Compilation d'articles – Services Publics
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- 9/1/2011
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Compilation d'articles – Services Publics
Du 1er novembre au 16 novembre
Sources : AFP, Libération, Le Monde, Le Figaro, Le Courrier
Parus dans les quotidiens nationaux !
Vous trouverez dans ce dossier, une compilation d'articles (et extraits d'articles)
généraux sur les services publics que nous avons pu lire dans les grands médias
nationaux.
En annexes :
une petite mise au point sur les renseignements téléphoniques, le 118 vient
remplacer le 12, à grand renfort publicitaire! conséquence de la libéralisation…
Et puis le dossier Libération du 4 novembre sur le capitalisme et les français….
P3 La poste chinoise se réforme discrètement
Le Figaro - 01 novembre 2005 – citations
P3 32.000 emplois de l'opérateur Deutsche Telekom, menacés en Allemagne
LEMONDE.FR | 02.11.05 |
P4 Etat cherche stratèges
Libération - jeudi 03 novembre 2005 - citations
P6 Fonction publique hospitalière : suspension des groupes de travail, selon FO
AFP - 03.11.05 | citations
P7 Le Sénat américain adopte un programme de 35 milliards d'économies budgétaires
LEMONDE.FR | 04.11.05 | citations
P8 La justice déclare illégale la grève dans les transports marseillais
LEMONDE.FR | 04.11.05 | citations
P9 RTM : déclarée illégale, la grève a malgré tout été reconduite
Figaro - 05 novembre 2005 – citations
P10 SNCF : quatre syndicats appellent à la grève à partir du 21 novembre
Le Figaro - 05 novembre 2005- citations
P10 Réforme hospitalière au Maroc: soutien européen de 20 millions d'euros
AFP 05.11.05 | citations
P10 Privatisation des autoroutes : le gouvernement rendra sa décision début décembre
LEMONDE.FR | 05.11.05 | citations
P11 Privatisation des autoroutes : dépôt des offres fermes par les candidats
LEMONDE.FR | 07.11.05 | citations
P11 Fonction publique : nouvelles propositions sur les effectifs
Le Figaro - 10 novembre 2005 citations
P12 Les mesures de Christian Jacob froidement accueillies par les syndicats
Le Figaro - 10 novembre 2005 citations
P13 Les actions EDF déjà pratiquement toutes vendues
Le Figaro - 10 novembre 2005 citations
P15 Pierre Gadonneix : «Il n'y a aucune incertitude comptable sur EDF»
1
Le Figaro - 10 novembre 2005 citations
P16 L'assurance-maladie au coeur de la grève de Philadelphie
LE MONDE | 10.11.05 | citations
P17 Autoroutes : les offres totaliseraient 14,5 milliards
Le Figaro - 11 novembre 2005 citations
P17 Les salariés d'EDF séduits par la mise en Bourse
Le Figaro - 11 novembre 2005 citations
P18 L'eau de Santini pas assez transparente
Libération - samedi 12 novembre 2005- citations
P19 Le Mali reprend à Bouygues le contrôle de l'eau et de l'énergie
le Courrier – 12 novembre 2005 – citations
P21 Bush lance sa bataille du rail
Libération - lundi 14 novembre 2005- citations
P22 47% des Russes prônent l'extension du secteur public (sondage)
RIA Novosti - MOSCOU, 14 novembre - Citations
P23 Télécoms: l'australien Telstra annonce la suppression de 12.000 emplois
SYDNEY (AFP) 15 novembre 2005 citations
P24 Le marché de l'énergie s'attire les foudres de Bruxelles
Libération - mercredi 16 novembre 2005- citations
P27 Renseignements téléphoniques : le 118 remplace le 12
LEMONDE.FR | 02.11.05 | citations
P27 Le 118 déclenche une bataille commerciale
Le Figaro - 02 novembre 2005- citations
P29 Une forte majorité de Français a une image négative du capitalisme
PARIS (AFP) 3 novembre 05 citations
P29 Le capitalisme n'a pas la cote chez les français
Libération - vendredi 04 novembre 2005 –citations
P29 Des critiques venues du sérail
Libération - vendredi 04 novembre 2005 citations
P30 «Il a gagné mais reste un système d'exploitation»
Libération - vendredi 04 novembre 2005- citations
P30 Au coeur des excès, la finance
Libération - vendredi 04 novembre 2005- citations
P32 Basculement
Libération – vendredi 04 novembre 2005- citations
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La poste chinoise se réforme discrètement
FINANCE Lancée cet été, la réforme prépare la création d'une banque postale et
l'ouverture des services postaux à la concurrence
[Le Figaro - 01 novembre 2005] citations
Julie Desné
«LA RÉFORME? Nous sommes au courant, mais nous ne pouvons pas en parler», lâche
Zhou, chef du bureau de poste du quartier de Xuhui, l'un des 36.000 que compte
aujourd'hui la Chine. En juillet dernier, le gouvernement a annoncé, discrètement, une
refonte totale de la poste après sept ans de réflexion. Mais il n'est pas rentré dans les
détails de son contenu, ni de son calendrier. Selon la presse locale, la plupart des
649.000 salariés de cette administration n'en savent pas plus que ce qu'ils ont pu lire
dans les journaux.
Principaux défis
L'enjeu est pourtant important. Il s'agit d'ouvrir les services postaux à la concurrence
tout en préparant la création d'une future banque postale, au moment où la Chine fait de
gros efforts pour assainir et moderniser tout son système bancaire. Fondée en 1949, la
Poste de Chine va être divisée en deux entités: le Bureau général de la poste, chargé du
volet administratif, et la Poste de Chine, responsable de la partie commerciale qui
supervisera la naissance de la nouvelle banque postale.
Le gouvernement doit dans un premier temps transformer une entreprise publique en
société à caractère commercial. La nouvelle poste chinoise affrontera alors de plein fouet
la concurrence des leaders mondiaux du courrier rapide, tels que DHL, FedEx, UPS, TNT,
déjà implantés en Chine via des partenariats. Puis il faudra convertir la poste en
établissement bancaire. Avec près de 126 milliards d'euros en dépôts, la Poste de Chine
est d'ores et déjà le cinquième dépositaire du pays, totalisant 9,25% de parts de marché.
Pour le professeur Liu Gang, directeur de MBA à l'université populaire de Chine, à Pékin,
«un des principaux défis sera, pour le gouvernement, d'établir un mécanisme de
compensation» entre la branche commerciale, rentable, et l'activité purement postale.
Par ailleurs, certains responsables de l'institution estiment que 40% des revenus actuels
de la poste proviennent de l'activité de dépôts et ils craignent qu'une séparation totale
des deux branches ne conduise à la fermeture de certains bureaux, notamment dans les
campagnes, au détriment du service aux 800 millions de paysans que compte la
République populaire.
32.000 emplois de l'opérateur
Deutsche Telekom, menacés en Allemagne
LEMONDE.FR 02.11.05 • citations
Deutsche Telekom a annoncé mercredi son intention de supprimer 32 000 emplois en
Allemagne d'ici fin 2008, soit presque un cinquième de ses effectifs dans le pays, en
raison de la vive concurrence à laquelle il est confronté dans la téléphonie classique et
l'internet haut débit.
Le premier opérateur européen a précisé que les suppressions d'emplois, essentiellement
dans le secteur de la téléphonie fixe, lui coûteraient environ 3,3 milliards d'euros.
LE TITRE EN HAUSSE DE 2,55 %
Les suppressions de postes interviendront surtout chez T-Com, la filiale de téléphonie
fixe, et il n'y aura pas de licenciements secs avant 2008, a ajouté l'opérateur. "Le
réalignement du secteur à travers le monde, la rapidité des avancées technologiques et,
en particulier, l'environnement très compétitif dans les domaines de la téléphonie filaire
et du haut débit en Allemagne – imposé par l'état de la réglementation – accentuent les
défis auxquels doit faire face le groupe Deutsche Telekom", indique son communiqué.
Après cette annonce, l'action de l'opérateur a accentué son avance initiale pour afficher,
un peu après 18 heures, une hausse de 2,55 %, à 14,87 euros. Le marché salue
également le fait que l'opérateur ne compte pas déposer d'offre potentiellement coûteuse
sur l'opérateur britannique O2. "On savait que l'effectif de Telekom était trop important,
3
surtout dans les activités fixes", commente Andreas Heinold, analyste chez Landesbank
Bade Wurtemberg. "Par conséquent, il est positif de voir que Telekom s'attaque
maintenant à ce problème."
Le groupe, qui possède quasiment l'intégralité des infrastructures de lignes terrestres et
de connections haut débit en Allemagne en tant qu'opérateur historique, a été contraint
d'ouvrir ses réseaux à la concurrence, tandis que les tarifs qu'il est autorisé à facturer
aux nouveaux venus sur le marché ont été plafonnés. Pour compenser la baisse des
ventes et des bénéfices des communications vocales sur les lignes fixes, il prévoit de
consacrer trois milliards d'euros à la construction d'un nouveau réseau de fibre optique,
afin de proposer la télévision haute définition via l'internet.
"EMPLOIS DÉPASSÉS PAR LE PROGRÈS"
Deutsche Telekom pense pouvoir créer 8 000 nouveaux emplois dans des segments
d'activité neufs, dont 5 000 si son projet de réseau de fibre optique voit le jour. Mais il ne
juge cela possible que s'il est autorisé à conserver les bénéfices du nouveau réseau, afin
de rentrer dans ses frais. "Le potentiel d'emploi futur et présent est extrêmement
dépendant des décisions des régulateurs. Par exemple, si le développement du réseau
haut débit en fibre optique était mis en péril par la réglementation sur ce nouveau
marché, les 5 000 emplois supplémentaires seraient en péril", indique le groupe.
Le syndicat Verdi, l'interlocuteur de la direction de Telekom a condamné ces suppressions
d'emplois, jugées "irresponsables" et destinées à doper le cours des actions de la société.
"Nous avons une opinion négative sur les projets, et nous mettrons en cause chacune
des mesures pendant les futures négociations", a déclaré dans un communiqué Franz
Treml, responsable de Verdi et vice-président du conseil de surveillance de l'opérateur.
De son côté, le conservateur Michael Glos, désigné mardi au poste de ministre de
l'économie, a jugé la nouvelle "très regrettable". Mais selon lui,"on ne peut pas maintenir
des emplois qui sont dépassés par le progrès technologique". -- Avec AFP
La réforme des administrations a besoin d'une structure externe qui puisse
l'aiguillonner.
Etat cherche stratèges
Libération - jeudi 03 novembre 2005 citations
Par Nicolas TENZER.
Il n'y a pas de réforme sans stratégie, mais il n'en est guère plus si les moyens ne
suivent guère. Or, faute de temps, les politiques ne réfléchissent pas à la manière dont
ils peuvent faire en sorte que les instruments ne se dérobent pas à la volonté. Un
leitmotiv commode veut que la réforme de l'Etat soit la priorité. Mais au-delà des mots,
quelle en est la réalité ? Les gouvernants s'en font-ils une idée claire et distincte,
suffisamment large pour être opératoire, assez précise pour nourrir l'art de gouverner?
Certes, depuis vingt ans, les résultats ne sont pas nuls : des procédures simplifiées, des
administrations plus accessibles, la reconnaissance de l'exigence de résultats, un budget
moins illisible, une gestion quotidienne améliorée. Manque pourtant l'essentiel : une
direction politique et un projet centré sur des priorités hiérarchisées. L'erreur serait de
penser que cela ne pourrait tenir qu'à un homme et qu'on pourrait se dispenser de
repenser l'organisation de notre appareil de décision et d'aide à celle-ci.
Le premier élément est la définition d'une stratégie. Les objectifs qui la constituent ne se
définissent pas sur un coup de tête et en fonction d'une réponse médiatique à la
conjoncture. La décision peut se prendre seul ; elle se prépare toujours à plusieurs. On
ne peut faire comme ce ministre qui disait: «Mais je n'ai pas besoin de conseil ; la
stratégie, je l'ai en tête» ou comme ce haut responsable qui se défiait d'un examen
circonstancié de plusieurs options au motif que cela briderait sa faculté de choix
souverain. Dans cet esprit, j'avais proposé il y a quelques années la création d'une
délégation générale à la stratégie placée auprès du Premier ministre (1). Elle serait
chargée, dans les grands domaines de l'action publique, sur la base d'analyses en
provenance d'horizons les plus divers et de comparaisons avec d'autres pays, de
proposer au gouvernement des plans d'action à moyen terme en fonction des enjeux et
des risques. C'est par ce truchement aussi que le redéploiement des administrations et,
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partant, les négociations avec les organisations syndicales pourraient trouver un contenu.
Les ministères ont besoin que leur horizon soit éclairci et, outre qu'ils sont souvent
dépourvus des moyens de s'y atteler, ils n'ont pas, par nature, l'indépendance
nécessaire. Il leur faut un aiguillon externe et le Premier ministre doit retrouver une
fonction d'arbitrage sur la base d'options rigoureusement identifiées. Nous avons, plus
largement, besoin d'un lieu de préparation, dans la concertation le plus en amont
possible, des différentes réformes. Les difficultés du passage à l'acte tiennent en partie à
ce manque-là. En fonction de l'identification, dans les différents domaines, de notre
intérêt national, nous devons être capables de focaliser toute notre énergie sur les
priorités qu'il implique et de recréer des marges de manoeuvre dans un contexte de
ressources limitées.
Ensuite, il est urgent d'instituer un pilote de la réforme des administrations de l'Etat au
niveau interministériel. La mise en place de secrétaires généraux dans les ministères
constitue un progrès et, même si sa perspective est partielle, le pilotage «budgétaire» de
la réforme des administrations a quelque efficacité. Toutefois, c'est aussi auprès du
Premier ministre qu'un tel secrétariat général pour l'administration devrait être institué.
Pour être appliquée, la réforme de l'Etat a besoin d'une autorité disposant d'une vue
d'ensemble. Elle seule peut, en fonction d'une stratégie qui n'est pas la somme des
orientations particulières de chaque ministère, permettre les redéploiements
indispensables et préparer les arbitrages. Ce secrétaire général pour l'administration
assurerait également une fonction de reporting, pas seulement financier, de surveillance
de l'application des décisions et d'appréciation de leurs effets réels. Il convient
d'organiser la remontée du terrain au niveau interministériel et de s'assurer de la
cohérence, au niveau déconcentré, des instructions données, souvent par voie de
circulaire.
Cette évolution serait incomplète sans une capacité de maîtrise de l'évolution de la
fonction publique. L'organisation, les compétences et la dimension de celle-ci sont la
résultante des missions conférées à l'Etat. Encore convient-il que cette stratégie existe,
sinon on ne voit pas sur quels éléments concrets envisager son évolution à moyen terme
et engager la négociation avec les organisations syndicales. Bien des blocages
s'expliquent par là. Ensuite, une instance doit disposer d'une vision d'ensemble et des
moyens de faire appliquer, dans l'ensemble des administrations, les priorités définies au
plus haut niveau. Une politique ambitieuse en faveur de la mobilité entre ministères des
cadres supérieurs permettrait de briser les cloisonnements. Evoquons également la mise
en place d'un vivier pour l'encadrement supérieur, qui ne fait aujourd'hui l'objet d'aucune
politique digne de ce nom. Enfin, il nous faut une structure de référence pour prendre en
compte les compétences nouvelles dont l'Etat a besoin, développer une formation
continue reconnue et certifiée, qui doit devenir un élément à part entière des évolutions
de carrière, et créer de toutes pièces des liens avec l'offre de formation, notamment
universitaire, en fonction des besoins à dix ou quinze ans. C'est dans cette perspective
que, il y a déjà plus de cinq ans, nous avons proposé un nouveau rôle, plus ambitieux,
pour une direction générale de l'administration et de la fonction publique jouant
pleinement son rôle interministériel.
