firme_bancaire by suchenfz

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									Chapitre 1 : Théorie de la firme bancaire




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Introduction




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Section 1 : Rôle du système bancaire dans l’économie


    Les banques assurent des fonctions bancaires de base qui sont essentiellement :


            La collecte de dépôt


            L’octroi de crédit à court terme ou à long terme


            La gestion des moyens de paiement (chèques, virements, cartes,..)


            Les services divers (placement, conseil)


            L’intervention sur le marché


   A partir de ces fonctions, on peut dégager et expliciter les activités bancaires de bases qui
sont ;


     l’intermédiation


     la gestion des moyens de paiement


     les services


     les interventions sur le marché


   Quand à l’intermédiation, il s’agit de la collecte des disponibilités des agents économiques
afin de prêter à d’autres.


                       la distribution de crédit :




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   On peut distinguer les crédits distribués selon plusieurs critères à savoir, la durée, l’objet (les
facilités de caisse, le financement des immobilisations, l’habitat pour les particuliers…),la
forme (prêt simple, escompte commercial, découvert ).


                       la collecte des ressources :


   La principale ressource pour la banque afin de répondre à ses besoins constitue les fonds
propres, les émissions d’obligations, les dépôts de sa clientèle et en dernier recours, elle
s’adresse au marché interbancaire ou monétaire.


   Ensuite, dans le cadre de la gestion des moyens de paiement, la banque assure la tenue des
comptes, le traitement des chèques, des virements et autres.


En outre, puisque que la fonction d’intermédiation est de plus en plus concurrencée, les
banques se dirigent vers les services personnalisés pour la clientèle tels que les placement des
titres, les passations d’ordres en bourse, le conseil etc.…


  La part des commissions provenant des services dans le produit net bancaire est de plus en
plus importante alors que celle des intérêts est en baisse.


   Les banques interviennent sur le marché monétaire, sur le marché interbancaire et sur le
marché financier ainsi que sur d’autres marchés spécialisés pour plusieurs raisons telles
que pour ;


    Equilibrer la trésorerie : en plaçant les excédents de trésorerie ou en compensant les
       insuffisances.


    Limiter le risque : en transformant les ressources (emplois) courts en ressources
       (emplois) longs ou inversement pour limiter le risque d’illiquidité.


    Arbitrer : en profitant des différences de taux qui peuvent exister entre les marchés.


    Gérer les portefeuilles : qui compensent la perte d’activité due à la désintermédiation.



                                                  4
Section 2 : organisation du système bancaire en Tunisie


      Le système bancaire Tunisien est caractérisé par la spécialisation des banques en fonction de
leurs ressources et de leurs vocations.
En effet, la banque centrale de Tunisie BCT a été crée en1958 par la loi N°58-90 du 19
septembre 1958.


2.1) la BCT


      La BCT est un établissement public doté de la personnalité civile et de l’autonomie
financière.
      Les principales missions de la BCT est l’émission de la monnaie centrale, le contrôle de la
circulation monétaire et de la distribution du crédit, et de ce fait, la BCT domine le système
bancaire et les établissements financiers spécialisés.
La politique monétaire adoptée par la Banque Centrale de Tunisie vise à préserver la valeur de
la monnaie en maîtrisant le taux d'inflation à un niveau proche de celui observé dans les pays
partenaires et concurrents.


 2.2) Le système bancaire


                2.2.1) Les banques de dépôts ;


      Il s’agit de l’ Arab Tunisian Bank « ATB » , Banque Franco-Tunisienne « BFT » Banque
Nationale Agricole « BNA », Banque du Sud « BS », Banque de Tunisie « BT »,Amen Banque
( on shore) ,ABC( on shore ), Banque Internationale Arabe de Tunisie « BIAT » , Société
Tunisienne de Banque « STB », Union Bancaire pour le Commerce et l'Industrie « UBCI »,
Union Internationale de Banques « UIB », Banque de l'Habitat « BH », Banque Tunisienne de
Solidarité « BTS » et Citibank (Branche onshore) .


__________________________
(1)
      publication trimestrielle de la BCT, Juin 2003.




                                                  5
   Donc, d’après la publication trimestrielle (1) de la banque centrale concernant les statistiques
des banques il existe 14 banques de dépôts dont les principales fonctions sont ;


                La collecte des dépôts auprès des différents agents économiques quel
                   qu’en soit la durée et la forme.


                L’octroi des crédits sur toutes leurs formes.


                Assurer les opérations de commerce international pour le compte des
                   opérateurs économiques.


                Assurer un service de caisse et de change.


   Par leurs opérations de crédits les banques de dépôts, créent de la monnaie, étant donnée
qu’elles peuvent se refinancer auprès de la banque centrale.




              2.2.2) Les banques de développement ;




   Il s’agit de 5 banques : la banque de Tunisie et des Emarats d’investissement (BTEI), la
banque tuniso-quataire d’investissement (BTQI), la banque tuniso—koweïtienne de
développement (BTKD), la société tuniso-saoudienne d’investissement et de développement
(BTUSID), et la banque arabe tuniso-libienne de développement et de commerce extérieur
(BTLD), la banque de coopération du magreb arabe (BCMA) liquidée en 2001.


   Ces banques ont pour fonction l’octroi des crédits à moyen et à long terme sur leurs propres
ressources et peuvent aussi participer au capital des entreprises, et collecter des dépôts dont la
durée de classement est supérieur à une année.




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              2.2.3) Les banques off-shore;


   Statistiquement on trouve 8 banques off-shore en Tunisie qui sont ;Citibank, l’Union
Tunisienne de bank (UTB), Tunis International BanK (TIB), Loan and Investment Co
( LINC ), Beit Ettamouil Saoudi Tounsi (BEST), North African International Bank (NAIB),
Alubaf International Bank (ALUBAF) et Arab Banking Corporation (ABC) .


Il s’agit des banques non résidentes qui ont pour principales activités ;


                   La collecte des dépôts auprès des non-résidents, quel qu’en soit la forme
                      et la durée.


                   Accorder tout concours aux non-résidents notamment sous forme de prise
                      de participation au capital d’entreprises non résidentes et de souscriptions
                      aux emprunts émis par ces derniers.


                   Assurer les opérations de change manuelles au profit de la clientèle.


                   Effectuer en qualité d’intermédiaire agrée les opérations de change et de
                      commerce extérieur de leurs clientèles résidentes. Elles sont soumises, à
                      ce titre, aux mêmes obligations que les intermédiaires résidentes.


                   Sous certaines conditions, collecter des dépôts et accorder des crédits en
                      dinars.


2.3) Les établissements financiers spécialisés


              2.3.1) Les organismes de leasing


   En Tunisie ils sont à l’ordre de 11 ;
Tunisie Leasing TL, Union Tunisienne de Leasing UTL , Compagnie Internationale de
Leasing CIL, Arab Tunisian Lease ATL, AMEN LEASE AL, General Leasing GL, Modern



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Leasing MD , Arab International Lease AIL , Best Lease BL , Hannibal Lease HL , El
Wifack Leasing WL .


   La principale activité consiste à acheter des biens d’équipement et les louer aux entreprises.
   Les ressources des sociétés de leasing sont constituées par des fonds propres et des emprunts
obligataires sur le marché financier .l’avantage de leasing réside dans le fait qu’il constitue un
financement intégral.


   Ces organismes assurent le financement d’acquisition de matériel mobilier ou immobilier,
ils peuvent également les mettre en location pour usage professionnel à la disposition d’un
opérateur économique. Ce dernier a la possibilité de l’acquérir à une valeur résiduelle en fin du
contrat.


              2.3.2) Les banques d’affaires


   Il s’agit d’International Magreb Merchant Bank (IMMB) et de la banque d’affaire de Tunisie
(BAT).
   Elles doivent assurer des services de ;


                Conseil et d’assistance en matière de gestion de patrimoine.


                Gestion financière et d’ingénierie financière.


                Et d’une manière générale tous les services destinés à assurer la création, le
                   développement et la restructuration d’entreprise.




              2.3.3) Les sociétés de factoring


   Il s’agit de Amen factor, Tunisie factoring et uni factor.
 Ce sont des institutions financières de recouvrement dont la principale activité consiste en
l’achat et le recouvrement des dépenses impayés pour leurs propre compte ou pour les tiers (ces
créances doivent être impayés depuis plus de 360jours ).



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  Le secteur de factoring est encore à sa genèse puisqu’il est à sa troisième année d’activité
pleine et ne compte que deux sociétés outre un département spécialisé en cette activité au sein
d’une société de leasing .
L’évolution de l’activité de ce secteur témoigne d’une adhésion de plus en plus des opérateurs
économiques à ce mode de financement.




                                                9
Section3 : Les principales restructurations et modernisation du système
bancaire


      Le secteur bancaire a bénéficié, en 2002, d’une multitude de mesures visant à consolider son
assise financière et à le préparer à affronter la concurrence étrangère dans un contexte de
libéralisation des services bancaires.

      La conduite actuelle de la politique monétaire privilégie le taux d'intérêt devant assurer un
rôle déterminant dans la mobilisation de l'épargne et l'allocation optimale des ressources.

De ce fait, le taux du marché monétaire constitue la référence pour les banques dans la
détermination de leurs taux d'intérêt débiteurs et créditeurs. Les taux d'intérêt sont librement
fixés par les banques. Cette libéralisation a été réalisée progressivement et a concerné:

En janvier 1987(2) :

         les taux créditeurs à l'exception de ceux ayant trait à la rémunération de la petite
          épargne (dépôts logés dans les comptes spéciaux d'épargne) et aux dépôts à vue dont la
          rémunération maximale ne doit pas excéder 2%.

         les taux débiteurs dans une marge de 3% autour du taux du marché monétaire, à
          l'exception de ceux applicables aux crédits accordés aux activités prioritaires.




__________________________


(2)
   Circulaires aux banques n°86-42 du 1er décembre 1986 telle que modifiée par
la circulaire n°91-22 du 17 décembre 1991




En juin 1994(3),


      Libéralisation totale des taux débiteurs appliqués aux activités non prioritaires.


