Contrat GenCo

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					                                                                                                                        ISSN 1148-5531
N° 617                                                                            ENVIRONNE
                                        BATIMENT - TRAVAUX PUBLICS - IMMOBILIER - ENVIRONNEMENT
LUNDI 7 AVRIL 2003

HEBDOMADAIRE


                                                                                                   ASSOCIE
                                         LA LETTRE HEBDOMADAIRE DE LA CONSTRUCTION ET DES SERVICES ASSOCIES




                                     L'ESSENTIEL DE LA SEMAINE
Contrat
Métro de Barcelone: les plus
beaux lots pour FCC et Draga-        TVA réduite: espoirs de pérennisation pour le logement. Pourtant mal partie,
dos. Les consortiums dirigés par     la pérennisation des dispositions en faveur du logement est devenue une option
FCC et Dragados ont remporté         sérieuse. Problème: les arbitrages reviendront alors aux Etats membres - page 2
les principaux contrats de
construction de la ligne 9 du        Tarification des infrastructures: blocage à la Commission. Ebaucher une tarifi-
métro de Barcelone, qui repré-       cation des infrastructures n'est pas si simple. Le "paquet infrastructures" se trans-
sentent un investissement global
de 1,16 milliard d'e. FCC est        forme en simple communication sur les financements innovants (PPP) - page 2
associé (selon les tronçons) à
Copcisa, Copisa, Ferrovial,          Les projets PPP allemands lancés à la rentrée. Des élargissements d'auto-
OHL, Scrinser (Sacyr) et Coma-       routes pour 3,6 milliards d'e et 10 projets de ponts et tunnels pour 2,9 mil-
pa. Ce consortium obtient un         liards d'e sont au programme - page 5
total de 471 millions d'e de
commandes. L'autre vainqueur,
Dragados, est associé à des
                                     Débat sur la conception/réalisation en Belgique. Les entreprises générales
groupes tels que Necso (Accio-       invitent les architectes belges à se joindre à leur réflexion sur leurs rôles res-
na), Copcisa, Comsa, Sorigué,        pectifs dans le cadre de la conception/réalisation - page 6
Proconsa, Rubau et Comapa. Il
obtient un total de 425 millions     Atterrissage pour la construction espagnole. Après plusieurs années de forte
d'e (voir également BEM du 31        croissance, le secteur se stabilise. Il reste tiré par la commande publique alors
mars 2003, p. 12).
                                     que le logement, le plus gros segment, souffre des prix du foncier - page 7
GenCo                                La réforme de la commande publique française inquiète. Les entreprises
Le plus gros marché de GenCo         s'alarment face à ce qui s'annonce comme une refonte profonde de la com-
sur les rails en Italie. Le plus
gros appel d'offres (887 mil-        mande publique. L'avant-projet de décret prétend par ailleurs anticiper une ré-
lions d'e) ayant recours à la        forme européenne des marchés publics pourtant loin d'être adoptée - page 8
formule de "general contractor"
sera bientôt lancé par l'Anas,       Financement des infrastructures: le péage poids-lourds fait son chemin. La
la régie nationale des routes        taxe spécifique pour les poids-lourds est une mesure originale en Europe: la
italienne pour le deuxième lot
de la réfection de l'autoroute       Suisse a essuyé les plâtres et l'Allemagne doit se lancer cet été - page 9
Salerne-Reggio en Calabre. Le
premier lot, émis sous la même       Network Rail récupère la maintenance en interne. Le gestionnaire britanni-
formule, avait attiré neufs grou-    que des infrastructures ferroviaires souffre d'une hausse de 20% des coûts de
pements candidats (BEM du 10         maintenance. Parade: reprise en main directe de nombreux contrats - page 10
février, p. 15). Le gouvernement
espère ainsi accélérer les tra-      TGV Lyon/Turin: réactions italiennes. L'audit français sur les infrastructures
vaux pour terminer ce projet de
443 km avant fin 2007.               inquiète les politiques italiens qui se disent prêts à un engagement financier
                                     plus important. Le financement des travaux de prospection est assuré - page 11
RUBRIQUES                            Métro londonien: de gros marchés en perspective. Tube Lines va se lancer
EN DIRECT DE BRUXELLES         2     dans la rénovation de trois lignes londoniennes pour une enveloppe de 6,4 mil-
LES MARCHÉS                    5     liards d'e. Une liste réduite de sous-traitants va être établie - page 13
A suivre                      11
                                     Un investisseur saoudien pour Jones ? La filiale américaine d'Holzmann at-
PROJETS ET CONTRATS           12
                                     tire les convoitises. Mais trois majors se sont déjà rétractés - page 13
LES ENTREPRISES               13
A suivre                      15     Les cimentiers allemands secoués. Plus présent sur son marché domestique en
Carnet                        19     plein marasme, Dyckerhoff aura plus souffert que Heidelberg - page 17
AGENDA                        20
POINT DE VUE                  21     Construction: de l'ouvrage au service. Jean Carassus, chef de département au
Mutation dans la construction 21     CSTB, nous livre son point de vue sur l'importante mutation du secteur - page 21

                                       GROUPE MONITEUR, 17, RUE D'UZÈS, 75108 PARIS CEDEX 02
                        TEL. : (33) 01.40.13.30.30 – TELECOPIE : (33) 01.40.13.35.40 – E mail : bem@groupemoniteur.fr
               EN DIRECT DE BRUXELLES
      TVA À TAUX RÉDUIT SUR LE LOGEMENT: VERS UNE PÉRENNISATION?                          Changement radical de
               position de la Commission européenne sur la TVA à taux réduit applicable aux services à forte
               intensité de main d'œuvre (dont la rénovation des logements privés). Alors que le rapport
               d'évaluation de cette mesure - qui sera rendu public début mai -, ne devrait pas valider son effi-
               cacité, en termes de création d'emplois, la Commission émet une nouvelle hypothèse de travail
                                                                                                               ème
               allant dans le sens d'une pérennisation de la TVA réduite sur le logement. L'annexe K de la 6
               directive TVA - qui concerne les travaux dans les logements privés - serait supprimée. En re-
               vanche, le champ d'application de l'annexe H serait élargi pour couvrir non plus seulement le
               logement social mais l'ensemble du secteur résidentiel. A chaque Etat ensuite de décider s'il
               applique cette possibilité et dans quelle mesure il le fait (champ d'application, niveau du taux).
               Commentaire. Cette solution - qui consiste à trouver un dénominateur commun acceptable par
               tous les Etats - aurait le mérite de respecter le principe de subsidiarité tout en permettant à la
               Commission d'atteindre son objectif: rationaliser un régime qui souffre de nombreuses déro-
               gations. Reste à voir si le Collège des commissaires, puis surtout le Conseil des ministres ava-
               liseront cette hypothèse (l'unanimité est nécessaire en matière fiscale). Car les Etats auraient
               alors à répondre en direct aux revendications des organisations professionnelles... Sachant que
               la restauration est aussi un secteur potentiellement concerné, l'heure des choix approche.
TARIFICATION DES INFRASTRUCTURES: PROFIL BAS À LA COMMISSION.                          Alors que l'on attendait
               l'adoption d'un "paquet infrastructures" pour le 9 avril, aucun accord n'a pu être trouvé pour
               élaborer un cadre général en vue d'une méthodologie commune de tarification de l'usage des in-
               frastructures de transports. Ne subsisteraient que les aspects concernant les financements inno-
               vants (ou comment promouvoir les partenariats public-privé) et une proposition de directive
               pour améliorer l'interopérabilité des télépéages en Europe (BEM du 10 février, p. 2).
               Commentaire. Le texte qui sera proposé au vote constituera donc une version très édulcorée
               des ambitions initiales de la Commission européenne
      FERROVIAIRE: ACCORD AU CONSEIL SUR LE DEUXIÈME PAQUET FERROVIAIRE.                           Les ministres
               européens des Transports sont parvenus le 28 mars à un accord politique sur le deuxième pa-
               quet ferroviaire qui prévoit une accélération de l'ouverture du fret international au 1er janvier
               2006 au lieu du 15 mars 2008, et l’ouverture du cabotage pour le fret (transport entre deux
                                                   er
               points à l’intérieur d’un pays) au 1 janvier 2008. L'ouverture du cabotage pour le fret est sou-
                                                                                     er
               mise à un rapport que la Commission s'est engagée à remettre au 1 janvier 2007; si aucune op-
               position formelle n'y est formulée, l'ouverture sera alors automatique. Les ministres n’ont par
               contre pas retenu la proposition faite en première lecture par le Parlement européen de libérali-
                                                  er
               ser le transport des passagers au 1 janvier 2008; sur ce point, a Commission a de son côté an-
               noncé qu’elle présenterait une proposition législative d'ici la fin de cette année.
               Commentaire. La France, la Belgique et le Luxembourg ont voté contre cette position com-
               mune, faisant valoir que le Conseil européen de Barcelone (mars 2002) avait demandé à la
               Commission de procéder à une évaluation du premier paquet ferroviaire - lequel vient tout
               juste d'entrer en vigueur le 15 mars - avant de poursuivre les travaux sur le deuxième. Le Par-
               lement européen doit à présent se prononcer en seconde lecture sur cette position commune.
DESSINS OU MODÈLES COMMUNAUTAIRES: PREMIERS ENREGISTREMENTS.                               L'Office de l'harmoni-
               sation dans le marché intérieur (OHMI) à Alicante enregistre les dessins ou modèles commu-
                                      er
               nautaires depuis le 1 avril, au titre du nouveau système communautaire de protection des des-
               sins ou modèles. Ce système a été établi par un règlement adopté par le Conseil européen le 12
               décembre 2001. En vertu d’une réglementation entrée en vigueur le 6 mars 2002, les dessins ou
               modèles non enregistrés seront également protégés. Cet office remplira des fonctions sembla-
               bles à l’office de La Haye, lequel ne compte que huit Etats de l’UE (dont la France). Les tribu-
               naux nationaux seront responsables du règlement des litiges. Les langues retenues pour le dépôt
               des candidatures sont au nombre de cinq (anglais, allemand, français, espagnol et italien). Au
               terme de l’enregistrement à l’OHMI, les titulaires de dessins ou modèles enregistrés auront le
               droit exclusif d'utiliser le dessin ou modèle concerné et d'interdire à tout tiers de l'utiliser en
               tous points du territoire de l'Union européenne. Ils seront protégés à la fois contre la copie sys-
               tématique et le développement indépendant d'un dessin ou modèle similaire. Les enregistre-
               ments devront être renouvelés tous les cinq ans pour au maximum 25 ans. Enfin, le montant de
               la taxe d'enregistrement de base pour un premier dessin ou modèle sera de 230 e et sera dégres-
               sif pour tout autre dessin ou modèle enregistré en même temps. Les taxes varieront entre 90 e
               pour un premier renouvellement et 180 e pour le dernier renouvellement autorisé, à savoir le
               quatrième. http://www.europa.eu.int/comm/internal_market/en/indprop/design/index.htm

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                              2                          BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
SERVICES D'INTÉRÊT GÉNÉRAL: LIVRE VERT ATTENDU DÉBUT MAI.                          La Commission européenne est
               actuellement en train de finaliser son Livre vert sur les services d'intérêt général. Ce document
               a pour but de lancer le débat jusqu'à la fin de l'été sur un sujet hautement sensible actuellement.
               L'idée est de présenter une proposition législative avant la fin de l'année. Mais aucune option
               n'est a priori envisagée concernant la forme qu'elle pourrait prendre. Même si la problématique
               des discussions qui ont eu lieu au sein de la Convention est prise en compte, une chose est sûre,
               la proposition ne pourra se faire que sur la base du Traité tel qu'il existe aujourd'hui.
               Commentaire. Le problème est avant tout politique. Sans compter que la négociation se passe-
               ra dans un contexte particulier: la fin des mandats de la Commission et du Parlement euro-
               péens.
CIMENT: LE PARLEMENT RÉCLAME DES MESURES PLUS STRICTES POUR LE CHROME VI.                                Le Par-
               lement a voté le 27 mars en première lecture le rapport du député vert Paul Lannoye réclamant
               des mesures plus contraignantes pour la proposition de directive prévoyant la limitation de la
               mise sur le marché et de l’emploi du nonylphénol (NP), de l’éthoxylate de nonylphénol (NPE)
               et du ciment. Les NP et NPE sont classés comme substances très toxiques pour les organismes
               aquatiques. On estime qu’environ 78 000 tonnes de ces substances ont été employées en 1997
               en Europe occidentale. La Commission propose de mettre un terme à leur emploi dans huit
               domaines spécifiques où les risques pour l’environnement sont élevés. Le Parlement demande
               en outre que la concentration de NPE s’aligne sur celle de NP, à savoir 0,1%. Ce seuil admi-
               nistratif de base devrait garantir l’élimination complète de ces substances. Le rapporteur sou-
               haite par ailleurs éviter la substitution par d’autres substances de la même famille dont les pro-
               priétés sont similaires et demande que la directive relative aux boues d’épuration soit modifiée
               afin d’instaurer une valeur limite de concentration pour les NP et NPE dans les boues destinées
               à être épandues sur le sol. S’agissant du ciment, le Parlement réclame des mesures plus strictes
               pour le chrome VI contenu dans les ciments, susceptible de provoquer des allergies de la peau,
               notamment de l’eczéma. Le chrome VI peut être réduit en une forme chimique inoffensive par
               ajout de sulfate ferreux, pratique proposée par la Commission. S’appuyant sur la législation en
               vigueur dans les pays scandinaves, le Parlement demande d’étendre le champ d’application de
               la limitation à tous les ciments et produits du ciment contenant plus de 2 ppm de chrome VI,
               seuil au-delà duquel la prévalence d’eczémas allergiques reste élevée. Il estime de même que
               les agents réducteurs devraient être ajoutés pendant la production du ciment et demande, enfin,
               que des mesures législatives soient prises afin de limiter l’emploi du chrome VI dans d’autres
               applications. Il estime par ailleurs que les agents réducteurs devraient être ajoutés au cours de
               la production du ciment et demande que des mesures législatives soient prises afin de limiter
               l’emploi du chrome VI dans d’autres applications.
SUBSTANCES DANGEREUSES: ACCORD FINAL DU PARLEMENT EUROPÉEN.                                Le 27 mars, le Parle-
               ment européen a entériné l’accord intervenu en comité de conciliation (procédure de codéci-
                      ème
               sion, 3 lecture) sur la proposition de directive modifiant la directive 76/7769/CEE afin
               d’interdire la mise sur le marché de plusieurs substances classées comme cancérigènes, muta-
               gènes ou toxiques pour la reproduction (CMR). Suite à ce compromis, la Commission s’est en-
               gagée à présenter, dans les meilleurs délais, une directive visant à interdire l’utilisation de pro-
               duits contenant des CMR s’il est scientifiquement qu’elles sont libérées par ces produits, en-
               traînant une exposition du public. La liste de ces produits nouvellement répertoriés sera ainsi
               ajoutée aux points 29, 30 et 31 de l’annexe I de la directive 76/769.
EXPÉRIMENTATION: POLITIQUES PUBLIQUES D'ACHATS "VERTS".                             Les administrations publiques
               pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre à hauteur de 18% des obligations de
               l’UE dans le cadre du protocole de Kyoto, si elles changeaient leur approvisionnement en élec-
               tricité, au profit d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables. C’est l’une des conclu-
               sions du projet de recherche "Relief" cofinancé par l’Union européenne, qui s’est efforcé de
               quantifier l’impact des politiques d’achat écologiques. L’expérience a été lancée en janvier
               2001 dans six municipalités de cinq pays qui ont modifié leur politique d’achat pour y intégrer
               des considérations environnementales. Les chercheurs ont calculé le bénéfice environnemental
               et financier de ces pratiques. Le projet est toujours en cours et devrait s’achever en septembre
               2003. Il se déroule à Hambourg et Stuttgart (Allemagne), Zurich (Suisse), Malmö (Suède),
               Kolding (Danemark) et Miskolc (Hongrie). Les achats écologiques concernent l’électricité, la
               construction, l’équipement informatique, l'alimentation des cantines et les transports publics.
               Les chercheurs du projets Relief s’efforcent maintenant promouvoir les résultas de leurs tra-
               vaux qui fournissent des indications précieuses destinées à être transposées dans les adminis-
               trations publiques, locales et nationales. Une conférence fera le point sur ce sujet du 8 au 10
               septembre à Göteborg en Suède.

