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Revue de presse (DOC)

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Revue de presse (DOC) Powered By Docstoc
					                               Revue de presse
                           - Janvier à Décembre 2010 -
            Consommations à risques, tsunamis silencieux
    * malbouffe * tabac * alcool * médicaments * autres drogues * consommations
                          involontaires et pollutions diverses

* malbouffe
* comportements alimentaires * surpoids, obésité et autres risques * business
agroalimentaire * gaspillage * viande * poissons * huile de palme * sel
* pesticides, OGM, édulcorants et autres produits

* comportements alimentaires
Selon une étude publiée dans Nature Neuroscience, la suralimentation
entraînerait les mêmes mécanismes de dépendance que la drogue. Cette étude,
réalisée par une équipe américaine, montre que des rats de laboratoire nourris de
façon régulière avec des aliments gras développent un appétit compulsif qui les
rend rapidement obèses.
Les rats ont été répartis en trois groupes. « Le premier était nourri de façon saine
et équilibrée, le deuxième avait accès une heure par jour à une nourriture
humaine riche en calories (gâteaux sous vide au chocolat ou au fromage, bacon,
saucisses), le dernier avait accès à ces mêmes aliments gras 23 heures par jour.
Résultat : les membres du troisième groupe ne se montrèrent aucunement
raisonnables, et grossirent à grande vitesse. Des électrodes implantées dans leur
cerveau montrèrent qu'ils avaient développé une tolérance au plaisir alimentaire,
mangeant toujours plus pour obtenir le même degré de satisfaction. Au point de
ne plus être dissuadés dans leur quête effrénée par des chocs électriques,
contrairement aux deux autres groupes ». Le Monde 31/3/2010

« Quand on choisit des aliments pour soi, on sélectionne plus de produits réputés
sains que quand on achète pour les autres. Tel est le résultat d'une étude menée à
l'Université de Miami et publiée dans le Journal of Consumer Research. Il a été
demandé aux participants à l'étude de choisir 4 produits dans une liste de 16.
Quand ils "achetaient" pour eux, leur choix était plus équilibré que quand ils
choisissaient pour une autre personne ». Le Figaro 29/3/2010

L'anorexie mentale se caractérise par un refus de maintenir un poids au-dessus
d'un niveau minimum normal, une peur intense de prendre du poids alors que
celui-ci est inférieur à la normale, la perturbation de l'estimation de son poids,
une aménorrhée (absence d'au moins trois cycles menstruels consécutifs). On
distingue l'anorexie restrictive et l'anorexie avec vomissements.
La boulimie, elle, se caractérise par l'absorption, en une période de temps
limitée, d'une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des

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gens absorberaient en un laps de temps similaire et dans les mêmes
circonstances. Par peur de grossir, le sujet peut avoir des comportements
compensatoires (vomissements, prise de laxatifs...).
Un autre trouble du comportement alimentaire, "l'hyperphagie", se caractérise
par une prise alimentaire démesurée, dans un temps court, mais sans
vomissements.
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) - pas forcément sous leurs
formes les plus graves mais plutôt sous des formes modérées ou transitoires -,
sont en augmentation. C’est le cas notamment, depuis vingt ans, des crises de
boulimie suivies de vomissements provoqués, qui touchent aujourd'hui une à
deux jeunes filles sur dix. Celles-ci confondent la faim et l'envie de manger.
Cette envie de manger est souvent liée à des émotions qu'elles ne savent pas
gérer autrement. Le Monde 3/2/2010

« Chez les garçons, l'anorexie est plus fréquente que chez les filles avant l'âge de
10 ans, mais la tendance s'inverse à l'adolescence. L'anorexie touche 1% de la
population féminine jeune, soit quelque 40 000 adolescentes en France, mais
aussi de plus en plus d'enfants de 8-9 ans et de jeunes gens. Avec les personnes
plus âgées chez qui la maladie est devenue chronique, on estime que cette
maladie concerne à peu près 70 000 personnes.
Les risques sont de tous ordres : cardiaques, digestifs, rénaux, dentaires,
gynécologiques (avec interruption des règles)... L'anorexique se coupe souvent
du monde, et peut tomber dans la dépression, les phobies, l'addiction ou les
conduites suicidaires.
La moitié des anorexiques guérissent totalement, 30% ont des rémissions
partielles, et la maladie devient chronique chez les autres. Le risque de mort est
estimé à 0,5% par année d'évolution.
Il n'y a pas de traitement médicamenteux de l'anorexie. Il est recommandé de la
prendre précocement en charge, avec aide à la reprise progressive de poids, puis
psychothérapie adaptée. Il est bon d'intégrer la famille dans le parcours de soin,
et l'hospitalisation ne se justifie que lorsque le pronostic vital est engagé ou que
l'entourage est anxiogène ». AFP 29/12/2010

35% des Français ont déjà suivi un régime alimentaire. Parmi eux, 57% l’ont fait
afin de perdre du poids, les autres pour raisons de santé ou pour leur bien-être.
Aujourd’hui en France 27/11/2010
       Dans 95% des cas, il y a reprise de poids après un régime. Pire : des
personnes qui n’avaient pas de problème de poids avant leur régime peuvent se
retrouver en surpoids et développer des troubles du comportement alimentaire.
Et les restrictions répétées provoquent de l’ostéoporose, des risques osseux et de
fractures.




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Chaque régime est moins efficace que le précédent, et la reprise de poids plus
importante, car les restrictions alimentaires perturbent durablement le
métabolisme. Aujourd’hui en France 25/11/2010

* surpoids, obésité et autres risques
« Le fait est désormais irréfutable : tout en continuant à souffrir de la faim, les
pays du Sud sont aujourd'hui les premiers touchés par la forte progression
planétaire de l'obésité. Selon les dernières estimations de l'Organisation
mondiale de la santé (OMS), 1,6 milliard d'adultes étaient, en 2005, en surpoids
dans le monde.
Ils pourraient être 2,3 milliards en 2015, et 3,3 milliards en 2030, dont 80% dans
les pays en développement où ce problème était quasiment inexistant il y a deux
générations. […]
Amérique du Sud, Afrique du Nord, Inde ou Chine : presque partout, à
l'exception de l'Afrique subsahélienne, la malnutrition par excès devance
aujourd'hui la sous-nutrition. Au Mexique, pays le plus atteint au monde après
les Etats-Unis et numéro un mondial pour l'obésité infantile, les conséquences
sanitaires de cette "épidémie" sont déjà à l'œuvre : le diabète y constitue la
deuxième cause de mortalité après l'hypertension. L'évolution est également
impressionnante en Chine, où le surpoids concerne désormais près du quart de la
population, et devient un véritable problème de santé publique ». Le Monde
13/7/2010

« Aucun aliment en soi n'est cancérigène ou toxique. Ce qui est nocif, c'est
l'excès de certains produits comme les matières grasses dites riches en acides
gras saturés, graisses animales ou huile de palme... Peuvent être nocifs aussi les
multiples ajouts chimiques que nous ingérons à notre insu : résidus de pesticides
et additifs alimentaires de synthèse. Certains d'entre eux altèrent les capacités de
réparation naturelle qu'ont nos cellules. Personne ne peut affirmer aujourd'hui
que le doublement des cancers depuis vingt-cinq ans ne serait dû qu'au
vieillissement de la population et à l'amélioration du dépistage. Il y a une
épidémie de cancers dans tous les pays qui ont perdu leur alimentation
traditionnelle et qui sont soumis à diverses formes de pollutions ». Le Nouvel
Observateur 25/2/2010

La France compterait désormais 14 millions d'adultes en surpoids, et 6 millions
d'obèses. Le Figaro 28/6/2010

Entre 1997 et 2009, la proportion d'obèses dans la population française adulte
est passée de 6,5% à 14,5%. « Cette hausse continue fait de l'obésité un
problème de santé publique majeur, en raison des risques engendrés - diabète,
maladies cardiovasculaires... - et de son impact sur les comptes de la Sécurité
sociale.


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Les causes sont multiples : manque d'activité physique, patrimoine génétique,
alimentation déséquilibrée... La responsabilité de certains industriels de
l'agroalimentaire, accusés de fournir à bon marché une nourriture trop riche en
calories, est aussi pointée. A commencer par les fabricants de produits qualifiés
de junk food (confiserie, chips, sodas...) ». Le Monde 16/2/2010

Des substances "obésogènes", dans l'environnement, altèrent la capacité de
l'hormone thyroïdienne à réguler un gène qui gouverne dans le cerveau la
sensation de satiété et favorisent les mutations de ce gène (dit MC4R). Le fait
d'être exposé à des polluants dans l'environnement pourrait ainsi mener sur le
chemin de l'obésité. La Croix 2/3/2010
« L'obésité des enfants est un phénomène préoccupant, pas seulement aux États-
Unis, mais aussi en France où les derniers chiffres indiquent que 18% d'entre
eux sont en surpoids et 4% sont obèses. Avec de nombreuses conséquences
notamment l'apparition d'un diabète dit gras chez des enfants, des adolescents,
voire de jeunes adultes, alors que cette maladie est réservée en général aux plus
de 50 ans. Une fois le surpoids installé, la perte de poids est difficile à obtenir ».
Une enquête révèle que les enfants qui prennent régulièrement leur dîner en
famille, ou qui ont une durée de sommeil adaptée à leur âge, ou encore qui ne
regardent la télévision que pendant une durée limitée (moins de deux heures par
jour) souffrent moins d'obésité que les autres. Lorsque ces trois critères sont
réunis, le risque d'obésité est inférieur à 40% par rapport aux enfants ne
répondant à aucun de ces trois critères. Le Figaro 10/2/2010

« Un enfant d'ouvrier a 3,6 fois plus de risque d'être obèse qu'un enfant de cadre
supérieur », selon une étude de la direction de la recherche, des études, de
l'évaluation et des statistiques (Drees). Le Monde 3/12/2010

* business agroalimentaire
L'alimentation génère annuellement un commerce mondial de marchandises de
plusieurs milliards de tonnes, pour un chiffre d'affaires estimé à plus de 4 000
milliards d'euros. Cela aiguise les appétits des délinquants, qui y voient un
moyen de faire vite de l'argent sans gros risque de se faire prendre. De la
mozzarella frelatée aux abattoirs clandestins, les trafics alimentaires en Europe
peuvent prendre la forme de trafic de médicaments vétérinaires interdits (pour
"doper le bétail"), d’abattoirs clandestins, de violation des conditions de
stockage ou de transport de produits alimentaires "congelés, décongelés puis
recongelés", de violation des règles sur les embargos de viandes, pâtes ou
fromages, de déchets alimentaires "mélangés à des produits nobles", etc.
En 2009 les gendarmes français ont relevé plus de 8 000 infractions liées à
l'agroalimentaire. AFP 5/10/2010
« Ce trafic mondial, où se mêlent farines animales, contrefaçon d'aliments de
luxe, commercialisation de mozzarella à la dioxine et de viande aviaire interdite,


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semble se développer à la faveur de deux éléments : la libre circulation des
hommes et des marchandises et la crise économique qui frappe la planète ». Le
Monde 7/10/2010

Plusieurs documentaires abordent le sujet du business agroalimentaire : Le
Cauchemar de Darwin, Le Marché de la faim, La Vie moderne, Le Monde selon
Monsanto, Notre pain quotidien, Food Inc. Le Monde diplomatique 1/7/2010

Le documentaire Le Mystère de la disparition des abeilles (Mark Daniels, Arte éd.,
Paris, 2010, 15 euros) montre « comment la mort de millions de ces insectes met en
danger notre planète et notre alimentation. En effet, premier pollinisateur,
indispensable pour les fruits et les légumes, l'abeille disparaît… Ce phénomène
n'a rien de mystérieux : si plus de la moitié d'entre elles ont péri en Europe, si
elles sont des millions à mourir sur les deux tiers des Etats-Unis, c'est avant tout
en raison de la guerre menée à la nature, depuis 1945, par l'industrie
agroalimentaire. La Chine et l'Argentine connaissent pareilles hécatombes, qui
ne sont que les symptômes de l'utilisation massive de pesticides et de fongicides,
de la monoculture, de la volonté de produire une abeille génétiquement parfaite,
plus rentable, mais moins résistante à ses prédateurs naturels… ». Le Monde
diplomatique 1/7/2010

« Les multinationales de l'agroalimentaire sont prêtes à tout pour produire plus
en dépensant moins. L'industrialisation à outrance les conduit à élaborer des
recettes toujours plus grasses, plus salées, plus sucrées, bourrées d'additifs,
d'arômes artificiels et de conservateurs. Les fruits et les légumes sont dopés aux
pesticides. Leurs résidus s'accumulent dans nos organismes et créent un effet
cocktail dont on ne connaît pas l'impact sur la santé. De nombreux élevages de
volailles ou de porcs sont de véritables usines, où les animaux sont gavés aux
antibiotiques ». L’Expansion 1/3/2010

« Le matraquage publicitaire du public infantile est rentable : l'enfant,
prescripteur et futur consommateur, est devenu une cible privilégiée… Ces
publicités sont identifiées comme la cause directe du surpoids d'un cinquième
d'entre eux. En juin 2008, vingt-trois sociétés de pédiatrie, de cardiologie,
d'épidémiologie et de nutrition ont demandé au ministre de la santé la
suppression de la publicité alimentaire, sur tous les créneaux horaires durant
lesquels les enfants sont présents devant la télévision. En vain.
C'est que beaucoup de médias, télévisions, radios et la plupart des journaux sont
dépendants de la publicité et soumis au chantage "Si vous passez des critiques
de nos produits, gare à la suppression de notre budget chez vous !" ». La Croix
18/2/2010




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« Trop sucrés, trop gras, les petits-déjeuners, goûters et en-cas des enfants sont
de plus en plus déséquilibrés, selon l'UFC-Que Choisir, qui accuse l'industrie
agroalimentaire d'augmenter le marketing télévisé vers les plus jeunes,
contrairement à ses engagements » : 80% des spots de l'industrie alimentaire, en
effet, portent sur des produits trop sucrés ou trop gras.
Les 26% d'enfants les plus exposées aux publicités sont aussi ceux qui
consomment le plus de produits gras et sucrés. Ils sont issus le plus souvent des
catégories socio-professionnelles défavorisées. AFP 7/12/2010

« Les industriels ne reculent devant rien. Lipton estampille son thé Linea d'un
"0 calorie" pour le vendre 50% plus cher qu'un thé vert classique, et le biscuitier
LU garantit aux acheteurs de ses "Petit Déjeuner" un "apport glucidique
régulier", sans préciser qu'ils comportent 50% de graisses de plus qu'un petit
beurre ». L’Expansion 1/3/2010

« Depuis des années, de nombreux produits vendus en grande surface sont
exposés à des rayonnements ionisants afin de prolonger leur durée de
conservation. Une soixantaine de pays, dont la France, autorisent cette technique
de pasteurisation à froid.
Avant d’être mis sur le marché, les produits traversent une enceinte blindée, un
irradiateur, contenant une source de rayonnement ionisant qui les bombarde de
cobalt 60, détruisant instantanément insectes, parasites et d’autres micro-
organismes ».
En France, une quinzaine de produits et ingrédients alimentaires peuvent être
"traités par rayonnements ionisants" : herbes aromatiques séchées ou surgelées,
oignons, légumes et fruits secs, volaille, cuisses de grenouilles, crevettes…
Environ 3000 tonnes de produits sont irradiés chaque année dans l’Hexagone et
plus de 500 000 à l’échelle mondiale.
Le problème est qu’en tuant tous les micro-organismes d’un fruit, on tue aussi
une grande partie de ses vitamines. Aujourd’hui en France 16/10/2010

* gaspillage
« Chaque année, les pays développés jettent entre 30 et 40% de l'alimentation
disponible ». L’Expansion 1/4/2010

* viande
« Le département d'épidémiologie de Harvard a montré en 2006 - dans une étude
longitudinale sur 91 000 infirmières suivies pendant douze ans - que le risque du
cancer du sein chez les femmes en préménopause est deux fois plus élevé chez
celles qui consomment de la viande rouge plus d'une fois par jour comparé à
celles qui en mangent moins de trois fois par semaine. On pourrait donc diviser
par deux le risque de cancer du sein en jouant simplement sur la consommation
de viande rouge. En Europe, la grande étude Epic, qui suit plus de 400 000


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personnes dans dix pays différents, est arrivée à la même conclusion pour le
cancer du côlon : deux fois plus de risques chez les gros mangeurs de viande que
chez ceux qui en mangent moins de 20 grammes par jour ». Le Point 18/2/2010

« De plus en plus d’études scientifiques pointent des liens entre la
consommation de viande rouge et de charcuteries et certaines affections graves,
comme les maladies cardio-vasculaires, l’obésité, le diabète, certains cancers.
[…] 99,5% de la viande consommée en France est industrielle, que ce soit le
porc, le poulet ou le bœuf. Cette viande est chargée d’hormones, d’antibiotiques,
de tranquillisants… […] Quant aux conditions d’élevage, elles frisent parfois la
barbarie. Les veaux, par exemple, sont produits après insémination artificielle.
Avant, le petit restait quatre à cinq mois avec sa mère. Maintenant, il lui est
retiré au bout d’un jour ou deux, mis dans le noir et ligoté pour qu’il ne bouge
pas, car s’il bouge, il fait du muscle et sa viande ne sera plus d’apparence
blanche, mais rouge ». Viva n°251 janv. 2010

Au niveau mondial, la consommation annuelle de viande par habitant est passée
de 30 kg à 41,2 kg en vingt-cinq ans. Rien qu'en Chine, la consommation est
passée de 13,7 kg à 59,5 kg par habitant et par an entre 1980 et 2005. Libération
19/2/2010

Chaque année, un Français mange, en moyenne, 92 kilos de viande, soit près de
2 kilos par semaine et 271 grammes par jour. Viva n°251 janv. 2010

« Mao le disait déjà : "Inutile de faire la guerre aux Américains. Il suffit de les
laisser manger". Depuis, aux Etats-Unis, la malbouffe n'a fait que gagner du
terrain. Deux personnes sur trois sont obèses ou souffrent de surpoids. Parmi
elles, 9 millions d'enfants. Quelque 13 000 enseignes McDonald's se partagent le
territoire. En 1972, les Américains y dépensaient 3 milliards de dollars.
Aujourd'hui, c'est plus de 110 milliards. Les frites sont le plat de "légumes" le
plus consommé aux Etats-Unis. Et la consommation annuelle de viande des
Américains est de 117 kilos en moyenne ». TéléObs 22/4/2010

Les hormones sont encore utilisées dans certains pays, dont les Etats-Unis, pour
augmenter la croissance des animaux en favorisant la rétention d'eau dans les
muscles. Elles ont été accusées d'avoir des effets délétères sur la fertilité
humaine en développant la stérilité masculine. Aux Etats-Unis, plus de 95% de
la viande abattue est traitée aux anabolisants. Trois hormones naturelles
(oestradiol, testostérone, progestérone) et deux artificielles (trenbolone et
zéranol) sont autorisées. Le Figaro 30/6/2010

Pour satisfaire la demande croissante de pays riches qui en consomment trop et
de pays émergents qui en sont de plus en plus friands, la production de viande


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devrait doubler d'ici à 2050 pour atteindre 463 millions de tonnes. Or l'élevage
mobilise aujourd'hui 80% de la superficie agricole totale, 40% de la production
mondiale de céréales et 8% de l'eau douce consommée chaque année.
Il faut entre 9 et 11 kilos de céréales pour produire 1 kilo de bœuf (6 kilos de
céréales pour 1 kg de cochon, et 4 kilos de céréales pour 1 kg de poulet).
L’Expansion 1/4/2010

La FAO, l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture,
s'inquiète de l'impact environnemental de l'élevage. Celui-ci, en effet, capte 8%
des ressources en eau de la planète et produit 13,5% des gaz à effet de serre. La
production d'aliments pour le bétail mobilise le tiers des terres cultivables. Les
Echos 19/2/2010

« Les trois quarts des carcasses de poulet sortant des abattoirs européens sont
contaminées par des bactéries. […] Premier producteur européen de volailles
(avec plus de 821 000 tonnes de poulets produits chaque année), la France est
loin d’être épargnée. 76% des volailles analysées dans des abattoirs français
contenaient des Campylobacter et 7,4% des salmonelles. […] En France, il y a
80% d’élevages intensifs, et les poulets sont parqués au sol à raison de 22 par
mètre carré. C’est une véritable poudrière car, lorsqu’une bactérie s’y
développe, elle se transmet très rapidement d’un poulet à un autre ». Aujourd’hui
en France 18/3/2010

Quand on achète des viandes d’élevages intensifs en France, il n’est pas rare de
trouver une présence d’antibiotiques anormale. Beaucoup de vétérinaires
français les donnent à des bêtes non pour les soigner, mais pour les engraisser
plus rapidement. Télérama 26/6/2010

Le film "L'Europe plume l'Afrique" décortique comment l'industrie
agroalimentaire du poulet affame l'Afrique, inondée de poulets congelés, vendus
à bas prix. « Alors que le blanc de poulet est devenu l'aliment roi du marché
européen - on le scanne au rayon X pour vérifier qu'il n'y a plus aucun os -, les
entreprises se débarrassent de leurs rebuts, abats, ailes, cuisses dans les marchés
africains. Conséquence : l'industrie avicole est mourante et la volaille locale
coûte deux fois plus cher que les morceaux de poulets occidentaux ». TéléCinéObs
21/1/2010

Les petits papiers buvards placés dans les barquettes, sous la viande, ne servent
pas à éponger seulement le sang, mais aussi l'eau. Car ces viandes proviennent
d'animaux gavés d'aliments phosphatés. Le sodium retient l'eau, la viande est
donc plus lourde lorsqu'elle est pesée. Il y a quelques années, on utilisait des
buvards qui absorbaient 15 grammes d'eau. Aujourd'hui, ils sont capables d'en
absorber 40 grammes. Il y a donc de plus en plus d'eau dans les barquettes.
L’Expansion 1/3/2010


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Les trois quarts de la production mondiale de foie gras sont français.
« En 1998, les experts de la Commission européenne ont constaté que "la
quantité importante d'aliments intubés à grande vitesse au cours du procédé de
gavage provoque immédiatement une distension de l’œsophage, une
augmentation de la production thermique et du halètement et l'excrétion de
matières fécales semi-liquides". Ajoutant que le taux de mortalité des oiseaux
pendant la période de gavage (douze jours en moyenne, à raison de deux "repas"
par jour) se situe "entre 2% et 4%, à comparer avec des taux de l'ordre de 0,2%
chez les oiseaux non gavés", le comité scientifique concluait que ce procédé, "tel
qu'il est pratiqué aujourd'hui, est préjudiciable au bien-être des oiseaux" ». Le
Monde 24/12/2010

« Des chercheurs hollandais espèrent cultiver d'ici dix ans de la viande
artificielle à partir de cellules musculaires animales. […]
La piste de la viande in vitro est explorée depuis une dizaine d'années par
plusieurs laboratoires dans le monde. La Nasa, l'agence spatiale américaine, a
été la première à s'intéresser à ce procédé car il pourrait permettre de fournir des
protéines à des astronautes lors d'un long voyage vers Mars. La technique est
directement inspirée de la culture de cellules à des fins biomédicales. […]
Les arguments en faveur de la culture de viande in vitro s'appuient sur
l'accroissement continuel de la consommation mondiale de viande. Au début des
années 1960, elle avoisinait les 70 millions de tonnes par an, mais depuis elle a
explosé. Selon la FAO, elle était estimée en 2007 à 284 millions de tonnes et
devrait doubler d'ici à 2050 ». Le Figaro 11/3/2010

« Que ce soit en Grande-Bretagne, où même aux États-Unis et au Japon où la
vente de "viande clonée" est officiellement autorisée, ce qu’on appelle "viande
clonée" concerne des produits (viande ou lait) issus, non pas d’individus clonés,
mais d’animaux issus d’un géniteur cloné, généralement un mâle qui s’est
reproduit avec une femelle normale. Dans ce cas, on parle d’animaux de 2e
voire de 3e génération dont l’un des ascendants était cloné ». La Croix 6/8/2010

* poissons
Dans les filets des fermes aquacoles de Norvège, des cabillauds difformes
nagent désormais la gueule ouverte, gênés par une dentition protubérante. Ces
poissons ont avalé les déjections de leurs voisins d’élevage, les saumons, quand
ces derniers, menacés par un parasite, subissaient un traitement au
diflubenzuron, un puissant insecticide. La France est le premier pays importateur
de saumon norvégien. Télérama 26/6/2010




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Les poissons de la baie de Seine sont contaminés par des dérivés chimiques
chlorés : les PCB ou pyralènes. Ces rejets industriels, interdits depuis 1987, sont
soupçonnés de déclencher certains cancers. Télérama 26/6/2010

* huile de palme
L'huile de palme, cette matière grasse végétale très bon marché et de piètre
qualité est présente aussi bien dans du lait pour bébé que dans des barquettes de
pâtes fraîches. Le Monde 21/3/2010

« Peu connue du grand public, l’huile de palme est pourtant omniprésente dans
ce que nous mangeons. Chips, biscuits, pain de mie, brioches industrielles ou
encore bâtonnets de poisson et nuggets de poulet, difficile d’éviter cette huile
végétale, essentiellement produite en Malaisie et en Indonésie. Environ un
aliment transformé sur deux en contient ». Avec son coût de production très bas
et ses propriétés exceptionnelles (texture moelleuse des aliments, durée de
conservation, etc.), l’huile de palme est une bénédiction pour l’industrie
agroalimentaire. Mais pas pour les forêts tropicales d’Asie (largement déboisées
pour y pratiquer la culture intensive du palmier à huile), ni pour les humains :
consommée à forte dose, l’huile de palme augmente le risque de maladies
cardio-vasculaires et favorise l’apparition du diabète. Aujourd’hui en France
25/3/2010

* sel
La consommation moyenne de sel en France est d'environ 8,5 g/J (alors que la
quantité recommandée est de 3 à 5 g/J). Elle dépasse 20 g/J chez 20% des
hommes et 5% des femmes. Or il existe une relation prouvée entre le niveau de
la consommation habituelle de sel et la pression artérielle. Le Figaro 15/2/2010

