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_30 novembre_ et _6 novembre_

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									Jacqueline Vaissière, SLFK3, Cours 4, Le travail du phonologue, Année 2000-2001                     Page 1 sur 12



                                                         Cours/4

                                                         Mars 2002




                            LE TRAVAIL DU PHONETICIEN PHONOLOGUE



          C’est très certainement une aventure passionnante que de partir à l’aventure dans des tribus indiennes,
amérindiennes ou africaines, avec un magnétophone (DAT 1 ou minidisc, désormais, les cassettes sont à bannir)
sur votre propre dos, ou sur celui de votre ami(e), ou mieux encore sur celui de votre chameau, de récolter des
productions orales exotiques, et de découvrir ainsi un nouveau système phonologique. C’est d’autant plus
exaltant lorsque la langue considérée est une langue en danger, en voie de disparition. Cette connaissance d’une
nouvelle langue servira à mieux cerner le plan général sous-jacent à toutes les langues du monde, à apporter une
petite pierre (mais la vôtre) à l'édifice linguistique général.

Question 1 : Quels sont les buts de la linguistique (rappel)
              1) la recherche d'universaux, c'est-à-dire les propriétés partagées par toutes les langues, ce qui
              fait (ferait) partie de l'héritage génétique de l'être humain
              2) les variations: l'échelle et le type de variations possible entre les langues.

Question 2 : Quels sont les deux buts du phonéticien phonologue?

              a) Découvrir le système d’une langue particulière (face sonore)
              b) Retrouver le plan général à travers la diversité des langues.


Question 3: La méthode générale?
            a) décrire la langue A, la langue B, … la langue N
            b) relever
            - ce qu'elles ont en commun
            - en quoi elles diffèrent ?
            - établir les tendances générales (universaux) et les possibilités de variations



Question 4: Qu'est ce que découvrir les structures sous-jacentes (phonologiques) d’une langue
particulière?
              a) système phonologique segmental proprement dit.
              Combien de voyelles?
              Combien de consonnes?
              Combinaisons possibles entre voyelles et consonnes?
              Structure syllabique ? voyelles et consonnes possibles en syllabe fermée, ouverte ? etc.
              Influence de la position de l’accent et des frontières de mot sur l’inventaire
              b) caractéristiques prosodiques
              Est-ce une langue à tons, à accent fixe, mobile? etc...

Figure 1 : comparaison de plusieurs systèmes de voyelles

Figure 2 : comparaison de plusieurs systèmes de consonnes

Figure 3 : structure de la syllabe en général


1Digital Audio Tape
Jacqueline Vaissière, SLFK3, Cours 4, Le travail du phonologue, Année 2000-2001               Page 2 sur 12


Figure 4 : structure de la syllabe en français et en anglais

Figure 5 : distribution des voyelles françaises en syllabes ouvertes et en syllabes fermées

Figure 6 : distribution des voyelles anglaises



Question 5 : Pourquoi la découverte du système phonologique de la langue précède t il l'étude des autres
systèmes: morphologiques, et syntaxiques.?
            Pourquoi "précède"?
            Un ton, par exemple, peut
            a) servir à distinguer entre deux voyelles (comme en chinois) (phonologie)
            b) signifier le défini ou l'indéfini (comme dans certaines langues africaines). (morphosyntaxe)

              il en est de même pour le trait nasal, etc.

Question 6 : quelles sont les étapes ?
             1) Choix de la langue
             2) Choix des locuteurs
             3) Choix du corpus
             4) l'enregistrement
(problèmes de emprunts et des bilingues)


Question 7 : Choix de la langue à étudier?
       "À travers la diversité des langues"

- a) diversité géographie:

              langues européennes,
              langues d'Afrique (langues à tons statiques),
              langes d'Asie (langues à tons statiques et dynamiques),

- b) diversité prosodique:

              les langues à accent,
                  fixe (tchèque)
                  ou mobile,
                   ou mobilité partielle
                   (facteurs : frontières de mot, accent, durée de la syllabe, etc.)
              à tons,
                   de type africain
                   de type asiatiques
                   avec ou sans accent de mot
              à accent et à tons (serbo-croate).
              Langes à accent mélodique (Japonais)
              Etc.

