Sujet Dans quelle mesure le PIB par habitant permet-il de

Document Sample
Sujet   Dans quelle mesure le PIB par habitant permet-il de Powered By Docstoc
					                              Sujet : Faut-il toujours plus de croissance économique ?

(Accroche1) A douze mois des Jeux Olympiques de Pékin (J.O.), une étude très sérieuse du Beijing2
People’s Hospital (confirmant les craintes de l’Organisation Mondiale de la Santé) montrait que la
croissance chinoise avait un prix, à savoir qu’en juillet 2007, 43 millions de chinois souffraient de
maladies pulmonaires et qu’un million en mouraient chaque année. He Quanying (éminent
pneumologue, et auteur de l’étude) précisait que les innombrables chantiers de construction pour
permettre l’organisation des prochains J. O. n’ont fait qu’accentuer la pollution de l’air, devenu
irrespirable dans la capitale (toxicité huit fois supérieure au maximum autorisé –seuil d’alerte- par
l’OMS).
(Définition des termes du sujet) Ainsi, alors que le Produit Intérieur Brut (PIB ; utilisé par de
nombreux économistes pour mesurer la richesse d’un pays) chinois 3 ne cesse d’augmenter (xx%
attendus pour 2007), signe d’une croissance florissante, se pose le problème de « toujours plus de
croissance économique ». En effet, une augmentation de long terme, régulière et soutenue, des
quantités de biens et services disponibles, ne signifie pas pour autant une amélioration des
conditions de vie pour toute la population, et donc un développement. En effet, la progression du
PIB peut aller de pair avec la dégradation des conditions de vie d’une partie, voire de la majorité,
des habitants (les 1,303 milliard de Chinois n’ont pas tous accès à l’eau potable, subissent une très
forte pollution de leurs nappes phréatiques et respirent l’atmosphère le plus chargé en particules
microscopiques toxiques4). Le débat croissance et/ou bien-être est donc posé.
(Problématique) Le modèle de développement occidental, qui tend à devenir universel est-il
toujours pertinent ? Une croissance économique - utilisant des énergies fossiles, et se basant sur une
consommation dont la hausse tend à devenir un but en soi - n’a-t-elle pas de lourdes conséquences
environnementales ? Autant de questions qui interrogent sur la poursuite du processus de
croissance.
(Annonce du plan) Dans une première partie, nous montrerons que la croissance est facteur de
développement permettant le changement social, puis dans une seconde partie, nous verrons que
cette croissance est limitée en mettant en avant les coûts de la croissance.

           I)         La croissance économique : facteur de développement permettant le
                      changement social

     A) La croissance permet d’améliorer le niveau de vie et de réduire les inégalités

La croissance résulte d’une mobilisation quantitative et qualitative des facteurs de production
(capital et travail) dont dispose une économie. La croissance économique permet de répondre à
l’augmentation de la population active, désireuse d’augmenter son niveau de vie. Cela passe par une
augmentation des revenus, permettant la consommation de biens et services.
Nous sommes dans le modèle de croissance fondé sur l’idéologie capitaliste (d’accumulation
intensive du capital, et de recherche de maximisation des profits, avec minimum de coûts). La
croissance devrait donc être intensive, reposant sur des gains de productivité élevés (capacité de
l’économie à accroître la production en combinant de manière plus efficace les facteurs travail et
capital). Cette croissance serait ainsi illimitée (« (…) maximisation indéfinie de la croissance
économique, de la production et du revenu. ») Cf. document 1
La croissance économique favorise ainsi une hausse du niveau de vie (mesuré par le PIB par
habitant ou le revenu par tête), ce qui permet aux habitants de mieux satisfaire leurs besoins
essentiels et de consacrer une part croissante de leurs dépenses à d’autres besoins (éducation des


1
  Il est évident que les différentes phases de l’introduction ne doivent pas être mentionnées dans votre devoir. Elles le sont ici entre parenthèses par
pur souci pédagogique !!
2
  Pékin
3
  atteignant en 2005, 1 842,8 milliards d’euros
4
  les PM10, particules extrêmement dangereuses de 10 microns se logeant dans les alvéoles pulmonaires et provoquant leur destruction

                                                                     Page 1 sur 3
enfants, santé …). Cette hausse du niveau de vie permet ainsi de réduire les inégalités sociales.
Ainsi, « (…) la croissance est la meilleure façon de vaincre la pauvreté. » Cf. document 3
La période des Trente Glorieuses (1945 – 1975) en est un exemple probant. Caractérisée par une
croissance intensive, et une répartition équitable des fruits de la croissance (et donc de la valeur
ajoutée), les profits des entreprises ont augmenté, simultanément avec les salaires de la population
active occupée. Cela c’est traduit par une forte hausse de la consommation des ménages (on parle
de consommation de masse), à laquelle ont répondu les entreprises (on parle de production de
masse). Les ménages ont ainsi eu accès aux biens d’équipement (les fameux produits « blancs et
bruns », signe de hausse du niveau de vie. Ce qui explique qu’aujourd’hui (trente ans après, en
octobre 2005), les taux d’équipement en biens durables des ménages français soient si élevés. Sur
100 ménages, 98,9 disposent d’un réfrigérateur, 94,8 possèdent une télévision couleur, et 92,2 un
lave-linge. Cf. document 4