Le sel consommé vient moins de la salière (10% du total) que des aliments
transformés (70%) : 25% viennent du pain, 8% des sandwiches et gâteaux, 11%
des charcuteries, 9% des plats cuisinés, sans oublier les sauces, les quiches, les
pizzas... Or il y a une relation mathématique entre la quantité de sel absorbée et
la pression artérielle, et quand on diminue la quantité de sel, on diminue d'autant
le risque d'accident vasculaire. Et aussi les risques d'ostéoporose, de maladies
rénales -voire d'obésité (le sel accentue l'appétit) et de fragilité osseuse chez les
enfants. AFP 21/10/2010

* pesticides, OGM, édulcorants et autres produits
Selon un sondage réalisé par l'Union européenne, 78% des Français se disent
inquiets des résidus chimiques qui peuvent se retrouver dans leur assiette et 48%
estiment que les autorités publiques ne prennent pas assez de mesures pour les
protéger ». Le Point 2/12/2010



                                                                                  10
« Selon une étude portant sur 3 742 échantillons, réalisée en 2007 par la
direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des
fraudes (DGCCRF), près de 50% des fruits et des légumes vendus dans le
commerce        contiendraient     des     pesticides (herbicides,   fongicides,
insecticides...) ». 7,2% d’entre eux dépassent la limite maximale résiduelle
(LMR), critère supposé interdire leur mise sur le marché. Les dépassements
concernent surtout les poivrons et les piments, les tomates, les poireaux, les
laitues et les épinards. Le Monde 12/5/2010

Un pommier reçoit en moyenne trente-six traitements et un pêcher vingt-cinq,
pour résister aux maladies. Aujourd’hui en France 19/3/2010

En une journée, un enfant de 10 ans est susceptible d'être exposé, par son
alimentation, à 128 résidus chimiques, provenant de 81 substances différentes.
Quarante-deux d'entre elles sont classées "cancérigènes possibles ou probables"
et 5 "cancérigènes certaines". Trente-sept substances sont aussi des perturbateurs
endocriniens (PE). Le Monde 2/12/2010

« Si la législation européenne impose l’étiquetage des produits avec OGM,
environ 80% des viandes, oeufs, laits sont issus d’animaux en ayant consommé
sans que rien ne soit précisé sur l’emballage ». Aujourd’hui en France 4/2/2010

On distingue deux catégories d'édulcorants : les premiers, dits nutritifs, sont
appelés aussi polyols (mannitol [E 421], xylitol [E 967], sorbitol [E 420]...).
Surtout utilisés dans la confiserie "sans sucre", ils apportent 2,4 kilocalories par
gramme contre 4 kcal pour le saccharose (sucre blanc). Les seconds, dits
édulcorants intenses, sont 100 à 1 000 fois plus sucrants que le saccharose mais
ont une valeur énergétique quasi nulle. Les plus connus sont l'aspartame (E 951),
l'acésulfame-K (E 950), le cyclamate (E 952), la sucralose (E 955), et désormais
la stevia, autorisée pour une durée de deux ans. La question de leur innocuité se
pose, en particulier pour l'aspartame. Sciences et Avenir 21/1/2010

L'acrylamide est une substance qui se forme lors de la cuisson de certains
aliments riches en hydrates de carbone (c’est-à-dire en glucides). Cette
substance est classée "probablement cancérigène pour l'homme". De multiples
aliments industriels en contiennent, notamment les chips, les pétales de céréales
du petit déjeuner (mais pas les mueslis). Le Monde 6/3/2010

Présents en quantité parfois importante dans les viennoiseries, biscuits, pizzas,
barres chocolatées et plats préparés, les acides gras trans industriels sont accusés
d'augmenter les risques de problèmes cardiovasculaires voire de cancer du sein.
Sciences et Avenir 28/10/2010




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* tabac
* quelques chiffres * nocivité * pratiques des cigarettiers * contrebande * lutte
contre le tabagisme * attachements et sevrage * narguilé

* quelques chiffres
Le tabac représente plus de 50% du revenu des exploitations agricoles dans le
Sud-Ouest. La montée en puissance de la concurrence internationale et la fin des
aides européennes fragilisent les producteurs français, qui ont obtenu de l’Etat
une aide d'urgence de 12 millions d’euros pour l'année 2010. Les Echos 5/11/2010
Les buralistes constituent, en France, le premier réseau de proximité. 60% de
leur chiffre d'affaires (estimé à près de 16 milliards d'euros) dépendent des
boissons (pour 40%) et du tabac (pour 20%).
La Confédération des buralistes de France regroupe près de 90% de la
profession. Les Echos 24/3/2010

« Pour chaque paquet de cigarettes vendu, l'Etat touche 80% du prix de vente, le
producteur 12% et enfin le commerçant les 8% restants ». Le Figaro 24/7/2010

Les ventes de cigarettes rapportent chaque année 13 milliards d'euros au budget
de l'Etat. Les cigarettes se vendent actuellement entre 5,10 et 6 euros le paquet
en France, chez 35 000 buralistes. Les Echos 6/7/2010

« En France, la proportion de fumeurs réguliers (au moins une cigarette par jour)
était, en 1953, de 72% chez les hommes et 17% chez les femmes. En 2000, cette
proportion est passée à 33% chez les hommes et à 23% chez les femmes ». La
Croix 20/1/2010

Les Français sont de plus en plus nombreux à fumer. Selon le ministère de la
Santé, la consommation de tabac a augmenté de 1,8% entre 2005 et 2010. En
tout, 28,7% des Français fument quotidiennement, contre 26,5% en 2005. « Il
s’agit de la première hausse significative du tabagisme depuis la loi Evin de
1991 », indique l’Institut national de prévention et d’éducation à la santé. Selon
le ministère de la Santé, cette augmentation s’explique d’une part par la hausse
de la consommation chez les femmes mais aussi par un "effet crise" :
« pratiquement 50% des chômeurs sont fumeurs, et à l’évidence la crise et
l’augmentation du chômage ont eu un effet sur l’augmentation de la
consommation du tabac ».
Les données du Baromètre santé montrent que plus on a de diplômes, moins on
fume : « les bacs + 5 ne sont que 18,6% à fumer, et leur tabagisme est en
diminution, alors que les personnes qui ont un diplôme inférieur au bac sont
29,8% à fumer », indique l’Inpes. Aujourd’hui en France 19/10/2010



                                                                               12
En France, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies
(OFDT), l’âge de la première cigarette est en moyenne de 13,7 ans pour les filles
et 13,4 ans pour les garçons. A 17 ans, l’usage quotidien du tabac concerne 28%
des filles et 30% des garçons.
Chez les 18-75 ans on recense actuellement 29% de fumeurs quotidiens et 5%
d’occasionnels. Les hommes sont plus souvent fumeurs que les femmes : 35,5%
contre 27,5%. En 1999, on recensait 36,6% d’hommes fumeurs contre 29,9% de
femmes. En 1950, 66% des hommes fumaient contre 20% des femmes. La Croix
25/5/2010

En France, il y a entre 200 000 et 300 000 jeunes qui sont des nouveaux
fumeurs, chaque année. AFP 16/42/2010

« En France, 59% des 12 à 15 millions de fumeurs ont envie d'arrêter de fumer.
Mais beaucoup ne vont pas jusqu'au bout. Au final, chaque année, seulement
750 000 Français y parviennent durant au moins un an ». Le Figaro 2/6/2010

« En 2009, 54,9 milliards de cigarettes ont été grillées, soit une augmentation de
2,6% par rapport à 2008. Les Français retrouvent ainsi leur niveau de
consommation de 2007 (55 milliards de mégots écrasés), effaçant les effets du
décret antitabac. Chez les jeunes, la tendance est similaire : après un bref
fléchissement, les chiffres repartent à la hausse, avec 18% de fumeurs chez les
16-20 ans en 2009, contre 14% en 2008 ». Aujourd’hui en France 23/2/2010

« Lorsque le paquet de cigarettes était passé en trois fois de 3,35 euros en 2001 à
5 euros en 2004, le marché français avait fléchi d'un tiers. Depuis, il s'est
stabilisé autour de 55 milliards de cigarettes par an ».
Aujourd'hui, un paquet coûte 5,60 euros, résultat d'une progression de 84% des
prix en dix ans. Les Echos 2/2/2010

« Les Européens sont largement favorables à un durcissement des lois antitabac,
alors qu'environ un tiers d'entre eux fument régulièrement », indique un
Eurobaromètre sur le tabagisme publié par la Commission européenne. Le Monde
1/6/2010

On recense aujourd’hui un milliard de fumeurs dans le monde, dont 20% sont
des femmes. « On estime entre 82 000 et 99 000 le nombre de jeunes gens qui
allument leur première cigarette chaque jour », indique l’Organisation mondiale
de la santé (OMS). « Bon nombre d’entre eux sont des enfants de moins de
10 ans et ils résident pour la plupart dans les pays à faibles revenus ou
intermédiaires », ajoute l’organisation des Nations unies.




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Si les tendances actuelles de consommation se maintiennent, le tabac entraînera
chaque année plus de 8 millions de victimes d’ici à 2030, et 80% de ces décès se
produiront dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. La Croix 25/5/2010

100 millions de morts dans le monde ont été causées par le tabac au XXe siècle.
Le Figaro 18/10/2010

D’après une étude américaine, « les adultes qui souffrent de dépression sont
deux fois plus susceptibles de fumer que ceux qui ne sont pas dépressifs ». AFP
14/4/2010

En Chine, chaque année plus d’un million de décès sont directement imputables
à la cigarette. Selon des statistiques officielles, le tabac coûte chaque année
29 milliards d’euros en frais médicaux et en incendies, c’est-à-dire bien plus que
les taxes qu’il rapporte. La Croix 25/5/2010

Quelque 5 600 milliards de mégots sont jetés dans le monde chaque année. Les
Echos 27/5/2010

« Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), un
mégot met entre deux mois et deux ans à se dégrader. Un seul mégot peut
contaminer 500 l d’eau ». Aujourd’hui en France 3/4/2010

* nocivité
Au niveau mondial « le tabac fait environ 6 millions de morts par an,
principalement par cancers, maladies cardiaques, accidents vasculaires
cérébraux et broncho-pneumopathies chroniques obstructives. Au rythme actuel,
ce chiffre pourrait atteindre 8,3 millions en 2030 ». Courrier international 1/4/2010

« En France, environ 80% des victimes d'infarctus avant 50 ans sont fumeurs
aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Les deux mécanismes
essentiels de ces accidents cardiovasculaires liés au tabagisme sont le spasme et
la thrombose. Le spasme correspond à un rétrécissement du calibre des artères
avec pour conséquence une diminution du flux sanguin, donc un apport
d'oxygène moindre au muscle cardiaque et une altération de son fonctionnement.
Le flux sanguin, diminué en quantité, l'est aussi en qualité, l'oxygène
normalement transporté par les globules rouges étant remplacé par le monoxyde
de carbone contenu dans la fumée du tabac. Un tel spasme peut être à l'origine
de manifestations d'angine de poitrine et même d'un infarctus du myocarde si le
spasme occlut totalement une artère coronaire. La thrombose, c'est-à-dire la
formation d'un caillot, a également pour effet de boucher brutalement et
totalement une artère coronaire et représente le mécanisme le plus fréquent de
survenue d'un infarctus du myocarde. Cette thrombose est favorisée de façon


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importante par l'exposition à la fumée de tabac qui active les mécanismes de
coagulation.
       Spasme et thrombose sont extrêmement sensibles et peuvent survenir pour
une exposition très faible y compris l'exposition au tabagisme passif, c'est-à-dire
à la fumée environnementale pour un non-fumeur. Les conséquences d'un
spasme ou d'une thrombose sont d'autant plus à craindre chez les patients
coronariens qui ont déjà les artères coronaires plus ou moins rétrécies par des
lésions d'athérosclérose ou ont déjà fait l'objet de réparations par pontage ou
angioplastie. Une autre conséquence du tabagisme pour le coronarien fumeur est
l'abaissement du seuil de fibrillation ventriculaire. En clair, cela signifie qu'il a
un risque accru d'être victime de troubles du rythme cardiaque gravissimes et le
plus souvent mortels. Ce qui frappe particulièrement dans les accidents
cardiaques liés au tabagisme, c'est leur relative précocité. Non seulement
beaucoup de sujets victimes du tabagisme sont jeunes, mais ils n'ont
généralement pas d'autres facteurs de risque de la maladie coronaire. Ceci
s'explique par les mécanismes en cause, spasme et thrombose, que nous venons
d'évoquer et qui peuvent survenir sur des artères pratiquement normales. Les
coronarographies de ces jeunes patients montrent dans de nombreux cas des
artères coronaires sans aucune lésion visible. En fait, il n'y a pas de seuil, ni de
niveau, ni de durée de consommation en dessous desquels il n'y ait pas de risque
cardiovasculaire ». Le Figaro 26/4/2010
Une étude, menée dans 192 pays et publiée dans la revue médicale britannique
The Lancet, évalue à près de 600 000 le nombre de personnes tuées par le
tabagisme passif, chaque année dans le monde, dont 165 000 enfants de moins
de 5 ans.
Elle rejoint des recherches néo-zélandaises et américaines, selon lesquelles vivre
avec un fumeur augmente de 15% le risque de mourir (par rapport à la
population non exposée au tabac) et accroît les risques d'allergie et d'asthme
chez les enfants. Le Nouvel Observateur 2/12/2010
« Outre les méfaits connus et communs aux deux sexes, les femmes fumeuses
courent des risques spécifiques : le tabagisme a des conséquences sur la fertilité,
la grossesse et l'enfant à venir - qu'il soit actif ou passif, il reste hautement
toxique pour la mère et l'enfant. Il provoque une ménopause en général plus
précoce de deux ans, un risque de cancer du col de l'utérus accru et des
conséquences esthétiques plus importantes que chez les hommes ». Le Monde
6/11/2010
Les risques du tabac chez la femme enceinte sont aujourd'hui bien documentés.
Les femmes fumeuses doublent d'abord leur risque de faire une grossesse extra-
utérine et triplent celui de faire une fausse couche spontanée. Le tabagisme a
aussi des effets sur le fœtus, qui reçoit des substances chimiques néfastes pour
son développement. Dans l'utérus, le fœtus reçoit de l'oxygène par le sang de sa
mère, mais quand celle-ci fume, son sang se charge de monoxyde de carbone
(gaz toxique). Tous ces effets peuvent concourir à un retard de croissance intra-


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utérin qui affecte à la baisse le poids du bébé, sa taille et son périmètre crânien.
La Croix 6/4/2010

« Dans le monde, trois milliards de personnes vivant dans les villes sont
exposées à la pollution urbaine, deux milliards sont soumises aux fumées liées à
la combustion des biomasses (pétrole, bois, charbon), un milliard exposées à la
fumée de tabac. En France, la broncho-pneumopathie chronique obstructive
(BPCO), la rhinite allergique, les apnées du sommeil frappent des milliers de
personnes. Quant à l'asthme, il toucherait 3,5 millions d'individus en France ».
Libération 3/2/2010

Les fumeurs ne sont pas égaux face au risque de cancer du poumon. Certains
peuvent griller deux paquets de cigarettes par jour et être indemnes de cette
maladie au terme d'une longue vie. D'autres peuvent ne fumer que très peu ou
pas du tout et présenter à 40 ans une tumeur pulmonaire grave. Si un fumeur sur
16 souffrira un jour de cette maladie, ce chiffre recouvre des réalités très
variables, qui s'expliqueraient entre autres par des différences de prédispositions
génétiques. Quoi qu’il en soit, avec ou sans prédisposition génétique, le tabac
reste absolument non recommandable du fait d'un risque de cancer du poumon
qui reste très supérieur à celui des non-fumeurs, ainsi que d'autres types de
tumeurs, de maladies cardiaques, vasculaires et respiratoires... Le Figaro 15/3/2010

« Le tabagisme n'est plus l'apanage des hommes et a de plus en plus d'effets
néfastes sur les femmes. En 2007, on dénombrait 66 500 décès liés au tabac en
France (un peu plus de la moitié par cancer), dont 7 500 - et ce chiffre ne cesse
de croître - dans la population féminine ». Le Monde 1/6/2010

En France la mortalité par cancer du poumon a été divisée par deux en dix ans
chez les hommes de 40 ans qui ont réduit leur consommation de tabac, alors
qu'elle a été multipliée par quatre en quinze ans chez les femmes du même âge,
qui ont accru leur consommation. Le Monde 26/5/2010

« Un quart des cas de cancers du poumon dans le monde survient chez des non-
fumeurs et notamment parce qu’ils subissent le tabagisme passif ». Aujourd’hui en
France 23/3/2010
« Le principal défi à relever face au cancer du poumon, c'est d'arriver à bannir
définitivement le tabac, ce qui réduirait de 80% le nombre de nouveaux cas
annuels. Dans la mesure où un tel objectif paraît, en tout cas à l'heure actuelle,
difficilement atteignable, les cancérologues misent désormais sur le diagnostic
précoce, qui permettrait d'améliorer le pronostic de la maladie puisque lorsque la
tumeur est de petite taille, le taux de guérison peut être élevé. Dans cette
optique, de nombreux travaux évaluent actuellement des procédés de dépistage
précoce chez le fumeur, par le scanner, la recherche de cellules cancéreuses dans


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les sécrétions bronchiques ou de marqueurs spécifiques dans le sang. […] Mais
la seule vraie révolution qui pourrait mettre un coup de frein à ce cancer qui
frappe 30 000 personnes chaque année dans notre pays serait d'inciter les
fumeurs à jeter définitivement leurs cigarettes ». Le Figaro 15/2/2010

« 92% des décès par cancer bronchique chez l'homme (71% chez la femme) sont
liés au tabagisme actif ». Le Figaro 15/2/2010

« Tous les scientifiques s’accordent à dire que la consommation de fruits et
légumes, ainsi que l’activité physique, réduisent le risque de cancer, surtout
celui du côlon. Mais selon une étude israélienne, le fait de fumer réduirait
considérablement le rôle protecteur des caroténoïdes (présents dans les fruits et
légumes) contre le cancer du côlon ». En d’autres termes, chez les non-fumeurs,
l’ingestion de caroténoïdes (notamment les bêtacarotènes et la lutéine présents
dans les carottes, épinards, tomates, le persil, le maïs…) protège du cancer
colorectal, alors que chez les fumeurs, le tabagisme réduit considérablement -
voire anéantit - cet effet protecteur. Aujourd’hui en France 9/1/2010

« Le tabac cause une inflammation généralisée des tissus qui accroîtrait le risque
de diabète ». Sciences et Avenir 21/1/2010

Selon une étude finlandaise, « beaucoup fumer entre 50 et 60 ans pourrait plus
que doubler le risque de développer la maladie d'Alzheimer et d'autres formes de
démence vingt ans après ».
« Fumer est un facteur de risque bien établi d'attaque cérébrale et pourrait aussi
contribuer au danger de démence vasculaire avec les mêmes mécanismes.
De plus, le tabac contribue au stress et à l'inflammation des vaisseaux dont on
pense qu'ils jouent un rôle important dans le développement de la maladie
d'Alzheimer ». AFP 26/10/2010

La toux matinale est souvent banalisée à tort par les sujets fumeurs, qui
considèrent qu'il s'agit d'une conséquence normale et sans gravité du tabagisme.
Il s'agit au contraire d'un signe d'inflammation des bronches induite par le tabac.
Cette inflammation bronchique entraîne le développement anormal des glandes
bronchiques qui sécrètent de plus en plus de mucus, par ailleurs très visqueux.
La fumée de tabac agit, aussi, sur la muqueuse bronchique en paralysant des
cellules chargées de "balayer" la muqueuse grâce à des cils implantés à leur
sommet. Ces cellules, sous l'effet du tabac, ne remplissent plus leur fonction
d'épuration. Le système automatique de balayage bronchique tombe en panne.
En conséquence, les sécrétions stagnent durant la nuit, obligeant le fumeur à
tousser le matin pour une toilette bronchique. La toux devient le seul recours
pour nettoyer la bronche. Cette toux s'installe progressivement comme un
compagnon de vie du fumeur, qui finit par la considérer comme normale. Mais


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quand elle est là de façon durable, bien souvent accompagnée de crachats, trois
mois par an depuis plus de deux ans, le fumeur est atteint de "bronchite
chronique". Ces symptômes correspondent au stade initial d'une "broncho-
pneumopathie chronique obstructive" (BPCO). Le Figaro 6/4/2010

« Souvent désignée sous le terme de "bronchite du fumeur", la BPCO (broncho-
pneumopathie chronique obstructive) est une maladie des poumons et des
bronches. Ces dernières jouent un rôle essentiel puisque ce sont elles qui
permettent le passage de l'air vers les poumons. Plus la BPCO se développe,
plus le calibre des bronches se rétrécit, ce qui peut entraîner, au bout d'un
moment, un essoufflement de plus en plus gênant. D'évolution lente, la maladie
peut, à terme, déboucher sur une insuffisance respiratoire chronique. Chaque
année en France, la BPCO est à l'origine de 16 000 décès. Aujourd'hui, on
recense 3,5 millions de malades, dont 100 000 souffrent d'une forme sévère
nécessitant une oxygénothérapie et/ou une ventilation à domicile.
Depuis quelques années, les pneumologues ont vu grimper en flèche le nombre
de cas chez des femmes. Selon l'Institut de veille sanitaire (InVS), entre 1979
et 1999, le taux de mortalité de la BPCO a augmenté de 21% chez les hommes
et de 78% chez les femmes. Cette évolution, que les pneumologues constatent
aussi pour les cancers du poumon, est bien sûr liée au développement du
tabagisme féminin à partir des années 1960 ». La Croix 20/1/2010

* pratiques des cigarettiers
« "Allumez une Lucky et jamais vous n’aurez envie des sucreries qui vous font
grossir", proclame dès 1928 une publicité américaine. Le mouvement se
poursuivra dans les années 1960 avec le lancement des cigarettes Slim
("minceur" en anglais) ou d’autres présentées comme des "coupe-faim".
Pour l’industrie, il faut aussi tenir compte du fait que de manière générale, les
femmes sont plus attentives à leur santé que les hommes. Dans leur
communication, elle va donc s’efforcer de les rassurer en minimisant les dangers
du tabac, en en faisant un produit le plus doux possible. Dans les années 1950,
des publicités affirment que les médecins fument majoritairement telle marque
de cigarettes ou qu’ils estiment que telle autre est celle qui "irrite le moins" la
gorge. "Dans ce contexte, l’arrivée des cigarettes avec filtre a joué un rôle
important, souligne le professeur Dubois. Le filtre ne rend pas les cigarettes
moins dangereuses mais il adoucit la fumée qui est moins dure à avaler. Les
firmes ont évidemment beaucoup utilisé cet argument en direction des femmes,
tout comme elles ont ensuite misé sur le développement de cigarettes blondes et
légères".
A partir des années 1960, aux Etats-Unis puis plus tard en Europe, les fabricants
passent à la vitesse supérieure en créant des produits spécifiquement destinés
aux femmes : des paquets plus fins, "stylés", avec des cigarettes parfumées. Des
études ont été faites pour savoir quel arôme plaisait le plus aux femmes. Dans la


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foulée, on a vu apparaître des cigarettes au goût de fleurs, aromatisées à la
vanille ou au menthol ». La Croix 25/5/2010

« L’OMS est au cœur de luttes d’influence, qui ne sont pas uniquement
alimentées par l’industrie pharmaceutique. "Au cours des dernières années, par
exemple, il y a eu de multiples tentatives de l’industrie du tabac pour infiltrer ou
déstabiliser l’OMS", explique Gérard Dubois, professeur de santé publique au
CHU d’Amiens. "Il s’agissait souvent de tentatives indirectes, ajoute-t-il. Les
cigarettiers allaient voir, par exemple, les pays démunis ou producteurs de tabac
pour leur dire que la lutte contre le tabagisme était surtout une préoccupation des
pays riches. Et que la priorité des pays pauvres restait les maladies infectieuses.
Ensuite, ces pays étaient incités à faire passer le message à l’OMS sur le thème :
arrêtons un peu avec le tabac, gardons les financements pour la vaccination de
nos enfants…" ». Le Monde 30/3/2010

Selon le député (UMP) Yves Bur, « il n'y a rien à attendre des fabricants de
cigarettes. Ce sont des salauds. C'est une industrie de la mort qui ne reculera
jamais pour faire du pognon ». Selon le professeur Yves Martinet, président du
Comité national contre le tabagisme, « l'état soutient un commerce qui tue, au
mépris de la santé des Français ». Ce point de vue est partagé par le
pneumologue Bertrand Dautzenberg : « c'est l'industrie du tabac qui a le
pouvoir, et le pouvoir suit ». L’Humanité 6/7/2010

Le 1er mars 2006, l'Uruguay est devenu le premier pays latino-américain et le
cinquième au monde à interdire le tabac dans les lieux publics, sous l'impulsion
du président de l'époque, cancérologue de profession. Le gouvernement avait en
outre proscrit la publicité sur les cigarettes, augmenté les taxes sur le tabac,
interdit aux cigarettiers de vendre plusieurs produits de la même marque et
imposé l'impression de messages antitabac couvrant 80% de la taille des paquets
de cigarettes.
Philip Morris international, installé en Suisse, a estimé que ces deux dernières
mesures enfreignent le traité de promotion et de protection des investissements
conclus entre les deux pays. Il a porté plainte contre l'Uruguay devant la cour
d'arbitrage de la Banque mondiale.
Le PIB de ce pays de 3,4 millions d'habitants est moitié moins élevé que le
chiffre d'affaires annuel de Philip Morris (31,5 contre 62 milliards de dollars).
La proportion de fumeurs dans la population uruguayenne est passé de 32% en
2006 à 25% l'an dernier. AFP 18/11/2010

« Pour les géants du tabac, les restrictions occidentales sont indolores. Leurs
affaires prospèrent, leur rentabilité est exceptionnelle. Et ils ont en Asie et en
Afrique un énorme réservoir de croissance. […] Si la consommation baisse en
Occident, elle décolle dans les pays émergents. Sur le milliard de fumeurs que