Une quatrième évolution concerne la dimension européenne et internationale, qui est une
nouvelle donne pour l'Etat. En matière européenne, la réactivation récente par le Premier
ministre du comité interministériel sur l'Europe mérite d'être saluée. Il faut toutefois aller
plus loin et, au-delà de l'indispensable mise en cohérence des positions et du suivi des
décisions, renforcer la préparation de la stratégie à moyen terme par la mise en commun
des analyses, la confrontation des opinions et la connaissance, fondée sur une approche
informée des différents pays et zones du monde, des évolutions des sociétés et des
forces politiques en dehors de l'Hexagone. Nous avions ainsi suggéré la création d'un
Conseil d'analyse européenne et internationale, ouvert sur les experts, français et
étrangers, extérieurs à l'administration dans sa dimension d'analyse et regroupant des
responsables opérationnels de haut niveau pour son volet stratégique. Par un effet induit,
sa création contribuerait à décloisonner deux mondes qui s'ignorent: la sphère politico-
administrative et le milieu académique.
Enfin, il n'existe pas de stratégie sans connaissance approfondie des évolutions qui
taraudent le corps social. Combien de fois ai-je entendu, de la part de responsables
gouvernementaux, que la société leur échappait, qu'elle était une boîte noire, qu'ils
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attendaient des éclairages et qu'aucun de ceux qui étaient habituellement donnés, par les
études d'opinion autant que par les intellectuels, ne les satisfaisait? Inversement, ayant
proposé à tel ancien Premier ministre la création d'un observatoire de la société
française, susceptible de conduire des études lourdes sur les attentes, les angoisses,
l'évolution des mentalités, des croyances, des modes de vie, je m'étais fait rétorquer par
l'un de ses proches: «Mais en quoi ta proposition peut-elle être utile au Premier
ministre?» Ne nous étonnons plus après du 21 avril 2002 ou du 29 mai 2005! La
«volonté de ne pas savoir» n'a jamais été une politique. Cet observatoire, qui aurait
vocation à regrouper certains organismes existants et à fédérer les travaux des autres,
constitue une priorité pour l'Etat. Il participe du renforcement de notre intelligence
collective. Naturellement, il aurait pour tâche de regrouper des chercheurs autant que
des fonctionnaires proches du terrain, des membres des organismes d'études et de
statistiques autant que des spécialistes de l'opinion.
Beaucoup s'alarment, quel que soit le contenu qu'ils souhaitent leur conférer, de la
lenteur réformatrice de la France en comparaison d'autres pays développés. On se
tromperait en pensant qu'il suffirait d'une volonté ; la réforme est d'abord une question
d'intelligence partagée des situations et des projets. Dans cet esprit, il nous faut corriger
deux faiblesses françaises: d'abord, le manque ou la chétivité des structures d'appui au
niveau interministériel. Le chef du gouvernement a besoin de celles-ci, d'autant que
l'encombrement structurel de son cabinet où remontent des arbitrages parfois mineurs
lui interdit de traiter autre chose que les urgences et, au mieux, les échéances à deux
mois. La course après le temps contrarie la pensée et souvent même l'écoute. Ensuite,
l'absence de professionnalisation du conseil stratégique, et même de conseil tout court.
Cette exploration des stratégies est naturellement indissociable d'un processus de
concertation large, permanent, en partie informel, non pour avaliser des réformes déjà
décidées mais pour les préparer. Elle est indispensable à la conduite du changement et
vitale pour les partenaires sociaux eux-mêmes. Comme me le disait un important
dirigeant syndical: «Nous avons besoin de lieux de discussion neutres sur quasiment tous
les sujets publics, parce que cela permet notre mûrissement interne.» L'Etat dispose de
la capacité d'exporter sa faculté stratégique, mais s'il n'en a pas, ne restent que les
rapports de force entre des positions d'autant plus figées qu'il n'est pas de vision de long
terme et donc de possibilité d'organiser un donnant donnant vertueux.
Si nous avons ainsi insisté sur les structures ajoutons que la structure gouvernementale
devrait d'abord être pensée en fonction de l'efficacité réformatrice, ce qui ressemble à un
voeu pieux ! , c'est parce qu'elles conditionnent l'action. Les politiques ne peuvent bien
décider, même s'ils en ont la capacité personnelle, s'il leur manque les instruments pour
le faire. S'il ne s'agit pas de faire de l'assemblage administratif, il faut être capable ce
que peu de politiques et de commentateurs entreprennent de penser l'organisation de la
salle des machines. La réforme prend déjà suffisamment de temps pour qu'on ne diffère
pas plus le moment de la préparer.
(1) Cet article a été rédigé avant l'annonce par Matignon le 27 octobre, de la transformation du
commissariat général du Plan en Centre d'analyse stratégique (CAS) (Libération des 29-30 octobre,
ndlr).
*Nicolas Tenzer est président du Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (Cerap),
directeur de la revue le Banquet. Dernier ouvrage paru : France : la réforme impossible
(Flammarion, 2004).
Fonction publique hospitalière :
suspension des groupes de travail, selon FO
AFP - 03.11.05 | citations
Les groupes de travail réunissant les représentants syndicaux de la fonction publique
hospitalière et la direction des hôpitaux (Dhos) ont été suspendus, dans l'attente de
l'ouverture de vraies négociations, a indiqué FO dans un communiqué jeudi.
La Direction des hôpitaux et les fédérations santé de la CGT, FO, CFDT, CFTC, CFE-CGC,
de l'Unsa, de Sud, et le Syndicat national des cadres hospitaliers (SNCH) avaient mis en
place, en septembre, des réunions de travail sur "la démographie, l'emploi et la
formation".
6
Mais lors d'une réunion mercredi, FO a "pris l'initiative de proposer aux autres syndicats
une suspension de séance, à l'issue de laquelle toutes les fédérations syndicales ont
considéré qu'il fallait arrêter les +échanges+ dans les groupes de travail et exiger du
ministre de la Santé l'ouverture de négociations", selon son communiqué.
Après s'être entretenue avec le cabinet du ministre de la Santé, la représentante de la
Dhos a annoncé que "d'ici quelques semaines", compte tenu du cadre de négociation qui
devrait être présenté aux syndicats le 9 novembre par le ministre de la Fonction publique
Christian Jacob, "la Dhos aurait un mandat de négociation, en vue d'un protocole
d'accord", selon FO. La Dhos n'était pas en mesure, dans l'immédiat, de confirmer ou
infirmer cette information.
Le 9 novembre seront remis aux syndicats de la fonction publique les lettres de cadrage
sur les négociations dans ce secteur, lesquelles devraient débuter dans la deuxième
moitié de novembre.
Le Sénat américain adopte un programme
de 35 milliards d'économies budgétaires
LEMONDE.FR | 04.11.05 | citations
Le Sénat américain a adopté, jeudi 3 novembre au soir, un programme d'économies
totalisant 35 milliards de dollars sur cinq ans, alors que l'ampleur du déficit budgétaire
suscite des critiques croissantes dans la classe politique. Les sénateurs avaient examiné
un projet totalisant plus de 39 milliards de dollars d'économies dans divers domaines,
mais, de source parlementaire, on a indiqué en soirée que les amendements adoptés en
séance ramenaient le total plus près de 35 milliards, sans pouvoir fournir un chiffre
précis.
"C'est un effort considérable du Congrès pour essayer de commencer à maîtriser notre
situation budgétaire, et faire en sorte que nous ne vivions pas au-dessus de nos
moyens", a déclaré le président républicain de la commission du budget, Judd Gregg.
Adoptées par 52 voix contre 47 au terme d'une semaine de débats, ces économies
devront être harmonisées avec celles mises au point par la Chambre des représentants.
ÉCONOMIES DRASTIQUES SUR LE BUDGET
DE LA SANTÉ ET DE L'ÉDUCATION
Les dépenses gouvernementales sont réduites dans pratiquement tous les domaines
ne relevant pas de la défense ou de la sécurité nationale, pour les années 2006-
2010. Les économies budgétaires les plus importantes prévues par les sénateurs
portent sur le budget de la santé et de l'éducation, totalisant à elles seules plus
de 16 milliards de dollars.
Parmi les autres mesures adoptées, les sénateurs se sont mis d'accord pour réduire de
quelque 3 milliards de dollars le budget de l'agriculture, entre autres grâce à une
réduction de 2,5 % des subventions accordées aux agriculteurs, notamment aux
céréaliers et à des producteurs de coton. Cette mesure, valable pour les récoltes 2006 à
2010, économiserait 1,3 milliard sur cinq ans, selon la majorité. Le Sénat a, en revanche,
repoussé un amendement visant à plafonner le montant des subventions perçues par les
agriculteurs.
Par ailleurs, le programme prévoit de procéder à des forages pétroliers dans une
réserve naturelle d'Alaska, l'Alaska National Wildlife Refuge (ANWR), au nom de
l'allègement de la facture pétrolière. Cette mesure a été vivement critiquée: la réserve
était protégée par une interdiction de forage depuis dix ans.
"POUR LES INTÉRÊTS SPÉCIAUX
ET CONTRE LES INTÉRÊTS DU PEUPLE"
"Le Sénat républicain s'est mobilisé pour les intérêts spéciaux et contre les intérêts du
peuple américain", s'est indigné le chef de file des sénateurs démocrates, Harry Reid,
dénonçant un "budget immoral". L'opposition démocrate, rejointe par une poignée de
républicains centristes, a voté en bloc contre ce texte, reprochant aux républicains de
ne pas renoncer aux réductions d'impôt accordées par l'administration Bush
depuis 2001.
7
Le président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, a une nouvelle fois mis en garde
jeudi le Congrès contre l'aggravation du déficit budgétaire, alors que les générations du
baby-boom arrivent à la retraite. Sur ce terrain, des "choix difficiles" attendent le
Congrès, et s'ils ne sont pas pris, le budget pourrait se retrouver sur "une trajectoire
insoutenable", a-t-il estimé. Pour l'année fiscale 2005, close le 30 septembre, le déficit
du budget des Etats-Unis a atteint 319 milliards de dollars, selon le trésor, et certains
économistes chiffrent le prochain déficit à 400 milliards de dollars.
Le président George W. Bush a affiché pour sa part son intention de diviser par deux le
déficit d'ici à la fin de son mandat, en janvier 2009. En voyage en Argentine pour
participer au sommet des Amériques, il a salué le vote du Sénat, en souhaitant que le
Congrès adopte définitivement un programme d'économies d'ici à la fin de l'année.
Avec AFP
La justice déclare illégale la grève
dans les transports marseillais
LEMONDE.FR | 04.11.05 | citations
Le tribunal de grande instance de Marseille a jugé illégale, vendredi 4 novembre, la grève
des traminots de la Régie des transports marseillais (RTM), et assorti sa décision "d'une
astreinte provisoire de 10.000 euros par jour de reconduction du mouvement illicite
constaté dans les douze heures de la signification de la décision".
Le tribunal avait été saisi en référé par la direction de la RTM, le 31 octobre, sur la
validité du préavis de grève des syndicats, daté du 28 septembre. La direction estimait
que le préavis ne recouvrait pas les motifs réels de la grève des syndicats, qui réclament
le retrait d'une délégation de service public (DSP) votée par la Communauté urbaine de
Marseille, et prévoit d'associer un partenaire privé à la RTM pour exploiter le futur
tramway.
Le préavis des syndicats mentionnait quatre revendications: le développement des
transports à Marseille, le refus de la "privatisation", l'emploi et les salaires. "L'unique
motif du mouvement, la DSP, ne figure pas dans le préavis car la DSP n'entraîne aucune
privatisation de la RTM", a plaidé la direction, selon laquelle "le motif réel de la grève est
d'obtenir l'annulation d'une décision politique, ce qui est illégal, la grève devant, en
France, porter sur des revendications professionnelles".
LES PROPOSITIONS DES SYNDICATS
ATTENDUES EN FIN D'APRÈS-MIDI
Cette décision de justice intervient au 32e jour de conflit, quelques heures après que les
salariés de la RTM ont reconduit la grève jusqu'à lundi, et que la mairie de Marseille a de
nouveau demandé la réquisition des moyens de transports. Comme tous les jours depuis
le 4 octobre, le trafic était très perturbé vendredi matin. A 8 heures, le trafic des bus
était limité à 11% des véhicules, sur cinq des 77 lignes. En revanche, 62% des rames de
métro fonctionnaient, cinq rames sur quatorze sur la ligne 1 et onze rames sur quinze sur
la ligne 2.
Après l'échec de la médiation entamée, lundi, par Bernard Brunhes, les syndicats doivent
se prononcer sur la demande du préfet de région, Christian Frémont, et du ministre des
transports, Dominique Perben, de consulter les salariés à bulletins secrets sur les
propositions du médiateur, et de fait sur la suite du mouvement. Les syndicats devaient
en fin d'après-midi rendre publiques leurs propositions "de nature à trouver une issue
positive au conflit", en prenant en compte les remarques du médiateur, qui a quitté
Marseille jeudi soir.
M. Brunhes a suggéré le retrait de la délégation de service public (DSP), votée par la
communauté urbaine pour l'exploitation du tramway qui doit être créé à Marseille en
2006. A sa place, il a proposé la création d'une filiale "ad hoc" de la RTM pour
l'exploitation des lignes. Cette filiale, dont la RTM détiendrait la majorité avec 40% à la
Connex (Veolia) ou un autre opérateur, serait chargée d'exploiter le tramway, défini
comme un "marché public" avec du personnel exclusivement RTM. -- Avec AFP
8
RTM : déclarée illégale, la grève
a malgré tout été reconduite
CONFLIT Le tribunal de grande instance de Marseille a jugé hier que la grève
était illégale. Pour la direction de la Régie, les salariés doivent retourner
travailler.
Figaro - 05 novembre 2005 - citations
A. de B.
REBONDISSEMENT hier à Marseille. Le tribunal de grande instance, saisi en référé par la
direction de la Régie des transports marseillais, a jugé illégale la grève poursuivie depuis
32 jours par les traminots. Le tribunal a assorti sa décision «d'une astreinte provisoire de
10 000 euros par jour de reconduction du mouvement illicite constaté dans les 12 heures
de la signification de la décision». Cette astreinte sera payée à partir de lundi par les huit
syndicats de l'intersyndicale.
Pas de privatisation
La direction de la RTM avait déposé le 31 octobre une demande de citation en référé
concernant la validité du préavis de grève des syndicats en date du 28 septembre. Hier
soir, forte de ce jugement, elle estimait qu'il changeait la donne et qu'il n'était plus
d'actualité d'envisager la moindre consultation : les salariés doivent tout simplement
reprendre le travail. D'ailleurs, Marc Girardot, le patron de la RTM, faisait hier soir
appeler tous les salariés pour qu'ils retournent au travail.
Depuis le début du conflit, la direction de la RTM estime que le préavis ne recouvrait pas
les motifs réels de la grève des syndicats, qui réclament le retrait d'une délégation de
service public (DSP) votée par la Communauté urbaine de Marseille qui ouvrait
l'exploitation du futur tramway à un partenaire privé de la RTM. Le préavis des syndicats
mentionnait quatre revendications : le développement des transports à Marseille, le refus
de la «privatisation», l'emploi et les salaires.
Consultation à bulletins secrets
«L'unique motif du mouvement, la DSP, ne figure pas dans le préavis car la DSP
n'entraîne aucune privatisation de la RTM», a plaidé la direction, selon laquelle «le motif
réel de la grève est d'obtenir l'annulation d'une décision politique, ce qui est illégal, la
grève devant en France porter sur des revendications professionnelles».
