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									CE QUARANTIÈME NUMÉRO DU TRAIT
D'UNION A ÉTÉ RÉALISÉ PAR LE
SERVICE D'INFORMATION DE LA S. F. BP,
AVEC LA COLLABORATION, POUR LES
TEXTES, DE GEORGES SANDIER, C.-G.
BOSSIÈRE, ETIENNE THIL, JEAN-MARC
SICRE, MICHEL BELLONCLE, GEORGES
PHILIPPE, PIERRE CHIFON, CLAUDE
GRUSON, ET LÉON BRECK; POUR LES
PHOTOGRAPHIES,       DE     CHAUVIRÉ,
FLEURY, DREUX, ROLLAND, GADEYNE,
BOUTEILLER, SERVICE CINÉMA DES
ARMÉES,        MAZO,        KEYSTONE,
CESREUMAUX,       LA    PHOTOTHÈQUE,
KOSSIK, DOISNEAU, CRAVEN, A.D.P.,
DUPANDAUD, Cie AÉRIENNE DE PHOTO-
GRAPHIE, PHOTO-SERVICE, FIANDO,
JAULMES, LANDAU, BELZEAUX, NIEPCE,
LIMOT,     CHAUFFARD.       LAVERGNE.
ROUBIER, NADAU, DUMAS, DUBURE,
CICCIONE,     MESSAGER,      ROUCHON,
HENRI, HAINE,       DONATIL, POLAK,
SERGYSELS, GOUVERNEUR, VOIX DU
NORD, AGENCE RAPHO, ET DES
SERVICES PHOTOGRAPHIQUES DE LA
S.F.BP ET DE LA BRITISH PETROLEUM
CY ; PIERRE NOËL A EXÉCUTÉ POUR LE
TRAIT D'UNION LE DESSIN DES PAGES 8
- 9, ROLAND HENRIOT CELUI DE LA
PAGE 17, BOB PICARD LES CARTES DES
P. 18 - 19, 34 - 35 ET 47, JEAN-PAUL
GAUCHER CELLES DES P. 22 - 23, 24 - 75,
DROPY LE SCHÉMA DE LA P. 43. LA
MAQUETTE A ÉTÉ RÉALISÉE SOUS LA
DIRECTION ARTISTIQUE DE ROGER
EXCOFFON. LA REVUE A ÉTÉ TIRÉE SUR
LES    PRESSES     DE    LA    SOCIÉTÉ
D'IMPRIMERIE       PARISIENNE.     LES
CLICHÉS SONT DE LA PHOTOGRAVURE
TROUVÉ. COMPOSITION MONOTYPE DE
MONOTYPIA. RÉDACTEUR EN CHEF
NOËL     GIVELET.    SECRÉTAIRE     DE
RÉDACTION : GEORGES EVAN.




  Notre c o u v e r t u r e : Neptune et Amphitrite
  auraient-ils, à la faveur d'une tempête, pris
  possession d'un pétrolier BP ? Non, les dieux de la
  mer ne sont en l'occurrence que de sympathiques
  membres de l'équipage du Chenonceaux déguisés
  pour fêter joyeusement le « passage de la ligne » .
  La photo a été prise par le Commandant
  HOUSSIN.
é d i t o r i a l
Mon Éditorial sera bref cette fois... Vous trouverez déjà dans le présent numéro le texte de mon
allocution au lancement du "Chaumont" et je ne veux pas abuser de votre attention.
Je me bornerai seulement à placer dans son cadre l'article sur "l e Fonctionnement des Systèmes
Economiques Modernes " que M. Gruson a bien voulu rédiger spécialement pour vous.



Dans le monde moderne les phénomènes économiques exercent
une influence de plus en plus grande sur la vie des nations et
des individus car les interdépendances économiques sont de
plus en plus nombreuses et de plus en plus étendues.
Continuellement les projets des Gouvernements, des Chefs
d'entreprise, des salariés des Etats ou des Entreprises, et des
simples citoyens, doivent être confrontés avec les conséquences
qu'entraînerait leur mise en œuvre... Sinon la réalité se venge
car ces conséquences sont inéluctables... Si on ne s'est pas à
l'avance préoccupé de les prévoir on peut aboutir à des résultats
qui sont à l'inverse de ce qu'on vise, provoquer un mal quand on
cherche un bien.
D'où l'intérêt et presque la nécessité d'effectuer ces prévisions,
en se servant des lois qui régissent les phénomènes
économiques... dans la mesure du moins où l'effort des
chercheurs a permis de les découvrir.
Mais les progrès de ces chercheurs sont relativement récents et
relativement lents. Aussi les conclusions, d'ailleurs souvent
remises en question, auxquelles ils sont arrivés, ne sont encore
enseignées que dans des Instituts spécialisés ouverts seulement
à une élite très peu nombreuse et, de ce fait, sont trop peu
connues dans le Pays. Nous avons alors pensé qu'il serait à la
fois intéressant et utile pour les lecteurs du Trait d'Union
soucieux d'élargir la palette de leurs connaissances, et conforme
à la vocation de cet organe, d'y consacrer une série d'articles à
présenter les phénomènes économiques les plus élémentaires et
ce qu'on sait des lois qui les régissent. Nous avons eu la très
bonne fortune que M. Gruson, l'Économiste français de si haut
renom, veuille bien préparer lui-même le premier article de
cette série
Vous le trouverez ci-joint à partir de la page 42...
D'autres suivront dans les prochains numéros du Trait d'Union.
Quelque soin que les auteurs apportent à s'exprimer dans un
langage aussi simple que possible, la matière dont il s'agit est
trop complexe pour être assimilée sans un effort sérieux
d'attention. Mais cet effort vaut d'être tenté... ..

                                      J. H U R É.
                                  Président directeur Général




                                                                                                   1
3
                          VOICI LES PAROLES DE M. J. HURÉ

                    AU LANCEMENT DU PÉTROLIER CHAUMONT.




                                                               Alors, avec ses quatre belles unités de 33.000 tonnes
                                                               notre première escadre de super-pétroliers sera au
                                                               complet. Alors, toutes escadres réunies, notre flotte sera
                                                               capable de porter 240.000 tonnes, soit six fois plus
                                                               qu'avant la guerre.
                                                               Mais, même à cette hauteur, elle ne fera qu'une courte
                                                               pause... Le Pétrole, notre maître, entraîne ses fidèles à un
                                                               pas de chasseur. S'il a récemment ralenti sa marche en
                                                               avant, nous savons qu'il a trop de classe pour ne pas
                                                               reprendre bientôt, malgré les entraves, le rythme de
                                                               progression auquel il nous a habitués. Nous avons
                                                               confiance en l'avenir... Aussi nous avons déjà passé
                                                               commande, toujours aux Chantiers de France, de trois
                                                               autres super-pétroliers, encore plus grands et encore plus
                                                               rapides que nos « Chambord ». Les deux premiers
                                                               pourront porter chacun 48.000 tonnes et nous sont
                                                               promis pour la fin de 1960 et la fin de 1961. Le
                                                               troisième pourra porter 69.000 tonnes et nous est promis
                                                               pour la fin de 1962.
                                                               En cette fin de 1962, notre flotte pourra porter 400.000
                                                               tonnes, soit dix fois plus qu'avant la guerre. Elle sera
                                                               ainsi en mesure d'assurer elle-même les 2/3 au moins de
                                                               notre trafic, même sur la base des parcours actuels que
                                                               les découvertes, sahariennes ou autres, peuvent
                                                               cependant d'ici là considérablement raccourcir.
                           Ateliers et Chantiers de France     A l'époque, il nous sera facile de confier à des armateurs
                            Dunkerque, le 8 février 1958       indépendants français le reste de nos besoins. Nous
                                                               serons donc équipés pour n'avoir plus, en ce domaine, à
                                                               prélever si peu que ce soit sur les ressources de change
Mesdames, Monsieur le                                          du pays... Sur un plan plus général, comme un navire est
Ministre, Messieurs,                                           capable de servir sur toutes les mers, l'épanouissement
                                                               de notre flotte augmentera la souplesse du ravitaillement
Nous voici à Dunkerque pour la quatrième fois en trois         en pétrole de la France, cette souplesse sans laquelle,
années à quelques jours près... Pour la quatrième fois en      dans le monde dur d'aujourd'hui, une nation n'est pas
trois années la même fête y déroule la suite de ses fastes,    toujours maîtresse de ses décisions politiques.
dans la même ambiance d'émotion joyeuse et sous la
direction du même Père Noël aux pouvoirs de fée, le            Dans nos autres secteurs d'activité nous apportons la
Président Lefol, engendreur infatigable de navires.            même conscience à nous acquitter des devoirs qui
                                                               s'attachent à la place que nous tenons dans l'économie du
L'Enfant-Jésus de ce Noël avait fière allure tout à l'heure    pays.
quand il nous est apparu sur sa cale, immobile, bien droit,    De l'effort de recherche de pétrole brut d'abord, nous
puis quand, sitôt dégagé des liens qui le tenaient, il s'est   avons maintenant pris sur nos épaules une part plus
avancé majestueusement dans le sein de la mer, de la mer       qu'honorable.
« toujours recommencée » du poète, qui le bercera
dorénavant tout au long de son existence.                      Nous avons, vous le savez, créé pour cela deux Sociétés
Ce fier navire a reçu le nom d'un fier château... Il s'ap-     nouvelles : celle de Valence et celle du Sénégal, dans
                                                               lesquelles nous sommes associés à égalité avec des
pelle le « Chaumont » comme la sentinelle toute blanche        partenaires cent pour cent Français, groupés sous l'égide
qui de son haut lieu campé dans la verdure, veille sur le      du Bureau de Recherches de Pétrole. Ces Sociétés
Val de Loire entre Blois et Tours. Il sera digne de ce         prospectent avec méthode, avec patience et aussi avec
grand nom... Sur les mers comme sur terre bon sang ne          ferveur et avec optimisme, les sous-sols qui leur ont été
saurait mentir et notre « Chaumont » est de la même            confiés dans le Bassin de Valence, au Mont du Luberon,
souche, celle des Chantiers de France, que notre               en Aquitaine et sur une vaste zone du Sénégal. La
« Chambord », notre « Chenonceaux » et notre                   Société de Valence a demandé à aborder la grande
« Cheverny » qui pendant la crise de Suez ont, par la          aventure du Sahara, du Sahara désolé d'autrefois en train
vitesse et la régularité de leur marche, si vigoureusement     de devenir un Sahara nouveau, riche d'espoirs immenses
contribué à protéger le pays contre l'asphyxie qui le          et déjà de certitudes très belles. Nous avons là, devant
menaçait.                                                      nous, acquis ou en demande, un ample programme de
En mai prochain le « Chaumont » commencera sa                  travail au bout duquel nous espérons bien que la chance
carrière de roulier des mers, ajoutant un maillon à la         nous sourira. Sur le plan du Raffinage, nous ne cessons
chaîne sans fin qui tourne en permanence entre les             pas de développer dans nos deux usines de Dunkerque et
rivages du Golfe persique ou de la Méditerranée orientale      de Lavéra les capacités de traitement et les moyens
et les ports de nos raffineries, amenant à celles-ci leur      d'améliorer les qualités des produits. Nous cherchons à
pâture quotidienne.                                            utiliser à l’exportation l’excédent de puissance que nous
                                                               nous assurons ainsi presque en permanence. Nos amis de




                                                                                                                              4
Londres nous facilitent grandement les choses en nous         Messieurs, un bref tour d'horizon sur nos terres. Si
reprenant des produits finis pour l'alimentation de           sommaire qu'il ait été, il vous aura mis en mesure
certains de leurs débouchés. Ils ont accepté de nous          d'apprécier vous-mêmes l'intérêt de nos cultures et des
acheter en 1958, 1.050.000 tonnes de ces produits finis.      promesses qui mûrissent dans les blés que nous faisons
Grâce à quoi nous avons pu porter notre programme de          lever. Il vous aura permis de vous rendre compte que,
raffinage de l'année à un montant de 5 millions de            partout où notre action s'exerce, elle s'inspire des mêmes
tonnes, supérieur de 800.000 tonnes à notre meilleur          idéaux d'efficience et de progrès au service de la
chiffre précédent.                                            collectivité de ce Pays.
Dans l'état actuel de la balance française des comptes, le                                  *
bilan de nos échanges extérieurs est plus que jamais          Et maintenant, il ne me reste plus qu'à remplir un devoir
l'objet de nos soins attentifs. Nos dépenses nettes de        bien agréable : celui de vous remercier de vous être
devises vont être allégées en 1958 par l'entrée en service    rendus à notre invitation et à celle des Chantiers de
du « Chaumont », par le développement de nos                  France, malgré la réputation peu engageante et d'ailleurs
exportations que je viens de mentionner, par celui de nos     imméritée aujourd'hui de l'hiver dunkerquois. Dans
recherches de pétrole dont nos amis britanniques paient       chacune de vos présences nous voyons un témoignage de
naturellement leur part en sterlings, par la prochaine        sympathie à notre égard, auquel nous sommes très
augmentation de notre capital qui donnera lieu également
à un apport de sterlings. Nous avons calculé qu'ainsi,        sensibles. Merci donc à toutes et à tous. Nous avons une
pour l'ensemble constitué par notre Société et ses            gratitude très particulière envers M. Simonnet, qui me
diverses filiales, les dépenses nettes de devises en 1958     permettra bien de le qualifier de jeune et brillant
ne dépasseront guère le tiers de la valeur à l'importation    Secrétaire d'Etat à la Marine Marchande et qui nous fait
des produits finis que nous fournirons à nos marchés de       le grand honneur de présider en personne cette journée...
la zone franc. Autrement dit, vers le paiement en francs      Nous remercions aussi très vivement Messieurs les
de la totalité de notre approvisionnement pour ces            Membres du Parlement qui ont pris la peine d'être des
marchés, objectif évidemment inaccessible dans les            nôtres, en tout premier lieu, naturellement, Monsieur le
conditions présentes, nous ferons cette année les 2/3 du      Président Paul Reynaud. Je salue d'une mention spéciale
chemin... Les 2/3 du chemin... Voilà, n'est-ce pas, une       deux groupes d'invités qui évoquent, le premier, un passé
performance remarquable, une contribution d'importance        glorieux, le second, un avenir qui s'annonce brillant. Des
à l'effort de redressement de la balance française des        compagnons d'armes, et de leurs parents, du plus pur
comptes.                                                      paladin de l'aviation de chasse française pendant la
Nous devons une large part de ce résultat à la compré-        première guerre mondiale, du Capitaine Georges
hension des nécessités de la situation de notre Pays dont     Guynemer, sont parmi nous — en ce lieu tout proche de
nos amis de Londres font si manifestement preuve...           l'ancien champ d'aviation de Saint-Pol-sur-Mer, en
C'est simple justice que je les en remercie ici en la         bordure de notre raffinerie, d'où il s'envola pour dis-
personne de Sir Neville Gass, Chairman de la British          paraître en plein ciel de gloire.
Petroleum Cy, que nous sommes très heureux d'avoir            Des pionniers du grand ensemble sidérurgique qui va être
avec nous aujourd'hui, accompagné de hautes                   édifié, à Saint-Pol-sur-Mer aussi, en bordure de notre
personnalités de cette grande Société. Nous voudrions,        raffinerie aussi, sont également parmi nous. Dunkerque,
faire mieux encore et notre imagination est en campagne.      qui s'enorgueillit déjà de son Port, évidemment, de vos
Encore faudrait-il que dans notre industrie les               Chantiers, cher Président Lefol, de l'Huilerie Lesieur, de
investissements en France ne soient pas handicapés vis-       notre raffinerie, et j'en passe, leur devra un nouvel et
à-vis de ceux qui sont effectués à l'étranger par un régime   puissant facteur d'activité. A ces voisins de demain je
fiscal spécial et défavorable. J'espère que les Pouvoirs      saisis l'occasion de souhaiter bonne chance.
Publics prendront bientôt à cet égard les mesures qui         Je ne vous ai pas oubliée, Madame... Mais j'ai voulu
s'imposent. Devant l'approche du Marché Commun cette          réserver pour la fin le remerciement qu'il va m'être si
décision ne pourrait plus être différée sans grands           agréable de vous adresser... Nos Sociétés sont étroi-
risques. En Pétrochimie, Naphtachimie, dont nous              tement liées à la British Petroleum Company mais
partageons la paternité avec nos amis de Péchiney, a          françaises cent pour cent de nationalité, d'intérêts et de
achevé un premier programme d'extension, en exécute un        cœur. Aussi pour une des plus belles unités de notre
second et est en train de passer les commandes d'un           flotte nous ne pouvions pas rêver parrainage à la fois plus
troisième de particulière importance... Elle va ainsi         symbolique et plus prestigieux que celui de la grande
élargir et renforcer la panoplie déjà ample et puissante de   Dame qui, dix années durant, a si noblement personnifié
ses fabrications. Elle devrait notamment être la première     la France en Grande-Bretagne aux côtés de M.
en France à produire le polythène de basse pression, ce       l'Ambassadeur Massigli. Nous sommes très heureux que
matériau nouveau devant lequel s'ouvre un marché si           vous soyez la marraine de notre « Chaumont ». Nous
prometteur. En bref, elle triplera ses investissements de     vous remercions du fond du cœur. Mesdames, Monsieur
départ et fera de son usine de Lavéra une grande              le Ministre, Messieurs, je propose que nous levions nos
réalisation à l'échelle européenne... Grâce à quoi bien des   verres au « Chaumont », à son Commandant, à son Etat-
importations sont, et plus encore seront évitées, bien des    Major, à son Equipage et à sa Marraine.
exportations sont, et plus encore seront rendues
possibles.
Dans la Distribution enfin, nous nous appliquons à
améliorer avec autant de mesure que de constance,
l'efficacité, la puissance et le rendement de nos réseaux
de dépôts, de stations-service et de postes distributeurs,
et de nos flottes de chalands, de wagons et de camions, et
à rendre à tous nos clients des services toujours plus
étendus et toujours meilleurs... Là aussi nous avons la
certitude de faire œuvre utile. Voilà achevé, Mesdames et


                                                                                                                            5
                                     A sa descente du train M. Simonnet, Secrétaire d'État à la Marine Marchande,
                                     est accueilli par M. Bénédetti, préfet du Nord (à sa droite) et M. Asseman, Maire
                                     de Dunkerque (à sa gauche).



        DAN S L A C ITÉ D E JEA N BAR T
        LA JOURNÉE DES INVITÉS
Il était 12 h lorsque les quinze voitures Pullmann           dans un élan puissant, s'arrache à la terre, le
tirées par le Diesel 040 DA 13 s'immobilisèrent              grand pavois à peine arqué sous une légère brise
sur l'embranchement particulier de la BP à                   de suroît, pour aller s'apaiser au creux des flots.
Dunkerque. Midi, pour les quelques cinq cents                Minute émouvante... Les spectateurs demeurent
invités du « Chaumont » venant de Paris, c'était             un instant immobiles et silencieux puis
les « trois coups » d'une journée mémorable.                 envahissent joyeusement la cale libérée par le
Le prélude au magnifique spectacle avait débuté à            pétrolier.
8 heures le matin en Gare du Nord, à Paris, où le            Le rideau du dernier acte de cette pièce riche en
plus long convoi Pullmann jamais formé en                    émotions se lève sur le Casino de Malo-les-Bains.
Europe emmenait toutes les personnalités                     Dans la grande salle, 500 couverts attendent les
conviées — Ministres, Membres du Parlement,                  invités ; fleurs, sourires, conversations, reflets de
Hauts      fonctionnaires,   chefs    d'entreprises,         cristal et musique discrète, tout concourt à faire
délégations de la British Petroleum Cy, des                  de ce banquet un festin d'amitié. Deux autres
sociétés BP d'Afrique du Nord, amis nombreux de              banquets groupaient par ailleurs deux cents
la S.F.BP et de la S.M.BP — au lancement du                  invités, l'un à l'Hôtel Henri IV, l'autre au cercle
dernier né de notre flotte.                                  des ingénieurs des A.C.F.
Dans l'organisation d'un déplacement aussi                   Pour conclure cette cérémonie, différents discours
inhabituel où chaque détail a son importance, tous           furent prononcés.
purent témoigner que la prestigieuse équipe des              Le Président Lefol avait tout d'abord exprimé sa
trains présidentiels s'était acquittée de cette              satisfaction : « Nous avons l'orgueil de penser que
épreuve avec sa maestria habituelle.                         les silhouettes de nos navires sont plus belles que
Au terme de cette course exceptionnelle, un                  celles des navires construits ailleurs, plus
peloton de gendarmerie de Dunkerque, en tenue                particulièrement en ce qui concerne le château
de parade, donnait à ce rendez-vous de l'amitié              central... » puis, avec l'humour qui le caractérise,
une allure officielle. Les parisiens retrouvaient là         il s'était lancé dans une analyse critique des
les Dunkerquois et les personnalités du Nord.                prières de la bénédiction que récite M. le Doyen à
Une file impressionnante de voitures et d'autocars           chaque mise à flots : « J'ai l'impression, lança-t-il
rangée le long du quai, prit en charge les invités           dans une boutade, que lorsque M. le Doyen est
pour les conduire à travers les rues et les avenues          embarrassé par des cas particuliers qui
de la Raffinerie.                                            n'apparaissent pas dans son Rituel romain, il s'en
                                                             tire en donnant la bénédiction « ad omnia », litté-
Dans chaque véhicule, un ingénieur faisait au                ralement « bénédiction à tout faire ».
micro la description des unités et répondait de              Après les paroles de M. Huré — dont nous vous
bonne grâce aux multiples questions des visiteurs.
                                                             donnons par ailleurs le texte i n ex t en s o , M. de
Quittant l'usine, le cortège fit un détour par la            Clebsattel, président de la Chambre de Commerce
Cité Bayard avant de se rendre aux Ateliers et               de Dunkerque, puis M. Paul Reynaud, député de
Chantiers de France. Là, sur la cale N° 5,                   Dunkerque, ancien président du Conseil, firent un
richement paré comme un chevalier partant pour               vibrant plaidoyer en faveur du grand port français
les Croisades, le « Chaumont » attendait.                    du nord. Pour sa part, M. Simonnet, Secrétaire
14 h 45. Dans la tribune d'honneur, une hachette             d'État à la Marine Marchande, a rendu hommage
aux reflets d'argent vient s'abattre sur le ruban            au Président Lefol et s'est félicité d'avoir assisté
tricolore, libérant la traditionnelle bouteille de           au lancement du grand navire. « Dunkerque, l'un
Champagne : Mme Massigli, épouse de son                      des trois grands chantiers nationaux, est un port qui
Excellence M. René Massigli, vient de lancer son             doit plus à la volonté des hommes qu'aux dons de la
filleul Chaumont.                                            nature »
Aux accents de la Marseillaise, le mugissement
des sirènes du port répond, tandis que le navire                                                                    6
MM. Fonquernie et Jacques de Nervo, des
ACF, viennent saluer la marraine, Madame
Massigli, entourée de M et Mme Joseph Huré




                                             Au cours du banquet donné au Casino de Malo-les-Bains, on
                                             reconnaît à la table d’honneur M.Simonnet entouré de M.
                                             Bénédetti, et du Président Paul Reynaud.




                                     Sur le quai particulier de la raffinerie,
                                     les personnalités s’empressent autour
                                     de M. Simonnet




                                                                                                     7
                                                                                     Dans la tribune d’honneur, fierté et
                                                                                     grâce. Auprès de Monsieur Huré,
                                                                                     Madame Massigli, marraine du
                                                                                     Chaumont, donne le départ au
                                                                                     benjamin de notre flotte




Au fond de la cale de lancement, :
dévotion et recueillement. Monsieur le
chamoine Devemy, doyen de la
paroisse St Eloi (Dunkerque), apporte
au navire les bénédictions du ciel.




                  Sous les flancs du mastodonte : attention et vigilence. Les
                  ouvriers surveillent les ultimes préparatifs, avant
                  l’enlèvement des dernières cales, prélude au grand départ.




