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Le Monde du 29.05.2009

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Le Monde du 29.05.2009 Powered By Docstoc
					« Le Monde des livres »
Supp Supplément u

Le Corbusier, une biographie de l’architecte qui fera date de

Immobilier en Ile-de-France
Economie page 13

Les ventes s’effondrent, pas les prix
Fondateur : Hubert Beuve-Méry - Directeur : Eric Fottorino

Vendredi 29 mai 2009 - 65e année - N˚20012 - 1,40 ¤ - France métropolitaine - www.lemonde.fr ---

Européennes : Bayrou grignote l’électorat PS
t Sondage : le Parti socialiste sous la barre symbolique des 20 % t Le MoDem et le Front de gauche bénéficient pour le moment de ce tassement
INTENTIONS DE VOTE

L’ONU a caché l’ampleur des massacres au Sri Lanka
L’armée aurait tué quelque 20 000 personnes ; la direction onusienne a ménagé le régime de Colombo
Colombo Envoyé spécial

D
PS MoDem

UMP

26 %
S
ur fond de désintérêt persistant d’une majorité d’électeurs français pour le renouvellement du Parlement européen, le 7 juin, on assiste à un tassement du Parti socialiste. Tel est le double enseignement du sondage TNS Sofres/Logica réalisé les 25 et 26 mai. Quarante-trois pour cent des personnes interrogées se sentaient, à ces dates, concernées par le scrutin à venir. Et les intentions de vote en faveur de la formation que dirige Martine Aubry passent, pour la première fois depuis le début de cette campagne, sous la barre des 20 %. Il faudra attendre quelques jours pour savoir si ces 19 % d’intentions peuvent encore diminuer ou s’ils ne sont qu’un aléa momentané. Pour l’heure, ce décrochage léger mais symbolique s’effectue au profit du MoDem de François Bayrou (14 %) ou du Front de gauche (7 %), qui ras-

19 %
semble le Parti communiste et le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, ex-PS. La tendance, s’agissant de l’UMP, est à une légère baisse (26 %). « Le PS n’est pas parvenu à capitaliser de manière efficace sur le vote sanction », estime Brice Teinturier, directeur général adjoint de TNS Sofres. Le sondage suggère aussi la fragilité et la volatilité de l’électorat potentiel du MoDem. A dix jours du scrutin, 38 % de ses électeurs potentiels manifestaient de l’intérêt pour l’élection et 44 % affirmaient qu’ils « pourraient changer d’avis ». Quelle sera la densité européenne des votes français du 7 juin ? Cinquante-deux pour cent des personnes interrogées par TNS Sofres/Logica « tiendront compte avant tout des positions prises par les partis sur les problèmes qui se posent en France ». p

14 %
t Puissance Les eurodéputés pèsent de plus en plus dans le processus législatif, en dépit d’une capacité d’expertise limitée. P. 9 t Tendance Analyse détaillée du sondage TNS Sofres/Logica. P. 10 t L’image d’un PS uni A Rezé (Loire-Atlantique), au cours d’un meeting, Martine Aubry et Ségolène Royal en appellent au « sursaut ». P. 10 t A chacun son tir L’UMP concentre ses attaques sur le PS. François Bayrou (MoDem) réserve ses flèches à Nicolas Sarkozy. P. 10 t Anniversaire Que reste-t-il du clivage oui-non du référendum de 2005 ?Un créneau, l’euroscepticisme, et deux tréteaux, pour Nicolas Dupont-Aignan et Philippe de Villiers? P. 11 t Débats José Bové et Daniel Cohn-Bendit : l’Europe a grand besoin d’une relance démocratique. P. 17

es chiffres étouffés. Des rapports sans suite. Un bilan des victimes très vraisemblablement sous-estimé. Des principes reniés. Bien qu’elle ait disposé d’éléments accablantssur la conduite de l’armée sri-lankaise, la hiérarchie de l’ONU a, selon une enquête du Monde, gardé le silence, de peur de compromettre ses activités dans ce pays.Tandis que se préparait ce qu’elle a fini par décrire comme un « bain de sang », l’ONU a fait le choix de la conciliation avec Colombo, au risque de faillir à son devoir envers des centaines de milliers de civils en danger.

Le refus de l’ONU de publier le bilan des victimes est emblématique. Tout au long de l’offensive de l’armée contre l’une des plus vieilles et des plus violentes guérillas dans le monde, les séparatistes des Tigres de l’Eelam tamoul (LTTE), une cellule onusienne a collecté et recoupé des données auprès d’employés locaux de l’ONU, d’ONG, de médecins ou de prêtres. Son total, entre le 20 janvier et le 13 mai (une semaine avant l’assaut final), est de 7 720 morts (dont 678 enfants) et 18 465 blessés (dont 2 384 enfants). Il y a eu « une tentative de suppression systématique de ce matériel », affirme un officiel onusien. Philippe Bolopion
a Lire la suite page 8

La Commission de déontologie se rebelle après l’affaire Pérol
Une proposition de loi va lui permettre de s’autosaisir

I

l y a près de cent jours, à la fin du mois de février, François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Elysée, quittait ses fonctions pour prendre la direction de deux groupes bancaires appelés à fusionner : les Caisses d’épargne et les Banques populaires. François Pérol ayant luimême supervisé cette fusion, ce « pantouflage » allait créer un débat d’autant plus vif que la Commission de déontologie de la fonction publique n’avait pas été saisie dece cas litigieux, qui fait d’ailleurs aujourd’hui l’objet de procédures judiciaires. Jusqu’alors discrète, cette commission de déontologie est traumatisée par cette affaire. Pour la première fois depuis sa

création, en 1995, deux de ses membres ont démissionné, dont Jacques Chabrun (76 ans), ancien collaborateur du général de Gaulle et membre de la Cour des comptes, qui avait, durant toute sa carrière, fait de sa discrétion vertu. Du député socialiste Michel Sapin, qui est à l’origine de cette commission, à Olivier Fouquet, qui la préside aujourd’hui, Le Monde a rencontré les principaux protagonistes de ce dossier. Seule façon, selon eux, de s’en sortir par le haut : réformer les statuts de cette commission pour qu’elle puisse s’autosaisir. Une proposition de loi vient d’être déposée en ce sens. p
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UK price £ 1,50

Le regard de Plantu

Les Etats-Unis, sans réponse face à la Corée du Nord
Washington Correspondante

M

Demain dans 0123
Rencontre Le neurobiologiste « Le Monde 2 » Enquête sur

Jean-Pierre Changeux réfléchit sur la création artistique

le contrôle et la censure du Net par un nombre croissant d’Etats

ais que veut donc la Corée du Nord ? A la Brookings Institution, l’un des cerclesde réflexioninfluents deWashington, les chercheurs sont perplexes. La crise avec le régime coréenaun airdedéjà-vu quidéprime tout le monde. Dans la journée, Pyongyang a procédé à un tir de missile à courte portée et menace Séoul. « Le problème est devenu encore un peu plus sérieux », commenteMichael O’Hanlon,lespécialiste militaire de la Brookings. La liste est longue de toutes les politiques qui ont été tentées par les Américains depuis quinze ans. « Le dialogue, pas de dialogue, le cadre agréé, les pourparlers à six », égrèneCarlos Pascual, l’undes viceprésidents de l’institution (et pressenti par l’administration Obama pour être ambassadeur au Mexique). Les sanctions, les pressions surlaChine,la suppressiondela liste des pays soutenant le terrorisme, la carotte, le bâton… Corine Lesnes
a Lire la suite page 6

Algérie 80 DA, Allemagne 2,00 ¤, Antilles-Guyane 2,00 ¤, Autriche 2,40 ¤, Belgique 1,40 ¤, Cameroun 1 500 F CFA, Canada 3,95 $, Côte d’Ivoire 1 500 F CFA, Croatie 18,50 Kn, Danemark 25 KRD, Espagne 2,00 ¤, Finlande 2,50 ¤, Gabon 1 500 F CFA, Grande-Bretagne 1,50 £, Grèce 2,20 ¤, Hongrie 700 HUF, Irlande 2,00 ¤, Italie 2,00 ¤, Luxembourg 1,40 ¤, Malte 2,50 ¤, Maroc 10 DH, Norvège 25 KRN, Pays-Bas 2,00 ¤, Portugal cont. 2,00 ¤, Réunion 2,00 ¤, Sénégal 1 500 F CFA, Slovénie 2,20 ¤, Suède 28 KRS, Suisse 3,00 FS, Tunisie 2,00 DT, Turquie 6,00 TL, USA 3,95 $, Afrique CFA autres 1 500 F CFA,

2 0123
Editorial Le cas coréen
L’actualité sur Lemonde.fr
en jeu », assure Hervé de Viron, 17 ans, élève au lycée agricole d’Angers, qui ajoute, à propos des manifestations et des blocages organisés par les éleveurs : « Ce qu’ils défendent, c’est mon futur métier. » « A 210 euros les 1 000 litres, ce n’est plus une question de principe, c’est notre survie qui est en jeu, relève, quant à lui, Ghislain de Viron, secrétaire général de la section lait de la FDSEA sarthoise. On nous incite à produire plus, mais le marché est débordé. Résultat : les prix baissent. On ne peut pas demander aux gens de se relever la nuit pour manger du camembert. »
ELISE BARTHET/LE MONDE.FR

Vendredi 29 mai 2009

Vendredi 29 mai à 16 heures

avec Philippe Vasset : Narrative non-fiction, l’enquête littéraire.
Débat en direct, mercredi 27 mai à 14 h 30, avec Philip-

Chronique Vive la révolution !

L

e second essai nucléaire nordcoréen, suivi de tirs de missiles à courte portée et d’autres gesticulations belliqueuses, provoque un concert de condamnations dans le monde. Mais, aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de s’indigner ou de sanctionner mais de repenser la politique à l’égard d’un pays qui « négocie sur la brèche » et trouve dans la provocation et le chantage nucléaire le seul moyen de se faire entendre. Un certain réalisme s’impose après la politique de « coups de poing » sur la table de George W.Bush. Cette politique s’est révélée incapable d’empêcher l’accession de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) au rang de puissance disposant de capacités nucléaires, ce qu’a confirmé le nouvel essai. Barack Obama hérite d’une situation qui semble l’avoir pris passablement au dépourvu. Mais c’est aussi le cas de la Chine, alliée de la Corée du Nord, dont les intérêts à court terme – préserver la stabilité du régime – apparaissent de plus en plus en contradiction avec ses ambitions, et donc ses responsabilités, de puissance qui entend tenir son rang mondial. Sans qu’elle puisse exprimer la moindre complaisance envers le régime totalitaire de Corée du Nord, un des pires de la planète, une approche différente, plus pragmatique, s’impose afin de rechercher une meilleure efficacité. Les politiques précédentes, visant à contenir les ambitions nucléaires nord-coréennes, ont eu un effet contraire au but recherché. La communauté internationale se trouve ainsiramenée à la case départ : la situation précédant l’accord de février 2007 par lequel la RPDC s’engageait à renoncer à ses programmes nucléaires en échange de contreparties américaines. En plus préoccupant aujourd’hui, car la tension entre les deux Corées n’est pas exempte de risques d’incidents. Qu’on le veuille ou non, la RPDC dispose de capacités nucléaires. Elle constitue moins une menace d’agression nucléaire, qui serait suicidaire pour elle, qu’un risque de prolifération dans la région. Ce qui paraît négociable, c’est un nouvel arrêt de ses programmes, dûment vérifié, et des engagements de non-prolifération horizontale. Dans le cadre, non pas d’une négociation focalisée sur la dénucléarisation unilatérale de la RPDC, mais d’un accord de stabilisation de la péninsule passant par un traité de paix avec les Etats-Unis. Un accord auquel l’administration Clinton était sur le point de parvenir en 2000. Mais, cette fois, la RPDC, dotée de capacités nucléaires qu’elle n’avait pas à l’époque, a placé la barre plus haut. p
Société éditrice du « Monde » SA Président du directoire, directeur de la publication : Eric Fottorino Vice-président, directeur général : David Guiraud Secrétaire général du directoire : Pierre-Yves Romain Directeur du « Monde » : Eric Fottorino Directeur adjoint : Laurent Greilsamer Editeur : Michel Sfeir Directeur de la rédaction : Alain Frachon Directeur éditorial : Gérard Courtois Rédacteurs en chef : Michel Kajman, Frédéric Lemaître, Franck Nouchi (« Le Monde 2 ») et Isabelle Talès Chef d’édition : Françoise Tovo Directeur artistique : Quintin Leeds ; Veille de l’information : Eric Azan ; Secrétaire général : Jean-Pierre Giovenco Médiatrice : Véronique Maurus Conseil de surveillance : Louis Schweitzer, président Jean-Pierre Tuquoi, vice-président

pe de Villiers, président du MPF. Débat en direct, jeudi 28 mai à 11 heures, avec Benoist Apparu, député UMP, rapporteur de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur le lycée.

N

Lait : « Notre survie est en jeu »
Producteurs de lait, industriels et responsables de coopératives se réunissent, jeudi 28 mai, pour tenter de se mettre d’accord sur le prix du lait. La crise qui a éclaté depuis plusieurs jours a conduit le blog « Engrenages » à se transporter dans la Sarthe pour rencontrer des éleveurs. « C’est l’avenir de la filière qui est

Rendez-vous
Dans le cadre des Assises du roman, débats en direct. Jeudi 28 mai à 16 heures avec Siri Hustvedt : Le livre dont le psychanalyste est le héros.

Européennes : candidats célèbres ou insolites
Certaines célébrités et formations politiques non conformistes se servent des européennes comme tremplin. Un portfolio présente quelques candidatures insolites.

ous irons certes tous voter avec enthousiasme et conviction mais il faut bien le dire : l’Europe piétine. En 2005, le non français au référendum, la coalition des souverainismes et l’échec de la Constitution européenne ont donné un coup de gourdin à la construction d’une maison commune. D’où le réconfort apporté par l’essai d’Olivier Ferrand, L’Europe contre l’Europe (Hachette littératures, 198 p.,

Europe
Marion Van Renterghem
15,90 euros). Rien d’un optimisme béat, juste le signe qu’il est encore temps de « remettre à l’endroit » une Europe « à l’envers ». Olivier Ferrand préside le think tank progressiste Terra Nova. Il a été conseiller du premier ministre Lionel Jospin et du président de la Commission européenne Romano Prodi, sherpa du représentant français Pierre Moscovici lors de l’élaboration du traité constitutionnel, responsable du club A gauche en Europe, de Dominique Strauss-Kahn et Michel Rocard. Son livre est né de deux frustrations. La première procède du constat que l’Europe a agi contre elle-même : technocratisme, dérive libérale, élargissement trop rapide. La deuxième est l’échec de la Constitution européenne, qui apportait à ces maux un remède.

La prochaine crise économique a déjà commencé
E
n temps de crise, cela devrait être une bonne nouvelle : le baril de pétrole qui était descendu à 32 dollars (23 euros) en décembre 2008 vient de franchir le seuil des 60 dollars. Certes, l’automobiliste devrait voir son pouvoir d’achat entamé mais, en principe, si le pétrole augmente, n’est-ce pas parce que la crise est derrière nous ? Que la Chine et les Etats-Unis, faisant mentir des statistiques qui ne font que refléter le passé, se remettent à faire tourner leurs machines ? Que les consommateurs se remettent à acheter ? Les entreprises à embaucher ? Las, il n’en est rien. La demande est atone. Pour la première fois depuis 1945, la consommation mondiale d’électricité devrait même diminuer cette année. Dans tous les ports du monde, des pétroliers

Analyse
Frédéric Lemaître
Rédaction en chef

Ceux qui ont le pouvoir de s’enrichir à nouveau le font sans attendre. Au risque d’une autre crise
pleins à craquer attendent même que les prix remontent encore pour livrer leurs millions de tonnes dont ils ne savent que faire. Alors, pourquoi le prix du pétrole a-t-il doublé en quelques mois ? En grande partie parce que, dans les salles de marché, les traders se remettent à spéculer sur l’or noir. Comme au début de l’année 2008 quand les prix des matières premières avaient atteint des niveaux record en grande partie dus à la spéculation. Loin d’être anecdotique, l’évolution du prix du pétrole reflète l’état d’esprit des milieux financiers. Aidées par les Etats, les banques ont le sentiment que, pour elles, le gros de la crise est passé. Tout doit donc redevenir comme avant. Reconstituer les marges est même une nécessité absolue. Et prendre à nouveau des risques. Peu importe que le G20 de Londres ait jugé, en avril,que « les principaux échecs de la régu-

lation et des contrôles du secteur financier ont joué un rôle essentiel dans la crise ». Peu importe que Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers, dénonce, dans Le Monde du 26 mai, le fait qu’« une part très substantielle des marchés financiers n’est, de fait, pas réellement contrôlée ou opère en toute opacité ». Plus discrets qu’hier mais aussi déterminés, les opérateurs poursuivent leurs pratiques opaques. Exemple : il ne se passe pas un mois sans qu’une banque ou une Bourse crée une « plate-forme alternative », une Bourse d’un nouveau genre dont le principe est de travailler à l’abri des regards. Le nom anglais est plus explicite : les Anglo-Saxons parlent de « dark pools ». Tout est dit. Vous avez aimé les subprimes, les Credit Default Swaps et autres produits titrisés dans lesquels, à votre insu, votre banquier avait placé une partie de vos économies ? Demain, vous adorerez Xetra Midpoint, Smartpool, Chi-X-Delta et NeuroDark. Outre l’opacité, la cupidité a été l’autre facteur déclenchant de la crise. Là aussi, tout change pour que rien ne change. Certes, les parts variables des rémunérations vont légèrement baisser, mais aux EtatsUnis, la part fixe va, elle, s’accroître de 50 % à 100 %, selon les banques. Comme l’a expliqué dans Les Echos (du 25 mai) Kenneth Lewis, directeur général de Bank of America, une des plus grandes banques du pays qui ne doit son salut qu’aux 45 milliards de dollars injectés par l’Etat, son objectif est de rembourser au plus vite cette aide. Non seulement parce que la banque verse des intérêts, mais surtout parce qu’« ensuite nous pourrons de nouveau rémunérer normalement les cadres diri-

geants de la banque et ceux qui génèrent le chiffre d’affaires ». Sa première décision après avoir remboursé le Trésor ? « Revoir notre système de rémunérations et rétablir les bonus. » Aussi choquant que cela puisse paraître à la quasi-totalité de la population mondiale, Kenneth Lewis dit tout haut ce que ses collègues pensent tout bas. Gagner des millions de dollars ou d’euros, en travaillant dans la finance, est « normal ». Pas question de céder là-dessus. Comment en est-on arrivé là ? Une partie de la réponse figure dans un petit essai passionnant, à la fois philosophique et économique,que vient de publier CharlesHenri Filippi. Dans L’Argent sans maître (éd. Descartes et Cie, 96 p., 15 euros), cet ancien collaborateur de Laurent Fabius, qui fut jusqu’à récemment patron de la filiale française d’HSBC, explique comment, au fil des siècles, l’argent, qui était un moyen d’émancipation, est devenu une religion. Surtout, il démontre comment la cupidité, « stimulant individuel », est, elle, devenue un véritable « système degouvernance » et le « fondement institutionnalisé d’un enrichissement sans cause réelle et sans limite sérieuse ». Nous sommes à un moment charnière de lacrise. Les mesures d’urgence(sauvetage des banques, plans de relance) ont été prises. Reste l’essentiel : rétablir une confiance durable des épargnants. A Londres, le G20 a fixé quelques lignes directrices, mais n’a ni réglé le déséquilibre majeur de la finance mondiale (entre la Chine et les Etats-Unis) ni pris de mesure contraignante pour réguler la finance. Déjà, les Européens se divisent sur cette question et, pour le moment, nul ne songe véritablement à relever substantiellement le taux marginal d’imposition sur le revenu, seule mesure susceptible de créer une sorte de revenu maximum. En toute logique, ceux qui ont le pouvoir de s’enrichir à nouveau lefont sans attendre.Aurisque de précipiter la crise suivante. p
Courriel : lemaitre@lemonde.fr

L’Europe politique, ou fédérale, reste possible
La maladie est grave, estime l’auteur : l’Europe s’est retournée contre elle-même en s’empêtrant dans les filets de ses fondateurs. C’est d’abord « le paradoxe Monnet » : le projet initial d’une Europe politique s’est perdu dans celui, censé n’être qu’une étape, d’une Europe technique. Puis « le paradoxe Barnier » : en se voulant non partisane, non politique, comme l’aurait définie l’ex-commissaire européen, la Commission est devenue un « gouvernement des experts contre la démocratie ». « Le paradoxe Delors », enfin : en construisant une Europe d’abord économique, l’inventeur de l’Acte unique de 1986 l’a entraînée dans une logique libérale et l’oubli de ce qu’elle est d’abord : un modèle social unique au monde. On peut en sortir. Soit en renonçant à l’Europe politique comme on est en train de le faire. C’est le scénario « Suisse européenne » : « On vit bien en Suisse, ironise l’auteur. Les cantons prennent des décisions à la majorité qualifiée et on disparaît de la scène internationale. » Soit en faisant « l’Europemonde », le scénario le plus joli : renoncer à l’approfondissement politique et choisir l’élargissement infini, puisqu’il est un succès pour tous les nouveaux Etats membres ; faire de l’Europe la « préfiguration régionale de l’ONU de demain ». Mais l’Europe politique, ou fédérale, reste possible. C’est le troisième scénario, le credo de l’auteur, la dernière chance. La Commission deviendrait un gouvernement politique, démocratiquement désigné par la majorité parlementaire. Le Parlement, l’institution la plus démocratique du système, a les moyens d’agir. Il a déjà défait des commissaires, il pourrait décider du président de la Commission, prendre le pouvoir. Le traité de Lisbonne l’esquisse. Ce serait un coup d’Etat politique. A lire Olivier Ferrand, on est pour. p
Courriel : mvr@lemonde.fr

Il y a 50 ans dans 0123
UNE FUSÉE Jupiter renfermant deux singes a été lancée de Cap Canaveral ce matin à 8 h 35 (heure française). L’ogive de l’engin – dont l’altitude prévue était de 500 kilomètres – est retombée dans l’océan Atlantique, à 2 400 kilomètres de son point de départ. Comme prévu, elle a pu être freinée dans sa descente par un parachute et maintenue à la surface de l’eau par des ballons. Peu de temps après, on apprenait que les deux animaux avaient été retrouvés vivants. Une première analyse des signaux envoyés de l’engin durant le vol indiquait que leur rythme cardiaque et

Anciens directeurs : Hubert Beuve-Méry (1944-1969), Jacques Fauvet (1969-1982), André Laurens (1982-1985), André Fontaine (1985-1991), Jacques Lesourne (1991-1994), Jean-Marie Colombani (1994-2007)
Le Monde est édité par la Société éditrice du Monde SA Durée de la société : quatre-vingt-dix-neuf ans à compter du 15 décembre 2000. Capital social : 149 017 497 ¤. Actionnaire principal : Le Monde SA. Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télécopieur : 01-57-28-21-21 Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Abonnements : par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. Sur Internet : www.lemonde.fr/abojournal/ Changement d’adresse et suspension :0-825-022-021 (0,15 TTC/min)

Premier vol spatial réussi pour deux singes
leur respiration avaient subi peu de variations durant l’expérience. Celle-ci s’inscrit à la suite de celle effectuée en décembre 1958, à l’aide également d’une fusée Jupiter : un singe – nommé Gordo – avait été placé dans l’ogive, mais on ne parvint pas à la retrouver, et les spécialistes durent se contenter des indications radio. Pourquoi avoir placé cette fois à bord deux singes ? C’est que chacun d’eux avait subi une préparation différente. Baker – un petit animal d’une livre, semblable à Gordo – a été logé dans un habitacle situé à la base du cône. Il a été muni d’un équipement complexe destiné à permettre l’observation de ses réactions physiologiques. Dans le cas d’Able, un singe rhésus d’un poids de 7 livres, c’est son comportement qui devait être observé. L’animal avait été accoutumé à agir sur un interrupteur chaque fois qu’une lampe s’allumait sous ses yeux. Continuerait-il alors qu’il subirait au départ de la fusée les effets d’une accélération considérable, et quelques instants plus tard ceux de l’« apesanteur » ? C’était la question à laquelle l’essai de ce matin devait permettre de répondre. p Nicolas Vichney
(29 mai 1959.)

est édité par la Société Editrice du Monde (SA). La reproduction de tout article est interdite sans l’accord de l’administration. Commission paritaire des publications et agences de presse n° 0712 C 81975 ISSN 0395-2037 Imprimerie du Monde 12, rue Maurice-Gunsbourg 94852 Ivry cedex
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Vendredi 29 mai 2009

Page trois

Hôte du pavillon français à la Biennale de Venise, Claude Lévêque a conçu une spectaculaire installation autour du thème de l’enfermement carcéral

La Biennale met la France en cage

L

a Biennale de Venise est depuis plus d’un siècle la manifestation la plus importante du monde de l’art. Dans les Giardini – un parc assez poussiéreux –, les grands et les moins grands pays ont construit leurs pavillons au fil du temps, et chaque Biennale est l’occasion d’une compétition entre eux. Chacun choisit l’artiste qui le représente, concourt à l’un des prix décernés et subit les jugements des professionnels – artistes, critiques, marchands, conservateurs. D’ordinaire, ce rôle est confié à un artiste déjà connu en dehors de son paysage d’origine. C’est le cas cette année encore dans le pavillon français, où Claude Lévêque, 56 ans, succède à deux stars, Sophie Calle en 2007 et Annette Messager en 2005. Depuis une décennie, Claude Lévêque, qui vit et travaille à Montreuil, a exposé un peu partout en Europe et beaucoup en France. Sesécrituresennéonetsesinstallationsvastes et sombres sont, presque, des classi-

« Changer le monde meparaît en effet assez compromis... »
Claude Lévêque
ques. Qu’il ait été désigné par le comité de conservateurs et d’experts réuni sous l’autorité de Culturefrance – le service culture du ministère des affaires étrangères – n’a donc rien de surprenant. Ce qui pourrait surprendre et susciter la polémique,c’est l’œuvre qui sera présentée au public du 7 juin au 22 novembre. Dès le titre, on soupçonne des allusions : elle se nomme Le Grand Soir, une formule qui appartient à la mythologie de l’anarchisme de la fin du XIXe siècle. Le pavillon français, quel’artiste compare à « un pavillon de chasse », est une architecture monumentale néoclassique : un péristyle et un plan en forme de croix avec une salle centrale ouvrant sur trois salles plus petites, une sur chaque côté – hors celui de l’entrée évidemment. « Un lieu très contraignant, dit Lévêque, très compliqué. » Il a choisi une solution qu’il qualifie de « radicale ». Pénétrant par le péristyle transformé en un « sas noir » de mise en condition, les visiteurs, par groupes de vingt, entreront dans une longue cage métallique dont les barreaux sont à bonne distance des murs. Dans la salle centrale, ce couloir se divise en croix, chaque branche pénétrant dans l’une des trois petites salles et s’arrêtant, là encore, avant d’en atteindre le fond. « Dans chaque espace un drapeau noir est dressé, de l’autre côté de la grille, inaccessible évidemment. » Un velum noir obscurcit les lieux. Un bruit de moteurs enregistré sur le Grand Canal tourne en permanence. L’éclairage d’une rangée de lampes sous la corniche permet d’apercevoir des drapeaux noirs et accroche des reflets sur les murs, recouverts d’une peinture pailletée. Pour l’ensemble –fabrication de lacage, lumières, scénographie…–, le budget de production et de communication se situe entre 600 000 et 700 000 euros, répartisentre Culturefrance et le Centre national des arts plastiques. Difficile de ne pas penser à une prison. Claude Lévêque met en place à Venise une

L’installation de Claude Lévêque, au pavillon français de la Biennale. MARC DOMAGE/ADAGP CLAUDE LÉVÊQUE/AVEC L’AIMABLE AUTORISATION DE CLAUDE LÉVÊQUE ET DE KAMEL MENNOUR
sorte de quartier de haute sécurité, où l’anarchisme finit enfermé dans la pénombre. « Changer le monde me paraît en effet assez compromis, commente-t-il ironiquement.Jene cherchepasàparlerprécisément des prisons et de leur état en France aujourd’hui, mais de la privation de liberté dans une société contemporaine de plus en plus sécuritaire. Les gens y sont dirigés comme des fauves dans un cirque. » Claude Lévêque a pu visiter le centre de détentionde Saint-Mihiel, en Lorraine,où il devrait intervenir à l’automne. « C’est une prison moderne. J’ai eu un choc terrible là-bas. J’y ai vu le conditionnement des humains à niveau d’animaux : tous en cage, les détenus comme les gardiens. Avec entre les différentes parties de la prison des zones de transit ultrasécurisées. C’est tout à faitle système de lasurveillance panoptique tel que Michel Foucault l’a analysé dans Surveiller et punir… » Saint-Mihiel et Foucault l’ont évidemment influencé. L’histoire familiale aussi. En peu de mots, il évoque son grand-père, militant communiste, membre d’un réseau FTP, arrêté et déporté au camp de Neuengamme. « Il avait été dénoncé… Une histoirefrançaise…Ilenest revenu.Bienplus tard, je suis allé à Auschwitz. Mes premières installations sur l’enfermement et la privation sensorielle ont suivi. » A Bourges, en 1983, dans son Appartement occupé, Claude Lévêque avait construit une cage métallique dans le salon. Les fenêtres étaient obturées par des matelas venus « d’une prison et d’un internat ». Seconsidère-t-ilcommeunartistepolitique ? « Je suis assez honnête avec moimême pour savoir qu’un artiste ne peut pas changer le monde. Tout au plus aide-t-il ses contemporains à mieux voir leur monde. Je me nourris de la réalité du monde et je la confronte à la réalité d’un lieu particulier. » Que le lieu où il expose soit celui d’une représentation nationale ne l’émeut pas. « C’est une situation très honorifique, bien sûr,qued’êtreinvitélà.Maisj’aiconçuceprojet exactement comme ceux que j’ai réalisés récemment à Béthune ou à Toulouse, selon ma façon de travailler et non comme une chose exceptionnelle… Et puis je ne suis pas un cheval de course et la Biennale de Venise n’est pas le concours de l’Eurovision. Mon projet répond à la conjoncture actuelle. » Philippe Dagen

Des installations très politiques
LE GRAND SOIR de Claude Lévêque attire d’autant plus l’attention qu’il est exceptionnel de voir un artiste faire du Pavillon français et de la Biennale de Venise le lieu et le moment d’une intervention à caractère politique. En 2007, l’installation de Sophie Calle, Prenez soin de vous, racontait une rupture sentimentale, sujet peu subversif. En 2005, le Casino d’Annette Messager était un théâtre de l’inconscient et des fantasmes. Ni Jean-Marc Bustamante en 2003 ni Pierre Huyghe en 2001 ne s’étaient engagés du côté de la critique sociale. Lévêque, lui, appartient à une nouvelle génération d’artistes – non par l’âge, mais par l’état d’esprit –, apparue depuis plus d’une décennie, qui affirme que la création doit prendre en compte l’état de la société. Le documentaire social a ainsi envahi installations, photos et vidéos. Et s’il rompt avec la sérénité habituellement respectée dans le pavillon français, Le Grand Soir s’inscrit dans une histoire qui s’est jouée dans d’autres pavillons. En 1993, l’Allemand Hans Haacke remporte le Lion d’or pour son installation Germania mettant en évidence ce qui, dans l’architecture même du pavillon, renvoyait à l’histoire du nazisme : construit en style IIIe Reich, il a été inauguré par Hitler et Mussolini. Lévêque cite volontiers ce précédent. Plus récemment, en 2003, le peintre britannique d’origine nigériane Chris Ofili a montré dans le pavillon du Royaume-Uni un ensemble d’œuvres traitant de l’image du Noir dans l’histoire de l’art occidental. Les pavillons russe ou néerlandais en 2007, la représentation de la Thaïlande ou de pays de l’ex-bloc communiste en 2005 et bien d’autres encore ont habitué les visiteurs de Venise à des œuvres dures, dénonciatrices, parfois très éprouvantes. Le Grand Soir s’inscrit dans ce mouvement, qui ne connaît pas de frontières. p Ph. D.

4 Planète
Concert écologique
Afin d’inciter au tri sélectif, la plate-forme européenne de recyclage ERP organise un concert le 18 juin à Paris, à l’Alhambra (www.alhambraparis.com), avec Mademoiselle K, dont l’entrée sera gratuite pour tous ceux qui apporteront un appareil électronique usagé (lecteur MP3, etc.)

0123
Vendredi 29 mai 2009

Déforestation au Brésil
La forêt atlantique, forêt tropicale humide brésilienne, est en grave danger. Si les déforestations continuent, elle aura disparu d’ici à 2050, estime une étude de la fondation SOS Mata Atlantica et de l’Institut des recherches spatiales. Or elle est l’un des écosystèmes les plus riches de la planète.

Un portail sur le bien-être animal L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) lance un portail consacré aux conditions d’élevage et d’abattage des animaux de boucherie.
www.fao.org/ag/againfo/programmes/animal-welfare/en/

Une initiative française contre la pauvreté énergétique de l’Afrique
Jean-Louis Borloo devait annoncer le 28 mai, à Nairobi, des projets pilotes d’énergies propres sur le continent

De lourdes pénuries d’électricité
CONSOMMATION ÉLECTRIQUE PAR HABITANT EN 2008
en kilowattheure par an

Algérie 1 000

Gambie 93
Bamako Conakry Accra a Moyenne Afrique subsaharienne 160 kWh/habitant/an Union européenne 6 400 kWh/habitant/an a 50 % de la population urbaine a accès à l’électricité domestique contre 7,5 % pour la population rurale a L’Afrique produit 3 % des émissions mondiales de CO2 soit 853 millions de tonnes (2005) alors qu’elle représente 14 % de la population mondiale Libreville Kigali

Djibouti 317 Tchad 10
Addis Abeba

Ethiopie 36
Nairobi

L

e ministre français de l’écologie, Jean-Louis Borloo, devait annoncer, jeudi 28 mai, à Nairobi, lors de la réunion des ministres africains de l’environnement, une « initiative » sur l’énergie. Intitulée, en anglais, « Energizing Africa : from Dream to Reality » (« Apporter l’énergie à l’Afrique : du rêve à la réalité »), le plan vise à développer l’électricité sur le continent noir tout en luttant contre le changement climatique. L’enjeu de l’électrification est crucial : sur près de 930 millions d’Africains, 530 millions n’ont pas accès à l’électricité. Ils vivent le soir dans l’obscurité et dépendent de la biomasse pour leurs besoins quotidiens. Le manque d’électricité est un handicap pour le développement économique, freine l’éducation des enfants (qui ne peuvent faire leurs devoirs scolaires la nuit tombée) et aggrave les problèmes de santé. Selon Lionel Taccoen, de l’association Global Electrification, les trois quarts de la population subsaharienne n’ont pas accès à des centres de santé alimentés de façon sûre en eau et en électricité. Même quand l’électricité est présente, dans les villes, la vétusté ou l’insuffisance des équipements de production ou du réseau conduisent à de fréquentes

coupures de courant. Par exemple, « en mars 2007, le président togolais n’avait pu remettre la Coupe d’Afrique de football au stade de Kégué, à Lomé, suite à une coupure d’électricité », poursuit Lionel Taccoen. Quant au manque de combustible pour la cuisson des aliments, il

Le chantier est énorme, la modestie des moyensmobilisés par la France n’en est que plus criante
contribue à la déforestation : selon le rapport sur « La situation des forêts du monde », publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), « en Afrique, près de 90 % du bois prélevé est transformé en énergie ». Le problème énergétique africain est donc vital. Le 24 mai, les ministres de l’énergie du G8 se sont engagés à Rome « à des actions résolues sans délai » pour s’attaquer à la « pauvreté énergétique ». L’initiative française présentée à Nairobi vient donc à point. Elle comporte deux étapes : lan-

cer rapidement, avant 2012, une série de projets pilotes, préparant un programme plus large pour la suite, ayant pour objectif « l’accès à l’énergie propre de tous les Africains ». La démarche pourrait s’articuler avec l’accord global sur le changement climatique que la communauté internationale espère finaliser à Copenhague, en décembre. Les idées de projets ne devraient pas manquer : « L’Afrique a un potentiel fantastique dans les énergies renouvelables : géothermie, barrages, solaire, etc., observe Denis Loyer, de l’Agence française de développement (AFD). Mais ce potentiel reste inutilisé. » C’est que sa mise en œuvre requiert des financements, mais aussi des organisations ou des entreprises compétentes. Dans cet esprit, l’initiative française envisage des projets pilotes en matière d’électricité rurale (systèmes solaires photovoltaïques, miniturbines hydroélectriques, cogénération avec du bois) ; de lutte contre les coupures électriques (en identifiant les gisements d’économies d’énergie) ; de réduction de la consommation de bois (par des foyers de cuisson améliorés) ; de développement de l’hydroélectricité (sur le Congo, le

Malawi 96

Madagascar 56
Maputo

PART DE CARBURANTS SOLIDES* UTILISÉS PAR LES MÉNAGES DANS LES GRANDES VILLES en % par rapport à la consommation énergétique totale Kigali Rwanda 98,8
(2005)

Afrique du Sud 5 060

Conakry Guinée 97,4
(2005)

Bamako Mali 94,9
(2001)

Maputo Mozambique 82,8
(2003)

Accra Ghana 64,7
(2003)

Addis Abeba Ethiopie 22,2
(2005)

Nairobi Kenya 7,8
(2003)

Libreville Gabon 2,8
(2000)

* Charbon de bois, charbon, lignite, bois de chauffage, paille... Le gaz et le pétrole n’en font pas partie.
SOURCES : GLOBAL ELECTRIFICATION, CONSEIL MONDIAL DE L'ÉNERGIE, AIE, ONU

Zambèze, le Nil, le Niger) et de la géothermie (notamment dans le Rift est-africain). Le chantier est énorme : « 400 milliards d’euros sur vingtcinq ans », avance M. Borloo. La modestie des moyens mobilisés par la France n’en est que plus criante : le gouvernement a décidé d’injecter dans la démarche 10 millions d’euros seulement, espérant que l’Union européenne

coopérera au projet. Quoi qu’il en soit, cette initiative cache mal le recul de l’aide au développement accordée par les Européens. Selon un rapport du réseau des associations de solidarité Coordination Sud, l’aide publique française est toujours en deçà (0,28 %) de son objectif de 0,51 % du produit intérieur brut (PIB). De surcroît, « l’Afrique subsaharienne est très peu présente parmi

les principaux bénéficiaires de l’aide française ». Toujours selon Coordination Sud, « l’Afrique fait les frais des arbitrages politiques et du recul des engagements de la France ». En attendant, observe Lionel Taccoen, « des centrales thermiques se construisent en Afrique, financées par la Chine, l’Iran, ou les banques islamiques ». Hervé Kempf

PUBLICATIONS JUDICIAIRES

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Les premiers vaccins contre la grippe A pourraient être disponibles en août
Les laboratoires reçoivent déjà des commandes des Etats-Unis et de l’Australie. Des doses seront stockées pour les pays pauvres

Pollution

EXTRAIT DES MINUTES DU GREFFE DE LA COUR D’APPEL DE PARIS Par arrêt de la 9ème chambre (section A) de la cour d’appel de Paris du 16 mars 2009 CHAOUCHE Arezki né le 5 août 1967 à Issy les Moulineaux (92) d’Ahmed CHAOUCHE et de LOUNIS Aïcha, demeurant 6 avenue des Alliés 91120 PALAISEAU, a été condamné à la peine de 6 mois d’emprisonnement avec sursis pour : SOUSTRACTION A L’ETABLISSEM E N T O U AU PA I E M E N T D E L ’IMPOT : OMISSION DE DECLARATION - FRAUDE FISCALE, du 01/01/2005 au 31/12/2005, à Paris et sur le territoire national, infraction prévue par l’article 1741 AL.1 du Code général des impôts et réprimée par les articles 1741 AL.1, AL.3, AL.4, 1750 AL.1 du Code général des impôts, l’article 50§I de la Loi 52-401 du 14/04/1952. SOUSTRACTION A L’ETABLISSEMENT OU AU PAIEMENT DE L’IMPOT : OMISSION DE DECLARATION - FRAUDE FISCALE, du 01/01/2005 au 31/12/2005, à Paris et sur le territoire national, infraction prévue par l’article 1741 AL.1 du Code général des impôts et réprimée par les articles 1741 AL.1, AL.3, AL.4, 1750 AL.1 du Code général des impôts, l’article 50§I de la Loi 52-401 du 14/04/1952. OMISSION D’ECRITURE DANS UN DOCUMENT COMPTABLE : FRAUDE FISCALE, du 01/01/2004 au 31/12/2005, à Paris et sur le territoire national, infraction prévue par l’article 1743 AL.1 1° du Code général des impôts, les articles L.123-12, L.12313, L.123-14 du Code de commerce et réprimée par les articles 1743 AL.1, 1741 AL.1, AL.3, AL.4, 1750 AL.1 du Code général des impôts, l’article 50§I de la Loi 52-401 du 14/04/1952. La cour a, en outre ordonné, aux frais du condamné : 1° la publication de cet arrêt, par extrait, dans le Journal Officiel et le quotidien Le Monde. 2° L ’affichage de cet arrêt, par extrait, pendant trois mois, sur les panneaux réservés à l’affichage des publications officielles de la commune de PALAISEAU. Pour extrait conforme délivré à Monsieur le Procureur général sur sa réquisition. Pour le Greffier en Chef.