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                              3                           BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
NORMALISATION: NOUVELLES ORIENTATIONS POUR LA COOPÉRATION PANEUROPÉENNE.                                    La
               Commission, l'Association européenne de libre-échange (AELE) et les organisations de nor-
               malisation ont signé le 28 mars de nouvelles orientations pour la coopération paneuropéenne en
               matière de normalisation. Elles prévoient, entre autres, une participation plus importante des
               Organisations non gouvernementales aux travaux communs du Comité européen de normalisa-
               tion (CEN), du Comité européen de normalisation électrotechnique (Cenelec) et de l'Institut eu-
               ropéen de normalisation des télécommunications (ETSI).
               Commentaire. Erkki Liikanen, commissaire responsable de la politique des entreprises, a rap-
               pelé que "le processus européen de normalisation a produit plus de 14 000 normes, qui sont de
               plus en plus fréquemment prises en compte par les PME innovantes".
AUTRICHE/ÉCOPOINTS: ACCORD MINISTÉRIEL POUR UNE PROLONGATION.                                  Les ministres des
               Transports des Quinze réunis le 28 mars ont confirmé leur accord politique du 31 décembre sur
               les écopoints applicables aux camions transitant par l'Autriche, confirmant ainsi leur rejet de
               tous les amendements adoptés par le Parlement européen le 12 février, ce qui mènera vraisem-
               blablement à une procédure de conciliation. L'accord a été voté à la majorité qualifiée. L'Italie a
               ajouté une déclaration au procès-verbal du Conseil pour noter sa désapprobation avec "un sys-
               tème disproportionné par rapport aux objectifs de protection de l’environnement, qui remet en
               cause le principe de libre circulation et touche au système économique italien avec de nouvelles
               barrières administratives à la traversée des Alpes".
               Commentaire. L’accord porte sur la prolongation du système des écopoints en 2004 avec une
               nouvelle possibilité de reconduction pour 2005 et 2006 si de propositions législatives sur la ta-
               rification des infrastructures de transport ne sont pas adoptées d’ici là (voir également p.11).
BRUXELLES S'ALARME DE LA SITUATION BUDGÉTAIRE DE LA FRANCE.                            La Commission européenne
               a dressé un tableau alarmant de la situation budgétaire de la France, dont le déficit pourrait dé-
               passer trois années de suite le seuil fixé par le pacte de stabilité. A politique inchangée, le défi-
               cit public français devrait atteindre 3,7% du PIB en 2003 et 3,6% en 2004, après avoir déjà
               franchi en 2002 le plafond de 3% inscrit dans le pacte liant les pays de l'UE, a mis en garde la
               Commission dans un rapport au ton particulièrement critique. La France pourrait également en-
               freindre le deuxième critère inscrit dans le pacte, qui prévoit une dette publique inférieure à
               60% du PIB: elle passerait de 59,1% du PIB en 2002 à 61,3% en 2003, puis à 62,8% en 2004.
               Ce rapport constitue la première étape d'une procédure d'infraction pour "déficit excessif".

                  DIRECTIVE "VIBRATIONS": TROIS ANS POUR SE METTRE A NIVEAU
Adoptée le 25 juin 2002, la directive        de faire usage d'une période transi-       Les employeurs devront donc réaliser
"vibrations" deviendra vite une réalité      toire maximale de 5 ans à compter du       une analyse des risques et mesurer les
sur les chantiers. Son objectif est de       6 juillet 2005. Celle-ci s'applique en     niveaux de vibrations mécaniques
poursuivre l'amélioration des condi-         cas d'utilisation des équipements de       auxquels les travailleurs sont exposés,
tions de sécurité et de santé des tra-       travail qui ont été mis à disposition      selon des méthodes normalisées (réfé-
vailleurs dans leur milieu de travail, en    des travailleurs avant le 6 juillet 2007   rence aux normes ISO) par des servi-
particulier: réduire les risques dus aux     et qui ne permettent pas de respecter      ces compétents à intervalles définis. Ils
vibrations en raison de leurs effets sur     les valeurs limites d'exposition compte    devront aussi demander une surveil-
la santé des travailleurs; fixer les pres-   tenu des derniers progrès techniques       lance médicale des travailleurs expo-
criptions minimales pour l'employeur         et/ou de la mise en œuvre des mesu-        sés et déterminer des mesures à pren-
et une valeur limite d'exposition jour-      res organisationnelles.                    dre pour éviter ou réduire l'exposition.
nalière aux vibrations; fixer une valeur     Si l'employeur met en œuvre une né-        A leur charge, aussi, l'information et
d'exposition journalière déclenchant         gociation, il pourra bénéficier d'une      la formation des travailleurs sur les
une action précise; responsabiliser les      période transitoire de 5 ans à partir      risques de vibrations transmises. Il
employeurs pour réduire l'exposition         du 6 juillet 2005.                         faudra, dans l'esprit de la directive,
des travailleurs aux vibrations: mesu-       Si toutefois aucune négociation n'est      organiser des horaires de travail
res de prévention, médicales, etc.           en place, l'employeur aura l'obliga-       convenables, prévoyant suffisamment
La directive (2002/44 CE - vibrations        tion d'appliquer la directive au plus      de périodes de repos.
mécaniques provenant des machines)           tard le 6 juillet 2007.                    Pour tous renseignements, contacter la
devra être transposée au plus tard le 6      Conçue dans un esprit de subsidiarité,     Ficime (Fédération des entreprises in-
juillet 2005 en référence à la directive     la directive fixe des limites et valeurs   ternationales de la mécanique et de
89/391/CEE et ne concerne que les            maximum d'exposition aux vibrations.       l'électronique) qui rassemble plus de
employeurs. Les fabricants de maté-          Mais les méthodes d'évaluation restent     300 entreprises représentant de gran-
riels sont concernés uniquement par la       à déterminer. Les employeurs seront        des marques de biens d'équipement et
directive 98/37 CE relative à la             tenus de procéder à une évaluation         de consommation de haute technolo-
conception et sécurité des machines.         des risques engendrés par les vibra-       gie. Les 12 syndicats qui lui sont affi-
Les fabricants de matériels sont tenus       tions subies par leurs travailleurs en     liés jouissent d'une forte représentativi-
d'améliorer la conception des machi-         raison de l'utilisation des machines et    té pouvant atteindre 98% du marché
nes en fonction de l’évolution et des        de prendre des mesures pour réduire        français. Aujourd'hui, avec un chiffre
progrès de la technique disponible sur       l'exposition. De même, ils devront les     d'affaires total estimé à 39 milliards
le marché.                                   informer de manière précise et les         d'e, ses adhérents génèrent 300 000
Les Etats membres, après consultation        consulter via des organismes tels que      emplois.
des partenaires sociaux, ont la faculté      prévus par les législations nationales.    Tél.: (33-1) 44.51.14.60


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                     4                             BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
               LES MARCHES

               ALLEMAGNE
      LANCEMENT DE PROJETS AUTOROUTIERS PRIVÉS À LA RENTRÉE.                        En sa qualité de président du
               groupe de travail "financement privé" au sein du Hauptverband, Herbert Bodner, patron de Bil-
               finger Berger, a annoncé qu'à la rentrée l'Etat fédéral lancerait les appels d'offres pour deux
               projets d'extension autoroutière à capitaux privés. Il s'agira d'élargir de quatre à six voies des
               autoroutes existantes. Au total, douze projets de ce genre sont programmés pour un coût total
               de 3,6 milliards d'e. Ils seront refinancés par le péage électronique autoroutier pour camions de
               plus de 12 tonnes qui devrait entrer en service à l'automne. Herbert Bodner exige que, préala-
               blement, les autorités résolvent leurs problèmes fiscaux. Sans quoi, les entreprises de construc-
               tion auront du mal à présenter des offres sérieuses. Indépendamment du programme autoroutier
               (modèle A du financement public-privé), le gouvernement dispose aussi d'une liste de 22 pro-
               jets d'infrastructures de transports d'un volume 6,5 milliards d'e, proposant également un
               concours financier privé. 10 projets de tunnels et de ponts sont programmés pour un total de 2,9
               milliards d'e. Ils sont refinancés par un péage direct (modèle F).
               Commentaire. C'est selon ce modèle qu'est construit actuellement le tunnel routier de Rostock
               (Bouygues) et celui de Lübeck (Hochtief avec Bilfinger Berger). La plupart des autres projets
               sont en attente parce qu'ils ne semblent pas être rentables.
BTP: FAUX DÉPART EN JANVIER.               La construction allemande a très mal commencé l'année 2003: au
               mois de janvier, les rentrées de commandes du gros œuvre ont en effet reculé sensiblement de
               9,8%, dont -11,2% à l'Ouest et -3,9% à l'Est. Ce dérapage est encore plus marqué si l'on consi-
               dère qu'au cours des 12 dernier mois, les rentrées de commandes n'avaient baissé que de 5,9%
               par rapport à 2001. La construction de logements a fléchi de 14,4% en janvier, le non-
               résidentiel de 10,4% et le secteur public de 5,7%. Seule la construction routière a progressé
               avec -9,8%. En ex-RDA, où les réparations des dégâts causés par les inondations d'août 2002
               ont déclenché un mini-boom, la demande publique a augmenté de 4,4% (dont +17,8% pour la
               construction                                                                          routière).
               Commentaire. Le chiffre d'affaires du gros œuvre allemand a chuté de 16,4%. Les effectifs, eux,
               ont baissé de 8,8% à 788 000 personnes.
PÉNURIE D'INGÉNIEURS DE LA CONSTRUCTION.                   Au plus tard dans quatre ans, l'Allemagne manquera
               d'ingénieurs de la construction avertit Klaus-Dieter Ehlers, vice-président du Hauptverband.
               C'est qu'au cours de ce semestre hivernal, et pour la première fois, le nombre de nouveaux ins-
               crits aux universités et écoles techniques est inférieur au nombre d'étudiants achevant leurs étu-
               des: 5 900 jeunes ont commencé des études d'ingénieurs de la construction et 6 000 sont en
               train de les terminer. Si l'on considère que la moitié d'entre eux interrompra ses études, le sec-
               teur ne pourra compter que sur environ 3 200 diplômés par an dans quelques années. Et ce,
               alors que le BTP nécessite plus de 5 000 jeunes ingénieurs.
               Commentaire. La part des jeunes femmes inscrites dans ce genre d'étude atteint 20%, contre
               45% de femmes dans la moyenne universitaire générale.
EN BREF. Importation d'électricité française. En 2002 l'Allemagne a acheté 18,8 milliards de kWh d'électricité à
la France. La République tchèque suit loin derrière avec la fourniture de 10,6 milliards à l'Allemagne. Les plus
gros importateurs d'électricité allemande sont les Pays-Bas (14 milliards) et la Suisse (11,9 milliards).

               BENELUX
LES CHEMINS DE FER BELGES DANS LE ROUGE.                    La perte nette de la SNCB a atteint l'année dernière
               911,7 millions d'e (contre 177,5 millions en 2001). Un résultat négatif qui s'explique principa-
               lement par des provisions pour dépréciation d'actifs concernant sa filiale logistique ABX (562,4
               millions d'e). Si le chiffre d'affaires augmente de 3,6% pour atteindre 2,25 milliards d'e, la dette
               de la SNCB s'élève à 8,3 millions d'e. Le nouveau patron Karel Vinck prépare un plan de res-
               tructuration drastique mais il a d'ores et déjà annoncé qu'il estimait nécessaire que l'Etat belge
               contribue pour 80% à l'assainissement financier de la société.
               Commentaire. Les investissements se sont élevés à 1,381 milliard d'e en 2002.
EN BREF. La Confédération Construction Bruxelles-Capitale (CCB-C) a présenté son étude "Handicaps et vieil-
lissement démographique, des défis pour la ville", étudiants ses effets sur les infrastructures et les besoins en lo-
gement de la région. Information www.cobobru.be


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                              5                            BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
      LES ENTREPRENEURS GÉNÉRAUX PLAIDENT POUR LA CONCEPTION-RÉALISATION.                                   Le nou-
               veau président de la FGEC (Fédération des entrepreneurs généraux de la construction), Bernard
               Grutman, a présenté le programme de sa fédération qui représente 4 300 entreprises et un chif-
               fre d'affaires annuel de 15 milliards d'e. "Nous souhaitons faire évoluer notre métier et notre
               image", explique-t-il. Nous avons focalisé notre action sur trois axes: l'aménagement de la loi
               de 1939 précisant le rôle de l'architecte et de l'entrepreneur, le travail au noir et la certification
               des entreprises générales". En contestant le rôle de l'architecte comme concepteur unique, la
               FGEC entend montrer que les choses ont considérablement changé dans le secteur de la cons-
               truction. Les techniques de construction (la préfabrication notamment) et les habitudes d'achat
               ont évolué. Plus de 50% des maisons construites en Belgique sont réalisées via des entreprises
               spécialisées. De nombreux particuliers ne s'adressent plus directement à un architecte. Ils
               contactent directement une entreprise générale ou spécialisée. Cette tendance existe déjà dans
               de nombreux pays européens où le concept de "bouwteam" (équipe chargée de la conception et
               de l'exécution) est de plus en plus une réalité. "L'entrepreneur général est un chef d'orchestre,
               rappelle André Pelegrin, directeur général de la FGEC. Recourir à un entrepreneur général pré-
               sente un certain nombre d'avantages. Le maître d'ouvrage est en contact avec un seul interlo-
               cuteur via un seul contrat. L'entrepreneur est le seul responsable de l'exécution des travaux, du
               respect des prix et des délais. Il assure également une coordination optimale". La FGEC sou-
               haite débattre de ce thème avec les associations d'architectes au cours d'une table ronde qui de-
               vrait être organisée d'ici la fin de l'année.
               Commentaire. Les débats sur la conception-réalisation ne sont pas purement français. Le rôle
               respectif des architectes et des entreprises générales restant à préciser au niveau européen.
BIENTÔT UNE GESTION ÉLECTRONIQUE DES CHANTIERS À BRUXELLES.                          Une proposition d'ordon-
               nance visant à obliger les impétrants à débarrasser les sols des canalisations, câbles et autres
               conduites devenus inutiles est actuellement à l'examen au Parlement de la Région de Bruxelles-
               Capitale. Cette ordonnance devrait compléter celle de 1998 relative à la coordination et à l'or-
               ganisation des chantiers sur la voie publique dans la région de Bruxelles-Capitale qui prévoyait
               notamment l'établissement d'un cadastre du sous-sol mis à jour de manière continue. Le gou-
               vernement bruxellois entend notamment mettre en place un règlement commun à toutes les voi-
               ries, imposer des obligations supplémentaires en matière d'information sur les travaux en cours,
               et créer une banque de données auprès de la Commission de coordination des chantiers repre-
               nant tous les travaux programmés, indépendamment de la voirie où ils sont réalisés. Le déve-
               loppement du système IRIScom (Integrated Régional Information Services for Coordination
               and Mobility) permettra à la région de gérer de manière centralisée ses chantiers. Un dossier
               central pour la coordination des travaux par les concessionnaires et/ou responsables des routes
               au sein de la région sera constitué. Une procédure de travail standardisée sera mise au point
               pour l'obtention d'une autorisation d'exécution des travaux sur les voiries publiques. De plus,
               IRIScom permet le suivi on-line d'un dossier par tous les intervenants. La région, de son côté,
               disposera d'une plate-forme commune d'échange entre les différents intervenants.
               Commentaire. A la demande du gouvernement, le CIRB (Centre d'informatique pour la région
               Bruxelles-Capitale) lancera dans les prochains jours un appel à projets.

               ESPAGNE
LES MAJORS ATTENDENT L'OUVERTURE DU FRET FERROVIAIRE.                      Les entreprises de transport comme
               Alsa ou Transfesa mais aussi les majors comme Ferrovial, Acciona, Dragados et FCC, atten-
               dent avec intérêt l'approbation par le Parlement de la loi mettant un terme au monopole ferro-
               viaire. Le gouvernement vient de publier le texte qui permettra l'ouverture de corridors ferro-
               viaires transnationaux pour le fret (BEM du 31 mars, p. 2). Le secteur privé sera autorisé à
               prendre pied progressivement sur le marché au fur et à mesure que se libèreront des créneaux
               pour le trafic voyageurs. Rappelons que le plan d'infrastructures 2000/2007 prévoit la mise en
               service de 7 200 km de LGV. Concernant l'ouverture de lignes espagnoles au transport fret, elle
               se fera, selon le Fomento, de façon graduelle en fonction de la réciprocité des autres marchés
               européens. Le ministre Francisco Alvarez Cascos a fait remarquer qu'en France, ne peuvent cir-
               culer que des trains Alstom et en Allemagne des trains Siemens alors qu'en Espagne, il existe
               "une plus grande liberté". De là à mettre en place des mesures de protection...
               Commentaire. Dans le cadre de la loi que va examiner le Parlement, la gestion des infrastruc-
               tures sera confiée à une nouvelle société, l'Adif (voir BEM du 24 mars 5) qui prendra en
               charge la construction des infrastructures et reprendra les actifs de la Renfe. Les activités de
               cette dernière passeront entre les mains d'une nouvelle entreprise publique baptisée Renfe-
               Operadora. Un comité de régulation ferroviaire sera mis en place.