                                                                                10
Sur la rampe de lancement : admiration
et respect. Cette hélice puissante qui
propulsera le navire pèse 25,7 T et
mesure près de 4 fois la hauteur d’un
homme.




  Au seuil de la mer : assurance et
  grandeur. Magistralement salué
  par le mugissement des sirènes
  du port, Chaumont va s’arracher
  à la terre. Vive Chaumont !




                           11
balandine n°1



   la
   course
   au
   pétrole
Le Trait d'Union N° 39 donnait à
ses lecteurs, en page 10, la carte du
permis de recherches de la Société
des     Pétroles     du     Sénégal.
Aujourd'hui, après une singulière
odyssée, la première sonde dresse
sa mâture au centre d'un plateau de
brousse : c'est Balandine N° 1.
UN DERRICK GLOBE-
TROTTER
Dakar,     grand      port     d'escale    pour    la   seuls quelques intimes ont pu, à Dakar, te voir et le
circumnavigation africaine et tête de pont pour         toucher. Car le « National 100 », qui pèse avec ses
l'Atlantique sud, en avait déjà vu de toutes les        accessoires multiples, pompes, treuils, bacs etc., le
couleurs : côtoyant les arachides qui s'entassent       poids coquet de 1.500 tonnes, avait dû se faire
par milliers de tonnes le long de ses quais, les        déboulonner et embarquer en pièces détachées et
billes de bois rares voisinent avec les cages à         en « colis » de 3 à 5 mètres de long.
fauves et les soieries du Japon. Mais ce 25 novem-      Son escale ne dura que quelques jours, Dans
bre 1957, Dakar offrait l'hospitalité de ses môles à    l'incognito d'un mouillage, il se soumit au
un être tout à fait insolite : un appareil de forage.   transbordement qu'exigeait la suite de son périple :
30 jours de mer l'avaient amené d'un autre              il lui faudrait bientôt quitter le large océan, pour
continent. Dans le vieux monde en mal d'énergie,        gagner son nouveau champ de manœuvre, à
les appareils de forage sont une denrée assez rare      travers des rivières quasi-inviolées jusque-là et
et se font globetrotters. C'est pourquoi, à travers     encombrées de sables. On avait, à cet effet
Suez et Gibraltar, la sonde lourde « National 100 »
arrivait du lointain Irak où elle travaillait pour la
BP Exploration Cy : ce royaume vétéran du
pétrole d'Orient, riche d'expériences et de
découvertes, la léguait à son benjamin du Sénégal,
pour qu'il fasse ses premières armes. A vrai dire,


                                                                                                           12
  forage - pilote de Casamance




                             Terminus du grand voyage, devant l’entrepot-épicerie de Balandine.




choisi le « Soulac », pour son très faible tirant         endigués entre des crêtes de sable : chenaux
d'eau : c'est une ancienne péniche de                     perfides qui l'obligèrent plus d'une fois à aller
débarquement. Instrument des victoires                    arracher des branches aux palétuviers qui
alliées passées, elle embarquait aujourd'hui              croissent sur les berges. C'est grâce à
l'artillerie lourde du pétrole.                           l'habileté d'un pilote africain que le «Soulac»
                                                          triompha de tous les défis du marigot. Aucun
S O US LE R E GA R D D E S C A Ï M A N S                  navire avant lui ne s'y était jamais aventuré.
Chargé de 400 tonnes de matériel, le                      Sous l'escorte tapageuse de milliers d'oiseaux
«Soulac » quitta Dakar, une première fois, le             et le regard médusé des caïmans, il parvient
samedi 30 novembre, en direction de                       sans histoire à son terme : Balandine.
l'embouchure de la Casamance, à 300 km vers               C'est un pays âpre, sans grande beauté, dont
le Sud. L'entrée du fleuve, très large, mais              toute la poésie semble s'être réfugiée dans les
balisée, chicanée d'affleurements sableux et              noms : Casamance, Diouloulou, Baïla, Ba-
défendue par une barre dangereuse, avait                  landine, qui sonnent à nos oreilles comme une
exigé la main d'un pilote. Après une heure et             musique de tam-tam. Balandine, petit village
demie de remontée, le «Soulac», quittant le               de brousse d'une dizaine de cases, venait de
fleuve, virait sur bâbord pour s'engager dans             connaître une agitation mécanique           sans
le marigot de Diouloulou, puis dans celui de              précédent dans son histoire. Dans l'attente du
Baïla. Le marigot de Baïla s'étrangle en son
amont jusqu'à devenir une rivière de 50 m de
large à peine, au cours               tourmenté
d'innombrables lacets. Le « Soulac», avec son
ventre de 17 mètres de bord à bord, devait en
outre frayer sa route par d’étroits chenaux                                                                   13
Le marigot de Baïla : avant l’arrivée
du « Soulac », aucun navire ne s’y était
jamais aventuré.




                lourd matériel et à défaut de grues, on y avait construit un wharf solide. Les deux treuils de bord du « Soulac » ne
                supportaient, en les couplant, que 4 tonnes de charge ; l'appareil de forage avait été sectionné en « colis »; mais il
                restait des masses indivisibles encore énormes, dont le treuil, par exemple, pesant, à lui seul, 17 tonnes. C'est grâce
                au wharf que les camions gros porteurs ont pu faire affleurer leurs plateaux au pont du «Soulac» et faire « riper »
                les lourdes charges.
                UNE PISTE DU BOUT DU MONDE
                Le site du forage se trouve à 3 km du wharf de « Balandine », sur un immense plateau de latérite, cette sorte
                d'océan d'argile, pétrie au fond des âges, qui ensevelit tout le pays d'une carapace inerte. Avec son cortège de
                techniques modernes, le « National 100 » va tirer cette terre de son sommeil millénaire et écrire pour le monde les
                premiers mots de son histoire. Aménagé au bull-dozer, le camp de forage est un terrain de 500 m x 150 m. C'est là
                que la tour se dresse, dominant les hautes herbes, les rizières, la petite forêt. A ses pieds, 25 cases individuelles
                climatisées abritent le personnel du camp. Chacune comprend une chambre, un lavabo, une douche où coule l'eau
                chaude et froide. Le camp comprend en outre une case cuisine, une case restaurant, une case bar, trois cases
                bureaux, une infirmerie et un entrepôt frigorifique. Le ravitaillement en vivres et matériel est assuré par la piste qui
                relie la petite ville de Bignona, à 30 km au sud. La piste de Bignona est praticable pour jeeps et camions en toutes

                                                                                                                                   14
               saisons, sauf en période de pluies, de juillet à       ciété des Pétroles du Sénégal obtint son permis.
               septembre.                                             De janvier à août 1957, elle organisa sur les
               Une liaison radio établie entre le forage et la        données acquises une première campagne de
               direction de Dakar, avec relais à Ziguinchor,          sismique réflexion. Les explosions permirent de
               donne la sécurité aux appels d'urgence.                localiser sous la croûte de latérite un bombement
               Zinguinchor, port de mer sur la Casamance,             de terrain, situé au hameau de Balandine. C'est à
               possède un aérodrome et une vedette rapide, qui        cet endroit que le « National 1 0 0 » a été amené
               peut en quelques heures rejoindre le forage.           pour forer le premier puits. En langage pétrolier,
                                                                      c'est un « wild cat » : on pourrait traduire un
               L E S CH AN C ES DE B A LA ND I N E                    «forage-pilote», parce qu'il a peu de chance de
               Trouvera-t-on du pétrole à Balandine ?... Au           trouver le pétrole du premier coup, mais qu'il
               printemps de 1955, quand le Bureau de                  servira en tout cas à orienter avec moins
               Recherches de Pétrole commença les études, il          d'incertitude     les    futures   campagnes       de
               fallut d'abord défricher cet inconnu géologique        géophysique et l'implantation d'autres forages.
               qu'était l'immense Sénégal. L'aviation était le seul   C'est la veille de la Sainte-Barbe, patronne des
               outil adapté pour cette exploration à grande           foreurs, que les premiers éléments du derrick
               échelle. On décida une première campagne de            arrivèrent au site de Balandine. Cette coïncidence
               magnétisme aéroporté, qui avait pour but de            fait présager le meileur avenir.
               déceler la profondeur du socle cristallin, camouflé    A Balandine 1, à tous les ouvriers et les techni-
               sous la gangue uniforme de la latérite et l'épaisse    ciens qui le servent, à la jeune Société des Pétroles
               couche de sédiments. Volant à basse altitude et        du Sénégal, le Trait d'Union, se faisant l'interprète
               transportant cette grosse boussole enregistreuse       de ses lecteurs, souhaite bonne chance.
               qu'est le magnétomètre, l'avion parcourut des
               lignes parallèles, espacées d'une dizaine de                                          Georges SANDIER
               kilomètres, selon un rigoureux quadrillage. Des
               centaines de mesures du champ terrestre furent
               prises et le ratissage prouva que le bassin            Avant même de forer son premier mètre, le « National 100 » a déjà
                                                                      fait des heureux dans la brousse : deux missionnaires, des Pères
               sédimentaire avait une profondeur de plusieurs         Blancs, qui se trouvent à Balandine depuis quelques années. En
               milliers de mètres, ce qui lui donnait des chances     guise de pain, ils ne mangeaient jusqu'alors que des galettes de
               sérieuses d'être pétrolifère. C'est alors que la So-   pain noir. Grâce au boulanger du forage, ils sont assurés
                                                                      désormais de manger leur pain blanc quotidien.




                                                                                                                                          15
Le camp de forage : un coin de savane aménagé aux bulldozers.
                     L e           s o u f f l a g e d e s b i t u m e s                                                   à
                                             D u n k e r q u e




    PAR C.-G. BOSSIÈRE




Il y a un an, entrait en service
à la Raffinerie de Dunkerque
une unité de " soufflage des
bitumes ". A l'occasion de ce
premier anniversaire, Le Trait
d'Union est heureux de vous
présenter cette installation
moderne entièrement conçue
par le Département Raffinage
S.F. BP.




                Le marché des bitumes, et en particulier celui des bitumes d'imprégnation et d'étanchéité, exige des produits de
                qualités de plus en plus variées et répondant à des spécifications très strictes. Ces qualités et les spécifications qui y
                correspondent s'obtiennent en particulier par l'oxydation de bitumes courants, oxydation qui s'obtient par insufflation
                d'air à températures données. L'oxydation provoquée par l'oxygène de l'air modifie les propriétés physiques des
                bitumes : elle diminue l'indice de pénétration, relève le point de ramollissement et améliore la tenue au froid.
                C'est en 1955 qu'il fut décidé de construire une unité de soufflage des bitumes à Dunkerque. Le service d'études et le
                bureau de dessin du siège social furent chargés de réaliser ce projet.
                La qualité du produit finalement obtenu dépend du degré d'oxydation dont les principaux facteurs sont la température
                de réaction et la quantité d'oxygène mise en présence du lit de bitume, autrement dit le rapport entre le débit d'air et le
                débit de bitume. Les laboratoires de Sunbury et de Dunkerque ont méthodiquement étudié ce problème; et les
                résultats obtenus dans une installation-pilote ont permis à nos services de fixer les meilleures conditions de marche.
                L'unité qui vient d'être mise en route à Dunkerque réalise le soufflage en continu par introduction d’air comprimé



                                                                                                                                              16
au bas d'une colonne contenant un lit de bitume de hauteur déterminée. Le débit de
l'alimentation varie suivant la qualité que l'on veut obtenir.
L'unité comporte quatre tours de soufflage (dont trois fonctionnent en continu et la quatrième en
discontinu). Elle est dotée d'un système de contrôle électronique des températures par
instruments miniatures, ce qui représente une nouveauté à l'avant-garde de la technique. Des
thermocouples, reliés à un indicateur électronique de température permettent de suivre le niveau
du bitume dans les tours de soufflage; et un enregistreur-électronique de température, pourvu
d'un dispositif d'alarme, contrôle la combustion des vapeurs de soufflage dans un four où elles
sont brûlées par mélange avec du gaz combustible.
C'est une installation importante dont la conception, l'étude et la réalisation sont presque
intégralement l'œuvre des Services de la S. F. BP . L'importance du travail d'étude de cette unité
ressort des quelques chiffres suivants ; les bureaux de dessin du siège social et de la Raffinerie
de Dunkerque y ont consacré environ 9.500 heures, pour établir 140 plans originaux et vérifier
400 plans de détails que les constructeurs de matériel ont établi sur nos indications : génie civil,
charpentes, appareils, tuyauteries, etc. Le montage complet de l'unité a exigé, en outre, 190.000
heures de main-d'œuvre, y compris le calorifugeage, l'ignifugeage et la peinture.
Cette installation complète heureusement les ateliers de production de bitume de la Raffinerie de
Dunkerque qui pourront ainsi répondre aux demandes pour toute la gamme des qualités. Huit
bacs d'une capacité globale de 1.600 m3 permettent de stocker les différents produits avant les
expéditions.




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        EN PROSPECTANT
      L'ATLAS À L'AUBE D E
          C E SI ÈC L E




    HENRY BAVIÈRE
o u v r a i t , à 2 6 a n s , la
préhistoire de nos recherches
          de pétrole




         L'entreprise semblait folle. Il fallait que le jeune ingénieur qu'était M. Bavière n'eût que vingt-six
         ans pour oser l'accepter. Lorsqu'il débarqua en Alger le 4 février 1902, envoyé par M. Paul Paix,
         gérant alors de la maison Paix et Cie, personne ne pensait en effet qu'on pût trouver du pétrole en
         France ou en Afrique du Nord.
         Et pourtant, quatre ans auparavant la Société Paix s'était lancée dans l'aventure. Elle avait
         entrepris des recherches à Tliouanet, un douar situé à une centaine de kilomètres à l'ouest d'Oran,
         au pied des monts Beni Chougran. une région sauvage et désolée.
         — Lorsque j'arrivai sur le chantier, raconte M. Bavière, je ne pus que constater un désastre. Le
         derrick était détruit, les tiges, les tubes, les trépans gisaient pêle-mêle sur le sable. Les ouvriers
         étaient partis et les Arabes avaient pillé le camp. Il n'y avait qu'une chose à faire : arrêter
         immédiatement les frais.


                                                                                                                  18
J'obtins du surveillant des travaux des comptes plus ou moins exacts, je fis un inventaire du matériel restant qui fut liquidé
au prix de la ferraille. Et je rentrai à Douai...
Malgré cette tentative catastrophique, la Société Paix ne s'avoua pas battue. En 1912, M. Bavière et un spécialiste de
forages, M. Vogt, de Niederbronn, repartaient pour l'Algérie. Ils trouvaient des indices intéressants dans la région d'Ain
Zeft, au nord du Chelif. On faisait les démarches pour obtenir les permis de recherches, quand éclata la guerre de 1914. La
mobilisation générale mit un terme à l'entreprise.
Mais dès la fin des hostilités, et malgré deux mises perdues sur la table de poker du pétrole, la Société Paix reprit les
recherches. En septembre 1921. M. Bavière partait pour le Maroc où la Société avait racheté un permis au
Nord de Fez, à El Kalaa. sur l'Oued Ouerrah. affluent du nord du Sébou. Le voyage d’étude avait été préparé




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 avec Louis Gentil, professeur de géologie en Sorbonne, un des hommes qui à l'époque
connaissaient le mieux le Maroc. Il parlait couramment arabe, et, pour ne pas éveiller les soupçons
des habitants d'un pays encore insoumis, il se déguisait en chamelier. On le voyait égrenant le
chapelet musulman, assis pendant des journées entières face à une colline ou à une falaise. Il
semblait prier. En fait il gravait dans sa mémoire les moindres détails concernant la forme, la
couleur et l'inclinaison des roches qui se dressaient devant lui.
— Ces méthodes de prospection peuvent paraître aujourd'hui puériles, explique M. Bavière, mais
n'oubliez pas qu'on ne connaissait alors ni la gravimétrie, ni la sismique. La géologie du pétrole
n'en était qu'à ses balbutiements. Le géologue Mrazeck, spécialisé dans la géologie des pétroles de
Roumanie, qui se trouvait au Maroc, et auprès de qui M. Gentil l'avait introduit, lui avait dit
« Vous ne trouverez pas au nord de l'Atlas des champs comparables à ceux de Roumanie, mais des
formations lenticulaires. Le sous-sol a été fissuré, bouleversé, charrié. La roche mère a existé, mais
la roche magasin a été fracturée. »
Sur le périmètre de recherches acquis par la Société Paix, M. Bavière constata la présence de puits
d'eau chaude sulfureuse et magnésienne. Les Arabes venaient s'y baigner pour soigner leurs
rhumatismes, leurs ulcères.
— Cette eau donnait un goût détestable au café et à la soupe, mais ce n'était pas, hélas, le goût du
pétrole, raconte M. Bavière. Je fis creuser quelques tranchées. Puis je décidai d'abandonner les
recherches dans ce secteur pour les reprendre à 200 km plus au sud, en bordure du Moyen Atlas,
dans une zone où nos troupes avaient peine à maintenir l'ordre. Le maréchal Lyautey, lors d'une
visite que je lui avais faite à Rabat, m'avait indiqué qu'on avait observé des coulées noires
d'asphalte, indices probables de pétrole, dans la région d'Ain-el-Leuh. Il me donnait une lettre
d'introduction pour le chef militaire de la région, le commandant Nivelle.
L'accueil réservé à l'équipe de chercheurs par le commandant Nivelle fut glacial. Dès qu'ils
arrivèrent à Azrou, au siège de son PC, M. Bavière et ses compagnons furent placés en résidence
surveillée pendant 48 heures. La veille, un civil européen qui s'était aventuré seul dans la région
avait été assassiné.
Finalement, le commandant Nivelle déclara sèchement à M. Bavière : «La région est dangereuse,
je ne peux garantir votre sécurité. C'est à vos risques et périls que vous vous rendrez à Ain-el-Leuh.
» le général Huré n'avait pas encore pacifié l'Atlas.
Monsieur Bavière accepta le risque. Avec, auprès du conducteur un soldat armé d'un
mousqueton,les deux vieilles Ford grimpèrent par une piste défoncée jusqu'à Ain-el-Leuh. Et là
l'ingénieur put examiner les roches noires dont lui avait parlé Lyautey. Mais ce n'était pas de
l'asphalte. C'était du basalte provenant d’une ancienne région volcanique. Il ne fallait pas insister.
M. Bavière retourna à Azrou et n'y resta que le temps de s’entendre dire par le commandant
Nivelle « Partez d'ici le plus vite possible ».Et il reprit son travail de prospecteur dans une zone
plus dangereuse encore, le Rif : le fief d'Abd-el-Krim. Malgré une lettre de recommandation du
Maréchal Lyautey, le général Aubrun, qui commandait à Taza les troupes dans la région de la
frontière franco-marocaine, montra peu d'enthousiasme pour monter une expédition dans la région
du Tizeroutine. Par chance le lieutenant qui commandait le poste avancé de Kifane était un ami du
frère de M. Bavière qui avait servi dans le sud algérien sous les ordres du Maréchal.
— Venez jusqu'à mon poste, dit-il, nous verrons sur place ce que nous pouvons faire.
A Kifane, M. Bavière abandonna sa voiture. Il n'y avait plus de route pour aller au Tizeroutine. Et
c'est à cheval qu'il s'enfonça dans les sentiers escarpés du Rif, accompagné par le lieutenant et
quinze goumiers. Non loin du Tizeroutine, parvenus au sommet d'une crête, les goumiers qui
ouvraient la marche disparurent au galop. Cinq minutes plus tard ils revenaient avec deux
prisonniers, deux Arabes qui portaient un bidon de pétrole. Non loin de là, il y avait une source
d'où sortait un liquide aussi clair que du Pouilly : c’était du pétrole pur, d’une densité de 800




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 riche en essence, et, chose plus curieuse encore, déjà à moitié raffiné! On trouva l'explication en creusant une
tranchée : poussé par le gaz, le pétrole, avant de parvenir à la surface, traversait une couche de sel que l'on estima
de 15 m d'épaisseur.
Rentrant à Taza, M. Bavière signala le fait au général Aubrun, insistant pour qu'au cours des travaux de
délimitation des frontières entre les zones française et espagnole, le Tizeroutine fût inclus dans la partie française.
En décembre 1921, après trois mois de voyage, M. Bavière rentrait à Paris (1). De son expédition au Maroc, de ses
deux séjours en Algérie, il ne rapportait pas autre chose qu'un petit bidon de pétrole... Le résultat de tant d'efforts
peut paraître vain.
— Cependant, précise M. Bavière en nous fixant de ses yeux étonnamment clairs et vifs, vous pouvez dire aux
lecteurs du « Trait d'Union » que je n'ai pas honte de ces échecs. Car ils m'ont appris deux choses : c'est qu'on ne
doit jamais cesser de s'instruire de tout ce qui intéresse la carrière que l'on a choisie, et que ce n'est pas sur les
résultats que l'on doit juger de telles expériences, mais sur l'esprit qui les anime : « l'Esprit de recherche ». Or, dès
le début de l'industrie du raffinage en France, et malgré ce que pouvaient en penser les anciens de la corporation,
les jeunes — et parmi eux les dirigeants d'une des sociétés qui ont fondé la S . F. BP — étaient déjà possédés par
cet « Esprit ».
La S. F. BP, elle aussi, a répondu à l'appel de l'Esprit par l'intermédiaire des sociétés de recherche auxquelles elle
participe.
— Et Dieu sait, conclut M. Bavière, si elle a de belles équipes de techniciens. Grâce aux enseignements de la
géophysique, je suis sûr que ces équipes éviteront bien des échecs autrefois inévitables. Et j'espère vivre encore
assez longtemps pour voir les beaux résultats qu'ils ne peuvent manquer d'obtenir...
... plus Importants, ajoute-t-il avec malice, que ceux que j'ai rapportés du Tizeroutine!

      (1)   En fin 1922 ou 1923, ajoute M. Bavière, je crois me souvenir qu'une équipe de géologues de l'Anglo Persian Oil Cy
            fut envoyée au Maroc. Mais je n'ai pas connu les résultats de sa mission !
           70 PHOTOS QUI
              RACONTENT

         LA S. F. BP
               1957
La Presse, la Radio, le Cinéma
ont retracé les principaux
événements de l’année 1957
durant laquelle : le lancement
d'un satellite artificiel - pre-
mière étape vers les voyages
interplanétaires - a bouleversé
les esprits et provoqué des
remous dans la politique
internationale ; la ratification
des Traités du Marché Com-
mun a ouvert la voie à de
nouvelles perspectives écono-
miques. De promesse, le Sa-
hara est devenu réalité. De
grandes figures ont disparu :
le roi Haakon, l'Aga Khan,
Edouard      Herriot,    Sacha
Guitry, Arturo Toscanini.
Plus près de nous, de nom-
breux événements ont marqué
la vie de notre Société : le
Trait d'Union vous les rappelle
dans ces 70 photos.




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25

     25
—Pourquoi n'irions-nous pas à l'Exposition de Bruxelles, cette année?
—Oui, pourquoi pas? La plupart des circuits touristiques font un zig-zag de ce côté-là. Mais il faudrait, Godfordom, qu'on nous dise
un peu, savez-vous, ce qu'on y verra : en somme, les compensations à des kilomètres de marche, des kilogrammes de poussière, des
kilowatts d'éblouissements, des kilocycles de haut-parleurs, des kilofrancs de dépenses, des...
—En somme : ... dans ma grande exposition qu'y met-on?
Ce qu'elle est, cette exposition : universelle et internationale ; première depuis New York 1939 ; première en Belgique depuis 1935 ;
première en Europe depuis Paris 1937 ; ... et il n'y en aura pas avant 1964 ; 46 pays et 8 organisations et institutions projettent le bilan
du demi-siècle en art et en science dans une ville édifiée de 200 ha, visitée par 35 millions de visiteurs entre le 17 avril et le 19
octobre ; ses buts : plus de savoir, de pouvoir, de beauté, d'espoir et d'amour. On sait que le clou sera l'Atomium, 9 sphères de 18 m de
diamètre, molécule de métal grossie 200 milliards de fois, qui seront autant de salles, l'édifice ayant une hauteur de 110 m. Au Palais
de la Science, toutes les découvertes de notre temps seront présentées en 4 sections : atome, molécule, cristal, cellule vivante.
Deux expositions, de 3 mois chacune, traiteront de l'Art :
       « art contemporain » : le XIXe siècle en 300 tableaux et sculptures;
       «synthèse des arts plastiques» : de Lascaux à Picasso.