Avant le prononcé du jugement, Marc Girardot, le directeur général de la RTM, avait
réuni les organisations syndicales pour tenter de trouver un accord sur les modalités de
la consultation des salariés. A ce moment-là, il estimait cette consultation toujours
indispensable. Celle-ci ne devrait pas pouvoir intervenir avant mercredi ou jeudi
prochain. Elle devrait se dérouler dans un lieu neutre comme la préfecture ou l'inspection
du travail. La grève qui a été reconduite hier matin jusqu'à lundi devrait encore durer. A
la mi-journée, le trafic, bien qu'en légère amélioration, ne concernait que 16% des bus et
53% des métros.
La difficulté consiste à se mettre d'accord sur le texte de la question à poser aux 3 200
salariés. La direction de la RTM envisageait de leur demander s'ils veulent ou non une
reprise du travail. L'inspecteur du travail avançait de son côté qu'il avait été mandaté par
le préfet pour que les salariés se prononcent sur les propositions du médiateur.
Impossible harmonisation
Quant aux organisations syndicales, elles réclament qu'on soumette au vote des salariés
un choix entre trois possibilités : la DSP et l'alliance avec la Connex ; la solution
préconisée par le médiateur, et, enfin, la solution de l'intersyndicale, à savoir l'attribution
de l'exploitation du tramway à la RTM qui passerait un contrat de sous-traitance
technique avec un opérateur industriel après un appel d'offres.
Les syndicats ont rappelé le médiateur qu'ils doivent rencontrer dimanche. Quant à Guy
Tessier, le député maire du cinquième secteur de Marseille, il a déposé il y a une dizaine
de jours une proposition de loi prévoyant que, en cas d'échec des négociations, les
consultations sur la reconduction ou non de la grève seront effectuées par un vote des
salariés à bulletins secrets.
9
La réquisition, toujours en ligne de mire
Si la grève devait se poursuivre en début de semaine prochaine, Christian Frémont, le
préfet de la région Paca qui a jusqu'ici rejeté «l'arme lourde de la réquisition», pourrait
finir par y avoir recours sous la pression des Marseillais. C'est l'article L 2215-1 du Code
général des collectivités territoriales qui régit la réquisition. Celle-ci est possible «lorsque
l'atteinte au bon ordre, à la salubrité, à la tranquillité et à la sécurité publiques l'exige».
Si tel devait être le cas, des policiers porteraient les ordres de réquisition aux intéressés
chez eux. Le refus d'exécuter les mesures prescrites par le préfet constitue un délit qui
est puni de six mois d'emprisonnement et de 10.000 euros d'amende.
[Le Figaro - 05 novembre 2005]
SNCF : quatre syndicats appellent
à la grève à partir du 21 novembre
(Avec AFP.)
Le Figaro - 05 novembre 2005- citations
-- Quatre fédérations de cheminots (CGT, FO, SUD-Rail, FGAAC) ont appelé vendredi à
une grève reconductible à partir de lundi 21 novembre à 20H00 contre la menace d'une
«privatisation rampante» de la SNCF, selon un communiqué commun.
Les autres fédérations de cheminots (CFDT, CFTC, Unsa, CFE-CGC) «ont quant à elles
demandé un délai de réflexion avant de donner leur position définitive», a précisé le
communiqué. Selon les quatre fédérations appelant à la grève, différentes mesures
concernant l'entreprise publique façonnent «un remodelage complet de l'entreprise
SNCF» et créent «les conditions d'une privatisation rampante».
Les syndicats dénoncent ainsi «la modification de la loi permettant l'entrée de
financements privés pour des réalisations nouvelles d'infrastructures et leur
maintenance» et «la libéralisation européenne qui veut ouvrir le trafic régional à la
concurrence». «Des conséquences importantes se répercutent sur tous les métiers qui
seraient profondément bouleversés, voire menacés», ajoutent les syndicats, qui font état
de «craintes des cheminots sur l'éclatement à court terme de la SNCF».
Selon eux, la détermination des cheminots est «renforcée par les suppressions massives
d'emplois qui s'accumulent depuis 2002, leur certitude de ne plus pouvoir assurer la
qualité de service attendue par les usagers, la dégradation de leurs conditions de travail
et de sécurité».
Les syndicats considèrent en outre que la situation «dans le pays et l'entreprise SNCF
(...) continue de se dégrader à un rythme qui s'accélère». Elles dénoncent notamment
une «remise en cause du code du travail», et une «baisse du pouvoir d'achat», estimant
que la SNCF n'échappe pas au «dogmatisme libéral».
Déjà, le 9 novembre, les personnels des services commerciaux de la SNCF sont appelés à
la grève par 7 des 8 fédérations à l'occasion de la présentation en Comité central
d'entreprise (CCE) du projet de la direction de supprimer 2.330 postes de guichetiers sur
7.900 d'ici à 2008. La direction de la SNCF a justifié ces suppressions de postes par
«l'explosion de la vente par internet».
Réforme hospitalière au Maroc:
soutien européen de 20 millions d'euros
AFP 05.11.05 | citations
Le Maroc a décidé "d'accélérer" le rythme d'une réforme hospitalière en y injectant un
don de l'Union européenne de 20 millions d'euros pour "moderniser" les infrastructures et
la gestion des hôpitaux, a-t-on appris samedi auprès du ministère de la Santé publique.
Cette réforme viserait également, dans sa deuxième phase soutenue par les Européens,
à satisfaire "l'augmentation de la demande des soins à laquelle doivent faire face les
hôpitaux publics", a indiqué cette source. "Cette réforme démarre dans 10 hôpitaux, dont
10
cinq dans la région de l'oriental et les autres à Agadir, Beni-Mellal, Safi, Settat et
Meknès", a-t-on ajouté.
La presse marocaine dénonce régulièrement les "difficultés qui entravent le
fonctionnement des hôpitaux" en matière notamment de ressources humaines et
d'équipements. Cette situation, également critiquée par les syndicats, "se répercute"
selon la presse sur la santé des "populations défavorisées".
Les hôpitaux d'Ibn Sina de Rabat et d'Ibn Rochd de Casablanca - les deux seuls centres
hospitaliers et universitaires (CHU) du royaume - ont également entamé une réforme
mais leurs efforts "se heurtent" à une "insuffisance chronique des moyens financiers", a
déclaré à l'AFP samedi un responsable du CHU de Rabat.
En 2005, le budget général du ministère de la Santé publique au Maroc s'est élevé à
seulement 6,2 milliards de dirhams (560 millions d'euros), une dotation jugée
"insuffisante" par les médecins et la presse.
Privatisation des autoroutes :
le gouvernement rendra sa décision début décembre
LEMONDE.FR | 05.11.05 | citations
Le gouvernement rendra début décembre sa décision concernant la reprise des
participations de l'Etat dans les concessionnaires d'autoroutes, déclare Thierry Breton
dans le Journal du dimanche. La privatisation des trois sociétés connaîtra une nouvelle
étape lundi, avec le dépôt d'offres fermes par les candidats, ce qui donnera une idée plus
précise au gouvernement de ce que l'opération pourra lui rapporter.
Si le gouvernement juge les offres insuffisantes, la vente ne sera pas conclue, prévient le
ministre des finances. Les différentes offres seront analysées "pendant trois semaines
sous le contrôle de Jean-Louis Fort, la personnalité indépendante que [le ministre des
transports] Dominique Perben et moi avons nommée pour superviser le processus",
déclare-t-il dans l'hebdomadaire. "Le gouvernement rendra sa décision début décembre",
ajoute Thierry Breton, qui demeure dans le calendrier fixé au lancement du processus de
privatisation. Le ministre précise aussi que "pendant l'analyse des offres, il n'y aura pas
de négociations".
"PAS DE CHANGEMENT EN MATIÈRE DE TARIFS"
Interrogé sur l'attitude du gouvernement en cas de prix insuffisant, M. Breton a répondu
que "si pour l'une des trois sociétés d'autoroutes, aucun des candidats ne dépasse ce prix
minimum fixé par la Commission [des participations et des transferts, NDLR], la société
concernée ne sera pas vendue".
L'Etat a mis en vente ses 50,4% dans les ASF, et espère tirer de ces opérations entre 12
et 14 milliards d'euros. Mais plusieurs rapports ont évoqué des chiffres de valorisation
bien supérieurs, jusqu'à 23 milliards d'euros pour l'ensemble des trois sociétés.
Dans le même entretien au JDD, Dominique Perben assure que la privatisation "ne
changera rien en matière de tarifs" qui sont "renégociés tous les cinq ans en fonction des
investissements, que la société soit publique ou privée". Le ministre des transports
assure aussi que "l'automatisation des péages ne se traduira par aucun licenciement ni
mutation d'office". -- Avec Reuters et AFP
Privatisation des autoroutes :
dépôt des offres fermes par les candidats
LEMONDE.FR | 07.11.05 | citations
La privatisation des sociétés d'autoroutes connaîtra une nouvelle étape, lundi 7
décembre, avec le dépôt d'offres fermes par les candidats. Cela donnera une idée plus
précise au gouvernement de ce que l'opération pourra lui rapporter.
Dix-huit investisseurs français et étrangers, dont de nombreux groupes espagnols,
avaient déposé une offre indicative le 22 août, lors du premier tour organisé par le
gouvernement. Pour le deuxième tour, seules sont autorisées les offres portant sur la
majorité du capital. La décision finale sera rendue début décembre.
11
La discrétion du gouvernement lui permet de n'exclure "aucun scénario" et de garder la
main. Selon la presse, il s'est même ménagé la possibilité d'un troisième tour dans le cas
où les offres remises lundi lui paraîtraient insuffisantes.
LE GOUVERNEMENT VEUT GARDER LA MAIN
Aucun ordre de passage pour les trois sociétés d'autoroutes n'a encore été mentionné, ni
aucune modalité dévoilée une fois les lauréats désignés. "On peut imaginer que le
gouvernement fasse passer APRR [Autoroutes Paris-Rhin-Rhône] et Sanef [Société des
autoroutes du nord et de l'est de la France] avant ASF [Autoroutes du sud de la France],
histoire de faire monter les enchères", déclare une source proche du dossier. En effet, le
plus gros concessionnaire français, ASF, n'a qu'un prétendant, Vinci, déjà au capital
(23%) et qui attend cette opportunité depuis des mois.
Bercy n'a pas non plus précisé ses intentions sur le fait de garder les sociétés cotées ou
non. Depuis le lancement du processus, APRR, entrée en Bourse il y a près d'un an, fait
passer le message qu'elle redoute la venue des fonds d'investissements qui lui imposerait
un retrait de la cote. Même crainte du côté de Sanef, qui aurait reçu selon une source
proche du dossier "des propositions intéressantes" s'engageant à maintenir la cotation.
La compétition serait d'ailleurs moins acharnée pour le rachat de la part de l'Etat dans
Sanef (75,7%) que pour APRR (70,2%), selon une autre source.
La Caisse des dépôts (CDC), qui au premier tour avait déposé une offre minoritaire sur la
Sanef, excluant donc sa participation au second tour, préparerait désormais une offre
majoritaire. Contactée, la CDC n'a pas souhaité faire de commentaires. Elle avait indiqué
en septembre à l'AFP que sa priorité était APRR, pour laquelle elle est candidate en
consortium avec des investisseurs français et le groupe italien Autostrade.
Côté politique, après la polémique de l'été lancée par le président de l'UDF François
Bayrou sur l'opportunité de privatiser, le débat s'est focalisé à la rentrée sur la
valorisation des trois sociétés. L'Etat répète qu'il espère en tirer entre 12 et 14 milliards
d'euros. Mais plusieurs rapports ont évoqué des chiffres de valorisation bien supérieurs,
jusqu'à 23 milliards d'euros pour l'ensemble des trois sociétés. "On verra bien ce qu'on
pourra obtenir", avait déclaré Thierry Breton, le 20 octobre au Sénat. -- Avec AFP
Fonction publique : nouvelles
propositions sur les effectifs
[Le Figaro - 10 novembre 2005] citations
Sophie Huet
GEORGES TRON présente ce matin en commission des finances son rapport annuel très
attendu, sur la fonction publique, dont Le Figaro a pris connaissance. Alors que la priorité
affichée de Pierre Méhaignerie et de Gilles Carrez, dans ce débat budgétaire, est à la
baisse des dépenses publiques, ministère par ministère, le rapporteur spécial insiste sur
la nécessité absolue de réduire le nombre de fonctionnaires «pour retrouver des marges
de manoeuvre budgétaires dans les années à venir».
Georges Tron reprend l'idée chère à l'ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin – mais
jamais mise en oeuvre – de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la
retraite. Le projet de budget 2006 ne prévoit qu'un effort de réduction des effectifs de 5
318 équivalents temps plein travaillés (ETPT), soit une baisse de 5 100 emplois, sur un
total de 5,2 millions de fonctionnaires. Une réduction bien modeste au regard des efforts
à accomplir. Sachant qu'il y aura dans les dix années qui viennent 76 000 départs à la
retraite de fonctionnaires par an, l'élu UMP souligne que «cette opportunité
démographique ne se reproduira pas».
Le rapport Tron précise que les dépenses de personnel de l'Etat pour 2006 s'établissent à
118,2 milliards d'euros, soit 42,8% des dépenses du budget général, au lieu de 39,8%
en 2005. Pour les seuls crédits de pensions, la progression est de 2,1 milliards d'euros
sur un an, pour atteindre 37,9 milliards d'euros (hors allocations temporaires
d'invalidité).
«Front office» et «back office»
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Plus inquiétant encore, la croissance de l'emploi public repose principalement sur celle de
la fonction publique territoriale (1,52 million d'agents en 2003), qui est en hausse de 4%
sur l'année hors emplois aidés. La FTP a ainsi absorbé 60% des 98 000 emplois créés en
un an, contre 13% pour l'Etat et 27% pour la fonction publique hospitalière.
Ces chiffres en hausse constante inquiètent Georges Tron, qui fixe au gouvernement un
objectif ambitieux, tout en expliquant que «le fait de considérer qu'il y a aujourd'hui une
fonction publique qui pourrait être plus opérationnelle avec moins de personnel n'a rien à
voir avec la qualité des personnes». Un constat déjà établi sous le gouvernement Jospin
puisqu'en 1997 l'ancien directeur général de l'Assistance publique, Jean Choussat, avait
adressé à Matignon une note établissant qu'il y avait en France 500 000 fonctionnaires de
plus que dans tous les pays voisins.
Selon le rapporteur spécial, ce non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux «doit être
considéré comme un objectif à maintenir sur le moyen terme, et devra être mis en
oeuvre de manière fine et intelligente». L'élu de l'Essonne parle d'un «lissage dans le
temps des réductions d'effectifs (...) modulées selon les ministères», devant être
épargnés les ministères régaliens (Intérieur, Justice). En contrepartie, le rapporteur
estime que «de gros efforts pourraient être faits à l'Education nationale, la Défense et les
ministères sociaux».
Pour réduire les effectifs, Georges Tron propose une méthode originale: celle de
distinguer entre les agents travaillant en contact direct avec le public («front office») et
ceux qui occupent des fonctions administratives ou logistiques de gestion courante
(«back office»). Dans le souci de préserver la qualité du service rendu au public, le
rapporteur suggère de privilégier avant tout les moyens affectés au «front office».
La nouvelle loi organique relative aux lois de finances (LOLF) établit pour la première fois
des plafonds d'emplois concernant tout «emploi rémunéré par l'Etat», qui ont été fixés à
2 351 146 équivalents temps plein travaillés pour 2006. Les parlementaires ont l'espoir
que la LOLF leur offrira enfin un outil d'évaluation et de transparence dans la gestion des
emplois publics.
