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					                Laboratoire d’Economie Appliquée de Grenoble




LA DIFFUSION DES IDEES PAR LA PUBLICATION : L'INFLUENCE DE



     LA RECHERCHE FRANÇAISE EN GESTION : 1991-2002




                     Vincent MANGEMATIN




                  Document de travail ; 2003-12




                          -   Octobre 2003 –
Institut National de la Recherche Agronomique - Université Pierre Mendès France

                          Unité Mixte de Recherche 1215

           Domaine Universitaire - BP 47 - 38040 GRENOBLE Cedex 9

               Tél. : 33 (0) 4 76 82 54 39 - Fax : 33 (0) 4 76 82 54 55

            E-mail : vertier@grenoble.inra.fr - http://www.grenoble.inra.fr




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     LA DIFFUSION DES IDEES PAR LA PUBLICATION : L’INFLUENCE DE
               LA RECHERCHE FRANÇAISE EN GESTION 1991-2002




                                                GAEL
                                 INRA/ Université Pierre Mendes France
                                               BP 47X
                                       38040 Grenoble Cedex 9
                                                France
                                       Ph:     33 4 76 82 56 86
                                       Fax: 33 4 76 82 54 55
                                   E-Mail: vincent@grenoble.inra.fr
                                     http://www.grenoble.inra.fr/


Résumé


Mots clés : influence, réputation, évaluation, recherche en gestion, rayonnement, France


15 Octobre 2003 – Première version. Pour discussion uniquement


Merci d’adresser vos commentaires à Vincent Mangematin, vincent@grenoble.inra.fr
Ne pas faire circuler sans la permission écrite de l’auteur




*L’auteur remercie R. Coronini pour son aide lors de la collecte des données et la mise en forme des bases
de données.

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1. INTRODUCTION

Les classements, les tournois et les compétitions nationales et internationales peuvent être considérés
comme des modes d’évaluation, de catégorisation et de comparaison d’individus, d’équipes ou
d’institutions (Wedlin, 2000). En football, chacun a en tête l’enchevêtrement des différents tournois
locaux, régionaux et internationaux, allant des rencontres régionales à la coupe des champions ou la
coupe de l’UEFA qui sélectionnent et classent les meilleures équipes européennes. Le tennis, le golf
ou la Formule 1 fonctionnent de la même manière en mélangeant l’équipe et le niveau individuel. Ces
classements produisent un double effet : d’une part, ils révèlent la qualité d’une équipe ou d’un joueur
à un moment donné, permettant ainsi d’apprécier les résultats des efforts et de la stratégie passée.
D’autre part, le classement fonde la réputation, à la base de la renommée et de l’influence d’une
équipe ou d’un joueur. Les entraîneurs des équipes de seconde division s’inspirent des méthodes de
jeu et de préparation de la première division, les innovations techniques des sportifs du haut du
classement sont immédiatement copiées par ceux moins bien classés et les meilleurs joueurs d’une
équipe sont débauchés pour rejoindre d’autres formations. Les classements, les tournois et les
compétitions, jouent ainsi, en plus des effets incitatifs les plus souvent mis en avant (Ehrenberg &
Bognanno, 1990; Leeds, 1988), un effet de construction de la réputation, qui est elle-même source de
l’influence. Ils agissent comme des révélateurs de la qualité, comme des signaux de qualité.
Dans le maquis des écoles et des formations universitaires en sciences de gestion en France, les
différents acteurs, (étudiants, professionnels, universitaires et doctorants) sont de plus en plus enclins à
s’interroger sur la qualité et le rayonnement des institutions avec lesquelles ils sont en contact, les
dimensions de l’activité des établissements d’enseignement supérieur étant multiples (Coronini &
Mangematin, 1999). Chaque acteur essaie de positionner les institutions les unes par rapport aux
autres, suivant différentes dimensions comme le taux de chômage des anciens étudiants, l’intérêt des
études, leurs coûts et la qualité des enseignants et des enseignements. Les acteurs sont ainsi à la
recherche d’une cartographie des différentes organisations, permettant de mettre en lumière leurs
forces et leurs faiblesses, leurs domaines de spécialité et leurs zones d’influence. Apprécier la
performance des institutions permet aux différents acteurs, qu’ils soient producteurs ou
consommateurs (notamment de formation ou de conseil) de construire un classement entre les
différentes institutions, écoles ou universités, les différentes filières voire même, lorsque cela peut
avoir un sens les différents enseignants-chercheurs. Les critères de classement sont nombreux et
dépendent de la formation analysée (MBA, diplôme d’école, DEA ou DESS, doctorat) : taux d’emploi
des étudiants 3 ou 6 mois après la sortie de l’école ou de l’université, salaire annuel de début,
progression des rémunérations, pour le classement des grandes écoles, degré d’internationalisation des
programmes et visibilité internationale de la recherche pour d’autres comme le palmarès des MBA du
Financial Times. Au-delà de l’aspect anecdotique du classement, le palmarès est un élément important
de la réputation nationale ou internationale de l’institution. Ainsi, le rayonnement d’une école de

                                                     4
management ou d’un département de sciences de gestion au sein d’une université s’évalue-t-il à l’aune
de son rang dans les classements nationaux (notamment pour les étudiants en formation initiale) et
dans les classements internationaux pour la formation de cadres de haut niveau.
Le but de cet article est de dresser un tableau de la recherche en gestion en France au travers des
publications internationales. Une telle démarche permet de comprendre comment se construit la
réputation des organisations d’enseignement et de recherche en management. Elle indique de la
recherche française en management dans la création de nouvelles idées et de nouveaux concepts.
La mission des établissements de recherche et d’enseignement supérieur, qu’ils soient universitaires
ou consulaires n’est pas seulement de former les futurs managers. Elle intègre aussi le développement
de nouvelles idées, la construction de théories et la mise en forme de résultats empiriques pour forger
les pratiques managériales du futur. La recherche en gestion est à la fois le reflet d’un débat
scientifique et de pratiques de gestion. En effet, les idées et les concepts peuvent avoir été mis en
pratique de manière empirique par des managers et sont alors identifiés et analysés par le monde
universitaire, d’autres sont construits par les chercheurs à partir d’une réflexion théorique (écoles de
management et universités), d’autres enfin sont développés en commun comme le livre de C. Midler
l’illustre magistralement. Quelle que soit leur source, la publication de ces idées dans les revues
académiques joue un rôle majeur dans la diffusion et la validation de ces idées. Les articles s’adressent
à un auditoire particulier. La revue et la langue dans laquelle les articles sont écrits reflètent le choix
de cet auditoire. Elles affectent la diffusion des idées et déterminent les acteurs engagés dans le débat.
Si l’audience d’une revue française est principalement nationale, elle permet de diffuser idées et
connaissance auprès des entreprises hexagonales. Les articles publiés pourront dans ce cas se faire
l’écho des débats internationaux sans y participer dans l’immense majorité des cas. En revanche, si la
recherche française veut participer aux débats internationaux, promouvoir des modèles spécifiques et
originaux analysés en France, sa publication doit se faire dans les journaux internationaux, le plus
souvent en anglais. La participation aux débats internationaux ne relève pas de la simple satisfaction
intellectuelle. Elle correspond aussi à un degré d’ouverture grandissant des économies nationales, à
une inter-pénétration constante des cultures au sein de l’entreprise et aussi à la circulation plus
importante des hommes au-delà des frontières.

Pour dresser un panorama de la place des établissements d’enseignement supérieur et de recherche
français dans la production scientifique internationale, deux dimensions sont retenues : la production
scientifique mesurée à partir du volume de publications, d’une part et d’autre part, l’influence des
recherches sur les débats qui animent la communauté scientifique, estimée à partir du facteur d’impact
des revues. Ces deux dimensions sont présentées dans une première section, avant de brosser un
tableau des principales organisations localisées en France engagées dans la recherche en gestion au
niveau international. Les implications sur la stratégie des établissements d’enseignement supérieur




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sont ensuite présentées dans le contexte de l’émergence du marché de l’éducation au niveau européen
et mondial.


INFLUENCE         ET     REPUTATION        :   DEUX       FACETTES        DE     LA     PRODUCTION

SCIENTIFIQUE

L’enseignement supérieur en France est aujourd’hui engagé dans une mutation importante. L. Bronner
(Bronner, 2003) insiste, en reprenant les propos des présidents d’université, sur l’émergence du
marché de l’enseignement supérieur et sur la nécessité pour les universités de construire des stratégies
pour rester présentes dans un marché de plus en plus concurrentiel et international, notamment avec la
mise en place d’une structure commune des études universitaires (LMD : Licence en 3 ans, Master en
2 ans et ensuite doctorat en 3 ans). En 1999, la déclaration de Bologne mit l’accent sur le besoin de
transparence et la nécessité d’une approche commune. Ce mouvement européen est renforcé par le
développement du commerce de l’enseignement supérieur, qui a fait l’objet d’âpres débats au sein de
l’OMC (Organisation Mondial du Commerce) dans le cadre des discussions autour de l’accord sur le
commerce des services. L’émergence de la société de la connaissance qui place la création et
l’acquisition de savoirs au centre de la compétitivité internationale induit une interrogation sur la
qualité des connaissances et des savoirs produits et transmis. Dans le monde académique, la
connaissance produite est certifiée par les pairs et publiée dans des revues scientifiques (Gordon &
Purvis, 1991). La qualité et la portée des connaissances sont estimées par l’audience à laquelle elle
s’adresse, c’est-à-dire par la revue dans laquelle elle est publiée. La revue de publication donne une
indication précise sur la communauté de références de l’auteur, celle à qui il destine la connaissance
produite, nationale ou internationale, scientifique ou professionnelle. La qualité de l’enseignement,
notamment en gestion est évaluée au travers de programmes d’accréditation, comme l’European
Foundation for Management Development (EQUIS), pour l’Europe et de l’AACSB pour l’Amérique
du nord. Ch. Baden-fuller et al. (Baden-Fuller, 2000) montre que les activités de recherches sont une
des mesures de la réputation des business schools (écoles ou département universitaire) dans les
milieux académiques (Armstrong & Sperry, 1994). La publication dans une revue académique suppose
un contrôle de la qualité par les pairs qui « certifient » la robustesse des démarches scientifiques et la
qualité des résultats par un processus de relecture en aveugle des articles proposés pour publications.
Les articles qui ont des résultats spécifiques à un champ donné sont publiés dans des revues de
spécialité lus par les chercheurs actifs dans cette sous-discipline. Plus la portée de l’argument est
générale, plus le lectorat potentiel est important et plus la revue sera « généraliste ». Les revues les
plus renommées sont les revues généralistes qui sont lues par l’ensemble de la communauté
académique, quelles que soient la sous-discipline dans lesquelles le chercheur est actif. Ce sont ainsi
les revues qui ont le lectorat potentiel le plus important, celles dont les articles seront les plus cités et
par conséquent celles dont l’impact sur la communauté scientifique est le plus fort. La compétition

