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Les pronoms compléments en FLE

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Les pronoms compléments en FLE Powered By Docstoc
					1. Fiche signalétique

Contexte : cours du soir de français langue étrangère, niveau intermédiaire (début B1). Public : six anglophones âgés de 16 à 20 ans résidant en Belgique.

Durée de la leçon : ~110 minutes.

Thème : L’art !

Pré-requis : La construction des verbes, la forme des pronoms compléments des 1ères et 2èmes personnes et la position des pronoms dans la phrase.

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2. Introduction

Véhiculée de longue date, l’idée selon laquelle les formes le, la, les, lui et leur seraient des pronoms personnels compléments directs ou indirects, utilisés pour remplacer un nom a été assez peu remise en question. Manifestant une volonté de s’inscrire dans le discours traditionnel, les manuels de français langue étrangère ont eux aussi souvent participé à la transmission de ce genre de théories. Pourtant, il serait probablement bénéfique de se détacher de ces conventions largement contestables, afin de donner aux apprenants une image plus cohérente de la langue. Notre but étant de proposer une leçon de français langue étrangère destinée à favoriser la bonne compréhension et l’assimilation du fonctionnement des pronoms compléments à la 3ème personne, nous avons tenté de clarifier ce point grammatical. Il s’agira dans un premier temps d’analyser de quelle manière les manuels abordent la question, afin de déterminer si les méthodes employées par ces derniers sont réellement appropriées. Nous poserons ensuite les bases de notre réflexion théorique sur le système pronominal et clôturerons le travail par l’exposé du déroulé de la leçon.

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3. Les pronoms compléments dans différents manuels de français langue étrangère1

Bonne route

En ce qui concerne le niveau d’apprentissage, les auteurs de Bonne route semblent considérer que l’étude des pronoms traditionnellement qualifiés de « COD » et « COI » relève des compétences linguistiques de base, étant donné qu’ils abordent la question au début de la seconde moitié du manuel destiné aux apprenants débutants. La matière, étudiée un peu précocement à notre goût, fait l’objet d’un éclatement puisque pas moins de trois leçons abordent en partie ce point grammatical. Les pronoms compléments le, la, l’ et les sont ainsi envisagés dans la première de ces séquences, centrée sur la thématique du travail, tandis que la suivante, relevant du même thème, se penche sur le cas des pronoms compléments de la 1ère et de la 2ème personne ainsi que sur lui et leur. La question de la position du pronom dans la phrase est introduite dès la première de ces séquences. Une troisième leçon récapitulative permet de boucler cette première approche des pronoms. L’entrée en matière se fait dans chacune de celles-ci par le biais d’un dialogue permettant d’introduire le point de grammaire. Nous ne pouvons qu’agréer ce genre de pratique. La présentation grammaticale sur les pronoms remporte nettement moins notre adhésion. En effet, force est de constater qu’aucune donnée définitoire n’est fournie sur la matière. Le métaterme semble à leurs yeux pourvu d’une signification évidente. Beaucoup de métalangage, peu d’explications sur la « notion » grammaticale donc. L’inverse aurait peut-être été préférable. D’autant
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Tout au long de cette analyse, nous utiliserons la terminologie traditionnelle.

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plus que la terminologie laisse à désirer. Le premier tableau est intitulé « Le, la, les : pronoms personnels », le second « Les pronoms me, te, nous, vous, compléments d’objet direct », le troisième « Les pronoms lui, leur » et le dernier « Les pronoms me, te, nous, vous, compléments d’objet indirect ». Sans parler de l’oubli de la forme élidée l’ dans le titre du premier tableau, c’est surtout la disparité – pour ne pas dire l’incohérence- au niveau de la nomenclature qui saute aux yeux. Pourquoi le, la, les sont-ils présentés comme des pronoms personnels, me, te, nous, vous comme des pronoms compléments d’objet direct ou indirect et lui et leur comme….de simples pronoms ? Ces titres posent un filtre supplémentaire à la saisie du système et donnent une image faussée puisque le, la, les sont également des pronoms compléments d’objet direct, que tous peuvent être désignés comme étant des pronoms personnels (pas seulement les premiers comme cela semble être le cas ici) et que lui et leur sont aussi des pronoms compléments d’objet indirect. Pour plus de logique et afin d’éviter de faire surgir des difficultés pour l’apprenant, une uniformisation de l’appellation nous semble nécessaire dans ce type de manuel. Toujours en ce qui concerne la présentation grammaticale, nous remarquons que les quatre séquences théoriques répondent au même schéma : chacune se compose d’un encadré comportant une ou plusieurs phrase(s) avec en regard la structure pronominale équivalente et de quelques remarques explicatives. Voici, à titre d’exemple, le tableau des pronoms lui, leur :2

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Pierre Gibert et Philippe Greffet, Bonne route 1: Méthode de français, Paris, Hachette, 1988, p. 34.

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Nous pouvons constater plusieurs choses. En premier lieu, que pour les auteurs de Bonne route, les pronoms, indubitablement, remplacent un nom. Deuxièmement, notons que la seconde remarque est totalement fautive. En effet, il est tout à fait envisageable d’utiliser un de ces termes pour désigner un objet ! (ex. : Elle leur parle souvent où leur remplacerait les arbres par exemple est évidemment correct). Nous dénotons également un manque de clarté au niveau de la première remarque qui, selon nous n’apporte pas d’éclaircissement sur l’emploi des pronoms dont il est question, étant donné qu’aucun commentaire explicatif ne vient accompagner la notion de « complément d’objet indirect ». Le manuel favorisant la méthode déductive, les exercices suivent la grammaire. Précisons d’emblée que tous sont du même acabit : de un à trois mots sont donnés à l’apprenant qui doit faire à partir de ceux-ci une phrase complète comprenant un pronom, d’après l’exemple donné. Bien évidemment, la répétitivité de ce type d’exercices peut non seulement lasser très rapidement l’étudiant (il faut savoir que tous les exercices sauf un qui ont trait à la question du pronom sont de cette nature) mais en plus, elle n’admet aucune variation créative de sa part. Seul un exercice diffère de ce schéma et présente un texte lacunaire à compléter à l’aide de n’importe quel pronom complément. Les phrases données n’admettent en général qu’une réponse, il y en a une pourtant qui nous semble plus ambiguë : « Ma fille a été malade, excusez-…, je vous prie »3. Le pronom pourrait aussi bien être la que moi, si le locuteur veut dire par exemple que sa fille a été malade et que, ayant dû s’en occuper, il n’a pu arriver à l’heure. Or, il n’est inscrit nulle part que plusieurs solutions sont envisageables pour certains cas, ce qui peut donner l’impression qu’une seule réponse est correcte. Force est de constater également qu’aucune activité communicative n’est proposée en lien avec

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Pierre Gibert et Philippe Greffet, Bonne route 1: Méthode de français, Paris, Hachette, 1988, p. 38.

