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					                                       Association SEREST
                            Questionnaire d’enquête Médecine Sorcellerie


                                             Préambule :
                       Enquêtes ethnographiques, recherches, expérimentation…
                             Qui collecte ? Que collecter ? Qu’en faire ?


Rappel :
« On entend par "patrimoine culturel immatériel" les pratiques, représentations, expressions,
connaissances et savoir-faire - ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur
sont associés - que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme
faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en
génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur
interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d'identité et de continuité,
contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. »
« On entend par "sauvegarde" les mesures visant à assurer la viabilité du patrimoine culturel immatériel,
y compris l'identification, la documentation, la recherche, la préservation, la protection, la promotion, la
mise en valeur, la transmission, essentiellement par l'éducation formelle et non formelle, ainsi que la
revitalisation des différents aspects de ce patrimoine. »
(Définitions UNESCO, Convention pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel, 17/10/2003)
                                              _______________


Le questionnaire que nous présentons est le fruit de plusieurs années de recherches principalement axées
sur l'étude des mentalités traditionnelles en milieu rural, recherches qui se poursuivent actuellement. Les
obstacles rencontrés au cours des enquêtes, sont nombreux. En voici quelques uns, auxquels nous avons
été confrontés :

- défiance du milieu paysan envers les enquêteurs, assimilés, à tort ou à raison, à des personnes imbues
d'un savoir acquis sur les bancs des universités. Souvent, nous avons entendu les "anciens" nous parler du
mépris manifesté par "le Monde Savant" lorsqu'ils lui confiaient les procédés employés avec succès par
leurs pères et eux-mêmes.

- divergence des centres d'intérêts entre les enquêteurs et enquêtés, ces derniers s'étonnant des questions
posées qui leur semblent hors sujet, lorsqu'elles ne concernent pas le côté strictement "fonctionnel".

- difficulté de cerner avec précision les sources du savoir et des croyances des personnes interrogées, qui
peuvent se référer aux origines les plus diverses :

      "héritage" familial.
      livres, almanachs, journaux, radio et même télévision.
      "ordonnances" anciennes, recopiées et précieusement conservées.
      apport oral extérieur, transmission par voisins, ouvriers, journaliers, vagabonds, etc.

Cela tend à montrer que si certaines pratiques semblent avoir été en usage depuis des générations, dans
les familles interrogées, cela n'implique pas qu'elles soient systématiquement répandues dans le secteur
géographique auquel les familles appartiennent. D'où la question : y a-t-il ou non une médecine et des
croyances spécifiques se rattachant à une région donnée ? Nous ne saurions actuellement, fournir une
réponse.


                                                                                                          1
Lorsqu'on aborde le cas de la sorcellerie, on rencontre un nouveau type de difficultés, en particulier en
matière d'évocation des croyances. On rencontre ainsi trois types de mentalités qui induisent :

      le discours des "gens du peuple" sur les sorciers,
      le discours des "savants" (ethnologues, chercheurs) sur les sorciers,
      le discours du sorcier sur lui-même.

Le premier s'enrichit progressivement par l'apport du merveilleux auquel on a recours pour tenter
d'expliquer les faits constatés ou rapportés, et se déforme progressivement du fait d'une transmission orale
non rigoureuse.

Le second varie en fonction de l'époque où il est recueilli. Ne sont retenus que les éléments intéressant la
mentalité du moment, en fonction d'un contexte sociologique précis.

Le troisième, le "dit" du sorcier sur lui-même est également sujet à caution: en effet, plus la foi dans le
sorcier est grande, plus son "pouvoir" s'amplifie. Il aura donc tendance, à partir du moment où il accepte
de parler, à citer tout le légendaire et le merveilleux qui lui est octroyé par le peuple. Son discours aura
également sa limite, liée à certaines pratiques qu'il ne peut avouer, (mais qu'il laissera cependant
entrevoir) parce qu'elles sont de nature maléfique ou contraire aux lois morales ou sociales (envoûtement,
avortement, etc.)

Dans tous les cas, l'approche ne peut se faire de manière classique. La nature même de la mentalité
traditionnelle, maintenant devenue si étrangère à la nôtre, fait que seul, à notre avis, et selon notre
expérience, reste possible un échange d'informations sur un pied d'égalité de pensée : il faut savoir se
mettre à l'école, sans mépris ni intolérance, écouter et épouser dans sa chair et son âme, la mentalité de
ceux qui véhiculent encore la connaissance traditionnelle au moins le temps de l'enquête. C’est pourquoi
le questionnaire présenté n'a pas un caractère exhaustif, et est destiné à être enrichi au fur et à mesure des
retours d’enquêtes.

Tous ceux qui ont travaillé sur le sujet de l'ethnologie en milieu rural savent les difficultés qui se
présentent si l'enquêteur ne veut pas se borner à enregistrer des généralités déjà connues, des propos
vagues, ne mettant en cause ni l'enquêté ni la population qu'il représente.

Nous avons pensé qu'il était possible et souhaitable de faire précéder le travail sur le terrain par la
présentation d'expositions traitant d'un aspect d'ensemble ayant pour thème : sorcellerie et médecine
traditionnelle, croyances, même si cela est traité de manière incomplète, reprenant les informations
obtenues au cours des précédentes enquêtes et également celles se référant à des zones géographiques
étendues : Auvergne, Velay, Ardèche, Bourbonnais, voire territoire national. Cela a pour but de
sensibiliser une population donnée, et de permettre qu'une approche intime puisse se faire ultérieurement
sans difficulté majeure, à l'aide d'enquêtes approfondies.