- c) diversité rythmique:

              Langues isosyllabiques (français?),
              isochroniques (anglais).
              moraiques (japonais)

        Il faut éviter l'anglocentrisme et l'eurocentrisme.



Question 8 : Choix du locuteur: nombre, sexe, région, statut social, âge
            Choix du locuteur (début)
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               a) Le moyen le plus sûr pour un linguiste de procéder rapidement à la découverte des structures
               sous-jacentes à la langue est de trouver sur place un individu qui possède les trois qualités
               suivantes:
               - être un linguiste averti,
               - natif de la langue
               - bilingue (mais cette qualité peut devenir un défaut)

               Ou à défaut
               b) de former sur place un linguiste,
               c) apprendre vous-même la langue.

De nombreuses bonnes descriptions ont été faites par les missionnaires (la bible a été traduite dans de très
nombreuses langues), et la phonologie leur doit beaucoup, car ils se révèlent souvent compétents en phonétique
et phonologie (certains ont été envoyés par leur congrégation pour suivre ce cours !).
Trouver un spécialiste est ce que conseille Peter Ladefoged, de UCLA (USA) qui a étudié de nombreuses
langues en voie d’extinction: le choix des langues qu’il a étudiées repose en partie sur ce critère.
Une autre solution est de former sur place un linguiste, de lui donner une conscience linguistique.
 Une troisième solution est d'apprendre vous-même la langue: cela prend du temps, mais il s’agit d’une question
de volonté.
               d) langues différentes selon
               générations,
               milieu social,
Question 9 : Nombre de locuteurs ?
Plusieurs locuteurs sont préférables à un seul, afin de mieux repérer les variations individuelles, ou d’établir le
système phonologique d’un idiome bien défini. 4 locuteurs, 2 hommes et 2 femmes, par exemple, de même âge,
de même milieu social. Mais certaines descriptions se contentent d’un seul informateur, et peuvent être très
bonnes.

Figure 7 : illustration de la différence entre deux locuteurs, même idiome. Illustration sonore et
spectrographique.


Question 10 : région ?
Il faut faire très attention aux différences régionales. Un locuteur du Midi n’a pas exactement le même système
phonologique qu’un Alsacien, et il existe des parlers locaux.
Un locuteur du Midi distingue entre les mots 'brin', et 'brun', une distinction que ne fait plus le locuteur parisien.
Un locuteur parisien distingue entre 'bol' et 'Baule', un distinction non faite dans le sud de la France.

Figure 8 : variantes du français (Vihanta), illustration sonore.

Question 11 : importance de l’âge ?
 L'âge doit également pris en compte.
Les jeunes parisiens d'aujourd'hui ne font plus guère la distinction entre 'pâte' et 'patte' et la distinction entre
'ami', d'une part, et 'amie' et 'amis' d'autre part, n'est plus faite. On s’aperçoit que la liste des phonèmes diffère
avec le temps, d’une génération à l’autre, et pour les locuteurs d’une même langue, d’une région à l’autre, et
d’une classe sociale à l’autre. Mais on peut aussi se concentrer sur le système d’un locuteur, tout au moins dans
un premier temps.

Faites vous une différence de prononciation entre « pâte » et « patte », « ami » et « amie », « brun » et « brin »,
« faite » et « fête », « maître » et « mettre2 », « Anne » et « âne », « tas » et « ta »?



2 La différence de quantité tend à disparaître (voir Marcel Cohen et Duchet, chapitre V)
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Voir par exemple le questionnaire sur la prononciation du français de André Martinet (http://perso.club-
internet.fr/mantonio/martin.htm) (La prononciation du français contemporain, 1941).



