La vision de Dieu chez Descartes et Pascal by CommuneLangue

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									PRÉPARATION DE LECON DESCARTES ET PASCAL ET LEUR VISION DE DIEU
Leçon choisie comme leçon d’examen Séquence 2 heures Classe 6e Objectif Découvrir deux auteurs du XVIIe : Descartes et Pascal et étudier leur vision de Dieu Démarche Comparer la vision de Dieu de Descartes avec celle de Pascal Plan des leçons 1ère heure : · Introduction : Exposé de la situation de la fin du XVI et du XVII par rapport à la question de la religion suivi d’une présentation des auteurs Descartes et Pascal · 1er exercice : expliquer la démonstration de Descartes pour prouver l’existence de Dieu ème 2 heure : · 2ème exercice : établir la structure du raisonnement de Pascal et expliquer sa vision de Dieu · Synthèse théorique sous forme de comparaison : Pascal – Descartes et Dieu · Journal de classe Utilisation du tableau · Structure de la leçon : titres · Mots clés · Journal de classe

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Descartes et Pascal et leur vision de Dieu I. Introduction (prendre note)

A. Situation de la fin du XVI et du XVII par rapport à la question de la religion Fin du XVI, il y a une guerre civile entre les catholiques et les protestants. Le roi Henri IV était au départ protestant et est devenu catholique. Il s’est converti pour être accepté comme roi. Il met en place l’Édit1 de Nantes (l’édit est signé à Nantes) pour que les protestants soient respectés. Henri IV se fait assassiner. L’Édit de Nantes est signé donc par le roi Henri IV en 1598 et a pour but d’apaiser les conflits religieux entre catholiques et protestants en fixant légalement le statut des protestants en France. Au XVII, arrivent le roi Louis XIII et Louis XIV. Ils vont utiliser leur intelligence dans leur méchanceté. Louis XIV va signer lui la Révocation de l’Édit de Nantes en 1685. Cet édit supprimait tous les avantages accordés par Henri IV aux protestants. 2 Avec Louis XIV, on entre dans une monarchie de droit divin qu’on appelle aussi l’Absolutisme. Dans ce régime mis en place, on n’accepte qu’une seule réponse pour chaque question. Le roi décide et tranche. C’est donc le contraire de la démocratie. Pour ce qui nous intéresse, c’est-à-dire la question de la religion, ce sera la religion catholique qui sera en vigueur et uniquement celle-ci. Face à cette position, il y aura inévitablement des sceptiques qu’on appelle les libertins qui s’opposent à ce système politique. Le libertin est celui qui a sa liberté de penser. Le libertin c’est le protestant. Il pense autrement. Il apporte une autre réponse à la question de la religion. Le libertinage est la liberté de dire non. Il nie les certitudes. Deux personnes seront alors chargés de convaincre les libertins et les sceptiques : Descartes et Pascal. Il faut convaincre que la monarchie nouvelle est bien et juste.

B. Qui est Descartes et Pascal ? ü René Descartes (1596-1650) Il est un mathématicien, un physicien et un philosophe français. Il est considéré comme l’un des fondateurs de la philosophie moderne3.
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Édit : décret, décision, loi provenant du roi La religion catholique et la religion protestante : elles sont toutes deux des religions chrétiennes. La religion protestante s’est séparée de l’Église Catholique au 16e siècle. Le protestantisme est donc issu de la Réforme sous l’impulsion de Martin Luther, père du protestantisme. Elle diffère de la religion catholique. Par ex. elle ne reconnaît pas le Pape, elle se réfère uniquement à la Bible et non à la tradition orale. La tradition orale n’est plus source de révélation. Marie est une femme comme les autres, ils ne croient pas à sa Virginité, les prêtres peuvent se marier, etc.

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Par « philosophie moderne », il faut entendre la philosophie qui s'étend sur ce que les historiens appellent l'histoire moderne (1492-1789).

