Octobre 2004
N° 112
Editorial :
L’envol des échanges
France-Chine
Ningxia
Visites à Paris
Liaoning
Service social catholique
Shaanxi Beijing (Pékin)
Wennan :Chorales d’enfants Hu Jintao : pleins pouvoirs au profit
Service social catholique d’un socialisme démocratique
Zhouzhi :Décès de Mgr.Yang Hebei
Service social des religieuses Visites à Paris
Tibet Sichuan Shanghai
Chongqing-Hongkong : Année de la France en Chine :
Session de formation de laïcs Programme chargé
Fujian
Guangdong
Shantou :visite à Paris
Hongkong Taipei
Choix démocratique
Autorité en Chine
1
L’envol des échanges France-Chine
179 activités ont été présentées au public à la conférence de presse marquant
l’ouverture de l’année de la France en Chine à Pékin. L’année de la Chine en France achevée
en juillet dernier demeure dans nos mémoires sous le signe d’une Tour Eiffel enrobée de
lumière rouge. C’est maintenant le tour du lancement de l’année de la France en Chine avec
une visite du président Chirac à Pékin le 10 octobre.
Après avoir goûté les richesses culturelles de la grande civilisation chinoise, la France
va se livrer en Chine à une opération de charme, en exploitant à fond sa réputation de
patriotisme, de romantisme, de goût artistique et d’art de vivre. Dans les domaines multiples
de la littérature, de la musique, de la danse, du théâtre, du cinéma et la télévision, de
l’éducation, de l’architecture et de la mode, la France va présenter au public chinois une
nouvelle image d’elle-même : vivante et pluraliste. « L’année de la France en Chine », sous le
thème « humaniste et révolutionnaire, romantique et créatrice», va déployer une centaine
d’activités à Beijing, Shanghai, Guangzhou et Hongkong.
Madame Meng Xiaosi, vice ministre de la culture et vice présidente du bureau chinois
pour le projet « Années culturelles franco-chinoises », a déclaré lors de la conférence de
presse du 21 septembre dernier qu’elle voyait ces échanges culturels comme des « dialogues
de cœurs et communications d’esprits ». Les « Années culturelles franco-chinoises »
témoignent d’un engagement des Français et des Chinois à promouvoir les échanges et la
coopération entre leurs deux pays en vue de contribuer à un développement harmonieux de la
culture mondiale.
Le jour de l’inauguration, un concert nommé « Musique et rayons laser dans la Cité
Interdite », est organisé par un musicien français, et la « Patrouille de France » survolera le
ciel de Pékin. En même temps, d’autre activités seront lancées comme « Cent ans de grands
designs de la mode française », « Tableaux célèbres des impressionnistes français », « La vie
de Charles de Gaulles », « Compétition d’escrime franco-chinoise ». Suivront les expositions
« Entrer en France », « Nouvelle vague – Art moderne du Centre Georges Pompidou »,
« Métropoles mondiales – Chances et défis du développement urbain », « L’horizon français
dans l’art de l’architecture », « Le roi soleil – Louis XIV » et « Meubles modernes – Style de
vie française ». Ces activités se dérouleront successivement dans plusieurs villes chinoises : à
Beijing, à Shanghai, à Chongqing, à Guangzhou, à Chengdu, à Wuhan, à Shenzhen et à
Hongkong. En outre, la France contemporaine fera connaître en Chine sa modernité dans les
domaines de l’économie, de la technique, de l’éducation et de la société.
Pendant cette année culturelle, la France et la Chine vont promouvoir leur coopération
dans le cadre d’activités communes, par exemple : la fondation de l’Institut Pasteur à
Shanghai en octobre 2004, le Centre technique franco-chinois qui est le fruit de la coopération
entre le Groupe de l’Institut Polytechnique de Paris et l’Université Tongji de Shanghai, le
nouveau Centre culturel de la France à Beijing, etc. Ces activités sont le fruit d’une longue
coopération depuis des années entre les deux pays.
Les citadins hongkongais seront associés à ce projet sur une durée de dix mois. Ils
pourront apprécier une quarantaine de manifestations brillantes dans les domaines de la
littérature française, du cinéma français, de l’audio-visuel et des média français.
La France sécularisée et résolument laïque n’a, semble-t-il, plus rien à présenter dans
le domaine religieux. En fait, ce sont les Chinois eux-mêmes qui se déplacent en France pour
faire des pèlerinages aux grands sanctuaires qui alimentent encore le dynamisme de leur foi
chrétienne : Lourdes, Lisieux, Paris avec Notre-Dame, le Sacré Cœur et la chapelle de la rue
du Bac, et si leur programme de voyage très tassé leur permettent : Lyon Fourvières, Ars,
Taizé, Paray le Monial. La nouvelle vague de touristes chinois inclut des groupes catholiques
avides de prier dans ces lieux saints.
2
Socialisme démocratique et discipline de Parti
Le 20 septembre dernier, le 4ème Plenum du 16ème Comité central du Parti
Communiste chinois a accepté la décision de M. Jiang Zemin de démissionner de la
Commission militaire et de laisser la place à M. Hu Jintao qui dispose ainsi des pleins
pouvoirs dans tous les domaines. Le transfert de pouvoir s’est ainsi effectué sans conflit
ouvert, assurant la stabilité du pays pour la poursuite des réformes économiques et une
préparation sereine des jeux olympiques de Pékin en 2008. A l’issue de ses quatre jours de
réunion, le comité central a diffusé une déclaration dans laquelle il souligne l’importance de
trois tâches historiques à accomplir : promouvoir la modernisation, achever la réunification de
la Chine, maintenir la paix mondiale et promouvoir le développement.
