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                         (CREFIMA)




                        MARCHE DES CAPITAUX




Thème : « Le marché de change est il indispensable dans le fonctionnement
d’un pays »? Argumentez




                        T.P Préparé par :
                            ISMA, Yves




                     Professeur : Dr. MPOUO, Bruno




                                                              Mars 2009




                                                                            0
THEME: «Le marché de change est-il indispensable dans le fonctionnement d’un pays»?
        Argumentez.



Sommaire


Introduction………………………………..………………………………………………2

1.1.- Le marché de change………………………………………………………………..3
      1.1.1.- Histoire……………………………………………………………………...3
      1.1.2.- Définition …………………………………………………………………...3
      1.1.3.- Caractéristiques……………………………………………………………..3
      1.1.4.- Arbitrage International……………………………………………………...5

1.2.- Système monétaire international et les régimes de change…………………………5

1.3.- Importance économique du marché de change……………………………………..5
       1.3.1.- Indicateurs économiques……………………………………………………6
       1.3.2.- Liens entre les variables économiques……………………………………...6
       1.3.3.- Rôle économique des taux de change……………………………………….9

1.4.- Fonctionnement du marché de change………………………………………………9
       1.4.1.- Organisation du marché…………………………………………………….9
       1.4.2.- Operations de change………………………………………………………10
       1.4.3.- Traitement d’une opération de change………………………………...…..13
       1.4.4.- Typologie des acteurs……………………………………………………...14

1.5.- Rôle et Impact du marché de change ………………………………………………16

1.6.- Exemple de la situation de change haïtienne……………………………………….16
      1.6.1.- La monnaie haïtienne……………………………………………………….16
      1.6.2.- La BRH et le contrôle de change…………………………………………...17
      1.6.3.- Historique de l’adoption du système de change flottant………………….17
      1.6.4.- Evolution du taux de change……………………………………………….18

Conclusion……………………………………………………………………………….19

Références ……………………………………………………………………………….19




                                                                                  1
INTRODUCTION



Nous évoluons dans un monde contemporain où les ajustements sont perpétuels, où
l'avancement des technologies amène constamment des changements, et où les secteurs
industriels comme les pays cherchent sans cesse à s'assurer de nouveaux avantages. Dans
ce contexte, le marché de change comme étant un système commercial et financier
libéralisé et né pour faciliter le commerce international et les transactions financières
grâce à l’échange de devises. Sur ce, ce marché est à l'évidence l’une des meilleures
voies qui puisse donner un élan favorable à la croissance et la prospérité d’un pays.
Toutefois, il est indispensable que ces différents acteurs adhèrent à un ensemble commun
de règles et de politiques qui soient profitables au marché afin de bénéficier d'une solide
expansion économique à l'échelle internationale.

Sur ce, les indicateurs économiques occupent une place non négligeable au sein la sphère
financière; Les mouvements des marchés sont donc pour une bonne part orientés par les
fondamentaux de l'économie. En effet, les cours de monnaie fluctuent intensément ou
relativement selon la portée de l'indicateur, taux de change, produit intérieur but,
consommation des ménages, investissement, salaires ou prix...Ces derniers font à leur
tour l'objet de prévisions pour établir un lien direct entre les variables financières et le
marché de change. Alors, est ce que ce lien peut être considéré comme rationnel dans cet
environnement de plus en plus instable et est ce que les indicateurs sont pour autant bien
interprétés ?

Par ailleurs, les parités seront impactées par les variations des cours de devises étrangères
les plus importantes. Il est donc très vital d'étudier de près les décisions de politique
économique ou monétaire susceptibles d'influer positivement ou négativement la
situation de change ; tout en relatant les indicateurs économiques pertinents au
fonctionnement du marché de change.

Donc, tenant compte de la définition même du marché de change, de son histoire et de sa
croissance actuelle; pourrait on dire qu’il est indispensable dans le fonctionnement d’un
pays? Face à une telle interrogation, il faut mettre en exergue tous les facteurs clés qui
puissent nous aider à mieux interpréter l’environnement du marché de change. Sur ce, je
compte apporter quelques éléments de réponses pouvant montrer son impact et son
indispensabilité par une analyse fondamentale du système de change et des variables
économiques.




                                                                                           2
1.1.- LE MARCHE DE CHANGE

1.1.1.- Histoire

Le marché des changes existe sous sa forme actuelle, dite régime des changes flottants,
depuis mars 1973 et l’abandon de la fixité des taux de change des diverses monnaies par
rapport à l’étalon dollar issue des accords de Bretton Woods en 19441.

Les principales bourses de change actuellement sont Londres avec environ 30% du
marché, New York avec 20%, Tokyo avec 12%, Zurich, Frankfort, Hong Kong et
Singapour avec environ 7% chacune, suivi de Paris et Sydney avec 3% chacune. Le
marché fonctionne dont 24/24. Ainsi un investisseur (peu importe l’endroit où il vit) en
contact avec un courtier de change sur chacun de ces marchés peut être actif 24h/24.

1.1.2- Définition du marché de change

Le marché des changes est le marché sur lequel s'échangent les devises du monde entier.
Les opérateurs cambistes ne se réunissent pas physiquement mais sont en liaison
téléphonique constante2. Par le jeu de l'offre et de la demande, à tout moment, les prix de
chaque devise sont presque identiques sur toutes les grandes places du monde. C’est le
plus important marché du monde avec des volumes d’échanges quotidiens qui dépassent
1500 milliards de dollars. A la différence des marchés d’actions, sur le marché des
changes il n’y a pas de cotations centralisées mais uniquement des transactions de gré à
gré. Cela signifie que les operateurs entrent en contact les uns avec les autres de façon
individuelle, par téléphone ou réseaux informatiques.