Sans limitations, les émissions mondiales de CO2 pourraient augmenter de 39 % d’ici à 2030
Si rien n’est fait pour les limiter, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, pourraient augmenter de 39 % d’ici à 2030, selon les chiffres publiés, mercredi 27 mai, par l’ Energy Information Administration (EIA), qui produit les statistiques officielles américaines sur l’énergie. Ces émissions pourraient passer de 29 milliards de tonnes en 2006 à 40,4 milliards en 2030. La plus grande partie de l’accroissement se produirait dans les pays en développement, notamment la Chine et l’Inde, en raison de la forte croissance économique attendue et de la persistance d’une importante dépendance vis-à-vis des énergies fossiles dans ces pays. Sans politique de plafonnement, la consommation mondiale d’énergie augmentera de 44 % d’ici vingt ans. L’essentiel de l’augmentation de la demande en Asie sera satisfaite par le charbon. – (AFP.) p

L

’Organisation mondiale de la santé(OMS)adéterminé,mardi 26 mai, la souche « A/California/07/2009 (H1N1) v », à partir de laquelle les laboratoires pharmaceutiques pourront préparer le vaccin contre la grippe A (H1N1). « Nous travaillons avec les autoritésrégulatrices afind’optimiser la production de vaccins à partir d’une même souche ou de souches suffisamment proches », explique Marie-Paule Kieny, directrice de l’Initiative pour la recherche sur les vaccins à l’OMS. Fabrication de vaccins ne veut pas dire pour autant vaccination systématique. Le groupe consultatif stratégique d’experts de l’OMS (SAGE) spécifiait, mardi 19 mai, qu’une « recommandation éventuelle de démarrer la production ne constituepasunerecommandation de commencer à vacciner des groupes importants de population ». Le SAGE a écarté la piste visant à combiner le vaccin contre la grippe Aetceluicontrelagrippesaisonnière : la méthode ne serait pas pertinente et retarderait la production, selon les experts de l’OMS. L’option retenue vise donc à fabriquer un vaccin spécifique. Les industriels du secteur se déclarent prêts à se lancer dans sa production. A commencer par le françaisSanofi-Aventis,lebritannique GlaxoSmithKline (GSK) et le suisse Novartis, qui produisent plus de 70 % des 450 millions de doses annuelles utilisées dans le

monde contre la grippe saisonnière. « L’OMS nous a fait parvenir la souche du virus, précise Albert Garcia, porte-parole de Sanofi Pasteur. Nous pouvons désormais débuter le processus de production. » Le groupe français a reçu, lundi 25 mai, une première commande de 190 millions de dollars (137 millions d’euros) du ministère américain de la santé pour le développement et la production du vaccin. Novartis et GSK ont reçu des demandessimilairespourrespectivement 289 millions et 181 millions de dollars. L’Australie a commandé des doses au groupe CSL. En utilisant les techniques habituelles de culture sur œufs de poule, les premières unités devraient être disponibles en septembre. Avecun puissant adjuvant, quipermet de diminuer la quantité d’anti-

gènedanschaquevaccin, GSKespère être prêt plus tôt, dès le mois d’août. Près de 5 milliards de doses pourraient être fabriqués en un peu plus d’un an.

Au moins 51 pays touchés
Epidémie La grippe A(H1N1) a déjà contaminé plus de 14 000 personnes dans 51 pays. On recense une centaine de morts, essentiellement au Mexique et aux Etats-Unis, les plus touchés. Mise en quarantaine L’Australie s’apprêtait, jeudi 28 mai, à mettre en quarantaine un paquebot de croisière, le Pacific Dawn, mouillant au large du Queensland avec 2 000 personnes à bord. Trois membres de l’équipage et un passager pourraient être atteints de la grippe A.

Des stocks pour tous Entre le vaccin contre la grippe saisonnièreetcelui contre la grippe A (H1N1), « les autorités sanitaires n’aurontpasbesoindefairedesarbitrages, car la production de vaccins saisonniersseraquasiment achevée en août », estime le professeur Bruno Lina, président du comité scientifique du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe. Décidée à garantir que les plus défavorisés auront accès au nouveau vaccin, l’OMS souhaite la constitution d’un stock de 100 millions de doses destinées aux pays en voie de développement. La plupart des laboratoires semblent prêts à réserver une partie de leur production aux organismes internationauxqui, à l’instarde l’Unicef, prennent en charge la vaccination dans les pays pauvres. « Nous collaborerons avec l’OMS pour assurer l’accèsduvaccinauplusgrandnombre », affirme Eric Althoff, porteparole de Novartis. La directrice générale de l’OMS, MargaretChan,etlesecrétairegénéraldesNations unies,BanKi-moon, se sont aussi adressés aux pays riches, leur demandant de faire don d’une partie de leur stock. p Paul Benkimoun et Jérôme Porier

Catastrophe 183 morts au Bangladesh et en Inde
Le cyclone Aila, qui a balayé lundi 25 mai le sud du Bangladesh et l’est de l’Inde, a fait 183 morts, ont annoncé, mercredi 27 mai, les deux pays. De nombreux enfants ont péri noyés dans un raz de marée déclenché par le cyclone. Près de 6 500 personnes ont été blessées, et 400 000 sont sans abri. – (AFP.)

Consommation Des viandes étiquetées « sans OGM » ?
Le Conseil national de la consommation (CNC) s’est dit favorable, dans un avis rendu mercredi 27 mai, à ce que la viande, les œufs et les poissons issus d’animaux nourris sans OGM puissent désormais porter une étiquette « sans OGM ». Jusqu’à présent, cette mention ne peut apparaître que sur les produits végétaux. – (AFP.)

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75

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6 International

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Vendredi 29 mai 2009

M. Obama face au casse-tête nucléaire nord-coréen
Le président américain affronte son premier vrai test diplomatique et veut éviter les erreurs de ses prédécesseurs
aaa Suite de la première page « Et nous voilà de nouveau avec la même question. Que va-t-il falloir pour arriver à un certain degré de stabilitéetde transparenceenCorée du Nord, sachant que l’objectif doit rester la démilitarisation de la péninsule ? », interroge M. Pascual. Les experts estiment en même tempsque la crise actuelle est différente. « C’est autre chose, dit Richard Bush, qui suit l’Asie depuis trente ans. Ils n’essaient pas de négocier. » Les analystes en sont réduits aux conjectures. M. Bush pense que la Corée du Nord est à un stade de son programme nucléaire où elle a besoin de procéder à des essais. Et elle traverse l’incertitude de la succession de Kim Jong-il, malade. « Le scénario du pire est que le régime s’effondre et que certains s’enfuient avec du plutonium », dit-il. Les experts ne voient pas quoi faire, sinon continuer à essayer de tirer le maximum du processus multilatéral, sachant que la Chine traînait les pieds pour les sanctions. Et attendre que la succession soit réglée. « Une fois qu’ils auront assuré leur position, il est possible qu’ilsreviennent à la tabledes négociations », dit le sinologue Dennis Wilder, ancien de la CIA et responsable de l’Asie à la Maison Blanche jusqu’en janvier. L’option militaire aurait un coût important, et entraînerait des radiations. « Un millième de l’effet Tchernobyl », pense Michael O’Hanlon.

Moscou prend des « mesures préventives »
La Russie a décidé de prendre des « mesures préventives », y compris militaires, à la suite du deuxième essai nucléaire mené lundi par la Corée du Nord, rapporte, mercredi 27 mai, l’agence de presse Interfax citant une source proche des services de sécurité. Toutefois, aucun mouvement de troupes n’est prévu. Par ailleurs, un responsable du ministère des affaires étrangères a déclaré à l’agence ItarTass que la « guerre des nerfs » du nucléaire nord-coréen ne devait pas dégénérer en conflit militaire et a appelé les parties à la « retenue ». – (Reuters.)

Des officiers célèbrent, à Pyongyang, le « succès » de l’essai nucléaire du 25 mai. PHOTO DIFFUSÉE PAR L’AGENCE DE PRESSE NORD-CORÉENNE/AFP
nais. Et le ministre de la défense, Robert Gates, est parti pour l’Asie alors que les 28 500 soldats américains stationnés en Corée du Sud ont été placés en état d’alerte. Les Américains sont surtout inquiets du risque de prolifération. Ils surveillent les ports pour s’assurerquelesNord-Coréens« nedéplacent pas de matériel qui pourrait être utilisé pour des armes de destruction massive », a dit M. Gibbs. A droite, les analystes sont plus critiques et jugent, comme Clifford May, de l’Heritage Fondation, que l’administration fait preuve de faiblesse. « M. Obama a dit que la provocation ne ferait qu’accroître l’isolement de la Corée. Est-ce que nous nousimaginonsqueKimJong-ilver-

se des larmes à cette perspective » ? Lesfauconsdel’administrationprécédente font de la crise un « test » pour le président. Ils y voient une occasion de continuer à attaquer la diplomatie Obama sur le terrain de la sécurité des Américains. Dick Cheney a argumenté mercredi que l’attitude belliqueuse de Pyongyang montre que M. Obama a tort de réduire les crédits du Pentagone, notamment sur le programme de missiles antimissiles. p Corine Lesnes

n Sur le Web
www.brookings.edu

Risque de prolifération Sur la politique de M. Obama, les commentateurs sont partagés. Au centre gauche, la plupart pensent qu’il a raison de ne pas entrer dans la logique d’escalade, et de ne pas offrir de « crise » à la Corée du Nord, commeleluiarecommandéunéditorial du Washington Post. Robert Gibbs, porte-parole de la Maison Blanche, l’a répété mercredi : « Les menaces ne vont pas donner à la Corée l’attention qu’elle recherche. (…) C’est la cinquième fois en quinze ansqu’ilsessaientd’annulerl’armisticede la guerrede Corée. Ils feraient mieux de se concentrer sur leurs droits et leurs obligations. » Les responsables américains se sont peu mis en avant, préférant travailler dans le collectif de l’ONU. Mercredi, Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat, a quand même dû rassurer les alliés sud-coréens et japo-

Pékin perçoit comme un camouflet le tir nucléaire de son allié Pyongyang
Pékin Correspondant

Lors du premier test nucléaire nord-coréen, en octobre 2006, la Chine avait sévèrement critiqué Pyongyang, reprochant à son allié de ne pas respecter ses engagements sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne. Cette fois, Pékin a réitéré son opposition en des termes encore plus vifs qui démontrent le désarroi de la Chine, incapable de contrôler un voisin qui dépend pourtant d’elle sur les plans énergétiques et alimentaires. Pour Pékin, la dernière provocation du régime de Kim Jong-il est perçue comme un camouflet que lui inflige la Corée du Nord.

« Ignorant les objections partagées en commun par la communauté internationale, la République démocratique populaire de Corée a de nouveau testé un engin nucléaire », a regretté, lundi 25 mai, le communiqué du ministère chinois des affaires étrangères, exprimant l’« opposition résolue » du gouvernement : « La Chine demande fermement à la Corée du Nord de tenir ses promesses de dénucléarisation et de cesser toute action qui pourrait encore un peu plus envenimer la situation. » Solide allié du « royaume ermite » du temps de la guerre de Corée (1950-1953), Pékin se retrouve aujourd’hui face à un dilemme : la Chine doit apparaître, en tant qu’acteur diplomatique de

premier plan, comme une puissance capable d’empêcher les dérives nord-coréennes.

« Voisin à problèmes » Mais la diplomatie chinoise est hantée par le scénario catastrophe d’un écroulement du régime de Pyongyang qui provoquerait un afflux de centaines de milliers de Nord-Coréens en Chine, voire deux millions. On sait déjà qu’environ 250 000 Coréens du Nord réfugiés en Chine font des allers retours entre les deux pays… Une autre raison qui ne permet pas à Pékin de disposer d’une marge de manœuvre plus confortable à l’égard de la Corée du Nord : la perspective d’une réunification coréenne qui rapprocherait la

Chine d’une Corée du Sud où sont stationnés 28 500 soldats américains. Si la situation se dégradait chez le voisin et que Pékin décide d’intervenir militairement, comment gérer cette intervention avec les militaires américains et sud-coréens ? Ces préoccupations n’empêchent cependant pas les analystes chinois – et donc les responsables gouvernementaux – de s’inquiéter de manière croissante du caractère imprévisible et belliqueux du régime nord-coréen. Le quotidien Global Times, qui se consacre aux relations internationales et publie désormais une édition en anglais, vient de remarquer qu’il « est plus que temps pour la Chine de reconsidérer sa politique vis-à-vis de la

Corée du Nord ». Dans un article où abondent les citations de spécialistes chinois de politique étrangère, Sun Zhe, le directeur du département des relations sinoaméricaines de l’université de Tsinghua, à Pékin, traite la Corée du Nord de « voisin à problèmes ». Pour lui, Pékin ne joue d’ailleurs en la matière rien d’autre qu’un « rôle de pacificateur » car « l’essentiel du problème concerne avant tout la relation entre les Etats-Unis et la Corée du Nord ». Autrement dit, parce que les provocations nord-coréennes sont largement dirigées vers Washington à des fins de marchandage diplomatique, c’est aux Américains de régler la question… p Bruno Philip

Deng Yujiao, meurtrière mais « ni pute ni En Inde, le nouveau gouvernement soumise », glorifiée par les blogueurs chinois fait la part belle aux intouchables

E

n quelques semaines, elle est devenue une héroïne des internautes et des blogueurs, incarnant malgré elle la « résistance » à l’égard des fonctionnaires locaux, de leur réputation de cadres corrompus et de leur toute-puissance affichée : Deng Yujiao, 21 ans, était serveuse dans un salon de massage d’une petite ville du Hubei (centre de la Chine). Le 10 mai, elle a poignardé à mort un officiel local qui, semble-t-il éméché, essayait de la « convaincre » brutalement d’avoir avec lui des relations sexuelles. Elle a également blessé un de ses collègues. Les versions de la presse, de la police et des avocats de la jeune fille sont contradictoires et il est malaisé de se faire une idée exacte de ce qui s’est passé. Selon le quotidien cantonnais Nanfang Dushi Bao, Mlle Deng raconte que le fonctionnaire, Deng Guida, l’a frappée avec des liasses de billets de banque, la traitant de prostituée et s’étonnant qu’elle ne veuille pas le suivre, vu qu’elle n’était « qu’une pute ». Après qu’il eut malmené ainsi la serveu-

se, la poussant vers un sofa, celleci aurait sorti des ciseaux et poignardé son agresseur, qui décédera plus tard de ses blessures à l’estomac. Dans un communiqué, la police affirme qu’elle n’a pas été violée. Ses avocats craignent que les enquêteurs n’aient pas réuni assez de preuves pour justifier le geste de Deng Yujiao comme relevant de la légitime défense.

La petite serveuse cristallise la colère ressentie envers les fonctionnaires
L’essentiel n’est peut-être pas là : depuis que les journaux ont parlé d’elle, souvent de manière positive, la petite serveuse de province cristallise le mécontentement, voire la colère et le mépris ressentis par beaucoup de Chinois à l’encontre des fonctionnaires provinciaux. Les sites web et autres forums de discussions abondent de commentaires de soutien tandis que les internau-

tes s’efforcent de comparer les différentes versions du drame. Selon certains sondages, 69 % des personnes interrogées considèrent que la jeune femme était en état de légitime défense et 77 % estiment que, même si elle a tué, elle est innocente de ce crime. « Deng Guida [l’agresseur] méritait la mort », s’enflamme un internaute. « Une femme travaillant dans un institut de massage doit pouvoir se défendre pour préserver sa dignité ! Mais dans quelle société vivons-nous ? » s’émeut un autre. « C’est clairement un cas de légitime défense ! Et si c’est prouvé, cela servira de leçon aux fonctionnaires locaux qui se comportent mal… », tranche un troisième. Des photos circulent sur la Toile : on y voit des « performances » jouées par des artistes où une femme baillonnée et enveloppée de linges telle une momie, est transportée par des hommes puis laissée par terre, en position recroquevillée, symbole de la victime de l’exploitation par les mâles au pouvoir. p Bruno Philip (Pékin, correspondant)

En offrant dix ministères aux « dalits », le Parti du Congrès soigne son image auprès des classes les plus défavorisées
New Delhi Correspondant en Asie du Sud

L

e message est très politique : l’Inde promeut au plus haut niveau les intouchables. La volonté d’apparaître proche des groupes sociaux défavorisés transparaît clairement de la composition du nouveau gouvernement indien annoncée, mercredi 27 mai, à l’issu d’âpres négociations au sein de la coalition dirigée par le Parti du Congrès, grand vainqueur des récentes élections législatives. Sur les 79 membres du conseil des ministres, 10 sont issus des groupes intouchables (ou dalits) – la catégorie la plus défavorisée du système socio-religieux hindou. C’estun progrès parrapport au précédentgouvernementde2004,également contrôlé par le Parti du Congrès, où 7 ministres (sur 77) étaient des intouchables. Les deux têtes d’affiche dalits du nouveau gouvernement sont Sushilkumar Shinde et Meira Kumar, respectivement ministres

de l’énergie et de la justice sociale dans l’ancien cabinet, reconduits dans leurs fonctions. En affichant cette proportion inédite de ministres intouchables, le chef du gouvernement, Manmohan Singh, vise à consolider la base du Parti du Congrès au sein de ces communautés défavorisées, qui constituent autour de 16,6 % de la population. Après l’indépendance de 1947, les dalits ont longtemps été un électorat loyal au Parti du Congrès mais, déçus par le conservatisme social de l’état-major du parti, ils se sont ensuite laissés séduire par des mouvements communautaires plus militants.

Alchimie sociologique Cette radicalisation a nourri l’ascension du Bahujan Samaj Party (BSP, Parti de la société majoritaire) dont l’égérie est Behan Kumari Mayawati, aujourd’hui premier ministre de l’Uttar Pradesh. Surnommée familièrement la « Reine des intouchables », Mme Mayawati était parvenue à

conquérir cet Etat du nord de l’Inde en nouant une alliance inédite – dite « arc-en-ciel » – avec les brahmanes, l’élite du système socioreligieux hindou. Le récent scrutin législatif a douché les espoirs de Mme Mayawati, qui pensait confirmer au niveau national son succès de 2007 aux élections locales. Le BSP demeure certes le premier parti dans l’Uttar Pradesh (27,4 % des suffrages) mais son score ne l’autorise pas à jouer un rôle national en formant un groupecharnière dans l’Assemblée nationale (Lok Sabha) à New Delhi. Son alchimie sociologique de type « arc-en-ciel » a pâti de la défection des brahmanes, dont beaucoup ont rejoint le Parti du Congrès. Pourrelancersonprojetd’émancipation sociale, Mme Mayawati renoue subitement avec un discours axé sur la défense des intouchables. En promouvant de manière ostensible des ministres dalits, le Parti du Congrès veut lui couper l’herbe sous le pied. p Frédéric Bobin

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Vendredi 29 mai 2009

International 7

Amnesty : « La crise se traduit en discriminations »
Irene Khan, la secrétaire générale d’Amnesty International, veut exiger des multinationales le respect des droits de l’homme
Entretien
Londres Envoyé spécial

D

ans le rapport d’Amnesty International 2009, rendu public jeudi 28 mai, Irene Khan, la secrétaire générale de l’organisation non gouvernementale, prend la défense des « prisonniers de la pauvreté » alors que l’ONG est surtout connue pour son combat en faveur des détenus d’opinion.

Nous exigeons des gouvernements qu’ils assument leurs responsabilités. Il ne s’agit pas de besoins, mais de droits. Notre nouvellecampagne « Exigeons ladignité » se focalise sur les bidonvilles, où vivent 1 milliard d’humains, sur la mortalité maternelle, dont 500 000 femmes sont victimes chaque année, et sur les industries extractives, à propos desquelles les compagnies doivent rendre des comptes.
Vous écrivez que 2008 donne un avant-goût de ce qui nous attend. Quelles sont vos craintes ?

Le retrait des Etats a créé un vide quiaétécomblépardessociétésprivées et par des ONG. Celles-ci peuvent fournir des services, mais non garantir les droits de l’homme. Ce ne sont pas des entités démocratiques : leurs responsables ne sont pasélus etne sontpas responsables devant la population même si cer-

La crise mondiale changerait-elle la cause des droits de l’homme ?

S’agit-il d’un tournant stratégique pour Amnesty International ?

Depuis 2001, Amnesty défend non seulement les droits civils et politiques, mais aussi les droits sociaux et économiques qui, du point de vue des victimes, sont indissociables des premiers. Ainsi, les atteintes aux femmes mettent en cause non seulement leur intégrité physique, mais aussi le fait qu’elles n’ont souvent pas d’accès à l’emploi, à l’éducation.
Amnesty se tournerait-elle vers l’humanitaire ?

Les Etats restent les premiers garants du respect des droits de l’homme. Mais beaucoup ont abandonné certaines de leurs obligations, en privatisant la sécurité, les prisons, en réduisant leurs dépenses sociales. Tout le monde voit aujourd’hui à quoi a mené le manque de régulation dans le domaine économique et réclame l’intention accrue de l’Etat. Il faut promouvoir la même exigence en matière de droits de l’homme.
Dans beaucoup de pays pauvres, les ONG assument les missions abandonnées par les Etats. Ontelles une part de responsabilité dans leur affaiblissement ?

Non, nous sommes très différents des ONG humanitaires. Elles répondent aux besoins des gens.

La police mexicaine contre les protecteurs des narcos
Dix maires et un juge du Michoacan ont été arrêtés pour leurs liens avec des trafiquants
Mexico Correspondante

www.

.com

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ors d’une opération inédite par son ampleur, mardi 26 mai, la police fédérale et l’armée ont appréhendé dix maires, un juge et seize fonctionnaires de l’Etat du Michoacan, soupçonnés de collaborer avec le narcotrafic. Plusieurs sont des proches du gouverneur Leonel Godoy, du Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche). Le raid a été mené dans une douzaine de municipalités, notammentàMorelia,lacapitale,oùlesforces de sécurité en tenue de combat ont capturé une conseillère du gouverneur et ancienne ministre de la sécuritépublique,ainsiquetroisresponsables policiers. Parmi les maires arrêtés figurent celui d’Apatzingan, centre de la production d’amphétamines,etceluid’Uruapan.Cette ville de 250 000 habitants est devenue célèbre en 2006, lorsque les tueurs de la Famille du Michoacanontjeté cinq têtes humaines sur une piste de danse, en guise d’avertissement à leurs rivaux. D’apparition récente, cette Famille combine discours de défense des valeurs morales et grande cruauté. Les autorités ont arrêté ces derniers mois plusieurs de ses chefs. Grâce aux confessions d’un « repenti », c’est la première fois qu’elles s’attaquent aux réseaux de protection du crime organisé, qui semble avoir infiltré tout l’éventail politique : six des maires appartiennent au Parti révolutionnaire institutionnel

(PRI, centre), deux au PRD et deux sont membres du Parti d’action nationale (PAN, droite), au pouvoir au niveau fédéral. Natif du Michoacan, le président Felipe Calderon y avait déclaré, début 2007, la guerre au crime organisé, déployant 40 000 soldats afin de reconquérir le terrain concédé aux « narcos » sous ses prédécesseurs. Son offensive reçoit l’appui des Etats-Unis, dont le « tsar antidrogue », Alan Bersin, a applaudi le raid de mardi.

Enjeu électoral Si le Michoacan est une plaque tournante pour la culture de la marijuana, la production de drogues synthétiques et le transit de cocaïne, il est aussi un élément clé sur l’échiquier politique avant les élections législatives du 25 juillet, trèsdisputées entre le PAN etle PRI. Unepoussée deladroiteauMichoacan, où l’opération de mardi a porté un coup fatal au PRD, pourrait assurer sa suprématie au Congrès. M. Godoy se plaint de n’avoir pas été averti du raid, soulignant que le gouverneur de l’Etat de Morelos, membre du PAN, avait eu droit à plus d’égards lorsque furent arrêtés son ministre de la sécurité publique et un responsable policier, pour leurs liens supposés avec uncartel de ladrogue. Legouvernement voulait éviter toute fuite. Cependant, les chaînes de télévision semblent, elles, avoir été averties, car leurs cameramen étaient à pied d’œuvre dès les premiers moments du raid. p Joëlle Stolz
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VE EB PART EN LIS LIVE. LE W CLE

27/05/09 8:23:00

© aurelienfaidy/epp

Les informations recueillies sur 157 pays renforcent notre conviction : la crise n’est pas seulement économique, c’est une crise des droits de l’homme. Les populations les plus pauvres sont les premières victimes . Des milliards de gens souffrent d’insécurité, d’injustice et d’indignité. Et lorsque certains protestent, les gouvernements les répriment : 100 morts au Cameroun, 2 morts et des centaines d’arrestations en Tunisie... La crise met en cause les droits fondamentaux : elle se traduit en pertes d’emplois et de logements, en restriction d’eau et de nourriture, en discriminations. Elle attise le racisme, la xénophobie, fait monter l’insécurité.

Si on continue d’ignorer les questions de discrimination, de xénophobie, cela va empirer. Regardez ce qui s’est passé en Afrique du Sud, quand les gens s’en sont pris aux étrangers accusés de prendre leurs emplois. On voit le même phénomène en Europe avec l’hostilité à l’égard des Roms et des migrants. En France, en Italie, en Espagne,regardezcommentlapolice se comporte avec les étrangers ! En Pologne et en Hongrie, on voit l’intolérance monter. En Grèce, en Argentine, en Haïti, on constate un mécontentement grandissant et une répression accrue.
Les Etats affaiblis par la dérégulation peuvent-ils promouvoir les droits de l’homme ?

« C’est le moment de remettre les gens au centre, de fonder un nouveau leadership tenant compte des droits de l’homme »
taines ont été créées localement. Ce n’estpasleurfaute:ellessontlàparce qu’on s’est défaussé sur elles.
Le mépris affiché par Pékin et Moscou pour les droits de l’hom me met-il en cause leur universalité ?

enla matière. Reconstruire l’économie mondiale sans vision commune des droits de l’homme augmenterait les risques d’inégalités, de marginalisations et donc de conflits et d’insécurité. Mais la reconnaissance doit être réciproque : à la Chine de reconnaître les droits civils et politiques ; aux Etats-Unis de reconnaître les droits sociaux et économiques.
Est-il possible d’ouvrir ce débat en période de crise économique ?

Il serait très dangereux que des pays appelés à dominer le monde ne prennent aucun engagement

Mais c’est au contraire une opportunité ! Les Etats se concertentsur la manière de juguler la crise. C’est aussi le moment pour eux de remettre les gens au centre, de fonder un nouveau leadership tenantcompte des droits de l’homme. Mais les Etats ne suffisent pas. Les sociétés multinationales, parfois plus puissantes qu’eux, doivent être soumises à des règles universelles de respect des droits humains et à un système de sanctions qu’il serait possible d’actionner partout dans le monde.
Les droits de l’homme passentils par l’abolition des frontières ?

Nous sommes pour que les sociétés, et non les frontières, soient ouvertes. La question des migrations ne peut être traitée que par une coopération multilatérale. Ni le verrouillage des législations nationales ni les accords bilatéraux ne sont efficaces parce qu’ils oublientque lephénomène est planétaire. Il faut mettre autour de la table tous les pays, ceux de départ, ceux de transit et ceux d’accueil dans le cadre de la convention des Nations unies sur les migrations.
Barack Obama est-il un allié ?

Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International. DR
Goulag de notre temps, serait fermé ? La campagne pour le contrôle des armes a été un succès aux Nations unies, de même que le vote d’un moratoire sur les exécutions capitales. Les débuts effectifs de la Cour pénale internationale constituent un autre sujet de satisfaction. Mais le premier signe d’espoir reste la manière dont, partout dans le monde, émergent les sociétés civiles, y compris sous les régimes les plus durs. Sur tous les continents, des gens se lèvent et parlent. p Propos recueillis par Philippe Bernard

Nous sommes heureux qu’il ait décidé la fermeture de Guantanamo que nous réclamons depuis 2003. Il apporte beaucoup d’espoir. Mais nous sommes inquiets du fait qu’il use du même langage de guerre que l’administration Bush à propos d’Al-Qaida. Il faut laisser la justice décider si les gens sont coupables et ne laisserpersonne en prison sans jugement.
Dans ce monde troublé, percevez-vous des signes d’espoir ?

Quipouvait imaginer voiciquelques mois que Guantanamo, le

n Sur le Web
www.amnesty.org/fr

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Birmanie

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Vendredi 29 mai 2009

John Yettaw, l’Américain qui voulait « sauver » Aung San Suu Kyi
RANGOUN. John Yettaw, l’Américain à l’origine du procès contre Aung San Suu Kyi, a déclaré, mercredi 27 mai aux juges, qu’il voulait avertir l’opposante birmane d’un complot « terroriste » visant à l’assassiner. Appelé à la barre pour la première fois depuis le début du procès du prix Nobel de la paix, le 18 mai, et interrogé par les juges pendant trois heures, John Yettaw (photo) a déclaré « qu’il était venu ici parce que Dieu le lui avait demandé », a rapporté un avocat d’Aung San Suu Kyi. Ce mormon et ancien militaire âgé de 53 ans, domicilié dans le Missouri, s’était introduit dans la maison de l’opposante birmane en traversant à la nage le lac bordant la demeure où elle est assignée à résidence, à Rangoun. Pour ne pas avoir informé les autorités de cette présence, Aung San Suu Kyi est accusée d’avoir enfreint les règles de son assignation. Elle est passible d’une peine de cinq ans de prison. – (AFP.)p PHOTO : AFP

Sri Lanka : le silence coupable de l’ONU, qui a minimisé le nombre de civils tués
Le bilan de l’offensive militaire gouvernementale serait près de trois fois plus élevé qu’annoncé
aaa Suite de la première page Quand les chiffres ont été communiqués à la presse par des voies détournées, le coordonnateur local del’ONU, NeilBuhne, a exigéd’être, désormais, le seul destinataire de ces bilans. En public, les responsables onusiens ont pris leurs distances avec ces chiffres. Contre l’avis du secrétaire général, Ban Ki-moon, et de Vijay Nambiar, son chef de cabinet, le hautcommissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Navi Pillay, a jugé qu’il était de la responsabilité de l’ONU de publier ces données « crédibles », selon elle (le décompte était alors de 2 800 morts). De peur de provoquer l’ire de Colombo, le chef desaffaireshumanitairesdel’ONU, John Holmes, a dû prévenir l’ambassadeur du Sri Lanka à l’ONU. Bien qu’il ne tienne pas compte des lourdes pertes des derniers jours, le chiffre de 7 700 morts continue à faire référence dans la presse. Mais Vijay Nambiar a été informéquelebilan final« dépasserait sans doute les 20 000 morts ». Cechiffre, nonvérifié,estuneextrapolationdesrares informationsdisponibles. Imparfait, il reste méthodologiquement plus solide que le bilan de 300 000 morts au Darfour cité par M. Holmes, en 2008. Dèsledébut,l’ONUauraitdûs’attendre au pire. Le 23 janvier, 17 de ses employés, dont deux « internationaux », sont au centre de distribution de nourriture de Udaiyaarkaddu (Nord), dans la zone dite de

Etats-Unis M. Obama ira en Arabie saoudite avant de prononcer son discours en Egypte
WASHINGTON. Le président américain, Barack Obama, se rendra en Arabie saoudite le 3 juin. « [Il] rencontrera le roi Abdallah pour discuter d’une importante série de questions, dont le problème du Proche-Orient, l’Iran et le terrorisme », a indiqué, mardi 26 mai, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs. L’Arabie saoudite, alliée de Washington dans la région, joue un rôle clef dans la recherche d’une solution au conflit israélo-palestinien. Le 4 juin, après l’Arabie saoudite, le président américain ira en Egypte où il devrait adresser un important discours au monde musulman. Le lendemain, il visitera la ville allemande de Dresde et l’ancien camp de concentration de Buchenwald, avant de participer aux commémorations du débarquement allié en Normandie, le 6 juin. – (Reuters.)

Des civils tamouls tentent de se protéger des bombardements de l’aviation sri-lankaise. DR
« sûreté », lorsque l’armée sri-lankaise pilonne l’endroit. Des dizaines de personnes sont tuées. Dans l’hôpital le plus proche, les fonctionnaires onusiens prennent des photos des femmes blessées, d’enfants défigurés, brûlés, amputés. Dans les semaines suivantes, les responsables onusiens restent informés de l’évolution des combats à travers les SMS désespérés d’employés locaux de l’ONU et d’ONG, coincés dans la zone des combats. Les hôpitaux sont frappés par des bombes sri-lankaises. LesSMSégrènentlesmorts,parcentaines. Les blessés, par milliers. Un message du 9 mars : « S’il vous plaît, demandez à l’ASL [armée srilankaise] d’arrêter. » Le 14 mars : « Où est la zone de sûreté ? » Au milieu du chaos, les LTTE recrutent de force. Le 12 mars : « Les deux camps nous torturent. » « Nous mourrons ! Deux obus ont atterrià10m. »Le19mars:« Lesjeunes sont emmenés au combat, très triste. Quelle est la réaction de la communauté internationale ? » Le 21 mars : « Des centaines de gens qui essayaient de s’échapper ont été arrêtés par des dictateurs locaux. Ils ont été battus avec des bâtons, sans distinction d’âge ni de sexe. Je les entends pleurer très fort. » « Pourquoi la communauté internationale reste-t-elle silencieuse ? » A situation nouvelle, nouveaux outils. Incapable d’être sur le terrain, l’ONU fait appel à une de ses agences (Unosat) pour suivre les déplacements de population sur des photos satellite. Les clichés révèlent des cratères, certains de 12 m de diamètres, produits par des bombardements aériens du gouvernement. « Malgré les assurances données au plus haut niveau de l’ONU, le gouvernement n’a jamais arrêté de bombarder, pas une seule fois », explique un responsable.L’ONU détientla preuve de violations du droit international, mais n’en fait pas grand cas. Mi-avril, lorsqu’il arrive pour sa première mission au Sri Lanka, Vijay Nambiar délivre aux responsables onusiens un message étonnant : l’ONU devrait garder « un profil bas » et jouer « un rôle d’appui », « compatible avec le gouvernement », explique-t-il. Acetteépoque, les morts et les blessés se comptent par milliers. A son évoque enfin un « bain de sang ». Le gouvernement le somme de s’expliquer. Sa hiérarchie le lâche. Sur la BBC, Amin Awad, le chef local du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), explique qu’il est difficile de démêler les accusations des contre-accusations. Le 17 mai, sur Al-Jazira, M. Awad encore, abondant dans le sens des déclarations victorieuses du gouvernement, affirme qu’il ne reste presque aucun déplacé dans la zone de combat ; 20 000 réfugiés en sortiront le lendemain. « C’était donner un chèque en blanc au gouvernement pour lâcher un tapis de bombes sur la zone », déplore un responsable onusien. La fin des combats n’a pas marqué la fin des dilemmes. Dans les camps où sont détenus 300 000 déplacés tamouls, les ONG éprouvent une gêne croissante. « Les compromissions,ça suffit », résume une responsable d’ONG qui accuse l’ONU ne pas se battre pour faire appliquer les principes élémentaires de l’aide humanitaire:l’accèsaux victimes,la libertéde mouvementdesréfugiés,ladémilitarisation des camps… Dansune lettre envoyéele11mai à Neil Buhne, 7 ONG s’inquiètent de l’aide apportée par l’ONU au gouvernement pour étendre le camp de Menik Farm (Nord), qui comprend « une installation d’internement semi-permanente » dont les extensions pourraient « représenter le stade initial d’un site plus permanent ». « Nos opérations ne devraient pas seulement satisfaire desbesoinsmatérielsmaisaussipromouvoir et respecter la dignité des déplacés », assure le document.p Philippe Bolopion

Etats-Unis – Palestine Mahmoud Abbas devait rencontrer Barack Obama pour tenter de relancer le processus de paix
WASHINGTON. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devait rencontrer, jeudi 28 mai à Washington, le président américain, Barack Obama, pour tenter de faire pression sur Israël en vue de la création d’un Etat palestinien. Lors d’un entretien avec M. Abbas, mercredi, la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a affirmé que M. Obama voulait « la fin de la colonisation » israélienne en Cisjordanie. – (AFP).