Les journalistes tentent de scruter la personnalité du président Hu Jintao et de deviner
quel avenir il réserve à la Chine. Ceux qui rêvent de réforme politique et d’une démocratie à
l’occidentale risquent d’être déçus. Tenant compte avec réalisme de la mentalité chinoise et
de la grande histoire du pays, M. Hu Jintao tient à assurer la stabilité politique et la cohésion
sociale sous l’égide d’un Parti unique s’efforçant d’obtenir un consensus patriotique de la
grande famille chinoise. Il n’en ignore pas moins la nécessité d’obtenir une participation
politique active de l’ensemble de la population avec un souci marqué d’améliorer le sort des
plus pauvres et des plus déshérités. C’est ce qu’il a signifié à la Conférence Consultative
Politique du Peuple Chinois, un organisme de Front Uni où sont représentés les corps
religieux, les associations de femmes, de jeunes, les minorités ethniques, les huit partis
politiques non communistes officiellement reconnus, etc. Les représentants de cet organisme
sont il est vrai liés à la politique du Parti communiste, mais ils sont proches de la base et
peuvent communiquer leurs revendications à l’Assemblée nationale populaire. La CCPPC
s’est assemblée à l’échelon national pour le 55e anniversaire de sa première session au
lendemain de la réunion du comité central du Parti. Le président Hu Jintao a mis en relief son
rôle de coopération démocratique multiparti sous la direction du Parti Communiste chinois.
C’est là, a-t-il dit « un système de partis aux caractéristiques chinoises ».
Il resterait à assurer une plus grande liberté de presse et de navigation sur internet. Les
journalistes qui expriment les griefs de la population sont trop souvent victimes de descentes
de police et d’arrestations. De même les nombreux groupes locaux qui organisent des
manifestations pour dénoncer des injustices flagrantes : salaires non payés, déplacements
d’habitat sans compensation, taxes abusives, etc. Comment dès lors permettre aux dirigeants
de purifier le Parti communiste des nombreux cadres corrompus qui souillent l’image du Parti
à tous les échelons ? Comment corriger les excès de violence de la part d’une police partout
présente et allant jusqu’à payer des voyous pour l’aider au maintien de l’ordre ?
Le comité central a donné un signal encourageant de sa volonté d’éliminer la
corruption en expulsant de ses rangs et en livrant aux autorités judiciaires l’ancien ministre de
la terre et des ressources naturelles Tian Fengshan qui aurait empoché plus de 5 millions de
Yuans en pots de vin pendant la durée de son mandat. Il resterait sans doute à examiner dans
quelle mesure les systèmes de couverture mutuelle ne sont pas liés à des solidarités claniques
ou provinciales. Les sanctions contre la corruption pourraient alors être liées à des conflits de
pouvoir politique. En outre, il y a encore de grands pas à faire pour assurer la pleine
indépendance du pouvoir judiciaire.
3
L’exercice de l’autorité en Chine
par Joseph Bierchane
(La façon d’exercer l’autorité de chaque peuple est différente. Dans chaque culture,
selon l’histoire et les traditions régionales, le pouvoir prend des visages différents. L’article
qui suit voudrait examiner celui qu’il prend aujourd’hui dans l’Ancien Empire du Milieu, non
seulement au niveau politique mais aussi dans les unités de travail (单位), l’administration,
les établissements scolaires, les familles etc.)
« Despotisme éclairé » est l’expression que des personnalités telles que Tocqueville et
Voltaire ont utilisé pour parler de la façon dont le ‘Fils du Ciel’ gouvernait la Chine.
L’autoritarisme est une pratique très ancienne dans ce pays : traditionnellement l’empereur,
détenteur du mandat du Ciel, était au sommet d’une énorme pyramide dans laquelle tout le
monde a une place bien définie avec des avantages et des obligations (on ne peut pas vraiment
parler de droits et de devoirs). En Chine, le pouvoir depuis des millénaires est sacré et,
aujourd’hui encore, malgré les transformations sociales, il le reste en grande partie. En effet,
le régime communiste, qui pourtant a tant voulu se démarquer du pouvoir impérial, a eu vite
fait d’installer ses chefs sur le trône encore tiède de l'ancien souverain et a perpétué le culte de
l'Empereur.
Confucius décrivait cinq relation sociales : père-fils, suzerain-vassal, époux-épouse,
maître-élève, ami-ami. Parmi celles-ci, seule dans la dernière les gens sont sur un pied
d’égalité. Chacun selon son rang doit, à la fois, rendre des comptes à ses supérieurs et en
demander à ses subordonnés. Ainsi traditionnellement les vieux ont pouvoir sur les jeunes,
les riches sur les pauvres, les lettrés sur les ignorants, les forts sur les faibles, les hommes sur
les femmes.
1) Autoritarisme
En Chine, la première caractéristique du pouvoir des responsables est d’être fort,
parfois même, sans limitation de domaine ou de temps (Deng Xiaoping a continué de
gouverner le pays bien après sa retraite, jusqu’à sa mort). Un supérieur est autoritaire voire
dominateur et intolérant. Il veut tout commander et ses subordonnés savent qu’ils doivent lui
accorder les pleins pouvoirs.