Par ailleurs, le change est l'acte par lequel on échange les monnaies de différentes
nations. Les monnaies prennent les mêmes formes que la monnaie à l'intérieur d'un pays.
La majeure partie des actifs monétaires échangés sur les marchés des changes sont des
dépôts à vue dans des banques. Le taux de change est le prix de la monnaie d'un pays en
terme de la monnaie d'un autre. Il est un indicateur pertinent dans ce marché.

1.1.2- Principales caractéristiques

a) Un marché-réseau dominé par quelques places financières

A la différence des marchés boursiers, qui ont une localisation géographique précise, le
marché des changes ne connaît pas de frontières; il y a un seul marché des changes dans
le monde. Les transactions sur devises se font aussi bien et en même temps à Paris,
Tokyo, Londres ou New York.
De par son caractère planétaire, le marché des changes est donc une organisation
économique sans véritable réglementation; elle est auto-organisée par les instances
publiques et privées qui y interviennent. Le marché des changes est géographiquement
très concentré sur les places financières de quelques pays.

1
    www.forex.fr,/ le marché de change, consulté 10 Mars 2009
2
    http :fr.wikipedia.org/wiki/ marché de change, 13 Mars 2009


                                                                                         3
b) Un marché dominé par quelques monnaies

Les opérations sur les marchés des changes sont concentrées sur un petit nombre de
monnaies, et très majoritairement sur le dollar. En 1998, le dollar américain intervient en
moyenne dans 87 % des transactions identifiées, soit du côté de l'offre, soit du côté de la
demande. Les monnaies de la zone euro apparaissent dans 52 % des transactions (30 %
pour le mark et 5 % pour le franc français) ; le yen japonais et la livre britannique sont
plus en retrait : ils interviennent respectivement dans 21 % et dans11 % des transactions3.

c) Un marché risqué dominé par les opérations à terme

Le risque de change est le risque de perte en capital lié aux variations futures du taux de
change. Depuis les années soixante-dix, ce risque s'est fortement accru avec le flottement
généralisé des monnaies et le développement des transactions commerciales et
financières internationales. L'existence de variations des changes entraîne deux types
d'attitudes différentes de la part des intervenants sur le marché: certains groupes ne
souhaitent pas parier sur ce que seront les taux de change dans le futur. Ils sont exposés à
un risque de change dans le cours de leurs activités ordinaires et recherchent une
couverture à leur position créditrice ou débitrice. D'autres groupes estiment pouvoir
prendre une position exposée à un risque de change pour réaliser un gain. Il y a alors
spéculation sur l'évolution future des changes au moyen d'opérations d'arbitrages. Dans la
réalité, les opérations cambiaires mêlent à des degrés divers couverture et spéculation et
les mêmes individus peuvent adopter ces deux attitudes.
Le contrat de change à terme est le principal moyen de se couvrir ou de spéculer sur le
marché des changes. Ce qui explique pourquoi il domine le contrat de change au
comptant : en 1998 63 % des opérations des marchés des changes sont des opérations à
terme et 37 % seulement des opérations au comptant. Un contrat de change à terme est un
accord pour échanger une monnaie contre une autre à une date future à un prix fixé
aujourd'hui, le taux de change à terme. Il existe différents contrats de change à terme : les
contrats basés sur les opérations traditionnelles, terme bancaire et "swap" cambiste, sont
les plus répandus (57 % des opérations des marchés des changes en 1998) ; ceux basés
sur les autres produits dérivés, "futures" et options sur devises restent encore marginaux
(6 % des opérations en 1998)4.

d) Un marché dominé par les banques

Trois groupes d'agents opèrent sur le marché des changes : le premier groupe est
constitué par les entreprises, les gestionnaires de fonds et les particuliers;
Le deuxième réunit les autorités monétaires (banques centrales);
Le troisième groupe rassemble les banques et les courtiers qui assurent le fonctionnement
quotidien du marché.


3
    www.forex.fr, consulté le 10 Mars 2009
4
    www.forex.fr, consulté le 10 Mars 2009


                                                                                           4
Les agents du premier groupe n'agissent pas directement mais transmettent aux banques
des ordres dits "de clientèle" pour l'achat ou la vente de devises. C'est le marché de détail
(transactions entre les banques et leurs clients). Les autorités monétaires interviennent sur
le marché pour réguler les cours (achat-vente de devises) et éventuellement réglementer
les opérations de change (contrôle des changes). Les cambistes des banques et les
courtiers sont les seuls intervenants privés à opérer directement sur le marché. Pour cette
raison, le marché des changes est d'abord un marché interbancaire de gros. En 1998, près
de 90 % des opérations cambiaires sont réalisées entre les banques et les autres
intermédiaires financiers.

1.1.4.- Arbitrage International

L’arbitrage international des taux de change permet d’assurer l’égalité des taux de
change, compte tenu des coûts de transaction, de chaque monnaie sur les divers marchés
de gros, ce qui donne naissance à un marché des changes International. Par exemple, le
dollar American est transigé sur le marché interbancaire en Europe (Londres,….) et en
Asie. Si, par exemple, le taux du dollar Canadien sur le marché interbancaire était de $
0,885 US au Canada et de 0.89 US à New York, les arbitragistes vendraient des dollars
canadiens à New York et les rachèteraient simultanément au Canada, dégageant ainsi un
profit brut.

1.2.- SYSTEME MONETAIRE INTERNATIONAL / REGIMES DE CHANGE

Ce système a beaucoup évolué dans le temps. Son évolution historique est divisée en
quatre (4) périodes. La première (1870-1914) marquée par l'instauration de l'étalon-or
correspondait à un ensemble de parités fixes et axée sur la convertibilité en or des
monnaies. En second lieu, suite à la conférence de Gênes en 1922, l'on a assisté à
l'établissement progressif du système alternatif "étalon de change or ". Celui-ci
permettait aux banques centrales de garantir la convertibilité de leur monnaie à la
détention d'or ou de réserve de monnaie en or. La troisième période s'étendait de 1944 à
1971 et est marquée par la création du FMI. L'étalon de change or est maintenu mais
assoupli. La variation de plus ou moins 1% était définie pour chaque devise à USD.
Enfin, dès 1971 le système de change flottant entériné par les accords de Kingston en
1976 est entré en vigueur.