16 & 17 Juin

2009

6e edition

Des SMS désespérés d’employés de l’ONU et d’ONG coincés dans la zone des combats
retour, l’ONU annonce que Colombo accepte la venue d’une mission humanitaire dans la zone des combats. Elle ne verra jamais le jour. L’attitude de la hiérarchie onusienne, de New York à Colombo, suscite un profond malaise chez plusieurs cadres. « On savait qu’on se préparait à un carnage », explique l’un d’eux. « On a tiré la sonnette d’alarme pendant des mois, mais ils n’ont jamais frappé en public sur le gouvernement. » « Tout le monde a peur que son agence soit jetée dehors », explique une fonctionnaire. De fait, les autorités sri-lankaises n’hésitent pas à menacer d’expulsion ou à intimider quiconque sort du rang. Le 11 mai, après la mort de plus de 100 enfants, le porte-parole de l’ONU à Colombo, Gordon Weiss,

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Malgré les réticences américaines, le FMI va prêter 2 milliards de dollars à Colombo
LES NÉGOCIATIONScontinuent à Colombo entre le gouvernement sri-lankais et les représentants du Fonds monétaire international (FMI) à propos de l’octroi d’un prêt de 2 milliards de dollars qui serait consenti pour deux ans au Sri Lanka. Ces discussions n’ont pas été ralenties par l’opposition de Hillary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, qui avait déclaré, le 14 mai, que ce n’était « pas le moment d’envisager [ce prêt] tant que le conflit [avec les Tigres tamouls] n’était pas résolu ». Depuis, le gouvernement a annoncé sa victoire totale sur la guérilla des Tigres de l’Eelam tamoul (LTTE) Mme Clinton se faisait la porteparole de ceux qui redoutent que cet argent n’alimente un budget de la défense d’un montant record de 1,6 milliard de dollars en 2009 et qui demandent de ne pas aider un gouvernement peu soucieux des droits de l’homme. « Mme Clinton n’a pas pris l’exacte mesure de la situation, explique un membre de la direction du FMI. Si nous ne faisons rien, le Sri Lanka sera en défaut de paiement à la fin juin, car il n’est pas en état de rembourser deux prêts à leur échéance. Ce qui provoquerait une grave crise de confiance et l’impossibilité pour le pays d’importer pétrole et alimentation, et ferait basculer dans l’extrême pauvreté des millions de Sri-Lankais. » Les réserves en devises du pays sont tombées à trois semaines d’importations. Le pays a assis sa croissance rapide (+ 6,2 % par an depuis 2002) sur un recours à des financements extérieurs et un arrimage au dollar. Cette position le rend très vulnérable à l’allergie que les investisseurs pourraient développer en cas de défaut de remboursement. Un effondrement de la roupie srilankaise serait ravageur pour ce pays de 20 millions d’habitants. « Pas question que le prêt que nous accorderons au Sri Lanka soit utilisé dans le cadre de son budget, poursuit le membre de la direction du FMI. Son montant ira directement dans les comptes de sa banque centrale et sera utilisé par celleci pour défendre la balance des paiements et la roupie. Il n’y a aucun risque que cet argent serve au maintien de l’ordre. » Les Etats-Unis ne peuvent pas opposer un veto à ce prêt au Sri Lanka. Cependant, le FMI a pour tradition de parvenir à un consensus ; il lui reste donc à convaincre l’administration Obama de la validité de sa démarche.p Alain Faujas

w w w. h a u t s - p o t e n t i e l s . c o m

Informations et inscription sur

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Vendredi 29 mai 2009

Europe 9

Les élections européennes

La montée en puissance du Parlement se confirme
Les eurodéputés pèsent de plus en plus dans le processus législatif, en dépit d’une capacité d’expertise limitée
Bruxelles Bureau européen

I

l est une chose que José Manuel Barroso redoute par-dessus tout : la fronde d’une partie des eurodéputés fraîchement élus qui compliquerait sa reconduction à la têtede la Commissioneuropéenne. En principe, un premier vote en ce sens est prévu mi-juillet à Strasbourg,sichefsd’Etatetdegouvernement des Vingt-Sept décident, lors du sommet européen des 18 et 19 juin, de le confirmer dans ses fonctions. Des candidats en campagne, du Vert Daniel Cohn-Bendit au libéral belge Guy Verhofstadt, en passant par les socialistes de différents pays, assurent vouloir mener la vie dure au président sortant. En 2004, l’entrée en fonctions de M. Barroso avait été retardée par la défiance des eurodéputés, furieux des propos sur les homosexuels et les femmes tenus par l’un des commissaires pressentis, l’Italien Rocco Buttiglione.Celui-ciavaitdûrenoncer à son poste. L’épisode avait mis en lumière, une nouvelle fois, la

montéeenpuissanceduParlement européen. Ce phénomène ne s’est pasdémentidepuis,endépitdesfaiblesses de l’institution. A l’instar de Nicolas Sarkozy, au second semestre 2008, les dirigeants européens et les lobbyistes de tout poil s’appliquent désormaisàcajolerlesélus.« C’estauParlement européen, ou du moins en tenant compte de son avis, que les compromis sur les textes les plus controversésontétédégagéscesdernières années », note un diplomate de haut rang : « Depuis l’élargissement,leParlement estlelieuoùpeuvent être contournés les blocages entreles Etats membres, ou leschoix de la Commission. » Certaines législations, comme la directive« Bolkestein »surlesservices ou le règlement Reach sur les produits chimiques, ont été amendéesenprofondeurlorsdeleur passage au Parlement. Il arrive même, de façon exceptionnelle, que les élus rejettent un texte soutenu par les capitales : le dernier exemple en date concerne une législation sur le temps de travail, qui prévoyait de

maintenir la dérogation dont bénéficie le Royaume-Uni à la semaine de 48 heures. Le Parlement européen s’est également permis, pendantcettelégislature,derefusercertaines initiatives de la Commission, comme la libéralisation des services portuaires. Il met aujourd’huilapressionsurl’exécutifeuropéen et M. Barroso pour qu’ils accélèrent les travaux en matière de régulation financière. Cette montée en puissance sera confortée par le traité de Lisbonne, si celui-ci entre un jour en vigueur, au mieux au début 2010. Le Parlement européen deviendra alors le

codétenteur, à quasi-égalité avec le Conseil, des fonctions législatives et budgétaires. Il représentera les « citoyens del’Union », tandisque le Conseil défend les intérêts des Etats. Le nouveau traité prévoit d’étendrele champde la codécision à des domaines réservés aujourd’hui au seul Conseil : la politique agricole commune, les questions migratoires ou le sport.

Légitimité fragilisée Sur le plan politique, le Parlement européen sera par ailleurs chargé d’élire, à la majorité de ses membres, le président de la Com-

Un large champ d’intervention
Eurodéputés Le Parlement européen sortant compte 785 élus. Le prochain en comptera 736, puis 751 avec le traité de Lisbonne. Textes adoptés Entre juin 2004 et le 1er mars 2009, les eurodéputés ont adopté définitivement 142 directives et 145 règlements, soit respectivement 71 % et 15 % des textes adoptés par le Conseil. Domaines d’intervention Leur intervention concerne à ce jour principalement le marché intérieur, la politique industrielle, la protection de l’environnement et des consommateurs, les transports, la libre circulation des travailleurs et des services.

mission, sur proposition du Conseil. A ce jour, la désignation de ce dernier par les Etats membres ne peut être qu’« approuvée » par le Parlement, et une majorité des suffrages exprimés suffit. Cette subtilité pousse M. Barroso à plaider pour un vote le plus rapide possible sur son nom, en juillet, avant que le traité de Lisbonne ne soit ratifié par tous les Etats. La montée en puissance du Parlement n’est cependant pas irrésistible. La légitimité de la nouvelle assemblée risque, après le 7 juin, d’être fragilisée par l’abstention. Le taux de participation aux élections européennes est en baisse constante depuis les premières élections, en 1979. Il a atteint 45 % en 2004, après s’être effondré dans des pays fondateurs où le voten’est pas obligatoire, l’Allemagne,la France, et les Pays-Bas. L’abstention reste très forte dans les nouveaux pays membres. « Le Parlementeuropéen est le soldat inconnu de la construction européenne : les citoyens d’Europe ont le pouvoir de l’élire, mais n’ont pas le bonheur

de le connaître », regrette l’ancien député Jean-Louis Bourlanges. A la différence du Congrès, aux Etats-Unis, le Parlement européen manque surtout de capacités d’expertise pour peser de tout son poids sur les décisions. Même les élus les plus assidus doivent s’en remettre aux argumentaires de la Commission européenne, des Etats membres, ou des lobbyistes pour se forger une opinion. A leur grand dam, les eurodéputés sont souvent mis en demeure de se prononcer dès la première lecture, sur des sujets éminemment complexes et controversés. Ce fut le cas, sous la présidence française, au sujet du paquet climat/énergie : l’hémicycle a disposé de quelques jours pour confirmer le compromis négocié de haute lutte entre les Etats membres, tandis que les industriels multipliaient les pressions pour alléger le coût de la lutte contre le réchauffement climatique. Au lendemain du vote, Daniel Cohn-Bendit avait dénoncé un « déni de démocratie ». p Philippe Ricard

Polémique en Belgique autour d’une candidate musulmane voilée
Le parti de Mahinur Özdemir, candidate aux élections régionales, a recadré sa photo sur un tract afin de dissimuler son foulard islamique
Bruxelles Correspondant

A

rborant un joli sourire et une bande de tissu grenat qui lui couvre les cheveux, Mahinur Özdemir est récemment apparue en photo dans l’est de Bruxelles, où ses parents gèrent un magasin. Portant le voile depuis l’âge de 14 ans, cette jeune Belge d’origine turque est candidate aux élections régionales qui, en Belgique, se tiendront en même temps que les européennes. Le portrait de la jeune femme n’avait, jusqu’ici, attiré l’attention que de quelques-uns, essentiellement des étrangers qui fréquentent les communes de Saint-Josse et Schaerbeek, où Mme Özdemir est déjà conseillère municipale. Mais, désormais, c’est une autre photo qui fait l’événement : dans un tract diffusé par son parti, la candidate a étrangement perdu son voile. A son insu, l’image a été recadrée et le couvre-chef a disparu. C’est ce qu’a révélé le blog Parlemento.com. Située à la 21e place sur la liste de son parti, le Centre démocrate humaniste(CDH),pour lesrégiona-

les, Mme Özdemir voulait faire parler d’elle au soir du 7 juin. Tablant sur l’appui des habitants belges d’origine turque que compte la capitale, la jeune femme de 27 ans, diplômée en administration publique de l’Université libre de Bruxelles, espérait décrocher un siège.Auxcommunales(municipales) de 2006, elle avait déjà obtenu un nombre important de « voix de préférence » – en Belgique, l’électeur peut voter soit pour la liste d’un parti, soit personnaliser son choix en votant pour un ou plusieurs candidats de cette liste.

« Une erreur » Elue, Mme Özdemir serait la première femme voilée à entrer au parlement bruxellois. Et c’est bien le problème, aux yeux de certains. Dans un pays qui, pas plus que d’autres, n’a réglé la question du port du foulard islamique, 90 % des écoles en interdisent le port et la plupart des administrations font de même, du moins pour les personnes de confession musulmane appelées à avoir des contacts avec le public. Un arrêt du Conseil d'Etat belge vient de juger

le foulard « discriminatoire ». En admettant que Mme Özdemir arbore son voile dans ses publicités électorales, le CDH, sorte de MoDem belge, lui aussi adepte de la couleur orange, paraissait adopter une position très tolérante. Le foulard islamique de la candidate est-il toutefois apparu un peu dérangeant lorsqu’il s’est agi de s’adresser à la population dans son ensemble ? Selon la direction du CDH, c’est un infographiste qui aurait malencontreusement gommé le voile. « Une erreur » dont il se serait excusé. Un « non événement » qui ne devrait pas masquer letravaildelaprésidente,JoëlleMilquet, pour favoriser une cohabitation harmonieuse entre les cultures, souligne le CDH. « Je porte unfoulard, je portesur-

tout des projets », a expliqué la candidate dans un communiqué, mardi 26 mai. Elle ne répond pas au téléphone et son parti parle désormais à sa place. La polémique déclenchée par cette affaire relance, en tout cas, la discussion sur le « vote ethnique » en Belgique : tentant de capter les suffrages des personnes d’origine étrangère, les grandes formations politiques embauchent massivement des candidats issus de l’immigration maghrébine, turque et africaine. Sans toujours fixer de règles claires à ces personnes et, parfois, sans s’interroger sur les valeurs qu’elles entendent défendre. p Jean-Pierre Stroobants

n Sur le Web
Le blog belge Parlemento.com

La photo de la candidate d’origine turque a été recadrée afin de masquer son foulard islamique. FREDERIC SIERAKOWSKI/ISOPIX/SIPA

À partir du 2 juin 2009,
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Jacques Barrot veut répartir les demandeurs d’asile

Vos nouveaux euros ont encore plus de valeur!

A

lors qu’il achèvera bientôt son mandat de commissaire européen chargé du portefeuille justice, liberté et sécurité, le Français Jacques Barrot martèle sa conviction : après la crise économique, la question de l’immigration sera la plus difficile que les Vingt-Sept auront à résoudre. Les chiffres parlent d’euxmêmes : en 2008, l’Union européenne (UE) a enregistré 240 000 demandes d’asile. Sur les quelque 194 000 dossiers traités en première instance, 73 % ont reçu une réponse négative. En valeur absolue, la France (42 000), le Royaume-Uni (30 000) et l’Allemagne (27 000) ont enregistré le plus de demandes. Elles émanaient principalement, par ordre décroissant, d’Irakiens, de Russes, de Somaliens, de Serbes et d’Afghans. Rapporté au nombre d’habitants, le classement est très différent. Chypre a enregistré 41 demandes d’asile pour 1 000 habitants entre 2004 et 2008, Malte, 18 et la Grèce, 6. La

moyenne pour l’UE est de 2,5. Globalement, cinq Etats méditerranéens (Chypre, Malte, Grèce, Italie et Espagne) ont enregistré 62 000 demandes, soit plus du quart du total. Pour soulager ces Etats du Sud – Malte et Chypre surtout –, le commissaire européen a décidé d’écrire aux ministres de l’intérieur des autres Etats de l’Union pour leur demander de réinstaller chez eux une partie des réfugiés arrivés dans ces pays. Pour éviter d’autres drames humains – 4 000 candidats à l’immigration ont péri depuis 2003 –, M. Barrot va tenter d’organiser une conférence multilatérale avec les principaux pays traversés par les routes de la migration. Au premier rang de ceux-ci, la Libye. En échange de sa coopération, Tripoli se verrait promettre de l’argent, une reconnaissance internationale et une facilitation des procédures de visa. p J.-P. S. (Bruxelles, bureau européen)

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10 Europe
Les élections européennes

0123
Vendredi 29 mai 2009

Le PS passe sous la barre symbolique des 20 % d’intentions de vote
C’est ce qu’indique un sondage TNS Sofres/Logica pour « Le Monde », France 2, France 3 et France Inter

L’écart se resserre entre le PS et le MoDem
a LES INTENTIONS DE VOTE en pourcentage UMP - Nouveau Centre Parti socialiste
MoDem Europe Ecologie Front de gauche* NPA Front national Libertas

a SOUTIEN AU GOUVERNEMENT OU DÉFIANCE DES ÉLECTEURS en pourcentage 26 19
14 11 7 6 6 4 2 16 Sans opinion Les électeurs profitent de cette élection pour manifester leur mécontentement Les électeurs manifestent leur soutien à l’égard du gouvernement actuel 27

57 %

M

ême si les Français sont encore moins d’un sur deux (43 %) à « s’intéresser » au scrutin du 7 juin, le décrochage du Parti socialiste est sans doute le principal enseignement du sondage TNS Sofres/Logica réalisé par téléphone pour Le Monde, France 2, France 3 et France Inter, les 25 et 26 mai sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes selon la méthode des quotas. Alors qu’il était crédité de plus de

« Le PS n’est pas parvenu à capitaliser sur le vote sanction »
Brice Teinturier TNS Sofres
20 % des intentions de vote dans les précédentes enquêtes, le parti de Martine Aubry passe pour la première fois en dessous de cette barre symbolique. Redoutéparlessocialistes,cetassement s’effectue au bénéfice des autres listes qui s’opposent à l’UMP et à la politique du gouvernement, notamment celles du MoDem (14 %) et du Front de gauche (7 %). « L’intérêt pour le scrutin est encore faible mais les choses commencent à bouger et à se cristalli-

ser »,analyseBriceTeinturier, directeur général adjoint de TNS Sofres. « Onvoitnettement lepartide FrançoisBayrous’installerdanslepaysage et les petites listes améliorer leur score.Cedoublemouvementpénalise le PS », poursuit-il. Dans un scrutin très marqué par l’abstention, le PS est handicapé par la sociologie de son électorat : ses listes recueillent les meilleurs scoreschez les18-24 ans(28 %)et les ouvriers (26 %), deux catégories d’électeurstraditionnellementabstentionnistes. Mais il y a aussi des raisons politiques à ce tassement dans les intentions de vote. Les socialistes n’ont visiblement pas réussiàconvaincreleurssympathisants de l’impact de l’élection européenne dans leur vie quotidienne et la vie du pays. En effet, seuls 49 % d’entre eux pensent que le scrutin du 7 juin « peut avoir un impact sur la situation en France » contre 55 % des électeurs du MoDem et 64 % des partisans de l’UMP. Les électeurs du PS sont par ailleurs les plus indifférents à ce scrutin. Nettement moins de la moitié d’entre eux (45 %) déclarent « s’y intéresser » alors qu’ils sont 65 % chez ceux qui ont l’intention devoterpourleslistesFrontdegauche de Jean-Luc Mélenchon et Marie-George Buffet, 54 % chez

Lutte ouvrière

a LE RÔLE DE L’EUROPE DANS LA CRISE ÉCONOMIQUE en pourcentage
Elle nous protège plutôt des effets de la crise Elle aggrave plutôt les effets de la crise

Alliance écologiste indépendante 1,5 Debout la République Autres 0,5 3

39 %

27

a L’INTÉRÊT POUR LA PROCHAINE ÉLECTION EUROPÉENNE
INTÉRÊT : 43 % DÉSINTÉRÊT : 57 % Sans opinion
* PARTI COMMUNISTE ET PARTI DE GAUCHE ; ** MOUVEMENT POUR LA FRANCE ET CPNT

29 5

Elle n’a pas d’impact sur les effets de la crise

ÉTUDE TNS SOFRES/LOGICA EFFECTUÉE POUR LE MONDE, FRANCE 2, FRANCE 3 ET FRANCE INTER

ceux de l’UMP, 51 % chez ceux d’Europe écologie. « Le PS n’est pas parvenuàcapitaliserde manièreefficace sur le vote sanction, estime M. Teinturier, alors que l’enquête montre que plus de la moitié des Français [57 %] ont l’intention de manifester leur mécontentement du gouvernement à l’occasion de cette élection. » Enfin, il faut noter que si François Bayrou réalise un bon score avec 14 % des intentions de vote sur ses listes, les électeurs duMoDemapparaissentparticulièrement fluctuants dans leurs choix. A dix jours du scrutin, 38 % seulements’intéressentàcetteélection et 44 % « pourraient changer d’avis » (contre 39 % des électeurs du PS et 26 % de ceux de l’UMP). L’écart se creuse donc entre les deux premières formations politi-

ques, le PS et l’UMP, cette dernière recueillant 26 % des intentions de vote. Le parti de Nicolas Sarkozy « subit également un tassement » assure toutefois M. Teinturier. Surtout, l’addition de l’UMP, du Front national et des villiéristes des listes Libertas est faible (36 %) face à un « bloc de gauche » qui, avec l’extrême gauche et les écologistes, totalise 45 % des intentions de vote. Autreenseignement,lacriseéconomiquesemblen’avoirquefaiblement modifié la perception que les Français ont de l’Europe. Un gros tiers seulement (39 %) pense qu’elle « protège plutôt » de ses effets contre 27 % qui estiment qu’elle les « aggrave » et 29 % qu’elle « n’a pas d’impact ». Cette défiance est plus marquée à gauche, 35 % de ses électeurs jugeant l’Europe protectrice

face à la crise (39 % de ceux du PS, 40 % de ceux des Verts et du MoDem). A droite (47 %) et notamment à l’UMP (56 %), on se montre en revanche plus confiant dans le rôle d’amortisseur de l’Europe. Au moment de voter, une majorité de Français (52 %) « tiendront compte avant tout des positions prises par les partis sur les problèmes qui se posent en France ». Seuls les partisans des Verts (55 %) et ceux de l’UMP (50 %) déclarent majoritairement qu’ils tiendront d’abord compte « des positions sur les problèmes de la construction européenne ». L’enquêtenedonnepasd’indication sur le taux d’abstention « difficile à prédire », note M. Teinturier. Comptetenudufaibleintérêtmanifesté pour le scrutin, on peut néan-

moins faire l’hypothèse qu’il devrait être élevé. L’opinion des électeurs sur les chefs de file des partis a été sondée. François Bayrou arrive en tête avec 59 % de « bonnes opinions », suivi de très près par Martine Aubry (57 %). A noter que, s’ils font tous deux le plein des voix dans leurs camps, l’un et l’autre sont plutôt appréciés dans celui du voisin. Le président du MoDem est crédité de 71 % de « bonnes opinions » chez les électeurs s’apprêtant à voter PS. Martine Aubry bénéficie de 60 % d’opinions favorables chez ceux qui devraient opter pour le MoDem. p Christine Garin

n Sur lemonde.fr
Les résultats complets du sondage

« Martine » et « Ségolène » en appellent au « sursaut »
Unies pour un meeting à Rezé, en Loire-Atlantique, elles ont fustigé l’axe « sarko-berlusconien »
Rezé (Loire-Atlantique) Envoyé spécial

L’UMP concentre ses attaques sur le PS
M. Fillon, en meeting dans son fief du Mans, a feint d’ignorer la progression de M. Bayrou
Le Mans Envoyée spéciale

P

our Martine Aubry et Ségolène Royal, il ne s’agissait pas seulement de sceller des retrouvaillesetdesolder laquerelle du congrès de Reims. Leur meeting commun, mercredi 27 mai à Rezé, près de Nantes, ressemblait aussi à une tentative de créer un choc salutaire afin de sauver la campagne européenne du PS, plombée par les sondages.« Lesconséquencesdecette réunion publique peuvent être déterminantes »,estimeClaudeBartolone, l’un des lieutenants de Mme Aubry, alorsque David Assouline, proche de Mme Royal, compte sur l’unité affichée à Rezé pour déclencher « un déclic ». Les deux femmes se sont livrées à une opération de réconciliation réglée au millimètre. « Martine » et « Ségolène », venues soutenir la liste PS de la circonscription Ouest conduite par Bernadette Vergnaud, ont fait leur apparition dans la salle côte à côte. Elles ont fait assaut d’amabilités–l’unefélicitant« Martine, vaillante dans cette campagne », l’autre rendant hommage à « Ségolène, dont tout le parti a été fier lorsqu’elle a dit à Dakar ce qu’elle pensait du discours de Nicolas Sarkozy » sur l’Afrique – et même échangé des présents. La première secrétaire a offert une statue africaine du Burkina Faso, représentant une « Femme debout », alors que la présidente de la région Poitou-Charentes a remis à son hôte une porcelaine de Deshoulières, une entreprise en difficulté de la Vienne. « Nous sommes indéfectiblement socialistes et nous sommes des femmes, nous savons nous serrer les coudes quand c’est nécessaire », a lancé Martine Aubry, qui a fait l’éloge de cette « sororité politique » devant 2 500 militants et sympathisants ravis. Ces derniers jours, le PS a réalisé

A

Mme Royal et Mme Aubry, mercredi 27 mai, à Rezé (Loire-Atlantique). JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »
l’urgence de réagir pour éviter une déconvenue que laissent entrevoir les sondages mais aussi certaines « remontées de terrain ». Les socialistes, qui sont difficilement parvenus à combiner discours européen, critiques à l’encontre de Nicolas Sarkozy et affirmation d’un statut d’opposant numéro un face à François Bayrou, tentent de mieux cibler leurs arguments. opposer les deux projets européens ; celui des libéraux, amis de Nicolas Sarkozycomme de François Bayrou, et le projet des 27 partis socialistes ». Mme Aubry s’en est vivement prise aux « grosses ficelles » du chef de l’Etat qui consistent à mettre en avant le thème de la sécurité « et, bientôt, celui de l’immigration ». Elle s’est aussi attachée à mettre en garde les Français contre « l’impatience de la droite à déréguler », assurant qu’une bonne performance électoral de l’UMP le 7 juin hâterait la réalisation de la réforme du travail du dimanche, voire l’autorisationdurecoursautélétravailpendant les congés maladie, proposé parFrédéricLefebvre,leporte-paroledel’UMP« qui dittouthautceque Nicolas Sarkozy pense tout bas ». A l’approche de la dernière ligne droite, une phase généralement favorable aux « petites » listes au détriment des grands partis, certains dirigeants redoutent qu’une frangedel’électorattraditionneldu PS ne soit tentée par un vote de défiance qui pourrait se porter sur le MoDem,les écologistesou la gauche de la gauche. Mardi 26 mai, lors de la réunion du secrétariat national, plusieurs intervenants se sont fait l’écho de cettepréoccupationqui,soulignele sénateur de Paris David Assouline, « peut concerner un électorat assez politisé, lassé de voir le Parti socialiste s’enfermer dans ses divisions ». Un risque de vote sanction contre le PS que les retrouvailles entre Martine Aubry et Ségolène Royal auront tenté de dissiper.p Jean-Michel Normand

« L’impatience de la droite » Réclamant« unsursaut »,Ségolène Royal a lancé « un appel vibrant à la participation » à destination des électeurs les plus directement confrontés aux conséquences de la politique du gouvernement, et à ceux « qui ne se reconnaissent pas dans l’axe sarko-berlusconien ». De son côté, la première secrétaire a estimé que, « dans les dix jours quiviennent,il nousfaut clairement

lors que François Bayrou conforte sa percée dans les sondages, François Fillon et l’UMP conservent la même stratégie : concentrer les attaques sur le Parti socialiste. Xavier Bertrand voudrait ignorer le président du MoDem mais devant la presse, mercredi 27 mai au siège de l’UMP, le sujet le démange. Le secrétaire général de l’UMP ne peut s’empêcher de stigmatiser « le coucou » qui fait selon lui son nid au PS. « C’est le seul, accuse-t-il, qui s’est invité dans la campagne électorale sans parler d’Europe. Il vient montrer qu’il est là pour parler de son obsession présidentielle. » En meeting dans son fief de la Sarthe, le premier ministre n’en a soufflé mot, préférant se concentrer sur les retrouvailles entre Martine Aubry et Ségolène Royal. « Il a fallu des semaines pour savoir si ces deux personnalités allaient tenir une réunion ensemble, si elles allaientseserrer lamain, a-t-ilironisé. C’est un suspens haletant qui a pris toute la France à la gorge. Je ne doute pas qu’un vent de fraternité et d’amitié souffle sur la réunion de ce soir. Mais derrière les apparences, chacun sait que le PS est divisé et sans idées sur l’Europe. »

n Sur lemonde.fr
« Puzzle socialiste » Le blog de Jean-Michel Normand

Hésitations Acontrario, le chef du gouvernement met en avant « pour la première fois, l’unité de la majorité ». Malgré tout, M. Fillon est inquiet. Pendantplusd’une heure,ila appelé les militants à se « mobiliser pour l’Europe ».« L’indifférence, n’estpas digne de la cause européenne et l’indifférence est une forme d’impuis-

sance », a-t-il lancé. Pour mobiliser, il tente de défendre la nécessité de « construire une Europe politique ». Malgré son talent de pédagogue, les militants semblent indifférents à ses arguments, alors le premier ministreenrevientauxvieillesthématiques chères à son électorat. Il rassure les agriculteurs et les laitiers, affirme son refus d’intégrer la Turquie et détaille son « engagement » à « combattre l’insécurité partout, en particulier dans les écoles ». L’UMP s’apprête, dans la dernière ligne droite, à investir la thématique de « la préférence communautaire »,reprenant,commeNicolas Sarkozy en 2007, le vocable de l’extrême-droite ou de Philippe de Villiers. L’UMP n’est pas à l’aise dans cette campagne. Son positionnement hésite entre la défense du bilan du président de la République et le repli sur des thématiques droitières, entre parler d’Europe ou des réformes gouvernementales. Confronté au tassement de son avance, le parti majoritaire veut aller chercher « les réservoirs de voix » dans le grand quart Nord-Est et dans le Sud-Est, ancien terreau du Front national. M. Bayrou lui n’a pas ce souci. Le président du MoDem, qui a choisi de concentrer son message sur la sanction à l’encontre de Nicolas Sarkozy, apparaît comme le plus lisible. En déplacement à Marseille, le Béarnais a confié « sentir un élan ». Interrogé pour savoir s’il visait la troisième place, il a répondu :« C’estpaslatroisièmequim’intéresse, c’est premier » ! p Sophie Landrin

n Sur lemonde. fr
« Où sont passés les candidats ? » Le blog de la rédaction

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Vendredi 29 mai 2009

Europe 11
M. Sarkozy reporte sa visite en Suède pour masquer le différend sur la Turquie
Crise, climat : Paris veut travailler en confiance avec Stockholm, qui prend la tête de l’UE en juillet

Les élections européennes

Le clivage oui-non perdure, quatre ans après le référendum européen
Pour Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof, les divisions au sein des partis compliquent leur message
Entretien
sûr, la crise économique. Mais cela neveut pasdireque ce clivage adisparu du paysage. L’Europe continue de travailler l’espace politique français, à gauche comme à droite. Dans les enquêtes électorales conduites par le Cevipof en 2007, on trouve trace du référendum de 2005 : par exemple, dans l’oppositionentreceux quiperçoiventpositivement ou moins positivement l’Europe, les différentes manières dont les Français se représentent aujourd’hui l’intégration européenne. On voit bien pourquoi les partis politiques n’ont pas intérêt à réveiller ce clivage, en disant « ce débat est derrière nous », mais c’est aller un peu vite en besogne.
Quelles formes prend aujourd’hui cette opposition ?

L

e 29 mai2005, 54,6 % desélecteurs français, interrogés par référendum, disaient non au traité constitutionnel européen. La campagne avait profondément divisé les partis politiques et les électeurs. Deux camps, radicalement opposés, s’étaient affrontés, dans un débat très largement suivi par les Français. Quatre ans plus tard, que reste-t-il de ce clivage entre le camp du oui et celui du non ? Cette divergence est-elle encore pertinente dans la manière dont les Français perçoivent les enjeux de la construction européenne ? Réponse de Bruno Cautrès, chercheur au Cevipof (Sciences-Po-CNRS).

débat était entre une vision intégrationniste et une option souverainiste. Aujourd’hui, cette seule dimension ne suffit plus. Le principe de l’intégration européenne fait sans doute moins clivage que ses modalités de mise en œuvre. Cela explique, à gauche, la focalisation de la campagne sur l’Europe sociale contre l’Europe libérale. Et

face à l’Europe. L’Europe présente pour les citoyens un caractère multidimensionnel. A l’intérieur des familles d’électeurs, on a des nuances. Par ailleurs, l’Europe est perçue à travers différentes facettes.
On entend souvent que cette campagne ne démarre pas. Par rapport à la campagne de 2004, percevez-vous une grande différence ?

O

« On voit bien pourquoi les partis n’ont pas intérêt à réveiller ce clivage »
si l’on se penchait sur la question de savoir quel type d’Europe est souhaité, on s’apercevrait vite qu’à l’intérieur des familles politiques, les positions ne sont pas homogènes. C’est la raison pour laquelle les partis politiques ont du mal à faire campagne sur la thématique européenne.
L’Europe dépasse-t-elle le clivage gauche-droite ?

Le clivage oui-non du référendum de 2005 perdure-t-il dans cette campagne ?

Il n’apparaît pas aussi fortementqu’ilyaquatreans.Ils’estproduit, entre-temps, une série d’événements qui ont un peu modifié la donne : l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, lesrecompositionsencoursàl’intérieur de la gauche et les débats internes au PS, le MoDem et, bien

Cela passe par certaines thématiques : les conséquenceséconomiques et sociales de la construction européenne suscitent des craintes à gauche. La question de l’identité nationale est sensible, notamment pour l’extrême droite. Sans compter l’élargissement, notamment à la Turquie, question qui traverse toutes les familles politiques.Il y adix-sept ans,lors du référendum sur Maastricht, le grand

Cette question est au cœur des analyses. Le clivage gauche-droite n’est pas la seule clé d’interprétation des attitudes des électeurs

En 2004, la campagne était assez atone, mais elle avait étémarquée par un double enjeu, européen et national : l’arrivée des dix nouveaux membres et le fait que le scrutin se déroulait deux ans après le 21 avril 2002. L’élargissement à une Europe à 25 et le challenge pour le PS d’arriver à se remettre électoralement du traumatisme de 2002 avaient donné à au débat de 2004 un peu plus de relief que celui d’aujourd’hui. Ce qui me frappe le plus dans la campagne française, c’est qu’elle n’arrive pas à trouver ses thèmes, ses rythmes ni ses enjeux. Et pourtant les résultats vont être l’objet d’une grosse bataille d’interprétation tant à gauche qu’à droite. p Propos recueillis par Sylvia Zappi

MM. de Villiers et Dupont-Aignan à la pêche aux nonistes
ILS FONT tréteaux à part mais se disputent le même créneau de l’euroscepticisme, à droite. Nicolas Dupont-Aignan, le président de Debout la République, étrenne sa première campagne européenne en boulottant des pastilles pour conjurer « une extinction de voix ». Mardi 26 mai, il tractait dans les rues de Neuilly, n’hésitant pas à s’attaquer au cœur de la sarkozie. Le matin même, dans un café chic du 7e arrondissement de Paris, Philippe de Villiers, à la tête du Mouvement pour la France, présentait sa nouvelle campagne « à l’américaine ». « Si vous voulez dialoguer avec Philippe de Villiers, appuyez sur la touche 1 » : le député (MPF) de Vendée, qui en est à son quatrième combat européen, a enregistré un message téléphonique qu’il espère diffuser, selon la technique du « phoning électoral » auprès de quelque 10 millions de foyers d’ici au 7 juin. Sans être jumeaux, le premier est de douze ans cadet du second, les deux rivaux s’apprêtent à fêter un anniversaire commun, vendredi 29 mai. La commémoration de la victoire du non au référendum sur le traité constitutionnel européen, il y a quatre ans, est pour eux une occasion rêvée d’inciter « les électeurs nonistes floués en 2005 à prendre leur revanche », le 7 juin, explique M. de Villiers. « Le peuple a dit non à la Constitution européenne et on nous a refourgué la même marchandise avec la révision constitutionnelle préalable à la ratification du traité de Lisbonne » votée par le Parlement réuni en congrès le 4 février 2008, s’indigne le fondateur du Puy-du-Fou. « Parmi les 16 millions d’électeurs qui ont voté non, en 2005, calcule M. Dupont-Aignan, la moitié ne sont ni d’extrême droite ni d’extrême gauche. » « C’est à eux que je m’adresse » pour qu’ils réitèrent, dit-il, leur rejet d’une Europe « ultralibérale ». Mais pour l’instant, les listes de M. Dupont-Aignan plafonnent à Député non inscrit de l’Essonne, M. Dupont-Aignan qui a quitté l’UMP en janvier 2007 cherche à se démarquer de M. de Villiers en soulignant ses désaccords sur les questions de société comme le pacs. Il rejette l’étiquette « ringarde » de souverainiste, s’affiche comme « gaulliste » et prétend vouloir réconcilier les « républicains des deux rives » : ses listes mêlent d’exchevènementistes à d’anciens séguinistes, quelques villepinistes y côtoient des militants de Ni Putes ni soumises. Mais s’il a refusé de s’allier avec Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan partage avec lui quelques combats. Ils viennent du même parti, le RPF crée en 1999, par MM. de Villiers et Pasqua et défendent la même antienne dans la campagne : l’Europe est la cause principale de la crise économique. « Partout où je vais, constate M. Dupont-Aignan, je vois la France qui ferme ses usines, ses hôpitaux, ses services publics et des Français qui ont un sentiment de dépossession de leur modèle social et économique à cause d’une Europe qui leur vole la France. » Même diagnostic de M. de Villiers : l’absence de « barrières protectionnistes » en Europe incite les entreprises françaises à se délocaliser dans les pays pauvres pour pouvoir importer ensuite leur produits à bas prix dans l’Union, entraînant chômage et baisse du pouvoir d’achat. Aux mêmes maux, le même remède : des « écluses douanières » aux frontières de l’Union. Tous deux tablent aussi sur la « désillusion » des Français vis-à-vis de la politique M. Sarkozy. « Il ment quand il dit qu’il ne prépare pas l’entrée de la Turquie dans l’Europe », répète M. de Villiers. « Il enfarine les Français », renchérissait M. Dupont-Aignan, à Clichy-laGarenne (Hauts-de-Seine), mardi. p Béatrice Jérôme

fficiellement, il s’agit d’un problème d’agenda. En réalité, c’est à cause de la Turquie. Nicolas Sarkozy a annulé la visite qu’il devait faire mardi 2 juin en Suède, pays qu’il ne connaît pas. A cinq jours des élections européennes, le chef de l’Etat, qui a fait du refus de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE) un argument de campagne, ne voulait pas afficher un différend flagrant avec le premier ministre suédois, le conservateur Fredrik Reinfeldt. Ou donner le sentiment qu’il s’oppose sur les estrades françaises à l’adhésion turque, mais l’accompagne en Europe. La Suède, qui prend le 1er juillet la présidence semestrielle de l’Union, veut accélérer les négociations d’adhésion avec Ankara et ouvrir jusqu’à trois nouveaux chapitres de négociation (fiscalité, politique sociale, énergie). Le ministre des affaires étrangères suédois, Carl Bildt, a mis le feu aux poudres en faisant, dans Le Figaro du25 mai, un plaidoyer pour la Turquie. « Il faut éviter d’arrêter les élargissements », a-t-il mis en garde, précisant que cet impératif concernait « absolument » la Turquie. M. Sarkozy en a pris connaissance le soir à Abu Dhabi. Mardi matin, l’Elysée informait l’ambassade de Suède à Paris que la visite à Stockholm était reportée. « Nicolas Sarkozy a annulé sa visite à cause de l’entretien de Carl Bildt », confirme un ministre. « Le président voulait éviter un clash sur la Turquie et ne voulait pas que sa visite en Suède interfère avec les élections. Il y a trop de dossiers

importantsà préparer avec la présidence suédoise pour rater cette visite », renchérit un autre responsable politique. La France et la Suède s’opposent aussi sur le volontarisme politique dans la crise. M. Reinfeldt ne partage pas les convictions interventionnistes de M. Sarkozy. Ce dernier a toujours pris le dirigeant suédois pour un ultralibéral. Interrogé sur l’Europe qui protège, concept cher à M. Sarkozy, M. Bildt a enfoncé le clou dans Le Figaro : « Ma vision de l’Europe n’est pas aussi défensive que celle que j’observe chez certains. » Et il a confirmé le refus de renflouer les constructeurs automobiles. « Dépenser l’argent des contribuables pour subventionner les structures existantes est une très bonne façon de gaspiller de l’argent. »

Main dans la main L’Elyséechercheunedatedevisiteavant le 30 juin pour se rendre en Suède. M. Sarkozy veut avancer main dans la main avec Stockholm, qui représentera l’Europe lors de la négociation internationale sur le climat à Copenhague en décembre. Les deux pays veulent mieux réguler la sphère financière. Mais une semaine avant le scrutin du 7 juin, M. Sarkozy préfère limiter les risques, en publiant ce week-endune tribune avec la chancelière allemande Angela Merkel. Ilachèvera sa campagne en compagnie de Barack Obama, pour fêter le débarquement du 6 juin. En Normandie, et pas à l’Elysée, à son grand regret. p Arnaud Leparmentier

M. Dupont-Aignan plafonne à 0,5 % des intentions de vote, M. de Villiers, à 4 %
0,5 % des intentions de vote, celles de M. de Villiers à 4 % (contre 6,67 % en 2004). Pour sortir de l’ornière, le député MPF tente de renouveler ses méthodes et son discours souverainiste. Pour se donner, dit-il, « une image moins antieuropéenne », il fait campagne sous les couleurs de Libertas, le parti fondé par l’homme d’affaires irlandais noniste, Declan Ganley, qui présente des listes dans plusieurs pays de l’UE. Pour dissuader ses ouailles d’aller à la pêche le 7 juin, le député de Vendée a fait alliance avec Chasse pêche nature et traditions (CPNT), le parti de Frédéric Nihous, tête de liste dans le Nord-Ouest. Enfin, pour compenser la faiblesse de son appareil militant, le MPF mise sur la mobilisation sur l’Internet « comme pour la campagne d’Obama », jubile M. de Villiers.