                                                                                                                                               26
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Les deux visages de Bruxelles 1958 : le
monument de l’Atomium, symbole de l’âge
nouveau, page précédente ; et ici le
célèbre hôtel de ville de la capitale belge ;
dont la tour gothique rappelle le prestigieux
passé.




                                                   Le pavillon de la France en acier, verre et matière plastique, est l’œuvre hardie de monsieur Guillaume
                                                   Gillet : il lance vers le ciel une flèche de métal qui soutient en porte à faux la moitié du poids de l’édifice


                                                En dehors de ces deux pôles, nous verrons les éléments habituels des expositions de la façon
                                                suivante :
                                                     les congrès ; les attractions, avec un parc complet; le quartier folklorique scindé en Belgique
                                                1900 et Belgique future ; les festivals : mondial du film, mondial du disque, international d'orchestres
                                                de jeunes, théâtre universitaire ;
                                                     les manifestations nationales étrangères;
                                                     les jardins : classiques, anglais, folkloriques, modernes, avec 3 expositions florales;
                                                     le royaume des enfants; et tout un tas d'etc.
                                                Occasion sera ainsi donnée de voir Bruxelles, où 45 km de rues ont été retracées et asphaltées, 7,5 km
                                                de tunnels, passages souterrains et viaducs ont été construits, et où 6.000 ouvriers-fourmis ont creusé,
                                                fouillé, bâti; on pourra voir aussi la Belgique, celle-ci étant entièrement mobilisée autour de
                                                l'exposition, avec Bruges (la Venise du Nord), les béguinages, la Procession des Pénitents de Bruges,
                                                le Carnaval de Binche et ses géants, le Lumeçon de Mons, et tant d'autres...
                                                —Tout cela est bien séduisant, mais on se sent un peu perdu là-dedans...
                                                —Retrouvez-vous, mon bon ami, voici des adresses :
                                                     Commissariat Général de l'Exposition, 28, Putterie, Bruxelles Société de l'Exposition, 10, rue du
                                                Chêne, Bruxelles
                                                     Commissariat Général de la Section Française, 22, av. Franklin-Roosevelt, Paris-8e, ÉLY. 45-99




                                                                                                                                                                27
Sobre et imposant, le pavilon
de l’U.R.S.S. exposera le
fameux T.U. 104




                                          Pavillon du Brabant :
                                          vaste cylindre en
                                          plastique transparent
                                          suspendu à une sorte
                                          de champignon mé-
                                          tallique colossal qui
                                          seul paraîtra la nuit




       Le pétrole aussi aura son
       pavillon : une tour de forage en
       action, haute de 43 mètres, et
       un étang de 500 m² mettront en
       lumière l’origine du pétrole et
       l’importance de son transport
       maritime




                                                          28
                                      Logexpo, 35, rue Belliard, Bruxelles
                                      Chemins de Fer Belges, 4, rue du 4-Septembre, Paris-9e
                                      ... et toutes les agences de voyage.
                                 Si malgré tout vous êtes encore en difficulté, de charmantes hôtesses vous aideront à résoudre vos
                                 problèmes aux frontières, aux gares, aux aérodromes, sur les bateaux, et à l'exposition elle-même,
                                 bien entendu.
                                 Nos amis belges nous assurent que tous les problèmes relatifs au logement recevront leur solution;
                                 le slogan est : une chambre à la minute. Logexpo sera le grand répartiteur : hôtels, pensions, chez
                                 l'habitant. Egalement, il y aura Motelexpo pour 4.000 personnes et 1.500 voitures, caravaning-
                                 camping pour 17.000 personnes, ces deux derniers situés à proximité.
                                 Sur place, un palais sera réservé à l'accueil, et on pourra être mis en contact avec d'autres visiteurs
                                 de même pensée, nationalité, profession, groupement... Des documentations, des guides, cartes
                                 seront remis. Personne ne peut et ne doit se sentir isolé.
                                 — C'est à voir... c'est à voir...
                                 — Je ne vous le fais pas dire... Ajoutons que de grandes facilités seront données pour les déplace-
                                 ments. On sait que la carte d'identité suffit pour passer la frontière. Mais de France seront orga-
                                 nisées des excursions par car et train avec passage collectif. Les formalités auto seront réduites au
                                 maximum (... ou au minimum, si l'on préfère...) : Automobiles-Clubs et Touring-Club
                                 renseigneront là-dessus.
                                 Évidemment, se posent, pour nous Français, les questions d'exportation de devises, toujours — et
                                 davantage cette année — soumises à restrictions. On ne peut emporter que 20.000 francs français,




Cette construction, le plus vaste bâtiment circulaire du monde, est le pavillon            Les pavillons du Congo Belge et du Rouanda Urundi révèleront
des États –Unis.                                                                           aux visiteurs l’âme de l’homme noir.


                                 avec carte d'identité ou passeport, mais celui-ci donne droit à un supplément de 35.000 francs
                                 français qui, convertis en francs belges, représentent 5.000 francs de ceux-ci. J'aurais des
                                 montagnes de choses à ajouter. Renonçons-y et demandons une documentation à l'un des
                                 organismes cités, qui se fera un bonheur de la procurer.
                                 — Au revoir. Rendez-vous pendant les vacances, à une table d'estaminet! Bon voyage.
                                                                                                                Michel BELLONCLE.




                               Ce paysage poldérien, avec ses vastes plans d’eau, ses digues et ses canaux, c’est le pavillon
                               néerlandais : il raconte la conquète obstinée et scientifique d’un pays sur la mer.
                                                                                                                                                   29
« Le gouvernement général de Normandie » était divisé, au XVIIIe siècle en trois
généralités : Rouen, Caen, Alençon, soit approximativement nos trois départements
actuels : Seine-Maritime, Calvados, Orne, auxquels il convient d'ajouter l'Eure. Il n'est
pas douteux que le facteur humain, principalement, a créé et maintenu entre ces trois
régions, de génération en génération, une certaine unité. Normand vient de Northmen
(hommes du Nord), autrement dit, dans les veines du paysan normand coule un peu de
sang de ces Vikings qui remontèrent jadis le cours de la Seine sur leurs bateaux à
proues recourbées. La souche gallo-romaine était, il est vrai, assez importante aussi et,
 de nos jours, des immigrations, dues aux guerres, sont venues modifier encore la
 trame séculaire. Il n'en demeure pas moins que le Normand garde un caractère
 curieusement différent de celui des habitants des autres provinces. Ainsi s'expliquerait
 la «fierté normande» que tempère une foncière modération et cet indéfectible
 attachement à la terre que le Normand montre en toutes circonstances, bien qu'en lui
 dorme toujours une âme de conquérant... Sur le plan géographique, l'unité régionale
 est beaucoup plus discutable. Entre la vallée de la Seine et celle de l’Orne, entre le lit-


                                                                                         30
                                                                 CARTE D'IDENTITÉ DE LA RÉGION
                                                                                 DE ROUEN

                                                                NOM : Région de Rouen
                                                                NÉE le 1er janvier 1956
                                                                NATIONALITÉ : Française
                                                                DOMICILE : 11, rue de la Tour-de-
                                                                Beurre, Rouen (S.-M.)
                                                                POPULATION : 2.045.000 h. TAILLE :
                                                                24.210 km²




toral et l'intérieur des terres existent des différences géologiques qui réagissent fortement sur le milieu
humain. La Seine joue un rôle essentiel dans l'activité régionale; elle oriente la Normandie à la fois vers Paris
et les marches de l'Est, tout en perpétuant la vocation maritime d'un peuple toujours attiré par l'évasion; mais
la Seine n'est pas le centre de la Normandie... Et cela explique pourquoi l'unité économique n'est pas, non
plus, aussi parfaite qu'on pourrait le supposer. L'agglomération rouennaise et l'agglomération havraise,
chacune avec ses vastes groupes industriels qui les font presque se rejoindre, s'entourent de plateaux et de
collines fertiles. De même, en Basse-Normandie, le Calvados présente une figure particulière, car il a su allier
l'exploitation des richesses minières et d'une industrie lourde (que celles-là justifient) avec un élevage de
grande classe. L'Orne offre des industries souvent moins vivantes et une agriculture tantôt de plaine, tantôt de
bocage dont la prospérité varie d'un canton à l'autre. Enfin l'Eure constitue un exemple d'équilibre assez rare
entre une industrie très diversifiée et une agriculture de bonne tenue.




                                                                                                                31
                                                             Domfront fut une cité guerrière




UNE VALLÉE ÉPIQUE




En dépit des destructions et des pillages, la Normandie conserve toujours une belle part du patrimoine artistique
français et, bien entendu, toutes les grâces que la Nature lui a données. La vallée de la Seine, à elle seule, est
un poème, presque une épopée. Elle fait son entrée en Normandie « du côté » de Vernon — comme eût dit
Marcel Proust — Vernon si charmante entre ses deux forêts. Jadis il y avait à GaiIIon un magnifique palais. Il
n'en reste plus grand-chose — sauf la vue sur la vallée — les plus beaux morceaux ornant désormais l'École des
Beaux-Arts à Paris et le Musée du Louvre... Aux Andelys, le fleuve fait réellement songer au Rhin. Dominant
les deux villages groupés au bord de la Seine autour de leur église, la formidable forteresse de Château-Gaillard
menace le ciel de ses moignons de tours.
Au nord-est du fleuve, Gisors, déjà dotée d'une très belle église, conserve également un énorme château-fort qui
demeure un des plus parfaits spécimens de l'architecture militaire du Moyen Age.
Du haut de la côte Sainte-Catherine ou de la colline de Bon-Secours on découvre une vue d'ensemble sur Rouen
et son port. Il faudrait bien des pages pour chanter l'extraordinaire floraison de pierre accumulée à Rouen
depuis des siècles par les époques monastiques : cathédrale illuminée d'une rose incomparable, église Saint-
Ouen, au style gothique rayonnant, Saint-Maclou, également « flamboyante », et tant d’autres qui mériteraient




                                                                                                    Enjeu de luttes
                                                                                                    acharnées, Château-
                                                                                                    Gaillard domine le
                                                                                                    paisible village des
                                                                                                    Andelys.




                                                                                                                           32
                                             Un pommier en fleurs, de belles vaches laitières… toute la Normandie est là !...


plus qu'une mention... Le Palais de Justice, le « Gros Horloge », l'hôtel de Bourgtheroulde, hélas mutilé, la place
du Vieux Marché et tant de vieilles rues à nobles demeures, sans parler de trois musées — dont celui des Beaux-
Arts qui est un des plus riches de France — achèvent de faire de Rouen une ville d'art accomplie.
MARCHE EN BEAUTÉ VERS LA MER.
En aval de Rouen, la Seine, comme dans la région parisienne, se perd en boucles paresseuses, égrenant des
souvenirs littéraires et historiques : pavillon de Croisset où Flaubert écrivit Madame Bovary et l'Éducation
sentimentale, maison de Corneille (ferme normande plutôt) d'où jaillirent les stances immortelles du Ci d et
qu'avoisinent maintenant les tours de distillation de Petit Couronne, château de Robert-le-Diable contre quoi les
assauts des Anglais vinrent se briser pendant la Guerre de Cent Ans. Puis le fleuve continue sa marche
triomphale, parsemé d'îles verdoyantes, enlaçant les forêts millénaires du Rouvray, de Roumare, de la Londe, de
Jumièges, de Brotonne.., Entre leurs masses sombres, d'admirables abbayes médiévales esquissent encore un
geste de prière : Saint-Martin de Boscherville, Jumièges, dont la nef romane, aujourd'hui sans voûtes, vit entrer
Charles VII et la belle Agnès Sorel, Saint-Wandrille, silencieuse retraite bénédictine au cloître exquis, le Bec
Helluin... Après Caudebec et Villequier commence l'épanouissement de l'estuaire jusqu'à l’horizon marin, dans la




                                                                                                                                33
somptuosité d'une fine lumière caressant le manoir de Tancarville. Bientôt un
pont gigantesque, chef-d'œuvre de la technique moderne, enjambera la Seine,
permettant de rejoindre rapidement le ravissant petit port de Honfleur, perle de la
Normandie et pépinière des hardis marins et corsaires renommés.
AU PLANTUREUX PAYS D'AUGE.
Que dire de Deauville, sinon que sa vie nocturne et son Casino attirent les
touristes du monde entier comme un phare attire les phalènes ?... Mais, à deux
pas de la « plage fleurie », commence ce vieux pays d'Auge, sillonné par la
Dives et la Touques, qui est peut-être le coin le plus aimable de la Normandie.
Tout évoque la prospérité, incline à l'optimisme, et de charmantes petites cités
comme Conches, Berthay ou Lisieux ne rappellent l'âpreté des luttes du passé
que pour faire ressortir la douceur pastorale du paysage.
Un peu plus loin, Evreux, ancienne ville gallo-romaine, dresse, au milieu de
collines verdoyantes, les tours mutilées de sa cathédrale et les restes de son
abbaye Saint-Taurin.
ABBAYES ET DONJONS.
L'histoire militaire, elle aussi, a ses témoins, tels les châteaux d'Arques, près de
Dieppe, de Brionne, d'Acquigny, de Falaise — où Guillaume le Bâtard vit le jour
— de Verneuil, de Domfront, de Vire... Mais on en revient toujours, en
Normandie, aux églises. Argentan a les siennes : Saint-Germain et son porche
latéral du XVe siècle, Saint-Martin et ses lignes de proportions si heureuses.
Alençon possède, avec son église Notre-Dame, un beau spécimen du style
flamboyant. Bayeux somnole à l'ombre d'une cathédrale où le plus pur génie
normand a « flamboyé » sur des bases romanes et, tout près, de l'autre côté d'une
place où l'herbe pousse entre les pavés, un trésor artistique incomparable attend
le visiteur : la tapisserie de la Reine Mathilde, longue de 70 m, racontant la
conquête de l'Angleterre. Que reste-t-il des joyaux d'architecture qui faisaient de
Caen la rivale de Rouen ? L'église Saint-Pierre, mi-gothique mi-Renaissance,
comme l'église Saint-Jean, de style flamboyant, sont en cours de restauration; la
fameuse « Abbaye aux Hommes » fondée par Guillaume le Conquérant, offre
encore sa belle façade romane et hausse en plein ciel ses deux magnifiques
clochers; le lycée Malherbe, construit dans le style du Grand Siècle, est toujours
le plus beau lycée de France; l'Abbaye aux Dames, fondée par la reine Mathilde
a été préservée; le château, une des plus vastes forteresses laissées par le Moyen
Age, très abîmé par les bombardements, est, lui aussi, en cours de restauration.
LA NORMANDIE RENAIT DE SES CENDRES : COUT 145 MILLIARDS.
Avant de parler de l'activité économique de la Normandie, un bilan préliminaire
s'impose, celui de sa reconstruction, puisque, théâtre du débarquement allié en
1944, la Normandie a été la province la plus sinistrée de France. Cette
reconstruction a été longue car, achevée dans l'Eure et l'Orne, elle se termine à
peine dans la Seine-Maritime et le Calvados. C'est qu'architectes et maçons n'ont
pas été les seuls ouvriers de ce gigantesque travail; avant eux, clercs de notaire,
employés du cadastre se sont livrés au vaste remembrement qui était indispen-




                                                                                       34
35
             Telle est à peu près la vue sur le port de Rouen que décrivait Flaubert dans « Madane Bovary »

                                                   sable pour concevoir dans de bonnes conditions l'implantation de nouveaux
                                                   immeubles.
                                                   Quoi qu'il en soit, les « crédits de paiement » atteignaient en 1955 la somme
                                                   de 279 milliards 626 millions, dont il convient de retirer plus de 54 milliards
                                                   pour le département de la Manche, exclu de notre région. La somme restante
                                                   se répartit ainsi pour l'ensemble des autres départements : 145 milliards,
                                                   environ, en constructions immobilières, 49 milliards 700 millions en
                                                   réparations immobilières, 30 milliards, environ, en reconstitution de
                                                   matériel.
                                                   A ces crédits, il faudrait ajouter ceux affectés au programme national, lequel
                                                   a pris en charge les grands monuments, tels l'Hôtel de Ville du Havre et le
                                                   Théâtre de Rouen ainsi que d'importantes industries comme les raffineries
                                                   de pétrole. Enfin plus de 250 plans d'urbanisme furent approuvés.
                                                   Au Havre, qui subit 140 bombardements et vit 50% de ses maisons
                                                   détruites, l'architecte Auguste Perret a construit des groupes d'immeubles
                                                   dont la sobriété élégante et le confort constituent un très bel exemple
                                                   d'urbanisme moderne. Un peu partout, à Caen comme à Rouen, les
                                                   monuments historiques ont été restaurés dans la mesure du possible de
                                                   manière à conserver à ces villes leur caractère primitif. Quant aux quartiers
                                                   d'habitation, inutile de dire que l'occasion a été saisie de remplacer les îlots
                                                   insalubres par un habitat conforme aux lois d'un urbanisme récent, les
                                                   établissements industriels étant, eux aussi, reconstitués selon les dernières
                                                   leçons du progrès.
                                                   Une première observation démographique illustre assez bien la tendance
                                                   générale de l'activité économique en Seine-Maritime, c'est l'accroissement
                                                   de 95.000 habitants dont a bénéficié ce département entre 1946 et 1954,
Un port en pleine extension : Le Havre             accroissement dont Rouen et Le Havre prennent naturellement la plus large
                                                   part, avec prédominance très nette de Rouen.

                                                   UNE CITÉ RAYONNANTE.
                                                   Ceci dit, certaines industries ont connu ou connaissent encore des
                                                   difficultés, telles l'industrie cotonnière qui emploie pourtant dans le
                                                   département près de 30.000 salariés, dont 12.000 dans la seule
                                                   agglomération rouennaise, et possède des ramifications dans la vallée de
                                                   l'Andelle. Depuis une quinzaine d'années, une bonne douzaine de filatures
                                                   et tissages ont dû cesser de fonctionner, ceci n'étant d'ailleurs que le reflet
                                                   d'une crise générale du textile qui se prolonge démesurément. L'industrie du
                                                   cuir et de la chaussure, dont nous retrouverons le principal point de
                                                   concentration à Pont-de-l'Arche, dans l'Eure, marque également une
                                                   certaine stagnation ainsi que celle du bâtiment et des travaux publics qui
                                                   comptait il y a peu de temps encore un certain nombre de chômeurs.
                                                   D'autres industries sont, fort heureusement, plus prospères. L'industrie
                                                   métallurgique est représentée dans la région rouennaise par de nombreuses
                                                   entreprises, allant de la grosse sidérurgie à la construction mécanique. Les
                                                   plus récentes statistiques donnaient 14.000 salariés pour la seule
                                                   agglomération rouennaise et 39.000 pour la Seine-Maritime. Les Ateliers et
                                                   Chantiers de la Seine-Maritime, au Trait, et les Chantiers de Normandie, à
                                                   Grand-Quevilly, occupent, à eux deux, plus de 2.000 ouvriers, construisant
                                                   cargos, chalutiers, pétroliers et gabarres pour la France et l'Étranger.
   Les peintres ont adoré Honfleur

                                                                                                                                      36
 Rouen a conservé son charme médiéval                           et sa célèbre Tour de l'Horloge.


Malgré l'implantation de puissantes raffineries sur d'autres points du territoire français,
à Lavéra, Dunkerque, Ambès, etc., la Basse-Seine a toujours dans ce domaine, la place
importante qu'elle occupait avant guerre. La capacité de production des raffineries
normandes a plus que doublé depuis 1938 (près de 40% de l'approvisionnement
français) et le développement de la pétrochimie leur ouvre encore des perspectives
nouvelles.
L'industrie chimique proprement dite, bien que de moyenne importance, occupe
néanmoins quelque 5.500 salariés autour de Rouen. Matières plastiques, engrais, corps
gras sont en progression, les colorants en stagnation. Quatre entreprises, absorbant
3.500 salariés, se partagent la production du papier. Deux d'entre elles fournissent 50 %
de la consommation française en papier de presse. L'accroissement dans cette branche
est d'au moins 25 % par rapport à 1938.
Le rayonnement de Rouen justifie pleinement jusqu'à présent son rôle de capitale
régionale. Ni Le Havre, ni Dieppe, ni Elbeuf, ni Évreux, ni même Caen — malgré
l'attrait dont la pare son Université — ne semblent susceptibles de lui enlever sa
primauté économique née d'une exceptionnelle situation en plein axe de la Seine-
Maritime, au centre d'un cercle agricole de culture et d'élevage et à proximité d'une
zone touristique toujours florissante.

UN PORT FLUVIAL DE PREMIERE GRANDEUR.
Mais le port est assurément le facteur essentiel du potentiel économique de Rouen.
Comme celui du Havre, le port de Rouen présentait, le 30 août 1944, un spectacle
désolant. 45% des quais étaient détruits, les bassins obstrués par des épaves, les hangars
inutilisables, les ponts sautés, les grues détériorées. Au bout de dix ans les résultats
étaient déjà des plus réconfortants :2 8 km de quais maritimes, 1 km de quais fluviaux,
260 engins de levage, 72.000 m de surfaces couvertes, 4 docks flottants. Des
améliorations supplémentaires : regroupement de hangars, modernisation de la desserte
routière et ferroviaire et de la manutention achèvent de faire du port de Rouen un des
mieux aménagés de France et d'Europe.
En dépit d'une récession dans les arrivages de charbon et de pétrole brut, celle-ci
provoquée par l'augmentation du tonnage des tankers qui déchargent maintenant au
Havre, le trafic n'a cessé de se relever depuis 1953, son accroissement atteignant 25%
                                                                          ( S u i t e p. 6 2 )
Bien que les affiches de gare aient popularisé la falaise d'Étretat, l'image n'en garde pas moins son attrait.




                                                                                                                 37
1'énergie
en route pour
demain
RENOUVEAU


Quelques mois avant de disparaître, M.
Basi Jackson, Chairman de la British
Petroleum Company Ltd, posait la
première pierre de nouveaux bâtiments
dans l'immense Centre de Recherches
de Sunbury. Ce n'était là qu'une étape
parmi d'autres — mais particulièrement
symbolique eu égard à l'importance
toujours croissante de la recherche — dans
le développement continu des installations
de notre groupe à travers le monde. De ces
réalisations récentes, le Trait d'Union vous
présente quelques images spectaculaires.