1.3.- IMPORTANCE ECONOMIQUE

Ce marché mondial, qui est essentiellement interbancaire, est le deuxième marché
financier de la planète en termes de volume global, derrière celui des taux d'intérêt. C'est
néanmoins le plus concentré et le premier pour la liquidité des produits les plus traités,
comme la parité euro/dollar5.

Pour donner une idée de la liquidité en circulation, le volume quotidien des échanges était
en 2004, de 1 900 milliards de dollar US, soit :

5
    Http : fr.wikipedia.org/wiki/ marché de change, consulté 15 Mars 2009


                                                                                           5
      600 milliards en transactions au comptant et
      1 300 milliards en à terme

Les transactions, en volume, étaient :

 pour 53 % entre banques ;
 pour 33 % entre une banque et un gestionnaire de fonds ou une institution financière
  non bancaire;
 et enfin pour 14 % entre une banque et une entreprise non-financière
 et aussi des particuliers qui utilisent les plateformes des banques

Dans chaque banque importante, les opérateurs (dit cambistes) font les 3x8, bien que
généralement à des emplacements différents. A une équipe située en Asie ou en Australie
succède une autre située en Europe puis enfin une troisième située en Amérique du Nord,
et ainsi de suite.

Dans sa dernière étude triennale, la BRI (Bank of International Settlements) a montré
qu'un nombre croissant de particuliers choisissent d'investir sur le Forex. Bien qu'ils
représentent encore une très faible minorité des transactions et des volumes, un marché
dédié aux investisseurs privés s'est développé en parallèle. Il suffit de constater le nombre
de plate-forme de trading mises à leur disposition sur internet ainsi que les outils
d'information en temps réel jadis réservés aux traders professionnels dans les salles de
marché. Désormais, le trader actif du marché des changes peut investir des sommes
minimales et -grâce à l'existence de l'effet de levier- trader dans des conditions presque(!)
similaires à celles du trader professionnel. Des outils d'information en temps réel
diffusent les news forex et l'information fondamentale (indicateurs économiques) et
offrent ainsi aux particuliers la possibilité de trader dans les conditions du temps réel6.

1.3.1.- Indicateurs économiques

Les indicateurs économiques ont une importance capitale dans l’étude du marché de
change. Ils permettent de mesurer de façon objective certaines dimensions de l'activité
économique et doivent être faciles à utiliser

Un indicateur économique n'est pas neutre ni en terme de valeurs morales ou sociales
puisque sa construction découle du choix des conventions et des priorités. Ils sont très
variés et chacun peut être rapproché d'un agrégat économique ou industriel : à titre
d'exemple, on pourra dire que les ventes en détail fournissent des éléments d'appréciation
de l'évolution de la consommation des ménages.

1.3.2.- Liens entre les variables économiques




6
    http:// fr.wikipedia.org/wiki/marché de change, consulté le 20 Mars 2009


                                                                                           6
Avant de traiter des relations de « causes à effets » entres les variables économiques
majeures, il serait judicieux de s'arrêter sur les phénomènes économiques décisifs pour le
marché des changes.

1. Variables probantes pour le marché des changes :

Le sujet était et est toujours un tournant incontournable pour un grand nombre de
praticiens sur le marché des changes. Depuis la mise en place du système de change
flottant en 1973, les taux de change ne varient plus qu'à l'intérieur d'une marge de
fluctuation autorisée mais plutôt en fonction de l'offre et de la demande et au jour le jour.
Il n'y a donc plus de prix officiel d'une monnaie.

Les théoriciens ont considéré ainsi le taux de change comme un « prix d'équilibre de flux
de devises » et ont développé des relations interprétatives stables entre le change et un
certain nombre d'autres variables. On distingue entre les explications basées sur les
fondamentaux et celles basées sur les anticipations du taux lui-même7.

Mais on se limitera d'étudier brièvement la première catégorie dans cette section. Il
s'agira donc de traiter :

 La théorie de la parité des pouvoirs d'achat (PPA) et le taux de change réel ;
 La théorie de la parité des taux d'intérêt (PTI) ;
 La balance commerciale et la balance courante.

 L'utilisation de la balance commerciale ou des transactions courantes est très
fréquente : un déficit place un pays dans une situation nette acheteuse de devises contre la
monnaie nationale, qui se déprécie alors automatiquement. Un excédent, à l'inverse,
génère des opérations de ventes de devises contre la monnaie nationale sur le marché, ce
qui pousse celle-ci à la hausse.

Toutefois, qu'il s'agisse de la PPA, la PTI ou des liaisons avec la balance courante ou
commerciale, l'anticipation du taux de change est très difficile à réaliser à court terme.

2. Dépendances entre variables économiques :

Il convient de préciser que les mouvements économiques à court comme à moyen terme
sont souvent regroupés dans un modèle macro-économique où on confronte les
mouvements passés et présentés sous formes d'équations à coefficients pré calculés sur la
base de l'historique pour déterminer les influences qu'elles s'exercent entre elles.

«On part de la demande anticipée par les entrepreneurs, qui détermine le niveau de la
production intérieure et donc la séparation de l'offre entre production et importations. La
production détermine le niveau d'emploi et en prenant en compte la population active, le
chômage. Les salaires sont expliqués par le niveau de chômage et contribuent à la

7
    www.forex.fr, marché de change/variables économiques, consulté le 13 Mars 2009


                                                                                           7
formation des coûts de production qui sont avec les tensions sur les capacités de
production, à la base du processus de détermination des prix et des revenus. » Eric
Vergnaud, indicateurs économiques et marchés financiers, p63.