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pour publier dans les journaux les plus renommés est importante, 80% des articles étant rejetés. Pour
être acceptés dans une revue scientifique, les auteurs doivent convaincre les éditeurs et les pairs en
charge de la relecture des articles que les idées sont nouvelles et qu’elles représentent une réelle
progression de la connaissance. Ces revues, souvent qualifiées d’excellence (CNRS, 2003) ne sont
d’excellence que parce qu’elles s’adressent à une large communauté scientifique car les connaissances
présentées ont une large portée. Ainsi, le support de publication donne une indication sur la portée des
résultats et la pression de sélection des articles soumis. Il n’apporte pas un jugement sur la qualité
intrinsèque de la recherche et des résultats.
S’il apparaît normal qu’une partie importante de la recherche en management réalisée en France
s’adresse à un public francophone, il est aussi nécessaire que les apports théoriques et les évidences
empiriques françaises et européennes nourrissent les débats internationaux au sein de la communauté
académique. La publication dans les revues internationales alimente la progression des connaissances
en management au niveau international. Elle participe aussi à la construction de la réputation des
auteurs et des institutions françaises (localisées en France) au niveau mondial. Pour les économistes
(Shapiro, 1982), la notion de réputation est utilisée pour réduire l’incertitude sur des comportements
futurs. La réputation est considérée comme une anticipation de la qualité dans un contexte
d’information imparfaite sur la qualité des produits. Pour les stratèges, la réputation est considérée
comme l’information accumulée par les différents acteurs liés à la firme (Fonbrun & M., 1990) à partir
de signaux perçus : Signaux des marchés financiers comme la performance financière ou la politique
de dividende, signaux comptables sur la profitabilité ou le risque, signaux institutionnels comme la
structure de l’actionnariat, la politique de communication, la responsabilité sociale de l’entreprise ou
autres et enfin les signaux stratégiques comme les politiques de différentiation ou de diversification.
La réputation est ainsi appréciée dans différents cercles, différentes audiences, différents réseaux. La
réputation d’une institution n’est pas monolithique. Ainsi, une entreprise peut-elle avoir une excellente
réputation auprès de ces clients et une réputation déplorable auprès de ces actionnaires ou des
partenaires sociaux. La réputation est ainsi un construit social qui peut se construire, s’accroître ou se
dégrader (Baden-Fuller & Hwee Ang, 2001). L’influence des organisations sur leur milieu est
directement liée à leur réputation. Telle ou telle organisation servira respectivement d’exemple ou de
contre-exemple à cause de sa réputation et de sa visibilité auprès de l’audience concernée. Au sein de
la communauté scientifique tout comme dans les milieux universitaires, les différentes institutions ont
une réputation dans différents cercles, académiques ou professionnels, nationaux ou internationaux.
Cette réputation est à la fois une ressource et un résultat. Une ressource, car plus sa réputation est
forte, plus ses moyens seront importants, plus elles attirent des étudiants brillants et plus son audience
sera forte. C’est un résultat, car sa réputation dépend de ses actions passées et des audiences qui ont
été ciblées et influencées par cette institution. Ainsi, une institution d’enseignement supérieur en
management peut-elle se spécialiser dans certains métiers pour ne cibler qu’une profession bien
spécifique et avoir une visibilité forte au sein de cette profession. Ainsi, une autre institution pourra-t-

                                                     7
elle viser la communauté académique internationale au détriment des milieux professionnels locaux ou
nationaux, rares étant les institutions qui peuvent être présentes dans plusieurs cercles.
Les mesures de la réputation des formations en management (business schools en général) peuvent
prendre plusieurs formes : L’enquête quand on s’adresse à une audience très large incluant étudiants
potentiels, entreprises et financeurs (méthode utilisée par Fortune, le Financial Times ou Business
week). L’évaluation par les pouvoirs publics ou par une institution indépendante est une autre
démarche qui débouche sur un classement ou une accréditation (Perellon, 2003). Une troisième
méthode consiste à se focaliser sur une audience particulière et à mesurer la réputation d’une
institution auprès de cette audience. Dans un contexte où il est difficile d’avoir une information
complète et fiable sur la qualité d’une formation ou d’une institution, les acteurs fondent leurs
décisions sur la réputation des écoles ou des universités. Baden-Fuller et al. montre que la réputation
des écoles de management au niveau international est directement liée à la position académique des
chercheurs de l’institution. Ainsi, les formations qui sont en haut du classement des MBAs (INSEAD,
London Business School, Instituto de Empresa, Rotterdam School of Management, IMD, pour
l’Europe, Harvard, Stanford, Columbia, Wharton, Duke, MIT pour les USA) sont elles aussi celles qui
participent le plus massivement à la production scientifique internationale.
La mesure de l’influence des publications scientifiques repose sur deux méthodes (Tahai & Meyer,
1999) : La saisie de la production, le nombre de publications réalisées par un individu ou un ensemble
d’individus appartenant à une institution donnée (Coe & Weinstock, 1984) et l’analyse des citations
reçues par un article donné, qui indique l’influence réelle de l’article sur la communauté académique
(Sharplin & Mabry, 1985). La mesure des citations reçues s’effectue généralement en deux étapes :
dans un premier temps, les chercheurs déterminent un ensemble de journaux pertinents. Dans un
second temps, ils analysent les citations réalisées dans ces journaux pour identifier les auteurs et les
journaux les plus cités. Les avantages et biais introduits par ces méthodes ont été largement analysés
(Baird & Oppenheim, 1994; Blackburn & Mitchell, 1981; Extejt & Smith, 1990; Franke, Edlund et al.,
1990). Pour dépasser les critiques formulées, travailler sur de grands échantillons comparables et
élargir la définition de l’audience (i.e. le nombre de journaux considérés), le recours à une méthode
standardisée s’imposait, à l’instar des travaux réalisés sur l’économie (Combes & Linnemer, 2001;
Coupé, 2001; Freedman, 2000; Mirucki, 2000). Pour les sciences économiques, la base JEL (Journal
of Economic Literature) fournit les adresses des auteurs de manière standardisée et exploitable. Les
travaux qui reposent sur plusieurs bases de données (JEL et Social Science Citation Index) permettent
de définir les journaux centraux en sciences économiques (Liner, 2002; Ramrattan & Szenberg, 2003).
Ce n’est pas le cas de la base PROQUEST qui recense les publications en sciences de gestion. Nous
avons ainsi utilisé la base du Social Science Citation Index (pour une description complète, voir la
section suivante). Cette base permet, en outre une analyse systématique de l’audience des revues,
définie par le facteur d’impact de la revue, c’est-à-dire le nombre moyen de citations d’articles publiés


                                                     8
dans une revue donnée. Il est alors possible de rendre compte de la production française en sciences de
gestion et de mesurer son influence au travers du facteur d’impact des revues dans lesquelles les
articles sont publiés.




PANORAMA         DE LA RECHERCHE EN GESTION FRANÇAISE AU TRAVERS DES

REVUES INTERNATIONALES



    Une base de données de référence : Social Sciences Citation Index®

La base de données Social Sciences Citation Index (SSCI®) de l’ISI® fournit un accès à des
informations bibliographiques récentes et rétrospectives concernant à la fois les auteurs, les revues, les
citations pour plus de 1 700 revues internationales couvrant ainsi plus de 50 disciplines. Nous avons
choisi d’utiliser cette base pour trois raisons principales :

       Le SSCI propose une couverture large des sciences de gestion, avec 125 revues identifiées
        dans les champs business et management. Cette base est rétrospective et permet une analyse
        sur le long terme (1991-2002) ;

       Le SSCI est la seule base disponible qui mentionne l’adresse des auteurs.

       Le SSCI est relié au Journal of Citation Report qui fournit le facteur d’impact d’une revue,
        c’est-à-dire la somme du nombre de citations que l’ensemble des articles publiés dans une
        revue donnée rapportée au nombre d’articles publiés dans cette revue une année donnée. Le
        facteur d’impact d’une revue peut ainsi être utilisé pour estimer l’influence d’un article publié
        dans cette revue.


Nous avons sélectionné, parmi les 1700 revues du SSCI, les journaux référencés en management ou
business. Une liste de revue (125) a ainsi été bâtie. Cette liste est plus large que celles généralement
retenues. L’information quantitative sur le nombre d’articles ou de participations est modulée par une
estimation de la qualité de la revue grâce à l’utilisation du facteur d’impact.
L’annexe 1 propose une description exhaustive de la base de données, avec une comparaison avec les
autres classements nationaux et internationaux. La première colonne fournit le nom de la revue. Il
s’agit exclusivement de revues internationales publiées en langue anglaise. La seconde colonne
reprend les spécialisations telles qu’elles ont été définies par le collège d’experts du CNRS. Les
spécialités des revues non mentionnées par la section 37 ont été affectées grâce à la consultation d’un
petit nombre d’experts. La troisième colonne présente le pays de publication de chaque revue 62%
USA ; 22% Grande Bretagne et 10% Pays Bas). La quatrième colonne indique le facteur d’impact de


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la revue en 2000. Les colonnes 5 à 9 indiquent le classement que chaque revue a reçu par différents
panels d’experts :

       CNRS : En avril 2003, le CNRS (CNRS, 2003) a proposé un classement des revues à comité
        de lecture en économie et en gestion. Les revues sont classées suivant une échelle à 4
        niveaux : 4 : Revue de qualité exceptionnelle ; 3 : Revues d’excellence ; 2 : Revues
        internationales de référence ; 1 : Revues académiques à comité de lecture d’accès plus large.
        N’ont été retenues que les revues présentes au SSCI. 78 revues sur 125 étaient communes à la
        liste SSCI et au classement CNRS.

       AST99 : La liste ASTON 99 repose sur la liste des revues sélectionnées par une enquête
        auprès des universitaires des universités du Midlands (UK) en 1999. Ce classement est inclus
        dans le Bradford University School of Management, http://www.harzing.com compilé et édité
        par Harzing, A. W. (2001), un « méta-classement » qui compare plusieurs listes établies entre
        1990 et 2000. Les revues sont classées suivant une échelle à 5 niveaux : 5 : Les 10 meilleurs
        journaux de la discipline ; 4 : Journaux de standing international ; 3 : bons journaux de
        standing national ; autres journaux de standing national ; 1 : journaux de qualité moyenne à
        audience nationale.

