A SOCIETE CIVILE SERBE

LA SOCIETE CIVILE SERBE Aleksandra Babovic Sciences Po Dijon Afin d’analyser la société civile serbe du début du nouveau millénaire, après le départ de Slobodan Milošević en 2000, il est nécessaire d’étudier le processus de sa formation, commencé pendant le régime de Milosevic, afin de comprendre d’une part son impact dans la chute du régime, et d’autre part sa position ambivalente à partir de l’année 2000 au sein du processus de démocratisation entamé par la Serbie. I. Le concept de la société civile Avant tout, il convient de dire que le concept de la société civile est un concept ambigu qui a autant de définitions qu’il existe de courants politiques. Par conséquent, nous allons proposer quelques définitions afin de pouvoir ensuite choisir la plus appropriée à notre contexte. De l’Antiquité au 18e siècle, la société civile signifie toute opposition à l’Etat de Nature. Pour Aristote, la société civile est équivalente à ce qu’on appelle aujourd’hui l’espace public. C’est l’espace extérieur à la sphère privée. Ce qui distingue la sphère privée de la sphère publique est la différence dans le rapport à l’autorité. Dans la vie privée le rapport est vertical, tandis que dans la sphère publique les relations sont horizontales et contractuels entre les hommes libres. Donc, de cette première définition on voit émerger l’idée de la sphère publique échappant au pouvoir vertical. Historiquement, l’apparition de la société civile en tant que champ social distinct de l’Etat remonte au 18e siècle, à l’émergence d’Etats souverains, territorialement délimités où la sphère publique se distingue de la sphère sociale. Le développement des théories de l’Etat moderne inspire ainsi l’apparition de théories contractualistes selon lesquelles la société civile est un espace de mobilité sociale garantie par l’Etat de droit ; ensuite viennent des théorie libérales qui renvoient à l’idée de l’interaction des comportements individuels, soit à une indentification de la société civile à la société commerçante (Hegel et Marx). La principale contribution de Hegel est la définition de la société civile comme une sphère sociale, indépendante de l’Etat et de la famille, dans laquelle se développe la subjectivité des individus. Par ailleurs, le concept de la société civile réapparaît au 20e siècle comme symbole de la résistance anti-totalitaire dans le contexte des révolutions sud-américaines et celui de l’émancipation démocratique en Europe centrale et orientale. Le but de l’Etat totalitaire était le règne d’un mensonge institutionnalisé. 1 La résistance au mensonge, ou « vivre dans la vérité » comment le soulignait Vaclav Havel, était un point de départ qui initiait la nécessité de recréer un espace de la pensée politique autonome. Contrairement à cette notion de l’Est, la société civile était en général considérée comme un complément à la politique, un engagement associatif. Selon Jürgen Habermas la société civile est « une courroie de transmission » entre l’individu et l’Etat, qui se définit en vertu de ses limites. La société civile regroupe toutes les relations sociales et volontaires qui ne relèvent ni de l’Etat ou du politique, ni du marché ou de l’économie, ni de la famille, ni du privé. Néanmoins, toutes les définitions contemporaines n’excluent pas le marché et la vie économique de la société civile. La société civile, comprenant des associations au sens strict et d’autres organisations juridiquement constituées, repose sur la communication, la solidarité et le pluralisme. Le paradoxe de la société civile réside dans la relation de constitution mutuelle entre la société civile et l’Etat. Finalement, une dernière définition pourrait être celle de Dominique Collas : « La société civile désigne la vie sociale organisée selon sa propre logique, notamment associative, qui assurerait la dynamique économique, culturelle et politique […..] La société civile évoque d'abord un ensemble de valeurs positives: l'autonomie, la responsabilité, la prise en charge par les individus eux-mêmes de leurs propres problèmes. Par sa dimension collective, la société civile semble échapper aux dangers de l'individualisme et inciter à la solidarité. Par sa dimension civile, elle évoque l'émancipation de la tutelle étatique, mais aussi des valeurs plus affectives telles que l'intimité, la familiarité, etc.». Ainsi afin de limiter le champ de notre étude, il est nécessaire de préciser la définition de la société civile qui sera utilisée. Le concept de la société civile est un concept évolutif suivant la dynamique historique qui au 20e siècle se base sur deux caractéristiques : l’autonomie de la société civile de l’Etat et la connotation normative2. Ces caractéristiques ont pour résultat la société civile qui constitue une puissance intellectuelle s’alliant avec l’opposition dans les pays communistes de l’Europe centrale et orientale. Cette opposition 1 http://www.yurope.com, article de revue République 1996, La Stratégie des changements dans l’Europe de l’Est, 2 Lazic Mladen , Les changements et les résistances, Belgrade : Filip Visnjic, 2005 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 2 indiquait les désavantages du système de centralisation, de planification et d’interventionnisme de l’Etat dans la société. En même temps, dans l’Europe de l’Ouest depuis longtemps libérée de la tutelle de l’Etat, naissait l’idée de création d’une entité autonome et protégée de l’interventionnisme de l’Etat dans la sphère économique. Enfin, dans les années 1980, quand la transformation commence dans les pays d’Europe centrale et orientale, un cadre institutionnel (marché libre et pluralisme politique) rend possible une définition quasi unanime du concept de société civile. La société civile est un type d’action sociale qui constitue en même temps un champ autonome et relationnel avec l’économie et la politique3. On peut ainsi dire que la société civile est porteuse des caractéristiques dites « utopiques » tels qu’auto-organisation, caractère public, pluralisme, hétérogénéité, nonviolence et achèvement de l’intérêt général.. L’activité du secteur civil agit là ou les organes étatiques n’arrivent pas à favoriser et protéger l’intérêt général mais au contraire le heurtent par leur action. Force est de constater qu’une des ressources les plus importantes pour la société civile est le capital culturel. Cet élément culturel développe la notion d’intérêt général, de conscience, et les solutions possibles pour son achèvement. De cette définition découle la thèse qu’aujourd’hui les principales sources de la société civile sont les acteurs de la classe moyenne étant, plus que les autres classes, centrée sur l’accumulation du capital culturel (en référence à l’éducation). Si la classe moyenne constitue le réservoir principal pour le recrutement de la société civile, ce n’est pas pour autant le seul car les autres classes sociales dans une moindre mesure constituent également la partie de la société civile4. Il s’ensuit que dans notre étude la notion de la société civile sera étudiée au sens strict sous l’égide des organisations non gouvernementales (NGO) qui étaient en Serbie un des principaux titulaires des changements et du mobilisation de masse. 