   Enquête de Martinet 1941
Méridionaux                                                            Non méridionaux
las/là:     73%                                                        32%
patte/pâte: 56%                                                        5%
mot/mots: 96%                                                          88%
pot/peau: 59%                                                          38%


En 1941, 23% des non méridionaux confondaient lac et laque !!! et vous ???

Il faut également se méfier des emprunts.
Figure 9 : les emprunts du Japonais au Français et surtout à l’anglais.

Question 12 : Donnez un ou deux exemples de l'évolution du système vocalique du français (enquête de
Martinet de 1941).


Question 13 : autres aspects utiles ?
La compréhension des variations diachroniques et synchroniques sont une grande source de connaissances, et
elle redouble l’intérêt de l’étude.

Les affinités phonologiques des idiomes géographiquement voisins peuvent être d’un grand intérêt. On peut
essayer de reconstruire le protolangage d'une région, en supposant qu'il existe, en comparant les mêmes mots
prononcés dans plusieurs idiomes.
De même, la comparaison de l’état actuel de la langue avec des textes correspondant à des versions antérieures
de la langue.


Question 14 : quels sont les moyens principaux utilisés par la transcription des corpus?
                1. API
                2. Oreille
                3. Ordinateur
                4. Eventuellement , des mesures aérodynamiques (pression, débit) et physiologique
                     (glottographie, palatographie)



Figure 10 : palatogrammes

Question 15 : API ?


Figure 11 : API et ses diacritiques

Figure 12 : connaître les systèmes de 4 langues (français, anglais et deux langues de votre choix)
 Le code employé est généralement celui de l’API. L’API ou alphabet phonétique international est un code
stable, inventé par Passy en 1886, et qui est révisé régulièrement (la dernière révision date de 1993).

Il faut que la première transcription (phonétique) se fasse avec un minimum de préjugés sur la langue, et un
maximum de précautions. Il doit essayer de faire abstraction de sa propre langue maternelle ( problème des
filtres phonologiques : perception des [r] et des [l] chez les japonais, comparaison bébés/adultes). Les auditeurs
ont tendance à percevoir une nouvelle langue selon leur propre langue maternelle.
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Il    faut     que      l’observateur    maîtrise     tous     les     symboles      phonétiques       de     l’IPA
(HTTP://WWW2.ARTS.GLA.AC.UK/IPA/IPACHART.HTML) et les diacritiques. Ces symboles servent à
noter au mieux sur papier les sons entendus. Les diacritiques permettent de noter des différences parfois subtiles
entre les sons (antériorisation, caractère creaky, la longueur ou la hauteur des voyelles, l’aspiration des
occlusives). Ces différences sont connues comme pouvant jouer un rôle phonologique dans une ou plusieurs
langues, et peuvent jouer un rôle distinctif dans la langue étudiée. Il faut connaître toute la gamme des timbres.
L’API est généralement suffisant: Il existe un très forte probabilité que la langue à étudier utilise des contrastes
déjà attestés dans les autres langues. Mais on peut également découvrir d’autres contrastes lors de la découverte
d’une langue nouvelle.

La connaissance d'un grand nombre de systèmes phonologues déjà étudiés est un atout considérable.

Question 16 : L’oreille

         "Savoir écouter et comparer, c'est tout l'art du phonéticien", affirmait l'Abbé Rousselot3 dans ses
"Principes de phonétique expérimentale" (nouvelle édition 1924, p. 35).

Figure 13 : coupe de l’oreille (Denes et Pinson, révisions)
C) ordinateur
L’ordinateur est devenu un complément indispensable de toute étude sérieuse.

