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					                           THÈME 1
         LES FONCTIONS ET LES FORMES DE LA MONNAIE

I. LES FONCTIONS DE LA MONNAIE
A. Le passage du troc à l’échange monétaire
Le troc, échange direct de marchandises contre des marchandises, présente des inconvénients
(trouver un partenaire à l’échange, divisibilité de la marchandise, coût du stockage…) qui
entravent le développement économique.
La monnaie, en revanche, se présente comme un bien intermédiaire, accepté par tous, qui se
conserve facilement et qui va donc faciliter les échanges et la croissance.

B. Les trois fonctions de la monnaie
1. Un instrument d’échange
La monnaie facilite les transactions entre les agents économiques.

2. Un instrument de mesure de la valeur
Elle permet d’exprimer le prix des biens en une unité commune.

3. Un instrument de réserve de pouvoir d’achat
Elle permet une consommation différée par la constitution d’une épargne. En tant que telle, la
monnaie présente deux caractéristiques :
• c’est un actif liquide, elle peut être utilisée à tout moment pour effectuer des échanges ;
• elle ne présente pas de risque de perte en capital, mais l’inflation lui fait perdre de la valeur.



II. LES FORMES DE LA MONNAIE
A. Les premières formes de la monnaie
1. La monnaie marchandise
Historiquement, les premières monnaies sont constituées par des marchandises de forte valeur
(bétail, barres de sel, peaux, coquillages…).

2. La monnaie métallique
Rapidement, la monnaie métallique (or et argent) s’est imposée par ses qualités physiques (forte
valeur, divisibilité aisée…). Elle est composée de pièces dont la valeur nominale correspond à la
valeur du métal.

B. Les formes actuelles de la monnaie
1. La monnaie divisionnaire

Thème 1 – Les fonctions et les formes de la monnaie                                               1
Elle est composée de pièces de faible valeur nominale. Les premières pièces en euros sont
apparues en janvier 2002.

2. La monnaie fiduciaire
Elle correspond aux billets, émis par les banques centrales, dont la valeur réelle est liée à la
confiance de ses détenteurs dans le système économique. À partir de 2002, les billets en euros
sont émis à l’initiative de la Banque centrale européenne et fabriqués par la Banque de France.

3. La monnaie scripturale
Il s’agit d’une monnaie créée par simple jeu d’écriture correspondant aux dépôts à vue auprès des
banques, caisses d’épargne ou centres de chèques postaux.
La monnaie scripturale représente la majeure partie (87 %) de la monnaie en circulation.

C. Des échanges à monnaie locale fictive : les systèmes d’échange local
(SEL)
Les SEL sont des associations qui pratiquent le troc de services (petites réparations, cours…) ou
de biens en recourant à une monnaie de compte fictive (60 unités équivalent à une heure de
travail réalisé). Il s’agit surtout d’une forme d’entraide non monétarisée.



III. LES INSTRUMENTS DE PAIEMENT
Il ne faut pas confondre la monnaie scripturale (écriture sur un compte) avec les moyens de
paiement qui permettent d’utiliser cette monnaie et d’effectuer des opérations de compte à
compte.
Les principaux moyens de paiement mis au service des clients par les banques sont les suivants :
• chèques ;
• virements ;
• avis de prélèvement ;
• titres interbancaires de paiement ;
• cartes de paiement.
L’usage des cartes de paiement progresse fortement en termes de nombre d’opérations. Elles
constituent aujourd’hui le principal moyen de paiement au détriment du chèque dont la part
régresse. En valeur, les virements constituent le principal instrument de paiement.
La monnaie électronique reste encore très marginale dans les échanges. Elle est représentée par
deux moyens de paiement :
• le porte-monnaie électronique, carte à puce pouvant être chargée d’un certain montant et qui
devrait se substituer en partie à la monnaie divisionnaire ;
• le porte-monnaie virtuel, dont les unités sont stockées sur le disque dur d’un ordinateur et qui
peut          être        utilisé      pour         les        paiements       sur       Internet.




Thème 1 – Les fonctions et les formes de la monnaie                                             2
                                   THÈME 2
                            LA CRÉATION MONÉTAIRE

I. LA MASSE MONÉTAIRE
La quantité de monnaie en circulation est mesurée par l’intermédiaire « d’agrégats monétaires »
qui fournissent des indications sur les moyens de dépense des agents économiques. En effet, plus
ceux-ci disposent de monnaie, et plus ils ont des capacités de dépense.
Ces agrégats constituent donc des indicateurs que les autorités monétaires suivent avec beaucoup
d’attention en fonction de leurs objectifs de politique économique.
Les autorités monétaires européennes ont défini trois agrégats : M1, M2 et M3.
M1 représente la monnaie au sens étroit, celle qui sert de moyen de paiement : la monnaie
fiduciaire (18,5 % de M1) et la monnaie scripturale (81,5 % de M1).



II. LA CRÉATION MONÉTAIRE
A. L’émission de billets
Partout dans le monde, les banques centrales disposent du monopole de l’émission des billets et,
plus généralement, de la monnaie centrale. Au sein de la zone euro, la Banque centrale
européenne est la seule institution à autoriser l’émission de billets. Dans la réalité, ce sont ensuite
les banques centrales de la zone euro qui se répartissent la fabrication et qui mettent les billets en
circulation.
Les pièces sont émises par le Trésor.

B. La création de la monnaie scripturale
L’essentiel de la création de monnaie est opéré par les banques.

1. Les crédits font les dépôts
Dans la très grande majorité des cas, les crédits ne sont pas accordés par les banques à partir de
dépôts préexistants mais par une simple écriture au crédit du compte du client. Il y a ainsi
création monétaire jusqu’au moment du remboursement du prêt qui aboutit, à l’inverse, à une
destruction monétaire.

2. Les fuites limitent la création monétaire
Les banques n’ont toutefois pas un pouvoir de création monétaire illimité dans la mesure où il se
produit deux formes de fuite, c’est-à-dire de sortie de monnaie de leur propre système :
• d’une part, les détenteurs de crédits vont en convertir un certain pourcentage en billets (monnaie
banque centrale). Les banques doivent être en permanence en mesure de faire face aux retraits au
guichet ;
• d’autre part, ces mêmes détenteurs, en effectuant des paiements, vont verser des chèques de leur
banque à une autre banque. Chaque banque reçoit donc une multitude de chèques des autres


Thème 2 – La création monétaire                                                                      3
banques. En fin de journée, une « compensation » (échanges des chèques) permet de dresser la
situation de chaque banque par rapport aux autres. Une banque qui aurait émis plus de chèques
qu’une autre, c’est-à-dire qui aurait créé plus de monnaie, se retrouve donc en déficit et doit se
procurer les liquidités correspondantes.

3. Le « refinancement bancaire »
Pour se procurer les liquidités nécessaires, la banque peut s’adresser soit à d’autres banques en
excédent (sur le marché interbancaire), soit à la banque centrale – autrement dit, elle se
« refinance » auprès de la banque centrale. Ce refinancement a un coût, représenté par le taux
directeur fixé par la Banque centrale européenne.



III. LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE ET LE CONTROLE DE LA
MASSE MONÉTAIRE
A. La Banque centrale européenne, le Système européen de banques centrales
et l’Eurosystème
Avec la mise en place de la zone euro en janvier 1999, les banques centrales ont transféré leurs
compétences en matière monétaire à la BCE. Ses instances dirigeantes définissent les grandes
orientations de la politique monétaire et prennent les décisions nécessaires à leur mise en œuvre.
Le Système européen de banques centrales (SEBC) comprend la BCE et les banques centrales
nationales (BCN) de l’ensemble des États membres de l’Union européenne, qu’ils participent ou
non à la zone euro. Les BCN non membres de la zone euro conservent cependant une politique
monétaire autonome et ne participent pas aux décisions prises.
L’Eurosystème regroupe la BCE et les BCN des pays de la zone euro.
L’objectif de la BCE et de l’Eurosystème est le maintien de la stabilité des prix fixée à un taux
d’inflation limité à 2 %.
La Banque de France, en tant que composante de l’Eurosystème, est chargée de la mise en œuvre,
en France, de la politique monétaire définie par la BCE.

B. Le contrôle de la masse monétaire
1. La relation entre l’activité économique et la masse monétaire
Le volume de la masse monétaire en circulation dans l’économie peut avoir deux conséquences
opposées en fonction de son adéquation avec le niveau de la production : émise en quantité
insuffisante, la monnaie constitue un frein à l’activité ; émise en quantité trop importante, elle est
source d’inflation.
2. Les banques centrales contrôlent la masse monétaire
Les banques centrales se donnent donc pour objectif de réguler la masse monétaire.
L’instrument utilisé par la BCE pour limiter la création monétaire est le taux d’intérêt directeur
qui servira de base à la fixation des taux d’intérêt pratiqués par les banques envers leurs clients.




Thème 2 – La création monétaire                                                                     4
                                 THEME 3
                       LES CIRCUITS DE FINANCEMENT

I. LE FINANCEMENT DE L’ECONOMIE
A. Capacité et besoin de financement
L’épargne dégagée par les agents économiques leur sert en premier lieu à effectuer des dépenses
d’investissement (FBCF). Certains agents ont cependant des besoins inférieurs à leur épargne, ils
dégagent alors une capacité de financement qui peut être mis à disposition des autres agents dont
les besoins sont plus importants et qui ont un besoin de financement.
Les ménages, dans leur ensemble, dégagent une capacité de financement importante qui s’est
toutefois réduite au cours des dernières années.
À l’inverse, les entreprises qui disposent d’une capacité d’autofinancement insuffisante et surtout
les administrations publiques, du fait d’un déficit budgétaire important, ont un besoin de
financement.

