“non essere ne' criminali ne' trafficanti, ma solo messaggeri di pace”. Il reato contestato agli 8 arrestati (due
sicilani e sei romani) e' quello di associazione a delinquere finalizzata alla falsificazione di banconote e titoli di
Stato e traffico di materiale radioattivo. »


                                                                                                                   11
Fatalement, nous nous acheminons vers un anticlimax. Car à côté du terrible patriarche de
Palerme, un Eugenio Caligiuri fait figure de doux chérubin. Voir photos.43 Deuxième
membre de l’équipée librevilloise d’août dernier, cet humble consul honoraire de la Guinée
équatoriale en Roumanie – et « Ambasciatore at Large » du parlamento44 – est d’une
légitimité rare. Rien à voir avec Busà. Ou presque.

De nationalité australienne, le jeune Caligiuri est « cyberdiplomat », comme il se présente
dans son cv en ligne (en espagnol).45 S’il semble avoir été éduqué, récemment, au Chili, où
est hébergé son site web, il aurait aussi fréquenté l’« Universite des Sciencies Humaines » en
« Francia ». Institution dont nous avons jusqu’ici ignoré l’existence. L’érudit serait
également « Doctor en Jursiprudencia, Estados Unidos de América », école de droit
homonyme semble-t-il de la superpuissance hyper connue.

Spécialiste en relations internationales, membre de l’internationale de gros bras IBSSA,
Caligiuri est avant tout médecin de renom. Il détient un « Licenciado en Cirugía (Summa
Cum Laude) Medico », d’une école qui n’est pas nommée, un « Certificado de Postgrado en
Cardiología et Clínica et Acupuntura » de West China University of Medical Sciences, et un
« Diploma de Acupuntura Clínica » de la « República de Singapur ».

Il accumule déjà les honneurs les plus divers, à commencer par ceux décernés par la même
« Rutherford University » qui a su gratifier Busà et Obiang.46 Plus sérieusement, il est
« Miembro academia de Ciencias de Nueva York », une vraie institution. Devenir membre
vous en coûtera 95 dollars par an si vous êtes résident américain, 115 dollars dans le cas
contraire.47 A la « Sociedad Americana de Derecho Internacional », dont il est également
membre, la carte annuelle se vend à 165 dollars.48

Un peu plus occultes sont les droits d’entrée dans l’« Orden de San Gerardo De la Soberana
Orden de los Caballeros de Malta ». Tout comme ceux pour devenir « Arkansas Traveller »,
« Kentucky Colonel », « Nebraska Admiral », ou « Tennessee Squire ». Notre
cyberdiplomate ne manque pas de signaler que ce dernier titre le rend citoyen honoraire du
comté de Moore dans le Tennessee. Il aurait pu ajouter que l’organisme qui l’octroie est la
distillerie de l’excellent whisky Jack Daniels.

Les Blancs, ils se marrent bien en Afrique, non ?

« Hijo Benemérito » d’Obiang-père depuis décembre 2005, l’artiste Caligiuri rencontre OBO
pour la première fois en juin 2006, soit deux mois avant de revenir à Libreville avec son
trophée, et cela, selon lui, « à l’invitation du gouvernement du Gabon ». C’est noté. En
septembre dernier, Calgiuri reçoit un « mandat spécial » d’Obiang pour organiser sa virée au


43
   www.ecaligiuri.com/index2.php. Ce site affiche l’avertissement : « No portion of ecaligiuri.com may be
duplicated, redistributed or manipulated in any form ».
44
   Ainsi que « Ministro Segretario Politico » au sein de son département « Cooperazione Diplomatica
Internazionale ».
45
   www.ecaligiuri.com/carrera.pdf
46
   « Eugenio Caligiuri, M.B.B.S. (First Class), Summa Cum Laudae, [sic] M.D., M.A. (International Relations),
J.D. (Hon.), Associate Dean and Professor, Center for Diplomatic and International Studies. [...] Professor
Caligiuri is also Rutherford European Representative effective June 13, 2002. »
www.rutherford.edu/lowbandwidth/about.cfm?page=01_06
47
   www.nyas.org/membership/main.asp
48
   www.asil.org/membership/index.html


                                                                                                           12
XIème Sommet de la Francophonie, qui s’est tenu cette année à Bucarest. Quelle chance pour
le consul honoraire en Roumanie.

Si l’Australien est donc aux antipodes même du style Busà, un parlement mondial pour la
sécurité et la paix domicilié aux Bahamas en est plus éloigné encore. A l’œil nu, « The
International Parliament of the States for Safety and Peace » de Nassau serait une sorte de
parlamento bis, en réalité c’est un clone maléfique, à en croire les mises en garde de Busà.49
Dont acte.

Sauf que le parlement de Nassau et celui, officiel, de Palerme ont beaucoup en commun. En
premier lieu, « Son Excellence » Kevin Charles King. Bizarrement, le chef du faux parlement
est toujours indiqué sur le site du vrai comme « Ministro Plenipotenziario ». Facheux oubli
du webmaster sicilien sans doute.

