FORUM DES COMMUNAUTES DES REGIONS DU NORD-MALI by iop15920

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									FORUM DES COMMUNAUTES DES REGIONS
           DU NORD-MALI
   KIDAL DU 31 OCTOBRE AU 1er NOVEMBRE 2009
 INITIE PAR LES IFOGHAS, KOUNTA ET ALLIES




                                     Finalisé Par Cheick AG BAYE
                                        Kidal, le 07 novembre 2009


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              RAPPORT GENERAL DU FORUM
       DES COMMUNAUTES DES REGIONS DU NORD –MALI


L’an deux neuf du 31 octobre au 02 Novembre s’est tenu à Kidal, capital
de la 8eme Région du Mali, le forum inter communautaire des régions
Nord du Mali, initié par les communautés Ifoghas, Kountas et alliés sous
l’autorité du Gouverneur de la région.

L’objectif du Forum est de « promouvoir le Dialogue intercommunautaire
de façon à enrayer toute forme de violence et de rebellions cycliques et
contribuer ainsi à une analyse stratégique du problème d’insécurité
dans les régions du Nord en se fondant sur une approche
participative ».

Quatre thèmes ont alimentés les débats au cours des travaux : la
cohésion sociale et paix, la sécurité et développement, l’administration
en zones nomades et l’Islam facteur de cohésion sociale et de paix
dans notre société.

Ont pris part à ce Forum, mille quatre cents trente deux (1432)
participants composant les délégations venues des trois régions Nord
du Mali et de Bamako.

Le Forum a enregistré la présence du ministre du Commerce et de
l’Industrie Monsieur Amadou Abdoulaye DIALLO, celle de Monsieur
Mohamed Elmoctar, ministre de la Culture, du président du Haut
Conseil des Collectivités Monsieur Oumarou Ag Mohamed Ibrahim, du
2eme vice président de l’Assemblée Nationale l’honorable Assarid Ag
Imbarcawan, les       honorables Députés à l’Assemblée Nationale :
Abouzeidi Ousmane MAIGA,
Abdou SIDIBE
Atta Ag HOUD ,
Bajan Ag Hamatto
Mme HAIDARA Chatou CISSE
Ibrahim Ag Mohamed Assaleck
Mohamed Ag Intalla
Ahmada Ag Bibi
 Alghabass Ag Intalla ;


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et Azaz Ag Loudagdag 5eme vice président du Haut Conseil des
Collectivités.

Le Forum a également enregistré une présence remarquable, celle des
Conseillers Nationaux, des présidents des Assemblées Régionales, des
présidents des Conseils de Cercles, des Maires et des Conseillers
municipaux.

Des administrations centrales, régionales et locales, des Chefs de
villages et de fractions des communautés des trois régions du Nord du
Mali ont répondus massivement à l’invitation.

Le Forum a noté la présence du président de la Commission du suivi de
l’Accord d’Alger , du Directeur Général de l’Agence du Développement
du Nord,du Directeur de l’Agence National d’Investissement des
Collectivités Territoriales , ainsi   que celles des représentations
diplomatiques et consulaires de l’Algérie et de la Libye.

Dans son discours de bienvenu le maire de la commune urbaine de
Kidal a salué toutes les délégations et leur a souhaité un agréable
séjour. Il a attiré l’attention sur les charges qui pèsent sur les
participants : la recherche de la paix en considérant qu’il est impératif
qu’on juge désormais chacun sur les actes qu’il pose par rapport à la
quiétude et à la sécurité des populations. En conclusion, le maire a
invité les     participants à dégager des résolutions pertinentes en
débattant en toute franchise pour la réussite de la rencontre.