       NL99 : Cette liste (citée par Harzing) a été établie lors d’une enquête auprès des universitaires
        des départements de Business Administration (Sciences de gestion) des universités
        néerlandaises. Cette liste classe les revues en trois catégories : A : Revues d’excellence ; B :
        C : Très bonnes revues académiques ; D : Bonnes revues académiques.

       US98 : Cette liste est utilisée, pour évaluer le statut des écoles doctorales aux Etats Unis, en
        utilisant l’indice AAI (Author Affiliation Index). L’indice AAI est le rapport entre le nombre
        d’articles produit par un auteur au sein d’une des 60 meilleures universités avec le total des
        articles produits par des auteurs américains. C’est un indice du degré de compétition entre les
        chercheurs pour publier dans la revue. Les indices les plus élevés indiquent une revue de
        meilleure qualité.

       LRP00 : Publié par Baden-Fuller et al. (Baden-Fuller, 2000), cette liste indique les journaux
        principaux analysés par Baden-Fuller et al. pour établir le classement des Business Schools
        européennes. Nous ne mentionnons que présence ou absence (P/A) des revues dans la liste de
        Baden-Fuller.

       SMJ99 : Publié par Tahai et Meyer (Tahai & Meyer, 1999), cette liste classe de 1 à 65 les
        journaux en management stratégique dont les articles sont les plus cités.


Les quatre dernières colonnes indiquent le nombre d’articles recensés dans la base (et les pourcentages
respectifs) publiés en France et dans le monde.


                                                   10
Il semble important de souligner que les classements sont assez convergents, que l’on prenne le facteur
d’impact ou les classements réalisés par une institution. Les différences dans le haut du classement qui
peuvent paraître surprenantes sont numériquement faibles : le positionnement de la Sloan Management
Review, visiblement sur-cotée par le facteur d’impact face à l’avis des experts (CNRS, NL98 et
AST99), Human Resource Management, ignoré par les experts du CNRS, Research Policy, Business
History et Journal of Business Ethics sous-coté par le CNRS.
Quelle que soit la méthode retenue, les différences restent marginales et peu significatives même si
elles peuvent agacer les éditeurs des revues ou les chercheurs qui publient dans ces revues. Comme
nous l’avons déjà souligné, ce type de classement favorise les résultats les plus généralisables, les
recherches ancrées dans un contexte hexagonal et présentant des résultats empiriques locaux
(nationaux) pouvant difficilement être publiés dans ce type de journaux, sauf s’ils permettent aux
auteurs de construire une argumentation plus générale. Ceci est bien entendu moins vrai pour les Etats
Unis et le Royaume Uni, les revues étant aussi des références nationales, respectivement 61% et 22%
des 125 revues analysées étant publiées aux Etats Unis et au Royaume Uni. Pour la France, on assiste
à une segmentation des recherches, les revues de publication reflétant les choix d’audience réalisés par
les auteurs.


    Méthodes et indicateurs

L’article est l’unité d’analyse auquel les universitaires sont habitués, tant dans la manière de présenter
un curriculum vitae (j’ai publié un article dans telle revue) ou que dans la mobilisation des résultats
des autres chercheurs (on cite l’article d’untel dans telle revue). L’article est aussi l’unité de base dans
les évaluations individuelles (Park & Gordon, 1996) ou collectives (cet auteur a publié tant d’articles
dans les revues à comité de lecture ou bien cette école a produit tant d’articles dans des revues
internationales sur les 3 dernières années) (Coupé, 2001). Cependant, un article peut être écrit par
plusieurs auteurs d’une même institution (chacun des auteurs le mentionnera dans une évaluation
individuelle mais il ne sera compté qu’une fois lors d’une évaluation collective) ou par plusieurs
auteurs appartenant à des institutions différentes dans un même pays ou dans des pays différents. Dans
ce cas, l’article sera attribué à chaque institution quel que soit le nombre d’auteurs ayant contribué à
cet article. De même, il sera affecté à la production de chaque pays, s’il s’agit d’une collaboration
internationale.
Ces distinctions conduisent ainsi à définir trois indicateurs :

       le nombre d’articles, pour décrire la production d’un pays ou d’une institution,
        indépendamment du nombre d’auteurs ayant participé à l’écriture




                                                     11
        Le nombre de participation, qui décrit la production individuelle des auteurs à un article. Le
         nombre de participation est donc bien supérieur au nombre d’articles, compte tenu des co-
         signatures.

        Le nombre d’auteurs. Cette information peut sembler évidente. Elle est cependant sujette à
         interprétations et controverses. En effet, la base de données n’affecte pas un auteur et une
         adresse. On dispose d’une liste d’auteurs et d’une liste d’adresse.
Prenons un exemple pour illustrer les différents cas de figure.

        Dupont, L; Dupond, M.; Hadock, C.; Tintin, R.; Castafiore, B., 1996, “Raquam le rouge”,
        Administrative Science Quarterly, vol 32, n°4, p125-166 avec comme adresses : Université de
        Liège, Belgique ; Université Lyon II, France, Univ of Connecticut, USA
La référence imaginaire Dupond et al. nous indique que ces cinq auteurs ont publié l’article Raquam le
rouge en 1996 dans la revue Administrative Science Quarterly. Elle ne nous dit pas quels sont le ou les
auteurs qui appartiennent à l’université de Liège, de Lyon II ou du Connecticut. De plus, un des
auteurs peut être en poste à l’université du Connecticut et être en congé sabbatique à Liège. Dans ce
cas, il mettra les deux adresses. Cette référence nous indique en revanche la production de chaque
auteur, qu’une collaboration multinationale a lieu et la revue dans laquelle les auteurs ont publié.
Lorsqu’on va compter le nombre d’auteurs ayant participé à un article où au moins un auteur ayant une
adresse en France est référencé, on comptera cinq auteurs potentiels français. Le tableau 1 présente les
principaux indicateurs précédemment définis pour la base des 125 revues du SSCI entre 1991 et 2002.


        Tableau 1 : Place de la France dans la production en sciences de gestion
                                                           France Monde
                                     Nb d’articles         884      50169
                                     Nb de contributions 1910       84178
                                     Nb d’auteurs          <11601   44464


Alors que la France compte pour 5,2% de la production scientifique mondiale toutes disciplines
confondues (OST, 2003), les articles qui intègrent au moins un auteur ayant une adresse en France est
inférieure à 2% (1,8%) et les participations françaises représentent 2,1% du total des participations à la
production scientifique mondiale sur la période 1991-2002. Les Etats Unis dominent la production
scientifique en gestion avec près de 69% des participations à articles, suivi de très loin par l’Union
Européenne (Europe des 15 plus la Suisse) avec moins de 20% des participations. À l’intérieur de
l’union Européenne, la Grande Bretagne occupe une position dominante, avec 42% des participations.
Les Pays Bas et la France font pratiquement jeu égal, avec respectivement 1200 et 884 articles.




11160 est le nombre total d’auteurs différents ayant publié avec un ou des co-auteurs, dont au moins un a une
adresse en France.

                                                      12
Le graphique 1 (échelle logarithmique) présente l’évolution de la production scientifique en sciences
de gestion sur la période 1991-20022. Sur l’ensemble de la période, l’Union Européenne voit son poids
augmenter, grâce notamment à l’émergence de pays comme l’Allemagne (+100% par an en moyenne
sur les 10 dernières années), l’Espagne (+64%), l’Italie et les Pays Bas (21%) et dans une moindre
mesure la France (+14%).


      Graphique 1 : Evolution de la production scientifique en sciences de gestion 1991-2002

    10000




     1000

                                                                                                  USA
                                                                                                  Japon
      100                                                                                         RdM
                                                                                                  UE
                                                                                                  FRANCE

       10




        1
            1991 1992 1993     1994 1995 1996      1997 1998 1999     2000 2001 2002




    Les différents niveaux de la présence internationale

En France, que l’on raisonne à partir des individus, du nombre d’articles ou du nombre de
participation, une conclusion identique s’impose : les business schools ont une recherche plus
internationalisées que les universités. Les business schools comptent pour 53% du total des
participations, contre 37% pour l’université et 10% pour d’autres institutions comme la Banque de
France, certaines grandes entreprises comme Aérospatiale ou EdF ou des institutions telles que
l’OCDE ou l’OFCE. Le tableau 2 présente la production de ces écoles sur la période 1991-2002 pour
deux indicateurs : le nombre total d’articles et un indice global d’influence (nombre d’article multiplié
par le facteur d’impact).




2 La mise à jour de l’extraction au SSCI a été réalisée en juillet 2003. Certains articles de 2002 n’ont pas
encore été intégrés, ce qui explique la baisse (purement artificielle) du nombre de publications en 2002.

                                                      13
        Tableau 2 : La production scientifique internationale des business schools
Institutions                                                 # Articles                 Influence
INSEAD                                                           350                   471,3
ESSEC                                                             58                    46,0
EML (Ecole de Management de Lyon)                                 47                    56,4
HEC                                                               38                    34,1
GEM (Grenoble Ecole de Management)                                18                     4,4
EDHEC (Lille)                                                     13                     7,2
CERAM (Nice)                                                        6                    1,7
ESCP (Paris)                                                        6                    3,8
THESEUS (Nice)                                                      6                    4,1
TBS (Toulouse Business School)                                      4                    3,6
Autres écoles de commerce                                         11                     9,1
Total des écoles                                                 557                   641,7
Total des universités (pm)                                       478                   329,7
       # articles : Nombre total d’articles comprenant l’adresse de l’institution
       Influence : nombre d’articles publiés multipliés par le facteur d’impact de la revue


Le tableau 2 indique la production totale de l’institution et son influence dans la communauté
académique internationale estimée par le facteur d’impact. Il montre que les articles publiés auquel
participe au moins un chercheur d’une école de commerce ont une influence forte (influence
supérieure au nombre d’articles). Le facteur d’impact des revues est fort, c’est-à-dire que ce sont des
revues généralistes qui ont une influence importante sur la communauté académique en Management
ou qui ont un impact fort sur les autres disciplines3. Seules 23 revues sur les 125 ont un facteur
d’impact supérieur à 1 en 20004.
Le tableau 2 fait apparaître trois groupes distincts d’école : l’INSEAD occupe une place centrale mais
très spécifique. Près de 40% des articles publiés en France ont au moins un auteur rattaché à
l’INSEAD. Cette organisation a une stratégie très similaire aux universités américaines et européennes
qui sont en concurrence sur les marchés de la formation des cadres : les diplômes délivrés sont aux
normes américaines ou internationales (certification AACSB), investissement important dans la
recherche visible internationalement, enseignement en anglais.