4 On l’a vu dans la définition de Jürgen Habermas 3 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org II. Le processus de formation de la société civile serbe en tant qu’acteur clé dans la chute du régime Avant de s’intéresser au processus de formation de la société civile serbe, quelques points historiques seront présentés afin de nous aider à mieux le comprendre. Il s’agit de l’héritage historique du modèle communiste yougoslave qui est radicalement différent de celui des autres pays de l’Europe centrale et orientale faisant partie du bloc Soviétique. La société bourgeoise serbe née après la Deuxième Guerre Mondiale ne cherchait pas à se distinguer de l’Etat car il était la principale source de son financement. Cependant, des « embryons » de société civile faisait ponctuellement leur apparition, notamment à travers d’organisations ayant pour objet la position de la femme dans la société, la position de l’individu dans l’époque contemporaine, l’environnement, la science, la culture… etc. Une action et production dans le champ culturel étaient possibles grâce à la circulation des idées, des personnes et des marchandises qui constituait l’une des spécificités du régime communiste yougoslave ouvert à l’Ouest. Au contraire, la pensée politique contrôlée par l’Etat autoritaire et la présence d’une culture politique patriarcale et traditionnelle au sein de la société ne furent pas à l’origine d’une résistance par réaction automatique à l’autorité. Le communisme yougoslave s’est trouvé dans les années 60 devant un défit de libéralisation et d’émergence des idées nationalistes. Ce libéralisme se traduit par des réformes économiques, par la décentralisation, le mouvement étudiant de 1968 et les démonstrations ouvrières qui étaient vite réprimés. C’est la raison pour laquelle, l’élite intellectuelle, marginalisée, qui demandait régime politique démocratique n’a pas réussi à emporter sur l’autre courant conservateur qui reposait sur les idées nationalistes. La charte « Mémorandum » de 1986 de l’académie serbe des sciences et beaux arts a considérablement influencé la course des événements. La charte prônait que les droits de l’homme sont réalisables seulement si les droits ethniques le sont. C’était un discours nationaliste qui représentait « la trahison des intellectuelles ». L’effondrement du socialisme dans les années 1980 en Europe a été un catalyseur de processus d’institutionnalisation du pluralisme politique et de création d’une société civile. Les élites intellectuelles, qui depuis plusieurs années déjà parlaient des problèmes sociaux au sein du groupe « L’homme et le système », se réunissent en 1989 dans l’organisation l’Association pour l’initiative démocratique yougoslave. Cette entité est une organisation politique alternative qui va jouer un rôle crucial dans l’introduction du pluralisme politique en Serbie. Les membres de cette organisation vont constituer une grande partie des membres des partis politiques d’opposition formés en 1989-1990 ; on y trouve aussi les membres des Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 4 organisations non gouvernementales qui commencent à émerger au même moment et qui parviennent peu à peu à se détacher de l’Etat. Le développement de la société civile en Serbie sera déterminé en grande partie par la victoire du parti de Slobodan Milošević aux premières élections libres. Les membres du parti étaient majoritairement des représentants de l’ancien régime. Pendant près de dix ans, avec cette ancienne élite socialiste au gouvernement, la Serbie va connaître une « transformation bloquée »5. Les éléments de la démocratie libérale, de l’économie de marché et du pluralisme politique sont bien introduits à l’origine par cette élite, qui réussit cependant à s’approprier tous les bienfaits de la libéralisation progressive de l’économie et de la politique. Avant même 2000, un changement, une transition politique et économique a donc existé : la transition après l’année 2000 ne démarre pas de zéro. Mais comment expliquer ce phénomène de transition bloquée et l’inertie considérable au sein de la population ? La réponse se trouve dans la suite des événements : désintégration de l’Etat yougoslave et guerres civiles qui s’ensuivent (guerre de 1992-1995), isolation politique et économique du pays (sanctions), dégradation des conditions de vie et appauvrissement total de la population. Dans ces circonstances se développe un champs fertile pour la mobilisation nationaliste de la population et la légitimation du régime de Milošević. En meme temps, l’introduction et l’institutionnalisation du pluralisme politique influence l’apparition des organisations dans la sphère de la société civile. Ce qu’il faut souligner dès le départ, c’est le lien étroit entre société civile et opposition politique. En effet, toutes les activités publiques en Serbie étaient subordonnées à la dimension politique non seulement parce que l’opposition n’a pas réussi à combattre les héritiers de l’ancien régime communiste lors des élections suivantes, mais aussi du fait de la mauvaise situation de 2000 organisations non générale de la société résultant de la conjoncture économique évoquée ci-dessus. Au cours de la période 1990-2000 naissent en Serbie près gouvernementales. Précisons qu’un quart de ces organisations se crée en 1997, au moment où l’opposition accède au pouvoir local dans la majorité des villes de province. Dans un premier temps il faut souligner que la société civile en Serbie est une entité ambivalente. Elle n’a profité que partiellement de l’introduction du pluralisme politique et de l’abolition du monopole politique en se libérant de la tutelle de l’Etat. Mais le processus de création des organisations non gouvernementales est très long car ce secteur semblait le plus attirant aux engagés dans la politique par ses promesses de récompenses matérielles (position, pouvoir, la richesse et réputation). Le manque d’engagement de la population dans les ONG, traduisant l’inertie de la société civile, peut être expliqué pour plusieurs raisons : 5 Lazic Mladen, Racji Hod, Beograd : Filip Visnjic, 2000 5 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 1) Existence d’un individualisme de subsistance : dans un contexte de conditions de vie misérables – le PIB par habitant équivalait à 15 deutschmarks – que la réalité économique n’a pas pu améliorer, toutes les activités étaient centrées sur des objectifs purement «matériels » afin de pouvoir assurer, au moins, la subsistance. Dans de telles circonstances, le développement d’un secteur civil qui aurait pour but de poursuivre la lutte pour un intérêt commun à la base de solidarité était nécessairement freiné par cet individualisme. 6 2) Existence d’une identification collective basée sur le nationalisme qui excluait toute autre forme d’identification7. Ce nationalisme était nourri par le haut, le régime qui instrumentalisait les guerres civiles et les affrontements ethniques. La Serbie était présentée comme une forteresse cernée par des ennemis (les anciennes républiques) et par l’Ouest. Tous ceux qui entretenaient des relations avec l’ennemi ainsi défini étaient considérés comme des traîtres et des collaborateurs. Le facteur nationaliste a bien évidemment un impact significatif sur le secteur des ONG puisque celles-ci étaient souvent largement financées par l’Ouest, comme dans la plupart des autres pays d’Europe centrale et orientale8. Par ailleurs, cette homogénéisation forcée se heurtait aux principes de tolérance et de différenciation prônés par la société civile. 3) Existence d’éléments culturels qui freinent le développement de la société civile, tels qu’un niveau d’éducation très bas, la persistance de la culture patriarcale et traditionnelle nourrie par des éléments d’autoritarisme. Tous ces éléments renforçaient la légitimité du régime du Milosevic. Si la société civile n’était que limitée et faiblement organisée, elle a néanmoins pris différentes formes non négligeables. Notamment, certains mouvements ont proposé une vision et des valeurs différentes de celles du régime. Il s’agit ici de prototypes de la société civile. Premièrement, on peut citer les mouvements pour la paix dans le contexte des opérations armées des guerres ethniques. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies à Belgrade en 1992 lorsque le conflit armé a éclaté à Sarajevo. La période 1991-1996 fut marquée par l’entrée de la politique dans la sphère naissante de la société civile. De grandes démonstrations ont été menées en 1991 par les partis d’opposition qui ont peu à peu englobé le mouvement étudiant dans leur lutte contre le régime de Milosevic en 1992. Pourtant la situation a changé radicalement en 1996, lorsque l’opposition a remporté les 6 7 Lazic Mladen , Les changements et les résistances, Belgrade : Filip Visnjic, 2006 Ibid 8 Ibid Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 6 élections dans la plupart des villes de province et que Milosevic a tenté de falsifier les résultats. L’abolition de radio B92 par le pouvoir politique était encore un des signes de son incapacité de respecter les droits de vote de ces citoyens, le droit d’être informé et de lutter contre les abus du pouvoir. A ce moment quelques cent milliers des citoyens sont sortis dans les rues de Belgrade et d’autres villes de province contre cette tentative antidémocratique, contre le pouvoir qui ne respecte pas les droits fondamentaux. Ce mouvement dans un premier temps autonome a forcé des partis politiques à rejoindre car l’oppression de la police9 l’exigeant. Les mouvements des citoyens ont dirigé la course de lutte mettant les partis politiques à sa tête. Par ailleurs, le mouvement des étudiants a fait un pas en avant car ces buts étaient plus larges. C’était, avant tout un mouvement « humaniste » exigeant le respect des droits des citoyens et leur liberté et la démocratie. Suite aux répressions sur les universités ce mouvement commence à se politiser. Quelque 100 000 citoyens sont alors sortis dans les rues de Belgrade pour protester contre cette tentative antidémocratique. Ce mouvement spontané a forcé des partis politiques à se joindre à lui et après trois mois de lutte, Milosevic a reconnu les résultats réels des élections. Les mouvements de citoyens ont mis les partis politiques à leur tête pour mener à bien la lutte. Par ailleurs, le mouvement des étudiants a réalisé une percée en poursuivant des objectifs plus larges. Il réclamait entre autres l’indépendance des partis politiques. Ce mouvement étudiant n’a jamais abandonné et a finalement obtenu gain de cause. Il est essentiel d’analyser maintenant l’âge et le niveau de formation des membres de ces mouvements citoyens afin de voir les composantes de cette société civile qui enfin acquiert les formes et caractéristiques d’une véritable société civile. Le mouvement de l’hiver 1996 comprenait 28% d’experts et 21% d’étudiants (étudiants engagés dans des mouvements civiques autres que le mouvement étudiant), ces deux groupes représentant 8% de la population de ville de Belgrade. S’y ajoutent 8% d’ouvriers représentant 23% de la population de la ville. 49% des participants avaient reçu une éducation secondaire, ce chiffre passant à deux-tiers si l’on inclut les étudiants. Les manifestants représentaient au total 30% de la population de la ville. Ces mouvements ne constituaient pas seulement une lutte contre le régime ou encore contre la lutte jugée mauvaise menée par l’opposition. Par leur caractère culturel, théâtral, et artistique, ils révélaient que les manifestants étaient également contre la réduction de la vie sociale à la politique (on disait que la politique était « dans la casserole »). On a assisté à une sorte de carnavalisation du mouvement 10 9 11(Annexes, La police était perçu comme un des appareils principaux de Milosevic afin de maintenir ordre, la police contre le peuple 10 Mladen Lazic 11 Un journal intime, le 24 décembre 1996 : « Aujourd’hui c’était encore un jour où on n’avait pas de l’école. Encore aujourd’hui j’étais avec ma marraine dans la place de Liberté avec des étudiants. J’aimais bien Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 7 Photos : 1996). Le caractère à la fois autonome et non politique du mouvement montrait bien que la société civile serbe passait du stade de prototype à celui d’une entité commençant à avoir de vrais traits de la société civile. Depuis 1997, 700 nouvelles organisations non gouvernementales ont été créées. Il est important de mentionner que le mouvement a fait naître des organisations diverses qui vont jouer un rôle important dans la préparation du changement de régime. Parmi ces organisations on peut citer : l’organisation étudiante La Résistance (Otpor), le réseau universitaire qui regroupait des professeurs, l’organisation pour le contrôle des élections et la promotion de la démocratie (CESID), l’organisation pour le développement de la démocratie locale (PALGO). Depuis le début, l’un des problèmes principaux des partis d’opposition était leur incapacité à se réunir dans une coalition pour combattre efficacement « l’ennemi ». La pression de l’extérieur et de l’intérieur a abouti au bout de dix ans à la formation de la coalition de DOS se présentant de façon unie aux élections. L’un des apports cruciaux de la société civile a été la mobilisation des opposants au régime, en particulier les jeunes, en faveur du vote. Ainsi la société civile s’est avérée nécessaire à la lutte contre le régime, à l’organisation de sa chute et au processus de déblocage de la transition post socialiste bloquée. Ainsi, des ONG financées par des capitaux occidentaux ont eu le double rôle d’éduquer et de mobiliser les citoyens, ainsi que de fournir des moyens matériels à ces activistes et à certains mouvements de jeunes. Il est intéressant de constater que l’aide financière internationale a finalement manqué au moment même de la chute de Milosevic (seulement CSD Suisse était présent). Le 5 octobre 2000 est un moment crucial dans l’Histoire de la société civile serbe, car elle a joué un rôle majeur de mobilisation lors des manifestations qui vont aboutir à la chute de Milosevic et à son départ pour le Haut Tribunal de la Haye. Ce déblocage de la transition post socialiste pourrait être comparé à la chute du mur de Berlin pour les pays de l’Europe de l’Est. C’est le moment où la société civile serbe a joué un rôle clé (Annexes, Photos, Octobre 2000). l’atmosphère. Ils disent qu’on veut se libérer de Milosevic et qu’il est un des coupables car on vit mal. Et moi aussi je le croyais car on vivait dans la misère. Je pense qu’on a de la chance car on est tous ensemble, je jour dans les protestes et le soir on frappait les casseroles pour produire le bruit. J’ai bien aimé ce moment car ils disaient que c’est comme ça que les méchants de pouvoir nous entend et se rendent compte qui nous fâchent. Même s’ils disent que je suis petite et que je ne dois pas y aller, je dois car doit être tous ensemble contre le mal ». Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 8 III. La société civile serbe au début de nouveau millénaire dans le contexte de transition démocratique débloquée Pour étudier la société civile serbe après l’an 2000, nous allons essentiellement utiliser les statistiques du Centre pour le développement du secteur de non profit, faites à partir d’un échantillon de 821 organisations non gouvernementales au cours de l’année 2001. Ensuite, nous nous appuierons sur des données issues de recherches effectuées en 2003-2004 sur 102 organisations non gouvernementales 12. La période qui suit directement le passage à l’an 2000 est marquée par la prolifération des ONG : entre le mois de janvier et le mois de mai 2000, 900 nouvelles organisations sont enregistrées en Serbie ! Cela représente plus d’un quart du nombre d’ONG crées au cours des dix années précédentes (2000 ONG) en l’espace de trois mois ! Afin de comprendre cette logique de prolifération il faut savoir qu’aucune loi chargée de réguler ce secteur n’est votée, et qu’aucune modification n’est intervenue dans le mode de financement public des ONG. Deux facteurs ont favorisé le développement de la société civile serbe : la naissance d’une nouvelle ambiance au sein de la société et les financements, principalement en provenance de l’Ouest. Ce nouvel esprit au sein de la société a eu plusieurs conséquences : diminution de la peur de la répression, attente d’une moindre intervention régulatrice de l’Etat, et création d’un espace d’autorégulation au sein de la société. Ainsi, on observe une ouverture de la société et les tendances autarciques régressent dans la conscience des citoyens. Cela se traduit par une plus grande circulation et plus d’échanges entre les secteurs gouvernemental et non-gouvernemental, notamment les cadres. La première différence notable réside dans le développement inégal du secteur civil et dans l’existence d’une hiérarchisation au sein de la société civile avec Belgrade au sommet (Tableau1). Le développement tardif du secteur civil dans les villes de province s’explique par le manque de ressources humaines, le niveau de formation y étant moindre, et une plus grande sensibilité à la répression idéologique de l’ancien régime. Dès que cette