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compte la planète, 60% se trouvent en Asie. La hausse de la démographie et du
niveau de vie transforme ce continent en un vivier de futurs accros à la nicotine
particulièrement lucratif : les prévisions tablent sur 30 millions de fumeurs
supplémentaires dans les cinq ans. En Afrique, où ils sont encore peu nombreux,
les possibilités de conversion sont également considérables. […]
Ces territoires émergents sont d'autant plus intéressants que les restrictions
publicitaires y sont peu nombreuses. "Les interdictions complètes de la publicité
touchent moins de 9% de la population mondiale, et les lois imposant une
interdiction totale de fumer n'en couvrent que 5,4%", constate l'OMS ».
Challenges 14/10/2010

* contrebande
« Désormais, environ 20% des cigarettes de contrebande mondialement vendues
(gros ou détail) par des réseaux criminels sont contrefaites. Exactes copies des
produits de marques connues du public, elles ne contiennent en fait que des
tabacs frelatés et infects, présentant, surtout pour des adolescents, des risques de
cancer onze fois plus élevés que celles du commerce ».
On estime que 600 millions de paquets de cigarettes sont illicitement importés
en France, chaque année. Ce trafic génère chaque année, un profit de 700 à 800
millions d'euros. Le Nouvel économiste 24/6/2010

* lutte contre le tabagisme
« Seule une augmentation importante des prix du tabac peut avoir des effets sur
la consommation. Statistiquement, une hausse de 10% des prix entraîne en
moyenne une baisse de la consommation de 4%. […] Le coût est le facteur
déclencheur de l'arrêt du tabac : il reste l'élément le plus dissuasif ». La Croix
6/7/2010

En France, l'interdiction de la cigarette a été appliquée à partir du 1 er février
2007 dans les principaux lieux publics (entreprises, administrations,
établissements scolaires...), et au 1er janvier 2008 dans les lieux de convivialité
(cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos).
« Dans des pays comme les États-Unis, l'Italie ou l'Écosse, l'interdiction de
fumer dans les lieux publics a entraîné rapidement une diminution significative
du nombre d'infarctus du myocarde, de l'ordre de 10 à 17%. En France, les effets
de la loi antitabac sur les accidents cardiaques sont beaucoup moins
spectaculaires ». Le Figaro 15/1/2010

Le tabagisme tue un fumeur régulier sur deux, soit 66 000 Français par an. D'ici
à un an, des images, sur les paquets, devront montrer les méfaits du tabac : gros
plan sur un cancer du larynx avancé, bouche en putréfaction, cadavre à la
morgue, opération à cœur ouvert... en tout 14 photographies choisies dans la
banque d'images de l'Union européenne pour illustrer les messages qui figurent


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déjà sur les paquets. "Fumer provoque le cancer mortel du poumon"
s'accompagnera ainsi d'un poumon encrassé. A côté de ces illustrations, seront
inscrits un numéro de téléphone et l'adresse d'un site internet (Tabac-info-
service.fr) que l'on peut consulter pour arrêter de fumer.
Après la Belgique, la Roumanie, le Royaume-Uni, la Lituanie et Malte, la
France sera le sixième pays européen à appliquer la recommandation faite aux
membres de l'Union européenne d'apposer de telles images sur les paquets de
cigarettes.
A raison de 16 cigarettes par jour, les fumeurs moyens seront confrontés à ces
images environ 6 000 fois par an (à moins que ne se relance le marché des
cache-paquets qui recouvrent les photos et les messages écrits). Libération
22/4/2010

« La querelle des fumeurs et des non-fumeurs remonte au XVIIe siècle. Sous
Louis XIII, certains considéraient le tabac comme une panacée qui guérissait
tous les maux, d'autres comme une herbe de dépravation. La noblesse prisait
frénétiquement, comme notre jet-set se fait des lignes de coke. En forme de pied
de nez aux dévots qui condamnaient cette pratique, Molière mit dans la bouche
de Sganarelle cet éloge extravagant, qui serait censuré de nos jours : "Il n'est
rien d'égal au tabac : c'est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac
n'est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains,
mais encore il instruit les âmes à la vertu". Le roi hésitait à l'interdire. Richelieu
trouva plus juteux de taxer le produit incriminé ». Le Figaro 11/3/2010

« Après avoir banni la cigarette dans les bars et les restaurants, la municipalité
de New York envisage d'étendre l'interdiction aux principaux espaces publics,
notamment les parcs et les plages. Des mesures similaires ont déjà été prises à
Chicago ou à Los Angeles, et d'autres villes occidentales suivront sans doute le
même chemin ». Le Monde 18/9/2010

* attachements et sevrage
Pourquoi est-il si difficile de s'arrêter de fumer ? La réponse la plus simple serait
de dire que le tabac est la substance la plus addictive parmi celles connues
actuellement ; le potentiel addictif du tabac se situe en effet au-dessus de celui
de l'alcool et même de celui de l'héroïne ou de la cocaïne.
On a longtemps pensé que l'addiction à une substance provenait du plaisir
intense qu'elle permet d'obtenir, comme peuvent le faire l'héroïne ou la cocaïne.
Schématiquement, le plaisir que procurent ces deux substances vient de ce
qu'elles libèrent dans le cerveau une molécule, appelée dopamine, qui active un
circuit cérébral, dit "de la récompense". Quand ce circuit est activé par la
dopamine, on éprouve du plaisir, ou tout au moins une certaine satisfaction,
même si par ailleurs tout va mal pour nous. Certains consommateurs
deviendraient alors peu à peu dépendants de ce plaisir et ne pourraient plus s'en


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passer. Or, paradoxalement, le tabac se situe très bas dans l'échelle des plaisirs.
Il fallait donc trouver une autre explication à l'addiction, une explication qui
permettrait de dissocier l'addiction et le plaisir.
Or il a été montré récemment que deux autres ensembles de cellules nerveuses
interviennent aussi dans l'addiction. Ces neurones synthétisent et libèrent de la
noradrénaline ou de la sérotonine. Ces neuromédiateurs contribuent, pour le
premier à réguler l'attention, les émotions, le sommeil et l'apprentissage, et pour
le second à réguler la température, le sommeil, l'humeur, l'appétit et la douleur.
Le premier ensemble intervient dans la mise en valeur des événements
extérieurs, l'autre est chargé de réguler les impulsions. Chez quelqu'un qui n'a
jamais pris de drogue, ces deux circuits de neurones se contrôlent mutuellement.
Il a été montré que la prise répétée de drogues comme les psychostimulants
(amphétamines, cocaïne), opiacés (morphine, héroïne) ou l'alcool, fait
disparaître cette régulation mutuelle, les deux ensembles se trouvant ainsi
découplés. Le désir, en lien avec le premier ensemble, n'est plus canalisé par le
second ensemble qui contrôle les impulsions. Ce déséquilibre semble
responsable des processus d'addiction, les personnes dépendantes ne pouvant
plus refréner leur attirance vers le produit ; elles ressentent les stimuli
environnementaux de façon plus intense (y compris le désir du produit) et
perdent la possibilité de contrôler leurs impulsions. Lorsque des études ont
cherché à retrouver ce découplage pour le tabac, les résultats ont été surprenants.
La nicotine, qui est pourtant le produit considéré comme responsable de
l'addiction due au tabac, n'entraînait aucun découplage. En fait, le tabac et sa
fumée contiennent plus de 3 000 composés parmi lesquels figurent, outre la
nicotine, des produits qui bloquent la dégradation de certains neurotransmetteurs
cérébraux appelés inhibiteurs de monoamines oxydases (IMAO). De façon
intéressante, l'association d'IMAO avec la nicotine entraîne le découplage, ce
qui permet de mieux comprendre le potentiel addictif du tabac. Ces données
expliqueraient aussi la faible efficacité des substituts nicotiniques comme les
chewing-gums et les patchs. Pour être efficace, un produit de substitution doit
avoir une action similaire à celle du composé qu'il est censé substituer. En
l'occurrence la nicotine seule ne peut remplacer le tabac. Elle ne le peut que
durant les premières semaines qui suivent l'arrêt, pendant la période où l'action
des IMAO se maintient dans l'organisme. Le Figaro 3/5/2010

La cigarette peut constituer « une aide, aussi vitale que problématique, pour
gérer stress, tensions et peurs. Allumer une cigarette constitue une dérivation de
la pensée. L'action de fumer, et toute la gestuelle qui l'accompagne, revient à
mettre à distance le flot continu de pensées qui assaillent l'esprit. Aussi curieux
que cela puisse paraître, nous fumons pour souffler. La cigarette est une bouffée
d'oxygène ». Le Monde 6/11/2010




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Freud disait : « Je dois au cigare un grand accroissement de ma capacité de
travail et une meilleure maîtrise de moi-même ». Psychanalyste et romancier,
auteur de "Pas de fumée sans Freud", Philippe Grimbert explique que la
cigarette, qu'on peut considérer comme un dérivé du sein maternel, est un
« instrument de jouissance de l'instant et de protection contre la tension qui naît
de l'environnement hostile ». Le Figaro 11/3/2010

D’après un travail de recherche australien, entre deux tiers et trois quarts des ex-
fumeurs ont arrêté sans aucune aide. Pour arrêter de fumer, il faut
essentiellement une motivation très forte, fondée sur la certitude que le tabac
entraîne essoufflement, vieillissement de la peau, problèmes cardiaques,
cancers...
Les chercheurs australiens déplorent un excès de médicalisation du sevrage
tabagique, sous la pression des firmes produisant des substituts ou des
médicaments. Le Figaro 15/2/2010

En matière de sevrage tabagique, « les bénéfices du Zyban (GSK), une
substance proche des anorexigènes amphétaminiques comme le Mediator, sont
incertains et, au mieux, très modestes, alors que des effets indésirables graves
sont, eux, avérés, comme l'hypertension artérielle. Ce médicament n'apparaît pas
plus efficace que les gommes à mâcher ou les patchs à base de nicotine, qui
présentent moins d'effets indésirables ». L’Express 15/12/2010

* narguilé
« Narguilé (mot arabe), arguileh (au Liban), chicha (Egypte, Maghreb), houka
(dans le monde indien), ghelyan (en Iran) ou encore chilam (en Afghanistan)
sont autant de synonymes pour désigner cette grande pipe à eau utilisée
principalement au Maghreb, au Moyen-Orient ou en Asie pour fumer le tabac.
Le principe du narguilé est de laver la fumée d'un tabac ou, le plus souvent, d'un
mélange à base de tabac (voire sans tabac). Cet objet a suscité toute une culture
de la convivialité qui a fortement imprégné les sociétés d'Afrique et d'Asie. Ce
"bel objet" égalitaire puisqu'on y aspire à tour de rôle est prétexte à la
conversation. C'est un symbole poétique du temps qui passe.
Il recèle toutefois une certaine nocivité. Selon des études, une séance de narguilé
expose généralement les fumeurs à une quantité de fumée plus grande que pour
les fumeurs de cigarette ». La Croix 14/1/2010


* alcool
* quelques chiffres * nocivité * alcool et jeunes * apéros géants

* quelques chiffres



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« Avec ses 60 millions d'hectolitres produits chaque année, qui génèrent
10 milliards de chiffre d'affaires, le secteur viticole se place au deuxième rang
des productions nationales, juste derrière les céréales. De quoi induire une
tradition culturelle de consommation socialement valorisée, mais aussi favoriser
l'existence d'un lobby professionnel très puissant ». Sciences et Avenir 26/8/2010

En France « 45 000 décès sont attribuables à l'alcool chaque année. C'est la
troisième cause de mortalité, après les maladies cardio-vasculaires et le cancer.
Il est responsable de 30% des accidents mortels (2 200 décès par an) ; il est
impliqué dans 40% des crimes et délits et dans 30% des violences conjugales.
Sa consommation était de 12,3 litres d'alcool par adulte et par an en 2008
(l'équivalent d'un peu moins de trois verres de vin, par jour et par habitant de 15
ans et plus). Elle diminue de 1% par an, depuis quarante ans. La France reste au
5ème rang européen.
10% des adultes (de 4 à 4,5 millions) ont un rapport problématique à l'alcool,
soit 15% d'hommes et 5% de femmes ; de 1,5 à 2 millions sont alcoolo-
dépendants. Chez les adolescents, entre 2000 et 2010, l'usage régulier est passé
de 10,9% à 8,9%. Mais les expérimentations et les ivresses occasionnelles
augmentent depuis 2003 ». Le Monde 17/9/2010

« L'augmentation du prix de l'alcool est plus efficace que les campagnes de
prévention en matière de santé publique, révèle une étude de l'université de
Floride. Le doublement des taxes sur les spiritueux entraîne une réduction de
35% de la mortalité liée à l'éthylisme, ainsi qu'une diminution de 11% des
accidents de la route et une baisse de la criminalité de 1,4% ». L’Express 6/10/2010

En France, « les bars sont de moins en moins fréquentés, et de moins en moins
nombreux : 500 0000 en 1900, dix fois moins en 2000; et un peu moins de
30 000 aujourd'hui, dont 8 500 vendent aussi des cigarettes ».
De nombreux cafés vont encore fermer faute de repreneur, dès que leurs gérants
partiront en retraite. Beaucoup de bars-tabac sont aussi en sursis à cause de
l'ouverture des jeux d'argent sur Internet : de nombreux joueurs du PMU et de
La Française des jeux n'iront plus chez eux. Le Figaro économie 22/2/2010

Une étude Ipsos révèle que les victimes d'inceste sont plus déprimées et ont des
rapports aux autres plus difficiles que le reste de la population française. Ainsi,
98% des victimes d'incestes se sentent ou se sont senties "régulièrement très
déprimées", contre 56% dans le reste de la population. 93% des victimes
d'inceste affirment "avoir régulièrement peur des autres ou peur de leur dire
non", contre 29% des Français ; et 92% ont répondu "se sentir régulièrement
irritable ou avoir des explosions de colère", contre 53%.
85% des victimes souffrent en outre de douleurs chroniques (mal de dos,
migraine), contre 56% dans le reste de la population.


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30% des victimes boivent plus de trois verres d'alcool par jour (contre 17% dans
le reste de la population française) et 27% consomment au moins une fois par
semaine de la drogue (contre 9%) ; 86% d'entre elles affirment même avoir ou
avoir eu des idées ou pulsions suicidaires et 53% ont déjà tenté de se suicider, à
une ou plusieurs reprises. La Croix 10/5/2010

Le mouvement des Alcooliques anonymes (AA) est né aux Etats-Unis en 1935
et a été créé en France en 1960. Dans l’Hexagone, 7 000 membres environ
fréquentent 591 groupes des AA, contre 8 000 membres pour 400 groupes il y a
vingt ans. L’âge moyen est de 53 ans ; les 50-60 ans sont les plus représentés.
Aujourd’hui en France 14/11/2010

* nocivité
L'alcool est associé à 2,5 millions de morts chaque année dans le monde. AFP
13/9/2010

L'association entre consommation excessive d'alcool et cancers est souvent
méconnue. Pourtant, en France, près de 10% des décès par cancers sont liés au
mésusage d'alcool chez les hommes et 3% chez les femmes. L'alcool est ainsi la
deuxième cause évitable de cancers après le tabac. L'association entre
consommation de boissons alcooliques et cancers est particulièrement évidente
pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures, les cancers colorectaux,
ainsi que ceux du foie et du sein.
Les bactéries et les levures présentes dans la cavité buccale et la partie terminale
de l'intestin disposent d'enzymes catalysant la transformation de l'alcool en
acétaldéhyde. Ce n'est pas l'alcool lui-même mais l'accumulation d'acétaldéhyde
qui est toxique. La concentration en acétaldéhyde est d'autant plus forte que l'on
est à la fois fumeur et consommateur de boissons alcooliques, d'où un effet
synergique de l'alcool et du tabac dans les cancers des voies aéro-digestives
supérieures (bouche, larynx, pharynx, oesophage). Une hygiène buccale
déficiente favorise également la présence dans la bouche de la flore responsable
de l'accumulation locale d'acétaldéhyde à partir de l'alcool. L'oxydation de
l'alcool par la flore intestinale avec accumulation locale d'acétaldéhyde explique
aussi la majoration importante du risque de cancer colorectal chez les
consommateurs réguliers de boissons alcooliques.
L'alcool potentialise l'effet cancérogène des substances toxiques qui peuvent être
contenues dans les aliments ou les médicaments. Le mésusage d'alcool agit aussi
sur l'équilibre hormonal avec un rôle favorisant le cancer du sein.
Le risque de cancer augmente en fonction de la quantité d'alcool consommée.
Mais les repères ne sont qu'indicatifs, puisque chacun a une réactivité et une
susceptibilité différentes à l'alcool. Le Figaro 17/5/2010




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« Il est aujourd'hui communément admis qu'une consommation modérée mais
régulière de vin rouge (un ou deux verres par jour) protège contre les maladies
cardiovasculaires. C'est le fameux "paradoxe français", qui défraie la chronique
depuis bientôt quarante ans. Les anciens, déjà, disaient que "le bon vin réjouit le
coeur de l'homme" ("Bonum vinum laetificat cor hominis" Ecclésiaste XL, 20) tout
en recommandant la sagesse dans la ligne suivante.
Plus près de nous, Louis Pasteur n'hésitait pas à affirmer que "le vin est le
breuvage le plus sain et le plus hygiénique qui soit". Pourtant, les effets
délétères de l'alcool sont bien établis. Le vin ferait-il exception parmi les
boissons alcoolisées, ou serait-ce la façon de boire "à la française", modérément
mais régulièrement, qu'il faut incriminer ?
De nombreuses enquêtes épidémiologiques aux résultats généralement
convergents confortent l'hypothèse d'un effet protecteur du vin rouge, que ne
partageraient pas les autres boissons alcoolisées, se traduisant principalement
par une diminution de la pression artérielle et des risques d'accidents vasculaires
cérébraux et cardiaques.
Mais les essais cliniques à long terme qui permettraient de tirer des conclusions
définitives sur les effets d'une consommation modérée de vin sont pratiquement
impossibles à réaliser. Compte tenu de l'évolution très lente des maladies
cardiovasculaires, il faudrait en effet imposer pendant des années un régime
strictement contrôlé à un très grand nombre de volontaires, répartis entre
témoins et traités, afin que les comparaisons soient statistiquement valides.
Outre l'alcool, le vin contient des polyphénols, parmi lesquels les composés qui
donnent sa couleur au vin rouge, capables semble-t-il de protéger l'organisme
contre les effets délétères du "stress oxydant", un phénomène d'oxydation des
composés intracellulaires qui augmente avec l'âge et intervient dans les maladies
chroniques liées au vieillissement.
Les polyphénols du vin, ou leur association avec de faibles doses d'alcool,
peuvent donc participer aux effets protecteurs du vin sur le système
cardiovasculaire. Toutefois ces conclusions sont tirées d'expérimentations sur
cellules ou sur l'animal, ou d'essais cliniques à court terme. De nombreuses
questions scientifiques subsistent quant à l'absorption digestive et le sort dans
l'organisme de ces polyphénols.
D'autre part, ces polyphénols se retrouvent dans d'autres aliments : ils sont en
quantités importantes dans certains jus de raisins rouges, mais aussi dans les
fruits rouges, dans certains légumes et certains fruits, dans le thé et le cacao,
avec les mêmes effets protecteurs. […]
Compte tenu des nombreuses incertitudes qui subsistent sur les effets
possiblement bénéfiques du vin, à opposer aux effets délétères bien établis de
l'alcool, il serait donc imprudent de recommander la consommation régulière de
vin, même en quantité modérée ». Le Figaro 8/3/2010




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« L'éthanol, cette petite molécule soluble dans l'eau et partiellement miscible
dans les graisses, s'insinue dans toutes les cellules. Après absorption, elle est
distribuée en quelques minutes à tous les organes, dont le cerveau, entraînant des
effets variés selon la quantité. Ainsi, si le rythme cardiaque et la pression
artérielle augmentent après le premier verre, ils chutent à des doses plus fortes.
De même, si le buveur ressent d'abord une désinhibition, il expérimente ensuite
des troubles moteurs et cognitifs. L'effet sédatif s'amplifie, pouvant entraîner un
coma éthylique, voire la mort. On sait aujourd'hui que l'alcool modifie le
cerveau par un double effet au niveau des neurones. Ces derniers sont régulés
par des neurotransmetteurs excitateurs (glutamate) ou inhibiteurs (GABA).
L'alcool inhibe davantage encore les récepteurs GABA et diminue l'activité des
récepteurs à glutamate. Résultat : une inhibition cérébrale et comportementale ».
Sciences et Avenir 26/8/2010

« En cas d'alcoolisation chronique, le foie n'est pas à la fête. Après être passé par
un stade de foie gras (stéatose), il devient le siège d'une inflammation chronique
(hépatite alcoolique), puis d'une fibrose. Elle reste réversible, à condition d'en
finir avec l'alcool. A défaut, survient une cirrhose qui représente un facteur de
risque de cancer du foie ».
250 000 personnes, en France, ont une cirrhose du foie. Chaque année,
125 greffes de foie sont réalisées chez des patients ayant une cirrhose
alcoolique. Le Figaro 22/3/2010

« Mieux vaut picoler régulièrement que tout ingurgiter d'un coup le week-end.
C'est peu ou prou la conclusion d'une étude mise en ligne par le British Medical
Journal, après observation des us et bitures des Français (buveurs réguliers) et
des Irlandais du Nord (adeptes du binge drinking le week-end), populations
consommant par ailleurs le même volume d'alcool. Bilan ? Quasiment deux fois
plus de risques de mourir d'une crise cardiaque en Irlande. Les chercheurs
tiennent cependant à rappeler aux gros buveurs que "quel que soit leur mode de
consommation, ils augmentent leur risque de maladie" ». Libération 13/12/2010

« Premières victimes de "l'alcoolisme passif" : les bébés nés avec un syndrome
d'alcoolisation fœtale (SAF), lorsque leur mère a consommé de l'alcool durant sa
grossesse. Cela se traduit par des anomalies au niveau de la face et du crâne. Le
poids de naissance est inférieur à la normale et les malformations cardiaques ne
sont pas exceptionnelles. Il y a souvent aussi des difficultés d'apprentissage, des
troubles du langage et des troubles du comportement persistant à l'âge adulte.
Cela n'a rien d'étonnant : l'alcool n'est pas filtré par le placenta, de sorte que le
fœtus a une alcoolémie identique à celle de sa mère. Dans le liquide amniotique,
sa concentration est même dix fois supérieure à celle retrouvée dans le sang de
la mère. Or, si cette dernière peut tolérer un verre d'alcool, il n'en est pas de
même pour un embryon qui ne pèse que quelques grammes et qui est en plein


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développement. Conséquence : 7 000 enfants au moins seraient concernés
chaque année par des séquelles plus ou moins gênantes. Bien que la prise
d'alcool pendant la grossesse soit la première cause de handicap et de retard
mental totalement évitable chez l'enfant, il a fallu que le Collège national des
gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF) se batte durant des années
pour obtenir une simple mesure de bon sens : l'étiquetage des bouteilles d'alcool,
afin d'informer les femmes en âge de procréer et de prôner l'idée qu'il faut "zéro
alcool" durant la grossesse ». Le Figaro 22/3/2010

Selon une enquête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale
(Inserm), « de 17% à 25% des femmes continueraient à consommer de l'alcool
(un verre "de temps en temps") pendant leur grossesse. 6% d'entre elles boiraient
même au moins deux verres par jour ».
Selon cette étude, un bébé sur 100 serait exposé à l'alcool ; et le syndrome
d'alcoolisation foetal, première cause de retard mental en France, concernerait de
1 à 3 naissances sur 1 000. Le Monde 10/12/2010

En France « chaque année, 30% des 4 500 morts sur la route sont dus au moins
en partie à l'alcool et, parmi eux, un sur quatre est âgé de 15 à 25 ans ». Les Echos
18/5/2010

* alcool et jeunes
A 15 ans, un adolescent sur trois a déjà connu une ivresse alcoolique en France.
Trois jeunes sur cinq ont déjà consommé de l'alcool : soit 65% des garçons et
59% des filles de cette tranche d'âge. On voit désormais aux urgences
pédiatriques des cas de coma éthylique, ce qui n'était pas le cas encore
récemment.
Les jeunes boivent, généralement à plusieurs, dans le but de trouver l'ivresse. La
bière leur offre une ivresse "soft mais profonde", et les alcools forts leur
procurent des sensations plus importantes et plus rapides. Les adolescents
inventent des mélanges (c'est le cas du fameux cocktail "TGV" : tequila, gin,
vodka) pour obtenir une ivresse rapide. De plus, quand ils s'alcoolisent, c'est
généralement dès le début de la soirée pour se "mettre en condition". Le Figaro
15/9/2010

« Même entrecoupée de périodes d'abstinence, la succession de "bitures express"
(définies comme l'absorption d'au moins cinq verres d'alcool à une même
occasion) abîme le cerveau, encore en plein développement, des adolescents »
(lésions au niveau de l'hippocampe, notamment). Le Figaro 7/6/2010

« Chaque semaine, 7 jeunes âgés de 18 à 24 ans se tuent sur les routes dans un
accident lié à l'abus d'alcool ». Les Echos 14/6/2010



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« La toxicomanie légale (les alcools) ou illégale est socialement utile : elle
occupe les jeunes, leur fait oublier la révolte, l'action politique, les rend
prévisibles donc inoffensifs. D'autre part, ils consomment et font tourner
l'économie aussi bien celle, licite, des drogues légales que l'autre, illicite, des
drogues illégales ». Libération 4/8/2010

* apéros géants
Les méga apéros ont fleuri dans les villes françaises. « Ces rassemblements, qui
prennent de court les politiques locaux et les forces de l'ordre, s'apparentent à
une affirmation collective de la jeunesse. Alors que les parents, il y a trente ou
quarante ans, s'emparaient de la rue en vue de changer le monde, les adolescents
et post-adolescents se contentent de rappeler, par une effervescence ludique, leur
existence au monde adulte. D'ailleurs, pour bien signer leur présence, ils se
réunissent dans les centres villes et préviennent longtemps à l'avance des lieux
de rendez-vous - au contraire des raves qui se déroulent sur des terrains
campagnards désaffectés, secrets jusqu' au dernier moment. […]
A mi-chemin entre un Interville de la postmodernité et des méga teufs sans
musique, ces apéros entre copains (de toujours et d'un jour) interloquent les
adultes. Ils perturbent les municipalités qui tergiversent entre interdiction, mise
en garde et accompagnement bon gré mal gré. Résisteront-elles à cet
emballement d'un printemps ? Comment s'opposer à l'appel d'un apéro qui,
malgré certains débordements prévisibles, prend l'allure d'une réunion
conviviale ? L'apéro ? Qu'y a-t-il d'apparence plus "bon enfant" que cette
coutume de la France profonde, tenue comme expression de sympathique
voisinage, et qui connaît ces dernières années un vif engouement avec les dîners
entre habitants d'une même rue ou pique-niques organisés par des associations ?
Curieusement, via Facebook, les jeunes ont imaginé une façon pour se rendre
visibles, pour provoquer du bruit médiatique, en usant du registre le plus
innocent : un art de vivre bien de chez nous ». Slate.fr 13/5/2010

- 10 novembre 2009 : 3 000 personnes se réunissent à Nantes pour un "apéro
géant" organisé via Facebook. Le rassemblement se solde par quelques cas de
comas éthyliques.
- 25 mars 2010 : 5 000 personnes, dont une majorité d'étudiants, se réunissent au
centre de Rennes, l'objectif avoué de ce rassemblement étant de battre en
nombre l'apéro de Nantes. Les derniers fêtards se sont dispersés sans heurt après
3h du matin sans qu'aucun incident majeur ne soit signalé. La mairie a fait état
de douze comas éthyliques et d'une agression.
- 8 avril 2010 : à Caen, près de 1 800 personnes se rassemblent malgré une
interdiction préfectorale.
- 9 avril 2010 : à Brest, un "apéro géant" réunit quelque 7 000 personnes.
5 personnes sont hospitalisées, dont une pour coma éthylique. 12 personnes ont
été interpellées.