Les mesures de Christian Jacob
froidement accueillies par les syndicats
[Le Figaro - 10 novembre 2005] citations
Olivier Auguste
RÉACTIONS NÉGATIVES de la CGT à la CGC, extrême prudence à l'Unsa, la CFTC et la
CFDT... Les propositions dévoilées hier par le ministre de la Fonction publique, Christian
Jacob, aux représentants des fonctionnaires, n'ont guère soulevé leur enthousiasme. Ce
qui est peu surprenant : comme Le Figaro l'a révélé hier, le gouvernement n'avance pour
le moment aucun chiffre sur la hausse du point d'indice, priorité des priorités des
syndicats. Rien non plus sur la grille des salaires, hormis pour la catégorie la plus basse.
Croissance ou gains de productivité
«Ces mesures sont individuelles et aléatoires», tempête Jean-Marc Canon, de la CGT, à
propos des aides annoncées sur le logement ou les gardes d'enfants. Quant à l'idée d'une
revalorisation des salaires en partie liée à la croissance ou aux gains de productivité,
«c'est une ritournelle qui a conduit à l'échec ces dernières années». La CGT réfléchit déjà
à «impliquer les personnels» avant le 6 décembre – date à laquelle s'ouvriront finalement
les négociations avec le ministère – et souhaite rencontrer les autres fédérations dès la
semaine prochaine.
La FSU répond favorablement à l'invitation. Gilles Moindrot, membre du bureau du
syndicat d'enseignants, juge le document remis hier «flou» et «faible».
Même son de cloche à FO, qui voit des «artifices» dans les propositions du ministre.
Quant à la CGC, son représentant Charles Bonissol s'indigne de «l'absence de toute
mesure pour l'encadrement» et considère comme un «chantage» de lier gains de
productivité et augmentations de salaire. Il n'exclut pas une grève avant le 6 décembre,
«ce qui n'est pourtant pas dans notre culture».
13
«La signature s'annonce très compliquée»
A la CFDT, Marie-Claude Kervella écarte a priori ce type d'action avant de connaître les
intentions précises du gouvernement sur les salaires, même si ce point, «indissociable de
la refonte de la grille», est pour elle aussi «au coeur du débat». Elle relève cependant
«des choses qui vont dans le bon sens», sur le logement ou la validation des acquis de
l'expérience.
Elisabeth David, de l'Unsa, estime également «intéressant» le volet social et appelle ses
collègues à «travailler pour l'amender». Mais, comme eux, elle juge «inacceptable» le
volet salarial. A ses yeux, la signature d'un accord global, dont rêve pourtant Christian
Jacob, «s'annonce donc très compliquée».
Les actions EDF déjà pratiquement toutes vendues
[Le Figaro - 10 novembre 2005] citations
Anne-Laure Julien
UNE SEMAINE avant la clôture officielle des réservations, la totalité des actions EDF
destinées aux investisseurs professionnels est déjà souscrite à un prix proche du milieu
de la fourchette indicative comprise entre 29,5 et 34,10 euros. En bas de fourchette, la
demande est même supérieure à l'offre, selon des sources de marché. On peut donc
d'ores et déjà parler de succès.
Les fonds de pension anglo-saxons et les grandes compagnies d'assurances européennes
constituent l'essentiel des acheteurs. Il s'agit d'investisseurs «respectables» susceptibles
d'accompagner l'entreprise sur le long terme, en garantissant une certaine stabilité de
son capital. Le prix ne semble pas avoir posé de réel problème aux souscripteurs. Et pour
cause : ces grands gestionnaires de produits d'épargne ne peuvent faire l'impasse sur
une future valeur du CAC 40. Avec une capitalisation proche de 60 milliards d'euros et un
flottant d'environ 9 milliards, l'entreprise publique est en effet pratiquement assurée
d'intégrer l'indice parisien.
75% des actions souscrites dans les banques
Reste que les investisseurs professionnels ne représentent pas le plus gros des
souscripteurs. In fine, les particuliers pourraient en effet obtenir jusqu'à 70% des 206,6
millions d'actions mises dans le public. La décision interviendra le 21 novembre, premier
jour de cotation. Tout dépendra en fait de l'appétit des épargnants pour la valeur.
A ce stade, aucun chiffre n'est officiellement diffusé sur les réservations des petits
porteurs. Seul l'affichage marketing dans l'ensemble du réseau bancaire français en dit
long sur l'offensive mise en oeuvre. Si on ajoute à cela l'engouement spontané des
Français pour les privatisations en général et l'opinion qu'ils ont d'EDF en particulier, le
succès semble garanti. D'ailleurs, au sein d'un grand établissement parisien, on reconnaît
qu'«environ 75% des objectifs commerciaux sont déjà réalisés et le reste partira très
vite». Même son de cloche chez son concurrent. En réalité, il faut souvent attendre la fin
du week-end pour être fixé. Les investisseurs particuliers ont en effet tendance à se
rendre le samedi chez leur banquier.
Pour sa part, le courtier en ligne Boursorama, fort de ses 125.000 clients, constate une
accélération des ouvertures de comptes grâce à cette privatisation partielle. D'après
Benoît Grisoni, directeur de Boursorama Invest, le nombre de souscriptions d'actions EDF
est d'ores et déjà supérieur de 20% à celui de l'opération GDF du mois de juillet. Le
montant des ordres demeure toutefois équivalent, oscillant entre 3.500 et 4.000 euros.
«Il ne faut pas négliger le très fort attachement des investisseurs pour l'entreprise
publique», souligne-t-il. Par ailleurs, «il reste encore une petite semaine de souscriptions
et souvent les ordres affluent dans les derniers jours», ajoute Benoît Grisoni.
Quant à l'offre réservée aux salariés à des conditions préférentielles, les syndicats de
l'entreprise publique laissent entendre que plus d'un salarié sur deux a déjà souscrit.
Tous les indices semblent donc confirmer le plébiscite du public pour l'opération. Au point
même que certains risquent d'être déçus au final par le nombre restreint d'actions
obtenues.
14
[Le Figaro - 10 novembre 2005]
Pierre Gadonneix : «Il n'y a
aucune incertitude comptable sur EDF»
[Le Figaro - 10 novembre 2005] citations
Propos recueillis par Christine Lagoutte et Frédéric de Monicault
LE FIGARO. – Vous faites la tournée des grands investisseurs en France et à
l'étranger. Leurs interrogations correspondent-elles à ce que vous anticipiez ?
Pierre GADONNEIX. – Il est clair que cette opération était très attendue. EDF était en
effet la dernière «utilitie» à ne pas être encore ouverte à des capitaux privés. Nous nous
attachons, dans un délai très court, à convaincre nos interlocuteurs à la fois de nos
atouts et de notre originalité. On a bien sûr tendance à nous comparer à nos concurrents.
Notre démarche vise plutôt à faire prendre conscience de notre différence. Nous sommes
le plus important opérateur de centrales nucléaires dans le monde, avec 58 réacteurs. En
incluant nos capacités hydrauliques, 95% de notre production d'électricité est
indépendante du prix des hydrocarbures et ceci sans émettre de C02. Dans un contexte
de prix élevé des énergies fossiles et de coût croissant des mesures environnementales,
produire une énergie propre et compétitive représente donc un formidable potentiel de
valorisation.
Les analystes soulignent les risques d'EDF: provisions pour le démantèlement
des centrales nucléaires, charges des retraites, incertitudes comptables...
Nous avons apuré l'ensemble des risques du passé. Nous avons provisionné 27 milliards
d'euros pour le démantèlement et le retraitement des déchets : ce montant ne fait pas
débat. En face des provisions, des actifs dédiés sont actuellement constitués, qui
atteindront 15 milliards d'euros en 2010. La réforme du financement de notre régime de
retraite est aujourd'hui achevée par un adossement à la fin 2004 au régime général sans
surcoût pour la collectivité grâce au versement de soultes aux régimes de retraites et la
constitution d'une provision de 11 milliards d'euros dans nos comptes. Au-delà, il n'y plus
aucune «incertitude comptable» et nous appliquons strictement les normes comptables
internationales.
Et sur vos engagements internationaux, êtes-vous aussi catégorique ?
Là encore, un énorme travail a été réalisé en quelques mois. Concernant l'Amérique
latine, nous avons achevé de provisionner les risques à la fin 2004. Nous sommes depuis
sortis en douceur d'Argentine. En Italie, alors que nous courions le risque de devoir
affecter plus de 13 milliards d'euros pour le contrôle de 100% d'Edison avec seulement
2% de droit de vote, nous contrôlons aujourd'hui à parité la société aux côtés de la régie
milanaise AEM avec toutes les prérogatives qui s'attachent à cette participation. L'impact
sur notre dette a pu être ainsi contenu à 7 milliards d'euros. Aujourd'hui, je rappelle
qu'EDF est présent de façon significative, dans les quatre principaux pays d'Europe –
outre la France, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie – avec des positions de tout
premier rang.
Votre augmentation de capital de 7 milliards d'euros doit servir à financer votre
développement. Mais vous reconnaissez qu'il est impossible d'augmenter votre
part de marché en Europe. Comment seront utilisés les capitaux levés ?
S'il est vrai que nous ne pouvons pas espérer augmenter notre part de marché, nous
comptons bien la valoriser. Prenez l'exemple du gaz : notre investissement dans ce
domaine est dicté par la nécessité de compléter notre offre énergétique, à l'instar de la
plupart de nos concurrents. Si nous proposons du gaz naturel en France, c'est d'abord et
avant tout pour conserver nos clients actuels. Il n'est pas inutile de rappeler que nos
achats en gaz atteignent 25 milliards de mètres cubes par an, soit la moitié de ceux de
Gaz de France. Nous avons également d'importants projets de développement dans les
services énergétiques. Nous devons en outre massivement investir, en particulier en
France, dans le renouvellement et le développement de nos capacités de production, de
15
transport et de distribution.
La polémique sur les prix du gaz a montré combien il était difficile pour Gaz de
France, coté en Bourse, de s'accommoder de la tutelle tarifaire de l'Etat.
Comment éviter l'écueil?
La problématique du prix de l'électricité n'est pas comparable à celle du gaz naturel, qui
est un hydrocarbure indexé sur les prix pétroliers. Contrairement à Gaz de France, qui
doit répercuter les coûts d'approvisionnement du gaz naturel qu'il achète, EDF est un
producteur d'électricité dont la logique tarifaire repose donc sur sa capacité à améliorer
ses performances industrielles. Dans le cadre du contrat de service public signé avec
l'Etat, EDF s'est engagé à ce que l'augmentation des tarifs pour les particuliers ne soit
pas supérieure à l'inflation pendant cinq ans. En outre, ces tarifs fixés par les pouvoirs
publics ne concernent que la clientèle des particuliers qui ne représentent que 30% des
volumes vendus en France. Pour le marché ouvert à la concurrence, les prix sont fixés
librement.
Laurent Fabius a fait savoir qu'en cas de retour aux affaires il renationaliserait
EDF. Comment réagissez-vous ?
Je suis chef d'entreprise. Mon rôle consiste à définir et à conduire la stratégie d'un
groupe industriel. La politique relève d'un champ de compétences qui n'est pas le mien et
que donc que je ne commente pas.
L'assurance-maladie au coeur de la grève de Philadelphie
LE MONDE | 10.11.05 | citations
ENVOYÉ SPÉCIAL PHILADELPHIE (PENNSYLVANIE)
La grande grève de 1998 des transports publics de la ville de Philadelphie avait duré
quarante jours et marqué les esprits des 6 millions d'habitants de la cinquième métropole
américaine. Cette fois, la cité aura été seulement paralysée une semaine.
Les métros, bus et trolleys ont recommencé à circuler, mardi 8 novembre, au grand
soulagement des usagers. Jacqueline Leonard, professeur assistant de mathématiques,
était contrainte, "tous les jours pour aller travailler, de passer une heure et demie dans
les embouteillages, pare-choc contre pare-choc, à l'aller comme au retour" . Angelina
Paige-Howard, qui n'a pas de voiture, dépensait 100 dollars par jour en taxi. "Et moi ce
n'est rien, j'ai pu le faire. Il y a des malades qui ont dû renoncer à aller se faire soigner
et des gens qui gagnent le salaire minimum n'ont pas pu aller travailler."
Les 5.300 salariés de la SEPTA (Association des transports du sud-est de la Pennsylvanie)
sont aussi contents, à l'image de John Flannery, conducteur de bus de la ligne 28. "Je me
sens mieux. Les gens ne supportent plus les grèves qui durent, que ce soit les voyageurs
ou les politiciens. Et puis ceux qui prennent mon bus, ce ne sont pas les plus riches et
souvent ils n'ont pas les mêmes avantages que nous et nous en veulent encore plus de
faire grève." Cela fait trente-quatre ans que M. Flannery travaille à la Septa. Il prendra
sa retraite dans trois ans. "J'espère que cela aura été ma dernière grève" , dit-il.
Comme la plupart des conflits du travail aux Etats-Unis, cette grève ne portait pas sur les
salaires ou les conditions de travail, mais sur les prestations sociales payées par
l'entreprise en matière de santé.
NOUVEAU CONTRAT
Depuis une décennie, le coût de la protection médicale augmente en moyenne
de 15% par an pour la Septa, dont la situation financière est précaire. Elle ne pouvait
plus assumer seule cette charge et exigeait que les travailleurs paient 5% de leur
prime d'assurance-maladie. Les syndicats n'étaient pas opposés à une participation à
cette dépense, mais elle devait être, selon eux, proportionnelle aux salaires et non à
l'âge ou à l'état de santé des salariés.
La solution a été apportée par le gouverneur de Pennsylvanie, Ed Rendell, qui ne voulait
surtout pas que le conflit se durcisse. Il s'est enfermé dix-huit heures d'affilée, dimanche,
avec les syndicats et les dirigeants de la Septa, et l'Etat s'est finalement engagé à verser
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en avance à l'entreprise la somme nécessaire au paiement des primes d'assurance-santé
et non plus en retard, comme auparavant. Cela permet à la Septa d'obtenir une remise
des compagnies et d'économiser ainsi 15 millions de dollars par an.
Les syndicats ont accepté de contribuer à raison de 1% des salaires au coût de la
protection médicale. Le nouveau contrat de travail garantit aussi une hausse de 3% des
salaires en quatre ans. Il doit encore être ratifié dans les prochains jours par les salariés.
L'issue ne fait pas vraiment de doute.
Eric Leser -- Article paru dans l'édition du 11.11.05
Autoroutes : les offres totaliseraient 14,5 milliards
[Le Figaro - 11 novembre 2005] citations
Odile Coupé
LA LISTE des candidats les mieux placés dans la procédure de rachat des sociétés
d'autoroutes Sanef et APRR pourrait réserver quelques surprises. Jusqu'ici, la rumeur
donnait comme vainqueurs les plus probables l'italien Autostrade – candidat à la reprise
d'APRR en association, notamment, avec la Caisse des dépôts – et le tandem Eiffage et
Macquarie. Selon le quotidien italien La Repubblica, Autostrade et ses alliés auraient
proposé de mettre sur le tapis 6,8 milliards d'euros.
En fait, selon nos informations, les groupes espagnols Abertis et Cintra tiendraient
désormais la corde, avec une proposition de prix bien supérieure à celle de ses
concurrents. Abertis aurait déposé deux offres : l'une en solitaire sur APRR, l'autre sur
Sanef en consortium avec Axa, Predica, la CDC, la CNP et le holding FFP contrôlé par la
famille Peugeot.