pression politique diminue, on voit clairement naître un nombre considérable d’organisations non gouvernementales. Cette différence s’explique ainsi par le manque de personnel technique et d’employés capables d’assurer la continuité du travail et la coordination des travaux qui deviennent de plus en plus exigeants, faute de ressources suffisantes (Tableau 2). Toutefois, le peu de ressources existantes était réparti de manière inégale. Notamment, seules 14 ONG ont eu accès à des ressources leur permettant de financer des actions de base 12 Recherche effectuée par Mladen Lazic 9 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org (Tableau 3). De même, le financement par des fonds de l’Etat est très réduit. Ainsi que nous l’avons déjà mentionné, il n’existe même pas de règles juridiques en la matière. Par ailleurs, le financement des entités locales privées est très souvent réduit à une aide qui consiste plutôt, par manque de moyens, dans l’équipement (location des locaux, petit équipement) que dans les ressources financières. En dehors des cotisations qui constituaient les « fonds propres » des organisations, les financements étrangers vont constituer la deuxième grande composante du financement (Tableau 4). Au début de 21e siècle se pose la question pourquoi la Serbie ne régule pas une partie de vie sociale très importante qui est justement la société civile. Peut-on dire que c’est un « enfant indésirable »13 et qu’on ne sait pas quoi faire avec ? Le problème est que l’Etat ne reconnaît pas dans la société civile un facteur de démocratisation. Cette progression de l’entrée de financements étrangers vers l’apparition de nouvelles ONG explique l’état actuel de la société civile serbe s’éloignant de la définition proposée au début. 1) Les ONG, un « mécanisme pour le transfert des donations » : La prolifération des ONG est due à son caractère très attractif car elles représentent une source de revenus matériels importante pour les activistes. De surcroît, beaucoup d’individus y adhérent afin de pouvoir bénéficier de la distribution des donations. 2) Orientation des actions conditionnée par les donateurs étrangers : l’action des ONG n’était plus dirigée par les nécessités intérieures mais plutôt par les influences extérieures. Ces actions étaient la plupart du temps consacrées aux problèmes cosmopolites (par exemple, la question des tsiganes) qu’aux problèmes spécifiques du pays. Cela se traduit par des projets de court terme, éphémères, ressemblant plus à la résolution d’un problème mathématique qu’à une action à la hauteur de la réalité sociale. 3) Les ONG sont souvent initiées par des experts qui mettent en place une organisation telle qu’elle leur profite en leur permettant de bénéficier des donations, mais aussi de s’élargir au fur et à mesure des projets. Par conséquent l’initiative au sein des organisations appartient aux experts et non pas aux citoyens, ce qui entrave la représentation et l’action au nom de l’intérêt d’un groupe plus large. De ce fait, il n’est pas surprennent que 59 % des citoyens n’a pas connu le travail des ONG, tandis que 35 % n’en était que partiellement informé et enfin que seulement 5 % de la population était bien informée sur les actions de l’ ONG. 13 Branka Pavlović, L’état actuel de la société civile, la revue République, 2005 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 10 4) Le caractère formel de l’organisation des ONG est motivé, encore une fois, par les donations. Il s’agit des organisations bien profilées qui opèrent dans un cadre bien défini. On peut mentionner l’organisation Otpor qui s’est transformée après des afflux de donations en une organisation hiérarchisés et institutionnalisée. 5) Professionnalisation du secteur civil : ce secteur est devenu un lieu privilégié des universitaires, scientifiques, artistes… qui possèdent les qualités exigées par les donateurs étrangers telles que la connaissance de la langue ou l’expertise, ainsi qu’une capacité à gérer des projets ambitieux. Le résultat de toute cette logique de rent-seeking suscité par les donations étrangères n’est ni plus ni moins que l’instabilité générale du secteur de la société civile. On a pu observer que ce secteur est très instable de par sa composition, sa taille et son action. De nombreuses organisations non gouvernementales ont ainsi disparus ou reposent sur un système de fonctionnement éphémère. Si la société civile serbe était dans un premier temps très proche de la sphère politicoéconomique sous la domination du régime socialiste, les conditions économiques dégradantes provoquant un recentrage sur les questions purement matérielles, ainsi que la dépendance vis-à-vis de l’extérieur, ont dans un deuxième temps poussé cette société civile à se rapprocher dangereusement de la sphère du business. De plus, l’Etat n’envisage pas que secteur civil pourrait être un générateur de nouveaux emplois, dans un pays avec le taux de chômage si élevé. L’Etat ne s’aperçoit pas qu’une somme considérable de l’argent entre chaque année grâce aux projets des ONG. Par ailleurs, les paris politiques ne reconnaissent pas les ONG comme une sorte d’alliée qui pourrait leur aider sur la scène sociale. Les ONG ont les connaissances, les savoirs qui seraient un complément nécessaire aux actions des partis politiques. Ainsi, la présence des investisseurs étrangers et des ONG étrangers, surtout de l’Union européenne, pourrait constituer un atout considérable pour la Serbie qui envisage l’intégration dans l’UE. Le but du développement à l’avenir doit être l’éloignement et l’autonomisation par rapport à cette sphère. La pénétration de la politique dans la société civile est un élément présent depuis toujours, tout comme la pénétration de l’Etat dans toutes les sphères favorisée par le manque de modernisation dans tous les domaines (politique, économique et culturel). Ainsi, le bas niveau de vie justifie une orientation matérielle de la société civile qui est toujours à la recherche du profit. Le résultat de ce développement va dans une grande partie dépendre des composantes et des acteurs principaux de la société civile. Par ailleurs, nous allons démontrer que la majorité des membres actifs des ONG appartiennent à la classe moyenne. Pour illustrer ce propos, nous nous appuierons sur les statistiques de la même analyse sur 102 ONG effectuée en 2003-2004 sur les membres Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 11 ayant une position supérieure dans la hiérarchie des ONG. Premièrement des données démographiques seront présentées pour pouvoir comprendre la structure du secteur civil. Concernant le sexe, le sondage montre que les femmes sont un peu plus nombreuses que les hommes (61% contre 31%), bien que leur nombre soit presque égal en ce qui concerne les postes importants. Ce résultat est caractéristique de Belgrade où le niveau d’éducation est sensiblement supérieur à celui des villes de province, tout comme le degré de patriarcalisme. Ce secteur est plutôt peuplé par des personnes d’âge moyen (45 % des membres ont entre 30 et 50 ans) ainsi que de jeunes (39,1% ont moins de 30 ans). Ces résultats étaient tout à fait prévisibles, puisque ce secteur est récent et que ses fondateurs et ses membres les plus actifs sont d’âge moyen. Par ailleurs, ce secteur pourrait représenter un canal très important de ressources matérielles pour les jeunes. Au contraire, les membres plus âgés peuvent être moins attirés par les ONG qui représentent pour eux un objet de financement supplémentaire. Il faudrait également analyser le niveau de formation des membres des ONG pour pouvoir soutenir notre thèse que la principale composante de la société civile serbe est la classe moyenne, car c’est l’un des meilleurs indicateurs de la situation matérielle (Tableau 8). Dans le cadre de cette analyse les donnés seront comparées avec les données de la population serbe en général, ce qui contribuera par ailleurs à établir une image plus claire des spécificités du secteur non gouvernemental. On observe un grand clivage entre le niveau d’éducation des activistes membres d’une ONG et la population serbe. Dans le secteur des ONG, les personnes ayant un