                                                                                29
- Les 16 avril et 7 mai 2010, les préfets de l'Ariège et du Gard ont interdit des
rassemblements de ce type organisés à Foix et à Nîmes, invoquant les "risques
de troubles à l'ordre public".
- 12 mai 2010 : environ 10 000 personnes se sont réunies à Montpellier à
l'occasion d'un "apéro géant", en dépit de l'interdiction de la préfecture. La pluie
est venue perturber la fête, obligeant nombre d'entre elles à rebrousser chemin.
23 personnes ont été traitées pour des chutes, des coupures ou des problèmes liés
à l'alcool. 8 ont été hospitalisées. AFP 13/5/2010

Comment ne pas faire un rapprochement entre la mode des "apéros géants",
fêtes gigantesques – et alcoolisées – auxquelles chacun peut se sentir invité par
le réseau Facebook, et le sondage TNS Sofres indiquant que de nombreux
Français disent souffrir de solitude ou jugent, à 78%, qu’elle pèse de plus en
plus dans notre société ? « La "solitude" est un concept polysémique, qui ne se
range pas volontiers dans des cases. Elle ne se mesure pas aisément ; elle peut
être subie ou parfois recherchée ; elle n’est pas simple synonyme d’isolement,
même si l’isolement, de fait, accroît le risque de se sentir abandonné. A
l’inverse, une nuée d’"amis" recrutés sur les réseaux sociaux d’Internet et un
travail prenant ne garantissent pas contre le sentiment de solitude. Tel est
l’enseignement le plus surprenant de cette enquête : près de 40% des femmes de
35 à 49 ans souffrent de solitude ». La Croix 21/5/2010


* médicaments
* surconsommation médicamenteuse * médicaments psychotropes
* antibiotiques * Big Pharma * contrefaçons * "dommages collatéraux"
* pollution des eaux par les médicaments * placebo

* surconsommation médicamenteuse
« De 80% à 90% des consultations en France se soldent par une ordonnance de
médicaments, contre 72% en Allemagne et 43% aux Pays-Bas ». Le Nouvel
Observateur 25/2/2010

Les Français, sur-consommateurs de médicaments, en jettent aussi beaucoup, du
fait d'un conditionnement surdimensionné et d'une mauvaise observance des
traitements. Les Echos 1/4/2010
« Les Français sont les premiers consommateurs de somnifères au monde : 10%
des adultes en prennent régulièrement et 20% occasionnellement ». Le Nouvel
Observateur 12/8/2010

* médicaments psychotropes
« Le traitement médicamenteux de l'insomnie repose sur deux principales
classes de molécules, les hypnotiques (ou somnifères) de durée d'action courte


                                                                                 30
(type zopiclone ou zolpidem) et les anxiolytiques (les benzodiazépines). Ces
deux classes ont des mécanismes d'action et des indications différentes, mais ont
en commun de provoquer notamment lors d'utilisation prolongée des effets
indésirables. "Il est démontré que les somnifères ne sont efficaces que sur très
courte durée et présentent des effets délétères, en particulier chez les personnes
âgées, peut-on lire dans un rapport récent de la Haute Autorité de santé sur ce
sujet. L'indication des somnifères est donc tout à fait restreinte dans les troubles
du sommeil". Les benzodiazépines (Valium, Tranxène...), dont l'effet sur le
sommeil passe surtout par un effet anxiolytique, induisent à long terme des
vertiges, des troubles de la mémoire, des accidents sur la voie publique, des
chutes avec un risque de fracture. Les hypnotiques purs (zopiclone, zolpidem),
dont la durée d'action est plus courte, jouent un rôle d'inducteur du sommeil, ne
perturberaient pas la mémoire, mais augmenteraient aussi le risque de chute,
notamment nocturne. Ces deux types de molécules induisent une accoutumance.
Certes la loi impose pour lutter contre ces effets de ne pas délivrer
d'ordonnances pour des durées supérieures à quatre semaines dans les cas
d'insomnie, et douze dans ceux de troubles anxieux. Mais ces recommandations
sont largement contournées ». Le Figaro 22/2/2010
« On dit de moins en moins "Je suis triste", mais "Je suis déprimé". Une rupture
sentimentale, un problème professionnel, et l'on risque la prescription
d'antidépresseurs. "En France, le discours sur la dépression confond sous le
même terme une pathologie grave (c'est-à-dire une maladie), une souffrance, un
trouble d'adaptation et un malaise", considère Alain Gérard, psychiatre et auteur
de Dépression, la maladie du siècle (Albin Michel, 230 p., 16 euros) ».
Le diagnostic actuel de la dépression tend à "pathologiser" les réactions
normales d'abattement apparaissant lors de certaines situations de vie difficiles.
La tristesse est un sentiment normal quand il est consécutif à un événement lié,
le plus souvent, à un sentiment de perte (emploi, conjoint, promotion, etc.). Elle
tend à prendre fin quand la situation se termine, ou diminue progressivement au
fur et à mesure que les mécanismes de défense adaptent l'individu à de nouvelles
circonstances et font revenir un équilibre psychologique et social.
« A cela s'ajoute une dérive sociale : la nécessité d'être toujours performant et en
forme. Une femme que son mari a quittée demande à son médecin de la mettre
sous antidépresseur, par peur de s'effondrer. Une autre, de 85 ans, est sous
Prozac depuis dix ans alors qu'elle va très bien. "On ne prend plus seulement un
antidépresseur parce qu'on est déprimé, on le prend parce qu'on a envie
d'améliorer son humeur. Cela ne relève plus d'un traitement, mais du dopage",
commente André Comte-Sponville, philosophe, auteur du Goût de vivre et cent
autres propos (Albin Michel, 408 p., 20 euros).
L'apparition, en 1987, de médicaments antidépresseurs avec moins d'effets
secondaires (les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine), a
contribué à l'augmentation des prescriptions. "Il y a une espèce de devoir d'être
heureux qui tend à considérer toute souffrance comme anormale. La civilisation


                                                                                 31
a tendance à faire de la santé le but ultime, et de la médecine la discipline
reine", poursuit le philosophe ».
En France, les dépenses d'antidépresseurs remboursés par l'Assurance-maladie
ont atteint 572,5 millions d'euros en 2008. Le Monde 19/9/2010

« Les premiers médicaments antidépresseurs (Tofranil, Anafranil...) ont été
découverts en 1957. Jusque-là, on ne disposait que des opiacés et de
l'électrochoc pour soulager les grands états de dépression nerveuse. Et on
mourait encore de neurasthénie, complication majeure des troubles dépressifs. A
partir des années 1980 est apparue une nouvelle classe d'antidépresseurs, le
Prozac étant le premier mis sur le marché, suivi du Zoloft, Deroxat... Leur
facilité de maniement (posologie identique pour tous, une seule prise par jour,
peu ou pas d'effets indésirables comparativement aux antidépresseurs de
première génération) et leur efficacité ont conditionné leur succès.
Par définition, les médicaments dits antidépresseurs possèdent la capacité de
corriger l'humeur dépressive. Mais ce ne sont pas des "pilules du bonheur" : ils
n'ont jamais soulagé les états d'âme à connotation dépressive que chacun de
nous connaît à divers moments de sa vie en réaction à quelque événement
douloureux ». Le Figaro 22/2/2010

« Les antidépresseurs provoquent parfois des pensées suicidaires : entre 4 et
14% des consommateurs d'inhibiteurs de la sérotonine, comme le Prozac, sont
victimes de ce "syndrome noir" ». L’Express 22/4/2010

« Il existe un risque accru de suicide au début d'un traitement avec des
antidépresseurs, c'est connu depuis longtemps. Ces effets ont déjà été discutés,
notamment pour la prescription d'antidépresseurs chez les jeunes, il y a une
dizaine d'années. Et c'est le cas avec la sertraline comme avec les autres
molécules.
La dépression provoque un ralentissement psychomoteur : le patient est fatigué,
il a des difficultés à initier des choses et préfère rester au lit, ce qui le protège en
quelque sorte d'un acte suicidaire ou d'actes violents à l'encontre de son
entourage. Les antidépresseurs mettent deux à quatre semaines avant d'être actifs
sur l'humeur dépressive. En revanche, ils ont rapidement un effet de levée des
inhibitions psychomotrices, le patient retrouve de la vigueur, mais il est toujours
sombre et triste. C'est à ce moment qu'il y a un risque de passage à l'acte ». La
Croix 5/7/2010
      « La sertraline est un antidépresseur utilisé pour le traitement de
l'angoisse et de l'anxiété, plus connu sous le nom commercial de Zoloft ».
Libération 3/7/2010

« Des biologistes de l'université Yale (Etats-Unis) ont découvert un nouvel
antidépresseur "miracle". Contrairement aux médicaments actuels, comme le


                                                                                     32
Prozac, dont les effets ne se font sentir qu'après plusieurs semaines, voire
plusieurs mois, celui-ci agit en quelques heures. Surprise : il s'agit de la
kétamine, une molécule analgésique utilisée depuis des années en anesthésie, qui
est aussi détournée et sniffée comme drogue récréative. Des études cliniques
montrent que 70% des patients résistants aux autres formes de traitement voient
leurs symptômes s'améliorer dans les heures qui suivent l'injection du produit. Et
une seule dose agit pendant dix jours. Le "spécial K", comme l'appellent les
toxicomanes, est également testé pour traiter les pensées suicidaires ». L’Express
15/9/2010

« Le comportement des crevettes, et de certaines autres espèces marines, est
affecté par la fluoxetine. Chez l'homme, cette "molécule du bonheur" agit sur les
neurones à sérotonine, impliqués dans la régulation de l'humeur et sur la
diminution de l'anxiété. Le problème c'est qu'une fois excrété par l'organisme, le
fameux antidépresseur se retrouve, via les égouts, dans les estuaires des rivières
ou sur les côtes. Là justement où les crevettes ont l'habitude de vivre ». Les
crevettes ont alors tendance à se diriger vers la lumière (au lieu de la fuir) et de
se mettre ainsi à la portée de leurs prédateurs, poissons et oiseaux. Le Figaro
16/7/2010

Selon l'Observatoire français des drogues et toxicomanies, la France compte
3,8 millions de consommateurs réguliers de psychotropes, anxiolytiques en tête.
Si 62% se le font délivrer par ordonnance, 38% se fournissent sur le marché
parallèle, dit encore l'OFDT.
Les benzodiazépines, dont le Lexomil est la vedette, sont décrits ainsi par le
dictionnaire Vidal : « Famille de médicaments aux effets tranquillisants, sédatifs
et anticonvulsivants. Ils favorisent la relaxation musculaire et l'endormissement.
Pris à forte dose ou pendant une durée trop longue, ils entraînent une
dépendance. Leur arrêt brutal expose à un syndrome de sevrage ».
Depuis 1991, la durée de prescription de Lexomil est limitée à trois mois, contre
six auparavant. La rencontre avec ce médicament se fait généralement à
l'occasion d'une crise aiguë (insomnie, difficultés professionnelles ou
sentimentales, deuil…), mais elle doit normalement rester ponctuelle.
« On vous le prescrit pour quinze jours et vous en prenez pour trente ans »,
résume un professionnel, inquiet de l'accoutumance.
Rapide, efficace, délivré facilement, pas cher et provoquant peu d'effets
secondaires, le Lexomil a beaucoup d'atouts pour lui. Rue89 27/9/2010

« Aux Etats-Unis, au cours de la dernière décennie, le nombre d'enfants
diagnostiqués maniaco-dépressifs (ou bipolaires) a augmenté de 4 000%. Ce
phénomène s'accompagne d'une forte croissance de la prescription de
psychotropes (plus 250% en quelques d'années) ». TéléCinéObs 23/9/2010



                                                                                 33
* antibiotiques
Après « les antibiotiques c'est pas automatique », une nouvelle campagne - « si
on les utilise à tort, ils deviendront moins forts » - a été lancée par l'Assurance-
maladie. Après une baisse de consommation de l'ordre de 15% depuis 2002,
surtout chez les jeunes enfants, on observe en effet, depuis deux ans, une reprise
préoccupante.
Depuis la première campagne de 2002, 40 millions de prescriptions ont été
évitées, selon l'Institut Pasteur. Sur 700 millions d'euros de médicaments
remboursés, 100 millions pourraient être économisés si les antibiotiques étaient
utilisés à bon escient. Les Echos 21/5/2010

« Le niveau d'utilisation des antibiotiques et le taux de résistance des microbes
sont directement corrélés. D'où l'appel des pouvoirs publics français à limiter
leur utilisation. Depuis 2002, date du lancement du programme "Les
antibiotiques c'est pas automatique" par l'Assurance-maladie, 40 millions de
prescriptions ont été évitées. Mais la consommation est repartie à la hausse
depuis 2007 et affichait une augmentation de 4% l'an dernier. Face à cette
nouvelle inflation, une seconde campagne a été lancée. Elle vise notamment à
limiter l'utilisation contre les infections virales comme les bronchites, les
rhinopharyngites et les syndromes grippaux. "A elles seules, les maladies virales
représentent plus du quart des prescriptions d'antibiotiques. Pourtant, les
antibiotiques n'agissent pas sur les virus ; ils sont donc inutiles dans le traitement
de ces infections", relève l'Assurance-maladie ». Les Echos 11/10/2010

La faible rentabilité des antibiotiques, comparée aux anticancéreux, aux
psychotropes (antidépresseurs, anxiolytiques...) ou aux médicaments contre les
maladies cardiovasculaires, explique le désintérêt des laboratoires
pharmaceutiques pour la recherche d’antibiotiques efficaces contre des bactéries
multirésistantes. Le Figaro 14/9/2010

* Big Pharma
« On constate de nos jours les destins contrastés de la psychanalyse et de la
pharmacie. La première reste une pratique artisanale, la seconde a pris forme
industrielle. Cherchant à gagner des parts de marché, cette industrie divulgue
dans la société une intolérance à tout malaise, et une notion de "santé mentale",
qui va jusqu'à nier la "difficulté d'être" inhérente à l'humaine condition. Les
analystes, petits artisans, font objection ». Jacques-Alain Miller, philosophe,
psychanalyste. Libération 26/3/2010

« La pharmacie, c'est un peu comme le pétrole. Un secteur en plein
chamboulement, à l'avenir bourré d'incertitudes mais dont les bénéfices, eux,
restent au beau fixe ». Libération 11/2/2010



                                                                                   34
Quelles que soient les mesures imposées pour endiguer le trou de la Sécu,
l’industrie du médicament se porte bien. Le chiffre d’affaires des ventes de
médicaments en France a augmenté en 2009 de 2,7%, à 26,9 milliards d’euros.
Pour 2010, l’industrie du médicament prévoit une croissance de 2% de ses
ventes en France. Aujourd’hui en France 18/6/2010

« L'Afssaps, qui veille à la sécurité des produits de santé, est détenue à 83% par
des laboratoires privés ». Marianne 18/12/2010

"Les Médicamenteurs, labos, médecins, pouvoirs publics : enquête sur des
liaisons dangereuses" (Stéphane Horel, Ed. du Moment, 316 pages, 19,95 euros)
dénonce l'influence des laboratoires pharmaceutiques sur les politiques de santé
publique (les pressions sur l'État pour obtenir le meilleur taux de remboursement
possible, les relations troubles entre sommités médicales et laboratoires,
l'information médicale sous influence, les vraies-fausses innovations... tout ce
qui fait que les Français sont parmi les plus gros consommateurs de pilules et
gélules au monde). La Tribune 19/2/2010

« Les bénéfices des médicaments anticholestérol auraient été volontairement
exagérés dans une étude qui incitait à donner des statines à des personnes ne
présentant pas un taux de cholestérol très élevé. […] Les conclusions
permettaient de médicaliser 12 millions de personnes en plus aux Etats-Unis et
près de un million en France ». Le Figaro 3/7/2010

« L'année 2009 restera marquée du sceau de la psychose avec la peur croissante
d'une épidémie de la grippe dite "A", "porcine" ou "H1N1". Elle était censée
déclencher la pandémie du siècle, promettait d'être meurtrière, de frapper la
planète entière. Inquiètes, les entreprises ont monté des plans d'urgence. Les
gouvernements ont commandé des doses considérables de vaccins (90 millions
en France, 130 millions en Grande-Bretagne). Au Québec, 60% de la population
s'est fait piquer en quelques semaines. Dans le monde, 300 millions de doses ont
été livrées, 200 millions rapidement injectées. […]
En Pologne, rare pays à ne pas avoir lancé de campagne de vaccination, il y a eu
moins de victimes que la moyenne ». Challenge 4/3/2010

« Les laboratoires ont la mainmise sur leurs essais cliniques, ils ont même des
subterfuges pour les biaiser : tester le médicament sur des sujets pas trop âgés, le
comparer à un simple placebo, à un traitement qui ne marche pas, ou bien
carrément écarter les résultats gênants... Des chercheurs américains ont constaté
que les essais financés par l'industrie étaient quatre fois plus susceptibles d'être
favorables au médicament. Personne ne va vérifier pourquoi une firme qui a fait
douze essais sur tel médicament n'en a dévoilé que cinq ». Le Nouvel Observateur
25/2/2010


                                                                                 35
« La consommation de médicaments des pays développés est en augmentation
constante. Pour obtenir la licence d'exploitation, ces médicaments doivent
confirmer leur efficacité et leur sécurité, c'est-à-dire être testés sur des milliers
d'êtres humains. Comme le coût des essais cliniques augmente en Occident, les
laboratoires en délocalisent une grande partie vers les pays émergents. C'est
ainsi que l'Inde est devenu un important fournisseur de cobayes, et que les
organismes de recherche sous contrat (CRO) ont proliféré aux quatre coins du
pays.
Ces sociétés jouent un rôle d'intermédiaire. Elles effectuent des tests pour le
compte de leurs clients étrangers qui n'apparaissent jamais au grand jour. Les
tests portent sur des sujets sains ou malades. Pour cette raison, les prestataires
indiens ont noyauté les hôpitaux. Par l'entremise de médecins chefs de service,
qu'ils rétribuent au titre de superviseurs, ils ont ainsi accès à une foule de
patients pauvres. "Supposons que vous cherchiez des tuberculeux, des sujets
avec des problèmes cardiaques, des patients psychotiques. Dans les pays
occidentaux, vous aurez du mal à en trouver quelques centaines, ici, il y en a des
milliers", déclare un magnat de la pharmacie indienne, aussi satisfait de sa Rolls
Royce que de la docilité des cobayes du Gujerat. Il est vrai que, depuis le déclin
de l'industrie textile, une bonne partie de la population d'Ahmedabad n'a plus le
choix : c'est participer à des "études" ou crever de faim. Les candidats se
recrutent aussi dans les bidonvilles. Les plus désemparés participent
simultanément à plusieurs études, ce qui ruine leur santé et fausse les résultats.
Car les effets secondaires ne se font pas attendre : diarrhées, vomissements,
démangeaisons, problèmes pulmonaires.
Les médecins ont d'autant plus de mal à poser un diagnostic qu'ils ne savent pas
quelle molécule court dans les veines des malheureux cobayes. Les patients
ignorent tout des essais auxquels ils participent. Ils sont payés en liquide le
dernier jour (une centaine d'euros), et un formulaire de consentement signé par
eux décharge le laboratoire de toute responsabilité ». TéléCinéObs 10/11/2010

* contrefaçons
« L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de la moitié des
médicaments vendus sur le Net sont des contrefaçons ». Le Monde 23/2/2010
« Selon les experts en sécurité informatique, les spams publicitaires pour des
médicaments représenteraient 70% de l'ensemble des courriers électroniques. Il
suffit de taper "buy Viagra" sur un moteur de recherche pour obtenir des
millions de propositions. En quelques clics, et sans avoir à fournir la moindre
ordonnance, l'internaute a accès à toutes sortes de médicaments vendus par des
sociétés basés principalement à l'étranger ». Le Monde 23/2/2010

« Les médicaments contrefaits sont en général fabriqués dans des laboratoires en
Chine, en Inde ou au Proche-Orient, sans aucun contrôle ni traçabilité. […]


                                                                                  36
Les saisies aux frontières européennes de médicaments contrefaits ont été
multipliées par 6 en deux ans, passant d’un peu plus de 500 000 cachets en 2005
à plus de 4 millions en 2007. Selon l’étude, le marché français des médicaments
contrefaits représenterait 1 milliard d’euros par an ». Aujourd’hui en France
16/2/2010

« Le trafic de faux médicaments serait 25 fois plus rentable que la vente de
drogue ». Les Echos 16/4/2010

Le trafic de faux médicaments représente 10% du marché mondial du
médicament. Il s’agit d’un trafic bien plus rentable que le trafic de drogue.
Interpol estime à 75 milliards d’euros annuels le chiffre d’affaires qu’il génère.
Cette nouvelle forme de criminalité se développe de façon exponentielle sur
Internet du fait de son extrême rentabilité. AFP 15/10/2010
Le commerce des médicaments sur Internet ne concerne pas uniquement le
Viagra et les autres produits érectiles, mais aussi les traitements dédiés à toutes
les pathologies, des antibiotiques aux somnifères en passant par les
antidépresseurs, anticholestérols, mais aussi les traitements contre le cancer et le
diabète. Aujourd’hui en France 15/10/2010

* "dommages collatéraux"
L’Isoméride, premier coupe-faim meurtrier a été mis sur le marché en 1985 pour
lutter contre l’obésité, par le même laboratoire, Servier, mis en cause dans
l’affaire du Mediator. Prescrit à 7 millions de Français, il aurait fait au moins 40
morts.
A partir de 1948, le Distilbène est préconisé aux femmes pendant la grossesse
pour leur éviter les fausses couches. Les filles des femmes traitées par ce
médicament souffrent de malformations de l’utérus. Nombreuses n’auront
jamais d’enfant. 160 000 personnes victimes sont recensées sur le territoire.
L’hormone de croissance était supposée aider les enfants à grandir. Extraite sur
des cadavres, elle leur a transmis la maladie de Creutzfeldt-Jakob. 120 jeunes en
sont morts.
L’anti-inflammatoire Vioxx, retiré brutalement du marché en 2004 après cinq
ans de commercialisation, est accusé d’augmenter le risque cardiaque des
malades traités. Aux Etats-Unis, le laboratoire a dû verser 4,85 milliards de
dollars aux victimes.
Le talc Morhange, dans les années 1970, a fait mourir 36 bébés. Ce talc mélangé
accidentellement avec du chlore provoqua des brûlures cutanées, coma, et
infirmités à vie.
L’affaire sans doute la plus traumatisante en France restera celle du sang
contaminé par le sida. La moitié des hémophiles transfusés seront contaminés
par le VIH. Beaucoup mourront. Aujourd’hui en France 16/11/2010



                                                                                 37
« Prescrit dans les années 1950-1960 aux femmes enceintes contre les nausées,
la thalidomide est à l'origine de l'un des plus grands scandales de santé publique
des cinquante dernières années. Les médecins avaient en effet découvert
plusieurs mois après sa mise sur le marché que ce médicament provoquait de
très graves malformations chez le fœtus. On estime que près de 12 000 enfants
ont été victimes de cette molécule dans une quarantaine de pays ». Le Figaro
7/4/2010

« Découvert en 1938 par un Britannique, le Distilbène (DES) est un médicament
censé aider les femmes qui faisaient des fausses couches à répétition à mener
leur grossesse à terme. Cette supposée pilule miracle a été commercialisée par
de nombreux laboratoires, dont Novartis et UCB-Pharma. Quinze ans après le
début des prescriptions, les filles de ces femmes ont présenté des anomalies
graves, souvent des utérus en forme de "T" qui les rendaient stériles ou les
empêchaient d'aller au bout de leur grossesse.
Un peu plus tard, on a découvert que certaines développaient, très jeunes, des
cancers très particuliers, et risquent encore d'en avoir à la ménopause. A la
troisième génération, les problèmes ne sont pas réglés : leurs enfants naissent
souvent très prématurés, et "les fils DES" sont eux-mêmes atteints d'anomalies,
notamment des troubles mentaux. […] En 1971, après avoir constaté des cancers
liés au DES chez des femmes très jeunes, les Etats-Unis l'ont interdit, bientôt
suivis du Canada puis de l'Angleterre, en 1973, de la Belgique et des Pays-Bas,
en 1975, de l'Irlande, en 1976. La France a été le dernier pays à l'interdire, en
1977. Alors que de nombreuses publications scientifiques en décrivaient les
dangers. On a donc pris un retard énorme. En France, environ 200 000 femmes
ont été traitées par le DES, donnant naissance à 160 000 enfants, qui,
aujourd'hui, ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête ». Le Monde 9/10/2010