Cintra, filiale du groupe de services et de construction Ferrovial, s'est, quant à elle,
associée à la banque Caja de Madrid et aux fonds canadiens Borealis et Ontario Teachers
pour lancer une offre sur les deux sociétés.
Dans cette configuration, les offres déposées lundi sur ASF, Sanef et APRR valoriseraient
la participation de l'Etat dans les trois sociétés à plus de 14,5 milliards d'euros, ce qui
correspond à la fourchette haute des estimations du gouvernement.
Les salariés d'EDF séduits par la mise en Bourse
énergie Du côté des particuliers, l'ouverture du capital d'EDF est d'ores et déjà
une réussite. Le personnel de l'entreprise devrait aussi souscrire massivement.
[Le Figaro - 11 novembre 2005] citations
F. M.
«L'OUVERTURE du capital d'EDF est un formidable succès populaire, mais aussi auprès
des investisseurs institutionnels.» Interrogé hier sur Europe 1, Thierry Breton n'a pas
caché sa satisfaction. Alors que la période de souscription se termine dans une semaine,
le ministre de l'Economie et des Finances a affirmé que tous les livres d'ordre étaient
déjà remplis, «plus de 3 millions de petits actionnaires ayant manifesté le souhait de
devenir actionnaires d'EDF». Aussi Bercy n'exclut-il pas d'augmenter la part des
particuliers : initialement, 50% des actions leur étaient réservés, à raison de 35% pour le
grand public et 15% pour les salariés.
Précisément, les agents d'EDF ont eux aussi souscrit massivement. Certes, les chiffres ne
sont pas encore connus – ils ne le seront qu'en fin de semaine prochaine –, mais la
direction de l'entreprise affiche son optimisme. Les demandes d'informations ont en effet
été légion.
En termes d'objectifs, même si rien n'a été fixé officiellement, EDF veut faire au moins
aussi bien que Gaz de France. En l'occurrence, à l'occasion de la mise sur le marché –
avant l'été – du groupe gazier, c'est un salarié sur deux qui était devenu actionnaire de
GDF.
Pour les agents des deux entreprises, il est vrai que les conditions de l'offre sont
particulièrement avantageuses: outre une décote de 20% par rapport au prix pour les
particuliers, il existe plusieurs formules pour bénéficier d'actions gratuites, dans le cadre
d'une enveloppe (d'actions gratuites) limitée à 1 258 euros. Plus la durée
17
d'immobilisation des titres est longue et plus nombreuses sont les actions gratuites. Par
ailleurs, il existe différents niveaux d'abondement de l'entreprise, jusqu'à un seuil de 3
450 euros.
Les salariés souscripteurs peuvent encore bénéficier de facilités de paiement, à raison de
trois fois sans frais et même 36 mensualités sans frais. Enfin, EDF offre la possibilité aux
porteurs d'un compte épargne-temps de l'utiliser – jusqu'à 50% du montant de ce
compte – pour acquérir des titres. A l'arrivée, tout a été fait pour attirer le maximum de
salariés, même si EDF rappelle justement que la quasi-totalité de ces mesures ne sont
pas spécifiques à l'entreprise, mais qu'elles sont prévues dans le cadre des lois de 1986
et de 2004.
Cet engouement des salariés d'EDF pour la privatisation partielle traduit en tout cas les
limites du discours de la CGT. Même si elle a toujours combattu le principe d'ouverture
du capital de l'entreprise, la Fédération mines-énergie n'a pas cherché à dissuader ses
adhérents d'acheter des actions. Bien consciente que les conditions très avantageuses de
l'offre pour les agents électriciens et gaziers exerçaient un impact bien supérieur à celui
du discours politique.
L'eau de Santini pas assez transparente
Le Conseil de la concurrence a condamné le Syndicat des eaux d'Ile-de-France,
présidé par le maire UDF d'Issy-les-Moulineaux, à 100 000 euros d'amende pour
entrave à la concurrence.
Libération - samedi 12 novembre 2005- citations
Par Renaud LECADRE
André Santini, député-maire UDF d'Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), n'est pas
seulement l'amuseur en chef de la République, chéri des médias pour ses bons mots et
réflexions vipérines. Côté jardin, il préside depuis une vingtaine d'années le Sedif
(Syndicat des eaux d'Ile-de-France), structure intercommunale qui regroupe 144
municipalités de banlieue parisienne, quatre millions d'habitants, partenaire historique de
la Générale des eaux (rebaptisée Vivendi, puis Veolia), à qui le Sedif délègue ses
canalisations depuis 1923. Un concubinage privé-public, incestueux selon ses
détracteurs, pratiquement sans faille jusqu'au 3 novembre: le Conseil de la concurrence
vient juste de condamner le Sedif à une amende de 100.000 euros pour entrave à la
concurrence.
Plume. L'affaire se déroule en 1998 aux halles de Rungis, l'un des principaux
consommateurs d'eau en France (1,3 million de m3 par an). Fidèle client jusque-là du
Sedif, et donc de la Générale des eaux, la Semmaris (société d'économie mixte détenue
par l'Etat et la Ville de Paris, en charge de Rungis) tente de faire jouer la concurrence
une première en s'adressant à la Sagep (Société anonyme de gestion des eaux de Paris,
qui, elle-même, sous-traite à la Générale et à la Lyonnaise des eaux), en charge de la
distribution d'eau dans la capitale. Ayant eu vent de cette tentative, le Sedif propose illico
un rabais de 18% (à 4,17 francs le m3). Mais la Sagep, disposant de ressources non
utilisées par les usagers parisiens, est encore moins-disant de 22,5% (3,23 francs le
m3).
Santini prend alors sa plus belle plume, en tant que président du Sedif, pour reprocher à
Jean Tiberi, alors maire de Paris et donc tuteur de la Sagep, sa «position inutilement
agressive»: «Le bruit court que la Sagep essaie de débaucher une entreprise relevant de
la compétence du Sedif.» Pas touche à mon territoire. En parallèle, le Sedif envisage des
«moyens de rétorsion», comme de ne plus passer par le laboratoire de contrôle sanitaire
de la ville de Paris, le Crecep, privant ainsi la capitale de dix millions de francs par an.
Tiberi se confond aussitôt en excuses : «J'ai été particulièrement sensible à vos
remarques. Je souhaite qu'il ne subsiste aucun malentendu avec le Sedif.» Bref, la Sagep
renonce à fournir Rungis à bas prix, malgré la mise en garde d'un haut fonctionnaire de
la mairie de Paris: «Des critiques pourraient être portées contre un choix qui nuit à la
concurrence et qui prive la Sagep de nouvelles recettes et, par conséquent, pèse sur le
prix de l'eau des Parisiens.» En fait, Santini et Tiberi sont surtout d'accord pour ne pas se
18
mettre à dos les marchands de flotte, Générale et Lyonnaise des eaux en tête, hérissés
par la simple idée de concurrence.
C'est précisément ce qu'a sanctionné le Conseil de la concurrence, en stigmatisant cette
«anomalie économique»: «Le producteur d'eau chère a exercé des pressions visant à
empêcher un demandeur d'obtenir de l'eau à meilleur marché. Malgré son caractère
ponctuel et local, la pratique est grave.» Interrogé par Libération, André Santini s'en
défend: «Je n'ai pas mis le pistolet sur la tempe du maire de Paris.» La verte Anne Le
Strat, actuelle présidente de la Sagep, dénonce des «pratiques dignes de Républiques
bananières qui aboutissent toujours à léser le citoyen, qu'il soit consommateur ou
contribuable». Elle admet toutefois quelques «blocages» persistant sous la municipalité
de Bertrand Delanoë, ayant dû «batailler fortement» pour que la société parisienne
Sagep puisse à l'avenir fournir directement de l'eau aux communes franciliennes en
squeezant les marchands d'eau.
Marge insolente. Adepte du contre-pied, André Santini se pose en «dernier rempart
contre l'ultralibéralisme: chez nous, le mot concurrence n'existe pas, mais le conseil du
même nom est en train de marchandiser l'eau». Il promet toutefois un large appel
d'offres lors du renouvellement du contrat historique passé avec la Générale des eaux en
2007: «Ça va être l'événement du siècle.» A l'initiative de Patrick Braouezec, élu
communiste de Seine-Saint-Denis, des maires de gauche pétitionnent déjà pour le retour
en régie municipale, en vue de mettre fin aux largesses concédées par le Sedif à son
délégataire privé. Face aux critiques récurrentes de la Cour des comptes, André Santini
s'est résolu peu à peu à rogner les profits de la Générale des eaux, qui affichait un
insolent taux de marge de 19%.
Sa récente posture altermondialiste fait parfois sourire. Dernièrement élu à la présidence
de l'agence de bassin Seine-Normandie cet organisme public rassemble élus,
consommateurs et industriels , Santini sera fort bien entouré d'un vice-président issu de
la Générale et d'un représentant des consommateurs (sic) issu de la Lyonnaise... Pour
Séverine Tessier, de l'association Anticor (fondée par l'ancien juge Eric Halphen), «la
représentativité au sein des agences de l'eau est complètement dévoyée». Et, selon Anne
Le Strat, la nomination d'un homme de la Lyonnaise au nom des usagers, même si la
Lyonnaise est un authentique consommateur d'eau, relève d'une «caricature»: «Au
moins c'est clair, ils phagocytent ouvertement les lieux de décision.» Santini se contente
de rétorquer que les écolos «n'ont aucun impact, car ils sont incompétents».
Solidarité-
Le Mali reprend à Bouygues
le contrôle de l'eau et de l'énergie
le Courrier – 12 novembre 2005 - citations
SERVICE PUBLIC - Cinq ans après les avoir privatisés, le Mali étatise ses
réseaux d'eau et d'électricité. Un cuisant échec pour le FMI et de la Banque
mondiale. Le courrier
La nouvelle est passée presque inaperçue en Europe. Elle ne manque pourtant pas de
piquant: le Mali, l'un des pays les plus pauvres de la planète, vient de se débarrasser
avec fracas du géant français Bouygues, qui pèse plus de 23 milliards d'euros. Autrement
dit, vingt fois plus que le budget national! En cause, selon les mots du ministre des
Mines, de l'Energie et de l'Eau, Hamed Diane Semega: «l'échec de la privatisation»
d'Energie du Mali (EdM). Propriété depuis cinq ans d'un consortium dirigé par SAUR
International, une filiale du bétonneur français, EdM n'est jamais parvenue à remplir les
objectifs fixés par contrat, soit le développement des réseaux d'eau et d'électricité et la
baisse des tarifs.
Formellement, c'est Bouygues qui a librement décidé, le 14 octobre dernier, de vendre
ses parts à ses partenaires au sein d'EdM, Industrial Promotion Services (IPS/WA), filiale
du Fonds Aga Khan pour le développement, et l'Etat du Mali. Pour 200 millions d'euros,
ce dernier récupère la part du lion, passant de 40% des actions à 66% du capital d'EdM.
19
Chantage à la dette
Une étatisation de la distribution d'eau et d'électricité qui n'a pas eu l'heur de plaire au
Fonds monétaire international (FMI)[1]. Début novembre, une délégation de Washington
s'est rendue à Bamako pour exiger des explications. L'institution, qui avait été avec la
Banque mondiale (Bm) l'un des principaux promoteurs de la privatisation, a exprimé son
«inquiétude» à l'heure où elle essaie d'obtenir un nouvel amaigrissement du secteur
public.
Pour les institutions financières sises à Washington, ce contretemps est d'autant plus
gênant que la cession d'EdM à Bouygues était présentée comme un modèle. Une
délégation béninoise ne s'est-elle pas rendue – début octobre 2005! – au Mali pour
s'inspirer de son voisin en vue de privatiser sa propre régie électrique?
Négociée à la fin des années 1990, la vente d'EdM s'inscrivait en fait dans la troisième
vague des privatisations qui ont marqué les années 1980-1990. Dans le cadre du
programme d'allégement de la dette réservé aux pays pauvres et très endettés (PPTE), le
Mali s'était engagé à libéraliser son économie et à liquider une dizaine de régies d'Etat,
dont les chemins de fer et les entreprises cotonnières. Devant l'insistance des institutions
de Bretton Woods, Energie du Mali, laissée depuis longtemps à l'abandon, ne pesait pas
lourd.
«EdM a été victime d'un véritable sabotage», estime quant à lui Oumar Mariko, du parti
Solidarité africaine[2] (SADI). De passage à Genève quelques jours avant la
renationalisation, le secrétaire du mouvement de gauche nous confiait que des dirigeants
«corrompus» d'EdM ont, durant la décennie précédente, préparé le bradage de cette
entreprise naguère florissante.
Paris étant le principal créancier occidental de Bamako, la Bm confie en décembre 2000
les deux réseaux et les barrages hydroélectriques aux bons soins de SAUR International.
En contrepartie, la filiale de Bouygues s'engage à développer les infrastructures en
investissant au moins 600 millions d'euros et à soulager le porte-monnaie des usagers.
La quadrature du cercle?
Le Mali subventionne Bouygues
La lune de miel ne va pas durer. En 2001, des investissements sont effectivement
réalisés, mais la baisse des prix est une chimère. Selon le quotidien gouvernemental
L'Essor, les tarifs d'eau et d'électricité font un bond de 60%, entre 1998 et 2002. Le
nombre des mauvais payeurs explose, EdM les traquera sans répit, attisant la colère
populaire, selon Oumar Mariko. Pour soulager les consommateurs, l'Etat doit mettre la
main à la poche: l'année suivant la privatisation, le Mali verse 16 millions d'euros de
compensations à la filiale de Bouygues...
Candidat en 2002 à la présidence du pays, l'ancien général Amadou Toumani Touré –
connu des Maliens comme ATT – fait de la baisse des prix son cheval de bataille. Dès son
arrivée au Palais Koulouba, le nouveau chef de l'Etat engage un délicat bras de fer avec
la transnationale; sa marge de manoeuvre est réduite par un contrat de concession
défavorable. Une baisse des tarifs de 10% est quand même obtenue pour 2003. Coût de
l'opération pour le contribuable: 11 millions d'euros.
Dialogue de sourds
L'année 2004 sera celle des premiers craquements. Sous l'égide de la Bm, SAUR et ATT
négocient une révision de la contestée tabelle tarifaire. La guerre des chiffres fait rage.
La direction d'EdM SA affirme faire l'impossible, les baisses de tarifs ayant provoqué une
perte de 10 millions d'euros pour l'exercice 2004. La commission de régulation affirme a
contrario qu'EdM réalise des bénéfices...
Pour tout simplifier, en février 2005, Bouygues cède SAUR International à la société
d'investissements PAI Partners... à l'exception de ses activités africaines reprises
directement par la maison mère.
Dans ses méandres du capitalisme globalisé, les Maliens semblent s'être lassés
d'attendre. «Les investissements promis n'ont jamais été réalisés. Il était prévu
d'électrifier 97 localités (EdM en couvre une trentaine aujourd'hui, ndlr) et de développer
le réseau. Une nouvelle station pompage d'eau devait être construite à Kabala. Or même
le branchement prioritaire de Koutiala n'a pas été fait», s'indigne l'éditorialiste de L'Essor,
20
dans l'édition du 19 octobre dernier. M. Mariko confirme: «Avec 15% des Maliens
connectés à l'électricité et moins de 50% disposant d'un point d'eau potable à proximité
de leur domicile, le Mali a besoin d'une politique volontariste que Bouygues n'a même
jamais envisagé de mener.»
Lassé de tant de tracas sur un marché aussi dérisoire, selon une source interne au
groupe, Bouygues a fini par jeter l'éponge. Il se retire à l'amiable, évitant au Mali de
s'enferrer dans les tribunaux à l'instar de Cochabamba ou du voisin sénégalais[3], qui
n'ont, eux, pas fini de payer leurs calamiteuses privatisations.