Telle est notre démarche. Nous sommes conscients de ses limites et imperfections. Mais il ne s'agit pas
tant pour nous de collecter informations ou objets "rares", que de participer à la transmission et la
continuation d'un héritage capital qui fait partie intégrante du patrimoine humain. La prise en compte des
trésors humains vivants que sont ces porteurs de connaissance, la somme de connaissance léguée par ces
Anciens représentent un patrimoine considérable pour les générations à venir, car nous savons qu'un
monde qui a perdu ses racines n'a guère d'espoir de survie.

                                    « Quand tu ne sais pas où tu vas,
                                 retourne-toi et regarde d’où tu viens »
                              Proverbe sénégalais collecté par Yves Coppens


                                                                                                            2
Matière disponible, qui collecte ?

Tous.
Tous ceux qui "savent", tous ceux qui "aiment".
Je préfère ces termes à ceux de "professionnels" et d’"amateurs". Précisons tout d’abord que le savoir-
faire et le savoir être, qui donnent lieu à Enquêtes ethnographiques, inventaires, recherches,
n’appartiennent à personne en particulier si ce n’est à ceux qui en sont les dépositaires à un moment T de
l’histoire. Quand je parle de "ceux qui savent", je veux dire par là ceux qui ont une expérience de terrain
qui a fait ses preuves. Preuves à l’épreuve du temps, preuves en matière de résultat.

A l’épreuve du temps, car nous n’effectuons pas un travail journalistique. Il convient de tisser des liens
quand on travaille sur le vivant, liens souvent longs à élaborer si l’on veut prétendre à un quelconque
résultat. Et ce ne sont pas toujours, loin s’en faut, les professionnels qui y réussissent le mieux, eux qui
sont contraints à une "rentabilité", de quelque nature qu’elle soit.
Nous avons à plusieurs reprises travaillé au sein de notre structure avec de jeunes étudiants, préparant
maîtrise ou doctorat. Quoi de plus navrant que de voir ces étudiants, de bonne volonté, ne disposer que
d’un mois pour « faire un terrain », lâchés dans la nature sans avoir reçu la moindre formation en matière
de communication en milieu rural.
Car l’approche du monde rural nécessite l’apprentissage d’un langage spécifique, verbal et non verbal,
d’une pensée spécifique. C’est un peu comme si on vous demandait d’apprendre une langue étrangère en
un mois pour ensuite pouvoir enquêter sur la philosophie d’un peuple. « C’est à hurler de rire, à se pisser
dessus », m’avait dit un jour un vieux tradipraticien.
Je reprends cette image à dessin, car pour un travail de terrain fructueux, il s’agit bien de savoir
abandonner le temps de l’enquête ses idées reçues, de savoir rire de soi même avec l’autre et
simultanément marquer son territoire.

En matière de résultat. Comment vérifier que l’objectif est bien atteint ? L’objectif est atteint quand on
cesse de prendre pour recevoir. La matière de l’ethnologie est constituée par un dépôt vivant. Les actuels
détenteurs sont des dépositaires. Par exemple, si quelqu’un enquête sur les conjurations dans un territoire
donné, le but est atteint non quand on ramène un carnet où sont notées les formules ayant appartenu à
quelqu’un de décédé, mais quand, suite à une mise en confiance réciproque, on reçoit par transmission ce
dont un acteur vivant est dépositaire.
C’est le gage de réussite d’une enquête, quand le dépositaire transmet son savoir et sa pensée. Car les
anciens ont une autre façon d’organiser la pensée que la nôtre, même si le cerveau humain est partout
identique, il en découle des formes différentes de réponses à des contraintes identiques.
On reçoit alors sa pensée et celle d’une collectivité, et c’est cela qui est le plus important, car nous
travaillons sur une matière vivante. Je prêche, vous l’avez compris, pour une ethnologie participative (ex.
de l’eau).

Quand je parle de "ceux qui aiment", il s’agit de ceux qui ne comptent pas. Ne comptent pas leur temps,
leur argent, leur investissement personnel, et se mélangent avec ceux qui savent dans des structures de
type ONG ou des associations. Mais le rapprochement avec ceux qui savent faire est nécessaire et
nécessite une bonne coordination. On pourrait parler d’apprentissage sur le terrain puis de tutorat.
Je veux dire qu’il est absolument nécessaire qu’une réelle collaboration (coordination) s’établisse entre
"amateurs" et "professionnels", que des petites structures associatives de terrain, les débroussailleurs,
soient encouragées si ce n’est aidées matériellement par les structures plus importantes et les collectivités
territoriales, voire les ministères, ce qui est loin d’être le cas actuellement.




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Matière exploitable, que collecter ?

Tout.
L’ethnologie ne doit pas se réduire à la seule collecte d’objets destinés à pourvoir expositions et musées.
Pour reprendre la formule de C. Lévi-Strauss, « l’on peut voir ces objets comme de la pensée en quelque
sorte solidifiée », car « ce que nous allons chercher à des milliers de kilomètres ou tout près, ce sont des
moyens supplémentaires de comprendre comment fonctionne l’esprit humain. Nous faisons donc un genre
de psychologie. Et ce qui est déjà vrai des objets l’est encore plus quand on considère les croyances, les
coutumes et les institutions. » L’historien va appréhender la vie sociale en recueillant écrits et
témoignages et mettant en exergue les aspects conscients, l’ethnologue va faire de même mais lui mettra
en exergue les aspects et manifestations inconscientes derrière les pratiques qu’il observe.
Car nous pensons autrement que les populations que nous étudions. La différence réside dans notre
nécessité de morcellement, alors que nous étudions des populations qui pensent de manière globale. Qui
établissent, qui tissent en permanence des liens entre la religion, l’art, la vie quotidienne, la médecine, les
croyances, ce qui est une manière comme une autre de donner du sens.
Une fois que nous prenons conscience de ce fait, il nous appartient dès lors de jeter des passerelles entre
les différentes approches scientifiques : l’ethnologue ne peut travailler seul, il lui faut s’adjoindre le
concours d’historiens, d’archéologues, de médecins de psychiatres… relevant, cela soit dit en passant, de
divers ministères et non d’un seul comme j’ai pu le lire dans les propositions d’exemple du questionnaire
« Color Vote ».
Dans notre société occidentale contemporaine, les pouvoirs publics et les collectivités territoriales ne
disposent ni de l’argent ni des moyens nécessaires pour assurer la protection d’une grande partie du
patrimoine tant matériel qu’immatériel, jugé non rentable en terme économique ou touristique.
Ils proposent donc de faire du tri : sauvegarder ce qui mérite de l’être.

