Spécial Création d'entreprise Journal pour sortir de l'exclusion
Document Sample


Après la pluie... Journal pour sortir de l’exclusion Spécial Création d’entreprise 1 2 3 4 4 5 6 7 7 8 Une fois surmontée l’épreuve du lancement d’Après la Pluie, le second numéro est une confirmation de notre premier engagement. Pour tous les participants, le thème principal de cette édition est très vite apparu comme une évidence. Sans doute parce que l’insertion sociale passe en dernier ressort par l’insertion professionnelle, ce numéro souhaite faire le point sur le monde de l’entreprise. Comme souvent en cas de recherches d’emploi infructueuses, il est tentant d’étudier les possibilités – et les difficultés – qu’offre la création d’entreprise pour créer son propre emploi. Le moment est, en effet, opportun, à l’heure où des mesures en faveur de la création d’entreprise sont proposées par le gouvernement et où toutes les institutions économiques tirent la sonnette d’alarme en matière de reprise d’entreprise : dans les cinq ans à venir, un cinquième des entreprises, dont les dirigeants, enfants du baby-boom, partiront bientôt à la retraite, devront être reprises par de nouveaux dirigeants, et ce dans les meilleures conditions possibles pour protéger les emplois déjà existants. Bien sûr, mûrir un projet et le réaliser n’est pas une mince affaire et ne doit pas servir d’alibi pour éviter de chercher un emploi salarié immédiat, parfois plus approprié. Pour les personnes en situation de précarité, plus encore que pour les autres, l’obstacle majeur est celui de la constitution du capital initial nécessaire. Cependant, si une idée vous tient à cœur, si vous avez pensé à un projet original a priori économiquement viable et surtout, si vous parvenez à recueillir, éventuellement avec l’aide de vos amis ou de votre famille, une somme initiale vous permettant d’accéder à d’autres sources de financement, alors, armez-vous de courage, de patience et de ténacité : rien n’est impossible. Ne négligez pas les formations qui vous sont ouvertes : elles seront indispensables à la bonne gestion de votre affaire. Enfin, n’oubliez pas que des systèmes de financement alternatifs existent. En espérant que vous trouverez dans ce dossier spécial création d’entreprise de quoi nourrir vos réflexions. Laurence Pagès Sommaire Edito Dossier spécial : Créer son entreprise Financement Billet d’humeur Interview Et aussi... Juridique Rubrique pratique Athena Témoignage Après la pluie... Association Mode d’emploi, Atelier Journal, 26 bis, avenue de Lattre de Tassigny 78 100 Saint-Germain-en-Laye / Tél. : 01.30.61.27.26./ Fax. : 01.30.61.27.17. DIRECTRICE DE LA PUBLICATION : Aline Cauwel / REDACTRICE EN CHEF : Laurence Pagès ONT COLLABORE A CE NUMERO : Olivier Adam, Marta Ramos, Georges R., Serge S, Yvon Thomas, Alex, M.G. IMPRIMERIE : AVENIR-APEI, ETP “Les Courlis”, 27 rue du Gal Leclerc, 78 420 Carrières sur Seine. Créer son entreprise... dossier spécial Une création ne s’improvise pas. Réfléchissez mûrement avant de vous lancer dans un tel projet. Si vous vous sentez prêt, sachez qu’une préparation préalable est indispensable pour la pérennité de votre entreprise. Pour créer votre entreprise, il vous faudra beaucoup de détermination, pas mal de temps à consacrer aux différentes formalités d’enregistrement, du temps également pour que le démarrage soit bon. Il vous faudra être convaincant et persévérant, mais avant tout il vous faudra être gestionnaire et, pour cela, éventuellement prévoir une courte formation. Que vous deviez solliciter ou non un prêt pour réunir le capital de départ de votre entreprise, il vous faudra préparer un dossier « bien bouclé » : p r é s e n t a t i o n d u p r o j e t , clientèle potentielle, comptes prévisionnels. Un bon moyen de savoir si votre entreprise est viable ou non ! Un bon moyen également de convaincre un organisme financier (ADIE, EDEN, ACCRE, banque) de vous aider . Les Centres de Formalités des Entreprises, les C.F.E., vous proposent une aide appréciable : conseillers, ouvrages de vulgarisation commerciale, « la boîte du créateur d’entreprise » avec formulaires, explications précieuses et aide pour préparer par exemple une étude de marché … Pour la création de votre activité, vous devrez choisir la forme juridique (E.I., E.U.R.L., S.A.R.L. etc…), le statut fiscal (impôts, T.V.A.), le statut social (U.R.S.S.A.F., caisse de retraite complémentaire, G.A.R.P.), choisir un comptable, un lieu d’exploitation… Votre future clientèle : sera-t-elle occasionnelle ou régulière ? Serez-vous le seul à