3 En effet, le facteur d’impact est calculé en intégrant toutes les citations reçues, dans l’ensemble des revues
du SSCI, quelles soient en management, en psychologie ou en économie. Ainsi, lorsque le Journal of
Political Economy (JPE) qui est référencé dans le SSCI cite un article d’Administrative Science Quarterly
(ASQ), le facteur d’impact d’ASQ augmente, même le JPE n’est pas une revue de management.
4 ACADEMY OF MANAGEMENT JOURNAL; ACADEMY OF MANAGEMENT REVIEW, ADMINISTRATIVE SCIENCE QUARTERLY,
CALIFORNIA MANAGEMENT REVIEW, HARVARD BUSINESS REVIEW, HUMAN RESOURCE MANAGEMENT, JOURNAL OF
ACCOUNTING RESEARCH, JOURNAL OF BUSINESS, JOURNAL OF CONSUMER RESEARCH, JOURNAL OF ENVIRONMENTAL
ECONOMICS AND MANAGEMENT, JOURNAL OF FINANCE, JOURNAL OF FINANCIAL ECONOMICS, JOURNAL OF
INDUSTRIAL ECONOMICS, JOURNAL OF MANAGEMENT, JOURNAL OF MARKETING RESEARCH, MANAGEMENT
LEARNING, MARKETING SCIENCE, MIS QUARTERLY, ORGANIZATIONAL BEHAVIOR AND HUMAN DECISION PROCESSES,
RESEARCH POLICY, REVIEW OF FINANCIAL STUDIES, SLOAN MANAGEMENT REVIEW, STRATEGIC MANAGEMENT
JOURNAL




                                                        14
Le second groupe est celui des écoles qui attachent une grande importance à la recherche (ESSEC,
EML et HEC) car la réputation internationale de l’école dépend de la qualité des résultats de la
recherche. Quand il présente le MBA de l’ESSEC, N. Mottis (Mottis, 2003) insiste sur la place de la
recherche, notamment pour évaluer la qualité du corps professoral. Dans le classement des MBAs du
Financial Times (September, 8th, 2003), 2 variables sur 16 concernent la recherche, le nombre de
doctorats délivrés et le nombre de publications dans 40 revues internationales de Management. Ces
trois écoles ont un nombre similaire de publications et une visibilité internationale comparable. Bien
qu’elles empruntent des chemins différents, toutes les trois essaient de développer une recherche de
qualité internationale en s’appuyant notamment sur des programmes doctoraux. Enfin, un petit groupe
d’écoles a défini de manière plus récente une stratégie de recherche qui commence à porter ses fruits.


Le tableau 3 présente la situation universitaire. La complexité du tableau rend bien compte de
l’éclatement du paysage et de la faible lisibilité des institutions universitaires sur la scène
internationale.




                                                  15
         Tableau 3 : La répartition par laboratoire et par ville
Villes          Laboratoire        # articles   Influence Villes         Laboratoire                 # articles   Influence
                                                          PARIS          Autres                      84           60,6
BORDEAUX        autres             4            1,2                      CEPREMAP                    11           8,4
                IFREDE             4            2,5                      EUREQUA                     11           6,6
                GRAI               2            0,4                      THEMA                       10           7,3
                LARE               2            0,5                      CSI                         9            8,8
                MAB                2            2,0                      GRID                        8            5,5
Somme BORDEAUX                     14           6,7                      CERAS                       7            5,9
GRENOBLE        autres             5            1,8                      CERI                        6            5,3
                INRA               15           12,1                     IEP                         6            4,6
                CERAG              8            4,2                      TEAM                        6            2,5
                IEPE               4            2,6                      CERMSEM                     5            3,7
Somme GRENOBLE                     32           20,7                     CGS                         5            3,7
LILLE                                                                    FORUM                       5            3,5
                autres             16           5,0                      CREI                        4            3,4
                IFRESI             6            3,6                      LAMSADE                     4            1,9
                CRAPS              3            2,5                      CEREG                       3            1,4
                GREMARS            3            2,8                      DELTA                       3            1,6
                CADRE              2            0,8                      DMSP                        3            1,6
                                                                         IRIS                        3            2,4
Somme LILLE                        30           14,7                     CEREMADE                    2            4,1
LYON                               9            5,8                      CRG                         2            2,1
                GATE               6            1,0                      IAE                         2            0,9
Somme LYON                         15           6,8                      LEI                         2            1,1
MARSEILLE                          5            3,0       Somme PARIS                                201          147,1
                IAE                14           5,3       RENNES         Autres                      3            1,7
                GREQAM             13           8,5                      INRA                        6            2,8
                CEREFI             3            1,5       Somme RENNES                               9            4,6
Somme MARSEILLE                    35           18,3      STRASBOURG Autres                          6            3,7
MONTPELLIER autres                 10           2,6                      BETA                        19           18,7
                IAE                2            0,8       Somme STRASBOURG                           25           22,3
Somme MONTPELLIER                  12           3,4       TOULOUSE       Autres                      3            2,0
NICE           autres              4            3,6                      GREMAQ-IDEI                 82           69,3
               LATAPSES            3            2,4                      IDEI                        4            4,3
               LPEQ                2            0,8                      INRA                        3            2,3
Somme NICE                         9            6,7                      LEERNA                      3            2,2
                                                                         LHIRE                       3            0,9
                                                                         LAAS                        2            1,7
                                                          Somme TOULOUSE                             96           78,4
                                                          Total des universités (y compris CNRS et
                                                          INRA)                                      478          329,7



  Les universitaires français en sciences de gestion restent peu présents à l’international. Les recherches
  sont publiées, en général dans des revues à faible facteur d’impact (le nombre d’articles est supérieur à
  l’influence –Nb d’articles x facteur d’impact). Cette situation peut paraître étonnante car les
  universitaires en sciences de gestion constituent une communauté nombreuse - 350 professeurs et 900




                                                          16
Maîtres de conférences en 2002, auxquels s’ajoutent les doctorants (entre 500 et 800) – et en forte
progression depuis 10 ans. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette situation :
    (1) Un effet d’affichage : Alors que les universitaires américains ou les enseignants chercheurs
        des Business Schools françaises ont une stratégie de signature bien définie qui mentionne
        clairement l’université ou l’institution de rattachement, les universitaires n’ont pas de stratégie
        arrêtée : le nom exact de l’université n’est pas toujours mentionné, de même que le
        rattachement institutionnel (INRA ou CNRS), certains allant même jusqu’à indiquer leur
        adresse personnelle. La constitution du tableau 3 a ainsi requis un effort important pour
        reconstituer l’appartenance institutionnelle des enseignants-chercheurs. Il a cependant été
        impossible d’indiquer le rattachement universitaire exact de chaque enseignant chercheur,
        certains laboratoires regroupant, de plus des enseignants de plusieurs universités. Ne sont
        mentionnées que les villes et lorsque l’information est disponible, les laboratoires. Ce tableau
        témoigne de l’éclatement des structures de la recherche publique en France. Rares sont les
        centres qui ont une production suffisante pour avoir une notoriété à l’étranger. On peut ainsi
        penser que l’influence de la recherche universitaire française à l’étranger est faible ;
    (2) Un effet « monopole » : Alors que les business schools sont en compétition avec d’autres
        institutions étrangères pour la formation des gestionnaires de haut niveau (MBAs notamment),
        rares sont les universités qui se positionnent sur les marchés internationaux de la formation.
    (3) Un effet « incitation individuelle » : La publication internationale n’est pas un passage obligé
        pour la progression de carrière des universitaires contrairement à d’autres disciplines comme
        les sciences de la vie. Les modalités de progression de carrières au sein des grilles de la
        fonction publique liées au concours d’agrégation sont faiblement incitatives pour la recherche
        (Altman, Bournois et al., 2003).
Le tableau 3 laisse apparaître une géographie inhabituelle de la production scientifique en gestion.
L’université de Toulouse avec en particulier le GREMAQ-IDEI apparaît comme le centre universitaire
le plus visible de l’étranger pour ses contributions dans des revues de management. Fort de plusieurs
théoriciens réputés comme C. Gollier, JJ. Lafond, J. Tirole ou B. Biais, le rayonnement de l’université
de Toulouse en sciences économiques bénéficie aussi aux sciences de gestion, les travaux en
management s’appuyant sur les apports de la théorie des contrats pour forger de nouveaux concepts,
de nouveaux outils dans les relations entre les acteurs économiques, que ce soit en finance, en gestion
des ressources humaines ou en stratégie. La situation parisienne est peu lisible de l’extérieur : d’une
part, il est difficile d’affecter un auteur à un laboratoire particulier. D’autre part, la production
scientifique est très éclatée entre différentes petites unités. En province, hormis Toulouse, trois
universités réalisent une production importante (plus de 30 participations à articles) : Lille, Grenoble
et Marseille. A Lille, les laboratoires sont mal identifiés. A Grenoble et à Marseille, ce niveau de




                                                    17
production est en partie le résultat de collaborations entre gestionnaires et économistes (GREQAM et
INRA). A l’inverse, la place des universités lyonnaises sur l’échiquier international peut surprendre.
On peut s’interroger sur la place des économistes dans la production scientifique en gestion : s’agit-il
d’une convergence entre économistes et gestionnaires ou bien la base est-elle biaisée au profit des
revues économiques ? Un faisceau convergent d’indices atteste des liens entre économie et gestion : le
premier indice est la présence importante de centres de recherche en économie, tels que le GREMAQ-
IDEI, le GATE, le GREQAM, EUREQUA, THEMA ou CEPREMAP dans les revues en management.
Le tableau 4 indique la spécialisation de ces laboratoires, notamment en finance et en organisation
industrielle, qui sont les deux spécialisations où économie et management s’interpénètrent fortement.