Pays pauvre cherche service public
par BENITO PREZ
Classé par l'ONU au 174e rang sur 177 de l'indicateur du développement humain, le Mali
a-t-il les moyens de développer un réseau public d'électricité et d'eau accessible au plus
grand nombre? Depuis le rachat d'Energie du Mali (EdM) par l'Etat, le débat fait rage
dans les médias du pays d'Afrique de l'Ouest. A six mois de la saison sèche, on
s'interroge en particulier sur la provenance des capitaux qui seront nécessaires pour
renforcer des infrastructures saturées. La crainte de voir réapparaître corruption et
«délestages» revient aussi fréquemment. Enfin, on évoque le risque d'un «retour de
bâton» en provenance de Paris ou de Washington.
Pourtant l'attente est immense. Dans cet immense pays semi-désertique, peuplé de 12
millions d'habitants, le nombre de «clients» reliés est dérisoire. Or les 91'000 points
d'eau et les 154'000 compteurs électriques surchargent déjà les réseaux. Les projets de
nouvelles stations de pompage et d'ouvrages hydroélectriques sur le fleuve Niger
existent, mais attendent d'hypothétiques financements. Sans Bouygues, EdM peut-il y
parvenir?
Principal concerné, le ministre malien de l'Economie et des Finances n'y croît visiblement
pas: «Le retour de l'Etat n'est pas le résultat d'une politique, c'est l'aboutissement d'une
négociation avec un partenaire qui a finalement décidé de se retirer», relève dans
«L'Indépendant» Abou-Bakar Traoré. Le Grand Argentier n'exclut d'ailleurs pas l'entrée
d'un nouveau partenaire international dans le capital d'EdM.
Ses collègues Hamed Diane Semega, ministre de tutelle d'EdM, et Ousmane Thiam,
porte-parole du gouvernement servent un tout autre discours. Selon ce dernier,
également ministre des PME, l'étatisation d'EdM constitue un «événement majeur» pour
le Mali, car elle porte sur «deux outils au coeur de son développement: l'eau et
l'électricité».
M. Semega insiste quant à lui sur «l'échec» patent de la concession offerte à SAUR, qui
s'est soldée par des retards importants dans les investissements, alors que de lourdes
compensations financières venaient grever le budget national.
«Nous avons pris nos responsabilité», souligne-t-il, insistant sur la nécessité pour l'Etat
d'offrir rapidement une alternative viable. Devant ses cadres, Hamed Diane Semega a
rappelé que «les privatisations sauvages de nos entreprises est le résultat d'une gestion
publique caractérisée par le népotisme le clientélisme et la gabegie». Et d'avertir que
pour regagner la confiance des consommateurs, la régie devait poursuivre son évolution.
La solution, pour le ministre, ne se nomme plus concession mais «affermage», consistant
à offrir une large autonomie à sa régie et à créer une seconde société dite de
«patrimoine», chargée, elle, de chercher des partenaires financiers.
Pour cela, EdM pourra compter sur le soutien, semble-t-il, indéfectible du Fonds Aga
Khan pour le développement économique (AKFED). Nullement effrayée par le départ de
Bouygues, l'entreprise philanthropique du prince Aga Khan, ami personnel du président
malien, possède désormais, par sa filiale IPS, 34% de la société d'eau et d'électricité.
Dans un communiqué, AKFED affirme son ambition de contribuer, de pair avec l'Etat
malien, au développement des réseaux, s'appuyant sur ses expériences dans le secteur
de l'énergie en Côte d'Ivoire, au Kenya, en Ouganda, au Tadjikistan et au Pakistan. Une
attitude qui peut surprendre de la part d'une entité dont l'un des objectifs centraux
consiste «à renforcer le rôle du secteur privé dans le monde en développement»[4].
A court terme, la bonne nouvelle est venue d'Allemagne et de Hollande, deux pays qui
ont accepté de financer la station de pompage de Karbala, promise mais jamais réalisée
21
par Bouygues. En revanche, le Gouvernement malien a déjà mis fin aux spéculations:
avec ou sans Bouygues, les tarifs d'eau et d'électricité ne sont pas près de baisser...
UN AUTRE FILON POUR BOUYGUES
Bouygues quitte le Mali? Pas tout à fait, puisque le géant français a toujours la haute
main sur la Société malienne d'exploitation (Somadex), sous-traitante pour des capitaux
sud-africains de la mine de Morila. Gigantesque chantier à ciel ouvert à 250 km de
Bamako, le filon recèlerait 120 tonnes d'or. Mais la manne ne profite pas à tous le
monde: depuis le 6 juillet dernier, Morila est le théâtre d'un très dur conflit social qui a
conduit une trentaine de mineurs en prison.
Cela fait bientôt deux ans que les travailleurs de Morila réclament le versement des
«primes de rendement» prévues dans la convention collective en cas de dépassement
des objectifs de production. Or, durant les trois premières années d'exploitation, les
ouvriers ont extrait presque trois fois plus de minerai qu'attendu. Sans recevoir un
centime, affirment-ils. Autres récriminations: l'utilisation de cyanure sans aucune
protection pour les mineurs et le harcèlement du syndicat. Lassés d'attendre un geste de
l'entreprise, plus de 300 travailleurs (sur quelque 500 employés) ont déclenché une
grève illimitée. Trois semaines plus tard, Bouygues a répliqué en licenciant les grévistes.
Lâché par les syndicats nationaux, traqué par les autorités, le Comité syndical de Morila a
annoncé, fin octobre, être entré dans la clandestinité. Malgré la reprise partielle des
activités de la mine, les licenciés ne lâchent pas prise et réclament, en premier lieu, la
libération des huit mineurs encore emprisonnés. Le syndicat dénonce la complicité d'un
gouvernement un peu trop sensible, selon lui, aux arguments financiers de la Somadex.
Le Mali possède la troisième plus grande réserve d'or de la planète.
Note :
1) Nous avons tenté à plusieurs reprises d’avoir les réactions du FMI et de la Bm. En vain. Contacté
mercredi, Bouygues s’est déclaré dans l’incapacité de commenter son retrait avant lundi prochain.
2) Le parti «Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance» est présidé par le cinéaste
Cheick Oumar Sissoko. Il est aussi, depuis 2002, son seul ministre (de la Culture).
3) Le Sénégal a dû verser 40 millions d’euros à titre de dommages et intérêts à Vivendi après la
rupture unilatérale du contrat de gestion de l’électricité.
4) http://akdn.org/akdn/AKDN_FR.pdf
http://www.lecourrier.ch/ - (12/11/2005)
Opposé au désengagement de l'Etat, le patron d'Amtrak, les chemins de fer
américains, a été débarqué. L'opposition démocrate craint le dépeçage.
Bush lance sa bataille du rail
Libération - lundi 14 novembre 2005- citations
Par Pascal RICHE
Washington de notre correspondant
L'administration Bush n'aime pas Amtrak. Rien de personnel: juste une question
idéologique. Aux yeux des conservateurs américains au pouvoir, la compagnie de chemin
de fer contrôlée et renflouée par l'Etat fédéral est devenue un symbole à abattre : celui
d'une économie «socialiste» à laquelle l'Amérique a décidé de tourner le dos.
L'administration Bush s'est donc jurée de se débarrasser du fardeau, en le découpant
d'abord en plusieurs morceaux.
La semaine dernière, le conseil d'administration de la société, intégralement composé de
personnalités nommées par George W. Bush, a viré sans ménagement le patron, David
Gunn. Ce dernier, un diplômé de Harvard ayant quarante ans d'expérience dans le
transport ferroviaire, était en poste depuis trois ans. Il n'avait pas démérité, puisqu'il
avait réussi à réduire les coûts de la compagnie alors que l'activité augmentait.
Néanmoins, selon le conseil d'administration, Amtrak a besoin d'un «nouveau type de
leader» avec «une vision et une expérience» pour «appliquer le plan stratégique adopté
en avril». Sous-entendu, Gunn a montré peu d'empressement à remplir sa mission.
22
Trois points. A écouter comment les uns et les autres parlent dudit plan, le désaccord
est manifeste. Selon le président du conseil d'administration, David Laney (un Texan qui
avait levé 100.000 dollars pour la campagne de Bush en 2000), le but est «d'améliorer
Amtrak, la qualité de son service dans le corridor nord-est, augmenter le service du rail
dans les régions à forte densité démographique et dans les corridors de plus en plus
congestionnés du pays, et apporter plus de discipline aux services longue distance
d'Amtrak». Le patron jeté du train, lui, voit les choses autrement: «Leur but, depuis le
début, est de liquider la compagnie», a-t-il déclaré juste après son éviction. Selon lui, la
stratégie de l'équipe Bush se résume en trois points: «Zéro financement, mise en faillite,
démantèlement.»
Amtrak a été créé en 1971, lorsque le gouvernement fédéral a décidé de prendre le
contrôle du transport des passagers aux Etats-Unis. Mais la compagnie n'a jamais réussi
à gagner de l'argent. Chaque année, le Congrès vote une subvention d'1,2 milliard de
dollars. Au total, l'entreprise a reçu près de 30 milliards de dollars. «L'Oncle Sam a
dépensé presque autant à renflouer Amtrak que pour envoyer un homme sur la Lune», a
calculé le Wall Street Journal. Quoiqu'il en coûte, difficile de se passer d'Amtrak : la
compagnie possède et entretient les voies ferrées qu'utilisent les autres compagnies de
chemin de fer dans le nord-est du pays.
Grogner. Dans son projet de budget, en février dernier, Bush n'a pas reconduit la
subvention, histoire de créer un premier électrochoc. Gunn a traité cela
d'«irresponsable», signant probablement là son propre arrêt de mort. Le Congrès
américain a dû la rétablir lui-même. Après quoi, le secrétaire aux Transports, Norman
Mileta, a pu publiquement grogner contre ce nouvel «encouragement au gaspillage et à
l'inefficacité qui définissent Amtrak».
Le conflit avec Gunn a vraiment éclaté en septembre, lorsque le conseil d'administration
a décidé de «filialiser» sa division «corridor nord-est», la région de Boston à Washington.
C'est la zone la plus active et profitable d'Amtrak, mais c'est aussi celle dont les
équipements vont nécessiter une lourde modernisation dans les années à venir.
L'administration américaine estime que sa réforme permettra «d'adapter plus facilement
les opérations aux besoins des usagers». L'idée est surtout de refiler le coûteux bébé aux
Etats (démocrates) de la côte est. La nouvelle société serait contrôlée par un consortium
cogéré par ceux-ci. L'Etat fédéral pourrait ainsi se désengager peu à peu. Toutefois, les
états concernés, qui ont déjà du mal à financer les lignes régionales, n'ont aucune envie
d'hériter du cadeau.
«Hobbyistes». L'éviction de Gunn a soulevé un tollé. L'Association nationale des
passagers de chemins de fer craint d'assister «à la première étape d'un effort visant à
tuer le transport des passagers». Plusieurs journaux ont consacré des éditoriaux
scandalisés à l'événement: «Pour les 25 millions d'usagers d'Amtrak, cela devrait être un
appel aux armes», a claironné le New York Times. Au Congrès, les sénateurs de la côte
est ont dénoncé en choeur le projet de «braderie» ou de «casse» d'Amtrak. Selon eux, la
compagnie pourrait vivre tranquillement si elle recevait une taxe dédiée, comme c'est le
cas pour les autoroutes, qui perçoivent une partie de la taxe sur l'essence. Les élus sont
sous la pression des syndicats d'Amtrak, mais aussi des nombreux électeurs amoureux
du chemin de fer. Ceux-ci, parfois appelés les «hobbyistes» (une fusion de hobby et de
lobbyiste) sont politiquement influents et ils recrutent même dans des régions dénuées
de toutes gares.
47% des Russes prônent
l'extension du secteur public (sondage)
MOSCOU, 14 novembre - RIA Novosti. Citations
Presque la moitié des Russes (47%) veulent que l'État élargisse sa présence dans
l'économie et reprenne le contrôle des principaux secteurs, selon un sondage réalisé par
le centre Vtsiom.
23
1.600 personnes sélectionnées dans 153 localités de 46 régions russes devaient répondre
à la question de savoir quelle orientation économique et sociale devait choisir le nouveau
président russe. Le sondage a été réalisé les 29 et 30 octobre dernier, la marge d'erreur
n'étant pas supérieure à 3,4%.
Seuls 16% des Russes jugent nécessaire la création de conditions propices à la liberté
d'entreprise et à l'économie de marché, et 28% recommandent au futur chef d'État de
préserver l'équilibre entre l'État et les entreprises privées.
Sur le plan de la politique intérieure, 37% des interrogés se disent satisfaits de l'équilibre
actuel entre la nécessité de faire régner les principes démocratiques et celle de rétablir
l'ordre. 32% préconisent un durcissement du régime allant jusqu'à l'abandon de
certaines normes et libertés démocratiques. 22% appellent le futur chef de l'État au strict
respect des normes démocratiques.
Télécoms: l'australien Telstra
annonce la suppression de 12.000 emplois
SYDNEY (AFP) 15 novembre 2005 citations
Le géant des télécommunications australien Telstra a annoncé mardi la suppression de
12.000 emplois sur cinq ans, soit près du quart de ses effectifs, en vue de sa
privatisation souhaitée par le gouvernement conservateur.
En poste depuis juillet, le directeur-général de Telstra, Solomon Trujillo, a estimé que les
coûts de l'opérateur historique étaient trop élevés et qu'un nouveau schéma de
fonctionnement s'imposait dans un environnement de plus en plus compétitif. "Nous
allons réduire l'équivalent de 6.000 à 8.000 postes à plein temps au cours des trois
prochaines années pour atteindre la suppression de 10.000 et 12.000 postes sur cinq
ans", a-t-il déclaré aux investisseurs lors de la présentation des résultats des quatre
premiers mois de sa stratégie à Sydney. Il a également indiqué qu'une baisse de 19 à
24% des résultats avant impôts était attendue pour l'exercice en cours, en partie lié au
coût du plan de licenciement au sein des 52.000 salariés de Telstra.
M. Trujillo a été nommé avec pour mission "d'alléger" le fonctionnement de Telstra dans
le cadre du projet du gouvernement conservateur de vendre sa participation à hauteur de
51,8% dans le capital de l'entreprise, ce qui devrait rapporter plus de 30 millions de
dollars australiens (21,75 millions USD) aux caisses de l'Etat. Mais, au cas où le titre du
groupe serait trop bas et les conditions du marché jugées non satisfaisantes, la vente,
prévue l'an prochain, n'aurait pas lieu, a prévenu le gouvernement.
Le Sénat australien a approuvé de justesse, mi-septembre, le projet de
privatisation totale de Telstra dont la valeur est évaluée à 30 milliards de dollars
australiens (23 mds USD).
Le gouvernement du Premier ministre John Howard a déjà vendu 48,95% de Telstra en deux tranches, en 1997 et
1999.Le secrétaire national adjoint du Syndicat du secteur public, Stephen Jones, a qualifié ces suppressions
"d'attaque scandaleuse" contre les travailleurs et réclamé l'intervention du gouvernement.
Occultant la spécificité du secteur, la Commission critique une concurrence
défaillante dans l'électricité et le gaz et menace de libéraliser par la contrainte.