Rencontre

Le déjeuner de François Bayrou et Dominique de Villepin
Lors d’un déplacement à Marseille, mercredi 27 mai, le président du MoDem, François Bayrou, a déclaré à la presse avoir « récemment » rencontré l’ancien premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, « lors d’un déjeuner ». « Nous avons discuté ensemble des enjeux du pays, a-t-il indiqué. C’est une condition du pluralisme d’accepter le dialogue avec des républicains. C’est une condition préalable à des rassemblements ultérieurs. » Dans la soirée, en marge d’une conférence sur l’Europe organisée à l’Assemblée nationale, M. de Villepin a confirmé cette rencontre. « Je crois qu’il est important, entre responsables politiques, de pouvoir dialoguer sur l’ensemble des grands sujets, a-t-il expliqué en réponse aux questions des journalistes. J’ai beaucoup de respect pour François Bayrou. C’est pour moi important d’entretenir ce dialogue politique. » Il a également précisé avoir lu le dernier livre de M. Bayrou, Abus de pouvoir (Plon) : « C’est un livre qui pose un certain nombre de questions, et je crois que, dans une démocratie, il faut avancer les yeux ouverts. » – (AFP.) p

Conseil d’Etat La liste Rassemblement pour l’initiative citoyenne invalidée en Ile-de-France
Le Conseil d’Etat a invalidé la liste Rassemblement pour l’initiative citoyenne en Ile-de-France, pour défaut de parité. Celle-ci comprenait quatorze candidats et douze candidates. La liste Rassemblement pour l’initiative citoyenne, qui promeut le référendum d’initiative populaire, reste présente dans six autres des huit eurocirconscriptions françaises : NordOuest, Ouest, Sud-Ouest, Est, Massif central-Centre et Outremer. Au total, 160 listes ont donc été validées par le Conseil d’Etat.

12 France
Social

0123
Vendredi 29 mai 2009

Syndicats et patronat négocient de nouvelles mesures contre la crise
Les partenaires sociaux vont démarrer une nouvelle négociation sur « les conséquences sociales de la crise économique sur l’emploi », le 10 juin. C’est la principale décision prise par les syndicats et le patronat qui se sont retrouvés, mercredi 27 mai, au siège du Medef à Paris, pour fixer « l’agenda social 2009 ». Pour le reste, notamment la politique salariale et la répartition de la valeur ajoutée, un thème sur lequel le chef de l’Etat leur a expressément demandé de discuter avant le 15 juillet, rien de bien précis n’a été décidé. Trois « délibérations » – des discussions pouvant éventuellement déboucher sur l’ouverture de négociations – ont aussi été annoncées. Elles devraient porter sur la démocratie sociale et la gouvernance des entreprises, la politique industrielle et les relations inter-entreprises. Les syndicats ont déploré, à l’issue de la réunion, qu’il n’y ait « rien sur le partage des richesses », comme l’a dit Gabrielle Simon (CFTC). « Le patronat cherche des échappatoires », a estimé Maryse Dumas (CGT). Tous, néanmoins, vont s’inscrire dans ce nouveau processus de négociation, comme l’a exprimé Marcel Grignard (CFDT), prenant acte d’un « calendrier qui n’est pas satisfaisant mais a le mérite d’exister ». p Rémi Barroux

M. Sarkozy annonce des mesures pour « sanctuariser les établissements scolaires »
Portiques, vidéosurveillance, ouverture des cartables : 184 établissements sensibles vont être testés

N

Assemblée nationale

La réforme du règlement adoptée
Les députés ont adopté, mercredi 27 mai, la réforme du règlement de l’Assemblée par 312 voix (UMP et Nouveau Centre) contre 218, sans parvenir au consensus voulu par son président, Bernard Accoyer. L’accord a achoppé, notamment, sur l’encadrement de la durée des débats dans l’Hémicycle y compris lorsque le gouvernement décide d’engager la procédure accélérée qui limite à une seule lecture dans chaque assemblée l’examen d’un texte de loi. Conformément aux souhaits du chef de l’Etat et du chef du gouvernement, le groupe UMP s’est refusé à approuver la concession que M. Accoyer était prêt à accorder à l’opposition. « Je voudrais, au nom de mon groupe, saluer le président de notre assemblée, Bernard Accoyer, pour la façon dont il a dirigé nos débats, a déclaré Jean-Jacques Urvoas (PS, Finistère), lors des explications de vote. Nous regrettons simplement que le groupe auquel vous appartenez ne vous ait pas suivi. Ce groupe a une marque de fabrique, qui est aussi celle de Nicolas Sarkozy : l’excès de pouvoir, devenue la règle et non l’exception. »p Patrick Roger

ous devons sanctuariser les établissements scolaires. » Après avoir énuméré les incidents des dernières semaines, Nicolas Sarkozy a annoncé, jeudi 28 mai, en fin de matinée à l’Elysée, une série de mesures, qui reprennent les propositions du ministre de l’éducation Xavier Darcos, à l’exception des sanctions financières infligées aux parents. « J’entends les bonnes consciences qui crient au scandale quand le ministre de l’éducation nationale propose d’installer des portiques de sécurité à l’entrée des établissements. Bien sûr qu’il est regrettabled’enarriverlà.Maiscomment agir autrement dans un tel contexte. Attendre que l’irréparable seproduise ? », devait direM.Sarkozy, citant les 17 morts de Winnenden en Allemagne en mars. 184 établissements parmi les plus sensibles vont faire l’objet d’un « diagnostic de sécurité à l’issue duquel seront adoptées toutes lesmesuresnécessaires »,qu’ils’agisse de l’installation de portiques ou de mesures de vidéo-surveillance. L’idée est de faire du cas par cas. M. Sarkozy estime que « les per-

sonnels de direction et d’encadrement [des établissements scolaires] devront à l’avenir disposer des moyens de s’assurer que les élèves ne transportent pas d’armes. Acettefin,ils recevrontunehabilitation spécifique qui leur permettra de faire ouvrir les cartables et les sacs ».Lafouilledescartablesnéces-

« Aucune rue, aucune cave, aucune cage d’escalier ne doit êtreabandonnée aux voyous »
site selon les juristes une modification de la loi. S’y ajoute le durcissement de la répression: l’intrusion dans un établissement scolaire ne sera plus une infraction, mais un délit. Les violences contre un agent de l’éducation nationale constitueront à l’avenir des circonstances aggravantes, également lorsqu’elles se produisentàl’extérieurdel’établissement. Enfin, les établissements

scolaires sont invités à avoir un « policier référent » dans le commissariat voisin. Ce plan s’inscrit dans un plan de lutte global, contre l’insécurité, alors que la délinquance repart à la hausse. M. Sarkozy, qui a assis son créditpolitiquesurlalutte contre la délinquance, se livre à une critique à peine voilée des résultats obtenus parsaministredel’intérieurMichèle Alliot-Marie : « Il faut tout autant dire la vérité quand surviennent des évolutions moins favorables. Les résultats de ces derniers mois contrastent avec l’évolution observée depuis sept ans. » Les crimes et délit ont augmenté de près de 4 % en mars, d’un peu plus de 2 % en avril. « Les chiffres de mai ne seront sans doute pas très bons », a affirmé M. Sarkozy qui estime que « la priorité, aujourd’hui, c’est la reconquête des quartiers sensibles ». Le chef de l’Etat veut se concentrer sur vingt-cinq quartiers, dont vingt et un en région parisienne, qui sont « rongés par la délinquance,le trafic de drogue et letrafic d’armes ». « Aucune rue, aucune cave, aucune cage d’escalier ne doit être

abandonnée aux voyous. Je veux que se multiplient immédiatement les opérations coups de poings ». M. Sarkozy propose la création d’une police d’agglomération, d’abord en région parisienne. Le préfet de police de Paris aura la responsabilité de la sécurité de la capitalemaisaussi la petitecouronne. Il demande à ce que200 fonctionnaires de police en plus soient affectés en Seine-Saint-Denis. M.Sarkozy demandela constitutiond’ungroupedetravailpourlutter contre le trafic d’armes. Il veut que tous les services de l’Etat marchent mais dans la main, y compris le fisc et les douanes. « Il n’yapasàmesyeuxdesecretprofessionnel qui tienne, entre services de l’Etat, lorsque la sécurité des Français ou celle de l’Etat est en jeu », devait dire le chef de l’Etat Ildemandel’accélérationdurapprochement police-gendarmerie. « J’ai voulu cette réforme et j’entends qu’elle soit menée à son terme, Madame la ministre, dans les plus brefs délais. » Michèle AlliotMarie est prévenue. p Arnaud Leparmentier

Université Report des examens à la rentrée à Toulouse-II- Le Mirail
L’université de Toulouse-II-Le Mirail s’achemine vers le report des examens de la session de juin à celle de septembre. Décidée par le président de l’université, Daniel Filâtre, cette mesure – contestée par les syndicats qui ont dénoncé une « politique du pire » –, doit encore être entérinée par le conseil d’administration qui se réunira le 2 juin. Daniel Filâtre a pris cette décision après la reconduction du blocage de son université lors d’un vote des étudiants en assemblée générale, mardi dernier.

Affaire de Tarnac : Julien Coupat est remis en liberté
Le principal suspect des sabotages SNCF devra se soumettre à un strict contrôle judiciaire

C

Conseil des ministres Indemnisation des victimes des essais nucléaires
Le ministre de la défense, Hervé Morin, a présenté, mercredi 27 mai, en conseil des ministres le projet de loi « relatif à la réparation des conséquences sanitaires des essais nucléaires » qui instaure le principe d’une indemnisation (Le Monde du 25 mars). En théorie, ce ne sera plus à la victime de prouver que sa maladie est due à sa participation à l’un des 210 essais nucléaires français mais à l’Etat de démontrer le contraire. Tout en se félicitant de cette avancée, l’Association des vétérans des essais nucléaires (AVEN) regrette la faiblesse du fonds d’indemnisation : 10 millions d’euros. Elle souhaite aussi que les vétérans déboutés puissent avoir des possibilités de recours devant des juridictions d’appel. Des amendements en ce sens devraient être déposés au Parlement lors de la discussion du texte, qui pourrait avoir lieu avant l’été.

onsidéré comme le principal suspect dans l’affaire des sabotages de lignes SNCF, Julien Coupat devait quitter, jeudi 28 mai, la prison de la Santé, à Paris, où il se trouve en détention provisoire depuis sa mise en examen le 15 novembre 2008 pour « terrorisme ». Interpellé le 11 novembre 2008, avec huit autres personnes, il était le dernier à demeurer emprisonné. Dans un entretien au Monde, daté du 26 mai, Julien Coupat avait qualifié, depuis sa cellule, son maintien en détention de « petit vengeance bien compréhensible au vudesmoyensmobilisésetdelaprofondeur de l’échec ». Jusqu’ici, chaque demande de remise en liberté déposée par son avocate, Irène Terrel, s’était heurtée au refus du parquet qui intervenait alors par référé-détention.

Cette fois, le parquet a indiqué qu’il ne s’y opposerait plus, estimant « en l’état du dossier » que la détention provisoire de M. Coupat ne se justifiait plus. « Les auditions essentiellesont été faites, les perquisitions réalisées, indique-t-on dans l’entourage du procureur de la République. Dans ces conditions, il n’y a plus de risque de concertation frauduleuse ou de pression sur les témoins ». Dès mardi 26 mai, à la veille d’une ultime audition de Julien Coupat, le juge d’instruction Thierry Fragnoli a pris une ordonnance directe et l’a transmise au parquet, sans attendre une cinquième demande de remise en liberté. Il y a quelques semaines déjà, le juge envisageait de libérer M. Coupat dans l’espoir de faire retomber la pression médiatique.

La dernière audition de Julien Coupat en détention, mercredi, a été très longue. Elle s’est achevée vers 20 h 30 et abouti à plus de 20 pages de procès-verbal. L’information sur sa remise en liberté avait déjà commencé à circuler. « Je me réjouis, bien évidemment, mais je m’étonne de cette soudaine précipitationdu parquet à communiquer, avant même ma demande soit formellement déposée », déclare Irène Terrel. Pour l’avocate, cette « précipitation soudaine après l’acharnement mis par le parquet à le maintenir en prison est bien le signe qu’il s’agit d’un dossier éminemment politique ». Julien Coupat, qui aura 35 ans le 4 juin, reste mis en examen pour direction d’un groupe à visée terroriste, et, comme les huit autres personnes interpellées en même

temps que lui, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Il devra se soumettre à un strict contrôle judiciaire, réclamé par le parquet : pointage régulier dans un commissariat à une fréquence à fixer par le juge ; obligation de résider en région parisienne chez ses parents ; interdiction d’entrer en contact avec les autres personnes mises en examen. Le parquet demande aussi à Julien Coupat de « fournir un cautionnement de nature à garantir l’indemnisation de la victime », en laissant à l’appréciation du juge les détails. Autrement dit, il lui réclame de provisionner le dédommagement de la SNCF pour le coût des sabotages des lignes et des retards supportés par les TGV. p Isabelle Mandraud

Jean Tiberi est condamné à trois ans d’inéligibilité
www.courrierinternational.com
N° 969 du 28 mai au 3 juin 2009 - 3 €

Le tribunal a reconnu l’existence d’un système organisé de fraudes électorales

X

Liban Si le Hezbollah gagnait les élections
POLOGNE

QUAND WALESA PERD LA BOULE

Corée du Nord La tentation du pire

Business Marchand d’extraterrestres
Et chaque jour : www.courrierinternational.com

avière etJeanTiberiontquittélasalled’audienceentrombe et sans un mot, et l’ancien mairedeParisremâchesonamertume. La 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris l’a condamné, mercredi 27 mai, à trois ans d’inéligibilité,dix moisdeprisonavecsursis et 10 000 euros d’amende, soit presque le maximum légal : après douze ans de procédure et autant d’hésitations, la justice a reconnu qu’ilexistaitbiendansle5e arrondissement de Paris un système organisé « d’atteinte à la sincérité du vote par des manœuvres frauduleuses », au moins entre 1 994 et 1997. Les parties civiles ont salué « un jugement équilibré », mais le député et maire du 5e s’est déclaré, mercredi sur Europe 1, « choqué » par la décision du tribunal et a annoncé qu’il ferait appel. « Ce sont des suppositions, supputations, interprétations », a indiqué Jean Tiberi, qui « conteste tout cela ». Le tribunal, dans un jugement serré de 140 pages, a suivi de près les réquisitions du parquet, après un mois de débats accablants, du 2 févrierau4 mars.Lespeinesmaximales sont minces : un an de prison et 15 000 euros d’amende soit, comme l’avait malicieusement remarqué le procureur, autant que pour l’usage illicite de cannabis.

Mercredi 27 mai, au tribunal correctionnel de Paris. HADJ/SIPA
Pour le tribunal, « l’implication de M. Jean Tiberi apparaît établie dans ce système d’inscriptions frauduleuses ». Même s’il « n’a jamais été directement mis en cause pour avoir participé à la constitution des dossiers d’inscription frauduleux », il est « enfin parvenu à admettre l’existence d’une fraude électorale » pendant l’audience, mais « en rejetait l’entière responsabilité sur ses subordonnés ». Ses « arguments de défense ne résistent pas tout d’abord aux éléments matériels du dossier, conclut le tribunal, et sont ensuite contredits par les déclarations des prévenus et témoins ».

« Fariboles et billevesées » Xavière Tiberi a été condamnée à 9 mois avec sursis et 5 000 euros d’amende, mais sans privation du droit de vote. « Elle a considéré que toutes ces accusations étaient des

mensonges, des fariboles et billevesées, relève le tribunal. Un tel discours de dénégation s’efface devant les éléments à charge. » Anne-MarieAffret, toujours première adjointe au maire du 5e, a été condamnée, comme Xavière, a 9 mois avec sursis, 1 500 euros d’amende et deux ans d’inéligibilité. Le dernier élu, Jean-Charles Bardon, un temps « maire-postiche » du 5e, a été condamné à 3 mois de prison avec sursis, 1 500 euros d’amende et un an d’inéligibilité. Chez les fonctionnaires, Raymond Nentien, le secrétaire général de la mairie qui a fini par tout avouer, est condamné à 5 mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Jacqueline Mokrycki, la directrice du cabinet, n’a en revanche pas laissé échapper un aveu et le paie cher : 7 mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Olivier Favre, chef repenti du bureau des élections, n’écope que d’une peine symbolique : 1 000 euros d’amende avec sursis et sans inscription au casier judiciaire, comme la militante Christine Havre, la secrétaire Annick Mercier et Patrick Mondain, l’homme à tout faire. Farida Sahnoune enfin, une bénévole, a été relaxée, faute de charges. p Franck Johannès

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Vendredi 29 mai 2009

Economie 13
En hausse La Suisse
L’excédent commercial de la Suisse a fortement augmenté en avril, de 62,1 %, à 2,6 milliards de francs suisses (1,7 milliard d’euros), les exportations reculant cependant sous l’effet de la crise.

En baisse Les ventes au Japon
En avril, les ventes de détail sur l’Archipel ont baissé de 2,9 % par rapport à celles du même mois de 2008. C’est la huitième baisse mensuelle consécutive en glissement annuel.

29

millions. Tel est le nombre de Français de plus de 18 ans connectés au Web en avril, selonune étude de l’Observatoire des usages Internet(OUI) de Médiamétrie – contre 3 millions en 1999, soit près de dix fois plus (51,7 % sont des hommeset 48,3 % des femmes).

Immobilier : les achats en Ile-de-France s’effondrent
La baisse des prix, de 1 % à 8 % au premier trimestre, s’accélère. Selon les notaires, elle sera de 10 % en 2009

L

a chute du nombre de logements vendus en Ile-de-France, au cours du premier trimestre, est sévère : – 42 %, avec 22 980 ventes enregistrées contre 39 580 l’an passé. « Nous sommes tombés au niveau le plus bas depuis la création des bases notariales, en 1996 », s’alarment les notaires, dans leur note de conjoncture du jeudi 28 mai. Dans la capitale, le nombre de logements anciens vendus s’effondre de plus de 38 %. Petite et grande couronne connaissent, elles, des reculs de près de 42 %, et même 47 % pour les maisons. Cette paralysie du marché est, bien sûr, la conséquence directe de la restriction du crédit depuis l’automne 2008. « Seul subsiste le marché de besoin, où les vendeurs, pressés par un prêt relais ou sous le coup d’une mutation doivent absolument conclure et acceptent de le faireàdesconditionsmoins avantageuses », constate Laurent Vimont, directeur du réseau d’agences Century 21 pour la France. Sur le front des prix, si les notaires tablent sur une baisse des prix de 10 %, en 2009 (autour de 8 % à Paris, de 9 % en petite couronne et 12 % en grande couronne), le recul au premier trimestre comparé aux trois premiers mois de 2008 est encore loin d’être spectaculaire. Selon les départements, les baisses

Le nombre de transactions a été presque divisé par deux
VENTES DE LOGEMENTS NEUFS ET ANCIENS
en Ile-de-France, au premier trimestre

PRIX DES LOGEMENTS ET LEUR ÉVOLUTION SUR UN AN
Appartement : prix au m2 en euros Maison : prix moyen en euros 1 Paris 6 360/n.c.

PRIX DES APPARTEMENTS ANCIENS
évolution trimestrielle, en euros le m2

50 000 40 000 30 000 20 000 10 000 0

44 260

2 Hauts-de-Seine 4 450/505 600 3 Seine-Saint-Denis 2 870/244 600

– 3,3 % – 8,2 %

B A

C

– 2,0 % – 8,8 % – 4,9 % – 6,7 %

7 000 6 000 5 000 4 000

– 1,0 %
D

Paris Hauts-de-Seine Val-de-Marne Seine-St-Denis

22 980

4 Val-de-Marne 3 620/331 200 5 Seine-et-Marne 2 570/225 900 6 Yvelines 3 420/341 100 7 Essonne 2 500/270 500 8 Val-d'Oise 2 550/254 000

– 7,8 % – 9,5 % – 6,3 % – 9,9 %
F

H

E G

3 000 2 000 1 000
1991 2000 2009
SOURCE : NOTAIRES

– 5,0 % – 7,9 %

Dans la capitale, le recul des valeursreste très limité, – 1 %,en un an. Le mètre carré atteint 6 360 euros en moyenne. Certains arrondissements continuent même de progresser, comme le 6e, pourtant déjà le plus cher. Avec des pointes à plus de 10 000 euros, il s’offre une hausse de 2,1 % sur un an. Les arrondissements subissant les plus importantes baisses sont les secteurs populaires : – 11,6 % dans le quartier Charonne et – 5 % sur tout le 20e arrondissement. « Le marché parisien est paradoxal, l’offre y est faible et les acheteurs fortunés ne se décident pas », souligne Stéphane Immowicz, directeur de la société de conseil en immobilier Ad Valorem.

2000 01 02 03 04 05 06 07 08 09

– 7,9 % – 8,7 %

sont comprises entre 1 % et 8 %. En réalité, ceux qui baissent le plus sont ceux qui avaient le plus flambés. « On a pris un “coup de buis”, reconnaît Bruno Cheruy, à la tête de huit agences immobilières dans les Yvelines. On doit convaincre les vendeurs de réduire leur prétention de 15 % à 30 %, mais il faut relativiser par rapport aux 150 % de plusvalue engrangée en dix ans. C’est un ajustement salutaire. » Sur un an,

dans le Val-d’Oise et en Essonne, les prix sont en repli de près de 8 %, et de 6,3 % dans les Yvelines. La baisse dépasse les 10 % dans des villes comme Corbeil, Evry (Essonne), Franconville (Val d’Oise), Montigny-le-Bretonneux (Yvelines). Dans les secteurs huppés, où les ménages sont déjà bien logés, le marché patine. « Nous devons mettre la pression sur les vendeurs pour qu’ils acceptent des baisses consé-

quentes, de 15 % à 20 %, afin que les négociationsaboutissent », raconte M. Cheruy. Il cite le cas d’une maison en Vallée de Chevreuse vendue à grand-peine 610 000 euros, alors que les vendeurs espéraient en tirer 700 000 euros. En revanche, plus on se rapproche de la capitale, moins les baisses sontimportantes.Enpetite couronne, elles tournent autour de 7 %. En Seine-Saint-Denis, dans certaines

communes,leprixdesmaisonss’effondre (– 22 % à Livry-Gargan, – 14 % à Gagny, – 17 % à Pavillonssous-Bois). Les maisons des Hautsde-Seine ne sont pas épargnées, comme à Clamart (– 26,7 %) ou Colombes (– 14,5 %). Les appartements fléchissent de 7,6 % à Boulogne. Quelques communes résistent, voire enregistrent des hausses, comme Montreuil (+ 5 %) ou Epinay-sur-Seine (+ 4,8 %).

Les prix des terres agricoles évoluent à contre-courant de ceux des logements
« LES PRIX des terres agricoles, des vignobles et des forêts évoluent à l’inverse des marchés immobiliers », analyse Robert Levesque, le directeur de Terres d’Europe. Dans son observatoire annuel publié jeudi 28 mai, ce bureau d’études dépendant des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) constate que les marchés fonciers ruraux ne connaissent pas la crise. En 2008, les terres agricoles et la vigne d’appellation d’origine contrôlée (AOC) ont vu leurs prix augmenter de 5,6 % pour les premières et de 9,6 % pour la seconde, tandis que l’hectare de forêt s’appréciait de 7 %. Ce sont les agriculteurs euxmêmes qui ont acheté de nouvelles terres, en partie grâce à la hausse des prix des céréales, en 2007 et début 2008. Avec un prix moyen actuel de 5 170 euros l’hectare, la tendance reste à la hausse, en dépit du léger repli des prix des matières premières observé à l’automne. Les Safer constatent aussi une baisse des transactions de 3 %, une première depuis 2004. Certains propriétaires souhaitant conserver un patrimoine dans l’espoir qu’il se valorise. L’esprit spéculatif change donc de camp puisque, entre 2000 et 2004, ce sont des non-agriculteurs, notamment dans le Nord et l’Ouest, qui cherchaient à acheter des terres dans l’idée d’obtenir un permis de construire et de faire une belle plus-value. La crise persiste dans le domaine viticole pour les vignobles de consommation courante, mais la cote des vignes de qualité est toujours tirée vers le haut, avec un prix moyen de 91 000 euros l’hectare, le double de ce qu’il valait, en 1997 ! Le champagne atteint des sommets, à 830 000 euros l’hectare, en hausse de 15 % en un an et de 30 % en trois ans. dans des domaines moins prestigieux. Les Safer constatent qu’il faut aujourd’hui aux viticulteurs deux fois plus de temps qu’il y a dix ans pour que le revenu tiré de leur exploitation rembourse l’acquisition (14,3 années en 2008). L’embellie du vignoble pourrait cependant subir la baisse des prix du vin qu’engendre la crise mondiale. Les volumes exportés sont déjà en repli de 10 %. Quant au marché des maisons de campagne, c’est-à-dire des bâtiments agricoles avec terrain, destinés à être transformés en résidence, il est lié au marché urbain. En 2008, le nombre de transactions a fléchi de 19 %, à 32 000 ventes. Après dix ans de hausse ininterrompue (177 % au total), les prix ont, eux, reculé de 4,1 %, en 2008, pour atteindre un montant moyen, par propriété, de 211 000 euros. « Le retournement du marché s’est fait sentir dès septembre 2007, où les prix avaient atteint leur point haut, mais la mesure de déductibilité des intérêts d’emprunts a retardé leur baisse », note M. Levesque, pour qui « cette mesure fiscale a bénéficié surtout aux vendeurs et aux banques ». Les étrangers, qui ont représenté jusqu’à 14,3 % des acquéreurs en 2004, ne sont plus que 8,6 %. Très touchés par la baisse de la livre sterling par rapport à l’euro, les Britanniques ne représentaient plus que 1 600 transactions en 2008, contre 4 500 en 2004. p Laetitia Clavreul et Isabelle Rey-Lefebvre

Citadins fortunés Un quart des acheteurs de vignobles sont des non-agriculteurs, des citadins fortunés dotés d’un portefeuille conséquent, à l’instar des grands patrons : Vincent Bolloré, François Pinault, Bernard Arnault s’offrent les grands crus. D’anciens chefs d’entreprise et cadres dirigeants, qui ont revendu leurs parts de sociétés, les imitent en plaçant leurs capitaux

« Insuffisants » Notaires et agents immobiliers se consolent en relevant plusieurs signesde dégel et un léger redressement du nombre de promesses des ventes, en fin de trimestre, notamment des logements pour petits budgets, moins de 200 000 euros. « Il y a un petit regain printanier, mais je redoute les mauvaises nouvelles à la rentrée de septembre », confie M. Cheruy. Les mesures récentes prises par le gouvernement, comme le doublement du prêt à taux zéro ou la réduction d’impôt dite Scellier sur l’achat d’un logement neuf destiné à la location, dopent l’achat dans le neuf. Les statistiques publiées jeudi par le ministère du logement recensent, au premier trimestre, plus de 25 000 logements neufs vendus en France, soit 10 000 de plus qu’au trimestre précédent. « Ce soutien par le biais d’avantages fiscaux, qui ignorent le secteur ancien, est presque artificiel », se désole M. Immowicz. « Ces différents mouvements sont cependant insuffisants pour parlerde reprise, estiment lesnotaires. Les transactions correspondant au noyau dur du marché, c’est-à-dire répondant aux besoins des classes moyennes franciliennes et des familles, restent à un niveau trop faible. » p I. R.-L.

n Sur Internet
www.paris.notaires.fr La note de conjoncture des notaires franciliens.

Cinquante-cinq Etats envisagent de taxer les changes pour doper l’aide aux pays pauvres
Cet exemple de « financement innovant » mondial apporterait en théorie entre 30 milliards et 60 milliards de dollars au développement

P

our tirer plusieurs milliards de gens de la pauvreté, peuton aller plus loin que la taxe sur les billets d’avion inventée par la France pour combattre sida et tuberculose ? Les 55 pays membres du « groupe pilote sur les contributions internationales de solidarité en faveur du développement » rejoints par trois observateurs (Autriche, Chine, Egypte) et des organisationsinternationales(Banque mondiale, Fonds mondial sida, OCDE, FAO, Unitaid, Union européenne) se réunissent, jeudi 28 et vendredi 29 mai, à Paris pour en débattre. Tout le monde est d’accord avec le rapport de l’inspecteur général des finances Jean-Pierre Landau, qui affirmait en 2004 : « Une fraction des richesses créées par la mondialisation doit pouvoir être utilisée »àla réduction dela pauvretéet àlaprotectiondesbienspublicsglobaux (environnement, santé). Car tout le monde sait que les Etats ne seront jamais assez généreux pour

atteindre les Objectifs du millénaire fixés en 2000 par l’ONU, qui veut diviser par deux la pauvreté dans le monde avant 2015. Les quelque 110 milliards de dollars (79,6 milliards d’euros) d’aide publique apportés chaque année par les Etats progressent mais pas suffisamment. Ce qu’on appelle « les financements innovants » sont déjà une réalité. En 2008, la taxe « Chirac » sur les billets d’avion, en vigueur dans onze pays et qui prélève de 1 euro (classe économique et vol intérieur)à40 euros(premièreclasse et vol long courrier), a dégagé 300 millions de dollars, soit 82 % desfondsengagésparUnitaid,organisme international d’achat de médicaments, pour lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Depuis 2006, sous la houlette du Royaume-Uni, la Facilité de financement pour la vaccination (IFFIm) lève des fonds sur les marchés financiers avec la garantie des Etats membres pour aider l’Allian-

ce pour les vaccins et la vaccination (GAVI) à financer des campagnes de prévention. Epaulés par la Banque mondiale, plusieurs pays ont mis en place un système de « garantie d’achat futur » (AMC) qui incite les laboratoires pharmaceutiques à mettre au point un vaccin contre le pneumocoque à un prix accessible aux pays pauvres en leur garantissant un minimum de recettes. Ensemble, Unitaid, IFFIm et AMC ont déjà réuni 2 milliards de dollars de financement « additionnel, stable et prévisible » et contribué à vacciner plus de 100 millions d’enfants par an, note le secrétariat français du groupe pilote. « On est à la veille de très grands bouleversements dans les politiques d’aide publique, analyse JeanMichel Severino, directeur général del’Agencefrançaisededéveloppement (AFD). Les financements innovants vont prendre le pas sur les aides classiques. Les acteurs – notamment de la société civile – se

AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT
en milliards de dollars

119,8

107,1 104,4 103,5 79,4

droits de tirage spéciaux sous l’égide du Fonds monétaire international. Ceux qui seront les plus discutés sont la taxation de l’évasion fiscale, l’allégement de 5 % du coût des transferts dans leur pays de l’épargne des salariés émigrés, la taxation des émissions de carbone etsurtout unetaxation sur les transactions de change.

2004 05

06

07

08

SOURCE : OCDE

multiplient et les nouveaux objectifs aussi. On n’est plus dans le compassionnel et nous recourons désormais à des véhicules financiers très compliqués. » Les projets soumis au groupe pilote sont légion. Ils vont d’un prélèvement volontaire sur les paiements par carte de crédit ou d’une loterie mondiale à la création de

Lissage des cours du coton Dansce dernier cas, il ne s’agirait pas de lutter contre la spéculation outrancière, comme le projet de taxe Tobin l’envisageait en proposant une taxation de 0,1 % sur les transactions financières. Basée sur les changes, cette taxe, presque indolore, serait de 0,005 % et rapporterait, au niveau mondial, entre 30 milliards et 60 milliards de dollars par an. La France en a voté le principe en 2001 et la Belgique en 2004, mais elles attendent d’être rejointes au moins par le reste de l’Union européenne… Pour illustrer les nouvelles for-

mes que peut prendre l’aide, l’AFD fera valoir l’expérience qu’elle mène au Burkina Faso avec la création d’un fonds de lissage des cours du coton. Avec une mise initiale de 15 millions d’euros et la participationactivedesorganisationsagricoles,cefondsamortitlafortevolatilitédes prix de la fibre qui pénalise et décourage les planteurs. Il s’agit de trouver, dit Jean-Michel Severino, « une troisième voie entre les très inefficaces caisses de stabilisation des années 1980 et un dangereux libéralisme à tous crins ». Reste que cette imagination au pouvoir inquiète les ONG, comme le groupe Coordination Sud, qui redoutequelesEtatsrichesenprofitentpoursereposersurluiafind’alléger le fardeau de l’aide dans leurs budgets. p Alain Faujas

n Sur Internet
www.diplomatie.gouv.fr Le programme de la conférence et un dossier sur les « financements innovants »

14 Economie

0123
Vendredi 29 mai 2009

La faillite de General Motors devient inéluctable
Les conditions de la cession d’Opel, sa filiale européenne, irritent le gouvernement allemand

La vie des entreprises
Télévision TF1 rachète les chaînes TMC et NT1
TF1 augmente son influence sur la TNT. La chaîne du groupe Bouygues a annoncé, jeudi 28 mai, un accord avec le groupe AB de Claude Berda. Il prévoit le rachat des 40 % que détient AB dans la chaîne TMC, dont TF1 détenait déjà 40 %, et 100 % du capital de la chaîne NT1. Le montant de l’opération s’élève à 192 millions d’euros. Le reste des activités du groupe AB est placé dans une nouvelle structure, NewCo, détenue à 33,5 % par TF1 et à 66,5 % par les actionnaires d’AB. Ce montage doit encore obtenir l’aval des autorités de la concurrence et du CSA.