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Il a un esprit cartésien c’est-à-dire qu’il est quelqu’un de logique, de méthodique et de rationnel. Son Discours de la Méthode en 1637 est le premier texte philosophique de Descartes. Il porte comme sous-titre : pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. Ce texte a été directement écrit en français. Le discours de la méthode est ainsi le premier ouvrage philosophique écrit en français. Il voulait s’opposer ainsi à la tradition scolastique qui avait pour habitude d’écrire en latin. Le latin était encore considéré à cette époque comme la langue de référence, la langue des lettrés. La scolastique était l’enseignement adopté à l’époque. Dans son Discours de la méthode qui se divise en plusieurs parties, il aborde la question de Dieu. La question de Dieu est abordée à la quatrième partie de son Discours. ü Blaise Pascal (1623-1662) Il est un mathématicien, un physicien. Il est entre autre l’inventeur de la première calculatrice mécanique, la Pascaline. Il est aussi un philosophe, un moraliste et un théologien français. Une œuvre capitale chez Pascal est ses Pensées. C’est un ensemble de notes recueillies après sa mort en 1670. Dans les Pensées de Pascal, nous trouvons sa vision de Dieu. Descartes et Pascal sont donc contemporains et représentent deux figures importantes de ce siècle.

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II.

Premier exercice

Avant de lire l’extrait qui aborde les preuves de l’existence de Dieu, je dois vous faire part de sa réflexion qui précède sa démonstration de l’existence de Dieu. Trois points importants précèdent les preuves de l’existence de Dieu. 1) doute méthodique Sa recherche exclusive de la vérité le conduit à rejeter pour faux tout ce qui présente le moindre doute : - puisque les sens trompent quelques fois, ils trompent toujours. Ex. : Croire voir quelqu’un. - puisqu'en raisonnant, les hommes se trompent quelques fois, tous les raisonnements sont faux. Ex. : Mon raisonnement est le suivant : si tu as étudié, tu vas réussir. Tu rates l’examen. Mon raisonnement est faux. C'est alors qu'il se rend compte que pendant qu'il pense que tout est faux (doute radical), lui qui y pense est forcément quelque chose, et que la proposition suivante "Je pense donc je suis" est suffisamment inébranlable pour qu'il puisse en faire le premier principe de sa philosophie. 2) distinction de l’âme et du corps La première déduction qu'il fait de ce principe est qu'il est une substance dont toute l'essence est de penser, ce qui l'amène à la certitude que l'âme est distincte du corps, qu'elle est plus facile à connaître que ce dernier. J’existe par ma pensée. Ma certitude d’être vient de ma pensée et non de mon corps. 3) l’évidence posée comme critère de la certitude Enfin, examinant sa certitude, il généralise : la pensée étant la certitude de l'être, ce que l'on pense "clairement et distinctement" est vrai. Ex. : Je pense clairement et distinctement que nous sommes mortels. Cette pensée est vraie. Maintenant, nous pouvons aborder l’extrait qui parle des preuves de l’existence de Dieu qui suit ces trois grandes réflexions. Consignes a) Lire l’extrait b) Expliquer sa démonstration pour prouver l’existence de Dieu a) Lire l’extrait b) Expliquer sa démonstration pour prouver l’existence de Dieu 4) preuve de l’existence de Dieu Deux mots clés dans son raisonnement : l’idée du parfait (Dieu) et de l’imparfait (l’homme).

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S'interrogeant sur le fait qu'il ait eu des doutes, il en conclut son imperfection, et se demande en quelque sorte où il y a plus parfait que lui : Dieu. Puisque ce que l'on pense distinctement de Dieu, c'est qu'il est parfait, il serait une imperfection de la part de Dieu qu'il n'existe pas, donc il existe, et n'est pas composé d'un corps. La preuve de l’existence de Dieu suit celle du sujet pensant. L’homme étant imparfait parce qu’il a douté et connaissant dans ses pensées des perfections qu’il ne possède pas, l’idée du parfait dont chaque être dispose ne provient pas du néant mais d’un être supérieur. Elle a été « mise en moi par une nature qui fût véritablement plus parfaite que je n’étais qui eût en soi toutes les perfections. ». Descartes montre qu’il n’aurait pas pu être la cause de cette idée sinon il aurait été « infini, éternel, immuable, tout connaissant, tout-puissant ». En outre, il possède des idées sensibles et corporelles, sources d’imperfection que Dieu ne peut pas avoir. Ex. : La chenille et le papillon.

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III.