                                               38
KENT : DÉFI PERPÉTUEL
L'une des opérations les plus audacieuses des travaux      rite le nom de « port des records ». En effet, pour
d'extension de la raffinerie de Kent fut l'érection de     amener le pétrole des réservoirs à la côte, on a installé
cette cheminée monumentale de 75 m de hauteur,             une batterie de pipe-lines dont l'un mesure 85 cm de
pesant 132 tonnes. Toute l'histoire de cette raffinerie
                                                           diamètre, ce qui est le calibre record du monde.
se place d'ailleurs sous le signe de l'audace.
Construite sur un immense marécage, à l'entrée de la       L'immense jetée de chargement que montre notre
Tamise, elle avait déjà exigé à sa naissance une           photographie est la plus grande jetée de son espèce
véritable armada de chalands pour apporter, des            dans le monde. Elle a la forme d'un T. La branche
plages de Hollande, les dizaines de milliers de tonnes     d'accès s'avance vers le large sur 1.242 m ; l'extension
de sable nécessaires à l'amélioration du terrain. Pour     nord, qui s'étend sur 840 m, offre six mouillages :
supporter aujourd'hui les nouvelles installations          l'extension sud, de 323 m, a deux mouillages. La
d'unités et de jetées, il a fallu injecter dans ce sol     profondeur d'eau exceptionnelle permet l'accès des
meuble près de 7.500 pieux de fondation, totalisant        plus gros super-tankers. Entré en activité en 1949, le
une longueur de 85 kilomètres. Le programme actuel         port de Mina Al Ahmadi accueillait, en 1954, son
d'extension sera achevé avant la fin de 1958 ; mais        10.000e tanker, et en 1956 son 15.000e . Cette
déjà, depuis décembre 1957, la capacité de raffinage       augmentation impressionnante de son trafic en fait
de Kent est passée de 4.500.000 tonnes à plus de
7.000.000 de tonnes par an : c'est la plus grosse          actuellement le premier port du monde pour le
raffinerie BP.                                             chargement du pétrole, avec 53.000.000 de tonnes par
                                                           an (à comparer avec Rotterdam, premier port pétrolier
                                                           d'Europe, qui a un trafic de 29.000.000 de tonnes). Les
MINA AL AHMADI : TRIPLE RECORD
                                                           travaux actuels d'extension porteront sa capacité de
Sur le territoire de Kuwait, où la BP détient un intérêt   chargement à 75.000.000 de tonnes/an.
de 50 % dans la Kuwait Oil Co, Mina Al Ahmadi mé-




                                                                                                                       39
ADEN : PUISSANCE SEREINE

Dressées comme un défi en face des pics d'Aden, les tours de distillation de la raffinerie BP,
achevées en 1954, traitent 5 millions de tonnes de pétrole par an, Avec la raffinerie de Kwinana
(Australie), mise en service en 1955, dont la capacité est de 3.000.000 de tonnes par an, la chaîne
des raffineries du groupe BP comporte un ensemble de 14 installations où peuvent être traitées
annuellement près de 38 millions de tonnes; ce sont, outre les raffineries de France et de Grande-
Bretagne, les deux de Hambourg, celles d'Anvers, de Porto-Marghera (Venise), d'Haïfa, d'Aden,
de Kuwait et de Kwinana. Dans un proche avenir, deux nouvelles installations vont surgir de
terre : l'une en Turquie, l'autre au Canada, Cette dernière sera le premier pas de la BP vers
l'extension de son activité de raffinage dans le Nouveau Monde,




                                                                                                      40
GRANGEMOUTH : GÉANTE COQUETTE



La raffinerie de Grangemouth s'admire dans le plan d'eau du Firth of Forth. en Ecosse. Là aussi,
un programme d'extension en cours va porter, dès 1959, sa capacité de raffinage de 2.200.000 à
3.100.000 tonnes par an, tandis qu'à l'autre extrémité du Royaume-Uni, Llandarcy, au Pays de
Galles, raffine déjà ses 3 millions de tonnes. Avec celle de Kent, les trois importantes raffineries
BP de Grande-Bretagne totaliseront ainsi une capacité de 13 millions de tonnes. On estime qu'en
1975 les besoins de l'énergie britannique s'élèveront à 380 millions de tonnes d'équivalent
charbon; le charbon lui-même y contribuera pour 245 millions de ce total, l'énergie atomique
pour l'équivalence de 60 millions de tonnes et le pétrole pour 75 millions. L'énergie demandée au
pétrole, qui est actuellement l'équivalent de 35 millions de tonnes de charbon, aura donc plus que
doublé. C'est pour faire face à cet avenir que les dirigeants de la British Petroleum Cy ont mis sur
pied les vastes programmes d'extension dont ces images sont les témoins.




                                                                                                       41
               L E  F O N C T I O N N E M E N T
                      D ' U N S Y S T È M E
               É C O N O M I Q U E M O D ER N E
                                                         PAR          CLAUDE GRUSON




               C'est un fait généralement admis que les Français, s'ils ont mille vertus de toutes
               sortes, comprennent mal ce qu'on a coutume d'appeler « les problèmes
               économiques » ; non point qu'ils n'y portent pas un grand intérêt; mais cet intérêt
               sans doute va plus aux aspects personnels qu'aux phénomènes collectifs. Et
               périodiquement, l'apparition de désordres —crise économique, avec diminution de
               l'activité, des ventes, des revenus, ou retour de l'inflation, avec hausse des prix —
               fait renaître l'inquiétude de tous et reposer dans l'esprit de chacun les grandes
               interrogations élémentaires :
               ─ Comment «opère» ce qu'on appelle notre système économique?
               ─ Que faire pour réunir les conditions d'une marche satisfaisante de ce système,
               d'une marche qui réponde aux aspirations des hommes d'aujourd'hui, c'est-à-dire :

               • L'expansion et le développement du produit national (ce qui signifie en termes
               familiers les revenus de chacun ainsi que les produits que ces revenus permettent
               d'acquérir);
               • la stabilité des prix et de la valeur des épargnes.

LA COMPLEXITÉ DE LA VIE ÉCONOMIQUE MODERNE
               LES MÉCANISMES ÉLÉMENTAIRES
               Une première image très simplifiée du fonctionnement de la vie économique peut
               être donnée et aisément comprise. Dans les communautés modernes, rares sont les
               hommes qui ne tirent pas leurs moyens d'existence d'une activité pratique, en un
               mot d'un travail : salariés de tous grades, ou patrons d'entreprises, paysans sur
               leurs terres, commerçants à leur comptoir, contribuent par leur travail à produire
               des biens et services de toute nature ; ces biens et ces services ne sont produits que
               parce qu'ils peuvent être vendus, Les recettes que les entreprises tirent de leurs
               ventes leur permettent précisément de rémunérer tous ceux qui ont pris part à la
               production. Mais, en sens inverse, ce sont évidemment les revenus tirés de leur
               activité qui permettent aux acquéreurs de payer leurs achats aux entreprises; ainsi
               « l'argent circule » des uns aux autres, et cette cirulation est une première
               concrétisation de la solidarité qui unit les entreprises et ceux qui les animent, les
               producteurs et les consommateurs.

LA RÉALITÉ PLUS COMPLEXE
               Sans doute ce processus n'est-il pas toujours bien aperçu : les entreprises modernes
               sont hautement spécialisées et il n'est pas rare que certaines d'entre elles ne tirent
               aucune part notable de leurs recettes de ceux à qui — salariés, patrons,
               actionnaires, fournisseurs, obligataires — elles fournissent des moyens de vivre.
               D'autre part, le schéma ci-contre, s'il rend parfaitement compte des phénomènes
               globaux, est cependant fort simplifié.
               Tous les biens produits n'ont pas le même rôle ; des biens ou services
               contribuent directement à la satisfaction des besoins de tous les jours : produits
               alimentaires, vêtements, objets « utilitaires » de toute nature, l'essence des
               voitures, le fuel ou le charbon qui chauffe la maison. Et, dans le domaine des
               « services », les transports, les services médicaux, l'enseignement fourni par l'école
               où les enfants sont instruits, l'occupation de la maison dont un propriétaire consent
               la location. Ce sont les biens de « consommation ». D'autres sont utilisés de
               façon plus durable, pour l'élaboration des produits divers destinés à répondre aux
               besoins de consommation. Telles sont les usines, avec leurs bâtiments, leurs
               machines et leurs outils; tels sont le tracteur et les machines agricoles du paysan;
               tels sont encore les flottes de transport, les raffineries, les dépôts, les camions, les
               stations de distribution des Sociétés de pétrole. Ce sont les biens
               d'équipement, ou d'investissement, ou biens capitaux.
               Tous les revenus tirés des activités économiques n'ont pas eux non plus la
               même nature parce qu'ils n'ont pas la même origine et, pourrait-on dire, la même
               justification : en tout cas, parce que leurs variations n'obéissent pas aux mêmes
               influences. La grande masse des revenus provient d'une activité salariée; mais dans
               les économies modernes où les administrations sont importantes, les salaires dits
               « publics » constituent une part appréciable des revenus salariaux. Les profits des
               activités industrielles résultent de principes différents de ceux qui déterminent les



                                                                                                          42
43
                 salaires. De même les revenus des agriculteurs sont sous une large dépendance de
                 phénomènes qui échappent, en fait, à leur volonté, voire à leur effort propre.
                 Tous les emplois qui sont faits des revenus ainsi gagnés selon des voies
                 diverses ne sont pas non plus identiques. Une part — la plus large — est dépensée
                 pour subvenir aux besoins courants de leurs détenteurs ; c'est la dépense de
                 consommation ; une part n'est pas dépensée et cette part est, par définition, une
                 épargne.
                 L'épargne n'est pas seulement le fait des personnes privées : elle est aussi le fait
                 des entreprises. Mais elle a en chaque cas la même nature et le même rôle : elle
                 sert précisément à financer dans l'ensemble de la collectivité ces biens
                 d'investissement évoqués plus haut (par opposition aux biens de
                 consommation). Le montant global de l'épargne effectivement réalisée par les
                 particuliers et les entreprises au cours d'une période donnée mesure le montant des
                 équipements et investissements neufs qui peuvent être faits dans le même temps.
                 Et si l'on se souvient que c'est par l'accroissement et la modernisation de
                 l'équipement que l'on peut développer la production et diminuer les prix, on peut
                 apprécier par là l'importance fondamentale de l'épargne pour la réalisation des
                 aspirations ci-dessus évoquées.
                 Parmi les emplois des revenus (aussi bien des particuliers que des entreprises),
                 une mention particulière doit être faite des impôts qui sont payés au trésor
                 public et qui permettent aux collectivités publiques de payer les biens et les
                 prestations (notamment celles des fonctionnaires) nécessités par la marche des
                 services publics, dont on sait à quel point ils se sont développés dans les
                 collectivités modernes. Il nous faut noter que, s'ils sont prélevés sur les revenus
                 des particuliers et des entreprises, les fonds versés au trésor public reviennent à
                 d'autres particuliers et à d'autres entreprises, dont ils constituent les revenus. Ils ne
                 sont donc point soustraits à la « circulation de l'argent » qu'on évoquait au début
                 de cet exposé.
                 L'origine des produits utilisés dans le pays, la destination de ceux qui y sont
                 produits enfin n'est pas non plus uniforme. Tout ce qui est produit en France n'est
                 pas consommé ou utilisé en France ; car une partie de la production est exportée.
                 Tout ce qui est consommé ou utilisé en France n'a pas été produit en France : une
                 partie en est importée. Les opérations du commerce international viennent ainsi
                 apporter un dernier facteur de complexité dans cette description simplifiée des
                 phénomènes fondamentaux de la vie économique.

LE SYSTEME ÉCONOMIQUE EN ACTION
                 LA REPRÉSENTATION GRAPHIQUE
                 Les phénomènes de production, de dépenses (de consommation ou
                 d'investissement), d'épargne, d'échanges internationaux, l'activité du trésor public,
                 ne peuvent être envisagés de façon isolée.
                 Ils sont en effet étroitement liés et on peut donner des relations qui les unissent,
                 une représentation graphique : c'est l'objet du schéma qui accompagne cet exposé.
                 La vie économique apparaît ainsi comme un réseau double — dans la réalité
                 extraordinairement compliqué — dans chaque branche duquel circulent, en sens
                 inverse, les biens et les services fournis ou vendus, et l'argent qui sert à les payer.

LA TRADUCTION COMPTABLE
                 Cette image simplifiée a pour seul objet de faire comprendre. Elle reste imparfaite
                 en ce qu'elle ne met pas en évidence la multiplicité et la diversité des opérations
                 réciproques, dont l'ensemble constitue la vie économique. Même pour des esprits
                 peu familiarisés avec la science économique, il est facile de comprendre que
                 l'ensemble des phénomènes de production et d'échanges peuvent être insérés dans
                 une description comptable. Si nous envisageons une entreprise — disons de
                 production de pétrole — elle enregistre en détail tous les mouvements de son
                 activité en nature, tous ses paiements en argent, et de la façon la plus rigoureuse.
                 Nous pouvons imaginer aussi le cas de « particuliers » soigneux — salariés par
                 exemple — qui, ayant reçu un salaire, tiennent un compte très exact de l'emploi
                 qu'ils en font, par catégories de dépenses. Les activités financières de l'Etat, les
                 opérations du Commerce Extérieur, sont également enregistrées très
                 soigneusement dans des comptabilités appropriées. Il n'est pas inconcevable de
                 grouper, « d'intégrer» toutes ces comptabilités, en reclassant les opérations
                 matérielles et les opérations financières selon un ordre approprié, en tenant compte
                 des différenciations évoquées plus haut et en évitant les doubles emplois. On aura
                 ainsi réalisé une « comptabilité économique de la Nation » — comptabilité qui fait
                 partie précisément aujourd'hui des réalités de la vie administrative et politique, et
                 qui est aussi précieuse pour la compréhension des choses et l'action positive
                 qu'elles peuvent justifier, que l'est pour la Direction d'une entreprise la
                 comptabilité de ses propres affaires.

LES LOIS DE L'ÉCONOMIE
                 On parle couramment des « lois » à quoi obéirait l'évolution de l'économie, c'est-à-
                 dire des relations de cause à effet entre des phénomènes divers, ou entre des
                 variations de ces phénomènes. L’existence de telles lois n’est pas douteuse ; mais




                                                                                                             44
               la connaissance qu'on en a reste incertaine, au moins dans la mesure mathématique
               rigoureuse des conséquences que leur jeu peut comporter. C'est ainsi qu'on peut
               définir des « lois de la consommation », des « lois de l'investissement », etc. On
               entend par là des relations qui s'établissent par exemple entre le niveau de la
               consommation (tant de la consommation globale que la consommation des grandes
               catégories de produits ou d'un type particulier de produit, automobiles par exemple)
               et le niveau des revenus : ainsi peut-on s'efforcer de mesurer à l'avance ce que
               pourraient être, sur la demande et sur la production de certains biens, les
               conséquences d'une évolution probable des revenus (en hausse ou en baisse). La
               connaissance de ces lois, si imparfaite qu'elle soit, permet cependant, à l'échelon de
               la vie collective, d'établir un « budget économique national » qui est aux « Comptes
               économiques de la Nation » ce que le compte prévisionnel de gestion est à la
               comptabilité d'enregistrement des opérations courantes d'une entreprise.

L'ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE
               Lorsqu'on veut bien prendre ainsi une vision comptable de la vie économique,
               l'équilibre économique peut paraître une notion simple. Dans une comptabilité bien
               organisée, où chaque opération inscrite à un compte est « balancée » par une
               opération enregistrée à un autre compte, l'équilibre n'est-il pas la règle rigoureuse?
               Mais l'équilibre économique global (qui peut être défini comme une situation dans
               laquelle toutes les forces de production sont employées, où tous les biens produits
               trouvent preneurs, et où tous les prix ne subissent ni hausse, ni baisse généralisée et
               accentuée) est soumis, sinon à des hasards, du moins à des mécanismes mouvants
               et difficilement prévisibles.
               Parmi ces mécanismes, il en est qui tiennent à la vie économique elle-même : la
               production doit, dans chaque secteur et pour chaque bien, équilibrer la demande ;
               l'épargne doit équilibrer les volontés d'investissement des entreprises; les
               exportations doivent équilibrer les importations; les recettes que l'État peut se
               procurer doivent équilibrer ses dépenses, etc. En un mot, dans chacun des secteurs
               et dans chacun des comptes de la comptabilité de la Nation, les « ressources »
               doivent équilibrer les « charges ». Ressources et charges résultent au surplus de la
               confrontation de millions de volontés, souvent concurrentes ou qui s'ignorent; qui
               sont prises dans une évolution technologique et dans une évolution des niveaux de
               vie et des mœurs, dont les effets sont difficiles à interpréter à l'échelle individuelle;
               qui ne sont intelligibles que dans la mesure où l'on peut les considérer dans leur
               ensemble, en tenant compte de leurs multiples imbrications, et ainsi les expliquer
               et les prévoir.
               Il est d'autres mécanismes qui tiennent au caractère monétaire de notre économie,
               et à la faculté que le système bancaire, dans la vie moderne, a de développer le
               pouvoir d'achat collectif et de permettre, tant aux entreprises et aux particuliers
               qu'aux collectivités publiques elles-mêmes, et notamment à l'Etat, de payer plus
               que ne leur permettraient leurs seuls revenus, d'imposer à l'économie plus de
               « charges » qu'ils n'apportent de « ressources ».

LA COMMUNAUTÉ ÉCONOMIQUE NATIONALE
               Ainsi apparaît-il que l'équilibre économique, selon le mot que Paul Valéry
               appliquait à la civilisation, « a la fragilité d'une vie ». Dans un système de liberté
               économique, à quoi les pays occidentaux sont attachés, il est dans la dépendance
               de millions de décisions individuelles ou collectives : particuliers dépensant leurs
               revenus, entreprises fixant leur politique de production, de salaires,
               d'investissements, Etat fixant ses décisions de dépenses ou sa politique fiscale,
               syndicats divers dans la poursuite de leurs revendications — chacun agit selon ses
               besoins ou ses moyens sur les conditions d'un fonctionnement équilibré de notre
               économie. Et pourtant, aucune de ces décisions, si justifiée soit-elle dans l'optique
               propre où elle est élaborée et prise, ne peut être sans effet sur l'évolution collective.
               L'interdépendance des divers secteurs de l'économie — et donc des diverses
               catégories sociales — est telle qu'une autonomie totale de leurs diverses décisions
               ne peut être que source de désordres. Cette autonomie des décisions est donc
               impensable aujourd'hui. En revanche, les conséquences de l'interdépendance
               peuvent être dans une large mesure analysées, expliquées, prévues.
               Les actions des divers organes ayant une responsabilité effective dans l'animation
               et l'orientation de notre économie doivent donc, et peuvent, être cohérentes, et les
               divers responsables doivent avoir, les uns vis-à-vis des autres, une compréhension
               mutuelle et une confiance réciproque. Ceci implique que chacun à son niveau et
               dans son domaine s'efforce de tenir compte, non seulement de ses propres
               aspirations, mais aussi de celles des autres, et de comprendre les nécessités à quoi
               ils ne peuvent se dérober.
               Sans doute ces aspirations sont-elles parfois contradictoires et les nécessités oppo-
               sées. Ceci n'en rend que plus nécessaire une confrontation franche et éclairée des
               divers points de vue. Ce très court exposé n'avait d'autre ambition que de faire
               ressortir, par delà l'interdépendance des divers participants de la vie économique,
               leur profonde communauté d'intérêts. Cette communauté est le plus souvent
               ressentie au sein de l'entreprise. Elle ne devrait pas être moins évidente dans la vie
               collective nationale.
                                                                                       Claude
                                                                                       GRUSON
                                                                                                           45
le touriste automobiliste international
     sera c e t t e a n n é e l ' h ô t e d e BP
      Quatorze nations d'Europe viennent de s'en-         sélectionnés» pour chaque pays, un carnet de
      gager dans une vaste communauté d'accueil,          bord BP et enfin une Carte Routière d'Europe,
      où le visiteur de n'importe quel pays se            luxueuse et pratique, qui est en même temps la
      découvrira partout en famille.                      clé de l'accueil. Cette Carte Routière comporte
      Ces 14 nations sont l'Allemagne, l'Angleterre,      en effet des coupons détachables, qui seront
      l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la            comme la monnaie de l'hospitalité à l'étranger.
      France, la Grèce, la Hollande, l'Italie, la         Une fois la frontière passée, (1), l’auto-
      Norvège, le Portugal, la Suède, la Suisse et la     mobiliste, aisément repéré par le signe de
      Turquie. Pour mettre sur pied et rendre             ralliement qu'est sa vitrauphanie, se trouvera
      pratique une telle fraternité, il fallait fournir   pris dans un vaste réseau d'amitié : la chaîne
      aux visiteurs et à ceux qui les attendent, par      des « postes BP Touring Service», dont il
      delà les frontières linguistiques, un signe         trouvera les coordonnées dans sa « Pochette-
      unique de ralliement : c'est l'écusson BP qui       Voyage» et qui, de plus, lui seront signalés par
      sera ce signe : les 1 4 pays engagés                le panonceau «B P Touring Service».
      rassemblent en effet toutes les sociétés            Il lui suffira alors de remettre à l'un de ces
      d'Europe associées dans le groupe BP. En            postes, le coupon correspondant, pour se voir
      attendant la mise au point de tous les détails,     gracieusement chargé, par son hôte, d'un
      cette campagne européenne d'accueil aux visi-       bagage d'arrivée : c'est le «Dossier d'Accueil»,
      teurs est déjà fixée dans ses grandes lignes.       constitué d'une Carte Routière du pays
      Elle a pris le nom de « BP Touring Service».        intéressé, de dépliants touristiques, plans de
      Dans son propre pays, l'automobiliste qui se        villes, etc, et enfin d'un appréciable cadeau-
      propose de franchir une frontière doit d'abord      souvenir. L'opération qui doit démarrer à la
      se munir d'un bagage de départ qu'il trouvera       veille de Pâques sera annoncée par la presse et
      dans n'importe quelle station BP : il se concré-    par affiches. De notre côté n'hésitons pas à
      tise dans une « Pochette Voyage » qui lui           nous en faire les propagandistes chacun dans
      ouvre les routes de l'Europe, en lui fournissant    notre entourage. Le choix de l'année 1958, qui
      les moyens de préparer, en chambre, son             va drainer vers la France un transit touristique
      voyage et son accueil à l'étranger. Cette           considérable autour des deux pôles Bruxelles-
      « Pochette Voyage» pour une modique                 Lourdes (Exposition universelle et Centenaire
      participation aux frais, contient, sous             des apparitions) est déjà une promesse de
      enveloppe plastique, des brochures diverses         succès. Cette publicité touristique européenne,
      concernant le ou les pays où le touriste désire     séduisante à bien des titres pour les touristes
      se rendre, une table de conversion des              eux-mêmes, aura pour la marque BP un effet
      monnaies, une vitrauphanie de pare-brise « BP       de prestige indiscutable dont tout le Groupe et
      Touring Service», commune à tous les pays           notre Société recueilleront les fruits.
      participants, une ou des listes de «postes
                                                           (I) Cette campagne n'intéresse que les touristes
                                                           qui se rendent à l'étranger à l'intérieur de cette
                                                           communauté BP.