   Détermination de l'offre et de la demande

L'offre et la demande représentent sans doute les concepts les plus vénérables et les plus
essentiels de la théorie économique. Les modèles actuels supposent que l'offre s'adapte à
une demande qui est déterminée par ailleurs. Les entreprises sont donc contraintes de
s'adapter à la demande puisqu'il n'existe pas d'offre explicite

   Comportement des entreprises : Ils sont tantôt des variables de demande (en phase
de démarrage de l'activité, les stocks sont reconstitués et la variation est donc positive),
tantôt des variables de l'offre (lorsque les entreprises font face à une demande qui dépasse
la production intérieure, le déstockage permettra de satisfaire cette demande extérieure
sans recourir aux importations).

Les stocks jouent un important rôle d'équilibrage, leur détention s'explique par le souci
permanent de sécurité minimale vis-à-vis des approvisionnements à court terme sans
supporter pour autant les dépenses et les coûts qui peuvent en résulter.

   Comportement des ménages : La consommation dépend de cinq variables :

Les revenus : plus le revenu augmente, plus la consommation marginale à consommer
augmente, la corrélation est ici positive. L'épargne jouant un rôle de tampon à court
terme.

Les prix : on distingue à ce niveau deux liaisons, la première appelée « fuite devant la
monnaie » pousse les gens à avancer leurs dépenses s'ils anticipent une inflation rapide.
La seconde les pousse à privilégier l'épargne en défaveur de la consommation.

Le chômage : pèse lourdement sur la consommation puisque les sans emplois
construisent des épargnes de précaution.

Les taux d'intérêt : une hausse des taux directeurs, encourage l'épargne (effet de
substitution) ou favorise la consommation actuelle (effet de revenu).

L’investissement en logement : il faut séparer ceux qui achètent des logements dans une
optique de consommateur ou d'investisseur.

Les premiers seront plus sensibles au couple revenu/prix et les seconds aux taux d'intérêt
et à l'anticipation des revenus des ménages.

Commerce extérieur: Les importations et les exportations dépendent de trois types de
variables :




                                                                                          8
1) une variable de revenu réel, en l'occurrence de demande intérieure ;
2) une variable qui traduit l'influence des prix relatifs, la compétitivité des exportations ;
3) une variable qui mesure la tension sur l'appareil de production

La demande extérieure est matérialisée par l'indicateur de demande mondiale, qui indique
sur les parts de marchés possédées. Pour augmenter les exportations, il faut augmenter le
degré de compétitivité.

La demande intérieure est la somme des dépenses des ménages en consommation et en
investissement de logement, de l'investissement des entreprises et des dépenses de l'Etat.
Elle sera élevée si la production intérieure ne peut satisfaire la demande intérieure

1.3.3.- Rôle économique du taux de change

Les taux de change, étant un facteur indispensable dans le marché de change, peut jouer
positivement ou négativement dans le fonctionnement de ce marché. Ils agissent sur les
prix à l'importation et à l'exportation, et sur le sens des flux de capitaux entre zones
économiques. Ainsi, le taux de change exerce un rôle prépondérant dans le processus de
développement d'une économie en déterminant l'équilibre des comptes extérieurs et la
compétitivité de l'économie, en influençant la capacité à exporter, à importer et à attirer
les capitaux étrangers dans un pays. De ce fait, les pays et zones économiques manipulent
les taux de change dans le but d'influencer: la compétitivité de leurs produits et services
et leur attractivité en matière de flux de capitaux.


1.4.- FONCTIONNEMENT DU MARCHE DE CHANGE

Le marché de change fonctionne quotidiennement de façon continue en termes de
conclusion d'actes d'achat ou de vente de devises. C'est un marché de gré à gré en d'autres
termes, les opérations qui y sont conclues ne sont pas officiellement standardisées,
centralisées ou garanties par une quelconque autorité.

Ce marché n’est pas localisé ; il est constitué du flux permanent des offres et des
demandes transitant en continu par les réseaux d’information spécialisés, grâce aux
puissants moyens de transmissions et aux systèmes informatiques interconnectés par
satellite. Il a donc un caractère de marché-réseau planétaire. Trois groupes d’agents
économiques agissent sur le marché des changes :

1) Les entreprises qui, avec le développement du libre-échange et l’expansion du
   commerce mondial sont de plus en plus concernées par les activités d’exportation et
   d’importation ;
2) Les intermédiaires financiers, banque et courtiers, assurent la fluidité du marché et
   mettent en contact l’offre et la demande. En fait, l’importance des banques est telle
   que le marché des changes est très largement, un marché interbancaire.
3) Les banques centrales assurent une fonction de régulation et de réglementation ; elles
   appliquent également le choix de politique de change décidé par les gouvernements.


                                                                                             9
1.4.1.- Organisation du marché

Le marché des changes sert principalement à la gestion du risque de change et à
l’échange de devises pour faciliter le commerce international et les transactions
financières. Il est aussi utilisé à des fins spéculatives.

Par ailleurs, les banques jouent un rôle dominant sur le marché des changes. Dans le
compartiment de détail, elles achètent et vendent des monnaies pour répondre aux
besoins de leurs clients (individus, entreprises et gouvernements) ; ces transactions font
constamment varie le niveau des stocks des diverses monnaies qu’elles détiennent. Le
marché interbancaire permet, entre autres, aux banques de détenir les montants de
monnaies étrangères qu’elles jugent appropries, compte tenu de leurs objectifs, en
matière de rentabilité et de leur aversion pour le risque de change : elles transigent entre
elles et par l’intermédiaire de courtiers de change, ces intermédiaires assurant
l’anonymat. Les taux de change pratiqués sur le marché interbancaire peuvent être
considérés comme les coûts d’acquisition des diverses monnaies et servent de référence
pour déterminer les taux de change dans le compartiment de détail.