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le point grammatical qui nous intéresse. Chacune des leçons comporte certes un exercice oral mais celui-ci ne pousse en rien les étudiants à utiliser des pronoms.4 En conclusion, le manuel Bonne route ne nous semble pas adapté pour permettre aux apprenants d’aboutir à la compréhension et surtout à la bonne production du système pronominal. Si l’exposé du point grammatical est assez peu cohérent, c’est aussi le manque d’exercices productifs qui nous fait pencher en défaveur d’un tel ouvrage.

Espaces

Les pronoms compléments sont mis sur le tapis dans la cinquième séquence de ce manuel qui n’en comporte que douze. Ayant pour thème « Qu’est ce qu’on peut faire ? », cette leçon est surtout basée sur l’étude des verbes falloir, pouvoir et vouloir. Un premier tableau sur les pronoms est introduit de manière assez abrupte et sans lien logique avec ce qui précède à la quatrième page de la leçon. Aucun texte ni exercice préalable ne justifie l’apparition de ce point grammatical, puisque le début de la séquence est entièrement consacré aux verbes susmentionnés. De la même manière que Bonne route, Espaces ne donne aucun renseignement définitoire sur le pronom. Toujours comme dans le manuel précédent, ce sont les formes le, la, les, l’ qui sont traitées dans un premier temps. C’est surtout la question de la place qui est mise en évidence et nous pouvons constater qu’aucune règle explicative ne vient accompagner le tableau. L’apprenant est tenu de comprendre par lui-même quand et où il faut employer

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Dans les deux premières séquences, l’exercice consiste à savoir analyser oralement des petites annonces par pairs. Le premier élève n’a qu’à lire les questions qui lui sont donné, (« Qu’est-ce qu’on cherche comme emploi ? Il (elle) est qualifié(e) ? Quel âge a-t-il ? (Quel âge a-t-elle ?) etc.) le second y répond.

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ces différents termes :5

Ce procédé peut être bénéfique, étant donné qu’il force l’étudiant à déduire les règles de l’emploi des pronoms. Nous pouvons tout de même émettre une réserve en ce qui concerne le dernier cas présenté, à savoir celui des pronoms employés avec un verbe à l’infinitif. En effet, les exemples fournis paraissent laisser entendre que le pronom se place toujours juste devant l’infinitif. Or, il est des verbes pour lesquels celui-ci est renvoyé devant le verbe conjugué (ex. : Je la voyais venir, Nous la laissions faire). Le cas des pronoms compléments d’objet indirect est abordé un peu plus loin. À la différence du premier, leur tableau grammatical est précédé d’un document (une bande dessinée) comprenant des formes pronominales et justifiant davantage la présence dudit encadré. Lui et leur sont envisagés ici avec les autres personnes. Il est intéressant de remarquer que nulle part il n’est spécifié que me, te, nous et vous sont également les formes des pronoms compléments d’objet direct. Ils se retrouvent classés sous l’étiquette

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Guy Capelle et Noëlle Gidon, Espaces 1, Paris, Hachette, 1990, p. 67.

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« compléments d’objet indirect » et ne sont pris en considération à aucun autre moment :6

Il semblerait7 que la réticence des auteurs à rapprocher le, la, les, l’ de me, te, nous, vous soit liée au fait que les premiers peuvent désigner des objets tandis que les second se réfèrent essentiellement à des êtres animés, d’où leur lien plus évident avec les formes lui et leur. À notre sens, le choix d’un tel critère de différenciation pourrait être défendable mais la pertinence du procédé est ici annihilée par le mauvais choix des titres qui semblent présenter comme élément de catégorisation la fonction des pronoms. En effet, les intitulés présentent le, la,
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Guy Capelle et Noëlle Gidon, Espaces 1, Paris, Hachette, 1990, p. 67. Nous en sommes venue à cette constatation grâce aux exemples fournis dans les deux encadrés. En effet, les phrases destinées à expliciter l’emploi de le, la, les, l’ sont presque exclusivement constituées de termes renvoyant à des choses inanimés. Les exercices qui suivent le point de grammaire, de même, ne présentent que ce genre de cas. Il nous semble donc évident que le but des auteurs du manuel était de mettre en avant (implicitement) le fait que ces pronoms se référent souvent à des choses à la différence des autres.

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les, l’ comme des pronoms d’objet direct tandis que tous les autres sont rangés sous l’étiquette « pronoms compléments d’objet indirect », donnant ainsi une image erronée du système (me, te, nous, vous peuvent tout autant être des compléments d’objet direct). Il nous aurait semblé plus légitime alors de présenter les 3èmes personnes séparément, en précisant que le, la, les, l’, pronoms compléments d’objet direct sont aussi bien utilisés pour désigner des êtres animés et inanimés, que lui et leur, compléments d’objet indirect sont le plus souvent utilisés pour désigner des êtres animés (mais qu’il est possible, dans certains contextes de les employer pour des inanimés) et que me, te, nous, vous peuvent être utilisés en fonction d’objet direct ou indirect et qu’ils renvoient toujours à un être animé. Concernant la mise en pratique, nous observons toujours le même type d’exercices destinés à faire réaliser aux apprenants des unités phrastiques contenant un pronom sur base d’un modèle bien établi et d’éléments donnés. Ainsi, ceux-ci sont notamment tenus de transformer des phrases telles que « Téléphone à ta sœur » à partir du modèle suivant « Écris à tes parents. à Non, je ne veux pas leur écrire ! »8. En plus de ces activités, un texte lacunaire est également proposé. La contextualisation aidant, aucun cas n’accepte deux réponses. Les étudiants peuvent davantage exercer leur capacité de production à l’aide d’une activité qui consiste à créer oralement et sur base d’images des phrases contenant des pronoms d’objet indirect. Certes, la création langagière est toujours contrainte par la consigne explicite obligeant l’emploi des pronoms, mais elle est tout de même plus libre que celle qui découle des exercices de drill. Des applications supplémentaires sont proposées aux apprenants dans le Cahier d’exercices. En ce qui concerne les pronoms compléments, ces exercices sont exactement du même type que ceux qui apparaissent dans le manuel principal et ne présentent donc qu’un intérêt minime.

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Guy Capelle et Noëlle Gidon, Espaces 1, Paris, Hachette, 1990, p. 70.

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Pour clore la question, nous pouvons conclure que malgré une tentative intéressante de classement des pronoms en fonction du (ou des) mot(s) au(x)quel(s) ils se réfèrent, les auteurs ne sont pas parvenus, à notre sens, à aller au bout de leur raisonnement. En dehors d’un exercice de production orale assez contraint, l’application du point théorique se résume à des exercices rébarbatifs répondant presque tous au même schéma.