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                               6                           BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
      LE TGV MADRID/LÉRIDA EN SERVICE LE 31 MAI.                    La ligne à grande vitesse (LGV) entre Madrid
               et Lérida sera définitivement opérationnelle le 31 mai suite au compromis signé entre le GIF et
               les entreprises concernées par les avaries du 27 février (BEM du 31 mars 2003, p. 7). Lors de
               cette journée d'inauguration, de gros problèmes de signalisation et de contrôle du trafic avait
               perturbé la circulation des trains. Juan Carlos Barron, président du GIF, avait alors été relevé de
               ses fonctions. Selon nos informations, les sociétés CSEE Transport, filiale de l'italien Ansaldo,
               et Cobra filiale du groupe de BTP espagnol ACS, pourraient faire l'objet d’une sanction. Elles
               sont titulaires du lot d'équipement de la totalité de la ligne jusqu'à la frontière française.
               Commentaire. Concernant l'arrivée du TGV à Barcelone, Benigno Blanco, secrétaire d'Etat
               aux Infrastructures, a confirmé la date de 2004. A moins que des problèmes surgissent sur le
               nouveau tracé, lors de la traversée du vignoble du Penedes et à l'entrée de Barcelone.
AQUEDUC RHÔNE/BARCELONE: LA CATALOGNE PROPOSE UN PROJET PLUS CONSÉQUENT.
               Alors que les manifestations se multiplient et ne vont pas cesser au cours des prochaines se-
               maines contre le Plan hydrologique national (PHN), le gouvernement autonome catalan vient
               de proposer à Madrid d'accroître l'importance du transfert de l'eau du Rhône vers Barcelone en
               poussant l'aqueduc jusqu'à Tortosa à l'extrême sud de la Catalogne bien après le port de Tarra-
               gona. Le projet initial qui visait à approvisionner Barcelone avec un aqueduc au départ de
               Montpellier sur 320 km, atteindrait avec cette nouvelle hypothèse 516 km. Le projet étudié par
               la Sepa - filiale de la compagnie d'aménagement BRL Bas-Rhône-Languedoc - en 1995 et ré-
                                                                                      3
               actualisé en mai 2000 prévoyait la vente de 300 à 450 millions de m d'eau du Rhône. Dans la
                                                                                              3
               nouvelle hypothèse, les besoins atteindraient au maximum 473 millions de m , un peu plus que
               la fourchette initiale de la Sepa. L'investissement, qui avait été estimé par la Sepa à 900 mil-
               lions d'e en 2000, serait dans cette hypothèse multiplié par quatre.
               Commentaire. Cette mouture présentée par Artur Mas, numéro deux du gouvernement catalan
               et candidat à la succession de Jordi Pujol, fait son apparition dans un contexte politique parti-
               culier. Les députés catalans au Parlement de Madrid avaient voté pour le PHN à condition que
               d'autres projets soient examinés, comme celui de l'aqueduc. Face aux oppositions suscitées par
               le PHN et confronté à des sondages qui donnent les socialistes vainqueurs aux prochaines ré-
               gionales en Catalogne, Artur Mas a sorti ce projet qui n'avait pas été envisagé par la Sepa.
TRAVERSÉE CENTRALE DES PYRÉNÉES: LES RÉGIONS S'ENGAGENT.                         Le 2 avril, Martin Malvy, pré-
               sident du Conseil régional Midi-Pyrénées et Marcelino Iglesias, président de la Communauté
               autonome de l’Aragon ont signé une déclaration commune sur la traversée centrale des Pyré-
               nées et le TGV Bordeaux Toulouse Narbonne. Inquiets face à l'absence de mention de ce projet
               dans l’audit récent sur les infrastructures (BEM du 10 mars 2003, p. 19), MM. Malvy et Igle-
               sias veulent ainsi exprimer le soutien de leurs régions au projet de traversée centrale des Pyré-
               nées et au projet de TGV Bordeaux-Toulouse-Narbonne prioritaires et indispensables, selon
               eux, pour mettre fin aux obstacles actuels aux échanges dans les Pyrénées.
               Commentaire. Ce projet, retenu par la Commission européenne pour améliorer la perméabilité
               des Pyrénées, a été inclus dans le Livre blanc sur les transports de septembre 2001 et est ac-
               tuellement en cours d'analyse par le Groupe de haut niveau mis en place par Loyola de Pala-
               cio, commissaire européen chargé des Transports.

                      ESPAGNE: L'ACTIVITÉ DANS LA CONSTRUCTION SE STABILISE
Selon une étude du Seopan, le syndi-         pan, "les entreprises ont assaini leurs   ministère de la Construction (Fomento)
cat patronal du BTP, le secteur de la        comptes et ont effectué de fortes pro-    et le Plan hydrologique national (PHN)
construction affichera une activité rela-    visions suite aux dévaluations effec-     du ministère de l’Environnement.
tivement stable en 2003 en Espagne,          tuées par plusieurs pays d'Amérique       Le Seopan mise cette année sur la
avec une croissance prévue de 4,5%           Latine". Le chiffre d’affaires dans ces   poursuite de cette tendance avec une
contre 4,6% en 2002 (en augmenta-            pays, qui représentait 59% du chiffre     croissance de la commande publique
tion d'un point sur 2001). Depuis            réalisé à l'international en 2000, ne     de 7 à 9%. Cette légère perte de dy-
1996, la construction affiche en Es-         représentait plus que 32% en 2002.        namisme s'explique par une crois-
pagne des taux de croissance toujours        La commande publique est devenue          sance moindre dans le logement et
supérieurs à la moyenne du PIB, sauf         essentielle pour le secteur de la cons-   surtout par la prudence dont font
l'année dernière où l'instabilité éco-       truction espagnol. Avec 30,16 mil-        preuve les principaux groupes eu
nomique et une décélération du mar-          liards d'e de travaux en 2002, la         égard à la conjoncture internationale.
ché national ont ralenti la croissance.      commande publique est à ce titre le       Selon le Seopan, le record de
Le chiffre d'affaires de la construction     second marché derrière le logement.       520 000 logements mis en chantier
espagnole a donc atteint 116 mil-            La croissance soutenue ne sera at-        l'année dernière ne semble pas pou-
liards d'e en 2002.                          teinte cette année que grâce à cette      voir être renouvelé cette année. Le
Le chiffre d'affaires réalisé à l'étranger   forte demande émanant toujours des        prix du terrain au augmenté de 100%
est passé quant à lui de 3,3 milliards       pouvoirs publics. Deux principaux         au cours des deux dernières années et
en 2001 à 3,1 milliards (-6%). Pour          programmes publics en sont la clé: la     la fédération professionnelle mise plu-
Fernando Bilbao, président du Seo-           poursuite du Plan d’infrastructures du    tôt sur les marchés de réhabilitation.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                    7                             BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
               FRANCE
      RÉGLEMENTATION: DES RÉACTIONS À LA LIBÉRALISATION DE LA COMMANDE PUBLIQUE.
               Bien qu'il n'en soit encore qu'au stade des arbitrages interministériels, l'avant-projet de décret
               modifiant le Code des marchés publics soulève déjà des inquiétudes. De l'ensemble des opéra-
               teurs concernés, les entreprises ont été les premières à s'exprimer. Elles manifestent d'abord une
               certaine surprise devant ce qui s'annonce comme une très profonde refonte du Code de mars
               2001: ses quelques mois d'application, selon beaucoup, auraient dû plus logiquement conduire,
               au vu de cette période de rodage, à une simple correction de ses imperfections ponctuelles. Pa-
               rallèlement, la récente habilitation du gouvernement à traiter par ordonnance le développement
               des pratiques de partenariat public/privé (PPP) inquiète tout autant les PME, qui y voient un
               retour déguisé aux METP, que les organisations de maîtrise d'œuvre, qui n'avaient pas attendu
               pour exprimer leur hostilité au développement programmé de la conception-réalisation et autres
               montages contractuels comparables.
               Commentaire. Le message des pouvoirs publics selon lequel ils ne feraient qu'accompagner et
               anticiper la réglementation communautaire peut aussi laisser sceptique. En effet, la révision
               des directives sur les marchés publics est encore loin d'être adoptée. Elle est même actuelle-
               ment dans une mauvaise passe, ce qui inquiète d'ailleurs beaucoup la Commission européenne.
               Un certain nombre d'organisations patronales ont en effet dénoncé la complexité des procédu-
               res envisagées et préfèreraient finalement en rester à la réglementation existante. Le Parlement
               européen réagira-t-il de la même façon à l'occasion de la deuxième lecture?
CONJONCTURE/BÂTIMENT: UNE DÉGRADATION EST ENVISAGÉE.                                Les professionnels du bâtiment
               prévoient une dégradation de leurs perspectives d'activité sur le prochain trimestre, selon l'en-
               quête réalisée par l'Insee en mars. Après une stabilisation de l'activité depuis septembre, l'opi-
               nion des chefs d'entreprises sur leurs perspectives d'activité se dégrade pour le deuxième tri-
               mestre, précise l'Insee. Les entrepreneurs notent un léger tassement de leur carnet de comman-
               des qui représente maintenant 5,5 mois d'activité à temps plein des effectifs. Au niveau des ef-
               fectifs, ils sont en revanche plus optimistes et prévoient un léger redressement dans leur évolu-
               tion. Interrogés sur les prix, ils notent une stabilité et estiment qu'elle peut se poursuivre.
POIDS-LOURDS: L'ASSEMBLÉE NATIONALE VA DÉBATTRE D'UNE TAXE EUROPÉENNE.                               Au sein de
               l'Assemblée nationale, la délégation pour l'Union européenne apportera sa contribution au dé-
               bat qui aura lieu le 13 mai sur les grandes infrastructures de transports. Elle va demander au
               gouvernement de saisir la Commission européenne d'un mémorandum destiné à promouvoir
               l'idée d'émettre un emprunt européen pour financer les infrastructures prioritaires et à établir
               des orientations communes pour l'instauration d'une taxe sur les poids lourds utilisant les routes
               et autoroutes, à l'instar de ce qui sera bientôt mis en place en Allemagne.
      ARCHÉOLOGIE PRÉVENTIVE: PROJET DE LOI AVANT L'ÉTÉ.                       Le gouvernement présentera avant
               l'été un projet de loi pour réformer la loi de 2001 sur l'archéologie préventive. Le ministre de la
               Culture, Jean-Jacques Aillagon, affirme vouloir instaurer une concertation entre l'État, l'Inrap et
               l'aménageur, non seulement sur les contenus, mais aussi sur les délais des travaux, qui soulè-
               vent bien des difficultés. Il s'agirait de supprimer le monopole de l'Inrap pour la réalisation des
               travaux et de réformer le financement de l'archéologie préventive, grâce à un dispositif de mu-
               tualisation, qui allégerait la charge financière des fouilles.
L'AFNOR DÉLIVRE UNE CERTIFICATION DE SERVICE À LA STIB.                          Jacques Beslin, directeur exécutif
               d'Afnor Certification a délivré, pour la première fois hors de France, une certification de ser-
               vice pour les transports urbains de voyageurs à une société belge, la Stib (société des transports
               intercommunaux de Bruxelles). Cette société, qui dessert 241,5 km² et assure les déplacements
               de plus de 1,1 million d'habitants, a souhaité engager une démarche de certification de service
               pour trois lignes de métro et deux agences commerciales. Reliées sur un seul site d'exploitation
               regroupant 240 conducteurs, ces trois lignes permettent de transporter environ 50% de l'ensem-
               ble des voyageurs empruntant le réseau de la Stib chaque année. La mise en place de cette dé-
               marche qualité de service vise à répondre au contrat de gestion (2001-2005) signé entre la Stib
               et la Région Bruxelles Capitale en valorisant la qualité de service proposée aux usagers et d'an-
               ticiper le développement européen avec l'ouverture des marchés de transport à la concurrence.
               Commentaire. La certification de service dans les transports urbains de voyageurs repose sur
               huit familles de critères qualité recensés dans la norme européenne EN 13 816: l'offre de ser-
               vice, l'accessibilité, l'information, le temps/la durée (l'attente des trains), l'attention portée aux
               clients, le confort, la sécurité, l'impact environnemental.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                               8                           BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
ÉOLIEN: LE VENT DE FRANCE ATTIRE L’ALLEMAGNE.                  Le vent de France aiguise les appétits des opé-
               rateurs allemands de l'énergie éolienne: leur syndicat Bundesvervand WindEnergie (BWE) a
               consacré deux jours de séminaire au potentiel hexagonal, les 28 et 29 mars à Fribourg et Col-
               mar (pays de Bade et Alsace). Forts de 15 ans d’expérience, les industriels et constructeurs al-
               lemands misent sur les obligations inscrites dans les directives européennes sur les énergies re-
               nouvelables pour vaincre les réticences d'EDF. L'Alsace accueille un flux régulier d'implanta-
               tions de filiales françaises de constructeurs allemands qui partagent la conviction de Josef
               Pesch, délégué de BWE pour le Bade-Wurtemberg: "Avec son climat et sa position euro-
               péenne, la France est prédestinée à exercer un leadership mondial dans l'énergie éolienne".
               Commentaire. Le syndicat allemand peut compter sur le soutien de France Energie Eolienne:
               "l'exemple allemand nous apporte 15 ans d'expériences irremplaçables, et nous aide à éviter
               certains doutes", s'exclame son président, Jean-Michel Germa.

 POIDS LOURDS: LA REDEVANCE KILOMÉTRIQUE SE MET EN PLACE DANS PLUSIEURS PAYS
Conçue dans le but de faire financer       tème basé sur des liaisons radio             la construction de deux tunnels ferro-
l'amélioration des infrastructures rou-    micro-ondes, qui ne nécessite pas de         viaires: le Loetscherg (34,6 km) ouvri-
tières par les transporteurs, "la rede-    recours à des péages, évitant un ra-         ra en 2007 et le Saint-Gothard (56,9
vance proportionnelle aux prestations"     lentissement du trafic ou la construc-       km) en 2014.
est à l'heure des premiers bilans en       tion de nouvelles infrastructures dé-        Ambitieux projets allemands
Suisse. Elle sera bientôt appliquée en     diées à ce système. Les transporteurs        C'est le 31 août prochain qu'entrera
Allemagne, et à plus long terme en         suisses ont donc dû équiper leurs ca-        en vigueur l'équivalent allemand de la
Grande-Bretagne.                           mions d'un appareil embarqué dit             RPLP. Là encore, ses promoteurs veu-
Appliquer le principe de l'utilisateur-    OBU (On Board Unit), capable de              lent répondre à une forte augmenta-
payeur, améliorer l'environnement.         stocker non seulement les caractéristi-      tion du trafic par de grands travaux
Tels sont les deux objectifs majeurs qui   ques techniques du véhicule et son ni-       permettant de décongestionner le ré-
ont présidé à la mise en place de          veau d'émission de polluants, mais           seau. Ici, ce seront les véhicules de
cette nouvelle redevance dans les          aussi le nombre de km parcourus. Jus-        plus de 12 t qui seront concernés. Des
pays européens. L'idée est simple: au      qu'en 2004, les OBU seront offerts           OBU devront être installés sur chaque
lieu de faire payer aux transporteurs      aux transporteurs, et seule leur installa-   camion, cette fois à la charge du
des taxes indifférenciées, sur le carbu-   tion sera à la charge du transporteur.       transporteur, mais remboursables sous
rant ou aux péages, il leur est appli-     Des balises micro-ondes ont été instal-      forme d'avance sur les redevances à
qué une redevance tenant compte du         lées aux frontières du pays, permettant      venir. Système original, et permettant
kilométrage parcouru, des caractéris-      de      déclencher     automatiquement       d'automatiser au maximum les opéra-
tiques du véhicule et de la marchan-       l'OBU. Enfin le transporteur déclare         tions, les OBU seront couplés à un sys-
dise transportée. La logique du sys-       mensuellement les données aux servi-         tème de positionnement par satellite
tème est claire: les poids lourds étant    ces des douanes, qui calculent la re-        (GPS) qui permettra d'enregistrer le
à l'origine de la majorité des nuisan-     devance payable sous 60 jours.               kilométrage. Puis, les données seront
ces et des dégradations sur les grands     Les premiers bilans paraissent montrer       transmises à un système informatique
axes routiers, la rénovation de ceux-ci    que la RPLP répond aux objectifs fixés;      central, qui calculera la redevance et
doit être financée en plus grande part     environnementaux d'abord: alors que          débitera le compte client. La percep-
par les transporteurs. Les revenus de la   le trafic poids lourds croissait de 7%       tion de la taxe a été confiée à un
redevance kilométrique seront donc         par an en moyenne, il a diminué de           consortium privé composé de Daimler
essentiellement consacrés à des            5% depuis 2001. De plus, son instau-         Chrysler Services, Deutsche Telekom
grands travaux d'infrastructure. Mais      ration a accéléré le renouvellement du       et Cofiroute. La redevance devrait
les préoccupations environnementales       parc. Du point de vue des rentrées fi-       rapporter, dès la première année, 3,5
sont aussi bien présentes chez les         nancières, la RPLP a rapporté en             milliards d'e. Et tout comme en Suisse,
promoteurs de ces projets. Première-       2001 environ 500 millions d'e, ce qui        les bénéfices attendus sont à double
ment parce que la création de cette        ne couvre pas encore ses frais de mise       sens: la redevance kilométrique de-
redevance devrait rééquilibrer les         en place. Mais la redevance devrait          vrait contribuer à faire diminuer le tra-
coûts de transport entre la route et le    rapporter en 2008 jusqu'à 1,2 mil-           fic et financer les travaux.
train, et donc favoriser le ferroutage.    liard d'e. Ces revenus seront consa-         Sur ce dernier point, l'État fédéral a
Deuxièmement, parce que la rede-           crés à l'amélioration des infrastructu-      prévu un programme de développe-
vance sera partout calculée non sur la     res de transport, à raison d'un tiers        ment et d'amélioration de ses voies de
charge réellement transportée par les      pour le routier et deux tiers pour le fer-   communication qui sera mis en œuvre
camions, mais sur leur poids total au-     roviaire. En Suisse, jusqu'en 2001, les      dès 2003, pour 3,6 milliards. La moi-
torisé en charge. Autrement dit, les       coûts non couverts par les taxes tradi-      tié de ce budget sera consacrée à
transporteurs paieront la même taxe,       tionnelles du trafic poids lourds repré-     l'élargissement de 600 km d'autorou-
que leurs camions roulent chargés ou       sentaient plus de 600 millions d'e par       tes. L'autre moitié au rail et aux voies
à vide; ce qui, naturellement, devrait     an, à la charge du contribuable. Ils         navigables, avec notamment la réfec-
les inciter à éviter de rouler à vide.     seront à présent couverts par la RPLP.       tion de canaux et l'élimination de gou-
Premier bilan en Suisse                    Parallèlement, la Confédération a lan-       lets d'étranglements provoqués par
C'est le 1er janvier 2001 que la Re-       cé un vaste programme de dévelop-            des écluses saturées.
devance sur le trafic des poids lourds     pement de l'infrastructure ferroviaire,      Commentaire. Avant sa mise en place
proportionnelle aux prestations (RPLP)     au financement desquels la RPLP              en Grande-Bretagne en 2006, le prin-
a été instaurée. Elle touche les véhicu-   contribuera largement. Le programme          cipe de la redevance kilométrique
les de plus de 3,5 t, sauf les autocars    Rail 2000, dont la première tranche          paraît donc un système viable, et plus
et les camions circulant à moins de 45     sera achevée fin 2004, prévoit la            équitable que les taxes classiques. Il
km/h (taxés forfaitairement). La RPLP      création de lignes nouvelles ou le dé-       reste à savoir si d'autres pays euro-
s'applique sur tout le réseau routier      doublement de lignes existantes.             péens, confrontés aux mêmes problè-
public. Du point de vue technique, les     Quant au projet NLFA (Nouvelles li-          mes de congestion du réseau, finiront
autorités helvétiques ont choisi un sys-   gnes ferroviaires alpines), il comprend      par adopter des systèmes similaires.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                    9                              BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
FRANCE/ENTENTES: PREMIÈRE APPLICATION DU PRINCIPE DE TRANSACTION.                               Le Conseil de la
               concurrence vient de faire application, pour la première fois, du principe de "transaction" (arti-
               cle L. 464-2-II du Code de commerce) introduit en droit français par la loi du 15 mai 2001 re-
               lative aux nouvelles régulations économiques (NRE). Ce mécanisme permet à une entreprise,
               lorsqu'elle ne conteste pas les griefs qui lui sont faits et qu'elle s'engage à modifier ses com-
               portements pour l'avenir, de bénéficier, après appréciation par le Conseil, d'une réduction de
               moitié du montant de la sanction encourue. L'affaire concernait trois entreprises candidates à un
               marché public ayant échangé des informations sur leurs prix, avant de remettre leurs offres.
               Deux des entreprises poursuivies ont fait le choix de la transaction et ont vu leurs sanctions ré-
               duites de moitié.
               Commentaire. Un mécanisme promis à un bel avenir, quand on sait que depuis la loi NRE, les
               amendes peuvent s'élever jusqu'à 10% du chiffre d'affaires mondial hors taxes de l'entreprise.
ANNULATION DU DÉCRET SUR L'OCCUPATION DES ROUTES PAR LES OPÉRATEURS TÉLÉCOMS.
               Le Conseil d'Etat a annulé le décret sur les modalités d'occupation du domaine public routier
               par les opérateurs de télécoms pour construire leurs réseaux, donnant ainsi raison au syndicat
               des communes de la périphérie de Paris (Sipperec), qui avait déposé une requête en 1997. Le
               décret prévoyait que les opérateurs de télécoms devaient obtenir une permission de voirie sui-
               vant la nature de la voie empruntée, cette permission donnant lieu à un versement de redevance
               à la collectivité locale concernée, "dans le respect du principe d'égalité entre les tous opéra-
               teurs". Le Conseil d'Etat a estimé que les écarts entre les différents montants fixés pour les re-
               devances selon le type de voie empruntée "ne respectent pas le principe d'égalité".

