Montages Operations Immobilieres Financement - DOC

Document Sample
Montages Operations Immobilieres Financement - DOC Powered By Docstoc
					  Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest




HABITAT GROUPE /ECO-HAMEAU /COOP D’HABITANTS…




          1ère RENCONTRE DES GROUPES
          D’HABITANTS DU GRAND OUEST

       Coopérer pour un habitat durable et
                   solidaire
                       le SAMEDI 21 JUIN 2008
                            à REDON (35)




                Journée organisée en partenariat avec




                                     Page 1 sur 25
     Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest



Table des matières

Contexte et organisation de la rencontre ..................................................................... 3
  Les organisateurs de la rencontre .................................................................... 3
  Autres acteurs « ressource » invités à la rencontre et présentant leur démarche .... 4
  Autres structures invitées fédérant des projets d’habitat groupé sur l’Ouest .......... 5
  Une logique de réseau .................................................................................... 5
  Contexte de la rencontre................................................................................. 6
  Le programme de la rencontre ......................................................................... 7
Les temps de la rencontre : le matin ........................................................................... 8
  Présentation des projets par les groupes ........................................................... 8
  Etat des lieux de l’habitat groupé en France (étude par la SCOP Kejal, Morlaix) ..... 8
  Habitat Différent, Angers ................................................................................ 9
  Habitat et participation ................................................................................. 10
  Synthèse de la matinée ................................................................................ 12
Les temps de la rencontre : l’après midi .....................................................................12
  Les ateliers thématiques ............................................................................... 12
     a)   Compte-rendu atelier « vie de groupe, relations humaines et (auto) promotion »
          12
     b) Compte-rendu atelier « juridico-financier »........................................... 14
     c)   Synthèse atelier « urbanisme » ........................................................... 15
     d) Synthèse atelier « auto construction et habitat groupé » ........................ 16
     e)   Visite Kergitbois allée Pablo Neruda ..................................................... 16
  Synthèse de l’après-midi et perspectives ........................................................ 17
ANNEXES ...............................................................................................................18
  Tour de table des participants : présentation des groupes projets et d’autres personnes
  présentes.................................................................................................... 18
     Compte-rendu exhaustif de l’atelier « vie de groupe, relations humaines et (auto)
     promotion »............................................................................................. 21
  Revue de presse .......................................................................................... 24




                                                  Page 2 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest


             Contexte et organisation de la rencontre

Les organisateurs de la rencontre
Initiatives Compétences / Groupe OXALIS - Rennes
    Pierre Yves Jan, consultant en Economie Sociale et Solidaires, s’intéresse depuis longtemps à
    l’habitat différent et vit dans un habitat groupé à statut coopératif (en Société Civile
    Coopérative de Construction maintenue). S’inscrit comme acteur et personne ressource sur le
    secteur rennais et du réseau régional en construction.


La Coop. de Construction - Rennes
    Promoteur coopératif, réalise des opérations immobilières à vocation sociale et participative
    notamment à travers des montages avec les futurs habitants en SCCC (Société Civile
    Coopérative de Construction). A réalisé un immeuble collectif de 40 logements avec une forte
    empreinte           écologique          à        Rennes            (Salvatierra :        voir
    http://www.constructiondurable.com/pages/batimentdurable.php?id=47). Représentant : Olaf
    Malgras, président.


Cohérence – Lorient
    Le réseau Cohérence fédère 114 associations sur la Bretagne autour du développement
    durable,    faisant notamment la promotion d’autres formes d’habitat. Il a obtenu une
    subvention européenne FSE 10B. Développe une mission sur l’habitat durable avec séjours à
    Fribourg, en Suisse et Autriche.
    Suit 2 projets à Lorient d’habitat collectif avec un projet qui débute de 10-15 logements autour
    d’objectifs environnementaux (réduction gaz à effet de serre, prise en compte de la précarité
    énergétique, construction bâtiment passif). http://www.reseau-coherence.org/ Représentant :
    Philippe Yven, chargé de mission.


Kejal – Morlaix
    La SCOP Kejal est une entreprise de conseils et d’accompagnement des acteurs d’une
    économie sociale et solidaire soucieuse des équilibres écologiques (intervient dans les
    domaines de l’alimentation biologique, de l’éco-construction, du commerce équitable, des
    énergies renouvelables, des financements solidaires et offre du conseil et des formations). Avec
    un financement local (de Pays), elle a réalisé une étude sur les éco hameaux et l’habitat
    groupé présentée le 21 juin à Redon. À l’issue de cette première phase, Kejal animera des
    réunions de présentation et de sensibilisation sur la démarche « éco-hameau » sur le Pays de
    Morlaix. Kejal accompagnera les groupes désireux d’avancer dans cette démarche (voir
    http://www.kejal.fr/spip.php?article52). Représentant : patrick Créac’h, chargé de projet, co
    fondateur de la SCOP.


L’Echo-Habitants - Nantes
    Association nantaise ayant vocation de structure d’accompagnement de groupes projet
    d’habitat groupé et coopératif sur la région nantaise voire la Loire Atlantique. Monte un projet
    pilote, accompagne un autre projet de coopérative d’habitants et entend en accompagner
    d’autres (par la recherche de foncier sur l’agglomération) ; souhaite fédérer les énergies pour
    avoir une logique de réseau régional (Grand Ouest) qui soit opérationnel avec des compétences
    croisées mutualisées pour intervenir localement. Site web en construction. Représentant :
    Olivier Cencetti, chargé de coordination.




                                         Page 3 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
Eco Habitat Solidarité - Rennes
    réseau rennais temporaire qui a mis une part du temps d’un stagiaire en Master II d’Economie
    Sociale et Solidaire à disposition (stage réalisé au CODESPAR et suivi par un comité de pilotage
    réunissant plusieurs structures locales de l’économie sociale et solidaire) ; a mis en place une
    Newsletter « Eco Habitat Solidarité, la lettre des innovations dans le Pays de Rennes » (voir
    http://www.eco-habitat-solidarite.org/), recensé et échangé avec les acteurs de l’habitat sur le
    Pays Rennais, rencontré des groupes projet d’habitat groupé, créé un site web (http://www.hg-
    rennes.org/) ; ce partenaire est relayé à partir d’août 2008 par PARASOL, association dont le
    but est de promouvoir et d’accompagner l’habitat groupé. Représentants : Matthieu Theurier
    (stagiaire Master II Univ. Rennes 2) et Samuel Lanoë (ici bénévole, ex chargé de coordination à
    Nouvel Air).



Autres acteurs « ressource » invités à la rencontre et
présentant leur démarche


Habitat et Participation – Louvain La Neuve, Wallonie, Belgique
    Habitat et Participation, est une structure créée en 1982 à l’initiative de l’Université de Louvain
    La Neuve et qui a « pour objet de promouvoir les processus participatifs décisionnels
    interactifs, supposant la mise en oeuvre d'un dialogue et d'un partenariat. L'association œuvre
    plus particulièrement dans les domaines de l'habitat, de la gestion des territoires et du
    développement urbain et rural ». Concernant l'Habitat, promouvoir la participation des
    habitants est au centre des objectifs de l’association. Elle est donc à cette fin une structure
    d’appui et de conseil, mais aussi d’ingéniérie, autour de l’habitat différent (groupé, social,
    contre l’exclusion etc.). Centre de Ressources, elle développe des méthodologies appliquées
    notamment à l’accompagnement « à la carte » des projets participatifs (voir
    http://www.habitat-participation.be/index4.htm). Représentants : Benoît Debingue et Daniel
    Mignolet, chargés de mission.


Habitat Différent – Angers
    L’association "HABITAT DIFFERENT" naît en janvier 1983 de la rencontre de deux groupes de
    réflexion qui recherchent les conditions de mise en d’œuvre d’un "habitat différent" ; cet
    habitat collectif et autogéré voit le jour en 1988. Aujourd’hui, c’est un collectif d'habitants de
    17 foyers dont les habitants sont locataires ou propriétaires et une association qui regroupe
    aussi d'anciens habitants, des candidats et toute personne intéressée par une réflexion sur
    l'habitat social cogéré. Cette expérience d’un projet abouti et toujours en questionnement a
    donné lieu à un ouvrage par deux sociologues ("Changer la vie ? Les classes moyennes et
    l'héritage de mai 68" de Marie-Hélène Bacqué et Stéphanie Vermeersch aux éditions de
    l'Atelier, octobre 2007) et l’association a donc été conviée à venir présenter son histoire passée
    et présente et la dynamique actuelle d’un groupe qui réfléchit collectivement et communique
    sur son aventure (voir http://habitat.different.free.fr/index2.htm).