Qui dit tri, dit rejet, dit poubelle.
Lévi-Strauss déclarait en 1952 à la conférence des anthropologues organisée par la Wenner-Gren
Foundation (USA) « que nous étions les chiffonniers de l’histoire et que nous cherchions notre bien dans
les poubelles. » Car « ce rebut, longtemps dédaigné, qui traînait dans les chroniques, les mémoires du
temps, aussi dans la littérature, les historiens ont découvert qu’il était de même nature que les
observations faites sur le terrain par les ethnologues, et qu’ils pouvaient l’exploiter. »
On pourrait aller plus loin encore, et considérer que le travail des ethnologues se situe précisément dans
les poubelles de la société actuelle : nous travaillons sur et à partir de ce qui est rejeté par le modèle
économique prédominant, et si un tri se fait à partir de ce qui est économiquement rentable, c’est là la
matière de ce que nous étudions.




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Matière exploitée, qu’en faire ?

- La restituer.
Tout d’abord, aux dépositaires afin de recevoir leurs commentaires et leur approbation. Ensuite, aux
jeunes du terroir. La notion de sauvegarde du patrimoine, tant immatériel que matériel, doit être enseignée
aux enfants et s’inscrire dans le cadre de l’action scolaire.
Enfin, aux visiteurs touristes, par le biais d’expositions permanentes et temporaires.

- La conserver.
Là, on est dans une toute autre approche, qui, me semble t’il devrait relever en particulier des collectivités
territoriales, avec un encadrement conséquent, la nécessité étant que les décideurs ne conservent pas que
ce qui les intéresse et les motive à court terme. D’autre part, les nouvelles technologies doivent être
favorisées car elles offrent une possibilité de diffusion au plus grand nombre. Mais c’est là un débat que
j’espère nous aurons et qui sort de mon domaine de compétence.
Qui est habilité à définir le choix de ce qui mérite d’être sauvegardé ou non ? Si c’est le seul ministère de
la culture, sur quels critères fondra t’il ses choix ? Critères répondant aux nécessités d’une époque
donnée, critères économico-touristiques ? Les transversales nécessaires en matière d’ethnologie
(historiens, psychiatres, juristes, sociologues, archéologues, médecins, pharmaciens) font que la
sauvegarde relève nécessairement de plusieurs ministères, un seul n’aurait qu’une vue trop étroite sur
l’ensemble du champ d’investigation qui est désormais le nôtre. Il doit y avoir plusieurs ministères
responsables : en cas de défaillance de l’un, par manque de volonté ou de moyens ; pour des raisons de
partage de compétence (ex : éducation nationale pour la sensibilisation des scolaires, questionnaires
d’enquêtes au près des écoles, collèges et lycées).

Conclusion. Quel est l’intérêt de tout cela ?

« Les sociétés se maintiennent parce qu’elles sont capables de transmettre d’une génération à une autre
leurs principes et leurs valeurs ; à partir du moment où elles se sentent incapables de rien transmettre, ou
ne savent plus quoi transmettre et se reposent sur les générations qui suivent, elles sont malades. » (Cl
Lévi-Strauss). Autrement dit, plus il y a de ruptures dans les transmissions, plus la nécessité de l’histoire
se fait sentir car elle permet de légitimer les orientations prises, notamment en matière de ruptures et de
discontinuité. C’est l’alibi de nos sociétés. En parallèle à « l’historicisation » que notre monde créé, notre
objectif est la sauvegarde d’un patrimoine dont nous ne sommes pas en mesure d’estimer la valeur réelle
tant qu’il reste vivant et que nous le côtoyons, même sans en avoir conscience. Nous manquons de recul
pour en apprécier les tenant et les aboutissants. En outre, bien souvent, il fait peur, car il représente l’autre
par rapport à nous même, non pas un autre étranger par rapport à nous, mais un autre étranger en nous, et
nous pouvons craindre, sans doute à tort, que l’approfondissement de son approche ne nous révèle des
aspects de nous-même que nous nous efforçons de tenir dans l’ombre. Quand je dis "nous", je parle non
seulement des individus mais aussi de nos sociétés contemporaines qui bien souvent déplacent l’exclusion
mais ne l’abolissent pas pour autant.

Certains pensent que préservation ou non-préservation reflète un conflit entre libéraux et anti-libéraux,
problème de rentabilité économique. Pour caricaturer, je dirais aux "anti-libéraux" que l’ethnologue
travaille sur de la matière subversive, qui peut à tout moment se révéler comme constituant des portes de
sorties, marginales certes, mais pouvant contribuer à la survie de l’espèce. Aux tenant du "libéralisme et
de la rentabilité", je dirais que cette même matière est effectivement rentable et constitue un
investissement à long terme…
Alors, relevons nos manches et mettons-nous au travail, tous ensemble.