               GRANDE-BRETAGNE
MÉTRO: CALENDRIER DE LA SIGNATURE ET DES TRANSFERTS FIXÉ.                          La signature des deux contrats
               en PPP (partenariat public-privé) confiant au consortium Metronet les lignes de métro Baker-
               loo, Central, et Victoria d'une part, District, Circle, Metropolitan, d'autre part, devait être signée
               vendredi 4 avril. Le consortium Metronet - qui comprend Balfour Beatty, Adtranz, WS Atkins,
               Seeboard, et Thames Water - n'aura toutefois pas à absorber les coûts de modification des trains
               de la Central Line, suite au déraillement intervenu en janvier et qui a entraîné la fermeture de la
               ligne pendant plus de deux mois. Ces coûts sont estimés à 58 millions d'e (remboursements de
               cartes saisonnières, réparations et manque à gagner).
               Commentaire. En parallèle, la passation du contrôle du métro à Transport for London risque
               d'être retardée en raison de la guerre en Irak. Ce transfert nécessite un vote parlementaire et
               pourrait n'intervenir qu'en fin d'année, compte tenu du programme législatif en cours.
      NETWORK RAIL DOIT RÉDUIRE LES COÛTS…                   L'entité - publique et sans but lucratif - qui a rem-
               placé Railtrack, vient de publier son premier plan commercial pour la période 2004-2007. Les
               montants indiqués dans ce plan permettront au régulateur du secteur rail de déterminer l'aug-
               mentation des charges d'accès à faire payer aux exploitants ferroviaires pour la même période.
               Or, Network Rail est en sérieux dépassement budgétaire: le coût de fonctionnement du réseau
               va passer de 4,37 à 8,7 milliards d'e par an à partir de 2004 et la société aura besoin d'une in-
               jection de fonds publics supplémentaire de 15 milliards d'e. Mais le P-DG veut combattre cette
               escalade et s'est engagé sur une stratégie de réduction des coûts de maintenance de 20% qui
               permettra un effort accru envers la signalisation et de renouvellement des rails.
               Commentaire. Ce plan comporte aussi un engagement vis à vis des voyageurs: les retards vont
               diminuer d'ici trois ans, le remplacement de rails fêlés va s'accélérer (mais Network Rail, pru-
               dent, évite les chiffrages) et 291 millions d'e seront investis dans du matériel de maintenance
               neuf (trains spéciaux pour le repérage des rails défectueux ou leur remplacement).
… ET REPREND PROGRESSIVEMENT LA MAINTENANCE FERROVIAIRE.                            Selon certains analystes du
               secteur, cette inflation des coûts de maintenance - travaux qui sont sous-traités à six grands
               spécialistes du privé - provient d'une gestion très inégale selon les régions. Pour mieux com-
               prendre les différents aspects du problème, Network Rail avait déjà résilié le contrat de mainte-
               nance d'Amey sur la région de Reading, pour reprendre directement les travaux. Ce sont main-
               tenant les régions de Wessex et de East Midlands, soit des contrats de 116 et 70 millions d'e
               respectivement attribués à Serco et Balfour Beatty, qui vont être repris en gestion directe par
               Network Rail. John Armitt estime que ces reprises lui permettront de mieux appréhender les
               coûts et juger de leur progression.
               Commentaire. Les 6 grandes entreprises de maintenance ferroviaire (Amey, Amec, Jarvis,
               Balfour Beatty, First Engineering et Serco Rail) redoutent maintenant une érosion de leur rôle.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                               10                          BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
               ITALIE
      TGV LYON-TURIN: TENTATIVE DE RELANCE ITALIENNE.                    L'Italie tente de relancer le projet de
               TGV Turin-Lyon en faisant pression afin que le corridor multimodal V soit considéré d'intérêt
               européen prioritaire. Lors de la commission intergouvernementale du 26 mars dernier à Rome,
               le secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, Gianni Letta, a annoncé que RFI, holding de la
               régie nationale des chemins de fer, FS, anticipera les 50 millions d'e nécessaires au démarrage
               des travaux de prospection du tunnel de Venause. Commentant les résultats du récent audit
               français sur les infrastructures (BEM du 10 mars 2003, p. 19), le ministre des Infrastructures et
               des Transports, Pietro Lunardi, a déclaré que les prévisions de trafic de cette étude ne sont pas
               cohérentes (voire sont inférieures) à celles élaborées côté italien pour le Lyon/Turin. Son se-
               crétaire d'Etat, Ugo Martinat, a annoncé que le gouvernement italien pourrait augmenter sa
               participation si l'Etat français a des problèmes. Actuellement, l'Italie doit financer le projet à
               hauteur de 40% des 13,5 milliards d'e.
               Commentaire. Cette proposition n'est pas sans arrière pensée. Une augmentation du finance-
               ment italien permettrait de toucher des recettes plus importantes, fruit du passage des trains
               dans le futur tunnel de base.
EN BREF. En janvier, l'effectif dans le BTP a atteint un niveau record de 1,78 million de salariés, soit 4,3% de
plus qu'en janvier 2002, un taux de croissance qui montre pourtant une décélération par rapport à l'ensemble
2002 (5,5% - BEM du 17 février 2003, p. 9).

               PAYS DE L'EST ET CEI
ROUMANIE: EXTENSION PROCHAINE DU MÉTRO DE BUCAREST.                        Le gouvernement roumain va lan-
               cer sous peu un appel d’offre pour l’extension du métro de la capitale et pour des travaux atte-
               nants. Ce projet, qui est financé a 50% par un prêt obtenu auprès de la Banque européenne
               d’investissement (BEI) coûtera environ 54 millions d’e.
               Commentaire. Le métro actuel Bucarestois a été mis en service en 1977, dispose d’un réseau de
               45 station et de 62,2 km de lignes.
HONGRIE: LA CONSTRUCTION DE BUREAUX À BUT SPÉCULATIF PREND DE L’IMPORTANCE À
         BUDAPEST. Les promoteurs immobiliers ont mis sur le marché 150 000 m² de bureaux en
               2002 dans la capitale hongroise, soit une réduction de 12% par rapport à 2001. Aujourd'hui,
               quelque 246 000 m² de bureaux sont en construction, dont 47% a but spéculatif selon Jones
               Lang LaSalle. Cette année, le parc de bureaux augmentera de 157 000 m² à Budapest. Parallè-
               lement, la location de bureaux a également diminué. En 2002, 131 000 m² de bureaux ont été
               loués, ce qui représente une baisse de 16% par rapport à 2001. Le taux d'occupation à Budapest
               est de 80% et les grands fonds d'investissements se tournent plutôt vers l'immobilier industriel.

               PORTUGAL
LES FINANCES NE VEULENT PAS DE RELANCE PAR L'INVESTISSEMENT PUBLIC.                          La ministre portu-
               gaise des Finances, Manuela Ferreira Leite, a rejeté toute augmentation de l'investissement pu-
               blic pour relancer l'économie, contredisant les avis d'économistes de renom. Elle s'est déclarée
               convaincue "qu'une hausse de l'investissement public aggraverait la situation au lieu de l'amé-
               liorer". A l'inverse, l'ancien ministre des Finances, Miguel Cadilhe, président de la toute nou-
               velle Agence portugaise pour l'investissement (API) créée par le gouvernement, a estimé qu'il
               ne fallait pas craindre les déficits budgétaires pour "réveiller" l'économie.

                   À SUIVRE
Europe: une croissance de 1% en        missaire européen, l'activité éco-    construction et le développement
2003 suppose un retour de la           nomique européenne cette année        (BERD) veut maintenir ses investis-
confiance. La prévision de crois-      devrait être "anémique", en raison    sements annuels en Pologne au ni-
sance économique de 1% cette an-       d'une situation "peu réjouissante",   veau de 450 millions d'e, a indiqué
née dans la zone euro, établie par     avant de se reprendre et de s'accé-   sa directrice pour la Pologne, Irene
la Commission européenne, "sup-        lérer pour enregistrer plus de 2%     Grzybowski. "L'an dernier, la
pose le retour de la confiance au      de croissance en 2004".               BERD a investi en Pologne 450
deuxième semestre", a indiqué le                                             millions d'e. Elle souhaite y investir
commissaire européen en charge         Pologne: la BERD veut continuer       au moins autant en 2003, ainsi que
des affaires économiques et moné-      à investir 450 millions d'e par an.   dans les prochaines années", a dé-
taires, Pedro Solbes. Pour le com-     La Banque européenne pour la re-      claré Mme Grzybowski.

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                             11                         BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
       PROJETS ET CONTRATS
PROJETS                                                                   BELGIQUE: COUP D'ARRÊT AU PARC ÉOLIEN SEANERGY. Le
                                                                                Conseil d'Etat belge a suspendu l'arrêté ministériel du
TROIS PRÉSÉLECTIONNÉS POUR DEUX GRANDES FRANCHISES                              25 juin 2002 par lequel les autorités octroyaient les
       FERROVIAIRES. L'autorité stratégique du Rail (SRA) a                     permis de bâtir et d'exploiter au projet de parc éolien
       désigné les présélectionnés pour la nouvelle franchise de                offshore Seanergy. Ce projet, qui représentait un inves-
       dix ans de Greater Anglia, dont le territoire et les opé-                tissement de 220 millions d'e, était développé par Elec-
       rations ont été élargies. Il s'agit de: Arriva Trains, GB                trabel (80%) et les Entreprises Jan De Nul (20%). Elec-
       Railways et National Express Group. FirstGroup, l'ex-                    trabel déplore qu'en Belgique, les carences du cadre lé-
       ploitant actuel de certaines lignes de cette franchise, n'a              gal rendent aujourd'hui virtuellement impossible la réali-
       pas été retenu et envisage une action judiciaire contre la               sation de projets éoliens et ce, en dépit des obligations
       SRA. Les présélectionnés pour la franchise de 7 ans de                   ambitieuses fixées en matière d'utilisation des sources
       Northern Rail - qui recouvre la majeure partie du nord                   d'énergie renouvelables.
       de l’Angleterre -, sont Arriva, First Group, Eurailco, GB
       Railways et Serco Rail/ Netherlands Railways.                      CONTRATS

MUNICH: 200 MILLIONS D'E POUR UN TELEKOM-CENTER. En
                           E                                              DÉCHETS: ONYX REMPORTE DEUX CONTRATS EN CHINE.
     avril aura lieu le démarrage du chantier de Telekom-                       Onyx, division propreté de Vivendi Environnement, a
     Center à Munich. Avec un volume de 200 millions d'e,                       signé deux accords avec Shangaï Huanncheng Waste-
     c'est le plus gros projet de la capitale bavaroise. Il s'agit              To-Energy, en Chine, pour le traitement des déchets de
     de construire cinq tours jumelles de 15 étages chacune                     la ville de Shangaï. Le premier est un accord d'assis-
     jouxtant un édifice rond de six étages, le tout ayant une                  tance pour tester l'unité de valorisation énergétique de
     surface utile de 70 000 m². Livraison prévue en juillet                    Puxi (1 000 tonnes de déchets ménagers par jour) avant
     2005. Le consortium sorti vainqueur du concours d'in-                      sa mise en fonctionnement fin 2003. Le deuxième
     vestisseurs comprend KG Allgemeine Leasing, Real I.S.                      contrat est un contrat de gestion et de maintenance du
     et Future Office Management (Fom).                                         site. Le montant des deux contrats n'a pas été indiqué.