vendre ce matériel dans la région ? Quelle est la tranche d’âge intéressée par ce matériel ? Estelle significative dans cette même région ? Le jet’ski étant plus un engin de vacances que de consommation courante, ne pensez-vous pas que la location de jet’skis serait plus adaptée que la vente ? Si oui, deux ou trois mois d’activités seront-ils suffisants pour vous permettre de tenir le reste de l’année et de développer votre activité ? Si non, que comptez-vous faire pour y remédier ? Les comptes prévisionnels : quand commencerez-vous à dégager des bénéfices ? Combien cela va-t-il vous coûter ? Aurez-vous des moniteurs, des mécaniciens ? Quel sera le montant des salaires ? Savez-vous que 40 % des créateurs d’entreprises ne tirent aucune rémunération au cours des premiers mois d’exploitation ! Quelles seront vos charges ? Combien cela va-til vous rapporter ? Cette trésorerie sera-t-elle suffisante pour couvrir toutes vos dépenses ? En d’autres termes, il vous faut montrer que vous êtes un gestionnaire et que plan de financement, compte de résultat, plan de trésorerie et calcul du point mort ne vous sont pas inconnus. Posez-vous ce genre de questions. Documentez-vous, renseignez-vous le plus possible tant pour l’étude de marché (INSEE, CREDOC, INC, instituts de sondages, organismes professionnels…) que pour les différentes aides financières et exonérations fiscales possibles. N’oubliez pas non plus les possibilités de formation en gestion. Présentez votre projet à votre entourage ou à des amis et répondez aussi à leurs questions. Faites le bilan « des plus et des moins » et prenez la bonne décision. Yvon Thomas Votre projet : opterez-vous pour des produits ou des services ? A moins de vouloir fabriquer le produit miracle qui fera de vous « le seul et unique sur le marché », il vaut mieux vendre, par exemple, des jet’skis près d’une station balnéaire et des motos neige près d’une station de ski plutôt que l’inverse. De plus, on ne vend bien que ce que l’on connaît bien : quelles sont vos compétences techniques ou commerciales dans ce domaine ? Est-ce du matériel français ou vous faudra-t-il passer par un importateur ou bien importer vous-même ? Outre les jet’skis, avez-vous pensé à vendre également des remorques et à installer des attaches remorques pour augmenter votre chiffre d’affaires ? Page 2 Après la pluie Les aides de l’Etat à la création d’entreprise financement L’Etat a mis en place plusieurs dispositifs d’aide à la création d’entreprises, dont certaines s’adressent exclusivement aux demandeurs d’emploi. En voici un petit aperçu. La vie d’un RMIste est une vie sans perspective. Une situation qui est loin d’être valorisante. Si celle-ci perdure, elle peut entraîner l’individu dans le découragement total. Me sentant encore apte à bâtir, à construire et à créer, je me bats pour fuir cette situation qui, pour moi, n’est pas un choix. Cependant, mes démarches restant infructueuses, j’ai constaté que mon âge - la cinquantaine – pouvait être la cause de ces échecs. Je refuse de baisser les bras. Voulant à tout prix donner le meilleur de moi-même et aimant bouger, je m’oriente vers la création d’entreprise. Mais d’autres obstacles se présentent, et notamment la réticence des banques à l’égard des RMIstes et des exclus. Heureusement, d’autres organismes existent, vers lesquels il est possible de se diriger, notamment l’Etat, les associations et les fondations. J’ai surtout choisi de présenter les différentes aides de l’Etat, dans la mesure où elles représentent un des circuits les plus réalistes et les plus rapides pour trouver un financement aux projets développés par des personnes en situation de précarité. Certaines aides de l’Etat sont, en effet, conçues pour aider les créateurs qui sont dans des situations critiques. Les dispositifs d’aide Le Prêt à la Création d’Entreprise (P.C.E.) est un prêt complémentaire d’un financement bancaire. Ce financement a beaucoup d’avantages ; c’est un crédit sans garantie, ni caution personnelle. Le Prêt à la Reprise d’Entreprise (P.R.E.) est un prêt dont le créateur repreneur peut bénéficier, à condition qu’il amène en fonds propres l’équivalent du montant du P.R.E. Là encore, ce prêt n’exige pas de garantie ni de caution personnelle. L’Encouragement au Développement d’Entreprises Nouvelles (EDEN) est un prêt pour aider les personnes en difficulté. L’Etat a transformé ce prêt sans intérêts en une prime. Autre atout : le maintien des allocations sociales, qui peuvent être cumulées avec leur revenu d’activité. L’EDEN peut également se cumuler avec