1.4.2- Opérations de change

Ce sont toutes les opérations impliquant un échange de deux devises. Le marché mondial
des changes est extrêmement actif : la demande induite par l'activité des entreprises
importatrices ou exportatrices y est relayée et amplifiée par la spéculation. C'est un
marché de gré à gré, animé par les banques et les brokers.

a) Le change comptant

Le change comptant ou change « spot » consiste à échanger 2 devises, à un cours
négocié, 2 jours ouvrés après la date de négociation. Cette date est appelée la date
« spot » 8.

Les caractéristiques principales d'une opération de change comptant sont:

 La devise principale,
 Le sens: achat ou vente,
 La devise secondaire, ou devise "prix": devise vendue s'il s'agit d'un achat, devise
  achetée s'il s'agit d'une vente,
 La date de négociation ou "trade date”,
 La date de valeur ou "spot date": généralement égale à la date de négociation + 2
  jours ouvrés. Remarque : un contrat de change au comptant a une durée de vie nulle ;
  il n'y a pas de « date de fin »,
 Le montant négocié, exprimé dans la devise principale,
 Le cours négocié,
 Le montant dans la devise secondaire, calculé à partir du montant principal et du
  cours,
8
    www.forex.fr, /opérations de change, consulté le 23 Mars 2009


                                                                                         10
Les caractéristiques communes à toutes les opérations de marché:

      Le portefeuille de négociation ou "book", éventuellement l'identité du trader,
      La contrepartie,
      Eventuellement l'intermédiaire, ou "broker", par qui la négociation a été faite,
      Les instructions de règlement : identification des correspondants (celui de la banque
       et celui de la contrepartie) chez qui les devises doivent être livrées / reçues.

b) Les Cours

Les participants au marché cotent toujours les devises sous forme d'un intervalle de prix :
le plus bas étant celui auquel le trader est prêt à acheter : c'est le cours acheteur ou
« bid », et le plus haut celui auquel il est prêt à vendre : cours vendeur ou « ask ». La
différence porte le plus souvent sur les « points », qui désignent les 3ème et 4ème chiffres
après la virgule ; la « figure » quant à elle désigne le 2ème chiffre après la virgule. Enfin
il faut savoir qu'un cours Dev1 / Dev2 signifie « une unité de Dev1 = le cours en Dev2.
Dev1 est donc la devise négociée, Dev2 la devise « prix » 9.

Par exemple une cotation EUR / USD = 1.0210/40 signifie que le trader achète un Euro
pour 1.0210 USD et vend contre 1.0240 USD.

Le mode d'expression du cours est une convention liée au niveau de « priorité » des
devises les unes par rapport aux autres. La devise cote « au certain » quand le mode
d'expression du cours revient à définir la valeur d'une unité de cette devise. L'Euro cote
au certain contre toutes les autres devises. Le Dollar US cote au certain contre toutes les
autres devises… sauf l'Euro.

c) Les Cours croisés

Les cours diffusés sur le marché correspondent aux transactions les plus répandues : tous
les jours des cours de l'Euro ou du Dollar contre toutes les autres devises sont affichés en
permanence. Pour les couples de devises qui ne sont pas habituellement cotés sur le
marché, on passe par l'intermédiaire de l'une de ces 2 devises, afin d'établir un cours
croisé ou « cross ».

Par exemple pour coter le couple JPY / CHF, le trader utilisera les cours USD / JPY et
USD / CHF. Le cours JPY / CHF = (USD / CHF) / (USD / JPY).

d) Le Change à terme

Le change à terme est un échange de deux devises à une date (la date de valeur) et un
cours (cours à terme) négociés. Ce type de contrat permet de fixer à l’avance un cours
entre 2 devises, et donc de se couvrir contre le risque de change.



9
    http://fr.wikipedia.org/ marché de change/ les cours, consulté le 16 Mars 2009


                                                                                          11
Les caractéristiques d'une opération de change à terme se définissent par rapport à un
cours "spot" (cours utilisé pour le change au comptant) de référence pour les opérations
du jour. La différence entre le cours spot et le cours à terme s'appelle les "points de
terme". Quand le cours à terme est supérieur au cours comptant on parle de « report ».
Quand le cours à terme est inférieur au cours comptant on parle de « déport ».

Les caractéristiques d'une opération de change à terme sont donc:

   La devise principale,
   Le sens (achat ou vente) par rapport à la devise principale,
   La devise secondaire (devise vendue pour un achat, devise achetée pour une vente de
    la devise principale),
   Le cours "spot”,
   Les points de terme: le cours à terme = cours spot + points de terme,
   La date de négociation,
   La date de valeur: date à laquelle les devises seront effectivement échangées;

e) Le Swap de Change

Un swap consiste en une double opération de change: un change ou « jambe » comptant
exécuté dès la mise en place du contrat, à la date spot, et un change à terme, exécuté à
une date négociée. La différence entre le cours comptant et le cours à terme est désignée
par l'expression « points de swap ».

Le swap de change permet de se procurer immédiatement des devises, puis de les
revendre à un cours négocié lors de la mise en place du contrat, à l'échéance du swap. Par
exemple un client qui dispose de liquidités en Euro, et souhaite les placer en bons d'Etat
américains, sur 3 mois, achète aujourd'hui des dollars, pour financer cet achat, puis les
revend à l'échéance à un cours connu.

Par rapport à un change à terme, les flux d'espèces échangés reviennent à ce que cette fois
le trader prête réellement la devise achetée à terme, et emprunte réellement la devise
vendue. Le cours à terme se calcule donc de la même manière.