BARCELONE: DIFA RACHÈTE À HINES UN PROJET DE TOUR. Le                     AGBAR OBTIENT UN CENTRE DE CONTRÔLE AUTOMOBILE.
      groupe immobilier Hines est arrivé à un accord pour la                   Agbar Automotive, filiale d'Aguas de Barcelona, vient
      vente anticipée de la tour de bureaux Torre Diagonal                     d'obtenir pour 21,6 millions d'e, 60% du capital de
      Mar à Barcelone au fonds d'investissement allemand                       LGAI Technological Center, centre de contrôle automo-
      Difa pour 78 millions d'e. La vente sera effective en                    bile du gouvernement catalan. Le contrat porte sur 30
      2004 lorsque Hines terminera la construction et la com-                  ans avec possibilité de le porter à 50 ans. Dans dix ans,
      mercialisation de la tour. Située dans le nouveau com-                   Agbar devra porter sa participation à 95% et débourser
      plexe Diagonal Mar juste à côté du site du Forum 2004,                   prés de 300 millions d'e. Le LGAI réalise un chiffre
      la tour offrira 22 500 m² de surface utilisable sur 14                   d'affaires de 14 millions d'e. Agbar fera de LGAI la tête
      étages avec un parking souterrain de 300 places.                         de son réseau mondial de contrôle automobile, une acti-
      Commentaire. C'est le premier investissement sur Bar-                    vité qui a réalisé un chiffre d'affaires 2002 de 18 mil-
      celone du fonds d'investissement Difa pourtant présent                   lions d'e. Commentaire. Bien qu'elles aient présenté une
      depuis trois ans en Espagne.                                             offre initiale, les sociétés américaine Underwriter labo-
                                                                               ratories et française Bureau Veritas ont retiré leurs offres
VARSOVIE: 30 MILLIONS D'E DE LA BERD POUR LE LOGE-
                             E                                                 au vu des conditions.
     MENT. La Banque européenne pour la reconstruction et
     le développement va accorder 30 millions d'e à la so-                EUROLINK POUR UNE SECTION AUTOROUTIÈRE EN IRLANDE.
     ciété immobilière polonaise privée Dom Development                         Le consortium Eurolink (Ferrovial/ Cintra/ Siac) vient
     S.A., pour la construction de logements abordables à                       de signer un contrat PPP de 316 millions d'e pour la
     Varsovie et dans ses alentours. Dom est l'un des plus                      construction d'une section de 39km de l'autoroute à
     grands constructeurs résidentiels en Pologne, avec 3200                    péage M4 Dublin-Galway, permettant le contournement
     logements construits ces six dernières années grâce aux                    de Kinnegad et Enfield. Eurolink a devancé le consor-
     propositions de financement offertes à ses clients. Com-                   tium Erin Route (Carillion, Balfour Beatty, Egis, WS At-
     mentaire. Le mode d’attribution sous forme de prêt «                       kins). La livraison est prévue pour 2006.
     mezzanine » est une première pour le marché local et il
     s'agit du premier investissement direct de la BERD dans              GAVIO RÉALISERA UNE PLATE-FORME LOGISTIQUE À TA-
     l’immobilier résidentiel.                                                 RENTE. Gavio, deuxième concessionnaire autoroutier
                                                                               italien, par le biais de la société ad-hoc LogSystem in-
BRUXELLES: DES LOGEMENTS ET UN HÔTEL DANS LE QUAR-                             vestit 62,4 millions d'e pour réaliser une plate-forme lo-
      TIER LÉOPOLD. Pour compenser les bureaux du Parle-                       gistique dans le port de Tarente sur une surface de
      ment européen (extensions D4 et D5), la Société Espace                   167 000 m². Elle offrira des services d'outsourcing aux
      Léopold devait réaliser des logements. Un accord est                     entreprises de transport exploitant le terminal pour
      intervenu sur des projets de reconstruction du quartier et               conteneurs adjacent, géré depuis trois ans par le groupe
      de la dalle de l'Espace Léopold. Le premier, conçu par                   Evergreen (BEM du 15 février 1999, p. 11).
      le bureau d'architecture "Atelier d'Art Urbain", prévoit
      la construction de quatre immeubles de 284 logements                SIEMENS CONSTRUIT UNE CENTRALE POUR BASF. Au siège
      sur 25 000 m². Le promoteur est Skyline-Projects. Un                      de production du groupe chimique BASF à Ludwigsha-
      autre prévoit la construction d'un hôtel 4 étoiles de 149                 fen, Siemens va construire sur l'emplacement de l'an-
      chambres développé par Nexity, qui vient d'ouvrir une                     cienne centrale au charbon, une nouvelle centrale au
      filiale en Belgique. Les investissements sont estimés entre               gaz et turbines à vapeur d'une capacité de 440 MW et
      62 et 74 millions d'e pour le résidentiel et à 22 millions                produisant 650 tonnes de vapeur par heure. La com-
      d'e pour l'hôtel. Les travaux devraient démarrer dans 8                   mande s'élève à 240 millions d'e. BASF obtient ainsi
      mois pour un chantier de 30 mois. Pour la partie loge-                    l'électricité à des prix très avantageux. La mise en chan-
      ment, les négociations sont assez avancées avec des                       tier commencera en automne. Ludwigshafen est la plus
      majors, révèle-t-on chez Skyline-Projects.                                grande usine du premier chimiste du monde.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                          12                                BULLETIN EUROPÉEN DU MONITEUR
               LES ENTREPRISES

               MAÎTRISE D'ŒUVRE
PIRELLI & C. REAL ESTATE INTÉRESSÉ PAR FIAT ENGINEERING.                   Le groupe immobilier italien Pirelli
               & C. Real Estate étudie le dossier sur Fiat Engineering, filiale du groupe Fiat qui avait précé-
               demment fait l'objet de négociations avec le major du BTP, Torno Internazionale (BEM du 10
               mars 2003, p. 11). Ce dernier, qui vient d'augmenter son capital de 21,5 millions d'e pour at-
               teindre 57,9 millions, avait aussi renoncé à acheter Tecnimont (BEM du 24 mars 2003, p. 11).
               Commentaire. La société-mère de Tecnimont, Edison, refuse de lui céder les activités concer-
               nant les infrastructures du TGV italien séparément des activités pétrochimiques.

               BÂTIMENT-GÉNIE CIVIL
      TUBE LINES: DE GROS MARCHÉS POUR LE MÉTRO LONDONIEN.                            Le consortium (Bechtel, Jar-
               vis, Amey) qui est désormais responsable de la modernisation de trois lignes du métro londo-
               nien, va réduire la liste de fournisseurs et sous-traitants dont il a hérité. Sur la première période
               de concession de sept ans et demi, Tube Lines va progressivement passer à des accords-cadres
               portant sur de vastes marchés et pour de plus longues périodes et réduire ainsi la liste de quel-
               que 300 sous-traitants agréés pour les travaux routiniers et de 100 entrepreneurs pour les gros
               projets. Tube Lines pense obtenir ainsi une réduction de 10% de ses coûts, dans la chaîne des
               fournisseurs.
               Commentaire. Notons qu'Amey et Jarvis pourront soumissionner, mais un contrat ne pourra
               leur être accordé qu'avec l'accord des banquiers du consortium. Tube Lines dépensera 6,4 mil-
               liards d'e au cours de la première période de concession.
AMEY: DE MEILLEURES PERSPECTIVES.                 Le groupe britannique Amey vient de procéder à une publica-
               tion de résultats très attendus, mais qui n'ont pas comporté de mauvaises surprises supplémen-
               taires. On s'attendait en effet à des charges exceptionnelles élevées: elles ont été de 160 mil-
               lions d'e, faisant passer les pertes avant impôts du groupe à 189 millions d'e pour 2002, contre
               des pertes de 26,6 millions d'e en 2001. Le chiffre d'affaires du groupe s'est élevé à 1,26 mil-
               liard d'e (+10,3%). L'endettement net d'Amey se monte aujourd’hui à 218 millions d'e. Mais
               pourtant, la situation du groupe semble moins désespérée qu'il y a 6 mois: il a renégocié sa po-
               sition financière avec ses banques, se laissant une marge de manoeuvre de 12 mois et s'engage
               sur un rachat (de la totalité ou de 50% seulement) de sa part de 87 millions d'e dans le consor-
               tium Tube Lines d'ici au mois de juin. Amey a beaucoup changé au cours de l'année 2002, ci-
               blant ses activités de base (maintenance routière et ferroviaire et projets PPP). Son carnet de
               commandes se monte à 5,4 milliards d'e dont 19% garanti pour 2003.
               Commentaire. Un rachat ou un démantèlement restent toujours possible et le président du
               conseil d'administration a admis avoir reçu une offre.
      HOLZMANN: UN INVESTISSEUR SAOUDIEN S'INTÉRESSE À JONES.                           Un investisseur saoudien,
               le cheik Mohammed El Jaber, aurait l'intention de reprendre Jones, la filiale américaine de
               Holzmann en règlement judiciaire depuis mars 2002, selon le Financial Times Deutschland.
               Les autorités de la concurrence américaines auraient déjà donné leur feu vert. L'administrateur
               judiciaire de Holzmann, Ottmar Hermann, a refusé de commenter l'information. Jones réalise
               3,3 milliards de $ de chiffre d'affaires avec près de 12 000 salariés. Le groupe américain est par
               ailleurs excédentaire. Auparavant, Hochtief, Bilfinger Berger et Balfour Beatty avaient - à tour
               de rôle - renoncé à reprendre la plus grande filiale de Holzmann. Le cheik El Jaber possède le
               groupe MBI Trust de Londres, présent dans la construction, l'immobilier, l'hôtellerie et l'indus-
               trie alimentaire.
               Commentaire. On ne sait pas s'il est en relation avec les investisseurs du Proche-Orient qui ont
               repris Philipp Holzmann International de l'Algérien El Khalifa.
WILSON BOWDEN RACHÈTE HENRY BOOT LOGEMENT.                          Le numéro 6 britannique de la construction
               résidentielle, Wilson Bowden, fort de bons résultats (BEM du 17 mars, p. 17) vient de procéder
               au rachat de la division maison individuelle de l'entrepreneur régional Henry Boot pour 69,6
               millions d'e. L'intégration de la division devrait prendre 6 mois, avec des coûts de restructura-
               tion d'environ 3 millions d'e. Henry Boot apporte surtout à Wilson Bowden sa réserve de ter-
               rains à bâtir. Ce dernier s'attachera à faire progresser les marges de sa nouvelle acquisition de
               13% à 20%, niveau atteint par ses propres opérations.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                              13                          BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
COSTAIN TOUJOURS SUR LA BONNE VOIE.                    Sous la houlette de Stuart Doughty, directeur général de
               Costain depuis deux ans, le groupe a remonté la pente et a en très grande partie recouvré sa ré-
               putation de major. Il s'est éloigné des contrats à prix fixe et haut risque. Il vise désormais des
               contrats négociés avec des clients de long terme et semi-publics, comme l'Agence des routes ou
               le Service de santé (NHS). Ce type de contrats représentent désormais 85% du carnet de com-
               mandes de Costain. Cette stratégie a donné au groupe de meilleurs marges - proches de 3%.
               Pour l'année 2002, son chiffre d'affaires a augmenté de 17,3% passant à 792 millions d'e. Ses
               bénéfices avant impôts s'élèvent à 16,4 millions d'e (+30%) avec des bénéfices d'exploitation
               qui ont triplés, atteignant pour cette année 11,6 millions d'e.
               Commentaire. Costain est avec Amec, l'un des deux groupes britanniques susceptibles de rem-
               porter des contrats de sous-traitance pour la reconstruction future de l'Irak. Costain a en effet
               une bonne habitude de travail dans la région et a, tout comme Amec, une expérience des sec-
               teurs pétrole et gaz. L'un de ses principaux investisseurs est l'entreprise koweïtienne Kharafi.
               Les autres groupes britanniques de BTP sont certainement moins enclins à un participation à
               l'effort de reconstruction.
BARRATT: UN PAVILLONNEUR BRITANNIQUE HEUREUX…                             Les résultats semestriels de ce grand
               groupe de la construction résidentielle sont pour le moins révélateur d'un secteur florissant. Le
               chiffre d'affaires de Barratt a atteint 1,38 milliard d'e (+26%) sur six mois, ses bénéfices avant
               impôts 154 millions d'e (un exceptionnel +36%) et ses bénéfices d'exploitation 160 millions d'e
                                                                                ème
               (+32%). Barratt reste confiant dans l'avenir, ayant réalisé au 9 mois de son exercice, 90% de
               ses prévisions de vente. Le groupe s'attend à une hausse des prix résidentiels de 4 à 6% en
               moyenne dans le pays.
               Commentaire. A la différence de ses concurrents, Barratt a toujours préféré une croissance or-
               ganique à des acquisitions et compte poursuivre cette stratégie.
… ET L'ALLEMAND WINKLMANN EN DÉPÔT DE BILAN.                   La récession dans le secteur des maisons pré-
               fabriquées en Allemagne fait de nouvelles victimes. Cette fois, c'est au tour de l'entreprise ba-
               varoise Winklmann de déposer son bilan. Les 350 emplois de la société domiciliée à Cham sont
               menacés. Fin 2002, le carnet de commandes était encore bien garni, mais la situation a bruta-
               lement empiré en début d'année à cause des intempéries et de l'annonce par le gouvernement de
               Berlin de coupes dans la prime d'accès de la propriété. Les nouvelles commandes ont alors
               chuté.
SKANSKA SE DIT ASSURÉ DE RECONSTRUIRE UNE PARTIE DU GROUND ZERO À NEW YORK.
               Skanska met tout en œuvre pour remporter une partie des contrats de reconstruction sur le site
               des tours jumelles du WCT à New York. C'est ce qu’assure Salvatore Mancini, patron de
               Skanska USA Civil, une des filiales américaines du groupe suédois. "Nous avons participé au
               déblayage des ruines des deux tours et nous avons eu la responsabilité d'empêcher les inonda-
               tions et l'écroulement des murs de soutènement dans le métro, au cinquième sous-sol sous le
               Ground Zero. Et nous avons l'expérience des gros projets comme ceux-ci", a déclaré Salvatore
               Mancini au quotidien économique suédois Dagens Industri. Il a ajouté que le projet de recons-
               truction avance, que les premiers fonds ont été dégagés et qu'il pourra s'agir au total de 17 à 25
               milliards d'e, peut-être plus pour la reconstruction de l'ensemble. Les autorités ont lancé les ap-
               pels d'offres pour la reconstruction du métro et des stations. L'investissement pourrait s’élever à
               5 milliards d'e. Salvatore Mancini pense déjà avoir de bonnes chances pour ce premier contrat,
               grâce à l'expérience acquise depuis septembre 2001. Les résultats de l'appel d'offres pourraient
               être connus au troisième ou quatrième trimestre 2003.
               Commentaire. Skanska USA Civil a une forte position à New York, où le groupe s'est vu confier
               la construction de la ligne de tramway rapide de l'aéroport de JFK à Manhattan et celle de
               plusieurs centrales électriques. Les deux départements de Skanska aux Etats-Unis, Civil et
               Building, ont réalisé un chiffre d'affaires global de 57 milliards d'e en 2002.
MOWLEM VA SOUFFRIR DU MARASME DU SECTEUR COMMERCIAL.                           Perspectives nuancées pour le
               groupe de BTP britannique. Il a réalisé pourtant une bonne année 2002 avec des bénéfices
               avant impôt en hausse de 17%, passant à 54,1 millions d’e et un chiffre d’affaires 2,8 milliards
               (+13%). Mais en 2003, Mowlem risque d’être affecté par le ralentissement du secteur commer-
               cial, après avoir remporté de gros contrats des chaînes de supermarché Tesco et Safeway en
               2002. Son P-DG, John Gains estime en conséquence que la marge ciblée à 3% pour son pôle
               bâtiment, ne sera pas atteinte. Elle s'élevait à 2% en 2002.
               Commentaire. Le carnet de commande du groupe est de 2,4 milliards d’e et l’énorme contrat
               de 667 millions de gestion et maintenance des bureaux et agences de la banque HSBC, passé
               en novembre, devrait répondre de l’avenir de Mowlem au cours des cinq prochaines années.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                             14                          BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
CONCESSIONS: AUTOSTRADE FUSIONNE AVEC NEWCO 28.                          Suite à la réussite de l'OPA lancée par
               Benetton sur Autostrade, numéro un européen dans les concessions autoroutières (BEM du 3
               mars 2003, p. 12), ce dernier fusionnera avec Newco28, société véhicule de l'OPA. Cette so-
               ciété devient ainsi une société holding qui héritera d'un endettement net d'environ 6,7 milliards
               d'e. Une dette accumulée pour mener à bien cette opération, et qui atteindra environ 9 milliards
               d'e cette année et 10 milliards en 2004.
               Commentaire. Une politique d'alliances (et éventuellement de "croissance externe") en Europe
               est envisagée, surtout avec le nouveau leader espagnol Abertis, dont la participation à la nou-
               velle holding italienne a presque doublé suite à cette OPA.
ASTALDI TRÈS CONFIANT POUR L'AVENIR.                  Le numéro deux italien Astaldi, qui a terminé 2002 avec
               une croissance limitée (BEM du 17 février 2003, p. 14), a présenté des perspectives plus favo-
               rables pour les trois prochaines années. Le chiffre d'affaires devrait dépasser 1,22 milliard d'e et
               la marge opérationnelle s'élever à 198 millions. Le groupe estime pouvoir afficher un Ebit à 93
               millions et le carnet des commandes devrait atteindre 4,3 milliards (à 74% sur son marché do-
               mestique). Le taux de croissance annuel moyen du bénéfice avant impôts devrait être de 38%,
               et pour le chiffre d'affaires, de 12,5%.
               Commentaire. L'administrateur délégué, Vittorio Di Paola, est optimiste concernant le pro-
               gramme de grands travaux, malgré les retards accumulés au départ.
CALTAGIRONE EN BONNE POSTURE.                 La société italienne Caltagirone a terminé 2002 sur de bons résul-
               tats. Cette société est actuellement en lice avec le groupe Marchini pour la reprise du groupe
               immobilier espagnol Metrovacesa (voir également page 16), holding notamment du major du
               BTP, Vianini Lavori, des fabricants Cementir et Vianini Industria. Le groupe a terminé l'année
               sur un chiffre d'affaires de 468 millions d'e (428 en 2001), et affiche un bénéfice net de 21,57
               millions (45,28 en 2001) et un patrimoine net de 600 millions (563 en 2001).
SOMAGUE: 30% DE MAIN D'ŒUVRE ÉTRANGÈRE.                       Plus de 3 400 étrangers travaillent au service du
               groupe portugais Somague. Ils viennent en majorité d'Europe de l'Est et d'Afrique centrale.
               Pour les prendre en charge, Somague a mis en place plusieurs mécanismes de contrôle. Direc-
               tement sur les chantiers, ces systèmes visent à identifier toute forme de travail illégal encoura-
               gée le plus souvent par les sous-traitants.

               IMMOBILIER
L'ESPAGNOL AMMA VA INVESTIR 425 MILLIONS D'E DANS DES CENTRES GÉRIATRIQUES.                                   La
               société Amma Recursos Aistenciales dépendant de la caisse d'épargne Caja Navarra va lancer
               un plan d'investissement de 425 millions d'e d'ici à 2005 pour construire cinquante centres gé-
               riatriques à travers l'Espagne. Avec ses établissements actuels et les nouveaux qui vont être ou-
               verts, Amma compte réaliser en 2005 un chiffre d'affaires de 160 millions d'e.

