Biographie de Tahani Rached Un texte de l’ONF, 2004 Née au Caire, en Égypte, en 1947, Tahani Rached s'établit au Québec en 1966. Après des études à l'École des Beaux-Arts de Montréal, elle s'engage dans l'action communautaire auprès d'organismes comme SUCO et Carrefour international, pour lesquels elle tourne des vidéos entre 1973 et 1975. Elle signe également pour le Vidéographe, en 1973, Pour faire changement. Puis elle coréalise avec Martin Duckworth, en 1976, Les mesures de contrôle et une nouvelle société. Elle tourne ensuite la même année un documentaire pour le Front commun syndical, Leur crise on la paye pas. Pour Radio-Canada, elle réalise, en 1979, Les Frères ennemis. En 1985, sort son premier long métrage, Les Voleurs de jobs, sur les travailleurs émigrés, pour une maison de production indépendante. À ce moment, elle est déjà depuis un an à l'ONF où elle réalisera, par la suite, tous ses autres films. Après un court métrage sur le phénomène du walkman, La Phonie furieuse, en 1982, elle signe, en 1983, Beyrouth! « À défaut d'être mort », documentaire dramatique et majestueux sur des rescapés libanais après le massacre de Sabra et Chatila. Puis elle tourne, entre 1985 et 1987, trois films sur Haïti. Haïti - Québec sur la communauté haïtienne installée à Montréal; Bam Pay A! Rends-moi mon pays!, l'histoire du retour d'un Haïtien dans son pays natal après le départ de Jean-Claude Duvalier; Haïti, Nous là! Nou la!, sur le climat d'émeute qui régnait lors des élections avortées du 29 novembre 1987. En 1990 sort Au chic Resto Pop, qui connaît un grand succès. Le film montre le fonctionnement d'un restaurant communautaire à prix modique. Sa grande nouveauté réside dans les chansons écrites par les employés du restaurant et mises en musique par Steve Faulkner. Tahani Rached y poursuit en quelque sorte l'utilisation de la musique entreprise dans Beyrouth! «À défaut d'être mort». Elle se penche ensuite, en 1993, avec Médecins du cœur, sur l'univers du sida à travers le portrait d'omnipraticiens (dont le plus connu est Réjean Thomas), de chercheurs, de philosophes et de spécialistes en éthique. Ce film profond montre en particulier combien est difficile et exigeant le métier de médecin, surtout quand on affronte un mal comme le sida, qui pose des questions autant sur le plan moral que social. En 1997, la cinéaste retourne dans sa ville natale, le Caire, pour y filmer quatre amies cairotes, quatre intellectuelles divisées sur leurs constats social et religieux mais unies par une amitié indéfectible. Quatre femmes d'Égypte saisit l'existence de femmes lucides et farouchement joyeuses. Tahani Rached revient au Québec pour signer, en 1999, un autre essai sur l'univers médical. Cette fois, ce sont sur ceux et, surtout, celles qui sont le plus près des malades que se penche Urgence! Deuxième souffle. Le film suit le quotidien d'une équipe de l'urgence du Centre hospitalier Pierre-Boucher, de Longueuil. La réalisatrice reprend sa manière de construire un documentaire en y intégrant, comme dans Au chic Resto Pop, des chansons qui, ici, commentent le harassant et essoufflant travail de l'équipe de l'urgence. Sans abandonner véritablement ses préoccupations sociales, elle se tourne, ensuite, en 2001, vers un monde plus bourgeois avec À travers chants, et révèle l'univers méconnu et, souvent méprisé des chorales. Celle-ci est formée de 55 personnes qui préparent un concert pendant plusieurs mois. Le film, extrêmement bien construit, est étonnant. On en sort rempli d'entrain et de paix. Enfin, en 2003, Soraida, une femme de Palestine, elle explore le questionnement, l'imaginaire, l'âme d'une Palestinienne, sa famille, son quartier, une nation qui fait l'impossible pour survivre à la guerre et à l'enfermement.