   L’interaction entre les changements économiques et le changement social

La croissance s’est accompagnée de changements économiques comme la création d’emplois,
correspondant à une forte demande de facteur travail émanant des entreprises°. Consommation à la
hausse, salaires à la hausse, création d’emplois (et donc baisse du chômage) autant de facteurs qui
ont permis le changement social. L’emploi a été un facteur prépondérant du lien social (l’emploi
étant un facteur d’identité et de reconnaissance pour les individus). De plus, la croissance des
Trente Glorieuses a montré qu’une hausse du niveau de vie s’est traduite par le développement
d’une classe moyenne de salariés qualifiés qui partagent des valeurs de mobilité sociale.
On a donc assisté à une évolution de la stratification sociale (cf. cours de 1 ère ES !) avec une
augmentation des GSP n°4 et n°3 (respectivement les professions intermédiaires et les cadres
supérieurs), et une baisse de la catégorie des ouvriers

       II)    Les limites actuelles de la croissance

   A) Les coûts de la croissance

La croissance, comme on l’a vu, est fondée sur une idéologie de la croissance illimitée ; on a donc
un modèle occidental, qui tend à devenir universel, qui repose sur une croissance utilisant des
énergies fossiles et une consommation dont la hausse tend à devenir un but en soi. Cela n’est pas
sans conséquences sur l’environnement. L’industrialisation massive et l’urbanisation engendrent
des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient entraîner un réchauffement planétaire compris
entre 1,5 et 6 degrés Celsius d’ici à 2100. Les principaux responsables de ces émissions de CO2 sont
aujourd’hui les pays développés, mais la croissance des pays asiatiques provoque une augmentation
de leurs émissions. Que dire des Etats-Unis qui ont dégagé dans l’atmosphère, en 2003, une
moyenne de presque 20 tonnes de CO2 par habitant ! Il est vrai que ces derniers se sont retirés du
protocole de Kyoto (qui est entré en vigueur en 2005, mais qui ne semble plus être un outil adapté à
la gestion du réchauffement climatique).Cf. document 2
De plus, la croissance conduit à l’épuisement de certaines ressources naturelles renouvelables. La
sur-pêche, par exemple, ne permet plus à certaines espèces de se perpétuer. Le problème est encore
plus criant pour des ressources non renouvelables comme le pétrole : la croissance des pays
émergent (Chine, Inde …) provoque une augmentation des prix et un épuisement progressif des
réserves, qui pourraient remettre en cause le mode de développement énergivore poursuivi jusqu’à
présent.
Enfin, la croissance reste insuffisante pour résorber la pauvreté ; dans certains pays, « (…) la
pauvreté résiste. » et de fortes inégalités demeurent. Cf. document 3

   B) De la décroissance au développement durable


                                             Page 2 sur 3
La poursuite de la croissance porte débat. La question croissance et/ou bien-être ? est donc posée.
Quelles voies s’offrent aux économies pour l’avenir ? Faut-il prôner la décroissance comme
l’écrivait Nicholas Georgescu-Roegen, qui revendiquait une position de rupture avec le modèle
actuel ? Cet économiste américain d’origine roumaine montrait que la croissance capitaliste détruit
plus qu’elle ne produit. La croissance se fait au prix d’une déperdition (de matière, d’énergie, de
travail) ; au bout du compte, nous utilisons forcément plus de ressources que nous n’en produisons.
Il faut donc inverser la tendance par une décroissance, et un recyclage, ainsi qu’une production
moins utilisatrice de ressources non renouvelables.
Au contraire, pour les tenants d’un développement durable, il est possible de concilier
l’amélioration du bien-être des générations actuelles avec la sauvegarde de l’environnement pour
les générations futures. La croissance ne serait donc pas antinomique avec le respect de
l’environnement et la lutte contre la pauvreté. Certains pensent qu’il n’y a pas de réelles contraintes
environnementales et que le progrès technique permettra toujours de trouver des solutions.
Cependant, le développement durable nécessitera une intervention des Etats à travers des dispositifs
variés (subventions aux innovations environnementales, taxes « pollueur-payeur », interdictions de
certains produits, etc …). Cette démarche s’inscrit donc dans le cadre d’une économie mixte fondée
sur le marché et l’Etat. Cf. document 5

(Bilan) La croissance, processus engagé depuis plus de deux siècles, est chère aux économistes
comme aux gouvernements car elle conditionne le niveau de vie de la population et permet son
développement par la réduction des inégalités et l’amélioration du bien-être. Cependant, cet
optimisme doit être aujourd’hui tempéré, la croissance n’entraînant pas toujours une amélioration
proportionnelle dudit bien-être. En effet, la croissance fait l’objet de nombreuses critiques, ses effets
néfastes sur l’environnement sont actuellement avérés et dénoncés (raréfaction des ressources
productives, réchauffement climatique …).
(Ouverture) L’attribution du Prix Nobel de la Paix, par l’Académie de Suède, ce vendredi 12
octobre 2007, conjointement à l’ex vice-président Américain Al Gore et au Groupe
Intergouvernemental d’Etude sur le Climat –instance onusienne- serait-elle un signe de la
Communauté internationale, conseillant instamment à envisager un autre mode de croissance
mondiale, mode fondé sur des stratégies alternatives aboutissant à un développement durable ?




                                                Page 3 sur 3

				
DOCUMENT INFO
pptfiles pptfiles
About