P ECONOMIE POLITIQUE COMPAREE by AndyMcNelly

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									                        PROJET TRANSVERSAL
            ECONOMIE POLITIQUE COMPAREE

                        Piloté par François Bafoil




Membres du groupe


Jean Marie Bouissou, Christophe Jaffrelot, Alexandre Marc, Luis
Martinez, Jérôme Sgard, Javier Santiso, Jean Marc Siroën.
Doctorants et étudiants en Master
Plusieurs entreprises françaises




Ce projet vise à construire un axe de recherche en économie politique
comparée au CERI en associant plusieurs chercheurs travaillant sur plusieurs
aires culturelles.


Il s’agit sur la base de l’analyse des politiques macro de privatisation et de
dérégulation des marchés du travail, d’en examiner l’impact au niveau micro de
la gestion des ressources humaines dans l’entreprise, et de la construction des
territoires par les acteurs publics, privés et associatifs. Cet examen des
différentes formes de management de la main d’œuvre au sein d’entreprises
françaises évoluant dans des aires différentes doit permettre à terme une
réflexion sur la convergence ou non des pratiques de management pour mieux
discuter les notions de transfert, d’apprentissage, de contrôle et de
construction conjointe et éclairer celles de convergence, de régulation et de
dérégulation, de néo libéralisme et de globalisation.


Cinq aires constituent les « terrains » d’enquête : la Chine, l’Inde, le Japon,
l’Amérique Latine (Argentine et Brésil) et l’Europe (Pologne et Roumanie).
                                I. La problématique de recherche




1. Les objectifs


L’objectif de l’étude est l’analyse comparée des processus de régulations nationales
dans différents Etats qui conduisent des politiques de privatisation de leur économie, et
se trouvent confrontés à des dynamiques de recompositions locales et régionales
différenciées.


On vise à analyser de manière comparative les différentes dynamiques conjointes de
dérégulation / re régulation des économies et des sociétés (privatisation), de
restructuration des unités de production (l’entreprise) et de construction des territoires de
la firme (les environnements locaux / régionaux), afin de comprendre les formes de
redéfinition du rôle et de la place des Etats à différents niveaux de leur action, locale,
régionale, nationale.


Il s’agit ainsi, de manière comparative, d’identifier les dynamiques transnationales qui
participent de la globalisation des économies et qui s’inscrivent dans des politiques
(privatisation) dont les applications concrètes (nationales) sont recomposées sous l’effet
des acteurs locaux, régionaux, nationaux, internationaux.


On privilégie, en conséquence, une variété d’approches qui combinent l’approche macro
politiste et économique (avec la privatisation ou les analyses de recomposition
nationale), celle de la sociologie de l’action collective organisée (l’entreprise d’un côté et
la construction de l’environnement territorial, de l’autre), ainsi que différentes approches
du développement qui insistent autant sur les dynamiques de développement inattendu
et d’équilibre local précaire que sur celle de réseaux de partenariats locaux ou
internationaux.




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Au terme des études, on se propose de délivrer plusieurs travaux monographiques portant sur :


        1. les différentes expériences de politiques macro de privatisation des
             économies ;
        2. différents cas de restructuration des entreprises en matière de gestion de la
             main d’œuvre,
        3.   conduisant à la recomposition des environnements de la firme sous l’effet
             conjugé des partenariats publics et privés,


pour fonder de manière comparative des analyses théorique portant sur :


        1. Les modèles d’action transnationaux et domestiques,
        2. Les réseaux d’acteurs, les politiques transnationales et nationales,
        3. Les formes de restructurations standard ou nationales,
        4. La place du contrat et des conventions,
        5. Le transfert des normes et leur adaptation locale,
        6. La diffusion des pratiques de coopération entre acteurs publics et privés,
        7. Les apprentissages différentiés,
        8. La transformation du rôle et de la place des territoires, et plus loin des états
             dans la conduite du changement.




2. Les hypothèses


On fait l’hypothèse que


        1. l’entreprise produit de la régulation économique et sociale qui excède ses
             murs et participe de l’équilibre politique local / régional.
        2. Cette régulation concerne les comportements entre acteurs privés, publics et
             associatifs.
        3. Elle participe de l’accumulation des ressources des individus et des territoires
             et s’inscrit dans des trajectoires individuelles et collectives.




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        4. Cette régulation peut être source d’inspiration pour les acteurs publics,
             décelables au niveau des référentiels d’action autant que des politiques
             publiques qu’ils mettent en œuvre.
        5. Cette régulation s’inscrit dans, se superpose ou prolonge d’autres
             dynamiques de recomposition locales et nationales ; elle participe donc des
             formes de coordination élargies.
        6. Des réseaux se construisent ou se renforcent dans des territoires qui
             excèdent largement la région de l’entreprise et définissent des dynamiques
             de déterritorialisation qui sont autant de processus de recomposition des
             régulations.
        7. Dans ces dynamiques, l’Etat est autant un agent de la transformation qu’un
             acteur qui se transforme, partiellement ou plus complètement.
        8. La globalisation est appréhendée dans les termes de dynamiques plurielles
             de    processus      de     déstructurations,        de   régulations   limitée,   et   de
             recompositions conjointes de plusieurs lieux et d’acteurs.