                                                                                                                46
LA GRANDE AVENTURE DU

SAHARA
Sahara, nom prestigieux, presque magique, synonyme à la fois de mystère et d'espérance.
Nom qui s'inscrit en lettres de feu sur fond de sable brûlant. Nom dont la consonance évoque
le souffle chaud du simoun. Le mercredi 19 février 1958, était accordé à la Société des
Pétroles de Valence un permis exclusif de recherches d'hydrocarbures liquides et gazeux
d'une superficie de 4.600 km2 (la zone gris foncé de la carte ci-dessus). Situé dans le
département des Oasis, il portera le nom de Permis de l'Oued N'SA, le seul oued qui le
traverse. Car la carte dit avec assez d'éloquence qu'il s'agit d'une région particulièrement
vide et plate. Vide en surface... Mais quels trésors recèle le sous-sol ? Si trésor il y a, il
faudra beaucoup de travail et de patience pour le découvrir et l'exploiter.
                                                                                                 47
                        ARBRES DE NOËL AUX QUATRE COINS DE FRANCE




Comme chaque année, les sapins de         LYON : ENTENTE CORDIALE                séances consécutives, la salle, deux
Noël ont regroupé les membres de                                                 fois bourrée à craquer, a pu
                                                                                 applaudir les artistes recrutés
la grande famille BP, dispersés aux       A Lyon, le cérémonial de Noël a        exclusivement parmi les membres
quatre vents du territoire.               été rigoureusement respecté. Le        du personnel. L'orchestre BP se
                                          personnel de la succursale et celui    composait de MM. Fossier au
                                          du dépôt de Gerland s'étaient          piano, Devos à la batterie, Leroy,
                                          retrouvés à l'Hôtel de l'Europe, le    violon et saxo, et Zegre à l’accor-
        REIMS :                           samedi 4 janvier, dans une             déon. MM. Degraeve, Huygue et
    CHAMPAGNE A GOGO                      ambiance de franche camaraderie.       Hagebaert, méconnaissables sous le
                                          Une séance récréative trompa           maquillage de M. Renaud, ont
                                          l'impatience des enfants qui guet-     composé un trio de clowns digne
C'est à Sillery que, le dimanche 29       taient fébrilement l'arrivée du Père   du grand cirque.
décembre, le Tout BP Reims s'était        Noël tandis que les grandes            Une pantomime amusante, « Le
donné rendez-vous pour fêter Noël,        personnes — qui font semblant de       Rapide Bollezele-Dunkerque » fut
avec le personnel de la direction         ne plus y croire — s'étaient réunies   montée par la Garderie de Va-
régionale et celui du dépôt, l'un des     autour d'un apéritif. Comme ce         cances. Enfin, le docteur Bergeron
premiers de notre Société. M.             jour-là tout finit par une             s'est révélé conteur passionnant :
Moriset,      maire     de     Sillery,   distribution de jouets. Bonhomme       avant la deuxième séance, pour
accueillit, dans la salle des fêtes de    Noël est arrivé avec sa hotte, au      faire patienter la salle, il tint en
la    municipalité,      au     portail   grand ravissement des petits et...     haleine 700 à 800 enfants pendant
magnifiquement         décoré      aux    des plus grands. Quant au              un bon quart d'heure, en racontant
couleurs jaune et vert, M.                personnel des deux établissements,     la captivante histoire des « Mains
Magnoac, chef de région, M.               il put établir de nouveaux liens de    noires ».
Caban, son adjoint et M. Boyard,          camaraderie et resserrer ceux qui
chef du dépôt. Cinéma, Champagne          existaient déjà.                       M. Ventajou, directeur de la
pour les grands, goûter pour une          De bien jolis cadeaux en vérité        raffinerie, en adressant ses vœux
quarantaine d'enfants, furent le                                                 aux membres du personnel, leur
prélude à l'entrée triomphale du                                                 fit espérer pour l’année 1958 le
Père Noël dont la hotte débordante          DUNKERQUE : ARTISTES                 premier coup de pioche des
de jouets fut l'apothéose de ce                                                  fondations de l'immeuble de la Cité
rendez-vous fraternel.                           MAISON                          Bayard qui pourra accueillir au
                                          A Dunkerque, l'arbre de Noël s'est     complet toute la famille de la
                                          singularisé cette année de sympa-      raffinerie pour les arbres de Noël
   GERZAT : PÈRE NOËL A                   thique façon. Au casino de Malo-       futurs.
        DOMICILE                          les-Bains qui avait dû, à cause de
                                          l'affluence, se prêter à deux
Pas d'arbre de Noël à Gerzat. En
raison des événements survenus fin
octobre, la fête traditionnelle a été
supprimée. Les crédits alloués ont
été utilisés pour confectionner des
colis de friandises destinés aux
enfants. Et si le Père Noël n'a pas
paru dans l'ambiance de fête des
années précédentes, les enfants ont
tout de même trouvé dans la
cheminée des friandises et des
jouets. N'est-ce pas le principal?




                                                                                                                        48
Ces yeux ravis, ces bras chargés, témoignent que le Noël d’Orléans fut une réussite.


              ORLEANS :
       COCKTAIL ET GUIRLANDES                           LAVERA : DOUBLE PÈRE                   music-hall de tout premier ordre —
                                                                    NOEL                       «Les Santos » équilibristes,
       Séance de cinéma et goûter pour               Cette année, le Père Noël a dû faire      cascadeurs et comiques, Miss Dora
       les enfants, « Five o'clock» pour les         deux voyages pour apporter aux            dans le grand Plongeon, le Trio
       parents, cocktail dansant pour le             enfants de Lavéra leurs jouets de         Bastiani, Guy et Marie-France, les
       personnel, chacun au siège de la              fin d'année.                              jeunes prodiges de la chanson —
       Région d'Orléans a célébré Noël               Noël, pour les petits du jardin           furent le prélude aux affaires
       dans une atmosphère de liesse. Un             d'enfants, a été avancé au vendredi       sérieuses : la distribution des
       arbre de Noël zébré de guirlandes             20 décembre. Et le bonhomme               cadeaux. Le Père Noël, salué par
       d'argent et constellé de boules               Noël tant attendu a été accueilli         les cris de joie des enfants, fit son
       multicolores tendait aux enfants du           avec le respect dû à son rang mais        entrée, porteur de promesses...
       dépôt ses branches pleines de                 aussi dans une symphonie de               heureuses. Pour le petit monde des
       promesses. L'attente fut longue               couleurs, de costumes et de rires.        Pétroliers, l'étoile de Noël a apporté
       pour les petits, mais le Père Noël,           Le spectacle plein de grâce, de           le bonheur.
       bientôt, devait semer dans les                fraîcheur et de délicatesse fut, est-il
       mains de ses admirateurs les                  besoin de le dire, un ravissement.
       magnifiques jouets tant désirés.              « L e bonhomme de neige» est
                                                     apparu dans un chant mimé, « Le                  MARSEILLE :
                                                     pas des patineurs» a glissé à la
         LA NOUVELLE : ÉCLAT DE                      cadence d'une danse rythmique et          GRAND PRIX ET PETITS RATS
                                                     le « Noël en Provence » a montré
                 RIRE                                les petits Santons... Après le            Le Personnel de la succursale de
                                                     spectacle, le Père Noël dépouilla         Marseille, celui du dépôt de La
       C'est dans la salle du foyer                  l'Arbre de ses jouets et fit la           Padoue et de la Station de Mari-
       municipal, magnifiquement déco-                                                         gnane se sont retrouvés dans les
       rée en vert et jaune, où trônait un           distribution tant attendue. Le
                                                     lendemain, samedi 21 décembre,            Salons Michel, le 1 5 décembre,
       sapin de 4 m de haut que le                   une seconde fête était organisée          pour célébrer Noël. Un copieux
       personnel de La Nouvelle se réunit            pour les «grands» à « La                  menu artistique permit aux enfants
       pour fêter Noël. Grâce à un menu              Cascade ». Autre spectacle, autres        d'attendre, sans trop de hâte,
       artistique de choix — le cirque               enfants, même Père Noël et autant         l'arrivée du Père Noël : dessins
       Farina, le poney Bella, merveilleux           d'enthousiasme. Des numéros de            animés et musique de Noël
       d'adresse et d'intelligence, les                                                        enchantèrent petits et grands. Un
       clowns Jany et Charley, le chanteur                                                     récital de piano par Mlle Louvet —
       Jean Dellac accompagné de Marcel                                                        grand Prix de virtuosité de la Ville
       Raynaud —, la soirée ne fut qu'un                                                       de Marseille — et les Petits Rats de
       long éclat de rire. M. Saint-                                                           l'Opéra clôturèrent brillamment la
       Gaudens, chef du dépôt, s'institua                                                      première partie de cette mémorable
       Père Noël et, avec l'aide de son                                                        journée. Et puis vint le Père Noël
       épouse sema du bonheur dans les                                                         qui remit lui-même les jouets aux
       mains et les yeux des enfants. Une                                                      enfants dans un enthousiasme
       salve de bouchons de Champagne                                                          indescriptible. Pendant que le petit
       servit de fond sonore au goûter.                                                        monde étrennait ses cadeaux, les
       Danses et farandoles clôturèrent                                                        grandes personnes pouvaient se
       dans la joie débordante cette belle                                                     restaurer autour d'un buffet ten-
       fête de famille, que M. Rochon,                                                         tateur et danser au son des disques.
       chef de la région de Toulouse, avait
       tenu à honorer de sa présence.




                                                                                                                                        49
                                                                               Et un peu avant cinq heures, le
                                                                               Père Noël apparut. Chaque enfant
                                                                               reçut alors un petit colis de frian-
                                                                               dises et un jouet, couronnement
                                                                               d'une journée mémorable. Mais les
                                                                               absents, cette fois, n'eurent pas tort
                                                                               puisqu'ils reçurent, eux aussi,
                                                                               friandises et cadeaux. Avant de se
                                                                               séparer, les quelque quarante
                                                                               personnes qui élaborèrent et
                                                                               organisèrent ce spectacle portèrent
                                                                               un toast à la S.F. BP en prenant
                                                                               rendez-vous pour... 1958.


           DIJON L'AMITIÉ
Les « Marx Brothers» ont apporté
aux enfants du dépôt de Saint-Jean
-de-Losne-Saint-Usage leurs gri-
maces et leurs facéties.« Simbad le
Marin» et «Bibi Fricotin» s'étaient
donné rendez-vous sur l'écran
installé aux Écoles de Saint-Usage
à l'occasion de Noël fêté le 12
janvier (photo ci-dessus). Les
grandes personnes ne furent pas
oubliées : un buffet supportait
sandwiches, pâtisseries et bouteil-
les de mousseux. Et chacun, en
attendant le Père Noël, admirait le
superbe sapin du Jura brillamment
illuminé. Après la traditionnelle
distribution de jouets, chacun s'en
retourna, les petits, comblés de
présents, les grands, enchantés de
leur journée et tous, heureux            C'est dans les salons du Palais       bla, autour d'un petit monde
d'avoir fêté Noël dans une               d'Orsay qu'eût lieu, le 29 décembre   explosif de 45 enfants, tous les
ambiance de franche amitié.              dernier, le traditionnel arbre de     membres du personnel, actifs
              METZ                       Noël. Les enfants du personnel BP     comme retraités. Cette délicate
                                         de la Région Parisienne, au total     attention mit dans la réunion une
    BRAVO POUR GUIGNOL!                  541 petits personnages sur les        atmosphère familiale que M. de
Pour son premier arbre de Noël, qui      1.015 invités, s'étaient retrouvés    Saint-Lager, chef de la Région de
eut lieu le samedi 28 décembre           pour applaudir le spectacle donné     Nancy, se plut à souligner dans son
1957, le dépôt de Metz, en plus du       en leur honneur (photo ci-dessus).    allocution.
goûter pour les petits et d'un buffet    Pour la première fois en pareille     Strasbourg aussi, comme bien l'on
pour les grands, offrit à tous un vrai   circonstance, un orchestre donnait    pense, eut un arbre de Noël digne
régal artistique : un théâtre de         le ton à cette fête. Deux heures de   des      traditions     alsaciennes.
marionnettes, dans lequel Guignol        spectacle où, dans un programme
mérita tous les applaudissements.        parfaitement minuté, les bons
Tout le personnel du dépôt assistait     numéros succédèrent aux bons
à cette réunion familiale, ainsi que     numéros : Marionnettes Barthes,           DOUAI : UN DÉLICIEUX
MM. Klein, Nagy et Bouleau,              les clowns Gino et Flip, Geo                       GOUTER.
inspecteurs-vendeurs des Rayons          Terros, l'inimitable prestidigita-      22 décembre, jour de fête pour
de Metz et Verdun.                       teur !                                  les enfants de la Succursale de
                                             NOMEXY : EN FAMILLE                 Douai. Oranges, jus de fruit,
                                                                                 gâteaux et bougies sur la table :
    PARIS ET BANLIEUE :                  Le samedi 21 décembre à Nomexy,         ce fut un fameux goûter de
   OPÉRATION PÈRE NOËL                   M. Husson, chef du dépôt, rassem-       Noël ! (photo ci-dessous).
                                                                                 Dans la région d'Orléans les
                                                                                 sapins illuminés ont fleuri tous
                                                                                 les dépôts : à Châteauroux le
                                                                                 15 décembre, à Challuy le 21,
                                                                                 à Tours le 22, et à Lucé le 29.




                                                                                 Au dépôt de Challuy, M. Boulet,
                                                                                 chef de la région d'Orléans,
                                                                                 profita de ce joyeux rendez-
                                                                                 vous familial pour remettre à M.
                                                                                 Conrad, Inspecteur-Vendeur à
                                                                                 Nevers, la Médaille d'honneur
                                                                                 de 20 ans de l'Union des
                                                                                 Industries Chimiques.



                                                                                                                        50
REMISE DE LA MÉDAILLE DU                 l'honneur de sa visite à nos            ARRIVÉE DE            NOUVEAUX
TRAVAIL A M. DELCHAMBRE                  établissements du Midi, puis a          INGÉNIEURS
                                         gratifié un auditoire enthousiaste
Le mercredi 30 octobre 1957, en          d'une conférence de haute qualité
présence de M. Comacle, Direc-                                                   A Lavéra : M. Bernard Laine,
teur Général des Établissements                                                  arrivé le 20 octobre 1957, venant de
BP de Lavéra et de Naphtachimie,                                                 Dunkerque, M. Laurent Richard,
du personnel BP déjà médaillé et                                                 arrivé le 7 octobre 1957.
des Ingénieurs et Cadres de la
raffinerie, M. X. Normand a remis
officiellement la Médaille des 30                                                LES POMPIERS ONT
ans à M. Delchambre, Directeur de                                                JOYEUSEMENT FËTE SAINTE
la Raffinerie de Lavéra. Dans une                                                BARBE
allocution très cordiale, M.
Normand a rappelé la carrière                                                    «Sainte Barbe notre patronne,
intéressante et très variée qu'a                                                 aujourd'hui on t'honore... »
parcourue M. Delchambre depuis
l'époque lointaine de 1925 où il fit                                             En prononçant ces vers, M. Pierre
ses premières armes dans nos                                                     Martinot, chef pompier de la
Organisations.                                                                   raffinerie de Lavéra, donna le
M. Delchambre se souvient                                                        signal des réjouissances qui eurent
certainement qu'il fut le Secrétaire                                             lieu le 14 décembre en l'honneur de
Technique de M. Normand lorsque          • Le dimanche 13 octobre, grâce à
                                         l'amabilité de son commandant, le       Sainte Barbe.
celui-ci vint prendre la Direction de                                            Au Cercle Hôtel de Lavéra, un
Courchelettes en 1930. A cette           « Chenonceaux » ouvrait... son cœur
                                         à de nombreux visiteurs de Lavéra,      apéritif d'honneur réunissait, autour
époque, où les Ingénieurs étaient                                                de MM. Comacle, directeur général
fort peu nombreux, le Directeur et       employés et leurs familles.
                                                                                 des Établissements de Lavéra,
son Secrétaire avaient notamment                                                 Delchambre, directeur de la
dans leurs attributions l'établisse-                                             Raffinerie et Chanat, chef du
ment des programmes mensuels et                                                  département des services sociaux,
détaillés de fabrication, ainsi que la                                           MM. Ozil et Ferrier, ingénieurs.
rédaction de tous les rapports                                                   Après que M. Martinot eut exprimé
appelés aujourd'hui « Rapports de                                                sa joie de voir les « soldats du feu »
Développement» (il y en avait                                                    réunis, pour la première fois à
heureusement un peu moins). M.                                                   Lavéra, à l'occasion de la Sainte
Delchambre vint ensuite à Paris                                                  Barbe,      M.     Comacle      rendit
collaborer avec MM. Buire, Cavalli                                               hommage          au       dévouement
et Hubbard à l'établissement des                                                 admirable dont le service « Pré-
plans de la raffinerie de Lavéra. Il                                             vention-Sécurite» a fait preuve en
séjourna quelques mois dans cette                                                maintes occasions.
usine pendant la période de mise en                                              Et puis la fête continua autour d'une
route et revint ensuite à Cour-                                                  table où les mets les plus délicats,
chelettes où il tint divers emplois,                                             ponctués par de délicieux vins de
notamment celui de Chef des Ser-         • Au tableau des promotions se sont     Provence, composèrent un repas
vices Généraux, jusqu'à la fin de la     inscrits    M.    Marius     Caillol.   que Pantagruel n'eût pas désavoué.
guerre.                                  contremaître aux ateliers, M. René      Le point final fut marqué par un
Muté à Lavéra lors de la remise en       Dessin, agent de maîtrise à la          Moët et Chandon des meilleures
route de cette usine, il en devenait     division Préparation et M. Jules        années.
le Directeur en 1954.                    Pellet, agent technique aux ateliers.   Malgré cette cérémonie tradi-
                                                                                 tionnelle, le Service de Sécurité
                                         • M. A. Fouque, qui travaillait au      n'avait pas été négligé et toutes les
                                         Service de gardiennage des Établis-     précautions d'intervention évent-
                                         sements de Lavéra, a pris sa retraite   tuelle avaient été mûrement
                                         le 31 décembre 1957. M. Fouque          étudiées. Les divertissements ne
                                                                                 font jamais oublier à ces hommes
                                                                                 qu'ils ont choisi pour devise :
                                                                                 « Sauver ou périr».



Au cours de cette sympathique
réunion, les Ingénieurs de la
Raffinerie, représentés par le plus
jeune d'entre eux, offrirent à M.
Delchambre un électrophone. M.
Delchambre, très ému de cette
attention, remercia vivement ces
Ingénieurs au cours du vin
d'honneur qui suivit cette remise de
décoration.

ÇA S’EST PASSÉ À LAVÉRA

Plusieurs événements ont marqué la       nous quitte à peine puisqu'il va se
fin de l'année 1957 à Lavéra.            reposer... à Martigues. Le Trait
• A l'occasion d'un passage à            d'Union, au nom de ses amis, lui
Martigues, M. André Siegfried, de        souhaite une longue et paisible
l'Académie Française, a fait             retraite
                                                                                                                          51
                                       tègre la Société et se voit
M. TRICOIRE EST NOMMÉ                  affecté au Service des Approvi-
DIRECTEUR DE LA                        sionnements, lors de la création
CAISSE DE PRÉVOYANCE                   de ce service en 1944. Il
                                       assume       actuellement,     à
                                       l'intérieur de ce service, la
                                       responsabilité de la «Section
                                       Relances»; c'est dire que M.
                                       Paul Friedmann ne s'amuse pas
                                       tous les jours, servant parfois
                                       de tampon entre clients aux
                                       abois et fournisseurs négli-
                                       gents. A M. Paul Friedmann
                                       s'adressent toutes les félici-
                                       tations du Trait d'Union.



                                                                          • au dépôt de Sillery, la
                                                                          médaille d'Honneur du Travail
                                             PARIS-EST : UNE              des 30 ans à M. Léon Souply,
                                             BROCHETTE DE                 chauffeur-livreur.
                                                                          • au dépôt de Tours, la médaille
                                                MÉDAILLES                 du Gouvernement de 30 ans à
                                       Une brochette de médailles s'est   M. Bourillon, qui débuta
                                       épinglée au tableau d'Honneur      comme «cocher-livreur» au
Une bonne nouvelle réjouira            de la Succursale Paris-Est, au     dépôt, où il est aujourd'hui
certainement les 6.500 adhé-           cours de l'année 1957 :            emplisseur (ci-dessous).
rents de la Caisse de
Prévoyance : M. Tricoire,
jusqu'alors secrétaire général
trésorier, en est devenu direc-
teur, à la date du 16 décembre
dernier.
Cette nomination consacre à la
fois les services reconnus de M.
Tricoire et les développements
importants qu'a pris la Caisse
elle-même. En 1952, elle ne
groupait en effet que la S. F. BP
et la Maritime BP ; aujourd'hui
elle rassemble 9 Sociétés
associées dont les sociétés
d'Afrique du Nord et d'Afrique
Occidentale Française, ce qui a
porté son effectif de 3.700 à
6.500 adhérents. Il va de soi
que la gestion de cette Caisse,
qui incombe à M. Tricoire, lui
impose une tâche de plus en
plus lourde et complexe. C'est
pourquoi devant son Conseil
d'Administration, le 16 décem-
bre dernier, M. Sarrus proposait
« pour tenir compte de cette
nouvelle situation et récom-
penser M. Tricoire de sa bonne
gestion,     de     le   nommer
Directeur de la Caisse de
Prévoyance». Le Trait d'Union
se fait l'écho de tous les
adhérents, et de ses 650
retraités, pour lui adresser ses
vives félicitations.

   UNE MEDAILLE POUR
   M. FRIEDMANN
M. Paul Friedmann, figure
familière du Siège Social, vient
d'accomplir 30 ans de service à
la Société et, à ce titre, d'obtenir
la médaille du Gouvernement et
la plaquette de la BP. Entré à la
S.G.H.P. en 1926, au Service
Transports, il passa, en 1928, au
Service des Pompes, puis au
Service Travaux et Entretien.
Après sa démobilisation, il réin-


                                                                                                             52
DE PAR LE CHOIX                     DE      SA       MAJESTÉ     LA     REINE       gham pour la cérémonie de
D'ANGLETERRE                                                                        l'investiture. S'arrêtant devant
                                                                                    chacun d'eux, selon le rite antique,
                                 Mr. N. A. GASS                                     Sa gracieuse Majesté leur toucha
          EST CHEVALIER DE L'EMPIRE BRITANNIQUE                                     l'épaule droite du plat de son épée.
                                                                                    A partir de cette heure, sir Neville
Mr. N. A GQSS, chairman de la British                                               eut le droit de porter les insignes
Petroleum Cy, est désormais « Sir Neville », de                                     du grand Ordre : un ruban rose,
par la volonté de sa gracieuse Majesté la Reine                                     passé autour du cou, accroche sur
d'Angleterre. C'est le 1er janvier dernier que la                                   la poitrine une croix en émail
nouvelle en fut connue : le nom de Mr. Gass se                                      blanc, et une étoile d'argent à 8
trouvait dans la « Liste des Honneurs» que                                          branches se fixe au côté.
publie la presse britannique deux fois par an, le                                   Cet ordre de la Chevalerie, fondé
1er janvier et le jour de la fête de sainte                                         en 1917 par le roi George V, qui
Elisabeth. Trois initiales escorteront désormais                                    est officiellement classé comme
son nouveau nom : Sir Neville, K.B.E.; elles                                        « le plus excellent ordre de
signifient, en raccourci, l'insigne honneur qui                                     l'Empire Britannique» possède sa
vient de le distinguer : « Knight commander of                                      hiérarchie, tout comme notre
the order of the British Empire», chevalier                                         Légion d'Honneur : Membre de
commandeur de l'ordre de l'Empire Britan-                                           l'ordre du British Empire (M.B.E.),
nique. C'est parmi les personnalités sur qui                                        puis Officier (O.B.E.), Com-
repose le prestige ou la prospérité du                                              mandeur (C.B.E.) enfin Chevalier
Commonwealth que la Reine, sur l'avis de son                                        (K.B.E.) et Chevalier Grand
Conseil Royal, choisit les nouveaux dignitaires.                                    Commandeur (K.G.B.E.). A Sir
Le 11 février dernier, Sir Neville et les autres                                    Neville, dont l'éminente distinction
nouveaux promus ont été reçus dans la grande                                        rejaillit sur toutes les sociétés
« Salle Jaune et Blanc» du Palais de Buckin-                                        associées au groupe BP, le Trait
                                                                                    d'Union se fait l'heureux interprète
                                                                                    de la S.F. BP pour présenter ses
                                                                                    respectueuses félicitations.

