RCA EVALUATION THEMATIQUE CHANGEMENTS CLIMATIQUES
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Projet d’Autoévaluation Nationale des Capacités à Renforcer pour la
Gestion de l’Environnement Mondial (ANCR-GEM)
EVALUATION THEMATIQUE DES CONTRAINTES EN
MATIERE DE PRIORISATION DES CAPACITES DANS LE
CADRE DE LA CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR
LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
SYNTHESE
Par Seybatou Alpha DJIGO
Consultant International
D’après le rapport de
Sylvain NDJENDOLE
Consultant National
Février 2008
1. CONTEXTE
La RCA se caractérise du fait de sa position géographique au centre de l’Afrique comme
une zone de transition entre plusieurs grands types de climat et de végétation. Ce qui la
rend à la fois riche de cette diversité climatique qui a une forte influence sur la diversité
biologique en particulier sur la végétation, la faune, les eaux et les sols (écosystèmes) et
donc sur les activités humaines et économiques du pays.(modes de vie et de production).
La variabilité du climat permet de distinguer 5 grandes zones climatiques :
- la zone sahélienne à l’extrême nord avec une pluviométrie voisine de 800mm par an
- la zone soudano – oubanguienne avec une moyenne de 1500 mm/an
- la zone soudano – sahélienne au nord avec une pluviométrie située dans la fourchette
1200 -1400 mm/an
- la zone soudano – guinéenne au centre qui reçoit entre 1400 et 1600 mm/an
- enfin la zone guinéenne forestière au sud avec plus de 1800 mm/an.
Ces données climatiques sont en fait susceptibles de changements rapides et imprévus qui
se traduisent alors par des catastrophes naturelles suivant l’ampleur des modifications
observées. Ainsi, des sécheresses récurrentes et inhabituelles ont été notées au nord du
pays dans les périodes 1972 – 1973 et 1982 -83, résultant d’une baisse considérable des
quantités de pluie habituellement reçues dans cette zone du pays.
A l’inverse, des inondations fréquentes ont été aussi observées au sud notamment à
Bangui en 2005. Il s’y ajoute les vagues de chaleur consécutives à des augmentations
inhabituelles de température comme celle exceptionnellement rare de 40 degrés à l’ombre
enregistrée à Bangui en mai 2007 contre une moyenne habituelle de 25 degrés.
Cela traduit une variabilité du climat de la RCA ces cinquante dernières années avec ses
conséquences que sont les catastrophes naturelles qui sont souvent lourdes en vie humaine
et en dégâts matériel et économique.
Il est donc essentiel de les prévenir par une surveillance continue du climat, une gestion
plus rationnelle des ressources et la promotion de pratiques permettant de réduire et de
fixer les gaz à effets de serre principaux responsables de l’évolution du climat.
D’où l’intérêt pour le pays de signer la Convention sur les Changements Climatiques pour
accroître ses capacités pour mieux gérer la question.
2. ETAT DES LIEUX
En application des obligations de la convention, la RCA a pris certaines dispositions qui
sont entre autres :
L’élaboration finale (la 1ère) en cours (la 2ème) des communications nationales
L’inventaire des GES et des puits de séquestration même s’il faut le réactualiser
La participation aux conférences des parties
L’élaboration des stratégies, de plans et programmes qui impliquent indirectement
les changements climatiques
L’adoption de certains textes relatifs à l’environnement tels que le code de
l’environnement
Quelques émissions de sensibilisation du grand public et des sessions de formation
en direction des acteurs et autres élus.
Par ailleurs, le choix de priorités et leur classification par niveau a mis l’accent sur la
nécessité de veiller au niveau national à :
L’inventaire permanent des GES et au suivi – évaluation de leur absorption par
leur puits,
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Le transfert de technologies et procédés pratiques en s’appuyant notamment sur la
conservation et le renforcement de puits et réservoirs naturels comme les forêts, les
océans et autres écosystèmes,
La prévision et la gestion des calamités comme la sécheresse et des catastrophes
naturelles comme les inondations,
L’intégration de la dimension changements climatiques dans les diverses
politiques et programmes,
L’insertion de la question dans les efforts de recherche de manière fournir des
résultats susceptibles d’être vulgarisés et de favoriser les échanges d’information
sur les changements climatiques,
Le développement de programmes d’IEC à l’endroit du grand public et de cadres
de concertation et d’action entre acteurs de manière à mieux prendre en charge
leurs obligations en rapport avec leurs besoins et les réalités du pays.