                                                   10
   Le réescompte en tant que technique de refinancement a été supprimé en novembre 1996,
avec l'élimination de la bonification du taux d'intérêt réservée, jusque-là, aux activités
prioritaires.


   L’opération de privatisation de l’UIB a été finalisé en novembre 2002 par la cession au
profit de la banque française « société générale » de la participation de l’état et des entreprises
publiques, soit 52% du capital de cette banque.


   Cette opération qui entre dans le cadre du programme de privatisation arrêté par l’état,
constitue un événement majeur dans la mesure ou il s’agit de la première opération de cession
d’un bloc de contrôle d’une banque tunisienne à des intérêts étrangers.


   Quand au programme de modernisation du système bancaire, il se trouve à un stade très
avancé, notamment en ce qui concerne la télé compensation qui est devenue opérationnelle
pour les virements, prélèvements, chèques et traites permettant à ces valeurs d’être
compensables en 48 heures quel que soit leur lieu d’émission et de paiement.


   En ce qui concerne l’amélioration de la qualité de l’information à mettre à la disposition des
différents intervenants pour faciliter la prise de décision en matière d’octroi de crédits non
professionnels aux personnes physiques, il y a lieu de mentionner l’entrée en vigueur, en
novembre2002, du fichier de crédits aux particuliers.


   S’inscrivant, également, dans le cadre de la modernisation du secteur bancaire, la formation
ciblée et orientée vers les métiers pointus des cadres bancaires et leurs recyclage constitue un
des volets essentiels du programme.


  __________________________

(3) Circulaires   aux banques n°94-08 du 7 juin 1994




 C’est à cet effet qu’a été créé l’institut de la banque centrale de Tunisie (IBCT). Rattaché
directement au gouvernement de la banque, cette structure est chargée d’organiser, à l’intention
des cadres supérieurs des établissements de crédit, des séminaires et des cycles de formation sur


                                                 11
des thèmes se rapportant au domaine bancaire et financier et de promouvoir la coopération en la
matière avec les banques centrales étrangères, notamment celles des pays arabes et africains.


          Modification relative à la constitution de la réserve obligatoire ;


           Définissons tout d’abord, qu’est ce que les réserves obligatoires (4) ? En effet, le système
           des réserves obligatoires consiste à imposer aux banques de détenir une fraction de
           leurs dépôts sous forme de monnaie centrale dans un compte non rémunéré à la BCT.


Il s’agit d’un élément artificiel qui agit sur la liquidité des banques. En effet, la banque centrale
réduit la liquidité des banques en augmentant le taux de Réserve Obligatoire, ce qui va affecter
négativement leur capacité d’octroi des crédits.


      Et de ce fait, et afin de permettre aux banques d’assurer une plus grande stabilité de leurs
ressources monétaires, notamment, autres que celles à court terme, il a été procédé en 2002 à la
modification du taux appliqué pour le calcul de la réserve obligatoire.
      C’est ainsi qu’au taux uniforme de 2% appliqué dans le passé à certaines catégories de
dépôts, quelle qu’en soit la durée, se substitue Aux taux qui se situent entre 0% et 2%.


          Promotion de nouveaux produits financiers par les banques de dépôts ;


      Afin de répondre continuellement aux nouvelles attentes d’une clientèle de plus en plus
exigeante, les banques de dépôts ont promu, au cours de l’année2002, six nouveaux produits
financiers regroupés en trois catégories, en l’occurrence des plans d’épargne contractuelle
donnant droit d’accès à des crédits spécifiques (plan d’épargne étude et plan d’épargne
multifonctions), des produits de bancassurance, et des produits de placements destinés pour
l’essentiel aux entreprises.


  ______________________

(4)
      Mr M. Smaïli « cours d’économie monétaire »


      Les banques peuvent désormais être chargées ,en vertu d’une convention, de conclure des
contrats d’assurance au nom et pour le compte d’une ou plusieurs entreprises d’assurance ; les


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relations entre les entreprises d’assurances et les banques obéissent aux dispositions d’une
convention cadre établie par les associations professionnelles des entreprises d’assurance et des
banques et approuvée par le ministère de finance.


    Les opérations d’assurance pouvant être effectuées par l’intermédiaire des banques sont
l’assurance du risque agricole, l’assurance crédit et l’assurance caution, l’assurance assistance
ainsi que l’assurance sur la vie et la capitalisation.


   La bancassurance, dominé principalement par les produits d’assurance-vie, ne représentait
jusqu’à 2001 que 8.6% du chiffre d’affaires global des assurances contre une moyenne
mondiale qui s’élève à 60%, relativement nouvelle en Tunisie, la bancassurance a de grandes
marges à gagner, surtout à un moment ou’ l’on assiste à une relance de l’épargne et de
l’investissement.




Section 4 : L’analyse financière d’une banque




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   Pour avoir une vision cohérente de la manière dont une entreprise obtient ses résultats, il
faut tout d’abord comprendre de quoi elle se compose.
De ce fait, il est fondamental de reconnaître que, dans le domaine financier, les données brutes
nécessaires à l’analyse proviennent des documents comptables.


           En effet, les états financiers des établissements bancaires se composent (5),
     d’après les normes comptables bancaires juillet 1998, du bilan, de l’état de des
     engagements hors bilan, de l’état des flux de trésorerie et des notes aux états
     financiers. Ils doivent être présentés selon l’ordre suivant :


             Le bilan
             L’état des engagements hors bilan
             L’état de résultat
             L’état des flux de trésorerie
             Les notes aux états financiers




     4.1) La structure du bilan d’une banque (voir annexe 1)


           L’analyse de l’activité de la banque se fait essentiellement par l’examen de son
     bilan et de ses comptes de résultat.


           Le bilan de la banque retrace l’état patrimonial des créances et dettes à un
     moment donné.
     ‘
         C’est simplement une « photo » instantanée des biens ou actifs utilisés par une
     entreprise et des capitaux qui s’y rapportent. C’est un document statique valable à
     un certains moment’ (6).


     __________________________
     (5)
           les normes comptables bancaires, juillet 98
     (6)
           C.Walsh, « les ratios »,éditons village mondial, Paris 1998


         Toutefois, dans la mesure ou les activités des établissements bancaires diffèrent de
     façon significative des autres entreprises commerciales et industrielles, des règles


                                                  14
      particulières doivent leur être définies en vue d’aboutir à la production d’états
      financiers permettant aux utilisateurs d’évaluer correctement la situation financière
      et les performances des banques ainsi que leurs évolution.
         Le bilan doit faire apparaître distinctement les rubriques suivantes ainsi que le
      montant total de chacune de ces rubriques : l’actif, le passif et les capitaux propres.
         Les éléments du bilan sont présentés selon leur nature par rapport à l’activité
      bancaire en privilégiant l’ordre décroissant de liquidité.


         Les postes du bilan (définis par deux lettres en majuscule suivies d’un chiffre)
      doivent obligatoirement être présentés dans le bilan, à moins qu’ils ne présentent un
      solde nul pour l’exercice en cours et l’exercice précédent.
      Les sous postes du bilan (définis par une lettre en minuscule), qui ont un caractère
      significatif, sont présenté dans le bilan ou dans les notes aux états financiers.


      L’actif du bilan


   L’actif enregistre toute opération ayant pour conséquence la naissance d’une créance ou
d’une propriété pour la banque.
  On peut, également, parler d’emplois, puisqu’on admet que la banque collecte des fonds, qui
constituent le passif et qu’elle les emploie dans des prêts à l’économie.


Les postes d’actif peuvent être divisés en quatre groupes ;


    Les opérations de trésorerie.


    Les opérations avec la clientèle.


    Les autres comptes financiers.


    Les comptes des valeurs immobilisées.


Le passif du bilan




                                                 15
    Dans le passif du bilan sont enregistrés toutes les ressources de la banque, c’est à dire toutes
les opérations qui ont eu pour conséquence la naissance d’une dette, qu’elle provienne du
public, des fonds propres ou du marché monétaire.


On peut répartir les postes du passif en quatre catégories ;


     Les opérations de trésorerie.


     Les opérations avec la clientèle.


     Les autres comptes financiers.


     Les comptes de capitaux permanents.




4.2)      L’état des engagements hors bilan (voir annexe 2)


    L’état des engagements hors bilan doit faire apparaître distinctement les rubriques
 suivantes : Les passifs éventuels, les engagements donnés et les engagements reçus.


    Le montant total des passifs éventuels et le montant total des engagements donnés y sont
 également indiqués.


    En effet, le hors bilan est un ensemble de comptes annexés à la fois à l’actif et au passif du
 bilan.
    Les engagements du hors bilan peuvent être donnés ou reçus.
    Ce sont les engagements donnés qui complètent l’actif, et les engagements reçus qui
 complètent le passif.




Les opérations du hors bilan peuvent avoir lieu dans deux cas ;


         Les opérations certaines mais dont la réalisation est différée dans le temps.


                                                  16
       Les opérations soumises à des conditions.


4.3)    l’état de résultat (annexe 3)


    L’état de résultat doit faire apparaître les produits et les charges de façon à déterminer les
valeurs et soldes intermédiaires suivants :


       La valeur totale des produits d’exploitation bancaire.


       La valeur totale des charges d’exploitation bancaire.


       Le produit net bancaire.


       Le résultat d’exploitation.


       Le résultat des activités ordinaires, lorsqu’il existe des éléments extraordinaires au titre
de l’exercice en cours ou de l’exercice antérieur.


       Le résultat net de l’exercice.


    Le compte de résultat enregistre, les flux des produits et charges intervenues au cour d’un
exercice afin de déterminer les bénéfices ou les pertes d’une banque.
    Nous pouvons joindre à ce stade la représentation simplifiée des comptes de résultats telle
qu’elle a été proposée par S.Coussergue.