L’ordinateur (à batterie solaire, naturellement) permettra, par exemple, de calculer la fréquence fondamentale
(liée à la notion de mélodie), ce qui est bien pratique pour l'étude d'une langue à tons (comme le chinois).

démo : Winpitch (calcul de Fo en temps réel)
démo : Praat ou Snorri (calcul de spectrogrammes)

Des programmes permettent
    - de détecter la fréquence du fondamentale (mélodie) en temps réel
    - de faire des spectrogrammes
    - de faire des mesures de formants,
    - de faire entendre de la parole synthétique aux informateurs, etc.

On peut compléter par
    -    des mesures aérodynamiques, de pression buccale4 et nasale (avec des masques),
    - des mesures physiologiques, par exemple, de la glottographie (bien utile pour repérer les éjectives),
        IRM, palatographie

Question 17: à quoi servent des mesures aérodynamiques, de pression buccale 5 et nasale (avec des
masques), des mesures physiologiques, par exemple, de la glottographie (bien utile pour repérer les
éjectives), IRM, palatographie ?


Question 18 : transcription des voyelles




démo : présentation du livre de Maddieson et Ladefoged

Figure 14 : API pour les voyelles

Figure 15: API et Valeurs formantiques des voyelles du français (Calliope)

3 On peut admirer une statut de l'Abbé Rousselot, salle Rousselot, à l'ILPGA. Cette statut se trouvait dans le bureau du professeur de
phonétique et nous l'avons déplacée.
4bien pratique pour détecter les éjectives et les implosives.
5bien pratique pour détecter les éjectives et les implosives.
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Question 19 : traits principaux qui jouent un rôle distinctif dans les langues en ce qui concerne les
voyelles ?

   a)    ouvert/fermé (aperture)             [i-a]

   b)    antériorité/postériorité            [i-u]
mais aussi dans les langues du monde utilisation des traits de
   c)    nasalité                            [a-a]
en français, en portugais
   d)    labialité                           [i-y]
en français, en allemand, en suédois
   e)    longueur                            [i-i:]
en allemand
   f)    ton
dans les langues asiatiques et les langues africaines
   g)    modal/breathy/creaky

   h)    + ATR (Advanced Tongue Root)
dans les langues africaines.
   i)    etc.

Figure 16 : illustrations spectrographiques des 9 traits : aperture, antériorité, nasalité, labialité, longueur,
ton, modal/breathy/creaky, +ATR.

Question 20 : donnez des exemples de diacritiques?

    1) pour le segmental


Exemples:
1) assourdissement        médecin                    /d/ pour les consonnes et les voyelles (prisme)
        dévoisé (un petit cercle en dessous du caractère)
2) voisement              grappe blanche             /p/ pour les consonnes
Figure 17 : spectrogrammes illustrant l’assourdissement et le voisement
3) avancé                  toute                        /u/ pour les voyelles
   avancé/reculé (< et > en dessous du caractère)

4) rétracté                 rire                        /i/ pour les voyelles
Figure 18 : spectrogrammes et profils illustrant l’avancement(/tut/) et la rétraction
5) centralisé
6) labialisé                sou                        pour les consonnes                /s/
          arrondi (un petit « J » ou « W » à droite du caractère)
7) palatalisé               qui                        /k/
8) vélarisé                 coup                       /k/
9) dental                   ti                         /t/ français
         dentale (trois quart d’un carré en dessous du caractère)
Figure 19 : palatogramme comparé du /t / français et anglais.
10) nasalisé                mime                       /i/ ou d dans mainnant.
11) aspiré
         aspiré (un petit « h » à droite du caractère)
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Figure 20 : spectrogrammes, aspiration
12) ton haut ou bas
         haut/bas (accent aigu et accent grave au dessus du caractère)
13) Montant ou descendant
         montant/descendant (^ et l’inverse au dessus du caractère.
14) longueur
         longue (a:, ou un tiret au dessus du caractère), brève (un demi cercle)
15) qualité de voix
         breathy/creaky (deux points et un tilde en dessous du caractère)
etc.
étiré,



Figure 21 : profil (Straka, Album Phonétique) et lieu d’articulation des consonnes (Carton)

il faut être attentif à tout ce qui pourrait éventuellement être pertinent.