La Coopérative de Construction Kergitbois, allée Pablo Neruda – Redon (voir en annexe
l’article de Ouest France)
    Kergitbois est un habitat groupé en coopérative de construction de 6 maisons et 4 familles
    sociétaires de la coopérative. L’expérience a 22 ans. L’opération a été menée en partenariat
    avec la Coopérative de Construction d'Ille-et-Vilaine (l’actuelle Coop. de Construction de
    Rennes). Une visite du site aura eu lieu au cours de la rencontre.




                                          Page 4 sur 25
       Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest

Autres structures invitées fédérant des projets d’habitat groupé
sur l’Ouest
HEN (Habitats & Energies Naturels) – Loire Atlantique
       Association de promotion et développement de l’habitat écologique, comprend un ensemble de
       6 groupes projet d’éco habitat groupé dont deux projets bien avancés, l’un comprenant une
       dizaine de logements individuels en zone rurale (Nort s/Erdre) et le second 12 logements semi-
       collectifs dans l’agglomération nantaise (Rezé). (http://hen44.free.fr/20070201/)


Les Petites Perrettes – Pays de Rennes
       Association d’un agriculteur et d’un architecte pour implantation de 13 logements, sous un
       statut de SCCC (société civile coopérative de construction) avec parties communes restreintes.
       4 acquéreurs + 2 autres pas encore trouvés. En lien avec la Coop. de Construction de Rennes
       (http://www.petitesperrettes.org/) .


Nouvel'Air – Nord de Rennes
       60 logements prévus sur un terrain de 2,3 ha. Valeurs de mixité sociale et inter-
       générationnelle. Problématique sur la valorisation du site, la formation à l’auto-construction, les
       déplacements,     le   développement     économique      et    social   etc   (http://www.projet-
       nouvelair.org/index.php/) .


EQA 49 et Alisée – Angers
       ECO-QUARTIERS D’ANJOU est un projet en cours d’éco quartier à Angers ( 3 projets collectifs
       de maisons écologiques concernant 50 personnes) avec l’appui de l’association Alisée qui
       conduit des actions dans les secteurs de la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables,
       et qui est membre du Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER) (voir
       http://eqa49.info/ et http://www.alisee.org/)



Une logique de réseau
Quelques organisations ont engagé, sans moyens spécifiques, le partenariat « Habitat Groupé Ouest
» à l’occasion du déplacement à la Rencontre nationale sur les coopératives d’habitation de
novembre 2007 à Toulouse.
Elles construisent leur partenariat « en marchant » :
        en décidant d’organiser la première rencontre des groupes projet d’habitat groupé à Redon,
         intitulée « Coopérer pour un habitat durable et solidaire » ;
        en participant à l’Inter-réseau ECO 3 initié par la CRES (Chambre Régionale de l’Economie
         Sociale) de Bretagne qui fédère des acteurs de l’habitat écologique et solidaire, dont ils
         forment le Groupe de Travail Habitat Groupé ;
        en travaillant à la perspective d’organiser de façon territoriale (globalement au niveau des
         pays) un environnement favorable aux projets de groupes d’habitants et autres éco -
         hameaux.
        en ayant des allers-retours avec différents réseaux (et en s’inscrivant dans certains) :
              Le réseau national de l’habitat groupé constitué en 2006, avec notamment L’Atelier
         Blanc     à   Toulouse,  autour    d’un   site  et   d’une   liste de    diffusion (voir
         http://fr.groups.yahoo.com/group/habitat_groupe/) ;
              Le réseau des coopératives d’habitation constitué en 2007, autour d’Habicoop à Lyon
         avec les rencontres nationales et des échanges périodiques (voir http://www.habicoop.fr/) ;



                                             Page 5 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
           L’habitat groupé en wallonie, avec Habitat et Participation ;
             D’autres contacts : Fédération Nationale des Coop.-HLM, le MHGA (Mouvement de
       l’Habitat Groupé Autogéré), etc.
Ce réseau de dimension régionale a pour vocation de constituer un pôle de ressources et d’appui (un
G.R.T. ouest / Groupement de Ressources Territoriales) à proposer aux projets et aux partenaires,
en regroupant des compétences et des expériences, en développant des méthodes, en évaluant la
faisabilité, en intervenant sur le terrain, en animant les territoires et en relayant la dynamique, en
faisant le lien avec ce qui se passe ailleurs … Les organisations et les personnes ayant proposé la
rencontre sont toutes impliquées dans l’économie sociale et solidaire et ont acquis des expériences
sur l’aide ou le développement de projets ou encore l’innovation sociale.


Contexte de la rencontre


       Les problématiques liées à l’habitat sont nombreuses et font échos à des enjeux de sociétés
    plus larges : permettre l’accessibilité au logement, limiter la spéculation immobilière, répondre
    aux besoins d'aide et d'assistance liés à la perte d'autonomie des seniors, respect de
    l’environnement etc.

       Si l’Etat ou les Collectivités Locales ont bien souvent conscience de ces nombreux enjeux et
    tentent d’y apporter des solutions, nous ne pouvons que constater leurs difficultés à considérer
    de manière transversale et globale les problématiques actuelles.

       C’est parce qu’il nous faut chercher de nouvelles voies qu’il nous paraît important d’alimenter
    les réflexions autour de ce que nous appellerons « l’habitat groupé » ou « durable ». Si des pays
    comme l’Allemagne ou le Canada appuient depuis plusieurs années maintenant ces projets, ces
    derniers manquent encore en France de soutien, de reconnaissance et de visibilité et sont
    confrontés à de nombreux obstacles (juridiques, institutionnels …) dans le cadre de leur mise en
    œuvre concrète.

       Aujourd’hui, partout en France et dans le Grand Ouest, des groupes de citoyens tentent de
    développer collectivement des projets d’habitat. Souvent animés par une volonté de « vivre
    autrement » et des valeurs de solidarité, ces groupes innovent, imaginent, et surtout tentent
    d’aborder l’habitat de manière globale. Ils structurent des formes d’organisation et de gestion
    démocratiques, repensent le « vivre ensemble », les solidarités intergénérationnelles,
    expérimentent de nouvelles façons d’accéder au logement par la mise en place de formes
    intermédiaires entre propriété privée et location, etc.

       Déjà deux rencontres nationales de l’habitat coopératif ont eu lieu. La première le 31 mars
    2007 à Lyon, la seconde les 23 et 24 novembre 2007 à Toulouse. Avec plus de 100 participants
    elles ont permis de cristalliser l'émergence d'un mouvement au niveau national.
    En lien avec cette dynamique, il paraît dès lors important, qu’à l’échelle de notre territoire, nous
    tentions de sensibiliser les acteurs et l’opinion publique et d’apporter des réponses pour aider à
    l’aboutissement de ces projets et de développer peut être plus largement ce type d’initiatives.

        C’est tout l’enjeu de cette première rencontre de l’habitat durable du Grand Ouest : favoriser
    l’inter connaissance des groupes projets afin de mutualiser les expériences, faire apparaître les
    besoins d’informations et de structuration, identifier les contenus et la demande, donner une
    visibilité plus large à ces mêmes projets, structurer les ressources d’accompagnement par le
    partenariat avec différents acteurs de l’habitat (promoteurs, SEM, élus, habitants…).




                                           Page 6 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
Le programme de la rencontre
L’objectif était de se réunir, se rencontrer, se « compter » aussi, et échanger. Evaluer la dynamique
en cours localement, croiser les projets et les interrogations, commencer à dégager des pistes de
moyens et de solutions, créer un embryon de réseau régional.
La rencontre de novembre 2007 à Toulouse avait bien montré la nécessité du réseau, mais à
l’échelle nationale, sa pertinence est délicate et l’échelle est grande. C’est plus un lien virtuel (par
les sites et les mails) ponctué de temps d’échanges voire de réunions occasionnelles, qu’une
dynamique en continue. La dimension régionale avait aussi été proposée pour faire un lien entre le
national et le local, avoir une approche territoire d’un réseau en construction de l’habitat groupé,
solidaire, coopératif … Il nous semble que cette échelle est opérationnelle.
La matinée organisée autour de « quoi » il s’agit voulait parler des projets présents, mais aussi de
faire connaître des projets un peu anciens qui ont abouti et existent toujours, afin de montrer que
c’est possible, à travers donc l’expérience d’Habitat Différent d’Angers et aussi Kergitbois allée Pablo
Neruda à Redon, d’avoir une vue d’ensemble de ce qui s’esquisse avec l’étude de Kejal sur les éco
hameaux, de ce qui s’est développé ailleurs en Europe avec l’exemple Habitat et participation en
Wallonie. Des films sont venus compléter ces exposés, notamment sur le co housing nord américain.
L’après-midi était initialement prévue autour du « comment » (les ressources d’accompagnement et
le partenariat) avec un retour d’expérience sur l’accompagnement de projets, l’apport de partenaires
potentiels (promoteurs, architectes …), d’élus etc., autour des « conditions de la réussite » et des
réponses à apporter. Mais une réunion du groupe des organisateurs avec habitat et Participation la
veille concluait en faveur d’une appropriation collective de la problématique à travers des ateliers
thématiques de travail.
C’est en définitive une centaine de personnes qui sont passées à Redon ce 21 juin, organisées ou
non, en projet d’habitat ou intéressées, solidaires ou curieuses, professionnels ou militants (ces
« ou » n’étant ici pas exclusifs …).