B. Financement direct et financement indirect
1. Le financement direct ou désintermédié
Il met en relation les demandeurs et les offreurs de financement qui se rencontrent sur le marché
des capitaux pour échanger de la monnaie contre des titres. Les intermédiaires financiers qui
peuvent intervenir dans la passation des ordres ne jouent aucun rôle dans la collecte de l’épargne.
Le marché des capitaux comprend le marché monétaire pour les titres de courte et moyenne
durées et le marché financier pour les titres de longue durée.

2. Le financement indirect ou intermédié
Il correspond à une situation où les institutions financières collectent des ressources auprès de
certains agents économiques pour consentir des crédits à ceux qui ont des besoins de
financement.



II. LE FINANCEMENT DIRECT OU DESINTERMEDIE
A. Les titres émis et échangés
Deux grandes catégories de titres sont émis et échangés sur le marché financier : les actions et les
obligations.
• Les actions sont des titres, émis par des sociétés anonymes, représentatifs de la propriété d’une
partie du capital de l’entreprise. Elles permettent de percevoir des dividendes, revenus variables
car fonction des bénéfices réalisés par l’entreprise, et de participer et voter aux assemblées
générales.
• Les obligations sont des titres de créance représentatifs d’un emprunt réalisé par une entreprise,
une banque ou l’État. Elles donnent droit à un intérêt, fixé à l’émission et généralement fixe. Les


Thème 3 – Les circuits de financement                                                             5
obligations sont remboursées à l’échéance à leur valeur d’émission, mais peuvent être échangées
à tout moment sur le marché financier.

B. Le marché financier ou la Bourse des valeurs
1. L’organisation de la Bourse
Le marché financier est le lieu sur lequel sont émises et échangées les valeurs mobilières, actions
et obligations. Ces échanges ne se réalisent plus sur un espace physique, mais sont gérés
électroniquement à partir des ordres passés par les intermédiaires financiers.
Depuis le 1er janvier 2005, les sociétés cotées ne se répartissent plus en un « Premier marché »,
« Second marché » et « Nouveau marché » mais sont regroupées en un seul marché réglementé :
l’Eurolist.
Euronext, qui regroupe quelques bourses européennes dont celle de Paris, se classe au 5e rang
mondial des places boursières (en termes de capitalisation) loin cependant de la Bourse de New
York.

2. Marché primaire et marché secondaire
Le marché primaire est celui sur lequel les titres sont émis et achetés à leur valeur d’émission.
C’est ce marché qui procure des sources de financement nouvelles aux agents économiques.
Le marché secondaire est celui sur lequel les titres peuvent ensuite être échangés à un cours
déterminé par l’offre et la demande.



III. LE FINANCEMENT INDIRECT OU INTERMEDIE
A. Les différentes formes de crédit
On distingue classiquement :
• le crédit à court terme : c’est un crédit inférieur à 2 ans qui correspond à des besoins de
trésorerie liés à l’exploitation de l’entreprise ou à la vie courante des ménages (crédit à la
consommation). Les formes sont diverses : avances en compte (facilité de caisse, comptes
débiteurs), escomptes d’effets de commerce, crédits de campagne… ;
• les crédits à moyen et long terme : ce sont des crédits de 2 à 5 ans pour les premiers, supérieurs
à 5 ans pour les seconds. Ils sont destinés à financer les investissements nécessaires à la
croissance des entreprises (crédits à l’équipement) et les acquisitions de logement pour les
ménages (crédits à l’habitat). La durée du crédit doit être égale ou inférieure à la durée
d’amortissement de l’équipement. Ce sont en effet les recettes nettes réalisées qui vont permettre
le remboursement de l’emprunt.
Aujourd’hui, près de 40 % des crédits sont destinés à l’habitat.

B. Les évolutions du système bancaire
Le système bancaire français s’est profondément transformé par un double mouvement
d’internationalisation et de concentration. Il en est résulté, avec l’accentuation de la concurrence,



Thème 3 – Les circuits de financement                                                              6
une diminution importante du nombre d’établissements qui est passé de 1 573 en 1994 à 880 en
2004.
Globalement, depuis le début des années 80, la part des crédits dans le financement de
l’économie s’est considérablement réduite au profit d’un financement par le marché. Le taux
d’intermédiation qui mesure la part du crédit dans le financement total de l’économie
(crédits/financements totaux) est ainsi passé de 71 % en 1978 à 39,1 en 2003, ce qui correspond à
ce         que       l’on         appelle        une       « désintermédiation         bancaire ».




Thème 3 – Les circuits de financement                                                           7
                               THEME 4
                     LES ECHANGES INTERNATIONAUX

I. LA NATURE ET LA MESURE DES ECHANGES
A. Les échanges de biens et leur mesure
1. La balance commerciale
Elle retrace uniquement les échanges de marchandises.
• Les importations correspondent aux produits achetés à l’étranger. Elles sont comptabilisées
CAF, c’est-à-dire en prenant en compte les coûts d’assurance et de fret jusqu’à la frontière
nationale.
• Les exportations correspondent aux produits achetés par l’étranger. Elles sont comptabilisées
FAB, c’est-à-dire « franco à bord », en excluant les frais d’assurance et de transport au-delà de la
frontière du pays exportateur.
En France, la balance commerciale, qui était en excédent pendant les années 1995-2000, connaît
actuellement un déficit croissant, causé notamment par le renchérissement des produits
énergétiques (gaz, pétrole).

2. Le taux de couverture
C’est le rapport de la valeur des exportations divisées par la valeur des importations d’une
catégorie de produits ou de l’ensemble = (E/I) x 100.
Il exprime le poids d’un excédent quand il est > 100 (cas de l’automobile, de l’agriculture, des
produits agroalimentaires et des biens d’équipement) et d’un déficit quand il est < 100 (cas de
l’énergie et des biens de consommation).

B. Les échanges « courants » et leur mesure
La balance des transactions courantes enregistre les échanges de biens (elle intègre la balance
commerciale), de services, des revenus et les transferts courants.
En France, elle se caractérise par un excédent important des services (en particulier les voyages)
et des revenus et par un déficit des transferts (aides gouvernementales notamment).
Un solde négatif exprime un besoin de financement de la nation par rapport au reste du monde.

C. Les Investissements directs à l’étranger (IDE)
Les Investissements directs à l’étranger correspondent aux opérations de fusions, de création ou
d’extension de filiales opérées par des entreprises françaises à l’étranger ou par des entreprises
étrangères en France.

D. Les flux migratoires
Les flux migratoires ont une double origine : politique et économique. Dans le premier cas, le
mouvement des individus est provoqué par une opposition à un régime en place ou par un conflit.
Les flux les plus importants sont toutefois d’origine économique et concernent des travailleurs


Thème 4 – Les échanges internationaux                                                             8
qui n’ont pas la possibilité de trouver un emploi dans leur pays d’origine pour cause de sous-
développement et de faiblesse de la croissance.
Les grandes zones de mobilité sont l’Afrique, l’Amérique centrale et du Sud et l’Asie. Les pôles
d’attraction correspondent aux pays développés : Amérique du Nord et Europe occidentale.
Il faut également souligner les « mouvements de fuite des cerveaux » (brain-drain).



II. L’EVOLUTION DES ECHANGES INTERNATIONAUX
A. L’évolution du commerce mondial
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le commerce mondial a crû de manière
considérable et plus rapidement que le PIB mondial. Cette évolution traduit une plus grande
ouverture des économies nationales et donc une interdépendance accrue.

1. L’évolution des échanges par produit
La croissance du commerce mondial a cependant été variable selon les produits :
• la part des produits agricoles régresse régulièrement et ne représente plus que 9 % des échanges
mondiaux ;
• la part des produits des industries extractives, entre 10 et 13 %, varie en fonction du cours des
matières premières et du dollar ;
•les produits manufacturés représentent l’essentiel des échanges mondiaux (74 %). Les machines
et le matériel de transport constituent les secteurs les plus dynamiques ;
• les services représentent environ 25 % des échanges de marchandises et croissent actuellement à
un rythme équivalent. L’évolution est cependant très différente selon la catégorie de services. Les
services informatiques, les services financiers, les assurances, par exemple, progressent très
rapidement.

2. L’évolution par zone géographique
La géographie des échanges internationaux est marquée par une forte polarisation entre 3 groupes
de pays appelés communément « la Triade ». Ces trois groupes (Amérique du Nord, Europe
occidentale et Asie) concentrent plus de 70 % du commerce mondial.

B. Les IDE et le rôle des firmes multinationales
1. Les flux d’IDE
Ils proviennent à 92 % des pays développés et s’orientent pour 65 % vers les pays développés
(contre 82 % en 1990). Les pays d’Asie de l’Est et du sud-Est ainsi que la Chine sont devenus des
pays d’accueil importants.

2. Les firmes multinationales et le commerce mondial
Les firmes multinationales sont les acteurs principaux de ces investissements directs à l’étranger.
Leurs motivations sont très diverses (présence sur un marché, réduction des coûts de transport,
accès à des ressources en matière première ou en travail – qui explique notamment les



Thème 4 – Les échanges internationaux                                                            9
délocalisations…). Elles renforcent la division internationale du travail et les spécialisations des
économies. Les firmes multinationales jouent en conséquence un rôle important dans le
commerce mondial par les échanges qu’elles provoquent et les nouveaux flux qu’elles génèrent
(flux                                                                                  intragroupe).