Le Nouvel Espaces

La théorie grammaticale relative à l’usage des pronoms compléments est vue au travers de la même thématique que celle de l’ancienne version du manuel. Si la structure globale de la leçon ne diffère pas foncièrement de celle proposée dans Espaces, quelques changements notables viennent améliorer l’ensemble séquentiel et le rendre plus cohérent. Nous remarquons premièrement que l’entrée en matière diffère de celle de la version précédente. En effet, cette dernière « injectait » tout d’un coup un encadré théorique tandis que le manuel revisité préfère faire précéder l’explication grammaticale d’un exercice à trous sur les pronoms compléments d’objet direct à la 3ème personne. Cette démarche permet non seulement d’introduire le sujet de manière moins brusque mais également de faire réfléchir l’apprenant sur le fonctionnement des pronoms COD. Une seconde divergence se situe au niveau de la répartition des pronoms. Les « Pronoms compléments d’objet direct (COD) 3es personnes » sont toujours les premiers à être étudiés, mais à la différence de ce que nous pouvions trouver dans Espaces, ce tableau est directement suivi d’un second encadré comprenant « Les pronoms compléments d’objet direct (COD) 1re et 2e personnes ». De même, les « Pronoms compléments d’objet indirect (COI) 3es personnes » sont à présent séparés des « Pronoms compléments d’objet indirect (COI) 1re et 2e pers. » Ces transformations tendent, à nos yeux, à donner

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une image plus claire du système pronominal. Au sein des tableaux mêmes, nous constatons l’apparition de phrases à l’impératif négatif ainsi que la disparition des exemples contenant des verbes conjugués suivis d’infinitifs. Nous ne pouvons comprendre une telle suppression, d’autant plus que dans les exercices écrits, les apprenants sont tenus de produire des structures de ce genre. Les auteurs auraientils estimé que les étudiants pouvaient acquérir cette règle sans qu’elle leur soit présentée sur un plateau ? Quoi qu’il en soit, nous estimons ce choix peu justifié. La question de la place du pronom avec un infinitif nous semble importante puisqu’elle ne va pas de soi !9 Précisons également que chaque encadré théorique est suivi de questions destinées à faire produire aux étudiants des règles sur l’emploi et la position des pronoms telles que « Qu’est ce que le pronom remplace ? », « Où se place le pronom à l’impératif ? » etc. La démarche mise en place relève donc beaucoup plus d’une méthode inductive que celle d’Espaces. Au niveau des exercices, des changements sont observables par rapport à l’ancienne version. Si un nombre important d’entre eux est repris tel quel, certains sont modifiés voire ajoutés. Un nouveau type de mise en pratique voit le jour ; elle consiste à trouver le ou les nom(s) qui peu(ven)t se cacher derrière le pronom utilisé dans une devinette. (Ex. : « Nous le10 prenons pour monter au sixième »11 , réponse possible : l’ascenseur) Cet exercice nous semble intéressant dans le sens où il est le seul jusqu’à présent à vouloir amener l’apprenant à partir du pronom pour aller vers le nom et non à faire l’inverse. Nous pouvons également constater l’ajout d’un jeu de rôle obligeant les étudiants à employer les pronoms compléments ; cependant, la mise en situation nous amène à penser que seuls les pronoms vous et me/m’ seront utilisés.12 Le Cahier d’exercices de Nouvel Espaces ne diffère que peu de celui de son ancienne version puisque un seul exercice est ajouté en ce qui concerne l’utilisation des pronoms compléments. Tous sont des
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Voir à ce sujet notre exposé grammatical. Grasses ajoutées. 11 Guy Capelle et Noëlle Gidon, Le Nouvel Espaces 1, Paris, Hachette, 1995, p. 71. 12 Le jeu de rôle est le suivant : « L’homme demande l’heure à la jeune femme, puis il se présente, lui dit qu’il l’a déjà vue avec un de ses amis… La jeune femme ne veut pas l’écouter, dit qu’elle ne le connaît pas. Jouez la scène. Utilisez des pronoms compléments » (Nouvel Espaces, p. 74)
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exercices de drill – transformations de phrases ou textes lacunaires- assez restrictifs. Le Nouvel Espaces est donc parvenu à rendre compte de manière plus cohérente du système des pronoms compléments en mettant en avant plus clairement que les formes de la 1ère et de la 2ème personnes peuvent aussi bien être COD que COI. Quant à la mise en pratique, malgré une structure globale identique à celle de la première version, ce manuel a tablé sur une plus grande diversité en ajoutant un nouveau type d’exercice et en se focalisant davantage sur la production orale, ce que nous ne pouvons qu’apprécier.

Panorama

De nouveau, c’est au niveau débutant que les pronoms compléments sont pris en considération. La onzième leçon de l’unité 4, intitulée « Un après-midi à problèmes », est ainsi consacrée presque entièrement à l’analyse et à l’application des pronoms compléments d’objet direct tandis que la séquence suivante, portant quant à elle le titre « Tout est bien qui finit bien », est, comme nous pouvons l’imaginer, dédiée à l’étude des pronoms compléments d’objet indirect. Comme ceux de Bonne route, les auteurs de Panorama ont jugé plus opportun d’introduire la question des pronoms par le biais de documents écrits. Chacun des deux encadrés théoriques est ainsi précédé d’un texte comportant de nombreux pronoms compléments, COD pour la première leçon traitant du sujet, COI pour la seconde. En ce qui concerne la présentation des points grammaticaux, Panorama est de loin le manuel le plus complet. Analysons dans un premier temps la page intitulée

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« Les pronoms compléments directs ». Celle-ci débute par deux propositions, l’une comportant un COD et l’autre un pronom se référant à ce dernier :13

Nous pouvons le voir, un élément d’explication est fourni sur la notion de complément direct, ce qui n’avait jamais été fait dans les manuels précédents. Toutefois, cette définition du complément direct donne erronément l’impression que ce dernier ne peut jamais être précédé d’une préposition. Or, comme le démontre Marc Wilmet, certains peuvent tout à fait être intégrés dans un syntagme prépositionnel (ex. : « Elle aime à rire (…) »14). Bien évidemment, la question n’est pas, en classe de français langue étrangère de débattre sur la pertinence des étiquettes grammaticales, mais il nous semble peu pédagogique de fournir des informations faussées aux apprenants. Pour cette raison, nous estimons que de telles appellations devraient être éradiquées des manuels de FLE. L’énoncé introductif est suivi d’un encadré constitué de six unités phrastiques dans lesquelles seul le pronom COD change (exemple : « Elle me connaît », « Elle le/la connaît », etc.). L’exposé théorique contient également trois points intitulés « À la forme négative », « Au passé composé » et « À l’impératif » contenant des exemples de structures pronominales à ces différents cas et visant à faire réfléchir l’apprenant sur la position du pronom. Deux nota bene viennent compléter la présentation grammaticale. Le premier renseigne que « me, te, le, la devant voyelle ou h à m’, t’, l’ »15. L’inexactitude d’une telle règle est évidente : dans certains cas, le pronom ne s’élide pas devant un terme commençant par la lettre h (ex. : Ca me heurte). Le second, quant à lui, précise que le participe passé s’accorde avec le pronom complément direct qui le précède. Panorama est encore
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Jean-Marie Cridlig et Jacky Girardet, Panorama 1 : Méthode de français, Paris, CLE international, 1996, p. 100. 14 Marc Wilmet, Grammaire critique du français, 2ème édition, Paris, Hachette, 1998, p. 191. 15 Jean-Marie Cridlig et Jacky Girardet, Panorama 1 : Méthode de français, Paris, CLE international, 1996, p. 100.