                                           Page 7 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest


                  Les temps de la rencontre : le matin

Présentation des projets par les groupes
Une présentation est faite par les groupes présents autour de trois questions ; il s’en dégage
globalement :
(NB : le tour de table des projets ou des personnes présentes, et selon qu’ils furent correctement
entendus, figure en annexes.)


a) Quels ont été les élément déclencheur du projet?
Toute une palette d'éléments est relevée. Plusieurs initiatives sont par exemple nées autour d'un
patrimoine. Un propriétaire met à disposition une parcelle, des personnes se mobilisent autour d'un
bâtiment à restaurer etc.
Pour d'autres, la constitution d'un groupe fédérant un réseau de connaissances est à l'origine
d'initiatives d'habitat groupé. Enfin, des exemples de projet nés de l'initiative de structures (HEN,
l’Echo-habitants, EcoQuartier Anjou) sont également présentés.


b) Aspect collectif : Qui? Pourquoi?
La question du Qui adhère au projet? (les acteurs) permet de relever des volontés variables de
mixité générationnelle ou sociale. En revanche, l'exigence d'une adhésion à une fibre ou vision
commune, l'idée du « qui se ressemble s'assemble » est constante. Le vivre ensemble semble
conditionné par une démarche collective autour de projets de vie.
La question du Pourquoi?, des motivations de chacun permet également d'identifier des constantes:
la volonté de conduire des projets dépassant l'habitat individuel, la notion d'émancipation par ré
appropriation de services et prestations collectives ou le développement d'innovations en réponse à
des besoins non satisfaits etc.

c) Avancement ?
Là encore, toute une gamme d'avancement marque les différences entre les projets présents.
Certains, encore au stade de l'idée ou de la constitution de premiers éléments collectifs (charte,
constitution d'une association...) rencontrent des groupes ayant avancé dans les phases techniques
(dépôt de permis, travaux avec des architectes...). Pour un projet, le terrain est déjà viabilisé. Aucun
projet abouti récemment n'est identifié. Les témoignages des projets d'Angers ou de Redon, vieux
de 20 ans, illustrent le creux qu'a connu la dynamique habitat groupé au cours de deux dernières
décennies.
Plus de détail ?
Dans le tableau des participants en annexes figure le contenu résumé des projets ; nous n’avons pas
pris le temps de les étudier plus en détail. Le faible taux de retour de la fiche de renseignement qui
avait été envoyé aux groupes réduit d’autant l’intérêt d’un tel travail …



Etat des lieux de l’habitat groupé en France (étude par la SCOP
Kejal, Morlaix)

Les documents sont téléchargeables sur le site http://www.kejal.fr/spip.php?article52




                                           Page 8 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest

L’étude réalisé à partir de documents disponibles et d’enquêtes a été réalisée dans le cadre des
contrats de plan Etat Région (enveloppe 3) dans le but de promouvoir la création d’éco-hameaux et
d’habitats groupés écologiques sur le territoire du Pays de Morlaix, avec les concours du Pays, de la
région et du programme Leader+ (programme européen de soutien aux territoires).
La monographie s’articule sur les points suivants :
          Un essai de définitions de l’habitat groupé à partir des expériences observées en France
           et à l’étranger, autour de notions de démarche collective, de parties privatives et
           communes ou partagées, du « co housing » nord américain et nord européen, de projet
           de vie conviviale à géométrie variable, de moyens partagés, de volonté de rompre
           l’isolement et développer de la socialité, d’autogérer l’habitat, de l’idée de propriété
           collective ou partagée ; l’habitat groupé ne se réduit pas au chantier collectif, n’est pas de
           l’habitat communautaire ni de la propriété classique.
          Il y a également des échelles de mise en oeuvre comme l’éco quartier (exemples
           Vauban à Friburg en Allemagne, Bedzed au sud de Londres ; cadre urbain, géré par la
           ville, des fonds européens, une grande échelle …), l’éco lotissement (petit projet en ville
           ou village, qui reproduit le schéma du lotissement classique, porté par la collectivité ou
           des habitants, qui innove côté construction ou emprunte le modèle des cités jardin …),
           l’éco village qui regroupe de l’habitat et des activités, cherche l’autonomie énergétique,
           développe une approche plus communautaire, l’éco hameau, échelle inférieure du
           village, comme lieu de vie de développement équitable et durable, qui développe souvent
           de la mixité, une démarche participative, de la mutualisation, de l’auto construction. On y
           croise La démarche d’auto promotion par les habitants, accompagnée ou non par des
           professionnels.
          En matière d’éco construction, les initiatives menées par les collectivités (les communes)
           conduisent le plus souvent à la réalisation d’éco quartiers ou d’éco lotissements plus ou
           moins heureux du point de vue de l’écologie de l’habitat et de leur intégration dans leur
           environnement ; ces opérations sont menées généralement sans l’intégration des
           habitants au montage du projet et sans la dimension sociale de l’habitat. Ce sont des
           opérations de promotion « classiques ».
          Un relevé des difficultés fait apparaître différentes natures d’obstacles à la réalisation des
           projets intégrant les habitants : culturelles autour de la suspicion du communautarisme
           ou de « ghettos bobos », la résistance au changement (riverains notamment, mais aussi
           élus parfois), la faiblesse de la culture participative (du côté des habitants comme du côté
           des partenaires) ; d’autres sont plus contextuelles comme l’accès au foncier (réserves
           disponibles, coûts …), les clauses urbaines et les PLU (Plan Local d’Urbanisme) avec leurs
           obligations spécifiques (sur l’habitat lui-même, le logement social et le
           partenariat « contraint » avec un bailleur …). Structurelles enfin avec la question
           juridique et l’absence de statuts permettant de co gérer véritablement la propriété
           collective ou partagée (la coopérative d’habitants pérenne) et l’absence d’une
           structuration de l’accompagnement aux projets (structures d’appui, filière de l’éco
           habitat, relais juridique et partenaires financiers etc.), l’accompagnement aux collectivités
           existant à travers BRUDED (en Bretagne), les CAUE et l’ADEME (entre autres).



Habitat Différent, Angers
(CF http://www.habitat-participation.be/index4.htm)


Ce projet d’habitat groupé autogéré date des années 80. Il se caractérise par :
          Un statut associatif (toujours actuel), une co gestion par les habitants du projet ;
          Un habitat partagé intermédiaire, social, avec une vie collective ; c’est un projet




                                            Page 9 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
        politique ;
         Le contexte était celui du M.H.G.A. (Mouvement pour un Habitat Auto Géré), en lien avec
          la vie alternative locale et la volonté de sortir de « l’individualisme » ;
         L’objectif étant également le social, l’idée de rester locataire, de favoriser la mixité, de
          travailler donc avec un promoteur bailleur social a été un choix du départ.
         3 projets ont été formulés, 1 seul a abouti, autour de l’idée participative de concevoir son
          logement.
         La mairie a rétrocédé le terrain au bailleur social Le « Toit Angevin » pour 1F symbolique ;
          ce bailleur a été choisi par les habitants.
         Le montage du projet s’est fait avec l’appui très engagé et désintéressé de jacques Lévy,
          architecte urbaniste, solidaire du projet.
         Il a duré 3 ans, autour de l’idée « vivre ensemble chacun chez soi ».
         Le Cahier des Charges s’est formalisé à partir des souhaits d’espaces à partager, de
          mettre la voiture dehors, puis des souhaits des ménages pour les parties privatives.
         La mise en forme a été proposée par l’architecte en lien avec les contraintes
          réglementaires du bailleur.
         Chaque logement est différent et s’articule autour de l’invitation à la lumière et au
          passage ; des espaces parents/enfants, des escaliers ouverts, un cloisonnement souple
          pour un aménagement évolutif …
         En cas de départ, une convention tacite avait été passée avec le bailleur pour pouvoir
          coopter ou donner un avis lors de l’attribution de logements à de nouveaux locataires ; en
          effet, si le lieu est ouvert, il repose sur des choix qui demandent un engagement fort. Il
          est donc difficile d’y intégrer des familles qui ne sont pas intéressées par ces choix là.
         3 familles sont encore là depuis l’origine, le renouvellement s’est plutôt bien effectué.
          Mais les dispositifs récents avec injonction de la préfecture dans les commissions
          d’attribution (la loi Dalloz qui impose 25% des attributions sur l’existant et 50% sur le
          neuf) rendent la maîtrise de celle-ci par les actuels occupants impossible. L’enjeu autour
          de « méthodes d’intégration » n’en devient que plus important. Il y a donc aujourd’hui un
          équilibre fragile concernant la pérennité du projet. Le passage à la propriété a commencé
          à partir de 2000 pour pouvoir s’affranchir des contraintes et peut-être aussi anticiper
          l’avenir …
         La relation avec le bailleur reste bonne mais le projet reste considéré comme marginal et
          aucun développement de ce type n’a été envisagé.
         L’association souhaite trouver des solutions autour de la propriété partagée (collective
          pour les espaces communs par exemple et individuelle pour les parties privatives) ou
          collective. Les habitants de la coopérative de Redon ne sont pas propriétaires du sol hors
          SHON par exemple.