Le Mediator, fabriqué par le laboratoire Servier, est un antidiabétique qui a été
pris par deux millions de personnes depuis sa commercialisation en France en
1976. Il a aussi été vendu à des personnes, en majorité des femmes, qui
voulaient perdre du poids. Ce médicament a été retiré du marché en France en
novembre 2009 par les autorités sanitaires au motif « qu’il avait une efficacité
modeste dans le traitement du diabète » et provoquait « un risque d’atteinte des
valves cardiaques ». Mais il avait été interdit aux Etats-Unis depuis 1997, et en
Espagne et en Italie depuis 2005. Il ressemble de très près à un autre
médicament coupe-faim, l’Isoméride, produit par le même laboratoire, et qui a
fait lui aussi des décès par valvulopathies dans les années 1990. Aujourd’hui en
France 16/11/2010
       Jusqu'à son retrait, le Mediator a été remboursé au taux plein de la
Sécurité sociale (65%). « Un blanc-seing donné par les autorités à Servier et aux
médecins prescripteurs. Et pourtant, dès 1999, soit dix ans avant son
interdiction, le médicament était jugé... inefficace ». La Tribune 26/11/2010


                                                                               38
« On dit souvent que les Français ont une passion pour les psychotropes, ces
médicaments qui agissent sur le système nerveux central et allègent les
symptômes des troubles mentaux comme la schizophrénie, l'anxiété ou la
dépression. N'en sont-ils pas les plus gros consommateurs au monde ? Mais ce
qu'on n'a pas relevé, c'est la passion qui est celle de l'industrie pharmaceutique
française pour ces mêmes psychotropes... détournés de leurs indications. C'est
pourtant le trait commun à trois médicaments conçus en France et que l'on retire
du marché en catastrophe au rythme d'un tous les ans.
L'Agréal (veralipride) a été retiré du marché en septembre 2007 : c'était un
neuroleptique (presque indiscernable, chimiquement, du Dogmatil prescrit dans
la schizophrénie) censé soigner les bouffées de chaleur lors de la ménopause.
L'Acomplia a été retiré en octobre 2008 : il avait été initialement testé dans des
indications psychiatriques avant d'être commercialisé dans les cas d'obésité.
Enfin, est venu le tour du Mediator, dérivé des amphétamines qui ont eu leur
heure de gloire dans les années 1960 ». Le Monde 11/12/2010

Le point commun entre Staltor (cérivastatine), Vioxx (rofécoxib), Sibutral
(sibutramine), Acomplia (rimonabant), Avandia (rosiglitazone), Mediator
(benfluorex), parmi d'autres médicaments est qu’ils ont tous ont été retirés du
marché au cours des dernières années, en raison d'effets indésirables d'une
gravité disproportionnée par rapport aux bénéfices qu'ils apportaient. « Dans
chaque cas, ces effets indésirables étaient connus depuis longtemps, ou
prévisibles. Connus, parfois dès leur mise sur le marché, car ils avaient été
repérés lors des premiers essais cliniques ». Le Monde 11/12/2010

Dix médicaments - contre les crampes, le diabète, pour raviver le désir féminin
ou encore arrêter de fumer- sont "à retirer du marché" en raison d'effets
indésirables l'emportant clairement sur les avantages, selon le magazine
L'Express qui en publie la liste, dressée à partir des investigations de la revue
médicale indépendante Prescrire.
Parmi ces médicaments "contestables" :
- Actos, antidiabétique oral qui provoque un risque accru de cancer de la vessie.
Ce médicament appartient à la même famille que l'antidiabétique Avandia, retiré
du marché en novembre 2010 ;
- Hexaquine, pour les crampes musculaires, en raison de risque mortel de
saignements liés à une chute de cellules sanguines (plaquettes) ;
- Nexen, un anti-inflammatoire (arthrose, règles douloureuses) à l'origine de
troubles du foie graves pouvant nécessiter une greffe de foie ;
- Vastarel, commercialisé depuis plus de 40 ans, dont les indications (vertiges,
acouphènes, angine de poitrine...) se sont allongées, sans preuves solides de son
efficacité, alors qu'en revanche, on observe des effets indésirables inquiétants
comme l'apparition de syndromes parkinsoniens ;


                                                                               39
- Zyban (GSK) prescrit pour arrêter de fumer et qui se trouve être une substance
proche des coupe-faim amphétaminiques comme le Médiator ;
- Intrinsa, pour contrer la baisse du désir chez les femmes après ablation des
ovaires et de l'utérus. Ce patch à la testostérone, présenté comme un Viagra
féminin, n'a pas été autorisé aux Etats-Unis en raison de sa faible efficacité sur
la libido féminine, mais aussi à cause d'effets indésirables allant d'un excès de
pilosité jusqu'à des troubles hépatiques et cardiovasculaires. AFP 15/42/2010

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a
demandé de ne plus prescrire de sibutramine, l'un des derniers médicaments
contre l'obésité encore disponible en France. Commercialisée en France depuis
juin 2001 sous le nom de Sibutral, cette molécule coupe-faim agit en inhibant la
recapture de la sérotonine et de la noradrénaline, à l'instar de certains
antidépresseurs. Ses effets indésirables concernent surtout des risques de
complications cardio-vasculaires (accident vasculaire cérébral ou crise
cardiaque). Le Figaro 23/1/2010

Selon une étude américaine, les statines (des anticholestérols) sont prescrits
inutilement à titre préventif contre des maladies cardiovasculaires à des
personnes sans signe de problème vasculaire. AFP 16/11/2010

"Avandia" est un antidiabétique du géant britannique GlaxoSmithKline (GSK)
mis sur le marché en 1999 aux Etats-Unis, et en 2002 en France. Un comité
d'experts réunis par la Food and Drug Administration (FDA) a estimé
qu'Avandia augmentait les risques cardiaques avec une surmortalité par infarctus
et attaque cérébrale. Il n’en reste pas moins que 210 000 Français prennent ce
médicament (soit un diabétique sur dix). Le Figaro 16/7/2010

Un comité consultatif indépendant de l'Agence américaine des médicaments
s'est prononcé contre la commercialisation du "flibanserin", le "Viagra" féminin
supposé doper la libido féminine. Ce comité souligne notamment que cet
antidépresseur… présente un risque d'effets secondaires comme la dépression et
des étourdissements.
Le manque d'appétit sexuel féminin constitue un marché que les firmes
pharmaceutiques ciblent depuis le succès phénoménal auprès des hommes du
Viagra, autorisé à la vente en 1998, et suivi quelques années après par les
concurrents Cialis et Levitra. Le marché du "Viagra féminin" pourrait atteindre
deux milliards de dollars. AFP 18/6/2010

« La FDA a découvert ces dernières années de nombreux produits vendus
comme compléments diététiques visant à améliorer la libido et pouvant être
dangereux car ils contiennent des substances médicamenteuses actives ou des
variantes qui sont réglementées. Les produits promettant de doper les


                                                                               40
performances sexuelles sont ceux qui contiennent le plus probablement ces
substances, relève la FDA ». AFP 19/11/2010

Les enfants hyperactifs présentant des troubles de l'attention se voient souvent
prescrire du méthylphénidate (dont la Ritaline est le nom commercial). C'est dès
la maternelle le plus souvent que les parents perçoivent les premières pressions.
Les enseignants conseillent aux parents de consulter. Les médecins sont très
partagés sur l'opportunité de prescrire à des jeunes ce type de médicament dont
les effets secondaires à long terme ne sont pas encore bien connus. Mais les
médicaments comme la Ritaline ont petit à petit infiltré le milieu médical
français après les États-Unis. Or ce type de traitement dure des mois, voire des
années. Le Figaro 5/11/2010

* pollution des eaux par les médicaments
En France, la présence de résidus pharmaceutiques dans l'eau de ville constitue
un sujet tabou. Certains de ces micropolluants ont une action avérée sur des
mécanismes hormonaux humains ou animaux. C'est le cas des antibiotiques,
qu'on retrouve dans les eaux usées à des dosages très faibles (entre le
nanogramme et le microgramme par litre). La majorité de ces micropolluants
provient de la consommation de médicaments dans le cadre familial.
« En fait, les médicaments sont très mal absorbés par l'organisme. Quand on suit
une antibiothérapie, seulement 10% du principe actif est réellement fixé dans le
corps. Le reste part dans les toilettes. Utilisés pour enrayer les infections
bactériennes, les antibiotiques sont aussi massivement utilisés pour augmenter la
vitesse de croissance des animaux d'élevage ». Les Echos 2/3/2010

* placebo
« L’histoire de l’effet placebo remonte à la Seconde Guerre mondiale. Il est
découvert grâce au mensonge d’une infirmière, lors du débarquement des
troupes alliées dans le sud de l’Italie. Tandis qu’elle assiste l’anesthésiste Henry
Beecher auprès de soldats américains victimes des bombardements allemands,
cette infirmière – qui ne dispose plus de morphine – dit à un blessé qu’elle lui
injecte une dose de ce puissant analgésique alors que sa seringue ne contient que
de l’eau salée. Chose incroyable, le faux analgésique soulage le soldat, qui peut
ensuite être soigné sans difficulté.
De retour à Harvard après la guerre, Beecher bouleverse les pratiques médicales
dans son pays. A l’époque, les tests avant autorisation des médicaments laissent
pour le moins à désirer : les fabricants se contentent de tester différentes doses
de leurs nouveaux traitements jusqu’à ce que les bénéfices présumés l’emportent
sur les effets secondaires. Un jour, Beecher suggère de comparer l’état de santé
des volontaires avec un groupe témoin recevant un placebo afin de permettre
aux autorités sanitaires d’observer de manière objective la véritable efficacité de
tout nouveau traitement. Sa suggestion ne sera entendue qu’en 1962. Cette


                                                                                 41
année-là, le Congrès américain, choqué par le scandale de la thalidomide (ce
produit était responsable de malformations congénitales), décide d’amender le
Food, Drug and Cosmetic Act afin de rendre obligatoire la mise en place de tests
sanitaires approfondis et de groupes de contrôle avec placebo. […]
La méthode de Beecher a toutefois un effet pervers. En donnant le mauvais rôle
aux placebos dans ses essais cliniques, Beecher finit par stigmatiser l’une de ses
plus grandes découvertes. Le fait que des capsules de poudre de perlimpinpin
puissent susciter une réaction positive dans l’organisme devient un problème
pour les fabricants de médicaments, alors que ce phénomène aurait pu aider les
médecins à mieux comprendre le fonctionnement des processus de guérison.
[…] Le problème était que l’effet placebo était perçu comme un phénomène
purement psychologique, lié à une névrose ou à la crédulité des sujets, et non
comme un mécanisme physiologique observable et exploitable à des fins
thérapeutiques. En fait, le cerveau produit ses propres substances analgésiques,
les opioïdes, libérées dans l’organisme en cas de stress. […]
Les opioïdes libérés par des placebos ne font pas que soulager la douleur, ils ont
également un effet sur le rythme cardiaque et la respiration. La dopamine, un
neurotransmetteur qui peut être activé par un placebo, permet ainsi d’améliorer
les fonctions motrices des patients atteints de la maladie de Parkinson. Ce genre
de mécanisme permet d’influer sur l’humeur, d’augmenter les capacités
cognitives, de soulager les troubles digestifs, de combattre l’insomnie et de
limiter la sécrétion des hormones du stress comme l’insuline et le cortisol ».
On parle de "réponse placebo" plutôt que d’effet placebo, car, par définition, une
substance inerte n’a pas d’effet. Toutefois, administrée dans les bonnes
conditions, elle peut servir de catalyseur au "système de soins endogène" du
corps. Mais, comme tous les réseaux internes, la réponse placebo a ses limites.
Elle peut ainsi soulager certains désagréments liés à la chimiothérapie, mais elle
n’empêchera pas le développement de la tumeur. Le système peut également
fonctionner en sens inverse et produire ce qu’on appelle l’effet nocebo ("je
nuirai", en latin). C’est ainsi que des hommes qui se sont vu prescrire un
traitement pour la prostate et ont été avertis qu’ils pourraient souffrir de troubles
sexuels ont deux fois plus de risques de devenir impuissants que ceux à qui l’on
n’a rien dit. Courrier international 15/4/2010

Le Dr Patrick Lemoine, auteur du livre "Le Mystère du placebo" (éd. O. Jacob)
raconte comment il a parfois recours à de fausses gélules, dans le cadre d’un
sevrage de somnifères : « Le patient va acheter trente gélules vides, je lui
demande d'en remplir vingt avec la petite dose de médicaments qu'il prend
encore, et dix avec du sucre. Chaque soir, il en pioche une au hasard ». Le mois
suivant, la proportion de gélules actives est réduite... jusqu'à sevrage complet.
Magie pour les uns, arnaque pour les autres, l'effet placebo intrigue depuis des
siècles. Classiquement, les placebos sont des substances sans activité
pharmacologique utilisées en tant que témoins lors d'essais thérapeutiques et


                                                                                  42
comme traitements dans la pratique médicale car il est admis qu'ils améliorent
l'état d'un tiers des malades.
« Qu'il s'agisse de douleurs, ou encore d'addiction, l'action d'un placebo est
d'autant plus marquée que l'espérance du malade - éventuellement induite par la
suggestion du médecin - est importante.
Pour autant, les bénéfices ne sont pas seulement subjectifs. Les placebos ont
d'incontestables propriétés neurobiologiques. Ainsi, dans le domaine de la
douleur, des études en IRM ont confirmé qu'ils induisent les mêmes
modifications cérébrales que des médicaments morphiniques. Des réactions
objectives à ces substances ont aussi été observées au niveau du cerveau des
parkinsoniens et des dépressifs ». Le Figaro 8/3/2010


* autres drogues
* jeux vidéo et jeux d’argent * dopage * produits illicites * politique de
réduction des risques * trafics et saisies * "guerre à la drogue"

* jeux vidéo et jeux d’argent
« Les Français jouent déjà massivement : au grattage ou au tirage, au Loto ou au
Keno, au tiercé ou au quinté +, au poker ou aux machines à sous (les "bandits
manchots"), ils sont 30 millions à tenter leur chance.
Le marché des jeux contrôlés par l'Etat - le PMU, la Française des jeux et les
casinos - pesait 73 milliards de francs en 1991 ; aujourd'hui, 37 milliards
d'euros, pas loin de quatre fois plus. Avec les paris en ligne, le live betting
durant les matchs de football et le casino-tri à domicile (ou au bureau), l'on va
désormais franchir un nouveau cap. […]Plus il y a de joueurs, plus il y a
d'"accros", drogués aux courses, au poker ou au Rapido, comme d'autres le sont
à la cocaïne. Le Monde 6/4/2010

« Les casinos français, touchés ces trois dernières années par une baisse de 20%
de leur chiffre d'affaires, passent à l'offensive pour tenter de limiter les effets de
cette crise sans précédent en se lançant dans le poker en ligne, un secteur où
règne une concurrence féroce.
Depuis le 30 juin, date de l'ouverture officielle du poker en ligne en France,
l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) a accordé 21 agréments, dont
six à des groupes de casinos représentant les trois quarts des 197 casinos ». AFP
14/9/2010

L’autorisation des paris en ligne inquiète les spécialistes des addictions. Internet
attire des profils spécifiques : des hommes - plus jeunes que les habitués des
casinos - diplômés et actifs, qui ont intégré la culture Internet, mais aussi des
femmes (un quart des joueurs assidus seraient aujourd'hui des femmes et 15%
d’entre elles ont plus de 65 ans).


                                                                                   43
Gagner de l'argent est la motivation principale d'un joueur sur cinq, mais le but
est aussi de se distraire, de prendre du plaisir ou de passer le temps.
On estime à 600 000, soit environ 1% de la population, le nombre de joueurs
pathologiques en France. L'addiction au jeu a des conséquences sociales
lourdes : surendettement, ruptures familiales, suicides... Le Figaro 25/5/2010

Les Français jouent de plus en plus. En vingt-cinq ans, ils ont doublé leur mise,
avec en moyenne 130 euros par an et par habitant. Le nombre d'interdits de
casino a été multiplié par trois en dix ans (l'augmentation a même été de 53%
entre 2005 et 2010, portant à 34 075 le nombre de personnes interdites).
Les opérateurs, eux, ne jurent que par le "jeu responsable". A l'instar du "fumer
tue" sur les paquets de cigarettes, les sites de jeu affichent en effet une bannière -
discrète - mettant en garde contre les excès, et proposent parfois un numéro
téléphonique d'écoute. La Française des jeux proclame "Restez maître du jeu,
fixez vos limites". Mais c’est elle qui est à l'origine du "Rapido", considéré
comme le plus addictif des jeux, avec ses tirages répétés toutes les cinq minutes,
de 5 heures à minuit. Certains opérateurs n'hésitent pas à offrir 20 à 50 euros de
mise, comme cadeau de bienvenue, pour séduire de nouveaux joueurs. Sciences et
Avenir 27/5/2010

« Depuis juin 2010, date d'entrée en vigueur de la loi "relative à l'ouverture à la
concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard", sites de
paris sportifs et de poker, mais aussi télévisions, radios et groupes de presse
rivalisent pour conquérir le public ». Tout est ainsi en place pour transformer la
France en nation de parieurs électroniques.
Sur le plan de la santé publique, les dangers sont grands. « Depuis 1980, les jeux
d'argent sont identifiés comme étant à l'origine de maladies comportementales
dont la fréquence croît avec l'offre. Si l'on considère que 1 à 3% des joueurs
français entretiennent une relation pathologique au jeu, l'élargissement de cette
population de joueurs pose un problème en soi ». Le Monde diplomatique 1/10/2010

« L'addiction aux jeux d'argent ressemble beaucoup à une dépendance aux
excitants, comme la cocaïne ou les amphétamines. Il n'y a pratiquement pas de
dépendance psychique, mais quand l'usager arrête, il est la proie d'une
impulsivité irrésistible à recommencer. On arrête facilement un court laps de
temps, trois jours, trois mois, mais à la première occasion on replonge.
Le joueur accro aux jeux d'argent arrive à s'endetter de façon extrême, car il
retarde très longtemps sa décision d'arrêter, dans l'espoir de se refaire. Il sait que
s'il arrête, il lui faudra des années pour rembourser, qu'il risque de se retrouver
seul, coupé de ses proches à qui, souvent, il a emprunté de l'argent en mentant.
Arrêter est une décision très difficile à prendre. Mais en la reculant, le joueur ne
fait qu'aggraver sa situation.



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[…] Les jeux en ligne sont probablement plus addictifs que les jeux "en dur",
comme dans les casinos. Ils sont d'une accessibilité sans limite : on peut jouer à
tout moment. La fréquence de jeu est renforcée car on peut passer, en un clic,
d'un jeu à un autre. Et le fait qu'on puisse jouer en ligne chez soi, en buvant de
l'alcool et en fumant, constitue une circonstance aggravante ». Le Monde 2/7/2010

Les Français perdent 60 millions d'euros par jour en tentant leur chance auprès
de la Française des Jeux, du PMU et dans les quelque 200 casinos couvrant le
territoire. Sous la pression de Bruxelles, les monopoles historiques du secteur
ont dû accepter l'ouverture à la concurrence sur les jeux en ligne. Désormais, sur
Internet, les Français peuvent en toute légalité parier sur les compétitions
sportives, jouer au poker et miser sur les courses de chevaux.
« Avec l'essor de l'offre, la tentation s'accroît. Or, le jeu, simple loisir pour la
grande majorité des joueurs, devient un problème pour une minorité d'entre eux.
Un joueur addictif ne s'amuse plus, il cherche à récupérer l'argent perdu sur la
base de fausses convictions comme la capacité à influer le hasard ». La Tribune
16/12/2010


Vingt-cinq millions de Français jouent aux jeux vidéo. Entre 600 000 et
800 000 d’entre eux (adultes ou jeunes) seraient cyberdépendants. Libération
18/3/2010

* dopage
Spécialiste du dopage, Jean-Pierre de Mondenard dans son livre "Dopage dans le
football. La loi du silence", montre que le sport le moins contrôlé, le football, est
gangrené par les transfusions sanguines, l'EPO et autres hormones indétectables.
Comme dans le cyclisme, il y aurait dans le foot une culture de la piqûre. Les
produits les plus utilisés restent les hormones de croissance car elles
disparaissent très vite après l'injection. Le Figaro 25/11/2010

* produits illicites
L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a synthétisé les
résultats de son dispositif "Trend" d'observation, créé en 1999. Il en ressort
qu’après les années 1970 et 1980, qui correspondent schématiquement à la
diffusion puis au déclin de l'héroïne, et les années 1990, qui ont été celles de
l'implantation du cannabis, les années 2000 inaugurent l'arrivée de la cocaïne,
qui semble promise à un bel avenir.
« Les dix dernières années sont également marquées par une augmentation, en
volume, du nombre d'usagers de drogues et une diversification des publics qui
les consomment. La drogue dite dure n'est plus réservée aux milieux
marginaux : elle touche aussi bien des jeunes en errance que des classes
moyennes ou favorisées. Les consommateurs sont moins adeptes d'un produit en


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particulier que polyconsommateurs de substances, qu'elles soient licites ou
illicites : quand ils sont usagers de cocaïne ou d'ecstasy, ils consomment aussi
souvent du cannabis, de l'alcool et du tabac ». « La consommation de drogues
n'est plus synonyme de rébellion, explique le directeur de l'OFDT. Elle signe
plutôt une forme de suradaptation à la société actuelle ».
        Après la dernière décennie marquée par l'augmentation constante de
l'usage de cannabis, sa consommation s'est stabilisée, mais à un niveau élevé. Le
cannabis est aujourd'hui le produit illicite le plus fréquemment consommé en
France, avec 1,2 million de consommateurs réguliers et 550 000 consommateurs
quotidiens.
Pour ces usagers, la consommation est devenue routinière, elle s'inscrit dans un
réseau de sociabilité où le produit est très implanté. « Fumer du cannabis
devient alors "normal", au double sens d'un acte "non réfléchi", "automatique"
et d'une adhésion à la "norme" du groupe social auquel appartient l'individu »,
note l'OFDT.
Les stratégies pour obtenir du cannabis sont intégrées au quotidien : la majorité
se le procure auprès de proches, un tiers recourt à des dealers et 10% cultivent
des plants de cannabis. L'initiation se fait en moyenne à 15 ans, moins dans le
cadre festif qu'au quotidien, au contact d'autres jeunes. La fin de l'adolescence et
la période de prise d'indépendance sont fréquemment des moments de
consommation compulsive, qui se réduisent au fil du temps pour une majorité de
consommateurs. Mais des formes "d'usage dur", lié à des situations de
désœuvrement social, sont également observées.
        Les années 2000 constituent un tournant dans la disponibilité de la
cocaïne en France, qui entre alors dans une phase de "diffusion large". Parmi les
18-44 ans, le niveau d'expérimentation triple entre 1992 et 2005, passant de
1,2% à 3,8%. En 2005, le nombre d'expérimentateurs de cocaïne au cours de la
vie était estimé à environ 1 million de personnes, pour environ 250 000 qui en
ont consommé au cours de l'année. Bénéficiant d'une image "extrêmement
positive", la cocaïne touche toutes les classes d'âge dans des milieux sociaux très
hétérogènes. « Perçue comme une drogue festive, et somme toute peu
dangereuse, elle semble en phase avec une période où la performance est
socialement très valorisée », explique l'OFDT. La technique du chauffage de la
cocaïne mélangée à du bicarbonate pour la consommer fumée ("free-base", soit
le même produit que le crack) est de plus en plus en vogue. La cocaïne se
diffuse également hors des agglomérations, notamment dans les quartiers
périphériques, où le deal de cocaïne se greffe désormais sur celui du cannabis.
        En ce qui concerne l'ecstasy, produit emblématique des "nouvelles
drogues" des années 1990, très liée à l'essor de la culture techno, elle a connu
une phase de progression importante jusqu'au début des années 2000. Cette
petite pilule colorée, facilement ingérable « était alors, après le cannabis, le
produit illicite par lequel des centaines de milliers de jeunes sont entrés dans la
consommation de substances illicites », explique l'OFDT. Arrivée à une phase


                                                                                 46
plateau en 2002, sa consommation a décliné, tout en restant pour beaucoup de
consommateurs novices, la porte d'entrée "idéale" dans l'usage de substances
psychoactives. Elle s'est banalisée au point d'être considérée comme une
substance démodée, voire ringarde. « Il en va ainsi des substances psychoactives
comme des produits de consommation les plus banals, note l'OFDT. Elles
connaissent des cycles de vie, scandés par des successions temporelles
marquées par la naissance, l'apogée et le déclin ».
       L'introduction de traitements de substitution à l'héroïne (Subutex et
méthadone) afin d'enrayer l'épidémie d'overdoses qui touchait les toxicomanes,
avait entraîné sa moindre consommation dans les années 1990. Mais l'héroïne
est réapparue à partir de 2006 en se diffusant relativement rapidement. Ce retour
en grâce s'explique par l'effacement de la mauvaise image du produit, qui n'est
plus connecté au "junkie" héroïnomane. L'héroïne n'est alors plus injectée par
seringue, mais sniffée ou fumée. Ces nouveaux modes de consommation ont fait
régresser la crainte de l'overdose, liée à tort à la seule pratique de l'injection. Le
retour de l'héroïne s'explique également par le détournement de la prise de
Subutex, devenue une drogue de rue très répandue : paradoxalement, l'accès
facile au Subutex a dédramatisé le risque de la dépendance à l'héroïne, rendant
d'autant plus attrayante sa consommation. Le Monde 5/2/2010

