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Analyse des entretiens de recherche en psychologie sociale Université de Provence Master Psychologie Parcours Psychologie Sociale de la

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Analyse des entretiens de recherche en psychologie sociale Université de Provence Master Psychologie Parcours Psychologie Sociale de la Powered By Docstoc
					Université de Provence,
Master Psychologie, Parcours Psychologie Sociale de la Santé
1ème année, PSYR02B



     Méthodologies appliquées à la
     Psychologie Sociale de la Santé

                              Thémis Apostolidis
                      Laboratoire de Psychologie Sociale,
                     Equipe Psychologie Sociale de la Santé
                        Année universitaire 2005-2006
                           Une définition

  La Psychologie Sociale de la Santé propose un ensemble de
savoirs dans le domaine de la santé et de la maladie s’appuyant à
    la fois sur les outils théoriques et méthodologiques de la
   Psychologie (Psychologie Sociale, Psychologie de la Santé,
Psychologie Clinique) et sur les approches des Sciences Sociales
   (Épidémiologie, Sociologie, Économie, Anthropologie, ...).
 Elle est centrée sur l’étude et la résolution des problèmes de
 santé dans les différents contextes sociaux et culturels dans
                     lesquels ils se manifestent.

                                                 Morin & Apostolidis (2002)
   In : Fischer G-N. (ed.). Traité de Psychologie de la Santé, Paris : Dunod.
                 La PSS


• Une approche   pluridisciplinaire   (regard
  ternaire).


• Une pratique   de    psychologie    sociale
  appliquée.
Psychologie sociale appliquée : définition et origine

 • PSA = une pratique de recherche utilisant des outils
   théoriques et techniques relevant de la psychologie
   sociale en réponse à des demandes et à des
   commandes qui référent la plupart du temps à des
   finalités de changement.

 • Pour Lewin, la psychologie sociale doit disposer
   d’un cadre conceptuel et méthodologique valide et
   pertinent pour répondre à la demande sociale.

 • L’exemple des expériences sur le changement des
   habitudes alimentaires.
Une posture fondatrice en psychologie sociale : Lewin (1946)

      Une façon de faire de la recherche pouvant générer
       un savoir à propos d’un système social en même
            temps qu’elle est en train de le changer




    R                                           A
                   Une double fonction :
             résoudre des problèmes pratiques
          et contribuer à l’élaboration théorique
Une tradition de recherche avec des finalités variables




  R                                           A
Des fondements scientifiques souvent contestés (rigueur
  méthodologique, systématisation, théorisation, …)


Deux termes polysémiques et des pratiques hétérogènes
                 (i.e. Dubost, 1984)
Quatre classes des pratiques R-A (Dubost,1984)
• Une stratégie de recherche dans le champ scientifique qui
  utilise l’action et/ou l’observation participante comme
  instrument de connaissance.

• Une stratégie d’action dans le champ de la pratique qui
  intègre des études ou des techniques en tant que moyen de
  progression ou de contrôle.

• Une conduite globale, action expressive d’un groupe qui se
  veut expérience novatrice et non démarche de connaissance.

• Une méthode d’analyse, conçue pour aider un acteur à
  dégager le sens de ses conduites et des situations auxquelles
  il est confronté.
La PSA : différentes formes de partenariat

                    Recherche

   Demande
   Extérieure       Etudes        Chercheur
(Commanditaire)                  Professionnel
                  Consultation



                      R-A
           Les finalités de la PSA
• Explorer et décrire.

• Comprendre      et     proposer    un      modèle
  explicatif.

• Mettre en place un dispositif visant le
  changement.

• Etudier et vérifier      les   résultats    d’une
  intervention.
 Deux principales stratégies de recherche

• La stratégie déductive (partir d’une théorie
  générale et l’appliquer à l’étude d’un
  phénomène particulier).


• La     stratégie   inductive    (construction
  progressive d’un savoir valide et pertinent à
  la connaissance d’un phénomène particulier).
Un exemple de stratégie déductive : l’utilisation
     du modèle du comportement planifié
                (Ajzen, 1985)
• Un modèle actualisé (ie. évolution du modèle de
  l’action raisonnée) et un savoir précis (relation
  attitude/comportement).

• Un nombre très conséquent de publications et des
  applications très variées dans le champ des
  comportements de santé.

• Un intérêt pragmatique (dispositifs de modification
  de comportements).
             Les exigences de la PSA
           (Delhomme & Meyer, 1997)
• Exigence théorique (référence à des théories
  psychosociales précises et actualisées).
 • Exigence méthodologique (définir la finalité de la
   démarche, descriptive ou explicative; méthodologie
   adaptée et pertinente par rapport aux objectifs).
• Exigence pragmatique (des résultats opérationnels
   et pertinents, préconisations, aide à la décision).
                       +(consentement, éthique de
• Exigence déontologique
  la démarche, voir Comité Consultatif en santé
  publique; Priorité « santé publique » versus priorité
  patient ?).
      PSA ET RECHERCHE :
     L’ENJEU D’ARTICULER
      DEUX CONTRAINTES

• Soumission à des   • Soumission aux
   obligations de       normes et aux
     résultats          attentes de la
 contractuellement      communauté
      définis.
                         scientifique.
 Méthodologie : les tendances actuelles en PSS

• Pas d’unité méthodologique (diversité des stratégies
  et des outils : observation, entretien, questionnaire,
  méthode biographique, échelles, …).
• Eclectisme (pas d’opposition entre les méthodes;
  pertinence, validité, fiabilité) et pragmatisme.