Les caractéristiques d'un swap de change sont:

La jambe "aller" a les caractéristiques d'un change au comptant:

   Devise principale
   Sens: achat ou vente
   Devise secondaire
   Montant dans la devise principale
   Cours spot

La date de valeur est égale à la date de négociation + 2 jours ouvrés




                                                                                        12
La jambe "retour" a les caractéristiques d'un change à terme, qui se déduisent de
l'opération de spot:

      La devise achetée est la devise vendue de la jambe aller
      La devise vendue est la devise achetée de la jambe aller
      Le montant exprimé dans la devise principale est identique
      La date de valeur est la date à laquelle l'échange inverse se fera
      Le cours est le cours spot + les points de swap

1.4.3.- Traitement d'une opération de change,

La négociation

Le marché des changes est un marché de gré à gré, animé par les banques et par les
brokers. Des plate-formes de négociation électroniques telles que Reuters Dealing ou
EBS (Electronic Broking Service) sont couramment utilisées. Ces plate-formes peuvent
permettre de négocier sur un mode conversationnel : les traders s'appellent, « chattent »
littéralement, puis valident leurs deals. Ou alors elles apparient automatiquement les
propositions saisies par les participants : dans ce cas c'est le système qui crée les deals, et
les contreparties ne se connaissent qu'une fois la négociation terminée10.

La tenue de position

Le système Front – Office enregistre les deals en temps réel. Les deals négociés par
téléphone sont saisis par le trader, les deals effectués dans les plate-formes électroniques
sont transmis automatiquement. Le système de tenue de position offre les fonctionnalités
basiques suivantes, qui constituent le minimum requis :

      Pricing (valorisation pre-trade basée sur la logique vue précédemment)
      Enregistrement manuel ou automatique des deals
      Validation des deals
      Contrôle des risques : risque de contrepartie, risque de marché (contrôles de limites)
      Mise à jour des positions en temps réel
      Calcul du P&L (résultat) en temps réel
      Possibilité de générer automatiquement des deals,
      Transmission du « ticket » validé au Back Office

Le Back Office

Le système Back – Office a pour fonction de matérialiser les opérations négociées par le
trader:

a) Vis-à-vis des contreparties :



10
     www.forex.fr,/operation de change, consulté 16/03/09


                                                                                            13
 Emission des confirmations : les opérations de change sont confirmées par des
  messages SWIFT MT300
 Rapprochement des confirmations : étant donné les volumes considérables
  d'opérations négociées, les back-offices se dotent de systèmes de rapprochement
  automatiques entre les confirmations émises et les confirmations reçues. Cela permet
  de détecter les erreurs ou les incompréhensions avant de déclencher les paiements.
 Emission des paiements : génération d'un ordre de paiement (MT202) pour le
  correspondant dans la devise payée, d'un préavis d'entrée de fonds (MT210) pour le
  correspondant dans la devise reçue. Si la contrepartie est interne (client, deal entre 2
  desks), les paiements se font via la comptabilité (débit / crédit en compte).

b) Vis-à-vis de l'établissement :

Enregistrement comptable des opérations :

 les deals de change sont enregistrés en hors – bilan (comptabilité d'engagement)
  pendant la période qui sépare la date de négociation de la date de valeur, puis à la date
  de valeur atteinte, la comptabilité de hors bilan est extournée et les opérations sont
  enregistrées au bilan de la banque.
 D'autre part les opérations de change alimentent des comptes qui ne sont pas libellés
  dans la devise de tenue du bilan de la banque. Les positions détenues alimentent des
  comptes de position de change, dont la réévaluation quotidienne enregistre le risque
  de change encouru par la banque.

1.4.4.- Typologie des acteurs

Les principaux types d'acteurs intervenant sur le marché de change sont :

Les banques commerciales constituent le centre du marché11.. Elles y interviennent par
leur activité de market making qui consiste à proposer un cours de change à l'achat et à la
vente et à se porter contrepartie dans des transactions initiées par d'autres acteurs soit
pour leur propre compte ou celui de leurs clients. Par l'intermédiaire des grandes banques
commerciales s'effectuent les opérations de base sur instructions des importateurs et
exportateurs, des instituts d'investissement, des assurances, des fonds de pension ainsi
que des investisseurs privés.

Les sociétés commerciales qui de leur côté, opèrent dans plusieurs pays et font ou
reçoivent des paiements en devises autres que la monnaie en cours dans le pays de leur
siège social.

Les institutions financières non bancaires qui offrent un large éventail de services à
leurs clients dont la plupart sont offertes aussi par les banques.




11
     http:// fr.wikipedia.org/wiki/marché de change, consulté 16/03/2009


                                                                                        14
Les courtiers qui sont des participants actifs au marché. En tant qu'intermédiaires entre
les nombreuses banques, les fonds, les places de bourses etc., leur rôle consiste à trouver
des contreparties aux demandes qui leur sont adressées, moyennant une commission.

Les banques centrales, bien qu'en nombre réduit, interviennent sur le marché suivant un
volume de transactions pouvant exercer un impact important sur ce dernier. Elles y
interviennent suivant un schéma régulateur, soit pour corriger une distorsion de la valeur
de leur monnaie par rapport aux autres, soit pour influencer la compétitivité de
l'économie nationale, soit pour augmenter leurs réserves monétaires.

Les motivations des acteurs du marché sont au nombre de cinq:

     la spéculation,
     la couverture,
     l'arbitrage,
     la transaction ;
      la constitution de réserves monétaires en devises jugées fortes.