PRODUIT BANCAIRE
__ FRAIS BANCAIRES


                                                 17
= PRODUIT NET BANCAIRE



+ PRODUITSDIVERS
__ FRAIS DE PERSONNEL
__ IMPOTS ET TAXES
__ AUTRES CHARGES D4EXPLOITATION
__ CHARGES SUR OPERATIONS DE CREDIT BAIL
__ INTERETS SUR EMPRUNTS OBLIGATAIRES


= RESULTAT BRUT D’EXPLOITATION



__ DOTATION DE L’EXERCICE AUX AMORTISSEMENTS ET PROVISIONS


 = BENEFICE D’EXPLOITATION



+/-SOLDE DES PRODUITS ET CHARGES HORS EXPLOITATION ET NON COURANTS
__ IMPOTS SUR LES BENEFICES


= BENEFICE DE L’EXERCICE




Cette représentation met en évidence trois données importantes de l’exploitation d’une banque :


                                              18
          Produit Net Bancaire : le PNB


       L’activité de la banque étant assimilée à la prestation de services, il est difficile de
   déterminer la production de la banque et sa valeur ajoutée.
    Le PNB représente le montant de vente de services évalué au prix net (déduction des charges
   d’intérêts) payés par le client.
   C’est le premier solde calculé, on l’appelle également ; marge d’intérêts, marge brute ou encore
   marge d’intermédiation .Il indique dans quelle mesure les produits d’exploitation bancaire
   couvrent ses charges d’exploitation, il doit être positif pour couvrir les frais généraux et les
   risques.
   Le PNB inclut tous les aspects de l’activité de l’institution ; L’intermédiation et prestation de
   service, on peut donc l’assimiler à la valeur ajoutée.




 Résultat brut d’exploitation


C’est la marge qui se dégage de l’activité courante de la banque après déduction des charges
d’exploitation. Ces charges, appelées également frais généraux, sont constituées des charges
personnels et des frais généraux, mais également de dotations aux amortissements, impôts et taxes.


 Résultat net
   Le résultat net de l’exercice s’obtient à partir du résultat brut d’exploitation diminué ou
augmenté des éléments exceptionnels et hors exploitation qui, selon les années interviennent en
plus ou en moins, et diminué du montant de l’impôt sur les sociétés.


   - Le produit net bancaire (PNB) est calculé par différence entre les
   produits bancaires et les charges bancaires (activité de prêt et d'emprunt ; opérations sur titres,
   change, marchés dérivés,...). Il mesure la contribution spécifique des banques à l'augmentation
   de la richesse nationale et peut en cela être rapproché de la valeur ajoutée dégagée par les
   entreprises non    financières. L’activité de la banque étant assimilée à la prestation de services,
   il est difficile de déterminer la production de la banque et sa valeur ajoutée.




                                                     19
Le PNB représente le montant de vente de services évalué au prix net (déduction des charges
d’intérêts) payés par le client.
C’est le premier solde calculé, on l’appelle également ; marge d’intérêts, marge brute ou encore
marge d’intermédiation .Il indique dans quelle mesure les produits d’exploitation bancaire
couvrent ses charges d’exploitation, il doit être positif pour couvrir les frais généraux et les
risques.
Le PNB inclut tous les aspects de l’activité de l’institution ; L’intermédiation et prestation de
service, on peut donc l’assimiler à la valeur ajoutée.



           -   Le produit global d'exploitation (PGE), est un solde intermédiaire qui ajoute
               au PNB, les produits accessoires et divers, les plus-values nettes de cession sur
               immobilisations corporelles ou incorporelles, les plus values nettes de cession
               sur immobilisations financières et les dotations nettes aux provisions sur
               immobilisations financières.


               - Le résultat brut d'exploitation (RBE) s'obtient en retranchant du PNB,
               majoré des produits accessoires, le volume des frais généraux et des dotations
               aux amortissements. Il permet d'apprécier la capacité d'un établissement de
               crédit à générer une marge après imputation du coût des ressources et des
               charges de fonctionnement.
               C’est la marge qui se dégage de l’activité courante de la banque après déduction
               des charges d’exploitation. Ces charges, appelées également frais généraux, sont
               constituées des charges personnels et des frais généraux, mais également de
               dotations aux amortissements, impôts et taxes
               - Le résultat d'exploitation (RE) correspond au RBE diminué des dotations
               nettes aux provisions d'exploitation. C'est à ce niveau que la notion de risque est
               prise en compte.


           - Le résultat net (RN) intègre, outre le résultat d'exploitation, les autres produits et
           charges de caractère le plus souvent exceptionnel, les dotations au fonds pour
           risques bancaires généraux et l'impôt sur les sociétés.


   Le tableau 1 ci-après met en évidence la diversité des résultats d'une catégorie à une autre,


                                                 20
observés sur la période 1986-2000.




4.4) L’état des flux de trésorerie (voir l’annexe 4)


    Conformément à la norme comptable NC 01-norme Comptable Générale, l’état des flux de
trésorerie doit distinguer séparément les flux provenant (ou utilisés) des (ou dans) les activités
d’exploitation, d’investissement et de financement. la présentation des flux de trésorerie liés
aux activités d’exploitation selon la méthode directe est plus appropriée.


4.5) Les notes aux états financiers


         Les notes aux états financiers des établissements bancaires comportent :


   1. Une note confirmant le respect des normes comptables tunisiennes.
   2. Une note sur les bases de mesure et les principes comptables pertinents appliqués.
   3. Les notes sur le bilan
   4. Les notes sur les engagements hors bilan.
   5. Les notes sur l’état de résultat.
   6. Les notes sur l’état des flux de trésorerie.
   7. Les autres informations.




   Les notes aux états financiers des établissements bancaires doivent comporter les
informations dont la divulgation est prévue par la norme comptable NC 01 – Norme Comptable
Générale et les autres normes comptable.




                                                21
                     Actif                                        Capitaux propres et passifs
-caisse, BCT, certificats de dépôts et billets de trésorerie   -banque centrale de Tunisie et
acquis et chèque postaux.                                      certificats de dépôts
-banques et organismes spécialisés                             -banques et organismes spécialisés
-portefeuille escompte                                         -dépôts à vue de la clientèle
-opérations de leasing                                         -dépôts d’épargne
-comptes débiteurs de clientèle                                -bons et comptes à terme et autres
-crédits sur ressources spéciales                              produits financiers
-autres crédits à la clientèle                                 -certificats de dépôts souscrits par la
-portefeuille titres                                           clientèle
-immobilisations et non valeurs nettes d’amortissements        -autres sommes dues à la clientèle
-actionnaires                                                  -ressources spéciales
-autres postes d’actif                                         -obligations et autres emprunts
-perte de l’exercice                                           -réserves
                                                               -capital ou dotations
                                                               -report à nouveau
                                                               -autres postes de passif
                                                               -bénéfice de l’exercice

Total actif                                                 Total passif
          Afin de distinguer mieux les différentes rubriques du bilan d’une banque voici à
       titre s’exemple :


Bilan d’une banque commerciale après 1987

Hors Bilan

-Engagements en faveur des banques
- Engagements reçues de l’état, des banques et des organismes d’assurances
- Engagements en faveur de la clientèle
- Engagements sur opérations de leasing
- Opérations en devises
-Garanties reçues de la clientèle sous formes de dépôts ou d’actifs financiers


                                                  22
Total


        Conclusion :




                       23
CHAPITRE 2 ;
L’analyse statique de la
performance financière d’une
banque : méthode des ratios




               24
Introduction


   Les analyses des documents comptables, dans le chapitre précédent ne sont pas toujours
suffisantes pour aboutir à une interprétation correcte et pour avoir une vision cohérente de la
situation et des perspectives d’une banque.


   D’autres critères sont alors évoqués dans notre analyse. On va donc commencer par définir e
et analyser la rentabilité et les risques inhérents à l’activité principale de la firme bancaire (
section1), ensuite à travers la deuxième section on va analyser les conditions de l’ équilibre
financier d’une banque, puis, on va creuser dans la méthode de ratios afin de tirer d’autres
critères d’interprétation de la situation financière et de la gestion et enfin, une interprétation de
quelques ratios usuels sélectionnés fera l’objet de notre quatrième section.




                                                  25
Section 1 : Notion de rentabilité /risque de la firme bancaire :


   La rentabilité d’un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de son
exploitation des gains suffisants qui permettent à cet établissement de poursuivre durablement
son activité.
   La rentabilité bancaire est issue du processus de transformation, mis en œuvre par les
établissements de crédits dans le cadre de leur fonction d’intermédiation.
   L’activité de transformation est à l’origine de risques ( d’insolvabilité, d’illiquidité, ….) dont
la gestion est optimisée en vue d’obtenir un maximum de gain pour un minimum de perte
potentielle. La prise de risque est donc indissociable de la notion de rentabilité bancaire.


Les banques commencent à mettre en avant la création de valeur pour expliquer leurs efforts
sur la gestion des risque.