« Plante sacrée des Andes, la coca, découverte par les Incas il y a trois mille ans,
était à l'origine consommée au cours de cérémonies religieuses. Mastiquée ou
absorbée en infusions en raison de ses effets énergisants, elle fut aussi utilisée,
des siècles durant, pour ses propriétés médicinales : antidouleur, anesthésiant
local en ophtalmologie et dans le traitement de maladies respiratoires, comme la
tuberculose et l'asthme. Quant à Freud, il lui donna ses lettres de noblesse en
1884 avec un article demeuré célèbre, "Über Koka", dans lequel il vantait ses
qualités... aphrodisiaques.
Tout change au début des années 1900, lorsque les Etats-Unis, premiers
consommateurs au monde, veulent éradiquer la production de coca. S'ensuit une
série de conférences internationales visant à prohiber cette culture. En 1951,
l'Organisation mondiale de la santé la classe parmi les produits "addictifs". Dix
ans plus tard, une convention internationale interdit sa production. La Bolivie et
le Pérou bénéficient toutefois d'un sursis de vingt-cinq ans, en raison d'une
consommation considérée comme "traditionnelle". L'industrie pharmaceutique
fait également exception. Une seule entreprise a droit à un monopole mondial
pour un usage licite de la coca "décocaïnisée" : Coca-Cola ». L‘Express 24/11/2010

Le prix du gramme de cocaïne a baissé d'un tiers depuis 2000, pour se situer aux
alentours de 60 euros. La raison est à chercher outre-Atlantique : les grossistes
mexicains ayant progressivement envahi le marché américain, les cartels
colombiens et boliviens se sont rabattus vers l'Europe, en passant par l'Afrique et
en cassant les prix. En France, les réseaux de trafic de cannabis qui opèrent dans


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les banlieues depuis le Maghreb n'ont pas mis longtemps à comprendre les
bénéfices qu'ils pouvaient tirer de cette situation...
L'autre explication de cet engouement tient à la représentation de la "coke" dans
l'imaginaire collectif : les gens la voient comme une drogue "paillettes", quasi
anodine. Ils croient que la coke ne rend pas dépendant, qu'en se limitant à une
fête par semaine ils échapperont à l'addiction, puisqu'ils maîtrisent, pensent-ils,
leur consommation.
La France compte entre 250 000 et 300 000 usagers réguliers. L‘Express
24/11/2010

« Deuxième drogue illicite la plus consommée en Europe après le cannabis, la
cocaïne suscite des inquiétudes croissantes de la part des autorités policières et
sanitaires. De plus en plus sophistiquées, les techniques mises en oeuvre pour
l'introduire clandestinement en Europe consistent notamment à incorporer du
chlorhydrate de cocaïne dans des supports variés (cire d'abeille, engrais,
vêtements, herbes ou liquides), puis à l'extraire dans des laboratoires clandestins.
Quelque 25 officines d'"extraction secondaire" de ce type ont ainsi été
découvertes en Espagne en 2008.
Autre motif de préoccupation : l'augmentation des décès liés à la consommation
de cocaïne. On en compte environ un millier chaque année en Europe ». Le
Monde 11/11/2010

« Vendue parfois sous le nom de "rabla" (poudre en arabe), l'héroïne, un opiacé
puissant synthétisé à partir de la morphine, conduit à une dépendance physique
et psychique s'accompagnant d'une tolérance qui nécessite des doses de plus en
plus importantes. Sa consommation, qui reste très marginale, est néanmoins en
augmentation, particulièrement chez les jeunes. En 2008, parmi les jeunes âgés
de 17 ans, son expérimentation (le fait d'en consommer au moins une fois)
s'élevait à 0,8% chez les filles et à 1,4% chez les garçons, selon les données de
l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Ces chiffres
apparaissent en hausse par rapport à 2005 (0,6% pour les filles et 0,8% pour les
garçons).
A côté de l'image du toxicomane accro et marginalisé, l'héroïne est associée
désormais à une autre image plus festive. "L'héroïne a perdu son côté tabou de
drogue dure. Elle se diffuse dans tous les milieux sociaux et on en consomme
dans les soirées, notamment pour redescendre après avoir consommé des
produits excitants comme la cocaïne, les amphétamines. Elle circule aussi dans
les discothèques", témoigne Pierre Chappard, de l'association Autosupport pour
les usagers de drogue (ASUD).
Ce changement doit beaucoup à son mode de consommation : on ne s'injecte
plus ce produit, mais on le sniffe. "Le problème, poursuit Pierre Chappard, c'est
que ce mode d'ingestion apparaît sans risque". Or, on meurt aussi bien d'un sniff
que d'une injection, et ce risque est encore plus marqué chez des sujets qui


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consomment de l'héroïne occasionnellement ou pour la première fois ». Le Monde
3/1/2010

Selon un sondage BVA, un parent sur cinq (21%) ne parle jamais des dangers
liés à la consommation de drogue à ses enfants. 17% des parents déclarent ne
jamais parler des risques liés à l'alcool ; 19% n'expriment jamais leur désaccord
avec sa consommation abusive ou régulière ; 23% déclarent ne pas avoir de
règles familiales limitant la consommation d'alcool et 19% concernant celle du
cannabis. Selon les données présentées par Marie Choquet, épidémiologiste, le
temps passé avec son enfant, le fait de connaître ses occupations et ses amis, les
repas en famille et les activités communes parents-enfants sont autant des
facteurs de protection susceptibles d'atténuer l'effet du groupe de copains.
« Par ailleurs, la qualité des relations à l'intérieur de la famille a une influence
plus importante sur les comportements des jeunes face aux substances psycho-
actives que la structure même de la famille. Autrement dit, mieux vaut être dans
une famille monoparentale harmonieuse que de vivre dans un climat de
conflictualité parentale ». Le Monde 9/5/2010

« Le cannabis a pris racine dans l'Hexagone, avec 550 000 consommateurs
quotidiens et un record européen : plus de 4 ados sur 10 l'ont expérimenté ». Le
Figaro 28/6/2010

« Le cannabis pousse désormais dans les banlieues françaises. Le temps de la
culture artisanale est bien révolu et les cannabiculteurs, financés par des groupes
criminels organisés, se livrent aujourd'hui à la production de masse indoor, c'est-
à-dire dans des hangars, et sous lumière artificielle. Selon le rapport de
l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, la résine vient
encore de l'étranger - principalement du Maroc -, mais l'herbe consommée est à
47,7% française. Preuve du développement très important de cette activité
illicite, la destruction de 2 106 plantations – 56 000 plants - de cannabis par la
police en 2009 ». Le Figaro 23/11/2010

« L'évaluation des effets du cannabis sur la santé s'est longtemps située sur un
terrain idéologique, faute de données scientifiques. En 2001, l'Institut de la santé
et de la recherche médicale produisait une première expertise, actualisée en
2004. Elle signalait que "le risque de présenter des symptômes psychotiques est
supérieur lorsqu'on a consommé du cannabis au moment de l'adolescence".
L'expertise ajoutait : "bien que n'étant ni nécessaire ni suffisant pour développer
une schizophrénie, le cannabis est un facteur causal" de cette maladie.
Bien que le cannabis crée moins de dépendance que le tabac, des chercheurs
avancent que 10% des consommateurs sont dépendants. Une consommation
régulière engendrerait des troubles de la mémoire et de la capacité
d'apprentissage. Dans "Cannabis et santé" (Médecine Sciences, Flammarion,


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2004), le professeur Michel Reynaud résumait ces difficultés, évoquant "un
syndrome amotivationnel (...) se traduisant par un désintérêt scolaire et social et
une déscolarisation ou une désocialisation progressive".
"Il existe également un réel risque respiratoire. La fumée du cannabis contient
des substances cancérigènes comme celle du tabac : elle est donc toxique pour
le système respiratoire. L'association du tabac et du cannabis entraîne des
cancers du poumon plus précoces que le tabac seul", indique sur son site
(drogues.gouv.fr) la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les
toxicomanies ». Le Monde 4/6/2010

A Paris, chaque week-end, la consommation de cocaïne augmente. Elle atteint
des pics lors d'événements festifs comme la Fête de la musique (le 21 juin) ou le
14 juillet. On le sait grâce aux égouts : l'analyse des eaux usées permet de suivre
l'évolution des concentrations de cocaïne et de benzoylecgonine (BZE), son
principal métabolite. Une fois ingérées par l'organisme, ces substances se
retrouvent dans les urines et, de fait, dans les égouts. Sciences et avenir 24/6/2010

Quasiment inconnue il y a quelques années, la méphédrone est un stimulant de
la famille des cathinones, elle-même proche de la famille des phénéthylamines à
laquelle appartiennent l'ecstasy et les amphétamines. Elle est proposée sous
forme de poudre, à un prix situé entre 9 et 17 euros le gramme, sur de nombreux
sites Internet.
Ses effets euphorisants durent 2 à 3 heures, mais le temps de retour à un état
normal varie selon les personnes. Certains décrivent une deuxième phase
pouvant durer plusieurs jours, caractérisée par des crises d'angoisse et de
paranoïa, des maux de tête, voire la sensation de recevoir des décharges
électriques. Le Monde 7/5/2010

« Pour fabriquer les quelque 845 tonnes de cocaïne pure mises sur le marché en
2009, les laboratoires clandestins - le plus souvent disséminés en pleine jungle, y
compris dans des zones contrôlées par les guérillas comme les Forces armées
révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) - ont utilisé 253 500 litres de
kérosène, 655 tonnes d'acide sulfurique, 20 000 tonnes de sulfate de calcium,
8 450 tonnes de chaux, 38 tonnes d'acide chlorhydrique, entre autres produits
chimiques, ainsi que quelques tonnes d'ammoniaque, de permanganate de
potassium, d'acétone ou d'alcool à 100°. Cela sans compter les artisans qui
préfèrent continuer à utiliser l'éther éthylique, un produit particulièrement
dangereux pour le consommateur. Les feuilles de coca sont mises à macérer
dans du kérosène puis écrasées. La solution obtenue contient du carbonate de
cocaïne qui, après filtrage et mélange avec de l'acide, donne la pâte base de
cocaïne (PBC), première phase de la transformation en chlorhydrate de cocaïne.
Une tonne de feuilles de coca produit environ 10 kilos de PBC, puis 4 kilos de
cocaïne-base qui donnent eux-mêmes 2,4 kilos de cocaïne pure. La pure est


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ensuite coupée à 50% puis progressivement abaissée à 12% grâce à l'adjonction
de différents produits comme le bicarbonate de soude, le sucre, le lactose,
l'amidon ou le talc ». Libération 25/5/2010

« Les Etats-Unis sont destinataires de la moitié des 850 à 900 tonnes de cocaïne
produites chaque année en Amérique latine. Un kilo vendu aux Etats-Unis
rapporte 67 000 euros aux trafiquants mexicains, maîtres du marché ». Libération
2/2/2010

Le premier dispensaire médical de marijuana d'Oakland (Californie) a ouvert, en
2006. C’est un bâtiment gardé en permanence par 22 caméras et deux vigiles,
qui contrôlent le flot ininterrompu de patients, soit quelque 600 individus par
jour. « Des gens de tous âges, munis d'un certificat médical leur recommandant
l'usage du cannabis, obtenu de médecins de la ville contre 200 dollars la
consultation, et valable un an pour toutes "les maladies susceptibles d'être
soulagées par la marijuana", comme le stipule laconiquement la loi
californienne.
A l'intérieur de ce dispensaire, une salle immense décorée avec soin. Une petite
pièce adjacente est consacrée à la médiation. Une autre à la relaxation. Derrière
la dizaine de comptoirs et de caisses enregistreuses, de jeunes vendeurs
renseignent les patients, sagement alignés dans la file d'attente. Au choix, une
cinquantaine de variétés de marijuana et de haschich exposées derrière les
vitrines : la Lemon Kush, l'Apollo 11 ou encore la Dream Queen. Du miel au
cannabis aussi, des pilules et des sprays pour non-fumeurs ». Le Monde 4/6/2010

* politique de réduction des risques
« Les études internationales réalisées sur les salles de consommation - des lieux
où les consommateurs de drogues peuvent s'injecter proprement les produits en
se voyant proposer un accompagnement social - sont favorables à ce dispositif
de réduction des risques. Elles montrent que les salles de consommation ont
permis de réduire les décès par overdose et les nuisances pour les riverains des
zones fréquentées par les toxicomanes ». Le Monde 22/6/2010

L'Inserm (Institut national de la santé et la recherche médicale) a rendu publique
une expertise collective sur la réduction des risques chez les consommateurs de
drogues. Il y aurait en France entre 210 000 et 250 000 "usagers problématiques
de drogues", longtemps appelés toxicomanes, utilisant héroïne, cocaïne,
amphétamines... Il s'agit d'une population aux trois quarts masculine, souvent
affectée de troubles psychiatriques, et en difficulté sociale. Le risque de décès
dans ce groupe est cinq fois plus élevé que pour la tranche d'âge équivalente.
Les utilisateurs de drogues par voie intraveineuse sont particulièrement menacés
par des infections chroniques, hépatite C, B, sida. Le partage de matériel lié à



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l'injection constitue le risque majeur - mais pas le seul - de transmission
d'infection.
« Les centres d'injection supervisés sont des structures où les usagers de drogues
par injection peuvent venir s'injecter des drogues - qu'ils apportent - de façon
plus sûre et plus hygiénique, sous la supervision d'un personnel qualifié »,
expliquent les experts de l'Inserm. De tels centres ont vu le jour en Suisse. Huit
pays les autorisent : l'Allemagne, l'Australie, le Canada, l'Espagne, le
Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, la Suisse. En France, ces "shooting rooms"
font débat. Le Figaro 22/7/2010

L'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) estime que la politique
française de réduction des risques pour les toxicomanes, qui s'appuie sur
l'échange de seringues et l'offre de méthadone, a porté partiellement ses fruits,
mais que de nouvelles stratégies doivent être développées. Cette politique a
débuté en France en 1987 avec la libéralisation de la vente de seringues dans les
pharmacies puis, au milieu des années 1990, avec la mise en place de
programmes d'échanges de seringues. En 1995, 40% des usagers de drogues par
voie intraveineuse étaient séropositifs. En 2004 ils étaient 11% (et 0,3% pour les
moins de 30 ans). Le Figaro 19/7/2010

« Plus de 3 des 15,9 millions de consommateurs de drogues injectables de par le
monde ont contracté le sida ». AFP 26/11/2010

* trafics et saisies
La tendance à l'achat de drogue sur le Web connaît une nette accélération avec la
vente en ligne de drogues de synthèse. Après le Spice (cannabis synthétique),
c'est au tour de la méphédrone d'attirer les clients en ligne. Son nom de code :
Miaou-miaou, MCAT, Bubbles, ou Cox. Elle a l'aspect d'une poudre blanchâtre.
« Ce type de produits défie les politiques répressives des Etats pour au moins
deux raisons : 1) Les drogues de synthèse ne sont pas répertoriées comme
produit illégal. 2) Leur mode de commercialisation, sans deal dans les rues,
garantit une discrétion inespérée ». L'usager-internaute n’a pas à fréquenter des
lieux glauques, pour se fournir. Libération 28/5/2010

« Entre 2008 et 2009, les quantités de cannabis saisi en France ont diminué,
passant de 74 tonnes à tout juste une soixantaine. Non pas que la consommation
se réduise, ni même que les trafics, en provenance principalement du Maroc via
l'Espagne, s'essoufflent. A lui seul, le marché de la résine de cannabis est évalué
à 1 milliard d'euros en France. Mais, les contrôles se multipliant, les réseaux se
sont réorganisés ».
Cocaïne (175 millions d'euros de chiffre d'affaires) et héroïne (38 millions) ne
sont pas en reste, mais dans des proportions moindres. Le Monde 5/2/2010



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« Les centres financiers offshore constituent la face sombre de la mondialisation,
le lieu où se croisent et s'imbriquent les flux énormes de l'argent noir ou gris
issus de l'économie du crime (trafic de drogue, proxénétisme, crime organisé),
de la corruption, de la grande fraude fiscale et financière. Seules la levée du
secret bancaire et une coopération véritable entre Etats, autorités de régulation et
magistrats permettront de rétablir à la fois l'état de droit et la confiance des
citoyens dans le système financier et l'économie de marché ». La Tribune 5/2/2010

Dans le jargon des douanes, on les appelle les "mules", ou les "bouletteux". En
provenance d'Amérique latine, d'Asie ou, de plus en plus souvent, d'Afrique, ils
transportent dans leur estomac entre 800 grammes et 1,3 kilo de poudre blanche,
héroïne ou cocaïne, conditionnée en doses d'une douzaine de grammes
emballées sous plastique, qu'ils ingèrent juste avant l'embarquement. « Qu'un
seul de ces sachets vienne à se rompre et c'est la mort assurée, dans d'atroces
souffrances. Chaque année, plus de 200 de ces passeurs sont interpellés à leur
arrivée à l'aéroport de Roissy. Pourtant, selon les estimations, 10% à peine des
bouletteux sont arrêtés : ils seraient donc des milliers à débarquer en France, le
corps lesté de leur poison ». Les trafiquants ciblent des malheureux accablés par
la misère, et les candidats se bousculent. Outre la police qui les traque, les
douaniers, les chiens renifleurs, ils peuvent aussi se trouver victimes de la guerre
entre les cartels, qui n'hésitent pas à dénoncer parfois les mules d'une bande
rivale. Ils peuvent aussi être utilisés comme appâts : lestés d'une petite quantité
de drogue, ils sont alors volontairement "sacrifiés" afin d'occuper les douaniers,
et de permettre ainsi le passage d'un plus gros chargement. TéléCinéObs 18/3/2010

« Dans le jargon des trafiquants de drogue, on les appelle les "carotteurs". Ces
malfaiteurs ne s’embarrassent pas pour mettre la main sur d’importantes
quantités de drogue : ils les volent aux autres équipes en les attaquant sur la
route entre le Maroc, l’Espagne ou la France, le plus souvent en se faisant passer
pour des policiers ». Aujourd’hui en France 27/6/2010

En 2009, 46,9 tonnes de drogues, d'une valeur de 310 millions d'euros, ont été
saisies par les douanes françaises. Le Monde 24/4/2010

Le marché des stupéfiants reste florissant en France, portée par une forte
demande de cannabis et de cocaïne. Malgré une répression toujours plus
marquée depuis 2002, la consommation n'a pas baissé et les trafics continuent de
perturber en profondeur la vie de centaines de quartiers sensibles.
« Le marché du cannabis en France est estimé à près de 900 millions d'euros par
an. Le marché total de la drogue pourrait représenter entre 1,5 milliard et 2
milliards d'euros ». Implantés dans les cités sensibles, les réseaux de trafiquants
de cannabis contribuent au développement de l'économie souterraine de
quartiers entiers.


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Les trafiquants présentent un portrait-robot assez éloigné des images
traditionnelles : trois quarts des trafiquants sont de nationalité française ; leur
âge moyen tourne autour de 28 ans. 85% des trafiquants occupaient un emploi
au moment de leur interpellation.
L'importance des sommes en jeu explique la violence des règlements de
comptes. La présence d'armes de guerre, acquises pour quelques centaines
d'euros, conduit des bandes concurrentes à s'entre-tuer à coups de kalachnikovs.
Une partie des différends commerciaux se règlent aussi, plus discrètement, à
coup de séquestrations (la police et la justice n'en connaissent qu'une faible part,
dans la mesure où les victimes préfèrent généralement ne pas déposer plainte).
Les personnes condamnées pour usage ou trafic de drogue représentent
aujourd'hui 20% du total des détenus : une infime minorité (2%) l'est pour
simple usage de stupéfiants, l'immense majorité pour trafic (18%).
La politique du chiffre a conduit la pression policière à s’exercer surtout sur les
consommateurs : « alors que le démantèlement d'un réseau prend des mois et
implique des moyens importants (surveillance, écoutes, etc.), les interpellations
d'usagers se comptent à la fois comme un délit et sa résolution. Elles permettent
des statistiques favorables : police et gendarmerie affichent des taux
d'élucidation supérieurs à... 100% en matière de stupéfiants ». Le Monde
24/11/2010

« Dans le monde des drogues de synthèse, il y a ceux qui en créent de nouvelles,
aux confins de la légalité, et ceux qui les traquent, pour les interdire. Et dans
cette course, les premiers ont encore "une longueur d'avance", expliquent des
experts de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).
[…] Elles sont également appelées "legal highs" parce qu'elles sont légales dans
leur processus de fabrication - les molécules chimiques servant à leur
composition étant achetées en toute légalité - et qu'elles viennent contourner les
lois en vigueur sur les drogues, tant qu'elles ne sont pas répertoriées et
éventuellement interdites en raison de leurs effets psychoactifs.
Si 2009 avait été une "année record" avec l'apparition de 24 nouvelles
substances de synthèse, 2010 l'a déjà battue : 33 nouvelles substances ont déjà
été signalées ». AFP 10/11/2010

* "guerre à la drogue"
En France, « quarante ans après son entrée en vigueur, la loi qui punit la
consommation de drogue suscite toujours la controverse, mais elle est plus
appliquée que jamais ». Premier indicateur de cette tendance, les interpellations
ont connu une hausse continue. En 2009, près de 140 000 personnes ont été
arrêtées pour usage, contre 20 000 vingt ans plus tôt. Le cannabis est en cause
dans plus de neuf cas sur dix, devant l'héroïne (5%) et la cocaïne (3%). Dans le
même temps, les poursuites se sont diversifiées et sont devenues quasi
systématiques. Les tribunaux piochent dans une palette de sanctions sans cesse


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élargie : avertissement, rappel à la loi, orientation vers une consultation
spécialisée ou stage de sensibilisation obligatoire et payant. Conséquence : les
classements sans suite sont devenus très rares ». Le Figaro 1/12/2010

La Californie pourrait trouver dans le cannabis une solution pour soulager les
caisses de l'Etat. Les autorités locales ont annoncé la tenue, en novembre 2010,
d'un référendum sur une proposition de loi visant à "légaliser, taxer et réguler la
marijuana". Cette mesure permettrait, selon ses initiateurs, non seulement de
rapporter près de 1,4 milliard de dollars par an, mais aussi de soulager les forces
de police et de décongestionner les établissements pénitentiaires.
« On est loin de la "guerre à la drogue" proclamée par Richard Nixon en 1969,
un mois avant le festival de Woodstock. Loin des déclarations d'intention de la
communauté internationale qui, en juin 1998, réunie dans l'enceinte des Nations
unies, se donna dix ans pour éradiquer la culture des drogues illicites et réduire
leur consommation. A l'époque, l'ONU avait même trouvé un slogan : "Un
monde sans drogue est possible". La bataille a eu lieu, mais elle a échoué, et sur
tous les fronts.
Jamais la consommation de drogues n'a été aussi importante. Jamais elle ne s'est
autant répandue et diversifiée. L'exemple de la marijuana est à ce titre
exemplaire et pas seulement en Californie. Drogue la plus prisée au monde, elle
est consommée par plus de 170 millions d'individus (4% de la population
mondiale adulte), soit 10% de plus que durant les années 1990, d'après l'Office
des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) ». Le Monde 4/6/2010

Après des mois de débats houleux, la proposition qui visait à légaliser la
consommation de cannabis en Californie, n'a pas abouti, n'ayant pas recueilli les
suffrages nécessaires. Parallèlement, en France, le vieux débat sur la légalisation
de la prostitution est revenu dans l'actualité.
« Les arguments sont identiques. Légales ou pas, ces industries prospèrent. La
différence, c'est que, lorsqu'elles sont dans la clandestinité, elles alimentent le
crime organisé et présentent une menace pour la santé et l'ordre public. Puisque
la prohibition n'empêche pas les consommations, autant légaliser les activités
incriminées pour mieux les contrôler. L'Etat réalise alors un double bénéfice,
fiscal d'une part, par les nouveaux prélèvements que la légalisation génère, et en
coût de répression d'autre part, avec l'affaiblissement des mafias induit par la
diminution de leurs activités, et tout cela à un niveau de consommation constant.
Présentée comme cela, la légalisation n'aurait donc que des avantages. De fait,
d'après un récent sondage, près de 60% des Français seraient favorables à la
réouverture des maisons closes. Le problème, c'est que ce discours occulte
certains aspects problématiques de la légalisation, notamment le fait qu'elle
entraîne en réalité une augmentation des consommations.
La prohibition constitue une barrière à l'entrée des marchés. Les mafias s'y
organisent en cartels, ce qui leur permet de pratiquer des prix élevés. Certaines


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études montrent que l'héroïne est vendue dix-neuf fois plus cher du fait de sa
prohibition et de la structure de marché cartellisée associée. Si l'Etat veut
éliminer les mafias par la légalisation et qu'il applique le prix des cartels, ces
derniers réagiront en baissant leur marge, cassant les prix et gonflant la
demande.
C'est un problème pour la prostitution, où le prix permettant l'éviction des
réseaux mafieux est en deçà de tout minimum légal. Du coup, les pays où les
maisons closes sont tolérées, tels que l'Australie, les Pays-Bas ou l'Allemagne,
n'ont pas réussi à éliminer la prostitution clandestine et ont en revanche gonflé le
nombre de prostituées. On estime ainsi qu'avec ses 16 millions d'habitants, les
Pays-Bas comptent autant de prostituées que la France. L'Allemagne, elle, en
compte vingt fois plus.
Pour les psychotropes, les prix étant flexibles, l'élimination des trafiquants par
une politique de l'offre est possible. Le prix à payer est une hausse des
consommations, comme en témoigne l'expérience de la prohibition aux Etats-
Unis dans les années 1920. Les données de mortalité et de morbidité révèlent en
effet que la consommation d'alcool a chuté de 70% au début de la Prohibition,
avant d'augmenter de 30% à 40% à la fin. Le bénéfice de cette diminution en
termes de santé publique est à mettre en regard du coût considérable généré par
l'émergence de la mafia américaine, toujours en place aujourd'hui.
La légalisation est un instrument majeur dans la lutte contre le crime organisé.
Elle est souhaitable à ce titre. Mais pour en limiter les effets pervers, les recettes
fiscales supplémentaires devraient être allouées au financement de politiques de
gestion de la demande et de prévention, ainsi qu'à des mesures de répression des
mafias, le but étant d'augmenter les coûts de "fonctionnement" de ces dernières
pour faciliter leur éviction du marché des produits légalisés ». Le Monde
14/12/2010