          Tableau 4. La production des centres de recherche en économie dans les revues de gestion
                                                                                      Nombre de
         Catégorie                               Revues                              participation      Laboratoires
Autres                 SERVICE INDUSTRIES JOURNAL, WORLD BANK ECONOMIC REVIEW             12         GATE, GREMAQ
Emploi et ressources
                                                                                          12
humaines             INTERNATIONAL JOURNAL OF MANPOWER                                               GATE, GREMAQ
                       GENEVA PAPERS ON RISK AND INSURANCE THEORY, JOURNAL OF
                       BANKING & FINANCE, JOURNAL OF FINANCE, JOURNAL OF FINANCIAL                   CEPREMAP,
                       INTERMEDIATION, JOURNAL OF FUTURES MARKETS, JOURNAL OF                        EUREQUA,
Finance et assurance   INTERNATIONAL MONEY AND FINANCE, JOURNAL OF MONETARY              142         GREMAQ,
                       ECONOMICS, JOURNAL OF MONEY CREDIT AND BANKING, JOURNAL
                       OF RISK AND INSURANCE, JOURNAL OF RISK AND UNCERTAINTY,
                                                                                                     GREQAM, IDEI
                       PUBLIC FINANCE REVIEW, REVIEW OF FINANCIAL STUDIES
Généraliste            MANAGEMENT SCIENCE                                                 5          GREMAQ
                       JOURNAL OF ENVIRONMENTAL ECONOMICS AND MANAGEMENT,
Organisation           JOURNAL OF INDUSTRIAL ECONOMICS, JOURNAL OF PRODUCTIVITY                      EUREQUA,
                       ANALYSIS, JOURNAL OF THE OPERATIONAL RESEARCH SOCIETY,
                                                                                          41         GREMAQ,
industrielle
                       RESEARCH POLICY, REVIEW OF INDUSTRIAL ORGANIZATION                            GREQAM, IDEI
Stratégie, management INTERNATIONAL JOURNAL OF TECHNOLOGY MANAGEMENT,                                GREQAM,
et système            JOURNAL OF ECONOMICS & MANAGEMENT STRATEGY, LONG RANGE              27         EUREQUA,
d'information         PLANNING                                                                       GREMAQ, IDEI



Le second indice concerne la présence de ces laboratoires dans des revues généralistes ou de stratégie,
telles que Journal of Economics and Management Strategy ou Long Range Planning. Enfin, le
troisième indice se situe dans le tableau XX de l’annexe 2. Figurent parmi les auteurs les plus présents
(au moins 4 participations à article sur la période 1991-2002), de nombreux économistes qui
participent aussi à l’animation des débats en management, notamment grâce à leurs apports théoriques
(théorie des contrats, principal/agent, etc.).


La recherche, comme les autres activités économiques se développent au sein de réseaux. Tout comme
une démarche commerciale suppose une segmentation de la clientèle pour adapter le produit à ses
besoins, le mode d’argumentation et d’exposition, la langue d’écriture, la méthode (qui influence la
rhétorique d’exposition) sont adaptés au lectorat. S’adresser à un lectorat étendu suppose d’entretenir
des compétences spécifiques pour concevoir de nouvelles méthodes, de nouveaux concepts et
convaincre les pairs et les publier. Ici repose une des ambiguïtés des classements des revues : un

                                                     18
classement établit une relation d’ordre entre plusieurs réseaux. Sont ainsi confondus deux dimensions,
l’espace de circulation de la connaissance produite et l’évaluation de la production scientifique. S’il est
vrai que les revues en haut du classement sont aussi celles dans lesquelles on trouve les arguments et
les concepts les plus généraux qui seront utilisés par l’ensemble des chercheurs et des praticiens, quel
que soit le domaine de spécialité, il est aussi vrai que les praticiens ne lisent que rarement les revues
les plus fondamentales. S’adresser aux professionnels et diffuser les connaissances produites au sein
de la communauté académique vers les milieux professionnels supposent que les chercheurs qui le font
soient aussi valorisés. Une liste trop restreinte de revues d’excellence pourrait décourager les
chercheurs d’écrire pour les professionnels, le classement des revues pouvant avoir un impact direct
sur l’évaluation individuelle. Un tel constat appelle deux remarques :
    1. La professionnalisation de la recherche induit une certaine standardisation des comportements,
        notamment dans la réalisation des bibliographies et le suivi de la production scientifique. Tout
        comme en sciences expérimentales où les chercheurs lisent quelques revues généralistes pour
        suivre la progression générale de la discipline (Nature Biotech, Science, EMBO, Cell etc.) et
        quelques revues « pointues » de spécialités, les évolutions de la profession de chercheurs en
        gestion vont-elles conduire les chercheurs à suivre régulièrement les quelques revues
        généralistes du domaine, souvent celles du haut du classement et les revues de spécialité, la
        progression de la discipline générant un éclatement du champ scientifique et une spécialisation
        croissante. Pour pouvoir être présent dans plusieurs réseaux, la communauté académique
        française, la communauté académique internationale, les réseaux dans lesquels les
        compétences professionnelles se construisent, mais aussi auprès des partenaires du monde
        socio-économique, des équipes, où une division des tâches peut s’opérer, sont nécessaires de
        manière à développer, en interne des compétences complémentaires. Le travail en équipe
        permet l’entretien de plusieurs réseaux, et le partage des compétences pour s’adresser à
        différentes audiences. Cependant, une des caractéristiques principales de la recherche en
        gestion en France est d’être éclatée entre de multiples organisations. Le tableau 5 illustre la
        taille sous critique des équipes présentes sur la scène internationale. Si la communauté
        française est bien représentée dans les revues françaises comme la Revue Française de
        Gestion, Gérer et Comprendre, Finance, Contrôle Stratégie et les autres revues disciplinaires
        comme la RFC, RAM etc., elle reste, comme l’illustrent les tableaux 3 et 4, relativement
        discrète à l’internationale.




                                                    19
  Tableau 5 : Nombre d’auteurs ayant au moins 4 publications dans des revues du SSCI sur la
  période 1991-2002.
                              Institution          Somme
                              EDHEC                2
                              EML                  2
                              ENSMP                1
                              ESSEC                6
                              GEM                  2
                              GRENOBLE             1
                              HEC                  2
                              IEP                  1
                              INSEAD               33
                              PARIS I              1
                              Paris IX             1
                              PARIS V              1
                              TOULOUSE             5
                              Total                58


   Constituer des équipes rassemblant sur un lieu les chercheurs présents sur la scène
   internationale pourrait pallier l’éclatement et créer un cercle vertueux pour les jeunes
   chercheurs en formation.
2. Publier dans divers supports suppose d’être connecté aux différents réseaux, nationaux ou
   internationaux, généraliste ou de spécialité, académiques ou professionnels. Les chercheurs
   disposent de ressources limitées pour investir, découvrir et entretenir des réseaux. Collaborer
   avec des chercheurs engagés dans d’autres réseaux est ainsi une des solutions possibles.
   L’accès à des ressources complémentaires est l’une des raisons les plus souvent invoquées par
   les entreprises qui sont engagées dans des collaborations, que ce soit avec d’autres entreprises
   ou avec la recherche publique. Les profils de collaborations internationales diffèrent entre les
   établissements consulaires et les universités : la propension à collaborer, notamment avec les
   Etats Unis est plus forte dans les écoles que dans les universités comme en témoigne le tableau
   6. Plusieurs éléments peuvent expliquer cette situation dans les universités : les modalités de
   recrutement essentiellement nationales, voire locales au sein des universités, l’importance
   d’avoir une publication où le candidat est l’auteur unique pour le recrutement en tant que
   Maître de Conférence ou professeur, l’absence d’incitation spécifique à la publication
   internationale, et bien sûr la place de l’INSEAD du côté des écoles de management. Les
   business schools sont aussi mieux positionnées en Europe. On peut supposer que les écoles
   développent des stratégies spécifiques de collaborations liées, notamment aux alliances
   qu’elles entretiennent avec d’autres établissements similaires. Les universitaires apparaissent
   plus liés au Canada, avec des liens forts avec le Québec notamment, ce qui permet de
   contourner les obstacles linguistiques.




                                             20
          Tableau 6 : Les collaborations des chercheurs localisés en France, par type d’institutions
                                 Autres institutions ESC             Universités         Total
Code Pays                             Nb         %    Nb        %           Nb      %     Nb       %
Asie                                   3     6%      18         5%           3     2%      24     4%
Australie                                    0%       7         2%           3     2%      10     2%
Autres                                 4     8%       6         2%           7     4%      17     3%
Canada                                 1     2%      20         5%          24     13%     45     8%
EU 15                                 24    49%     111     30%             77     43%   212     36%
EU 25 et Israel                        2     4%       9         2%           8     4%      19     3%
USA                                   15    31%     195     53%             59     33%   269     45%
Total des collaborations              49     9%     366     61%            181     30%   596     100%
Total des participations              96    10%     474     51%            366     39%   936     100%


       Spécialisation et géographie des spécialisations

 Les travaux de la commission 37 du CNRS ont classé les revues par spécialité, ce qui permet de
 dresser une cartographie des spécialisations par groupe de disciplines, à partir de l’affectation d’une
 revue à une discipline. Le tableau 7 met en évidence deux informations clés : il apparaît d’une part que
 la base du SSCI sur-représente légèrement les spécialisations les moins ancrées nationalement. En
 effet, les revues de finance et assurance et celles de stratégie, management et système d’information
 sont plus représentées que celles de comptabilité et de gestion des ressources humaines qui sont plus
 contingentes à l’environnement local comme le souligne M. Berry dans sa lettre ouverte5. Le tableau 7
 révèle aussi la spécialisation relative de la France à comparer de la production mondiale. La France a
 un positionnement plutôt en stratégie, organisation industrielle et dans les revues généralistes. Elle a
 une production nationale comparable à la production mondiale en finance et à un indice de
 spécialisation relative négatif en comptabilité et contrôle de gestion, emploi et ressources humaines et
 marketing. Sa spécialisation relative de la production scientifique de la France dans les revues
 internationales en management suggère que la visibilité internationale des économistes a des
 retombées positives sur le management (organisation industrielle, finance et stratégie plus
 particulièrement).




 5   Classement des revues, le CNRS va-t-il perdre son âme ? Lettre ouverte à la commission 37 du CNRS

                                                           21
        Tableau 7 : la spécialisation de la recherche en gestion en France
                                                                      Pourcentage nb      Spécialisation
                                       Nb de revues      Nb d’articles
                                                                      article             relative
 Spécialisation des revues             Nb       %        France Monde France Monde        France
 Autres 6                                24     19%      110      7761   12,4%   15,2%           -
 Comptabilité et contrôle de gestion        5       4%      3     1684   0,3%     3,3%           -
 Emploi et ressources humaines           13     10%        43     4317   4,9%     8,4%           -
 Finance et assurance                    26     21%      192    12934    21,7%   25,3%
 Généraliste                                7       6%     93     3872   10,5%    7,6%          +
 Marketing                               15     12%        61     5497   6,9%    10,7%          -
 Organisation industrielle               10         8%   125      4783   14,1%    9,3%          +
 Stratégie, management et système
 d'information                           25      20%     257    10361    29,1%    20,2%         +
 Total                                  125     100%     884    51209     1,7%   100,0%


 Le tableau 8 décrit le profil de spécialisation des institutions qui comptabilisent plus de 10
 publications sur la période considérée. L’INSEAD a un spectre de spécialisation très large. En effet,
 cette école est présente sur l’ensemble de spécialisations. L’ESSEC, Paris I, Paris IX et Paris X ont des
 profils similaires, bien que le nombre de participations à article soit beaucoup plus faible.


