Docstoc

LE CHAT DE_1_

Document Sample
LE CHAT DE_1_ Powered By Docstoc
					    LE CHAT DE
FLORENTINE MEILLEUR
           ROMAN



   PAR :   Danièle Larocque




           Avril 2010
             Endos du livre


 Comment comprendre certains mystères
qui nous entourent? Il y a plusieurs
événements qui se façonnent et qu’on ne
voit précisément pas si on n’y porte pas
attention.   La vie est toute simple
lorsqu’on s’attarde à tous ses petits
détails. Nous voyons ce que les autres
n’ont pas encore vu ou ne verront jamais.
Nous sommes mieux préparés quand les
problèmes surviennent.

   Et si par un pur hasard de route nous
avions soudainement la capacité de
déchiffrer les aspects invisibles qui
alimentent notre vie. Nous emprunterions
— illico — un chemin différent qui
laisserait croire qu’il y aurait deux
destinées pour chacun de nous.

   Lorsque Florentine Meilleur voit des
choses incompréhensibles et bizarres, elle
est seule à pressentir et à se soucier des
mystères que vivent les êtres humains.
Débute alors une histoire rocambolesque
qui la mènera à la découverte fascinante
de son pouvoir.

                    1
     Le mois d’avril tirait déjà à sa fin et les multiples fleurs
sur les terrains et plates-bandes de mes voisins
embaumaient déjà d’odeurs voyageuses et enivrantes. Un
couple de moineaux frétillants perchés sur mon épinette
préférée, vieille de plus de soixante-dix ans, — à peine mon
âge —, se faisaient la cour mutuellement et leurs chants
matinaux me réveillaient affectueusement. Je déchiffrais
que ces passériformes à gorge noire pour le mâle et grise
pour la femelle découvraient pour la toute première fois de
l’année un étonnant plaisir à se reproduire bruyamment. Ils
donnaient l’impression de vouloir démontrer au vu et au su
de tous que leur formication comportait des préliminaires à
couper le souffle. Bref, j’étais fortement attentive à tous
ces petits détails environnants — qui pour certains
passaient complètement inaperçus —. Durant les fins de la
soirée, j’aimais beaucoup observer le firmament afin de
capter toute anomalie pouvant mener à une compréhension
de l’incompréhensible. Je notais tout ce que je voyais à
l’œil nu et certains soirs, au coucher du soleil, je percevais
la planète Vénus, dite l’étoile du Berger. Quel spectacle
merveilleux! Comme il devait sans passer des activités là-
haut ! J’aurais bien aimé faire partie de ce spectacle astral
car j’étais convaincue qu’il s’y passait des trucs
insaisissables pour nous les humains. Durant la période des
perséides, je m’amusais à compter les étoiles filantes qui
filaient certes plus rapidement que mon ombre. Cette
puissante source d’énergie m’intriguait et j’aurais voulu me
déplacer dans l’espace afin de témoigner de la grandeur de
l’univers. J’aimais observer les étoiles Sirius, Véga ou
Bételgeuse car elles renfermaient certes les hypothèses que
jamais je ne pourrais résoudre, du moins pas dans cette vie-
ci. Ah que l’imagination était bonne et nécessaire à
l’équilibre de mon être en pleine urgence d’expérience
terrestres.
    Comme à l’habitude, chaque matin à mon réveil, je
flânais aisément dans ma couette confortable et ultra
moelleuse et je m’adressais ouvertement à mon ange
gardien dans le but qu’il me protège et qu’il m’apporte un
profond apaisement suite à la découverte d’un fait
remarquable qui s’était produit. Même ma chatte Cara
avait expérimenté cette situation surprenante. Elle semblait
avoir la conviction de voir des choses que je n’arrivais pas
à percevoir. Je la voyais souvent fixer de gauche à droite
l’écran du téléviseur comme si elle voulait m’informer de
quelconque événement.
     — Qu’est - ce qu’il y a Cara? Qu’est-ce que tu
peux donc bien voir à la télé que je ne vois pas?
    Son miaulement contenait assurément des indications