Les conventions peuvent légèrement varier.

Puis, il faut savoir comparer, affirmait Rousselot. Deux sons sont-ils la réalisation d'un seul et même phonème,
ou correspondent-ils à deux phonèmes différents?


Question 21 : Choix du corpus
         spontané, récits (de contes)
         réponses à des questions
         dialogues
         lecture de contes
         description des images du Père Castor
         paires minimales
         (problèmes de emprunts et des bilingues)
C'est en étudiant un grand nombre de productions de la langue à étudier, que le phonéticien/phonologue pourra
déterminer le nombre de phonèmes dans cette langue, les règles qui les concernent et le système prosodique de
la langue.
Il est nécessaire d’enregistrer de la parole spontanée (des locuteurs qui racontent un conte par exemple), des
réponses spontanées à des questions, mais cela ne suffit pas. Si on a plusieurs locuteurs, il serait difficile de
comparer leurs productions spontanées, car ils n'auront pas dit la même chose.
Il faut enregistrer une grande quantité de mots dans la langue (3000 par exemple). Le nombre est important car
il faut être sûr de recueillir des échantillons de tous les phonèmes. Plus le corpus d’analyse est grand, et moins on
a de chance de laisser de côté une distinction pertinente dans la langue. On peut par exemple faire prononcer des
termes de la vie courante, ou solliciter des productions à partir d’images (cf. les livres du Père Castor, chers à vos
futurs petits, avec des images de la vie courante: un seau, une pelle, une table, une chaise, etc.). L'utilisation des
mêmes images à commenter par différents locuteurs assure un corpus de comparaison.

Figure 22 : exemples d’images du livre du Père Castor
 On sait déjà qu’un certain nombre de mots seront des emprunts à d’autres langues. Ces emprunts sont une
source de problèmes, car ils comprennent des phonèmes qui n’appartiennent pas au système phonologique de la
langue6. (cf. les mots 'parking', 'caravaning', 'jeans' en français). Il pourra exister dans cette langue deux types de
systèmes, celui de la langue d'origine, et celui des emprunts. A vous de les découvrir…


Question 22 : Choix du matériel d'enregistrement
Silence, on enregistre

6 comme les mots "parking" et "smoking" "jeans", en français, "Genie" en Allemand (le phonème initial apparaît uniquement dans ce mot là,
fait il partie du système?) , "rendez-vous" en Anglais, avec une voyelle nasale alors que la nasalité des voyelles n'est pas phonologique an
anglais).
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a) enregistrement du son
        avant :                         analogique          (bandes magnétiques)
        maintenant:                     numérique           (DAT, minidisc, ordinateur ) (   (pas walkman !!)

                           pb: bruit de l ’environnement
b) éventuellement mesures physiologiques
éjectives, implosives, nasales
         Il faudra commencer par faire un enregistrement, de haute qualité.
Figure 23 : photo d’un appareil numérique (minidisc)
Les minidiscs sont de plus en plus utilisés, mais leur utilisation est controversée.

 Bien souvent les enregistrements de terrain comportent les bruits familiers de l’environnement (animaux
domestiques, portes qui claquent, etc.) dont le phonéticien se passerait volontiers, car ses ajouts folkloriques
détériorent la qualité de l'enregistrement.
Ces enregistrements pourront être conservés sous forme de CD-rom (il est devenu très facile de graver un CD de
nos jours, et on peut donc transférer directement l'enregistrement fait sur le DAT à l'ordinateur, sans perte de
qualité (de numérique à numérique), et graver des CD à partir de son portable.