3. Trois niveaux d’analyse


1. L’analyse des dynamiques de dérégulation / rerégulation des économies via les
politiques de privatisation macro cherche à mettre en évidence les référentiels de l’action
publique et privée, les outils d’intervention et les acteurs concernés, les formes de
gouvernance, les secteurs en jeu et les résultats. On s’attache ainsi aux :


        - Représentations en jeu (« modèles » et modes de transfert des référentiels,
        « epistemic communities », dont il conviendrait de dresser la cartographie) ;
        - Acteurs concernés (transnationaux et relais nationaux, ministères et experts,
        banques, investisseurs étrangers ou domestiques, etc.).
        - Institutions créées de toutes pièces ou bien modernisées, de la privatisation.
        - Lois et types de privatisation adoptées ;




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        - Résultats (en matière de formes de gouvernance, de modification de la
        propriété, de l’IDE, mais aussi des transferts opérés en termes de management,
        de gestion de l’emploi, etc).


2. L’analyse des dynamiques de restructuration des entreprises s’attache aux
changements dans l’entreprise qui peuvent affecter l’organisation interne, à partir de la
mise en valeur des référentiels de l’action (modèle de la maison mère / branche, voire
monde, selon la technologie, etc). On vise à analyser :


      - Les représentations du changement des acteurs dirigeants, les politiques de
      communication, l’image et les valeurs de l’entreprise.
      - Les acteurs internes (maison mère / locaux) ;
      - Les outils du changement (quels sont les modèles transférés, les modes de
      contrôle, de participation, etc).
      - Le lieu du changement (organisation de la production et plus largement de la
      structure interne, le management, la convention collective, les salaires, et le temps
      de travail, les qualifications, la formation, les relations professionnelles).


Au travers de l’analyse du changement dans l’entreprise, on cherche à comprendre :


      - Les formes de recomposition interne (au niveau de la maison mère et du local
      avec l’ensemble des acteurs concernés (production et relations professionnelles,
      et les effets sur les pratiques des acteurs).
      - Les formes de recomposition externe (au niveau de la clientèle, de la banque et
      des centres de crédit, des sous traitants).
      - Les politiques d’employabilité, la valorisation des compétences, les politiques de
      la firme pour s’attacher les salariés, l’avantage comparatif en matière de formation,
      la question sociale.


3.   L’analyse     des     dynamiques       de    déstructuration   et   de   recomposition   des
environnements de la firme s’appuie sur le constat d’une profonde transformation des
milieux environnant sous l’effet de l’IDE, des restructurations conduites et de la
recontractualisation qui en résulte. On cherche ainsi à mettre au jour :



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        - Les impacts locaux en termes d’emploi (en liaison avec les politiques de
        formation et d’employabilité), et de construction de cellules d’emploi.
        - Les types de négociations avec les acteurs publics (la question de la
        corruption).
        - Les types de contractualisation avec les sous traitants, les institutions
        bancaires, ainsi qu’avec la clientèle.
        - Les formes de benchmarking et les phénomènes de spillover sous l’effet des
        pratiques des IDE,
        - La normalisation des conduites à différents niveaux.


Ces différents éléments doivent nous permettre d’évaluer la pertinence des approches
du développement en termes de firmes motrices, dont la puissance d’entraînement est
désormais étendue à leur impact territorial à deux niveaux :


        - celui de l’importance de l’employabilité et des politiques de formation, celle
        d’accompagnement social ;
        - celui de la diffusion des normes de comportements des différents acteurs, et
        donc de l’image.


D’où la remontée aux niveaux supérieurs, d’abord du territoire dont la limite n’est pas
celle de la géographie régionale, mais aussi de l’Etat, en matière de reprise des
pratiques sous forme d’ensemble inspirant les politiques publiques, etc. Partant,
l’interrogation auprès des autorités publiques pour déterminer les référentiels d’action
publique construits sur cette base.




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                                II. L’organisation de la recherche




1. Terrains d’enquête


Cinq aires ont été choisies : la Chine, le Japon, l’Inde, l’Amérique Latine (avec le Brésil
et l’Argentine), l’Europe centrale (Pologne et Roumanie ou Bulgarie).


Un assistant devrait pouvoir être désigné (un cinquième de temps) en charge de la
coordination, sous la responsabilité des responsables d’aires.


Chaque aire est dirigée par un membre dont le nom est indiqué ci-dessous. Seront
associés aux enquêtes de terrain des étudiants doctorants ou non.