niveau moyen d’éducation, qui représentent la moitié de la population totale serbe, ne sont que très marginalement représentées. Le travail des ONG concerne plutôt des travaux administratifs ou avec des groupes spécifiques (réfugiés, combattants, Tsiganes, invalides). Il s’agit là d’individus très compétents qui voient leur engagement dans une ONG comme une opportunité de mobilité sociale ascendante. La structure éducative des ONG influence leurs activités, leurs intérêts et les méthodes de travail. Par conséquent, ceci favorise leur professionnalisation et éventuellement leur indépendance vis-à-vis de la politique. Le second indicateur de la position sociale est la profession (Tableau 5). Les résultats de la recherche montrent que la majorité de membres occupent des positions de gestion (ce nombre serait plus élevé si on ajoutait des étudiant en tant que futurs experts), ce qui nous montre qu’ils font incontestablement partie de la classe moyenne. Sous la catégorie appelée « le reste » s’ajoutent des retraités qui eux-mêmes étaient des experts ou exerçaient des autres postes typiques de la classe moyenne. Autrement dit, seule une minorité des Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 12 membres appartient à des catégories intermédiaires entre la classe moyenne et la classe ouvrière. En outre, le facteur d’autoévaluation de la position sociale est une donnée très importante à analyser (Tableau 6). La conscience de sa propre position est une présupposition nécessaire à la définition d’intérêts propres au groupe social et par conséquent de ses relations avec d’autres groupes ; en un mot, elle constitue une présupposition sur les capacités à entreprendre d’un groupe social. Il faut cependant être conscient de la crédibilité des autoévaluations, qui sont toujours différentes de la réalité. Les résultats obtenus montrent qu’il existe une tendance générale à se situer dans la classe moyenne. Néanmoins, le clivage entre les membres des ONG et la population est considérable. Plus d’un quart des membres des ONG se situent eux-mêmes dans la classe haute (ce qui est cinq fois moins que la moyenne de la population totale) tandis qu’un sixième se situe dans la classe basse (ce qui est trois fois moins que la moyenne de la population totale). Si on compare ces données avec des données réelles, on conclut que le niveau de conscience est très élevé et proche de la réalité chez les membres des ONG, et qu’a contrario le reste de la population a tendance à surévaluer son statut social. intérêts particuliers. Finalement, pour compléter cette étude sur les composantes du secteur civil, une étude sur des orientations politiques pourrait se révéler utile (Tableau 7). Nous nous contenterons de rappeler qu’une fuite massive du camp de gauche, étant jusque là le camp imposé, vers le camp de droite, est évident dans tous les pays d’Europe centrale et orientale après le chute du communisme. Néanmoins, cette tendance est moins forte en Serbie, compte tenu de la domination continue du Parti Socialiste, ainsi que de la transition bloquée dans laquelle le pays s’est trouvé. L’étude montre que quinze ans après le début de la transition post socialiste bloquée, l’orientation au centre s’avère la plus acceptable ; ensuite vient l’abstentionnisme, tandis que l’orientation à droite est quasiment plus acceptable qu’à gauche. Cela n’est pas surprenant car la transition vers l’économie de marché a produit beaucoup de « perdants » dans tous les pays de l’Europe centrale et orientale. C’est la raison pour laquelle l’opposition démocratique, en temps que responsable des changements dans les pays post-communistes orientés à « droite » n’a pas pu compter sur l’approbation de la population. Les partis politique serbes tout comme ceux des autres pays d’Europe centrale et orientale apprennent à se positionner au centre de l’échiquier politique plutôt qu’à droite ou à gauche de celui-ci. Cette orientation au centre est le produit des influences mutuelles entre les partis politiques et l’électorat dans les conditions politico-économiques données. Cette logique ne s’applique pas à l’ensemble du secteur civil. Il existe une certaine Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 13 Non seulement le niveau de conscience est élevé mais également la conscience d’avoirs des partie des membres des ONG qui se situe à gauche. Pourtant, l’éducation joue ici un rôle, dans la mesure où les activistes de gauche ne s’identifient pas avec la gauche socialiste de Slobodan Milosevic. La gauche est prise dans son sens moderne de social-démocratie européenne. Cette orientation correspond au rôle de la société civile serbe qui est perçue comme un des principaux mécanismes de redistribution. Par conséquent pour les activistes des ONG de gauche, un Etat qui favorise la redistribution est un allié tandis que l’idéologie de droite en faveur du marché libéral est perçue comme un adversaire14. Ceci est tout à fait compréhensible étant donné que les principaux activistes des ONG faisant partie des intellectuels ont été privilégiés sous le système communiste. Pour eux la variante yougoslave du socialisme représentait moins une ennemie que dans les autres pays communistes. Au vu de ces données, chacun peut constater combien l’on s’est éloigné de la définition initiale de la société civile. La dépendance extérieure des ONG a causé plusieurs phénomènes tels que l’orientation vers les ressources matériels, la professionnalisation, et l’hyper-organisation. Cela freine le développement de la société civile théoriquement définie comme une entité reposant sur l’autonomie, la solidarité, le volontarisme, l’égalité et le pluralisme. L’autonomie est limitée par la dépendance financière, la solidarité et le volontarisme se heurtent à la recherche de profit, la solidarité est réduite par la professionnalisation, l’hétérogénéité par la prévalence de la classe moyenne et le pluralisme par la concurrence accrue entre ONG pour obtenir des donations financières. Il existe pour l’avenir une tendance claire à la diminution des financements étrangers dans le secteur civil, qui va sensiblement influencer son organisation. Par conséquent, ce secteur ne serait plus attirant pour les personnes de classe moyenne car, la Serbie étant un pays pauvre, ne pourrait fournir de financements ni d’origine publique, ni d’origine privée. La professionnalisation de ce secteur a eu pour conséquence le recrutement de ses membres presque exclusivement parmi la classe moyenne. Pourtant, il existe une logique de développement de la société civile comme champ d’autonomie et d’autorégulation à caractère universel qui ne comprend aucune limite, y compris de classe. Etant donné le caractère ambivalent et spécifique de la société civile serbe, la question de sa future restructuration et des orientations de son action – sera-t-elle plus orientée vers les modèles utopiques ou pragmatiques ? – reste ouverte. Par ailleurs, le fonctionnement des ONG est très souvent influencé par le changement de pouvoir local. Ce changement politique influence sensiblement sur la continuité de coopération entre les ONG et le pouvoir local car chaque fois il faut s’ajuster avec nouvelle 14 Ici on parle des orientations idéologiques et non sur l’attachement des partis. Ainsi, seulement 16,1 % des membres des ONG sont les membres des partis politiques. Il est important de dore qu’aucun activiste de ONG n’est membre d’un parti d’ancien régime (Parti Socialiste ou Parti Radical Serbe). Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 14 administration. Vu les interruptions dans l’exercice de ces devoirs, les ONG perdent la confiance de la population. La stabilité politique est un facteur important dont dépendent le fonctionnement et agissement de la société civile. Seulement un petit nombre des ONG présente publiquement leur financement ce qui contribue à la création de l’image négative au sein de la société d’être un secteur dans lequel les sommes d’argent et les profits sont immenses. 