        Tableau 8 : La répartition des spécialisations géographiques
                                                                                          Stratégie,
                     Comptabilité Emploi et                                               management
                     et contrôle de ressources Finance et                    Organisation et système
Organisation  Autres gestion        humaines assurance Généraliste Marketing industrielle d'information Total
INSEAD          23             2           12        39      64          32             9         121    302
TOULOUSE        10                          1        35       3                         8            1    58
ESSEC                                       5        17       3           5             4          15     49
EML               1                         3         1       1           3                        32     41
HEC                                         2        21       1           3             2            7    36
PARIS I           4                         3        10       1                         6            3    27
OECD            11                          1         5                                 6            2    25
GRENOBLE II                                           4                   2           11             7    24
PARIS IX          3                         1        10                   1             6            3    24
MARSEILLE III     8                         2         1       1                         2            1    15
ENSMP             1                                           1                         8            4    14
GEM                                                           2                         2          10     14
PARIS X           1                                   7                                 3            2    13
INSEE             2                                   8                                 2                 12
STRASBOURG I                                          2                                 9            1    12
Total          121             3           45       239      92          65          150          273    988


 En revanche, d’autres institutions ont un profil de spécialisation étroit. C’est le cas de Toulouse, HEC
 et l’INSEE en finance, de l’EML et de GEM en stratégie et dans une moindre mesure de Grenoble II et


 6 (développement et transition, droit et économie, économie publique, économie spatiale, géographique et
 urbaine, environnement et énergie, épistémologie, mathématiques, jeux et décision, santé)

                                                                22
de Strasbourg en organisation industrielle et stratégie. Ces profils sont tout à fait cohérents avec la
faible implication des chercheurs localisés en France sur la scène internationale. La participation
française à la production scientifique mondiale en management repose sur un nombre relativement
réduit de personnes, ce qui implique un spectre étroit de compétences.


DISCUSSION ET CONCLUSIONS

Le panorama de la recherche française en management révèle une situation contrastée où la
participation des chercheurs français aux débats internationaux reste timide. Les analyses à partir des
bases de données constituées, notamment américaines peuvent prêter le flan à la critique, du fait de
biais potentiels. La comparaison avec les autres classements, nationaux et internationaux permet
d’identifier ces biais et ainsi de relativiser les effets quand les données présentent des limites
importantes. C’est le cas de l’analyse rétrospective qui ne permet pas d’intégrer les transformations
récentes. La fréquentation de grandes conférences internationales comme l’Academy of Management
par les chercheurs des établissements localisés en France augmente fortement sur les cinq dernières
années (multiplication par 2 entre 2000 et 2003 du nombre de personnes ayant une adresse
professionnelle en France). On assiste ainsi à une implication plus importante du monde académique
français dans la communauté internationale, trop récent pour que les séries 1991-2002 rendent compte
de ce frémissement.
De même, le raisonnement à partir des facteurs d’impact pour mesurer l’influence des contributions
scientifiques limite les effets saint Mathieu liés aux citations (Merton, 1968). En effet, Merton insiste
sur les effets d’auto-renforcement des citations, certaines références devenant un passage obligé. De
même, la durée de vie des articles est relativement longue, de nombreux travaux anciens restant
fortement cités (Blackburn & Mitchell, 1981). Ainsi, lorsqu’on travaille à partir des citations
individuelles, on introduit une forte distorsion au détriment des auteurs les plus jeunes, fussent-ils
productifs. Travailler avec le facteur d’impact des revues pour estimer l’influence permet de limiter
ses effets, en faisant l’hypothèse qu’une revue décrit un lectorat précis et donc une partie de la
communauté académique.
Travailler sur l’image des institutions de recherche et d’enseignement supérieur à l’étranger pour la
recherche permet de mieux saisir les évolutions récentes de l’environnement. Le cycle de négociations
de Doha à l’OMC sur le commerce international des services se poursuit malgré les avatars de Cancun
(2003). Les universités européennes ont subi une profonde transformation qui conduit à une
unification des structures de formation, ouvrant la voie à la construction d’un marché européen de la
formation. La circulation des étudiants en formation initiale en Europe est un des succès de la
politique européenne (ERASMUS). La construction des réseaux d’excellence qui intègrent un volet
formation renforce l’intégration européenne et les liens entre recherche et enseignement (Laredo,
2003). On assiste ainsi à une internationalisation croissante de la formation, notamment pour les

                                                   23
formations au niveau master et doctorat. Le choix de formation initiale ou a fortiori de formation
continue repose de moins en moins sur la proximité géographique. La cohérence avec le projet
professionnel de la personne et la réputation de la formation jouent un rôle essentiel. Quand les
relations entre offreurs de service (de formation) et demandeurs (étudiants) ne reposent pas sur la
proximité, la réputation des institutions de formation joue un rôle central dans l’attractivité de la
formation. La réputation est en effet un des éléments qui permet d’apprécier la qualité d’un service
(Mangematin, 1998).
Pour les business schools européennes, en particulier celles qui offrent des formations de haut niveau
(MBA), la réputation est un enjeu stratégique. Le recrutement des étudiants, mais aussi des professeurs
est conditionné par la réputation de la formation. De même, le niveau des frais d’inscription et des
donations dépend de la renommée de l’école. Il existe ainsi un lien très fort entre la réputation d’une
institution et les ressources nécessaires au maintien de son standing (attractivité pour les étudiants et
les professeurs, qualité de l’accueil et des conditions d’études, réseaux à la sortie de l’école). Baden-
Fuller (Baden-Fuller & Hwee Ang, 2001) souligne qu’une des leçons qu’on peut tirer des industries
fondées sur la réputation, comme le cinéma ou la haute couture est que la réputation est partiellement
transitive et peut être acquise ou perdue via des alliances. Les business schools françaises sont déjà
engagées dans des alliances formelles avec d’autres formations en Europe et aux Etats Unis. Les
stratégies des universités restent pour l’instant plus timides, moins formelles, notamment en gestion.
La recherche est l’un des vecteurs des liens entre les organisations. En France, 31% des articles sont
écrits par des auteurs uniques, 44% par deux auteurs et 25% par trois auteurs et plus. 65% des
collaborations sont réalisées entre des auteurs appartenant à deux universités ou institutions françaises
différentes (le niveau le plus fin, le laboratoire, n’est pas pris en compte). 34% des collaborations sont
réalisées avec l’étranger et les business schools disposent d’un avantage comparatif par rapport aux
universités, comme le montre le tableau 6. Dans un contexte où le marché de la formation de haut
niveau se structure à l’échelle internationale, la stratégie de l’enseignement supérieur et de la
recherche publique reste à définir. Les établissements publics scientifiques et techniques (EPST) qui
comptent des chercheurs en gestion en leur sein, CNRS et INRA notamment, sont aussi concernés.
Quelle est le rôle des EPST dans un champ disciplinaire qui se structure ? Doivent-ils promouvoir
l’excellence académique telle qu’elle est définie dans la liste des revues proposée par la section 37 ?
(CNRS, 2003). Doivent-ils être les vecteurs de la diffusion des connaissances auprès des acteurs du
monde socio-économique ? Quelle est la stratégie des EPST vis-à-vis des business schools ? Une fois
l’environnement brossé à grands traits, les questions sur la stratégie des universités et des écoles
surgissent. Quelles stratégies pour les universités ? Quelles segmentations du marché, quelles
alliances, quelles ressources ? Si on compare avec les évolutions dans le transport aérien, des
mouvements de fusion s’amorcent. Il n’est pas certain, en revanche, que les stratégies de segmentation




                                                   24
du marché de type Low Cost soient une stratégie gagnante pour l’avenir des sciences de gestion en
France.




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                                                26
     ANNEXE 1, Tableau 9 : Liste des revues et classement dans les diverses évaluations
                                                Spécialisation des revues                     Journal     Impact CNRS AST NL   US 98 SMJ LRP          Total
                                                                                              Country
TITRES                                                                                                    Factor      99 99          99 00 Production des      %      %
                                                                                                                                             France   articles France Monde
ACADEMY OF MANAGEMENT JOURNAL                   Stratégie, management et système d'information USA        2,375 4    5   A     0.56   2    P   9        573    1,0%   1,1%
ACADEMY OF MANAGEMENT REVIEW                    Stratégie, management et système d'information USA        3,912 4    5   A     0.67   5    P   5        275    0,6%   0,5%
ACCOUNTING ORGANIZATIONS AND SOCIETY            Comptabilité et contrôle de gestion           ENGLAND     0,437 4    5   B     0.48        P   1        357    0,1%   0,7%
ACCOUNTING REVIEW                               Comptabilité et contrôle de gestion           USA         0,63   4       A     0.72        P   0        344    0,0%   0,7%
ADMINISTRATIVE SCIENCE QUARTERLY                Généraliste                                   USA         3,333 4    4   A     0.82   6    P   3        244    0,3%   0,5%
ADVANCES IN CONSUMER RESEARCH                   Marketing                                     USA         0,107 2                              9        1188   1,0%   2,3%
ADVANCES IN STRATEGIC MANAGEMENT : A
RESEARCH ANNUAL                      Stratégie, management et système d'information USA                   0,739 0                              0        157    0,0%   0,3%
AMERICAN BUSINESS LAW JOURNAL                   Autres                                        USA         0,633 0              0.88            0        258    0,0%   0,5%
AUDITING-A JOURNAL OF PRACTICE & THEORY         Comptabilité et contrôle de gestion           USA         0,29   3       C     0.35            0        347    0,0%   0,7%
BETRIEBSWIRTSCHAFTLICHE      FORSCHUNG    UND
PRAXIS                                          Généraliste                                   GERMANY     0,261 0                              0        399    0,0%   0,8%
BUSINESS HISTORY                                Autres                                        ENGLAND     0,978 1    5         0.63            1        241    0,1%   0,5%
BUSINESS HISTORY REVIEW                         Autres                                        USA         0,48   2   5         0.41            2        131    0,2%   0,3%
CALIFORNIA MANAGEMENT REVIEW                    Stratégie, management et système d'information USA        2,877 2    4   B     1.69   24   P   8        354    0,9%   0,7%
CANADIAN     JOURNAL    OF    ADMINISTRATIVE
SCIENCES                                        Généraliste                                   Canada      0,264 0                              3        156    0,3%   0,3%
COLUMBIA JOURNAL OF WORLD BUSINESS              Autres                                        USA         0,323 0                          P   1        197    0,1%   0,4%
DECISION SCIENCES                               Autres                                        USA         0,473 2    5   C     0.35        P   3        424    0,3%   0,8%
FINANCIAL MANAGEMENT                            Finance et assurance                          USA         0,238 2    4   C     0.42        P   5        376    0,6%   0,7%
GENEVA PAPERS       ON RISK AND INSURANCE                                                     SWITZERLA
THEORY                                          Finance et assurance                          ND          0,762 3        C                     30       111    3,4%   0,2%
                                                                                              NETHERLA
GROUP DECISION AND NEGOTIATION                  Autres                                        NDS         0,294 2                              7        231    0,8%   0,5%
GROUP & ORGANIZATION MANAGEMENT                 Autres                                        USA         0,59   0       B            39       2        183    0,2%   0,4%
HARVARD BUSINESS REVIEW                         Généraliste                                   USA         2,561 2    5   A            15   P   26       869    2,9%   1,7%
HUMAN RELATIONS                                 Emploi et ressources humaines                 ENGLAND     0,832 3    4         0.46   12   P   22       689    2,5%   1,3%
HUMAN RESOURCE MANAGEMENT REVIEW                Emploi et ressources humaines                 USA         0,04   1                             0        360    0,0%   0,7%
HUMAN RESOURCE MANAGEMENT                       Emploi et ressources humaines                 USA         1,268 0                     49   P   0        80     0,0%   0,2%
2