L’équipe de King est nettement plus réduite que celle de Busà. Pour l’aider à appuyer le
gouvernement bahamien en matière d’« élections, de désastres [sic], d’éducation, de conflits
[sic], et d’assistance médicale », le prétendant King, quoique chevalier de Malte, ne peut
compter que sur M. Julian Stubbs et le Dr. Jonathan Carey.50 M. Stubbs – « a certified
Personal Protection Specialist (PPS) » et ancien « Surveillance officer » à Atlantis Resort and
Casino – est l’actuel PDG de Rohi Protective Services. Le docteur Carey, homme de Dieu, a
reçu son doctorat en « psychologie pastorale » de Faith Theological Seminary à Tampa, en
Floride. Pendant six ans il gérait une école « alternative » pour « étudiants avec problèmes
disciplinaires chroniques ».

Difficile à savoir ce qui a pu être à l’origine du schisme entre obédiences bahamiennes et
siciliennes. Il est vrai que King semble flirter avec une branche qui attire de plus en plus le
canal historique : le business New Age. Chairman du conseil exécutif de la « World
Organization of Natural Medicine » (WONM)51 – contrefaçon éhontée de la « World
Organization of Natural Medicine Practitioners » (WONMP) palermitaine52 – il serait lui-
même docteur de médecine « naturelle » et de médecine de « Naturopathy ». Ainsi que de
médecine tout court. Ses diplômes sont de l’« Open International University of
Complimentary Medicine », de l’« International Naturopathic College », du « Zoastarian
College of Complimentary Medicine (Accredited by the United Nations) », etc. L’« etcetera »
est de lui : ses « Additional Certificates and Diplomas » sont « To numerous to mention ».
Dommage seulement que « complimentary » veuille dire « gratuit », que « Zoastarian »
s’écrive « Zoroastrian », et que « to numerous » ne veuille rien dire du tout.

On comprend qu’à être associée à de tels gens, la maison mère de Palerme ait dû craindre
pour sa crédibilité.

Ce serait pourtant salutaire de savoir combien de fonds le parlamento véritable, lui, a récoltés,
le 14 septembre dernier à Brampton au Canada. S’y inaugurait ce jour-là un « Institute of
Energy Wellness » – disons un Institut de l’énergie de bien-être – où il a été proposé aux
invités de contribuer pour 15 dollars à l’assemblée de Palerme afin d’« aider la paix dans le



49
   www.internationalparliament.org/information.html
50
   www.ipbahamas.org/
51
   www.wonm.org/
52
   www.wonmp.org/14401.html


                                                                                              13
monde ». Evidemment, la directrice de cette nouvelle fac, la « Hon. Dr. Sabina M. DeVita,
Ed.D, R.N.C.P., D.N.M., CBP, OSJ, IPSP » est membre du parlamento et de la WONMP.53

La pétillante « Dr. » Sandra Rose Michael de Honolulu, inventrice d’un truc qui s’appelle
l’« Energy Enhancement System », se présente elle aussi comme copine de Busà.54 Auprès de
ses disciples elle recommandait le Congrès annuel de celui-ci, à Palerme, aussi
chaleureusement qu’elle a promu le fundraiser de Bramption. Cette guru s’extasiait, courant
octobre, d’un « projet d’avenir pour Chernobyl avec le ministère ukrainien de Santé ».55

Gary Young, aussi de l’Institut de good vibes, est « député ministre » de Busà dans l’Etat de
l’Utah.56 Vendeur de remèdes miracles dits « huiles essentielles », c’est un personnage dans
la grande tradition des charlatans du Far West. Monsieur le Sheriff l’a arrêté à plusieurs
reprises. Doc Young a pratiqué la médecine sans licence, il a fait de la fausse publicité, il
semble aussi avoir menacé des gens avec une hache.57

Mais enfin. On ne va pas lister chaque personne sur terre se réclamant de la haute chambre de
Palerme. Ce serait trop long. Jetons aux orties ce sbire libanais, le feu Maurice Khoury
Hanna Dib, qui aurait représenté l’« Allied Veterans Organization » au couronnement de
Bokassa, ainsi que décoré Baby Doc des « official Star and Gravat of Honor of the Signum
Fidei Order of Munich (Germany) ».58 Laissons aussi de côté le cas de Thomas J. Serafin,
PDG de « The Apostolate for Holy Relics, Inc. », une « non-profit, tax-exempt Calif.
Corporation » promouvant « l’éducation des fidèles, la vénération des restes des saints, et la
préservation des reliques ».59 Passons nous enfin de « BJ in den Bosch », démarcheur
hollandais des vieilles dames écossaises, proposant une adhésion au parlamento (afin d’aider
« les pauvres de l’Ethiopie ») contre le paiement de 140 dollars, histoire de couvrir les frais de
port et de plastification du certificat officiel.60

                                                      *

Notre question est plutôt la suivante. Les services français qui veillent jour et nuit au bonheur
d’Omar Bongo, sont-ils finalement incompétents ou seulement traîtres ? Le jeu d’enfant
auquel nous venons de nous livrer sans vergogne, ne l’ont-ils pas joué eux aussi, plus
discrètement ?