Transports

La SNCF engage des mesures face à la baisse de son chiffre d’affaires
La direction de la SNCF a présenté, mercredi 27 mai, devant son conseil d’administration un « point sur les mesures déjà prises ou sur le point de l’être pour s’ajuster face à la baisse des recettes », selon David Azema, le directeur financier de l’entreprise ferroviaire. La SNCF estime que ces mesures permettront d’économiser plus de 1 milliard d’euros au total. « Ce n’est pas un plan d’économie », se défend M. Azema qui précise que l’objectif « est de ponctionner de la marge opérationnelle compte tenu des prévisions de fin d’année ». Sur le premier trimestre, la SNCF a enregistré une perte de chiffre d’affaires de 566 millions d’euros par rapport à son budget conduisant à une dégradation de la marge opérationnelle de 423 millions d’euros. « Si aucune mesure n’est prise, prévient M. Azema, la perte de chiffre d’affaires cette année pourrait être voisine de 1,9 milliard d’euros. » Pour y remédier, l’entreprise veut engager des mesures pour « aller chercher de la recette ». Elle prévoit de lancer rapidement de nouvelles offres tarifaires attractives mais limitées dans le temps pour doper le trafic hors période de pointe. Parmi les sources d’économies, la SNCF veut réduire les achats (35 millions d’euros), les dépenses de « consulting », de communication ou de réception (40 millions d’euros). D’autres mesures, déjà engagées, ont porté leurs fruits : Geodis, la filiale spécialisée dans le fret et la logistique a déjà réduit ses charges de 570 millions d’euros.p François Bostnavaron des produits neufs ou d’occasion sur le site Internet de la Fnac (groupe PPR), a annoncé l’enseigne, mercredi 27 mai. Cette stratégie d’hébergement de boutiques s’inspire de celle des géants américains eBay et Amazon. Elle leur permet, entre autres, de rentabiliser leurs infrastructures (informatique, logistique) puisque les marchands louent leur espace commercial virtuel. etc.) proposées par le magasin en ligne, réponse du géant finlandais à l’AppStore d’Apple.

Sofinco et Finaref vont fusionner
Le Crédit agricole a décidé de fusionner ses deux filiales de crédit à la consommation, Sofinco et Finaref, qui ont annoncé le projet mercredi 27 mai à leurs comités d’entreprises. L’opération donnera naissance à un géant du crédit à la consommation gérant 71 milliards d’euros, et détenant 20 % de parts de marché sur la production des crédits en 2008.

U

n nouveau constructeur automobile est en train de voir le jour : « Government Motors » en lieu et place de General Motors (GM). Après quatre-vingts ans de leadership mondial, le groupe va passer sous le contrôle de l’Etat américain. Lesnégociationssurlarestructurationdela dettedu géantdel’automobile ayant échoué, mercredi 27 mai, le Trésor américain vaprendre 70 % du capital de la nouvelle entité, le syndicat de l’automobile, l’UAW, devant hériter de 17,5 %. Ce schéma devrait être adopté après le placement de GM sous la protection de la loi sur les faillites (chapitre 11), qui devrait intervenir prochainement. Ce statut doit permettre de séparer les actifs ayant de la valeur,commelesmarquesChevrolet, Buick ou Cadillac, des dettes. En attendant, l’effondrement de l’un des piliers de l’industrie américaineprenddesalluresdedébandade en Europe. Les conditions dans lesquelles GM tente de se débarrasser de sa filiale Opel provoquent la colère des autorités allemandes, soucieuses du sort des 26 000 salariés de la filiale européenne. Après une réunion de près de douze heures dans la nuit de mercredi 27à jeudi 28 mai, legouvernement allemand, qui devait donner son avis sur les trois candidats à la reprise d’Opel – le constructeur italien Fiat, l’équipementier canadien Magna et le fonds américain Ripplewood – a annoncé être toujours au point mort. « Nous n’avons pas les assurances nécessaires pour

accorder le crédit-relais », déplore le ministre de l’économie, Karl-Theodor zu Guttenberg. « Le Trésor américain aurait pu se donner plus de mal pour choisir son représentant », a-t-il déclaré, qualifiant les informations fournies de « secondaires, pour rester poli ». L’agacement était à son comble lorsque GM a réclamé à la dernière minute 300 millions d’euros d’aides supplémentaires à Berlin. Un coup de théâtre « relativement scandaleux », estime M. zu Guttenberg.

Services Suez Environnement prépare un emprunt grand public
Après EDF, qui proposera aux épargnants français, à partir du 17 juin, des titres à 5 ans rémunérés à 4,5 %, Suez Environnement a annoncé lors de son assemblée générale, mardi 26 mai, que le groupe étudiait le lancement d’un emprunt obligataire auprès des particuliers « dans un avenir très proche » et pour un montant de 250 millions d’euros. – (AFP.)

Automobile L’américain Visteon dépose son bilan
L’équipementier automobile américain Visteon a annoncé, jeudi 28 mai, avoir déposé son bilan aux Etats-Unis. Les filiales en dehors des Etats-Unis ne sont pas touchées, précise l’ancienne filiale de Ford. La société continuera à fonctionner pendant le processus de réorganisation, sous l’égide du chapitre 11 du code des faillites.

Société fiduciaire Finalement, Berlin a retenu Fiat et Magna, en attendant que les Américains prennent leurs responsabilités. Les deux candidats se sont dits prêts à aider Berlin pour venir à bout des 300 millions d’euros. Mais le gouvernement a répété que rien ne pourrait se faire sans un accord de GM et Washington afin de protéger les actifs d’Opel des créanciers du groupe américain. Le gouvernement allemand veut donc mettre en place de toute urgence une société fiduciaire, alimentée par un financement public de 1,5 milliard d’euros, pour gérer temporairement le constructeur. SeulpassignificatifdeGM :letransfert, mercredi, à sa filiale allemande, de ses usines et brevets en Europe. Mais sans nouvelle avancée de la part des américains, M. zu Guttenberg a rappelé que la faillite d’Opel restait une option. p Stéphane Lauer et Marie de Vergès (à Berlin)

Finance La Banque postale poursuit ses alliances
Après s’être associée avec la Société générale pour développer son activité de crédit à la consommation, et l’assureur mutualiste Groupama pour l’assurance-dommage, la Banque postale a annoncé, mercredi 27 mai, être entrée en discussions exclusives avec la Mutuelle générale pour développer une offre commune en assurance-santé.

Haute couture Christian Lacroix en cessation de paiements
La maison de haute couture Christian Lacroix, propriété du groupe américain Falic, s’est déclarée en cessation de paiements, le 22 mai, après l’effondrement des ventes de prêt-à-porter féminin, indique Le Figaro dans son édition du jeudi 28 mai. Le tribunal de commerce de Paris devrait se prononcer la semaine prochaine sur un redressement judiciaire ou une liquidation, cette dernière étant jugée « peu probable ».

Informatique Microsoft lance une nouvelle version de son baladeur numérique
Le géant informatique américain Microsoft a annoncé, mercredi 27 mai, le lancement, d’ici à la fin de l’année aux Etats-Unis, d’une version haute définition (HD) de son baladeur numérique Zune, dotée d’un écran tactile, d’une connexion Internet Wi-Fi et d’un récepteur radio HD. Jusqu’à présent, Zune n’a pas réussi à faire de l’ombre à l’iPod d’Apple, qui domine le marché des baladeurs numériques. – (AFP.)

Télécommunications La boutique d’applications en ligne de Nokia démarre mal
Le finlandais Nokia, numéro un mondial de la téléphonie mobile, a présenté ses excuses, mercredi 27 mai, pour les problèmes techniques rencontrés par sa boutique d’applications en ligne, Ovi Store, lancée mardi 26 mai, et dit qu’il s’efforçait de les résoudre. De nombreux utilisateurs se sont plaints de la lenteur du site et de l’impossibilité d’installer les diverses applications (jeux, sonneries,

La Société générale monte au capital de la banque russe Rosbank
La banque française Société générale détient désormais 64,7 % du capital de la russe Rosbank, après en avoir acquis une part supplémentaire de 7 % auprès d’Interros, a-t-elle annoncé, mercredi 27 mai. – (AFP.)

BTP Saint-Gobain crée une filiale spécialisée dans le solaire
Le spécialiste des matériaux pour l’habitat, vient de lancer SaintGobain Solar, dédié à l’énergie solaire qui propose une gamme de solutions photovoltaïques destinées aux bâtiments,

Commerce en ligne Le site de la Fnac va s’ouvrir aux vendeurs particuliers
Les particuliers pourront, d’ici à septembre, vendre directement

Le point de vue de l’agence économique et financière

Breakingviews.com Facebook vaut-il réellement 10 milliards de dollars ?

Marchés
LES BOURSES DANS LE MONDE 28/5, 9h47
Pays Indice Dernier cours % var. Maxi 2009 Mini 2009 PER

VALEURS DU CAC40
Jeudi 28 mai 9h30
Valeur Dernier cours Cours préc. % var. % var. /préc. 31/12 Plus haut Plus bas Divid. net Code ISIN

FRANCE

CAC 40 CAC Mid100 CAC Small 90 SBF 250

3263,73 28/5 4832,38 28/5 4703,69 27/5 2330,25 27/5 4960,25 28/5 4371,77 28/5 5369,66 28/5 8300,02 27/5 1731,08 27/5 9451,39 28/5

-0,94 -0,84 0,24 0,83 -0,81 -1,01 -0,92 -2,05 -1,11 0,13

3426,04 6/1 5056,34 7/5 4717,93 11/5 2382,16 6/1 5111,02 6/1 4675,68 6/1 5881,47 6/1 9088,06 6/1 1773,13 7/5 9503,91 11/5

2465,46 9/3 3744,35 9/3 3465,08 10/3 1780,09 9/3 3588,89 9/3 3460,71 9/3 4234,96 9/3 6469,95 6/3 1265,52 9/3 7021,28 10/3

13,10

F

acebook vaudrait 10 milliards de dollars ? Mazette ! » C’est probablement dans ce sens que le réseau social voudrait que l’on interprète sa dernière opération capitalistique. Ne nous laissons pas abuser. Ce montant pourrait constituer un bel objectif de cours, mais aujourd’hui, l’entreprise que Mark Zuckerberg a créée pendant ses années de fac ne vaut probablement pas autant. Ce n’est pas que le chiffre soit totalement absurde. Comme on l’a appris mardi 26 mai, le groupe russe d’investissement sur Internet Digital Sky Technologies (DST)

La somme est rondelette pour une entreprise qui ne produira pas de bénéfices avant l’année prochaine
met 200 millions de dollars (144,5 millions d’euros) sur la table pour prendre possession d’une participation de 1,96 %. Sur cette base, Facebook serait effectivement estimé à 10 milliards de dollars. La somme est, en vérité, rondelette pour une entreprise qui, de son propre aveu, ne produira pas de bénéfices avant l’année prochaine. Certes, lorsque Facebook a levé des capitaux il y a dix-huit mois pour s’associer Microsoft et le milliardaire hongkongais Li Kashing, le prix sur l’étiquette avoisinait 15 milliards de dollars. Mais si l’on tient compte de l’évolution des marchés financiers depuis cette

époque, la valorisation correspondant à l’accord bouclé avec DST apparaît bien haute. Les actions respectives des entreprises phares que sont Microsoft et Google ont plongé de 45 % depuis novembre 2007. Si l’on extrapole cette baisse à Facebook, on conclut que DST accepte de verser une prime de 20 % par rapport au prix négocié avec Microsoft, à volume d’activité égal. Quoi qu’il en soit, ces annonces peuvent tromper un certain nombre de ceux qui cherchent à estimer la valeur de Facebook. Ce ne sont pas des titres ordinaires qui ont été vendus à DST – ni à Microsoft d’ailleurs. Il s’agit d’actions spéciales. Facebook se refuse à donner des détails, mais ces titres confèrent des droits et des privilèges dont ne jouissent pas les actions ordinaires. Ils valent donc plus cher. Ainsi, même si Facebook et DST peuvent aspirer à ce que la société atteigne une valeur de 10 milliards de dollars, la somme ne correspond pas à la réalité actuelle. Il est vrai que DST s’est aussi engagée à acheter 100 millions de dollars d’actions au personnel de l’entreprise. Le prix auquel consentiront à la fois l’acquéreur, DST, et les vendeurs, qui font partie de l’entreprise, en dira plus long sur la valeur de Facebook que n’importe quel communiqué de presse savamment concocté par la direction.p Rob Cox
(Traduction de Christine Lahuec)

14,00 15,60 13,10 12,60 15,10 22,50 57,10

ALLEMAGNE ROYAUME UNI SUISSE ETATS-UNIS

DAX Index FTSE 100 index Swiss market Dow Jones ind. Nasdaq composite Nikkei 225

JAPON

PER - Price Earning Ratio (ou cours/bénéfice) : cours de Bourse divisé par le bénéfice par action estimé pour l'exercice courant. PER : FactSet JCF Estimates ; données : la Cote Bleue. n/d : valeur non disponible.

COURS DE L'EURO
Achat Vente

OR
JEUDI 28 MAI 9h47
Cours % var.

dollar us ................................1,3857...........1,3859 yen .......................................133,9800 ......134,0200 couronne tchèque.............26,7640.........26,7840 couronne danoise ...............7,4431...........7,4456 livre sterling.........................0,8712...........0,8712 forint hongrois...............285,2700 ......286,2700 zloty polonais ......................4,4922...........4,5022 couronne suédoise ............10,7487.........10,7537 franc suisse ...........................1,5127...........1,5131 couronne norvég. ...............8,9650...........8,9710 rouble...................................43,3380.........43,4380 livre turque...........................2,1703...........2,1803 dollar australien ................1,7770...........1,7780 dollar canadien...................1,5525...........1,5535 yuan chinois..........................9,4570...........9,4670 won sud-coréen ............1748,5000 ....1749,5000 dollar néo-zéland...............2,2311...........2,2411 rand sud-africain .............11,2993.........11,3093

ONCE D'OR EN DOLLAR .................945,00.......-1,54

PÉTROLE
JEUDI 28 MAI 9h47
Cours % var.

LIGHT SWEET CRUDE.......................64,00.......-0,25

TAUX
TAUX D'INTÉRÊT LE 28/5
Taux j.le j. Taux 3 mois Taux 10 ans Taux 30 ans

france royaume-uni italie allemagne japon états-unis suisse

1,01 0,55 1,01 1,01 0,15 0,26 0,12

1,27 1,28 1,27 1,27 0,52 0,67 0,40

3,94 3,36 4,46 3,61 1,52 3,74 2,42

4,53 4,45 5,39 4,46 2,24 4,66 2,98

ACCOR ............................◗ 32,53 33,06 -1,59 -7,33 AIR FRANCE-KLM .............◗ 11,10 11,12 -0,18 21,05 AIR LIQUIDE ......................◗ 64,47 65,14 -1,04 -1,50 ALCATEL-LUCENT .............◗ 1,77 1,78 -1,01 15,26 ALSTOM.............................◗ 45,13 45,76 -1,37 7,50 ARCELORMITTAL................ 22,30 22,57 -1,22 31,15 AXA....................................◗ 13,35 13,65 -2,20 -15,75 BNP PARIBAS ACT.A ........◗ 46,94 47,80 -1,81 55,16 BOUYGUES........................◗ 29,88 30,68 -2,59 -1,06 CAP GEMINI ......................◗ 27,88 28,33 -1,59 1,38 CARREFOUR ......................◗ 32,52 32,34 0,57 18,17 CREDIT AGRICOLE ............◗ 10,19 10,35 -1,55 27,38 DANONE............................◗ 36,39 37,08 -1,86 -15,72 DEXIA .................................. 4,37 4,43 -1,38 36,53 EADS ..................................◗ 11,65 11,68 -0,26 -3,16 EDF .....................................◗ 38,06 38,48 -1,07 -8,28 ESSILOR INTL.....................◗ 33,12 32,94 0,56 -1,34 FRANCE TELECOM ............◗ 17,16 17,18 -0,15 -14,05 GDF SUEZ ..........................◗ 27,28 27,32 -0,16 -22,77 LAFARGE............................◗ 46,37 47,30 -1,98 23,08 LAGARDERE ......................◗ 23,74 23,97 -0,96 -18,14 L'OREAL .............................◗ 55,37 56,51 -2,02 -11,12 LVMH MOET HEN.............◗ 58,84 59,50 -1,12 23,16 MICHELIN ..........................◗ 41,42 42,21 -1,87 10,25 PERNOD RICARD ..............◗ 43,82 44,26 -0,98 -17,27 PEUGEOT ...........................◗ 20,75 21,02 -1,28 70,78 PPR .....................................◗ 59,44 61,01 -2,57 27,54 RENAULT ...........................◗ 26,38 26,70 -1,20 42,21 SAINT-GOBAIN.................◗ 25,96 27,15 -4,38 -14,90 SANOFI-AVENTIS .............◗ 44,84 44,40 1,00 -1,23 SCHNEIDER ELECTRIC.......◗ 54,38 55,52 -2,06 2,60 SOCIETE GENERALE ..........◗ 39,91 40,51 -1,48 10,85 STMICROELECTRONICS ...◗ 5,03 5,07 -0,71 5,31 SUEZ ENV. .........................◗ 13,24 13,30 -0,45 9,92 TOTAL ................................◗ 39,98 40,24 -0,65 2,75 UNIBAIL-RODAMCO ........◗ 114,93 115,22 -0,25 7,92 VALLOUREC.......................◗ 86,50 88,78 -2,58 6,78 VEOLIA ENVIRON. ............◗ 20,65 21,14 -2,29 -6,98 VINCI..................................◗ 34,06 34,75 -1,97 13,55 VIVENDI.............................◗ 19,03 19,31 -1,45 -18,20

37,50 11,49 68,90 2,16 51,45 22,91 17,35 48,90 35,87 29,94 32,55 12,16 45,81 4,80 14,40 44,15 35,26 20,83 36,00 49,00 31,91 65,39 61,61 44,48 56,00 21,09 64,98 28,54 33,35 49,93 58,59 44,24 5,59 13,40 42,47 129,56 98,18 23,15 36,40 24,00

25,20 6,21 55,02 0,87 33,38 12,57 5,71 20,66 21,77 21,12 22,06 5,90 33,08 1,10 8,12 26,55 26,08 15,91 22,70 26,07 19,11 46,00 39,08 22,69 38,81 11,43 36,25 10,16 16,65 38,42 41,30 18,24 2,97 9,70 34,25 85,80 52,52 15,00 24,60 18,18

1,65 0,58 2,25 0,16 1,60 0,16 0,40 1,00 1,60 1,00 1,08 0,45 1,20 0,68 0,10 0,64 0,66 0,60 0,80 4,00 1,30 1,44 1,25 1,00 0,69 1,50 3,30 3,80 2,05 2,20 3,45 1,20 0,03 n/d 1,14 1,75 7,00 1,21 1,10 1,40

T T T T T A T T T T T T T T T A T A S T T T S T S T T T T T T T A S A T T S T

FR0000120404 FR0000031122 FR0000120073 FR0000130007 FR0010220475 LU0323134006 FR0000120628 FR0000131104 FR0000120503 FR0000125338 FR0000120172 FR0000045072 FR0000120644 BE0003796134 NL0000235190 FR0010242511 FR0000121667 FR0000133308 FR0010208488 FR0000120537 FR0000130213 FR0000120321 FR0000121014 FR0000121261 FR0000120693 FR0000121501 FR0000121485 FR0000131906 FR0000125007 FR0000120578 FR0000121972 FR0000130809 NL0000226223 FR0010613471 FR0000120271 FR0000124711 FR0000120354 FR0000124141 FR0000125486 FR0000127771

Cours en euros. ◗ : valeur pouvant bénéficier du service de règlement différé (SRD). # : valeur faisant l'objet d'un contrat d'animation. Plus haut et plus bas : depuis le 1/1/2009. n/d : valeur non disponible. A : acompte, S : solde, T : totalité.

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ECUR.OBLI CAPI C(EX-EC.CAPI C) 58,90 ECUR.PROFIL 90 D(EX.EC-DYN.+D) 27,78 ECUR.PROFIL 75 D(EX.EC-ENER.D) 32,58 ECUREUIL EURIBOR 1249,35 ECUREUIL EXPANSION C 18342,30 ECUREUIL INVESTISSEMENT D 37,34 ECUREUIL MONEPREMIERE C 2383,85 ECUREUIL SECURIPREMIERE C 2602,09 ECUREUIL SENSIPREMIERE C 3505,77 ECUREUIL TRESORERIE C 66,77 ECUR.OBLI REVEN.D(EX-EC.TRIMD) 264,80

26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5

CM-CIC EUROPE

18,70 26/5 16,69 6,16 14,78 153,19 27,76 26,89 60,30 21,07 136,58 23,33 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 26/5 27/5 26/5

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CM-CIC EURO ACT C CM-CIC SELECT PEA CM-CIC MID EUROPE CM-CIC TEMPERE CM-CIC DYN.EUROPE CM-CIC FRANCE CM-CIC EQUILIBRE CM-CIC DYN.INTERN. CM-CIC OBLI C.T. CM-CIC MID FRANCE

CM-CIC DYN.INTERN. CM-CIC OBLI C.T. CM-CIC OBLIGATIOND CM-CIC MID FRANCE CM-CIC USA CM- CIC JAPON CM-CIC PLAN BOURSE CM-CIC TEMPERE CM-CIC EURO ACT C CM-CIC FRANCE

21,07 136,58 25,29 23,33 4,49 3,01 16,03 153,19 16,69 26,89

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Vendredi 29 mai 2009

Economie 15
Finance

En Chine, la relance à tout-va du crédit bancaire commence à inquiéter
Les encours de nouveaux prêts ont atteint 487 milliards d’euros pour le premier trimestre 2009, faisant craindre une envolée du montant des créances douteuses
Shanghaï Correspondant

Bruxelles présente ses propositions pour la surveillance des banques
La Commission européenne a présenté, mercredi 27 mai, des propositions pour renforcer la surveillance des banques. Elles s’appuient sur un rapport réalisé par un comité d’experts dirigé par le Français Jacques de Larosière, ancien directeur du Fonds monétaire international (FMI). Bruxelles propose la mise en place, en 2010, d’organismes paneuropéens ayant leur mot à dire dans la supervision du secteur financier au niveau national. Le système actuel, morcelé entre plus de soixante régulateurs nationaux, a été mis en cause dans le déclenchement de la crise. La Commission suggère d’abord de mettre en place un « comité européen du risque systémique ». Il avertirait les autorités nationales et émettrait des recommandations quand il détecte un éventuel problème pour la stabilité financière. Il serait dirigé par le président de la Banque centrale européenne (BCE) et inclurait les gouverneurs des banques centrales de l’Union. La Commission veut par ailleurs créer un « système européen des superviseurs financiers ». – (AFP.) p

L

es banques chinoises ont davantage prêté lors des quatre premiers mois de 2009 que pour… l’ensemble de l’année 2008. Une expansion du crédit qui soulève quelques interrogations autour des risques financiers liés au méga-plan de relance annoncé à l’automne 2008. Si les encours de crédit ont nettement ralenti au mois d’avril, ils atteignaient 4 600 milliards de yuans (487 milliards d’euros) rien que pour le premier trimestre 2009. Cette très forte expansion, qui commence à préoccuperles autorités, est d’abord liée à la rapidité de mise en œuvre du plan de relance : « C’est parti très vite. On sort de deux ans de politiques très restrictives, donc il y avait plein de projets en attente dans les provinces. De leur côté, les banques étaient auparavantsoumises à des quotas. Comme ceux-ci ont été levés, elles se sont donc ruées sur ce qui était disponible et se sont retrouvées en concurrence sur les projets les meilleurs », explique Pierre Mongrué, conseiller financier près la Mission économique à Pékin. Selon David Dollar, directeur de la Banque mondiale à Pékin, moins de 10 % des investissements annoncés dans le cadre du plan de relance se sont orientés vers l’augmentation des capacités productives. Le reste concerne essentiellement des infrastructures : « Le réseau de chemin de fer à grande vitesse, les métros, la reconstruction du Sichuan, les usines de traitement des eaux, tout cela, ça n’augmentepaslessurcapacités, c’estplutôt favorable, in fine, à la consommation », souligne M. Dollar. « Il faut bien avoir conscience qu’il y a eu un choc globalextraordinaire, poursuit l’économiste américain. Dans ce contexte, on peut dire que le gouvernement chinois a bien réagi. Mais j’encouragerais à la prudence au niveau local, où on peut se retrouver avec des mauvais investissements. Ils ne peuvent pas continuer de prêter à ce rythme. » Le différentiel entre les incitations nationales et la réalité locale n’est pas anecdotique. En réalité, moins de la moitié des 4 000 milliards de yuans d’investissements prévus sur deux ans sont financés par le gouvernement central.

Energie

Réunie à Vienne, l’OPEP maintient ses quotas de production de pétrole
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), réunie jeudi 28 mai à Vienne, devait décider de maintenir ses quotas de production, qui avaient été fixés fin 2008 en pleine tourmente économique. Depuis septembre 2008, le cartel a retiré du marché environ 3,5 millions de barils par jour (sur un objectif de 4,2 millions) pour enrayer la chute des prix du brut, tombés à 32,40 dollars à l’automne. Avec un certain succès, puisque cette politique a contribué à une remontée des prix au-dessus de 60 dollars. L’OPEP ne veut pas risquer d’enrayer le début de reprise économique. « Les prix se stabilisent et même augmentent, pourquoi changer ? », a indiqué le ministre algérien de l’énergie, Chakib Khelil. Mais son homologue d’Arabie saoudite a estimé que l’économie s’était assez renforcée pour supporter un baril à 75-80 dollars. Ali Al-Naïmi, qui constate une reprise de la demande sur le brut saoudien, a indiqué que ce prix pourrait être atteint courant 2009. p Jean-Michel Bezat

Dans une agence de la China Construction Bank. Les provinces n’ont pas toujours les moyens de financer les projets prévus par le plan de relance et prennent des risques. IMAGINECHINA
Celui-ci a déboursé sa part sur les projets qui le concernent, c’est-à-dire ceux qui ont une vocation nationale. Le reste doit être apporté par les provinces et les collectivités locales, qui n’en ont pas toujours les moyens. stricts d’endettement. Mais comme l’argent manque, on utilise les billets de trésorerie comme fonds propres, ce qui permet d’obtenir des prêts à plus long terme qui vont rembourser les billets de trésorerie par exemple. Ça peut s’avérer problématique sur certains projets d’infrastructures qui ne sont pas toujours rentables. » Pire,une partie decet argentprêté à court terme a pu partir dans la spéculation,dansla Bourse oul’immobilier, ou pour renflouer les trésoreries d’entreprises en difficulté. « Dans tous les cas, on ne peut pas dire qu’il s’agit pour les banques de paris sûrs », estime Patrick Chovanec, professeur à l’école de commerce de l’université Tsinghua à Pékin, dans une analyse de l’Asian Wall Street Journal consacrée aux nouveaux risques que fait courir au système bancaire chinois cette fuite en avant dans le crédit facile. Selon l’économiste, les autorités de régulation chinoises, qui se montrent pour l’instant relativement peu inquiètes, ont en outre fermé les yeux sur les mauvaises créances générées par le ralentissement de l’activité économique et des exportations. Ce tournant intervient après que la Chine a pourtant réussi, au début des années 2000, à renflouer ses banques autrefois malades d’avoir tant prêté sur ordre du gouvernement : recapitalisées en partie grâce aux investissements étrangers et introduites dans les circuits financiers mondiaux (notamment en étant cotés à Hongkong),elles sontcensées, ne seraitce que dans l’intérêt d’une partie de leurs actionnaires, obéir davantage à une logique de marché. La Chine nécessite « des banques qui allouent les capitaux de manière efficiente, dans le cadre d’un régime de régulation crédible. Avec un endettement public extrêmement faible, le gouvernement aurait pu emprunter les fonds nécessaires à la relance, pour les dépenser directement selon les besoins. A la place, il a lâché la bride aux banques. C’est un recul spectaculaire, et la Chine risque d’en payer le prix pour longtemps », conclut l’économiste. p Brice Pedroletti

Notation Moody’s maintient la note des Etats-Unis
Suite à l’accélération des craintes concernant la dette américaine, l’agence de notation financière Moody’s a jugé, le 27 mai, que les Etats-Unis méritaient leur note « Aaa », la meilleure possible dans sa classification, et elle a également indiqué qu’elle n’envisageait pas de revoir à la baisse sa perspective. – (AFP.)

Conjoncture L’Espagne enregistre un recul de ses prix pour le troisième mois consécutif
L’Espagne a enregistré, en mai, pour le troisième mois consécutif un recul de ses prix, de 0,8 % sur un an, selon une estimation provisoire, diffusée jeudi 28 mai, par l’Institut national de la statistique (INE). Depuis l’été 2008, l’inflation espagnole, qui a longtemps été l’une des plus élevées de la zone euro, a fortement reculé, pour atteindre, en février, + 0,7 %. En mars, pour la première fois depuis le calcul de cet indice, les prix espagnols avaient reculé, de 0,1 % sur 12 mois. – (AFP.)

« C’est parti très vite. On sort de deux ans de politiques très restrictives, donc il y avait plein de projets en attente dansles provinces »
Pierre Mongrué Mission économique à Pékin
Or on constate que plus de la moitié de l’encours de crédit du premier trimestre est allé à des prêts à court terme, dont près des deux tiers sous forme de billets de trésorerie émis par les entreprises, selon les statistiques de la Banque centrale chinoise. « Les municipalités montent des sociétés ad hoc pour créer un projet, explique M. Mongrué. Celles-ci sont soumises à des critères assez

Banques

L’évaluation du FMI ne tient pas la route »

a déclaré Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, mercredi 27 mai, lors d’une audition au Sénat, à propos du besoin de recapitalisation des banques européennes. « Les chiffres du FMI [Fonds monétaire international] sont fondés sur une méthodologie qui ne tient pas la route. Ça n’a pas été un bon travail », a-t-il estimé. Le 21 avril, le Fonds avait estimé que les banques de la zone euro avaient besoin de 375 milliards à 725 milliards de dollars. Son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, avait répondu aux critiques de Christine Lagarde, ministre des finances, et de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), en déclarant qu’il s’agissait d’un « simple exercice ». p

CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS

Après quatre-vingts ans d’existence, Radio Vatican s’ouvre à la publicité

C

e contrat devrait rapporter « quelques milliers d’euros », avance-t-on pudiquement au Saint-Siège, où l’on n’aime guère parler d’argent. Mais il marque une date dans l’histoire longue de quatre-vingts ans de Radio Vatican qui, jusqu’à présent, s’en était tenue à une règle : pas plus de publicité sur ses ondes qu’il n’y a de marchands du temple. Mais tout change. La mauvaise santé financière de la radio papale, inaugurée par Pie XI en 1931 – la presse italienne évoque un « trou » de 24,3 millions d’euros en 2007 – a eu raison de la morale « anti-consumériste » de Radio Vatican. A partir du 6 juin, et jusqu’au 27 septembre, elle diffusera, en cinq langues (italien, anglais, espagnol, français et allemand), des spots du producteur italien d’électricité Enel. Forte de 400 collaborateurs dans le monde, la « radio du pape » produit soixante-dix-huit heures d’émissions par jour sur quatre canaux, en quarante langues.

« 200 000 euros par an » Pour le Père Federico Lombardi, directeur de la radio et porteparole de Benoit XVI, l’arrivée de la publicité sur les ondes devrait rapporter « entre 100 000 à 200 000 euros par an », qui serviront à « financer de nouvelles initiatives et de nouveaux programmes ». « Cela arrive à point nommé face aux inquiétudes des administrateurs », a affirmé Mgr Renato Boccardo, secrétaire général du gouvernorat de l’Etat du Vatican, qui finance en partie la radio.

CONCEPTION ATELIER CORBIN

D’autres annonceurs devraient suivre. Mais ils seront triés sur le volet, devront être « catho-compatibles » et ne vanter ni l’alcool, ni le tabac, ni les articles de mode (fussent-ils ecclésiastiques ?), ni des produits financiers que l’Eglise a très tôt dénoncés au début de la crise économique. Un cahier des charges que doit faire respecter l’agence MAB. q, choisie pour filtrer les futurs clients de Radio Vatican.

« Nous sommes fiers d’avoir été choisis comme le premier annonceur sur une des radios les plus diffusées au monde », a de son côté déclaré le président du groupe Enel, Piero Gnudi. La radio vaticane est en effet une des plus diffusées à travers un réseau de stations locales qui reprennent ses programmes. Evangélisation sponsorisée ? La radio du Vatican reste en effet un des meilleurs vecteurs du message de l’Eglise. Les autorités religieuses refusent de tourner le dos à la modernité – du moins en ce domaine. Déjà doté d’un site Internet – un des plus visités au monde – mis en place par Jean Paul II, le plus petit des Etats a su miser sur la technologie pour s’adapter aux moyens modernes de communication. On peut écouter les prières du pape sur son téléphone portable et sur Facebook, et un site spécialement destiné aux jeunes catholiques – pope2you.net – vient d’être lancé. p Philippe Ridet (Rome, correspondant)

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16 Décryptages Enquête

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Vendredi 29 mai 2009

La Commission
L’affaire Pérol les a choqués. Les 14 membres de la Commission de déontologie, chargés de contrôler le passage des fonctionnaires au privé, n’ont pas apprécié d’être ignorés par le politique. Deux d’entre eux ont démissionné
Claire Gatinois et Anne Michel

se rebiffe

L

es deux lettres de démission sont arrivées, l’une après l’autre, fin avril, sur le bureau du premier ministre, François Fillon. Deux lettres concises, lapidaires, par lesquelles, en réaction à l’affaire Pérol, Jacques Chabrun, conseiller-maître à la Cour des comptes, et son suppléant, Pierre-Yves Richard, avertissent le chef du gouvernement de leur décision de quitter la Commission de déontologie de la fonction publique. Il n’en fallait pas plus pour relancer la polémique provoquée, fin février, par le parachutage de François Pérol, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée, à la tête du nouveau groupe Banques populaires-Caisses d’épargne. Depuis deux mois, M. Chabrun, ancien collaborateur du général de Gaulle, doté d’un sens aigu de l’éthique républicaine, « se sentait très mal à l’aise » au sein de la Commission, rapporte un proche. Dans sa lettre « de trois lignes », également adressée au ministre du budget, Eric Woerth, au président de la Cour des comptes, Philippe Séguin, et au président de la Commission de déontologie, Olivier Fouquet, M. Chabrun souligne que « les conditions de saisine de la Commission ne m’apparaissent plus telles que je souhaite y siéger ». « J’ai fait cela pour marquer les esprits, explique aujourd’hui le magistrat. Il m’est apparu que la Commission était décrédibilisée. » Aussi inattendu que symbolique, le départ de ces deux magistrats indépendants, peu coutumiers des coups d’éclat,

AUREL

« M. Pérol n’a pas saisi la Commission, il a eu tort, maintenant c’est le juge pénal qui va faire le travail de la Commission »
Un magistrat
fait figure de révélateur du profond malaise qui règne, depuis lors, au sein de la Commission. Et, au-delà, dans le monde politique, droite et gauche confondues. Si cette Commission de déontologie, créée en 1995, n’a pu se prononcer sur la conformité du départ d’un proche de Nicolas Sarkozy vers le secteur privé, à quoi sert-elle ?, s’interrogent de concert les membres de la Commission. Ils sont quatorze magistrats, élus et hauts fonctionnaires, nommés par le premier ministre, pour prévenir les cas de prise illégale d’intérêt, de corruption ou de « pantouflage » arrangé. Mais là, ils n’ont fait qu’assister, impuissants, au transfert de l’intéressé. Ni M. Pérol ni sa hiérarchie n’ont jugé bon de les saisir. « On s’est moqué de nous !, lance PierreYves Richard. La Commission a été instrumentalisée. » Qu’il s’agisse de l’attitude de M. Pérol, justifiant l’absence de saisine

de l’organisme par l’urgence de doter la future deuxième banque française d’un capitaine, ou de celle du chef de l’Etat, assurant, depuis Rome, que « la Commission a donné son avis (…), de problème il n’y en a pas », tout, dans cette affaire, a choqué les « sages ». « Nicolas Sarkozy a, peut-être malgré lui, dit quelque chose de faux », déplore l’un d’eux. « L’honneur de la Commission a été atteint, déclare, solennel, Olivier Fouquet, son président. « Elle a été attaquée pour son impuissance. A tort : elle ne pouvait s’autosaisir, explique-t-il. Ses membres viennent là par devoir. Ils ont été navrés de voir leur travail injustement critiqué. » Pour laver l’affront, M. Fouquet milite désormais pour une réforme, au plus vite, du mode de fonctionnement de l’institution. La nouvelle réglementation doit, selon lui, « combler le trou révélé par l’affaire Pérol » en permettant à l’institution de s’autosaisir. Auditionné début mai à l’Assemblée nationale, M. Fouquet a convaincu les députés du bien-fondé de sa position. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Le 14 mai, le président de la Commission des lois, le député UMP Jean-Luc Warsmann, a déposé une proposition de loi conforme à ses attentes. Il propose d’instituer l’autosaisine de la Commission et d’obliger tous les membres de cabinets – y compris ceux de l’Elysée – à solliciter son avis. Sans exception. Autrement dit, une autre affaire Pérol ne serait plus possible. « C’est l’occasion de résoudre les angles morts du contrôle déontologique », explique le député. En dépit des réticences de Bercy, qui redoute une entrave aux échanges entre public et privé, M. Warsmann se montre serein quant à l’adoption de sa réforme. « Je n’imagine pas un seul ins-

tant que le gouvernement émette un avis défavorable. J’ai fait valider ma proposition de loi auprès des services du premier ministre avant de la déposer », assure-t-il. Le texte pourrait, selon lui, être entériné avant les vacances parlementaires, mais il ne s’appliquerait pas à M. Pérol. « Le système a été déstabilisé, deux membres éminents de la Commission ont remis leur mandat, son président réclame une réforme, et les deux assemblées y sont favorables… L’heure du choix est arrivée pour le gouvernement ! », résume un haut fonctionnaire. « Pour que la Commission reste crédible, il faut que les choses changent, renchérit un membre de la Commission. Si un autre problème survenait, nous n’aurions, cette fois, d’autre choix que la démission collective. »

P

our Michel Sapin, père de la loi anticorruption de 1993, votée sur fond d’affaires Elf et des marchés truqués des lycées d’Ile-de-France, et à l’origine de la Commission de déontologie, une telle réforme serait bienvenue. Elle remettrait de l’ordre dans la République. « La loi Sapin n’est pas un monument intangible, reconnaît l’ancien ministre des finances. Mais, en 2004, le gouvernement l’a simplifiée, bien trop simplifiée, au point d’aboutir à des absurdités. » Pour désengorger le circuit, l’examen systématique de toutes les demandes de transfert avait alors été supprimé. « On a laissé le champ libre à des gens de mauvaise foi, poursuit M. Sapin, et créé de l’incertitude. » Le député socialiste souligne que, en se privant de l’aval de la Commission de déontologie, M. Pérol s’est mis en risque juridique. Quatre plaintes ont été déposées à l’encontre de l’exconseiller de l’Elysée, pour « prise illégale d’intérêt », par les associations Anticor et