Deuxième exercice

Consignes a) Lire l’extrait b) Établir la structure de son raisonnement et expliquer sa vision de Dieu c) Comparer sa vision avec celle de Descartes a) Lire l’extrait b) Établir la structure de son raisonnement et expliquer sa vision de Dieu

1. Il faut parier. Notre raison ne nous permet pas de trancher la question de l’existence de Dieu. Nous ne pouvons pas reprocher aux chrétiens de ne pas la démontrer car ils affirment eux-mêmes que leur croyance échappe à la raison. Mais nous ne pouvons pas rester dans le doute : il faut parier pour ou contre. 2. Nous avons avantage à parier que Dieu existe. Même si nous n’avons qu’une seule chance sur mille de gagner une vie infinie et heureuse (le paradis), nous devons la tenter. Ce pari n’est pas différent d’un pari ordinaire puisque tout joueur mise avec certitude pour gagner avec incertitude. Il est donc normal que l’on joue pour gagner incertainement l’infini. 3. Nous n’avons rien à perdre, tout à gagner. Conclusion de son raisonnement. Le troisième point introduit des notions de morale. Pascal représente un mouvement religieux : le jansénisme. Ils mettent en place une croyance qui repose sur : ü l’homme n’est rien, il est le jouet de Dieu. On a donc un destin. ü Nous sommes prédestinés. Notre destin est écrit. Mais Dieu peut aussi changer sa décision. À côté du jansénisme, il y a un autre mouvement : le jésuitisme. Le point commun entre ces deux mouvements c’est qu’ils sont tous les deux des courants catholiques. Mais la différence entre ces deux mouvements religieux est que les jansénistes sont des fatalistes et pensent que tout est écrit à l’avance et les jésuites insistent sur la liberté personnelle. Tout n’est pas écrit. De plus, l’homme même s’il pèche, il sera pardonné. Avec les jansénistes, il n’y a pas de pardon. Il y a donc aussi moins de plaisir. Le jansénisme est un mouvement qui a eu beaucoup de succès mais la monarchie s’y oppose. Louis XIV s’y oppose. Le courant jésuite, lui, est un courant que le roi Louis XIV adhère.

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Résumons le pari de Pascal Dieu existe ? - Oui si oui : je gagne mon pari et Dieu du même coup. si non : je perds mon pari mais la seule perte est mon pari. - Non si non : je gagne mon pari. si oui : je perds mon pari et je n’ai pas droit à Dieu.

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Pour Pascal, il vaut mieux parier que Dieu existe car il y a plus d’intérêt. c) Comparaison de la vision de Dieu chez Descartes et Pascal

Point commun Même point de départ : Ils doivent, tous les deux, prouver l’existence de Dieu. Différence Ils ne le prouvent pas de la même manière. Le fond est donc identique mais la forme diffère. ü Descartes démontre la preuve de l’existence de Dieu tandis que Pascal en fait l’objet d’un pari. Pour prouver l’existence de Dieu, Descartes fait une démonstration comme en mathématique. Il expose un raisonnement et conclut par un cqfd : ce qu’il fallait démontrer. Pascal, lui, parie sur l’existence de Dieu. ü Descartes est certain de l’existence de Dieu tandis que Pascal non. Descartes prouve l’existence de Dieu de manière scientifique tandis que Pascal non. Chez Pascal, il n’y a pas de certitude. ü Pascal reconnaît l’existence d’un autre domaine : un monde métaphysique où les questions restent sans réponse. Descartes, lui, ne reconnaît que le monde de la raison. Descartes ne connaît que le monde de la raison. Pascal reconnaît un autre monde, un monde métaphysique.

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IV.

Journal de classe

Descartes et Pascal et leur vision de Dieu.

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Bibliographie
Sources primaires DESCARTES René, Discours de la méthode, Paris, Bordas, 1976, 189 p. PASCAL Blaise, Pensées, Paris, Bordas, 1976, 256 p. Sources secondaires DESCARTES René, Discours de la méthode, Paris, Bordas, 1976, 189 p. LAGARDE André et MICHARD Laurent, XVIIe siècle : les grands auteurs français du programme, Paris, Bordas, 1966, p. 83-88 et p. 129-172 PASCAL Blaise, Pensées, Paris, Bordas, 1976, 256 p. Internet http://www.areopage.net http://fr.wikipedia.org

Cours de français

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