Notre seule ambition est d’être juste, pas justicier. Mettons que les colonels et autres anciens
paras du palais du bord de mer ne lisent pas les journaux italiens. Mettons que leur connexion
ADSL soit un peu lente. Soit. Soyons charitable. Problème :




53
   www.devitawellness.com/home/sabina.asp
54
   www.hhfe.net/links.html
55
   www.energyenhancementsystem.com/index2.html
56
   www.energywellnessstudies.com/
57
   www.quackwatch.org/11Ind/young.html , www.healthwatcher.net/Quackerywatch/Young-
Oils/totalhealth2004.html
58
   www.rootsweb.com/~lbnwgw/whoiswho/author.htm
59
   www.ichrusa.com/press-room/
60
   « Doing the honours », The Scotsman, 17/04/1995, et « Mastering the honours art », The Scotsman,
02/03/1995.



                                                                                                      14
Un an avant la remise de trophée à Bongo, des escrocs présumés du parlement mondial
ont été mis en examen et écroués en France. Pour des faits, ça va de soi, commis sur le
territoire français.

Le 13 juin 2006, Bernard Payet-Descombes et Gabriel Maiolino ont été renvoyés devant le
tribunal correctionnel de Lyon pour « escroquerie ». Ils sont accusés d’avoir soutirer 550 000
euros à six familles de la haute bourgeoisie lyonnaise.

        « Les deux prévenus se disaient les dignes représentants d’un organisme lié au Vatican, baptisé
        “parlement mondial pour la sécurité et la paix”. Sa vocation humanitaire, ses apparences officielles, les
        titres de “député” et de “ministre plénipotentiaire” ont donné des gages. […] En 2002, les deux
        prétendus diplomates organisaient même un voyage au Sénégal, en présence des plus hautes autorités
        locales, en vue d’un projet de lutte contre la sécheresse, nommé “Sud-Pakao”. “Un paravent
        humanitaire sans substance” estime le juge d’instruction. »61

Faux « héritier d’une procureure générale », M. Payet-Descombes s’est révélé chauffeur en
situation d’invalidité. Financier fictif de haut vol, M. Maiolino est un réel retraité de
l’enseignement technique.

Au moins pour M. Payet-Descombes, l’arnaque était payante. L’homme possède un Rolls
Royce Silver Shadow, une Bentley et « une très rare Rochet-Schneider de 1911 ».

Les scribouillards de la presse locale sont allés à la recherche de la « mission diplomatique »
du parlamento à Lyon, rue Stalingrad. Ils ont découvert « un immeuble sans âme, avec une
flopée de sociétés civiles immobilières (SCI) sur les boîtes aux lettres, mais aucune trace de la
représentation en question ». Ils ont demandé à « un spécialiste des questions religieuses » ce
qu’il pensait de la charte du parlamento : il la trouvait « “contraire à toutes les pratiques de
l’église chrétienne” ».

Fidèles à leurs habitudes, les médias français n’ont pas cru bon de s’informer sur le volet
africain de cette affaire. Le projet sénégalais aurait échoué grâce au refus du président Wade
de le déclarer d’utilité publique. Les Lyonnais avaient prévu

        « la construction d’un passage à deux voies au pont Gouloumbou reliant Kolda à Tambacounda, la route
        Vélingara-Fafacourou-Kolda, le dragage du fleuve Casamance, le barrage de Témento, la route
        internationale Kolda-Bissau, des aéroports, des hôtels communautaires, les brigades de gendarmerie et
        leur équipement, des postes de santé, etc. »62

Le tout pour 238 milliards de FCFA, dont l’origine était peu claire, ce qui explique des
« insinuations suspectant les initiateurs de blanchiment d’argent sale », à quoi les initiateurs
ont donné des gages on ne peut plus sûrs :

        « […] Selon une source bien au fait du projet, Bernard Payet Descombes, représentant du Parlement
        mondial pour la paix, aurait juré la main sur le cœur qu’on pouvait estampiller la manne “En
        provenance du Parlement mondial”. »

Gare au régime Bongo ! C’est une simple arnaque.


61
   « Des beaux discours pour duper les bonnes familles lyonnaises », Le Progrès, 05/09/2006. Voir aussi « Le
Tartuffe abusait la haute bourgeoisie lyonnaise », Le Progrès, 17/06/2005, ainsi que « Des notables lyonnais
piégés par un escroc », Lyon Mag’ n° 149, juillet/août 2005.
62
   « Projet Sud-Pakao de 238 milliards », Walfadjri, 09/03/2006.


                                                                                                               15
Arnaud Labrousse, octobre 2006




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