Le Chef traditionnel des Ifoghas Intalla Ag Attaher a dans son adresse,
remercié le Président de la République, pour son appui à l’organisation
de la Rencontre. Il a souhaité la bienvenue à toutes les délégations au
nom de sa tribu et engagé tout le monde à poser des actes concrets
pour une paix durable et pour la lutte contre le trafic de drogue. Il a
recommandé que les communautés des régions Nord du Mali renouent
avec nos anciennes et bonnes traditions ;

Le Chef traditionnel de la communauté Kounta, Baba Ould Sidi Elmoctar,
a également salué les participants à la rencontre et leur a souhaité la
bienvenue au nom de sa communauté. Il a rappelé que l’objectif est de
restaurer la paix, mettre fin au banditisme et au trafic de drogue. Il a
remercié, le Président de la République pour ses efforts personnels dans
la recherche constante de la paix. Le Chef des Kountas de Kidal a
remercié les Gouvernements Algérien et Libyen, les corps diplomatiques



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et consulaires et a terminé en disant      que la paix est facile dans la
bouche, mais difficile dans les cœurs.

Le ministre de la Culture après avoir salué les femmes, les jeunes et
toutes les délégations présentes à la rencontre au nom du Président de
la République, a livré le message adressé au Forum par le Chef de l’Etat
, ainsi libellé : « Félicitations aux initiateurs de la rencontre.
Remerciements à tous ceux qui ont accepté de se déplacer. Que cette
rencontre ne soit pas une de plus. Qu’elle soit celle de l’entente entre les
communautés du Nord et du Mali. Qu’elle soit le point de départ pour un
véritable développement (sécurité, Education, quiétude).L’apport de
l’Etat est disponible, mais aura pour ciment la paix et la cohésion».
 Le ministre a rappelé que le Président de la République est aujourd’hui
à Djema, et suis de près ce que nous sommes en train de faire et
réaffirme sa disponibilité à nous accompagner et a conclu par «Que Dieu
vous accompagne et bénisse le Mali ! »

Par la suite, les représentants des différentes communautés ont livrés
tour à tour les messages et adresses à l’endroit du Forum.

Le Gouverneur de la région de Kidal procédant à l‘ouverture officielle du
Forum a souhaité la bienvenue aux délégations et a félicité les
initiateurs de la rencontre. Il a souligné les effets néfastes des rebellions
et des sécheresses qui ont ébranlé le socle de la société et
l’environnement. Le Gouverneur a ajouté que rien ne peut se faire que
dans la paix et que des aventures d’un autre genre au 21e siècle ne
peuvent faire avancer. Il a ajouté que les communautés du Nord Mali
doivent faire leur mea culpa.

Le Président du Haut Conseil des Collectivités a été proposé pour
assurer la présidence des travaux du Forum.

Dans son intervention le président du Haut Conseil a déclaré que le
Président de la République attend de la rencontre qu’elle aboutisse à
une paix véritable, car initiée par les populations de Kidal elles-mêmes.
Il a ajouté que la paix se construit chez chacun et dans chaque foyer et
qu’il pense qu’elle sera réelle au sortir de la rencontre.

Un résumé des interventions des représentants des différentes communautés est
joint en annexe.

La reprise des travaux est intervenue le jour suivant, 1er novembre 2009
sous la présidence de l’Honorable Abouzeidi Ousmane MAIGA.


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Les communications relatives aux quatre thèmes ont été présentées
respectivement par :

Monsieur Sicaye Ag Ekawel pour le thème 1 : Cohésion sociale et paix ;

Monsieur Daouda MAIGA pour le thème 2 : Sécurité et Développement ;

Monsieur Cheick Ag Baye pour le thème 3 : Administration en zones
nomades (cas de Kidal) ;

Le Moufti Ahadou Ag Hamzatta pour le thème 4 : L’Islam facteur de
cohésion et de paix.

De la synthèse des débats, il ressort la pertinence des thèmes qui
recouvrent les problématiques essentielles en rapport avec « les
Nouveaux Enjeux Sécuritaires et de Développement dans les Régions
Nord du Mali »

D’une façon générale il est apparut qu’il subsiste encore dans ces
régions malgré les différents accords de paix de 1992 à nos jours, une
insécurité résiduelle qu’il importe de circonscrire pour prévenir tous
risques de son évolution et engager des actions de développement
durable.