Question 23 : Exemples de paires minimales ?
       C’est une étape utile. Il n’existe malheureusement pas toujours de paires minimales parfaites pour tous les
contrastes
Exemple en français
la différence sémantique entre les premiers /pa/ du bébé, le /ba/ en nylon de sa maman, , les /ta/ de jouets devant
la chambre, les /ka/ difficiles et les /ga/ de la marine, les /ma/ des bateaux, les /ra/ des égouts, la note de musique
/fa/ et /la/, les /
Pour prouver qu'il existe un /n/ distinct de tous les phonèmes déjà découverts, il faudra prouver qu'il s'oppose à
tous les phonèmes (pou, toux, coup, boue, doux, goût, chou, loup, mou, nous,) et d'autres phonèmes apparaissent
(vous, joue, roux). 'zou' n'existe pas et pour prouver que /z/ est un phonème supplémentaire, il faudra établir des
listes du type:

incomplet:
pas, tas, cas, bas, (da);gars, fa, sa, chat, va, (za), (ja), là, ma, (na), rat

incomplet:
 /pou/toux/coup/bout/doux/goût/fou/sou/chou/vous/(zou)/joue/loup/mou/nous/roux: oui

incomplet: pan/temps/camp/banc/dent/gant/fend/sans/champ/vent/zan/gens/lent/ment/nen/rang
z et n en distribution complémentaire ???

zan, pan, temps, camp, banc, dent, gant, lent, ment, rang, vent, jean, faon, sang, champ, etc.
autres exemples:
les sons [p], [ph], [t], [th], [k], [kh] correspondent à 6 phonèmes en Hindi et à 3 phonèmes en anglais et en
français.
Pour approfondir ce cours, lire Duchet, chapitre II, page 47- (le travail du phonologue, le principe d’opposition
(paires minimales, variantes régionales, la distribution en phonologie (variation et neutralisation et distribution
lacunaire) jusqu’à la page 69.

Retrouver le système phonologique d’une langue à travers la réalité phonétique n’est pas trivial.
Les réalisations phonétiques ne sont pas en rapport direct avec le système phonologique sous-jacent.

Certains américains vont réaliser dans le mot "two" un son [y] qui ressemble à la réalisation du phonème français
/y/ mais /y/ ne soit pas un phonème de l'anglais: le son [y] est une variante contextuelle de /u/ en anglais.

         Figure 24 : spectrogrammes /t/ en anglais, aspiré à l'initial (tape), non aspiré avant /r/ (track), non
relâché en finale (hate), flat après accent (butter)
Jacqueline Vaissière, SLFK3, Cours 4, Le travail du phonologue, Année 2000-2001                         Page 9 sur 12




Question 24 : quel est le nombre de phonèmes dans la langue étudiée, et apparaissent ils dans toutes les
positions?
      La réponse est loin d’être triviale. Le travail du phonologue démarre donc avec un (grand) corpus transcris
en phonétique. Il va falloir qu’il découvre combien de phonèmes se cachent derrière ces sons.
      Il a découvert par exemple des [ai] long et des [ai] brefs. La longueur joue t elle un rôle distinctif dans la
langue? Il existe dans les langues des tendances naturelles, comme par exemple l’allongement de la voyelle
située avant une consonne voisée (« rite » versus « ride »). Cet allongement peut être plus ou moins prononcé
dans les langues. Il peut même contribuer à identifier le voisement de la consonne. Les différences de longueur
observées dans la langue en question sont-elles phonétiques (contextuelles, dues dans notre cas, au caractère
voisé ou non voisé de la consonne subséquente) ) ou phonologiques?. La tendance à l’allongement peut être
inhibée ou alors accentuée dans une langue. Elle a été accentuée en anglais.
      Il faut veiller à ne pas faire de l’eurocentrisme primaire (ou pire, de l’anglocentrisme) en essayant
d’assimiler toutes les langues aux quelques langues européennes qui ont été surétudiées par rapport aux autres
langues.
      La seconde étape consiste à rechercher la distribution de ces sons. L’inventaire des phonèmes peut varier
selon un certain nombre de facteurs.
Question 25 : transcription phonologique ? Quels sont les facteurs à prendre en compte pour décider si
un son est un allophone d'un phonème et un nouveau phonème?