Thème 4 – Les échanges internationaux                                                            10
                              THEME 5
                  MONDIALISATION ET LIBRE-ÉCHANGE

I. LA MONDIALISATION
A. Un phénomène ancien mais d’une nouvelle ampleur
La mondialisation est un phénomène ancien et continu qui correspond à la volonté expansionniste
des civilisations. Le terme est pourtant récent ; il exprime la diffusion des mécanismes du marché
à l’ensemble de l’économie mondiale. Ces mécanismes concernent :
• les échanges internationaux de biens et services avec la tendance à la « triadisation » qui
exprime la polarisation des flux entre l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale et l’Asie ;
• les flux internationaux de capitaux, notamment les investissements directs réalisés par les firmes
multinationales ;
• les mouvements migratoires générés par la recherche d’un emploi dans les zones développées ;
• la diffusion des connaissances et de la technologie, accélérée par les nouvelles technologies de
l’information et de la communication.
Tous ces échanges ont progressé à un rythme particulièrement rapide au cours de la seconde
moitié du XXe siècle.

B. Un phénomène qui accroît les interdépendances
Il découle de la mondialisation une interdépendance plus ou moins ressentie des économies
nationales en fonction de leur degré d’ouverture et de leur puissance économique. L’exemple de
la libéralisation des échanges mondiaux de textile illustre parfaitement ces risques de
déséquilibre.
La mondialisation tend à imposer une uniformisation des modes de production et de
consommation qui pèse sur les pays en développement par les contraintes de normes techniques
et sanitaires à respecter. De nombreux producteurs locaux peuvent alors être exclus du marché et
disparaître.



II. LE LIBRE-ECHANGE
Le libre-échange a pour objectif la suppression de toute entrave au commerce international.

A. Les arguments en faveur du libre-échange
L’ouverture du marché mondial a été très favorable au développement économique de certains
pays comme la Corée, la Chine ou le Brésil. Pour ces pays, la croissance des exportations est un
accélérateur puissant de la croissance économique qui s’accompagne de progrès sociaux
importants.
Les arguments les plus fréquemment retenus sont de deux natures :




Thème 5 – Mondialisation et libre-échange                                                        11
• l’accroissement de l’efficacité économique : le libre-échange conduit à la division internationale
du travail et à la spécialisation de chaque pays dans les productions pour lesquelles il est le plus
efficace. En passant d’un marché national à un marché mondial, les entreprises élargissent leurs
débouchés et peuvent produire à une plus grande échelle. Il en résulte une amélioration de la
productivité, une réduction des coûts et des prix ;
• l’amélioration du bien-être : les gains réalisés améliorent en conséquence le bien-être de chaque
nation. La réduction des prix bénéficie aux consommateurs.

B. Les limites
L’ouverture de l’économie n’est pas une condition suffisante au développement économique. Il
est nécessaire qu’un environnement juridique (respect des règles et des contrats), économique
(infrastructures), social (niveau d’éducation) et institutionnel (existence de l’État) soit mis en
place pour profiter des opportunités de la mondialisation.



III. LE PROTECTIONNISME
Le protectionnisme est une politique qui vise à protéger l’économie nationale de la concurrence
extérieure.

A. Les arguments en faveur du protectionnisme
Les principales économies aujourd’hui développées ont construit leur puissance sur la mise en
œuvre de pratiques protectionnistes. Deux thèses sont généralement avancées :
• le protectionnisme éducateur : c’est en observant la politique des États-Unis au début du
XIXe siècle que F. List propose sa thèse de la protection des « industries dans l’enfance ». Il
s’agit de protéger les industries naissantes qui n’ont pas la compétitivité nécessaire pour affronter
la concurrence internationale ;
• le protectionnisme défensif : mis en place par des économies développées, il doit permettre de
reconvertir certains secteurs d’activités vieillissants.

B. Les instruments protectionnistes
Il existe deux grandes catégories d’instruments :

1. Les barrières tarifaires
Composées des droits de douane, elles visent à renchérir le prix du produit importé pour pénaliser
son achat et pour que le produit national reste compétitif.

2. Les barrières non tarifaires
Elles comportent de nombreux instruments :
• les contingentements ou quotas qui sont des limitations quantitatives aux importations. Ils
prennent le nom de « restrictions volontaires aux exportations – RVE » quand les quotas sont
négociés par les pays importateurs et exportateurs ;



Thème 5 – Mondialisation et libre-échange                                                         12
• les normes sanitaires, environnementales, techniques ou sociales, qui peuvent être justifiées, et
ont souvent pour conséquence un renchérissement du coût de production et donc une perte de
compétitivité ;
• les subventions à l’exportation versées par l’État pour avantager une industrie.




Thème 5 – Mondialisation et libre-échange                                                       13
                           THEME 6
            L’ORGANISATION MONDIALE DES ECHANGES

I. L’ORGANISATION DES ECHANGES INTERNATIONAUX
A. Le rôle de l’OMC
Depuis 1995, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a remplacé le GATT créé en 1948
pour réduire les obstacles protectionnistes entre les pays. Avec l’OMC, qui regroupe aujourd’hui
151 pays, les États ont créé un cadre permanent chargé de définir les règles du commerce
international et de veiller à leur application.

1. Les objectifs poursuivis
Son but est de favoriser la coopération internationale et la libéralisation des échanges en
contrôlant les droits de douane et en réglant les litiges commerciaux entre les pays signataires.
Elle assure la continuité des négociations pour poursuivre la libéralisation des échanges, en
particulier dans les services.

2. Les principes appliqués
Trois principes guident l’action de l’OMC :
• non-discrimination entre les pays (traitement identique, réciprocité dans les concessions…) ;
• concurrence loyale (interdiction du dumping, des quotas, surveillance des subventions
publiques…) ;
• élimination progressive des barrières tarifaires et non tarifaires.

B. Le fonctionnement de l’OMC
Pour exercer ses fonctions, l’OMC dispose d’une structure administrative permanente dotée
d’une capacité de sanction en cas de non-application des principes. Elle poursuit en outre les
négociations entre les pays membres pour réduire les obstacles aux échanges.

1. Les organes de l’OMC
L’OMC présente une stabilité institutionnelle grâce à sa structure administrative permanente qui
comporte trois organes :
• la conférence ministérielle qui réunit les membres de l’OMC au moins tous les deux ans et qui
définit la politique générale ;
• le conseil général : c’est un organe permanent qui exécute les décisions prises en conférence
ministérielle et qui anime les négociations ;
• l’organe de règlement des différends : il est composé de groupes spéciaux qui examinent les
litiges et rédigent des rapports, il est aussi chargé de la surveillance de la mise en œuvre des
sanctions et peut autoriser les pays à prendre des mesures de rétorsion.

2. Les négociations
Les États participants se rencontrent périodiquement au sein des rounds, c’est-à-dire des cycles
de négociations multilatérales dont le but est d’aboutir à un accord entre les pays membres.


Thème 6 – L’organisation mondiale des échanges                                                14
Les interventions de l’OMC ne concernent plus seulement les marchandises, mais aussi les
services et les droits de propriété intellectuelle. Les enjeux sont immenses, les divergences
d’intérêt entre les pays membres aussi et les négociations ont parfois du mal à aboutir. Les
dossiers en cours portent essentiellement sur l’ouverture des marchés agricoles et sur une plus
grande libéralisation des services (éducation, environnement…).



II. LA REGIONALISATION DE L’ECONOMIE MONDIALE
A. Les accords régionaux
Des accords régionaux signés par quelques pays viennent se superposer aux négociations
multilatérales de l’OMC. Ces accords, de formes variées, prennent un grand développement.

1. Fondement
Des pays géographiquement proches se regroupent sur le plan commercial pour faciliter les
échanges et profiter de leurs liens privilégiés.
La libre circulation des biens, des services et des capitaux se construit donc aussi au niveau
régional.

2. Les différentes formes d’intégration
• Les zones de libre-échange : suppression des obstacles à l’intérieur de la zone, mais chaque
pays conserve ses propres tarifs douaniers vis-à-vis de l’extérieur. C’est le cas par exemple de
l’accord de libre-échange nord-américain (Alena).
• Les Unions douanières : ce sont des zones de libre-échange complétées par un tarif extérieur
commun. C’est le cas par exemple du marché commun du sud de l’Amérique (Mercosur).
• L’Union économique : c’est le cas de l’Union européenne qui dispose, en outre, de politiques
communes et d’une union monétaire, c’est l’exemple le plus abouti d’intégration régionale (voir
thèmes 7 et 8).
On peut estimer que les unions régionales, comme l’Union européenne, construisent à la fois du
libre-échange à l’intérieur de la zone et du protectionnisme envers les pays en dehors de la zone.

B. Les effets du régionalisme
Les accords régionaux limitent l’ouverture des échanges à quelques pays signataires, ce qui est
contraire aux principes de l’OMC.
Cependant, si certains considèrent qu’ils renforcent les pratiques protectionnistes, d’autres
pensent qu’ils préparent des accords multilatéraux ultérieurs en permettant à un groupe restreint
une ouverture aux échanges qui serait trop risquée dans un cadre plus large.
Ce serait en fait une préparation à une libéralisation plus large, ce qui expliquerait la tolérance
actuelle      de       l’OMC        envers        la      plupart       de      ces        accords.