Contribuables Associés, et par les syndicats Sud et CGT des Caisses d’épargne. Une enquête préliminaire de police a été ouverte, début avril, par le parquet de Paris. La CGT a également déposé trois recours au Conseil d’Etat. « M. Pérol n’a pas saisi la Commission, il a eu tort, maintenant, c’est le juge pénal qui va faire le travail de la Commission », ajoute un magistrat. Le délit visé, la participation illégale d’un fonctionnaire dans une entreprise qu’il a contrôlée, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende au sens de l’article 432-13 du code pénal. Les membres de la Commission sont d’autant plus marris, que, selon eux, le « cas Pérol » méritait un examen scrupuleux, qui relevait pleinement de leur compétence. « La Commission n’est pas là pour s’opposer aux passages des fonctionnaires dans le privé, mais pour les protéger, atteste l’un d’eux. Aucun projet n’est jamais étouffé ! » « Ce cas est des plus flagrants, estime M. Sapin. Cette banque va recevoir une aide financière de l’Etat [de 5 milliards d’euros] que M. Pérol a directement négociée dans son bureau. » Le Parti socialiste, comme le MoDem, voit dans l’affaire Pérol une illustration du « pouvoir personnel » du chef de l’Etat. Dans ce contexte tourmenté, certains hauts fonctionnaires, redoutant la polémique, retardent leur départ vers le secteur privé. Et quand ils sautent le pas, ils s’entourent de toutes les précautions, comme l’a fait Stéphane Richard, l’actuel directeur de cabinet de la ministre de l’économie, Christine Lagarde. A la mi-mai, annonçant son départ prochain pour France Telecom, M. Richard a précisé qu’il s’en remettait à l’avis de la Commission de déontologie. Celle-ci a statué

rapidement, en sa faveur, au motif que M. Richard, ayant été administrateur de France Télécom, s’était organisé, dès son arrivée à Bercy, pour ne traiter d’aucun dossier concernant l’opérateur de télécoms. Mais l’émoi est tel, que toute nomination à caractère politique est sujette à caution. « Alors que c’était un cas très comparable à celui de M. Pérol, les débats ont été rapides », estime Alain Traca, conseiller régional d’Ile-de-France (PS), qui siège à la Commission mais n’a pas participé aux délibérations. Pour M. Traca, « la déontologie de la fonction publique est à deux vitesses. On oppose de la résistance au départ d’un employé de jardin communal qui voudrait créer une entreprise et on expédie les gros dossiers ». « C’est très agaçant », insiste l’élu, qui a l’intention d’interpeller le président de la Commission. L’affaire a choqué jusqu’à Philippe Séguin. Tenu au devoir de réserve, le président de la Cour des comptes ne dit mot de la polémique en public. Mais il confie son trouble en privé, témoignent des proches, et comprend les démissions des magistrats de son institution. « Imaginez, Séguin, gaulliste, pupille de la nation… Il a été profondément scandalisé par cette affaire », rapporte un de ses collaborateurs. « M. Séguin a dit qu’il me soutiendrait, autrement dit, il ne m’a pas dissuadé [de démissionner] », confie M. Chabrun, l’un des deux magistrats démissionnaires. Un jour ou l’autre, quand Matignon le lui demandera, le président de la Cour des comptes devra suggérer des noms afin de remplacer les magistrats de la Commission démissionnaires. Le geste lui sera plus facile si une réforme est engagée d’ici là. p

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Vendredi 29 mai 2009

Débats Horizons 17
Pour une relance démocratique de l’Europe Il faut placer les citoyens au cœur de l’UE

Associations de patients et firmes pharmaceutiques Halte aux liaisons dangereuses

D

es firmes pharmaceutiques s’activent aujourd’hui pour obtenir des sénateurs et du gouvernement français ce qu’elles n’ont pu obtenir des députés dans le cadre de la loi « Hôpital, patients, santé, territoires » : la possibilité d’« informer » les patients sur les médicaments de prescription suivant diverses stratégies allant de l’éducation thérapeutique à des actions d’« accompagnement » des patients. Il s’agit, en clair, de permettre la publicité directe auprès des patients. La démarche serait banale, s’il n’y avait dans le sillage des firmes certaines associations de patients. Au moment où les conflits d’intérêts entre médecins et firmes sont de nouveau sur la sellette, l’affaire est étonnante. Dans un rapport de 2007, l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) constatait déjà : « Il paraît nécessaire d’inscrire dans la loi une disposition indiquant clairement l’interdiction, pour une entreprise pharmaceutique, de conduire tout contact personnalisé et toute démarche directe ou indirecte d’information, de formation ou d’éducation à destination du public relative à un médicament prescrit. (…) » Et le rapport expliquait : « Car, même si l’entreprise pharmaceutique participe au bon usage du médicament, on ne saurait s’en remettre à elle pour le garantir. En effet, lui confier cette tâche transgresserait un principe fondamental de la sécurité sanitaire : le principe d’impartialité. « Une entreprise responsable du développement économique de son organisation, confrontée à l’effet indésirable d’un de ses produits, à un mésusage ou à une situation de concurrence, ne saurait être positionnée comme juge et partie, car elle risquerait de privilégier son objectif prioritaire, qui est économique. « Plusieurs exemples de situations où une entreprise a été accusée d’avoir dissimulé volontairement des données défavorables à l’un de ses médicaments ont été d’ailleurs révélés publiquement ces

dernières années. » Les députés ont commencé à inscrire dans la loi l’interdiction des contacts entre firmes et patients au sujet des médicaments de prescription. Nous les approuvons. Nous souhaitons maintenant que les sénateurs aient à cœur de développer cette interdiction, plutôt que de l’assouplir. Quant aux associations de patients qui sont en cause, nous ne croyons pas que l’ensemble des usagers du système de santé se reconnaît en elles quand elles s’associent aux firmes pharmaceu-

A

Nous souhaitons maintenant que les sénateurs aient à cœur de développer cette interdiction, plutôt que de l’assouplir »
tiques dans des démarches aussi mercantiles. Renoncer au principe de leur propre « impartialité », et accepter par ailleurs des financements des firmes pharmaceutiques, c’est mettre en jeu la crédibilité même de ces associations. Nous sommes de fervents défenseurs du droit des patients à une très large information ; mais à une information fiable, indépendante, sans conflits d’intérêts. Nous sommes convaincus de l’absolue nécessité de voir se développer en France les associations de patients et une certaine idée de la démocratie sanitaire ; mais cette démocratie a besoin d’associations fortes, réellement indépendantes, pleinement au service des patients, sans conflits d’intérêts. p
Alain Bazot, président d’UFC-Que choisir Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité française Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de « Prescrire »

quelques joursd’uneéchéance capitale pour l’avenir de tous les Européens, les listes Europe-Ecologieontd’oreset déjà prouvé deux choses qui pouvaient paraître impensables. Nous avons réussi à montrer qu’il est possible de réunir dans la même dynamique et un projet partagé les trois grandes familles historiques de l’écologie politique : associatifs, acteurs des mouvements sociaux et militants politiques. Ce rassemblement est d’autantplus significatif qu’ila permis de dépasser, sans la nier, l’oppositionentredeuxcampspolitiquesquebeaucoup veulent croire irréconciliables. Certes, les traumatismes de la campagne référendaire de 2005 demeurent. Valmy pour les uns, Waterloo pour les autres, l’affrontement a laissé de profondes traces dans l’opinion française. Car, très loin de la substance du texte, ce sont deux imaginairesantagonistes,deuxperceptionsdesfinalitéset dusensdelaconstructioneuropéenne qui se sont cristallisés le 29 mai 2005. Depuis, une partie de la classe politique hexagonale en a fait un élément de son identité et s’obstine à vouloir rejouer le match, comme de vieux supporteurs nostalgiques d’une gloire passée, tandis que l’autre partie s’empresse d’en dissimuler les séquelles derrière la grande comédie de l’unité, en dépit des blessures internes. Pour ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de la réflexion, de la clarification des divergences par le dialogue, la rencontre et l’entente, pour porter une vision commune. Quand on a le regard fixé dans sonrétroviseur, onnefaitpas attentionà ce quiestdevantsoi.Oril fautfairefaceàd’immenses défis, dont la complexité nous impose d’y répondre ensemble. Le danger de volatilisation de nos économies, l’augmentation de la souffrance humaine et les limites des réponses politiques classiques viennent ajouter de l’urgence sociale à l’urgence écologique désormais évidente pour tous : ces deux exigences s’imposent en même temps à l’action politique ; si l’on néglige l’une pour l’autre, on paiera la crise une nouvelle fois et bien plus cher. C’est dans ces moments que se décide l’avenir, et nous refusons de nous laisser enfermer dans des combats d’arrière-garde. C’est dire à quel point la question des traités, de Lisbonne ou d’ailleurs, peut paraître secondaire. Suspendu au bon vouloir d’un président tchèque eurosceptique et ultralibéral, ou au seul choix d’un électo-

José Bové
Candidat d’Europe-Ecologie aux élections européennes

Daniel Cohn-Bendit
Député européen Vert
rat irlandais assommé par la récession, le traité de Lisbonne entrera en vigueur en 2010 – ou pas. C’est un texte utile sur beaucoupdepoints. Ilprometainsilafindesprésidences tournantes du Conseil, donc des « sarkoshow »nationaux.Surtout,ilrenforce considérablement le rôle de législateur du Parlement européen. Malheureusement, dans la méthode (sordides marchandages intergouvernementaux) comme dans la substance, c’est un texte qui ne résout pas l’essentiel et laisse intact le profond déficit de légitimité politique qui mine la construction euro-

Seule une réelle légitimation politique du projet européen par les citoyens pourra résoudre la crise persistante de confiance »
péenne depuis une quinzaine d’années. Or seule une réelle légitimation politique du projet européen par les citoyens pourra résoudre la crise persistante de confiance envers les institutions européennes. C’estpourquoinousproposonsderelancer un véritable processus constituant, pour doter l’Europe d’une Constitution digne de ce nom – c’est-à-dire d’un texte court et intelligible par tous, commun à tous les Européens, rappelant les valeurs et les projets qui les unissent, décrivant les institutions et les droits qui les régissent et donnant une substance à la citoyenneté européenne qui reste encore une fiction. Qu’il soit rédigé par une Assemblée constituante spécifique, par le prochain Parlement européen ou au sein d’une nouvelle Convention, ce texte tirera surtout sa légitimité de sa ratification par un référendum paneuropéen à la double majorité des Etats et des citoyens. Les peuples qui

auraient choisi de le refuser pourraient alors poser en toute clarté la question de leur participation ou non à l’UE. Malgrésesévidentesimperfections,l’Europe est aujourd’hui le seul embryon fonctionnel d’une démocratie supranationale. Mais, dans nos démocraties contemporaines, la légitimité politique se forge dans la participationdes citoyens à l’espace public. Cette exigence de participation des citoyens européens est forte et ne doit pas être étouffée. Il faut y répondre en développantdespratiquesdémocratiquesàl’échelle du continent. Europe-Ecologie en propose deux. Primo, des « consultations citoyennes d’intérêt général », chaque fois que l’avenir de l’Union européenne est en jeu, en posant à tous les citoyens européens, le même jour, une ou plusieurs questions simples et concrètes liées aux réformes envisagées. Secundo, un changement progressif du mode d’élection du Parlement européen pour arriver à des listes transnationales dont les têtes correspondraient aux candidats des partis européens à la présidence de la Commission. Voilà qui contribuerait efficacement à faire naître un espace public continental, tout en « dramatisant » l’enjeu du scrutin européen. La construction de l’Europe ne peut plus se limiter à faciliter la prise de décisions entre vingt-sept Etats membres, dans un grand supermarché continental. Après cinquanteansd’uneintégrationlimitéeàl’économie, l’Europe arrive à maturité : elle doit entrer dans une véritable phase politique et construire une démocratie à l’échelle du continent. C’est une occasion historique pour penser, enfin, la politique hors du cadre étroit et myope de l’intérêt national et des seuls intérêts commerciaux et financiers. Une démocratie enracinée dans la diversité sociale et nationale des citoyens et des peuples européens et donnant une nouvelle dimension à l’action politique. Contrairementàcequ’affirmentles nostalgiques de 2005 et les souverainistes forcenés, ce ne sont pas les traités qui font les politiques européennes. C’est la politique qui fait les traités. Face aux crises qui se conjuguent, les réponses doivent nécessairement dépasser le cadre français. Nous nous sommes réunis justement parce que la politique se nourrit de vision commune, d’imagination partagée et d’ambition collective. C’est cette ambition que nous voulons porter ensemble dans l’enceinte du Parlement européen – et au-delà. p

Stoppons la publicité pour l’alcool sur Internet ! Il faut protéger la jeunesse d’un véritable danger

L

a publication par l’Institut national du cancer (INCa) d’une brochure exposant les liens entre alcoolet cancerafaitl’effet d’une déflagration dans les médias et dans le secteur des alcooliers. Elle n’était pourtant pas une révélation pour les professionnels de santéet lesassociations qui proposent depuis longtemps des politiques contre la deuxième causedemortalitéévitable enFrance (près de 40 000 décès par an). Mais parler d’alcool et de santé en France dérange tous ceux qui en tirent les plus grands profits. On concède tout juste aux professionnels de la santé qu’ils doivent traiter les malades, mais, s’ils s’attaquent à la racine du mal, comme la banalisation de la consommation de l’alcool, ce sont alors des trublionsirresponsables,deshygiénistes, des ayatollahs, des talibans adeptes de l’eau minérale… A l’inverse, le lobby de l’industrie de l’alcool fait feu de tout bois pour minimiser les ravages du produit,avecdesmoyensquiserapprochent de ceux de l’industrie du tabac. Ne pouvant plus nier les conséquences sanitaires et sociales, il met en avant le plaisir immédiat, la sensualité, voire l’identité nationale,lesdangersétantcirconscrits aux « gros » buveurs ou aux excès sévères.

Afin de protéger les enfants, les jeunes et les femmes enceintes, le lobby alcoolier concède qu’il faut faire une information, qu’il demande à diffuser lui-même.L’essentiel pour lui est de faire passer l’image d’une industrie responsablefaceàdesconsommateursinformés,maisl’issuedecetteconfrontation entre le renard et les poules ne fait aucun doute, tant les moyens sont disproportionnés (310 millions d’euros de publicité par an, 4 à 5millionsdecampagnesdeprévention). Comme si cela ne suffisait pas, il intervient dans l’élaboration de la loi,grâceàdesparlementairesmotivés. Ainsi la loi Evin de 1991 a été édulcorée. On a autorisé la vente d’alcool dans les stades, en contradiction complète avec la volonté affichée de protéger les jeunes. On a vu à l’Assemblée nationale les défenseurs des bouilleurs de cru prendre des accents lyriques au nom de la protection des vergers. Encemoment,onentend desparlementaires de tous bords prétendre qu’on peut faire de la publicité sur Internet sans que les jeunes y aient accès ! Le lobby alcoolier a même réussi à contrôler et à limiter l’expression des défenseurs de la santé, en obtenant la création d’un Conseil de modération et de prévention, où sept parlementaires pro-alcool

constituentunemajoritéautomatique. Cette instance fantoche, à laquelle les associations ont refusé de participer, prétend examiner la validité de la production scientifiquede l’Institut national du cancer, comme si elle en avait la moindre compétence. Cette instance est un leurre dangereux, auquel il convient de mettre fin, comme l’a proposé le député UMP Yves Bur.

Argument mensonger Le dernier moyen employé est d’introduire le doute et la confusiondans ledébatscientifique.L’argument mensonger selon lequel le vin serait moins nocif que les autresalcoolsestusé,maisilabeaucoup servi. On peut compter sur le Conseil de modération et de préventionpourdonnerlemêmeespace d’expression, à propos de l’augmentation du risque lié à la consommation d’alcool, aux scientifiques de l’INCa et à d’autres plus marginaux mais plus favorables aux thèses de l’industrie. Alors que le gouvernement a acceptéd’interdire la vente d’alcool aux mineurs tout en ouvrant l’Internet à la publicité pour l’alcool, il est temps d’en finir avec l’hypocrisie. La publicité sur Internet se fera nécessairement en direction des jeunes, et c’est dangereux, incohérent et inacceptable, car les jeunes buveurs seront les malades et les

morts de demain. Les débats autour de la loi Hôpital, patients, santé, territoires illustrent le paradoxe de l’hypocrisie française en matière de lutte contre l’alcoolisme et de protection de la santé publique. Le lobby alcoolier a remporté une sinistre victoire en première lecture à l’Assemblée dans sa bataille acharnée pour démanteler la loi Evin. La libéralisation de la publicité de l’alcool sur Internet prend en otage la santé de toute la population française. Monsieur le président de la République, madame la ministre, mesdames et messieurs les parlementaires, n’inscrivez pas dans uneloisurlasantéunemesure dangereuse, incohérente et irrespectueuse de la majorité des Français, qui favorisera la consommation d’alcool dans notre pays. p
François Bourdillon, président de la Société française de santé publique ; Gérard Dubois, porte-parole du Collectif contre la publicité de l’alcool sur Internet ; Claude Got, professeur honoraire, Michel Reynaud, président de la Fédération française d’addictologie ; Alain Rigaud, président de l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie ; Fernand Sauer, membre du Haut Conseil de santé publique, ex-directeur de la santé à la Commission européenne.

18 Décryptages Portrait
En remportant la Route du rhum en 1990, Florence Arthaud s’est imposée dans le dur milieu des navigateurs. A 51 ans, elle publie son autobiographie et assure qu’elle n’a pas envie de prendre sa retraite

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Vendredi 29 mai 2009

Elles & ils Olivier Schmitt
Théâtre

Ariane Mnouchkine
La directrice et metteuse en scène du

L’éternelle fiancée

Théâtre du Soleil à la Cartoucherie de Vincennes est la lauréate du prix Ibsen, créé par le gouvernement norvégien en 2007 et doté de 300 000 euros. Née le 3 mars 1939 à Boulogne-sur-Mer, Ariane Mnouchkine crée l’Atelier théâtral des étudiants de Paris au moment de ses études à la Sorbonne, qui devient, en 1964, le Théâtre du Soleil et connaît rapidement un succès international. Pour le jury, son théâtre constitue « un voyage fantastique qui jette un regard rafraîchissant sur l’histoire et la société contemporaine ».

Entreprises
Marie-Christine Caubet, 58 ans, directri-

L

a brise qui souffle sur les calanques dans les faubourgs de Marseille caresse les boucles de ses cheveux. La mer n’est jamais loin de Florence Arthaud. Elle ne l’ajamaisvraimentquittée.Attablée àla terrassed’un petitrestaurant sur le port de la Madrague, son refuge, la navigatrice s’amuse de cette question qu’elle ne cesse d’entendre ces dernières années : « Que fait Florence Arthaud aujourd’hui ? » Les exploits et les accidents de l’édition 2008-2009 du Vendée Globe, la course en solitaire autour du monde, ont rappelé que la voile est une belle et périlleuse aventure. Simple spectatrice, la navigatrice, qui a fait battre les cœurs en 1990 en remportant la Route du rhum, entre Saint-Malo et la Guadeloupe, veut dissiper les ambiguïtés. Non, elle n’a pas arrêté de naviguer. Oui, elle aimerait bien retrouver les grands défis transatlantiques qui ont fait d’elle, dès la

« La Route du rhum 2010 ? Je dois d’abord me réparer les épaules et le dos ; trente ans de mer, cela use ! »
fin des années 1980, la « petite fiancée de l’Atlantique ». Mais la voile a beaucoup changé, et la navigatrice aussi. Le dépanneur venu jusqu’au petit port ce beau jour de mai pour réparer sa machine à laver ne peut réprimer un sourire. Après avoir fait signer la facture, il lâche : « Je range l’autographe avant que les autres ne le prennent. » A 51 ans, Florence Arthaud n’a pas perdu de sa notoriété. « Elle reste quand même un monument », lance Jean Le Cam, l’un des protagonistes du Vendée Globe, avec lequel elle a navigué dans les années 1990, notamment sur deux Transats en double.

Maissacélébrité neluidonnepas depasse-droits pour se relancer dans la compétition. Et cela se révèle d’autant plus difficile qu’elle chérit sa liberté plus que tout et veut profiter des plaisirs de la vie. A un momentoùlavoileseprofessionnalisetoujours plus. La « fiancée » libre comme l’air séduit les sponsors, mais les inquiète aussi lorsqu’elle se transforme en celle du pirate qui se laissa déborder par ses accès de colère. Pour se rappeler aux bons souvenirs d’éventuels partenaires, la navigatrice publie son autobiographie, intitulée Un vent de liberté, aux éditions Arthaud, maison fondée par son grand-père et développée par son père, Jacques. Une commande qu’elle s’est résolue à accepter, et à l’écriture de laquelle elle a passé une bonne partie de l’année 2008. Retenue à terre par son livre, elle en a aussi profité pour consacrer du temps à sa fille, Marie, 15 ans, plus passionnée, elle, de chevaux que de bateaux. Editeurdesrécitsdegrandsmarinscomme Bernard Moitessier ou Eric Tabarly, Jacques Arthaud est celui qui a insufflé à sa fillela passiondela mer.C’estaveclui qu’elle a parcouru ses premiers milles nautiques, en Méditerranée. Puis, à 18 ans, elle traverse l’Atlantique pour la première fois, sur un bateau revenant de la Transat. En 1978, à 21 ans, elle se lance au culot dans sa première Route du rhum. « A SaintMalo, au départ, j’étais la fille à papa à qui l’on avait payé un bateau pour son anniversaire », raconte-t-elle. Sa onzième place à l’arrivée à Pointe-à-Pitre, avec un bateau plutôt limité, lui permet de se faire un prénom et d’entrer, selon elle, dans la « grande famille des marins ». La « petite fiancée de l’Atlantique » est née. Et elle devient au fil deséditionsdelaRoutedurhumune héroïne des mers et des magazines. Elle n’a alors aucun plan de carrière bien réfléchi, aucun agent pour lui trouver des partenaires financiers. Pas plus qu’aujourd’hui. Elle fonctionne à l’envie, sur des coups de tête ou à la suite de rencontres. C’est comme cela qu’à la fin des années 1980, par l’entremise de son père, elle convainc un promoteur immobilier, Christian Garrel, de financer la construction

Parcours
1957 Naissance à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). 1978 Elle gagne le surnom de « Petite Fiancée de l’Atlantique » à l’occasion de sa première participation à la Route du rhum. 1990 Record de traversée de l’Atlantique en solitaire et victoire dans la Route du rhum. 1997 Remporte la Transpacifique dans l’équipage de Bruno Peyron. 2009 Publie son autobiographie « Un vent de liberté » (éd. Arthaud, 236 p., 19,90 euros).

d’un grand trimaran, baptisé Pierre-Ier. Avec ce grand bateau doré, son heure de gloire arrive en 1990. Elle gagne la Route du rhum après un parcours chaotique – au cours duquel son pilote automatique et sa radio lâchent – enserrée, une partie de la course, dans une minerve pour atténuer les effets d’une hernie cervicale. Elle raconte, aujourd’hui,avoiraussiperdubeaucoupde sangà lasuited’une faussecouche.Milieuexclusivement masculin, la voile est alors bousculée par cette victoire d’une navigatrice qui n’enfait qu’à sa tête, avec un style « à l’arraché », selon Jean Le Cam. Florence Arthaud ouvre alors aux femmes une voie dans la courseenmer,commeleferaensuitela Britannique Ellen MacArthur. Déjà fascinés par le parcours de la jeune femme, médias et gens de marketing s’emparent allégrement de Florence Arthaud après cette Route du rhum. Elle en profite pour enchaîner les courses et les victoires, et voir le monde. Mais, en 1992, la crise immobilière frappe son sponsor et l’empêche de se faire construire un grand trimaran dont elle rêve alors pour tenter des records, notamment celui du tour du monde.Elleneretrouveplus ensuiteles premiè-

res marches des podiums, même si elle continue de courir, remportant par exemple,en1997, laTranspacifiquecommeéquipière de Bruno Peyron. Ces cinq dernières années, installée à Marseille, Florence Arthaud a continué de naviguer, notamment dans des Transats, mais sur des bateaux moins puissants et moins brillants que son Pierre-Ier. En 2007, elle a ainsi couru la Transat Jacques Vabre, avec Luc Poupon. Mais leur bateau, un Class 40, a terminé onzième de la catégorie. Pas de quoi émouvoir les médias ou les sponsors. D’autant que de nouveaux concurrents sont arrivés sur le devant de la scène, et que les bateaux ont évolué. « En vingt ans, c’est devenu plus physique, notamment avec les multicoques, estime le navigateur Loïck Peyron. Cela dit, c’est avant tout une question de sens marin, et cela ne se perd pas. » Si la voile a changé, Florence Arthaud aussi. Au fil de la rencontre, elle se montre moins sûre de vouloir tout faire pour repartir à l’assaut d’une grandecourseensolitaire.Mêmesiellelaisse glisser qu’un départ dans la Route du rhum 2010 ne lui déplairait pas. « Je dois d’abord me réparer les épaules et le dos ; trente ans de mer, cela use, glisse-t-elle. Cela dit, l’écriture de ce livre a remué tellement de choses, de souvenirs. C’est la première fois que je ne sais pas où je vais. Tant mieux, j’adore cela. » La vie n’est pas toujours simple pour les marins qui quittent les feux de la rampe. « Pour prendre sa retraite dans le domaine de la voile, il faut se lever tôt. On n’en a pas les moyens, ni elle ni moi », affirme Loïck Peyron. Après une courte expérience de galeriste d’art baptisée Flow à la Madrague, Florence Arthaud se voit plutôt conjuguer son amour de la voile et des préoccupations humanitaires, comme elle l’a fait en 2006 lors de la Route d’Elissa, une « croisière pour la paix » reliant des villes méditerranéennes. « Dès que l’on a franchi la limite des 15 milles au large, on est dans les eaux internationales, tous égaux. Sans frontières ». En toute liberté. p Bertrand d’Armagnac Photo Olivier Metzger pour « Le Monde »

ce commerciale Europe du groupe Renault, vient d’être nommée présidente du groupe Volkswagen France SA. Michel Sorbier, président du conseil d’orientation et de surveillance de la Caisse d’épargne d’Auvergne et du Limousin, vient d’être nommé président de la Fédération nationale des Caisses d’épargne. Sarah Doyle, partner et responsable des relations investisseurs de Private Equity, vient d’être nommée directrice et responsable des relations avec les investisseurs institutionnels de 123Venture, Frédéric Bardoux, 41 ans, membre du comité exécutif du groupe StatPro, chargé de la stratégie et des produits, vient d’être nommé président de Metnext, leader en analyse des risques climatiques, filiale de Météo France et de NYSE Euronext. Jeremy Roffe-Vidal, 39 ans, senior viceprésident ressources humaines d’Alstom Power Systems, vient d’être nommé directeur des ressources humaines du groupe Capgemini, un des leaders mondiaux du conseil, des services informatiques et de l’infogérance. Nicolas Béraud, 38 ans, vient d’être nommé directeur général adjoint chargé des opérations de Mangas Gaming, premier groupe français de paris sportifs et de jeux en ligne. Il conserve ses responsabilités de PDG de BetClic, racheté en 2007 par Mangas Gaming. Didier Leroy, 51 ans, président de l’usine Toyota de Valenciennes, vient d’être nommé vice-président exécutif des activités vente, marketing et après-vente des marques Toyota et Lexus en Europe. Frédéric Vincent, directeur général délégué, vient d’être promu président-directeur général de Nexans, fabricant de câbles électriques et fibres optiques.

Gastronomie

Hélène Darroze
Le célèbre chef français, qui officie

depuis 2008 aux cuisines du Connaught, palace du quartier de Mayfair au centre de Londres, connaît un joli succès avec une nouvelle recette de hamburger qui fait beaucoup parler d’elle. Elle mêle bœuf écossais mariné vingt-quatre heures dans son jus, du vin rouge et des épices et une tranche de foie gras des Landes posée sur des buns de pain au lait et de pain viennois faits maison. Son restaurant, Hélène Darroze at The Connaught, a été récompensé d’une étoile au Michelin Grande-Bretagne 2009.

Sports
Sergio Garcia, 29 ans, golfeur espagnol qui a conquis six titres sur le circuit américain et sept sur le circuit européen, vient de prendre livraison de son avion d’affaires de huit places, un Hawker 4000, dont la vitesse de croisière est de 896 kilomètres/heure à 37 000 pieds.

Conseil des ministres
Jean-Michel Casa, ministre plénipotenti-

aire de 2e classe, a été nommé directeur de l’Union européenne lors du conseil des ministres du 27 mai. Sonia DubourgLavroff a été nommée directrice des relations européennes et internationales et de la coopération et le général Bruno Cuche, gouverneur des Invalides, à compter du 1er juillet. Gérard Dalongeville a été révoqué de ses fonctions de maire de la commune d’Hénin-Beaumont (Pas-deCalais). Courriel : ellesetils@lemonde.fr

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Culture 19

La BD, grand art d’un petit pays, la Belgique
A Bruxelles, un inventaire de l’histoire et de l’influence, avant et après-guerre, des auteurs de bandes dessinées
Exposition
Bruxelles Envoyé spécial

L

e premier Grand prix du Festival international de BD d’Angoulême, en 1974, a été attribué à un auteur belge, André Franquin (Gaston Lagaffe, Spirou). Le premier enseignement de BD a été créé en 1968, à Bruxelles. Le premier homme à avoir foulé le sol lunaire, c’est Tintin, héros belge par excellence, dans On a marché sur la lune, en 1954, quinze ans avant Amstrong… Réels et fictifs, ces trois événements prouvent à quel point la BD belge s’est imposée face aux Etats-Unis, la France, l’Italie ou le Japon dont les mangas n’ont débuté leur tour du monde qu’il y a vingt ans. C’est sur ce premier axiome que se fonde la passionnante exposition « Regards croisés de la BD belge », organisée jusqu’au 28 juin aux Musées royaux des beaux-arts de Belgique, à Bruxelles. Première étape majeure de « 2009, l’année de la BD à Bruxelles », cette manifestation en précède d’autres, de l’inauguration du Musée Hergé à l’exposition dédiée aux graphistes phares des années 1960 – Crepax, Cuvelier, Forest et Peellaert. Dieu, le Roi, l’aventure coloniale : la BD belge s’est créée à partir de ce triptyque. Les planches, croquis, couvertures des BD belges d’avant et d’après-guerre exposés dans

« Regards croisés… », issus pour beaucoup de collections privées – parfois rarissimes, comme cette page du Rayon U de Jacobs (1943) – montrent des chevaliers ou des scouts s’agenouillant en disant : « Mercimon Dieu, jesuis récompensé d’avoir bien servi… mon roi. »

Et puis il y a le Congo Pays catholique où certains prélats ont la préséance protocolaire sur le premier ministre, la Belgique a vu ses premières BD publiées dans la presse confessionnelle – Hergé, Jijé (Blondin et Cirage, Jerry Spring) Vandersteen (Bob et Bobette). Le Roi est le dernier refuge des valeurs. « Dans Le Sceptre d’Ottokar (1938), Tintin pleure en remettant le fameux sceptre au roi. C’est un chant d’amour au roi des Belges d’alors », explique Didier Pasamonik, commissaire de l’exposition avec Jean-Marie Derscheid. Et puis il y a le Congo, qui fait de ce petit pays une grande puissance. « Les Belles Histoires de l’onclePaul » dans le magazine Spirou en font leur miel, comme le Journal de Tintin. Cette BD sans peur et sans reproche qui peut se mettre en toutes les mains, « de 7 à 77 ans », peut conquérir le monde. Le bilinguisme ouvre à ses BD, réalisées en français et en flamand, les portes de la France, des Pays-Bas, de l’Allemagne et d’ailleurs (Argentine, Turquie, Scandinavie….). La production industrielle d’albums, les héros

« Gaspard de la nuit. Tome 2 : les chasseurs de la nuit », de Johan De Moor. Encre de Chine et gouache sur papier, 1989. CASTERMAN
récurrents, le gommage des particularismes « belgicains » font le reste. Ainsi que l’inventivité d’auteurs qui créent les Schtroumpfs, surfent sur l’anglophilied’après-guerre (Blake et Mortimer), le pro-américanisme de la guerre froide (Buck Danny, Dan Cooper), le spectre nucléaire (La Grande Menace), etc. Courant l’exposition, trois immenses fresques de François Avril, Ever Meulen et Joost Swarte content cette histoire de la BD belge. Elle a ses écoles réputées (« de Charleroi » ou « de Bruxelles ») et un principe (« la ligne claire ») quand des éditeurs français prennent le haut du pavé et lancent la BD franco-belge, habile métissage de deux cultures. Mais face à Pilote, Métal Hurlant ou Hara-Kiri, le 9e art belge tire son épingle du jeu. « Il est faux de dire que la BD belge est larguée. Il existe une avant-garde dès la fin des années 1970 avec des éditeurs comme Le 9e Rêve, Pelu-

re amère, Frémok… », note Didier Pasamonik. Le second axiome de « Regards croisés » atteste que la plupart des auteurs belges d’aujourd’hui se sont complètement affranchis de la religion, du roi et des rêves coloniaux. Vingt des plus grands auteurs belges, classiques comme Jean Van Hamme, Raoul Cauvin ou Philippe Geluck, plus aventureux comme Dominique Goblet ou Thierry Van Hasselt, mais aussi François Schuiten, Johan De Moor, Didier Comès, Herr Seele, Ptiluc, Jean-Philippe Stassen ou Jean Dufaux (scénariste de 70 séries !) ont ainsi composé la vitrine de leurimaginaire – objets, livres, souvenirs. Chacun a aussi choisi cinq auteurs de BD qui les ont influencés, sans limite d’époque et d’espace, montrant ainsi de quoi s’est nourrie la BD belge. Le résultat est fascinant et merveilleux : desplanches, peintures ou dessins de Milton Caniff, Winsor McKay, Georges Herriman ou Will Eisner jouxtent ceux de Bilal, Tardi, Jijé, Tillieux…avec d’abord, en samajesté BD, André Franquin. p Yves-Marie Labé
« Regards croisés de la BD belge », Musées royaux des beaux-arts de Belgique, 3 rue de la Régence, Bruxelles. Du mardi au dimanche, de 10 heures à 17 heures. Jusqu’au 28 juin. Catalogue, éd. Snoeck, 230 p., 34 ¤. www.mrbab.be

En Norvège, la BD s’émancipe de Disney

« Ubu roi », décidément potache
Plus de cent ans après sa création, la pièce d’Alfred Jarry entre au répertoire de la Comédie-Française
Théâtre
faire passer une colère, une loufoquerie ou un état d’esprit. Jean-Pierre Vincent sait comme nul autre montrer une histoire des mentalités françaises à travers les piècesqu’ilchoisit.SonUburoiéclaire le côté sombre de Dupont laJoie – le Père et la Mère Ubu – décidés à se faire une place au soleil, en vertu d’un droit par eux seuls décrété. Pour eux, la République, c’est l’égoïsme.Et leurégoïsmen’ad’égal que leur veulerie : ils fuient comme des lapins à la première embûche. Triste France que celle-ci, très bien vue par Jean-Pierre Vincent, et remarquablement servie par Serge Bagdassarian dans le rôle du Père Ubu. Mais cela ne suffit pas à convaincre qu’Ubu roi est autre chose qu’une pièce de potache. Au contraire : la présentation de la Comédie-Françaiseconfirmel’intérêt limité d’une pièce qui devient vite lassante. p Brigitte Salino
Ubu roi, d’Alfred Jarry. Mise en scène : Jean-Pierre Vincent. Comédie-Française, 2, rue de Richelieu, Paris-1er. Mo Palais-Royal. Tél. : 08-25-10-16-80 (0,15 ¤/min). De 11 à 37 ¤. En alternance jusqu’au 21 juillet.

U

philippe de champaigne

jean-baptiste de champaigne

MAÎTRES

DU
nicolas de plattemontagne

On n’arrive pas à attraper Ubu, il déborde du cadre d’« Ubu roi »
Cet homme est capable de tout, même des pires horreurs, pour servir ses instincts : gagner de l’argent et remplir sa « gidouille », sa bedaine. Poussé par la Mère Ubu, il se débarrasse de Venceslas, roi de Pologne, pour devenir roi à son tour. Face à sa femme, mégère bourgeoise au sens où l’adjectif « bourgeois »représente une insulte,iln’est qu’un tas surqui tout glisse : naïf et sûr de lui, insensé et inquiétant. On n’arrive pas à attraper Ubu, il déborde du cadre d’Ubu roi. De là vient la difficulté : comment monter la pièce d’Alfred Jarry ? Comment se dépatouiller de ce texte effectivement potache, qui promet beaucoup plus – par sa réputation – qu’il n’offre – à son écoute ? Beaucoup de metteurs en scène s’y sont cassé les dents. Les plus heureux se sont servi de la pièce pour

DESSIN
25 mars – 29 juin 2009 musée de port-royal des champs
Vallée de Chevreuse
Ouvert tous les jours de 10h30 à 12h30 et de 14h à 18h. Le week end de 10h30 à 18h30. Fermé le mardi et le 1er mai. tél : 01 39 30 72 72

En direct du 123 sur France Info
du lundi au vendredi à 22 h 47 la rédaction du Monde décrypte l'actualité

www.rmn.fr

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Philippe de Champaigne, Portrait de Charlotte Duchesne (détail), The Metropolitan Museum of Art, Purchase, Lila Acheson Wallace Gift, Gifts in memory of Jacob Bean, Lawrence Turcic, and Howard J. Barnet; and The Schiff Foundation, David L.Klein Jr. Memorial Foundation Inc. and Harry Liebovitz Gifts, 1994 © The Metropolitan Museum of Art, USA

ne centaine de jeunes femmes et de jeunes gens déambulent entre les planches de BD placardées aux murs de la bibliothèque publique de Schouss Plass, à Oslo, sans que cesse le prêt de livres. Vendredi 22 mai, c’est le vernissage, à la bonne franquette, du deuxième grand festival norvégien de « tegneserie » (BD), l’Oslo Comics Expo, dont la troisième édition était organisée les 22 et 23 mai dans l’ancien quartier ouvrier devenu branché de Grunerlokka. A l’entrée, une planche aux accents de lettre ouverte. Vingt et une cases réalisées par des auteurs norvégiens rappellent au ministre de la culture, Trond Giske, les promesses faites lorsqu’il a inauguré l’Oslo Comics Expo 2008 : plus d’argent pour les éditeurs et pour les bibliothèques désireuses de proposer des BD. La planche interpelle le ministre sur un ton bon enfant et lui a été remise trois jours avant l’ouverture du festival. « Il faudrait au moins doubler les fonds publics mis à disposition des éditeurs (1,5 million de couronnes, 170 000 euros) et réformer l’aide et la distribution aux bibliothèques. La demande de BD est de plus en plus forte en Norvège », plaide Morten Harper, président de l’Association norvégienne de BD, qui regroupe plus de trois cents auteurs et lecteurs.