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une fois le seul à attirer l’attention sur cette règle. Bien entendu, la pertinence d’une telle précision dépend des motivations du public. Si ce dernier n’a pas la nécessité d’acquérir une bonne connaissance écrite de la langue, le fait d’être familiarisé avec les règles d’accord du participe passé ne présentera que peu d’intérêt. Venons-en à présent à l’étude de l’encadré relatif aux « pronoms compléments indirects de personnes ». De manière générale, cet exposé présente la même structure que celle du précédent. En ce qui concerne la note explicative accompagnant l’énoncé introductif, nous sommes en droit d’émettre quelque réserve. S’il était déjà peu correct de dire que le complément direct est appelé de cette manière en raison du fait qu’il n’est pas introduit par une préposition, l’affirmation selon laquelle le complément est indirect lorsqu’il est précédé de la préposition à s’avère encore plus inappropriée. En effet, comment expliquer aux apprenants que la tradition considère lui et leur comme des pronoms compléments d’objet indirect alors qu’ils ne sont pas construits avec une préposition ? L’incohérence de la terminologie peut être de nature à faire surgir des difficultés de compréhension pour les personnes étudiant notre langue. Nous pouvons savoir gré aux auteurs de Panorama d’avoir voulu rendre plus claire la différence entre pronoms COD et COI, cependant, ils se sont laissés aller à reproduire les erreurs perpétrées par la tradition, ce que nous ne pouvons que regretter. À la suite de cette phrase de « mise en bouche », nous trouvons une liste de verbes qui se construisent le plus souvent avec un pronom COI. De nouveau, plusieurs remarques peuvent être établies à ce niveau. Tout d’abord, la présentation de cette liste nous semble mal choisie puisqu’elle est introduite de la manière suivante : « Beaucoup de verbes construits avec la préposition à sont des verbes de communication ». Cette formulation pourrait faire penser que la liste est exhaustive alors qu’il n’en est rien. À côté de cela, nous pouvons reprocher la façon de lister ces verbes qui sont présentés avec la préposition (parler à… / montrer à…/ etc.), ce qui peut donner l’impression que ces verbes sont toujours employés en construction indirecte. Pourtant, il est tout à fait possible d’utiliser un

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COD après la plupart de ceux-ci, lorsque l’on parle par exemple de choses inanimées (ex. : Je parle anglais à Je le parle / Je montre la vidéo à Je la montre). Nous ne pouvons que faire grief aux auteurs de ce manuel de manquer de clarté sur ce point. Les activités proposées pour mettre en application la nouvelle connaissance du système pronominal sont de plusieurs types. La première consiste à remplacer oralement les mots en italiques d’un texte par les pronoms correspondants, la seconde à répondre à une question en employant un pronom, tandis que la troisième se présente sous forme de phrases à trous. Un bilan situé à la fin de l’unité 4 permet d’effectuer des exercices supplémentaires mais ceux-ci ne différent pas des activités proposées dans les leçons. Une place est également accordée à la mise en pratique orale avec un jeu de rôle. Nous trouvons dommage que la consigne contraigne les apprenants à employer les pronoms compléments alors que selon nous, la mise en situation les poussait à le faire d’eux-mêmes.16 La seule activité qui sorte un peu de l’ordinaire est celle qui invite à la lecture de deux textes poétiques comportant des pronoms compléments et à la production d’un poème du même moule :17

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En dessous d’un dessin figurant un couple de personne est indiqué : « Ils organisent une grande soirée. La veille, ils font le point : Inviter tout le monde, téléphoner à…, préparer, décorer la salle, choisir les disques, installer les tables, etc. »16 exemples donnés : « tu as acheté les boissons ? », « Tu as invité les Richard… » (Panorama, p. 109) 17 Jean-Marie Cridlig et Jacky Girardet, Panorama 1 : Méthode de français, Paris, CLE international, 1996, p. 101.

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Cet exercice nous semble intéressant en ce sens qu’il permet aux apprenants de produire de manière assez libre des structures pronominales à l’écrit, ce qui n’avait jamais été proposé jusqu’à présent. Si Panorama apparait certes comme le manuel le plus clair et le complet en ce qui concerne la théorie sur les pronoms compléments, quelques illogismes seraient à corriger pour aboutir à un exposé grammatical vraiment valable. Du côté des exercices, nous pouvons saluer le fait que l’ouvrage amène les étudiants à réaliser, tant à l’écrit qu’à l’oral, des productions un peu moins contraintes que celles découlant de la résolution des exercices de drill habituels.

Studio 100
Dès l’abord, nous constatons la multiplication importante du nombre de séquences traitant des pronoms compléments puisque ceux-ci font l’objet d’exercices et d’exposés théoriques dans pas moins de quatre parties du premier ouvrage du manuel. Le grand principe méthodologique de Studio 100 semble être de travailler par reprise et anticipation. Ainsi, la première approche des pronoms compléments se fait par le biais d’un exercice à choix multiple qui consiste à analyser un pronom placé dans une phrase afin de déterminer auquel des trois mots proposés il se réfère. C’en est tout pour cette leçon. La séquence suivante contient un exercice à trous sur les pronoms compléments le, les, la, l’ et ça (!). Directement après suit un encadré théorique assez succinct :18

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Évelyne Bérard, Gilles Breton et Christian Lavenne, Studio 100 : Méthode de français, Paris, Didier, 2001, p. 71.

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Les auteurs de Studio 100 prennent donc délibérément le parti de présenter le pronom ça conjointement aux pronoms compléments le, la, les, l’, ce qui ne manque pas de nous étonner quelque peu. Ceci nous semble d’autant plus déconcertant qu’ils affirment explicitement que le, la, les et l’ sont utilisés pour désigner un être animé tandis que ça est employé comme référent pour une chose inanimée. La contrevérité d’une telle règle est évidente : d’une part pour pronominaliser un terme désignant un inanimé, il est régulier d’employer les pronoms COD à la 3ème personne et d’autre part, les exemples donnés ici par Studio 100 pour illustrer les emplois de ça pourraient aussi bien contenir un pronom personnel. Une phrase telle que Le poisson ? Je l’adore ! est ainsi tout à fait correcte mais donne un sens différent à l’énoncé puisque l’article se voit conférer une valeur déictique que celui de la phrase donnée par Studio 100 ne présentait pas. La question des pronoms est ensuite passée sous silence pendant un long moment pour réapparaitre six leçons plus loin. À ce niveau là, un encadré grammatical vient présenter la distinction entre les pronoms COD et COI aux 3èmes personnes :19

Nous ne pouvons qu’apprécier le fait que les auteurs du manuel aient voulu se débarrasser des appellations « compléments d’objet direct et indirect », cependant, leur manière de présenter le sujet donne l’impression que ce sont les pronoms qui
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Évelyne Bérard, Gilles Breton et Christian Lavenne, Studio 100 : Méthode de français, Paris, Didier, 2001, p. 117.