                   À SUIVRE
Le fabricant de façades Rinaldi         Un autre coup dur pour Canary           Vicenza Padova qui gère une partie
Structal, filiale de Bouygues Cons-     Wharf. London Undergound (qui           de l'autoroute Milan-Venise.
truction employant 211 personnes à      administre le métro londonien) va
Colmar (Haut-Rhin), Pinon (Aisne)       quitter en 2004 son siège social des    Pilkington dans ses prévisions. Pil-
et en région parisienne, prévoit        Docklands, un immeuble de               kington a indiqué que ses résultats
d'arrêter son activité d'ici à la fin   28 000m². Une clause dans son bail      devraient concorder avec ses prévi-
de l'année, selon des sources syndi-    le lui permet, mais il s'agira d'un     sions, en dépit de marchés difficiles.
cales. Les chantiers en cours de-       manque à gagner annuel de 14 mil-       Le grand verrier disposera du cash
vraient être honorés.                   lions d'e pour Canary Wharf.            flow le plus élevé depuis 8 ans Ses
                                                                                dividendes devraient donc être
Privatisation de la Sanef ? Le gou-     Autostrade en discussions pour          maintenus, mais le groupe essaie
vernement français se serait rendu      vendre sa société télécoms. La so-      toujours de vendre sa division aé-
aux arguments du ministère de           ciété de gestion autoroutière ita-      rospatiale.
l'Economie et des Finances pour         lienne Autostrade est en discussions
privatiser la Sanef, troisième so-      pour céder sa société de télécom-       Costa del Sol: un projet de 1 100
ciété publique d'autoroute et béné-     munications à une autre société         logements. Les groupes immobi-
ficiaire en 2002. L'Etat introduirait   autoroutière italienne, pour un         liers espagnols Realia, filiale de
en Bourse 50% du capital de la Sa-      montant situé entre 80 et 100 mil-      CajaMadrid, et Bami se sont asso-
nef (valorisée à 2 milliards d'e) et    lions d'e. Le potentiel acquéreur de    ciées au groupe de BTP Necso pour
confierait à un groupe d'industriels,   cette filiale qui dispose d'un réseau   construire une zone urbaine de
un paquet d'actions représentant        en fibre optique de 3 500 km, est la    1 100 logements à Playa de San
30% du capital.                         société Autostrada Brescia Verona       Juan prés d'Alicante.

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                              15                           BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
      OPA SUR METROVACESA: DIVISION INTERNES ?                    Rudes tensions au sein du conseil de Metrova-
               cesa, suite à l'amélioration de l'OPA lancée le 22 janvier par les Italiens Caltagirone et Marchi-
               ni. Ces derniers, pour éviter une contre-offre imaginée par Fadesa (BEM du 24 mars, p13),
               avaient déjà augmenté leur offre qui portait sur 75 puis 100% du capital de Metrovacesa. Mais
               le 26 mars dernier, à la dernière minute du délai légal, ils amélioraient encore leur proposition
               de 8%, offrant 27 e par titres au lieu des 25 e initiaux (ce qui les obligera à débourser 1,77 mil-
               liard d'e en cas de succès). Cette amélioration entraînait, cinq jours plus tard, une première ré-
               bellion lors du conseil d'administration de Metrovacesa. Le représentant de Cartera Deva (5,2%
               du groupe), José Aguinaga, refusait d'approuver les comptes 2002: 125 millions d'e de bénéfi-
               ces pour un chiffre d'affaires de 473,8 millions d'e. Il réclamait un délai de trois jours supplé-
               mentaires afin de décider s'il acceptait ou réfutait ces résultats. Officiellement, on minimisait
               cette désertion "d’un seul conseiller sur douze". Mais des sources proches du conseil signalent
               que plusieurs actionnaires sont alléchés par l'offre italienne. La bataille pour le contrôle de la
               seconde compagnie immobilière du pays connaîtra son dénouement le 10 avril.
               Commentaire. Les rebelles aussi sont réticents à l'idée d’une fusion avec le concurrent de
               Caltagirone et Marchini, Bami, propriétaire de 23,9% de Metrovacesa. Selon eux, les dettes de
               Bami (900 millions d'e) n'arrangeraient pas les affaires de Metrovacesa. Tout dépendra, en
               fait, de l'attitude du fonds d'investissement hollandais PGGM, fortement courtisé car détenteur
               de 10,5% de Metrovacesa. Le reste du capital est détenu par Bami et Cartera Deva (23,9 et
               5,22%), par El Monte (3%), par Exopo-An (2%), par Grupo HC (2%), le reste en flottement.
CHELSFIELD: UN PORTEFEUILLE INÉGAL.               Cette société immobilière britannique travaille sur quelques
               uns des plus grands projets immobiliers de la capitale - les immeubles de Grand Union près du
               bassin de Paddington (234 millions d'e) et à plus long terme le centre commercial de 815 mil-
               liards à White City et Stratford City, un développement mixte de 66 ha à l’est de Londres (5,5
               milliards). Mais ses résultats annuels ont très inégaux avec une forte détérioration de sa filiale
               Global Switch (immobilier pour le secteur télécoms/électronique), qui l’a forcé à provisionner
               pour 78 millions d’e et en parallèle, de bons résultats pour ses activités de centre commerciaux,
               en particulier le centre de Merry Hill à Dudley
FORTIS LEASE INVESTIT À GAND.             L'équipementier automobile américain Tower Automotive a mandaté
               le cabinet DTZ pour l'organisation d'une opération de "sales and lease" sur un bâtiment situé à
               Gand. Fortis Lease devient propriétaire du site semi-industriel de 31 000 m², au cœur du port,
               comprenant notamment quelque 20 000 m² d'entrepôts, 9 quais de déchargement, une chaîne
               d'assemblage répartie sur 10 000 m², et un parc à conteneurs de 10 000 m². Le montant de la
               transaction est estimé à 18 millions d'e.

               INDUSTRIE
CONDITIONNEMENT D'AIR: L'ITALIEN AERMEC ACQUIERT LE BRITANNIQUE AIAX.                            La société ita-
               lienne Aermec (groupe Riello) a acheté 75% du capital de la britannique Aiax, spécialisée en
               distribution et vente d'appareils pour le conditionnement de l'air. La prochaine étape du déve-
               loppement européen de cette firme qui, l'an dernier, a affiché un chiffre d'affaires de 120 mil-
               lions d'e (240 au niveau du groupe) sera l'Espagne.
ACIER: UMICORE VEUT ACQUÉRIR 49% DE EUROTUNGSTÈNE.                         Le groupe métallurgique belge Umi-
               core a l'intention d'acheter les 49% du français Eurotungstène Poudres détenus par le suédois
               Sandvik (outillage, équipements miniers, aciers spéciaux). Pour le groupe, cette opération est
               "l'opportunité d'effectuer un investissement financier dans une entreprise qui a démontré qu'elle
               était en mesure de réaliser des bénéfices satisfaisants et qui est, en outre, active dans des sec-
               teurs de marché familiers à Umicore". L'opération doit encore obtenir le feu vert des autorités
               de la concurrence compétentes.
               Commentaire. Les 51% restants d'Eurotungstène, situé à Grenoble (Isère), appartiennent au
               groupe métallurgique français Eramet.
LAFARGE RESTRUCTURE SES ACTIVITÉS AU JAPON.                   Le groupe français restructure ses activités au Ja-
               pon, marché affecté par la stagnation économique. C'est ce qu'a indiqué le directeur général des
               activités japonaises de Lafarge, Olivier Luneau. Lafarge est entré sur le quatrième marché
               mondial du ciment en octobre 2001 en prenant environ 40% du capital d'une société commune
               créée avec le groupe Aso., un conglomérat présent dans le ciment, le béton, la construction et
               l'immobilier. Contrairement à la Chine et à la Corée du Sud, deux marchés en forte croissance,
               où Lafarge est présent respectivement depuis 1984 et fin 1998, le Japon ne présente pas pour
               l'instant de perspectives d'expansion, selon M. Luneau.

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                             16                          BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
SANITAIRE: URALITA ET ROCA, MEILLEURS EXPORTATEURS ESPAGNOLS.                          Deux sociétés de maté-
               riaux de constructions, Uralita et Roca (porcelaine sanitaire), s'imposent en tête du classement
               des 100 entreprises espagnoles ayant exporté le plus l'an passé, selon l'association multi-
               sectorielle d'entreprises (Amec). Uralita, en hausse de 13,2% avec 480 millions d'e exportés,
               conserve sa première place devant Roca, en hausse de 7% avec 207 millions d'e.
LEGRAND: L'OPR DE WENDEL OUVERTE JUSQU'AU 14 AVRIL.                       L'offre publique de retrait (OPR) dé-
               posée par le consortium Wendel et visant le groupe français de matériel électrique Legrand est
               ouverte du 1er au 14 avril. Via la société Fimaf SAS, le consortium Wendel, mené par le fonds
               d'investissement français Wendel Investissement (ex-CGIP) et le fonds américain Kohlberg
               Kravis Roberts (KKR), a déposé le 11 mars son projet d'offre visant les actions Legrand qu'il ne
               détient pas encore, soit 0,99% du capital du groupe de matériel électrique. A l'issue de la ga-
               rantie de cours visant les actions Legrand, le consortium Wendel détenait 99,01% du capital et
               99,13% des droits de vote de Legrand.
               Commentaire. Par ailleurs, le groupe français Schneider Electric a déposé en février un nou-
               veau recours devant la justice européenne contre la Commission européenne dans le cadre de
               sa fusion avortée avec son homologue Legrand. Concrètement, Schneider conteste la décision
               de la Commission d'ouvrir, en décembre comme lors du premier examen en 2001, une enquête
               approfondie sur la transaction.
CEMENTOS PORTLAND: 40 MILLIONS D'E DANS L'ENVIRONNEMENT D'ICI À 2006.                               Le cimentier
               espagnol Cementos Portland va lancer un plan d’investissement 2003-05 de 90 millions d'e,
               dont 41% (37 millions) dans un plan d'amélioration environnemental. "L’objectif est de
               conclure cet investissement au 31 décembre 2005 afin de réclamer, début 2006 "l'autorisation
               environnementale intégrée" et devancer ainsi l'IPPC", explique Pablo Espeso, directeur des
               opérations du groupe contrôlé par FCC. L'IPPC (sigle anglais pour la réglementation euro-
               péenne sur le contrôle et la prévention intégrée de la pollution), entrera en vigueur en 2007.
               Mais Cementos Portland estime que les démarches pour son obtention prendront au moins dix
               mois. D'où ce plan de financement avancé, qui "vise aussi à augmenter notre compétitivité",
               ajoute Espeso. Ces 37 millions d'investissements concerneront les quatre unités de productions
               d'Alcala de Guadaira (Séville) pour 9,1 millions; d'El Alto (Madrid) pour 3,9 millions; d'Honta-
               rio (centre) pour 10,9 millions et de Olazagutia (Ouest) pour 13 millions. En 2002, le groupe de
               2 816 salariés a réalisé un chiffre d'affaires de 831,43 millions d'e.
               Commentaire. Actuellement, la loi "écologique" applicable aux cimentiers remonte à un décret
               de 1975. C'est ce qui explique l'initiative des cimentiers espagnols. En 1996, via l'organisation
               professionnelle Oficemen, ils ont en effet proposé aux autorités une baisse des pollutions du
               secteur au-dessous des normes légales en vigueur. L'accord fut signé en 2001 et adopté par
               cinq des 17 régions d’Espagne.

          SECOUÉS, LES CIMENTIERS ALLEMANDS S'ÉCHANGENT DES PARTICIPATIONS
La récession dans le BTP allemand a        ner à des économies de 95 millions          Heidelberg, qui domine le sud de l'Al-
mis à mal les deux majors du ciment.       d'e, dont 50 millions cette année.          lemagne, voulait se renforcer à
Le numéro deux, Dyckerhoff, a accusé       Le groupe veut continuer à progresser       l'Ouest. C'est désormais chose faite:
une perte nette de 128 millions d'e en     hors d'Allemagne, la part de l'étran-       son grand concurrent vient de lui ven-
2002, après un bénéfice net de 22          ger étant déjà montée de 51% en             dre sa participation de 48,8% dans
millions en 2001. Un remboursement         2001 à 56% en 2002.                         Anneliese Zementwerke implanté en
d'impôts explique le bénéfice net de       Après la vente de Cementos Hispania         Rhénanie-Westphalie. La part de Hei-
Heidelberg Cement, en hausse de 3%         pour 190 millions d'e, l'endettement        delberg passe ainsi à plus de 90%.
à 262 millions d'e. L'excédent opéra-      net est revenu à 840 millions d'e et il     Anneliese a réalisé en 2002 un chiffre
tionnel a, quant à lui, fléchi de 11% à    doit continuer à descendre en 2003.         d'affaires de 160 millions d'e avec
50 millions d'e.                           Le chiffre d'affaires 2002 a baissé de      700 employés. Avec cette acquisition,
Le président de Dyckerhoff, Peter Stei-    5,9% à 1,55 milliard d'e.                   Heidelberg devient leader du ciment
ner, a relevé que la "guerre des prix      Quant au leader Heidelberg, il a            en Allemagne, la hiérarchie interna-
du ciment" en Allemagne et le recul        mieux résisté. Effet de taille peut-être,   tionale est ainsi respectée. Dyckerhoff
des commandes ont coûté 80 millions        le chiffre d'affaires ayant seulement       estime que l'Office des Cartels aurait
d'e à son groupe.                          fléchi de 1,8% à 6,57 milliards d'e.        probablement interdit l'acquisition de
Pour faire face à cette crise, le groupe   Courant 2003, le major a lui aussi          la part de Heidelberg dans Anneliese.
a engagé des mesures de restructura-       pour principale ambition de réduire         Les surcapacités du ciment allemand
tion… qui lui ont coûté 71 millions        l'endettement, notamment par la ces-        est tel que Anneliese devait passer
d'e. Et pour l'amende que lui infligera    sion d'activités secondaires.               sous le contrôle d'un seul grand ac-
prochainement l'Office des cartels al-     Seule fausse note, la provision de 95       tionnaire. Le prix de vente n'est pas
lemand, il a du provisionner 107 mil-      millions d'e pour régler l'amende at-       connu, mais il est évalué à 80 90 mil-
lions d'e.                                 tendue de l'Office des Cartels. Selon       lions d'e. En contrepartie, Heidelberg
Courant 2003, Dyckerhoff espère sor-       des rumeurs, le major allemand du           a cédé à Dyckerhoff ses 25% dans
tir du rouge, le programme de restruc-     ciment serait condamné à payer pas          Ciments luxembourgeois, la part de
turation "Dyckerhoff 21" devant me-        moins de 400 millions d'e...                Dyckerhoff montant de ce fait à 93%.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                   17                             BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
      MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION: KORAMIC EN DIFFICULTÉ DEVIENT MOINS AMIBITIEUX.
               En 2002, le chiffre d'affaires de Koramic Building Products a atteint 954 millions d'e contre
               1,33 milliard en 2001, une baisse de 28%. L'Ebitda s'élève à 149 millions d'e, contre 195,4
               millions en 2001 (-24%) tandis que l'Ebit passe à 62,4 millions contre 72,8 millions d'e en 2001
               (-14%). La perte nette du groupe atteint dont 20,9 millions d'e, en augmentation par rapport à
               2001 qui avait déjà connu une perte de 15,6 millions. En 2002, des pertes exceptionnelles ont
               été comptabilisées pour 22 millions, en raison de la fermeture de deux unités de production de
               la division "tuiles" en Allemagne (notamment l'unité de production de Riesa touchée par les
               inondations dans la région de Dresde) et de la fermeture d'une usine dans la division "car-
               reaux". "La plupart des activités de Koramic ont bien évolué au cours de l'exercice 2002. C'est
               le cas pour Wienerberger (briques), BDI (produits béton), Nedzink (zinc) et Cermix (colles
               techniques). Par contre, Koramic Roofing (tuiles) a vu ses résultats baisser. L'activité carreaux
               pour sols et murs (Desvres) est également restée difficile et déficitaire", signale le groupe.
               Commentaire. Le groupe belge renonce ainsi à son ambition de devenir un des leaders euro-
               péens des matériaux de construction et considère l'année 2002 comme une année de transition.
EN BREF. Le groupe Point.P, filiale de la branche distribution de Saint-Gobain, a acquis la société française
Isopar, spécialisée dans la vente de matériels d'étanchéité, d'isolation et l'aménagement. Isopar emploie 80 per-
sonnes essentiellement en Ile-de-France et a réalisé en 2002 un chiffre d'affaires de 58 millions d'e.

               ENERGIE-ENVIRONNEMENT-SERVICES URBAINS
GAZ DE FRANCE CONVOITE LE DISTRIBUTEUR EST-ALLEMAND VNG.                           Les grandes manœuvres pour
               la vente de VNG, numéro un de la distribution de gaz en ex-RDA ont commencé. Suite à la fu-
               sion de E.ON et Ruhrgas, la nouvelle entité doit céder leur participation commune de 4,1%
               dans VNG. Le ministère fédéral de l'économie l'avait exigé pour autoriser la fusion, en posant
               une condition: que la cession soit faite à un partenaire "stratégique", opérant déjà dans le sec-
               teur. Actuellement, trois acheteurs potentiels sont en lice: Gaz de France (GDF), Wintershall,
               filiale gazière du grand chimiste BASF, ainsi que le géant de l'énergie RWE. Le journal
               Frankfurter Allgemeine rappelle que pour l'acquisition de Preussag Energie, Gaz de France
               avait payé un "prix absolument surélevé" de 1 milliard d'e, et que dans le cas de VNG, il pour-
               rait l'emporter "s'il payait de nouveau un prix stratégique" sans rapport avec la valeur réelle de
               l'entreprise. Le journal ajoute que même si le marché du gaz français reste fermé aux Alle-
               mands, le chancelier Schröder n'oserait pas torpiller l'opération pour ménager une amitié fran-
               co-allemande récemment renforcée.
               Commentaire. Cependant, les dirigeants de VNG à Leipzig préfèreraient un partenaire produi-
               sant du courant, comme RWE. Dans ce cas, VNG pourrait vendre gaz et électricité aux régies
               municipales d'Allemagne de l'Est.