   L’appréciation de la performance d’un fonds d’investissement passe par le calcul de sa
rentabilité et d’un indicateur de risque.
   En effet,les établissements bancaires, disposant de ressources colossales mais
incertaines,sont à la recherche d’emplois rentables en transformant ses ressources en prêts
rémunérés quoique risqués.
   L’octroi de crédits constitue une fonction fondamentale d’une banque ; en fait, l’activité
bancaire repose principalement sur la transformation des ressources collectées auprès des
agents à capacité de financement pour les transférer à des agents à besoin de financement et
cette modalité d’ajustement de besoin et de capacité de financement engendre nécessairement
un risque pour la firme bancaire.
   Ce risque découle immédiatement de la probabilité de défaillance ou d’insolvabilité
associée à l’emprunteur.
   Quand au risque d’il liquidité d’une firme bancaire, il découle immédiatement de la fonction
de transformation des échéances ; le terme des emplois étant généralement supérieur à celui des
ressources puisque banque investit les dépôts à vue dans des emplois relativement longs et
difficilement négociables.
   Ce risque est alors indépendant de la notion d’excédent ou de déficit des ressources
commerciales par rapport aux emplois commerciaux. C’est ainsi qu’une banque disposant d’un
excédent de ressources et des opportunités de placement, peut être moins liquide qu’une banque



                                                 26
ayant des ressources des ressources commerciales insuffisantes mais qui s’efforce de maintenir
des réserves liquides suffisantes.
   En effet, plusieurs variétés de crédits sont mises, par un établissement bancaire, à la
disposition de ses clients, ;permettant l’apurement de leurs besoins de financement . ces
crédits peuvent être classés par nature de la clientèle. On distingue alors les crédits accordés
aux particuliers, caractérisés par un montant et un risque relativement faible , et les crédits
accordés aux entreprises sous la forme d’une autorisation de comptes débiteurs, une avance en
comptes, un contrat de prêts remboursable selon un échéancier fixe, ou sous la forme d’un
engagement par signature n’entraînant à priori aucun débours de fonds pour la banque . les
crédits destinés aux entreprises sont ainsi plus divers, postent sur des montants plus élevés et
sont assortis d’un risque plus important pour le banquier.
   Les crédits bancaires peuvent, par ailleurs, être classés selon leur durée ( crédit à court,
moyen ou long terme) ou selon les possibilités de mobilisation offertes à banque sous la forme
de refinancement des crédits accordés.
   Quelle que soit la nature du crédit, la banque peut être toujours amenée à courir le risque lié
à la défaillance éventuelle de l’emprunteur qui entrave le remboursement à l’échéance des des
montants prêtés. Une telle défaillance peut découler de facteurs externes à l’entreprise
bénéficiaire du prêts, tels que les facteurs relatifs à la situation politique, économique ou sociale
du pays ou à celle de la branche dans laquelle l’emprunteur exerce son activité.
   Par ailleurs, la défaillance de l’emprunteur peut provenir de facteurs qui lui sont intrinsèques
tels que, la stabilité de sa structure financière.
L’évaluation du risque de défaillance de l’emprunteur joue un rôle fondamental dans
l’appréciation du risque de crédit de la banque et dans la détermination des garanties
demandées pour atténuer ce risque.
   En effet, le bilan occupe une place essentielle parmi les documents financiers communiqués
à un établissement de crédits, dans la mesure où il permet de juger l’équilibre de la situation
financière et patrimoniale de l’entreprise demanderesse du crédit. Il présente,
toutefois,l’inconvénient majeur lié à son imprécision ( omission et moins- value )et à son
caractère ponctuelle.
   Pour pallier à cet inconvénient, les banques procèdent, lors de l’étude d’une demande de
crédit, à réajustement des bilans fondé principalement sur la mise en évidence des plus ou
moins values et des actifs fictifs qui viendront en déduction de la de la situation nette de
l’entreprise.



                                                     27
   A partir des documents comptables structurés et redressés, deux catégories de ratios sont
généralement élaborées :
   - les ratios de liquidité :ils définissent l’aptitude de l’emprunteur à faure face à ses
échéances à court terme, compte tenu des besoins de fonds liés à son activité .
   - les ratios de solvabilité : ils traduisent la possibilité dont dispose les créanciers en cas de
cessation de l’activité de l’entreprise de se faire rembourser lors de la liquidation de ses actifs.
Les risques, loin d’être uniquement une contrainte imposée par les emprunteurs, une gestion
efficiente et moderne de ces risques permet de mieux appréhender les facteurs de perte et de
non rentabilité.




                                                 28
SECTION 2 : l’analyse par les flux de fonds (7) :


      L’analyse de l’équilibre financier d’une banque se fait à trois niveaux :
Au niveau des emplois et ressources stables, d’où provient la notion de fonds de roulement, au
niveau des emplois et ressources liés à l’exploitation, d’où provient la notion de besoin de
financement de l’exploitation appelé également besoin de fonds de roulement, et au niveau
des emplois et ressources de trésorerie, d’où on peut dégager la situation de trésorerie.


2.1) Le Fonds de Roulement


      Le fonds de roulement, se définit de deux façon :
L’excédent des capitaux permanents sur les valeurs immobilisées nettes ;
L’excédent des actifs circulants sur les dettes à vue et à court terme.


      Le fonds de roulement d’une banque est donc la différence entre les groupes capitaux
permanents et valeurs immobilisées .


      Les banques de dépôts ont un fonds de roulement positif, les banques d’affaires ont un fonds
de roulement nul et les banques de crédit à long et moyen terme ont un fonds de roulement
négatif.


2.2) le besoin de fonds de roulement


      l’exploitation bancaire donne naissance à des opérations qui sont comptabilisées à l’actif et
au passif du bilan : il s’agit des crédits et des dépôts.
Ces emplois et ces ressources sont beaucoup moins stables que les précédents.





(7)
      Sylvie de coussergue « gestion de la banque », CLET Editions BANQUE




                                                  29
   Certains crédits ont un caractère régulier et sont consentis à un rythme constant tout au long
de l’année, d’autre au contraire ont un caractère plus saisonnier.


   D’un autre côté, les dépôts à vue semblent manifester une plus grande stabilité que les
dépôts à terme. les dépôts à terme sont en général le fait d’entreprises et seraient sujets à des
variations plus importantes que les dépôts à vue.


   Si les emplois et ressources d’exploitation ne s’équilibrent pas au cours de la période
considérée, un solde apparaît , le besoin de financement de l’exploitation .


   Au bilan de la banque il est difficile de distinguer, pour certains nombre de compte qui y
figure, s’ils sont issus de l’exploitation de la banque ou de ses de ses ressources et emplois
stables. C’est pourquoi on conviendra d’ajouter au besoin de financement de l’exploitation le
solde issu des autres comptes financiers.


   Toutefois, les deux concepts déjà définis, le fonds de roulement qui est relativement stable et
le besoin de fonds de roulement, dont le montant est variable ne peut pas parvenir à l’équilibre
obligatoire du bilan.
De ce fait, on analysera la situation de trésorerie qui permettra de réaliser cet équilibre.




2.3) la situation de trésorerie


   Comment les opérations de trésorerie permettent-t-elles de réaliser l’équilibre nécessaire des
emplois et ressources ?


   En effet, si le besoin de financement de l’exploitation excède le fonds de roulement, la
trésorerie de la banque devient négative et de ce fait il faut emprunter afin de faire face aux
échéances.


   Toutefois, dans les banques , le niveau de l’encaisse n’est pas un élément très significatif,
car le régime des réserves obligatoires impose aux banques le maintien d’une encaisse liquide
importante qui n’a pas de rapport avec l’exploitation, puisqu’il s’agit d’un moyen.



                                                 30
  Après avoir explorer les trois niveaux d’analyse du bilan d’une banque , on peut synthétiser
et dynamiser les développements précédents par un tableau des emplois et ressources.




                                             31
            *
Ce tableau des emplois et ressources permet d’ éclaircir les idées avancées ci-dessus :


                   EMPLOIS                                        RESSOURCES


(+)                             Variation de la trésorerie                               (-)
-Réserves obligatoires                                  -Dépôts d’autres banques
-Dépôts auprès d’autres banques                         -Emprunts sur le marché monétaire
-Prêts sur le marché monétaire
-Remboursements d’emprunts sur
le marché monétaire
(+)                Variation du besoin de financement de l’exploitation               (-)


-Crédits distribués                                       -Dépôts de la clientèle
-Diminution des dépôts de la                              -Remboursements de crédits
clientèle
(+)                  Variation du fonds de roulement                               (-)


-Immobilisations                                          -Apport en capital

-Achat de titres                                          -Cession de valeurs immobilisées
-Remboursement d’emprunt
obligataire
-Distribution de bénéfices





*
 S.Coussergue,éditions CLET, 1976




                                                 32
Section 3 : l’analyse financière par la méthode des ratios


      Bien que la performance financière ne soit plus l’unique indicateur de performance pour la
banque, elle reste l’élément central et le premier objectif dans la stratégie de la banque.

 Notion de ratio :

      Un ratio est un rapport entre deux grandeurs caractéristiques. Les ratios sont exprimés en
diverses unités : %, durée, nombre de fois...

      Ils permettent de suivre l’activité et les conditions d’exploitation de l'entreprise (tableaux de
bord) Ils peuvent être utilisés pour suivre les performances de l'entreprise au cours d’exercices
successifs ou pour des comparaisons intra sectorielles. Ce sont donc des outils d’aide à la
décision.

      L’analyse par les ratios a pour objet montrer les forces et les faiblesses de l'entreprise. Il
convient de sélectionner les ratios les plus significatifs compte tenu de la situation et de la
problématique de l'entreprise.

      Par définition les ratios montrent les liens existant entre les différentes parties de
l’entreprise. Ils mettent en évidence les relations importantes et les rééquilibrages nécessaires
entre les différents services(2).

      Donc, cette méthode de ratios qui consiste à mettre en rapport les données comptables les
plus significatives, est un moyen d’étudier la structure financière et la gestion d’une banque. Il
existe un grand nombres de ratios possibles mais il est indispensable de sélectionner ceux dont
le pouvoir explicatif est le plus pertinent.





(8)
      Ciaran Walsh, les ratios 1998 p-72

       Principe d’analyse par les ratios :




                                                    33
       Les ratios mettent en rapport certains éléments de la structure avec l’activité et
   inversement.

       Leur calcul nous fournit des nombres significatifs qui ont une valeur relative par
   rapport :

        Aux autres ratios calculés.

        Aux même ratios calculés pour l’année précédente : une augmentation des ratios
           peut traduire une amélioration ( ou détérioration ) de la rentabilité.

        Aux même ratios calculés pour d’autres entreprises

        Enfin certains ratios sont valables pour certaines affaires mais inapplicables pour
           d’autres.

    Interprétation des ratios :

   Etant donnée la facilité du calcul des ratios, leur interprétation constitue la clé de voûte qui
justifie leurs utilités pour l’analyse financière. En règle générale pour une interprétation
objective, le dénominateur d’un ratio constitue l’élément de référence auquel est comparé le
numérateur.

   L’approche la plus élémentaire pour l’interprétation des ratios financiers classe les postes
des états financiers ( bilan ) , en bonnes et mauvaises catégories ; la première intègre les actifs,
les revenus, et les rendements des actions (titres )alors que la seconde catégorie englobe les
engagements ( dettes ) de l’entreprise et les dépenses ( charges ).