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sont de « construction indirecte », or, nous l’avons vu, cette étiquette ne colle pas, étant donné que ceux-ci sont construits sans préposition. La liste jointe au bas de l’encadré peut faire l’objet des mêmes réflexions que celles qui ont été émises concernant celle de Panorama.20 Notons que jusqu’à présent, les formes des 1ères et 2èmes personnes n’ont pas encore été envisagées. Elles le sont à la séquence suivante, dans un encadré présentant d’un côté des phrases comportant des pronoms « de construction directe » à toutes les personnes et en face d’autres énoncés avec des pronoms « de construction indirecte ». De manière générale, nous remarquons la question de la place des pronoms dans la phrase n’est pas spécialement mise en avant. Le manuel ne comporte qu’assez peu d’exercices sur la question qui nous intéresse. En plus des deux activités anticipant l’arrivée du point grammatical que nous avons déjà mentionnées, Studio 100 n’en propose que deux : l’un consiste à classer les verbes selon leur construction et ceci à partir de phrases contenant des pronoms ; le second est un choix multiple qui donne à lire un énoncé quelconque et visant à faire choisir aux apprenants la construction à l’impératif qui correspond à la phrase initiale (ex. : « Tu peux téléphoner à tes parents ? » Réponses proposées : « Téléphone-lui !/Téléphone-leur !/Téléphone-nous ! »21). Au sortir de cette observation, nous remarquons que Studio 100, bien plus que les autres manuels de FLE, limite la production de l’apprenant qui, dans deux exercices sur quatre, peut se borner à choisir parmi les propositions qui s’offrent à lui. Des activités supplémentaires sont toutefois proposées dans le Cahier d’exercices. Ainsi, trois textes à trous et deux exercices de reformulation de phrases permettent aux apprenants qui le désirent d’exercer davantage leur connaissance des pronoms compléments. Nous pouvons juger regrettable le fait que ces activités, artificielles et restrictives, sont basées uniquement sur les formes des 3èmes personnes du pronom COD (les exercices à trous) ainsi que sur les constructions à l’impératif

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Cf. pp. 15-16. Évelyne Bérard, Gilles Breton et Christian Lavenne, Studio 100 : Méthode de français, Paris, Didier, 2001, p. 128.
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(exercices de reformulation) et ne permettent pas, selon nous, de mettre à l’épreuve tout le savoir acquis sur la question. À la fin de cette analyse, nous observons donc que Studio 100 ne présente pas toujours le système pronominal de façon satisfaisante (pensons par exemple à la règle établie sur le pronom ça en opposition avec le, la, les, l’), que les exercices, peu nombreux, restreignent au plus haut point la production, et qu’aucune activité n’est proposée dans le but amener l’apprenant à réaliser oralement des constructions pronominales.

3.1 Conclusion

Au sortir de l’observation des différents ouvrages de FLE, nous pouvons remarquer plusieurs constantes dans la manière de traiter les pronoms compléments. Si les thématiques séquentielles liées à ce point grammatical divergent fortement d’un manuel à l’autre, tous semblent considérer que l’étude des pronoms relève des connaissances de base. Nous ne partageons pas cette opinion. En effet, selon nous, l’apprentissage de la structure pronominale peutêtre réservée à un niveau intermédiaire étant donné qu’il est tout à fait possible de s’en passer en français, du moins dans les premiers temps. Nous notons également que tous à l’exception de Panorama décident de séparer les 3èmes personnes du reste des pronoms et de les traiter avant les autres. L’impression de morcellement qui peut résulter de cette démarche n’est malheureusement que trop peu souvent compensée par une vue d’ensemble du système pronominal. Force est aussi de constater que la terminologie employée pour désigner les pronoms est largement dépendante de l’étiquetage traditionnel qui souvent ne colle pas avec la réalité décrite. Enfin, pour en terminer avec l’analyse générale de la présentation des pronoms par les manuels, nous pouvons avancer que la plupart d’entre eux, que ce soit de manière explicite (Bonne route et Nouvel Espaces) ou non (Espaces et

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Panorama)22, s’accordent à penser que le pronom remplace le nom. Toutefois, une telle affirmation ne va pas de soi, comme nous le verrons par la suite.

Les exercices aussi sont la plupart du temps fondus dans le même moule. La majorité des activités relève de ce que nous pouvons appeler « exercices de transformation de phrase » qui, s’ils présentent des avantages, ne remporte pas notre adhésion en ce sens qu’ils peuvent devenir très vite lassant pour l’apprenant devant produire de cinq à dix fois exactement la même construction phrastique. Souvent, un texte à trous vient s’ajouter à cette « flopée » d’exercices de transformation. Bien qu’en général une seule réponse soit possible, et ce grâce à la contextualisation de la phrase, il n’en est pas moins que la création langagière « spontanée » de l’étudiant est réduite à zéro. Les manuels Bonne route et Studio 100 s’en tiennent à ce genre de mises en pratique coercitives. Espaces et Nouvel Espaces quant à eux tablent davantage sur l’activité communicative et intègrent de une à deux expressions orales sur la question des pronoms. Panorama est de loin le plus diversifié en termes d’exercices d’application puisqu’il propose une activité orale mais aussi écrite sur le sujet, ce qu’aucun autre manuel n’a fait.

La comparaison de ces cinq ouvrages nous amène à pencher plutôt en faveur de Panorama, de loin le plus clair et le plus complet et de Nouvel Espaces favorisant l’apprentissage « actif » de l’étudiant. Cependant, quelques

changements seraient à effectuer pour que ces derniers soient entièrement satisfaisants.

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Studio 100 est quand à lui plus prudent sur le sujet puisqu’il emploie les verbes « désigner » et « correspondre » au lieu de « remplacer » pour parler de la relation du pronom et du nom.

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4. Explication grammaticale sur les pronoms compléments

Notre discours grammatical se base essentiellement sur La Grammaire critique de Marc Wilmet23 ainsi que sur les 100 fiches pour comprendre les notions de grammaire de Gilles Siouffi et Dan Van Raemdonck.24

4.1 Terminologie
Comme nous avons pu le constater, les manuels de FLE recourent majoritairement à une nomenclature traditionnelle de « pronoms compléments d’objet direct et indirect ». Pour notre part, nous préférons nous détacher de cette appellation peu adaptée dans le sens où elle tend à donner une image faussée de ce qu’elle dénomme. Ainsi, nous nous débarrassons des étiquettes « complément d’objet direct et indirect » pour des raisons que nous avons déjà mentionnées.25 et emploierons à la place les termes de « complément du verbe I et II ». Nous prenons le parti de conserver le métaterme pronom, semblable à celui de la langue de nos apprenants (pronoun) et aboutissons donc au final à l’étiquette de « pronom complément I ou II ».