IEEE  TRANSACTIONS         ON      ENGINEERING
MANAGEMENT                                       Stratégie, management et système d'information USA             0,325 0                                      8           406    0,9%   0,8%
INDUSTRIAL MARKETING MANAGEMENT                  Marketing                                         USA          0,42   0      3                        P     8           551    0,9%   1,1%
                                                                                                     NETHERLA
INFORMATION & MANAGEMENT                         Stratégie, management et système      d'information NDS        0,683 2       5     B     0.48         P     1           459    0,1%   0,9%
                                                                                                   NETHERLA
INTERNATIONAL JOURNAL OF FORECASTING             Autres                                            NDS          0,677 2       4     C                        13          440    1,5%   0,9%
INTERNATIONAL JOURNAL OF MANPOWER                Emploi et ressources humaines                     ENGLAND      0,116 2                                      11          242    1,2%   0,5%
INTERNATIONAL JOURNAL OF OPERATIONS &
PRODUCTION MANAGEMENT                 Autres                                                       ENGLAND      0,412 0       5           0.2                3           591    0,3%   1,2%
INTERNATIONAL JOURNAL OF SELECTION AND
ASSESSMENT                             Finance et assurance                                        ENGLAND      0,395 0                                      1           165    0,1%   0,3%
INTERNATIONAL JOURNAL OF SERVICE INDUSTRY
MANAGEMENT                                Autres                                                   ENGLAND      0,2    0                                     5           161    0,6%   0,3%
INTERNATIONAL    JOURNAL     OF    TECHNOLOGY                                                      SWITZERLA
MANAGEMENT                                       Stratégie, management et système d'information ND              0,198 0       5                              37          767    4,2%   1,5%
INTERNATIONAL MONETARY FUND STAFF PAPERS Finance et assurance                                      USA          0,745 0                                      2           231    0,2%   0,5%
INTERFACES                                       Stratégie, management et système d'information USA             0,629 0       3     C     0.5                10          668    1,1%   1,3%
                                                                                                   NETHERLA
JOURNAL OF ACCOUNTING & ECONOMICS                Comptabilité et contrôle de gestion               NDS          0,397 4       4     A     0.7          P     1           305    0,1%   0,6%
JOURNAL OF ACCOUNTING RESEARCH                   Comptabilité et contrôle de gestion               USA          1,071 4       4     A     0.86               1           331    0,1%   0,6%
JOURNAL OF ADVERTISING                           Marketing                                         USA          0,63   3      4     C     0.44         P     1           291    0,1%   0,6%
JOURNAL OF ADVERTISING RESEARCH                  Marketing                                         USA          0,5    1      4     C     0.29         P     2           499    0,2%   1,0%
                                                                                                   NETHERLA
JOURNAL OF BANKING & FINANCE                     Finance et assurance                              NDS          0,533 3       5     B     0.34         P     19          893    2,1%   1,7%
JOURNAL OF BUSINESS                              Finance et assurance                              USA          1,162 4                   0.75         P     2           249    0,2%   0,5%
                                                                                                   NETHERLA
JOURNAL OF BUSINESS ETHICS                       Emploi et ressources humaines                     NDS          0,955 1                          51          5           260    0,6%   0,5%
JOURNAL OF BUSINESS AND PSYCHOLOGY               Autres                                            USA          0,203 0                                      0           102    0,0%   0,2%
JOURNAL OF BUSINESS RESEARCH                     Finance et assurance                              USA          0,407 1       5     C     0.29   56    P     10          1516   1,1%   3,0%
JOURNAL OF BUSINESS          AND    TECHNICAL
COMMUNICATION                                    Stratégie, management et système d'information USA             0,433 0                                      0           797    0,0%   1,6%
JOURNAL OF BUSINESS VENTURING                    Finance et assurance                              USA          0,538 0                          43    P     5           317    0,6%   0,6%
JOURNAL OF COMMON MARKET STUDIES                 Organisation industrielle                         ENGLAND      0,836 3       5     C                        10          413    1,1%   0,8%
JOURNAL OF CONSUMER AFFAIRS                      Marketing                                         USA          0,343 0                                P     0           207    0,0%   0,4%
JOURNAL OF CONSUMER RESEARCH                     Marketing                                         USA          2,46   4      5     A     0.60   53    P     2           420    0,2%   0,8%



                                                                                                            C:\Docstoc\Working\pdf\091370f7-8b7d-47e5-abfe-a189f900e1f1.doc
3


JOURNAL OF      ECONOMICS     &   MANAGEMENT
STRATEGY                                          Organisation industrielle                     USA         0,378 3            C                  P     9           156    1,0%   0,3%
JOURNAL OF ENVIRONMENTAL ECONOMICS AND
MANAGEMENT                             Autres                                                   USA         1,118 4      2     B                        10          496    1,1%   1,0%
JOURNAL OF FINANCE                                Finance et assurance                          USA         2,753 4      5     A     0.81   31    P     11          865    1,2%   1,7%
                                                                                                SWITZERLA
JOURNAL OF FINANCIAL ECONOMICS                    Finance et assurance                          ND          1,904 4            A     0.67         P     7           348    0,8%   0,7%
JOURNAL OF FINANCIAL INTERMEDIATION               Finance et assurance                          USA         0,519 3            B                        2           576    0,2%   1,1%
JOURNAL OF FINANCIAL AND QUANTITATIVE
ANALYSIS                              Finance et assurance                                      USA         0,596 3      5     B     0.53   25    P     6           93     0,7%   0,2%
JOURNAL OF FINANCIAL SERVICES RESEARCH            Finance et assurance                          USA         0,24   2                                    1           206    0,1%   0,4%
JOURNAL OF FORECASTING                            Autres                                        ENGLAND     0,377 2      4                              9           415    1,0%   0,8%
JOURNAL OF FUTURES MARKETS                        Finance et assurance                          USA         0,337 2                  0.40         P     9           561    1,0%   1,1%
JOURNAL OF INDUSTRIAL ECONOMICS                   Autres                                        ENGLAND     1,244 4      4     B     0.64   59          5           305    0,6%   0,6%
JOURNAL OF INFORMATION TECHNOLOGY                 Stratégie, management et système d'information ENGLAND 0,382 0         3     B                        0           185    0,0%   0,4%
JOURNAL OF INTERNATIONAL BUSINESS STUDIES Stratégie, management et système d'information USA                0,05   2     5     B     0.23   11    P     19          463    2,1%   0,9%
JOURNAL OF INTERNATIONAL MARKETING                Marketing                                     USA         0,85   0     3                              2           158    0,2%   0,3%
JOURNAL    OF   INTERNATIONAL     MONEY     AND
FINANCE                                           Finance et assurance                          ENGLAND     0,394 3            B     0.00               17          521    1,9%   1,0%
JOURNAL OF MANAGEMENT                             Stratégie, management et système d'information USA        1,235 3            B     0.44   7     P     0           381    0,0%   0,7%
JOURNAL OF MANAGEMENT INQUIRY                     Stratégie, management et système d'information USA        0,649 1            C                        1           147    0,1%   0,3%
JOURNAL OF MANAGEMENT STUDIES                     Stratégie, management et système d'information ENGLAND 0,646 3         5     B     0.00   23    P     5           426    0,6%   0,8%
JOURNAL OF THE MARKET RESEARCH SOCIETY            Marketing                                     ENGLAND     0,389 0                               P     2           229    0,2%   0,4%
JOURNAL OF MARKETING                              Marketing                                     USA         0,11   3     5     A     0.58   34    P     9           306    1,0%   0,6%
JOURNAL OF MARKETING RESEARCH                     Marketing                                     USA         1,679 4      5     A     0.75   42    P     13          428    1,5%   0,8%
                                                                                                NETHERLA
JOURNAL OF MONETARY ECONOMICS                     Finance et assurance                          NDS         0,97   4     4     B     0.58               9           581    1,0%   1,1%
                                                                                                NETHERLA
JOURNAL OF MONEY CREDIT AND BANKING               Finance et assurance                          NDS         0,915 4            A     0.55         P     8           560    0,9%   1,1%
JOURNAL    OF   THE   OPERATIONAL     RESEARCH
SOCIETY                                           Organisation industrielle                     ENGLAND     0,648 3                  0.43         P     19          1516   2,1%   3,0%
JOURNAL OF       ORGANIZATIONAL       BEHAVIOR
MANAGEMENT                                        Emploi et ressources humaines                 USA         0,206 2                               P     0           71     0,0%   0,1%
JOURNAL  OF        ORGANIZATIONAL       CHANGE
MANAGEMENT                                        Stratégie, management et système d'information ENGLAND 0,25      1                                    3           249    0,3%   0,5%