    Méthodes d’analyse par les ratios :

   La multitude des méthodes ou techniques d’analyse par les ratios justifie le vaste recours à
   cet outil.

   Ces techniques sont soit de type statique soit de type statique dynamique.

            Approches statiques : ces approches sont basées sur le calcul des ratios et leur
                comparaison longitudinale à un instant donné et abstraction faite de l’évolution
                et de l’effet temps.




                                                 34
            Méthodes dynamiques : basées sur les modèles statistiques, l’approche générale
               d’une telle méthode est de considérer des séries chronologiques des ratios et les
               examiner à travers des modèles statistiques systématiques afin de déceler le
               comportement implicite de telles séries et dégager des tendances pouvant être à
               la base de toute prévision.

Cette méthode dynamique d’interprétation de ratios fera l’objet de notre partie empirique.

    Classification des ratios

Trois groupes de ratios seront distingués : les ratios de structure, les ratios de rentabilité et
les ratios de gestion.

    Ratio Cooke :

   Toutefois, il est indispensable d’étudier les ratios de solvabilité : ratio Cooke qui n’est
d’autre qu’un ratio prudentiel imposé aux banques et qu’il a pour objectif d’établir une certaine
proportionnalité entre les fonds propres et les engagements de la banque afin de maîtriser son
risque.

 Ce ratio est égal : fonds propres/engagements

   La valeur minimale exigée pour le ratio Cooke, en Tunisie, est de 8% (2).

 Toutefois ce ratio ne sera pas utilisé dans notre étude vue la complexité des éléments qui le
composent et le manque d’informations concernant les catégories de crédits dans le bilan.




3.1) les ratios de structure

   Les ratios de structure financière visent à mesure l'importance des dettes par rapport aux
autres sources de financement des activités de la firme. Ils permettent donc aux créanciers de
mesurer le risque encouru. Il permet aussi aux actionnaires de se faire une idée sur leur part
dans le financement utilisé par l'entreprise. Voici les principaux ratios de structure financière
que nous étudierons.


                                                35
3.2) les ratios de gestion



Les ratios de gestion servent à évaluer la performance des gestionnaires: les ressources
disponibles ont-elles été utilisées efficacement?




Ces ratios seront calculés en comparant le niveau de l’activité de production par rapport aux
capitaux investis dans chacun des postes de l’actif à court et à long terme: donc les actifs ou
ressources sont-ils efficacement utilisés par les entreprises ?




3.3) les ratios de rentabilité

   La rentabilité d'un établissement de crédit représente son aptitude à dégager de son
exploitation des gains suffisants, après déduction des coûts nécessaires à cette exploitation,
pour poursuivre durablement son activité. Il existe plusieurs façons d'apprécier la rentabilité
bancaire, selon l'objectif poursuivi.

La profitabilité ;valeur du marché de l’entreprise/coût de remplacement de l’investissement
(s+d/CR)

Coût de remplacement = taux d’intérêt * invt immob

Market-to-book/ book-to-market

valeur comptable /valeur marchande

valeur du marché = situation nette= nbre d’action*valeur nominale

VM>VC

  Il est unanimement admis que ces ratios expriment les résultats des politiques et des
décisions financières.




                                                 36
   Les décisions financières cherchent à assurer la solvabilité de l’entreprise et à atteindre une
rentabilité acceptable par une bonne utilisation des actifs; ces cette rentabilité qui va être
mesurée par les ratios de rentabilité présentés dans la section suivante.




                                                 37
SECTION 4: Interprétation des ratios du secteur bancaire



   Les soldes intermédiaires de gestion (9) :

     L'équilibre rentabilité/risque ne peut pas toujours être apprécié par le seul examen du
  résultat net, qui est un solde intégrant parfois des produits ou charges non récurrents qui
  peuvent masquer la structure de la rentabilité des établissements. C'est pourquoi l'analyse de
  celle-ci passe par la mise en évidence de soldes intermédiaires de gestion qui permettent
  d'identifier les éléments ayant concouru à l'obtention du résultat final. Ces soldes sont Le
  produit net bancaire (PNB ), Le produit global d'exploitation (PGE ), Le résultat brut
  d'exploitation (RBE), Le résultat brut d'exploitation (RBE), Le résultat d'exploitation (RE)



         -   Le produit global d'exploitation (PGE), est un solde intermédiaire qui ajoute
             au PNB, les produits accessoires et divers, les plus-values nettes de cession sur
             immobilisations corporelles ou incorporelles, les plus values nettes de cession
             sur immobilisations financières et les dotations nettes aux provisions sur
             immobilisations financières.


             - Le résultat brut d'exploitation (RBE) s'obtient en retranchant du PNB,
             majoré des produits accessoires, le volume des frais généraux et des dotations
             aux amortissements. Il permet d'apprécier la capacité d'un établissement de
             crédit à générer une marge après imputation du coût des ressources et des
             charges de fonctionnement.
             C’est la marge qui se dégage de l’activité courante de la banque après déduction
             des charges d’exploitation. Ces charges, appelées également frais généraux, sont
             constituées des charges personnels et des frais généraux, mais également de
             dotations aux amortissements, impôts et taxes
             - Le résultat d'exploitation (RE) correspond au RBE diminué des dotations
             nettes aux provisions d'exploitation. C'est à ce niveau que la notion de risque est
             prise en compte.




                                              38
           - Le résultat net (RN) intègre, outre le résultat d'exploitation, les autres produits et
           charges de caractère le plus souvent exceptionnel, les dotations au fonds pour
           risques bancaires généraux et l'impôt sur les sociétés.


   Le tableau 1 ci-après met en évidence la diversité des résultats d'une catégorie à une autre,
observés sur la période 1986-2000.



    Interprétation du tableau 1

      S’agissant tout d’abord du Produit Net Bancaire (PNB ), on constate que la part relative
   des banques commerciales Tunisiennes dans ce solde de gestion s’accroît d’une année à
   l’autre. On trouve un taux de croissance de l’ordre de 14% pour les quinze années
   observées.




      Nous remarquons que cette croissance du Produit Net Bancaire est accompagnée d’une
   faible croissance du Résultat Brut d’Exploitation (RBE).

      Enfin, on retrouve au niveau du Résultat Net (RN ) les mêmes évolutions.




   

   (10) www.senat.fr




      Le résultat net des banques commerciales Tunisiennes a passé de 2211,5 mD en 1986 à
   22276 mD en 2000.




4.1) Interprétation des ratios de structure de la firme bancaire ( Tableau 2 )




                                                39
 R1 = opérations avec la clientèle de l’actif du bilan / total bilan


   En effet, ce ratio peut être exprimé d’une autre façon ;
R1=total crédit / total bilan
On l’appelle d’ailleurs, ratio de distribution de crédit , ce ratios exprime la part dans le bilan des
crédits fournis par la banque.
   Les banques de dépôt Tunisiennes ont vu leurs parts de crédits distribuées augmenter par
rapport au total bilan de 68 ,44% en 1999 à 72 ,04%en 2000 soit 5 ,26%.


   Cependant la proportion de crédits distribués par les banques de dépôt Tunisiennes a fluctué
d’une façon arbitraire tantôt vers la hausse tantôt vers la baisse entre 1986 et 1999. Notons une
certaine stagnation au cours des années 1990 et 1991.
   Toutefois ces données ne permettent pas de nous informer sur la qualité du crédit accordé et
non plus sur le type de la clientèle.


 R2= opérations avec la clientèle du passif du bilan /total bilan


   Ce ratio est appelé ratio de collecte de dépôt ,il exprime le rôle de la clientèle dans la
collecte de dépôts d’une banque.


   L’activité de collecte de dépôt auprès de la clientèle a augmenté de 58,64% à 62%
respectivement pour les années 86 et 87, et a continué à augmenter jusqu’à 1988 et diminue en
1989et continue à diminuer puis reprend avec des fluctuations plus ou moins importantes au
cours des années (entre 1990 et 1998) pour atteindre un pic de 72 ,81% en 1999 puis diminue
en 2000 et prend 69,41% .


 R3= opérations de trésorerie actif / Total bilan


   Ce ratio exprime la part dans le bilan des opérations de trésorerie effectuées par la banque.
On l’appelle aussi ratio de liquidité


 R4=Crédits / dépôts


                                                 40
   C’est un ratio de la situation des opérations avec la clientèle.


   Ce ratio montre la capacité de la banque ou son incapacité à financer les crédits accordés
aux clients à partir des ressources provenant de la clientèle .
   Cela nous ramène aux techniques d’affectations du coût des capitaux « Techniques des pool
multiples de CAUSSERGUE ».


   Ce ratio, dans notre cas, prend des valeurs entre 0 et 1 pour la période allant de 1986 à 2000.
   En 1999 ,il a pris comme valeur 0,9558% c’est à dire que les banques distribuent des
crédits à la clientèle moins qu’elles ne collectent de dépôts mais ce ratios a atteint un taux de
1,058% .
   Cela nous ramène à conclure que les banques Tunisiennes ,en moyenne, financent moins
leurs prêts par les ressources de la clientèle.


 R5=Commissions / PNB


   Ce ratio est appelé ratio de rentabilité ; c’est un ratio de structure du produit net bancaire. Il
est nécessaire de répartir le PNB entre celui qui est issu de la pure activité d’intermédiaire
financier c’est à dire la collecte et la redistribution des capitaux et celui issu de la prestation de
service.


   Ceci revient à distinguer au sein du PNB entre les intérêts ou loyer et les commissions.


   Cette distinction est importante car plus la part de la marge en intérêts est élevé plus le PNB
est sensible aux variations du taux d’intérêt.


   Ce ratio, s’il est élevé, montre que les banques ont fait un effort à la fois pour renforcer leur
tarification, dans la mesure du possible, mais surtout pour diversifier l’origine de leurs revenus.


   Les commissions représentaient 16,12%du PNB en 1986 et cette proportion a augmenté
pour atteindre 20,42%en 2000 en subissant des fluctuations tout au long des années entre 19866
et2000.



