Iran - affaire Sakineh Mohammadi Ashtiani

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					 L'Iran a accusé mercredi l'Occident d'utiliser le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani, une Iranienne condamnée à mort par
lapidation pour adultères, comme moyen de "pression", après l'annonce par des comités de soutien d'une exécution imminente, qui
n'a apparemment pas eu lieu.

Les Occidentaux "sont si insolents qu'ils ont transformé le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani, qui a commis des crimes et qui a
trahi (son mari, ndlr), en une affaire de droits de l'Homme", a déclaré Ramin Mehmanparast, porte-parole du ministère des Affaires
étrangères, cité par l'agence Isna.

Ils ont fait de "son cas un symbole de la liberté de la femme dans les pays occidentaux (...) Ils tentent d'utiliser un simple dossier
(de droit commun) comme un moyen de pression contre l'Iran", a-t-il ajouté.

Un jugement a condamné Sakineh Mohammadi-Ashtiani à la pendaison pour son implication dans le meurtre de son mari et un
autre à la lapidation pour d'autres charges d'adultère.

La première condamnation a été commuée en appel en une peine de dix ans de prison. Mais la condamnation à la lapidation a été
confirmée en 2007 par la Cour suprême.

La crainte d'une lapidation imminente, dénoncée cet été par le fils de Sakineh, Sajjad, avait déclenché une vaste campagne
internationale de soutien.

L'exécution de cette peine a été suspendue par la justice début juillet mais, depuis, des comités de soutien craignent qu'elle soit
finalement exécutée.

Les autorités iraniennes ont affirmé à plusieurs reprises depuis juillet que le dossier était en "cours d'examen", laissant entendre
qu'il n'y avait pas de verdict final.

Mardi, l'inquiétude a été ravivée par des informations reçues par le Comité international contre la lapidation.

Selon des sources iraniennes, le nom de Sakineh figure sur la liste des condamnés à mort devant être exécutés lors des prochains
jours ou semaines, établie par la Cour suprême à Téhéran et communiquée récemment dans une lettre à la prison de Tabriz, où
elle est détenue, a expliqué Mina Ahadi, porte-parole du Comité international contre la lapidation, basé en Allemagne.

Mercredi, Mme Ahadi a indiqué que Sakineh n'avait "pas été exécutée aujourd'hui".

"L'heure des exécutions est maintenant passée, ce n'est donc pas pour aujourd'hui. Mais (...) cela peut arriver à tout moment", a-t-
elle dit.

Selon elle, la communauté internationale a joué un rôle dans le fait que cette mère de famille de 43 ans ait encore la vie sauve, a
estimé Mme Ahadi.

La Maison Blanche a condamné mardi "dans les termes les plus forts" la possible exécution imminente de Sakineh et la chef de la
diplomatie européenne Catherine Ashton a demandé "à l'Iran d'arrêter cette exécution et de commuer la condamnation".

Les autorités iraniennes n'ont pas réagi directement à ces informations selon lesquelles la peine de mort avait été confirmée.

Lundi, le porte-parole de la justice, Gholamhossein Mohseni Ejeie, également procureur général du pays, avait fait état de
l'arrestation de Houtan Javid Kian, l'avocat de Mme Mohammadi Ashtiani.

Il est "lié aux groupes contre-révolutionnaires basés à l'étranger", avait-il dit notamment.

Houtan Javid Kian a été arrêté le 10 octobre avec deux journalistes allemands, entrés en Iran avec des visas touristiques, qui
voulaient interviewer le fils de la condamnée.

Selon le site conservateur Rajanews, le fils de Mme Mohammadi Ashtiani a également été arrêté.

"Le dossier nucléaire est un prétexte. Même si nous avions cédé sur nos droits (en matière nucléaire), ils auraient immédiatement
ouvert d'autres dossiers comme celui des droits de l'Homme", a ajouté mercredi M. Mehmanparast.

L'Iran est dans le collimateur de la communauté internationale en raison de son programme nucléaire. Les Occidentaux
soupçonnent Téhéran de chercher à développer la bombe atomique sous couvert de programme nucléaire civil.

				
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