        TOCQUEVILLE                                 INAUGURATION DE NOUVEAUX BUREAUX A CHAMBERY
         S'AGRANDIT
Chaque jour, depuis le début du
mois de février, trente à trente-cinq
voitures      rôdent   autour      du
l'immeuble de la            rue de
Tocqueville à la recherche d'une
bordure de trottoir. Et rue du
Printemps, rue Cernuschi ou rue de
Tocqueville, trente-cinq automo-
bilistes ont à résoudre le problème
du stationnement particulièrement
ardu dans ce secteur parisien. En
effet, la cour du nouvel immeuble
ne peut plus les recevoir : une
pelleteuse et douze camions s'y
sont installés pour une durée
indéterminée.
Pourquoi ce matériel encombrant ?
Tout simplement pour la construc-
tion de la seconde tranche d'im-
meuble dont les travaux ont
commencé récemment. "Le Trait
d'Union" vous donnera, dans son
prochain numéro, de plus amples
détails sur les nouveaux bâtiments
et les plans des nouvelles
installations
                                               Réunion joyeuse et intime à Cham-    Cette inauguration traduit le déve-
                                               béry, à l'occasion de la mise en     loppement considérable de la S. F.
                                               service des nouveaux bureaux du      BP en Savoie, région touristique et
                                               dépôt. MM. Pauchon, chef de la       industrielle par excellence. Les
                                               région de Grenoble, Mercier, chef    bureaux actuels étaient devenus
                                               du dépôt Desmarais, Vannet, chef     trop exigus et la nécessité d'édifier
                                               du dépôt de Chambéry, Lempereur,     des bâtiments de conception mo-
                                               représentant à Chambéry, entourés    derne s'était avérée impérieuse.
                                               du personnel, des plus anciens       Parallèlement, la capacité de
                                               clients de la région, ainsi que de   stockage a été augmentée : un bac
                                               nombreuses personnalités s'étaient   vient d'être achevé qui permet de
                                               retrouvés dans l'enceinte du dépôt   stocker 1.500 m3 supplémentaires.
                                               Desmarais, chemin du Grand-          Le bilan des années écoulées laisse
                                               Verger le 21 décembre dernier.       bien augurer de celles à venir.



                                                                                                                            53
                                  RÉJOUISSANCES EN SÉRIE DANS LE SUD-OUEST




Le vin de Bordeaux a généreusement coulé l'an dernier dans notre grande succursale du Sud-Ouest, dont le
calendrier fut fertile en manifestations.
Le 23 mars, le dépôt de Floirac         Le 3 juillet, nouveau vin                au juste combien de fois il s'était
fêtait l'inauguration de son nou-       d'honneur, à l'occasion, cette fois,     présenté à sa banque, la Banque du
veau bâtiment, dans lequel le           du départ à la retraite de M. et         Sang, bien entendu : 27 fois!
vestiaire, les douches et la cantine    Mme Gâteau, gérants de la station        Depuis le 4 décembre 1949, il a
ont été aménagés. Au cours du           Bordeaux-Gallieni, auxquels une          donné 27 fois 400 g de son sang. Il
déjeuner, qui réunissait tout le        souscription faite parmi le              suppose que c'est à ce titre-là qu'on
personnel du dépôt autour de son        personnel a permis d'offrir divers       lui a décerné d'abord la médaille
chef : M. Château, M. Héraud eut        cadeaux dont un très beau lustre         d'argent, puis, le 8 janvier dernier,
le plaisir de remettre diverses         néo-rustique (photo ci-dessus).          la médaille d'or des donneurs
récompenses : à M. Astier, la                                                    bénévoles. Mais la fierté qu'elles
médaille de la BP et la médaille du     Après tant de récompenses et de          lui inspirent est égale à sa
Gouvernement pour ses 30 ans de         cadeaux venus par ses mains, c'est       modestie.
services, à MM. Bergnies, Bessou,       le directeur de la succursale lui-
Jarry, la médaille des 30 ans du        même, M. Héraud, qui recevait, de
Gouvernement, à Mme Acquie et           la     Direction    Générale,     les
M. Guillambet, la montre et la          médailles et gratifications pour 30
médaille d'honneur U.I.C. pour les      années d'ancienneté. Aussi le 5
20 ans, enfin à MM. Bouy et             juillet, le personnel se réunissait
Carcaillon, la médaille d'honneur       pour fêter son directeur à qui de
U.I.C pour les 20 ans.                  très jolis cadeaux furent offerts,
                                        par tous ses administrés, personnel,
                                        représentants, stations et dépôt.
Le 26 mars, au cours d'un vin
d'honneur, M. Héraud remettait à
MM. Cazenave, inspecteur réseau         Enfin, dans les derniers jours de
routier, et Soubrié, employé à la       septembre, un vin d'honneur
succursale,    la    médaille du        marquait le départ de M. Astier,
Gouvernement, la médaille et la         ancien chauffeur, magasinier au
gratification BP, ainsi qu’à MM.        dépôt de Floirac, en présence de
Labeyrie, chef comptable, et            M. Héraud et de M. Château, chef
Terren, Chef de Secteur, la             du dépôt.
médaille du Gouvernement pour
leurs 30 ans de service.                A tous ces hommages, le Trait            Ces décorations ne changeront rien
                                        d'Union ajoute, pour les uns ses         à son habitude de faire le plus
                                        vives félicitations et pour M. et        simplement du monde ce beau
                                        Mme Gâteau et M. Astier, ses             geste : quand l'appel d'urgence de
                                        vœux de bonne et paisible retraite.      sa banque l'alertera à son bureau, il
                                                                                 se rendra sur l'heure pour une
                                                                                 nouvelle transfusion, prendra le
                                         M. SIMONNOT « ON NE                     sandwich d'usage, si on le lui
                                        VEND PAS SON SANG: ON                    donne, et son ticket de métro aller
                                              LE DONNE! »                        et retour, pour regagner son
                                                                                 bureau. Il sait que d'autres se font
                                        Du matin au soir, M. Raymond             payer leur sang; mais il a, à ce
                                        Simonnot compte tout ce qui lui          sujet, une opinion bien arrêtée :
                                        tombe sous les yeux; comprenez           « On ne vend pas son sang; on le
                                        qu'il travaille à la comptabilité        donne, dit-il ».
                                        générale du Siège Social...
                                        Pourtant il a fallu ouvrir sa carte de
                                        « Volontaire du sang» pour savoir        Félicitations, M. Simonnot !
                                                                                                                         54
        VINGT ANS...




Au dépôt de Mulhouse, la montre
des 20 ans de BP et la médaille                Au     dépôt    d'Amiens,       une   livreur, membre du Comité central
d'honneur des 20 ans de l'U.I.C.               cérémonie a regroupé le personnel     d'entreprise, de la montre des 20
ont été remises à M. Georges                   du dépôt et de la région pour la      années d'ancienneté.
Rigaud, retraité, ancien chauffeur             remise à M. Rosier, chauffeur -
du dépôt, par M. de Saint-Lager,
chef de la région de Reims


LE BLOC SOCIAL DU SIÈGE : ACCUEIL ET CONFORT                                         Au Siège, un nouveau bloc social,
                                                                                     vient d'être inauguré sous la présidence
                                                                                     de M. Huré.
                                                                                     La bibliothèque, réorganisée, offre aux
                                                                                     lecteurs quelque trois mille volumes
                                                                                     rassemblés par M. Colignon. Un
                                                                                     agencement       harmonieux et        un
                                                                                     classement pratique facilitent le choix
                                                                                     des livres. Par ailleurs, une salle de
                                                                                     repos moderne, spacieuse et accueil-
                                                                                     lante, permet au personnel de se
                                                                                     relaxer en feuilletant revues et
                                                                                     journaux mis à sa disposition. En
                                                                                     outre, le « G r o u p e m e n t d'Achat»
                                                                                     est installé dans un nouveau local, aux
                                                                                     dimensions respectables, où les em-
                                                                                     ployés peuvent bénéficier d’impor-
                                                                                     tantes remises sur de nombreux articles
                                                                                     achetés en commun.
                                                                                     Enfin, une salle entièrement remise à
    Pratique et organisée, la                  Économique et bien achalandé, le      neuf, est réservée aux membres du
          bibliothèque.                             Groupement d’Achats              Comité pour qu'ils puissent, en toute
                                                                                     quiétude, y tenir leurs réunions.
                                                                                     Chacun se réjouira des innovations
                                                                                     heureuses que comporte le bloc social
                                                                                     et louera les efforts du Comité
                                                                                     d'Etablissement en vue de rendre
                                                                                     toujours plus accueillants ses différents
                                                                                     locaux.

                                                                                          RENDONS A CÉSAR...
                                                                                     Les amis de M. Dezeros ont pu
                                                                                     s'étonner, à la lecture du Trait d'Union
                                                                                     n° 38, de le voir cumuler de multiples
                                                                                     fonctions. En fait, M. Dezeros a
                                                                                     suffisamment à faire à la tête de la
                                                                                     Section Centralisation Comptable du
                                                                                     département social ; c'est er   Madame
                                                                                     Pellieux qui l'a remplacé, le 1 janvier
                                                                                     1955, à la tête de la section Sécurité
                                                                                     Sociale...


                 Claire, élégante et confortable, la salle de repos


                                                                                                                                 55
          A      DU NK ERQ UE , L E TRAINING                                    MARQUE DES POINTS

                                                       L'ACCUEIL AUX OUVEAUX EMBAUCHÉS

                                                       Plusieurs groupes de nouveaux          Ensuite, au cours de leur première
                                                       embauchés ont commencé leur            semaine de travail, les nouveaux,
                                                       travail à la raffinerie. Pour les      convoqués dans une salle de
                                                       accueillir, le service Formation du    training, ont pu entendre raconter
                                                       Personnel a démarré une méthode        de la bouche même de leurs
                                                       inédite de training ayant pour         camarades les accidents les plus
                                                       objectif la sécurité. Dans le but de   fréquents     de     la   raffinerie.
                                                       réduire le nombre des accidents qui    Simultanément, M. Hennebique
                                                       surviennent en général aux non         projetait sur un écran la photo des
                                                       initiés, M. J. Machtelinck avait       lieux, mettant en lumière les
                                                       interrogé      plusieurs    ouvriers   circonstances de l'accident.
                                                       accidentés et avait enregistré leur
                                                       récit au magnétophone.




  M. Bouteille raconte comment il
  a été brûlé en prenant un
  échantillon de bitume (photo ci-
  dessus).




      Autour du magnétophone, les nouveaux embauchés
      écoutent le récit de divers accidents. De gauche à
      droite, sur la photo ci-contre : MM. Ingeleare, Van Den
      Busche.          Fournier,    Brioit,  Debaveleare,
      M a c h t e l i n c k , Waeghemaeker. Lecaillez. Ladeyn,
      Mallet.




P R E M I È R E P R O M O T I O N
DE L'ÉCOLE DE SOUDURE



           Depuis septembre 1957, dans le
           cadre du training, une véritable
           école de soudure fonctionne à la
           raffinerie.
           L'instructeur, M. Blanckaert, lui-
           même formé à Paris, mène à temps
           complet la formation au métier de
           soudeur      de     trois ouvriers
           précédemment aide-tuyauteurs, fai-
           sant alterner exposés théoriques,
           démonstrations et exercices pra-
           tiques.
           Comme en témoigne notre docu-
           ment, la meilleure ambiance règne
           dans la première promotion de
           l'école de soudure.




               de gauche à droite, MM.
               Duflos. Allart. Blanckaert,
               Boulet        et  Blondel,
               contremaître.

                                                                                                                                      56
les anciens
NOUVEAUX RETRAITÉS
                                       M.   Loin Léon
SIÈGE SOCIAL                                9, rue de Déchy
                                            Férin (Nord)
M. Marche Jean-Jacques                 M. Leclercq Jean rue de
     Les Alleuds                            Vitry
     par la Pommeraie (D.-S.)               Sailly-en-Ostrevent (P.-de-C.)
Mme Vve Lallement Georges              M.   Poras Alexandre
     1, rue de Lille
                                            1, Grand'Place
     Neuilly-sur-Seine (Seine)
                                            Corbehem (P.-de-C.)
Mme Reby Jeanne
     51, rue Edouard-Vaillant          M. Bataillon Raymond
     Levallois (Seine)                      St-Martin-des-Bois par Montcire
M. Maucourant Marcel                        (Loir-et-Cher)
     2 bis, rue des Lucioles           Mme Vve Dessin Augustin
     Beausoleil (A.-M.)                     50, cité Bayard
                                            rue de Nomexy
DONGES                                      Saint-Pol-sur-Mer (Nord)
Mme Vve Barbin Eugène
    La Fernais-en-Donges (L.-A.)                 CHANGEMENTS
PARIS                                              D'ADRESSE
M. Gavroy Vital
     Buré-la-Ville                     DONGES
     par Gorcy (M.-et-M.)              Mme Vve Griaud Eugène
M. Challier Gustave
     10, B.B. cité la Tourfaudière         1, rue des Ecoles Les Grands
                                           Moulins Donges (L.-A.)
     Avranches (Manche)
M. Monchaux Raoul                      PARIS
     Œuvre Hospitalière de Marseille
     41, rue de Forbin                 M. Reiser Emile
     Marseille (B.-du-R.)                   27, rue Louis-Apffel Strasbourg
                                            (Bas-Rhin)
DOUAI
Mme Vve Poure Louis
                                       COURCHELETTES
    10, rue Horace                     Mme Vve Jourdain Edouard
    Calais (P.-de-C.)                       82, rue du Marché
                                            Lille (Nord)
LAVERA                                 M. Danquigny Gaston
M. Subrini Toussaint                        8 bis, rue Masséna
      Ponteau-Saint-Pierre                  Ascq (Nord)
     Martigues (B.-du-R.)
M. Féraud Edouard                      Mme Vve Lambin Pierre
      rue de Grand-Puits                    27, bd Sainte-Barbe
     Martigues (B.-du-R.)                   Dunkerque (Nord)
M. Faraill Edouard
      B.P. n° 42
     Bône (Algérie)                                   DÉCÈS
Mme Vve Lespagnol Marcel               DONGES
      7, bd de Provence
      Lavéra (B.-du-R.)                M. Barbin Eugène
                                            La Fernais-en-Donges (L.-A.)
MARSEILLE
M. Vasseur Jean « La Courtoise »
                                       LAVERA
     4, chemin des Routes              M. Gorin Victor
                                            Route de Cornillon Salon (B.-du-R.)
     Toulon (Var)
                                       COURCHELETTES
COURCHELETTES
                                       Mme Vve Briez Jules
M. Decaudain Joseph
                                            rue de Férin
     69, rue Jean-Jaurès
     Ecourt-Saint-Ouentin (P.-de-C.)       Goeulzin (Nord)
M. Detrez Jean-Baptiste                Mme Vve Boudry Désiré
     21, rue Joseph-Coste                  32, rue de Férin
      Courchelettes (Nord)                   Gouy-sous-Bellonne (P,-de-C.)




                                                                                  57
                      F I L                  D E      L A          V I E


                NAISSANCES


SIÈGE SOCIAL                                       PARIS-EST
Toussaint Jean-Luc, 29 novembre 1957.              David Patrick, 19 octobre 1957.
Romatet Sylvie, 1er décembre 1957.                 Bouvet Joëlle, 17 décembre 1957.
Delteil Nicolas, 10 décembre 1957.                 Bellounis Jean-Paul, 25 décembre 1957.
                                                   Calas Claudine, 5 décembre 1957.
DUNKERQUE:
Ypreux Didier, 27 octobre 1957.                    BORDEAUX :
Carton Thierry, 1er novembre 1957.                 Hourtane Dominique, 20 novembre 1957.
Thoor Martine, 13 novembre 1957.                   Cuesta Bernard, 4 novembre 1957.
Niquet Michel, 18 novembre 1957.                   Pape Christian, 3 décembre 1957.
Poublanc Brigitte, 20 novembre 1957.               Guitteny Marie-Céline, 10 décembre 1957.
Belet Alain, 22 novembre 1957.                     Caton Christine,19 décembre 1957.
Barbier Didier, 26 novembre 1957.                  Bechir Sylvie, 16 décembre 1957.
Wadoux Josiane, 28 novembre 1957.
Pruvost Guy, 16 novembre 1957.                     DOUAI :
Descamps Catherine, 25 novembre 1957.              Delplanques Brigitte, 27 septembre 1957.
Veron Jean-Pierre, 30 novembre 1957.               Hecquet Sylvia, 17 novembre 1957.
Persyn Patrick, 4 décembre 1957.                   Tapin Franck, 1er novembre 1957.
Jean Catherine, 4 décembre 1957.                   Demerville Chantal, 15 décembre 1957.
Teiten Danielle, 7 décembre 1957.                  Rohn Pascale, 13 décembre 1957.
Jonnekindt Roger, 8 décembre 1957.                 Denis Bertrand, 2 décembre 1957.
Morrow Danielle, 9 décembre 1957.
Paroissien Serge, 7 décembre 1957.                 GRENOBLE :
Lemaire Étienne, 4 décembre 1957.                  Pauchon Isabelle, 12 décembre 1957.
Bergeron Dominique, 2 décembre 1957.
Lambrecht Marylin, 10 décembre 1957.               LYON :
Demonchy Laurent, 10 décembre 1957.                Poli Dominique, 31 octobre 1957
Jannin Serge, 14 décembre 1957.
Dehorter Marcel, 21 décembre 1957.                 MARSEILLE :
Dourdent Marie-Noëlle, 23 décembre 1957.           Berger Christiane, 10 octobre 1957.
Loonis Mercédès, 26 décembre 1957.                 Albrand Anne, 13 novembre 1957.
Naels Dorothée, 28 décembre 1957.
Pagny Pascal, 18 décembre 1957.                    NANTES
                                                   Maitre Jean, 8 novembre 1957.
                                                   Yvin Thierry, 24 décembre 1957.
LAVERA :
Gambaccini Ginette,19 octobre 1957.                de la Fouchardière Gaël, 31 décembre 1957.
Torres Sylvie, 20 octobre 1957.                    Portenguen Alain. 18 décembre 1957.
Rancurel Yvette, 3 novembre 1957.                  Bourry Bruno, 31 décembre 1957.
Balzano Gérard, 2 novembre 1957.
Dupeyre Patrick, 16 novembre 1957.                 S.M.BP. :
Poiana Jean-Marc, 13 novembre 1957.                Burguin Serge, 5 juillet 1957.
Cros Patrick, 10 novembre 1957.                    Rey Philippe, 23 juillet 1957.
Maillet Robert, 3 décembre 1957.                   Nicolas Michèle, 23 août 1957.
Perez Raymond, 22 décembre 1957.                   Le Guen Françoise, 23 septembre 1957.
Ruiz Danielle, 23 décembre 1957.                   Vallée Christine, 29 septembre 1957.
Piris Daniel, 10 décembre 1957.                    Galand Serge, 2 octobre 1957.
                                                   Le Saux Brigitte 22 octobre 1957.

PARIS-CENTRE :
Vaissaire Cyrille, 19 octobre 19S7.
Biasini Charles, 30 octobre 1957.
Leclerc Christine, 29 octobre 1957.
Maillot Michel, 20 octobre 1957.
de Montety Louis, 3 novembre 1957.
Metenier Jean-Paul, 27 novembre 1957.
Damez Catherine et Louis, 9 décembre 1957-
Blin Christian, 1er décembre 1957.
Bourgogne Ghislaine, 27 décembre 1957.
Fritsch Claude, 27 décembre 1957.


                                                                                                58
                                              MARSEILLE :
Pencalet Françoise, 22 octobre 1957.          M. Thiery Gilbert, le 26 septembre
Le Foll Thierry, 22 octobre 1957.             1957.
Le Faucheur Patrick, 2 novembre 1957.
Hoez Jean-Luc, 3 novembre 1957.               S.M.BP. :
Violet Clotilde, 12 novembre 1957.            Cecchini Marcel, 21 août 1957.
Le Tenoux Johan, 14 novembre 1957.
                                              Philippon Jean-Pierre, 8 août 1957.
Bonamy Élisabeth, 20 novembre 1957.
Olsen Luc, 29 novembre 1957.                  Raoul Marcel, 10 septembre 1957.
Le Peuch Didier, 5 décembre 1957.             Le Losq Alain, le 14 septembre 1957.
Lemercier Bertrand,5 décembre 1957            Le Gall Jean-Eugène, 5 octobre 1957.
Hesters Vincent, 5 janvier 1958.              Martel André, 28 septembre 1957.
Cordillet Sophie, 8 janvier 1958.             Durant Guy, 26 octobre 1957.
Helyon Josette, 12 janvier 1958.              Quemeneur François, 28 novembre
Ballot Catherine, 20 janvier 1958.            1957.
Herviou Chantai, 22 janvier 1958.             Brudey Edward, 7 décembre 1957.
Le Gregam Thierry, 24 janvier 1958.           Blond Michel, 21 décembre 1957.
Colin Jean-Jacques, 29 janvier 1958.          Souquet Louis, 27 décembre 1957.
Gilabert Marion, 14 janvier 1958.

    Toutes nos félicitations aux heureux         Tous nos vœux de bonheur aux
parents.                                      nouveaux mariés.



                                                            DÉCÈS
            MARIAGES
                                              SIÈGE SOCIAL
SIÈGE SOCIAL :                                M. Lallement Georges, le 20
Mlle Molho Éliane                             novembre 1957.
devient Mme Goupil des Pallières, le 6
décembre 1957.                                LAVERA :
M. Eme Charles, le 21 décembre 1957.          M. Richerme Léon, le 8 novembre
M. Gelpi Auguste, le 7 décembre 1957.         1957.
                                              M. Lespagnol Marcel, le 25 décembre
                                              1957
LAVERA :
                                              M. Cazerta Antoine, le 14 décembre
Mlle Chapelle Huguette
                                              1957.
   devient Mme Le Roux Gérard, le 16
   novembre 1957.
Mlle Chapelle Janine                          NANTES :
   devient Mme Niederlander, le 16 novembre   Mlle Boulain Odette, le 26 décembre
   1957.                                      1957.
M. Linares Pierre, le 12 novembre 1957.
M. Butera Ange, le 9 novembre 1957.           DUNKERQUE :
Mme Balanza M.-Jeanne                         M. Descamps Paul, le 26 décembre
   devient Mme Dinavorian, le 14 décembre     1957.
   1957.
M. Delaporte Pierre, le 16 novembre 1957.      S.M.BP. :
                                              M. Jenouvrier Francis, décédé
DUNKERQUE :                                   accidentellement, le 21 décembre
M. Verbrugghe Michel, le 9 octobre 1957.      1957.
M. Damie Marcel, le 8 novembre 1957.
M. Boulogne François, le 9 novembre 1957          Nous assurons les familles des
                                              disparus de la vive sympathie avec
                                              laquelle le personnel de la S.F. BP
PARIS-CENTRE :                                prend part à leur peine.
M. Leduc Michel, le 7 octobre 1957.
M. Casta Ange, le 16 novembre 1957.


DOUAI
M. Foutrel Roland, le 21 décembre 1957.

BORDEAUX :
Mlle Raffin Gisèle
devient Mme Durneau, le 18 novembre 1957.
M. Dauphole-Fouillet Jean, le 19 novembre
1957
.M. Héraud Jacques, le 14 décembre 1957.


                                                                                     59
LA BOURSE AUX IDÉES
   Aux réunions du 28 novembre 1957 et du 3 janvier 1958, les deux représentants du
   personnel ayant voix consultatives qui ont siégé au Comité des Suggestions furent : MM.
   Goudemetz, du dépôt de Saint-Herblain (Nantes), et Normand, de la région d'Amiens,
   représentant la succursale de Douai.
   Pendant cette période, le Comité a reçu et examiné un total de 67 suggestions ainsi
   réparties :
                                                                    LYON ........................... 3
   DUNKERQUE ..................................11
                                                                    MARSEILLE .................. 1
   LAVÉRA ......................................….16
                                                                    NANTES ........................ 10
   SIÈGE SOCIAL ............................ …..6
                                                                    ORLÉANS ..................... 3
   AMIENS ..................................... …..5
                                                                    PARIS-CENTRE……………1
   DOUAI ........................................…...2
                                                                    REIMS .......................... 1
   GRENOBLE .................................……1
                                                                    ROUEN ......................... 2
   LILLE ...................................................……..4


   Sur ce total, 5 ont mérité des félicitations et 29 ont été primées. Ce sont :

   LAVERA
     • Jean CASTANIER — Dispositif de déclenchement de départs non prioritaires (Réf. 2533),
   • • • Abélard BACHELET — Tirage en imprimerie de formules employées journellement
         dans différents services (Réf. 2539).
   • • • Antoine GARCIA — Modification écrous de raccordement des brûleurs (Réf. 2540).
         • Jean BUTOR — Dame pneumatique pour compostage (Réf. 2541).
         • Joseph FERAUD — Interdiction de passage sur route stockage butane (Réf. 2544).
     • • René RICHARD — Plumes métalliques sur débitmètres (Réf. 2545).
         • Roger DUPONT — Étiquettes rouges pour échantillons dangereux (Réf. 2546).
         • Laurent VAUDO — Tuyauterie pour réaliser le vide dans les cadres (Réf. 2547).
         • Marins CAILLOL — Modification usinage de poulies au P.T.C. (Réf. 2600).
     • • Albert NAVIO — Nettoyage à l'eau chaude des carters moteurs Diesel (Réf. 2601).
   • • • Albert NAVIO — Serrage des bielles sur moteurs Diesel avec clé pneumatique (Réf. 2602).
     • • Simone TOCHE — Modification du permis de feu (Réf. 2603).
     • • Albert STREIFF — Plateau à inclinaison variable pour rectification des opercules
     de vannes (Réf. 2604).