Le droit au sens occidental du mot n’existe pas en Chine. Ceux qui sont lésés par une
autorité supérieure n’ont pratiquement aucun recours pour se faire entendre. Il est en fait
impensable de faire appel à un tribunal, même dans l’exemple suivant :
On annonce aux étudiants d’une grande université qu’ils doivent payer 3000 yuans
pour pouvoir prendre possession de leur diplôme de licence. Cette mesure est tout à fait
illégale mais les caisses de l’établissement concerné sont vides. Les responsables n’ont trouvé
que ce moyen pour résoudre leurs problèmes financiers. Les étudiants qui ont besoin de leur
diplôme pour trouver du travail paient sans état d’âme. En effet, leurs éventuels employeurs
demandent souvent aux professeurs des renseignements sur les candidats à un poste.
Cet autre exemple est aussi significatif, même si, heureusement, il est plus
exceptionnel :
Un garçon et une jeune fille qui s’aiment décident de se marier. Mais les parents de
cette dernière s’y opposent. Les jeunes tourtereaux sont majeurs et gagnent bien leur vie : ils
passent outre l’interdiction parentale et se marient. En Chine, enfreindre les règles de la piété
filiale un acte grave qui est jugé sévèrement. Le lendemain, la mère de la jeune fille qui
connaît l’employé responsable du registre des mariages fait annuler l’union. Les deux jeunes
ne peuvent pas aller se marier ailleurs car leur permis de résidence (户口) est enregistré à cet
endroit. Ils finissent par se séparer définitivement.
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Le prestige du titre
Un des sens du caractère chinois « 长 » (zhang) est : chef, responsable, meneur. Il est
accolé à bien des noms d’organisations et de secteurs d’activité (1). Son prestige est grand. On
l’arbore fièrement sur la porte de son bureau et sur sa carte d’identité, quand on le peut, et
sinon on désire vivement pouvoir s’en servir pour se mettre en valeur. Les ‘petits chefs’ et les
‘chefs autoproclamés’ (冒牌领导) en usent et en abusent pour se donner de l’importance : le
gardien d’un entrepôt se déclare volontiers : ‘chef de l’approvisionnement’ et un balayeur :
‘chef de l’entretien’.
2) Goût du secret
Une des conséquences de l’autoritarisme est le goût du secret que les responsables
cultivent presque instinctivement. Connaître quelqu’un, c’est avoir un pouvoir sur lui. Un chef
ne se laisse pas connaître et comprendre facilement : 1° pour éviter d’avoir les mains liées par
ses relations, 2° pour qu’on ne puisse pas s’opposer à ses projets, 3° pour pouvoir modifier
ceux-ci à tout moment sans avoir à en référer à qui que ce soit. Souvent ses subordonnés ne
découvrent son programme d’action que par étapes, au moment de leur réalisation. Le chef les
laisse dans l’ignorance car il considère qu’il n’a aucun compte à leur rendre. Les membres de
sa famille, même les plus proches, ne savent que très vaguement ce qu’il fait et les difficultés
qu’il rencontre. Il n’en parle que quand le projet qu’il a mis sur pied a réussi.
Cette culture du secret fait d’ailleurs partie de l’éducation des jeunes Chinois. On leur
apprend très tôt les convenances en société : non seulement à ne pas exprimer directement ce
qu’ils pensent mais aussi à garder pour eux ce que les autres n’ont pas besoin de savoir. Cet
attrait pour le goût du secret est encore renforcé quand les responsables sont membres du Parti
communiste. Ils doivent jurer de ne pas divulguer les affaires internes de leur cellule, les
activités en cours et le contenu des réunions.
L’information est encore plus précieuse en Chine qu’ailleurs. Car y avoir accès est un
privilège des gens au pouvoir et, surtout, les membres du Parti : ils bénéficient avant tout le
monde d’importantes informations détaillées et souvent délicates. Bien sûr, ils les gardent
jalousement pour eux. Ainsi, par exemple, après le bombardement de l’ambassade de Chine à
Belgrade, en 1999, les membres du Parti savaient d’avance quel jour les manifestations
d’étudiants prendraient fin.
Les responsables chinois apprécient les collaborateurs qui leur fournissent des
renseignements utiles pour leur travail, pour la marche de l’organisation et sur l’attitude ou la
vie privée de leurs camarades ou collègues. Mais, en même temps, ils veulent que tous soient
discrets au sujet des affaires en cours. Chacun cherche, en donnant un minimum
d’informations, à en récolter un maximum. La visite d’un lieu de travail, organisée par les
dirigeants, laisse dans le brouillard, voire passe sous silence, tout ce qui ne marche pas ou
détonne avec l’ensemble du tableau. Les grands banquets sont ennuyeux au possible, les gens
importants ne parlent que de banalités ou de choses qui n’ont rien à voir avec les affaires en
cours : loisirs, sports, faits divers.
Souvent quand ces mêmes responsables partent en voyage, leurs associés ignorent le
but et le lieu de leur déplacement et combien de temps ils seront absents. (Ils peuvent ainsi
prendre des vacances en toute quiétude sous prétexte d’une réunion d’affaires ou d’un
congrès.)
3) Possessivité
Autre particularité : les chefs tendent à être possessifs envers ceux qu’ils dirigent. Sous
couvert de protection et de bienfaisance, ils imposent contrôle et domination. De plus, leur
autorité couvre d’énormes secteurs de la vie des gens. Celui qui fait parti d’une famille, d’un
groupe, d’une association, d’une entreprise, appartient complètement à cette communauté et
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on s’attend à ce qu’il s’exprime, se comporte et, parfois même, pense en fonction de cette
appartenance. Les plus critiques parlent d’un système paternaliste, infantilisant et envahissant.