Le marché de l'énergie s'attire les foudres de Bruxelles
Libération - mercredi 16 novembre 2005- citations
Par Grégoire BISEAU et Julie MAJERCZAK
La libéralisation des marchés européens du gaz et de l'électricité ne fonctionne pas? C'est
qu'il n'y a pas assez de libéralisation. Voilà, en résumé, la conclusion jusqu'au-
boutiste que vient d'établir hier la Commission européenne. D'abord le diagnostic. La
déréglementation n'a pas permis à la concurrence de faire baisser les prix du gaz ou de
l'électricité sur la facture. Le constat n'est pas vraiment une surprise, mais le fait qu'il
émane de la Commission, grand défenseur de la libéralisation, oui. Dans un rapport sur
l'état de la concurrence dans le secteur énergétique rendu public hier, la commissaire à
la Concurrence, Neelie Kroes, estime que les marchés du gaz et de l'électricité présentent
des «dysfonctionnements sérieux et graves».
24
Poursuites. Du coup, Bruxelles menace de lancer des poursuites à l'encontre de
certains grands groupes énergétiques pour abus de position dominante,
pratiques commerciales restrictives ou aides d'Etat illégales. L'exécutif européen
ne cite aucun nom, mais il est clair que les géants français et allemands sont en ligne de
mire. A la suite de plaintes, en particulier sur les prix élevés du marché, la Commission a
lancé en juin une vaste enquête en envoyant trois mille questionnaires aux acteurs
concernés. Objectif: vérifier que les obstacles réglementaires à la réalisation d'un marché
unique du gaz et de l'électricité n'ont pas été remplacés par d'autres pratiques
anticoncurrentielles, comme des cartels ou des aides d'Etat déguisées. Neelie Kroes
prévoit de conclure son enquête au second semestre 2006. Mais, comme le souligne son
entourage sous forme de menace, rien ne lui interdit d'ouvrir auparavant des procédures
formelles à l'encontre de groupes énergétiques.
Voilà pour les entreprises. Mais la Commission a aussi dans son collimateur les Etats
membres. Dans un second rapport également présenté hier, le commissaire à l'Energie,
Andris Piebalgs, a fait le point sur l'état du marché intérieur de l'énergie, c'est-à-dire
l'application par les Etats membres des directives sur la libéralisation du secteur. Là non
plus les résultats ne sont pas satisfaisants. La législation européenne devait être
transposée en droit national depuis un an, de manière à assurer l'ouverture complète du
secteur à la concurrence d'ici un an et demi depuis le 1er juillet 2004, le marché est déjà
ouvert pour tous les clients industriels. Mais les Vingt-Cinq ont pris du retard et ont
tendance à adopter une «approche minimaliste». «Les Etats ne doivent pas seulement
appliquer les directives à la lettre, ils doivent aussi s'attacher à leur esprit», insiste le
commissaire. Il entend donc faire un état des lieux par pays d'ici à fin 2006.
Optimisme. En clair, pour Bruxelles, si le marché de l'énergie ne fonctionne pas
bien, ce n'est pas à cause d'une trop grande et trop rapide déréglementation
mais d'une trop faible dose de libéralisation. Les Etats doivent donc faire plus pour
ouvrir leur marché. Et le meilleur (baisse des prix et amélioration du service)
viendra automatiquement. Un optimisme qui fait sourire beaucoup
d'économistes et d'industriels (libéraux ou non) spécialistes du secteur.
Pour une raison simple: vendre de l'électricité et du gaz n'est pas du tout la même chose
que vendre des voitures, des pulls ou des téléphones portables. Bizarrement, les services
de Nelly Kroes font semblant de ne pas le savoir. Dans son rapport, la Direction de la
concurrence fait le reproche au marché du gaz et de l'électricité d'être à la fois trop
concentré et trop intégré. Autrement dit, il est contrôlé par un petit nombre d'entreprises
qui se chargent de tout, de la production à la distribution d'électricité ou de gaz, laissant
les coudées franches aux opérateurs pour influencer les prix. Peut-être. Mais si un
concurrent, par exemple italien ou espagnol, était aujourd'hui capable de vendre aux
Français un électron à prix cassé, il ne pourrait pas. Pour une raison simple: les
interconnexions électriques n'existent quasiment pas, comme le regrette d'ailleurs la
Commission. Même entre la France et l'Allemagne, où elles sont le plus développées, la
capacité d'exportation est limitée à un peu plus 5% de la consommation des deux pays.
Ce qui limite de fait le potentiel de la concurrence .
Monopole. L'autre singularité de cette industrie peut se résumer à ce que les
économistes appellent le «monopole naturel». En clair, la théorie libérale a démontré
que, compte tenu de la nature et du volume des investissements pour construire une
centrale nucléaire ou un pipe-line, l'efficacité économique est obtenue lorsque ladite
entreprise est en situation de monopole sur son marché. Ainsi la situation d'EDF sur le
marché français ne l'a pas empêché, grâce à son parc nucléaire, de fabriquer et de
vendre un des électrons les moins chers d'Europe. Tout en gagnant de l'argent.
La crise californienne et surtout la panne électrique géante italienne de
septembre 2003 avaient convaincu Loyola de Palacio, l'ex-commissaire à
l'Energie, de mettre un peu d'eau dans son vin libéral. Ce n'est pas le cas de son
successeur, Andris Piebalgs. Hier, il a juste déclaré qu'il était trop tôt pour décider de
mesures législatives supplémentaires pour forcer les pays récalcitrants à mettre un peu
plus de libéralisme dans ce secteur.
En juillet 2007, le marché de l'électricité et du gaz devra s'ouvrir aux particuliers. En
2003, lorsque la France a transposé la directive, Nicole Fontaine, alors ministre de
l'Industrie, avait promis de faire un état des lieux et d'étudier l'évolution des prix.
25
Questionné sur l'état de ce rapport, l'entourage de son successeur, François Loos, nous a
déclaré: «Ce serait une bonne idée.»
26
Renseignements téléphoniques : le 118 remplace le 12
LEMONDE.FR | 02.11.05 | citations
Le 12 de France Télécom, le numéro historique des renseignements téléphoniques, ne
répondra plus à partir du 3 avril 2006, conséquence de la libéralisation du marché des
renseignements téléphoniques. Ainsi d'autres numéros, à six chiffres, commençant tous
par 118 vont prendre le relais à partir de mercredi 2 novembre.
Vingt-sept sociétés, certaines spécialisées dans les renseignements téléphoniques, mais
aussi des opérateurs de téléphonie mobile ou des fournisseurs d'accès Internet (FAI)
vont se disputer ce marché de 300 millions d'appels chaque année dont la moitié sont
passés depuis un téléphone mobile.
Ces opérateurs se sont vu attribuer un ou plusieurs numéros à six chiffres et certains
d'entre eux sont disponibles dès mercredi 2 novembre. Parmi les premiers à se lancer:
France Télécom avec sa filiale PagesJaunes, le groupe allemand Telegate qui a signé des
partenariats avec SFR (Vivendi Universal et Vodafone) et Bouygues Telecom, le
britannique Le Numéro et Bottin.
Il faudra compter au minimum 0,56 euro par appel pour un renseignement sans mise en
relation, le service actuel de France Télécom étant facturé 0,90 euro et la mise en
relation 15 centimes.
CAMPAGNE PUBLICITAIRE À GROS BUDGETS
Tous ont prévu de gros budgets publicitaires pour faire connaître leur numéro. La
directrice voix et services de PagesJaunes, Valérie Shwartz, prévoit d'investir 10 millions
d'euros d'ici la fin de l'année et entre 20 et 25 millions l'année prochaine. Telegate parle
de plusieurs dizaines de millions d'euros. Le Numéro, qui a refusé de donner un chiffre,
avait investi 50 millions lors de la libéralisation du marché britannique.
Cette multitude de numéros à mémoriser, avec des tarifs et des services associés très
variables, risque de désorienter les consommateurs avec pour conséquence le risque de
voir les nombres d'appels diminuer, en tout cas dans un premier temps. Pour informer et
aider les consommateurs, l'Arcep, le gendarme du secteur, va lancer un site Internet
mercredi.
Le risque d'une baisse de qualité du service, qui a pu être observée en Grande-Bretagne
où le taux de réponses et d'exactitude des réponses a chuté, pourrait aussi détourner les
clients des renseignements téléphoniques. Mais pour le PDG de L'Annuaire universel, Guy
Birenbaum, "l'Arcep a pris des précautions pour éviter la détérioration de la qualité: des
candidats ont été éliminés, des règles à respecter ont été édictées".
RUDE CONCURRENCE SUR LA QUALITÉ
L'Arcep a en effet imposé aux futurs "118..." de proposer au minimum à leurs clients
l'équivalent des pages blanches, soit les numéros de téléphones fixes, de mobiles et de
téléphones sur Internet ainsi que les numéros de services gratuits ou payants
commençant par "08".
Selon le directeur général de Le Numéro, Bruno Massiet du Biest, "pour survivre, il faudra
offrir un service de qualité". Tous sont d'accord sur un point: il n'y aura pas de place
pour tout le monde et 90% du marché devrait se retrouver rapidement concentré entre
les mains de deux, trois, voire au maximum quatre opérateurs. -- Avec AFP et Reuters
Le 118 déclenche une bataille commerciale
TÉLÉPHONE Le 12 disparaît. Les nouveaux services de renseignement
téléphonique proposent des numéros commençant par 118. Ils investissent des
sommes importantes en publicité pour se faire connaître des consommateurs.
Le Figaro - 02 novembre 2005- citations
Sonia Devillers
C'EST PARTI. Le 118 remplace le 12, le numéro des renseignements téléphoniques
exploité par France Télécom. Le régulateur – l'Autorité de régulation des communications
électroniques et des postes, ou Arcep – vient de lâcher la meute des opérateurs décidés
à s'emparer de ce marché.
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Tenus au silence et au secret – sous peine de perdre leur licence –, ceux-ci tiraient sur la
laisse depuis plusieurs semaines. C'est dans un concert d'aboiements publicitaires, donc,
que l'opérateur historique et les nouveaux entrants se ruent enfin sur cette nouvelle
manne. Calendriers et contraintes réglementaires font de ce 2 novembre un cas d'école
en matière de publicité. Peu de Français savent, en effet, que le 12 est amené à
disparaître. Du 118, ils ont, pour beaucoup, mal compris de quoi il s'agit. Or l'Arcep a
restreint au maximum toutes formes de pédagogie, afin «de réduire d'autant les risques
de confusion entre information et promotion» avant le jour J. Quant aux campagnes
autorisées, il est recommandé aux candidats «d'éviter les références au 12» pour de ne
pas prolonger le monopole de France Télécom. En outre, tous les acteurs du marché
prennent la parole en même temps pour marteler leur numéro et revendiquer leur
expertise du renseignement. La majorité d'entre eux est inconnue des consommateurs.
Une chatte n'y retrouverait pas ses petits.
Cinq marques lancées le même jour
Parmi les dizaines de numéros en circulation exploités par vingt-sept sociétés, cinq
acteurs sortent du lot par la puissance de leurs investissements médias : Telegate, The
Numero, Bottin, Pagesjaunes et France Télécom. Cinq marques lancées le même jour en
concurrence frontale, c'est un défi publicitaire en termes d'émergence, de mémorisation
et d'attribution. Telegate et The Numero ont décidé d'annoncer clairement la disparition
du 12 pour imposer leur différence. Telegate va même jusqu'à chanter, hilare, «Ce n'est
qu'un au revoir». Côté médias, tous ont privilégié, dans un premier temps, le rouleau
compresseur: la télévision. Affichage et radio viennent en complément. Seul The Numero
a élaboré une vraie complémentarité avec l'Internet. Niveau dépenses, tout le monde se
tait et se prépare à la surenchère. Michel Mani, président de Bottin, résume ce qui s'est
déjà passé sur les marchés étrangers : «Les concurrents partent avec un budget de
lancement, puis réinvestissent immédiatement les résultats d'exploitation en publicité.
Quels que soient nos actionnaires, nous ne sommes pas là pour distribuer des
dividendes, mais pour prendre des parts de marché.»
Un juriste chez France Télécom
Ces derniers jours, la tension était à son comble. Attisée, notamment, par la conférence
de presse de Telegate, donnée dix jours avant l'heure avec embargo. De la même
manière, le teasing anonyme de The Numero a très vite été découvert par ses
concurrents. Face à ces attaques, France Télécom s'est retranché derrière la prudence et
a fait valider toute démarche auprès des journalistes par un juriste maison.
Plus joyeuse, en revanche, aura été la motivation des concurrents dans les starting-
blocks. Chez Pagesjaunes, la direction de la communication propose de chanter 118 008,
«sur l'air de la pub». Charles Tonlorenzi, président de Telegate France, s'est trouvé un
numéro de téléphone portable qui finit par 118 000, comme les six chiffres de la marque
qu'il défend. Les équipes de The Numéro ont des mobiles qui font «toutouyoutou» en
réunion. Et surtout, tous les acteurs affirment, études à l'appui, que leur numéro se
révèle «infiniment plus efficace que les autres en termes de mémorisation». Seul France
Télécom propose «d'attendre et de voir».
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Une forte majorité de Français
a une image négative du capitalisme
PARIS (AFP) 3 novembre 05 citations
Les Français ont en majorité une image négative du capitalisme (61%) et du libéralisme
économique (51%), alors qu'ils jugent positivement le socialisme (51%), selon un
sondage LH2 (Louis Harris) pour Libération à paraître vendredi.
Interrogé sur leur perception du capitalisme, 61% des personnes interrogées estiment
que cela évoque quelque chose de négatif contre 33% qui en ont une vision positive.
Concernant le libéralisme économique, 51% déclarent en avoir une image négative,
contre 38% qui le juge positivement.
Le socialisme est en revanche perçu de manière positive par 51% de sondés, alors que
42% disent apprécier cette notion négativement.
Le clivage est très net entre sympathisants de gauche (PCF, PS, Verts) et ceux de droite
(UMP, UDF) sur ces questions.
Les premiers sont respectivement 76% et 65% à juger négativement le capitalisme et le
libéralisme économique alors qu'ils plébiscitent le socialisme à 77%.
Les seconds perçoivent positivement le capitalisme (60%) et le libéralisme économique
(66%), mais rejettent majoritairement le socialisme (62%).
Si 66% des Français considèrent que "la liberté d'entreprendre et de créer" correspond
plutôt bien à l'idée qu'ils se font du capitalisme, la critique de ce système porte avant
tout sur la place réservée aux salariés dans l'entreprise, 62% jugeant que ce sont les
actionnaires qui ont le plus de pouvoir dans les entreprises privées contre 8% les
salariés.
Corrélativement, 67% souhaitent que les salariés aient plus de pouvoir et 57% qu'ils
soient mieux associés aux décisions comme aux bénéfices. 43% se prononcent pour une
forte augmentation des salaires. Pour autant, 80% des salariés du privé disent avoir de
l'intérêt pour leur activité et 69% de la motivation, contre 36% qui retiennent surtout
l'exploitation, 32% l'injustice et 28% la précarité.
Sondage réalisé les 28 et 29 octobre par téléphone auprès d'un échantillon national représentatif de
1.004 personnes âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas).
Economie
Le capitalisme n'a pas la cote chez les français
Alors que se multiplient les livres critiques, près de deux Français sur trois,
selon notre sondage, rejettent le capitalisme et le pouvoir des actionnaires.
Libération - vendredi 04 novembre 2005 -citations
Par Hervé NATHAN
Entre le capital et les Français, c'est le grand désamour. Le sondage réalisé par LH2 pour
Libération (1) est absolument catégorique : selon le panel interrogé, l'opinion publique
rejette le capitalisme à près des deux tiers des voix. Le libéralisme économique ne se
porte pas mieux. Le socialisme semble lui (de peu) majoritaire dans le pays (51 %
d'opinions positives). Un résultat surprenant, tant la libre entreprise semblait faire
consensus. Selon François Miquet-Marty, directeur de LH2 Opinion, ce palmarès «révèle
certes la difficulté, déjà connue, de la société française à accepter l'idée de libéralisme
économique, mais il désigne surtout l'ampleur du malaise suscité par la notion de
capitalisme, alors que ce dernier n'a jamais été mieux établi». Alors, Marx pas mort ? A
entendre certaines réponses, on pourrait le penser. Ainsi, 41% des interrogés décrivent
le capitalisme comme «l'exploitation de l'homme par l'homme», et 45% comme
«l'accumulation des richesses» par un petit nombre de personnes.