Habitat et participation
(CF http://habitat.different.free.fr/index2.htm).


         Création universitaire à l’origine ; dépend du gouvernement régional et de ses attributions
          pour l’habitat et l’aménagement et le développement des territoires. La vague post-68 et
          l’autogestion pour la prise en charge de sa vie, mais aussi l’éthique chrétienne du droit au
          logement, sont sans doute à l’origine du phénomène social et de la démarche qu’il a
          engendrée.
         Très forte demande actuelle, 5 à 10 appels par jour. La crise du logement pose la question




                                           Page 10 sur 25
     Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
         de l’accès au logement, l’enjeu social est prédominant. Et il n’y a pas de volonté politique
         en dehors du cadre de l’accession individuelle à la propriété …
          Ce constat renvoie à la nécessaire solidarité des projets, à des projets de vie qui relient
           les acteurs, et à ne pas s’entêter sur la « démocratie sauvage », à savoir qu’il y a des
           méthodes pour l’organisation, la gouvernance, la gestion, le partenariat etc., et que ces
           savoirs instruisent les conditions de la réussite …
          Habitat et participation s’inscrit dans l’espace d’une offre complémentaire d’habitat, avec
           une diversité de coûts, un gradient de mise en commun des espaces, un mode de
           régulation interne, des conditions d’accès et de sortie des dispositifs.
          Il développe un ensemble de conseils autour des étapes nécessaires à la réalisation d’un
           projet d’habitat participatif ; l’intervention est fonction de la demande.
          Des conseils de base pour un habitat groupé et sur lesquels H&P peut aider :
            1. Prendre le temps nécessaire de constituer un groupe
            2. Travailler sur ce qu’on veut in fine : des espaces individuels et des espaces collectifs
               (la communauté confond les deux, la propriété classique les réduit à un seul …)
            3. Mise en place de pratiques de dialogues, de désamorçage de conflits, de
               représentations partagées et de consensus a minima, des processus de décision et des
               temps d’appropriation
            4. Afficher ce qui relie, fédère les personnes
            5. Pas d’exigences collectives trop élevées : tout vouloir empêche de pouvoir …
            6. Les processus d’entrée et sortie des participants
            7. Evaluer et valoriser les compétences internes, cibler les besoins de ressources
               externes
            8. Trouver une forme juridique adaptée selon la nature, le lieu, les contraintes et les
               objectifs du projet, le montage financier, les options pour entrer et sortir
            9. Avoir pour objectif des espaces collectifs « vivables » et « gérables » …


       Benoît Debingue et Daniel Mignolet interviennent pour H&P sur :
           Du recueil exhaustif
           Des questions clés
           Un site, une Newsletter
           Des outils méthodologiques
           Un cycle de conférences (10)
           Des journées « porteurs de projets » (= bourse aux projets)
           Des groupes de travail thématiques
           Un guide pratique avec des fiches
           travaillent sur le co logement
           du travail de sensibilisation des élus (brochure)
           Un forum d’échanges
           Un accompagnement à la carte (question enjeu : éduquer les promoteurs ?)
Il est difficile ici de retranscrire tout ce qui a été dit et surtout l’humour avec lequel cela a été par
moment dit. Quoiqu’il en soit, la rencontre avec nos amis d’Habitat et Participation a été un
magnifique cadeau et un super moment …




                                             Page 11 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest


Synthèse de la matinée
Plusieurs éléments déclencheurs des projets :
        L’opportunité, un contexte favorable (proposition de terrain …)
        Une réflexion « conceptuelle » portée par une structure ou des personnes
        Le contexte actuel qui renvoie à la nécessité de mutualiser des moyens et autour des enjeux
         du développement durable
Qui (publics), quoi (contenu), où :
        Des projets très variés sur les formes, les contenus, les objectifs … mais en lien direct avec
         des groupes d’habitants auto constitués ou fédérés par des structures
        Un besoin d’émancipation voire d’autonomie, pour la maîtrise de son habitat (formes,
         matériaux, contenu, coûts et gestion, voisinage et socialité etc.)
        L’intégration dans un territoire : cadres urbain, péri urbain, rural, aux enjeux communs et
         singuliers, relation et partenariat avec la collectivité, intégration dans le quartier, le village …
        Des dimensions collective, participative, partenariale et de réseau.
Avancements :
        Un renouveau récent en lien avec la crise du logement et environnementale ; certains
         projets bien avancés mais rien d’abouti.
        Un retour d’expériences de + de 20 ans (une certaine interruption en France) à mettre en
         lien, des dynamiques à l’étranger assez avancées à connaître et une histoire sociale de la
         coopération à s’approprier ?



                Les temps de la rencontre : l’après midi

Les ateliers thématiques
Une discussion collective réajuste des propositions d’ateliers autour de 4 thèmes + la visite du
lotissement coopératif Allée Pablo Neruda.
       Il est proposé de développer la réflexion et les échanges autour de 3 points :
       - Quels sont les questionnements des projets ?
       - Quelles sont les pistes de réponses ?
       - Que peut apporter la structuration d’un réseau quant à ces questionnements ?

        a) Compte-rendu         atelier   « vie    de    groupe,    relations     humaines      et   (auto)
           promotion »

       Daniel (animateur) : nous avons l’opportunité aujourd’hui de constituer un réseau de l’habitat
       groupé à l’échelle interrégionale. Dans ce cadre il nous faut éviter de réinventer la roue à
       chaque fois. L’échange d’expériences est alors extrêmement important pour ne plus avoir à
       passer des mois de réunions alors que d’autres ont trouvé une solution. L’intérêt du réseau
       c’est cet échange d’expériences. Cependant pour qu’un réseau existe, il faut le faire vivre et
       cela demande de l’énergie.
       Bilan des échanges
       (Daniel) Il y a 5 dimensions que nous rencontrons d’ailleurs souvent dans le cadre de notre
       travail à Habitat et Participation :