l’ACCRE. L’aide aux demandeurs d’emploi, l’ACCRE n’est pas une aide directe, mais une exonération de charges sociales (maladie, invalidité, vieillesse...) accordée pour un an. Les publics concernés sont les demandeurs d’emploi, indemnisés ou non, soumis à certaines conditions : bénéficiaires de certaines allocations, RMISTES, jeunes de moins de 30 ans, salariés repreneurs de leur entreprise en difficulté, etc. Pour les demandeurs d’emploi indemnisés par les Assedic, l’exonération est totale, à l’exception de la retraite complémentaire, de la CSG et de la CRDS. Pour les autres, l ’e x o n é r a t i o n ne porte que sur la partie des revenus comprise en dessous de 120 % du SMIC . Georges R. AIDES DE L'ETAT PCE Prêt à la création d'entreprise PRE Prêt à la reprise d'entreprise EDEN Encouragement au développement d'entreprises nouvelles ACCRE Aide aux demandeurs d'emploi créant ou reprenant une entreprise Type d'aide Prêt Montant entre 3 000 et 8 000 € entre 8 000 Coordonnées BDPME 89 rue de la Boetie 75008 PARIS Tél. : 01 53 85 78 78 DDTEFP Prêt et 32 000 € 6 098 € maximum Prime Exonération de charges sociales 34 av. du Centre 78180 Montigny Le Bretonneux ------------ Tél. : 01 39 44 10 03 Après la pluie Page 3 Les banques : un mur du refus Les banques ne prêtent qu’aux riches. Cet aphorisme bien connu n’est pas totalement injustifié. Après avoir travaillé dans le secteur de l’intérim, j’ai décidé de monter ma propre agence d’intérim et j’ai recherché des financements afin de réunir les trois millions de francs nécessaires à l’investissement initial. Cette somme conséquente ne pouvait être fournie que par des établissements bancaires et non par des réseaux de proximité ou des associations de soutien aux créateurs d’entreprise. J’ai sollicité plus de dix banques françaises et également portugaises - car je suis d’origine portugaise. Les banques portugaises ont très peu vocation à financer des entreprises et prennent encore moins de risques que les banques françaises, mais je n’ai reçu aucune réponse favorable d’aucune banque que ce soit : un billet d’humeur investissement trop risqué pour certaines, des montants trop élevés pour d’autres, ont fourni le prétexte à leur refus. Il me semble qu’il peut être utile de connaître une personne siégeant à la commission d’examen des dossiers au siège des banques. Pour monter un projet aussi ambitieux, les relations que l’on peut nouer avec les banquiers semblent, en effet, constituer des atouts considérables. La confiance interpersonnelle est parfois un atout décisif. Avec un tel montant d’investissement initial, seules les banques sont à mêmes d’accorder des prêts. Quand elles refusent, il reste toujours la possibilité de gagner au loto. Serge A.D.I.E, quatre lettres qui “comptent”... interview Face à un système bancaire souvent verrouillé, le secteur de l’économie solidaire offre bien des possibilités. Mode d’Emploi a interrogé la responsable de communication de l’ADIE, une des plus importantes associations d’aide au financement des créations d’entreprise par le micro-crédit. Pouvez-vous présenter l’ ADIE? Cette association a été créée en 1988 par Maria Nowak. L’idée du micro-crédit est née au Bengladesh grâce à Mohamed Younous, et face au succès de l’opération, Maria Nowak a voulu l’instaurer en France. Aujourd’hui, l’ADIE compte plus de 200 salariés et presque autant de bénévoles sur toute la France. Les bénévoles sont d’anciens chefs d’entreprises, banquiers, ou experts-comptables. L’ADIE est présente dans 84 départements et se développe beaucoup actuellement. Ce système existe-t-il ailleurs qu’en France et au Bengladesh ? L’ADIE internationale est présente au Kosovo, dans les DOM-TOM (Mayotte, La Réunion et la NouvelleCalédonie). En France, l’ADIE a lancé des expérimentations dans les quartiers sensibles, notamment à Saint-Quentin-enYvelines, et a conclu un partenariat avec le Crédit Immobilier de France. Celui-ci nous a subventionnés pour y ouvrir des “ boutiques initiatives ” et des pôles d’information. L’accompagnement y est plus intense. Nous pouvons accorder plusieurs prêts : prêts progressifs, prêts d’honneur, allant de 500 à 5 000 euros. Parfois, les prêts peuvent atteindre près de 60 000 francs, soit près de 9 000 euros. Il existe aussi des prêts pour le matériel. Dans quels cas le prêt s’élève-t-il jusqu’à 60 000 francs ? Cela dépend des projets, de leur viabilité. Souvent le prêt se fait en deux fois. Après le remboursement d’un premier prêt Page 4 de 30 000 francs, nous pouvons accorder un deuxième prêt pour l’achat de