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					     Entrons nous
   dans une nouvelle
dépression économique?

   Conférence présentée au
    Cegep de Sherbrooke


        Mario Fortin,
         Professeur
  Département d’économique


         10 février 2009
                  Origine de la crise


   L’économie mondiale a profité depuis 15 ans d’une
    conjoncture exceptionnellement favorable : croissance
    rapide exempte de récessions marquées, période qu’on
    a qualifiée de grande modération.
   Cependant, s’il y avait modération, ce n’était pas dans
    l’endettement et l’enrichissement.
   On a connu successivement une spéculation boursière
    concentrée dans le secteur « techno » qui a culminé en
    2000, une spéculation immobilière qui a culminé en
    2007 et une spéculation sur les produits de base
    (énergie, métaux, etc.) qui a culminé en 2008.




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Origine de la crise




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Années 90 : La bulle technologique…




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               Réaction vive en 2001
   L’éclatement de la bulle technologique a provoqué un
    ralentissement économique en 2001 mais la reprise s’est
    faite rapidement.
   C’est surtout en réaction aux attentats de septembre 2001
    que les problèmes se sont amplifiés quand Bush a lancé un
    vibrant appel au patriotisme américain afin de combattre la
    terrorisme : "Get down to Disney World in Florida,« ; "Take
    your families and enjoy life, the way we want it to be
    enjoyed.« ; « Go to the shopping mall. »
   Cet appel visait à faire croire au peuple qu’aller en guerre
    en Irak ne comporterait pas de coût et, surtout, que
    l’American way of Life n’était nullement compromis.
   Pour faciliter la consommation, on a abaissé les taux
    d’intérêt, beaucoup trop bas selon John Taylor, tout en
    abaissant les impôts.
   Toute la planète a suivi la même tendance.

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   Taux d’intérêt abaissés trop bas en 2001




Source: Taylor, J., “Housing and Monetary Policy.” Presented at the 2007 Jackson
Hole Conference, Aug 2007.                                                         6
    …qui a facilement l’endettement :
Dette en pourcentage du revenu disponible




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Les ménages ont cessé d’épargner




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Années 2000 : La bulle immobilière




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Jusqu’en 2006, la valeur des logements
    augmentait plus que les dettes




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Leur situation financière devient plus risquée




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     Le prix réel des logements au Canada :
de grosses hausses dans les provinces de l’ouest




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mais des hausses plus modestes dans l’est




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               Une bulle est une forme
                de vente pyramidale…
   Une bulle se produit quand la hausse de prix d’un actif est
    justifiée seulement par l’attente de hausses
    supplémentaires dans le futur.
   Pour se soutenir, la bulle a constamment besoin d’un
    apport d’argent frais provenant de nouveaux
    acheteurs…tout comme les décorations gonflables de Noël
    se tiennent seulement en étant constamment alimentées en
    air par un compresseur.
   Les gagnants investissent tôt et se retirent à temps du jeu.
    Les derniers entrés sont invariablement les perdants.
   Le fonctionnement n’est pas très différent d’un système de
    vente pyramidale : la population étant limitée, il est
    impossible de trouver indéfiniment davantage de nouveaux
    acheteurs et la bulle est condamnée à éclater .


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…qui peut partir sur une simple rumeur




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          Le prêt hypothécaire traditionnel
   L’argent frais provenait de prêts qui furent octroyés à des
    personnes incapables de les rembourser, ce qu’on a appelé le
    subprime.
   Il est étrange, mais explicable, que de nombreuses institutions
    financières aient accepté de faire ces prêts condamnés à ne pas
    être repayés.
   Pour comprendre pourquoi cela est survenu il faut expliquer le
    mécanisme de financement des prêts hypothécaires.
   Le prêt hypothécaire traditionnel : une personne emprunte
    d’une institution financière une somme qu’elle rembourse à
    tous les mois pendant 15, 20 ou 25 ans afin de s’acheter une
    maison qui pourra être saisie en cas de défaut.
   Traditionnellement, les banques finançaient ces prêts par leurs
    dépôts.