1) l'identité des phonèmes environnants

         le fait que la consonne suive ou non une voyelle antérieure ou postérieure (allemand)
                par exemple: ich liebe dich nicht.
                Doch, ach
          règles: après les voyelles antérieures, la fricative est palatale, et après les voyelles postérieures , la
fricative est vélaire.
         pas de choix. Il s'agit d'un seul phonème qui a deux allophones.
         Autre exemple; qui , cou, quoi, en français. Même règle, mais il s'agit d'une occlusive.
         Il s'agit d'un seul phonème qui a deux allophones en français.
         en Hongrois deux phonèmes.
         Donc un seul phonème consonne peut se réaliser dans certaines langues de façon fort différente, en
façon de l'identité de la voyelle environnante.
         am: tent



2) la position forte ou faible du phonème

         2) de la position forte ou faible
         Un phonème peut se trouver dans une position forte ou une position faible.
         En position forte, il est "renforcé".
         En position faible, il est "affaibli".peut disparaitre
         Fortition: renforcement
         Lénition: affaiblissement
         Que se passe t il quand un phonème est renforcé ou affaibli?
        Les occlusives s'affaiblissent en devenant des fricatives (spirantisation), (et les fricatives s'affaiblissent
en devenant des approximantes.)
         occlusives > fricatives
              p, t, k > f,
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         Les sourdes s'affaiblissent en devenant des sonores.
               p, t, k > b , d, g



         Des exemples?
               latin ripa > italien du nord riba
               latin ripa > riba > riva > rive (français)

       a) Les positions fortes:
         1) le début absolu de mot est une position forte
         (les consonnes latines au début de mot ont été conservées, mais une transformation
         cattu , campu > chat , champ (palatalisation)
         2) Une consonne initiale de mot et une consonne après consonne (postconsonantique) est dans une
position forte
         partir > patir
         3) Les consonnes à l'initiale sous l'accent sont dans une position forte.
         en anglais, p, t, k sont aspiré à l'initiale et devant l'accent

       b) Les positions faibles
         1) la fin absolu de mot est une position faible.
         souvent non prononcée
              (jadis)
              campus > campu > camp > cham(p)
         2) Une consonne après voyelle (postvocalique) est dans une position faible.
          et une consonne avant et après voyelle est dans une position faible (intervocalique):
               - exemple du flapping en anglais (butter), et
               - du latin (vita > vi
               -


Question 26 : donnez des exemples de positions fortes et de positions faibles dans le mot?

       c) les limites de morphèmes
         CVCV+CV
              Nous li-ons / ce lion
              Sin-ger (nom) / sing-er (chanteur)
         dans le premier cas, deux syllabes, dans le second, une syllabe.

Question 27 : Montrez comment la décomposition d'un mot en morphèmes peut influencer le comptage
de ses syllabes?


   c) distribution complémentaire
               Par exemple, en français si trois consonnes successives (C1C2C3) en début de mot, alors C1=
               [s]7 (Strasbourg),
               C2= [p], [t] ou [k] (spleen, Strasbourg, scratcher,
               C3 = [l] ou [r] (spray, spleen).