4.2 Définition

Le pronom, de manière générale, peut être défini comme étant un syntagme nominal synthétique.26 Une idée reçue, défendue par de nombreux grammairiens

23

« Fiche 52 : Le pronom », dans Gilles Siouffi et Dan Van Raemdonck, 100 fiches pour comprendre les notions de grammaire, Rosny-sous-bois, Bréal, 2007, pp. 110-111. 24 « Le pronom », dans Marc Wilmet, Grammaire critique du français, 2ème édition, Paris, Hachette, 1998, pp. 248-281. 25 Cf. pp. 14-15. 26 Il faut toutefois être attentif au fait que le pronom « le », peut synthétiser non seulement un syntagme nominal mais aussi un syntagme adjectival (Je suis riche à Je le suis) ou une proposition (Pierre veut que tu viennes à Pierre le veut).

22

et, nous l’avons vu, véhiculée dans les manuels de FLE, consiste à présenter le pronom comme un substitut du syntagme nominal. Cependant, une théorie plus récente, reprise par Marc Wilmet, tend à inverser la vapeur et à défendre la conception selon laquelle ce ne serait pas le pronom qui jouerait le rôle de « remplaçant » du nom mais bien le nom qui serait un développement du pronom. Bien que les deux explications semblent à nos yeux tout à fait défendables, nous pencherions davantage pour la seconde.

4.3 Classification des pronoms compléments

Les pronoms personnels traditionnellement appelés « compléments » ne s’inscrivent pas dans un groupe homogène. Il nous faut distinguer deux catégories séparant les formes le, la, les, l’ de l’ensemble constitué par les pronoms me, moi, nous, te, toi, vous, lui, leur. En effet, ces deux types de pronoms ne font pas l’objet d’une formation identique. Les premiers sont la conséquence d’une pronominalisation des articles dits « définis ». Ils résultent d’une réduction du syntagme nominal de base, non d’une substitution, et de ce fait, présentent une ressemblance morphologique avec ce syntagme (ex. : Marie regarde le chien à Marie le regarde). À l’inverse, me, moi, nous, te, toi, vous, lui, leur sont bel et bien des pronoms par nature puisqu’ils substituent au syntagme une forme qui ne fait plus que reprendre le ou les déterminant(s) du noyau nominal (ex. : Je parle à Marie à Je lui parle). Il nous semble important de préciser que certains aspects des formes le, la, les, l’ font d’eux des pronoms quelques peu « hybrides ». Ainsi, le fait notamment que ces formes dépassent le cap de la simple réduction puisqu’ils sont relégués devant le verbe (ex. : Marie boit le beaujolais à Marie le boit) ; le fait qu’ils ne puissent remplacer des syntagmes nominaux qu’en fonction de complément du verbe ou d’attribut (ex. : Le beaujolais est arrivé à Il est arrivé et non *Le est arrivé) ; ou encore qu’ils tendent à l’invariabilité en place d’attribut (Je suis la reine à Je le suis) permettent de les rapprocher des autres pronoms compléments.
23

Il faut également établir une distinction entre pronoms accentués et non accentués qui sera d’autant plus pertinente que la connaissance des formes toniques est nécessaire pour former une structure pronominale avec un impératif positif. Ainsi, nous établirons trois catégories, celle des formes intrinsèquement accentuées (me, te), celles des pronoms non accentués (moi, toi) et enfin la dernière constituée des formes qui peuvent être soit l’un soit l’autre selon leur emploi (nous, vous, le, la, lui, les, leur).

4.4 Le choix et la place du pronom

Le choix de l’un ou l’autre pronom se fera selon la personne grammaticale engagée, le nombre, et, en ce qui concerne les 3èmes personnes, les critères de genre (le/la) et de fonction (le/lui) entrent également en compte. Ainsi, le tableau suivant pour les pronoms personnels complément I et II :

Pronoms Pronoms Pronoms Pronoms Compléments Compléments compléments compléments I II I II
(Non accentués) (Non accentués) (Accentués) (Accentués)

1 pers. 2ème pers. 3ème pers.

ère

Singulier Pluriel Singulier Pluriel Singulier Pluriel

ME/M’ NOUS TE/T’ VOUS LE /LA/L’ LES LUI LEUR LE/LA LES

MOI NOUS TOI VOUS LUI LEUR

En règle générale, le pronom complément se place juste devant le verbe auquel il se rapporte et dont il ne peut être séparé. Ex. : Je le regarde ; Ne me regarde pas ; Me regardes-tu ? ; La regarder serait une erreur, etc. Le cas des pronoms employés avec un impératif positif constitue une exception puisque celui-ci se place alors derrière le verbe auquel il est rattaché par
24

un trait d’union. Ex. : Regarde-le ! Une autre remarque doit être faite au sujet des propositions contenant un verbe conjugué suivi d’un infinitif. En effet, Le pronom peut se placer soit juste devant l’infinitif (ex. : Je désire la voir), soit devant le verbe conjugué (ex. : Je la regarde manger). Les grammaires de FLE favorisent l’option du « listage » des verbes pour lesquels le pronom est renvoyé à l’avant de la phrase (ce sont les verbes regarder, voir, sentir, entendre, écouter, envoyer, laisser, faire) En réalité, la différence réside dans le fait que dans le premier cas, le référent du pronom n’est le « sujet » d’aucun des deux verbes (dans Je désire la voir, ce n’est ni le la qui désire, ni le la qui voit) tandis que dans le second cas, le pronom peut être considéré comme le « sujet » de l’infinitif, d’où son renvoie en début de phrase, place habituelle des termes en fonction sujet (dans Je l’envoie chercher le courrier, le référent du l’ fait l’action d’aller chercher le courrier)

25

5. Proposition de leçon
La leçon précédente a été consacrée à la visite du Musée Royal des Arts anciens de Belgique. Lors de cette dernière, il a été demandé aux apprenants de choisir leur tableau favori et de se préparer à pouvoir expliquer les raisons de leur préférence. Ainsi, la nouvelle séance s’ouvre sur la présentation des œuvres retenues.27 Si des erreurs importantes sont produites lors de ces exposés individuels, nous intervenons, sans pour autant relever chaque petite faute. La seconde étape de la leçon consiste en la lecture de l’article modifié de Coline Arbouet intitulé « Picasso et ses maîtres : plus qu’une expo, un événement ! ».28 Ce texte assez simple nous permet de nous inscrire dans la thématique développée lors du cours précédent et d’introduire en douceur le point grammatical qui nous intéresse. Après avoir demandé aux étudiants de lire l’article individuellement, nous répondons aux éventuelles questions de vocabulaire (en évitant à tout prix la facilité de la traduction), soulignons les termes plus spécifiques à notre thématique (expo/exposition ; chefs d’œuvre ; etc.) et posons ensuite une série de questions sur le contenu du document, en veillant bien à ce que ce ne les réponses ne soient pas fournies par une seule personne :

- Quel est le but de l’exposition ? - Dans les trois musées qui participent, où a lieu la plus grande partie de l’exposition selon vous ? - Qu’est ce que les tableaux du Louvre ont de particulier ? - D’où viennent les tableaux ? Nous attirons ensuite l’attention sur les formes en gras dans le texte et tentons d’amener nos élèves à établir un lien avec les pronoms me, te, nous, vous déjà étudiés précédemment. Les étudiants sont ensuite invités à reprendre chacun de ces termes et à spécifier à quoi ils renvoient (la se réfère à « exposition » ; lui à
27

S’il devait s’avérer impossible d’emmener notre classe au musée, nous pourrions imaginer avoir demandé aux étudiants lors de la séance précédente de choisir leur tableau préféré, d’en amener une reproduction et de le présenter devant la classe. 28 Cf. Annexe 1.