Thème 6 – L’organisation mondiale des échanges                                                  15
                               THEME 7
                     LA CONSTRUCTION EUROPEENNE

I. LES ETAPES DE LA CONSTRUCTION EUROPEENNE
A. De 6 à 27… et plus
Initialement composée de 6 pays, l’Union exerce un fort pouvoir d’attraction.
Les États membres :
• 1957 : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas ;
• 1973 : Danemark, Grande-Bretagne, Irlande ;
• 1981 : Grèce ;
• 1986 : Espagne, Portugal ;
• 1995 : Autriche, Finlande, Suède ;
• 2004 : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Tchéquie, Slovaquie,
Slovénie ;
• 2007 : Bulgarie, Roumanie.
Pays candidats : Croatie, Turquie, Ancienne République Yougoslave de Macédoine (Arym).
Les appellations :
• Communauté économique européenne (CEE) en 1957 ;
• Union européenne (UE) en 1992 : ce terme intègre à la fois l’Union économique et monétaire et
les politiques communes.

B. Du marché commun au Marché unique et à l’élargissement
La construction de l’UE s’est faite progressivement autour de l’idée de marché. Elle aboutit à un
dispositif d’intégration régionale le plus ambitieux au monde.

1. Le traité de Rome – 1957
Il instaure un marché commun entre les 6 pays fondateurs. Ce marché repose sur une union
douanière (liberté de circulation des marchandises, des services, des capitaux et des hommes) et
un tarif extérieur commun (mêmes droits de douane vis-à-vis des pays extérieurs à l’union).
Il organise des politiques communes et met en place les institutions communautaires
(Commission, Conseil des ministres, Parlement européen et Cour de justice).
Cependant les marchés publics restent réservés aux entreprises nationales et les normes sont
différentes d’un pays à l’autre.

2. L’Acte unique européen – 1986
Il relance la création d’un véritable Marché unique en supprimant les obstacles au principe de
libre circulation (suppression des douanes, libre circulation des capitaux, fin des monopoles
nationaux avec la déréglementation des marchés de services publics…), et en harmonisant les
législations nationales.
Cependant l’Europe sociale et fiscale n’est toujours pas réalisée.


Thème 7 – La construction européenne                                                          16
3. Les accords de Maastricht – 1992
Ils aboutissent à mettre en place une Union économique et monétaire (UEM) en instaurant une
monnaie unique. La notion de citoyenneté européenne apparaît avec le projet d’Union politique
qui engage une coopération des différents gouvernements dans des domaines comme la politique
étrangère, la justice, la police ou la défense.

4. Le traité d’Amsterdam – 1997
Il renforce les politiques de l’Union ainsi que la place de celle-ci sur la scène internationale. Il
adopte un pacte de stabilité et de croissance et donne des compétences nouvelles au parlement qui
est désormais élu au suffrage universel direct.

5. L’élargissement de l’Union – 2004
En s’étendant à de nouveaux pays, le Marché unique nécessite une adaptation des institutions. Le
Conseil européen a adopté en 2004 un projet de Constitution européenne. Cependant, le
processus de ratification de celui-ci par les États membres semble pour l’instant compromis.



II. LA PLACE DE L’UNION EUROPEENNE DANS LE MONDE
A. La démographie de l’UE
Malgré une population de 450 millions de personnes, l’Union européenne doit faire face à un
vieillissement démographique.

1. Les indicateurs démographiques de l’UE
La population de l’UE est plus importante que celle des États-Unis ou du Japon, mais elle
représente une part décroissante de la population mondiale (11,4 % en 1950 et 6,2 en 2000). Le
taux de fécondité est insuffisant, moins de 1,7 enfant par femme. La reprise des politiques
d’immigration pourrait compenser cette faiblesse.

2. Le vieillissement de la population
Le nombre de personnes âgées augmente, 20 % de la population européenne a plus de 65 ans. Ce
déclin démographique a des conséquences importantes, en particulier sur les dépenses publiques
(protection sociale) et la productivité du travail (risque d’une population active insuffisante dans
certains secteurs).

B. Les performances de l’UE
Grâce à son grand marché intérieur, l’UE constitue une grande puissance économique, mais elle
présente cependant des niveaux de développement très inégaux.

1. Les performances économiques
L’UE est la 2e puissance économique mondiale derrière les États-Unis et le Japon, mais son PIB
par habitant reste largement inférieur à celui de ces pays (environ – 30 % par rapport aux États-
Unis). L’UE est un ensemble économique très hétérogène avec des inégalités de développement
entre États et des déséquilibres régionaux importants. Malgré une stabilité des prix, la croissance


Thème 7 – La construction européenne                                                             17
reste faible et les résultats sont très décevants en matière d’emploi. L’UE accuse un retard
important par rapport aux États-Unis en matière de recherche et développement.

2. Les performances commerciales
L’UE est la première puissance commerciale avec 45 % des exportations mondiales. Mais la
majeure partie des échanges de l’Union est réalisée intrazone. L’UE est très spécialisée
(agroalimentaire, aéronautique…) et le solde de ses transactions courantes est équilibré.
Cependant, on remarque une diminution de la part des exportations de certains produits à haute
valeur ajoutée (biotechnologies, technologies de l’information…) et des activités traditionnelles
délocalisées                                                                             (textile).




Thème 7 – La construction européenne                                                            18
                           THEME 8
            LES REALISATIONS DE L’UNION EUROPEENNE

I. UN GRAND MARCHE EUROPEEN
A. Le Marché unique
Effectif depuis 1993, mais prévu dans l’Acte unique européen de 1986, le Marché unique défini
comme « un espace sans frontière intérieure » a pour but de mieux intégrer les entreprises
européennes dans la compétition mondiale.

1. Principes
• Libre circulation des produits : suppression des formalités et des contrôles douaniers ;
harmonisation des normes avec le principe de reconnaissance mutuelle ; ouverture des marchés
publics à tous les fournisseurs européens ; suppression à terme des frontières fiscales avec
uniformisation des fiscalités. Cependant, le régime transitoire est encore en vigueur et les
fiscalités non harmonisées à ce jour.
• Libre circulation des services : liberté d’établissement qui permet à une entreprise de l’UE de
proposer des services aux conditions du pays d’accueil ; liberté des prestations qui permet à une
entreprise de l’UE de proposer des services en demeurant assujettie à la réglementation de son
pays d’origine.
• Libre circulation des personnes : liberté de circulation des travailleurs.
• Libre circulation des capitaux : liberté de transférer des capitaux entre les États.

2. Conséquences
• Création d’un marché de 450 millions de consommateurs : accélération du processus de
concentration des entreprises avec un effet de taille et des économies d’échelle, développement
de l’innovation pour répondre à la concurrence, mouvement de délocalisation…
• Remise en cause des services publics.
• Hétérogénéité des rémunérations, de la protection sociale et du droit du travail (crainte de
dumping social).
• Écarts de développement importants entre les pays et entre les régions.

B. La monnaie unique
Associer une monnaie unique au Marché unique constitue une réponse à la mondialisation en
améliorant la concurrence.

1. Les étapes
Monnaie unique depuis 2002, l’euro a nécessité plusieurs conditions :
• libre circulation des capitaux ;
• création d’une Banque centrale européenne (BCE) ;
• respect par les pays de la zone euro des critères de convergence (maîtrise de l’inflation, de la
dette publique et du déficit budgétaire, stabilité de la monnaie et baisse des taux d’intérêt) ;



Thème 8 – Les réalisations de l’Union européenne                                               19
• adoption du Pacte de stabilité et de croissance qui contraint les pays membres à limiter leurs
déficits publics à 3 % du PIB sous peine de sanctions financières.
La zone euro concerne 15 pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Espagne, Finlande,
France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Slovénie.

2. Les effets
La monnaie unique a des conséquences macro et microéconomiques importantes :
• disparition du risque de change et des coûts de transaction ;
• diminution des mouvements spéculatifs ;
• développement des échanges intra zone ;
• concurrence accrue et comparaisons plus faciles qui entraînent un mouvement de baisse des prix
et de réduction des marges.
Des difficultés subsistent. Les États membres ont du mal à respecter le pacte de stabilité et de
croissance et reprochent son intransigeance à la BCE. Les écarts de prix restent importants en
raison des régimes fiscaux non harmonisés.



II. DES POLITIQUES COMMUNES
A. La Politique agricole commune (la PAC)
Première grande politique commune, mise en œuvre en 1962 pour réduire la dépendance
alimentaire de l’Union, la PAC fait aujourd’hui l’objet de réformes.

1. Principes
La PAC repose sur trois principes :
• libre circulation des produits agricoles entre les pays membres ;
• préférence communautaire : priorité aux produits communautaires, soutien des exportations par
des subventions si les prix européens dépassent les prix mondiaux ;
• assurance d’un revenu minimum aux agriculteurs grâce à des prix communs.

2. Résultats
La PAC a permis une modernisation de l’agriculture et place l’UE au 2e rang mondial de
l’agroalimentaire après les États-Unis. Cependant les dépenses pèsent sur le budget européen et
les reproches se multiplient : course aux rendements, surproduction, excédents importants,
endettement des agriculteurs, nuisances à l’environnement, disparités régionales toujours fortes et
concurrence déloyale envers les PED. Depuis 1992, elle est remise en cause.

B. Les autres politiques communes
Elles sont nombreuses et portent sur des domaines spécifiques. Leur objectif est toujours de faire
prévaloir l’intérêt communautaire sur les intérêts nationaux.