«Place du travail». «Il ne faut pas se tromper de perspective, commente François
Miquet-Marty, les Français répondent par rapport à leur expérience. C'est le capitalisme
d'aujourd'hui, dominé par la sphère financière, qui les fait réagir, et non le système de
production du XIXe siècle.» Ce «vécu» quotidien se retrouve dans la réponse à la
question posée aux seuls salariés du privé: «Qui a le pouvoir dans l'entreprise?» Les
deux tiers répondent «les actionnaires», et les mêmes souhaitent que les salariés aient
davantage de pouvoir (67%), soient associés aux bénéfices (57%). Par comparaison, ils
29
ne sont que 43% à demander une forte augmentation des salaires. Comme s'ils
souhaitaient une association capital-travail, version gaulliste, ou «rhénane». «C'est le
résultat de ce que vivent les salariés, des décisions économiques qui leur semblent
incohérentes, comme actuellement chez Hewlett-Packard», commente François Miquet-
Marty. «Les Français ont davantage les pieds sur terre qu'on ne le dit, se réjouit Jean-
Christophe Le Duigou, de la CGT. Ils ont conscience que les inégalités sont produites par
le mouvement du capital, et que c'est bien la place du travail dans la société qui est la clé
du problème.» Le sociologue Henri Vacquin n'est pas d'accord: «Le mot capitalisme est
un épouvantail. On ne peut qu'être contre. Cela masque le vrai débat, qui est comment
réguler, ou corriger l'économie de marché.»
Par catégories professionnelles, le rejet est quasiment identique chez les professions
intermédiaires (61,7%), les employés (68,3%) et les ouvriers (69,8%). Il est majoritaire
chez les artisans et commerçants, et encore fort chez les cadres (44,8%). Pas question
non plus de voir l'anticapitaliste s'éteindre avec les générations qui ont vécu
l'affrontement entre capitalisme et communisme: les jeunes de 18 à 34 ans sont
frontalement (60%) opposés au système, presque autant que leurs aînés. Un réservoir
de contestation pour le futur est d'ores et déjà constitué.
Reste une interrogation: quelle serait la traduction politique d'un tel sentiment? «Il n'y en
a guère, répond Miquet-Marty. L'anticapitalisme revendiqué est le monopole de la LCR et
de Lutte ouvrière. Même le PCF est discret sur ce sujet. La gauche est muette. Mais les
Français sont en pleine contradiction : ils sont contre le système mais, lorsque l'on ouvre
le capital de GDF ou de EDF, les salariés de ces entreprises se ruent sur les actions.»
Sirène. Le sentiment du panel s'ajoute à une prise de conscience de la fragilité du
capitalisme contemporain. Plusieurs essais (lire ci-dessous), écrits par des experts acquis
à l'économie de marché, tirent la sonnette d'alarme. Selon Thierry Pech, directeur de la
République des idées (et éditeur du livre de Jean Peyrelevade), cette conjonction
éditoriale est due «aux incertitudes sur ce que devient l'économie capitaliste et son
articulation à la sphère politique et sociale. Le capitalisme est seul en scène, et on ne voit
pas, dans des économies ouvertes sur le monde, où seraient les contre-pouvoirs». Ces
économistes, s'ils sont critiques, ne sont donc pas en rupture. Mais le peuple ?
(1) Réalisé les 28 et 29 octobre auprès de 1004 personnes.
Economie
Des critiques venues du sérail
Libération - vendredi 04 novembre 2005 citations
Jean Peyrelevade, patron «de gauche» et figure de l'establishment financier dans les
années 1980 et 90, critique dans le Capitalisme total (Seuil) les «exigences de rentabilité
excessives» des gestionnaires de fonds de pension, qui «polluent par pure cupidité la
légitime volonté d'entreprendre». Et livre un chiffre : «5 % de la population du globe ont
entre leurs mains la quasi-totalité des richesses boursières mondiales.»
Patrick Artus, directeur des études économiques aux Caisses d'épargne-CDC, et Marie-
Paule Virard, journaliste à Enjeux-Les Echos, posent en titre la question : Le capitalisme
est-il en train de s'autodétruire ? (La Découverte). La priorité aux actionnaires, la norme
de retour sur investissement conduisent à réduire les investissements et obèrent l'avenir.
Le capitalisme est aujourd'hui «sans projet».
Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, analyse dans le Nouvel Age du capitalisme
(Fayard) la bulle Internet et le scandale Enron, et comment le capitalisme s'est sorti de la
crise.
Economie. Jacques Valier*, professeur à Paris X-Nanterre, détaille les
évolutions récentes du capitalisme :
«Il a gagné mais reste un système d'exploitation»
Libération - vendredi 04 novembre 2005- citations
Par Christian LOSSON
Le capitalisme est-il en crise ?
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Oui. Depuis le début des années 70, ce système n'a jamais été capable de retrouver des
conditions où il y ait à la fois des taux de profit et des débouchés suffisant, comme lors
des Trente Glorieuses. La productivité du capital et du travail s'est avérée moins élevée,
et les pays développés ont mis en place des politiques d'austérité... On n'est toujours pas
sorti de cette crise. A part peut-être aux Etats-Unis, mais au prix d'une explosion des
inégalités sociales. La crise se double de la financiarisation de l'économie. Les
investissements se font dans la sphère financière et monétaire, au détriment des
investissements industriels et productifs.
La nouveauté réside-t-elle dans l'affaiblissement du rôle de l'Etat ?
C'est vrai. Les politiques keynésiennes (relance par les investissements publics) ont été
supplantées par des théories néo-classiques, que l'on aurait pu croire enterrées depuis la
crise de 1929. Sous trois formes libérales. Primo, l'ultralibéralisme, théorisé par Friedrich
Hayek, et qui assure que le marché, seul, définit les rapports sociaux, que les lois
économiques sont naturelles, et qu'il existe des inégalités créatrices, devant forcer les
pauvres à s'adapter car l'assistance aux pauvres crée la pauvreté, selon Malthus. Rien à
voir avec le libéralisme politique: ici, la démocratie est dangereuse car elle laisse la
possibilité d'intervention de l'Etat et permet aux syndicats d'introduire des rigidités dans
le marché du travail. Nicolas Sarkozy incarne cette tendance, mélange de tout-répressif
de l'appareil d'Etat et d'atteinte permanente aux droits sociaux... Secundo, l'école
monétariste emmenée par Milton Friedman qui veut croire, notamment, en la
concurrence parfaite et au caractère volontaire du chômage de salariés qui refusent
d'être embauchés à des salaires plus faibles. Tertio, l'école de l'économie de l'offre
d'Arthur Laffer, qui pointe du doigt les impôts et les dépenses publiques, telles les
prestations sociales, qui favorisent le loisir au détriment du travail...
Le capitalisme a-t-il triomphé aujourd'hui ?
Absolument, avec l'échec du «socialisme réel». Ce n'est pas pour autant que le
capitalisme n'est pas ou n'est plus un système d'exploitation. Bien au contraire. Dans le
Manifeste du parti communiste, Marx et Engels, affirmaient dès 1846 certaines «valeurs»
du capitalisme: jamais une idée économique n'avait dégagé autant de forces productives.
Mais ce système s'accompagnait de la mutilation de la force de travail... On en est
toujours là. Même si aujourd'hui, quand l'opinion publique pense «socialisme», elle pense
à l'Etat-providence: la citoyenneté n'est pas que politique, mais aussi sociale. Le
capitalisme règne et la seule question qui se pose aujourd'hui, c'est quelle forme de
capitalisme veut-on: social ou libéral?
*Professeur émérite à l'université de Paris X-Nanterre, Jacques Valier vient de publier Brève
histoire de la pensée économique d'Aristote à nos jours , «Champs», Flammarion, 218 pp., 7,20 €..
Au coeur des excès, la finance
Libération - vendredi 04 novembre 2005- citations
Par Nicolas CORI et Vittorio de FILIPPIS
Spéculations, instabilité financière, fonds de pension qui exigent des entreprises des
résultats beaucoup trop élevés... La logique financière est aujourd'hui partout. Elle
privilégie, toujours plus, rendement de court terme plutôt qu'investissement de long
terme. Depuis la fin des années 1970, la finance a cessé d'être un acteur neutre, au
service des entreprises. Elle est devenue un pouvoir autonome, le poumon du
capitalisme. Avec la mondialisation économique et les politiques de dérégulation
nationales, elle s'est révélée une formidable machine à fabriquer du profit pour les
actionnaires. Un mouvement qui va de pair avec les délocalisations, qui diminuent les
coûts de production en réduisant les salaires.
Démesure. Autant d'excès qui, pour les thuriféraires de la mondialisation heureuse, sont
dans la nature même du capitalisme. Comme l'écrit Elie Cohen (1), même le krach des
années 2000, la plus importante crise financière depuis 1929, a été surmonté. Ceux qui,
à l'instar de Marx, anticipent régulièrement l'effondrement du capitalisme sous l'effet de
ses contradictions en sont, une nouvelle fois, pour leurs frais. Malgré les crises, la
démesure des flux financiers par rapport aux flux réels demeure : pour 1 dollar de
31
marchandises échangées, il y a près de 65 dollars d'actifs financiers qui circulent ! Mais
peut-on dire pour autant, en s'inspirant de la célèbre formule attribuée à Churchill à
propos de la démocratie, que le capitalisme financier est le pire des systèmes à
l'exclusion de tous les autres?
Depuis quelque temps, le doute monte, et pas seulement à gauche. Même des acteurs de
la finance s'inquiètent. Il y a eu les témoignages alarmistes du fondateur d'Axa, Claude
Bébéar (2), et celui d'Edouard Tétreau, un ex-analyste financier (3). Voici maintenant les
analyses critiques de Jean Peyrelevade, ex-PDG du Crédit Lyonnais, qui met en garde
contre le «capitalisme total», et celles de Patrick Artus, économiste à la banque Ixis, qui
se demande si le capitalisme n'est pas «en train de s'autodétruire». Dans la ligne de mire
de ces observateurs, le court-termisme de cette forme de capitalisme. «L'environnement
financier de l'économie mondiale est désormais un environnement où l'horizon de
programmation des investissements s'est raccourci avec pour corollaire une exigence de
rentabilité du capital extrêmement forte», dénonce Artus.
Dans les entreprises, tout est désormais conçu, pensé, dans l'intérêt des actionnaires.
Cette nouvelle règle du jeu, qui a pour nom «corporate governance» (gouvernement
d'entreprise), repose sur l'alignement des intérêts des managers et des détenteurs du
capital. Le dirigeant est devenu un «serviteur zélé de la collectivité des actionnaires»,
témoigne Jean Peyrelevade. Mais «il trouve quelques avantages à cet emprisonnement».
Les actionnaires leur votent des plans de stock-options se traduisant en plus-values de
plusieurs millions d'euros. Et, en cas d'échec, ils se font limoger, mais avec des
indemnités de départ du même acabit.
Inégalités. Résultat, les patrons qui, il n'y a pas si longtemps, se voyaient comme des
«capitaines d'industrie», en sont réduits à penser «création de valeur», «retour sur fonds
propres»... Et doivent, avant de prendre la moindre décision, passer leur temps à
convaincre administrateurs indépendants, analystes financiers et gestionnaires de fonds
que leur stratégie est «bonne pour l'actionnaire». Quant aux salariés, ils sont devenus
des variables d'ajustement, bons à être vendus, restructurés ou licenciés pour faire
encore plus de profit. Mais ce système, outre qu'il est un accélérateur d'inégalités,
conduit à une impasse. Les fonds de pension ne sont pas là pour accompagner les
entreprises dans leur développement, mais réclament juste une hausse de l'action et des
dividendes élevés, avant de revendre leurs titres au bout de quelques mois. En les
satisfaisant, les entreprises creusent leur propre tombe : qui dit plus de profit redistribué
aux actionnaires dit baisse des investissements, et donc absence de projet à long terme.
Contrepoids. Face à ces dérives, quelques solutions de bon sens sont proposées :
encourager par la fiscalité le réinvestissement des profits, limiter les stock-options
(Peyrelevade), contrôler de plus près les stratégies d'investissement des fonds de
pension (Artus)... Michel Aglietta (4) propose, lui, de faire contrepoids à la finance en
imposant les salariés dans les conseils d'administration et en développant l'actionnariat
salarié. Au final, c'est bien un retour du politique qui s'impose. Mais pas forcément au
niveau de l'Etat. Comme le rappellent avec justesse les économistes de l'école de la
régulation, la financiarisation des économies a eu pour effet de relâcher les liens de
complémentarité qui régissaient pendant les Trente Glorieuses les entreprises et les
politiques nationales. C'est seulement au niveau supranational que l'on pourrait renouer
les liens entre deux mondes qui, aujourd'hui, s'opposent : celui du bien commun et celui
des intérêts privés.
(1) Le Nouvel Age du capitalisme, Fayard, 2005.
(2) Ils vont tuer le capitalisme, Plon, 2003.
(3) Analyste, au coeur de la folie financière, Grasset, 2005.
(4) Michel Aglietta et Antoine Rebérioux, Dérives du capitalisme financier, Albin Michel, 2004.
Economie. Editorial
Basculement
Libération - vendredi 04 novembre 2005- citations
Par Jean-Michel HELVIG
Coluche faisait rigoler dans les années 70 avec la blague «le capitalisme c'est
l'exploitation de l'homme par l'homme. Et le communisme? C'est l'inverse!». Longtemps,
les deux systèmes se sont opposés termes à termes, tout en se confortant par
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diabolisations symétriques. Mais, depuis l'écroulement du second, le premier est devenu
un horizon indépassable. Ce qui ne signe pas la «fin de l'Histoire», mais oblige à des
révisions qui affectent au premier chef la gauche historiquement née de l'aspiration à
«changer le monde». Le problème, c'est que le capitalisme a changé lui-même beaucoup
plus vite que n'évoluaient ceux qui avaient vocation à en combattre les méfaits. Il s'est
mondialisé, financiarisé, étendu jusqu'à en devenir «total», sinon suicidaire, dans sa
quête éperdue de plus-value. D'où un glissement vers des condamnations généralisantes
et moralisantes (l'«antilibéralisme»), mieux portées que l'anticapitalisme à l'ancienne,
que ne développe plus guère que la mouvance trotsko-radicale. Faute d'alternative,
hormis un «socialisme» promu valeur refuge dès lors qu'on n'a pas trop à en préciser les
contours, les Français se positionnent face à ce capitalisme qui régit l'économie réelle en
fonction de leur situation concrète de salarié, en pointant à juste raison la question
centrale : le basculement vertigineux de pouvoir en faveur de l'actionnariat. Il est
significatif que dans notre sondage il soit réclamé plus de participation aux bénéfices que
d'augmentation de salaires, bien plus d'association aux décisions que de réduction du
temps de travail. Dans un pays où la culture catholique n'a pas donné bonne réputation à
l'«argent», où la passion révolutionnaire de l'égalité ne donne pas bonne presse à la
réussite, il ne faut pas attendre des gens qu'en plus ils vouent de la passion au
capitalisme. Ils ne veulent simplement pas en être les dindons. La lutte des classes en
quelque sorte...
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