Tandis que ceux qui l’apprécient disent qu’il est consistant, structurant, qu’il facile
l’intégration des gens dans le groupe et qu’il suscite d’eux un engagement plus grand dans
celui-ci. Examinons ensemble les exemples suivants :
Dans un grand restaurant, chaque matin, tous les employés doivent exécuter des
mouvements d’ensemble de gymnastique sur le trottoir face à leur établissement et crier à
l’unisson divers slogans.
Dans les universités, tous les étudiants durant leur première année doivent passer deux
mois complets à faire de la préparation militaire. De plus, pendant toutes leurs études, ils
doivent suivre des cours de politique (Marxisme) quelle que soit leur spécialité.
Dans de nombreuses sections de ces mêmes universités, les nouveaux professeurs
doivent, durant leur première année d’enseignement, adhérer au Parti Communiste.
Dans ces trois cas, le mélange des genres est flagrant : la gymnastique, la préparation
militaire et l’adhésion au Parti Communiste sont imposées alors qu’elles ne sont pas
directement liées à l’activité principale de l’établissement concerné. Les nouveaux employés
du restaurant sont ainsi vite mis au courant des exigences de leur directeur et intégrés au
groupe des employés. Dans les universités, les objectifs idéologiques du pouvoir sont évidents.
Il cherche à consolider sa position parmi les lettrés de demain. Mais on ne peut nier que ces
mesures favorisent la solidarité des étudiants dans les classes et renforcent la cohésion du
corps professoral.
4) touche d’humanité
Dernière grande caractéristique : l’exercice du pouvoir comporte un certain élément
d’humanité. (仁) De quoi s’agit-il ? C'est une série non-écrite de règles par lesquelles les
responsables comme les sans-grade coopèrent pour éviter de nuire indûment à leur prestige
réciproque et au respect de soi-même. Lors de relations pas trop antagonistes -- par exemple
quand un patron renvoie un vieil employé devenu inutile -- chaque parti attend de l'autre qu'il
prenne sa face en considération. Ainsi, quand le moment du départ du vétéran arrive, le patron
fait un petit discours de remerciements et signale que d’autres usines seraient heureuses de
pouvoir utiliser de tels talents. L’autre répond qu’il regrettera longtemps la bonne ambiance
de l’entreprise mais qu’il doit partir pour des raisons de santé. Selon toute probabilité tous ses
collègues et amis savent qu’il s’agit d’un renvoi, mais le vieil employé a quand même
remporté une petite victoire en obtenant de son supérieur un témoignage de respect et la
reconnaissance de ses mérites devant tout le monde. L'importance de la "face" aide à adoucir
les relations tendues entre supérieurs et les gens de la base. Les Chinois apprécient un geste
qui "sauve la face" et le font volontiers quand c’est nécessaire. Alors qu’en Occident le
pouvoir est froid, en Chine, à l’occasion, il fait preuve de chaleur humaine.
Quand un responsable embauche un proche collaborateur, il ne regarde pas d’abord ses
compétences mais ses qualités humaines : est-ce une personne de confiance, est-ce que ses
idées, sa sensibilité et ses réactions seront bien en harmonie avec les siennes. Car ce
collaborateur entrera dans le cercle très fermé de ceux qui savent et qui décident. Embaucher
quelqu’un est beaucoup plus que la signature d’un acte juridique.
Quand on passe dans un bureau ou dans un atelier, quand on fait la connaissance d’une
grande famille, on est surpris de constater que tout semble baigner. En Chine, plus encore
qu’ailleurs, on lave son linge sale en famille (家丑不可外扬). On ne veut pas nuire à la
réputation de son groupe : Bien sûr, après une observation plus longue, on constate que des
haines, des rancoeurs ou de l’affection s’expriment envers le chef ou le grand-père mais
qu’elles ne remontent pas au grand jour. Souvent, par prudence, les sentiments des Chinois
envers ceux qui détiennent l’autorité sont rentrés. (suite et fin dans le prochain Zhonglian)
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Ombres et lumières dans l’Eglise de Chine
Service social auprès des malades du sida
Information recueillie par l’agence UCAN.
Au nord-est de la Chine, dans la province du Liaoning, le Centre de Service Social
Catholique de Shenyang, capitale de la province, a entrepris d’assister les malades du sida en
liaison avec le Centre municipal de contrôle des maladies. Le Centre catholique a lancé en
septembre un programme de formation spécialisé en ce domaine pour les religieuses et le
personnel médical intéressé. C’est la troisième initiative de ce genre depuis l’ouverture du
centre en avril 2004. Le P. Zhang Kexiang, directeur du Centre, a déclaré à UCAN que
« répondre à la menace du sida est une nouvelle forme d’évangélisation pour notre temps »
Ce prêtre qui a poursuivi ses études théologiques en Amérique dans les années 90 est
aujourd’hui vicaire général du diocèse. En février 2003, il a fait un stage en Thailande pour
étudier comment soigner les malades du sida. Il était accompagné de 5 religieuses de son
diocèse dont deux sont docteurs en médecine et trois infirmières. Le Centre de Service Social
catholique a été fondé à l’issue de ce stage.
Sœur Zhang Huishu, qui a suivi le premier stage de formation à l’Université de
médecine de Shenyang, dit que sa mission est de partager sa connaissance de la maladie avec
les paroissiens , de faire des exposés sur le sida et d’encourager les gens à aimer et respecter
les malades du sida. Le deuxième cours de formation tenu les 21 et 22 juin a été suivi par 78
religieuses de la Congrégation du Saint Cœur de Marie. Le Gouvernement local y a apporté
son soutien.