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Questionnaire croyances médecine / sorcellerie en milieu rural

Ce questionnaire inédit a été établi pour faire suite à la demande de certains adhérents, selon l’expérience
de terrain qui a été acquise au sein de l’Association SEREST depuis 1986. Il est la propriété intellectuelle
et morale de l’Association SEREST. Il peut être copié et reproduit partiellement ou en totalité sous
réserve de citer expressément les sources et les commentaires qui suivent :

« Société d’études et de recherches des survivances traditionnelles. Questionnaire croyances médecine /
sorcellerie en milieu rural réalisé par Hugues Berton, Claire Goubely, Patrick Gunther, Patricia
Mezzasalma, Hugues Séon, Gérard Thomas.  SEREST 2005. »

Il est destiné à des enquêteurs déjà formés aux bases des techniques de communication en milieu rural,
qui, rappelons-le, diffèrent profondément de celles utilisées en milieu urbain de par la nécessité de
connaître et d’acquérir des codes de langage et de comportements spécifiques. Il ne s’agit pas d’enquête
journalistique : le temps peut varier de plusieurs jours à plusieurs années, selon les cas...

Son utilisation repose avant tout sur une bonne connaissance du sujet et de l’objet. Il constitue une trame
qui doit être intégrée par l’enquêteur et utilisée au travers d’une expression libre et sans contrainte. En
aucun cas il ne doit servir lors d’une première rencontre, uniquement destinée à « flairer et à s’accorder ».
Il doit pas être directement utilisé devant l’enquêté (pas de papier à la main) mais servir après la rencontre
au moment de la réécoute des entretiens qui doivent être enregistrés autant que peut se faire (ne vous fiez
pas trop à la prise de notes, elle est plus sélective qu’on ne le croit) : ce questionnaire permet alors de
vérifier d’éventuels oublis afin d’y palier lors d’une prochaine rencontre. Un enregistrement à micro
caché n’est pas une tromperie : il s’agit de sauvegarder un patrimoine oral immatériel.

Rappelons ici que les enquêtes telles que nous en avons défini le protocole durent autant de temps qu’il le
faut, et qu’en matière de croyances, l’enquêté seul détermine le moment d’aborder les questions qui lui
semblent essentielles, et ce, de la manière qui lui semble la mieux approprié. Les premiers entretiens
consistent donc à parler « de la pluie et du beau temps ». N’oubliez pas que c’est l’enquêté qui mène la
danse. D’autre part, n’oubliez pas que la réponse que nous obtenons dépend du comportement que nous
mettons en œuvre. Enfin, il est bon de considérer que l’interlocuteur peut en savoir plus qu’il n’y semble
et ayez toujours présent dans l’esprit que, peut-être, il dispose de capacités à vous connaître mieux que
vous ne pourriez le faire vous-même, autrement dit : vous voir. Donc, pas de mensonge, pas de tricherie.
C’est là une attitude d’humilité qui permet généralement d’aller assez loin dans le partage et l’acquisition
des savoirs et de la connaissance.

Pas de jugements, pas de commentaires personnels. Positionnez-vous en apprentis : vous êtes à l’école
d’un héritage traditionnel immémorial ayant subi nombre de métamorphoses et d’adaptations au cours des
époques qui se sont succédées. Laisser dire, reformulez autant que nécessaire pour s’assurer de la bonne
compréhension. Respectez les temps de silence.

Sachez improviser. Souvent, vous serez questionné à votre tour sur vos propres croyances, et ce de
manière indirecte. On vous racontera dans un premier temps une histoire de croyances, non datée, non
localisée et on vous demandera : « qu’en pensez-vous, vous y croyez ? » Gardez-vous de répondre de
manière directe (risque crédule / incrédule). Alors, que dire ? Répondez simplement sur le même mode
que votre interlocuteur : « Effectivement, je me souviens d'une histoire semblable : on disait que... »
Viendra la deuxième partie du discours en forme de questionnement : « Mon père a vu, mon père a fait...
Qu'est-ce que vous en pensez, vous y croyez, vous, à tout ça ? » Sollicitant votre mémoire (ou votre
imagination, selon le cas), la réponse sera généralement du type : « Ça me rappelle que ma grand-mère
avait vu... fait... », histoire datée et localisée, mais située dans le passé. Cette deuxième étape franchie, la
communication alors établie, l'on pourra passer au troisième degré du discours, qui intéresse le plus
l'ethnologue, car localisée et relative au temps présent : « je fais ceci, je vois cela... »

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Il n’est pas recommandé pour des raisons de sécurité psychologiques d’aborder le cas de la sorcellerie
sans préparation préalable auprès d’un enquêteur ayant acquis une bonne expérience dans ce domaine.
N’oubliez pas que votre inconscient ne fonctionne pas de la même manière que la conscience, et qu’une
« incroyance » où une « distanciation » au niveau conscient ne vous met pas à l’abri pour autant… de
votre propre inconscient (les actes manqués sont fréquents dans ces domaines).

Au delà de l’apparente contradiction : restez distanciés et impliquez-vous. Pour ce qui est de
l’expérimentation parfois nécessaire à la compréhension des structures de pensées et à leur éventuelle
intégration, il y aurait beaucoup à dire, et ce n’est pas en quelques lignes que nous pouvons aborder ce
vaste et fondamental domaine... Nous aurons l’occasion d’y revenir, particulièrement sur l’aspect
méthodologique qui est un sujet fort délicat et se doit d’être encadrée de manière rigoureuse.

Quelques remarques encore :
N’hésitez pas à croiser les informations collectées : s’agit-il de la pratique d’un seul individu, ou d’une
collectivité ? Si oui, il convient d’en cerner l’étendue. Sachez aussi utiliser les données recueillies auprès
d’un informateur et parlez-en à un autre : cela peut faire écho.
N’hésitez pas à repenser vos interprétations en permanence en fonction des données réunies et
redéfinissez si besoin la problématique de départ.
Méfiez-vous de l’enfermement du chercheur qui s’interdit de fréquenter le groupe adverse de celui d’où
est issu son informateur de départ, sous prétexte que cela pourrait nuire à la relation : bien souvent, il
s’agit d’un refus inconscient d’aller plus avant dans la recherche, de craintes personnelles de ne pouvoir
gérer la suite des évènements (cf Jeanne Favret-Sadda ne voulant pas enquêter du côté des présumés
sorciers). Penser conserver la maîtrise est une illusion : c’est quand la disponibilité est totale que
l’efficacité est optimale.
Pensez enfin à croiser les données collectées avec les données déjà publiées par d’autres chercheurs !