26

« Picasso » etc.). Enfin, nous voyons s’ils sont capables de comprendre la distinction entre le les et le leur (l. 10) qui, se référant au même mot, se différencient uniquement en raison de la construction du verbe auxquels ils se rapportent. Nous en venons à cet instant à l’exposé du point grammatical. Aucun élément définitoire sur la notion du pronom n’est fourni cette fois-ci, étant donné que les étudiants ont appris auparavant à quoi ce terme correspondait. Un encadré vide comparable à celui présenté plus haut29 est tracé au tableau et les apprenants sont amenés à réfléchir tous ensemble à la manière de le compléter. Nous expliquons ensuite que, à l’inverse des formes des 1ères et 2èmes personnes, les pronoms de la 3ème personne varient en fonction du verbe auquel ils se rapportent. Étant donné que la question de la construction des verbes a déjà été enseignée, nous ne revenons pas longuement dessus. Nous précisons simplement qu’on emploie le pronom complément II quand ce dernier renvoie à un nom qui aurait été introduit par une préposition (le plus souvent à) s’il avait été mentionné (ex. : Je lui parle à Je parle à Marie, à Pierre etc. MAIS Je le regarde à Je regarde xPierre par exemple). Bien évidemment, s’il est constaté que la construction des verbes pose problème aux apprenants, nous tentons de remédier à cette situation en nous attardant un peu sur le sujet. Par la suite, nous soulignons rapidement le fait qu’à la 3ème personne du singulier pour les pronoms compléments I la question du genre entre aussi en compte puisque selon que le terme auquel il se réfère est masculin ou féminin, il prendra une forme différente (le ou la). La question de la position des pronoms au sein de la phrase ayant déjà été abordée lors de l’analyse des formes me, nous, te, vous nous ne revenons pas sur ce point. Nous faisons simplement remarquer aux étudiants que, à la différence des 1ères et 2èmes personnes du singulier (me, te), les pronoms des 3èmes personnes ne changent pas quand ils sont accentués et que par conséquent, ils ont toujours la même forme, même lorsqu’ils sont placés après un impératif positif (Je lui demanderai à Demande-lui ! ou Je le regarde à Regarde-le !). Nous passons ensuite à la mise en pratique. Le premier exercice consiste à remplir des phrases à trous au moyen des formes rencontrées dans le texte
29

Cf. p. 24.

27

introductif.30 Le but est ici de voir si les apprenants se rappellent la construction des verbes français qui diverge parfois de celle de leurs correspondants anglais. Quelques minutes sont ainsi laissées aux étudiants pour compléter les phrases. La correction se fait oralement. Il nous semble pertinent d’insérer cette activité avant les autres, étant donné que grâce à celle-ci les étudiants seront certainement plus attentifs à l’importance de la construction verbale lors des exercices qui suivent et qui amènent une production plus spontanée. La seconde activité est consacrée à une expression écrite. Chaque étudiant se voit distribuer une planche de bande dessinée modifiée, extraite d’un ouvrage de Boule et Bill illustrant une vente aux enchères.31 La consigne qui y est adjointe spécifie clairement qu’ils doivent utiliser des pronoms compléments. Étant donné qu’il s’agit en quelque sorte de présenter un tableau, nous pouvons imaginer que les apprenants utiliseront principalement des 3èmes personnes. Lorsque chacun a achevé son exercice, nous faisons lire les réalisations. Nous poursuivons ensuite avec une production orale. Par groupes de deux, les apprenants doivent dialoguer sur base de la situation suivante : « Vous êtes deux collègues chargés de l’organisation d’une grande exposition. Le directeur d’un musée ne veut pas vous prêter une œuvre très importante. Chacun pose des questions à l’autre pour savoir ce qui a déjà été proposé afin de convaincre ce directeur de musée et pour savoir quelles sont les raisons de son refus. Dans un second temps, vous émettez des idées pour obtenir ce tableau qu’il vous faut coûte que coûte ! ». Nous nous permettons de spécifier que, le but d’un tel exercice étant bien entendu de pratiquer la langue, de simples oui-non ne suffisent pas comme réponses ! Pendant la durée de cet exercice, nous passons entre les bancs et corrigeons les erreurs quand cela s’avère nécessaire. Il semble préférable de placer cette activité à la fin du cours, car selon nous, la production orale est facilitée du fait que les élèves ont résolu des exercices écrits auparavant ; la conversation se fera peut-être de manière plus souple que si cet exercice avait été placé avant celui de la bande dessinée. S’il se révélait que nos étudiants sont des petits génies sur la matière pronominale et que, ces derniers ayant été très rapides à réaliser tous les exercices proposés, il reste du temps à écouler, nous pourrions leur faire visionner à deux ou
30 31

Cf. Annexe 2. Cf. Annexe 3.

28

trois reprises la vidéo de l’émission d’Art d’Art ! consacrée à la présentation de l’urinoir de Marcel Duchamp, d’une durée de moins de deux minutes.32 Ainsi s’achèverait donc le cours sur les pronoms compléments.

32

Bruce Lassau, « Marcel Duchamp, La fontaine», dans D’Art d’Art !, Paris, Froggies, 3 juin 2007, 1 min. 55 sec., http://dartdart.france2.fr/?fichesEmissions=/france2.fr/programmes/dartdart /archives/31453081-fr.php, consulté le 20 octobre 2008.

29

6. Conclusion

Au sortir de l’analyse de différents manuels de français langue étrangère, nous avons pu constater que beaucoup reproduisaient la grammaire traditionnelle, au détriment parfois de la clarté. Nous avons tenté de réorganiser le système pour donner à l’apprenant une image moins floue de la question pronominale. Il nous semblait important d’insister davantage sur la 3ème personne, étant donné que c’est à ce niveau que les pronoms français diffèrent le plus de leur correspondants anglo-saxons. 33 L’accent devait également être porté sur le choix du complément I ou II vu que la construction des verbes n’est pas identique dans les deux langues. Pour cette raison, nous avons inséré un exercice visant uniquement à vérifier la bonne connaissance de cette matière. De manière générale, nous avons favorisé les activités nécessitant une véritable production de la part des étudiants. Car même si les exercices de drill peuvent avoir des avantages puisqu’ils limitent la possibilité de faute, il n’en reste pas moins que….« c’est en forgeant qu’on devient forgeron » !