• Pluri-méthodologie et triangulation (utilisation
  combinée de différentes méthodes et/ou techniques).

• Collaboration interdisciplinaire : articulation avec
  l’épidémiologie (objectivation, choix d’indicateurs)
  et la recherche clinique.
         LA MESURE EN SANTÉ PUBLIQUE
                DOIT S’APPUYER
          SUR DEUX TYPES DE DONNÉES

 • Données objectivées                    • Données subjectivées
   (Mesures directes)                        (Auto-évaluation)
• Prévalences       épidémiologiques      • Vécu singulier de la personne
  (mortalité,    comportements        à     (santé perçue, qualité de vie,
  risque)                                   aspects psychologiques).
• Données                    cliniques    • Significations associées et théories
  (symptomatologie      et    étiologie     personnelles (« la maladie du
  médicales)                                malade », JL Pedinielli, 1999).
• Données          socio-économiques      • La pensée sociale concernant la
  (distribution sociale des inégalités      santé       et      la      maladie
  de santé).                                (représentations sociales, modèles
                                            culturels).
   Trois remarques d’ordre méthodologique
           en psychologie de la santé
          (Fischer & Tarquinio, 1999)

• La subjectivité des informations liées à l’expérience
  de la maladie, au vécu des malades.

• La validité scientifique des données qualitatives
  recueillies.


• Le développement des recherches qui utilisent des
  variables psychosociales (clairvoyance normative,
  …).
                La triangulation (1)

• L’idée de triangulation repose sur un principe de
  validation des résultats par la combinaison de
  différentes méthodes visant à vérifier l’exactitude et
  la stabilité des observations.



• La triangulation a été conçue comme une procédure
  pour vérifier une hypothèse, mise à l’épreuve dans
  des différentes opérations méthodologiques pour
  tester si oui ou non les résultats corroborent entre
  eux (Cambel et Fiske, 1959 ; cités par Flick, 1992).
                La triangulation (2)
• Aujourd’hui, la triangulation est conçue comme une
  stratégie alternative de recherche pour fonder une
  démarche       épistémologique      et    empirique
  contextualisée dans les études en psychologie (Flick,
  1998 ; Janesick, 1998 ; Rouan et Pedinielli, 2001 ;
  Willig, 2001).

• Développée en lien avec les démarches qualitatives
  (légitimité, intérêt), cette stratégie apporte non
  seulement de la validité mais aussi, et surtout, de la
  rigueur, de l’ampleur et de la profondeur à la
  recherche (Flick, 1992 ; Denzin et Lincoln, 1998).
       L’intérêt de la triangulation en PSS


• Elle apporte du crédit (validité, réduction des biais
  liés à la méthode et/ou à l’outil) et de la richesse
  (profondeur, complexité) à l’analyse.

• Elle permet d’articuler « explications causalistes des
  comportements » et « interprétation psychosociale du
  sens des conduites » (Fischer & Tarquinio, 1999).
    Les différentes formes de triangulation
                (Denzin, 1978)
• Triangulation des données (utiliser différentes sources
  de données dans une étude).
• Triangulation du chercheur (engager plusieurs
  chercheurs pour collecter et interpréter les données).
• Triangulation théorique (se référer à différentes
  théories pour interpréter les données recueillies).
• Triangulation méthodologique (utiliser de façon
  combinée différentes méthodes et techniques).
• Triangulation interdisciplinaire (articulation des
  données en psychologie à des connaissances issues des
  SHS; Janesick, 1998).
         Développements actuels

• Une stratégie inductive (développée      en
  psychologie de la santé; Flick, 1998).

• Hétérogénéité des pratiques (pas de
  démarche type, chercheur-bricoleur, posture
  anti-positiviste).

• Un idéal difficilement atteignable (Rouan et
  Pedinielli, 2001).
      Un exemple : Représentations de la sexualité et
       perception du risque VIH (Apostolidis, 2003)
     Types de          Opˇ rations de recherche et de                   Objectifs
  triangulation               conceptualisation
                           t
                   - Enque qualitative par entretien de Analyse des contenus et
  Triangulation recherche (N=79).                            ˇt ude      des         aspects
 mˇ thodologique - 3 opˇ rations de recherche quasi- processuels. Fournir un
                   expˇr imentales (N=1116).                 indicateur de validitˇ interne.
                   Mise en per spective comparˇ e avec les Recoupement avec dÕ        autres
                   donnˇ es ˇ pidˇm iologiques. Source de sources de donnˇ es. Fournir
  Triangulation comparaisonŹ: lÕ         t ACSF (1993). un indicateur de validitˇ
                                    enque lÕ
                         t
  des donnˇe s Enque ˇp idˇ miologique sur les instrumentale et externe
                   comportements sexuels, rˇ alisˇ e pour fonder lÕ      analyse.
                   partir dÕunˇc hantillon reprˇ sentatif de
                   la population vivant en France.
                   Problˇ matisation et confrontation des Articuler diffˇr ents niveaux
                   analyses au regard des contributions dÕ      analyse, notamment des
  Triangulation sociologiques, anthropologiques et explications de type 4
interdisciplinaire historiques sur la sexualitˇ et la (facteurs socioculturels)
                   maladie.
      « Nous devons adapter nos
    méthodes aussi loin que nous le
   pouvons pour atteindre l’objet et
    non pas définir l’objet à partir
    des conditions de la méthode »