Thème 8 – Les réalisations de l’Union européenne                                                20
1. La politique industrielle
La politique industrielle comporte plusieurs points : restructuration des industries anciennes, aide
aux industries de pointe, orientation de la spécialisation des firmes, action sur l’environnement
des entreprises…

2. La politique de la concurrence
Il s’agit de contrôler les ententes entre entreprises, les abus de position dominante, les
mouvements de concentration et les aides publiques versées par les États.

3. La politique régionale
Son rôle est de redistribuer des fonds pour aider au développement des régions les moins
favorisées.




Thème 8 – Les réalisations de l’Union européenne                                                 21
                               THEME 9
                     CROISSANCE ET DEVELOPPEMENT

I. LES NOTIONS DE CROISSANCE ET DE DEVELOPPEMENT
A. Des concepts distincts
Développement et croissance sont des notions bien distinctes. Le développement économique
inclut la croissance, mais ne se réduit pas seulement à celle-ci.
• La croissance est l’augmentation soutenue, pendant une période longue, de la production d’un
pays. Généralement on retient le PIB comme indicateur de croissance.
• Le développement est l’ensemble des changements mentaux et sociaux d’une population qui la
rende apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global. Il s’agit donc
avant tout d’un phénomène qualitatif, d’un processus de changement.

B. Les indicateurs de croissance et de développement
Plusieurs indicateurs permettent de mesurer ces phénomènes.

1. Une mesure quantitative : le PIB
Le PIB estime la valeur en unités monétaires de la quantité nouvelle de richesses produite par les
agents économiques à l’intérieur d’un pays pendant un an. Il permet d’apprécier le niveau de vie
(rapport PIB/nombre d’habitants), il sert de base de calcul au taux de croissance des économies
(évolution en % du PIB) et permet de comparer les pays entre eux. Malgré toutes ses
imperfections (absence de prise en compte du secteur informel, difficultés des comparaisons
internationales…), cet agrégat demeure indispensable à tout diagnostic économique.

2. Une mesure qualitative : l’IDH – l’IPH
L’indicateur de développement humain (IDH) est un indicateur complexe élaboré par le PNUD
en 1990 pour situer les pays dans une échelle de développement humain. Il comprend un
indicateur économique, le PIB par habitant, mais aussi des indicateurs sociaux. Le PNUD utilise
aussi l’indicateur de pauvreté humaine (IPH) qui mesure les déficits élémentaires (faible
longévité, pourcentage d’analphabètes non-accès aux ressources de base). Ces indicateurs
permettent de déterminer la place respective de chaque pays dans la production mondiale. Ils ont
aussi des implications concrètes, comme le refus ou l’octroi de tel ou tel type d’aide ou de crédits.



II. LES CONSEQUENCES DE LA CROISSANCE ET DU DEVELOPPEMENT
A. Les transformations économiques
La croissance s’accompagne de changements et de transformations importantes des structures
productives.

1. L’évolution de la population active



Thème 9 – Croissance et développement                                                             22
L’accroissement de la productivité agricole se traduit par une baisse du secteur primaire dans
l’économie nationale. Certaines branches régressent (textile) tandis que d’autres ont une
progression très rapide (informatique). La répartition de la population active par secteur donne
lieu à une tertiarisation de l’économie. Il y a un mouvement de salarisation et de féminisation des
emplois.

2. L’évolution du mode de vie
La croissance s’est traduite par une forte hausse du niveau de vie dans la plupart des régions du
monde. On assiste à une progression du pouvoir d’achat et à une consommation plus importante
et plus diversifiée. La structure de la consommation s’est transformée : les dépenses de loisirs, de
transport et de santé augmentent plus vite que les autres. Les consommations collectives
progressent.

3. Les modifications de la concurrence
La croissance entraîne un phénomène de concentration et accentue la forme oligopolistique des
marchés. Les conditions de la concurrence sont modifiées.


B. Les transformations sociales
Le développement s’accompagne aussi d’une transformation de la société.

1. L’évolution de la société
Les changements sociaux sont importants : le rôle et le statut de la femme évoluent, la famille
connaît de nombreuses mutations, l’urbanisation se développe, le niveau de scolarisation
augmente, les frontières de classe se brouillent.

2. L’évolution des structures démographiques
La croissance économique a des répercussions importantes sur l’évolution de la fécondité, de la
mortalité et de la durée de vie.



III. LES LIMITES               DU      PROCESSUS           DE     CROISSANCE            ET      DE
DEVELOPPEMENT
A. La remise en cause du processus de développement
Toute économie a besoin de croissance et son développement dépend pour partie de
l’accroissement de la richesse disponible. Cependant la croissance a aussi ses limites.

1. Les inégalités de développement
La croissance économique n’a pas touché les pays de la même façon. Les écarts de niveau de vie
entre les pays occidentaux et les autres sont importants et s’accentuent. On constate aussi des
inégalités de développement au sein du Tiers-Monde.

2. Les interrogations sur la croissance



Thème 9 – Croissance et développement                                                            23
Même si les transformations qui résultent de la croissance ont été largement assimilées au
progrès, la croissance n’est pas toujours source de mieux-être, elle a ses revers comme les
inégalités, la destruction de l’environnement ou la fracture sociale.

B. Le développement durable
Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans
compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Il cherche à concilier
progrès économique et social et équilibre naturel de la planète. Le développement durable
s’appuie sur trois principes : le principe de solidarité ; le principe de précaution privilégiant la
prévention plutôt que la réparation ; le principe de participation de tous les acteurs de la société
civile.




Thème 9 – Croissance et développement                                                            24
                              THEME 10
                  LES INEGALITES DE DEVELOPPEMENT

I. LE CONSTAT DES INEGALITES DANS LE MONDE
A. Entre pays riches et pays pauvres
L’observation de la situation des différents pays à l’échelle mondiale montre d’importantes
disparités et une accentuation des écarts de développement entre pays.

1. Les inégalités économiques
La Banque mondiale distingue trois groupes de pays selon leur PNB par habitant : les pays à
faible revenu, les pays à revenu intermédiaire et les pays à revenu élevé.
Ces derniers, appelés aussi pays riches ou développés (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord,
Japon, Australie), représentent 80 % des richesses mondiales et 20 % de la population. L’écart
s’est creusé puisqu’ils ne représentaient que 70 % des richesses en 1970. En outre, ils réalisent
l’essentiel des échanges commerciaux et financiers. La participation au commerce mondial reste
très inégale, les Pays en développement (PED) ne pèsent que 30 % du total mondial des
échanges, et encore, les nouveaux pays industrialisés asiatiques et la Chine y contribuent pour
plus de la moitié.
L’investissement international reste également concentré dans les pays riches et certaines
économies émergentes. Les PED ne reçoivent que 25 % du total des investissements réalisés dans
le monde chaque année.

2. Les inégalités démographiques et sociales
La population des pays développés est de plus en plus minoritaire dans le monde, c’est aussi une
population vieillissante. Les pays en développement représentent environ 80 % de la population
mondiale avec une très forte proportion de jeunes. La plupart de ces pays n’ont pas encore achevé
leur transition démographique, le taux de natalité a baissé mais moins que le taux de mortalité.
La Banque mondiale estime à 1,2 milliard le nombre de pauvres dans le monde. Cette pauvreté se
manifeste d’abord par un état permanent de sous-alimentation et de malnutrition. Elle se traduit
aussi par un taux d’analphabétisme élevé, un taux de scolarisation faible, une mortalité infantile
de 10 à 20 fois supérieure à celle des pays riches et des carences importantes en matière
d’hygiène et de santé.

B. Dans les pays développés
Dans les pays riches aussi, l’ouverture des économies accentue les déséquilibres et aggrave les
inégalités. Une nouvelle forme de pauvreté liée à l’exclusion apparaît.

1. Les déséquilibres économiques
La croissance crée des déséquilibres structurels liés à la complexité des activités économiques :
multiplication des flux, mondialisation, évolutions technologiques…
Ces déséquilibres sont différents d’un pays à l’autre (chômage, déficit du commerce extérieur,
endettement public, plus rarement inflation…) et accentuent les inégalités.



Thème 10 – Les inégalités de développement                                                     25
2. Les inégalités sociales
Dans les pays développés, le chômage touche particulièrement les personnes non qualifiées, et
davantage les femmes et les jeunes. La précarisation des emplois se traduit par une faiblesse des
salaires : on parle de working poors (travailleurs pauvres).
En se développant, les inégalités sociales créent une société duale entre les bénéficiaires et les
exclus de la croissance. Une partie de la population est marginalisée et ne parvient plus à
s’intégrer dans la société. Ces phénomènes conduisent à des situations de surendettement des
ménages, de délinquance et d’accroissement de personnes sans domicile fixe (SDF).



II. DES SITUATIONS SPECIFIQUES DE DEVELOPPEMENT
A. Un blocage du développement pour les PMA
Les 50 pays les moins avancés (PMA) regroupent les pays les plus pauvres de la planète,
concentrés pour l’essentiel sur le continent africain. Ils représentent 10 % de la population
mondiale mais moins de 1 % de son revenu. Caractérisés économiquement par une agriculture
peu productive, une spécialisation sur quelques produits primaires et un endettement important,
ils restent à l’écart de la mondialisation et dépendent complètement de l’aide internationale pour
financer leur développement.