En d’autres régions de Chine, deux autres centres catholiques sont impliqués dans la
lutte contre le sida. A Shijiazhuang, capitale du Hebei, le Centre Lumière d’Espoir du service
catholique Beifang jinde a organisé des programmes de formation pour religieuses depuis
décembre 2002. A Xi’an, capitale du Shaanxi au nord ouest du pays, les religieuses du Sacré
Cœur de Jésus ont fondé la Maison Feuilles d’érable pour y conduire leur programme de
prévention de la maladie. Des experts étrangers y ont donné une série de cours pour les
religieuses en 2002.
D’après une évaluation conjointe du ministère chinois de la santé publique et du
programme des Nations unies sur le sida publiée en décembre 2003, 840.000 personnes ont
été infectées par le sida en Chine.
Un programme tronqué de formation des laïcs au Sichuan
La semaine de formation des laïcs qui a pris place à Chongqing du 25 au 31 juillet
2004 avait pour trait particulier d’être organisée conjointement par les prêtres de Chongqing
et une équipe de dix membres du diocèse de Hongkong.
Lors d’une visite à Chongqing en 2002, des responsables d’Eglise de Hongkong
avaient discuté avec deux prêtres de Chongqing du besoin urgent de formation au profit des
fidèles de leur diocèse. Les 220 000 Catholiques de ce diocèse sont desservis par seulement 9
prêtres. Beaucoup d’entre eux ont été baptisés au cours des 15 années passées sans instruction
doctrinale suffisante. En vue d’organiser le programme de formation, les animateurs de
Hongkong ont consacré leurs vacances de Noël 2003 à faire une visite des chrétiens du
diocèse de Chongqing en compagnie de 4 prêtres locaux. Le contenu du programme a été
alors défini et la délégation de Hongkong a accepté d’assurer la plupart des frais de
participation.
L’équipe de Hongkong en faisait peut-être trop. En tous cas, les obstacles à sa
participation se sont succédés rapidement : changement de date, prise en charge du
programme par le clergé de Chongqing, réduction de la durée du stage.
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Finalement la session de formation a pris place dans les bâtiments fraîchement
restaurés de l’ancien grand séminaire de Cimushan, le Mont Sainte Marie. Les membres de
l’équipe de Hongkong ont été logés dans un hôtel de Chongqing, à l’écart des stagiaires. Un
changement de programme leur a été signifié : les cours seraient donnés par les prêtres du
diocèse, les gens de Hongkong ne devant participer qu’aux groupes de discussion. Ceux-ci
devaient aussi s’abstenir de participer à la séance d’ouverture de la session qui était en même
temps cérémonie d’ouverture du bâtiment rénové en présence des cadres politiques. Craignait-
on qu’il soit fait allusion à la forte aide étrangère qui a permis le financement des travaux ?
Le 27 juillet après les exposés des P.Liu et Zhao, l’équipe de Hongkong a eu enfin la
possibilité de partager son expérience en lecture de Bible et en un mode de prière inspiré de la
tradition chinoise. Le 28 juillet, à la suite de l’exposé matinal du P. Xie Bangyong, les amis de
Hongkong ont également eu l’occasion de préciser le sens de la Sainte Messe du point de vue
théologique et liturgique. L’après-midi par contre, l’exposé du P. Wang sur la confession a été
si long qu’il n’y avait plus de temps pour un partage. De même après l’exposé suivant fait par
la sœur Xiao Yun sur la Trinité. Le 29 juillet, l’équipe de Hongkong n’a pas été autorisée à se
rendre au Mont Ste Marie où le P. Zhang Zhonglun faisait un exposé sur les Dix
commandements. Les prêtres du diocèse ont alors proposé aux délégués de Hongkong d’offrir
un banquet pour y inviter les officiels du front Uni et du Bureau des Affaires religieuses. Le
30 juillet, jour de clôture de la session, l’équipe de Hongkong n’a pas été autorisée à se rendre
à la cérémonie ni à rencontrer les participants avant de les quitter.
Bilan plutôt sombre de l’expérience… : durée du programme réduite de 8 à 5 jours,
nombre des participants réduit de 100 à 50, rôle des animateurs de Hongkong réduit au
minimum. Ceux-ci sont d’ailleurs bien conscients que l’échec de leur participation n’est pas
dû aux prêtres chinois de Chongqing. Ceux-ci ont seulement été forcés par les cadres
politiques à tronquer le programme par morceaux successifs et à limiter sérieusement les
perspectives de programme similaire pour le futur. Les Hongkongais sont d’autant plus déçus
qu’ils ont pu constater la faiblesse des exposés faits par les prêtres locaux.
Mort d’un évêque sans successeur
Selon une dépêche de l’agence UCAN du 28 septembre 2004, le décès du Mgr.
Alphonse Yang Guangyan, évêque du diocèse de Zhouzhi, dans la province du Shaanxi au
nord-ouest de Chine a plongé ce diocèse dans une situation incertaine.
D’après le Père Zhao Yinsheng, curé de la cathédrale de Zhouzhi, Mgr. Yang est
décédé le 4 septembre à l’âge de 75 ans après être resté dans le coma depuis le mois d’août.
Aucun candidat n’a été nommé ou élu comme successeur de l’ancien évêque. Le Père Zhao
dit qu’il supervise temporairement les affaires du diocèse et qu’il soumet des rapports à Mgr.
Anthony Li Du’an de Xi’an, ville située à environ 70 kilomètre à l’est.