(Allport, G. (1963). Pattern and growth in personnality. London : RW)
                    Différences entre recherches quantitatives et
                      recherches qualitatives (Neuman, 1997)
                 Recherche quantitative                            Recherche qualitative
1. Tester des hypoth¸ ses prˇalables, ˆ base mˆ de 1. Dˇcouv rir et cerner des s igni fications
                                       la     me                                                              par
   la recherche.                                      lÕi mersion du chercheur dans les donnˇe s.
                                                        m
2. Les concepts utilisˇ s sont prˇ sentˇs sous la forme 2. Les concepts utilisent sont prˇ sentˇ s sous la f orme
   des variables dˇfinies et distingu ˇ es.                des th¸mes, des motifs, des taxinom ies.
3. LÕi strument de mesure est systˇmatiquement 3. Les mesures sont crˇ ˇes de fa¨ on ad hoc (ˆ effet)
      n                                                                                       cet
   ˇlaborˇ et standardisˇ avant la collecte des donnˇ es. et sont souvent spˇcifiques aux situations
                                                          individuelles de recueil.).
4. Les donnˇe s sont toujours prˇ sentˇes sous forme 4. Les donnˇe s sont prˇsentˇes sous la forme des mots,
   numˇr ique, condition ˇlˇmentaire pour la p rˇcision ˆ partir des documents, des observations et de
   de la mesure.                                        retranscriptions.
                                                                               tre
5. La construction thˇ orique est de type causal et suit 5. La thˇ orie peut-ˆ soit causale soit non causale et
   une dˇmarche dˇduc tive (du gˇ nˇral au particulier).    suit en gˇnˇ ral une dˇmarche inductive.
6. Les procˇdu res sont standardisˇ es et l Õ
                                            objectif de 6. Les procˇdu res sont particuli¸r es et les rˇplications
   rˇplication est requis et souhaitˇ.                     sont tr¸s rares.
7. Pour lÕ                                                     n
             analyse, on ut ilise des traitements 7. LÕa alyse extrait des th¸mes, des interprˇtations
   statistiques. Les rˇsultats sont discutˇs en rˇfˇr ence glob alisantes et organise les donnˇ es de fa¨on
   aux hypoth¸ ses de recherche.                           cohˇr ente et consistante pour donner une ˇ tude de
                                                           cas (a picture).
   Quelle posture pour les démarches qualitatives ?
                   (Jodelet, 2003)

• Une approche holistique et globale (complexité des
  phénomènes, totalité des aspects sociaux, culturels et
  psychologiques).


• La recherche de la naturalité (émergence et
  déroulement spontané des phénomènes).

• La saisie dynamique d’un monde en transformation
  (variabilité    intra-individuelle,    pluralité      des
  appartenances, singularité des devenirs, particularité).
        L’exemple de l’approche monographique
            (voir : RS et folies, Jodelet, 1989)

• Une approche inspirée de l’anthropologie, longue (4 ans) et
  difficile à mettre en place.

• Jodelet a utilisé de façon combinée plusieurs outils :
   – Démarche ethnographique (pénétration progressive du
     milieu et observation participante).
   – Enquêtes sociologiques (connaissance statistique de la
     population).
   – Analyse historique (étude des traces).
   – Techniques psychosociologiques (entretien de recherche,
     observation des interactions).
 Quels critères pour les démarches qualitatives ?



Méthodologies
                              Méthodologies
 Quantitatives
                               Qualitatives
Expérimentales




Généralisation                 Transférabilité
 Les objectifs des approches qualitatives

• Cerner la singularité et la complexité des
  phénomènes (Santiago Delefosse, 2001).

• Les    situer    dans     leur     dynamique
  psychologique et sociale.