matériels ou la constitution de stocks. A qui s’adressent ces prêts ? Ils s’adressent aux RMIstes et aux chômeurs de tous âges. Nous choisissons les projets en fonction de leur viabilité et de leur fiabilité. Lors du premier rendez-vous téléphonique, le créateur présente son projet et sa démarche. Si la personne est optimiste et volontaire, et si son projet semble a priori réalisable, nous organisons un deuxième entretien. L’agent de crédit étudie alors le projet, lui indique les papiers à réunir et les démarches administratives à suivre. Le Comité de crédit prend alors la décision d’octroyer ou non le prêt. Celui-ci réunit dix personnes, dont le délégué général d’Ile de France et des bénévoles, actifs ou non. Le comité peut soit accorder, soit refuser le crédit, soit demander que le projet soit retravaillé. Quelle est la durée de remboursement du crédit ? Le crédit est remboursable sur deux ans maximum par mensualités. Si le crédit est de 500 €, le délai peut être plus court. Cela dépend de la relation de confiance créée entre le créateur et le chargé de mission. Le taux d’impayé à l’ADIE est de 8 %, ce qui est très bas. Le taux d’intérêt des prêts est à 6,10 %, mais il change souvent. Financez-vous des projets dans certains secteurs privilégiés ? Nous octroyons des prêts dans n’importe quel secteur, qu’il s’agisse d’un dentiste pour chevaux ou d’un projet dans les Après la pluie assurances. Le but est de toucher le maximum de personnes. Même si la création d’entreprise exige de prendre un risque, nous pensons que cette expérience de chef d’entreprise est plus profitable que celle de chômeur. Est-il obligatoire d’avoir un garant ? Sans garant, aucun dossier n’est accepté. Le garant doit amener 50 % du prêt. Comment aidez-vous le créateur à monter son projet ? Ce n’est pas réellement le rôle de l’ADIE. Nous répondons à leurs questions, mais ce sont surtout nos partenaires, les boutiques de gestion, qui aident à la constitution des projets. L’accompagnement de l’ADIE a lieu plus tard, lorsque l’entreprise est créée et que le créateur se retrouve seul. Les bénévoles assurent un suivi administratif, juridique ou comptable. L’ANCRE, une autre association qui fait partie de l’ADIE, est l’Association Nationale des Créateurs et des Repreneurs d’Entreprises. Elle met en liaison le créateur avec d’autres personnes qui exercent ou ont exercé la même activité et peuvent partager leur expérience. Qu’est-ce que l’allocation octroyée aux créateurs ? L’ADIE propose des possibilités de financement mais elle dispose aussi d’une bourse de matériels. Selon les régions, elle peut fournir une voiture, un ordinateur ou un étal de marché, cela dépend des moyens dont disposent les délégations régionales. L’ADIE reçoit des subventions de l’Etat, mais elle a surtout des partenaires bancaires et des aides d’entreprises privées : Caisse d’Epargne, Crédit Mutuel, BNP. Par exemple, France Telecom peut prêter un téléphone. L’ADIE a aussi des partenaires publics comme le Conseil Général. Quelle est la marche à suivre pour présenter un projet à l’ADIE ? Vous êtes d’abord accueilli par téléphone, puis sur rendezvous. Le chargé de mission vous demande de présenter un business plan, c’est-à-dire un plan de présentation de votre projet, un dossier sur l’URSAFF et le dossier de l’ACCRE, concernant l’exonération des charges. Vous pouvez béné ficier de plusieurs rendez-vous et l’accompagnement dure de deux à trois mois. L’argent du prêt est-il versé directement sur le compte du créateur ou bien est-il transmis par un intermédiaire ? L’argent est directement viré sur le compte de la société créée. L’ADIE souhaite entretenir une relation de confiance avec les créateurs, parfois même d’amitié. Si une personne fait n’importe quoi avec l’argent versé, nous lui demandons de le rendre. Le bénévole a aussi un rôle d’encadrement et de contrôle, notamment des livres de comptes, mais son contrôle n’est pas permanent. Le système de garantie permet d’éviter ce genre de problèmes. Les créateurs sont parfois des personnes fragiles, mais la plupart du temps, ils sont sérieux et motivés. Les personnes en difficulté ont-elles plus de problèmes à rembourser ? Il s’agit de petites activités, souvent artisanales, nécessitant de faibles investissements initiaux. Ce sont surtout des gens entourés par leur famille ou leurs amis. Un soutien quotidien est nécessaire. Notre prêt est peu élevé. Souvent, certaines personnes rient en apprenant le montant alloué et préfèrent aller voir directement des banques. Je les préviens pourtant que les banques