                                             Page 12 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
 - Premièrement, derrière le projet il y a la question de sa matérialisation. Où est notre utopie
 par rapport à l’espace physique qu’est notre futur lieu de vie ?
 - Deuxièmement, la question du pouvoir, du leadership est primordiale.
 - Troisièmement, la question des finances qui est d’ailleurs souvent liée à celle du pouvoir. Il ne
 faut surtout pas prendre cette question trop tard.
 - Quatrièmement, la cohésion entre les acteurs, pourquoi se regroupe t on ? L’intérêt du
 réseau est que si vous ne vous sentez pas bien dans un groupe vous pouvez peut être vous
 raccrocher à un autre. Le projet ne doit pas parti d’une utopie, il doit partir de quelque chose
 de concret (un terrain, volonté de vivre ensemble…) et à partir de là on imagine.
 - Cinquièmement, il y a la question des règles et de la gestion collective : un groupe humain se
 forge des normes dès sa première rencontre. La question des règles est très importante. Le
 mécanisme de pouvoir existe, il ne faut pas le voir comme un obstacle, cette question peut
 être résolue à condition d’avoir conscience des mécanismes et de les anticiper. L’Habitat
 Groupé est avant tout un projet de vie, le groupe est un moyen d’y parvenir. Le groupe est à la
 fois un moyen et une fin en soi.
 - Habitat Différent (Angers) : Dans le cadre des projets d’Habitat Groupé, l’enfant mais aussi
 l’adulte apprennent et s’éduquent. A Habitat Différent aucun espace vert n’est privé, il y a des
 espaces intermédiaires qui servent de filtre entre espace communs et privés, ce filtre est
 respecté par les autres habitants. Le respect s’apprend et se met en place. Je crois que l’on est
 un peu sur le fonctionnement du village d’autrefois.
 - ( ? ) : C’est vrai que l’on est en train d’être obligé de réinventer les structures des sociétés
 villageoises comme dans le cadre de la prise en charge des personnes âgées par exemple.
 - ( ? ) : C’est quelque chose que l’on est en train de réinventer en Europe mais qui existe
 encore dans de nombreuses sociétés. Je pense à certaines sociétés africaines notamment.
 - ( ? ) : Peut être, par contre ses sociétés interviennent peut être très voir trop facilement sur
 la vie privée. Je pense à l’éducation quasi collective des enfants notamment.
 - ( ? ) : Il ne faut pas oublier que le contrôle social peu s’avérer très lourd et dangereux.
 - ( ? ) : Sur la question des finances, je crois que c’est une question qui doit être posé très
 vite. Les aspects matériels doivent être mis sur la table.
 - Delphine (Pays de Morlaix), sur la question de la cooptation, de l’entrée et de la sortie des
 personnes : dans le cadre de notre Habitat Groupé, plusieurs personnes sont entrées et
 sorties, la cooptation est toujours un moment difficile. Il est difficile d’intégrer de nouvelles
 personnes et de conserver l’harmonie initiale du groupe. Cependant l’arrivée de nouvelles
 personnes voit une énergie nouvelle se mettre en place et le projet continue.
 - Daniel : Il faut prévoir les entrées et sorties. D’un point de vue juridique tout d’abord. En
 Belgique si quelqu’un quitte le groupe, celui-ci, s’il l’a prévu en amont, peut préempter le
 logement de la personne qui part (dans le cas des groupes ayant adopté des statuts de
 copropriété). Cependant méfions nous du discours des juristes, ils n’y connaissent rien.
 - Annaig : sur Rennes, par l’intermédiaire de la Coop. de Construction on a pu identifier des
 juristes qui s’intéressent à ce type de projets.
 - ( ? ) : Sur L’Habitat Groupé, les projets sont souvent sur de la construction neuve, nous on a
 envisagé d’être sur un des bâtiments communaux. Il est intéressant que les groupes fassent
 de la réhabilitation.
 - Marc (Les Graines Urbaines – Rennes): On veut faire de l’Habitat groupé et dans le même
 temps on n’est pas foutu de discuter avec nos voisins actuels. Pour moi un Habitat Groupé
 c’est un immeuble où tu connais tout le monde et tu te donnes des coups de main.
 - ( ? ) Une des fragilités des projets est la difficulté parfois à faire en sorte que les nouveaux
 arrivants soient dans l’esprit du sens commun. S’il n’y a plus de sens commun au projet alors
 celui-ci disparaît. Il faut savoir quitter l’opération lorsque l’on ne se reconnaît plus dedans.

- Daniel : pour conclure, nous avons soulevé ici un certain nombre de questions. Nous ne
pourrons y répondre maintenant. Peut être est ce désormais le rôle du réseau en cours de
constitution d’apporter des réponses par l’intermédiaire de l’échange d’expériences et de la
réflexion commune.




                                      Page 13 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
  b) Compte-rendu atelier « juridico-financier »

(Pierre Yves, animateur)
Un relevé des questions par tour de table des participants :
   Quelle fiabilité actuelle quant à la forme coopérative ? Que permet-elle ? Qu’empêche-t-
    elle ? …
   Qui doit posséder la maîtrise d’ouvrage ? Qui la maîtrise d’œuvre ?
   Quelle structure juridique pour de l’achat groupé ? Faut-il une même structure tout au long
    de l’opération ou adapter en fonction des phases ?
   Quel montage financier en fonction des apports, comment mutualiser voire proposer du
    placement éthique dans des projets ?
   Statuts d’occupation : en propriété ou en location ? Comment intégrer les deux sur un
    même site ? Quelles formes intermédiaires, quelles alternatives à ces deux modes ?
   Trouver des formes souples d’association pour permettre l’entrée-sortie des habitants et la
    succession ?
   Quid des plus values immobilières ? de la sortie du dispositif ? De l’accès pour les
    nouveaux entrants ?


Avant de choisir un statut, il est nécessaire de poser ce qu’on veut, le contenu du projet :
entrées-sorties, transmission-succession, gestion collective sur le long terme, maîtrise du
projet, dimension sociale et solidaire, habitat partagé et espaces communs etc.
Le statut vient garantir ces choix en posant un cadre juridique. Mais le cadre rigide de la
législation française en favorisant l’accession individuelle à la propriété prive les
« coopérateurs » d’un habitat groupé partagé d’un outil juridique adéquat. Il y a donc des
statuts actuels à « détourner » et « réutiliser », si on s’autorise à penser autrement, à sortir du
cadre. Des exemples :
   Le statut de locataire permettait de conserver de la souplesse pour l’accès au logement et
    de squeezer d’entrée les logiques d’intérêt. Mais on a vu avec l’exemple d’Habitat Différent
    que c’est difficilement tenable sur le long terme et la loi Chalandon a supprimé en 1971 le
    statut de locataire-sociétaire (le loyer générant des parts sociales nominales récupérables
    et transmissibles) et modifié profondément le cadre de la location accession sociale limitée
    à 5 ans aujourd’hui.
   Des SCCC (Redon, Rennes …) se sont maintenues ou ont décidé de ne pas attribuer
    individuellement les espaces communs, ce qui conserve au projet un caractère solidaire,
    limite la valeur de revente et pose un cadre collectif pérenne (le nouvel entrant devra en
    tenir compte). La coopérative pourrait préempter sur le rachat des logements et proposer
    des reventes « abordables » ou conserver une part de la plus value dégagée pour la
    réinjecter dans ses réserves et provisionner pour des investissements, de la rénovation …
   D’autres formes juridiques sont « détournables » de leurs finalités premières : une SCI
    avec un règlement de copropriété et une charte qui met en place de la co gestion et de la
    solidarité, des statuts en SAS ou SCI/GFA ont été détournés également (voir les sites
    http://www.terredeliens.org/ et http://www.relier.org)


Il y a un enjeu à faire évoluer les cadres actuels, par le biais du droit à l’expérimentation et/ou
en soumettant des propositions au législateur, propositions d’évolution de statuts du droit
coopératif dans l’habitat et d’innovations, empruntant en partie d’anciens rapports, à
retravailler avec des experts (Habicoop, la CRES Aquitaine et notre Groupe de Travail ont
entamé chacun de leur côté une démarche qui vise à mutualiser des propositions en direction
du législateur, à suivre donc les prochains épisodes …) :
   Trouver des formes souples, ouvertes, permettant la gestion pérenne d’un habitat partagé,




                                     Page 14 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
   en lien avec le droit coopératif (la coopérative d’habitants)
   Pouvoir fractionner la propriété des logements individuels (100% d’usage/ 80%
    propriétaire, les 20 restant pouvant être détenus par des investisseurs solidaires ou
    d’autres sociétaires de la structure porteuse)
   Créer une « foncière » coopérative gérant les parties communes, société transversale aux
    projets, porteuse du foncier et personne morale dans chaque structure de projet, pouvant
    devenir aussi un outil financier en s’inspirant notamment des modèles scandinaves ?
   … /…
   Pour compléter ce vaste sujet, voir également le compte-rendu des journées de Toulouse
    de novembre 2007.
L’intérêt du réseau :
   Mutualiser, regrouper, fédérer mais en travaillant collectivement sur quoi et pour quoi, la
    dimension politique et sociétale : dans quoi ça s’inscrit, donner du sens … (il y a une
    dynamique internationale en cours)
   Activer une bourse aux projets, voire une base de données ?
   Mettre du savoir à disposition, des guides méthodologiques qui aident à baliser car il n’y a
    pas de solutions toutes faites ...
   Besoin d’un centre de ressources, d’accompagnement, de personnes ressource (expertise),
    d’outils partagés, d’accès aux expériences …
   Un réseau pour agir, créer de la dynamique, des événements, partager les expériences
    vécues, organiser des rencontres thématiques et visiter des réalisations
   Travailler vers l’institutionnel, les élus ; exister collectivement pour développer des filières,
    du partenariat ; communiquer et valoriser
   Un site Web pour mettre en ligne …
   Eviter l’usine à gaz, des outils ingérables ou inaccessibles …
   Créer des groupes de travail sur les thèmes communs
Mais activer un réseau, c’est aussi trouver des moyens humains, financiers, matériels …


  c) Synthèse atelier « urbanisme »

Identifier les freins :
   Réglementaires : comment composer ? Occasions de créativité à savoir contourner,
    détourner ?
   Techniques : nouveaux matériaux non certifiés, certains devraient pouvoir l’être bientôt
   Humains : la densité est utile mais fait peur, la nouveauté également. Désamorcer ces
    inquiétudes en allant à la rencontre des expériences
   Image – crédibilité : trouver des partenaires crédibles pour aller à la rencontre des élus,
    des banques. L’architecte reste un technicien, il y a besoin d’animation et de coordination.