• Restituer leur logique interne sans les évaluer
  à partir d’un standard de raisonnement
  extérieur à leurs conditions de production.
     Un exemple : la construction du rapport aux
       drogues dans un contexte de précarité
        (Apostolidis, Rouan, Eisenlohr, 2003)
• Une recherche par entretien de recherche sur les problèmes
  et les valeurs auprès de jeunes en situations précaires à
  Marseille (N=30).
• Un thème spontanément évoqué (27/30, sans induction de
  l’interviewer).
• Une double posture énonciative articulant la modalité de
  l’expérience personnelle de la consommation ou de la non-
  consommation (discours à la première personne), à celle de
  l’expérience sociale en tant qu’observateur de la
  consommation des autres (discours à la troisième personne).
• Une thématique « narrative » (Bruner, 2000) mettant en
  scène le sujet, les produits, les autres et l’action sur le monde.
  Drogues et environnent de vie : un « objet » normalisé
« Pour eux c'est normal, c'est pas dangereux, ils se voilent la face, souvent je leur
disais c’est dangereux et tout, et eux non, ils vont me dire je vais me taper un trait,
c'est comme si j’allais fumer ma cigarette quoi, c'est devenu normal, combien de
fois, j’ai entendu dans le quartier t’as pas un trait, ça se demande maintenant, t’as
pas un trait, c'est comme s’ils demandaient un joint ou qu’ils vont allumer une
cigarette, c'est grave, demander un trait, une ligne de coke comme si c’était, je
sais pas une cigarette ou un bonbon, pour eux c’est comme ça, pour moi, y a une
différence encore, le consommateur de cannabis, pour moi c’est devenu normal
maintenant, de banal et justement ce qui des fois me fait peur, c'est avant le
cannabis je le voyais de la même façon et puis maintenant la cocaïne, ça fait
pareil et puis va venir un jour ou on va dire après c'est normal, et puis après, y a
l’héroïne, c’est beaucoup, c'est pas pris au sérieux, j’ai l’impression que c'est
normal, c'est un peu comme ça, dans le quartier dans la tête de tout le monde c'est
normal, c'est devenu dans notre quotidien et puis on le vit et puis c'est comme ça
quoi, des fois j’entends dans le quartier un minot de dix ans, sept ans, huit ans, il
me parle, il sait c'est quoi du shit, la cocaïne, l’héroïne, je lui demande comment
ça se prend, il fait le geste, ils sont au courant de tout, je vois a onze ans, ça y est,
ils savent déjà comment c'est, de quelle couleur c'est, ils savent tout »
                                                                       (Femme, 20 ans)
  Recours aux drogues et conduites « border-line »

«C'est un ecstasy qui m’a sauvé mon âme, mon âme intérieure, j’étais tellement,
c’était au bout de deux ans de rue, je pétais les plombs, j’étais en rave j’avais
rien pris encore, j’étais mais vraiment glauque, j’avais les lames de cutter, je
m’étais mis dans un coin et ça allait partir quoi, y’a mon collègue, il est arrivé,
il me dit ouvre la bouche, enfin non, il m’a ouvert la bouche, il m’a foutu un
ecstasy dans la bouche il savait pas que c’était un ecstasy, une demi heure après
je me suis relevé et j’ai dansé et après j’ai discuté normalement et ça m’a, ça
m’a fait saper le côté vraiment j’étais mal quoi, je dis pas que, que c'est bien de
prendre de l’ecstasy, je dis que moi dans mon expérience dans ce contexte-là, ça
m’a sauvé, pas la vie, mon esprit quoi, parce que mon esprit était tellement,
parce que, arrivé à un certain niveau tu te mets en mode d’autodestruction, tu
vois, t’as rien t’as pas de thune, parce que tu peux t’en apercevoir et te l’avouer
a toi même (…) parce qu’après c'est un combat interne dans ta tête, mais
pourquoi je vis, pourquoi ceci, y’a ça qui est bien mais, c'est une vraie prise de
tête, et l’ecstasy ça m’a libéré, toutes ces pensées ont disparu, enfin ont disparu,
ont été mises de côté sur le moment »
                                                                  (Homme, 21 ans)
                  Principaux constats
• Les drogues : une thématique « analyseur » de la
  souffrance psychosociale dans le contexte de la
  précarité (altération rapport soi/autrui, puissance
  d’agir).
• Une construction des relations à effets pathogènes
  (souffrance, déchéance, disqualification, menace,
  autodestruction) sur les plans sanitaire, identitaire
  et social, qui dépasse nettement les seuls registres de
  l’usage abusif et/ou addictif.
• Des éléments pour la transférabilité (la prise de
  drogue : conduite à risque (observateur extérieur) /
  conduite de coping (acteur); épistémologie du sujet).
          LA « GROUNDED THEORY »
          (STRAUSS ET CORBIN, 1990)
• UNE DÉMARCHE INDUCTIVE : PARTIR D’UN
  PHÉNOMÈNE OBSERVÉ SUR LE TERRAIN POUR LE
  DECRIRE ET LE COMPRENDRE.
  – UNE APPROCHE QUI PART D’UN PHÉNOMÈNE « PARTICULIER »
    POUR CONSTRUIRE PROGRESSIVEMENT UN SAVOIR PERTINENT
    À SA CONNAISSANCE, UNE « THÉORIE ».