Par contre, d’autres obligations n’ont pas encore été exécutées ou l’ont été
insuffisamment. Il s’agit en particulier de :
L’évaluation de la mise en œuvre de ces obligations ;
La faiblesse ou l’inexistence de la législation spécifique sur les changements
climatiques ;
La quasi – absence de participation des populations à des activités y relatives en
dehors de la journée de l’arbre ;
L’inexistence de recherches ou d’études scientifiques en général et relatives en
particulier à l’impact des changements climatiques sur l’environnement et
l’économie du pays.
3. ANALYSE DE SITUATION
L’analyse de la situation de la mise en œuvre de la convention fait apparaître des
contraintes et obstacles qui sont entre autres :
L’instabilité politique et l’insécurité qui freinent le fonctionnement normal des
institutions donc la prise de décision, limitent les ressources notamment
financières mobilisables au niveau national et encouragent peu les partenaires au
développement à s’impliquer dans des processus à l’issue incertaine.
La structure de l’économie de la RCA devenue exsangue et essentiellement fondée
actuellement sur les ressources naturelles en particulier l’agriculture (80% de la
population active, 50% du PIB et 95% des sources alimentaires) et les forêts
(principale industrie et source d’énergie du pays) qui dépendent fortement des
phénomènes de variabilité et de changements climatiques.
La pauvreté qui affecte près de 80% de la population, singulièrement les ruraux
dont la seule alternative pour se nourrir et se procurer des revenus est le
prélèvement sur les ressources naturelles qui sont ainsi sur – exploitées et
menacées de disparition, d’où un risque accru de destruction de puits de carbone.
L’insuffisante articulation des politiques environnementales entre elles qui marque
la faible prise en compte de la spécificité des changements climatiques tant dans la
conception des programmes que leur mise en œuvre par des moyens appropriés..
La faiblesse de l’arsenal législatif et juridique réglementant la question des
changements climatiques et leur non articulation avec les autres orientations
politiques et économiques nationales du pays.
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D’autres contraintes peuvent être identifiées comme la rareté des ressources
humaines et financières dans le domaine, la faible participation de populations mal
informées, une circulation insuffisante de l’information et une absence d’échanges
entre acteurs notamment.
4. RECOMMANDATIONS
Pour une meilleure prise en charge de la question des changements climatiques dans le
pays, les dispositions sont utiles à mettre à œuvre :
Au niveau individuel
Les experts en charge du processus (point focal, comité de pilotage,
groupe thématique) doivent faire preuve d’une plus grande ouverture
d’esprit pour favoriser la concertation et les échanges permanents
d’information, garantissant une appropriation du processus par les
parties prenantes et par suite leur meilleure implication.
Les populations doivent bénéficier de programmes d’information et de
sensibilisation pour faciliter leur conscientisation sur le phénomène, ses
causes notamment anthropiques et ses conséquences.
Le groupe thématique autant que les experts en charge du processus
doivent bénéficier d’une formation adaptée garantissant leur
participation active aux différentes étapes du processus (formulation de
stratégie et de plans d’action, inventaire, études de vulnérabilité, etc.)
Dans le domaine institutionnel
Le renforcement des moyens de fonctionnement matériel, logistique, en
communication et en infrastructures des institutions en charge du
processus pour améliorer notablement leurs performances.
L’amélioration des textes pour une meilleure prise en charge de la
spécificité des changements climatiques tant dans leurs rapports avec
les autres domaines de l’environnement qu’avec les secteurs de
développement économique du pays.
Au plan systémique
Il s’agit de favoriser l’existence d’un climat général de sérénité, de
sécurité, de motivation des différentes parties prenantes et d’échanges
entre elles pour permettre leur participation effective et durable au
processus de mise en œuvre des conventions.
Il faut promouvoir la participation active de la société civile et des
populations dans le processus. A ce propos, les ONGs dans leur rôle
relais entre les populations et les autres parties prenantes doivent être
mieux formées à la connaissance des conventions, aux techniques
d’animation de groupes et de vulgarisation de thèmes techniques auprès
des populations.
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