« Depuis des années, les preuves s'accumulent pour montrer que les efforts
d'application de la loi sur les stupéfiants n'ont pas réussi à enrayer la
consommation de drogues illicites. Le nombre de pays dans lesquels se pratique
l'injection de drogues illégales est à la hausse, et les femmes et les enfants sont
de plus en plus touchés.
Plus la politique contre les usagers est répressive, plus elle contribue à la
propagation du VIH : au lieu de se soigner, les toxicomanes vivent leur
dépendance le plus discrètement possible, s'échangent les seringues, et ne
bénéficient souvent d'aucun service ». Le Monde 18/7/2010

« Depuis la fin des années 1980, l’ONU dépense 50 milliards de dollars par an
dans la lutte antidrogue, selon une logique essentiellement répressive inspirée
par les Etats-Unis. Lancé officiellement en 1992, le programme "guerre à la
drogue" devait aboutir sur l'éradication du trafic de substances illicites à la fin du



                                                                                   56
siècle. Elle a surtout réussi à marginaliser les consommateurs, considérés
comme des délinquants, et à propager les virus du sida et de l'hépatite. […]
En 2009, un rapport de la Commission européenne a reconnu l'échec généralisé
de cette politique : "la majorité des dommages observés proviennent des
politiques menées plutôt que des drogues elles-mêmes" ». L’Express 14/7/2010

« Cette année comme les précédentes, l'héroïne afghane tuera plus de Français
que les combats en Afghanistan. Dans les deux cas, l'adversaire est pourtant le
même: les mouvements insurgés afghans. Tandis que la production de pavot
afghan assure aujourd'hui 93% de la consommation mondiale d'héroïne et
représente l'équivalent de 70% du PIB local, cette manne alimente très
largement le conflit dans lequel les pays de la coalition internationale placée
sous l'égide de l'Otan sont impliqués depuis maintenant neuf ans.
Par un effet pervers inévitable, l'intervention a en effet rapproché deux mondes
qui jusqu'ici se combattaient : celui des talibans et celui des trafiquants, les
premiers punissant de mort l'activité des seconds lorsqu'ils étaient au pouvoir. A
présent, une part importante de l'argent provenant du trafic de drogue alimente
l'insurrection. C'est ainsi que certains insurgés se sont impliqués dans le trafic
afin de financer leur combat (achat d'armes, recrutement de partisans, corruption
de fonctionnaires) ou ont initié une collaboration avec les trafiquants afin de
protéger des zones ou diverses installations nécessaires à leur activité illégale.
De la même façon, des trafiquants, uniquement criminels à l'origine, sont pour
leur part passés à l'insurrection pour lutter contre les forces internationales sans
le départ desquelles leur activité est rendue plus compliquée.
De façon plus structurelle, les sommes que représente le trafic de drogue sont
telles à l'échelle des finances et des salaires moyens afghans qu'elles créent une
corruption endémique. Cette situation compromet l'établissement de conditions
de gouvernance suffisantes pour envisager un transfert total de responsabilités
aux autorités afghanes en vue d'un retrait ultérieur des troupes internationales.
Conscients de ces enjeux, certains pays de la coalition se sont engagés isolément
dans des politiques de lutte contre la culture de l'opium. L'échec a été total. Les
Etats-Unis ont ainsi pratiqué l'éradication systématique des cultures, ruinant les
paysans concernés et leurs familles. Les réseaux de trafiquants n'ont pas été
fragilisés mais les populations se sont en revanche éloignées des troupes alliées,
assimilées à des affameurs. Les Britanniques ont procédé au rachat de l'opium à
un prix supérieur au cours habituel, ce qui n'a fait qu'accroître la production
locale. Au-delà de ces déboires, c'est surtout l'absence d'une ligne politique
commune au niveau international qui est préoccupante car elle empêche le
développement de la seule solution paraissant efficace dans le long terme et qui
a notamment fait ses preuves en Colombie : la mise en place d'une agriculture de
substitution subventionnée.
En effet, pour éliminer la culture d'opium, il faudrait parvenir à réimplanter
différentes cultures vivrières sans réduire les revenus des paysans et en


                                                                                 57
garantissant leur sécurité ». Libération 29/7/2010

« Malgré l'intensité de la "guerre antidrogue" menée par les Etats-Unis depuis
des décennies, la consommation de drogues dans ce pays n'a pas diminué ; elle
s'est "démocratisée", les prix ayant baissé. Un demi-million de personnes sont
entassées dans les prisons américaines pour n'avoir souvent que consommé une
drogue illicite. Quand ils en sortent, ils vivent en marge. Les cartels de la drogue
n'ont jamais été aussi puissants, faisant trembler les fragiles démocraties latino-
américaines. Au Mexique, les têtes coupées roulent sur l'asphalte. Partout, la
corruption vérole les polices, les tribunaux et jusqu'aux plus hautes sphères des
Etats.
Il n'est pas difficile de comprendre que la prohibition actuelle reproduit l'erreur
de celle de l'alcool des années 1920, avec des effets décuplés sur le crime, la
santé publique et la cohésion sociale. Si l'on ajoute la question de l'Afghanistan,
où armée américaine et talibans se disputent le contrôle de l'épicentre de la
production de l'héroïne mondiale, on voit que la prohibition contribue à
compromettre la paix ». Le Monde 27/8/2010

« Environ 3,2% de la population mondiale (5% de la population adulte)
consomme actuellement des stupéfiants (bien moins que ceux concernés par
l'alcool ou le tabac). Or, pour ces derniers, les politiques sanitaires, fiscales et
pénales font l'objet d'un touchant consensus visant à des interdictions de plus en
plus nombreuses et à des taxations de plus en plus lourdes, au nom de la santé
publique. Alors que le débat sur l'usage des stupéfiants illégaux fait encore
l'objet de controverses importantes, notamment en matière de dépénalisation,
voire de commercialisation plus ou moins contrôlée, en Europe et dans au moins
14 Etats des Etats-Unis d'Amérique.
Cet étonnant paradoxe entre répression sociale sur les produits autorisés et
pulsion vers la dépénalisation pour ceux encore interdits est certes en partie
construit ou justifié par le constat d'une réalité indiscutable : pour la première
fois dans l'histoire contemporaine, une politique de prohibition ne se traduit pas
par une baisse de la production, de la qualité et une augmentation des prix, mais
par l'inverse ». Le Nouvel économiste 16/9/2010


* consommations involontaires et pollutions diverses
* catastrophes industrielles * pollutions physique et mentale * pollution des sols
* pollution des eaux * pollution de l’air * substances chimiques dans des
produits de consommation courante * pesticides * nanomatériaux * déchets en
tous genres * mercure * amiante * pollution radioactive * pollution
électromagnétique * bruit * algues vertes

* catastrophes industrielles


                                                                                 58
« La deuxième moitié du XXe siècle a été ponctuée de catastrophes industrielles
résultant d'une course au développement et au profit à tout prix. Pollution de
Londres à la poussière de charbon en 1952 (1 200 morts), contamination aux
pesticides de la nature et de l'homme avec le DTT dans les années 1950,
naufrage du pétrolier "Torrey Canyon" en 1967, de l'"Amoco Cadiz" en 1978, de
l'"Erika" en 1999, nuage de dioxine à Seveso en 1978, de gaz à Bhopal en 1984
(4 000 morts), de particules radioactives à Tchernobyl en 1989 (des dizaines de
milliers de cancers de la thyroïde) : à chaque fois, la préservation de la terre et
de la santé des populations est passée après l'intérêt financier ». Les
déforestations actuelles pour exploiter le bois exotique ou pour cultiver de l'huile
de palme, le déplacement par des multinationales d'usines polluantes dans des
pays du tiers-monde où la société civile est peu organisée… montrent que ça
continue. TéléObs 24/6/2010

« En 1952, dans la baie de Minamata, au Japon, de nombreux chats semblent
devenir fous. Secoués d'étranges tremblements, ils abrègent leur agonie en se
précipitant dans la mer. Mais personne ne se préoccupe des suicides de chats.
L'inquiétude face à une maladie inguérissable et inconnue ne commencera que
trois ans plus tard, lorsque les mêmes tremblements vont apparaître chez
l'homme, et notamment dans les familles de pêcheurs. Les soupçons se portent
alors sur l'entreprise chimique Chisso.
Principal employeur local, cette usine utilise du mercure pour fabriquer du
plastique. Mercure qui est ensuite rejeté dans la mer. Absorbé par les poissons et
transmis aux populations qui en consomment, ce métal toxique provoque une
altération irréversible du système nerveux. Il faudra attendre 1966, et le décès de
800 personnes, pour que cesse l'utilisation du mercure. Tout simplement parce
qu'un procédé plus rentable a été découvert ». TéléObs 24/6/2010

Le 2 décembre 1984, à Bhopal, dans le centre de l'Inde, une explosion dans une
usine de pesticides a fait des milliers de morts. Le président de la firme
chimique Union Carbide s'est enfui aux Etats-Unis après la catastrophe et n'est
jamais retourné en Inde. L'Etat du Madhya Pradesh n'a pas décontaminé le site
de l'usine dont il est désormais propriétaire. La pollution continue de faire des
victimes. Les nappes phréatiques dans un rayon de trois kilomètres contiennent
des taux de pesticides jusqu'à 40 fois plus élevés que la normale. Dans les
bidonvilles qui longent les murs de l'usine, les enfants continuent de naître
malformés, et les habitants meurent du cancer. A Bhopal, ils seraient encore plus
de 100 000 à souffrir de troubles respiratoires et neurologiques, ou de cécité.
« Vingt-six ans après l'explosion de l'usine, la catastrophe de Bhopal dure
toujours ». Le Monde 9/6/2010

* pollutions physique et mentale



                                                                                 59
Dioxines, pesticides, phtalates, parabènes... voilà ce qui pourrait figurer sur nos
feuilles d'analyses sanguines. "Sang pour sang toxique" (Jean-François Narbonne,
chercheur au CNRS et expert à l'Afssa, 256p., 19,90€) révèle que nous sommes tous
contaminés et imbibés de polluants. Le Figaro magazine 31/7/2010

« Grâce à la créativité des chimistes, de 1 000 à 2 000 nouveaux composés de
synthèse sont introduits chaque année. Ils viennent s'ajouter aux quelque 10 000
fabriqués à l'échelle industrielle, utilisés, puis dispersés dans l'environnement,
où ils peuvent demeurer des dizaines d'années. Nous évoluons donc en
permanence dans un bain de molécules chimiques de synthèse dont certaines
présentent des similarités avec les récepteurs ou les enzymes qui, chez l'homme,
participent aux processus hormonaux.
Quand nous sommes exposés à ces substances par contact direct, ingestion de
nourriture ou d'eau contaminée ou inhalation, elles peuvent alors interférer avec
notre système hormonal, aussi appelé endocrinien. D'où le terme de
"perturbateurs endocriniens" ». Les Echos 18/11/2010

« Les hommes et les femmes sécrètent deux types d'hormones : masculines et
féminines. L'équilibre qui s'établit entre ces deux sécrétions est soit féminisant,
soit masculinisant. Les perturbateurs endocriniens altèrent cet équilibre, ce qui
peut affecter le système reproducteur. On a ainsi montré que les phtalates,
utilisés comme agent plastifiant, s'opposent à la virilisation du fœtus mâle avec
des malformations des organes génitaux chez les petits garçons dont les mères
ont été exposées pendant leur grossesse ».
Le deuxième domaine d'action possible des perturbateurs endocriniens est le
métabolisme. On a eu tendance à attribuer l'épidémie d'obésité et de diabète,
observée dans de nombreux pays, à la "malbouffe". Or, il semble que
l'exposition précoce à un produit comme le bisphénol A, présent dans les
récipients alimentaires, les biberons, les canettes et boîtes de conserve
métalliques, puisse aussi jouer un rôle. De même, il semble que les enfants dont
les mères ont pris du Distilbène présentent également un risque accru d'obésité
et de diabète.
« Les hormones thyroïdiennes, essentielles au développement du cerveau chez le
fœtus, peuvent également être affectées. L'effet du bisphénol A ou des
polychlorobiphényles (PCB) est suspecté. Leur interaction avec les hormones
thyroïdiennes pourrait induire ultérieurement des difficultés de fonctionnement
du système nerveux, et notamment des difficultés d'apprentissage ». Les Echos
18/11/2010

Dow Chemical, BASF, Bayer, Monsanto, Dupont… Ces géants de l'industrie
chimique, à l'origine de nombreux cancers, fabriquent aussi les traitements pour
ces mêmes maladies. Le documentaire "The Idiot Cycle" décortique ces liens.



                                                                                60
Ces compagnies partent désormais à l'assaut des biotechnologies, rejouant le
mythe du progrès, déjà vendu avec le plastique…
« On dit toujours qu'il y a d'énormes doutes sur les causes des cancers, alors que
15% seulement sont héréditaires. Et il y a une grande confusion chez les gens :
"mutation génétique" ne signifie pas "héréditaire", elle peut être induite par le
fait de respirer du benzène et transmise à un enfant sans que ce soit héréditaire.
Idem pour les dioxines, qui passent la barrière du fœtus. Mais les docteurs sont
là pour traiter la maladie, ils n'abordent pas les causes du cancer ».
En France, la compagnie qui a produit l'amiante est aussi celle qui dépollue : ils
sont gagnants économiquement et, de plus, ils ressemblent à des héros parce
qu'ils trouvent une solution à un problème qu'ils ont posé… Rue89 21/12/2010

Dans son livre "No logo : la tyrannie des marques", paru en 2000, Naomi Klein,
fustige les stratégies des grandes marques comme Nike pour s'imposer sur les
marchés et traquer les consommateurs. « L'ouvrage, devenu best-seller, s'inscrit
désormais plus largement dans une mouvance antipub, luttant contre l'invasion
des messages publicitaires. La pub, jugée mensongère et agressive, étant
comparée à de la "pollution mentale" ». Libération 26/3/2010

* pollution des sols
« Le modèle actuel de l'agriculture intensive et sa pléthore de produits chimiques
et de chimères génétiques ont engendré un bouleversement désastreux de notre
environnement. En cent ans, ce modèle a détruit un milliard d'hectares de terre
agricole. L'agronomie actuelle a fait une erreur fondamentale dans son approche
du sol ; elle l'a considéré comme un simple support inerte sur lequel il suffisait
de mettre des engrais inorganiques et des pesticides pour faire pousser les
plantes et les récolter. En augmentant les rendements, on a arrêté d'amender les
sols en matière organique et encouragé la minéralisation. Les engrais, en gavant
les plantes, les ont rendues malades. Afin de maintenir les niveaux de
production, il a donc fallu utiliser ces fameux pesticides. Ces molécules se sont
concentrées dans les sols et ont tué les micro-organismes qui nourrissaient les
plantes et fabriquaient l'humus. A cela s'est ajoutée l'utilisation de machines
surpuissantes qui ont accéléré la destruction des sols par érosion.
Le système a donc favorisé, d'une part, la destruction de l'humus, du complexe
argilo-humique, des vers de terre, des champignons et des bactéries, et, d'autre
part, la pollution de l'environnement et des chaînes alimentaires de tous les
écosystèmes de la planète. L'agro-industrie a réussi à instaurer un cercle vicieux
dans lequel, au fil des années, les sols demandent de plus en plus de molécules
pour rester productifs, mais ce au détriment de la qualité nutritive des cultures et
de notre santé ». Le Nouvel Observateur 15/4/2010

« C'est la grande découverte énergétique de cette fin de décennie. Un gaz
révolutionnaire, qui réduit à néant les espoirs des constructeurs de centrales


                                                                                 61
nucléaires aux Etats-Unis, menace de bouleverser les équilibres géopolitiques
mondiaux, et affole les associations écologistes de la planète : le gaz de schiste.
Un gaz dont les sous-sols de la Terre regorgent, piégé dans les roches
schisteuses, et que les progrès de la technologie rendent enfin accessible. Un gaz
qui provoque l'hystérie des compagnies pétrolières, avides de forer tous azimuts
en quête de cette énergie fossile inespérée, au mépris parfois de tout respect de
l'environnement. […]
L'exploitation des gaz de schiste fait en effet appel à des techniques innovantes,
comme le forage horizontal et la fracturation de la roche par injection d'un
liquide à haute pression qui fait remonter le gaz vers la surface. Problème, ces
gaz étant dispersés dans la roche, il faut forer de nombreux puits pour être sûr de
trouver son bonheur. […]
La fracturation de la roche suppose, par ailleurs, d'injecter de grandes quantités
d'eau, de l'ordre de 10 000 à 15 000 m3 par puits ».
Autre inquiétude, l'utilisation de tonnes de produits chimiques cancérogènes,
reprotoxiques et mutagènes pour l’exploitation de ces gaz, qui pourraient
représenter près de 60% des ressources d'ici à 2030. Libération 28/12/2010
« C'est la grande découverte énergétique de cette fin de décennie. Un gaz
révolutionnaire, qui réduit à néant les espoirs des constructeurs de centrales
nucléaires aux Etats-Unis, menace de bouleverser les équilibres géopolitiques
mondiaux, et affole les associations écologistes de la planète : le gaz de schiste.
Un gaz dont les sous-sols de la Terre regorgent, piégé dans les roches
schisteuses, et que les progrès de la technologie rendent enfin accessible. Un gaz
qui provoque l'hystérie des compagnies pétrolières, avides de forer tous azimuts
en quête de cette énergie fossile inespérée, au mépris parfois de tout respect de
l'environnement. […]
L'exploitation des gaz de schiste fait en effet appel à des techniques innovantes,
comme le forage horizontal et la fracturation de la roche par injection d'un
liquide à haute pression qui fait remonter le gaz vers la surface. Problème, ces
gaz étant dispersés dans la roche, il faut forer de nombreux puits pour être sûr de
trouver son bonheur. […]
La fracturation de la roche suppose, par ailleurs, d'injecter de grandes quantités
d'eau, de l'ordre de 10 000 à 15 000 m3 par puits ».
Autre inquiétude, l'utilisation de tonnes de produits chimiques cancérogènes,
reprotoxiques et mutagènes pour l’exploitation de ces gaz, qui pourraient
représenter près de 60% des ressources d'ici à 2030. Libération 28/12/2010

* pollution des eaux
« Les milieux aquatiques sont souillés par de multiples micropolluants que les
stations d'épuration classiques, conçues pour traiter les matières carbonées,
azotées et phosphorées, n'éliminent qu'imparfaitement. On y trouve, notamment,
des perturbateurs endocriniens, comme des détergents, des pesticides, des
hormones naturelles... On y trouve, aussi, des médicaments rejetés par les


                                                                                62
industries pharmaceutiques, les élevages industriels, les hôpitaux... Ces déchets
ne sont, en général, présents qu'à l'état de traces, en concentration de l'ordre du
microgramme ou du nanogramme par litre. Très inférieure, donc, aux dosages
des prescriptions médicales. Mais les effets de faibles doses absorbées sur une
longue période sont inconnus. Tout aussi inconnues sont les interactions d'une
combinaison de molécules associant, pêle-mêle, antidépresseurs, anticancéreux,
anti-inflammatoires, analgésiques ou hormones ». Le Monde 23/2/2010
Dans son rapport 2010 sur la gestion de l'eau en France, la Cour des comptes
dénonce « l'insuffisance de la volonté de l'Etat de remettre en cause des
pratiques agricoles marquées par l'encouragement au productivisme ». Les
rapporteurs ont calculé que les excédents azotés tels que les lisiers de porc ont
déjà coûté plus de 1,5 milliard d'euros au budget de l'Etat, notamment pour
dépolluer l'eau. Les Echos 20/6/2010
« Quatre millions de Français consomment une eau qui dépasse les normes
autorisées en aluminium, soupçonné de favoriser la maladie d’Alzheimer ».
Aujourd’hui en France 17/5/2010
Une gigantesque nappe de déchets en plastique flotte et tourbillonne dans
l'Atlantique Nord, entre la côte Est des États-Unis et la mer des Caraïbes. « Il y a
quelques années, une même "soupe de détritus" avait été mise au jour dans le
grand tourbillon subtropical du Pacifique Nord. Dans les deux cas ce sont de
minuscules particules, fruits de la désagrégation des plastiques dont la durée de
vie moyenne est de plusieurs centaines d'années. Ces résidus sont un désastre
pour l'environnement marin en général et pour la faune en particulier. Les
poissons, les mammifères tous comme les oiseaux les avalent mais, faute de
pouvoir être correctement digérées, ces microparticules s'accumulent dans les
estomacs. Elles agrègent par ailleurs des toxines ou des métaux lourds qui
peuvent ensuite se retrouver dans la chaîne alimentaire ». Le Figaro 24/8/2010

* pollution de l’air
« 42 000 morts prématurées en France, selon l'OMS, seraient imputables
directement à la pollution de l'air, soit 5% des décès chaque année ». Le Figaro
Magazine 7/8/2010

« On sait de longue date que la pollution est un phénomène mondialisé : le CO2
d'origine humaine n'est-il pas accusé de chambouler le climat de la planète ? Ne
retrouve-t-on pas dans l'organisme des Inuits et des ours polaires de l'Arctique
des métaux lourds et des polluants organiques persistants produits à des milliers
de kilomètres, dans les pays industrialisés ? Des zones entières du Pacifique ne
sont-elles pas colonisées par un océan de débris en plastique ? L'ozone n'est
qu'un exemple, frappant, de ces exportations à longue distance des pollutions.
Pour l'homme, responsable de ses fluctuations, ce gaz est décidément un casse-
tête. Quand il fait défaut, dans les hautes couches de l'atmosphère, il ne joue plus
son rôle protecteur vis-à-vis des rayons ultraviolets. Mais quand l'ozone est trop


                                                                                 63
concentré dans la troposphère, c'est-à-dire dans cette enveloppe des dix premiers
kilomètres d'atmosphère où s'est développée la vie, il se comporte à son tour
comme un poison envers la faune et la flore. Les feuillages sont oxydés par cette
molécule d'O3 (trois atomes d'oxygène), qui s'attaque aussi aux voies
respiratoires des animaux et des humains ». Le Monde 22/1/2010

« La pollution par les particules, émises par le transport routier, les combustions
industrielles, le chauffage domestique et l'incinération des déchets, aboutit
chaque année à 350 000 décès prématurés au sein de l'Union européenne ».
En France, les concentrations en particules fines augmentent. Les émissions de
dioxyde d'azote, produites par les véhicules et les installations de combustion,
progressent également. La tendance à la hausse de l'ozone (qui se forme à partir
d'autres polluants sous l'effet du rayonnement solaire) est aussi confirmée. Le
Monde 29/7/2010

Alors que nous passons 80% de notre temps à la maison, au bureau, à l'école...,
aucune norme ne fixe le seuil d'exposition du corps humain aux polluants de l'air
intérieur en France, contrairement à l'Allemagne, à la Suède, au Japon ou aux
Etats-Unis. Dans tous ces lieux clos, nous baignons dans un bain délétère de
molécules chimiques émises par les matériaux de construction, les meubles, les
produits d'entretien, les désodorisants, les peintures, les détergents, les
revêtements de sol, les meubles en bois aggloméré... Les moquettes, par
exemple, émettent du formaldéhyde, du toluène et des éthers de glycol. Sciences
et Avenir 21/1/2010

« Tabagisme, moisissures, acariens, ou produits d'entretien contribuent à
contaminer l'air intérieur et nécessitent une aération quotidienne. Mais les
matériaux de construction ou de finition émettent aussi des polluants chimiques
volatils, comme le benzène, le toluène, le xylène, le trichloréthylène ou le
formaldéhyde, aux effets néfastes pour la santé : odeurs, irritation des yeux,
somnolence, fatigue, gêne respiratoire, allergies diverses...
Les produits "émetteurs" sont partout dans la maison : isolants, revêtements
plastiques, moquettes aux solvants et colles toxiques, dalles d'isolation
synthétiques, papiers peints, tissus, peintures, vernis, meubles... ». Libération
23/11/2010

« Les composés organiques volatils (COV) sont des hydrocarbures, alcools,
aldéhydes qui passent à l'état gazeux (donc inhalables) entre 0° et 240°C. L'un
d'entre eux est particulièrement redouté, le formaldéhyde. Classé cancérogène
par l'Organisation mondiale de la santé depuis 2005, c'est un irritant de l'appareil
respiratoire et des muqueuses oculaires. Il est émis par les matériaux de
construction, les meubles, les peintures et les produits d'entretien. L'Afsset



                                                                                 64
recommande une valeur d'exposition inférieure à 10 ug/m3. 87% des logements
français excèdent ce seuil ». Sciences et Avenir 21/1/2010

Des études épidémiologiques confirment le lien entre asthme et pollution,
surtout pour le dioxyde d'azote (NO2) et les particules fines de moins de
2,5 microns, dus à la pollution automobile. Le tabagisme passif in utero, quant à
lui, multiplie par 2 le risque d'asthme chez l'enfant. Le formaldéhyde dégagé par
les meubles encollés des chambres d'enfants le multiplie par 1,5 à 2. Les
composés organiques volatils des produits ménagers, surtout en spray, doublent
ce risque chez l'adulte. Le Figaro 6/4/2010

« L’air à l’intérieur des logements situés au-dessus de certains pressings contient
des concentrations très élevées (jusqu’à mille fois plus que la normale) d’un
solvant appelé tétrachloréthylène ». Ce produit chimique, couramment utilisé
pour le nettoyage à sec des vêtements, peut provoquer des effets neurologiques,
rénaux et hépatiques. Aujourd’hui en France 3/4/2010

* substances chimiques dans des produits de consommation courante
Des centaines de composants sont présents dans les gels douche, shampoings,
crèmes, même si c’est souvent à des doses très faibles. Parmi ces substances, on
trouve les parabens, conservateurs suspectés de perturber le système reproductif
et endocrinien, les phtalates, utilisés pour assouplir les plastiques ou dans les
fixateurs de parfums, dont on soupçonne des effets sur l'appareil reproducteur
masculin, certains éthers de glycol, solvants très utilisés dans les teintures
capillaires, et les sels d'aluminium, qui se trouvent dans les déodorants, vernis à
ongles, etc. Le Monde 23/3/2010