• UN VA-ET-VIENT, PROBLÉMATISÉ ET DYNAMIQUE,
  ENTRE OPÉRATIONS DE RECUEIL DE DONNÉES,
  D’ANALYSE ET DE CONCEPTUALISATION.
  – LES OBSERVATIONS SONT REINJECTÉES SOUS-FORME DE
    QUESTIONNEMENT (OBJECTIFS ET/OU D’HYPOTHÈSES) DANS LES
    OPÉRATIONS DE RECHERCHE DE FACON À GÉNÉRER DES
    NOUVEAUX RECUEILS EMPIRIQUES ET À LES CONFRONTER À LA
    PROBLÉMATISATION DU PHÉNOMÈNE.
      Les cinq étapes pour mettre en place une recherche de type
        Grounded theory (adaptation à partir de Pandit, 1996)
1. Construction des objectifsŹ       (consultation de la littˇrature scientifique, dˇfinitions
   prˇliminaires, et ˇbauche dÕun quesionnement initial).
                                        t
2. Collecte des donnˇesŹ   (conception et mise en place des opˇrations de recherches, utilisation
   articulˇe de diffˇrentes mˇthodes qualitatives et/ou quantitatives, analyse progressive des
   donnˇes, rˇinjection problˇmatisˇe des observations ˇtablies ˇtape par ˇtape sous forme des
   nouveaux objectifs et hypoth¸ses).
3. Organisation des donnˇes (inventaire chronologique du r ecueil, mise en relation des
   diffˇrentes opˇrations, prˇparation de lÕanalyse).
4. Analyses des donnˇes (mise en place de diffˇrentes opˇrations de codage Šouvert, axial et
   sˇlectif-, crˇation des catˇgories, analyse des liens entre elles, croisement des diffˇrentes
   sources de donnˇes, interprˇtation des rˇsultats, mise ˆlÕˇpreuve de leur validitˇ interne,
                      e thˇorieŹ sur le phˇnom¸ne).
   construction dÕun ĒŹ          Č
5. Confrontation de la Ē thˇorie Č avec la littˇrature scientifique (comparaison avec des
   conceptualisations existantes, mise ˆl Õˇp    reuve de la validitˇ externe de la ĒŹhˇorieŹČ
                                                                                      t         ,
   perspectives de transfˇrabilitˇ, propositions thˇoriques).
 Un programme de recherches
sur les représentations du sida
dans des situations de précarité

(Apostolidis & Eisenlohr, soumis).
Recherches                Objectifs                 Techniques dÕenqu   te      chantillons (mage)
                                                                                 
   R-1                   Exploration           Entretiens semi-directifs sur       N=30 (20,1 ans)
  (1999)      (la construction du rapport      les     probl¸ mes    et     les 14 Femmes (19,8 ans)
 Marseill e   ˆla santˇ chez les jeunes        aspirations des jeunes (guide 16 Hommes (20,4 ans)
              en situations de prˇcaritˇ ).    centrˇ sur la santˇ)
                        Exploration            Entretiens semi-directifs sur la    N=20 (25,4 ans)
              (conceptions de la santˇ         santˇ (guide centrˇ sur la 13 Femmes (24,8 ans)
  R-2         et      de      la    maladie,   maladie).                        7 Hommes (27,2 ans)
 (2000)       vulnˇrabili tˇ per¨ue).
Marseill e,            Vˇr ification           Questionnaire     (indicateurs :  N=99 (36,03 ans)
Valence             (adhˇsion ˆ    une         opinions sur la santˇ et la 50 Femmes (35,1 ans)
                        conception             maladie,       modes         de 49 Hommes (36,9 ans)
                  contagionniste des           transmission du sida)
                 risques liˇs au sida).
                 Approfondissement             Entretiens semi-directifs sur la  N=29 (20,4 ans)
                       (logiques de            santˇ    (guide centrˇ      sur 15 Femmes (20 ans)
                    construction des            expˇrience du syst¸ me de 14 Hommes (20,8 ans)
                                               lÕ
   R-3             risques, modes de           soin et sur le sida)
(2001-02)         recours aux soins).
Marseill e             Vˇr ification           Questionnaire    (indicateurs : N=81 (20 ans)
                      le
                 (r™ des catˇgories            modes de t ransmission du 43 Femmes (19,5 ans)
                prototypiques dans le          sida, comportements face aux 38 Hommes (21 ans)
                 rapport aux risques,          risques,      opinions      et
                attitudes de mˇ fiance         comportements de recours aux
                     -vis
               vis-ˆ du syst¸ me de            soins)
                          soin).
        1ère Recherche : Protocole utilisé

• La consigne de départ pour les entretiens fut la
  suivante :

  – « Je réalise une enquête qui porte sur les valeurs,
    projets et problèmes que peuvent avoir les jeunes
    aujourd’hui, et sur leur opinion personnelle. Je ne
    commencerais pas en vous posant des questions
    précises, ce que je voudrais c’est que vous me
    disiez ce qui est important pour vous ».


• Objectif de non-imposition aux interviewés de la
  problématique santé (Demazière et Dubar, 1997).
1¸r e Recherche (N=30)Ź Principaux constats de lÕ
                      :                         analyse thˇmat ique

                  UN PHƒNOMéNE DE FOCALISATION
- Une ˇ vocation spontanˇ e et rˇ currente du sida en tant que probl¸ me majeurŹ
                                                                               au
  cĻ ur des prˇ occupations : 28 des 30 ab ordent ce th¸me sans induction de
   interviewer.
  lÕ

- La prˇgn ance dÕ sentiment de menace et de peur (lÕ e de mort est tr¸ s
                    un                                           idˇ
  frˇq uemmen t ˇ voquˇ e). LÕ expression dÕ   une angoisse face ƒun danger diffus et
  imprˇ visible. 7 dˇ clarent avoir visitˇ u n CIDAG au cours des 12 derniers mois.