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             Le prêt hypothécaire titrisé
   Dans les années 90 une nouvelle structure de financement
    est apparue où les prêts hypothécaires étaient financés
    directement par des investisseurs. Plus exactement les
    banques accordaient les prêts mais les vendaient ensuite à
    des caisses de retraite, investisseurs, autres banques, etc…
    sous forme de titres.
   Le marché américain de ces titres est en bonne partie
    (50%) opéré par deux organismes parapublics géants :
    Fannie Mae et Freddie Mac.
   Les banques faisaient un profit instantané lorsqu’elles
    vendaient les hypothèques. Elles payaient des commissions
    à des courtiers pour trouver de nouveaux clients, source de
    profits instantanés.
   On ne regardait plus vraiment si le client était capable de
    payer car le risque de perte était vendu à des acheteurs de
    titres (Caisse de dépôt par exemple) qui ne pouvaient pas
    savoir réellement que les prêts étaient doûteux.


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      Cette nouvelle structure de financement fut
    encouragée par le gouvernement américain pour
            augmenter l’accès à la propriété
   “The recent rise in the homeownership rate to over 67 percent
    in the third quarter of this year (1999) owes, in part, to the
    healthy economic expansion with its robust job growth. But
    part of the gains have also come about because innovative
    lenders, like you, have created a far broader spectrum of
    mortgage products and have increased the efficiency of loan
    originations and underwriting.
   Community banking epitomizes the flexibility and
    resourcefulness required to adjust to, and exploit, demographic
    changes and technological breakthroughs, and to create new
    forms of mortgage finance that promote homeownership.
   As for the Federal Reserve, we are striving to assist you by
    providing a stable platform for business generally and for
    housing and mortgage activity.”[1]
   [1] Greenspan. A. Conférence à America's Community Bankers, 2
    novembre 1999.



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  Le prêt subprime a aussi été alimenté par
les fraudes des emprunteurs et des courtiers

   En 2006, 40% des prêts aux USA ne rencontraient pas les
    critères habituels de solvabilité : aucune versement initial,
    charge d’intérêt trop grande par rapport au revenu, aucun
    remboursement de capital voire même paiement inférieurs
    aux intérêts, etc.
   Le Royaume Uni a vécu des tendances semblables.
   La fraude dans les demandes de crédit était très répandue :
    documentation frauduleuse acquise sur internet, falsification
    des revenus par les courtiers en hypothèques désireux de
    recevoir leur commission… .




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Lien entre prêt subprime et inflation immobilière




  Source: Bank of Canada, Financial System Review, June 2007, p. 7
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La richesse immobilière a été utilisée pour
         soutenir la consommation




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L’éclatement de la bulle aux USA…




                                    22
…cause un effondrement de la construction




                                        23
      …et des pertes sur les prêts bancaires
   Un prêt hypothécaire est garanti par la valeur de
    l’immeuble. Si l’emprunteur ne peut rembourser, la
    banque a le droit de saisir l’immeuble et de le vendre
    pour obtenir son remboursement.
   La baisse de valeur des logements fait que de plus en
    plus d’immeubles sont repris par les banques à une
    valeur inférieure à celle du prêt. Même en vendant
    l’immeuble, la banque perd de l’argent.
   Ces pertes sont tellement élevées que la capitalisation
    des banques est insuffisante : elles sont forcées de
    réduire leurs activités de prêts.
   La réduction du crédit bancaire a forcé une vente
    d’autres actifs et le marché boursier s’est effondré à
    l’automne.

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        Est-ce le début d’une dépression?
   Les similitudes avec la dépression des années 30
    fait craindre une répétition du scénario
    catastrophe.
   Dans la dernière partie, je vais tenter de voir
    comment se compare la situation actuelle à celle
    de 1930.