Ceci dit, bons vents à tous, et à chacun selon ses nécessités !

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Référencement préalable
Nom de l’enquêteur                   Date de l’entretien                  Lieu de l’entretien (lieu dit,
                                                                          hameau, village, canton)


Nom de l’enquêté                     Lieu d’habitation, si différent      Lieu d’origine (naissance,
                                                                          résidence pendant la vie active..)


Nom des personnes présentes          Degré de parenté, lien particulier
                                     avec l’enquêté




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Guérisseurs et méthodes thérapeutiques
Généralités                    Hiérarchie des savoirs en matière Par reboutage, par les plantes, par
                               de guérissage :                     les animaux, par les pierres, par
                                                                   conjurations, la prière, la pensée
                               Comment devient-on guérisseur Par naissance (détailler)
                               (en général)                        Par désignation sociale
                                                                   Par action volontaire
                                                                   Par l’exercice d’un métier
Particularités concernant la   Comment se considère t’il ?
personne enquêtée              (Guérisseur, magicien, sorcier…)
                               Qualification : comment est-il
                               devenu guérisseur
                               A quel age a t’il commencé
                               Pour les soins, se déplace t’il ou
                               les patients viennent-ils consulter
                               à son domicile ?
                               Que soigne-t’il ?                   Comment s’y prend-il
                                                                   (méthodologie détaillée)
                               Les limites de son activité         Pourquoi ?
                               (ce qu’il se refuse à faire)
                               Qui soigne t’il ?                   Humains, animaux, lieux
                               La position « morale » du           Distinctions faites entre :
                               guérisseur                          Volonté et intention,
                                                                   Attention et intention
                                                                   Implication et détachement
                                                                   « Sang fort » et impassibilité
                                                                   Pitié et compassion
Sources du savoir de la        - Héritage familial                 Issues de quelle région ?
personne enquêtée              - Maladie, rêve, vision (détailler) De quel village ?
                               - Apport oral extérieur,
                               transmission par voisins,
                               ouvriers, journaliers, etc.
                               - Ordonnances médicales
                               anciennes, recopiées
                               - Livres, almanachs, journaux,
                               radio, télévision
                               Rapport avec les puissances non Se considère t’il comme
                               humaines                            « missionné » ? Par qui ?
                                                                   Croyances dans le monde céleste,
                                                                   intermédiaire (anges fées esprits)
                                                                   Croyances transmises de manière
                                                                   traditionnelles ? Relevant du
                                                                   new-age ?
                                                                   Ces croyances induisent-elles un
                                                                   culte particulier, des techniques
                                                                   en matière de thérapeutique
                                                                   Les quelles, comment ?
                               Rapport avec d’autres guérisseurs - Existe t’il des réseaux ?
                                                                   - le tradipraticien peut-il soigner
                                                                   un homologue ?




                                                                                                     8
Selon elle, cause du mal, de la    Comment procède t’il pour             Divination préalable ?
maladie                            déterminer le mal dont souffre le     Selon quelle méthode (utilisation
                                   patient                               d’objets, visualisation, ressenti)
                                   Maladie, accident, mal-être,          L’épreuve vient-elle de Dieu, des
                                   malheur isolé, malheur répétitif      saints, d’un démon, esprit, d’un
                                                                         voisin, d’un proche, d’un objet ?
Nature du (des) traitement(s)      Par exorcisme, prière, transfert,     Qui agit ? (Guérisseur, magicien,
employés, techniques               prise de plantes, d’animaux, de       sorcier, saint, prêtre)
particulières reçues / acquises    minéraux, amulettes, autre…
                                   Détermination du remède :             Qu’est qu’une signature
                                   Si utilisation de plantes, animaux,   D’où vient-elle (mythe d’origine)
                                   minéraux, y a t’il un signe, une      Type de signature, description
                                   signature particulière sur le
                                   remède ?
                                   Usage de transfert                    Qu’est-ce qu’un transfert
                                                                         Quel support utilise t’on ?
                                                                         Plante, arbre, animal, minéral,
                                                                         source, rivière, saint
                                                                         Pour effectuer le transfert, doit-
                                                                         on se retourner, ne pas regarder,
                                                                         ne pas écouter, ne rencontrer
                                                                         personne à l’aller, au retour, ne
                                                                         pas parler…
                                                                         Le support du transfert doit-il être
                                                                         déposé, enterré, jeté, détruit, et
                                                                         comment
                                                                         Y a t’il une invocation, une
                                                                         conjuration qui doit être dite,
                                                                         laquelle, à quel moment
                                                                         En ôtant le mal, le tradipraticien
                                                                         le prend-il sur lui ?
Médecine végétale
Règles de cueillettes              Qui cueille quoi ?                    Pour quelle raison ?
(plante par plante)                (homme, femme, enfant)
                                   Quelle partie de la plante, à quel    Pour quelle raison ?
                                   moment de l’année, de la journée,
                                   de la nuit
Influences cosmo-telluriques       Phase de la lune                      Pour quelle raison ?
                                   Configuration astrale particulière
                                   (zodiaque)
Rites de purification ou de        - bain la veille de la récolte,       Pour quelle raison ?
protection du cueilleur            - jeûne et abstinence,
                                   - port de vêtements particuliers :
                                   vêtements blancs, de fêtes,
                                   - ou au contraire : absence de
                                   vêtements, de chaussures en
                                   particulier
Rites de protection de la plante   Isoler                                Circumambulation avec un objet,
                                                                         une baguette, un doigt
                                   Arracher, couper, déterrer            - Avec un objet (couteau, pièce
                                                                         de monnaie), un animal