   DUNKERQUE
    • Michel COLLEWET — Visière de protection adaptable sur éprouvette en service (Réf. 2589).
   • • • Maurice GENS — Nettoyage des éléments anti-déflagrants des locotracteurs 400 CV
           (Réf. 2591).
   • • Jacques DELEHAYE — Simplification rapport mensuel (Réf. 2592).
         • Kléber SALOMÉ — Dispositif pour dévoilage du fond et de la face des sièges de
           vannes et clapets (Réf. 2593).
   • • Georges BERNARD et Michel ROSSEL — Dispositif permettant de dresser les
   tubes de cuivre d'une manière parfaite et rapide (Réf. 2594).
   • • André CHANTREAU — Réalisation de tableaux synoptiques pour instruire les
   ouvriers (Réf. 2595).
   • • Conrad DANNEELS — Réfrigérant à circulation d'eau autour du corps de presse-
   étoupe vanne de quench (Réf. 2596).
   • • Conrad DANNEELS — Appareil Brown avec deux échelles pour remplacer 2 Dp Cell
   au topping II (Réf. 2597).


                                                                                                         60
• • • Jean VANDENBOSCHE Appareil permettant le démontage facile des plateaux des tours (Réf. 2598)

NANTES
   • • Pierre BOURRY — Sachets toile pour navettes entre les dépôts et les succursales et régions
       (Réf. 2550) (prime d'attente).
   • • Pierre HARDY — Chargement en source des camions-citernes. Vidange des flexibles
       (Réf. 2552).
   • • M. HERVOCHE — Modification de certaines instructions concernant l'établissement des «Prix
   • de revient» (Réf. 2565).
     • LE BERRE — Indicatif Pétrole BP dans les annuaires de téléphone (Réf. 2583)
     • Léon CLOAREC — Modification carte Stirling-Dépôt 2 1 1 (Réf. 2584).

REIMS
   • • Jacques BOUVET — Recueil d'instructions «Secrétariat Région» (Réf. 2560).

AMIENS
     • Françoise BALLEREAU — Support pour timbres caoutchouc (Réf. 2561).

    • représente les primes inférieures à 5 000 F
  • • représente les primes comprises entre 5 000 F et 20 000 F
• • • représente les primes supérieures à 20 000 F.



                                                          *
PLATEAUX DE FONTE DANS DES MAINS DE VELOURS
La fonte, cela casse: tout le monde le sait. Les équipes mobiles d'entretien des raffineries le savent aussi,
surtout quand il s'agit pour elles de démonter les plateaux des tours, pour un programme d'inspection.
La méthode couramment employée utilisait un « pull-lift», sorte de palan à levier qu'on manoeuvrait à la main,
du trou d'homme. Sans être un outil barbare, le pull-lift travaille en myope : il ne se rend pas toujours compte
de l'élasticité du plateau; il ne prévient pas des ruptures d'élingues; surtout il ne souffre pas de résistance de la
part des éléments de fonte, souvent corrodés et collés entre eux par l'action quotidienne des gaz et des liquides
à de hautes températures. Si bien qu'en 1956, par exemple, le démontage du seul reforming s'est soldé par la
casse de 50 éléments de plateaux. Pour remédier à ces inconvénients, on avait pensé à remplacer la fonte par
de l'acier inoxydable. Mais le prix de revient trop élevé de ces plateaux d'acier en avait empêché l'adoption. La
fonte demeurait : il fallait trouver le moyen de ne plus la casser.
M. Jean Vandenbosche, qui fait partie des équipes mobiles d'entretien, mit alors au point, en juillet dernier, un
nouveau dispositif de décollage qui évite le bris des plateaux : son appareil prenant appui sur deux éléments, 1
et 3 par exemple, permet de séparer l'élément intermédiaire, le 2, grâce à deux tirants en forme de T, qui le
soulèvent par le simple vissage d'écrous
spéciaux. Cet équipement, qui permet aussi
une économie de temps appréciable et qui
est, au surplus, d'un prix de revient
négligeable, est déjà adopté à Dunkerque. Il
a valu à son inventeur, M. Jean
Vandenbosche, une prime substantielle
que M. Ventajou lui a remise en
présence de M. Codron, président de la
Commission des suggestions de Dunkerque
et de M. Pladys, chef de secteur des équipes
mobiles. M. Pladys, comme en témoigne
notre photo, et M. Debeirdt, son
contremaître, sont particulièrement heureux
de voir récompenser un si bon ouvrier. La
toute jeune Madame Vandenbosche, qui n'a
pas encore fêté son premier anniversaire de
mariage, n'en fut pas, on s'en doute, la
moins heureuse. Le Trait d'Union se fait
l'écho de tout le personnel de la Société, et
spécialement de ses nombreux camarades,
pour féliciter chaleureusement M. Jean
Vandenbosche.




                                                                                                                        61
  LA
RÉGION
  DE
ROUEN
 (Suite de la p. 37)




     Ce dindon semble fier d’appartenir à
     une ferme aussi prospère !



     de 1954 à 1955 L'extension de ce trafic, qui prouve le        variété de marchandises. Enfin les bassins à niveau
     tonus des industries régionales, porte notamment : aux        constant sont constitués par les sections du canal de
     importations, sur les phosphates, les pyrites, le vin, aux    Tancarville. Un parc de stockage de 14.000 m² abrite un
     exportations, sur les houilles de Lorraine, les gypses, les   monde de produits depuis le coton jusqu'aux bois
     bois, les pâtes de bois, les machines, les tissus, les        exotiques, sans oublier nitrates et phosphates.
     céréales, les sucres. Le trafic maritime général atteignait
     déjà 6.760.000 t en 1954, chiffre dépassé seulement en        18 KILOMÈTRES DE OUAIS.
     France par Le Havre et Marseille. Mais, fait                  Le Havre demeure encore loin derrière un port comme
     remarquable, si l'on prend soin de déduire pour ces deux      Anvers et pourtant voici quelques chiffres qui ont bien
     derniers ports le tonnage des produits pétroliers, on         leur éloquence et qui peuvent rivaliser, à peu de chose
     s'aperçoit que Rouen vient alors en tête pour l'ensemble      près, avec ceux concernant Marseille : 18.000 m de
     des autres marchandises. Et les plus récents                  longueur de quais, 135 postes, 187 grues de quais et
     renseignements statistiques viennent confirmer cette          portiques, superficie des magasins : 180.000 m², nombre
     constatation.                                                 de remorqueurs : 23.
                                                                   En ce qui concerne le trafic, la jauge nette moyenne des
     UN PORT MARITIME DU A FRANÇOIS Ier                            navires entrés et sortis est passée de 2.487 t en 1938 à
                                                                   4.262 t en 1954. Bien que le « Queen Mary » et le
     Au port de Rouen, il est impossible de ne pas associer        « Queen Elizabeth » fassent escale à Cherbourg. Le
     immédiatement son frère jumeau Le Havre, tous deux            Havre attire surtout les navires anglais. Toutefois les
     demeurant liés par la Seine et son estuaire. Il est peu de    Américains sont toujours des clients importants. Après
     ports français qui aient connu depuis la dernière guerre      la guerre, Le Havre connut un démarrage foudroyant
     une transformation aussi profonde de leurs activités que      pour son trafic marchandises (pétrole non compris), qui
     Le Havre. Contrairement à celui de Marseille qui étend        monta en flèche à un rythme d'environ 2 millions de
     le réseau de ses bassins le long de la Méditerranée, Le       tonnes par an. Depuis 1951, ce chiffre tend à plafonner.
     Havre se présente sous la forme d'un bloc fortement           Néanmoins Le Havre conserve dans l'ensemble un trafic
     soudé. Il comporte trois genres de bassins; bassins de        atteignant les deux-tiers environ du trafic marseillais
     marée, bassins à flot, bassins à niveau constant. Les         pour les tonnages débarqués, ce qui n'est déjà pas si mal.
     premiers sont affectés aux bateaux de grande dimen-           Si l'on passe à la ventilation des matières ou produits
     sion : tankers chargés d'huile végétale, cargos porteurs      débarqués, on trouve que les hydrocarbures et le
     de latex et de mélasse. Les installations pétrolières sont    charbon viennent en tête : 8.720.000 t de pétrole en
     partagées entre la Compagnie Industrielle Maritime et la      1954 (contre 3.256.000 en 1938), en provenance surtout
     Société Havraise de Manutention des Produits                  de la Syrie-Liban et du Golfe Persique, et 141.000 t de
     Pétroliers, chacune spécialisée dans un trafic particulier    charbon. Quant aux « marchandises diverses » (café,
     des carburants. Les différents bassins sont proportionnés     coton, bois, rhums, etc.). leur poids se chiffre à
     au tonnage, sans cesse croissant — de 18.000 à 55.000 t       1.200.000 t. Au résumé, Le Havre est l'un des premiers
     — des tankers qui amènent le pétrole. Ces ouvrages sont       ports d'Europe pour le café, et l'un des principaux
     bordés par un parc de stockage servant d'entrepôt-relais.     marchés du continent pour le coton. Il est également le
     Une station de pompage, au départ des bacs de stockage        gros fournisseur des industries textiles de la région de
     (300.000 m³ ) assure le refoulement du pétrole dans les       Rouen et des Vosges. Les billes de bois rare passent par
     pipe-lines qui desservent les raffineries de la Basse-        Le Havre avant d'atterrir faubourg Saint-Antoine et la
     Seine ou directement Paris. Cinq gares maritimes —            plupart des cargos de riz et de caoutchouc déchargent au
     dont celle de la Compagnie Générale Transatlantique —         Havre.
     occupent les quais réservés aux grands paquebots. Enfin       Il ne faut pas perdre de vue enfin l'importance du trafic
     les bassins de marée comportent aussi des formes de           passager. Les liaisons avec l'Atlantique Nord, les
     radoub susceptibles d'accueillir les grands navires ayant     Antilles et l'Amérique du Sud ont fait du Havre un port
     besoin de réparations. Les bassins à flot sont réservés       de grande navigation. Le mouvement des passagers se
     aux long-courriers et, d'une façon générale, aux navires
     de petit tonnage. Un chai à vin (12.000 hl) et des
     entrepôts aménagés par la Société des Docks
     frigorifiques du Havre sont prêts à recevoir une grande                                                                    62
des passagers se traduisait, en 1954, par le chiffre de 149.000 personnes         Bien que la Basse-Normandie — dans laquelle figurent le Calvados et
auquel il faut ajouter 54.000 passagers correspondant à la navigation à           l'Orne — soit essentiellement agricole, la grosse industrie y occupe une
moyenne distance. On pourrait croire que le développement du trafic               place notable sur le plan national. C'est que le sous-sol y est aussi riche que
aérien a nui au passage maritime. Il n'en est rien d'après les chiffres fournis   la surface et le minerai de fer, notamment (d'une teneur de 45 à 55%)
par la direction de la Compagnie Générale Transatlantique : accroissement         abonde dans la vallée de l'Orne, aux mines de Soumont et aux abords de
de 50 % du nombre des passagers en 1956 par rapport à 1937.                       Saint-Remy (240.000 t par an, 5% de la production française). La présence
                                                                                  de ces gisements a permis le développement de la Société Métallurgique de
UN COMPLEXE DÉFINI PAR BONAPARTE.                                                 Normandie qui, à Mondreville, près de Caen, produit 350.000 t d'acier par
Et maintenant il est temps de répondre à une question du plus haut intérêt        an, soit 3% de la production française. 4.500 ouvriers travaillent dans ses
pour l'étude de cette région : y a-t-il un complexe Rouen-Le Havre?               aciéries Thomas et Martin, autour de ses laminoirs et de ses tréfileries.
Bonaparte, lorsqu'il était encore Premier Consul, en 1802. semble avoir           L'effort de reconstruction, après destruction complète en 1944, a été
répondu par avance en déclarant sur les quais du Havre dont il était venu         remarquable. La métallurgie du cuivre et des alliages légers est ici
inspecter les travaux : « Paris. Rouen, Le Havre ne forment qu'une même           représentée par deux usines, à Dives-sur-Mer et Rai-sur-Tillières. Près de
ville, la Seine en est la grande rue. » Il n'est pas douteux, en effet, que Le    Caen sont installés également les hauts fourneaux de Pompey. Enfin la
Havre et Rouen tout en se livrant à une sévère concurrence sont                   Nobel Française fabrique du celluloïd près d'Honfleur et une usine
complémentaires, ne serait-ce que du fait de la topographie normande, et          d'engrais chimiques est installée près de Caen. L'industrie textile est très
ce n'est pas seulement par suite d'un heureux hasard que l'activité de ces        ancienne en Basse-Normandie mais elle a surtout pris de l'extension depuis
deux ports a progressé dans une forte proportion par rapport à 1938, alors        1870. La laine a pour centres Lisieux et Vire, le coton Flers, la bonneterie
que — sauf Gênes et Copenhague — beaucoup d'autres grands ports                   Caen et Falaise. Presque tout le trafic industriel et agricole se fait par le
européens n'ont pas encore retrouvé leur activité d'alors. D'ailleurs, il         port de Caen relié à la mer par un canal maritime de 14 km accessible aux
résulte d'une étude pertinente à laquelle s'est livré M. Jean Morisot que, si     bateaux de 6.000 tx, ce qui permet à la Société Métallurgique de
l'on étend le complexe Rouen-Le Havre à Honfleur et Pont-Audemer, on              Normandie, par exemple, de recevoir son coke et d'expédier ses aciers. Le
constate que 40 % du trafic maritime et fluvial français passe par la Basse-      port d'Honfleur, délivré de sa vase, joue aussi un rôle important dans le
Seine. Par son équipement commercial et bancaire (entrepôts, marchés,             trafic.
Bourse) le complexe Le Havre-Rouen exerce une fonction régulatrice                LE GARDE-MANGER DE PARIS.
extrêmement intéressante pour l'Europe, tandis qu'entre les deux villes se
développe toute une gamme d'industries lourdes et de transformation que           La Normandie est un peu le garde-manger de Paris. Son élevage, ses
nous avons déjà sommairement indiquées et auxquelles il convient                  fromages, ses fruits lui ont établi une solide réputation gastronomique et ce
d'ajouter celles que nous signalerons tout à l'heure autour du Havre même.        n'est pas pour rien qu'une corne d'abondance était jadis la marque des
M. Jean Morisot envisage donc avec une certaine complaisance « le rôle            faïences du vieux Rouen. C'est dire que le potentiel agricole de la région
des ports séquaniens dans l'économie future d'une Europe fédérée de 200           n'est pas moins important que son potentiel industriel.
millions d'habitants où la suppression des barrières douanières et                Et d'abord une constatation qui vaut pour la Normandie tout entière : la race
l'aménagement des transports auront créé le cadre nécessaire ». Alors. « les      bovine normande est de très loin la plus importante des 30 races françaises.
entrepôts frigorifiques ayant encore été perfectionnés, le trafic, déjà           Avec ses 3.500.000 têtes, elle constitue plus de 20% du total des effectifs. A
substantiel, entre les deux Amériques et la Suisse, s'étendra à tous les pays     elle seule elle a contribué pour moitié à l'augmentation du cheptel français
d'Europe Centrale, dont l'Allemagne, et la mise en valeur de l'Afrique noire      enregistrée depuis 50 ans, et elle participe pour plus d'un quart à la
viendra encore compléter cet ensemble. » Nous avons fait tout à l'heure           production totale de lait et de viande en France.
allusion à la zone industrielle de l'agglomération havraise; quelques             Dans la Seine-Maritime, le pays de Caux, qui correspond à peu près au
chiffres en diront l'importance. Les industries métallurgiques et                 triangle Rouen-Dieppe-Le Havre, convient à toutes les cultures, notamment
mécaniques occupent environ 12.000 salariés et se répartissent en deux            à celle du lin. Son troupeau bovin est réputé. A l'est, le pays de Bray
groupes : l'un orienté vers la construction et l'armement des navires, l'autre    comporte essentiellement des herbages, clos de haies, et donne lieu à une
spécialisé dans la mise en œuvre des métaux en vue d'appareillages                production de beurres et fromages renommés. La vallée de la Seine, souvent
électriques. C'est à ce dernier groupe qu'appartient la société des «             forestière, se recommande par ses exploitations fruitières. Les grosses
Tréfileries du Havre». Les industries du Bâtiment et des Travaux Publics          exploitations agricoles sont rares, les petites et les très petites forment la
font vivre 7.500 salariés. Enfin les industries diverses — parmi lesquelles       grande majorité. On peut compter en chiffres ronds 20.000 exploitations
celles des hydrocarbures, où l'automation permet un personnel rela-               occupant 30.000 ouvriers et 15.000 ouvrières, d'une façon plus ou moins
tivement réduit — emploient environ 7.000 personnes.                              saisonnière. Si les surfaces consacrées à la betterave industrielle et au lin ont
                                                                                  tendance à se stabiliser, par contre celles consacrées au blé, aux pommes de
DE DIEPPE A CAEN EN PASSANT PAR ELBEUF.                                           terre et aux herbages — ces derniers surtout — sont en nette augmentation.
Le port de Dieppe assure un important trafic de voyageurs, spécialement           Par exemple, les prés naturels qui couvraient 38.500 ha entre 1930 et 1939
entre la France el l'Angleterre : 357.000 passagers en 1954. Seuls                en couvraient 51.000 en 1955 et la production (en sec) avait plus que
Marseille, Calais et Boulogne surpassent Dieppe dans ce domaine. C'est            doublé. La production du cheptel laitier était évaluée cette année-là à
également un centre important de « pêche fraîche » qui a suscité l'éclosion       5.000.000 d'hectolitres.
de nombreuses entreprises d'armement. Mais Dieppe est devenu surtout,             La physionomie du département de l'Eure, moins peuplé et moins
grâce à d'importants aménagements réalisés par la Chambre de Commerce,            industrialisé, est assez différente. La surface des terres utilisables par
un très grand port fruitier, et plus particulièrement, le premier port            l'agriculture (sauf bois et forêt) est de 70%. Celte surface utilisable se
bananier d'Europe, puisqu'il peut faire face à un déchargement de 120.000 t       répartit entre 63 % de terres labourables et 37 % d'herbages. Bien entendu
par an (17.000 régimes par heure de travail!). Pour les fruits autres que les     ces proportions varient selon les secteurs : le Pays d'Ouche et le Lieuvin, par
bananes, une moyenne de 50.000 t peut être considérée comme acquise.              exemple, comportent beaucoup plus d'herbages que de cultures, le contraire
Port de pêche également, Fécamp, qui reçoit annuellement 25.000 t de              se produisant autour d'Évreux et sur le plateau de Neubourg.
morue et 5.000 t de poissons divers, a fait naître autour d'elle — comme
Dieppe d'ailleurs — toutes les industries dérivant de cette forme
d'exploitation de la mer.
A Bolbec s'était concentrée une part importante de l'industrie cotonnière de
la région qui occupait à peu près 7.000 salariés ; mais, soit à la suite des
destructions de guerre, soit du fait d'une modernisation insuffisante,
beaucoup d'établissements ont cessé leur activité et aujourd'hui cinq usines
seulement occupent encore 2.300 salariés. Par contre l'implantation des
raffineries de pétrole, dont il a été question plus haut, a apporté une notable
compensation à cette diminution d'activité industrielle. Le réport s'est fait
une spécialité dans l'industrie de la verrerie, à telle enseigne qu'une bonne
part du flaçonnage de luxe destiné à la parfumerie sort de la vallée de la
Brade.
Née au XVe siècle, sous une forme artisanale, l'industrie textile ne prit son
essor qu'au XVIe et surtout lorsque Colbert créa le « Bureau de la
Manufacture Royale du drap d'Elbeuf ». En 1955, l'agglomération
elbeuvienne comptait 47 firmes textiles groupant 16 activités différentes
tournées chacune vers une spécialité technique. Elle produisait 2.300 t de «
filature cardé », 600 t de « filature peigné ». 2.300 t de tissage et occupait,
en tout, 5.000 salariés. Bien qu'elle ait cruellement souffert de la guerre, la
région a retrouvé sa vitalité et conservé le prestige que lui vaut la qualité
traditionnelle de ses produits. D'autres industries se sont implantées autour
d'Elbeuf : confection, imprimerie, bâtiment, plastiques, métallurgie,
brasserie. Elbeuf est également un centre de négoce tant pour le charbon
que pour les draps. En étroite liaison avec Elbeuf, Louviers est resté un
centre textile lainier et occupe 1.500 ouvriers. D'autre part, il faut
également signaler que l'industrie de transformations des métaux, sous des                      Le jet puissant vers le ciel de l’Abbaye-aux-Hommes.
formes très variées, est représentée dans le département de l'Eure,
notamment autour d'Évreux, dans le triangle Verneuil, Breteuil, Rugles,
ainsi qu'au long des vallées de l'Eure et de l'Andelle et du côté de Vernon.