- LÕ                                              x
    expˇr ience sociale de la stigmatisation et lÕepression des attitudes de re jet
       -vis
  vis- des personnes atteintes.

    ˇ                                         espace social et l es personnes
- LÕvocation frˇ quente de la proximitˇ avec lÕ
  (famille, amis, connaissances, gens du quartier) touchˇ s par la maladie.
  LÕ             une
    expression dÕ mˇ fiance tant au niveau des relations intimes que des rapports
  sociaux (dentistes, h™pitaux).

- Des stratˇ gies de gestion des risques combinant diffˇre nts crit¸r es :Ź utilisation
                                                                          lÕ
  du prˇ servatif, lÕ             ˇ
                      hygi¸n e, lÕ vitement de certains partenaires, lÕabstinence, le
                              ˇ                                 bonne ˇ toileŹ É
  recours rˇ pˇ tˇ a u test, lÕ vocation de la chance ou de la ĒŹ             Č,
              1ère recherche (N=30) : Analyse Alceste
                Classe 4 (35,7% du corpus)                                       Classe1 (19,56%)
                 Th¸ meŹ:Sexualitˇ e t Sida                            Th¸ meŹ:Usages de drogues et prˇca ritˇ

Vie sexuelle et risques                                        Les drogues et leurs effets
(Prˇs ervatif, sida, capote, sexuel, pilule, test, enceinte)   (Cannabis, acide, ecstasy, shit, droguer, casser, dˇt ruire.
Relations intimes entre lesdeux sexes                          Souffrance et prˇca ritˇ
(Fille, ami, copain, gar¨o n, sortir)                          (Mis¸re, gal¸r e, pˇte r les plombs, crever, combat.)
Maladie grave et proximitˇ
(mort, choc, quartier, famille, oncle)
                                                               Variables: Logement-hˇ bergˇ ; Age 20-25; Etudes-oui;
Variables associˇe s: Etudes-non; Logement-oui;                Hommes; revenus-oui.
Femmes; Age 16-18; 18-20.
                 Cllasse3 (34,79% )                                               Cllasse2 (9,93%)
         Th¸ meŹ:Travail et insertion sociale                            Th¸ meŹ:Les besoins dans lÕerance
                                                                                                    r

Recherche dÕe ploim                                            Besoins primaires
(Travail, formation, contrat, boulot, qualification, ˇtudes,   (Alimentation, manger, repas, faim, sardine, p‰te,
ˇ cole, contrat.)                                              sandwich, sommeil, nuit, chambre, dormir.)
Dˇ marches administratives                                     LÕhygi¸n e:
(Papiers, dˇ marches, carte dÕi dentitˇ, do ssier, sˇ cu,      (Douche, se laver, hygi¸ne. )
mutuelle.)

VariablesŹ:Origine ĒŹ           ;
                    maghrˇb ineŹČAge 18-                       Variables: Logement SDF; Emploi-non; Revenus-non,
   Logement-nonŹ;Emploi-non; Revenus-non.)
20;Ź                                                           Etudes-non.
      1ere recherche (n=30)Ź: a
                              nalyse thˇ matique des entretiens

     FOCALISATION, VULNERABILITE PER‚ UE, INCERTITUDE
       ET STIGMATISATION DES PERS ONNES A TTEINTES

ĒŹAlors, pour nous les jeunes, la santˇ , c'est de pas avoir de maladies graves,
comme je veux dire le sida, la tuberculose je sais pas si ¨a vient tout seul ou
avec quelque chose mais moi, il y a des jeunes qui font n'importe quoi, ƒ              tre
malade, j'ai entendu le sida, par exemple, des gens qui disent n'importe quoi
beaucoup de choses, que le sida, il vient avec le sexuel, le sida il vient avec la
drogue, le sida, il vient avec si tu es sale et il vient avec beaucoup de choses, et
moi je veux dire que ¨ a j'en discute avec mes copines, du sida parce que quand
tu es malade comme ¨ a, tu peux pas rester avec des gens, tu as honte, je sais
pas tu peux pas aller quelque part o¯ il y a des gens qui disent elle, elle a le
sida, on lui parle pas, parce que, elle va nous faire ¨ a, et moi je dis que je veux
que tous les jeunes ou n'importe qui je veux qui soient en bon ˇtat , avec les
probl¸ mes qu'il y a maintenant ¨ a me fait peur, parce que moi il y a 15 jours
comme ¨a j'ˇta is au bus, c'est un vieux, il ˇ tait avec une dame et il parlait du
sida, et il y avait une femme, elle est morte, elle peut pas se marier maintenant,
parce quÕ a le sida É tout le monde, c'est qu'il entend dans la tˇ lˇ et tout, les
           elle
annˇe s il y a un million de personnes qui a le sida ou la tuberculose ou le
cancer, il a peur de ¨a . Moi je sais pas, si j'ai le sida, je sais que j'ai fait tous les
                                                                          Č
trucs mais je sais pas, si je l'ai ou pas. On sait pas comment il estŹ (Femme, 23
ans)Ź
         Une co-existence entre le ĒŹvraiŹČet le ĒŹfauxŹČ a niveau
                                                          u
   des reprˇ sentations des modes de transmission du VIH (2e recherche)