                                                                                                              9
                                                                        - Avec usage d’une prière, d’une
                                                                        conjuration
                                                                        Interdits divers
                                                                        (ex. l’usage du fer)
                                    Déposer une offrande                - Alimentaire (blé, orge, miel)
                                                                        - Monétaire
                                                                        - Avec usage d’une prière
Rites de séchage, de conservation   Où, quand comment ?
Usages                              Quelle plante ?                     Ses noms en français, en patois
                                                                        Pour médecine humaine, animale,
                                                                        magique ?
                                    Pour quelle maladie ?               Détailler
                                    La plante doit-elle être utilisée   Usage en infusion, décoction,
                                    fraîche, sèche ?                    macération, alcoolature, suc,
                                                                        teinture, poudre, fumigation,
                                                                        bain, sirop, cataplasme, onguent
                                                                        (voir tableau annexe)
                                    Quelle partie de la plante          posologie
                                    (racines, tige, feuilles, fleurs,
                                    totalité) ?
Usage spécifique de végétaux :      Quelle plante, quel arbre ?         Plantée où ?
Rôle magique des plantes                                                Protège de quoi ?
                                                                        Permet quelle type d’action ?
                                    Certaines plantes permettent-elle   Les quelles ?
                                    d’atteindre des états de            Comment ?
                                    conscience non ordinaires ?         Origine de ce savoir
                                    De communiquer avec les esprits,
                                    les démons, d’obtenir des
                                    visions ?
                                    Certaines plantes permettent-elles Les quelles ?
                                    de faire le mal, tuer, rendre fou, Comment ?
                                    malade ?                           Origine de ce savoir
                                    Plantes de mémoire ou d’oubli ?
Médecine minérale
Grandes pierres guérisseuses        Qui a fait les dolmens, menhirs,    Mythe d’origine (ex : passage
                                    pierres branlantes, les pierres à   d’un saint, géant, héros)
                                    bassin, pierres à friction
                                    Pour quel usage à l’origine ?       Légendes « celtes, gauloises »
                                    En connaissez-vous sur votre        Usages contemporains conservés
                                    territoire ? Localisation précise   (pour quoi faire)
                                    Usages contemporains                Rites à accomplir
Eglises et chapelles                Localisation précise
En tant que lieu de guérison
                                    Quelle partie du lieu               Le lieu en lui-même ? L’autel ?
                                                                        Un tombeau ? La statue d’un
                                                                        saint ? Une pierre particulière ?
                                    Usage                               Rites à accomplir
Maisons à don                       Localisation précise                Origine du don attaché à une
                                                                        maison particulière
                                    Usages et rites
Petites pierres guérisseuses,       Origines mythiques, légendaires     C’était quoi à l’origine ?

                                                                                                            10
dont pierres à venin                                                  Comment ont-elles été formées ?
                                   Localisation                       Venue d’où ?
                                                                      Depuis combien de temps dans la
                                                                      famille ?
                                   Origine de la famille détentrice   Nomade (berger), sédentaire
                                                                      (éleveur, artisan…)
                                   Conservées dans quelle ferme à     Ferme relevant avant la
                                   l’origine                          révolution d’une abbaye, prieuré,
                                                                      lequel ?
                                   Description des pierres            Noter les particularités. (Ex :
                                                                      brisures, anciennes, récentes)
                                   Guérissent de quoi                 Usages anciens et contemporains
                                                                      Rites particuliers
Petites pierres de protection      Idem que Pierres guérisseuses      Idem que Pierres guérisseuses
(ex : pierres à foudre, haches)
Sources, fontaines guérisseuses    Localisation précise
                                   Qui a fait jaillir cette source
                                   Dédiée à qui ?
                                   Pour quels usages ?                Usages anciens, rites, survivances
                                                                      contemporaines conservées
                                   Usages contemporains               Rites à accomplir
Médecine animale
Quel animal                        Mythe d’origine (créé par le bon   Pour quoi faire
                                   dieu, le diable…)
Règles de capture                  De l’animal
Rites de purification ou de        De l’animal, de l’utilisateur
protection
                                   Pourquoi tel animal soigne telle   Mythe, signature
                                   maladie ?
                                   Animal utilisé en médecine         Vivant, mort, séché ?
                                   humaine, animale, magique ?
                                   Usage                              Par contact, par ingestion d’une
                                                                      partie de l’animal, de la totalité
                                                                      Usage en infusion, décoction,
                                                                      macération, alcoolature, suc,
                                                                      teinture, poudre, fumigation,
                                                                      bain, sirop, cataplasme, onguent,
                                                                      posologie
                                   Animal dangereux ? Bénéfique ?
Animaux maléfiques                 Origine de leur pouvoir            Mythe
                                   spécifique
Les crapauds, serpents, lézards,   Usage particulier                  Comment (rites usages,
salamandres                        (pour guérir, pour nuire, pour     posologie)
                                   acquérir un état particulier…)
Les oeufs                          Idem                               Idem
Le miel                            Idem                               Idem
Charmes animaux                    Idem                               Idem
Thérapie par les saints
                                   Quel saint soigne quelle maladie
                                   A quel moment de l’année
                                   Action à accomplir : neuvaine,