On est parvenu à distinguer trois types d'agents sur le marché de change :

1) Les teneurs de marché qui œuvrent généralement au sein des grandes banques
commerciales et d'investissement. Ils proposent un prix acheteur et un prix vendeur pour
les quantités de monnaie qu'ils sont disposés à échanger. Selon LYONS (2005) rapporté
par BAILLIU et KING (2005), ces agents sont dépeints comme neutres au risque ou peu
enclins au risque obtenant surtout leurs gains des écarts entre cours acheteur et vendeur.
12



2) Les courtiers n'ont pas une fonction de tenue de marché. Ils sont plutôt des
facilitateurs des transactions anonymes entre les contreparties.

3) Les clients finaux: les clients non financiers, les institutions financières sans levier
financier et les institutions à levier financier. Ces agents sont les plus significatifs du
marché à l'échelle macroéconomique. Ils constituent les principaux fournisseurs de
liquidité sur le marché sous base journalière. Selon ces mêmes auteurs, le flux d'ordre de
ces clients reflète fidèlement l'évolution du taux de change à de faibles fréquences en
matière d'opération de change.

En pratique, beaucoup d'acteurs se servent de l'analyse technique conjointement à
l'analyse fondamentale afin de définir leur stratégie de transactions. Quoiqu'on peut
relever une différence majeure entre les deux approches : un fondamentaliste se concentre
sur ce qui devrait se passer sur un marché, il étudie les causes du mouvement du marché
en conduisant une évaluation macro ou stratégique de la plage de prix de la devise en
fonction de toutes sortes de critères (la situation économique du pays, la politique
monétaire...) sauf le mouvement du prix de la devise lui-même, composante majeure pour
un chartiste.
12
     www.forex.fr, marché de change/teneurs de marché, consulté le 18/03/09


                                                                                        15
1.5.- ROLE ET IMPACT DU MARCHE DE CHANGE

Les marchés de change soit de loin les plus importants en terme de volumes changés. Le
Volume moyen échangé sur les marchés de change traditionnel attient 1 200 milliards de
USD par jour. Ce chiffre doit être complété de 875 milliards USD/jr (Produits dérivés)13.

Les marchés de change ont un impact positif dans le fonctionnement et le développement
économique d’un pays. Ils permettent aux agents de se protéger contre le risque de
change. Par exemple : l’exportateur peut vendre sur le marché des changes à terme la
recette future des ses ventes à l’étranger pour éviter que l’appréciation de la monnaie
nationale ne réduise son chiffre d’affaires en monnaie nationale ; l’importateur peut se
protéger d’une hausse de coût en monnaie nationale résultant de la dépréciation possible
de la monnaie nationale en achetant la monnaie étrangère sur le marché au comptant ou
sur le marché à terme ; le portefeuilliste qui tente de tirer profit des taux d’intérêts plus
élevés à l’étranger sera enclin à vendre sur le marché à terme la valeur à l’échéance de
ses placements extérieurs, etc.

Les agents transigent aussi sur le marché des changes pour convertir les monnaies, pour
se protéger du risque de change et pour spéculer sur les variations des taux de change.
Les opérations de conversion des monnaies résultent des transactions commerciales et
financières. Par exemple, les exportateurs vendent la recette de leurs ventes à l’étranger
libellée en monnaies étrangères pour payer leurs fournisseurs et leurs employés, acquitter
les impôts et verser des dividendes aux actionnaires. Les importateurs achètent des
monnaies étrangères pour acquitter leurs achats à l’étranger ; l’entreprise nationale
désireuse d’acquérir une entreprise étrangère achète la monnaie du pays d’implantation ;
les portefeuilles étrangers qui acquièrent des titres émis par des entités nationales doivent
vendre leur monnaie contre la monnaie nationale.

Les spéculateurs tentent de tirer profit des variations prévues des taux de change. Comme
par exemple, l’exportateur qui prévoit une dépréciation de la monnaie nationale différera
la conversion de sa recette en monnaies étrangères afin d’augmenter sa recette en
monnaie nationale ; l’importateur qui prévoit une appréciation de la monnaie nationale
sera enclin à différer le plus possible son achat de monnaies étrangères afin d’alléger sa
facture en monnaie nationale.

1.6.- EXEMPLE DE LA SITUATION DE CHANGE HAITIEN

1.6.1.- La monnaie haïtienne

Par définition, la monnaie est tout objet accepté et utilisé pour régler des transactions
financières ou pour échanger des biens et des services. En Haïti, la gourde est l'unité
monétaire nationale. Elle est définie par les trois principales fonctions qu'elle remplit au
niveau de l'économie : moyen d'échange, étalon, réserve de valeur. Etant considéré
comme moyen d'échange, la gourde sert à l'achat et à la vente des biens et des services,
comme étalon ou unité de compte, elle est utilisée pour évaluer les prix des biens et
13
     www.forex.fr, rôle du marché de change, consulté le 18/03/09


                                                                                          16
services et enregistrer les dettes. Enfin, par sa fonction de réserve de valeur, elle permet
de conserver la valeur et transférer le pouvoir d'achat du présent au futur. Selon COHEN
(Alter Eco., Hors Série # 45) rapporté par DOURA (2003), la monnaie est un jeu à
somme négative; personne n'y gagne. Servant de pouvoir d'achat, la gourde contribue à
lier socialement les haïtiens et est très influencée par la politique monétaire de la Banque
Centrale quand son acceptation est contestée.

1.6.2.- La BRH et le contrôle de change

Les interventions non-routinières de la BRH sur le marché des changes constituent l'un
des instruments dont elle dispose pour articuler sa politique monétaire. Elles peuvent être
assimilées à une opération d' "open market" où la BRH intervient sur le marché formel
des changes (banques et agents de change agréés) pour acheter ou vendre des devises
                                                                                         14
lorsqu'elle              le                juge                nécessaire.
En 1999, les interventions de la Banque Centrale sur le marché des changes sont utilisées
essentiellement :

 Comme instrument complémentaire de régulation de la liquidité bancaire, notamment
  en période de pression sur les taux;
 Pour manifester une présence active de la BRH qui cesse ainsi d’être un acteur passif
  du marché des changes.