Le sida sÕatrape parŹ
          t         :          Pas dÕ
                                    accord     Sans opinion     accord
                                                               DÕ            Total
                                   (1+2)*           (3)*         (4+5)*
Sang                                 3              2              94         99
Sperme                               4              4              85         99
Seringues                            1              1              97         99
Lames de rasoir                      14             4              81         99
Brosses ƒdents                       40             11             48         99
Salive                               55             7              37         99
Sueur, transpiration                 69             14             15         98
           nsectes
Piq˛ res dÕi                         59             12             28         99
Microbes                             59             10             29         98
WC publics malpropres                36             19             43         98
Frˇ quentation des H™pitaux          38             18             42         98
Nˇ gligence des autres               23             7              68         98

Suffisamment informˇ Ź?              19              7             72         98


                                                    c    ;          c    ;
* Echelle sˇ mantisˇe en 5 points (1Ź:pas du tout dÕacordŹ 2Ź:pas dÕacordŹ 3Ź:sans
opinionŹ 4Ź:dÕ
        ;     accordŹ 5Ź tout fait dÕ
                     ; :             accord).
                 Modes de contamination par le VIH
                       (3e recherche, N=81)
                                                     % oui
                                 t      :
           Q7. Le sida peut-il sÕatraperŹ
Lors de rapports avec prˇservatif                    34.74
En se coupant avec un rasoir                         46.61
Dans les toilettes publiques                         22.88
                           une
En buvant dans le verre dÕ personne atteinte         22.03
En ayant un rapport sexuel avec une personne sale    48.30
Par la salive                                        30.50
Par une piq˛ re de moustique                         31.93
        une
Lors dÕ hospitalisation                              41.52
En donnant son sang                                  41.52
En recevant du sang                                  70.33
         ne
Lors dÕu injection int raveineuse de drogue          90.67
Lors de soins dentaires                              22.88
Lors de rapports sans prˇservatifs                   94.06
                    MÉFIANCE, SENTIMENT DE NON-MAÎTRISE,
                     HÔPITAL ET RISQUE DE CONTAMINATION

 ĒŹ Parce quÕ pas de mˇd icaments, y a rien que la mort. ‚ a me fait trop peur, le
               y
    sida et le cancer, ¨ a me fait trop peur. Surtout le sida, je me mˇfi e de ¨a. Ė
                                     s
 prendre mes prˇ cautions. Et cÕet pas seulement pour coucher avec quelquÕ           un,
                                         o
 para”t quÕ peut attraper le sida l ¯ il y a des microbes, que je peux attraper
            on
   sans faire quelque chose. CÕ pas seulement parce que tu as couchˇ avec
                                  est
  quelquÕu, que tÕ pris tes prˇ cautions. ‚ a peut arriver comme ¨ a le sida, tu
            n        as
                   ™
 peux aller lÕhpital et y a quelquÕu qui sÕ trompˇ , il va prendre une aiguille
                                         n     est
  que quelquÕu il a oubliˇe, il mÕ piquˇ et puis ¨a y estŹ Il avait le sida. Je suis
                  n                  a                        !
                                                       É
contaminˇe directementŹ!Et ¨ a fait tellement peurŹ si jÕ     attrape le sida, je prˇf ¸ re
   mourir dÕ coup. Les gens vont parler du mal de moi. Ils vont pas chercher
              un
                i                                           ai
 pourquoi jÕale sida, mais vont dire directement que jÕ couchˇ avec nÕi         mporte
                                            ,
                                           tre
qui. Je prˇf¸r e mourir directement quÕ l que les gens regardent É l je sais   ,
      dˇ jquÕ jour, je vais mourir, ¨a va me faire souffrir, je prˇf ¸ re mourir
                un
                                      directement.Č

                            (Femme 25 ans, 2e recherche)
                              QUELLE THEORIEŹ?
                                                                       :
Une thˇmatique se dˇclinant sur un mo de narratif (Bruner, 1989, 2000)Ź les sujets, les
                     action sont trois ˇlˇments insˇparables dans la construction du
autres, le monde et lÕ
sida.