                         CIMPOR: UN GÉANT PORTUGAIS À L’ÉCHELLE MONDIALE
Le cimentier portugais annonce un           miers producteurs mondiaux de ci-            sont en baisse de 6,5% à 6 millions
chiffre d'affaires en baisse de 4,9%        ment.                                        de tonnes, en Tunisie de 4,3% à 1,5
pour l'année dernière à 1,317 mil-          Concernant la baisse du chiffre d'af-        million de tonnes et en Égypte de
liard d'e. En revanche, Cimpor pré-         faires en 2002, elle se justifie d'après     10,6% à 2,2 millions de tonnes.
sente un bénéfice net en hausse de          Cimpor, par les différentes baisses en-      Cependant, la situation des ventes est
28,1% par rapport à 2001, de 176,6          registrées au Portugal (-30,3 millions       positive pour quelques pays.
millions d'e.                               d'e), en Egypte (-37,6 millions d'e), et     En Espagne, avec une augmentation
Les dividendes distribués par l'entre-      au Brésil (-13,4 millions). Pour le Por-     de 2,1% à 1,5 million de tonnes, au
prise ont atteint environ 100 millions      tugal, les résultats négatifs s'expliquent   Maroc, avec une hausse de 5,2% à
d'e l'année dernière. Le rendement          par l'effet combiné d'une diminution         739 000 tonnes, au Brésil avec une
des capitaux propres (ROE) du groupe        de la consommation et par l'augmen-          augmentation de 5,1% à 3,7 millions
est plus intéressant qu'auparavant,         tation des importations. Pour les autres     de tonnes, et au Mozambique en
passant de 12,4% en 2001 à 17,3%            pays, Cimpor parle d'une forte dépré-        hausse de 14,8% à 486 000 tonnes.
en 2002.                                    ciation des monnaies aggravée, dans          Enfin, en Afrique du Sud, 271 000
D'après la cimenterie, les profits réali-   le cas de l'Egypte, par une importante       tonnes ont été vendues au cours du
sés en 2002 ne proviennent pas des          diminution de la demande.                    quatrième trimestre de l'année der-
trois unités acquises en Espagne, mais      Malgré cela, le résultat opérationnel        nière.
d'une société acquise en Afrique du         (Ebitda) s'est établi à 511,54 millions      Au total, les investissements réalisés
Sud. Il ont par ailleurs été calculés sur   d'e, en hausse de 1,3% sur l'exercice        par le groupe ont dépassé les 700
l'exercice d'un seul trimestre. En in-      précédent. Au Portugal, il est passé de      millions d'e, mais malgré de nom-
cluant également le rachat d'une so-        34,1% en 2001 à 39,3% en 2002.               breux aspects positifs, la dette finan-
ciété au Brésil, le groupe a atteint une    Les ventes de ciment on totalisé 16,5        cière a augmentée d'environ 90 mil-
production totale de 21,2 millions de       millions de tonnes, soit 0,8% en moins       lions, à 1,15 milliard contre 1 milliard
tonnes, le plaçant parmi les dix pre-       par rapport a 2001. Au Portugal, elles       en 2001.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                    18                              BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR
AGBAR ET SUEZ COURTISÉS POUR LEUR FILIALE CEPSA.                     Voilà un an qu'Aguas de Barcelona (Agbar)
               a reçu des offres pour le rachat de sa filiale de traitement des résidus, Cepsa, détenue à 50/50
               par l'Espagnol et Suez. "Cela fait un peu plus d'un an que nous avons reçu une offre pour cette
               société. Mais pour l'instant, aucune décision n'est prise", a reconnu récemment le conseiller
               délégué Josep Lluis Jové. Ce dernier précise qu'en ce qui concerne Cepsa, "toutes les options
               sont envisageables", car Agbar n'a pas encore décidé s'il "vendra ou non, partiellement ou tota-
               lement: il se peut que nous (Agbar) vendions ou que Suez le fasse; ou bien les deux.. tout est
               possible". Acciona et Ferrovial sont les deux candidats les plus en vue, ce que n'a pas confirmé
               le responsable d'Agbar.
               Commentaire. Cepsa a réalisé en 2002 un chiffre d'affaires de 577 millions d'e (14% en
               moins), ce qui la situe à la seconde place du segment derrière FCC.
OPA SUR WASTE RECYCLING GROUP (KELDA).                   La compagnie anglaise d'eau Kelda est en négociation
               "avancée" avec la société de capital risque Terra Firma, pour le rachat par celle-ci de sa partici-
               pation de 45.5% dans le groupe de gestion des déchets WRG, soit un investissement de 933
               millions d'e. Terra Firma a été fondé il y a un an par Gary Hands, l'ancien directeur des inves-
               tissements de la banque japonaise Nomura à Londres.
HIDROCANTABRICO RETENU POUR LA PRIVATISATION DE NATURCORP.                                  L'électricien espagnol Hi-
               drocantabrico, dont l'actionnaire principal est Electricidade de Portugal (EDP), a été choisi
               comme repreneur de la société Naturcorp (distribution de gaz). Hidrocantabrico offrait 227
               millions d'e et 100% des actifs de sa société gazière Gas de Asturias pour le rachat de Natur-
               corp, dans le cadre de la privatisation de cette dernière. EDP s'est félicité de la décision du
               gouvernement basque espagnol de retenir Hidrocantabrico. Les espagnols Iberdrola, Gas Natu-
               ral et l'italien Enel étaient en lice. L'entreprise gazière résultant de l'intégration de Gas de Astu-
               rias dans Naturcop sera détenue à 62% par Hidrocantabrico et le montant des actifs sera de 814
               millions d'e. Avec l'intégration de Gas de Asturias et de Naturcorp, Hidrocantabrico devient le
               deuxième opérateur dans le secteur du gaz en Espagne, avec 500 000 clients et 10% du marché.
               Commentaire. Pour EDP, qui détient 40% d'Hidrocantabrico, cette opération s'intègre dans sa
               stratégie de croissance dans la péninsule ibérique.
ENDESA VA INVESTIR 2,2 MILLIARDS D'E EN ANDALOUSIE.                    D'ici à 2007, le groupe énergétique es-
               pagnol Endesa va investir 2,2 milliards d'e en Andalousie pour développer son réseau et ses ca-
               pacités de production en co-génération, et multiplier par trois sa puissance de production
               d'énergie éolienne qui s'élève à l’heure actuelle à 213 MW. L'éolien bénéficiera d'un montant
               d'investissement de 527 millions d'e. Endesa a rappelé que son objectif en Andalousie était
               d'atteindre une production de 1 800 MW provenant d'énergies renouvelables, que ce soit par
               l'éolien, le solaire ou la biomasse.


                   CARNET
Catherine Valette, directrice ad-        Ralf Jüneman, 37 ans, depuis            Detlef Schmidt , 58 ans, actuelle-
jointe pour les questions européen-      1990 gérant de l'entreprise de          ment membre du directoire du
nes de la FNTP (Fédération natio-        construction familiale de Barsing-      constructeur automobile tchèque
nale des travaux publics), a été         hausen en Basse-Saxe, est le nou-       Skoda, va entrer comme directeur
nommée directeur de la qualité.          veau président de l'association des     commercial au sein de EnBW. Il
Elle rejoint à ce titre le comité de     jeunes entrepreneurs au sein de la      répond à l'appel d'Utz Claassen,
direction de la fédération. Elle         fédération ZDB des PME de la            qui succédera début mai à la tête
avait rejoint le service juridique de    construction.                           du directoire à Gerhard Goll.
la FNTP en 1983 pour devenir, en
1992, rapporteur de la commission        Geoffrey Spence, un haut fonc-          Silvano Vernizzi, directeur des In-
Europe.                                  tionnaire du ministère des Finan-       frastructures de la région Vénétie
                                         ces britannique et un proche du         en Italie, a été nommé commissaire
Gérald Mille rejoint Ginger,             Chancelier de l'Echiquier, va pren-     extraordinaire du gouvernement
groupe français d'ingénierie, où il      dre la tête de l'équipe PFI du mi-      italien pour réaliser le contourne-
sera chargé de promouvoir l'acti-        nistère. Ce bureau recevra des          ment autoroutier de Venise (BEM
vité des différents pôles à l'étran-     moyens accrus pour poursuivre son       du 24 février 2003, p. 10). Cette
ger. Il a successivement été respon-     action de coordination de la politi-    nomination a été requise par la
sable Afrique & Mer du Nord de           que PFI entre gouvernement, en-         Commission européenne pour
Bouygues Offshore, responsable           trepreneurs et syndicats. Il en aura    veiller sur la passation des mar-
Asie de Bouygues Construction            la charge exclusive, afin d'accélé-     chés de la société concessionnaire
puis DG Asie Afrique de Bouygues         rer le programme de réalisation         Passante Nord Est, selon une pro-
Bâtiment International.                  PFI avant les prochaines élections.     cédure de gré à gré.


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                               19
                                                                                      AGENDA
11 avril/Paris: "JO d'hiver – Turin 2006: les appels                                                 24-25 avril/ Dublin: "Construction en Europe". Cette
d'offres à venir". Rendez-vous du Centre français du                                                 conférence est rassemble fournisseurs et clients sur le
commerce extérieur présenté par Agenzia Torino 2006 et                                               thème: de meilleurs clients obtiennent de meilleurs pro-
l'Agence d'investissement de Turin. CFCE: 10, avenue                                                 jets. ECI; tél.: (44) 1509.22.35.26; fax: 1509.26.01.18;
d'Iena, 75006, Paris, tél.: (33-1) 40.73.37.19.                                                      email: eci@lboro.ac.uk
24 avril/Paris: "L'efficacité énergétique en Europe                                                  25 avril/Bruxelles: "Les services publics au plus of-
centrale et orientale". Séminaire d'une journée pour                                                 frant". Séminaire d'une journée sur l'adjudication concur-
comprendre la promotion de l'efficacité énergétique dans                                             rentielle obligatoire des services d'intérêt économique gé-
les pays de l'Est. CFCE, voir ci-dessus.                                                             néral. Ciriec, tél.: (32-4) 366.27.46; ciriec@ulg.ac.be

                                       INDEX DES PRINCIPALES ENTREPRISES CITÉES DANS CE NUMÉRO

Abertis,15                               Carillion,12                               EnBW,19                                   Iberdrola,19                               Saint-Gobain,18
Acciona,1, 6, 19                         Cementir,15                                Endesa,19                                 Jan De Nul,12                              Sandvik,16
ACS,7                                    Cementos                                   Enel,19                                   Jarvis,10, 13                              Sanef,15
Agbar,12, 19                                Hispania,17                             Eramet,16                                 Jones,13                                   Schneider,17
Amec,10, 14                              Cementos                                   Eurotungstène,16                          Koramic,18                                 Seeboard,10
Amey,10, 13                                 Portland,17                             Fadesa,16                                 Legrand,17                                 Skanska,14
Anneliese                                Cepsa,19                                   FCC,1, 6, 19                              Marchini,16                                Somague,15
   Zement.,17                            Ciments                                    Ferrovial,1, 6, 12,                       Metrovacesa,15,                            Suez,19
Ansaldo,7                                   luxemb.,17                                 19                                        16                                      Tecnimont,13
Astaldi,15                               Cimpor,18                                  First Eng.,10                             Mowlem,14                                  Thames Water,10
Autostrade,15                            Cintra,12                                  FirstGroup,12                             Naturcorp,19                               Torno Intern.,13
Balfour Beatty,10,                       Cofiroute,9                                Gas Natural,19                            Necso,1, 15                                Transfesa,6
   12, 13                                Costain,14                                 Gavio,12                                  Newco28,15                                 Umicore,16
Bami,16                                  Dragados,1, 6                              Gaz de France,18                          OHL,1                                      Underwriter
Barratt,14                               Dyckerhoff,17                              GB Railways,12                            Onyx,12                                       laboratories,12
Bechtel,13                               E.ON,18                                    Ginger,19                                 Pilkington,15                              Uralita,17
Bilfinger Berger,5,                      EDF,9                                      Heidelberg,17                             Preussag,18                                VE,12
   13                                    Edison,13                                  Henry Boot,13                             Roca,17                                    Vianini Lavori,15
Bouygues,5, 19                           EDP,19                                     Hidrocantabrico,19                        Ruhrgas,18                                 Wienerberger,18
Bureau Veritas,12                        Egis,12                                    Hochtief,5, 13                            RWE,18                                     WRG,19
Caltagirone,15, 16                       Electrabel,12                              Holzmann,13                               Sacyr,1                                    WS Atkins,10, 12


                                                                OFFRE D'ABONNEMENT                                                                                                     p
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Directeur de la publication : Jacques Guy. Directeur de la rédaction : Bertrand Fabre. Editeur: Olivier de La Chaise. Rédacteur en chef : Patrick Piernaz.
Rédacteur en chef délégué: Laurence Francqueville (01.40.13.50.23); Rédaction: Maxime Bitter (01.40.13.35.13).
Le Bulletin Européen du Moniteur est réalisé avec la collaboration de la rédaction du "Moniteur" et de ses correspondants exclusifs en Europe. Les infor-
mations du ministère de l'Équipement et des PEE sont centralisées par la Direction des affaires économiques et internationales (F. Marion).
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Le Bulletin Européen du Moniteur est édité par Groupe Moniteur, Société Anonyme au capital social de 333 900 euros.
Siège social, 17, rue d'Uzès, 75108 Paris cedex 02.
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Impression : Groupe Moniteur. Dépôt légal : avril 2003.                      Le Bulletin Européen du Moniteur est une publication du Groupe Aprovia

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                                                     20
                                                     POINT DE VUE