prêtent rarement aux chômeurs, en dépit de l’intérêt que peut avoir leur projet. Mais, aujourd’hui, grâce à des associations comme la nôtre, les banques commencent à prendre conscience de l’intérêt du micro-crédit. Comment aidez-vous le créateur à obtenir d’autres fonds supplémentaires ? Dans certaines régions, le créateur peut recevoir la subvention étatique EDEN qui s’élève jusqu’à 30 000 francs. Il existe aussi d’autres subventions étatiques, notamment du Conseil Régional. Cependant, il est difficile d’atteindre 200 000 francs. Après le remboursement du prêt de l’ADIE, les banques peuvent également accorder d’autres prêts au créateur. La banque lui fait confiance et lui permet ainsi de retrouver sa dignité, tout en agissant selon ses intérêts propres. Quel est le taux de réussite des entreprises financées par l’ADIE ? Après deux ans d’existence, le taux de survie des entreprises financées par l’ADIE est de 70 %. C’est le même taux que la moyenne nationale des créations d’entreprises françaises. Propos recueillis par Olivier ADAM et Georges R. selon les cas, aider le créateur à obtenir un prêt d’un montant m a x i m u m d e 3 8 1 1 e u r o s auprès de la BFCC (Banque Française de Crédit Coopératif) qui est remboursable sur deux ans et avec intérêts. Vous pouvez téléphoner les mardi et jeudi après-midi pour une première prise de contact : Secours Catholique 24 ter rue du Mal Joffre, 78000 VERSAILLES tél. : 01 39 50 44 45 Marta Ramos Page 5 Et aussi... Le Secours Catholique compte parmi les associations, qui dans les Yvelines, apportent une aide à la création d’entreprise destinés aux RMIstes, aux chômeurs en fin de droit et autres personnes en réinsertion. L’accompagnement s’effectue dès la recherche de projet, il continue pendant toute la préparation, indispensable au démarrage. Cet appui se poursuit après la création pour éviter le “ blues de l’entrepreneur solitaire” et parce que les tâches administratives sont toujours complexes. Le Secours Catholique, peut aussi, Après la pluie Ma petite entreprise... juridique Créer son entreprise ne devrait pas apparaître, aux yeux du citoyen lambda, comme un challenge olympique. C’est pourtant l’idée communément admise. Il est vrai que, pour s’en sortir, il est nécessaire de s’y retrouver dans le dédale des textes juridiques. Déterminer le statut juridique de votre entreprise, le régime fiscal et le type de protection sociale dont vous bénéficierez est une étape incontournable dans tout projet de création d’entreprise. Vous devrez obtenir le maximum d’informations pour prendre les meilleures décisions possibles, sans vous noyer sous le flot des textes juridiques. Vous trouverez les informations nécessaires auprès de l’APCE et de la CANAM dont l’ouvrage « Objectif entreprise » que vous pouvez commander est très complet et bien organisé. Le choix du statut juridique Fonderez-vous une EI (entreprise individuelle), une EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), une SELARL (société d’exercice libérale à responsabilité limitée) qui peut être éventuellement unipersonnelle, ou encore une SARL (société à responsabilité limitée) ou une SNC (société en nom collectif), une SCP (société civile professionnelle), sans oublier la SA, société anonyme ? Il existe également d’autres structures particulières que nous ne citerons pas car elles exigent souvent de très gros investissements initiaux. Ce choix sera déterminé principalement par des critères tels que, être l’unique patron ou vouloir partager les responsabilités avec d’autres. Il dépendra aussi de vos possibilités en apport de capital, de la fiscalité à laquelle vous préfèrerez être soumis, sans oublier le type d’activité, qui a une grande influence dans ce choix. Par exemple, si vous souhaitez être formateur, vous pouvez opter pour la EI, alors que si vous pensez créer un centre de formation, ce sera plutôt une SARL. La fiscalité Vous devez analyser le régime fiscal de la structure choisie. Est-ce que vous allez payer l’IR (impôt sur le revenu) ou l’IS (impôt sur les sociétés) ? Une entreprise individuelle peut opter pour un régime d’imposition en fonction de son chiffre d’affaires, comme c’est le cas dans les micro entreprises, qui sont exonérées de TVA pour un chiffre d’affaires plafonné à 76 300 euros (L’Entreprise N° 202 – Juillet/ Août 2002). Ce cas particulier est le plus simple de tous, mais il n’est pas conseillé lorsque vous souhaitez développer votre négoce et donc votre chiffre d’affaires. Concernant également la fiscalité, depuis la Loi Madelin, un certain nombre de