                                                                                                       11
                                 pèlerinage, rite particulier
                                 Par qui                              Possibilité de substitution par
                                                                      un(e) tiers
Médecine par conjurations
Détenues par qui ?               Localisation                         Comment appelle t’on celui ou
                                                                      celle qui conjure (ex : panseur de
                                                                      secrets, gougneux)
                                 Origine du don                       Mythe d’origine (ex : Dieu, le
                                                                      Christ, la Vierge, un saint…),
                                                                      Reçue de qui à l’origine (ex :
                                                                      prêtre, journalier)
                                 Origine de la famille détentrice     Nomade (berger), sédentaire
                                                                      (éleveur, artisan…)
                                 Combien de conjurations
                                 détenues ?
                                 Soignent quoi ?                      Exemples de pouvoirs :
                                 Protègent de quoi ?                  Commander aux éléments
                                 Permettent certains pouvoirs ?       Arrêter les incendies
Modalités de transmission        De qui, à qui (âge, sexe, parenté)   Est-il nécessaire d’y croire pour
                                                                      que ça marche
                                 Quand transmettre (date, fête
                                 particulière, moment de la
                                 journée)
                                 Où transmettre
Utilisation                                                           Si on ne s’en sert pas, que se
                                                                      passe-il (ex : ça travaille) ?
                                 Sur qui :                            Faut-il que le malade y croie pour
                                 Humains, baptisés ou non             que ça fonctionne ?
                                 Animaux, appartenant ou non à
                                 un propriétaire baptisé)
                                 Comment procède-t’on ?               Comment (signes, paroles…)
                                 En présence, à distance ?
                                 Avec témoin, sans témoin ?
                                 Quand (le jour, la nuit, à l’aurore,
                                 au crépuscule)
                                 Structure de la formule              La formule fait intervenir : le
                                                                      Christ, la Vierge, un saint, un
                                                                      esprit, un élément (soleil, lune,
                                                                      étoiles, mer, terre, feu…)
                                                                      Préciser qui
                                                                      La gestuelle (cercle, croix…)
                                                                      et pourquoi)
                                 Adjonction, renforcément             Plantes, amulettes
La (les) formules détenues par   Doit-il se servir de son (ses) dons - de les perdre
le guérisseur                    sous peine :                         - d’être « travaillé » par le don
                                 Le fait de se servir d’une
                                 conjuration entraîne t’il une
                                 fatigue physique ou psychique ?
                                 Est-il nécessaire de transmettre     Si oui, quels risques si on ne
                                 avant de mourir                      transmet pas
                                 Le détenteur peut-il l’écrire, la    Si non, pourquoi

                                                                                                          12
                                     transmettre à l’enquêteur ?
Divers
Objets de protection (bijoux,        A porter sur soi, dans la maison   Origine, localisation, effets
chandelles, cendres, tisons, pains,                                     obtenus
plantes, parties animales…)
Grottes, lacs, lieux habités par les Localisation                       Légendes, usages
fées, les esprits, les démons




                                                                                                        13
Analyse croisée : soins par type de maladie, utilisation d’animaux
Comment soigne t’on :
                                  Brûlures                            De quelle manière
                                  Fièvre, grippe, refroidissements
                                  Foulures, entorses, fractures
                                  Hernies
                                  Hémorragies
                                  Marche difficile (jeunes enfants)
                                  Maux de dents
                                  Maux d’oreilles
                                  Maux de ventres
                                  Maux d’yeux
                                  Morsures de vipères
                                  Peur
                                  Rhumatismes
                                  Verrues
                                  Vers
                                  Cancers, sida
                                  Maux d’amour
                                  Problèmes d’argent, de métier
Que fait-on avec ces animaux
Insectes, arachnides              Abeilles, araignées, cantharides, Quelle maladie,
                                  cloportes, coccinelle, grillons,     Comment procède t’on ?
                                  fourmis, mantes religieuses,
                                  sauterelles, scarabées, vers à soie,
                                  autres
Reptiles, amphibiens              Crapauds, grenouilles lézards,
                                  salamandres, serpents, vers de
                                  terre, autres
Poissons, crustacés, mollusques   Ablettes, anguilles, carpes,
                                  goujons, harengs, saumons,
                                  tanches, truites, écrevisses,
                                  escargots, huîtres, limaces…
Oiseaux sauvages                  Bécasses, bergeronnettes,
                                  chouettes, corbeaux, geais,
                                  hirondelles, moineaux, perdrix,
                                  pies, rossignols…
Oiseaux domestiques               Colombes, coqs, oies, pigeons,       œufs
                                  poules…
Mammifères sauvages               Belettes, cerfs, chauves-souris,
                                  hérissons, lièvres, marmottes,
                                  renards, rats, souris, taupes…
Mammifères domestiques            Anes, chats, cheval, chèvres,
                                  chiens, lapins, moutons, mulets,
                                  porcs, vaches…
Parties du corps humain           Cérumen, lait, graisse, os, sang,
                                  sang menstruel, salive, souffle,
                                  sperme, urine…




                                                                                                14
Sorcellerie. Les différents acteurs
Envoûtés
Enquête auprès d’un envoûté   A quels signes a t’il connu qu’il     Qu’a t’il observé, remarqué
                              était envoûté, maléficié              (L’investigation porte sur :
                              (Nature des signes)                   Le malheur répétitif, le « dit »,
                                                                    les rencontres, la découverte
                                                                    d’objets incongrus, les rêves)
                              Les signes, suite                     Faire préciser la nature des signes
                                                                    Ex : objets naturels manufacturés,
                                                                    comment ressent-il leur charge)
                              Qui le lui a confirmé (un parent,     Circonstances détaillées
                              un proche, un voisin, un
                              tradipraticien...)
                              Connaît-il son agresseur ?            Comment le connaît-il
                                                                    (désignation, divination,
                                                                    remarque particulière…)
                                                                    L’agresseur est-il vivant, mort,
                                                                    autre qu’un humain ?
                              Que dit, selon la victime,            Si oui, l’enquêteur ne doit en
                              l’agresseur de lui-même, se           aucun cas côtoyer les 2
                              reconnaît-il sorcier ?                personnages à la fois
                              Que disent de lui les gens            Attention, établir la différence
                                                                    entre sorcier et porteur de
                                                                    malheur (mauvais œil)
                              Qu’a t’il dit, fait en matière
                              d’attaque envers la victime
                              Comment la victime se défend-         Moyens de défense traditionnels
                              elle ?                                (sel, croix, plantes) connus d’elle
                              La victime a t’elle pris contact en   Si insatisfaction, pourquoi, en
                              1er avec un médecin, un psy, un       quoi la réponse n’est-elle pas
                              prêtre ?                              considérée satisfaisante
                              La victime a t’elle pris contact      Si oui, D’où le connaît elle ?
                              avec un thérapeute ?
                              Le thérapeute et son action, vue      Où réside t’il (ville, campagne)
                              du côté de la victime
                                                                    Qu’a t’il dit (confirmation du fait,
                                                                    analyse des causes), et par quel
                                                                    procédé ?
                                                                    A t’il désigné nommément un
                                                                    agresseur ?
                                                                    Comment procède t’il pour traiter
                                                                    le problème ? (méthodologie
                                                                    détaillée. Ex : emploi de paroles,
                                                                    comment traite t’il l’objet cause
                                                                    du maléfice ?)
                                                                    Le rituel de cure a-t’il été
                                                                    considéré comme traumatisant ?
                                                                    Gratuit / payant, combien ?
                              Conclusion de la cure                 Qu’en pense le sujet ?
Le thérapeute
                              Le thérapeute et son action           Où réside t’il (ville, campagne)