B. Un développement à la fois puissant et déséquilibré dans les pays
émergents
La plupart de ces pays sont situés dans l’Est de l’Asie et en Amérique du Sud. Ils ont tous un fort
potentiel de croissance (par exemple, la Chine enregistre une croissance de près de 10 %) et sont
bien insérés dans l’économie mondiale. Leur développement repose pour l’essentiel sur une
industrialisation tournée vers les exportations et le commerce mondial grâce aux avantages
comparatifs apportés par une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse. Ces économies sont
largement ouvertes aux investissements extérieurs. Elles représentent à la fois des concurrents et
des marchés à conquérir pour les pays développés. Si les succès sont certains en matière
d’amélioration du niveau de vie, d’espérance de vie ou de formation, ces pays, encore très
hétérogènes, restent instables et fragiles socialement. En particulier, en raison de l’absence de
protection sociale qui les rend très vulnérables en cas de crises économiques.

C. Un retour du développement pour les pays en transition
Les pays d’Europe de l’Est appartiennent presque tous aux pays émergents, cependant la
particularité du processus de transition vers une économie de marché ainsi que la volonté pour
certains d’une intégration dans l’Union européenne en font un cas à part. On parle de pays en
transition car, en passant progressivement d’une économie socialiste à une économie de marché,
ils ont tous entrepris d’importantes réformes structurelles.
Les résultats sont très contrastés : les pays de la CEI (Russie et anciennes républiques de l’URSS)
renouent difficilement avec une croissance stable après une transition longue et complexe et
plusieurs années de récession, tandis que la plupart des PECO (Pays d’Europe Centrale et
Orientale) ont accompli d’importants progrès et bénéficient d’un retour de la croissance.



Thème 10 – Les inégalités de développement                                                      26
La volonté d’adhérer à l’Union européenne stimule leurs efforts d’adaptation et développe leur
ouverture commerciale vers les pays de l’UE qui investissent dans les plus attractifs. Néanmoins,
leur base économique reste fragile avec un PIB par habitant inférieur de près de 40 % à la
moyenne des 15 et plusieurs années seront nécessaires pour combler leur retard de
développement.




Thème 10 – Les inégalités de développement                                                    27
                              THEME 11
                  LIBERALISME ET INTERVENTIONNISME

I. LE LIBERALISME
A. La primauté du marché et de la concurrence
La doctrine libérale considère que la concurrence exercée sur les marchés garantit la meilleure
efficacité économique possible.
1. La liberté individuelle est la base de la doctrine libérale
Les individus doivent être laissés libres d’exercer leur volonté, leur esprit d’initiative et leur sens
des responsabilités dans tous les domaines de la vie économique. Supposés être les meilleurs
juges de leurs intérêts et guidés par le système des prix, ils sont censés prendre des décisions
optimales en matière d’allocation des ressources rares (travail, capital).
2. L’exercice de la liberté individuelle sur les marchés produits l’ordre économique et
réalise l’intérêt collectif
Dès lors que les individus sont laissés libres de poursuivre leurs intérêts personnels (meilleure
satisfaction possible des consommateurs et plus grand profit possible pour les producteurs) sur
les différents marchés, il en découle la réalisation de l’intérêt général. Pour les libéraux, le
fonctionnement d’une économie concurrentielle a deux effets : d’une part, l’intérêt général est le
produit de la somme des intérêts particuliers et, d’autre part, cet intérêt général correspond au
meilleur bien-être possible pour le plus grand nombre.

B. La conception libérale de l’État
La confiance des libéraux dans l’efficacité de l’économie de marché s’accompagne d’une grande
méfiance envers l’État.
1. Le rôle de l’État est limité par le fonctionnement de l’économie de marché
Le libéralisme prône une théorie de l’État gendarme des intérêts privés. Il ne revient pas à l’État
de définir l’intérêt général dans l’ordre économique et social. En effet, la réalisation de l’intérêt
collectif est pensée comme étant le résultat des mécanismes de marché.
L’État gendarme a pour fonction de créer le cadre institutionnel (les règles du jeu) qui permet au
marché de fonctionner dans l’intérêt de tous. Il est, par exemple, le garant des libertés
individuelles en protégeant la liberté d’entreprendre, la liberté de contracter ou l’exercice du droit
de propriété.
2. L’État perturbe le bon fonctionnement des marchés
Les interventions de l’État sur le système des prix (fixation de prix plancher ou plafond par
exemple) créent des déséquilibres économiques tels qu’un excès de main-d’œuvre sur le marché
du travail ou une pénurie de certains biens.
Dans le même ordre d’idée, les mesures réglementaires de nature fiscale ou sociale peuvent
entraver l’esprit d’entreprise et d’initiative individuelle.



Thème 11 – Libéralisme et interventionnisme                                                         28
L’idée selon laquelle les déséquilibres économiques sont le résultat des interventions
perturbatrices de l’État conduit les libéraux à prôner un désengagement de l’État sous des formes
très diverses : le retrait du secteur productif (privatisations), l’ouverture de l’économie nationale à
la concurrence internationale, l’indépendance des banques centrales, l’allégement des
réglementations jugées trop peu incitatives, la création d’agences de régulation des marchés
(l’Autorité des marchés financiers – AMF, la Commission de régulation de l’énergie – CRE,
l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes – ARCEP).



II. L’INTERVENTIONNISME
A. L’interventionnisme minimal des libéraux
L’interventionnisme libéral est justifié par l’existence de défaillances de marché pour lesquelles
concurrence et efficacité économique, intérêt individuel et intérêt général ne coïncident pas
nécessairement. Il en va ainsi dans le cas des biens collectifs et en raison de l’existence d’effets
externes, ou encore lorsque les comportements des entreprises ne sont pas conformes au
fonctionnement d’une économie concurrentielle.
L’existence de biens collectifs et les effets externes des activités des agents mettent en échec
l’allocation optimale des ressources par le marché et nécessitent que l’État intervienne par
l’impôt, le versement de subventions ou l’instauration de réglementations (même d’interdiction
ou normes).
Dans les situations de concurrence imparfaite (ententes, abus de position dominante par
exemple), l’État met en œuvre une politique de la concurrence confiée à une autorité
indépendante (Conseil de la Concurrence en France, la Commission européenne en Europe). Cet
interventionnisme peut être qualifié de minimal car l’État se borne à restaurer les mécanismes
concurrentiels momentanément défaillants. Il n’est donc pas porteur de l’intérêt général.

B. L’interventionnisme plus poussé des keynésiens
En réponse à la grande crise économique des années 30, les idées keynésiennes élargissent
considérablement les domaines d’intervention de l’État qui d’État gendarme devient État
providence.
Dans le domaine économique, les dysfonctionnements durables de l’économie de marché et son
incapacité à s’autoréguler conduisent à la mise en œuvre de politiques économiques actives dont
le but est de stabiliser la conjoncture, de solutionner les crises et d’atteindre le plein-emploi.
Dans le domaine social, l’État est aussi légitimé à intervenir, d’une part, pour corriger les
inégalités de revenu et, d’autre part, pour sécuriser les individus confrontés à un certain nombre
de risques sociaux (vieillesse, maladie et chômage) que la prévoyance individuelle ne suffit pas à
prendre en compte.
Richard Musgrave a proposé une synthèse des différentes formes d’interventionnisme public en
distinguant le rôle de l’État dans l’allocation des ressources (position libérale), dans la
redistribution et la stabilisation de l’activité économique (position keynésienne). Et aujourd’hui,
on peut dire que tous les États modernes exercent un rôle important dans ces trois domaines.




Thème 11 – Libéralisme et interventionnisme                                                         29
                                   THEME 12
                           LA POLITIQUE ECONOMIQUE

I. LES DECISIONS DE POLITIQUE ECONOMIQUE
A. Les acteurs de la politique économique
Le gouvernement et les banques centrales indépendantes se partagent la responsabilité de la
politique économique.

1. La notion de politique économique
La politique économique regroupe l’ensemble des décisions prises par les pouvoirs publics afin
d’atteindre des objectifs économiques (croissance, emploi, stabilité des prix, équilibre extérieur,
équilibre des finances publiques, etc.) et sociaux (santé, éducation, cohésion sociale, etc.) à l’aide
d’une vaste palette d’instruments (politique budgétaire, politique monétaire, politique de
l’emploi, etc.).
La politique économique mise en œuvre peut être libérale (« laisser-faire, laisser-passer ») ou
interventionniste pour pallier les défaillances du marché.

2. Le partage des rôles entre le gouvernement et les banques centrales
Le gouvernement conduit la politique budgétaire et fiscale et fixe les objectifs prioritaires à
atteindre dans la loi de Finances votée chaque année au Parlement.
Les banques centrales, indépendantes des gouvernements, décident de la politique monétaire pour
atteindre les objectifs inscrits dans leurs statuts, parmi lesquels figure le plus souvent la stabilité
des prix.

B. L’action de l’État sur la conjoncture économique
Des instituts économiques comme l’Insee collectent les données économiques et fournissent aux
responsables de la politique économique des informations sur la situation de l’emploi, la
croissance ou l’évolution des prix qui les incitent parfois à infléchir leurs priorités et l’orientation
de leur politique.
La politique conjoncturelle agit sur un horizon de court terme pour remédier aux déséquilibres
économiques, globaux ou sectoriels, révélés par les indicateurs conjoncturels.
Les instruments principaux de la politique conjoncturelle sont la politique budgétaire et la
politique monétaire.

C. L’action de l’État sur les structures de l’économie
La politique structurelle porte sur les caractéristiques fondamentales de l’économie d’un pays et
vise à modifier en profondeur et à long terme son fonctionnement et les comportements des
agents économiques. L’État met en œuvre des politiques structurelles soit pour infléchir les
mécanismes de marché, soit pour en étendre l’application à de nouveaux domaines.
Les domaines d’intervention de la politique structurelle sont très nombreux. On peut citer
aujourd’hui les politiques de libéralisation des prix et de protection de la concurrence, les


Thème 12 – La politique économique                                                                   30
politiques de déréglementation des marchés de biens et du travail, mais également la politique de
recherche et de développement, les politiques sociales ou encore la politique de l’environnement.



