Biographie de Joseph-Gérard MACORS
« MACORS, Joseph-Gérard, né à Liége le 6 juin 1817, décédé à Embourg le 26 août 1886. Joseph-Gérard Macors fit ses humanités au Collège Communal de Liége ; il sortit de cet établissement en août 1834 avec le certificat summa cum laude et se fit immédiatement inscrire au nombre des étudiants de l'Université de la même ville. Le décès prématuré de son père l'obligea malheureusement à interrompre, pendant un certain nombre d'années, ses études supérieures pour pouvoir s'occuper des intérêts pécuniaires de sa famille. Ceux-ci étant sauvegardés, il se remit à ses travaux intellectuels1. Le 16 septembre 1845, l'Université de Liége lui conférait, avec grande distinction, le grade de Docteur en Droit. Un mois plus tard, le 25 octobre 1845, il était nommé agrégé près la Faculté de Droit. Le 9 octobre 1847, un arrêté ministériel lui confiait l'enseignement du Droit Public ; le 15 septembre 1848, il se voyait attribuer, avec le titre de professeur extraordinaire, la chaire d'Histoire politique moderne dans la Faculté de Philosophie et Lettres. L'année suivante, il vit également placer dans ses attributions, le cours d'Introduction historique au droit civil, que venait de créer la loi de 1849. Enfin, le 8 novembre 1876, il fut chargé, en remplacement de Godefroid Kurth, du cours d'Histoire politique interne de la Belgique, qu'il conserva jusqu'au 6 novembre 1880. Professeur ordinaire le 24 septembre 1857, J.-G. Macors avait rempli les fonctions de secrétaire académique pendant l'année 1854-1855. Joseph-Gérard Macors ne pensa jamais que ses occupations professionnelles devaient absorber son activité au point de le tenir éloigné de la vie publique. Dès sa prime jeunesse, il participe ardemment aux luttes du forum. Il se trouve encore sur les bancs de l'Université que déjà il marque sa place parmi les militants du parti libéral où d'emblée et délibérément, il est allé se placer à l'aile gauche radicale. Il est à peine né à la vie politique que déjà il fait figure de porte parole de la minorité. Il n'hésite pas à se dresser devant Frère-Orban, chef incontesté du libéralisme liégeois, à qui il reproche sa méconnaissance des questions sociales et son modérantisme. J.-G. Macors arrive à prendre sur ses amis politiques un ascendant si considérable que Frère-Orban, dans une lettre adressée à son ami Delfosse, le 29 avril 1845, croit devoir faire mention non sans amertume, de l'activité du jeune leader radical2. En 1846, Macors, en collaboration avec son ami Bailleux, rédige un manifeste Au congrès libéral sur la question de programme qui fait une impression considérable et n'est pas étranger à certaines résolutions adoptées par le Congrès libéral de 1846. « En Belgique, écrivent les deux jeunes publicistes, il n'y a d'autres pouvoirs que ceux proclamés par la Constitution ; elle protège les intérêts religieux, catholiques ou autres, mais ne reconnaît aucun pouvoir spirituel, aucune autorité ecclésiastique ». Ils invitent le Congrès à formuler un programme sur la signification et la portée duquel il n'y aura pas à se méprendre, et qui serait comme la charte et comme la règle de conduite des libéraux belges. Ils demandaient l'abaissement et l'uniformité du cens électoral, mesures qui devaient rendre aux villes leur légitime influence ; l'abolition du cens d'éligibilité pour les fonctions de conseiller communal ; la loi des incompatibilités c'est-à-dire l'éloignement des fonctionnaires de tout conseil électif, au moins de ceux qui portent un caractère politique ; la création d'un enseignement national à tous les degrés d’enseignement où les ministres des cultes ne pourraient intervenir à titre d'autorité ; enfin ils proposaient une série d'améliorations à introduire dans l'intérêt des classes ouvrières, préconisaient en principe l'impôt sur le revenu ; et, en attendant le moment où une telle réforme serait devenue possible, recommandaient, comme mesure transitoire, l'abolition des octrois,
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Voyez pour les détails A. LE ROY, Liber Memorialis, col. 861 et suiv. (Liége, 1869). Paul HYMANS, Frère-Orban, t. I, p. 85.
lesquels pourraient être utilement remplacés par une capitation qui, étant basée sur le revenu, dégrèverait immédiatement les familles peu aisées3. Élu conseiller communal en août 1848, J.-G. Macors siégea à l'Hôtel de Ville jusqu'en 1857. Il s'occupa tout spécialement des questions d'assistance publique et des problèmes ayant trait à l'embellissement et à l'agrandissement de la Ville de Liège. Il consigna ses conceptions en ces matières dans une série de mémoires qui eurent à leur époque beaucoup de retentissement. Comme spécialiste du Droit Public, Macors se préoccupa d'apporter sa contribution à l'étude de problèmes d'ordre juridique et politique dont certains présentent encore un caractère d'actualité. Ses études relatives à la défense nationale, à la conclusion de conventions pour soumettre la guerre aux normes juridiques, aux pouvoirs de police des autorités communales, ont sans doute vieilli, en raison de l'évolution des idées et des événements, mais son Examen de l'étude de M. Charles Faider sur l'application des lois constitutionnelles, paru en 1851, n'a rien perdu de son intérêt. J.-G. Macors continua son enseignement jusqu'en 1885, époque où il fut remplacé dans ses cours par Léon Houet. Le Gouvernement, pour récompenser ses services, l'avait inscrit dans l'Ordre de Léopold. J.-G. Macors ne jouit guère du repos qu'il avait cependant si bien mérité. Le 26 août 1886 la mort le frappait brusquement. Le Recteur appréciant sa longue carrière consacrée tout' entière à l'enseignement et au service public prononçait de lui ce bel éloge : « L'Enseignement de Macors a laissé des traces brillantes. Son jugement était aussi sûr et aussi droit que son cœur, et son dévouement à l'Université et à ses amis était absolu ». » (G. DOR, in : L. HALKIN (éd.), Liber memorialis de l’Université de Liège de 1867 à 1935, Liège, Rectorat de l’Université, 1936, pp. 659-662).
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Voyez sur la question: Alph. LE ROY, Biographie de F. Bailleux, p. 7 (Liége, 1867) et Liber Memorialis, col. 863 (Liége, 1869).