                                                                                                       15
                                                                        Qu’a t’il dit (confirmation du fait,
                                                                        analyse des causes), et par quel
                                                                        procédé ?
                                                                        A t’il désigné nommément un
                                                                        agresseur ?
                                                                        Comment procède t’il pour traiter
                                                                        le problème ? (méthodologie
                                                                        détaillée. Ex : emploi de paroles,
                                                                        comment traite t’il l’objet cause
                                                                        du maléfice ?)
                                                                        A la suite du traitement, le mal se
                                                                        retourne t’il sur l’envoyeur ?
                                                                        Si oui, existe t’il d’autres
                                                                        possibilités (ex : transfert)
                                                                        Le sortilège est-il susceptible de
                                                                        revenir sur l’envoyeur s’il
                                                                        n’atteint pas sa cible ?
                                                                        Est-il plus difficile de mener à
                                                                        bien une cure lorsque le sort est
                                                                        ancien ?
                                                                        La mort éventuelle du jeteur de
                                                                        sort suffit-elle pour mettre fin au
                                                                        mal qu’il a causé ?
                                                                        Le rituel de cure est-il considéré
                                                                        comme traumatisant par le
                                                                        thérapeute ?
                                                                        Gratuit / payant, combien ?
                                    Conclusion de la cure               Qu’en pense le thérapeute ?
Le sorcier                          Enquête auprès d’un sorcier         (se reconnaît comme tel)
Que dit-il de lui-même              Origine de son pouvoir              Par don, par héritage
                                    (voir aussi partie généralités      Par désignation
                                    guérisseurs)                        Par révélation, vision
                                                                        Suite à maladie
                                                                        Quand, comment
Son physique                        Signes particuliers
Sa fonction sociale                 Métier particulier…
                                    Sa relation avec Dieu, le diable,
                                    les esprits, les morts
Les pouvoirs (qu’il s’attribue,     Envoûter                            Qui, quoi, comment
qu’on lui attribue), si on arrive   Désenvoûter                         Dans quel but (justice ?)
jusqu’à ce point de confidence...
                                    Deviner, prédire l’avenir           Pour quoi faire, comment
                                    Transférer le mal                   Sur qui, sur quoi, comment
                                    Commander aux éléments (terre       Lesquels, comment
                                    air, eau feu)
                                    Contraindre les gens                Qui, comment
                                    Agir sur la matière (affaires,      Sur quoi, comment
                                    récoltes, biens personnels et
                                    collectifs, y compris hantises)
                                    Commander aux animaux, se           Lesquels, pour quoi faire,
                                    transformer en animal               comment

                                                                                                          16
                     Se déplacer en esprit                Pour quoi faire, comment
                     Avoir des visions                    Pour quoi faire, comment
                     Divers : invisibilité, arrêter les
                     incendies, invulnérabilité
La mort du sorcier   Faut-il transmettre à tout prix      Si oui, risques encourus
                     Que faire pour éviter les risques
                     Que deviennent les objets, la
                     maison du sorcier
Divers               Les légendes                         Fées, loups-garous, sabbat,
                                                          revenants, trève




                                                                                        17
Tableau annexe 1
Plantes : usages
Utilisation      Partie de la         Excipient                Usage    Conservation
                 plante N…            (eau, vin, eau de vie,            (délais, conditions de
                 (fleurs, feuilles,   alcool, miel, sucre,              conservation)
                 tiges, racines,      farines, moutarde,
                 totalité)            saindoux, graisses
                                      huile, cire, charbons
                                      ardents
Infusion
Décoction
Macération
Alcoolature
Teinture
Suc / jus
Poudre
Sirop
Cataplasme
Onguent
Bain
Inhalation
Fumigation


Tableau annexe 2
Animaux : usages
Utilisation     Partie de             Excipient                Usages   Conservation
                l’animal              (eau, vin, eau de vie,            (délais, conditions de
                (Peau, chair,         alcool, miel, sucre,              conservation)
                organe, totalité)     farines, moutarde,
                Animal vivant,        saindoux, graisses
                mort                  huile, cire, charbons
                                      ardents
Infusion
Décoction
Macération
Alcoolature
Teinture
Suc / jus
Poudre
Sirop
Cataplasme
Onguent
Bain
Inhalation
Fumigation




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Tableau annexe 3
Objets : usages
                 Origine   Utilisation   Usage   observations
Amulettes
Phylactères
Talismans
Sachets
protecteurs
Pierres
Portes-bonheur
Monnaies
Cornes
Ex-voto
Bijoux, bagues,
colliers…
Inscriptions sur
les maisons
Autres




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