Longtemps, la Norvège a été sous l’emprise de Disney. « Les titres de Disney occupent encore 80 % du marché. Mais les auteurs contemporains de BD, américains ou européens – suédois, danois, français, belges ou britanniques – intéressent un nouveau lectorat », explique Flu Hartberg, auteur de la BD Horgan. En plus de ces BD, traduites ou pas (« nous lisons en anglais ou en suédois plutôt que d’attendre la traduction », précise M. Harper), l’attrait pour un genre plus adulte, axé sur l’humour, la comédie humaine et les problèmes interpersonnels, a donné naissance à une école norvégienne riche d’une trentaine de noms (Jason, Christopher Nielsen, Lars Fiske, Stephen Kverneland…) . Dont des filles comme Mette K. Hellenes ou surtout Lise Myhre. Les « strips » de sa jeune héroïne Nemi, diffusés dans le quotidien Dagbladet, le sont aussi dans plus de 130 titres en Scandinavie, et le mensuel à son nom est vendu à 70 000 exemplaires. « Nemi, les “witches comics” venus d’Italie et les mangas pourtant peu nombreux en Norvège, ont attiré de plus en plus de lectrices de BD. Et Persepolis de Marjane Satrapi a décoincé l’establishment », résume M. Harper. p Y.-M. L. (Oslo, envoyé spécial)

U

bu roi est une pièce de potache. Alfred Jarry (1873-1907) en a eu l’idée quand il était élève au lycée de Rennes. Avec des amis, les frères Morin, il a écrit une œuvrette pour marionnettes, Les Polonais, dont le personnage principal était la caricature de Monsieur Hébert, professeur de physique. Puis il a continué seul, livrant une série de pièces dans lesquelles Hébert est devenu Ubu. A sa création, en 1896, Ubu roi causa un scandale de tous les diables. Depuis, le roi grotesque et tyrannique, cousin « pataphysique »duMacbethdeShakespeare,a fait le tour du monde. Il vient d’entrer au répertoire de la ComédieFrançaise, dans une mise en scène de Jean-Pierre Vincent, à l’affiche jusqu’au 21 juillet. Sans provoquer descandale:Ubuappartientànotre paysage mental, il ne choque plus.

TROIS

20 Culture

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Vendredi 29 mai 2009

Le Centre Pompidou glorifie les femmes au risque de les placer dans un ghetto
Pour un an, les salles des collections permanentes du musée sont dévolues à 200 créatrices
Arts
« Wack ! ». Mais combien de personnesenFrance ontvu cetteexposition ? Des artistes femmes invitées à Beaubourg sont ravies d’en être : « Tout va dans le bon sens, c’est extraordinaire que Beaubourg ait le courage de faire une telle exposition, après avoir tant délaissé les femmes », explique la pétulante Orlan, qui est très bien représentée. Elle ajoute : « L’argument du ghetto est absurde. Nous avons besoin d’actions symboliques. Moi qui suis post-, alter-, néoféministe, qui suis contre toutes les discriminations, j’en aiassez qu’on nous fasse honte de ce mot : féminisme. »

Polémique

Gratuité des musées : SOS-Racisme dépose plainte pour discrimination
L’association SOS-Racisme a déposé plainte, lundi 25 mai, pour « discrimination » devant le tribunal de grande instance de Paris, contre dixhuit musées, dont le Louvre. Elle dénonce le nouveau dispositif de gratuité qui réserve, depuis le 4 avril, l’entrée libre des 18-25 ans aux seuls ressortissants de l’Union européenne. L’association a aussi déposé un recours devant le Conseil d’Etat contre la décision du ministère de la culture qui établit ces mêmes règles pour les 50 musées nationaux et la centaine de monuments nationaux. Le 7 mai, à l’Assemblée nationale, la députée Verte Martine Billard s’était émue d’une mesure qui « exclut les jeunes étrangers non communautaires résidant régulièrement sur le territoire national, tandis que de simples touristes de passage, venant d’un des pays de l’Union européenne, peuvent en bénéficier ». Reconnaissant les « demandes répétées » exprimées par ces jeunes aux caisses des musées, la ministre de la culture, Christine Albanel, avait assuré vouloir remédier à cette anomalie. Dans un communiqué, diffusé mercredi 27 mai, elle se dit très surprise du recours déposé par SOS-Racisme et précise qu’elle a demandé que soit « étudiée la possibilité » d’étendre le dispositif aux jeunes étrangers « qui ne sont pas issus de l’Union européenne mais qui résident en France, comme par exemple les étudiants ». La Cité nationale de l’histoire de l’immigration et le Musée du Quai Branly ont d’eux-mêmes écarté le critère de nationalité.p Nathaniel Herzberg

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’est une première mondiale. Le Centre Pompidou dédie pendant un an l’accrochage de ses collections permanentes à des artistes femmes : « Elles@centrepompidou », sur 8 000 m2 , réunit cinq cents œuvres de deux cents artistes. Après « Big bang » et « Mouvement des images », c’est la troisième fois que le Centre met en scène ses collections de manière originale. Mais les précédents accrochages s’avéraient moins polémiques. Pour certains, c’est un geste fort. Pour d’autres, une ineptie de placer les femmes dans un ghetto. Les collections se développent sur deux étages : au cinquième, les collections modernes, des années 1920 à 1960, mettent l’accent sur le deuxième sexe. Mais, tout de même, Picasso, Derain, Miró, Rothko ou de Staël sont toujours là –comment faire autrement ? – laissant juste quelques salles, signalées en rouge, à leurs rares consœurs : la peintre mexicaine Frida Kahlo, les photographes Diane Arbus ou Lisette Model.

Arts Une plainte pour abus de monopole contre la Fondation Warhol, à New York, jugée recevable
Un tribunal du quartier de Manhattan, à New York, a décidé, mardi 26 mai, qu’une plainte pour abus de monopole déposée contre la Fondation Andy-Warhol, à New York, par un collectionneur américain vivant à Londres, Joe Simon, était recevable. Selon cette décision Joe Simon pourra désormais demander à la Fondation et à la commission d’authentification des œuvres de l’artiste américain, mort en 1987, tous les documents et les témoignages dont il aura besoin pour poursuivre une action, intentée en 2007, lorsque la commission avait estampillé comme « faux » un autoportrait de Warhol par ailleurs authentifié à plusieurs reprises par d’autres marchands d’art. Certaines salles d’enchères célèbres exigent le tampon de la seule commission de la Fondation Warhol à l’exclusion des autres pour accepter de vendre une œuvre de l’artiste.

Une chambre à soi Au quatrième, dédié à l’art contemporain, c’est en revanche le raz-de-marée: pasunmâlenepointe son nez. Certaines indélicatesses choquent les esprits les mieux disposés. Après l’installation en forme de gag d’Agnès Thurnauer, qui féminise les grands noms de l’histoirede l’art(Annie Warhol, Marcelle Duchamp, La Corbusier), l’ensemble s’ouvre sur une approche étrange de la femme : une salle où la vulve est reine. L’Autrichienne Elke Kristufek affiche son visage doté d’un vagin sur la bouche ou le front, et sa combattante compatriote Vallie Export exhibe son pubis, tout en brandissant un kalachnikov. Malgré la qualité des œuvres,onauraitaiméplus de délicatesse en guise de préliminaires. Quelques salles sont magnifiques, comme celle qui réunit les

« Le Baiser de l’artiste, n˚2 », par Orlan (1977). ADAGP, PARIS 2009
minimalistes ou les artistes de l’abstraction excentrique. Certaines créatrices sont heureusement très bien exposées, comme la représentante fondamentale de l’art corporel Gina Pane. Mais d’autres manquent cruellement à l’appel, comme les pourtant bruyantes Britanniques Tracey Emin, Sam Taylor-Wood ou Gillian Wearing. Une salle sur l’espace domestique, une autre sur la couture, sur la famille ou encore sur la beauté : guère de finesse dans les thématiques abordées. Beaucoup des stéréotypes masculins sont assumés par l’accrochage et en rendent la lecture parfois douloureuse. Ainsi de cette salle, sublime, qui réunit une peinture-installation de Martha Wéry et une toile de Monique Frydman. Mais pourquoi la mettre sous l’égide du rouge ? Le sang en serait-il l’essence ? Les meilleures artistes demeurent inclassables, ayant le privilège d’une chambre à soi : Tacita Dean, Dominique Gonzalez-Foerster, ou la Polonaise Monika Sosnowska, qui semble vouloir s’échapper du musée en créant un trou dans le plafond. Le grand mérite de l’exposition est de poser le débat. Mais n’auraitil pas mieux valu monter une exposition sur l’art féministe, qui aurait eu plus de cohérence ? Il en a été question avant que l’idée ne soitrejetéeau motifqu’uneexposition similaire a déjà été présentée à Los Angeles sous le titre

Refus du glamour Même enthousiasme chez la jeune artiste Natacha Nisic : « Quand nous avons appris ce projet, avec mes amies artistes, nous avons été dans l’euphorie, comme face à quelque chose de dû. Même si nous avons conscience que poser la question du genre comme critère de sélection peut être très réducteur. » « Nous posons ce critère pour mieux le dissoudre », rétorque, très rhétorique, la conservatrice chargée du projet, Camille Morineau. Alors pourquoi ne pas le dissoudre d’emblée ? Certaines artistes exposées s’avouent gênées, voire choquées. Prévenues de leur présence à peine deux mois avant le vernissage, elles reconnaissent avoir hésité à fairevaloir leurdroit moralen refusant de participer. Mais les langues peinent à se délier, même chez celles qui sont très engagées dans le féminisme. Car dire non à Beaubourg peut fragiliser une carrière. Restent deux points forts : 40 % des œuvres ont été achetées au cours des cinq dernières années. Notamment une maison en plâtre de la Britannique Rachel Whiteread, ainsi qu’un magnifique ensemble de dessins de Louise Bourgeois. Surtout, l’exposition a le bon goût de refuser le glamour ou la digression platement sexy. Il est plutôt question d’engagement, de tragédie, de combat. p Emmanuelle Lequeux
« Elles@centrepompidou », Centre Pompidou, piazza Beaubourg, Paris-4e. M˚ Rambuteau. Tél. : 01-44-78-12-33. De 11 heures à 21 heures ; fermé mardi. De 8 ¤ à 12 ¤. Jusqu’à fin mai 2010. www.centrepompidou.fr

Instantané musique
Au festival Villette sonique le groupe Sunn O))) file le bourdon
C’EST UNE vibration, lente, puissante, continue, qui vous envahit peu à peu pour ne plus vous lâcher. Les orteils d’abord, puis les hanches, le ventre, la glotte, les molaires enfin. Quand les oreilles bourdonnent, vaincues par le mur du son, c’est gagné. Poings levés, têtes baissées, les fans exultent en silence. Sunn O))), duo américain de metal « drone » (bourdonnement en anglais), une branche radicale d’un genre musical extrême, ouvrait, mercredi 27 mai, à La Grande Halle de la Villette, à Paris, l’excitant festival Villette sonique prévu jusqu’au dimanche 31 mai. Le groupe est culte : peu connu, mais chic à citer. Il est encapuché aussi, c’est plus drôle, à la façon des moines d’Enigma, ce projet kitschissime qui remixait les chants grégoriens en techno. Les hectolitres de fumigène déversés y participent aussi, mais on ne plaisante pas lors un concert de Sunn O))), on encaisse. Avec bouchons d’oreille pour les plus sages, sans pour les puristes qui raffolent de ce « son qui rampe » disent-ils. Un râle de guitares qui se déploie sans faillir, un peu comme un moteur qu’on laisserait tourner à vide dans un garage porte fermée, jusqu’à l’asphyxie. Le tout est d’en sortir vivant. Réouverture d’une fenêtre dès jeudi soir 28 mai avec les bandes originales pour zombies de Goblin et bol d’oxygène fortement conseillé ce week-end dans les jardins du parc avec l’illuminé Dan Deacon et la furie Ebony Bones. p Odile de Plas
Festival Villette sonique, Différents lieux du Parc de la Villette, 211, avenue Jean-Jaurès, Paris-19e. Mo Porte de Pantin. Tél. : 01-40-03-75-75. Jusqu’au 31 mai. 26 ¤, entrée libre pour certains concerts. www.villettesonique.com

Les musiques de Guinée à la conquête d’Angoulême
Musiciens historiques et jeunes pousses sont au cœur du festival Musiques métisses

4e BIENNALE D’ART VOCAL
du 31 mai au 13 juin
Aperghis Wölfli-Kantata • Beethoven Symphonie n° 9 Francesconi Sirènes création • Haydn Harmoniemesse Mahler et Strauss Lieder Rizo-Salom Trois manifestes création Monteverdi L’Incoronazione di Poppea
Accentus | Cappella Amsterdam | Les Eléments Il Giardino Armonico | La Chambre Philharmonique Chœur et Orchestre Philharmonique de Radio France SWR Vokalensemble Stuttgart | Brussels Philharmonic La Venexiana | Ensemble intercontemporain Maîtrises et Chœurs de jeunes
photo : Michaël Duperrin

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01 44 84 44 84 www.citedelamusique.fr
M Porte de Pantin
ÊTRE FIDÈLE À LA MUSIQUE

u festival Musiques métisses, vitrine généreuse des musiques du monde, et en particulier celles du continent africain, la Guinée, nouvelle et ancienne génération, arrive en force. Ainsi, la 34e édition, organisée à Angoulême du 29 mai au 1er juin, doit recevoir Les Espoirs de Coronthie, puissant groupe et coqueluche de la jeunesse de Conakry, capitale de la Guinée, mais aussi Sia Tolno, jeune chanteuse à la voix stupéfiante, et Mamadou Barry, ancien chef d’orchestre du Kaloum Star et saxophoniste de référence dans l’Afrique de l’Ouest. Né en 1947, ce dernier est le tonton respecté de toute cette grande famille de passage dans la Charente, où sera aussi accueillie Tinafan, unetroupe d’enfants acrobates de Conakry. Situéesur la côte ouest africaine, la République de Guinée est une pépinière de musiciens. Au-delà de Mory Kanté et de son succès planétaire (Yéké Yéké, en 1988), et même si certains noms ont émergé sur la scène internationale (Sekouba Bambino, Ba Cissoko, Djeli Moussa

Diawara,BembeyaJazz,LesAmazones, Kanté Manfila…), la Guinée musicale est restée relativement peu exposée par rapport à ses voisins, le Sénégal et le Mali. A Angoulême, les artistes guinéens présentent chacun un album sorti récemment. « Il y une énergie, une créativité formidables en Guinée, mais les musiciens n’ont pas été suffisamment mis en avant, car il était difficile de les faire venir. Le pays était très refermé sur lui-même », explique Christian Mousset, directeur artistique de Musiques métisses. Dans les années 1980, Mousset fut le premier à faire découvrir en Europe les groupes « historiques » de la Guinée, tels que le Bembeya Jazz, le Kaloum Star ou Les Amazones, un ensemble de femmes gendarmes musiciennes. « C’était toujours très compliqué d’aller là-bas, se souvient-il, le pays était peu ouvert sur l’extérieur » et les groupes se déplaçaient seulement avec des émissaires du gouvernement guinéen. Gouverné depuis décembre 2008 par une junte militaire

dirigée par Moussa Dadis Camara, après la mort de Lansana Conté (vingt-quatre ans au pouvoir), la Guinée fut, en 1958, l’un des premiers pays africains à s’émanciper de la tutelle coloniale, derrière le nouveau maître du pays, Ahmed Sékou Touré (1922-1984). Avec lui, la reconquête d’identité s’accompagna d’une politique culturelle valorisant l’idée d’authenticité.

Le « mécène » Sékou Touré Ancien employé d’un bureau de poste, Sékou Touré entreprend de monter à travers tout le pays des orchestresofficiels.Ilsdoiventcomposer de nouvelles chansons, avec un son moderne, mais faisant référence à la tradition. « Financés par l’Etat, ces groupes étaient considérés comme des fonctionnaires au service de la politique culturelle de Sékou Touré », peut-on lire dans les notes du livret de l’excellente compilation Guinée, Cultural Revolution (2 CDSyllartProductions/Discograph).Environunetrentained’ensembles musicaux vont ainsi naître. Ces formations, porte-parole officiels du gouvernement, inven-

tent un courant musical où des rythmes locaux s’acoquinent à ceuxdeCuba,aujazzetaurock,aux sons de guitares et de cuivres, de percussions éloquentes et de voix radieuses. QuiétaitSékouTouré ?Unmécène pour la musique, disent en chœur les musiciens africains, préférant oublier que, pendant vingtsix ans, le père de l’indépendance a exercéunpouvoirdictatorial,éliminant tout ce qui, de près ou de loin, pouvait ressembler à une opposition. Et la chanteuse sud-africaine Miriam Makeba (1932-2008), militante antiapartheid à qui Sékou Touré avait offert l’hospitalité et la nationalité guinéenne, composera en 1976 Djiguinera (« notre espoir »), chanson en hommage à son « protecteur ». p Patrick Labesse
Festival Musiques métisses, île de Bourgines, Angoulême. Du 29 mai au 1er juin. Tél. : 05-55-33-28-16 et 05-45-92-16-58. Vendredi à partir de 18 heures ; samedi et dimanche à partir de 16 heures. De 5 à 35 ¤ ; forfaits de 15 à 69 ¤. www.musiques-metisses.com

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& Vous 21
Un panorama sur l’habitat écologique
Parce que la prise en compte du développement durable s’est imposée comme une donnée essentielle dans le domaine de l’architecture, la Cité de l’architecture et du patrimoine ouvre le débat et pose la question du développement urbain à l’heure du XXIe siècle. A travers l’exposition « Habiter écologique, quelles architectures pour une ville durable ? », elle propose au visiteur un panorama de réalisations qui prouvent « que la prise en compte de critères écologiques n’exclut en rien la créativité, qu’elle n’impose pas de modèle architectural et qu’elle est possible dans les pays du Sud comme du Nord », souligne Dominique Gauzin-Müller, commissaire générale de l’exposition. De Franck Lloyd Wright et Hassan Fathy à Alejandro Aravena et Werner Sobek, du low-tech au high-tech, une vingtaine de projets révèlent les précurseurs de l’architecture écoresponsable. Parallèlement, un espace intitulé « N’en jetez plus ! » permet au jeune public de découvrir les bonnes pratiques écologiques liées à l’habitat : isolation, tri des emballages, réduction des déchets, économies d’eau… p Pascale Santi (PHOTO : PALLET
HOUSE. GREGOR PILS & ANDREAS CLAUS SCHNETZER)

Jusqu’au 1er novembre. Cité de l’architecture et du patrimoine. Palais de Chaillot, 75016 Paris. Entrée : 8 ¤. Tarif réduit : 5 ¤. De 11 heures à 19 heures. Nocturne le jeudi jusqu’à 21 heures. Site Internet : Citechaillot.fr

Roue libre Jean-Michel Normand

Numismatique Des pièces de 10 et 25 euros en argent et de 250 euros en or seront mises en circulation à partir du 2 juin.
Elles seront disponibles à la Monnaie de Paris et dans 1 000 bureaux de poste en France métropolitaine et dans les départements d’outremer. Tirées respectivement à 2,25 millions d’unités pour les euros argent (2 millions de pièces de 10 euros et 250 000 pièces de 25 euros) et 75 000 unités pour les euros or, elles viennent compléter la gamme des euros or et argent lancée en 2008. Les deux valeurs qui manquent à la collection, 50 euros en argent et 500 euros en or, seront frappées en 2010.

Nouvelles technologies La première « fête populaire » du numérique
Intitulée « Futur en Seine », la première fête du numérique est organisée à Paris et dans quarante lieux en Ile-de-France, du 29 mai au 7 juin (renseignements sur futur-en-scene.net). Elle proposera de nombreuses manifestations publiques permettant de voir, de toucher, d’essayer les technologies du futur et de découvrir la place qu’elles occuperont dans l’avenir de notre société et de nos villes. Quinze prototypes, parmi lesquels Voxtrumental (chanter pour faire danser un robot mélomane), le Robot Touriste (se mettre aux manettes pour ne plus attendre au musée), le télescope de réalité augmentée, etc., seront dévoilés à cette occasion.

Peugeot 3008, familiale mais pas plan-plan

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a berline des familles à la mode Peugeot, respectueuse de codes un tantinet amidonnés, est une espèce en voie d’extinction. La diffusion de la 607, le vaisseau amiral, est confidentielle, alors que la 407 tente de surnager sur un segment de marché notoirement sinistré. Le lion franc-comtois, qui a flairé le danger, a réagi en composant une gamme parallèle versée dans l’innovation et identifiable au double zéro central de sa dénomination. Cette idée, que Citroën vient de copier en lançant le label DS, a accouché de la 1007 – un échec commercial – et donne aujourd’hui naissance à la 3008. Comme son nom le suggère, la nouvelle venue est dérivée de la

Comme son nom le suggère, la nouvelle venue est dérivée de la 308
308. Elle se présente comme un modèle capable de répondre à une partie des attentes émergentes d’un univers automobile dont la crise n’a pas démenti la tendance au morcellement. Et, accessoirement, de sortir Peugeot de son passage à vide. En lançant la 3008 (à partir de 21 350 euros), la marque se livre à un exercice dont elle n’est pas coutumière : jongler avec les concepts. Ce modèle, qui se range dans la nouvelle catégorie des cross-over, évoque à la fois un 4 × 4 (face avant volontaire, châssis surélevé), un monospace (capot court, pare-brise très incliné, habitacle monovolume) et un break (compartiment à bagages généreux, profil étiré), alors que le style de son habitacle comme son comportement se rapprochent de ceux d’une berline. Avec ses airs de familiale gentiment baroudeuse, la 3008 s’inspire du Nissan Qashqai qui, le pre-

mier, a fait la démonstration que l’on pouvait se tailler un franc succès avec un 4 × 4 « Canada Dry » à deux roues motrices. Pour faire bonne mesure, Peugeot propose en option le système « grip control », un antipatinage électronique sophistiqué qui agit sur les roues avant et permet de s’aventurer (avec modération) hors du bitume. Visuellement, l’ensemble n’est pas ce qu’il y a de plus homogène. Cédant à son travers habituel, Peugeot a surchargé la face avant, dont la calandre largement grillagée a déjà été baptisée « coupe-frites » par les esprits caustiques. Pas d’objection, en revanche, à formuler à l’égard du toit panoramique en verre et au style intérieur, très soigné avec ses compteurs finement cerclés de chrome et sa planche de bord dessinée avec élégance. La 3008 dispose d’un hayon arrière dont la partie basse, articulée, facilite les opérations de chargement. A contrario, point de sièges arrière individuels ni de banquette coulissante. Ce sera sans doute le privilège du monospace, attendu à l’automne. Familiale, certes, mais pas planplan, la 3008 ne déroge point à la tradition d’une marque qui n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié s’agissant du confort et du comportement dynamique. La nouvelle Peugeot offre un « toucher de route » impeccable et enroule les courbes sans le moindre roulis. Quant aux mécaniques disponibles, elles sont honorablement connues (en particulier l’efficace 1,6 litre diesel HDI de 110 ch). Pour le grand saut technologique, il faudra attendre 2011. La 3008 deviendra alors la première voiture française à adopter une motorisation hybride-diesel. Au quatre cylindres thermique sera couplé un moteur électrique logé sur l’essieu arrière. Ce qui permettra d’en faire une quatreroues motrices écologiquement correcte. p

P O U R S AV O I R D E Q U O I O N V O U S PA R L E , D E M A N D E Z-V O U S Q U I V O U S E N PA R L E .
ENQUÊTES . DÉCRYPTAGES . RÉVÉLATIONS

Une calandre largement grillagée que les esprits caustiques ont déjà surnommée « coupe-frites ». DR

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© Bettmann/CORBIS

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Le Barça surclasse Manchester United en finale de la Ligue des champions
Les joueurs de Pep Guardiola terminent la saison sur un triplé historique

La justice française attend Floyd Landis
Le vainqueur déchu du Tour 2006 et son coach sont soupçonnés de piratage informatique
Dopage

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L’entraîneur de l’équipe de Barcelone fêté par son équipe. LLUIS GENE/AFP

Football
Rome Envoyé spécial

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our faire durer le plaisir, les Catalans ont attendu quelques instants avant de soulever dans la nuit romaine la coupe « aux grandes oreilles » ravie mercredi 27 mai, en finale de la Ligue des champions (2-0) au tenant du titre, Manchester United. Commedes gaminsimpressionnés par le gâteau d’anniversaire leur faisant face, les Blaugrana ont regardé avec envie le trophée, puis Carles Puyol, l’infatigable capitaine barcelonais, a tendu ses bras vers l’objet que se disputent chaque année les meilleures équipes du Vieux Continent. Un peu plus tard dans la soirée, pendant le tour d’honneur des vainqueurs, l’un des élèvesles plus dissipésde la cour de récréation, le défenseur Gerard Piqué, est parti cisailler le filet de la cage d’Edwin van der Sar. Souvenir d’une finale dominée de la tête et des épaules par les Espagnols. On savait les joueurs de Pep Guardiola talentueux, appliqués à reproduire sur la pelouse du stade olympique de Rome les leçons de football ultra offensif apprises à la Masia (le centre de formation du Barça) et rabâchées tout au long de la saison par Pep Guardiola, passé

entraîneur des Barcelonais après avoir été, dans les années 1990, l’un des acteurs de la Dream Team du technicien néerlandais Johan Cruijff. On se doutait moins que les Catalans seraient capables de surclasser une équipe anglaise dans un registre pourtant « so British » : le réalisme. Aprèsun début dematch favorable aux Mancuniens et à leur attaquant vedette, Cristiano Ronaldo, dangereux dès son premier coup franc, les Blaugrana ont retourné le cours de la rencontre à la

« Sans la balle, nous sommes une équipe désastreuse, une équipe horrible, alors il nous faut la balle »
Pep Guardiola
10e minute, ouvrant le score grâce au Camerounais Samuel Eto’o, l’un des trois canonniers maison (avec l’Argentin Lionel Messi et le Français Thierry Henry). Sonnés par ce premier avertissement, les hommes d’Alex Ferguson, 67 ans, ont vacillé une nouvelle fois au deuxième but catalan, inscrit de la tête par l’un des plus petits joueurs à l’affiche, Leo Messi (1,69 m) (Le Monde du 26 mai). Très

maladroits lors de leur demi-finale face à un autre club anglais, Chelsea, lesCatalans ont réussi, mercredi, huit frappes cadrées alors que Wayne Rooney, Ji-Sung Park et consorts n’en ont totalisé que deux. Au petit jeu des statistiques, les Mancuniens s’illustrent aussi par un plus grand nombre de fautes, de cartons jaunes, de positions de hors-jeu et une moindre possession du ballon que leurs rivaux blaugrana. « Sans la balle, nous sommes une équipe désastreuse, une équipe horrible, alors il nous faut la balle », a résumé Pep le modeste. Pour cette première saison dans son nouveau costume – apparemment à la bonne taille – d’entraîneur, Pep Guardiola, 38 ans, remporte un triplé historique pour le club : championnat, Coupe d’Espagne et Ligue des champions. Il permet à l’Espagne de devenir la nation la plus titrée de la compétition européenne, avec douze victoires,dont troispour le FC Barcelone (1992, 2006 et 2009), devant l’Angleterre et l’Italie, onze succès chacune. Victorieuse à l’Euro 2008 et aujourd’hui en Ligue des Champions, l’Espagne peut rêver de « gagner le Mondial » comme l’a fait à haute voix le chef du gouvernement de Madrid, Jose Luis Rodriguez Zapatero.

« On est tombé sur une grande équipe de Barcelone, très difficile à battre. Ils savent comment garder le ballon. On a peut-être trop attendu une erreur de leur part qui n’est jamais venue », a analysé Sir Alex Ferguson, bon joueur. Lorsque le Barça joue de la sorte, le football ressemble à l’idée que s’en fait Laurent Blanc, exposée dans les colonnes de France Football la veille de la rencontre. « Jouer au foot, c’est avant tout avoir la balle, produire du jeu, s’appuyer sur ses points forts, poser des problèmes à l’adversaire, marquer des buts et prendre des risques », détaille l’entraîneur des Girondins de Bordeaux, qui fut l’un des rares joueurs français à porter les couleurs des deux clubs (Barcelone en 1996-1997, Manchester de 2001 à 2003). Rapide, fluide et diablement efficace, ce football de PlayStation, l’un des annonceurs de la finale, ne s’est pas choisi comme unique vedette la star argentine partenaire de la console de jeu. Le jeu très collectif du Barça a besoin de milieux de terrain performants pour alimenter les buteurs blaugrana. « Iniesta et Xavi sont capables de conserver le ballon toute la nuit », s’est désespéré Alex Ferguson. Garder la balle, encore et encore. p Simon Roger

ardi 5 mai, Floyd Landis et son entraîneur, Arnie Baker, ne se sont pas présentés à la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Le vainqueur déchu du Tour de France 2006 et son mentor étaient pourtant convoqués à 11 heures pour être entendus dans le cadre de l’enquête diligentée par le juge de Nanterre, Thomas Cassuto, sur le piratage informatique du laboratoire antidopage de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). Le coureur américain, qui a repris la compétition début 2009, après deux ans de suspension, avaitcontesté la fiabilité du laboratoire français, coupable d’avoir retrouvé de la testostérone dans ses urines en juillet 2006. Trois mois plus tard, Pierre Bordry, le président de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) déposait plainte pour des intrusions dans le système informatique du laboratoire après avoir constaté que des documents internes avaient été distribués par courrier et par mails à des autorités sportiveset antidopage internationales ainsi qu’à des médias dans le but de discréditer le laboratoire. Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’informationet delacommunication (OCLCTIC) ont mis en évidence que l’adresse IP (Internet Protocol) de l’expéditeur n’était autre que celle d’Arnie Baker, l’entraîneur de Floyd Landis. Les mêmes documents ont été utilisés, en 2007, par Arnie Baker – qui se présente comme docteur en médecine – pour tenter de prouver l’innocence de Floyd Landis devant une cour d’arbitrage américaine. En vain. Ils sont toujours accessibles sur son site Internet. Convoqués une première fois le 14 mars, via l’attaché de sécurité intérieure aux Etats-Unis, à venir s’expliquer devant les enquêteurs français, le coureur américain et son entraîneur ont été relancés

une seconde fois par courriel, le 27 avril, via le site Internet d’Arnie Baker. Les agents de la DCPJ n’ont pas eu de réponse de Floyd Landis, mais, deux jours plus tard, ils ont reçu un mail d’une page du coach américain. « Je vis à San Diego en Californie. J’ai bien reçu votre “convocation”, mais je ne suis pas familier de ce genre de pratiques, et je ne comprends pas de quoi il s’agit », écrit Arnie Baker avant de bombarder la police judiciaire de questions : « Quel est l’objet de cette convocation ? Pourquoi un citoyen américain serait-il convoqué par la police française ? Si je choisis de ne pas déférer, quelles seraient les conséquences ? Quelle garantie ai-je de retourner rapidement aux Etats-Unis ? Qui payera les frais de trajets ? (…) »

« Mandat d’arrêt » Le juge Cassuto n’a pas répondu au courriel de l’entraîneur de Floyd Landis. Il a en revanche demandé au président de l’AFLD delui indiquer la date etles circonstances dans lesquelles Floyd Landis avait pu formellement avoir connaissance du numéro correspondant à son prélèvement positif pendant le Tour de France 2006. Parmi les documents piratés, certains visaient, en effet, à démontrer que le laboratoire aurait attribué par erreur au coureur américain un échantillon qui n’était pas le sien. Sans donner de nom, les hackers de l’officine française Kargus consultants qui ont pénétré le réseau informatique du laboratoire – et qui sont aussi poursuivis dans l’affaire d’espionnage de Greenpeace – ont reconnu être intervenus pour le compte de commanditaires anglo-saxons. « Si c’est le seul moyen pour que Floyd Landis et Arnie Baker s’expliquent, je n’hésiterai pas à demander au juge de recourir au mandat d’arrêt international », annonce Pierre Bordry, le président de l’AFLD. p Stéphane Mandard

Football Perquisitions au Real Madrid
Les locaux du Real Madrid au stade Santiago-Bernabeu ont été perquisitionnés, mercredi 27 mai, dans le cadre de l’enquête sur l’assemblée générale présumée frauduleuse de décembre 2008 et dont la révélation avait entraîné en janvier la démission du président Ramon Calderon. Des faux membres du club avaient alors voté en faveur des propositions du président Calderon.

Cyclisme Denis Menchov toujours en rose sur le Giro
Le coureur italien Franco Pellizotti (Liquigas) a remporté, mercredi 27 mai, la 17e étape du Tour d’Italie. Le leader du Giro, le Russe Denis Menchov (Rabobank), voit revenir derrière lui l’Italien Danilo Di Luca (Lampre).

Court toujours Pierre Jaxel-Truer

La dernière de Santoro, artiste anachronique

LA DIFFERENCE C’EST LA VIGILANCE
franceinter.com
FRANCE INTER LA DIFFÉRENCE
franceinter.com

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Isabelle Giordano

Service Public 10h

n ce mercredi, admettons-le d’entrée, on s’est réveillé avec des inclinations franchouillardes. En pensant déjà aux œufs mayonnaise du restaurant de la presse, une biscotte bio en main. En pestant, à l’heure de tourner les pages du journal, contre le déclin du football national, qui serait absent, le soir venu, de la table des champions, où bâfrent Anglais et Espagnols. Puis on a regardé distraitement le menu des réjouissances du jour, à RolandGarros, et l’on y a trouvé exactement ce qu’il nous fallait : le jubilé de Fabrice Santoro. Quelphénomène ! Un irréductible Gaulois, qui résiste depuis vingt ans aux évolutions du tennis. Un mètre soixante-dix-huit – il est plus grand qu’il ne le paraît –

d’anachronisme qui galope, armé de la conviction que l’on peut tenter de gagner un match en caressant la balle plutôt qu’en la cognant. Un diplômé de géométrie dans l’espace, qui sait tout des angles qu’on peut inventer sur un court de tennis, comme des effets que l’on peut donner à la feutrine, pour lui donner le tournis. Un expert en psychologie aussi. Un vrai retors, même, doit-on constater : il joue de sa raquette comme d’un archer pour faire grincer les nerfs d’adversaires suppliciés. Fabrice Santoro ne domine personne. Il amène les autres à s’effondrer, à crier grâce. Il y a quelque chose en lui des anthropophages, qui dévorent la cervelle des guerriers pour s’approprier leur force. Fabrice Santoro a donc fait sa

dernière apparition en simple à Roland-Garros, mercredi 27 mai. Une apparition furtive, le temps de deux jeux et d’une longue acclamation, pour finir de perdre un match mal embarqué la veille face au Belge Christophe Rochus. A 36 ans, il a décidé de transformer sa dernière saison en tournée d’adieu. Car, à sa manière, il est devenu une vraie vedette du circuit, célébrée par les esthètes – soit, principalement, les joueurs qui ont trouvé la clé pour empêcher son sortilèged’agir et des journalistes spécialisés volontiers snobs. Le public français a fini lui aussi par l’apprécier, après l’avoir longtemps raillé. Fabrice Santoro est avant tout un « frenchy » comme on les aime tant à l’étranger – dépositaire

d’une forme d’élégance surannée, obstiné dans ses particularismes, largement inoffensif. Il y a en lui quelque chose d’un film de Claude Lelouch, autre produit « so french ». On en connaît toutes les ficelles, on déteste l’adorer comme on adore le détester. Quoi qu’il en soit, c’est une forme d’artiste qui tire sa révérence, un homme qui a tout de même réussi à battre Pete Sampras, Andre Agassi ou Roger Federer… Quelques heures plus tard, un autre artiste bien connu du Français – Fabrice Santoro fut son cauchemar – a lui aussi fait ses adieux au tournoi : l’ancien numéro un mondial russe Marat Safin, éliminé sans vivats par Josselin Ouanna, qui avait les faveurs d’un public oublieux. Franchouillard ? p

0123
Vendredi 29 mai 2009

Carnet 23
Françoise Bertrand, née de Sainte Foy, son épouse, Agathe et Rob Bertrand-Shelton, sa fille et son gendre, Thaddée Bertrand, son fils, Sidonie, Lewis et Tilia BertrandShelton, ses petits-enfants, font part du décès de Mme Jacques Dupré, née Germaine Niddam, son épouse, Jean et Jérôme Dupré, ses enfants, Lucas, son petit-fils, Ses amis, Sa famille, ont la tristesse de faire part du décès, le 16 mai 2009, dans sa quatre-vingtcinquième année, de Yvonne Nizet, son épouse, Marie-France Peyrat et François Nizet, ses enfants, Jean-Philippe et Marie-Jeanne, son gendre et sa belle-fille, Elsa, Manon, Jade et Hugo, ses petits-enfants, Nicolas et Maximilian, Arthur, son arrière-petit-fils, Sa sœur, sa nièce et ses neveux, Ses amis, ont le profond chagrin d’annoncer le décès de Jacques et Marie Touchon, Moyra Touchon, Marie Joëlle Lakovenko, Dominique et Sergio Fingermann, Pascal et Valérie Touchon, Annabelle et Luk Morbée, leurs enfants et petits-enfants, Paul et Francette Touchon, Marie-Claire Duseigneur-Touchon, font part du décès de

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cette semaine

0123

Le Carnet
Faites part de vos événements
par e-mail : carnet@mondepub.fr par fax : 01 57 28 21 36 au journal ou par courrier : Le Monde - Le Carnet 80 boulevard Auguste Blanqui 75707 Paris cedex 13

Didier BERTRAND,
architecte DPLG, urbaniste IUUP, survenu le 23 mai 2009, à son domicile. La cérémonie religieuse sera célébrée le vendredi 29 mai, à 14 h 30, en l’église Sainte-Marie des Batignolles, place du Docteur Félix Lobligeois, à Paris 17e. «Tout ce qui paraît au-dessus de tes forces n’est pas forcément impossible; mais tout ce qui est possible à l’homme ne peut être au-dessus de tes forces.» Marc-Aurèle. Jean-Sébastien et Quentin, ses enfants, Son papa, Ses frères et sœurs, ont la douleur de faire part du décès de

Maurice TOUCHON,
pasteur retraité de l’Église réformée de France, survenu le 26 mai 2009. Un culte d’action de grâce réunira amis et famille au temple de Lourmarin (Vaucluse), le vendredi 29 mai 2009, à 14 h 30.