pertinentes à la réponse qu’elle me donnait. Mais, je
n’avais malheureusement pas encore su traduire chacune de
ses tonalités. Cette chatte avait des comportements bizarres
et j’avais la nette impression qu’elle comprenait et
déchiffrait ce que je regardais quelque fois à la télévision.
Son attention, plus que féline, revendiquait certes de
curieux besoins, assez du moins pour que je porte une
attention toute particulière.
    Un matin, alors que je la cherchais partout dans la
maison, je sentis une réelle détermination de sa part à
disparaître à l’abri des nombreux câlins que je lui infligeais.
Malheureusement, aucune existence de sa part. Rien à
l’horizon. Aucune résonance non plus. Je suis certaine que
cette chatte, intelligente et ratoureuse, possédait une âme
d’humain. Chaque fois que je m’attablais pour prendre
mon repas, elle faisait de même en allant grignoter quelque
chose dans son assiette. J’avais remarqué cet agissement
tout bonnement par hasard. Puis, de jour en jour, cette
anomalie me paraissait de plus en plus évidente, voir même
incontestable. Lorsqu’elle entendait le bruit de la vaisselle,
de la coutellerie, d’un chaudron, d’une porte d’armoire ou
du réfrigérateur, elle emboîtait le pas. Je la voyais se
diriger directement à son plat, et là, elle babillait d’une
façon incompréhensible en me regardant du coin de l’oeil.
Pourtant, si j’avais pu approfondir ce langage félin avec des
mots de la langue française, j’y aurais fait une découverte
pharamineuse. Mais, ses simagrées et ces facéties me
désarmaient. Peut-être bien que j’étais une sorte de folle,
d’aliénée mentale voire une débile qui capotait sur les
félins et qui vivait des périodes d’illusion et d’égarement. Il
faut croire qu’une vieille dame de mon âge aurait plutôt la
notoriété d’inventer des histoires abracadabrantes et de
donner la frousse aux petits enfants comme aux plus
grands. Comme si j’étais folle! C’est quoi ça? Or, ce n’est
pas parce que le corps flétri de tout bord tout côté que le
cœur et l’âme font de même. Si on pouvait seulement
examiner de but en blanc l’intérieur secret de chaque
individu, en l’occurrence le mien, on y verrait des trésors
incommensurables et plus jamais on oserait nous traiter de
divers noms machiavéliques. Chacun pourrait s’abreuver à
mon savoir et à ma beauté sans en ressentir la moindre
inquiétude.
   Bref, au moment même où je m’apprêtais à prendre mon
petit déjeuner, je la vis retentir de je ne sais où.
      — Mais où étais-tu donc passée petite espiègle?
      — Miow! Miow! Miow!
      — Qu’est-ce que tu veux me dire? Tu sais bien que
Florentine ne comprend pas toujours bien ce que tu lui
marmonnes.
   Si seulement j’avais eu un décodeur pour chats, j’aurais
pu partager avec elle ses plaisirs et ses angoisses. Quelle
chatte mystérieuse! Je lui avais pourtant mentionné que je
désirais beaucoup, avec véhémence, lui apporter une écoute
attentive et une compréhension hors de tout doute afin
d’arriver à converser de façon audible avec elle. Est-ce que
j’aurais été un chat dans une autre vie? Je me pose
sérieusement la question.
  Après m’être servie comme d’habitude mon café dans ma
tasse préférée de couleur rose bonbon avec juste un peu de
crème dix pourcent, je n’avais pas encore avalée ma
première gorgée que je pressentis, illico, dans l’atmosphère
environnante, un événement des plus inusités. Après tout,
j’avais peut-être un don, une prédisposition à percevoir des
choses, à entendre des sons particuliers provenant d’une
autre dimension.          Avais-je été une extra-terrestre
auparavant? De l’imagination j’en avais à revendre mais
cette fois-ci, je compris que cette expérience témoignait
d’une activité paranormale.

				
DOCUMENT INFO
Shared By:
Categories:
Stats:
views:7
posted:2/19/2011
language:French
pages:6