        Des sc¸nes narratives qui objectivent le rapport entre les sujets et les risques
                                                                ˇvˇ
        de contamination dans des perspectives multiples dÕ nements possibles,
        selon des modes de raisonnement qui nÕ ssent pas aux ĒŹl is des
                                                      obˇi                      o
                     .
        probabilitˇsŹČ

                           probabilitˇŹČ / R
                 - Risque ĒŹ               isque ĒŹossibilitˇŹ
                                                  p           Č
                           rˇa
                 - Risque ĒŹ litˇ Č /Risque ĒŹeprˇ sentationŹ
                                              r               Č

Les reprˇ sentations des risques (le syst¸me de soins en tant que contexte ˆrisque) en tant
que constructions dÕ forme de rapports sociaux et symboliques (expression dÕ
                      une                                                               une
mˇfiance ˆ ˇgard du syst¸m e de prise en charge et de ses acteurs).
           lÕ


              Une facette rˇv ˇl atrice de la ĒŹ affiliationŹČ
                                               dˇs            (Castel, 1991
Expérimentation et « enveloppe sociale globale »
              (Deconchy, 2002)

• Difficulté de travailler sur les variables qui
  opérationnalisent      des     «     situations
  d’enveloppe » (processus sociaux complexes).


• Une         orientation     méthodologique
  expérimentale qui construit des « variables
  indépendantes molaires » (une perspective de
  cognition située).
  Un exemple de construction
       d’une VI molaire
                 :
 Représentations du cannabis et
perception de la dépendance d’un
 fumeur régulier en fonction du
        contexte d’usage
  (Apostolidis & Roche, 2002)
              La consommation de cannabis est-elle per¨ ue
                  comme une ĒŹconduite de droguˇ ŹČŹ?
       :
(SourceŹ entretiens de recherche sur le th¸ me de cannabis aupr¸s de jeunes adultes, N=36)


Des logiq ues condit ionnelles pour ˇ valuer la d angerositˇ de la substance
(dˇ pendance, consˇ quences sanitaires et sociales) et pour percevoir le
consommateur comme un droguˇ , en fonction des modes
                                                           usage.
(occasionnel/quotidien) et des contextes (seul/en groupe) dÕ


                usage contrastˇ sŹ:
    Deux modes dÕ

                      ˇ
          Un usage ĒŹh doniste Č (occasionnel et collectif).


                      roblˇm atiqueŹ (quotidien et solitaire).
          Un usage ĒŹp            Č


Le cannabis occupe, ƒ lÕi   nstar de lÕa lcool (Cerclˇ, 1998), une ĒŹ place
singuli¸ reŹČ dans lÕunivers des droguesŹ   chez les jeunes : re gistre de
jugement ĒŹu                        a Č.
              sage vs. modalitˇs dÕus geŹ
HUIT SCƒ           NTANT UN ĒŹFUM
        NARIOS PRƒSE                         Č
                                 EUR REGULIERŹ

  Nous vous présentons, ici, un court extrait d’entretien réalisé auprès d’une personne
     consommatrice de cannabis, dans le cadre d’une recherche sociologique : Les
     consommateurs de cannabis en France. (Département de sociologie. Université de Provence,
     1998-1999). Nous vous demandons de bien vouloir lire cet extrait d’entretien de façon
     attentive.
  Vincent (Julie) est âgé(e) de 25 ans, il(elle) vit seul(e) et travaille depuis six mois.

  •   INTERVIEWER : Dans quel contexte avez-vous consommé du cannabis pour la première
      fois ?
  •   VINCENT (JULIE) : Euh… il me semble que c’était dans une fête… oui, c’est ça, c’était
      avec des copains plus âgés que moi… j’avais 18 ans… je me demandais ce que ça allait me
      faire, mais finalement, il n’y a pas eu trop d’effets…
  •   INTERVIEWER : Pouvez-vous me parler de votre consommation, actuelle de cannabis ?
  •   VINCENT (JULIE) : …Euh… moi j’aime bien fumer, tranquille avec des copains (tout
      seul )…En fait, ce qui me plaît, c’est d’aller chez les uns ou chez les autres et de fumer
      … (c’est d’être chez moi et de fumer)
  •   INTERVIEWER : Quelle est votre fréquence de consommation ?
  •   VINCENT (JULIE) : …Oh, de temps en temps, mais en fait, c’est jamais plus d’une fois
      par semaine … (Oh, assez souvent, en fait, c’est tous les jours)
  •   INTERVIEWER : Quels sont les effets du cannabis sur vous ?
  •   VINCENT (JULIE) : …Ben…euh…je sais pas…ça me procure une sensation agréable.
   Représentations du cannabis et perception de la
dépendance du fumeur en fonction du contexte d’usage

  0,7

  0,5

  0,3

  0,1                                 DROGUE

 -0,1
                                      PAS DROGUE
 -0,3

 -0,5
                                     F(1,281) = 16,073
 -0,7
        EN GROUPE     SEUL                p=.000
   Des enjeux théorico-méthodologiques pour
l’utilisation de la méthodologie expérimentale...
• La contextualisation de l’étude des processus socio-
  cognitifs dans le champ de la culture (Jodelet, 2002)
  en tant que opérationnalisation de l’articulation
  système/métasystème (Doise, 1990).


• L’importance de la triangulation méthodologique
  (qualitatif, quasi-expérimental) pour mettre en
  place des dispositifs de recherche concernant la
  perception des risques sanitaires (Apostolidis,
  2003).

				
DOCUMENT INFO