2. Les membres de l’axe


Ont accepté de participer à cet axe les chercheurs suivants : François Bafoil, Jean-Marie
Bouissou, Jean-Luc Domenach, Christophe Jaffrelot, Alexandre Marc, Jérôme Sgard,
Javier Santiso, Jean-Marie Siroen.


D’autres pourront joindre le groupe durant l’exécution de la recherche. Luis Martinez a
proposé quant à lui de s’inscrire dans le groupe en se penchant sur les privatisations (de
l’activité pétrolière Lybie / Irak).


Y seront associés des doctorants dont le sujet pourra être constitué de la problématique
même de cet axe et auxquels certains fonds pourront être dédiés ; également des
étudiants en master.




3. Le groupe de partenaires Entreprises


L’axe doit fonctionner avec l’appui des entreprises. Des contacts ont été pris avec le
Bureau d’Etude et d’Intervention en entreprises, Entreprise et Personnel et une


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coopération est en train de voir le jour. Elle a lieu autour de la mission que réalise une
étudiante de Sciences Po dans le cadre du master CSO. Cette étudiante d’origine
chinoise se rendra dans plusieurs entreprises appartenant au groupe EP pour y analyser
très exactement le thème de recherche de la gestion des ressources humaines dans les
entreprises acquises par plusieurs groupes industriels français. Le résultat de ce travail
sera un élément restitué à l’axe Economie politique en septembre 2005.


Des contacts doivent être pris également avec les entreprises partenaires du CERI.


L’idée est de retenir un nombre restreint de grandes entreprises françaises présentes
dans chaque aire, de manière à pouvoir comparer les pratiques managériales d’un pays
à l’autre et ainsi, de mieux définir les particularités nationales en matière de gestion de la
main d’œuvre et de construction des territoires avec les partenaires publics et
associatifs.




4. Un protocole d’enquête


Un protocole d’enquête doit être établi, identique aux cinq aires / pays, et discuté avec
les partenaires.


Dans la mesure où a été arrêté le thème de la gestion de la main d’œuvre et de l’emploi,
le protocole d’enquête devrait pouvoir s’orienter vers la mise au point d’interrogations
portant sur :


        1. Les modèles en vigueur dans la maison mère et les outils d’intervention et
        d’évaluation correspondants.
        2. Les outils d’intervention dans les différentes entreprises, objet de la recherche,
        en matière d’expatriation et de conseils de la maison mère, et propos de la
        gestion des RH, incluant la participation, l’actionnariat, les salaires, les
        conventions collective (qualifications, durée du travail, classifications), la
        formation.
        3. Les outils en matière de politiques sociales et de fidélisation de la main
        d’œuvre.


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        4. Les acteurs associés à ces politiques.
        5. Les modalités de coopération avec les acteurs publics et associatifs à
        l’extérieur de l’entreprise, les formes de contrat, etc.




5. Le déroulement de la recherche


Plusieurs séminaires doivent pouvoir se tenir durant la réalisation du programme de
recherche :


                                                  2005
        1. Avril. Un premier séminaire devrait pouvoir être organisé avec Jean-Luc
        Domenach sur la Chine, au sein d’une réunion avec Entreprise et Personnel.
        2. Septembre. Restitution de l’enquête réalisée en Chine.
        3. Novembre. Séminaire sur les privatisations où seraient exposées les
        différentes formes nationales de privatisation (sur la base d’une distribution
        préalable de papiers), discutants, etc. Ce séminaire devra permettre l’énoncé du
        cadre d’enquêtes empiriques. Un papier comparatif devrait pouvoir être
        disponible et discuté. Il devrait pouvoir donner lieu à une rédaction collective des
        responsables des axes.




                                                  2006


        4. Juin. Restitution des enquêtes dans les entreprises et les territoires
             environnants sur la base de papiers.
        5. Novembre. Restitution sur les enquêtes en entreprise, 2de vague




                                                  2007


        6. Juin. Restitution sur les enquêtes concernant la construction des territoires.
        Ce séminaire pourra éventuellement être dédoublé.



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        7. Novembre. Colloque final sur la base de l’ouvrage qui devrait conclure la
        recherche et répondant aux questions initiales portant sur les dérégulations /
        restructurations / recomposition et finalement redéfinition du rôle des Etats face
        au changement internationalisé.




6. Durée du programme


En admettant que :


        1. le programme puisse démarrer au printemps 2005,
        2. le premier séminaire sur les privatisations se tienne à l’hiver 2005 ;
        3. et les rendus des enquêtes durant l’année 2006, (elles auront commencé en
             2005),


le travail de rédaction final devrait pouvoir avoir lieu durant le premier semestre 2007 et
donner lieu à la remise d’un manuscrit à la fin de l’année 2007.




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