15 Il est constaté que les ONG font trois fois plus d’effort par rapport au résultat de leur action. La raison d’influence limitée des ONG sur la politique sociale et la société en générale sont les mécanismes faibles pour la promotion de l’influence le nombre réduit des ONG qui s’engage pour les intérêts socio-économiques des citoyens. Afin de se construire autant qu’une « vrai société » civile et de s’approcher à la définition donnée au début, elle devrait améliorer son action dans certains domaines. Les ONG devrait établir des relations plus proches avec les médias afin de promouvoir des bonnes exemples de leur travail et afin d’améliorer leur réputation au sein de la société. Egalement, il faut travailler sur la promotion de la transparence concernant le financement, les modes de travail, la prise de décision et leur orientation car beaucoup de choses ont été faites mais la méfiance des citoyens est toujours présente. Par ailleurs, il faut éviter la concurrence entre les ONG car cela pourrait laisser une image de plus grand niveau d’organisation avec des standards prescrits. Dans ce cadre, il faut entretenir la continuité de travail et agir sur des zones géographiques dans lesquelles leurs présence est minime afin d’harmoniser le degré de développement de la société civile. Idem l’Etat pourrait créer des centres pour le soutient et informations pour les ONG sans expériences afin d’encourager leur existence. L’un des impératifs pour la société civile est engagement au sein des organismes internationales, des coalitions et des forums afin d’être promus, de pouvoir faire de nouveaux contacts, mais aussi des nouveaux expériences et connaissances. Ainsi, De surcroît, il est important d’inclure plus de citoyens dans les activités des organisations de la société civile. le développement du système de lobbying s’avère important pour l’adoption des propositions des lois. Dans cet objectif, insister sur les liens avec les représentants des partis politiques, le Gouvernement où avec des collectivités locales afin de suggérer l’adoption des certains lois par conséquent améliorer la situation des groupes visés par les organisations. 15 Revue République, La société civile serbe : les recherches, janvier 2007 15 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org Assurer les sources sures et permanentes de financement est aussi une des taches indispensables sur l’agenda des ONG, afin de pouvoir se maintenir. Ceci dire, les ONG doivent s’engager pour obtenir des financements des budgets locaux car cela diminuera la crainte de manque et de résignation des investisseurs étrangers. Cela peut se faire d’une manière efficace seulement par encadrement par des lois. L’Etat devrait créer des fonds de financement de ce secteur au niveau national afin de leur permettre une future plus sure. Bien plus, tout cela pour éviter la fuite des cadres de ce secteur vers les secteurs plus profitables. La société civile serbe est dans une position de stagnation vu l’impossibilité de sont plus grand développement dans un environnement très peu encourageant : manque de la volonté politique, manque de la régulation juridique (on est habitué plutôt au relations informelles), manque de compréhension du potentiel de la société civile et son rôle crucial dans les sociétés démocratiques. Sur le plan interne ce sont les fluctuations des professionnels, la résignation suite au manque de reconnaissance de leur travail. D’une manière globale, le développement du secteur civil est un sujet sensible en Serbie qui nécessite l’attention des hommes politiques et de ces activistes. Néanmoins, après seize ans des efforts la société civile serbe est en cours de construction16. Toutefois, il est important de souligner qu’un espace pour le dialoguer avec des acteurs au niveau local est crée tandis qu’il demeure faible au niveau national. Ceci est très encourageant et profile une image plus sûr concernant le futur des ONG et le développement du secteur civil. IV. Les valeurs libérales dans la société civile serbe : un indicateur de l’acceptation ou du refus des valeurs démocratiques introduites par la transition d’après 2000 Après avoir analysé la structure de la société civile qui repose surtout sur la classe moyenne, nous allons nous intéresser aux valeurs et aux orientations présentes dans la société civile. Cette étude s’avère très importante car elle pourrait nous aider à comprendre comment les changements économiques et politiques sont acceptés par la société civile. Nous étudierons également la présence et la circulation de certaines idées issues de l’héritage historique qui font que les différentes parties de la population serbe acceptent ou 16 Le titre apparu dans le revu République le 5 janvier 2007 16 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org refusent les idées introduites par la mise en place de la démocratie. Par ailleurs, nous testerons la présence de certaines valeurs caractéristiques de la société civile mentionnées au début. La modernisation industrielle tardive en Serbie s’est traduite durant la période socialiste à travers différents aspects économiques et structurels tels que l’industrialisation, la diminution du secteur agricole, l’urbanisation, ou encore le développement du système éducatif. Au contraire, les aspects institutionnels comme l’introduction de l’économie de marché et le pluralisme politique étaient absents du système socialiste. Cela s’est également traduit par une influence sur les valeurs, de telle sorte qu’un pont était établi entre les valeurs traditionnelles et les valeurs socialistes (autoritarisme, égalitarisme, collectivisme, subordination au leader, autarcie). Juste après la chute du socialisme, la transition bloquée initie des changements dans les valeurs qui prennent une forme très spécifique et perverse. Les changements institutionnels sont réalisés par l’introduction des éléments de l’économie de marché et du pluralisme politique avec, cependant, la sauvegarde des éléments-clés de l’ancien régime. Au début des années 1990, la paupérisation massive de la population et l’effondrement économique ont nourri l’approbation du rôle redistributif de l’Etat et de l’égalitarisme, issus du modèle socialiste. Les guerres civiles et l’isolation internationale ont soutenu pérennité et même le développement de l’autarcie, de l’autoritarisme, de l’antiindividualisme, du chauvinisme, et leur expansion parmi toutes les couches sociales. Ainsi la transformation post-socialiste bloquée a laissé un « déficit libéral » dans la sphère des valeurs. Une comparaison avec la pénétration des idées libérales entre les pays d’Europe centrale et orientale et la Serbie est ici possible. Avec la chute du socialisme et tous les changements institutionnels en Europe centrale et orientale, les idées libérales étaient acceptés, au moment où les attentes populaires ont atteint leur maximum. Cette vague « révolutionnaire et conformiste » n’était que partiellement combattue car il était évident qu’au sein de la société il allait y avoir des « gagnants » et des « perdants ». Mais, au même moment les valeurs libérales étaient institutionnellement soutenues par des réformes économiques et politiques. Les orientations libérales, le marché et la compétition politique semblaient légitimes non seulement pour les gagnants mais aussi pour un nombre considérable de perdants. Au contraire, en Serbie les idées libérales qui commençaient à se répandre dans les années 1980 ont longtemps été retenues, de sorte que le changement de régime et le déblocage de la transformation sont intervenus trop tard pour pouvoir générer un enthousiasme de masse et une réorientation rapide des valeurs. De plus, la pauvreté s’est répandue dans la majorité de la population avant même que la transition réelle postsocialiste n’ait débuté. C’est la raison pour laquelle les idées libérales ne pouvaient faire face au socialisme, car cela reviendrait à présenter ce dernier comme « un monde de malheur et Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 17 de mal » alors qu’il était associé par la population à la période « où on vivait mieux ». On vivait mieux par rapport à la nouvelle situation qui s’établit en même temps que l’Etat protecteur ayant une fonction de redistribution est mis à l’écart. « Avant on avait 10 000 paquets d’huile