L’intérêt du réseau :
   Des personnes ressource
   De l’information disponible




                                      Page 15 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
  d) Synthèse atelier « auto construction et habitat groupé »

Enjeux :
 1. Les choix de la part auto construite
 2. Les garanties
 3. La certification / DTU

 4. Des coûts réduits
 5. L’accompagnement et son cadre
Il faut du suivi, de la pédagogie, des connaissances, des techniques et savoirs faire.
Questions :
   Le cadre juridique ? Groupement d’employeurs ? Le maître d’œuvre ? Des Organismes
    d’insertion et de formation ?
   Besoin d’études des matériaux
   De techniques de pose
   Quel développement possible ? Faire évoluer les champs d’intervention, les méthodes des
    professionnels …
L’expérience en cours des Compagnons Bâtisseurs à Langoët qui accompagne l’auto
construction d’un éco lotissement sera intéressante à suivre.
Le cadre urbain avec des collectifs pose des contraintes et fait pencher en faveur de l’auto
construction sur le 2nd œuvre …


  e) Visite Kergitbois allée Pablo Neruda

   Fait apparaître l’intérêt de la coopérative de construction comme outil de projet collectif
   A été réalisé par un promoteur coopératif (la Coop de construction) avec un bilan positif
    pour les habitants
   Met en évidence la possibilité de l’attribution individuelle sans remise en cause du projet
    en maintenant la propriété collective des espaces partagés
   Propose le blocage et le cadrage des conditions d’accès au logement pour les nouveaux
    entrants dans les statuts.




                                     Page 16 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
Synthèse de l’après-midi et perspectives

La journée a mis en évidence l’intérêt du réseau :
       Le réseau de l’habitat groupé peut s’inscrire en lien avec la démarche ECO3 de la Chambre
        Régionale de l’Economie Sociale Bretagne qui travaille à fédérer les acteurs de l’éco habitat
        solidaire autour notamment de l’idée de filière.
       Il pose la question des ressources locales à mettre en œuvre pour travailler avec les
        groupes projet
       A quoi va servir le réseau, comment il va fonctionner, quelles ambitions partager ?
       Un réseau grand ouest qui intègrerait le réseau national de l’habitat groupé, qui s’inscrirait
        dans ce qui existe déjà.
       Il s’agit de ne pas tout réinventer, mais s’appuyer sur les expériences réalisées et
        mutualiser les compétences.
       …/…

Propositions :
       2nde rencontre en septembre sur les valeurs communes pour se fédérer (une charte)
       un groupe de travail sur les ressources disponibles nécessaires et comment partager la
        ressource ?
       La place des structures d’appui dans ce réseau et quel modèle économique pour
        fonctionner ?
       Cohérence propose de développer un site web coopératif comme portail de l’habitat
        groupé : à travailler collectivement son contenu et comment l’utiliser.




    (A suivre …)




                                         Page 17 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest



                                           ANNEXES
Tour de table des participants : présentation des groupes
projets et d’autres personnes présentes
L’Echo-Habitants – Nantes (CF page 3)
     Yves et Dominique font le point de la démarche du groupe projet : avec son document de
     présentation, l’association a pris contact avec Nantes Métropole pour évaluer à partir des
     documents des PLU des pistes concernant le foncier et avec les communes de l’agglomération
     ainsi que des SEM, pour négocier ensuite de la disponibilité foncière. L’association souhaite à
     partir de là piloter ou accompagner 1 à 4 projets pilote sur l’agglomération nantaise.
Stagiaire SEM - ?
     S’intéresse aux éco quartiers et souhaite (ou déjà fait ?) rejoindre un collectif d’habitants.
Salariée CAUE - Vannes
     Observatrice intéressée.
Bruno - Rennes
     Observateur intéressé.
Marie - Rennes
     idem
Etudiante - ?
     S’intéresse aux éco quartiers et souhaite éventuellement rejoindre un collectif d’habitants.
Bernard Magny ( ?), architecte - Vannes
     A travaillé sur l’éco lotissement de Bazouges sous Hédé ; prépare un projet de 12 habitats
     passifs en logement social à St Neuf (56) ; pour des espaces réservés à l’auto construction
     encadrée.
Françoise et Céline, asso CAP HEOL - Lorient
     Projet « Eco Village du Bien Etre », 20 acteurs, habitat + activités économiques autour de la
     santé.
Cécile et Emmanuel, acquéreurs dans l’éco lotissement de Langoët
     Cet éco lotissement communal intègre de l’auto construction encadrée par une structure
     d’insertion.
Les Petites Perrettes – Pays de Rennes (CF page 5)
     Projet pour vivre autrement dans un éco hameau, mutualiser des espaces, état d’avancement
     d’une vision commune du projet.
Delphine – Finistère Nord
     Vit dans un habitat groupé en petit collectif et travaille dans une agence immobilière à vocation
     écologique.
EQA49 – Angers (CF page 5)
     Bertrand, accompagnateur (Alisée) et Gildas font le point des 3 projets regroupant 50
     personnes, dont un lotissement de maisons et de collectifs.
Claude Cohérence – Fédréac / La Ronde Bruhel (44)
     Intéressé en tant qu’adhérent de l’association Cohérence



                                           Page 18 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
Habitats et Energies Naturels – Loire Atlantique (CF page 5)
     L’association (dans les 300 adhérents), adhérente de la FD CIVAM44, développe l’écologie dans
     l’habitat en circuits cours. Elle fédère des groupes « éco hameaux » d’éco habitat groupé, dont
     les plus avancés sont (Yves, président) :
      Groupe Rezé (Marylène, François, Nicolas): avant projet validé par la commune avec une
     forte empreinte écologique, négociation pour le terrain en cours, projet de 12 logements dont
     6 locatifs sociaux (cadre du PLU) ; partenariat en cours avec un bailleur social ; statut en
     coopérative de construction ; esquisses démarrées avec l’architecte.
      Groupe Nort Sur Erdre : éco lotissement d’une 10aine de maisons, terrain acheté, phase
     de viabilisation démarrée, projets constructif travaillés avec architecte, statut en indivision lors
     de la phase d’achat puis revente et lotissement en propriété horizontale.
      Groupe Bouvron (Claude) : objectif de développer des filières valorisant les ressources du
     terroir vers l’habitat ; pas un hameau « dortoir » ; à proximité d’une ferme bio ; 4600 m²
     constructibles ; 2 collectifs et 4 maisons prévues ; démarche entreprenariale et habitat social.


Graines Urbaines – Rennes
     12 personnes pour un projet de vivre autrement en ville dans un habitat partagé ; phase de
     construction du groupe et définition du projet. + Roseline intéressée et habituée de la co
     location .
Marianne (habitante à Pablo Neruda) + Alain + Claire + François (Oxalis) – Redon
     Pour un nouveau projet d’habitat groupé sur Redon ... Nécessité d’identifier les dynamiques
     locales sur l’habitat groupé, réflexion sur le vivre ensemble, et recherche d’un terrain.
Pascal+ stagiaire, association Empreinte – Messac (35)
     L’association (+de 200 adhérents), développe l’écologie dans l’habitat : stages et chantiers
     participatifs, formation interne, développer l’habitat passif, aider les auto constructeurs. Les
     projets se heurtent au foncier (coûts …) et aux collectivités (foncier dispo, méfiance …)
Emmanuelle – Tours (37)
     Observatrice du co habitat, intéressée par l’initiative
Anne France + ? – Vannes (56)
     Un projet est en cours de démarrage sur Vannes ou ses environs …
Angélique, Philippe, Mathieu, collectif « La Folie » – Evran (22)
     Projet en lien avec les éco villages, les lieux de vie ; mutualisation et partage ; projet de jeune
     agricultrice avec opportunité d’un lieu « La Folie » ; 10 personnes sur le projet ; habitat
     nomade pour l’instant avec une réflexion engagée sur ce mode ; 1500 m² de bâti disponible à
     mettre en usage « ouvert » ; questions sur le montage juridique et les statuts s’inspirant des
     expériences croisées par « Terre de Liens » (voir leur site http://www.terredeliens.org/) et le
     montage financier.
Yvan, Roland, + ?, projet « Habiter Autrement » – Rennes (35)
     10 personnes pour un projet de vivre autrement en ville ou en péri uarbain dans un habitat
     partagé avec mixité et empreinte environnementale ; phase de construction du groupe et
     définition du projet. Projet participatif (coopérative), qualité de l’habitat, mutualisation,
     ouverture vers l’extérieur (logements étudiants ?) …
Philippe - Questembert (56)
     Un projet d’éco lotissement avec maisons bio climatiques, pour un aménagement favorisant
     des espaces collectifs, le SEL de Questembert comme support de partages et d’échanges ; le
     terrain est viabilisé.
Julie, stagiaire association Emergence – Brest (29)