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    Wikipedia décrit le début de la dépression par :

   “American consumers and businesses relied on cheap
    credit…This fuelled strong short-term growth but created
    consumer and commercial debt.”
   “Businesses began to fail as construction work and factory
    orders plunged…Massive layoffs occurred.”
   “Banks which had financed this debt began to fail as debtors
    defaulted on debt…Bank failures led to the loss of billions of
    dollars in assets.”
   “Bank failures snowballed as desperate bankers called in loans
    which the borrowers did not have time or money to repay. With
    future profits looking poor, capital investment and construction
    slowed or completely ceased. In the face of bad loans and
    worsening future prospects, the surviving banks became even
    more conservative in their lending. Banks built up their capital
    reserves and made fewer loans, which intensified deflationary
    pressures. A vicious cycle developed and the downward spiral
    accelerated.”


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Une crise comporte un effet domino




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     La nécessité de capitaliser les banques
   Afin de compenser leurs pertes, les banques
    peuvent émettre des actions…à condition de
    trouver des acheteurs.
   Trouver des acheteurs pendant le crash boursier
    est impossible. Afin de rétablir le financement
    bancaire, les gouvernements sont intervenus de
    deux manières.
   1. En injectant de l’argent afin de capitaliser les
    banques; 2. en fournissant davantage de liquidité
    (billets de banque) aux banques.
   La liquidité et le capital financier propre sont les
    deux éléments à la base de la pyramide
    monétaire.


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        Dans une crise comme nous vivons
    la base de la pyramide monétaire s’élargit
La crainte de manquer de liquidité force la pyramide
monétaire à être plus étroite. Il faut élargir la base
monétaire pour éviter que les banques cessent de prêter.
                                          Élargissement de la
 Base monétaire     Même base monétaire     base monétaire




                         Années 30 :
                        Réduction des
                            prêts



                                             Crise actuelle
Prêts des banques

                                                                29
Accroissement de la base monétaire
          aux États-Unis




                                     30
Le protectionnisme a tué le commerce
   international dans les années 30

                     La loi Smoot-Hawley a établi
                      des tarifs très élevés sur les
                      importations américaines.
                     Les autres pays ayant
                      adopté des mesures de
                      représailles semblables, le
                      commerce international
                      s’est effondré.
                     À l’automne les pays se sont
                      entendus pour ne pas
                      répéter la même erreur.
                     Le plan de relance américain
                      prévoit qu’aucun acier
                      importé ne pourra être
                      acheté.

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         Résurgence du protectionnisme

   Inquiétude amène une demande d’interventions
    des gouvernements.
   Les gouvernements lancent des dépenses
    d’infrastructure, soutiennent des entreprises en
    difficulté, baissent les impôts, font des déficits et
    augmentent l’endettement public.
   Protectionnisme accru : le plan de relance
    américain comportait un « Buy America provision »
    qui fait en sorte que les dépenses publiques ne
    pourront pas porter sur des produits importés.
   Obama a invalidé les principales dispositions
    protectionnistes, laissant espoir qu’on évitera le
    protectionnisme.


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Méfiance du marché et confiance trop
grande envers l’état

   Le gouvernement est un bon serviteur mais un mauvais
    maître.
   Parce qu’on a peur, on demande au gouvernement d’en
    faire plus…mais il ne peut pas tout faire.
   Il faut surtout se méfier du populisme et éviter
    d’exercer des pressions inappropriées pour que le
    gouvernement fasse des choses populaires.
   Ex. Sauver les banques n’est pas synonyme de sauver
    les banquiers;




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On se tourne vers le
gouvernement avec
espoir… mais monsieur
muscle tire sa force des
contribuables qui sont
déjà bien mal en point.
L’Islande est incapable
se protéger ses propres
banques. Le plan de
garantie des banques
britanniques est peut
être trop coûteux pour
les contribuables
britanniques.


                           34
La récession actuelle : Comme celles de
1981-82 et 90-91? Ce n’est pas rien.




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