                MONTEE DES SERVICES: DE LA FILIERE CONSTRUCTION
                  AU SYSTEME SECTORIEL DE LA CONSTRUCTION
Et si la finalité de la construction, au-delà de la production des ouvrages, était de fournir un service?
Et si la construction n'était pas une activité à part dans l'économie? Et si, alors que l'accent est le
plus souvent mis sur la production et les flux, la gestion et le stock de la construction étaient devenus
des enjeux stratégiques? Et si la notion de filière construction était aujourd'hui obsolète? Ces ques-
tionnements nouveaux constituent la trame de l'essai publié par Jean Carassus, chef du département
Economie et sciences humaines du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) et professeur à
l'Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC). M. Carassus livre aux lecteurs du BEM son point de
vue sur l'évolution du secteur et des métiers de la construction.
        SERVICE, GESTION, STOCK: LA MUTATION                           immobilière par des firmes qui se recentrent sur leur cœur de
La construction connaît une mutation identifiable au travers           métier.
de trois mots clés : service, gestion, stock. Or la plupart des        Quand une entreprise ou une administration confie la gestion
analyses de ce secteur se focalisent sur l’ouvrage plus que            de ses immeubles à un facilities manager, la finalité de la
sur le service, sur la production plus que sur la gestion, sur         construction apparaît clairement, ce n’est pas l'ouvrage en
les flux, en particulier de construction neuve, plus que sur le        soi, c'est le service rendu par l'ouvrage à l'activité de
stock. Cette mutation s’inscrit dans un contexte technico-             l’organisation utilisatrice. La démarche remet aussi en cause
économique nouveau, marqué notamment par le développe-                 les frontières entre construction et services, l’entreprise utili-
ment des nouvelles technologies de l’information et de la              satrice attend un service, que ce dernier concerne
communication, et les exigences du développement durable.              l’immobilier ou la logistique (accueil, courrier, reprographie,
Parmi ces trois dimensions, service, gestion, stock, une n’est         voyages…).
plus une hypothèse, mais une certitude : l’importance du               Les entreprises de second œuvre technique, électricité et gé-
stock des ouvrages existants. Cette importance, qui peut se            nie climatique notamment, assurent souvent l’installation
mesurer par le poids des travaux d’amélioration-entretien              des équipements neufs puis la maintenance de ces équipe-
dans la production des entreprises de construction est un              ments. Le métier inclue la gestion du service rendu par
phénomène européen. Au sein de l’Europe, ce poids semble               l’équipement après sa livraison. C’est une des raisons pour
lié au niveau de développement des pays.                               lesquelles ces entreprises ont résisté à la profonde récession
                                                                       des années 1992-1997 mieux que les entreprises de gros œu-
              Part de l'amélioration entretien                         vre ou de travaux publics.
    dans l'activité de construction en Europe en 2001                  La mutation vers les services, la gestion et le stock a infléchi
                  Cons-     Rési-     Non        Génie                 aussi la stratégie des grands groupes de construction euro-
                  truction dentiel résidentiel Civil                   péens durant ces dernières années. Pour atténuer deux handi-
Pays                 46%      51%       49 %       30 %                caps importants de la construction aux yeux des actionnaires
nordiques                                                              et des analystes financiers, la faiblesse des marges et le ca-
Les 5 plus gros      45%      52%       39 %       37 %                ractère cyclique de la production, ces groupes ont eu ten-
pays                                                                   dance à rechercher des activités récurrentes et à marge plus
Autres pays de       35%      36%       38 %       29 %                élevée.
l'Ouest                                                                Cette recherche s’est traduite par le développement des acti-
Pays de l'Est        32%      35%       29 %       33 %                vités routières (dont une partie importante de la production
Les 19 pays          44%      51 %      41 %       33 %                concerne l’amélioration-entretien des réseaux existants), des
Euroconstruct                                                          métiers de l’électricité (articulant travaux neufs et mainte-
Source: Euroconstruct                                                  nance), et des activités de gestion d’ouvrages et de services,
                                                                       (notamment sous la forme de concessions d’autoroutes,
Par ailleurs, comme l’industrie, la construction connaît une           ponts, parkings, aéroports…).
forte montée des services. Par montée des services, nous               Le partenariat public-privé (PPP), qui articule financement,
entendons trois notions différentes : l’importance accrue du           conception, réalisation, gestion de l’ouvrage et du service,
service rendu incorporé dans l’ouvrage, la montée des servi-           pratiqué en France depuis plus de trois siècles dans le do-
ces associés à la production des ouvrages et le développe-             maine des infrastructures, et qui se développe en Europe
ment des services associés à la gestion des ouvrages.                  dans le domaine du bâtiment, s'inscrit dans cette mutation de
Si l’importance du stock est une réalité inscrite dans les sta-        fond.
tistiques, la mutation se traduisant par la montée des services        Mais au-delà des trois types d’intervenants que nous venons
et de la gestion n’en est qu’à ses débuts. Plusieurs acteurs           d’évoquer, tous les acteurs de la construction sont concernés
sont pour l’instant particulièrement concernés, en particulier         par cette mutation. Par exemple, certains artisans et PME
les gestionnaires, les entreprises de second œuvre technique,          développent, en liaison avec leurs organisations profession-
les grands groupes de construction.                                    nelles, des certifications de services associés à leurs travaux.
Les gestionnaires des ouvrages et leurs prestataires renfor-           Plus le professionnalisme et le niveau d’exigences des maî-
cent leur professionnalisme et la qualité des services rendus.         tres d’ouvrage sont élevés, plus les maîtres d’œuvre et les
A côté des gestionnaires existants, sociétés foncières, orga-          entreprises intègrent des préoccupations en terme de service
nismes d’habitat social, concessionnaires, exploitants, se dé-         rendu et de gestion ultérieure.
veloppe un nouveau métier, le multiservice immobilier ou               Cette mutation s’inscrit dans un contexte technico-
« facilities management ». Apparu il y a une vingtaine                 économique nouveau, marqué par les nouvelles technologies
d’années aux Etats-Unis, il se développe en Europe depuis              de l’information et de la communication et le développement
quelques années. Au côté de la professionnalisation de la              durable. Les exigences du développement durable élargis-
gestion, est en progression l’externalisation de la gestion

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sent la notion de service rendu, en intégrant notamment des              La principale source d’information est l’enquête annuelle de
préoccupations d’environnement et de santé, et indiquent                 la revue américaine Engineering News Record (ENR). Cette
que l’essentiel des enjeux (énergie, gaz à effet de serre, san-          enquête classe les 225 premières entreprises de construction
té…) concerne le stock et sa gestion, et non pas la construc-            exportatrices. Elle est incomplète car certains grands grou-
tion neuve.                                                              pes ne répondent pas à l’enquête. Elle ne fait pas la distinc-
Cette mutation s’inscrit dans la durée et rencontrera de nom-            tion entre la construction et l’industrie.
breuses résistances, car elle prend à contre-pied la culture             En 2001, le marché ainsi mesuré est estimé à 107 milliards
dominante de la construction. Cette culture, centrée sur le              d'e. En terme d’ouvrages, les bâtiments arrivent cette année
projet éphémère et la technique, peine à intégrer des préoc-             là en tête devant les infrastructures de transport et le secteur
cupations en terme de gestion continue et de service. Résis-             pétrolier.
teront également les acteurs institutionnels, dont les régula-
tions et réglementations sont relatives, pour l’essentiel, à la                     Répartition du marché international
construction neuve, alors que, nous venons de le noter, des                              de la construction en 2001
enjeux importants concernent le stock et sa gestion.                     Bâtiments                                      28 %
                                                                         Infrastructures de transport                   24 %
               DE LA FILIERE CONSTRUCTION                                Secteur pétrolier                              20 %
     AU SYSTEME SECTORIEL DE LA CONSTRUCTION                             Industrie                                       9%
Cette mutation interpelle aussi les économistes qui le plus              Energie                                         7%
souvent raisonnent en terme de secteur ou de filière cons-               Eau                                             3%
truction. Ces notions, centrées sur la production, ignorent la           Autres                                          9%
gestion et l’exploitation du stock des ouvrages une fois                 Total                                          100 %
construits (cf graphique 1).                                              Source: Engineering News Record
Pour intégrer la gestion du stock et du service rendu par ce
stock, nous proposons la notion de système sectoriel de la               L'Observatoire du marché international de la construction
construction. Ce système sectoriel est défini comme: l'en-               (Obsic), mis en place par le Syndicat des entrepreneurs fran-
semble complexe et organisé de relations entre les acteurs,              çais internationaux (SEFI), isole dans ces statistiques la part
productifs et institutionnels, participant à la production et à          construction.
la gestion des ouvrages de construction et du service rendu              En 2001, les 14 entreprises adhérentes au SEFI, qui repré-
par ces ouvrages, tout au long de leur cycle de vie.                     sentent la quasi-totalité de l’activité française à l’étranger,
L’analyse part du cycle de vie des ouvrages (construction,               réalisent 40% de leur chiffre d’affaires à l’étranger, majori-
gestion, démolition) et intègre tous les acteurs concernés, à            tairement par des filiales locales. Le bâtiment représente
commencer par les gestionnaires et les exploitants du stock              22% de l’activité exportatrice, le génie civil 78%. Les pays
(cf graphique 2).                                                        développés sont la cible principale de cette activité interna-
                                                                         tionale. En 2001, l'Europe représente 54% et l'Amérique du
                                                                         Nord 15% des exportations françaises, contre 11% pour
            DIFFERENCIATION ET SOUS-SYSTEMES                             l’Asie, 11% pour l’Afrique et 3% pour le Proche et Moyen-
                     DE LA CONSTRUCTION                                  Orient.
La construction est souvent présentée comme fragmentée.                  Le second sous-système est le sous-système national routier
Cette fragmentation est perçue comme un handicap, quand la               qui concerne la construction et l'amélioration entretien des
construction est comparée à d'autres secteurs industriels. De            réseaux routiers et autoroutiers. En 2001, la commande re-
telles comparaisons sont parfois méthodologiquement                      présente 8% du marché intérieur de la construction mais
contestables.                                                            36% du génie civil. Elle est majoritairement le fait des col-
Si on se limite au secteur des entreprises de construction et            lectivités locales et de l’Etat (61%), et des sociétés, essen-
si on le compare par exemple au secteur automobile, la com-              tiellement autoroutières (29%). La part de l’amélioration-
paraison est complètement faussée, du fait que dans le cas de            entretien est importante (38% en 1996).
la construction, il est impossible de distinguer la production           Une spécificité de l’activité des entreprises routières, compa-
neuve de l'amélioration-entretien. Une approche correcte                 rée à celle des entreprises des autres sous-systèmes, est leur
doit comparer le secteur des entreprises de construction avec            stratégie de contrôle direct d'activités de matériaux (carriè-
l’ensemble production automobile et réparation automobile.               res, usines d'enrobés).
Les résultats de la comparaison, par exemple en terme de                 Le troisième sous-système est le sous-système national de
fragmentation ou de poids de la recherche-développement,                 génie civil non routier. Il est plus hétérogène: sont concernés
seraient peut-être très surprenants.                                     les voies de communication non routières, les lignes et ca-
Plus que de fragmentation, il convient de parler de différen-            nalisations, les autres ouvrages de génie civil. Ces ouvrages
ciation de la construction, qui lui permet de répondre à                 sont commandés par les sociétés (47%), en particulier natio-
l’extraordinaire diversité de la commande. Ayons à l’esprit              nales, et les collectivités locales et l’Etat (46%). La part de
qu’un même système sectoriel doit être capable de réparer le             l’amélioration entretien est de 30% en 1996.
robinet d’un lavabo et de financer, concevoir, réaliser et gé-           Ces trois sous-systèmes, à caractère international et national,
rer un tunnel géant sous la mer !                                        sont clairement dominés par les grandes entreprises, même
Cette différenciation est telle qu’il est possible, à notre avis,        si la part des PME est significative dans les sous-systèmes
de distinguer, au sein du système sectoriel de la construc-              nationaux de génie civil routier et non routier, en particulier
tion, plusieurs sous-systèmes. Les sous-systèmes doivent                 pour l’amélioration entretien des ouvrages.
présenter une certaine cohérence interne et être clairement              Le quatrième sous-système est le sous-système à dominante
distincts les uns des autres, sans être pour autant étanches.            locale des bâtiments et interventions sur les bâtiments com-
Pour définir les sous-systèmes, nous utilisons quatre critères:          mandités par les sociétés et les administrations qui recouvre
- la nature de l'ouvrage;                                                essentiellement les bâtiments autres que les maisons indivi-
- la nature du marché: international, national, local;                   duelles à l’unité. Il s'agit des bureaux, usines, commerces,
- la nature du maître d'ouvrage: ménages, firmes, adminis-               entrepôts, bâtiments publics, bâtiments d'habitation collec-
trations;                                                                tifs, opérations groupées de maisons individuelles. Les maî-
- la taille et la nature des entreprises de construction.                tres d'ouvrage sont essentiellement les sociétés (63%) et les
                                                                         collectivités locales (21%), devant les organismes d’habitat
Dans le cas français, il est possible de distinguer cinq sous-           social (9%) et l’Etat (7%). L’amélioration-entretien repré-
systèmes de la construction.                                             sente 44% de la commande. La part des entreprises de 200
Le premier est le sous-système international de la construc-             salariés et plus est significative.
tion qui concerne les grands ouvrages de bâtiment et de gé-
nie civil réalisés dans le cadre d’une concurrence mondiale.


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Le sous-système des bâtiments commandités par les so-                    et par le contrôle qu’ils peuvent exercer sur des réseaux
     ciétés et les administrations en France en 2000:                    d’artisans poseurs.
              maîtres d’ouvrage et entreprises                           Quel est le poids relatif de chaque sous-système en terme de
Commanditaires Ent. - de 20 Ent. de 20 à Ent. de 200                     montant des travaux ?
                    salariés      199 salariés salariés et +
                                                                             Estimation du poids relatif des cinq sous-systèmes
Entreprises pri-
                        40 %          37 %         23 %                            pour la construction française en 2001
vées
                                                                         Sous-système                  Montant des          Part
Entreprises pu-
                        32 %          40 %         28 %                  de la construction            travaux en Mds e
bliques
                                                                         International                         18,4           14 %
Collectivités lo-
cales et Etat           40 %          42 %         18 %                  Routier                               9,6            7%
                                                                         Autre génie civil                     16,9           12 %
 Organismes                                                              Bâtiments des sociétés et
                     43 %           40 %                 17 %                                                  54,5           39 %
 d’habitat social                                                        administrations
 Total               40 %           38 %                 22 %            Bâtiments des ménages                 39,0           28 %
Source: Enquête Annuelle d’Entreprise                                    Total                                138,4          100 %
                                                                         Source: ministère de l'Equipement. DAEI.
Enfin, le cinquième sous-système est le sous-système à ca-
ractère local de bâtiments et interventions sur les bâtiments
commandités par les ménages et les entreprises individuel-                                       CONCLUSION
les. Il se distingue fortement du précédent par la domination            Ainsi, notre approche contribue à renouveler la vision de la
des artisans et des entreprises artisanales dans la réalisation          construction. L’accent est mis sur le service, la gestion, le
des travaux tant neufs que d’amélioration-entretien.                     stock alors que la plupart des analyses portent sur l’ouvrage,
En 2000, les ouvrages produits par ce sous-système sont es-              la production, les flux. La notion de système sectoriel de la
sentiellement des maisons individuelles (70%) devant les                 construction permet d’intégrer la gestion du stock ignorée
immeubles de logements (16%) et les bâtiments non rési-                  par celle de filière construction. Une vision décomposant la
dentiels (14%).                                                          construction en sous-systèmes est préférée à une approche
Les grandes entreprises sont absentes de ce sous-système.                trop totalisante de la construction.
Les entreprises de moins de 20 actifs réalisent l’essentiel des
travaux. Mais les grands groupes de matériaux et les grandes             "Construction: la mutation. De l’ouvrage au service".
surfaces de bricolage peuvent être présents de manière signi-            Presses des Ponts & Chaussées, Jean Carassus, 45 e.
ficative. En effet, ces groupes y sont actifs par la distribution        Tél.: (33-1) 44.58.27.40; http://pressesponts.enpc.fr
de matériaux et équipements aux artisans et aux particuliers,            Vous pouvez contacter l'auteur à: carassus@cstb.fr

                              GRAPHIQUE 1- LA FILIERE CONSTRUCTION (SCHEMA SIMPLIFIE)

                                                                                                                Concepteurs
                      Terrain                   Maîtres d'ouvrage                                               •   Architecture
                                                 professionnels                         Projet                  •   Technique
                                                                                                                •   Economie


                   Financement



                                                                                          Bureaux de contrôle
                                                   Ouvrage




                                                 Entreprises générales
                                                Entreprises spécialisées
                                                       Artisans
                                                        du BTP
                                                                                                     Autres produits
                 Matériaux,                                                                            et services
                composants,
               équipements
                                                      Matériel



                                                    Importateurs,
                 Négociants                           loueurs



              Producteurs de
            matériaux, compo-                       Producteurs
            sants, équipements
                                                    de matériel

LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                         23
                       GRAPHIQUE N°2. LE SYSTEME SECTORIEL DE LA CONSTRUCTION: LES PRINCIPAUX ACTEURS EN FRANCE (SCHEMA SIMPLIFIE)
Légende : Gestion, commercialisation                            Montage d’opération                          Conception, coordination, contrôle                Travaux, matériaux, matériel
Cycle de vie                  Construction (service rendu potentiel)                            Gestion du service rendu par les ouvrages à l’utilisateur                                   Démolition
des ouvrages

                              Montage     Conception     Travaux       Achat    Gestion      Exploitation    Maintenance Grosses                    Réhabilitation                Montage      Études      Travaux
                                                                       Vente                                             réparations Montage        Conception Travaux




                                                                            Agents      Services de gestion des entreprises et des
Activités de                                                              immobiliers    administrations, Sociétés immobilières,
                                                                                          Organismes d’habitat social, Syndics
gestion continue                                                         Commerciali-
                                                                                        d’immeubles, Administrateurs de biens,
et de transactions                                                          sateurs     Concessionnaires, "Facilities managers",
                                                                                        Exploitants, Entreprises de maintenance




Activités de mon-                  Aménageurs, Lotisseurs,                                   Architectes, Bureaux d’études techniques, Ingénieurs
tage d'opérations et Services de maîtrise d'ouvrage des entreprises et des                 conseils, Economistes de la construction, Coordonnateurs                         Entreprises générales
de projets mis en     administrations, Promoteurs, Marchands de biens,                     Ordonnancement Planification Contrôle, Coordonnateurs                           Entreprises spécialisées
œuvre sur chantier Sociétés immobilières, Organismes d'habitat social,                     sécurité, Bureaux de contrôle, Ingénierie d’entreprises de                             Artisans
                                             Concessionnaires                              Bâtiment et de Travaux Publics, Ingénierie d’entreprises,                               du BTP
                                                                                                          Ingénierie d’administrations



                                                                                                                         Négociants,                                                          Loueurs
Activités de                                                                                                                                                                                Importateurs
fabrication industrielle                                                                                               Grandes surfaces
                                                                                                                         de bricolage                       Fabricants de maté-
et de distribution                                                                                                                                          riaux, composants,
                                                                                                                                                               équipements
                                                                                                                                                                                          Fabricants de matériel


Acteurs                        Union                            Etat                         Collectivités                      Organisations                  Organisations              Organisations
institutionnels             Européenne                       Ouvrages                        territoriales                     professionnelles                 syndicales                 d'utilisateurs
                             Matériaux              Gestion de la main d'œuvre                                                                                                          et de propriétaires
                                                    Prix des produits et services         Règles d'urbanisme                   Matériaux                         Salaires,
                            Concurrence
                                                           Concurrence                      Financement                 Règles professionnelles             Conditions de travail     Prix des produits et des
                           Financement
                                                       Financement, fiscalité                  Fiscalité             Salaires, conditions de travail                                    services (loyers…)
                          Conditiondetravail
                                                       Education, formation                                          Prix des produits et des servi-
                         Soutien à la R & D             Soutien à la R & D                                             ces Education, formation


LUNDI 7 AVRIL 2003 - N° 617                                                                            24                                                                BULLETIN EUROPEEN DU MONITEUR

				
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posted:8/12/2011
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