33

En effet, le système anglais ne prévoit pas de différenciation morphologique entre pronom complément du verbe I et un complément du verbe II ; le second se caractérise uniquement par l’adjonction de la préposition to ex. : I told him not to come / I’ll talk to him.

30

7. Bibliographie

7.1 Documents utilisés pour la leçon
- ARBOUET Coline, « Picasso et ses maîtres : plus qu’une expo, un événement ! », dans Les clés de l’actualité junior, 9 octobre 2008, http://www.lesclesjunior.com/rubriques/france/arts/picasso-et-ses-maitres-plusqu2019une-expo-un-evenement, consulté le 27 octobre 2008. - LASSAU Bruce, « Marcel Duchamp, La fontaine», dans D’Art d’Art !, Paris, Froggies, 3 juin 2007, 1 min. 55 sec., http://dartdart.france2.fr/?fichesEmissions=/france2.fr/programmes/dartdart/arc hives/31453081-fr.php, consulté le 20 octobre 2008. - ROBA, « Enchères et un os », dans Attention chien marrant, Belgique, Dupuis, 1974, p. 7.

7.2 Discours grammaticaux sur les pronoms

- WILMET Marc, Grammaire critique du français, 2ème édition, Paris, Hachette, 1998, 704 pp. - WILMET Marc, Grammaire rénovée du français, Bruxelles, De Boeck, 2007, 331 p. - SIOUFFI, Gilles, et VAN RAEMDONCK, Dan, 100 fiches pour comprendre les notions de grammaire, Rosny-sous-bois, Bréal, 2007, 219 pp.

7.3 Manuels de français langue étrangère

- CAPELLE, Guy, et GIDON, Noëlle, Espaces 1, Paris, Hachette, 1990, 208 pp. - CAPELLE, Guy, et GIDON, Noëlle, Espaces 1 : Cahier d’exercices, Paris, Hachette, 1990, 96 pp.

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- CAPELLE, Guy, et GIDON, Noëlle, Le Nouvel Espaces 1, Hachette, 1995, 206 pp. - CAPELLE, Guy, et GIDON, Noëlle, Le Nouvel Espaces 1 : Cahier d’exercices, Paris, Hachette, 1990, 96 pp. - CRIDLIG, Jean-Marie, et GIRARDET, Jacky, Panorama 1 : Méthode de français, Paris, CLE international, 1996, 192 pp. - BÉRARD, Évelyne, BRETON, Gilles, et LAVENNE, Christian, Studio 100 : Méthode de français, Paris, Didier, 2001, 159 pp. - BÉRARD, Évelyne, BRETON, Gilles, et LAVENNE, Christian, Studio 100 : Cahier d’exercices, Paris, Didier, 2001, 143 pp. - GIBERT, Pierre, et GREFFET, Philippe, Bonne route 1: Méthode de français, Paris, Hachette, 1988, 257 pp.

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TABLE DES MATIÈRES

1. Fiche signalétique...…………………………………………………………….2

2. Introduction…………………………………………………………………….3 3. Les pronoms compléments dans différents manuels de français langue étrangère………………………………………………………………………..4 3.1 Bonne route……………………………………………………………………4 3.2 Espaces……………………………………………………………………… …7 3.3 Le Nouvel Espaces…………………………………………………………...11 3.4 Panorama…………………………………………………………………….13 3.5 Studio 100……………………………………………………………………17 3.6 Conclusion…………………………………………………………………...20 4. Explication grammaticale sur les pronoms……………………………………22 4.1 Terminologie……...………………………………………………………….22 4.2 Définition…………………………………………………….……………....22 4.3 Classification des pronoms personnels compléments………………………..23 4.4 Le choix et la place du pronom………………………………………………24 5. Proposition de leçon…………………………………………………………..26 6. Conclusion…………………………………………………………………….30 7. Bibliographie…………………………………………………………………..31

33

Annexes

34

Annexe 1

Arts Picasso et ses maîtres : plus qu’une expo, un événement ! C’est sans doute l’événement artistique de l’année. Depuis hier et pendant quatre mois, trois des plus grands musées français (Le Louvre, Orsay et Le Grand Palais) accueillent l’exposition « Picasso et ses maîtres ». Il faut absolument la voir ! Durant toute sa vie artistique, Picasso (1881-1973) s’est toujours inspiré des peintres qui l’ont précédé et notamment de Vélasquez, Goya, Manet, Delacroix, Ingres, Van Gogh, Rembrandt, etc. Ce sont ces influences multiples que l’exposition « Picasso et ses maîtres » veut mettre en valeur. Souvent, Picasso s’est inspiré des œuvres de ses maîtres pour les détourner, leur donner un caractère décalé, voire même parfois, ironique. L’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais présente près de 210 œuvres. Au Louvre, l’exposition tourne autour du tableau « Femmes d’Alger dans leur appartement » réalisé par Eugène Delacroix. Cette œuvre, Picasso l’a imitée pour peindre une série de tableaux qui sont réunis ici. Enfin, le musée d’Orsay présente les œuvres de Picasso réalisées à partir du tableau « Déjeuner sur l’herbe » de Manet. Pour réunir tous ces chefs-d’œuvre, l’exposition a nécessité une organisation considérable. Il a fallu faire venir les tableaux du monde entier, mettre en place un système de protection pour ne pas les endommager et prévoir une sécurité sans failles. En tout, cela aura pris 3 ans et coûté plus de 4 millions d’euros. D’après un article de Coline Arbouet

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Annexe 2

Exercices
Complétez les phrases avec les pronoms le/la/l’/les/lui ou leur.

1. Il y a un nouveau musée sur les arts premiers à Paris, tu…………as visité ? 2. – 3. – Ce portrait, tu sais qui …………a peint ? Non, mais il y a un guide là, on peut…………demander ! Marie ne sait pas ce qu’elle va offrir à ses sœurs pour Noël. Je …………….ai conseillé de…………faire un dessin,

ça…………plaira certainement. 4. Je………….enverrai le catalogue de l’exposition demain, il

…………recevra sûrement dans trois jours. 5. Hier, je suis allé au Louvre avec Martin pour…………montrer la Joconde. 6. Je…………dis toujours de ne pas laisser les pinceaux pleins de peinture mais ils n’écoutent jamais ! 7. Tu peux emmener tes amis voir une galerie d’art si ça …………intéresse.

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Annexe 3

Expression écrite :

Compléter les cases vides de cette bande dessinée. Employer des pronoms compléments et…. Faites fonctionner votre imagination !

D’après Boule et Bill, « Enchères et un os ».

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