7Une exception est le mot "chtroumpf", cher à vos futurs petits.
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                On voit aussi que des combinaisons apparaissent très rarement, et ne sont attestées que dans des
                emprunts (à l’anglais, par exemple).
                Il se peut que certains sons soient en distribution complémentaire.
            Exemple 1: en anglais

            [t], [th], et flap correspondent à un seul et même phonème.
         /p/ (et les autres consonnes occlusives sources) qui est aspiré à l’initiale de mot et comme initiale d’une
syllabe accentuée
            'spoutit
            pin = [phin]
            /p/ est réalisé [p], non aspiré, après une autre consonne, quelle que soit sa position: « span »
            spin = [spin]
            on a un flap après une syllabe accentuée: « butter »
Les trois sons sont donc en distribution complémentaire et il ne s’agit que d’un seul phonème (nous verrons par
la suite les conditions à respecter pour qu’il ne s’agisse que d’un seul phonème, l’une d’entre elle étant une
similitude de production).
Un autre exemple en français (voir le QSJ de J-L Duchet)
            Exemple 2: français, « peuplé » et « peuple »/ « beurré » et « beurre »
            teurré, teurre
            alternance: on trouve un allophone en syllabe ouverte et l'autre en syllabe fermée.
            Même unité abstraite sous-jacente, transformation par règles, appliquée inconsciemment par les natifs
français.
Le timbre des voyelles de la première syllabe de ces deux mots est différent.
La différence est liée à la structure syllabique. [oe] en syllabe fermée. Le choix du timbre peut être prédit par
règle (si syllabe ouverte, alors ..., si syllabe fermée, alors ...). La voyelle sous-jacente est donc la même dans les
deux cas.
          Exemple 3: /l/ en anglais américain, clair ou sombre, selon la position dans la syllabe (initial ou coda),
light dans « low », dark dans « film <
            chevals chevaux chevau
            ou
            Exemple 4: la fricative palatale ç et et la fricative vélaire x en allemand : nicht/nacht
Il s’agit d’un seul et même phonème, avec deux réalisations phonétiques différentes.
Les noms propres, non décomposables en morphème peuvent être prononcés différemment des autres mots
lexicaux (cf. « Singer », nom propre et « singer » (morphologiquement : sing+er), nom commun).
          Seront approfondis dans les TD les problèmes de

   d) neutralisation et archiphonème,
            -
            - opposition de voisement en allemand (pas d’occlusives sonores en finale).
            tage tag



   e) variante combinatoire

   f) variante libre,
        comme la vibrante apico-vélaire de Bourgogne [r] , la vibrante dorso-uvulaire de la charmante Mireille
Mathieu [R] , et la fricative dorso-uvulaire sonore du français standard [r renversé , la patte vers la droite).
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   g) Recherche de paires minimales pour le français

En attendant, il va falloir songer vous mettre sérieusement à l’API.

   h)     Questionnaire
On peut dresser une liste de questions pour les informateurs.
Questions du type:

Il s’agissait, en 1941, à travers le questionnaire de savoir ce que le sujet français distingue et confond. Dans le
questionnaire de Martinet (http://perso.club-internet.fr/mantonio/martin.htm), on demandait au sujet s’il
distingue entre « pâte »/¨patte », ¨brun »/ »brin », « là »/ »las », « pot »/ »peau », « laque »/ »lac »,
« Rome »/ »rhum », ou si la syllabe finale de « bois-le » est prononcée avec le même timbre que dans « deux »
ou dans « peur », etc. On peut même demander au locuteur si la différence qu'il ressent est une différence de
timbre et/ou de longueur, etc.
Par exemple, on a trouvé dans l’étude de Martinet (http://perso.club-internet.fr/mantonio/martin.htm), que les
méridionaux confondent « lac »/ »laque » à 90%, et les autres seulement à 21% (1941). Qui, aujourd’hui, fait la
différence entre « lac »/ »laque »? Cet exemple montre l’évolution rapide des langues.
Les systèmes consonantiques sont particulièrement stables.
Le cours est fini
prochain cours

Cours 5
ux confondent « lac »/ »laque » à 90%, et les autres seulement à 21% (1941). Qu i, aujourd’hui, fait la
différence entre « lac »/ »laque »? Cet exemp le montre l’évolut ion rapide des langues.
Les systèmes consonantiques sont particulièrement stables.
Le cours est fin i
prochain cours

Cours 5

								
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