Jacques DUPRÉ,
conseiller honoraire de Cour d’appel, ancien chargé de mission des Affaires étrangères, déporté-résistant. Selon sa volonté, il a été incinéré le 25 mai, à Nice. Il nous laisse le souvenir de son courage, de sa compassion, de son humour, de son sens exigeant de la justice et de son irréductible amour de la liberté. Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements. 11, boulevard Gambetta, 06000 Nice. Jacqueline Lalande, née Trinet, son épouse, Jean-Pierre, Françoise, Richard, Denis, ses enfants et leurs conjoints, Thierry, Alice, Marie, Lucie, Carine, ses petits-enfants et leurs conjoints, Cyril, Isabelle, Héloïse, Basile, ses arrière-petits-enfants, ont la tristesse de faire part de la disparition le 22 mai 2009, dans sa quatre-vingt-dixseptième année, de

Technologie
Les nouveaux censeurs d’Internet

Jean-Yves NIZET,
né à Tunis, le 10 mai 1920, chef des services fiscaux honoraire, chevalier de la Légion d’honneur, ancien de la 2e DB, syndicaliste. Un dernier hommage lui sera rendu le samedi 30 mai 2009, à 11 h 30, au crématorium du cimetière du PèreLachaise, Paris 20e (Métro Gambetta). Ni fleurs ni couronnes. Des dons peuvent être adressés à l’Institut Curie ou à l’unité de soins palliatifs de l’hôpital Rossini. Mme Thérèse Réméniéras, sa compagne, Pascale et Alain Belanger, François et Dany Schmitt, Jérôme et Béatrice Schmitt, Juliette et Yann Dos Santos, ses enfants, Ses petits-enfants Et toute la famille, ont la douleur de faire part du décès du

Tarifs 2009 (prix à la ligne)
Naissances, Anniversaires de naissance, Mariages, Fiançailles… : 18 g TTC Décès, remerciements, Avis de messe, Anniversaires de décès, Souvenirs : 24 g TTC Thèses : 15 g TTC Réduction abonnés
Un justificatif d’identité sera demandé.

Anniversaires de décès
Il y a deux ans, Fabian-Cyril BOISSON nous quittait. Il a rejoint ses grands-parents Sarah et Chaim KERBER, qui l’adoraient. Ta maman et tes proches sont inconsolables.

Portfolio
Venezuela : la jet-set bolivarienne

M. Jean-Marc CELLOT,
survenu à l’âge de cinquante-sept ans. La cérémonie aura lieu le samedi 30 mai 2009, à 10 h 30, en la chapelle du Parc cimetière communautaire de Bron, suivie de la crémation. Condoléances sur registre. Ni fleurs ni couronnes, mais des dons pour la lutte contre le cancer. La famille remercie par avance toutes les personnes qui prendront part à sa peine. Cet avis tient lieu de faire-part et de remerciements. À compter du 26 mai 2009, l’OULIPO excuse

Archives
6 juin 1944 : les GI noirs, ces oubliés

¥ 01 57 28 28 28
AU CARNET DU «MONDE»

Hommages
Les amis et camarades d’Atelier de

docteur Raymond SCHMITT,
ancien assistant des Hôpitaux de Paris, ancien chirurgien de l’hôpital Péan, survenu le 25 mai 2009, à l’âge de soixante-seize ans, en son domicile. La cérémonie religieuse aura lieu le vendredi 29 mai, à 10 heures, en l’église Saint-Médard, 141, rue Mouffetard, à Paris 5e. 70, boulevard de Port-Royal, 75005 Paris.

Naissances
Les
Bruno et Eliane ROUZIES ont le plaisir d’annoncer l’arrivée de

Philippe DURAND
bouleversés par sa disparition, le 17 avril 2009, souhaitent rendre hommage à l’artiste et à l’être humain généreux qu’il a été. Modeste et remarquable, il restera dans nos mémoires.

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collections

Bernard LALANDE,
agrégé des Lettres classiques. L’incinération a eu lieu au cimetière du Père-Lachaise, le 28 mai, dans l’intimité. 24, rue Beaunier, 75014 Paris. Peu après avoir fêté ses cent ans,

Pauline,
le 26 mai 2009, chez Peggy et Raphaël, après Anaïs et Emma, chez Romuald et Fabienne, ils touchent le tiercé du bonheur. 35, impasse des Chesnaies, 37510 Savonnieres.

Conférences
Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM-EHESS), conférence publique tous les mardis à 18 heures, 2 juin 2009, Altan Gokalp, CNRS, Le Livre de Dede Korkut (Kitâb-i- Dede Korkut), 9 juin, Gilles Veinstein, Collège de France/EHESS, Le Babumama ou les mémoires du sultan Babour, le premier des Grands Moghols, EHESS-amphithéâtre, 105, boulevard Raspail, Paris 6e. Contact : 01 53 63 56 02. STENDHAL AUJOURD’HUI propose une conférence d’Anne-Marie Baron : « La Chartreuse de Parme vue par Bertolucci » le 4 juin 2009, de 16 heures à 19 heures, cinémathèque, salle 49, Paris III, 13, rue de Santeuil, Paris 5e.

Stanley CHAPMAN,
à ses réunions ordinaires et extraordinaires pour cause de décès. Marie-Paule Lorente, sa compagne, Charlotte Cazenave, Françoise Rouzé-Dechamps, Michel Guichard, ses sœurs et beau-frère, Frédéric et Catherine, Mathieu et Caroline, Raphaëlle et Louis, ses neveux et nièces, Ludovic, Pauline, Fanny, Paul, Tristan, ses petits-neveux et petites-nièces, Les familles Brückmann, Prave et Lorente, Ses nombreux amis et collègues, ont la tristesse de faire part du décès de

Philippe MOLLIE
s’est éteint le 26 mai 2009, dans la paix. La cérémonie religieuse aura lieu le vendredi 29 mai, à 10 h 30, en l’église Notre-Dame de l’Assomption, 88, rue de l’Assomption, Paris 16e. De la part de Caroline, Patrice, Béatrice, Agnès, ses enfants, Ses neuf petits-enfants, Ses huit arrière-petits-enfants, qui l’ont tant aimé. Gilles Reynaud, son mari, Isabelle, sa fille, Paul, Mélie, Jules, ses petits-enfants, Mme Allante, Pierre-Yves, Michel, Marion, Patrick, Mme Beyssac, Alain, Françoise, Mme Besson et ses enfants, ont la tristesse d’annoncer que

Lydia SERENIN,
épouse MÉLÈZE, comédienne, nous a quittés le 20 mai 2009, au début de sa quatre-vingt-unième année. Pensez à elle.

Mariages

Ben SMITH,
officier de réserve de l’armée des Etats-Unis d’Amérique, grand reporter, directeur des programmes culturels de l’ORTF à destination des Etats-Unis, nous a quittés le lundi 11 mai 2009. Tous ceux qui l’ont connu et aimé se souviendrons de lui avec respect et amitié. Ses amis. Stephano Polastri, Les proches, Les amis Et les artistes de la Galerie Stadler, ont la douleur de faire part de la mort de

TOME 20
ÉCONOMIE ET SOCIÉTÉ
Dès le mardi 26 mai ------------------------------------

Anna BITTON et Yves CABANA sont émus de faire part de leur mariage, le dimanche 31 mai 2009, à Paris.

Décès
« La mort est une dérision. » Martin Luther.

La sélection de la rédaction

0123 du Jazz

Claudine DECHAMPS,
ancienne directrice de l’Institut de formation des cadres de santé à l’AP-HP, officier dans l’ordre des Palmes académiques, survenu le 26 mai 2009, dans sa soixante-huitième année. La cérémonie religieuse, suivie de la crémation, aura lieu le mardi 2 juin, à 10 heures, au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, Paris 20e. Ni fleurs ni couronnes. Cet avis tient lieu de faire-part.

Communications diverses
Maison de la culture yiddish 18, passage Saint-Pierre-Amelot Paris 11e. Tél. : 01 47 00 14 00 Quatre stages de musique Klezmer Instruments, chant, danse, juniors du 6 au 10 juillet 2009 encadrés par des artistes de renommée internationale Cours d’été de langue et de littérature yiddish, du 13 au 31 juillet 2009 Quatre niveaux de cours du débutant au séminaire de littérature. Informations : medem@yiddishweb.com www.yiddisweb.com

Michel BREITMAN,
Résistant, entré à seize ans dans le mouvement libé-nord, écrivain, a disparu en toute sérénité le 16 mai 2009, dans sa quatre-vingt-troisième année, laissant Susi Jera, la femme de sa vie, Sylvie, Olivier et Catherine, Fabienne, ses enfants, Alice-Angelina et Volodia, ses petits-enfants. « Bref, je vis. »

Anne-Marie REYNAUD,
danseuse-chorégraphe, nous a quittés. Une cérémonie d’adieu se tiendra au cimetière du Père-Lachaise, le 3 juin 2009, à 15 heures, division 15. Cet avis tient lieu de faire-part.

Rodolphe STADLER,
(13 décembre 1927), survenue mardi 26 mai 2009, à Saint-Tropez. Un hommage lui sera rendu en la chapelle de l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, 14, rue Bonaparte, Paris 6e, mardi 30 juin, à 11 heures.

CHARLIE PARKER
Le double CD-livret n°13 dès le vendredi 29 mai

10, rue de la Source, 92500 Rueil-Malmaison.

Marie-Paule Lorente, 14, square Dunois, 75013 Paris.

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Ecrans
Les soirées télé
Jeudi 28 mai
TF 1
Reykjavik

0123
Vendredi 29 mai 2009

Vendredi 29 mai Très belle journée
Lille
11 22

En Europe
29.05.2009 12h TU

Vendredi 29 mai
TF 1
20.45 Combien ça coûte ?
Les Dix Chiffres de la maison Magazine. 23.05 Sans aucun doute (145 min) d.

Cherbourg
50 km/h 10 21

30 km/h

www.meteonews.fr

D
1000

990

20.45 Alice Nevers,
1035
Oslo Stockholm Helsinki St-Pétersbourg

Amiens
9 21

Rouen
12 23

Châlonsen-champagne
9 22

Caen Brest
10 23 9 21

PARIS
11 23

1010

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Metz
9 22

Edimbourg

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Riga Copenhague

Moscou

Rennes
12 25

5 Strasbourg 101
10 23

Orléans
11 23

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Dublin Londres

Minsk Amsterdam Berlin Varsovie Prague Bruxelles Munich Vienne Berne Milan Budapest Zagreb Belgrade Rome Sofia

le juge est une femme. Série. Les Diamants du palais (inédit). Le Prix de la Vie (inédit). Liquidation totale d. 23.30 Traque sur Internet Film Irwin Winkler. Avec Sandra Bullock, Jeremy Northam (EU, 1995, 120 min) d.

FRANCE 2
20.40 P.J.
Série. Explosions. Impasses 0 (S15, 1 et 2/6, inédit). Avec Charles Schneider (2008) d. 22.25 Sur le fil. Série. Revanche (saison 2, 2/6) d. 23.20 Taratata. Invités : Julien Doré, Jean-Louis Aubert, Tracy Chapman, Annie Lennox, Lenny Kravitz... (125 min).

Nantes
14 25

Poitiers
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Dijon
11 22

Besançon 102 0 11 22

1030
Paris

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Kiev

FRANCE 2
20.35 Envoyé spécial.
Magazine. La crise a du bon ; Les visages sans sourires ; Jean Nouvel, le french bâtisseur. 23.00 Infrarouge. La Vie en tête Documentaire (Fr., 2008) d. 23.50 Guérir autrement (Fr., 2007, 65 min) d.

Odessa

Clermont-Ferrand
Limoges
55 km/h 12 24 11 24

T

Chamonix
7 23

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Bucarest Istanbul

T

Lyon 13 10 10 24 102 5 Grenoble

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Lisbonne Lisbonne

Madrid Séville

A

Barcelone Barcelone

A
Ankara

1015
Tunis Tunis Athènes

FRANCE 3
20.35 Thalassa.
Sur le sentier du littoral : du Touquet à Dunkerque. 22.30 Soir 3. 23.20 Comme un vendredi. Invité : François Hollande d. 0.20 L'heure de... Giacomo Puccini. Magazine (65 min).

30 km/h

Bordeaux
14 29

H
Montpellier
16 27

13 26

1010

Alger Rabat Beyrouth Tripoli Tripoli Jérusalem Le Caire

FRANCE 3
20.35 L’Effaceur a
Film Chuck Russell. Avec Arnold Schwarzenegger, James Caan, Vanessa Williams (EU, 1996) 2 d. 22.25 Soir 3. 22.50 Tout le sport. Magazine d. 23.10 De la région à l’Europe (60 min).

A
Nice
19 26

Anticyclone Front chaud Occlusion

D

Dépression Front froid Thalweg

Biarritz
13 27

Toulouse
13 28

Marseille
17 30

Prague 10 degrés sont attendus en Tchéquie sous les averses
En Europe
Amsterdam Athènes Barcelone Belgrade Berlin Berne Bruxelles Budapest Bucarest Copenhague Dublin Edimbourg Helsinki Istanbul Kiev La Valette Lisbonne Ljubljana Londres Luxembourg Madrid Moscou Nicosie Oslo Prague Reykjavik beau temps éclaircies beau temps éclaircies éclaircies ensoleillé beau temps très nuageux couvert éclaircies beau temps ensoleillé ensoleillé beau temps faible pluie éclaircies ensoleillé très nuageux éclaircies beau temps ensoleillé éclaircies beau temps beau temps averses éparses pluvieux 7 15 16 11 8 11 7 10 16 7 13 8 7 9 15 21 19 13 15 6 11 15 16 7 5 7 18 26 23 20 15 20 17 17 26 16 18 22 16 28 21 22 29 21 20 19 29 26 28 17 10 9 Riga Rome Sofia Stockholm Tallin Tirana Varsovie Vienne Vilnius Zagreb éclaircies ensoleillé pluie éparse ensoleillé ensoleillé averses modérées pluie éparse très nuageux averses éparses averses éparses 8 13 12 6 10 16 7 8 8 15 12 11 25 18 14 4 18 23 31 22 10 24 14 17 11 16 20 26 19 14 18 23 12 14 14 21 24 27 29 22 25 13 24 33 42 22 26 33 33 23 19 22 New Delhi New York Pékin Pretoria Rabat Rio de Janeiro Séoul Singapour Sydney Téhéran Tokyo Tunis Washington Wellington Cayenne Fort-de-Fr. Nouméa Papeete Pte-à-Pitre St-Denis ensoleillé averses éparses beau temps beau temps éclaircies averses éparses éclaircies éclaircies averses éparses éclaircies averses modérées beau temps averses éparses couvert ensoleillé averses éparses éclaircies ensoleillé averses éparses éclaircies 28 44 13 22 12 27 10 21 16 31 22 30 14 27 26 33 10 16 23 35 19 22 14 25 17 26 9 12 24 22 16 24 22 20 29 29 24 29 29 28

Perpignan
15 28

Températures à l’aube 1 22 l’après-midi

25 km/h

Ajaccio
14 26

CANAL + CANAL +
20.45 Desperate Housewives.
Série. Et Dieu créa les femmes. Piège en forêt (S5, 17 et 18/24, inédit) 0. Avec Teri Hatcher. 22.10 Skins. Série. La Fan (S2, 2/10) 0 d. 23.00 Un conte de Noël a a a Film Arnaud Desplechin. Avec Catherine Deneuve, Jean-Paul Roussillon (Fr., 2008, 145 min) d.

St-Aymar Coeff. de marée 82 Aujourd’hui

Lever 05h52 Coucher 21h43 Samedi
9 21

Lever 11h20 Coucher 01h33
11 23 11 23 12 24 8 25 13 29 14 30 14 25 10 25 8 23

20.30 Rugby.
Top 14 (1re demi-finale) : Toulouse ClermontAuvergne. 20.45 Coup d’envoi en direct. 22.45 Spécial investigation. Vache folle, folle psychose Documentaire. 23.40 Mensomadaire (30 min) d.

Dans le monde

Une belle journée s'annonce sur le pays. Un anticyclone situé sur la mer du Nord nous canalisera en effet un air sec et doux depuis l'Europe centrale. Le soleil brillera partout très généreusement, excepté quelques nuages bas matinaux assez vite dissipés de Rhône-Alpes à l'Auvergne. l fera très doux voire chaud, entre 22 degrés à Lille et 30 à Marseille. Jours suivants
Dimanche Lundi Mardi
13 24 13 23 12 23 15 26 15 28

Alger beau temps Amman beau temps Bangkok fortes averses Beyrouth beau temps Brasilia beau temps Buenos Aires ensoleillé Dakar beau temps Djakarta beau temps Dubai beau temps Hongkong pluvieux Jérusalem beau temps Kinshasa orageux Le Caire beau temps Mexico averses éparses Montréal pluvieux Nairobi averses éparses

Outremer

ARTE
20.45 Embrassez-le pour moi.
Téléfilm. Ulrike Grote. Avec Naomi Krauss d. 22.10 Berlin, brigade criminelle. Série (saison 2, 2/9) d. 22.55 Tracks remix 2009. Magazine d. 23.50 Court-circuit. Magazine. 0.35 Arte culture. Magazine. 0.50 What a Flash ! a a Film Jean-Michel Barjol. Avec Tonie Marshall, Jean-Claude Dreyfus (France, 1972, 90 min).

ARTE
20.45 Minuit dans le jardin
du bien et du mal a a a Film Clint Eastwood. Avec Kevin Spacey, John Cusack, Jack Thompson (Etats-Unis, 1998) d. 23.15 Paris-Berlin, le débat. Politique et médias : qui dit vrai ? Invités : Christian Salmon, Michel Friedmann, Gertrud Höhler... 0.15 La mort s’expose. Documentaire. Marion Schmidt (2008, 55 min).

Météorologue en direct au 0899 700 703
1,34 € l’appel + 0,34 € la minute 7 jours/7 de 6h30-18h

jusqu’au 31 mai 2009

Nord-Ouest Ile-de-France Nord-Est Sud-Ouest Sud-Est

11 25 12 24 11 23 14 28 14 28

13 24 13 24 10 23 14 28 15 29

PRIX SERRÉS

by

226

€

TTC

A/R

M6 M6
20.40 NCIS : enquêtes spéciales.
Série. Bras de fer. Trésor de guerre. Mr & Mrs Smith (saison 3, 3, 4 et 5/24) 0. Avec Mark Harmon d. 23.15 K-Ville. Série. Vengeance divine. Infiltration (S1, 5 et 6/11) 0. Avec Cole Hauser (2007, 95 min) d.

AT H È N E S
airfrance.fr

20.40 Pékin Express,
la route des dragons. Episode 6 A la rencontre des éthnies du Nord Laos. Jeu présenté par Stéphane Rotenberg d. 22.40 « Pékin Express » : l’aventure continue. 23.20 Sex and the City. Série (S4, 18/18 ; S5, 1/8, 75 min) 0 d.

Voy Voyagez avant le 01/07/09. Tarif au départ de Paris, pa à partir de, hors frais de service, soumis à conditions. by Air France : signé Air France.

Les jeux
Mots croisés no 09-127
Retrouvez nos grilles sur www.lemonde.fr

La sélection radio
Sudoku no 09-127
8 9 10 1 1 12
Solution du n˚09-126

Jeudi 28 mai
FRANCE CULTURE
19.15 Le Rendez-vous.
Marina Foïs et Marie Darrieussecq ; La Session de Cercueil. 20.00 A voix nue. Just Fontaine : Paris est magique. 20.30 Feuilleton. « Les Mauvais Jours », de Noël Simsolo [9/10]. 21.00 Jeux d’archives. Sylvain Roumette. 22.00 Journal. 22.15 Surpris par la nuit. Jacques Livchine à la fête ! 23.30 Du jour au lendemain. 0.10 Studio 168.

Vendredi 29 mai
FRANCE CULTURE
19.15 Le Rendez-vous. 20.00 A voix nue.
Just Fontaine : La troisième mi-temps. 20.30 Feuilleton. « Les Mauvais Jours », de Noël Simsolo [10/10]. 21.00 Peinture fraîche. Picasso - Cézanne ; Barbara Thaden. 22.00 Journal. 22.15 Surpris par la nuit. Rien à voir : Les figures marginales et mystérieuses du cinéma français. Invités : Thomas Clerc, Eric Neuhoff. 23.30 Du jour au lendemain. Invitée : Simonetta Greggio. 0.10 Studio 168. 1.00 Les Nuits de France Culture.

1 I II III IV V VI VII VIII IX X

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FRANCE MUSIQUE
19.30 Open jazz. Keith & Julie Tippet. 20.00 Le Concert du soir.

FRANCE MUSIQUE
19.30 Open jazz. Charles Mingus. 20.00 Le Concert du soir.
En direct. Par l’Orchestre philharmonique de Radio France, dir. Peter Oundjian : Szarka : extrait de Má Vlast, de Smetana ; Concerto pour violon et orchestre, de Joachim, Christian Tetzlaff ; Œuvres de Brahms : Danse hongroise n˚ 1 ; Danse hongroise n˚ 6 ; Danse hongroise n˚ 5. 22.30 Jazz-club. Le quintette de Louis Sclavis, clarinettes si bémol, clarinette basse et saxophone soprano, avec Matthieu Metzger, saxophones soprano et alto, Olivier Lété, guitare basse, Maxime Delpierre, guitare, et François Merville, batterie. 0.00 A l’improviste. Avec Joëlle Léandre. 1.00 France Musique la nuit, avec France Vivace. Au sommaire : L’art de Youri Egorov ; Musiques de scène (n˚ 1).

Loto
Verticalement
1. Boîte de conserve. 2. A l’écoute de bien des confidences. 3. Cité antique. Lâché sur le coup. Rarement seul en tête. 4. Grand terrain de chasse. Mis en sourdine. 5. Trois points. Fait aussi pleurer les moins sensibles. 6. Pour bien frapper sur le terrain. Personnel. 7. Est toujours à l’heure. Il est bon d’en changer. 8. D’un auxiliaire. Evite les effets dès qu’il peut. 9. Se mettre dans l’axe. Avant midi. 10. Forme d’avoir. Du poulet ou de la raie. 11. Epouse de son frère. Cordage. 12. Réalisas. Court sur pattes.
Philippe Dupuis
Résultats du tirage du mercredi 27 mai 2009.

Horizontalement
I. Difficile de faire du bon travail dans ces conditions. II. Fait bon ménage en ville. Bon pour accord. III. Ile de France. Depuis. Arrive en ce monde. IV. Salutation italienne. Perçus bien les choses. V. En petit nombre. Vallée des Pyrénées. VI. Une pesanteur pour certains, un épanouissement pour d’autres. Dans la gamme. VII. Fait appel. Autre moi. Me rendrais. VIII. Devient noble sous les coups. Fis l’innocent. Personnel. IX. Marque d’égalité. Une des première à se lancer dans l’aventure communautaire. X. Dramatique point final.

3, 5, 7, 23, 48 ; numéro chance : 7.
Rapports :

5 bons numéros et numéro chance : pas de gagnant ; 5 bons numéros : 95 287,30 ¤ ; 4 bons numéros : 602,10 ¤ ; 3 bons numéros : 6,60 ¤ ; 2 bons numéros : 4,00 ¤. Numéro chance : grilles à 2 ¤ remboursées.
Joker : 8 535 336.

Festival Présences Par l’Ensemble de percussions Sixtrum de Montréal et par l’Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec. Frankenstein !!, pour chansonnier et orchestre, de Gruber, dir. Walter Boudreau, chansonnier ; The Dangerous Kitchen (Who the Fuck Wants to Clean It) (création), de Zappa, dir. René Bosc... 21.30 Le Concert du soir. Festival Présences Par le Quatuor Bozzini, Clemens Merkel et Nadia Francaville, Stéphanie Bozzini, Isabelle Bozzini : Trance, de Frehner ; Œuvres de Koering, Boudreau. 22.30 XXe Parallèle. Kandinsky. Œuvres de Scriabine, Berg, Webern... 1.00 France Musique la nuit, avec France Vivace. Au sommaire : Chopin, inspirations vocales ; Question d’éducation (n˚ 2).

Les résultats du Loto sont publiés dans nos éditions datées dimanche-lundi, mardi, mercredi et vendredi.Tous les jours Mots croisés et Sudoku ; Samedi daté dimanche-lundi Echecs
Rédaction : 80, boulevard Auguste-Blanqui,75707 Paris Cedex 13 Tél. : 01-57-28-20-00 ; télex : 202806F ; télécopieur : 01-57-28-21-21 Courrier des lecteurs : par télécopie : 01-57-28-21-74 ; Par courrier électronique : courrier-des-lecteurs@lemonde.fr Médiateur : mediateur@lemonde.fr Abonnements : Par téléphone : de France 0-825-000-778 (0,15 TTC/min) ; de l’étranger : (33) 3-44-31-80-48. Sur Internet : www.lemonde.fr/abojournal/ Changement d’adresse et suspension : 0-825-022-021 (0,15 TTC/min) Tarif 1 an : France métropolitaine : 374 ¤ Internet : site d’information : www.lemonde.fr finances : http://finance.lemonde.fr Emploi : www.talents.fr/ Immobilier : http://immo.lemonde.fr Documentation : http://archives.lemonde.fr Collection : Le Monde sur CD-ROM : CEDROM-SNI 01-44-82-66-40 Le Monde sur microfilms : 03-88-04-28-60

FRANCE INTER
19.20 Le Téléphone sonne.
Spéciale élections européennes en partenariat avec « Le Monde ». L’Europe entre risque populiste et crainte des contestations sociales. 20.00 et 23.00 Flash. 20.10 L’Humeur vagabonde. Invité : Colum McCann. 21.05 Concert privé Iggy Pop. 22.05 C’est Lenoir. 23.15 Allô la planète.

FRANCE INTER
19.20 Le Téléphone sonne.
L’Europe fait-elle encore rêver ou au contraire inquiète-t-elle les jeunes Européens ? 20.00 et 23.00 Flash. 20.10 Nous autres. Putain d’usine ! 21.05 Parking de nuit. 22.05 Système disque. 23.15 Allô la planète. Les Radios Francophones à Montréal.

Solution du n° 09 - 126
Horizontalement Verticalement

I. Passionnante. II. Opposée. RC. III. Spot. Sabotée. IV. Tarse. Nus. Ur. V. Ere. Mâts. MIV. VI. Ressac. Egale. VII. Ii. Enée. Ri. VIII. Elimé. Asie. IX. Ulna. Inavoué. X. Reniflements.

1. Postérieur. 2. Appareille. 3. Spores. Inn. 4. Sots. Semai. 5. Is. Emane. 6. OES. Ace. Il. 7. Néant. Erne. 8. Buse. AM. 9. Ados. Grave. 10. Maison. 11. Treuil. IUT. 12. Ecervelées.

RADIO CLASSIQUE
20.00 La Vie baroque.
Invités : Daniel et Bertrand Cuiller. 23.00 Patrimoine classique. Le chef d’orchestre Eugen Jochum. 0.00 Radio Classique de nuit.

RADIO CLASSIQUE
20.00 Un dîner en musique. 21.00 Les Nouveautés du disque. 23.00 Patrimoine classique.
Le Quatuor de Budapest.

0.00 Radio Classique de nuit.

Vendredi 29 mai 2009

0123 25
à haute tension. Et puis le miracle : l’électricité était encore coupée ce jour-là à Kapsabet. Pour une fois, personne n’a songé à s’en plaindre. Après la joie, les interrogations. Pourquoi les accidents aériens frappent-ils les dirigeants kenyans avec cette inquiétante régularité ? Deux mois plus tôt, un hélicoptère identique transportant le chef de l’Etat avait été contraint à un atterrissage d’urgence, déjà lâché par la mécanique en plein vol. Et ce ne sont là que les ultimes épisodes d’une longue série. Depuis que le président Kibaki est arrivé au pouvoir début 2003 et a instauré le déplacement aérien pour les responsables politiques (auparavant, on préférait la route), les accidents d’avion ou d’hélicoptère ont tué au Kenya cinq ministres, quatre députés, et un nombre inconnu de hauts fonctionnaires qui les accompagnaient dans ces tournées-suicides. Au nombre des hypothèses soulevées pour expliquer cette malédiction aérienne, il est fort peu question d’assassinat politique, mais plutôt de malchance, de mauvais temps, et, surtout, de matériel acheté et entretenu dans des conditions contestables. Les derniers accidents surviennent, par exemple, alors que la flotte d’hélicoptères Mi-17 avait subi en février une révision en profondeur facturée près de 9 millions d’euros – l’attribution du marché et le coût final avaient suscité beaucoup de questions. Ce n’est presque rien, en nombre de shillings et en matière de scandale, en comparaison d’une affaire qui montre l’étendue du danger encouru par les caisses de l’Etat au Kenya. Le ministre des finances, Uhuru Kenyatta, vient d’être contraint d’admettre publiquement que, dans la présentation de son dernier budget, l’usage d’environ 10 milliards de shillings (100 millions d’euros), exigés pour boucler les dépenses publiques, demeurait parfaitement inexpliqué. Tentant d’invoquer des « erreurs de saisie », il n’a convaincu ni ses pairs, ni l’opinion publique kenyane, désespérée par ses dirigeants. d’environ 100 % son traitement, qui atteindrait, avec tous les avantages afférents, 17 000 euros par mois. Rien de si frappant, peut-être, dans un pays où le salaire minimum (30 euros en campagne, 60 euros mensuels en ville) peut être jusqu’à 283 fois inférieur à celui des députés, qui comptent parmi les mieux payés au monde – environ 8 500 euros, sans compter un 4 X 4 de fonction et un prêt sans intérêt pour acheter une maison. Quant au président Kibaki, il voyage dans des hélicoptères peu sûrs mais son salaire, avec avantages, atteint 3,2 millions de shillings par mois, soit 380 00 euros par an. C’est à peu près autant que Barack Obama. Ce dernier, justement, s’inquiète. Son père était kenyan, il a visité le pays plusieurs fois et y a établi des liens profonds avec certains membres de sa famille. Le nouveau président des Etats-Unis vient juste de dépêcher au Kenya, pour sa première tournée sur le continent, le responsable de l’Afrique au sein du département d’Etat (affaires étrangères) américain. A Nairobi, où il a été ambassadeur, Johnnie Carson a commencé par célébrer « l’amitié » entre les deux pays, avant de signaler avec insistance « les graves préoccupations concernant la stabilité de la coalition [au gouvernement] », sur fond de corruption, ce « cancer » qui menace le Kenya aussi sûrement que les déplacements en hélicoptère menacent ses dirigeants. p
Courriel : jpremy@lemonde.fr

Des milliards tombés du ciel
Lettre d’Afrique
Jean-Philippe Rémy

A

en juger par l’état de l’hélicoptère, gisant sur le sol roues en l’air comme un animal mort, on comprend l’émotion de ceux qui ont échappé au crash lundi 11 mai dans l’ouest du Kenya. Emergeant de l’épave, les passagers, officiels et journalistes, se sont tâtés. Contusionnés mais vivants. Ils ont loué la chance, le ciel, leur Dieu, le pilote, tout ce qui a bien pu leur permettre de sortir entiers de cette panne survenue dans le ciel de Kapsabet, interrompant une « tournée de la paix » dans cette petite ville de la vallée du Rift, théâtre des violences électorales de l’année passée. Dès le décollage, le Mi-17 avait eu un hoquet. Prenant son envol depuis la pelouse du stade de Kapsabet, où le chef de la police kenyane et de hauts responsables

politiques venaient d’inaugurer une station de police destinée à barrer la route à de nouvelles flambées de violences politiques, il s’était hissé de quelques mètres au-dessus du sol avant de retomber lourdement et de caler. A grand-peine, le pilote avait redémarré la machine volante et pris de l’altitude avant d’être à nouveau lâché par le moteur. Allez donc diriger un hélicoptère qui tombe. Le pilote kenyan est pourtant parvenu à corriger la trajectoire de ce fer à repasser en chute libre. Au lieu de choir sur le stade ou la prison voisine et ses deux cents détenus, qui poussaient déjà des cris d’horreur, il est parvenu à éloigner l’appareil, sans pouvoir éviter des lignes électriques. On imagine l’état d’esprit des passagers en voyant s’approcher les câbles

Le procureur général kenyan, Amos Wako, vient de proposer au Parlement d’augmenter d’environ 100 % son traitement
Ce n’est pas l’une des dernières réformes proposées par un membre du gouvernement qui risque de restaurer cette confiance. Dans un contexte de crise politique et de doutes sur les chances de survie du gouvernement de coalition, dans lequel ont été associés le camp présidentiel et l’opposition pour mettre fin au bain de sang postélectoral de 2008 (près de 1 500 morts), le procureur général kenyan (avec rang de ministre), Amos Wako, vient de proposer au Parlement d’augmenter

Billet Robert Solé

Déguisements
CAMOUFLÉ sous une longue tunique noire et coiffé d’un keffieh, le roi Abdallah II de Jordanie s’est rendu incognito dans un dispensaire d’Amman pour en mesurer les prestations. Ce n’est pas la première fois qu’il se mêle ainsi à ses sujets. Précédemment, il s’était déguisé en vieil homme et en chauffeur de taxi. Abdallah II s’inscrit dans une longue lignée de travestis. « La passion de l’incognito est l’un des plus grands plaisirs des princes », constatait Balzac. De là à ce que la reine d’Angleterre, non prévue au programme, s’invite le 6 juin en Normandie aux cérémonies du Débarquement déguisée en parachutiste… Mais les princes d’aujourd’hui ont aussi la passion de se faire voir devant les caméras, quitte à se démultiplier. On en connaît qui, selon les jours, se présentent en joggeur ou en cycliste, quand ce n’est pas en premier ministre ou en chef de la police. Qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, les responsables politiques savent maquiller leurs idées et camoufler leurs sentiments. Il faut, en permanence, se méfier des contrefaçons. Que de masques et de faux nez ! C’est tous les jours carnaval. p

du Jazz
La sélection de la rédaction

VIBREZ AVEC LES GÉANTS DU JAZZ

Le livre du jour Réflexions d’un blogueur politique
NICOLAS VANBREMEERSCH est un blogueur modeste. Pendant cinq ans et demi, sous le pseudonyme de « Versac », il a tenu l’un des blogs politiques les plus influents, qui a été fréquenté par trois millions de visiteurs. Il revient sur son expérience à travers un livre « écrit comme un blog », précise-t-il. Lui qui se définit comme « un amateur » continue de se demander ce qui pousse certains individus à raconter leur vie ou à partager leurs opinions et leurs passions au jour le jour. « Comment vivre en autarcie. Il ne serait rien sans la galaxie qui l’entoure, c’est-à-dire les autres blogs et la cohorte des « publicateurs » et commentateurs anonymes. A ceux qui reprochent au Web de favoriser le communautarisme, Nicolas Vanbremeersh réplique qu’« Internet a plutôt tendance à ouvrir les communautés qu’à les fermer ». Il est plus facile, explique-t-il, d’entrer en contact avec des adversaires politiques sur le Web que dans la vraie vie. Pour l’auteur, le blog est aujourd’hui l’équivalent des cafés du XIXe siècle : une place où l’on se retrouve, où l’on discute. C’est un lieu de formation de l’opinion, de tests d’idées, d’invention. Aucune formation politique ne peut désormais les ignorer, et leur rôle est sans doute voué à croître. Mais Versac ne va-t-il pas trop loin lorsqu’il affirme que « demain, le Web sera le centre de l’espace public » ? Après tout, les hommes politiques auront toujours besoin d’autres formes de médiation et de médiatisation : meetings, interviews et débats sur les chaînes de télévision ou les stations de radio… Pas plus que les autres médias, le Web ne peut prétendre au monopole. Il est aussi un grand consommateur de nouvelles produites par d’autres sources que lui. Si l’on retire demain les autres médias, que restera-t-il de l’information sur Internet ? p Xavier Ternisien
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De la démocratie numérique Nicolas Vanbremeersch Seuil, 110 p. 14 ¤
se fait-il que ces millions de gens laissent accessible au tout-venant une part d’eux-mêmes ? », interroge-t-il. Les raisons sont multiples. Le plaisir de l’échange, de voir les autres réagir et poster des commentaires, et aussi, il faut bien le dire, la recherche de la réputation. Celleci ne se gagne pas du jour au lendemain. « Versac » fournit les recettes du succès : jouer le jeu de la participation, avoir un talent d’écriture, apporter sa valeur ajoutée dans le grand concert du Web. La notoriété se construit sur la longévité et la régularité. « Faites-vous rare, on vous oubliera », prévient-il. L’auteur insiste sur l’importance du réseau. Le blog ne peut pas

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Le Grand Frisson
Sophie Marceau Tél. +33 1 44 77 26 26 w w w. c h a u m e t . c o m


				
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