A cause de sa maladie, Mgr. Yang a été paralysé et donc incapable de diriger son
diocèse après son hospitalisation en 2002. La situation de l’Eglise locale était toujours
instable. Suivant le Père Zhao, il y a trop de monde de positions divergentes concernant les
affaires de l’Eglise locale. Il est vrai que les prêtres qui exercent leur ministère dans cette
région très pauvre sont peut-être trop nombreux. Les différends qui les opposent peuvent tenir
à leurs méthodes d’apostolat, à des incompréhensions à l’égard de ceux qui ont étudié à
l’étranger, mais aussi malheureusement à des rivalités dans la poursuite des postes de
commande les plus lucratifs. Il sera difficile à un candidat à l’épiscopat de rallier tous les
suffrages.
En ce moment, le diocèse compte environ 60,000 catholiques et une cinquantaine de
prêtres dont 10 font leurs études en Chine ou à l’étranger. Cinq d’entre eux sont venus en
France : trois à Paris, un à Toulouse et un à Lyon. Le père Joseph Ma Xinxian, ayant terminé
ses études à Paris, vient de rentrer en Chine le 24 septembre. Le père Joseph Gao anime la
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pastorale chinoise à la paroisse St Hippolyte. Le diocèse de Zhouzhi est connu pour
l’abondance de ses vocations. On estime que 300 prêtres originaires de ce diocèse travaillent
dans divers diocèses de Chine. Plusieurs sont au service du diocèse de Shanghai, un diocèse
plus argenté mais où les vocations sont rares.
Mgr. Li Du’an de Xi’an a présidé le 11 septembre la messe des funérailles,
concélébrée par deux évêques de diocèses voisins, Mgr. Tong Changping de Weinan et Mgr.
Joseph Zong Huaide de Sanyuan.
Selon le Père Yang Xiaoting, premier prêtre du diocèse diplômé d’un doctorat après de
longues années d’étude à Rome et aux Etats-Unis, le phénomène de la surabondance des
vocations à Zhouzhi se rattache étroitement à l’histoire de ce diocèse. Elevé au rang de
municipalité en 1932, Zhouzhi a été dirigé par le clergé chinois avant que les communistes ne
prennent le pouvoir en 1949. A ce moment-là, il y avait plus de 50 prêtres chinois. Pendant les
dernières années 70, à la suite des autorisations gouvernementales, les religions sont revenues
à la vie. Des prêtres âgés retenus en prison sont rentrés dans leur diocèse et ont vivement
encouragé de jeunes catholiques à devenir prêtres.
Mgr. Yang naquit le 9 septembre 1928 dans une famille catholique. Il entra au petit
séminaire en 1944. Quatre ans après, il continua ses études au grand séminaire de Xi’an et fut
ordonné prêtre en 1955. Après son ordination sacerdotale, il fut recteur du petit séminaire
pendant trois ans jusqu’au moment où il fut condamné en 1958. L’évêque rendit service à la
cathédrale mais fut forcé à retourner chez lui en 1966, au début de la grande révolution
culturelle prolétarienne. Il devint enseignant dans un lycée en 1978 et rentra plus tard dans le
diocèse. Il redevint recteur du séminaire et curé de la cathédrale en 1984. Après quarante ans
de sacerdoce, en 1995, il devint l’évêque de Zhouzhi.
Cinq chorales d’enfants au Shaanxi.
Jeunesse qui chante est un gage d’espérance.
Au cours des vacances d’été 2004, le curé de la paroisse de Ludong dans le diocèse de
Weinan à l’est de Xi’an a eu la joie de faire chanter ensemble des enfants de sa paroisse
officiellement autorisée avec des enfants de familles catholiques clandestines. Le père
Sylvestre Bai Wanfu est le pasteur d’un millier de fidèles. Sa paroisse est la seule du diocèse
où un groupe de fidèles demeurent clandestins. Certains d’entre eux ont interdit à leurs enfant
de rejoindre la chorale en leur signifiant que c’était là « chanter pour le diable ».
D’après le père Etienne Chen Ruixue, directeur du service social catholique de Xi’an,
la chorale de Ludong n’est pas la seule. Il y en a cinq dans la province du Shaanxi. Elles sont
toutes parrainées par un fond spécial des enfants d’Allemagne. Les autres chorales se trouvent
dans le diocèse de Sanyuan à Laochi et Guolu et dans le diocèse de Xi’an à Gongyi et
Qiujiazhuang.
La chorale de Ludong est particulièrement remarquable. Au mois d’août, 47 enfants
ont chanté à pleine voix hymnes et cantiques pratiquement tous les jours et plus spécialement
au passage de visiteurs. Certains enfants peuvent jouer des instruments de musique
occidentaux tels le violon, la trompette et le tambour. Ils se sont exercés six heures par jour.
Le 15 août pour la fête de l’Assomption, ils étaient tous en grand uniforme.
Deux colloques d’études chinoises début septembre
Leuven (1 au 4 septembre) :
8ème symposium international de la Fondation Verbiest
sur l’histoire chrétienne en Chine
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Une quarantaine de chercheurs, européens et chinois, ont pris part à cette rencontre.