                                                                                                       C:\Docstoc\Working\pdf\091370f7-8b7d-47e5-abfe-a189f900e1f1.doc
4


JOURNAL OF PORTFOLIO MANAGEMENT                  Finance et assurance                          USA        0,253 2             C     0.55               3           516    0,3%   1,0%
                                                                                               NETHERLA
JOURNAL OF PRODUCTIVITY ANALYSIS                 Organisation industrielle                     NDS        0,559 2                                      10          186    1,1%   0,4%
JOURNAL   OF           PRODUCT     INNOVATION
MANAGEMENT                                       Stratégie, management et système d'information USA       0,042 0                                P     3           307    0,3%   0,6%
JOURNAL OF PUBLIC POLICY & MARKETING             Marketing                                     USA        0,661 0                   0.22               0           362    0,0%   0,7%
JOURNAL OF      REAL    ESTATE   FINANCE   AND                                                 NETHERLA
ECONOMICS                                        Finance et assurance                          NDS        0,676 0                                      0           346    0,0%   0,7%
JOURNAL OF REAL ESTATE TAXATION                  Finance et assurance                          USA        0,039 0                                      0           237    0,0%   0,5%
JOURNAL OF RETAILING                             Marketing                                     USA        0,6    2      5     B     0.44         P     1           244    0,1%   0,5%
JOURNAL OF RISK AND INSURANCE                    Finance et assurance                          USA        0,554 3             C                        13          318    1,5%   0,6%
JOURNAL OF RISK AND UNCERTAINTY                  Finance et assurance                          USA        0,878 3             B                        18          331    2,0%   0,6%
JOURNAL OF SMALL BUSINESS MANAGEMENT             Généraliste                                   USA        0,167 0             C                  P     4           216    0,5%   0,4%
JOURNAL OF TAXATION                              Finance et assurance                          USA        0,161 0                                      0           1718   0,0%   3,4%
JOURNAL OF WORLD BUSINESS                        Autres                                        USA        0,571 0       4                              5           139    0,6%   0,3%
LEADERSHIP QUARTERLY                             Emploi et ressources humaines                 USA        0,83   0                                     0           149    0,0%   0,3%
LONG RANGE PLANNING                              Stratégie, management et système d'information ENGLAND 0,207 2         3     C            14    P     28          761    3,2%   1,5%
MANAGEMENT LEARNING                              Emploi et ressources humaines                 ENGLAND    1,186 0       3     C                        1           151    0,1%   0,3%
MANAGEMENT SCIENCE                               Généraliste                                   USA        0,049 4       5     A     0.74   13    P     51          1393   5,8%   2,7%
MARKETING SCIENCE                                Marketing                                     USA        1,364 4       5     A     0.82         P     7           309    0,8%   0,6%
MIS QUARTERLY                                    Stratégie, management et système d'information USA       2,064 4       5     A     0.44   61    P     2           255    0,2%   0,5%
NATIONAL TAX JOURNAL                             Finance et assurance                          USA        0,72   0                  0.64               2           521    0,2%   1,0%
NEGOTIATION JOURNAL-ON THE PROCESS OF
DISPUTE SETTLEMENT                    Emploi et ressources humaines                            USA        0,317 0                                      4           278    0,5%   0,5%
NEW TECHNOLOGY WORK AND EMPLOYMENT               Organisation industrielle                     ENGLAND    0,524 0       3                              1           100    0,1%   0,2%
OMEGA-INTERNATIONAL          JOURNAL        OF
MANAGEMENT SCIENCE                               Généraliste                                   ENGLAND    0,453 0       4           0.25               6           595    0,7%   1,2%
ORGANIZATIONAL BEHAVIOR          AND   HUMAN
DECISION PROCESSES                               Autres                                        USA        1,2    3            B     0.72   4     P     5           735    0,6%   1,4%
ORGANIZATIONAL DYNAMICS                          Stratégie, management et système d'information USA       0,8    3            C            44    P     6           244    0,7%   0,5%
ORGANIZATION SCIENCE                             Stratégie, management et système d'information USA       0,078 4             B     0.00   8     P     24          394    2,7%   0,8%
ORGANIZATION STUDIES                             Stratégie, management et système d'information GERMANY 0,818 3         5     B     0.00   26    P     20          360    2,3%   0,7%
ORGANIZATION                                     Stratégie, management et système d'information ENGLAND 0,963 3         5                              5           201    0,6%   0,4%
PSYCHOLOGY & MARKETING                           Marketing                                     USA        0,363 2                                      5           305    0,6%   0,6%


                                                                                                      C:\Docstoc\Working\pdf\091370f7-8b7d-47e5-abfe-a189f900e1f1.doc
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PUBLIC FINANCE REVIEW                          Finance et assurance                          USA        0,063 0                     0.00               1           158    0,1%   0,3%
PUBLIC RELATIONS REVIEW                        Autres                                        USA        0,5     0                                      0           329    0,0%   0,6%
R & D MANAGEMENT                               Organisation industrielle                     ENGLAND    0,737 0         5                        P     11          326    1,2%   0,6%
REAL ESTATE ECONOMICS                          Finance et assurance                          USA        0,764 0                                        0           223    0,0%   0,4%
                                                                                             NETHERLA
RESEARCH POLICY                                Organisation industrielle                     NDS        1,078 3         5                  64          54          582    6,1%   1,1%
RESEARCH-TECHNOLOGY MANAGEMENT                 Organisation industrielle                     USA        0,299 0         2                              3           471    0,3%   0,9%
REVIEW OF FINANCIAL STUDIES                    Finance et assurance                          USA        1,343 4               C     0.00         P     11          397    1,2%   0,8%
                                                                                             NETHERLA
REVIEW OF INDUSTRIAL ORGANIZATION              Organisation industrielle                     NDS        0,241 3         4                              4           341    0,5%   0,7%
RUSSIAN AND EAST EUROPEAN FINANCE AND
TRADE                                 Autres                                                 RUSSIA     0,017 0                                        1           235    0,1%   0,5%
SERVICE INDUSTRIES JOURNAL                     Autres                                        ENGLAND    0,213 0                                        18          353    2,0%   0,7%
SLOAN MANAGEMENT REVIEW                        Stratégie, management et système d'information USA       1,794 3         2     B            36    P     7           284    0,8%   0,6%
STRATEGIC MANAGEMENT JOURNAL                   Stratégie, management et système d'information ENGLAND 2,531 4           5     A     0.58   1     P     35          650    4,0%   1,3%
SYSTEM DYNAMICS REVIEW                         Autres                                        USA        0,455 0                                        0           167    0,0%   0,3%
SYSTEMIC PRACTICE AND ACTION RESEARCH          Emploi et ressources humaines                 USA        0,179 0                                        0           165    0,0%   0,3%
SYSTEMS PRACTICE                               Autres                                        USA        0,314 0                                        0           182    0,0%   0,4%
SYSTEMS RESEARCH AND BEHAVIORAL SCIENCE Emploi et ressources humaines                        ENGLAND    0,242 0                                        0           214    0,0%   0,4%
TECHNOLOGICAL     FORECASTING   AND   SOCIAL
CHANGE                                         Stratégie, management et système d'information USA       0,231 0         4                              21          598    2,4%   1,2%
TOTAL QUALITY MANAGEMENT                       Organisation industrielle                     ENGLAND    0,269 0                                        4           692    0,5%   1,4%
TOURISM MANAGEMENT                             Autres                                        ENGLAND    0,328 0                                        0           518    0,0%   1,0%
TRAINING & DEVELOPMENT                         Emploi et ressources humaines                 USA        0,102 0                                        0           1031   0,0%   2,0%
WORKFORCE                                      Emploi et ressources humaines                 USA        0,075 0                                        0           627    0,0%   1,2%
WORLD BANK ECONOMIC REVIEW                     Autres                                        USA        0,643 2                                        4           324    0,5%   0,6%
                                                                                             NETHERLA
WORLD ECONOMY                                  Autres                                        NDS        0,696 2         4                              16          604    1,8%   1,2%




                                                                                                      C:\Docstoc\Working\pdf\091370f7-8b7d-47e5-abfe-a189f900e1f1.doc
           Annexe 2, tableau 10 : Les auteurs les plus productifs
                      Nombre de                                                Nombre      de
Auteurs               publications Institution                Auteurs          publications Institution
Lubatkin M            20           EML et CONN (USA)          Poncet P         5             ESSEC
Gollier C             18           TOULOUSE                   Sarvary M        5             INSEAD
Calori R              17           EML                        Solnik B         5             HEC
Mauborgne RA          14           INSEAD                     Vermaelen T      5             INSEAD
Loch CH               11           INSEAD                     Winkler RL       5             INSEAD
Makridakis S          10           INSEAD                     Bartlett CA      4             INSEAD
Anderson E            9            INSEAD                     Bensaou M        4             INSEAD
Ghoshal S             9            INSEAD                     Bjorkman I       4             INSEAD
Mintzberg H           9            INSEAD - Mc GILL (CA)      Bouchikhi H      4             ESSEC
Very P                9            EDHEC                      Callon M         4             ENSMP
Demeyer A             8            INSEAD                     Chanaron JJ      4             GEM
Reuer JJ              8            INSEAD                     Corbett CJ       4             INSEAD
Briys E               7            HEC                        Crouhy M         4
Devries MFRK          7            INSEAD                     Dermine J        4             INSEAD
Hibon M               7            INSEAD                     Devinney TM      4
Soderquist K          7            GEM                        Faure GO         4             PARIS V
Terwiesch C           7            INSEAD                     Foray D          4             Paris IX
Tirole J              7            ENPC et TOULOUSE           Fulghieri P      4             INSEAD
Ayres RU              6            INSEAD                     Hau H            4             INSEAD
Biais B               6            TOULOUSE                   Hifi M           4             PARIS I
Darmon RY             6            ESSEC                      Hillion P        4             INSEAD
Lasserre P            6            INSEAD                     Klein JG         4             INSEAD
Rochet JC             6            TOULOUSE                   Messerlin PA     4             IEP
Schneider SC          6            INSEAD                     Midgley DF       4             INSEAD
Chatterjee S          5            INSEAD                     Rangan S         4             INSEAD
Eeckhoudt L           5            TOULOUSE                   Salk JE          4             ESSEC
Gaba A                5            INSEAD                     Ulaga W          4             EDHEC
Galunic DC            5            INSEAD                     Vanhonacker WR   4             INSEAD
Geman H               5            ESSEC
Jelassi MT            5            INSEAD
Lioui A               5            ESSEC
Mangematin V          5            GRENOBLE



Les auteurs les plus productifs de la base de données produisent autour de 50 articles sur la période
1991-2002 dans les revues analysées. Les auteurs dont l’influence est la plus importante ont une
influence (nombre d’articles*facteur d’impact) supérieure à 38. Les 15 premiers auteurs sont les
suivants : Ghoshal S, Shleifer A, Zajac EJ, Titman S, Lubatkin M, Bazerman MH, Miller D,
Subrahmanyam A, Lakonishok J, Eisenhardt KM, Gupta S, Nohria N, Lehmann DR, Mitchell W,
Fama EF, Baum JAC. Les quinze auteurs localisés en France qui ont l’influence la plus importante
sont Lubatkin M, Kim WC, Mauborgne RA, Ghoshal S, Mintzberg H, Reuer JJ, Calori R, Gollier C,
Anderson E, Vanwassenhove LN, Chatterjee S, Loch CH, Bartlett CA, Biais B, Huy QN. Avec 5
publications, un auteur se situe dans les 3000 premiers producteurs mondiaux.
2




C:\Docstoc\Working\pdf\091370f7-8b7d-47e5-abfe-a189f900e1f1.doc   11/07/11

				
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