« Certains produits de lissage capillaire présentent un risque pour la santé en
raison d'une trop forte présence de formaldéhyde, une substance cancérogène
également source d'irritation respiratoire et des yeux ». AFP 27/12/2010

Les perturbateurs endocriniens sont des molécules (non produites par
l'organisme) qui miment l'action de différentes hormones et peuvent entraîner
divers problèmes, tels que : infertilité, diabète (en progression de 40% en neuf
ans), maladies cardiovasculaires, cancers (les nouveaux cas de cancers, aux
causes multifactorielles, ont doublé en vingt-cinq ans) et même certains troubles
du comportement. On trouve ces perturbateurs endocriniens dans divers
plastiques contenant du bisphénol A, des phtalates (un assouplissant) mais aussi
les pesticides, les solvants. Le Monde 6/3/2010

Le bisphénol A est un perturbateur endocrinien, qui a un impact sur tous les
systèmes hormonaux. On le retrouve dans les urines de plus de 90% des
Américains. Au Canada, le BPA a été banni des biberons en 2008. Aux Etats-


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Unis, la Food and Drug Administration a préconisé d'arrêter la production de
biberons et de boîtes de conserve pour nourrissons contenant du BPA. Le Monde
6/2/2010
        « On en trouve partout : dans le revêtement intérieur des cannettes de
soda, le plastique de certaines barquettes, les bouilloires électriques, biberons,
tasses, bols pour four à micro-ondes et autres récipients qui ont envahi nos
cuisines et nos cafétérias. On le retrouve aussi dans le plastique qui tapisse
l'intérieur de nombreuses boîtes de conserve (surtout les raviolis, le thon, les
haricots verts, les fruits au sirop, les soupes et les aliments pour bébés).
Lorsqu'un plastique en PVC est chauffé ou qu'il entre en contact avec un aliment
ou un liquide chaud, il diffuse du bisphénol A (ou BPA).
Cette substance a longtemps été suspectée de contribuer à la progression de
certains cancers. Désormais, la preuve est faite de sa toxicité. Les chercheurs ont
observé que même à de très faibles concentrations - comparables à celles
obtenues par l'utilisation normale d'un verre en plastique au contact d'une
boisson chaude -, le BPA bloque les effets de plusieurs agents de chimiothérapie
sur les cellules humaines du cancer du sein. Il semble donc que le BPA soit un
allié fondamental des tumeurs, capable de les rendre résistantes à une partie au
moins de l'arsenal de lutte contre le cancer ». Le Point 18/2/2010
        Le bisphénol A entre aussi dans la composition de résines utilisées pour
boucher les cavités dentaires. Ces résines ont été mises au point pour remplacer
les vieux plombages, ces derniers diffusant un autre produit toxique, le
mercure... L’Express 22/9/2010
        Le bisphénol A, produit chimique soupçonné de perturber le système
hormonal et présent dans les plastiques d'emballages et de biberons, peut
pénétrer l'organisme humain par la peau. AFP 28/10/2010
        Le bisphénol A, déjà montré du doigt pour accroître le risque de
dysfonctionnement sexuel masculin et perturber le développement cérébral des
fœtus et nouveau-nés, réduirait nettement la concentration et la qualité du
sperme. AFP 28/10/2010
        Jusqu'à maintenant, on pensait que la contamination au bisphénol A se
faisait uniquement par voie alimentaire. Les chercheurs d’une équipe de l'Inra
(Institut national de la recherche agronomique) viennent de démontrer que la
peau constitue une autre porte d'entrée pour ce perturbateur du système
endocrinien. Libération 3/11/2010

Les poêles au revêtement antiadhésif ont de l'acide perfluorooctanoïque (PFOA).
« Le PFOA est un perturbateur endocrinien dont le rôle est avéré dans la
survenue de cancers du foie chez le rat et qui peut migrer dans les aliments
lorsque la poêle est chauffée. Associé à d'autres substances chimiques, il est
aussi suspecté d'affecter la fertilité. L'autre substance qui constitue le Téflon, le
polytétrafluoroéthylène (PTFE), dégage des substances toxiques dans l'air ou
dans la nourriture à la cuisson dès 230 °C ». Libération 23/11/2010


                                                                                  66
Les retardateurs de flammes bromés et chlorés sont utilisés - parfois dans des
proportions importantes - dans les plastiques et les textiles pour les empêcher de
prendre feu. « On en trouve dans les appareils électroniques (ordinateurs,
téléviseurs, téléphones portables), les câbles électriques, les équipements
automobiles, les moquettes, les mousses isolantes, etc. Les scientifiques
s'inquiètent de l'impact de certaines de ces molécules sur la santé humaine et
l'environnement et ils soulignent les incertitudes autour de leur toxicité. Certains
retardateurs de flammes, en fonction de leurs structures chimiques, sont
soupçonnés d'être des perturbateurs endocriniens et/ou des CMR (cancérogènes,
mutagènes et toxiques pour la reproduction) ». Le Figaro 11/12/2010

« Les PCB, ce sont les polychlorobiphényles, plus connus sous le nom de
pyralènes, des composés chimiques potentiellement dangereux. Une exposition
chronique peut provoquer des troubles neurocomportementaux, notamment chez
l'enfant exposé in utero, et des troubles du système endocrinien chez l'adulte.
Massivement utilisés dans les années 70 (dans l'électricité pour leurs propriétés
isolantes mais aussi dans les encres ou les peintures), les PCB sont interdits
depuis 1987 mais contaminent toujours l'environnement car ils se sont amassés
dans les sédiments marins ou de rivière. Or les PCB - une famille de 249
membres - sont des substances lypophiles, c'est-à-dire qu'elles présentent une
affinité particulière pour les graisses, et s'accumulent dans la chaîne alimentaire.
On les retrouve dans la chair de poissons gras comme les saumons, les anguilles,
les silures... ». Libération 12/4/2010

« Dérivé de l'acide formique produit à l'état naturel par les fourmis, les abeilles
ou les orties, le formamide est couramment utilisé dans l'industrie pour assouplir
les gommes comme celles des tapis-puzzle, le papier et les colles animales, ou
comme solvant. Le formamide fait d'ailleurs partie des substances dites "CMR"
(cancérogènes et/ou mutagènes et/ou toxiques pour la reproduction) pour
l'Union européenne, en tant que reprotoxique. […] A l'état pur, le formamide se
présente comme un liquide incolore et visqueux, avec une légère odeur
d'ammoniaque, soluble dans l'eau. Il peut être absorbé par l'organisme par
inhalation de ses vapeurs mais surtout à travers la peau et par ingestion.
Sous cette forme pure, sa toxicité est prouvée. Pour des expositions de courte
durée, elle est irritante pour les yeux et la peau. Elle peut aussi avoir des effets
sur le système nerveux central ». AFP 13/12/2010

Pour nettoyer nos vêtements, la plupart des pressings utilisent un solvant
dangereux pour l'homme, le perchloroéthylène, un poison qui touche les
logements avoisinants, au détriment de la santé de leurs occupants. Ce solvant,
couramment utilisé pour le nettoyage à sec, est non seulement dangereux pour
l'environnement mais également toxique pour l'homme. Il provoque nausées et


                                                                                 67
vertiges, irrite les voies respiratoires, attaque le système nerveux et les reins et
peut, dans certains cas, s'avérer mortel. Le Centre international de recherche sur
le cancer (Circ) le classe comme cancérigène probable. Rue89 4/12/2010

* pesticides
Plusieurs études épidémiologiques ont établi le lien entre l'exposition des
agriculteurs aux pesticides et le risque de développer certains cancers,
notamment des lymphomes. L'Inserm, pour sa part, a révélé que les agriculteurs
exposés à ces substances avaient un risque deux fois plus élevé de souffrir de la
maladie de Parkinson. L’Expansion 1/3/2010

En France, 90% des eaux de surface et 53% des eaux souterraines présentent des
traces de pesticides. Le Monde 23/3/2010

Une étude de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) pointe
"l'influence des intérêts économiques" pour expliquer que le chlordécone,
interdit aux Etats-Unis dès 1976, n'a été prohibé en France métropolitaine
qu'en 1990 et seulement en 1993 aux Antilles, où il était largement utilisé dans
les bananeraies.
Un autre rapport, rédigé par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Afsset)
montre le poids économique de la culture de la banane dans la gestion du dossier
chlordécone. « Face à la défense de l'industrie bananière française, on peut faire
l'hypothèse que l'impact de l'utilisation de produits phytosanitaires sur
l'environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des
autorités politiques », estime l'Afsset.
Utilisé comme insecticide, notamment contre le charançon du bananier en
Guadeloupe et en Martinique, le chlordécone n'est pas biodégradable. Il
imprègne durablement les sols et entraîne de graves pollutions de l'eau,
contaminant certains aliments comme les légumes et les poissons. Dans les faits,
il aurait été utilisé jusqu'en 2005-2007. Les Echos 25/8/2010

La France est le premier utilisateur de pesticides en Europe et au quatrième rang
mondial. Les professionnels autres que les agriculteurs n'utilisent qu'entre 2 et
2,5% de ces produits, mais en raison du ruissellement sur certaines surfaces
imperméables (trottoirs, rues pavées...), les désherbants s'écoulent souvent dans
les eaux superficielles ou souterraines. Utilisés dans des cimetières, des jardins
publics ou des terrains de sport, ils sont en contact avec la population.
Une grande étude menée par l'Institut national de la recherche agronomique
montre qu'en milieu agricole une réduction de 30% des pesticides est possible
sans perte de marge pour les agriculteurs, mais avec une légère diminution des
volumes produits (- 5%). Le Figaro 4/9/2010

* nanomatériaux


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« Tout comme celle des milliers de produits chimiques utilisés quotidiennement
par des millions de personnes, la toxicité des nanomatériaux est toujours mal
connue. Leurs propriétés physico-chimiques variant selon le milieu, on ne sait
pas encore ce qui se passe lorsqu’ils se dispersent dans la nature ou quand ils
sont inhalés par un être vivant ». Télérama 6/3/2010

« Des études récentes ont mis en évidence une "dangerosité potentielle" : une
forte capacité des nanocomposants à pénétrer dans les organismes où ils peuvent
générer des inflammations des tissus, des lésions de l'ADN et conduire à une
cancérogénicité. Ce qui complique l'évaluation de l'impact des nanomatériaux,
c'est que, pour une même substance, les propriétés et le comportement varient
selon la taille, la surface, la forme... Impossible donc de faire des généralités ».
Libération 30/3/2010

Les nanomatériaux sont présents au cœur de nos crèmes solaires, à l’intérieur de
nos sèche-cheveux, dans nos tubes de dentifrice et jusque dans nos chaussettes.
Même certains aliments en contiennent, comme le sucre en poudre, le ketchup
ou le sel. Pas moins de 246 produits de consommation courante vendus en
France en contiennent.
L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail
(Afsset) pointe du doigt les chaussettes contenant des nanoparticules d’argent au
pouvoir antibactérien. D’une part il y a les risques sanitaires liés à une
exposition de la peau aux nanoparticules ; d’autre part il y a un risque de toxicité
de l’environnement du fait des rejets dans l’eau, après le lavage des chaussettes.
Si 10% des chaussettes vendues en France contenaient ce type de particules, 18
tonnes d’argent seraient rejetées chaque année dans les eaux. Or, l’action
antibactérienne du nanoargent peut entraver le fonctionnement d’une station
d’épuration. Mais aujourd’hui, personne ne sait exactement évaluer combien de
chaussettes contiennent ces molécules, l’étiquetage n’étant pas obligatoire.
Aujourd’hui en France 25/3/2010

« Le ciment, lui, acquiert, grâce à l'adjonction de dioxyde de titane
nanométrique, des propriétés autonettoyantes et assainissantes, par
décomposition des dépôts organiques. La voie d'exposition est ici l'inhalation.
Les experts notent que "les personnes souffrant d'une pathologie respiratoire
constituent des populations sensibles". Des inflammations pulmonaires et des
tumeurs ont été déclenchées chez des rats, avec de très fortes doses, il est vrai.
L'action sur les écosystèmes, où l'usure des bâtiments entraîne une dissémination
du dioxyde de titane, reste très mal connue. Des oedèmes des filaments
branchiaux ont été observés chez des poissons.
C'est encore du dioxyde de titane nanométrique qui entre dans la composition
des crèmes solaires comme agent filtrant les rayons ultraviolets. Les fabricants
ont toujours affirmé que ces nanoparticules ne franchissent pas la barrière


                                                                                 69
cutanée. Or, relève l'Afsset, "certaines études récentes montrent qu'elles peuvent
se retrouver dans la couche profonde de l'épiderme". Les peaux lésées (blessées,
allergiques ou brûlées), ou celles des enfants sont particulièrement vulnérables.
Chez des souris, ces particules peuvent atteindre la rate, le coeur et le foie, et
causer des lésions pathologiques. Les rejets dans le milieu naturel sont estimés,
pour la France, à 230 tonnes par an, mais l'impact de ces substances, dans leur
formulation cosmétique, reste à étudier.
Quant au sucre en poudre, le consommateur ignore qu'il peut - comme le sel de
table - contenir de la nanosilice évitant l'agglomération des grains. Les éventuels
dangers sanitaires de cet additif sont inconnus. Chez le rat, une administration
orale à forte concentration peut avoir des effets toxiques sur le foie. Pour les
écosystèmes, il n'existe aucune donnée ». Le Monde 25/3/2010

« Le marché mondial des nanotechnologies, difficile à quantifier, est estimé par
certaines études à 750 milliards d'euros. Il pourrait tripler d'ici à 2015 et
concerner alors deux millions d'emplois. Les Etats-Unis sont les premiers
fabricants de nanoproduits ». Le Monde 25/3/2010

In vitro, c'est-à-dire en conditions expérimentales, les nanos pénètrent dans le
noyau d'une cellule, interagissent directement avec l'ADN et peuvent "conduire
potentiellement à une cancéro-génicité", précise l'Afsset. In vivo, des travaux sur
des poissons-zèbres montrent des malformations au niveau embryonnaire et des
processus inflammatoires à l'âge adulte ». L’Express 25/3/2010

* déchets en tous genres
« Trois cent quarante-deux grammes : c'est le poids moyen d'emballages qu'un
Français jette chaque jour. Soit 125 kg de plastique, papier, carton, aluminium,
verre, acier... par an, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de
l'énergie (Ademe). En 1993, chaque Français en produisait 160 kg. Ces déchets,
qui représentent le tiers des ordures ménagères, connaissent des taux de
recyclage très inégaux. Si l'acier est réutilisé dans sa quasi-totalité et le verre à
80%, les mauvais élèves restent le carton, dont seule la moitié est recyclée et
valorisée, l'aluminium, et surtout le plastique. Seuls 22% de son tonnage
connaissent une seconde vie ». Le Monde 24/11/2010

Les Français produisent près de 390 kg de déchets, en moyenne, par an et par
habitant, (soit deux fois plus qu'il y a quarante ans). Une grande partie est issue
des emballages en papier et en carton et des déchets organiques alimentaires ;
34 kg par an proviennent des textiles sanitaires (couches, lingettes...), et 7 kg
émanent de produits alimentaires non consommés, encore emballés. Sciences et
Avenir 1/4/2010




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« Les habitants de grandes agglomérations résidant dans des immeubles sont les
mauvais élèves du tri des déchets. Par manque de temps et manque de place, ils
trient à peine 30% de leurs déchets. Dans les campagnes, les propriétaires de
maisons individuelles en trient plus de 90% ». Le Figaro économie 2/7/2010

« Chaque année, le monde produit environ 40 millions de tonnes de téléviseurs,
ordinateurs, imprimantes, réfrigérateurs, téléphones, appareils photo et autres
produits qui se transformeront un jour en déchets d'équipements électriques et
électroniques (DEEE) ». Le Monde 25/2/2010

« En France, les déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE)
représentent 1,3 million de tonnes par an, un chiffre qui croît chaque année de 2
à 3% ». Libération 24/2/2010

Lorsque des équipements électriques et électroniques contenant des PVC
(polymères plastiques) et des phtalates sont brûlés comme déchets, ils émettent
des composés chlorés toxiques. Le Monde 4/6/2010

Dans un téléphone portable·on trouve du plastique (65%) dans le boîtier et
l'écran, des métaux tels que du cuivre (15%), du cobalt (4%), des alliages de fer
(3%), du nickel (2%) dans les circuits électroniques et les batteries, des métaux
précieux comme de l'argent (0,5%) et de l'or dans les circuits électroniques, des
substances toxiques comme du plomb (0,5%), du mercure ou du cadmium
(0,5%) dans les circuits électroniques. Les Echos 9/2/2010

Les 800 000 millions de piles jetables vendues chaque année en France ne sont
recyclées qu'à hauteur de 30%. Le reste finit dans la nature ou dans les
poubelles. Politis 13/5/2010

« L'incinérateur de Gilly-sur-Isère rejetait jusqu'à 700 fois les normes autorisées
de dioxine. Cette substance toxique ayant été retrouvée, en 2001, dans le lait des
vaches, 6 875 animaux ont été abattus, 2,23 millions de litres de lait et 24 tonnes
de produits laitiers détruits, ainsi que 8 500 tonnes de foin contaminé ». Rue 89
26/11/2010

* mercure
« Polluant dit "global" car on le retrouve sous toutes les latitudes et au sein de
tous les écosystèmes, le mercure coexiste sous plusieurs formes chimiques dans
l'environnement. Notamment sous forme de mercure élémentaire gazeux et de
méthyle mercure, une espèce extrêmement toxique. Mais sa forme gazeuse joue
un rôle central dans sa propagation, car sa stabilité chimique lui donne le temps
de se disperser par voie atmosphérique sur toute la surface du globe, depuis les
latitudes tempérées où se concentrent ses sources anthropiques.


                                                                                71
Il est ensuite transformé chimiquement, jusqu'à atteindre sa forme polluante de
méthyle mercure qui a la particularité de se transmettre et de se concentrer tout
le long de la chaîne alimentaire. Cette pollution affecte tout particulièrement les
populations dont l'alimentation repose largement sur la pêche, notamment en
Arctique. Le méthyle mercure, selon l'OMS, est toxique pour le système nerveux
et l'appareil reproducteur de l'homme dès que sa concentration dans le sang
dépasse 100 microgrammes par litre. Aujourd'hui, les émissions de mercure sont
liées aux activités humaines (centrales électriques au charbon et au pétrole,
usines de chlore et de soude, incinérateurs, crématoriums brûlant les
"plombages" dentaires, orpaillage, munitions de guerre et de chasse
abandonnées). Ces sources comptent pour environ la moitié de son bilan global,
le reste étant d'origine naturelle (volcans, geysers, océans, roches) ». La Croix
8/2/2010

* amiante
L'amiante est un minerai dont plusieurs types se trouvent dans les formations
rocheuses du monde entier. Comme ses fibres sont résistantes et non-
inflammables, elle était largement utilisée dans les fours industriels et pour
l'isolation de bâtiments. Le Canada continue d’en produire et d’en exporter vers
les pays en développement. AFP 13/5/2010
« En France, l'amiante est jugée responsable de 10% à 20% des cancers du
poumon et pourrait être à l'origine de 100 000 décès d'ici 2025, selon l'Agence
santé-environnement (Afsset).
Son caractère cancérogène est connu depuis les années 50, mais le premier
décret réglementant son usage ne date que de 1977 et son interdiction de 1997.
En 2005, un rapport sénatorial avait accablé l'Etat pour sa "gestion défaillante"
de l'amiante ». AFP 16/4/2010
« Dix personnes meurent chaque jour, dans l'Hexagone, pour avoir respiré de
l'amiante. D'ici à 2025, ce poison minéral aura tué 500 000 Européens, dont
100 000 Français. Son usage est interdit dans notre pays depuis 1997. Ce silicate
n'appartient pas pour autant au passé. Cette fibre qui servait à ignifuger les
bâtiments, on la trouve partout - des immeubles aux écoles, des universités aux
CHU. Et rares sont les chantiers de déflocage menés à leur terme ». TéléCinéObs
21/1/2010

L'Organisation mondiale de la santé estime que l'amiante est responsable de
90 000 décès par an à travers le monde. Le Monde 17/7/2010

* pollution radioactive
« Quinze ans après Hiroshima-Nagasaki et la création du Commissariat à
l'énergie atomique (CEA), la France procédait au Sahara à son premier essai,
"Gerboise bleue". Elle rejoignait le Royaume-Uni tardivement qui, en 1953,
avait acquis l'arme atomique. Elle avait donc avancé à peine plus vite que la


                                                                                72
Chine maoïste qui fit son premier essai en 1963. A plusieurs reprises, il s'en était
fallu de peu que Paris renonçât pour se ranger, comme l'Allemagne fédérale,
sous le parapluie des Etats-Unis à travers l'OTAN ». Le Monde 16/2/2010

« De 1960 à 1966, dix-sept essais nucléaires ont été réalisés par la France dans
le Sahara. On connaissait leurs effets sur la santé des vétérans, militaires et
civils, dont beaucoup ont développé des maladies radio-induites. On sait
maintenant que ces explosions furent des bombes à retardement ». Aujourd’hui en
France 6/3/2010

« Cinquante ans après l’explosion de la première bombe atomique française, les
victimes des radiations bataillent encore pour être indemnisées ». La Croix
12/2/2010

« Alors qu'il suffit de 25 kilos de matière fissile pour fabriquer une bombe
nucléaire, et de quelques grammes de déchets pour fabriquer une bombe sale,
1 587 tonnes d'uranium hautement enrichi, permettant l'élaboration de bombes,
sont entreposées dans 40 pays, dans des conditions parfois très hasardeuses, sans
qu'un contrôle international sérieux soit en place ». L’Express 15/4/2010
Le volume des déchets produits en France par l'industrie électronucléaire, la
défense et la recherche, atteindra 1,8 million de m3 en 2020, et 2,25 millions
de m3 en 2030. La plupart de ces résidus sont à très faible ou faible activité
(respectivement 231 000 et 792 000 m3) et à vie courte. Ils sont stockés en
surface dans l'Aube.
D’autres sont à faible activité mais à vie longue (82 000 m3). Les déchets à
haute ou moyenne activité et à vie longue représentent moins de 4% du volume
total, mais concentrent 99,9% de la radioactivité. Le Monde 3/7/2010

« Il est d'usage de dire que la catastrophe de Tchernobyl a eu lieu le 26 avril
1986. En réalité, il faudrait plutôt dire que c'est à cette date qu'elle a commencé.
Véritable bombe lancée dans le futur, elle ne cesse de prolonger ses
conséquences sur de larges territoires...
De cette vérité, l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) n'a jamais pris la
mesure. La plus grosse institution internationale dédiée à l'amélioration de la
santé est ficelée par les puissances nucléaires et par les institutions qui en
émanent. Un accord peu connu - référencé WHA 12-40 et datant de 1959 -
engage l'OMS à soumettre d'éventuels travaux sur les rayonnements ionisants à
la permission d'une consœur onusienne, l'Agence internationale pour l'énergie
atomique (AIEA), dont la finalité est la promotion de l'atome "pacifique".
Depuis, l'OMS a perdu toute autonomie dans l'étude des conséquences de la
radioactivité sur la santé, où chacun de ses communiqués ne fait qu'accompagner
celui de l'AIEA. Les conséquences réelles de Tchernobyl, qui menaceraient les



                                                                                 73
programmes nucléaires si elles étaient officiellement reconnues, se doivent donc
d'être toujours minorées par le lobby nucléaire ». Politis 22/4/2010

« Le 28 mars 1979, le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Three Mile Island,
en Pennsylvanie, subissait l'accident le plus redouté des physiciens : la fusion de
son cœur d'uranium. Les fuites radioactives dans l'environnement, bien réelles,
n'eurent pas, officiellement, de conséquence sur la santé des riverains ». Le
Figaro économie 23/6/2010

* pollution électromagnétique
« Avec 80 000 km de réseau, la France est championne d’Europe des lignes à
haute et très haute tension. Revers de la médaille : 375 000 personnes vivant à
proximité de ces pylônes sont exposés à des champs magnétiques de plus de
0,4 microteslas (µT). Deux fois plus que l’exposition moyenne des Français à
domicile ». Aujourd’hui en France 28/5/2010

L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail
(Afsset) a suggéré la création d’une zone d’exclusion d’au moins 100 m autour
des lignes à très haute tension pour la construction de certains établissements
sensibles, comme les écoles. « Des études scientifiques montrent une association
statistique entre l’exposition aux champs électromagnétiques produits par ces
lignes et des leucémies infantiles », souligne l’Afsset. Aujourd’hui en France
7/4/2010

Selon un sondage « 80% des Français estiment que les téléphones portables ne
sont pas sans risques, mais ils sont aussi nombreux à refuser de s'en passer ». Les
Echos 13/7/2010

* bruit
Le bruit est une "pollution" mesurable en décibels (dB). De 0 à 10 dB : c'est le
"bruit du silence", le désert. 20 dB : chuchotements. 30 dB : forêt. 50 à 60 dB :
lave-linge. 75 dB : aspirateur en marche, le bruit devient "fatigant". 90 dB :
tondeuse à gazon. 105 dB : concert, discothèque. 130 dB : avion au décollage.
180 dB : décollage de la fusée Ariane. L'Organisation mondiale de la santé
recommande au public des discothèques et concerts de ne pas rester exposé à
des niveaux sonores supérieurs à 100 décibels pendant plus de quatre heures,
plus de quatre fois par an. Le Figaro 7/4/2010

* algues vertes
Les algues vertes doivent être ramassées dans les 24 heures qui suivent leur
arrivée sur les plages, car « lorsqu'elles sont en décomposition, les algues
dégagent de l'hydrogène sulfuré, un gaz très toxique qui peut provoquer des
irritations des yeux et des voies respiratoires, voire, en cas de concentration


                                                                                74
élevée, des troubles neurologiques ou même entraîner un arrêt cardiaque ». Le
Figaro 19/7/2010




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