II. LA POLITIQUE ECONOMIQUE : DES INSTRUMENTS AU SERVICE DES
OBJECTIFS
A. Les objectifs de la politique budgétaire et fiscale
La politique budgétaire et fiscale vise à atteindre des objectifs conjoncturels mais aussi à
influencer durablement les structures de l’économie pour en améliorer l’efficacité.

1. La régulation conjoncturelle de l’économie
La politique budgétaire agit sur les variables de la conjoncture économique en jouant sur les
dépenses publiques, les recettes fiscales ou encore sur le déficit. En situation de sous-emploi, un
effet multiplicateur permet d’accroître à court terme le niveau de production au-delà de
l’augmentation de la dépense publique ou de la baisse de la fiscalité.
Toutefois, son efficacité dépend des comportements des consommateurs, selon qu’ils dépensent
ou épargnent le supplément de revenu distribué, et du taux d’ouverture de l’économie sur le reste
du monde.
Enfin, le creusement du déficit public conduit à une augmentation de l’endettement public qui
réduit les marges de manœuvre du gouvernement. L’État doit en effet consacrer une part de plus
en plus importante de ses recettes au service de la dette et peut être à terme confronté à une
hausse des taux d’intérêt auxquels les investisseurs acceptent de lui prêter.

2. L’action sur les structures de l’économie
La politique budgétaire peut aussi être utilisée pour atteindre des objectifs à plus long terme,
d’abord en privilégiant certaines dépenses publiques, notamment les dépenses d’investissement
en infrastructures et d’éducation, ensuite en orientant la fiscalité pour stimuler des activités utiles
à la société (recherche, par exemple).

B. La politique monétaire
La politique monétaire consiste à fournir les liquidités nécessaires au développement des affaires
tout en veillant à la stabilité de la valeur de la monnaie.
Lorsque les banques centrales anticipent une reprise de l’inflation, elles réduisent les liquidités
disponibles sur le marché monétaire et ainsi augmentent le coût de l’argent pour réduire la
demande de crédits bancaires à des fins de consommation et surtout d’investissement.
Inversement, lorsque les banques centrales considèrent que la stabilité des prix n’est pas
menacée, elles accroissent les liquidités sur le marché, ce qui fait baisser le coût de l’argent,
accroît la demande de crédits et stimule l’activité économique. Mais dans ce cas, ce surcroît de
liquidités peut se retrouver sur les marchés d’actifs financiers et immobiliers et alimenter de
dangereuses bulles spéculatives.
Dans tous les cas, l’efficacité de la politique monétaire repose sur la crédibilité de son action pour
les                                          agents                                      économiques.



Thème 12 – La politique économique                                                                  31
                      THEME 13
   LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES ET LA POLITIQUE DE
                     CROISSANCE

I. LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES
A. Les phases de la croissance
L’évolution de l’activité économique d’un pays, matérialisée par la production industrielle ou le
produit intérieur brut, n’est pas régulière. Il existe des mouvements alternatifs de hausse et de
baisse de ces agrégats autour d’une tendance (trend) de longue période que l’on appelle
fluctuations économiques.
Les économistes décomposent les fluctuations économiques en quatre phases, dont les plus
importantes sont qualifiées de périodes, d’une durée variable, d’expansion et de récession
(contraction de l’activité). Les deux autres sont appelées crise et reprise et désignent les phases de
retournement de l’activité.

B. Les moteurs de la croissance à court terme
Sur une période de temps donné, la production de biens et services, mesurée par le produit
intérieur brut (PIB), répond à une demande intérieure de consommation (C) et d’investissements
(FBCF) dont une part est satisfaite par des importations (IMP) et une demande extérieure (EXP)
émanant des agents non résidents.
On peut donc écrire la relation comptable suivante :
PIB = C + FBCF + (EXP – IMP)
L’intérêt de cette égalité comptable est de permettre de déterminer précisément à quelle
composante de la demande est due la croissance réalisée sur une période de temps donné.
En effet, on peut écrire en pondérant à chaque fois la variation de chaque composante du PIB par
son poids relatif :
∆ PIB = ∆ C + ∆ FBCF + (∆ EXP – ∆ IMP)

C. Les explications des récessions
Une récession se caractérise par un ralentissement du rythme de la croissance mais, aux États-
Unis notamment, on considère que l’économie est en récession lorsque le taux de croissance du
PIB est négatif pendant deux trimestres consécutifs.
Les économies industrielles ont connu de nombreuses périodes de ralentissement de l’activité,
notamment à partir des chocs pétroliers de 1973 et 1979 qui marquent une rupture dans le rythme
de croissance de la période précédente dite des « Trente Glorieuses ». Plus près de nous,
l’économie américaine a connu une récession en 2001 provoquée par la crise de la nouvelle
économie (effondrement des cours de Bourse).
La crise des années 1970 s’explique par une brutale et très forte augmentation des prix du pétrole
qui crée un choc d’offre négatif défavorable à l’activité, ampute le pouvoir d’achat des ménages
et déclenche une spirale inflationniste.



Thème 13 – Les fluctuations économiques et la politique de croissance                              32
La crise de la nouvelle économie est causée par un phénomène de surinvestissement dans la
phase d’expansion. Le retournement se produit lorsque les agents se rendent compte de
l’insuffisante rentabilité de leurs investissements. Leurs anticipations deviennent alors
pessimistes et ils cessent d’investir, précipitant ainsi la récession.



II. LA POLITIQUE DE CROISSANCE
A. Les motifs de l’intervention de l’État
Les fluctuations de l’activité économique s’accompagnent de déséquilibres économiques
(chômage, inflation). Dans les périodes d’expansion, le climat des affaires est propice au
développement de tensions inflationnistes (pénurie de main-d’œuvre, formation de goulets
d’étranglement sur les marchés de biens) et à la formation de bulles spéculatives sur les marchés
d’actifs financiers et immobiliers. En revanche, dans les périodes de récession, la détérioration du
climat des affaires met un terme à l’effort d’investissement, provoque des faillites, une
accélération des destructions d’emplois et la montée du chômage.
Les économistes préconisent la mise en œuvre de politiques économiques appropriées dont
l’objectif est de lisser les fluctuations de la production au plus près de la tendance de long terme.
On parle alors de politique de croissance.

B. L’action de l’État sur les composantes de la demande
La politique de demande désigne l’action de l’État sur les composantes de la demande. L’objectif
est de lisser les fluctuations conjoncturelles de l’activité et juguler ainsi les déséquilibres
économiques (chômage et inflation notamment). Deux instruments de politique économique
peuvent avoir un impact sur la conjoncture dans le sens souhaité par les pouvoirs publics : la
politique monétaire et la politique budgétaire.
La politique budgétaire peut agir de deux façons pour atténuer les fluctuations conjoncturelles :
par le jeu des stabilisateurs automatiques de la dépense publique et par une action discrétionnaire
de variation de la dépense publique, de l’impôt et des soldes publics. Dans tous les cas, il s’agit
de modifier le revenu distribué aux agents économiques afin que leur demande évolue dans le
sens souhaité.
Les banques centrales pilotent la politique monétaire. Elles peuvent faire varier le niveau de leurs
taux d’intérêt à court terme pour agir sur la création monétaire et, indirectement, sur les variables
réelles de l’économie, notamment l’investissement. Toutefois, les banques centrales sont
aujourd’hui recentrées sur un objectif principal : la stabilité des prix. C’est notamment le cas de la
Banque centrale européenne (BCE) dont l’action sur la conjoncture semble assez modeste.

C. L’action de l’État sur les facteurs d’offre
L’État peut aussi agir sur les facteurs d’offre de l’économie (travail, capital) pour stimuler la
croissance dans une optique de plus long terme. L’objectif poursuivi est de relever le potentiel
d’offre de l’économie. Les moyens à sa disposition sont nombreux et s’inscrivent davantage dans
une conception structurelle de la politique économique.




Thème 13 – Les fluctuations économiques et la politique de croissance                              33
Les politiques de l’offre désignent d’abord les politiques de baisse de la fiscalité et de
déréglementation des marchés dont le but est d’inciter l’offre de travail et de capital et de rendre
l’économie plus concurrentielle. Mais, à plus long terme, l’État peut chercher à stimuler les
investissements en capital humain, en recherche et développement ou en infrastructures
publiques.




Thème 13 – Les fluctuations économiques et la politique de croissance                            34
                          THEME 14
            LE CHOMAGE ET LA POLITIQUE DE L’EMPLOI

I. LA MESURE ET LES CARACTERISTIQUES DU CHOMAGE
A. Le chômage, un phénomène complexe à mesurer
L’évaluation du nombre de chômeurs permet d’en suivre l’évolution et de préciser leurs
caractéristiques principales.

1. Les mesures officielles du chômage
• L’Insee estime le nombre de chômeurs en appliquant la définition officielle du Bureau
international du travail (BIT) qui considère chômeurs les individus sans travail (ne serait-ce
qu’une heure dans la semaine précédant l’enquête), immédiatement disponibles pour en occuper
un et recherchant activement un emploi.
• L’ANPE publie tous les mois le nombre de personnes inscrites sur ses listes (DEFM). Elles sont
ventilées en plusieurs catégories en fonction de la situation personnelle du demandeur d’emploi.