                                           Page 19 sur 25
    Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
     Etudes d’urbanisme, effectue une monographie sur l’habitat écologique et groupé dans le cadre
     de son stage.
Anne Laure – Morlaix (29)
     Cherche à s’associer à un projet d’habitat groupé ; connaît un groupe à Morlaix.
Marie Odile – ?
     Consultante en environnement, cherche un groupe urbain sur Rennes ou Nantes.
Florence – Lyon
     Consultante Oxalis (coopérative d’activités), intervient sur la politique de la ville pour
     structurer les territoires ; s’intéresse au mouvement de l’habitat groupé.
Marc, administrateur Cohérence + Annie au CA – Lorient (56)
     Impliqué dans les projets portés par le réseau ; en contact avec la Comm’ d’Agglo de Lorient ;
     pour une approche globale : développer les éco quartiers, financer du logement social, définir
     les conditions d’un logement pérenne ; création de petits collectifs avec de la pluri activité, des
     activité tertiaires …
Christophe, en formation à la MFR (Licence Pro en développement local à la Maison Familiale et
rurale) à Carquefou (44)
     Expérience en Rhône Alpes de l’habitat groupé. A rencontré les associations nantaises.
     Envisage d’intégrer un groupe projet.
Pierre, association « Arca Minor » ? (35)
     Travaille sur un prototype d’habitat passif.
Isabelle – Cancale (29)
     Sur un projet d’éco habitat à Cancale.




                                           Page 20 sur 25
 Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest

Compte-rendu exhaustif de l’atelier « vie de groupe, relations humaines et (auto)
promotion »

 Daniel (animateur) : nous avons l’opportunité aujourd’hui de constituer un réseau de l’habitat
 groupé à l’échelle interrégionale. Dans le cadre de l’Habitat Groupé il nous faut éviter de
 réinventer la roue à chaque projet. L’échange d’expériences est alors extrêmement important
 pour ne plus avoir à passer des mois de réunions alors que d’autres ont trouvé une solution.
 L’intérêt du réseau c’est cet échange d’expériences. Cependant pour qu’un réseau existe, il
 faut le faire vivre et cela demande de l’énergie.
 En vue de répondre aux objectifs qui nous ont été fixés pour cet atelier je propose que nous
 agissions en deux temps : tout d’abord nous allons faire un tour de table pour tenter
 d’identifier les questionnements des groupes porteurs de projet, peut être dans un second
 temps pourrons nous tenter d’y apporter des pistes de réponses.

 Un tour de table est fait des questions et des remarques
 Benoît (groupe Les Graines Urbaines – Rennes) : Nous souhaitons faire un Habitat Groupé en
 milieu urbain. On est un groupe de recherche, on veut élargir le champ de possibles. Nous
 souhaiterions avoir une réflexion sur les aspects intergénérationnelles de l’habitat, la mixité
 sociale, l’habitat réversible en centre urbain.
 Ramnda (association Empreinte) : une des questions que j’aurai souhaité posé est quels sont
 les éléments fédérateurs d’un groupe. Quel est le socle qui crée la cohésion du groupe et
 jusqu’où le groupe peut il aller dans la définition de son projet sans exploser ?
 Claude Vasseneix (ancien animateur socio culturelle – Vannes) : plusieurs questions autour des
 problématiques liées à l’éco habitat. De même quel est l’élément fédérateur d’un groupe.
 J’aurai aussi souhaité aborder la question du «qui se ressemble s’assemble ». De même
 jusqu’où un groupe peut ou doit il aller dans la définition de son projet ? Comment la cohésion
 du groupe se met elle en place ?
 ( ?) : une fois les valeurs communes définies est il indispensable de définir des règles formelles
 ? Jusqu’où doit on aller dans la définition d’un règlement sans que pour autant ses règles
 deviennent trop contraignantes ? Enfin comment faire appliquer ces règles ?
 ( ?) : s’intégrer à un groupe n’est pas toujours une chose facile. Il y a aussi la question de
 l’efficacité du groupe dans la mise en oeuvre des son projet, comment identifier les
 compétences interne au groupe et les utiliser au profit du projet. Comment être efficace dans
 la mise en oeuvre du projet ?
 Maud (Les Graines Urbaines – Rennes) : Je me pose la question du temps, dans l’optique de
 conserver la cohésion du groupe, combien de temps le projet a pour se mettre en oeuvre ?
 Je me pose aussi la question de l’accompagnement des groupes projets afin de redynamiser le
 groupe, comment celui-ci doit il se mettre en place ?
 Enfin je me pose la question de savoir s’il y aune limite à la taille des groupes projets ?
 Christelle (Les Graines Urbaines – Rennes) : je souhaitai savoir comment un groupe pouvait
 envisager la sortie de ses membres ?
 Annaig (CODESPAR – Rennes) : je ne suis pas membre d’un groupe même si je réfléchis
 éventuellement à en intégrer un. Je me pose la question de l’argent. A quel stade du projet
 doit on parler finance, de qui peut investir ? Cette question me paraît importante car il y a
 plusieurs années j’avais participé à un groupe projet, je n’avais pas d’argent et je n’aurai pu
 être une future habitante, pour autant je participai au débat sur le projet et j’avais tendance à
 pousser le groupe vers l’utopie. Je me suis rendu compte que j’étais un frein à la mise en
 oeuvre concrète du projet. Peut être que si on avait parlé plus tôt de qui serait réellement futur
 habitant et avait les moyens d’investir, le projet se serait plus facilement concrétisé.
 François (Oxalis – Redon) : on a un projet à Redon. J’ai l’impression que beaucoup de projet
 mettent la barre très haute sur la vie ou les espaces communs. Je me demandais s’il était
 indispensable d’aller aussi loin ?
 ( ?) : peut être la barre est elle simplement là où l’on veut bien la mettre. Pour ma part je
 souhaiterai que l’Habitat Groupé soit une chance pour tout le monde. La dynamique
 de groupe peut parfois être coercitive, comment garantir les libertés de chacun ?
 Habitat Différent (Angers) : Le groupe est ce qui fait la force du projet. Le groupe est en




                                      Page 21 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
 constante évolution, il faut recharger les batteries tout le temps. Le projet est en constante
 évolution.
 Olaf (Coop. de Construction – Rennes) : Il faut à mon avis que l’énergie du groupe soit sur le
 projet de vie et non sur la mise en oeuvre. Peut être ne faut il pas hésiter à confier à d’autres
 ce que le groupe ne sait pas faire. Si les groupes doivent se former à réinventer l’ensemble des
 phases du projet alors ils n’aboutiront pas.
 Il faut que les groupes soient accompagnés, l’énergie doit être consacrée à la définition du
 projet et non sur la remise en question du PLU ou je ne sais quoi.
 Yves (L’Echo Habitant – Nantes) : Le point financier est important. Il y a une complexité en
 milieu urbain à faire des projets, d’où l’intérêt de se faire accompagner. Le réseau est un
 apport essentiel. Pour notre part on a tourné en rond pendant un an par manque de réseau.
 Matthieu (Eco Habitat Solidarité) : Je me pose plutôt des questions autour de
 l’accompagnement des groupes. De quelles compétences doit être composé un groupe
 d’accompagnement de projets, sur quel phase du projet agit il ? En partenariat avec quels
 acteurs professionnels ou ressources ? Je pense qu’il faut qu’assez vite nous ayons des projets
 qui aboutissent. Il y a une vraie dynamique, il nous faut pouvoir montrer des exemples aboutis
 pour essaimer.
 (Groupe Les petites Perrettes La Chapelle Chaussé – 35) : notre projet est bien avancé.
 Cependant on a perdu beaucoup de temps du fait d’un conflit avec l’architecte. On a par la
 suite remis a plat le projet, on se rencontre aujourd’hui tous les 15 jours, on s’est fixé des
 échéances. On a monté une association pour nous aider à réussir. On va maintenant
 commencer des rencontres plus techniques avec la Coop. de Construction notamment.
 Nous avons plusieurs questions : comment faire entrer et sortir des membres d’un Habitat
 Groupé. Comment éviter une prise de pouvoir du groupe par une ou plusieurs personnes.
 Quand fait on intervenir le groupe d’animateur ou d’accompagnateur.
 Delphine : je vis dans un habitat groupé depuis environ 8 ans en Pays de Morlaix. On a trouvé
 un lieu un jour et on y est allé avec un projet en éco habitat. Le facteur humain est primordial,
 quand je vois le réseau qui se constitue aujourd’hui, je trouve cela hyper intéressant. Je vais
 pour ma part monter une structure immobilière pour accompagner des
 projets d’habitats écologiques.
 (fin du tour de table des questionnements)