                                                  41
 R6=capitaux propres / valeur immobilisée


   Ce ratio détermine la source de financement des immobilisations par les capitaux propres.
   Ce ratio est en moyenne de 3,7% c’est à dire que les capitaux propres couvrent presque
quatre fois les valeurs immobilisées ,les banques de dépôts Tunisiennes ont donc un fonds de
roulement positif.


4.2)   interprétation des ratios de gestion ( Tableau 3 )


 R7=Frais généraux / PNB


   C’est le ratio de productivité générale.
Le ratio de productivité générale donne une idée sur la rigueur de la gestion puisqu’il indique
les parts du produit net bancaire absorbées par les frais généraux.
   L’objectif visé par la banque est que les frais généraux évoluent moins vite que le PNB afin
qu’elle puisse réaliser les économies de coût lorsqu’elle augmente son activité.


   Pou les banques de dépôts Tunisiennes , ce ratio a évolué dans le bon sens, c’est à dire , vers
la baisse , il a diminué de 74,02% en1986 à 53,5% en 2000 soit 27,72%




 R8=PNB / Total bilan


   Il s’agit du ratio de production, ce ratio est un bon indicateur de la productivité globale
d’une banque car il permet de donner une idée sur la marge dégagée de l’activité
d’intermédiation.




                                                42
   Le ratio de production a été presque stable entre 1986 et 1988, il a diminué en 1989 pour
prendre 2,89% et reprend à un taux d’une moyenne 3% entre 1990 et 1995 puis, augmente
pour atteindre 4,38% en 1996 et on remarque une chute de ce ratio en 1997 pour un taux de
1,59% et puis, une certaine stagnation autour de 4% entre 1998 et 2000.


4.3) Interprétations des ratios de rentabilité ( Tableau 4 )


   La rentabilité économique peut être appréhendée à travers le coefficient de rentabilité (ou
return on equity :ROE) tandis que la rentabilité financière peut être mesurée à travers le
coefficient de rendement (return on assets : ROA).


 R9=Bénéfice net / Capitaux propres ( ROE )


   C’est le ratio de rentabilité des fonds propres : ce ratio mesure la capacité bénéficiaire d’une
banque « Il doit être interprété avec précaution car un ratio élevé reflète parfois une
insuffisance de fonds propres plutôt qu’une rentabilité satisfaisante ».


   Pour les banques de dépôt Tunisiennes, ce ratio a augmenté de 8,61% en 1986 à 17,18% en
1990 atteignant ainsi son maximum et puis diminue progressivement et puis reprise de
l’augmentation pour atteindre 12,06% en 2000.


 R10= Benefice net / Total bilan ( ROA )


   Il s’agit du ratio de productivité globale, on parle aussi du ratio de rentabilité de l'actif.
   Ce ratio indique la rentabilité de tous les capitaux utilisés par la banque.
Ce ratio est parmi les ratios les plus utilisés pour mesurer les performances des banques, pour
notre exemple , ce ratio est passé de 0,43% en 1986 à 0,52% en 1988 puis, il a évolué pour
atteindre 1,08% en 1996 et a chuté en 1997 et 1998 pour arriver à 0,99% puis, il a repris un
taux de 1,17% en 1999 et 1,22% en 2000.


   Ce ratio indique dans quelle mesure l’activité d’intermédiaire financier dégage une marge.




                                                  43
Conclusion
   Le calcul d’un ratio génère-t-il un nombre significatif ?la littérature actuelle en analyse
financière a débattu cette idée et fait révéler des doutes à propos de la validité statistique des
ratios financiers que se soit sur le plan théorique qu’empirique.

   L’évaluation des performances des banques à travers entre autre outils, les ratios financiers
individuels, souffre toujours d’un manque important qui entrave l’analyse à savoir l’absence de
critères d’évaluation ou de références objectives servant de normes.

Dans ce chapitre nous avons présenté les principaux ratios financiers dont la plupart va va nous
servir dans la partie empirique de ce mémoire, ce chapitre, bien évidemment, n’est pas
exhaustif, il y a une multitude d’autre ratios financiers, mais le but principal de ce travail ne pas
de faire une présentation descriptive de ces ratios, mais de montrer comment ces mesures de
base comptable peuvent être utilisées dans l’analyse financière.




Tableau 1 :




                                                 44
              Années     PNB ( mD )    RBE ( mD )    RN ( mD )
              1986       14958.6       3102.6        2211.5
              1987       17035.3       3270.8        2419.3
              1988       19175.2       3094.1        3011.5
              1989       21428.4       3747.1        3673.1
              1990       26971         5789.8        5153.3
              1991       29166.5       5560.7        5481
              1992       33496.2       6241.6        6071.7
              1993       38214.8       6180.9        6721.8
              1994       41941         6687.9        8585.8
              1995       46977.2       9021.5        10217.6
              1996       55933.8       13029         12654.8
              1997       60898.3       16236.8       12942.4
              1998       64442         16610.5       15502.7
              1999       75253         22332.6       17526.3
              2000       86305.6       27534.9       22276




    Tableau 2 :




                        RATIOS DE STRUCTURE
 R1=Opérations         R2=opérations R3=          R4=crédits/dépôts R5=commissions/PNB   R6=capitaux
     avec la           Avec la        opérations                    ( en % )             Propres/
    clientèle de       clientèle      De                                                 Valeur
      l’actif          Du passif      trésorerie                                         immobilisée
du bilan/total bilan   Du bilan/total Actif/total
       ( en %)         bilan          bilan
                       (en % )        ( en %)


                                               45
1986   58.55           58.64        6.17       1.0135            16.12       2.8522
1987   61.63           62.00        7.48       1.0637            17.27       2.7757
1988   59.63           64.92        13.95      1.0247            21.16       2.6405
1989   53.42           56.71        16.88      0.9792            22.51       2.3179
1990   60.06           53.47        14.08      1.1760            20.80       2.2798
1991   60.68           51.47        14.09      1.2485            24.23       2.8809
1992   64.22           51.37        12.06      1.3211            24.74       3.3953
1993   66.50           51.75        12.47      1.3553            22.79       3.4945
1994   65.86           53.93        11.78      1.2830            26.55       3.3647
1995   71.89           52.51        9.70       1.4296            28.38       4.2898
1996   65.91           56.05        12.47      1.2159            25.79       4.8859
1997   64.88           58.78        10.77      1.1230            27.99       4.8510
1998   64.79           58.12        10.39      1.1392            28.16       4.8595
1999   68.44           72.81        14.95      0.9558            19.87       5.1668
2000   72.04           69.41        10.72      1.0589            20.42       5.5281




         Tableau 3 :




                                            RATIOS DE gestion en %

                               R7=frais                 R8=PNB/Total bilan


                                              46
                     généraux/PNB

              1986         74.02                3.01
              1987         65.17                3.33
              1988         66.23                3.09
              1989         65.37                2.89
              1990         61.21                3.19
              1991         67.69                3.16
              1992         62.47                3.40
              1993         59.08                3.64
              1994         61.04                3.84
              1995         60.12                3.91
              1996         59.07                4.38
              1997         56.62                1.59
              1998         58.39                4.05
              1999         54.05                4.92
              2000         53.50                4.72




Tableau 4 :


                        RATIOS DE RENTABILITE en %
                     R9=bénéfice net/ R10=bénéfice net/
                     Capitaux propres Total bilan


                                    47
    1986   8.61         0.43
    1987   10.24        0.43
    1988   13.27        0.52
    1989   14.69        0.55
    1990   17.18        0.64
    1991   15.23        0.64
    1992   13.48        0.65
    1993   13.46        0.65
    1994   15.10        0.81
    1995   13.89        0.92
    1996   14.87        1.08
    1997   13.87        0.91
    1998   14.95        0.99
    1999   11.51        1.17
    2000   12.06        1.22




.




                   48
Chapitre 3 ;modèle d’ajustement
dynamique des ratios financiers




Introduction :

L’évaluation des performances de l’entreprise à travers les ratios financiers individuels souffre
toujours d’un manque important qui entrave l’analyse à savoir l’absence de critères
d’évaluation ou de références objectives servant de normes.

Les essaies de normalisation des performances ont fait l’objet de plusieurs travaux des
analystes soucieux d’instaurer des normes sectorielles que les entreprises peuvent se fixer
comme cibles à atteindre.

Les principaux obstacles à de tels travaux se rapportent essentiellement à la notion du secteur, à
celle de la norme ainsi qu’à celle de la cible.



                                                  49
Section 1 :Normes du secteur comme cibles pour les ratios financiers

A travers cette section nous essayerons de présenter les notions de secteur, de la norme ainsi
que celle de la cible tout en insistant sur leurs particularités et leurs rapports avec les ratios
financiers et leurs ajustements.

Ainsi, parait-il important de commencer par examiner la notion de secteur, ensuite nous
traiterons la notion de norme et son utilité.

Nous insisterons sur les essaies de normalisation et de standards adoptés par la firme bancaire.
Enfin, nous clôturons cette section par l’introduction de la notion de cible afin de définir et
déterminer la cible.

1.1) la notion de secteur :



                                                  50
Les particularités de chaque secteur d’activité exigent le traitement de l’information au niveau
sectoriel pour bénéficier de leurs homogénéité. La maturité, l’intensité capitalistique, le
rendement et les risques inhérents à chaque secteur sont autant de critères de différentiation
militant en faveur de l’approche sectorielle.

En outre, les différences sectorielles dans les ratios financiers devront être significatives sinon
l’examen des déviations des ratios d’une firme donnée de la moyenne du secteur serait vain et
sans utilité.

Une définition commune de la notion de secteur est basée sur la notion économique de
l’élasticité. Dans la littérature d’analyse des états financiers existe une hypothèse typique
stipulant qu’un secteur est un ensemble de produits qui sont raisonnablement homogènes selon
le « produit final ».

En effet, les données individuelles sont utilisées pour la prévision de la performance sectorielle
future de la firme.




1.2) La norme sectorielle :

   Pour minimiser la part de subjectivité dans l’analyse et par souci de la fiabiliser et valoriser
les résultats révélés, les analystes font recours à la notion de norme.