2. Le phénomène de « halo » autour du chômage
On constate aujourd’hui une multiplication des situations individuelles situées à la frontière du
chômage, de l’inactivité et de l’emploi qui révèle l’importance du sous-emploi (travailleurs à
temps partiel subi, personnes en contrat aidé, etc.).

B. Les inégalités face au chômage
Certains groupes d’actifs sont plus menacés que d’autres par ce fléau.

1. Les personnes ne sont pas égales face au risque chômage
Le chômage touche plus les femmes que les hommes, les jeunes actifs que leurs aînés, les
personnes sans diplômes et peu qualifiées que celles diplômées et très qualifiées.

2. Le chômage varie selon les secteurs économiques et les régions
L’ouverture des économies et le progrès technique exposent certains secteurs économiques
(textile, par exemple) et certaines régions (le Nord, par exemple) à de difficiles reconversions
industrielles.



II. LES FACTEURS EXPLICATIFS DU CHOMAGE
A. Le chômage frictionnel
Le chômage frictionnel découle des délais d’ajustement existants, pour un individu, entre un
emploi qu’il vient de quitter et un nouvel emploi qui lui paraît plus conforme à ses aspirations en
termes de salaires, de niveau de responsabilité ou de situation géographique. Comme chaque jour,
des milliers de travailleurs ont la même démarche, il y a toujours un certain niveau de chômage,



Thème 14 – Le chômage et la politique de l’emploi                                               35
même si l’économie se trouve au niveau de plein-emploi. Le chômage frictionnel est compatible
avec le plein-emploi. Ce fut notamment le cas en France pendant les « Trente Glorieuses ».

B. Le chômage conjoncturel
Le chômage conjoncturel est causé par un ralentissement temporaire de l’activité économique.
Lorsque la demande de biens et services adressée aux entreprises fléchit par rapport à l’offre de
plein-emploi, les entreprises accumulent les stocks d’invendus. Il est alors rationnel de réduire la
production et par conséquent la quantité de facteurs demandés sur le marché. Concrètement, la
demande de travail devient plus faible et le chômage s’accroît.

C. Le chômage structurel
Le chômage structurel relève d’une inadéquation de l’offre de travail aux besoins de l’économie,
c’est-à-dire que des offres d’emploi demeurent insatisfaites. Ce chômage a des causes très
nombreuses qui font encore débat parmi les économistes. Schématiquement, on peut retenir qu’il
est le résultat de profonds changements, tels que le progrès technique ou l’ouverture de
l’économie, qui transforment la demande de travail des entrepreneurs.



III. LA POLITIQUE DE L’EMPLOI
A. La protection des chômeurs
La politique de l’emploi vise à atténuer les conséquences sociales et économiques du chômage.

1. L’indemnisation du chômage
Les chômeurs inscrits à l’ANPE et, sous réserve de satisfaire aux conditions administratives
d’âge, de temps travaillé pendant la période de référence et de comportement, sont indemnisés
pendant une certaine période de temps par le régime des Assedic.

2. Les dispositifs spécifiques d’embauche
La création d’aides à l’embauche et de formations destinées aux actifs jugés plus fragiles et aux
chômeurs de longue durée a pour but d’améliorer leur employabilité et de favoriser leur retour
définitif à l’emploi non aidé.

B. Le traitement économique du chômage
La politique de l’emploi désigne aussi l’ensemble des mesures prises pour agir sur le niveau de
l’emploi.

1. L’État stimule la demande de travail
Outre la reprise de l’activité qui ne se décrète pas, l’État agit sur la demande de travail en
réduisant le coût du travail pour les employeurs, notamment en réduisant le niveau des charges
sociales ou en subventionnant l’embauche par des aides fiscales.

2. L’État stimule l’offre de travail


Thème 14 – Le chômage et la politique de l’emploi                                                36
L’État réforme le système de protection sociale et la fiscalité dans le but de rendre la reprise
d’emploi plus rémunératrice (prime pour l’emploi, réforme de l’assurance-chômage, etc.).




Thème 14 – Le chômage et la politique de l’emploi                                            37
                        THEME 15
    L’INFLATION ET LA POLITIQUE DE STABILITE DES PRIX

I. LA MESURE DE L’INFLATION
A. L’indice général des prix à la consommation
L’inflation se manifeste par une hausse durable et continue du niveau général des prix que
mesure l’indice des prix à la consommation.
L’indice des prix à la consommation (IPC) est publié chaque mois par l’Insee. Actuellement,
l’IPC est décliné en plus de 300 postes de dépense qui couvrent 95 % de la consommation
effective des ménages. La collecte de 200 000 prix chaque mois à travers toute la France et dans
l’ensemble des circuits de distribution permet de calculer les indices de prix par produit.
Au niveau européen, les indices nationaux des prix à la consommation ont fait l’objet d’une
harmonisation pour donner l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) qui est un
indicateur essentiel de la politique monétaire définie par la BCE.

B. Utilité et limites de l’indice des prix à la consommation
La publication de l’indice des prix à la consommation est très attendue par les agents
économiques, mais les résultats officiels sont parfois contestés.

1. L’utilité de l’indice des prix à la consommation
L’indice des prix permet de suivre, mois par mois, l’évolution des prix des biens et services. Il est
donc avant tout un indicateur indispensable pour mesurer la concrétisation des tensions
inflationnistes. Dans le cadre de l’objectif de stabilité des prix de la BCE, l’IPCH est l’indicateur
majeur de la politique monétaire dans la zone euro.
En outre, l’indice des prix à la consommation est utilisé par l’État pour revaloriser de nombreuses
prestations sociales et le salaire minimum. Il sert enfin de base de discussion dans les
négociations collectives sur les salaires.

2. Les limites de l’indice des prix à la consommation
Il est actuellement reproché à l’indice des prix à la consommation de sous-estimer le niveau réel
de la hausse des prix. Les critiques adressées à l’Insee ont commencé avec le lancement de l’euro
qui, en se substituant aux monnaies nationales, a fait perdre aux consommateurs leurs points de
repère en matière de prix.
Ce reproche s’explique essentiellement par la nature synthétique de l’indice qui fait que les
consommateurs ne se retrouvent pas toujours dans l’indice officiel et perçoivent une réalité
différente.



II. LES FACTEURS EXPLICATIFS DE L’INFLATION
A. L’inflation par la demande

Thème 15 – L’inflation et la politique de stabilité des prix
L’inflation peut résulter d’une augmentation de la demande si les capacités d’offre disponibles
sont insuffisantes pour y répondre, c’est-à-dire lorsque l’offre se situe à un niveau proche du
plein-emploi des facteurs de production (travail, capital).
Pour les économistes, une telle inflation par la demande nécessite la réalisation de conditions
monétaires permissives. En effet, la demande s’accroît dans la mesure où les banques centrales
répondent aux besoins de liquidités supplémentaires sans réagir par une remontée des taux
d’intérêt.

B. L’inflation par les coûts
La cause de l’inflation peut aussi être recherchée du côté de l’offre. La hausse des prix peut en
effet avoir son origine dans une augmentation des coûts de production. On parle alors d’inflation
par les coûts. Les prix sont revus à la hausse par les producteurs car ils prennent la décision de
répercuter l’augmentation de leurs coûts de production dans leurs prix de vente.
La hausse des coûts de production peut avoir plusieurs origines : par exemple, une hausse des
salaires ou un renchérissement du coût des matières premières. Le choc pétrolier des années 1973
et 1979 est l’exemple type de ce type d’inflation.



III. LA POLITIQUE DE STABILITE DES PRIX
A. Les motifs de la lutte contre l’inflation
La lutte contre l’inflation s’est imposée en raison de ses effets néfastes sur le fonctionnement
d’une économie de marché ouverte.
Tout d’abord, la hausse prolongée de l’inflation rogne le pouvoir d’achat des encaisses en
monnaie détenues par les agents. De plus, elle spolie les épargnants qui sont tentés de réclamer
des taux d’intérêt plus élevés, préjudiciables à l’investissement et à la croissance.
Ensuite, l’inflation réduit la compétitivité des entreprises nationales qui perdent des parts de
marché.
Enfin, la hausse des prix brouille les signaux de prix fournis par le marché. En effet, les agents ne
peuvent plus distinguer clairement dans la hausse d’un prix donné ce qui relève de
l’accroissement de sa valeur relative et ce qui est dû à l’inflation. L’allocation des ressources est
donc imparfaite.

B. Les instruments de la désinflation
Les instruments de politique conjoncturelle et structurelle sont employés pour retrouver la
stabilité des prix et la préserver par la suite.
En premier lieu, une politique monétaire restrictive peut permettre de combattre l’inflation. En
outre, la crédibilité de la banque centrale contribue à réduire les anticipations de hausse des prix
et favorise ainsi le maintien durable de la stabilité des prix.
En deuxième lieu, une politique budgétaire orientée sur la stabilisation de la dépense publique, la
limitation du déficit public et l’engagement de ne plus monétiser les déficits, peut participer à la
lutte contre l’inflation.



Thème 15 – L’inflation et la politique de stabilité des prix                                      39
En dernier lieu, des réformes structurelles sont mises en œuvre. Leur but est de rendre l’économie
plus concurrentielle, notamment par des mesures de déréglementation des marchés de biens et
services, la négociation d’accords commerciaux de libre-échange ou encore le renforcement de la
politique de la concurrence.




Thème 15 – L’inflation et la politique de stabilité des prix                                   40

				
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