mais on avait les moyens de les acheter, aujourd’hui on a différentes sortes d’huile en grande quantité mais on n’a plus les moyens de les acheter car les salaires sont restés les mêmes. » nouveau 17 C’est ainsi qu’aujourd’hui en Serbie, dans la première décennie du millénaire, il existe une masse confuse de valeurs : d’un coté les orientations traditionnelles et socialistes, de l’autre coté des orientations libérales. C’est un mélange présent parmi toutes les couches sociales, avec les orientations libérales plus présentes chez les hautes classes sociales « des gagnants de la transition commencée » et les valeurs traditionnelles et socialistes particulièrement ancrées dans les couches sociales modestes, « les perdants » parmi lesquels apparaissent des groupes dont le niveau de vie s’est amélioré pendant les quelques dernières années. Le chemin particulier de la transition post-socialiste en Serbie et la formation d’une société civile spécifique ont certainement influencé la formation des valeurs au sein du secteur civil ainsi que les rapports entre ces valeurs avec les valeurs de la population en général. Etant donné que la société civile serbe est largement composée de la classe moyenne, de personnes éduquées dont la situation s’est améliorée durant la transition, et sachant ce que sont les valeurs spécifiques du secteur civil (solidarité, tolérance, autonomie), on pouvait présupposer une forte prédominance des valeurs libérales au sein de cette société civile. Pourtant, il nous faut conclure que c’est un mélange marqué d’idées traditionnelles, socialistes et libérales qui est présent aussi bien dans la société civile que chez l’ensemble de la population, ce qui s’explique par la faible implantation de la société civile et par le phénomène de transition bloquée. Afin d’observer les valeurs présentes parmi les membres du secteur civil et chez le reste de la société, nous allons maintenant nous appuyer sur la recherche de changements des valeurs et d’évolution de la stratification sociale. 18 Puisque les valeurs actuelles en Serbie se traduisent par un mélange d’orientations divergentes, nous allons analyser la présence du libéralisme économique19, libéralisme politique20, de la tolérance, du nationalisme et du traditionalisme non seulement au sein de la société civile mais aussi dans le reste de la société. 17 18 Article de la presse écrite serbe (B92) datant de 2005 : La culture de la misère Recherche date de fin 2003/2004 : financée par le gouvernement suédois 19 Par cela on sous entend qu’il y a moins d’interventionnisme de l’Etat dans l’économie sont meilleur pour la Serbie. Le Gouvernement doit entreprendre des mesures pour la diminution des inégalités des revenus. Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 18 L’analyse des questionnaires portant sur le libéralisme économique met en évidence une approbation de l’interventionnisme de l’Etat dans l’intérêt des pauvres et des exclus du marché du travail, mais un rejet de l’interventionnisme étatique dans la sphère économique privée. Cette disposition favorable aux éléments sociaux et protectionnistes de l’interventionnisme de l’Etat s’explique par plusieurs constats. Le premier a été déjà été invoqué à plusieurs reprises à propos de la situation économique de la population qui s’est considérablement détériorée en cours des 15 dernières années. De plus, la population était habituée au protectionnisme économique de l’Etat non seulement pendant le socialisme, mais aussi durant la transition bloquée car elle s’accentue au cours de cette période. Ce qui est surprenant est que l’ensemble de la population est prêt à accepter les orientations libérales, ce qui peut être interprété comme l’apogée de l’idéologie libérale en Serbie21. Au contraire, dans le cadre des ONG, l’ancien système collectiviste, les nouvelles valeurs bourgeoises, et les nouvelles valeurs civiles apparaissent comme étant inconciliables. Dans ce sens, l’acceptation et le refus simultanés des orientations libérales (avec une maigre prédominance en faveur de idées libérales) semblent tout à fait pertinents. Pour notre analyse, l’évaluation de la tolérance s’avère très importante, celle-ci étant l’une des principales spécificités du secteur civil. C’est justement ici que la différence entre les membres des ONG et le reste de la société est la plus grande. Il faut également ici prendre en compte l’existence de l’autoritarisme comme l’une des valeurs traditionnelles durables présentes au sein de la population serbe. Cet autoritarisme était, dans un premier temps, l’héritage du socialisme qui était impulsé par les multiples guerres civiles et crises sociales des années 1990. A l’opposé de cette majorité de personnes donnant davantage d’importance aux orientations traditionnelles, se trouve la société civile avec une tolérance accentuée, ce qui est un signe de la civilité d’une entité spécifique de la sphère sociale relativement séparée des sphères économique et politique. Dans cette logique, on observe chez les membres de la société civile un rejet du nationalisme par l’acceptation de la nonviolence. Ce phénomène s’observe surtout dans les régions qui ont connu des guerres ethniques sanglantes et où l’on sent encore aujourd’hui une sorte de tension entre les ethnies. Ensuite, ce secteur se caractérise par le rejet des valeurs traditionnelles, en particulier les droits individuels, l’égalité, …etc. Néanmoins ces données ne peuvent pas être étendues à la totalité des membres de la société civile. Une partie minoritaire, mais non négligeable, est plutôt orientée vers les valeurs opposées, ce qui reflète le clivage existant entre un idéal civil et la réalité de ce secteur. Notamment, le nationalisme a de fortes chances d’être entretenu par le statut 21 Mladen Lazic, Les changements et les résistances, Filip Visnjic, Belgrade : 2005 19 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org indéfini du Kosovo. L’indépendance du Kosovo, un territoire considéré par la population comme étant inséparable de la Serbie, imposée par la communauté internationale, pourrait sérieusement discréditer les pouvoirs démocratiques serbes. Ne pouvant s’opposer que verbalement aux plans internationaux, les démocrates risquent dépasser pour des « lâches » aux yeux de la population. Cela serait perçu comme une injustice supplémentaire causée par la communauté internationale, à ajouter à de nombreuses autres. Par, ailleurs cela pourrait laisser un champs fertile pour la mobilisation et la sensibilisation massives en faveur des arguments nationalistes des partis radicaux serbes. Bien plus, les changements institutionnels introduits par la logique politique libérale risquent également d’être discrédités et pourraient pâtir de conséquences indésirables telles que le renforcement de l’autoritarisme. Les partis politiques de la coalition DOS, arrivés au pouvoir après la chute de Milosevic, ne cessent de s’affronter dans un contexte où manquent des éléments de la consolidation de la démocratie, notamment un pouvoir législatif plus efficace et un pouvoir judiciaire indépendant. Les conséquences en sont le ralentissement des réformes car toutes les forces sont absorbées par le conflit entre les partis. Un autre résultat est l’aliénation de la population, qui encourageait et encourage la transition démocratique. Ceci pourrait mener vers l’accentuation de l’autoritarisme déjà traditionnellement présent dans cet espace. La société civile serbe ne s’étant créée au sens strict qu’au cours des 15 dernières quinze années, il est clair que la cristallisation de ses membres autour d’actions, de projets et de valeurs en est encore à ses débuts. Ainsi, l’introduction du marché libéral et de la démocratie dont les valeurs sont la base de la création de la société civile n’a lieu que très tardivement dans toute l’Europe du sud-est. La question qui se pose est celle de savoir comment la société civile serbe a pu s’orienter vers les idéaux libéraux dans des circonstances historiques spécifiques et très peu favorables à leur développement. La réponse réside dans le fait que la principale composante de la société civile se trouve dans la classe moyenne, qui était déjà influencée par les idées libérales occidentales qui ont pénétré en territoire yougoslave. Les idées libérales étaient déjà présentes avant que les changements systémiques ne soient enclenchés. Dans le processus de transformation, avec l’introduction de changements systémiques, les membres des couches aisées et ceux de la classe haute se sont orientés vers les idéaux économiques et politiques libéraux, de sorte qu’on arrive à la propriété privée par la conversion du capital favorisée par leur position dans l’ancienne nomenklatura22. En ce qui concerne la classe moyenne, les « gagnants » de la transformation post-socialiste, le 22 On a déjà parlé d’introduction de la logique du marché libéral dans les années 90 qui a surtout servie comme une source d’enrichissement pour les membres de l’ancienne nomenclature. Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 20 processus d’acceptation des idées libérales dépasse la sphère de l’éducation et touche aussi la sphère économique. En ce qui concerne l’avenir des valeurs de la société civile serbe, il est inévitable que la poursuite du processus d’institutionnalisation de l’économie de marché et de libéralisation politique aboutira à une acceptation généralisée des valeurs libérales et à la pénétration de leur logique dans l’esprit de l’ensemble de la population. Néanmoins, un clivage pourrait apparaître entre les valeurs libérales politiques et surtout économiques dominantes dans la population d’une part, et les valeurs spécifiques de la société civile telles que la solidarité d’autre part. Toutefois, la présence presque prévalente des idées libérales s’avère importante dans le contexte des futures réformes démocratiques. Par ailleurs, la société civile plus développée, avec les institutions politiques et économiques plus stables pourrait être un des acteurs très importants lors d’adhésion de la Serbie dans l’Union européenne. Dans ce moment crucial pour le futur d’un pays, comme s’était le 5. octobre 2000, l’action de la société civile était indispensable. Encore maintenant, on pourrait dire que en ce qui concerne la perspective européenne, les ONG représentent une sorte de couloir avec ses relations avec des donateurs et les ONG étrangers. Les perspectives pour le développement de la société civile sont très favorables, mais elle a besoin de soutient de l’Etat. La question est est-ce que l’élite démocratique serbe, en ce moment occupée par des disputes internes va réaliser cette nécessité et son importance ? La question demeure ouverte, mais l’état actuel de la politique et économie serbe qui ne progressent pas très vite ne donnent pas un espoir. Peut être, avec la formation de nouvelle gouvernement au mois de mars 2007, les perspectives pour la société civile serait meilleurs. Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 21 Annexes : Tableau 1 Le développement régional des ONG en Serbie (%) Période Belgrade Villes province Source : La recherche ONG, 2004 On voit que le processus de formation des ONG s’est fait à Belgrade de manière plus équilibré, tandis que dans les villes de province la formation accrue commence dès 1996, le moment où l’opposition démocratique a gagné les élections locales. Tableau 2 Le nombre des employés permanents dans les ONG (%) Le numéro des employés permanents 0 1-5 6-10 11 et plus 77,3% 16,9 % 3,3 % 2,3 % de Jusqu’à 1990 19,6 1,9 29, 4 9,8 41,2 56,8 9,8 31,4 51 51 1991-95 1996-2000 2001-03 En total Source : NGO Policy Group 20,001-50,000 50,001-100,000 100,001 et plus Budget exprimé deutschemarks Jusqu’à 5000 5,001-20,000 46,7 25,5 en 13,8 7,5 6,5 % Tableau 4 La taille de budget des ONG en 2000 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 22 Source : ONG Policy Group Tableau 5 Les sources de financement des ONG (%) Les sources Etrangers Locales –privés Locales -publiques Le budget d’Etat Les cotisations Source : ONG Policy Group 84,4 21,0 10,4 7,6 15,9 % Tableau 6 La profession des activistes des ONG (%) La profession Les experts, les managers Les étudiants Les employés avec le niveau moyen d’éducation Le reste ( les retraités, …) Total 10,9 248 2971 Les activistes des ONG 53,2 21,4 14,5 La population de la Serbie 17,0 - Sources : La recherche ONG, 2004 La recherche des changements des valeurs et de la stratification, 2004 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 23 Tableau 7 Autoévaluation du statut social (%) Le statut social La haute classe La haute classe moyenne La classe moyenne La classe ouvrière La classe basse Sans réponse Total Les activistes des ONG 2,8 23,0 52,8 12,1 4,8 4,4 248 La 0,7 4,7 46,7 36,6 11,1 0,2 2971 population de la Serbie Source : La recherche ONG, 2004 La recherche des changements des valeurs et de la stratification, 2004 Tableau 8 Les orientations politiques (%) L’orientation politique L’extrême gauche Centre gauche Centre Centre droite L’extrême droite Sans réponse, ne sait pas Total 248 2791 Les activistes ONG 10,5 26,6 45,6 9,3 3,2 4,8 La 1,5 14,2 44,6 15,9 4,4 19,4 population de la Serbie Source : La recherche ONG, 2004 La recherche des changements des valeurs et de la stratification, 2004 Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 24 Tableau 9 L’éducation (%) Le niveau d’éducation Sans ans) Education primaire L’éducation secondaire L’éducation universitaire Total 12,3 46,4 31,6 358 20,9 43,7 10,2 2679 éducation primaire Les membres des ONG 9,7 Ce qui ne sont pas des membres 25,2 complet (en Serbie dure 8 Tableau 10 Les orientations des valeurs (moyennes arithmétiques) Les membres ONG Non membres Membres - .17 -.33 -.45 -.35 -.41 . 023 .044 .060 .047 .055 Libéralisme économique Libéralisme politique Tolérance Nationalisme Traditionalisme Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 25 Photos (Source : L’archive de revue national serbe « Politique ») : Le proteste de 1996 La Serbie a besoin de la démocratie, proteste Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 26 Slobo je t’attends, Tito Parole « Better dead, that read », proteste étudiant La poupée de Slobodan Milosevic Ensemble Belgrade est le monde Agit avec ton cœur et pas aux ordres ! Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 27 “Ensemble” Le 5 octobre 2000 Devant l’Assemblée Nationale Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 28 Il est fini ! Il est fini ! Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 29 Les membres d’organisation la Résistance La police contre les protestants Sur la Place de la Liberté Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 30 Il Les protestants entrent dans l’Assemblée Nationale est coupable !! Le gâteau de la réforme Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 31 Bibliographie: Ouvrages généraux: Lazić Mladen, Society in crisis: Yougislavia in the early 90s, Belgrade : Filip Visnjic, 1995 Lazić Mladen, Les changements et les résistances, Belgrade: Filip Visnjic, 2005 Lazić Mladen, Raciji hod : La Serbie dans les processus de transformation, Belgrade : Filip Visnjic, 2000 Lazić Mladen, Sociology n°2, Belgrade : Institut for the social survey,, 2006 Milić Andjelka, The global transformation and the strategy of social groups : Everyday life of Serbia at the beginning of the Millenium, Belgrade : Institut for social survey in Belgrade, 2004 Nebojsa Vukadinović et Morokvasić Mirijana, Revue d’études comparatives EST-OUEST: Sortir de la transition bloquée: Serbie et Monétnégro, Paris: CNRS, 2003 Les revues : La nouvelle pensée politique serbe : Les Analyses, décembre, 2006 La nouvelle pensée politique serbe : les Analyses, Les recherches sur la société politique serbe, janvier 2007 Jacques Rupnik, Critique internationale L’héritage partagé du nationalisme serbe, Paris : Presses Sciences Po, 1999 Jacques Rupnik, Critique internationale, Vers un retour des nationalistes en Serbie, Paris : Presses de Sciences Po, 2004 La République, Les analyses de la société serbe au début de nouveau millénaire, Belgrade : 2006 Sites internent : www.republika.co.yu www.b92.co.yu Aleksandra Babovic - La société civile serbe – juillet 07 http://www.ceri-sciences-po.org 32

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