Selon CHATELAIN (1954) rapporté par DOURA (2003), la Convention de 1919
stipulait, l'obligation faite à la Banque de la République d'Haïti (BRH) de maintenir en
contrepartie de son émission une couverture de 100% composée pour le tiers, en monnaie
légale des Etats-Unis et pour le solde des effets de commerce à court terme et présentant
des garanties certaines de remboursement à échéance. D'où le rôle de régulation conféré à
la Banque Centrale qui, par son intervention sur le marché, contrôlera et maintiendra fixe
ce taux de change. Cette convention faisait de la gourde une monnaie forte à l'instar du
dollar américain.

La constitution de 1987 à travers son article 226 confère à la Banque Centrale le pouvoir
exclusif d'émission du papier monnaie et des pièces métalliques selon le titre, le poids, la
description, le chiffre et l'emploi sur tout le territoire national. Le cours forcé de la gourde
est ainsi institué.

1.6.3.- Historique de l’adoption du système de change flottant

Par la convention monétaire du 12 avril 1919, la gourde a été définie par rapport à l'étalon
dollar (TCO : 1/5 c'est-à-dire 1 USD = 5 Gdes). La gourde était émise selon une stricte
réglementation de manière à assurer cette parité officielle. Ce taux de change fixe a
perduré plusieurs décennies mais la persistance des déficits structurels de la balance
commerciale ont porté la BRH à adopter le système de taux de change fluctuant en 1991.
Cette mesure a mis fin au segment officiel du marché de change et a augmenté
considérablement la part du marché de change parallèle.
14
     www.brh.net/le change, consulté le 24/03/09


                                                                                             17
1.6.4.- Evolution du taux de change

Depuis l'adoption par la BRH du système de change flottant en 1991, le taux de change a
connu de très fortes variabilités à la hausse dues aux effets d'annonce et à l'accentuation
des anticipations pessimistes qu'alimentait la cascade d`événements politiques de la
période de crise. Entre 1991-1994, la gourde se dépréciait progressivement par rapport
au dollar. Le taux de change de référence passait de 7,45 Gdes en 1991 à 10.18 Gdes en
1992, 12.40 Gdes en 1993 et 15.10 en 1994 pour des taux d'inflation de 22.8% et 40%
respectivement en 1991 et 1994. Entre 1994-1999 la stabilité du taux de change a
entraîné une faible appréciation de la gourde comparativement à 1991-1994. Cette
situation peut être due à la reprise timide des activités économiques dans le pays et à
l'assistance économique externe après les trois ans de marasme économique15.

De 1999 à 2003 le taux de change gourde USD a cru de façon exponentielle. Selon
BOYER (2004), la rentrée en vigueur dudit système de change a fait flotter la gourde
pour enfin couler en octobre 2002. Le taux record de 1 USD = 50 gourdes a été enregistré
le 11 février 2003, du jamais vu dans l'histoire monétaire haïtienne depuis le 12 Avril
1919. Cette période de crise politique et économique a été animée par les débats "de la
nécessité de dollariser l'économie haïtienne comme mesure palliative". Cette
dégringolade de la valeur de la gourde face au dollar est liée au déficit du commerce
extérieur et au volume des transactions internes effectué en dollar.

En fin de compte, la BRH intervient dans le processus de change afin :

          d’avoir une meilleure connaissance du marché en y participant;
          d’être de manière continue au courant de tout mouvement de taux (donc des
           cotations qui peuvent affecter le marché);
          de se confirmer comme un acteur du système en banalisant ses interventions;
          d’avoir la possibilité de financer ses dépenses récurrentes en devises via le marché
           sans puiser dans ses réserves officielles.




15
     www.brh.net/le change, consulté le 24/03/09


                                                                                            18
CONCLUSION

Pour conclure, il me semble intéressant de mettre en évidence les interrogations actuelles
sur l’indispensabilité du marché de change dans le fonctionnement d’un pays. Au centre
de cette question se trouve naturellement le problème de l'efficacité de la manipulation du
taux de change qui ne dépend pas seulement des différentiels d'inflation et d'intérêt mais
aussi d'autres facteurs tels que le niveau de développement atteint par le secteur
industriel, commercial ou encore la spécialisation de l'insertion internationale.

Toute manipulation du taux de change par les acteurs économiques agit sur les structures
et le problème est de savoir si cette manipulation est de nature à favoriser la mutation
structurelle désirée, ou tout bonnement pour contribuer à la croissance économique du
marché.

Même si les marchés des changes sont bien ramifiés et que les entreprises peuvent se
doter de couvertures, certains craignent encore que la flexibilité du taux de change
n'engendre des risques et des incertitudes injustifiés.

Le marché de change est à l’évidence l’un des meilleurs moyens qui puisse favoriser la
croissance et la prospérité d’un pays si tous les indicateurs économiques sont bien
interprétés et que les acteurs jouent leur rôle efficacement pour équilibrer le marché et
contrôler la stabilité du taux de change; afin de bénéficier d'une solide expansion
économique à l'échelle internationale et de contribuer constamment dans le
fonctionnement et le développement du pays (post moderne ou tiers monde.




                                                                                        19
REFERENCES



- Eric VERGNAUD; Indicateurs économiques et marchés financiers, Ed. ESKA 2000;
330 p.

- Note de cours Marché des capitaux, Mars 2009;

-Documents sur le marché des changes, Mars 2009;

-http://fr.wikipedia.org/wiki/marché de change, 13 Mars 2009;

-www.forex.fr, 10 Mars 2009;

-www.brh.net/le change, 24 Mars 2009,




                                                                                 20

				
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