L’évaluation de la performance de la firme par quelle technique que se soit, entre autres, les
ratios financiers, n’a pas échappé à la règle de fixation de normes.

Les effort de normalisation déployés par les théoriciens et par les organismes financiers,
bancaires et autres ont abouti à des essais de normalisation portant sur soit des outils ou
méthodes statistiques soit sur des normes idéales exprimant le cumul d’expérience des
praticiens.

   Les techniques de calcul des normes de secteur ayant le mérite d’être considérées sont assez
variées. Elle concernent, la moyenne, la médiane et le mode.




                                                 51
La moyenne ou la médiane c'est-à-dire le ratios moyen et le ratio médiane expriment une
tendance centrale dans les performances sectorielles. Ces deux techniques sont conseillées pour
les entreprises à moyenne ou faible performance voulant se maintenir au niveau central moyen
du secteur.

Concernant le mode, il exprime une performance supérieure et est en général préférable pour
les entreprises performantes voulant se comparer aux meilleurs entreprises du secteur.

1.2.1) la moyenne :

l’analyste est en mesure d’effectuer une comparaison plus fiable et plus util en ayant recours à
la moyenne du secteur. Mais s’agissant d’une moyenne arithmétique ou d’une moyenne
pondérée qui est retenue comme norme ?

   la moyenne arithmétique s’obtient par le quotient de la somme des valeurs des ratios par leur
nombre. Elle constitue un paramètre de position centrale très utilisé.

   La moyenne se calcule en affectant aux ratios des poids exprimant les tailles, par exemple
des firmes bancaires retenues.

Il n’y a pas de prescriptions générales qui peuvent être avancées concernant les choix entre les
moyennes. Il faut noter que la plupart des données sur les ratios financiers publiés sont basées
sur un processus des moyennes simples des ratios individuels où des poids égaux sont associés
à chaque firme bancaire.

1.2.2) la médiane :

la médiane d’une série de ratios est la valeur du ratio telle que l’effectif ( ou fréquence ) des
valeurs qui lui sont inférieurs égal à celui des valeurs qui lui sont supérieures. C’est donc la
valeur du ratio qui partage la série ordonnée ( de ratio ) en deux groupes d’effectifs égaux.

1.2.3) le mode :

   Le ratio modal correspond à la valeur ayant le poids le plus élevé, son utilisation vient
combler les insuffisances des statistiques de tendance centrale telles que la moyenne ou la
médiane. L’entreprise qui se fixe le ratio modal comme norme à cibler essaie ou y de se
comparer aux firmes les plus performantes du secteur.

Quelle que soit la formule retenue, il faut être conscient des limites propres à chaque méthode.


                                                 52
1.3) ratio cible :

nous avons passé en revue des ratios financiers pouvant servir de mesure des
performances financières de la firme bancaire ainsi que les différentes normes
servant de références pour juger de leur performance . mais cela ne suffit pas pour
une analyse complète de la firme, et ne permet pas de juger convenablement
quel ratio est faible et quel ratio est élevé. Un besoin apparaît pour des ratios
cibles auxquels la firme doit comparer les siens. Ceci concernant l’approche
passive d’analyse postérieure à la réalisation des résultats et leurs comparaison.

L’approche active consiste à fixer des objectifs- ratios cibles- et tenter de les
atteindre. La cible peut correspondre à la norme du secteur, ainsi, la moyenne du
secteur peut être retenue comme cible.

En effet, les ratios individuels peuvent être pondérés par des poids égaux
considérant sur le même pied d’égalité toutes les firmes du secteur bancaire.




                                          53
Section 2 :Notion d’ajustement des ratios financiers

L’équilibre économique, financier ou autre est la situation désirable voir nécessaire de la bonne
marche d’un système. Néanmoins, vu la vivacité de la concurrence et les risques inhérents aux
activités bancaires, elles se trouvent en état de déséquilibre. Pour rétablir l’équilibre interne et
externe, il est d’usage en analyse financière de recourir à l’équilibre financier mais la notion de
l’ajustement est-elle applicable en finance d’entreprise ?

2.1) Notion d’ajustement :

l’évaluation de l’équilibre financier d’une firme repose sur un certain nombre de
règles classiques.

La règle de l’équilibre financier minimum se base sur la nécessité de l’existence d’une certaine
corrélation entre le degré de liquidité des emplois et le degré d’exigibilité des ressources, et
travers le respect de cette règle et autres , la firme peut se garantir un équilibre financier
assurant sa liquidité, sa solvabilité, son activité et sa rentabilité.

En réalité, l’évaluation de ces performances, par quel outil que se soit, révèle souvent des
déviations par rapport aux bonnes règles et plus exactement par rapport à des normes de
référence, d’où le besoin incessant de les ajuster et les ramener à un état sisons, tolérable.

De ce fait, l’ajustement des performances financières de la firme bancaire est un ensemble de
mesures permettant le redressement de la situation financière de celle-ci par référence à des
normes et des règles données. Et le recours au modèle de l’ajustement des ratios financiers

                                                   54
constituait un dépassement de la notion de l’analyse statique et une « relance » pour l’analyse
par les ratios en lui donnant une dimension dynamique. En effet, l’ajustement se réfère à un
ensemble de mesures correctives et de redressements prises par les ayants pouvoir pour
ramener les performances à un état d’équilibre ou un état tolérable et acceptable.

2.1.1) Ajustement partiel :

le modèle d’ajustement partiel explicite le fait que l’ajustement, grâce à des mesures de
redressement, d’une quantité Yt , à une quantité désirée (optimal ) Y*t, au cours d’une période
donnée, ne peut se faire que partiellement du fait de rigidités techniques, psychologiques, ...

concrètement, ce modèle est schématisé par un processus qui fait correler des variables
endogènes dépendantes avec des variables dépendantes retardées, introduites parmi les
variables exogènes indépendantes .

le modèle de B.Lev (1969), correspond à un processus d’ajustement dynamique des ratios
financiers de l’entreprise à un ratio cible. Il s’écrit comme suit :

                     Yjt = Yjt      -1   +  ( Y*jt – Yjt     -1 )              (1.1)

Où Yjt       : représente le ratio financier de la firme j à la période t.

    Yjt   -1 : représente   le ratio financier de la firme j à la période t-1

            : c’est la vitesse d’ajustement comprise entre 0 et 1

    Y*jt     : c’est le ratio cible.

Plusieurs développements mathématiques ont été effectués par les auteurs pour enrichir cette
notion de modèle d’ajustement, mais sont restés tourner autour de l’équation de base ( 1.1 ).

2.1.2) Utilité de l’ajustement :

l’ajustement des ratios financiers utilisé pour la normalisation des performances financières de
la firme est d’utilité multiple.

D’abord, il permet au chef d’entreprise de constituer un tableau de bord fonctionnant comme un
système de clignotants auquel les ratios de l’entreprise seront continuellement comparés. Les
écarts dégagés seront analysés afin d’établir des mesures correctives.


                                                     55
Ensuite, la méthode d’ajustement permet au dirigeant de maîtriser l’effet et l’évolution
contradictoires de la rentabilité et du risque.

Enfin, la vocation stratégique de l’ajustement reside dans le ait qu’il permet aux dirigeants
responsables d’agir sur leur politiques futures.




2.2) validation des ratios :

   Le test préalable à l’ajustement doit porter sur la distribution des ratios financiers pour
déceler ceux qui sont valables pour mesurer les performances de la firme bancaire. La
conclusion générale qu’on peut tirer à partir de plusieurs efforts de recherches étant qu’un
nombre restreint de ratios ont une capacité de description et prévision importante. Ainsi,
retenons nous, pour les besoins de notre étude, sept ratios qui appartiennent à trois familles, la
famille de structure, de gestion et de rentabilité.

Famille        Ratios retenus                              signification
Structure      R1=opérations de trésorerie de l’actif      Disponibilité en matière de liquidité.
               /total bilan


               R5= Dette/capitaux propres                  Traduit l’autonomie financière.

Gestion        R4= frais généraux/ PNB                     -la part du PNB absorbée par les frais
                                                           généraux.
                                                           -rigueur de la gestion.

               R6= PNB/ Total bilan                         mesure de la marge dégagée par
                                                           l’activité d’intermédiation.

               R7= Capitaux propres/ (dépôts +             Solvabilité.
               ressources spéciales + emprunt )

Rentabilité R2= Bénéfice net / capitaux propres.           -capacité bénéficiaire.
                                                           -rentabilité des capitaux investis.

               R3= bénéfice net / total bilan              Résultat net lié à l’ensemble de
                                                           l’activité.



2.3) Ajustement sectoriel ou interentreprises :



                                                   56
La nouveauté apportée par ce modèle réside dans le fait que les données de toutes les
entreprises seront empilées pour tester globalement l’ajustement des ratios au niveau du secteur
entier.

Certes, l’ajustement des ratios à une norme est un processus nécessaire emais l’utilité et la
validité du test dépend de la pertinence de la norme.

   Dans notre étude, nous utiliserons la moyenne comme principale référence, donc, la
moyenne simple de chaque ratio retenu sera calculée pour le secteur bancaire pour obtenir les
séries des écarts entre celle-ci et le ratio pour la même période.

2.4) L’échantillonnage :

    Le choix des banques de dépôts, des ratios et de la période a été contraint par la
disponibilité de l’information comptable. Le secteur bancaire comportant dix banques de
dépôts, sept ratios, dix sept ans, telles sont les dimensions de l’échantillon utilisé pour tester le
modèle d’ajustement.

Les données utilisées, pour mener l’analyse empirique proviennent des rapports annuels publiés
par l’Association Professionnelle des Banques de Tunisie (APBT) relatives aux bilans et aux
comptes de résultats.

La période couverte par notre étude s’étend de 1986 à 2002, soit dix-sept années, mais vu
l’existence d’une variable retardée d’une année dans le modèle, la période sera effectivement de
seize ans, ce qui fait un total de cent soixante ( 160 ) observations.