                                                                                                                                                               63
L'augmentation du rendement en blé, 7 qx à l'hectare, est la           AUTOUR DU FRUIT DÉFENDU.
plus spectaculaire qui ait été enregistrée en France. La culture
de l'orge et de l'avoine se développe et des essais sont effectués     Il est assez difficile de trouver une carte postale de la
pour l'introduction du maïs. On manque de précisions sur la            Normandie où ne figure pas un pommier en fleur... C'est que le
production laitière qu'on estime cependant, approximativement,         pommier est un peu l'ornement symbolique de cette province
à 2.250.000 hl. L'aviculture représente, dans l'Eure, un élément       privilégiée mais aussi une de ses richesses naturelles. Disons
très appréciable de l'économie rurale.                                 tout de suite que la production des pommes est légèrement
Dans le Calvados, le Bocage et le Bessin, qui forment la partie        inférieure à celle d'il y a quinze ans pour nos quatre
occidentale du département, sont voués particulièrement aux            départements: 5.845.000 qx contre 6.141.000 en 1939.
prairies et herbages — quand ce n'est pas à la forêt, comme            L'exportation étant pratiquement nulle, et la consommation « au
dans le Bocage — et les labours n'y couvrent que 16 % du               couteau » limitée aux populations locales, restent le cidre et
territoire agricole. Par contre la plaine de Caen et de Falaise est    l'eau-de-vie.
le domaine de la grande culture puisque 48 % de la surface             Pour le premier la chute de consommation nationale taxée,
utilisable sont consacrés au blé, à l'orge, aux betteraves et au       d'après les experts, permet d'estimer que la consommation en
lin. Deux sucreries importantes, à Courseulles-sur-Mer et à            franchise, évaluée à 20.000.000 d'hectolitres avant 1914, a pu
Cagny, produisent ensemble environ 20.000 t de sucre par an.           descendre à 8.000.000 d'hectolitres. Les récoltes de fruits sont
Nous avons déjà dit un mot du pays d'Auge, si pittoresque;             donc devenues excédentaires et l'État a résorbé les excédents
ajoutons que les prairies naturelles y couvrent 90% du territoire      par la production de l'alcool. Mais le « Calvados », dont
agricole, ce qui permet l'entretien d'un cheptel laitier               l'appellation contrôlée est limitée au pays d'Auge, et les eaux-
extrêmement dense.                                                     de-vie dites « de bouche », ne représentaient en 1954 que
                                                                       40.000 hl à peine, alors que la production d'alcool pur
AU ROYAUME DU BEURRE ET DU FROMAGE.                                    « provenant de la distillation de fruits à cidre » atteignait, la
                                                                       même année. 413.700 hl. Et l'exportation est très irrégulière,
L'industrie laitière occupe dans le Calvados une position              sans parler du prix de revient exorbitant de l'alcool. Toute une
prédominante et l'on peut dire qu'en dépend l'existence des 2/3        campagne serait donc à préconiser pour une meilleure
de la population agricole. Du point de vue social, les produits        exploitation du pommier normand et de ses sous-produits, en
laitiers font vivre plus de 8.000 personnes travaillant soit           particulier par une transposition des qualités « à cidre » vers les
comme vachers dans les fermes, soit comme ouvriers dans les            qualités « au couteau » en même temps que devrait être
usines transformatrices. L'industrie laitière a permis de retenir      résorbée la distillation clandestine.
dans la région 10.000 producteurs qui, limités aux autres
produits du sol, n'auraient pu continuer à en vivre. En 1932, le       LA NORMANDIE. CARREFOUR DU GRAND TOURISME.
Calvados produisait déjà 10.000 t de beurre. 48.000.000 de
camemberts, 600.000 pont-l'évêque, 400.000 livarots,                   Placée à mi-chemin de l'Angleterre et de Paris, la Normandie
alimentant Paris et une partie de la France. L'origine du              est vouée à une activité touristique considérable. En été,
camembert est entourée d'une légende qui fixe sa création à            Parisiens et Anglais se retrouvent sur les plages de la côte qui
l'époque de la Convention où une certaine Mme Harel aurait             vont de Dieppe à Arromanches, en passant par Deauville. Mais
reçu d'un prêtre réfractaire la mystérieuse recette. Aujourd'hui       la campagne normande, ses abbayes, ses châteaux attirent aussi
une véritable industrie, protégée par un syndicat ayant son siège      une foule de visiteurs, ne serait-ce que pour le week-end rendu
à Lisieux, s'est implantée dans le Calvados. Une soixantaine           facile par la faible distance qui sépare la Normandie de la
d'entreprises, les plus petites traitant moins de 2.000 litres de      capitale. Et qui ne sait qu'à deux pas de la « Suisse normande »
lait par jour, les très grandes plus de 20.000 litres (Parmi           et de la forêt normande, dont Édouard Herriot a dit les
lesquelles Dupont d'Isigny, Gervais. Nestlé), fabriquent du lait       mystérieuses beautés, une station entre toutes efficace,
de consommation, de la crème, du camembert, du hollande, du            Bagnoles-de-l'Orne, attend le citadin surmené?! Il serait
lait concentré ou en poudre. Différentes entreprises traitant la       impardonnable de terminer cette brève étude normande sans
caséine et le lactose sont venues également se greffer sur celles      saluer la renaissance de l'Université de Caen dont la création
du beurre et du fromage.                                               remonte à la Guerre de Cent Ans (1432) et qui eut l'honneur de
Les herbages représentent 60 % du territoire agricole dans             compter des maîtres illustres comme Henri Poincaré. A peine
l'Orne, qui, de ce fait, apparaît, ainsi que la Manche, comme le       sortie des ruines de la guerre, elle constituera désormais un des
berceau de la race bovine normande d'une pureté incomparable           plus magnifiques « blocs » modernes voués à l'enseignement de
dans ces deux départements. L'élevage des chevaux de course et         plus de 3.000 étudiants. Facultés de Lettres, de Sciences, de
de selle, centralisé aux haras du Pin, occupe toujours une place       Droit, de Médecine, instituts divers adaptés à l'économie
prépondérante et, sur le marché international, les pur sang et         normande, bibliothèque, Cité universitaire, tout cela formera un
demi sang normands gardent tout leur prestige. Dans les plaines        ensemble homogène aménagé selon les lois de la plus récente
d'Alençon et d'Argentan, les pâturages cèdent la place au blé et       technique. Un parc normand prolongera ce bloc et le reliera aux
aux oléagineux. Trois remarques s'imposent pour l'ensemble de          jardins du château. Ainsi le présent et l'avenir se trouveront-ils
la Normandie agricole, d'abord la répartition de la propriété          rattachés à la plus lointaine tradition et le rayonnement
entre un grand nombre de possédants. Les grandes exploitations         intellectuel de la région pourra-t-il reprendre, avec tout l'éclat
sont en nombre infime et, comme dans la Seine-Maritime, la             voulu, à travers l'Europe, donnant à l'expansion économique
moyenne se situe autour de 20 ha. Ensuite le mode                      normande son poids et sa nuance particulière.
d'exploitation : le fermage domine, le faire-valoir direct vient
après, le métayage est presque inconnu. Enfin, depuis dix ans,                                                          Georges PHILIPPE.
on note des augmentations de rendement à l'hectare, tant pour
les céréales que pour les herbages, qui méritent d'être citées en
exemple et qui en disent long sur les efforts et la science d'une
élite de jeunes agriculteurs, laquelle paraît décidée à bâtir une
économie agricole digne du futur marché européen.                     A Bayeux, le gothique normand a flamboyé sur des bases romanes




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65
  LE TRAIT D’UNION
  NORD-AFRICAIN




         LAVÉRA
         MAISON
         CARRÉE
  8 0 0 k i l o m è t r e s d e
s o l i d a r i t é a v e c c e u x
          d u p é t r o l e


                                      L  e Commandant Lesigne a les yeux fixés sur
                                      l'horizon. Il aime sentir sous ses pieds le
                                      frémissement des tôles, entendre le lointain
                                      roulement de tambour de la machine qui bat
                                      la générale pour mener le « Kobad » à la
                                      conquête de la mer et du vent. De roulis, pas
                                      question. Avec son profil de vieux lutteur
                                      taillé à la serpe, le navire fonce dans les
                                      lames sans chanceler. Comme un coin dans
                                      un billot de chêne.
                                      Il a quitté Lavéra, la veille à 3 h du matin.
                                      Autant dire en pleine nuit. Pendant trois
                                      jours, les puissantes pompes de la raffinerie
                                      lui avaient insufflé un sang nouveau et frais.
                                      Pur et vivifiant comme un verre de beaujolais
                                      qu'on boit en claquant la langue. Et de cette
                                      transfusion, le « Kobad » était sorti gonflé de
                                      10.500 tonnes de produits pétroliers destinés
                                      à l'Afrique du Nord. Il y en avait de toutes
                                      sortes : du super, de l'essence normale, du
                                      pétrole lampant, du gas-oil, du fuel…



                                                                                        66
Pas ensemble, bien sûr! Le « Kobad » avait         haut de la cité puis descendent jusqu'au port en
réparti tout cela soigneusement dans ses           cascades de pierre, de verre et de béton. Alors
citernes, comme un pharmacien range ses            apparaissent les célèbres arcades qui bordent le
flacons sur des étagères. A sa disposition : dix   boulevard Carnot, évoquent la rue de Rivoli et
groupes de deux citernes centrales, chaque         ont valu à Alger le surnom de « La Blanche ».
groupe pouvant contenir 1.150 mètres cubes.        Et c'est enfin le port qui monte à son tour avec
Puis cinq groupes de petites citernes latérales,
                                                   ses jetées, ses mâts, ses cheminées et ses
les « summer tanks » comme on les appelle, qui
totalisent 300 mètres cubes par groupe. On peut    panaches blancs pour asseoir et souligner la
même ajouter, pour le coup de l'étrier, les deux   grande pièce montée posée sur l'eau.
citernes additionnelles (420 m3 à elles deux).     Mais, déjà, tout cela commence à s'estomper
Et le « Kobad », repu, avait appareillé, comme     dans le crépuscule. Le Commandant Lesigne a
chaque mois, pour Alger et Philippeville. Dans     fait forcer l'allure pour arriver avant 10 h,
la deuxième quinzaine, il ferait Oran et           l'heure fatidique du couvre-feu à partir de
                                                   laquelle le port est consigné jusqu'à 5 h du
Casablanca, puis recommencerait. Alger.
                                                   matin. Il se méfie, le Commandant. Car une fois
Justement, le Commandant Lesigne vient de          déjà le couvre-feu l'a surpris alors qu'il
l'apercevoir à l'horizon. C'est la ville d'Ys      s'apprêtait à demander pilote et remorqueur
émergeant des flots au fur et à mesure             pour pénétrer dans le port. Mais les ordres
qu'avance le navire. On distingue d'abord les
grands immeubles modernes qui couronnent le



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sont formels. Il lui avait fallu mouiller au large en       décroche l'écouteur. Dans le petit bureau du hangar
attendant l'aurore. Résigné, l'officier de quart avait      où sont stockés fûts et bidons, M. Mechti Hadj qui
commandé : « Mouille tribord ». Et Laboulais, le            veille avec Mallardeau, repousse de la paume la
bosco, avait desserré le frein pour laisser filer la        piste du 421. Car tous deux savent que cette sonnerie
chaîne. Six maillons de trente mètres. Au total, avec       veut dire : « Attention les gars, à vous de passer à
l'ancre, plus de quinze tonnes d'acier s'étaient            l'action. »
enfoncées dans l'eau noire pour crocher dans le fond
et maintenir le bateau à la longe. Comme un cheval          De fait, à l'autre bout du fil, M. Raphanel annonce :
fougueux qu'on maîtrise et protège contre ses propres       — Vous êtes prêts ?
emportements.                                               — Prêts, dit Mallardeau. Les cuves ont été purgées,
Ce soir, au contraire, il est arrivé à temps. Il accoste    qu'est-ce que vous envoyez?
maintenant, avec lenteur et majesté, au quai de
                                                            — Pour commencer, 600 mètres cubes de super.
Lorient où il est attendu. L'agent de Lavéra avait
prévenu, au départ, qu'il se mettait en route, en           — D'accord, allez-y. J'ouvre les vannes sur le bassin
précisant le détail de son chargement. Hier encore,         de décantation.
en pleine mer, le Commandant avait à son tour               Et M. Raphanel raccroche. Mais c'est pour appeler à
télégraphié qu'il était en route et que tout marchait       son tour M. Yaya Amidou, à la station relais, à six
bien, puis confirmé ce matin même en phonie. Au             kilomètres du port.
poste 2, on amarre solidement le « Kobad ». Dans un         — Allo? Prêt à recevoir, dit aussi M. Hamidou. Je
dernier frémissement, la machine stoppe. C'est alors        mets les moteurs au ralenti.
le grand rush des inspecteurs et vérificateurs de
toutes sortes. Car un bateau ne saurait pénétrer dans       Car le problème, c'est de pousser doucement l'eau qui
un port sans montrer patte blanche. Il y a là l'officier    se trouve dans le pipe-line au début de l'opération.
de Santé, chargé, si tout va bien à bord, de délivrer la    Suffisamment vite pour ne pas freiner le super qui
« libre pratique ». Pour cela, le Commandant devra          arrive à la suite, mais pas trop pour ne pas créer un
répondre par écrit à trente-sept questions parmi            vide entre l'eau et le produit.
lesquelles : « Où avez-vous pris votre eau de               C'est un vrai match sportif. Sur le pont du « Kobad »
boisson ?» — « Avez-vous constaté une maladie               et sous le contrôle de l'arbitre, en l'occurrence le
apparente des rats ? » — « Avez-vous constaté la            second capitaine, Bourel et Boutin donnent le coup
présence de moustiques à bord ? » ou « Combien              d'envoi, passent la « balle » à Yaya Hamidou qui
débarquez-vous de cercueils dans notre port? »              transmet à son tour à Mallardeau et Mechti Hadj,
Alors, mais alors seulement, la libre pratique étant        tandis que Raphanel, au volant de sa 4 cv, traverse le
accordée, on pourra faire amener le pavillon jaune et       terrain à toute allure pour arriver le premier dans les
l'autorisation sera donnée de monter à bord ou d'en         buts de Maison-Carrée. Pendant ce temps M.
descendre. M. Raphanel se présente à son tour. M.           Sanchez, qui a repris le téléphone sur le quai de
Raphanel, c'est le réceptionnaire BP, le chef du dépôt      Lorient, reste en liaison constante avec toute l'équipe
de Maison-Carrée. Il y a aussi l'agent de la S. M. BP,      pour assurer le reportage.
M. Morellini, qui cumule cette fonction avec celle de
chef du dépôt Produits Noirs d'Alger. Il est                M. Sanchez annonce les couleurs : les pressions à
l'intermédiaire, le «Trait d'Union» entre le Com-           quai, l'ordre de déroulement du déchargement. Mais
mandant du navire et les autorités du port. C'est lui       Mallardeau et Mechti Hadj savent qu'il ne faut pas
qui retient le poste à l'avance, prévient les intéressés,   moins de deux heures au liquide pour parcourir les
transmet les papiers réglementaires, s'occupe de la         dix kilomètres de pipeline.
douane.                                                     Une demi-heure avant l'arrivée présumée du nouveau
Dans une atmosphère de sacrifice rituel auquel              produit, Mallardeau commence à prélever des
préside un silence religieux, commence la cérémonie         échantillons par les robinets de purge, celui du haut
de la prise des creux. Tout le monde est sur le pont :      et celui du bas. De cinq minutes en cinq minutes.
le Commandant et son Etat-Major, les récep-                 C'est encore de l'eau. Toujours de l'eau...
tionnaires, l'agent de la Maritime BP, la douane. Dix
ou vingt paires d'yeux attentives braquées sur les          Et puis, tout à coup, à la lueur de sa lampe torche,
deux grands prêtres de la cérémonie, MM. Bourel et          Mallardeau a vu changer la couleur dans le récipient
Boutin, pompistes. Règle de jauge en mains, Léon            qui lui sert d'éprouvette. Cette couleur et cette odeur
Bourel et Hervé Boutin mesurent les creux des               ça ne trompe pas.
citernes. Des chiffres volent sur le pont du                — Vas-y Mechti! c'est le super!
« Kobad », aussitôt recueillis par des stylos à l'affût.
Des bouteilles de cuivre descendent par les regards,        Et Mechti Hadj ouvre la vanne de la cuve de super,
remontent gorgées de produit. On annonce des                tandis que Mallardeau ferme celle du bassin de
températures. On compare les échantillons pris au           décantation. L'œil sur le manomètre de pression,
départ. Puis dans le bureau du Commandant, le               l'oreille attentive à la sonnerie du téléphone, tous
degré squatter ou le litre évadé seront vite repérés,       deux passeront la nuit à proximité des vannes. Nuits
cernés, coincés dans les mailles d'un filet                 lumineuses et chaudes de juin, ou nuits d'averse
impitoyable fait de graphiques et de tableaux.              comme en janvier où l'eau montait jusqu'à recouvrir
Pendant ces calculs, on a branché les collecteurs de        tables et chaises dans les bureaux du dépôt. Mais
terre sur ceux du bord.                                     toujours nuits de solitude avec pour seuls
Alors commence l'opération déchargement. Tout est           compagnons les étoiles, pour seule conversation la
réglé comme du papier à musique. Quand le                   voix du téléphone qui dit :
Commandant Lesigne apparaît sur le pont pour
                                                            — Fin de produit. J'attaque la « chasse d'eau ».
donner l'ordre de déclenchement, la sonnerie du
téléphone retentit à dix kilomètres de là, au dépôt de
Maison-Carrée où M. Mallardeau, pompiste,                                                                             68
Nuits de fierté aussi. Car ils savent bien, sans le                contrée moderne et dynamique qu'il est en train de
crier tout le temps, bien sûr, que sans Bourel et                  devenir.
Boutin, Sanchez et Raphanel, sans Yaya Hamidou,                    Et quand, au matin, Mallardeau voit s'encadrer dans
sans Mallardeau et Mechti Hadj, sans le                            la porte du dépôt la jeune silhouette de Bouddour,
Commandant Lesigne, sans ceux du « Kobad » et                      avec sa casquette sur l'oreille et sa veste marine, il
ceux du dépôt, et tous les autres qu'on ne voit pas ce             sait qu'alors il peut aller dormir.
soir, le sang noir ne coulerait pas dans les veines de             Chez les gars du pétrole, la relève est assurée en
l'Algérie. Sans la grande chaîne dont chaque maillon               permanence.
a sa place et son utilité, ce beau pays ne serait pas la
                                                                                                              Léon BRECK




CLUB SPORTIF BP D'ALGER
Au moment où nous écrivons ces lignes, nous nous trouvons à la fin des matches « aller » du Critérium 1 ère et
2 e Division. Après un début prometteur qui nous faisait augurer d'un classement possible aux places d'honneur,
nous avons dû rétrograder quelque peu, par suite de l'absence de joueurs retenus par nos obligations
professionnelles ou le service militaire aux Unités territoriales.
Malgré tout, après 10 matches joués, nous nous trouvons classés 5 e sur 13 équipes, ce qui, dans le fond, est
tout de même un résultat appréciable qui nous a valu déjà de la part de la presse des commentaires favorables.
En effet — et les milieux sportifs le reconnaissent — notre équipe, qui n'a pas toujours, et pour cause, des
facilités d'entraînement, compense cette insuffisance par une volonté farouche de vaincre qui soulève souvent
les applaudissements dans les stades où les pétroliers « vert et jaune » sont suivis par de nombreux supporters.
Nous n'énumèrerons pas tous les matches, ce qui serait peut-être fastidieux. Que chacun sache que notre fanion
continue comme par le passé à toujours se faire mieux connaître du public sportif et souhaitons à notre équipe
de terminer ce championnat à la place qu'elle a su déjà conquérir.



        NOS FAMILLES
        NAISSANCES
        Philippe, fils de M. Vitiello Daniel, adjoint au chef comptable Algérie, Alger le 16 novembre 1957.
        Houria, fille de M. Benchater Ahmed, ouvrier région d'Alger, Alger le 7 décembre 1957.
        Jean et Paul, fils de Mme Barboni Madeleine, employée au Service personnel Siège Social, Alger le 24 décembre 1957.

        Que les heureux parents trouvent ici l'expression de nos très sincères félicitations.

        MARIAGES
        M. Lafifi Tahar, ouvrier région de Philippeville, a épousé le 29 octobre 1957,Mlle Touil Fatima.
        Mlle Joly Alice, sténo-dactylo Siège Social Alger, est devenue, le 21 décembre 1957, Mme Arab.
        Tous nos vœux de bonheur aux jeunes mariés.

        DÉCÈS

        M. Zigha Hamidou, aide-comptable Siège Social Alger a perdu son père le 11 décembre 1957.
        Nous assurons la famille du disparu de la vive sympathie avec laquelle le personnel de nos Sociétés prend part à sa peine.




DISTINCTION
M. Alfred Gomez, chauffeur à la Région d'Oran, 2ème classe à l'Unité Territoriale 0-406, a été décoré de la
Croix de la Valeur Militaire avec étoile de bronze.
" Soldat discipliné et plein de sang-froid ayant pris part depuis plusieurs mois à de nombreuses patrouilles en
quartier dangereux."
                                                                         (citation à l'ordre du régiment) 10-7-57
Toutes nos félicitations à M. Gomez.


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le  trait  d'union
ouest-africain



                                 ABIDJAN perle des lagunes

La ville d'Abidjan s'est intégrée dans le site fort pittoresque de la lagune Ébrié qui se
déploie capricieusement autour de ses quartiers.
Le destin de cette cité comme capitale de la Côte-d'lvoire et grand port d'Afrique
occidentale a été définitivement scellé lors du percement du canal de Vridi qui a fait
communiquer la lagune à la mer, ouvrant le refuge de ses eaux calmes aux bateaux de
haute mer. De cette époque récente — le premier bateau a transité en 1950 — date l'essor
qui a fait d'Abidjan une ville champignon, un centre commercial de première importance
et un grand port de la côte d'Afrique occidentale.
Sa population s'est accrue rapidement pour atteindre 140.000 habitants et sa croissance
n'est probablement pas terminée car une grande partie de ses activités est encore projetée
vers l'avenir.
Les cases en pisés ou en planches recouvertes de tuiles ou de bambous de l'ancienne ville,
ont fait place à des constructions ultra-modernes, à des villas confortables, à des
magasins élégants, ou à des buildings dont certains atteignent douze étages.
Le centre de la ville où d'importants immeubles voisinent avec des bungalows témoins d'un
passé charmant, ressemble, avec ses jardins à la française, son kiosque à musique et la vie
intense qui l'anime, à certaines places de sous-préfectures méditerranéennes.
La plus ancienne artère commerçante d'Abidjan a vu ses boutiques se muer en de vastes
magasins modernes où des étalagistes métropolitaines apportent la présence du goût
français en des vitrines illuminées la nuit.
Enserrée par la lagune, la ville est flanquée de deux faubourgs africains, Treichville et
Adjamé, où s'affrontent les anachronismes inhérents à une évolution rapide.
Toutes les races éburnéennes se retrouvent ici, et mêlent les couleurs de leurs pagnes et
leur mode vestimentaire qui va de la toge romaine à la robe ou au costume européen.
La prospérité de la Côte-d'Ivoire est assise sur la richesse des paysans planteurs africains
qui exportent leur café et cacao sur la Métropole, les Etats-Unis et la Hollande.
L'infrastructure nécessaire à l'évacuation de ces richesses est en grande partie réalisée :
un chemin de fer relie déjà la côte à Robo-Dioulasso et Ouagadougou en Haute-Volta, et
deux excellentes routes bitumées s'enfoncent profondément dans l'est et l'ouest du Territoire
de la Côte-d'lvoire.
Abidjan dispose d'un aérodrome où peuvent atterrir commodément les appareils des
grandes lignes internationales : 2.000 appareils y passent chaque année.




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Enfin, le port en lagune a reçu des installations modernes qui lui permettent actuellement de mani-
puler 850.000 t de marchandises par an.
Les paquebots les plus récents peuvent maintenant accoster au cœur même de la ville, le long d'un




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 quai en eau profonde, ce qui évite aux passagers les surprises, bien connues des vieux
 Abidjanais, du débarquement en rade, par la nacelle suspendue au treuil de déchargement des
 marchandises. Un nouveau pont à triple circulation où passe également le chemin de fer vient
 d'être construit sur un bras lagunaire large de 1 km pour améliorer le trafic croissant entre
 la ville, le port et le quartier populeux de Treichville. Abidjan, cernée par les forêts
 indisciplinées, déployée au milieu de la lagune comme un joyau dans son écrin, poursuit son
 essor vers un avenir commercial de première grandeur.




EN BREF...
   NAISSANCES
   Éric, fils de Mme Laborde, Secrétaire du dépôt môle 8, à Dakar, le 28 Août 1957.
   Bertrand, fils de M. Larmoyer, Chef du service de publicité à Dakar, le 11 Novembre 1957.
   Que les heureux parents trouvent ici l'expression de nos sincères félicitations.

   ARBRE DE NOËL
    Le traditionnel Arbre de Noël apporte aux enfants dakarois surprise et joie.




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Noms cités, mais n’apparaissant pas lors d’une recherche :
p 22 : MM. Beaugier, Dumas, Torillec, Fossier, Basil Jackson, René Rey, Guillaume.
    P 22
p 23 : MM. Magnoac, Boullet, Besse, Gass, Tottenham Smith, Boyer, Dummett.

p 24 : MM. Rimbaut, Fangio, Chaumay, Guynemer, de la Croix, Kachler, Tayon.

p 25 : MM. de Montety Stirling Moss, Jean Pelletier, Raymond Piot, Roux de Bézieux, Behra, Tricoire.

p 65 : MM. Agricole, Faucher, ; Guyot Gérald, Lemartinet, Guyot René, Habrial, Boutaud, Berthet, Foucher,
           Hadengue, Meheut, Bouhourd, Chevalier, Breugnot, Marreaud, Varin, Regnier.

      Mmes. Noël-Cadet, Guérin, Hennion.


      Melles. Biville, Martinez, Quellier, Gaillard, Lisowski.

								
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