Daniel : je vais tenter de faire une première synthèse.
Je crois qu’il y a 5 dimensions que nous rencontrons d’ailleurs souvent dans le cadre de notre
travail à Habitat et Participation :
- Premièrement, derrière le projet il y a la question de sa matérialisation. Où est notre utopie
par rapport à l’espace physique qu’est notre futur lieu de vie.
- Deuxièmement, la question du pouvoir, du leadership est primordiale.
- Troisièmement, la question des finances qui est d’ailleurs souvent liée à celle du pouvoir. Il ne
faut surtout pas prendre cette question trop tard.
- Quatrièmement, la cohésion entre les acteurs, pourquoi se regroupe t on ? L’intérêt du
réseau est que si vous ne vous sentez pas bien dans un groupe vous pouvez peut être vous
raccrocher à un autre. Le projet ne doit pas parti d’une utopie, il doit partir de quelque chose
de concret (un terrain, volonté de vivre ensemble…) et à partir de là on imagine.
- Cinquièmement, il y a la question des règles et de la gestion collective : un groupe humain se
forge des normes dès sa première rencontre. La question des règles est très importante. Le
mécanisme de pouvoir existe, il ne faut pas le voir comme un obstacle, cette question peut
être résolue à condition d’avoir conscience des mécanismes et de les anticiper. L’Habitat
Groupé est avant tout un projet de vie, le groupe est un moyen d’y parvenir. Le groupe est à la
fois un moyen et une fin en soi.
- Habitat Différent (Angers) : Dans le cadre des projets d’Habitat Groupé, l’enfant mais aussi
l’adulte apprennent et s’éduquent. A Habitat Différent aucun espace vert n’est privé, il y a des
espaces intermédiaires qui servent de filtre entre espace communs et privés, ce filtre est
respecté par les autres habitants. Le respect s’apprend et se met en place. Je crois que l’on est
un peu sur le fonctionnement du village d’autrefois.
- ( ? ) : C’est vrai que l’on est en train d’être obligé de réinventer les structures des sociétés
villageoises comme dans le cadre de la prise en charge des personnes âgées par exemple.




                                     Page 22 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
 - ( ? ) : C’est quelque chose que l’on est en train de réinventer en Europe mais qui existe
 encore dans de nombreuses sociétés. Je pense à certaines sociétés africaines notamment.
 - ( ? ) : Peut être, par contre ses sociétés interviennent peut être très voir trop facilement sur
 la vie privée. Je pense à l’éducation quasi collective des enfants notamment.
 - ( ? ) : Il ne faut pas oublier que le contrôle social peu s’avérer très lourd et dangereux.
 - ( ? ) : Sur la question des finances, je crois que c’est une question qui doit être posé très
 vite. Les aspects matériels doivent être mis sur la table.
 - Delphine (Pays de Morlaix), sur la question de la cooptation, de l’entrée et de la sortie des
 personnes : dans le cadre de notre Habitat Groupé, plusieurs personnes sont entrées et
 sorties, la cooptation est toujours un moment difficile. Il est difficile d’intégrer de nouvelles
 personnes et de conserver l’harmonie initiale du groupe. Cependant l’arrivée de nouvelles
 personnes voit une énergie nouvelle se mettre en place et le projet continue.
 - Daniel : Il faut prévoir les entrées et sorties. D’un point de vue juridique tout d’abord. En
 Belgique si quelqu’un quitte le groupe, celui-ci, s’il l’a prévu en amont, peut préempter le
 logement de la personne qui part (dans le cas des groupes ayant adopté des statuts de
 copropriété). Cependant méfions nous du discours des juristes, ils n’y connaissent rien.
 - Annaig : sur Rennes, par l’intermédiaire de la Coop. de Construction on a pu identifier des
 juristes qui s’intéressent à ce type de projets.
 - ( ? ) : Sur L’Habitat Groupé, les projets sont souvent sur de la construction neuve, nous on a
 envisagé d’être sur un des bâtiments communaux. Il est intéressant que les groupes fassent
 de la réhabilitation.
 - Marc (Les Graines Urbaines – Rennes): On veut faire de l’Habitat groupé et dans le même
 temps on n’est pas foutu de discuter avec nos voisins actuels. Pour moi un Habitat Groupé
 c’est un immeuble où tu connais tout le monde et tu te donnes des coups de main.
 - ( ? ) Une des fragilités des projets est la difficulté parfois à faire en sorte que les nouveaux
 arrivants soient dans l’esprit du sens commun. S’il n’y a plus de sens commun au projet alors
 celui-ci disparaît. Il faut savoir quitter l’opération lorsque l’on ne se reconnaît plus dedans.

- Daniel : pour conclure, nous avons soulevé ici un certain nombre de questions. Nous ne
pourrons y répondre maintenant. Peut être est ce désormais le rôle du réseau en cours de
constitution d’apporter des réponses par l’intermédiaire de l’échange d’expériences et de la
réflexion commune.
(Compte rendu rédigé par Matthieu Theurier, Réseau Eco Habitat Solidarité – Rennes)




                                      Page 23 sur 25
     Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest
Revue de presse
      Habitat groupé, ça fonctionne depuis 22 ans (Ouest France)
      23 Juin 2008

La première rencontre des groupes d'habitants du grand Ouest a
rassemblé, samedi à la Maison des fêtes, près de 70 participants
avec des projets plein la tête.

« Coopérer pour un habitat durable et solidaire » : un thème
décidément ancré dans l'actualité quand on connaît la situation du
logement en France et les enjeux environnementaux de ce XXIe
                                                                              Vincent Berthelot fait partie du
siècle. Pour répondre à ces enjeux, ils sont de plus, en plus en France, à
                                                                              « village » depuis l'origine du
apporter une réponse citoyenne. Ainsi près d'une quinzaine de projets
                                                                              projet.
d'éco-hameaux, d'habitats groupés, fleurissent dans le Grand Ouest. Le
principe : acheter et construire collectivement pour ainsi réduire les coûts. Mais il serait quelque peu
réducteur de parler seulement d'économies car l'habitat groupé est aussi un choix de vie.

Une société coopérative de construction

Ce phénomène que l'on pourrait penser émergent, ne l'est finalement pas à Redon. Car depuis 22 ans, un
projet d'habitat groupé s'épanouit dans l'allée Pablo-Néruda, située entre le centre de secours et la
gendarmerie. Preuve que la formule fonctionne. « Une conjoncture favorable a permis de faire aboutir
le projet en à peine deux ans, explique Vincent Berthelot, l'un des quatre propriétaires à l'origine du
projet redonnais. Il y avait quatre foyers motivés, une entreprise industrielle en reconversion vers la
construction à ossature bois intéressée par cette construction, une municipalité impliquée et
finalement l'appui de la coopérative de construction d'Ille-et-Vilaine qui nous a suivis dans cette
aventure. Le tout fait que depuis 22 ans, « le village » fonctionne sans difficultés. » Les quatre foyers
rassemblés au sein d'une société coopérative de construction ont donc acheté les 5 400 m2 de terrain pour
y implanter six maisons. La CCIV, la Coopérative de construction d'Ille-et-Vilaine, est devenue le
promoteur de ce projet d'habitat groupé et a pris le risque de devenir propriétaire des deux logements qui
restaient. Elle a ensuite créé une structure de gestion locative pour les gérer.

Si la mise en place d'un tel projet immobilier ne semble pas si aisée, c'est aussi « parce qu'aucun statut
ne définit ce type d'habitat, comme l'explique Philippe Yven, salarié du réseau Cohérence, co
organisateur du premier rassemblement des groupes d'habitants du Grand Ouest. Et pourtant, l'habitat
groupé répond au besoin de diversification des modes d'accessibilité et de gestion de l'habitat qui
correspond bien à une réalité sociale ».

L'habitat groupé résout aussi les conflits d'usages entre voisins car tous les propriétaires adhèrent au
projet et défendent une même vision de la vie en communauté. Ce type de projet inclut aussi la notion de
partage à la fois de valeurs et du matériel pouvant aller de la tondeuse à la voiture pour certains... Mais
n'est-ce pas finalement cela, le paradis ?

Élodie ROBIN.




                                             Page 24 sur 25
Compte Rendu rencontre Redon 21 juin 2008 / ECO3 - G.R.T. Réseau Habitat Groupé Ouest




                                  Page 25 sur 25

				
DOCUMENT INFO
Description: Montages Operations Immobilieres Financement document sample