modifications ont été introduites au sujet des primes et cotisations complémentaires de retraite et de prévoyance qui sont désormais déductibles des impôts. Il existe également tout un arsenal de dispositifs d’exonération de charges et autres cotisations qu’il ne faut pas laisser échapper si vous y avez droit. Le système de protection Page 6 sociale est aussi spécifique pour chaque type d’entreprise. La protection sociale Etre gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré de SARL ou de SELARL « ne se justifie que si les besoins de capitaux propres sont tels, que vous ne pouvez pas les réunir en conservant la majorité des parts. Ce statut est le plus coûteux pour l’entreprise ». Depuis le 1er janvier 2001, le taux de remboursement du régime d’assurance maladie des professions indépendantes est aligné sur celui du régime général des salariés. En gros, nous sommes tous, salariés et gérants, pris en charge de la même façon par la sécurité sociale. Pour la retraite, la plupart des chefs d’entreprise adoptent des s y s t è m e s d e c a p i t a l i s a t i o n privés comme l’assurancevie et les épargnes en actions. Pour la protection chômage, il vaut mieux s’adresser à la GSC, la Garantie Sociale des Chefs d’Entreprise (3614 GSC). Parlons aussi un peu d’argent, qui, plus que le reste, est déterminant dans nos choix. En d i s p o s a n t de quelques millions, il est possible de monter une petite usine ou un atelier pour créer un ou plusieurs produits. Sans argent, il faut peut être se contenter, au moins au début, de « cuisiner » chez soi, ce qui est faisable car, sous certaines conditions et pour certaines activités, le domicile peut se confondre avec l’entreprise. A ce stade de votre lecture, vous vous dites, peut-être, que vous n’en savez pas beaucoup plus qu’avant, au sujet de la création d’entreprise . Que cela ne vous décourage pas ! Un simple article ne peut, à lui seul, donner le mode d’emploi tant il existe des options diverses. Mais, lorsque vous aurez dépassé le choix du statut juridique, les autres types de statuts et leur cohorte de lois et règles ne vous intéresseront plus. Encore un petit conseil. Si vous n’êtes pas sûr(e) de vouloir entamer une telle aventure, vous pourriez la mettre à l’essai, en adhérant au système de Portage Salarial, consistant à être hébergé par une société que vous rémunérez et qui, en échange, s’occupe de toute la partie administrative. Si tout va bien, vous pourrez transformer votre projet en une « boîte » rêvée qui ne connaîtra pas la crise... Marta Ramos APCE, Agence pour la Création d’Entreprise 14 rue Delambe, 75682 PARIS CEDEX 14 Tél. : 01 42 18 58 58 / Fax : 01 42 18 58 00 Sur Internet : www.apce.com CANAM, Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Professions Indépendantes Centre Paris-Pleyel, 93521 St DENIS CEDEX Tél. : 01 49 33 38 00 / Fax : 01 49 33 38 03 Sur Internet : www.canam.fr Après la pluie Athena, accompagnateur de projets soutien Créée il y a huit ans, la boutique de gestion Athena s’est peu à peu imposée comme une institution incontournable de l’accompagnement à la création d’entreprises dans les Yvelines. Depuis sa création, Athena est rattachée au réseau des “Boutiques de gestion”, premier réseau privé d’appui à la création d’entreprise en France. Les premières boutiques ont été fondées en 1979 dans le but d’élargir l’accès à une culture économique souvent confidentielle, et pourtant nécessaire à la création d’entreprise. Depuis plus de vingt ans, elles ont ainsi accompagné la création de plus de 72 000 entreprises, essentiellement des TPE et des PME. En 2001, Athena a , pour sa part, reçu 580 personnes, dont 129 sont parvenues à créer leur entreprise. L’accompagnement à la création d’entreprise proposé par Athena permet aux porteurs de projet de bénéficier d’entretiens individualisés – d’une durée moyenne de deux heures – durant lesquels leur projet est étudié. Un chargé de mission d’Athena apprécie alors la viabilité du projet. Si celui-ci paraît mal engagé, la tâche d’Athena consiste surtout à accompagner en douceur la prise de conscience du danger que peut représenter un projet non réaliste, surtout pour des personnes déjà en situation de précarité. Si le projet paraît réaliste, le chargé de mission accompagne le montage du dossier. Il pilote l’étude de marché, aide à définir le positionnement stratégique de l’entreprise. Il accompagne la constitution des dossiers financiers pour obtenir prêts et subventions et pour accéder aux dispositifs d’aides mis en place par les pouvoirs publics. Ensuite, il est