L’objectif était de présenter divers travaux sur le thème suivant : l’apport des Chinois, prêtres,
religieux et laïcs au développement de l’Eglise locale catholique dans la Chine impériale. Les
contributions les plus significatives ont peut-être été fournies par des chercheurs chinois qui
ne sont pas chrétiens eux-mêmes. Mlle Jenny Li Zhen, de Pékin, a ainsi fait connaître
l’apologétique de Liu Ning (1625 ?-1715), un converti de la province du Jiangxi, auteur de
14 ouvrages chinois. Employé au service de l’instruction publique, cet intellectuel entra en
relation avec les missionnaires et fut baptisé Paul. Il était familier du jésuite français Joseph
de Prémare (1666-1736) et lui apporta une aide précieuse dans ses études de philologie
chinoise. Son ouvrage apologétique le Jue si lu adopte une approche voisine de celle de
Matteo Ricci en situant la révélation chrétienne dans l’optique de la pensée confucéenne
originelle.
Le professeur Tang Kaijian, enseignant à Canton, un bourreau de travail auteur de
plusieurs ouvrages, a réalisé le tour de force de découvrir dans une bibliothèque de Taipei
l’ouvrage d’un intellectuel catholique de la fin des Ming que le célèbre historien catholique
Fang Hao ne connaissait pas. Han Lin (nommé aussi Yu gong) fut baptisé dans sa province du
Shanxi vers 1620. Il s’intéressa en particulier à l’artillerie. Il écrivit une douzaine d’ouvrages
dont un traité catholique le Shengjiao xin zheng. Le livre étudié par le professeur Tang est un
traité d’art militaire, le Shou yu quan shu. Cet ouvrage très documenté cite une centaine de
sources, en particulier quelques articles des grands convertis catholiques Paul Xu Guangqi et
Léon Li Zhizao, textes perdus par ailleurs. Il témoigne d’une grande ouverture à la science
occidentale.
Mme Kang Zhijie, de l’Université de Wuhan, auteur d’un ouvrage sur la liturgie et les
fêtes chrétiennes, a présenté son étude sur la communauté catholique de Mopanshan appelée
aussi Chayuangou, le Val des plantations de thé, au nord de la province du Hubei. Fondé à
l’origine par les jésuites dans le style de leurs « réductions » d’Amérique, ce village refuge a
connu une histoire mouvementée et traversé de cruelles persécutions. Forte de cette étude très
précise et documentée, Mme Kang Zhijie compte poursuivre ses enquêtes sur l’histoire
d’autres villages catholiques. Non chrétienne elle-même, elle est professeur invitée au Grand
séminaire de Wuhan.
Centre Sèvres (6-8 septembre)
Dixième Colloque International Ricci de Sinologie
C’est au Centre Sèvres, faculté de théologie jésuite de Paris, que s’est tenu le traditionnel
Colloque de Chantilly. Cette rencontre internationale tous les trois ans prenait place autrefois dans
le domaine des Fontaines de Chantilly. Le colloque est maintenant placé sous le patronage des
Instituts Ricci (de Paris, San Francisco et Taipei). Dans la ligne des colloques passés, la trame
centrale était la rencontre des cultures chinoises et occidentales. Le thème de cette rencontre 2004
était ainsi formulé : Les Rendez-vous manqués entre Chine et Occident (1600-2000).
L’histoire affinée des relations Chine-Occident abonde en fait en échanges fructueux et
peut mettre en cause l’usage de cette expression « Rendez-vous manqués ». Certains intervenant
l’ont fait remarquer. Manqués pour qui ? Et en fonction de quels objectifs ?
Les interventions diverses et précises tendaient en fait à faire tomber le mythe d’une
incommunicabilité entre les cultures chinoise et occidentale. Les sujets traités ont couvert un vaste
éventail : science et religion, médecine, astronomie, techniques de la soie, linguistique,
connaissance du bouddhisme, etc. L’exposé de Vincent Goossaert sur ‘La Chine et la notion
occidentale de religion’ apportait un éclairage utile sur la politique religieuse actuelle et la
reconnaissance officielle de cinq religions par le gouvernement. Claudia Von Cololani a ouvert un
champ d’investigation jusqu’ici négligé en présentant le plan détaillé des 4 dissertations de Mgr
Maigrot de Crissey sur la religion chinoise.
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L’afflux des visiteurs chinois en France
Un accord signé en février dernier entre l’Union européenne et la Chine fait bénéficier
les Etats de l’espace Shengen du statut délivré par Pékin de « destination touristique
autorisée ».
Les visiteurs chinois en Europe n’ont plus à justifier de raisons professionnelles. Dans
la mesure où ils en ont les moyens financiers, ils peuvent s’offrir un tour d’Europe en simples
touristes. Les agences organisent des tours d’Europe d’une dizaine de jours dans les cités les
plus célèbres comme Paris, Venise, Rome, Amsterdam, Francfort, etc. A Paris ces touristes ne
disposent souvent que d’un jour ou deux, parfois une demi journée, ceci pour se faire prendre
en photo devant la Tour Eiffel, Notre Dame, le Moulin rouge et la Joconde au Musée du
Louvres (photo interdite en principe).
L’étonnant est que de petits groupes catholiques inscrits dans ces tours officiels
trouvent le moyen de modifier leur programme en France pour inclure un pèlerinage à
Lourdes entre deux trains de nuit et une visite autour du Bon Marché à Paris dans les centres
d’instituts missionnaires qui ont porté l’Evangile en Chine : la Maison des Missions
Etrangères de Paris au 128 rue du Bac, la Chapelle de la Médaille miraculeuse chez les Sœur
de Charité au 140 de la même rue, la châsse de St Vincent de Paul et les autels des deux Saint
martyrs de Wuhan, Gabriel Perboyre et Jean François Clet dans la chapelle des Lazaristes au
95 rue de Sèvres. Un groupe a même tenu à pousser jusqu’à l’église St Ignace des Jésuites au
35 rue de Sèvres. Ceux qui disposent de plus de temps se rendent aussi au Sacré Cœur, à la
Madeleine, voire à Notre Dame des Victoires. Quelques uns s’offrent encore une journée à
Lisieux.