Elle se rapporte à dix banques commerciales tunisiennes, à savoir : BH, UIB, BIAT, ATB,
STB, BNA, BT, UBCI ,BS et AMEN BANQUE .

La finalité de ce test est de vérifier s’il y’a ajustement des ratios et dans combiens d’années
pour le secteur bancaire.

On a deux hypothèses sous jacentes à ce travail qui sont :

    1- les ratios représentent une mesure fiable et pertinente des performances de l’entreprise.

    2- Les banques de dépôts Tunisiennes utilisent, en pratique, les ratios comme outils de
          gestion.




                                                  57
Section 3 : modèle de base et extensions

   Dans la littérature traditionnelle d’analyse des états financiers, il est envisagé le désir
d’ajuster les ratios financiers d’une firme à des cibles qui sont basées généralement sur des
moyennes sectorielles.

   J.Lintner ( 1956 ) a utilisé ce modèle pour tester la politique de distribution de dividendes
par les firmes. B.Lev ( 1969 ) s’est en servi pour l’ajustement des ratios financiers aux normes
du secteur. Une façon d’ajuster les ratios financiers à des cibles prédéterminées étant de choisir
parmi les règles comptables celles qui affectent le plus le ratio dans la direction désirée ( baisse,
hausse, ou stabilité ) .

   Le lissage des ratios qu’a proposé B.Lev est défini opérationnellement comme suit : lorsque
la valeur du ratio est au dessus/dessous de la norme standard, les règles qui la diminuent/
augmentent seront utilisées par le management : Le modèle de base de B.Lev ( 1969 ) repose
sur une fonction de comportement de la forme suivante :

Yt – Yt-1= β ( Y*t- Yt-1 )          avec 0< β > 1            (1.1 )

3.1) Présentation du modèle de base :

ce modèle considère la question sur l’évidence empirique de suggérer que les firmes ajustent
leurs ratios financiers à certaines normes cibles. Les résultats du test, utilisant le modèle
d’ajustement partiel, indiquent que les ratios financiers sont périodiquement ajustés à leurs
moyennes sectorielles.

L’équation (1.1 ) postule que le niveau actuel de la variable ( ratio financier ) ; Yt , n’évoluera

que partiellement de sa position précédente ; Yt-1 , vers le niveau cible, Y*t . le montant de

l’ajustement entre les périodes t et t-1 est égal à β (Y*t- Yt-1 ) , et la fraction β mesure la

vitesse d’ajustement. L’importance de β reflète des limitations à un ajustement total causé par

des contraintes technologiques et institutionnelles.




                                                 58
B.Lev suppose que la cible Y*t , est déterminée par une certaine variable observable Xk telle
que :

Y*t = Xk ; k = t-1 ou t                                 ( 2.1 )

La combinaison de ( 1.1 ) et (2.1 ) définit le modèle d’ajustement partiel de B.Lev :

          Yt – Yt-1= β ( X t-1 – Y t-1 )            ( 2.2 )

   Dans le contexte de l’étude, Yt , désigne la valeur observée d’u ratio financier à la période t,

et Y*t représente la valeur du ratio cible pour la période t, spécifié par X     t-1   ; la moyenne du

secteur. Cette équation ( 2.2 ) comportementale postule donc que lorsque la firme observe une

déviation de son ratio par rapport à la moyenne du secteur( X t-1 – Y t-1 ), elle ajustera son

ratio dans la période suivante de telle sorte que la déviation sera partiellement éliminée. A titre
d’exemple, lorsque le ratio est au dessus de la moyenne et égal à 0.5, l’entreprise diminuera la
valeur du ratio, dans la période qui suit, à hauteur de la moitié de la déviation.

   En règle générale, lorsque l’équation ( 2.2 ) est appliquée aux données réelles et le β se

trouve entre 0 et 1, on dira que l’entreprise ajuste les différences dans les valeurs du ratio d’une
année à l’autre et ce par référence à la moyenne du secteur.

Ce modèle peut, ainsi, être utilisé pour tester si les firmes tendent à ajuster leurs ratios
financiers à la moyenne ou à une autre norme du secteur.

   La transformation logarithmique du modèle constitue la première modification opérée pour
capturer les variations annuelles relatives dans le ratio. Etant donnée que le modèle traite les
ajustements des déviations par rapport à une cible, il semble plus raisonnable de supposer que
les déviations relatives sont plus significatives que les déviations absolues.

   La deuxième transformation subie par le modèle concerne l’introduction d’un terme
constant, α , dans le modèle transformé( en logarithme ) et ce pour tester l’hypothèse que α =0
et confirmer que la forme proportionnelle ( sans terme constant) est la plus appropriée pour ce
modèle.

Ainsi, l’équation du modèle devient :




                                                  59
log yt – log yt-1 = α + β ( log xt-1 – log yt-1 ) +u t              (2.3 )

     Les modèles d’ajustement sont des modèles économétriques qui déterminent la vitesse avec
laquelle s’ajustent les variables de décisions ou certains indicateurs de performance de
l’entreprise, vers leurs valeurs cible.

     Bien que le choix de la définition du concept « cible » ne fais pas toujours l’unanimité, il est
admis cependant que la moyenne sectorielle peut être un bon estimateur de cette cible. En effet,
les entreprises observent la moyenne sectorielle en tant qu’un indicateur de positionnement et
essayent par conséquent d’ajuster toutes leurs décisions en fonction de l’écart par rapport au
test du secteur. Dans cette perspective une variable qui admet une vitesse d’ajustement proche
de l’unité reflètera une attitude de prudence que prend la banque à l’égard de cette variable.

     Les estimations du modèle, présentées dans l’équation (2.4 ) ci dessous, s’inscrivent dans lea
logique des modèles d’ajustement et ont pour buts d’isoler dans une première étape, l’effet de
l’inflation sur l’ajustement des ratios sélectionnés.

     Alors l’équation ( 2.4 ) peut être présentées comme suit :

                        yt –yt-1 = α + β ( xt-1 –yt-1 ) +ε t                 ( 2.4 )

où :

yt         : ratio   financier de la firme au temps t

yt-1 : ratio financier de la firme au temps t-1

β : vitesse d’ajustement et sa valeur( théoriquement comprise entre 0 et 1 ) indique comment
une firme ajuste ces ratios financiers envers un niveau cible.

xt-1 : ratio financier désiré ( cible ) au temps t

εt     :    le terme résiduel.




3.2) Les extensions du modèle :




                                                        60
   B.Lev a proposé certaines extensions, que nous nous proposons de développer celles qui
concernent la vitesse, la durée de l’ajustement ainsi que les coûts qui lui sont associés.

3.2.1) La vitesse d’ajustement :

   Rappelons que la vitesse d’ajustement d’un ratio à une cible est mesurée par la valeur du
coefficient β . plus β est proche de l’unité, plus l’ajustement est rapide. (exemple : si β =0.6,
on dira que l’ajustement s’effectue à 60% de la déviation.

3.2.2) la durée d’ajustement :

   la durée d’ajustement se mesurera par la partie complémentaire de β à l’unité. C’est à dire
en fonction de 1- β : plus cette quantité est élevée, plus la durée d’ajustement est longue.
Toutefois, la détermination d’une durée d’ajustement dépend de l’interprétation temporelle du
β estimé. En d’autre terme, si β est annuel, la durée d’ajustement exprimera le nombre de
mois nécessaires pour accomplir l’ajustement ( Exemple ; si β = 0.75 ; l’ajustement est plutôt
rapide et s’opère en ( 1-0.75 )*12 soit 3 mois )

   Lorsque β concerne une durée de plusieurs années et qu’il est constant( ajustement à
rythme fixe ) la durée d’ajustement consiste en le nombre d’année pour l’accomplir. En
considérons le β moyen =0.75 sur une durée globale de 10 ans durant lesquels l’ajustement
s’opère à vitesse constante, celui-ci sera achevé pendant (1-0.75 ) *10 = 2.5 soit deux ans et
demi.

3.2.3) Le coût d’ajustement :

   Le processus d’ajustement n ‘est pas sans coût. L’ étendue de l’ajustement partiel est
optimisée économiquement par deux coûts conflictuels : le coût d’ajustement et le coût de non
ajustement. Le coût d’ajustement reflète le degré de difficulté d’ajuster rapidement un ratio
financier à une cible prédéterminée. Quand au coût de non ajustement, il reflète l’importance,
pour l’entreprise, de la conformité d’un ratio avec une norme cible. Plus ce ratio est loin de la
valeur désirée, plus l’entreprise supporte des coûts supplémentaires injustifiables et/ou des
coûts d’opportunité.

Section 4 : Présentation des résultats et interprétation

                           Méthode d’estimation : MCO et SUR

                                                   61
                               Nombre d’observation : 160




                   constante                β           R2               DW

      R1           0.212712          0.188533       0.064            2.24
                   ( 0.619051 )      ( 0.056901 )
      R2           -0.067734         0.331325       0.147            1.85
                   ( -0.183864 )     ( 0.063390 )
      R3           0.021865          0.251740       0.093            1.86
                   ( 0.930073 )      ( 4.028449 )
      R4           -1.152894         0.441244       0.325            1.87
                   ( -1.637393 )     ( 8.591215 )
      R5           0.199066          0.395944       0.161            1.79
                   ( 1.220071 )      ( 5.547583 )
      R6           0.095324          0.297746       0.058            2.71
                   ( 0.994173 )      ( 3.147425 )
      R7           0.003073          0.190511       0.628            1.81
                   ( 2.095528 )      ( 3.255761 )
(.) t de student
Ainsi, les délais d’ajustement calculés à partir du modèle traditionnel (1.1) se
présentent comme suit :
             yt –yt-1 = α + β ( xt-1 –yt-1 ) +ε t




                                             62
           R1       R2       R3        R4    R5       R6       R7

coefficient 0.18853 0.331332 0.2517 0.44124 0.39594 0.29774 0.19051
d’ajusteme 3        5        4      4       4       6       1
nt
    (β )
délais     4.3041   2.0181   2.9723 1.2663   1.5256   2.3585   4.2491
d’ajusteme
nt en
nombre
d’années




                                  63

								
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