nécessaire de déterminer les statuts juridique, fiscal et social de l’entreprise. Dans la phase de développement, Athena conseille enfin les porteurs de projet dans l’organisation de leur activité. Athena intervient sur l’ensemble du département, en tenant des permanences aux Mureaux, à Saint Quentin en Yvelines ou dans divers espaces territoriaux. Les partenariats conclus par l’association avec l’Etat, les collectivités territoriales et divers organismes socio-économiques lui permettent une prise en charge, totale ou partielle, des prestations qu’elle propose. C’est pourquoi le public bénéficiaire est reçu sans conditions de ressources, de formation ou d’âge, avec pour seul critère la volonté de se réinsérer professionnellement. Laurence Pagès ATHENA - 56, rue Nationale - 78200 Mantes la Jolie Tel. : 01 34 79 93 70 - Fax. : 01 30 94 50 55 e-mail : athena@bgathena.com Trucs et astuces pour mieux vivre le temps de l’exclusion rubrique pratique Mieux vivre l’exclusion passe par la gestion d’un budget souvent très serré. Dans ce second numéro, nous vous donnons quelques petits trucs pour réaliser des économies. L’électricité. Evitez de laisser des appareils en veille, n’al. lumez que si cela est vraiment nécessaire. Si vous êtes équipé d’ampoules ordinaires, dites à incandescence, n’oub l i e z p a s d ’ é t e i n d r e dans une pièce que vous quittez même si vous savez y revenir cinq minutes plus tard. Si vous avez une ampoule de 75 ou 100 W dans les toilettes, changez-la pour une de 40. Si possible, utilisez des ampoules fluocompactes. Certes un peu plus chères, elles consomment néanmoins cinq à six fois moins ( une 7 W fluo compacte équivaut à une 40 W ordinaire, une 11 W à une 60 W, une 15 W à une 75 W, etc…) et ont une durée de vie bien plus longue qu’une ampoule ordinaire. Utilisez ce type d’ampoule dans les pièces où la lumière est la plus demandée (pièce à vivre, salon, chambre d’enfant). N’en mettez pas dans la salle de bains car le fait de les solliciter trop souvent diminue leur durée de vie. L’eau. Non seulement le prix du m³ augmente bien souvent, mais de plus, l’eau risque de devenir rare. Alors économisez-la ! Remplacez les joints d’un robinet qui fuit, ne laissez pas couler l’eau pendant que vous vous lavez les dents ou les mains, préférez une douche à un bain et coupez l’eau entre savonnage et rinçage. Une chasse d’eau consomme entre 6 et 12 litres alors que 3 à 4 litres suffisent. Au lieu d’acheter un réservoir à double commande, vous pouvez mettre une brique dans le réservoir. Il se remplira d’autant moins. Vous pouvez également cintrer la tige du flotteur simple afin de ne remplir le réservoir qu’à moitié. L’alimentation et la cuisine. Conservez tous les bons de réductions, ils vous serviront aujourd’hui ou demain. Achetez les quantités nécessaires, comparez les prix…Ne jeter pas le pain rassis ou dur, pensez au pain perdu ou au gâteau de pain… Un couvercle sur une casserole d’eau chauffe plus vite et évite une évaporation. Pour une cuiss o n de huit minutes, par exemple, vous pourrez couper le gaz ou l’électricité au bout de quatre ou cinq. Sachez enfin que vous pouvez rencontrer un conseiller en économie sociale et familiale. Renseignez-vous dans votre mairie, votre espace territorial ou votre caisse d’allocations familiales. Leur consultation est gratuite. Yvon Thomas Page 7 Après la pluie Une expérience réussie témoignage A trente ans, après avoir vécu pas mal de moments difficiles, Jérôme Deslandes est aujourd’hui un créateur d’entreprise épanoui. Témoignage d’un homme qui a su se sortir de l’ornière et porter un projet qui lui tenait à coeur. Une entreprise qui marche Il se dit créateur d’un projet, plutôt que patron, terme qu’il affirme avoir du mal à assumer. Son entreprise, Astuces, est née en mars 2001 et elle n’a depuis cessé de croître. Elle compte aujourd’hui cinq salariés supplémentaires, dont trois à temps plein. Astuces propose des services à la personne – travaux ménagers, petits travaux de bricolage et de dépannage, jardinage, transport de personnes, etc. L’entreprise accepte tous les menus travaux que les employés sont en mesure de réaliser. Elle se positionne sur un nouveau marché, né de la disparition des services autrefois rendus entre amis, voisins ou membres de la famille. Aujourd’hui en pleine expansion, cette entreprise est une belle aventure, qui n’est pourtant pas allée de soi. Une longue galère Pour les médecins, Jérôme est un miraculé. Il faut dire qu’il revient de loin. Pendant deux ans, il a connu l’engrenage infernal de la galère : alcoolisme, désocialisation, vie dans la rue et internement en hôpital psychiatrique. Parti trop vite dans la vie, Jérôme est vice-champion de France de cyclisme sur route à 18 ans puis, à 22 et 26 ans, consacré plus jeune chef de rayon des plus grandes entreprises françaises de bricolage et de jardinage. Marié jeune, il mène une vie en apparence réussie mais, pour combler ses manques, il se jète à corps perdu dans le travail. « Dans la vie, on est souvent jugé à tort par rapport à ce qu’on a et non par rapport à ce qu’on est ». Pour supporter le stress, il commence à boire jusqu’à prendre conscience qu’il est devenu alcoolique. Il l’avoue à sa femme et à son patron. Il perd son travail et sa femme le quitte. La chute s’accélère. Il plonge dans l’alcool jusqu’à sortir de la société, alternant séjours en hôtels et sous les ponts. « Personne ne peut comprendre ça sans y être passé » affirme-t-il pour souligner la difficulté qu’il y a à aider quelqu’un en situation de détresse. Faisant part de son scepticisme à l’égard du système français d’assistance sociale, il estime que seul peut s’en sortir celui qui réussit à faire le point sur lui et à trouver sa personnalité. « On ne peut pas aider quelqu’un qui est dans la dépendance ; quand ma famille a voulu m’aider, j’ai vidé leurs caves. J’étais juste un animal recherchant uniquement ses quatre ou cinq litres de whisky par jour ». Aujourd’hui, il regrette que l’alcool soit un sujet encore tabou. Pour lui, il est important d’en parler ; il est aussi essentiel de témoigner que « même au plus bas, on peut toujours s’en sortir ». « Aujourd’hui, tout va bien, vu ce que j’ai vécu ». En novembre 1999, après deux jours de coma éthylique, le déclic se produit. La grande frayeur que lui cause cet accident, conjuguée à la rencontre d’un médecin qui lui porte sans doute plus d’attention que les autres, l’incitent à arrêter Page 8 de boire. Peu à peu, il entre à nouveau dans la société et c’est peut-être là le moment le plus douloureux : « il faut à nouveau affronter le regard de sa famille, s’il vous en reste. Pour les amis, il n’y a pas de problèmes car, en général, il ne vous en reste plus ». Les dettes, les contraventions, accumulées pendant ces deux années lui tombent alors dessus : à nouveau domicilié, on sait désormais où le trouver. Cette accumulation de difficultés aurait pu le faire replonger, mais sur le conseil d’une assistante sociale, il décide de régler ses problèmes au jour le jour, en dressant chaque matin une liste des choses à faire et en tirant un bilan chaque soir. Quelques semaines plus tard, il retrouve du travail. Au bout de six mois cependant, il réapprend qu’être dirigé lui est pénible. Il négocie alors son licenciement et s’attèle à la préparation du projet de création de ce qui deviendra Astuces. Un projet bien ficelé Douze mois ont été nécessaires à Jérôme pour monter son business plan, et notamment l’étude de marché, qui compte plus de 120 pages. Soutenu par sa nouvelle femme, moralement et financièrement puisqu’elle lui fournit les 50 000 francs nécessaires à la constitution du capital initial, il rencontre alors un banquier. Séduit par son projet très abouti, il accepte de lui accorder un prêt de 50 000 francs bien que Jérôme n’ait aucun garant. Dès lors, toutes les portes s’ouvrent plus facilement : il obtient le PCE, le Prêt à la Création d’Entreprise d’un montant de 50 000 francs, ainsi que le prêt d’honneur, d’un montant identique, de la Commission Subventions du Bassin Emploi Val de Seine grâce à la présentation de son dossier par Athena. Aujourd’hui, il lui importe que ses salariés – et lui-même – trouvent du plaisir à travailler. Il gagne moins que ses salariés – environ 450 euros – mais peu importe : son but n’est pas de s’enrichir mais d’être heureux en allant au travail. Tout comme il se substitue dans son activité aux réseaux d’entraide traditionnels en voie de disparition dans la société, il se fait un devoir de maintenir dialogue et solidarité au sein de son équipe. Cette entreprise pas comme les autres a passé avec succès le cap de la première année et poursuit aujourd’hui son expansion. Nous lui souhaitons longue vie ! Laurence Pagès Si vous voulez témoigner sur les difficultés que vous rencontrez, si vous voulez nous faire part de votre point de vue sur l’exclu sion, si vous voulez enrichir la rubrique pratique, n’hésitez pas, écrivez à Mode d’emploi - Courrier des lecteurs - 26 bis av de Lattre de Tassigny - 78 100 St-Germain-en-Laye. A vos plumes ! Après la pluie
Related docs
Get documents about "