Mentionnons seulement les groupes qui ont été accueillis rue du Bac par notre service
Relais France-Chine depuis mai dernier :
26 mai : 16 catholiques de Shanghai
6 juin : deux prêtres et quatre catholiques de Ningxia, dont une néophyte récemment baptisée.
14 juillet : trois prêtres et un diacre du diocèse de Hengshui, province du Hebei.
22 juillet : 16 catholiques de Pékin dont la Sœur Yang Lifen attachée au service du diocèse.
21 septembre : 25 catholiques de Shanghai.
15 septembre : le P. Du Shangwu de Jilin avec deux cadres du Bureau des Affaires religieuses.
27 septembre : deux prêtres et 7 catholiques de Swatow, province de Canton.
30 septembre : 6 catholiques de Pékin dont trois professeurs de Centre d’études religieuses
ouvert en 2002 à la Faculté des lettres de l’Université Unie de Pékin
Ces visites, toute précipitées qu’elles soient, sont des moments précieux de rencontres
amicales et de prière commune. Il est important d’y consacrer le temps voulu et de fournir une
documentation en chinois. Compte tenu des visiteurs non chrétiens qui visitent des sanctuaires
religieux, il convient de préparer partout des feuillets explicatifs en chinois et de veiller à les
distribuer à l’occasion.
L’accueil chrétien des Chinois en France
Par le P. Gilles Sander (E-mail : gilles.sander@free.fr)
Le Père Gilles Sander du diocèse de Lyon suit de près depuis trois ans l’afflux des
étudiants de Chine qui atteindraient aujourd’hui le nombre de 4000 dans les centres
universitaires de Lyon. Après un voyage en Chine du 3 au 18 août, il a mis au point un
document dont voici quelques extraits :
- Rappelons brièvement que contrairement aux idées reçues le bouddhisme n’est pas la
seule expression religieuse de la culture chinoise. Il y a aussi le Taoïsme , une présence de
l’Islam depuis longtemps, et le Confucianisme, par certains éléments de sa pensée est un
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préambule à l’évangile. Enfin, le Christianisme, même s’il est resté minoritaire, a eu à
certaines périodes une expansion rapide. Il est présent en Chine depuis au moins le 7 ème
siècle.
- Parmi les asiatiques, les Chinois ont un désir et une capacité de communiquer sur
l’essentiel très caractéristique. J’ai pu le vérifier particulièrement lorsqu’ils ouvrent
l’évangile ou qu’ils rencontrent des chrétiens pour la première fois, comme ce fut le cas au
cours de nos différentes réunions ou par exemple lors de week ends à Taizé. La facilité de
les voir vivre la prière et comprendre l’évangile est impressionnante. On sent qu’il n’y a
pas de barrière, d’objection intellectuelle, qui feraient obstacle à l’écoute du cœur. Et là,
quel contraste avec les Occidentaux !
- Le voyage effectué cet été en Chine est venu confirmer ce que j’avais pu découvrir ici à
travers les rencontres individuelles. Il m’a permis en plus de découvrir la ferveur des
communautés chrétiennes, la solidité de leur foi, ainsi que leur vitalité missionnaire. Sans
doute ce renouveau a-t-il été préparé par tous ceux qui sont restés fidèles dans l’épreuve ;
comme ces prêtres qui ont fait 20 ans de travaux forcés avec qui nous avons prié.
LE PARTAGE ET LE TEMOIGNAGE EXPLICITE DE LA FOI
Nous n’y sommes plus habitués en Europe parce que le contexte a été un long éloignement de
la foi. Les dernières décennies, nous avons eu à faire à des personnes qui soit avaient déjà la foi, soit
l’avaient eue mais l’avait rejetée. Dans ces deux cas, l’annonce explicite de la foi était mal venue. Or,
maintenant c’est différent, et nous risquons de ne pas être prêts à porter un regard nouveau sur cette
situation.
La première erreur, c’est de réserver cette annonce de la foi au seul territoire de la Chine, et la
deuxième de la réserver ici à des super spécialistes parce que nous n’y sommes plus habitués. Alors
que nous ne sommes plus en situation de chrétienté, la proposition de la foi nous paraît encore trop
comme un système qu’on imposerait. Il s’agit de rendre compte de son espérance : le Christ, avec les
mots simples de la foi qui font toute la différence, et permettent ainsi à la personne de se situer tout en
se sentant reconnue et aimée. Aussi c’est la démarche d’une annonce qui permet un véritable dialogue.
Nos « complexes à la Française », nos réserves, nos objections intellectuelles par rapport à cette
démarche paraissent bien ridicules, surtout lorsque l’on connaît un peu les Chinois et leur conception
de l’accueil.
POUR LE PREMIER CONTACT C’EST TOUT SIMPLE
Il suffit d’un élément visible qui va être le «révélateur » d’une recherche spirituelle et de sa
soif de la parole de Dieu chez une personne qui passe : des versets bibliques, une affiche avec une
proposition claire de la foi.
A Fourvière, il y a un grand poster avec l’idéogramme chinois de l’amour en rouge et jaune et
des extraits du Nouveau Testament. A sa vue, la réaction des Chinois est étonnante. Au pied du poster,
des Nouveaux Testaments en chinois, des tracts ou des invitations pour les rencontres qui leur sont
proposées. ( Document complet disponible sur l’Internet : http://francechine.mepasie.org )
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