Cette situation d’insécurité résiduelle héritée de la rébellion armée qu’a
connu notre pays, bien que fondamentalement à caractère de
revendication sociale interne au Mali, peut créer des conditions
favorables à une infiltration des réseaux terroristes transfrontaliers voire
internationaux.

De même les évaluations récentes de la situation indiquent des
évolutions inquiétantes à travers notamment les nouvelles
manifestations de l’insécurité :
   Trafic illégal de tous genres, dont celui des drogues et des
      cigarettes
   Terrorisme islamiste,
   Déstructuration du tissu social.

Concernant la déstructuration du tissu social qui apparut comme la
principale justification du Forum; il semble que la décentralisation mise
en avant pour permettre aux populations de s’auto - administrer a, au

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contraire contribuer dans sa mise en œuvre              à exacerber les
contradictions internes par manque d’accompagnement adapté aux
différentes réalités sociologiques des régions du Nord.

De façon spécifique, les modes d’administration mis en œuvre par l’État
en direction des populations nomades de ces régions ne semblent pas à
l’évidence très adaptée par rapport à leurs particularismes et à leur
mode de vie. A cet écueil inhérent au mode de gestion, vient s’ajouter
l’aspect transnational des phénomènes nouveaux d’insécurité.

La restitution des travaux des commissions se sont déroulés l’après midi
de 16h à 19 h30.
Au cours de cette plénière le Forum à reçu et procédé à la lecture d’une
communication de Monsieur Ibrahim Ag Bahanga datée du 31 octobre
2009 par laquelle il s’engage solennellement, sans conditions à inscrire
son action dans le processus de paix et renonce à l’usage de la violence
comme méthode de revendication. Le Forum a pris acte de ce message
et s’en est félicité vivement.




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De la synthèse des travaux des commissions le
Forum a retenu par Thème :
Pour la Cohésion sociale et paix :

De l’analyse du concept de cohésion sociale il apparaît qu’il a une très
forte interdépendance avec deux autres concepts eux-mêmes fortement
liés à savoir la paix et le développement.
Ainsi, lorsqu’il n’y a pas de paix, il n’y ni cohésion sociale, ni
développement économique et la logique inverse est également valable.
La paix correspondant à un état d’absence de tensions, d’antagonismes
et de conflits entre les communautés elles mêmes d’une part et entre
elles et l’Etat d’autres part, offre, un cadre idoine à la cohésion sociale
qui n’est autre que l’expression de la solidarité de la cohabitation
harmonieuse, du respect mutuel et de la volonté commune d’œuvrer
ensemble pour un développement socioéconomique bien partagé.

Dans le contexte du Mali en général et des régions du Nord en
particulier, il est apparu que le poids du capital social est déterminant
dans le processus de paix et de cohésion sociale.
Toute proposition de restauration de la cohésion sociale            devra
s’appuyer sur les valeurs faisant la richesse et la force de notre capital
social.
Au nombre de ces valeurs on peut citer :le bon voisinage, l’hospitalité, la
cohabitation pacifique, la solidarité, le respect mutuel, le consensus, la
condamnation collective de certains comportements individuels ou
collectifs tels que la consommation d’alcool, de la drogue, et du crime
etc.

D’autres valeurs ont également permis au cours des âges de resserrer
les liens sociaux, telles que:
Arkawel (parole donnée),Taboubicha(cousinage), Achekk ( respect des
faibles).

Ainsi s’appuyant sur ce contexte et le capital social, le Forum fait les
recommandations suivantes :




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  - La réhabilitation et le renforcement des liens traditionnels de bon
    voisinage ;

  - la réhabilitation des chefferies traditionnelles ;

  - l’établissement d’une charte de responsabilité des chefs
    traditionnels vis-à-vis des membres de leurs fractions et de leur
    tutelle ;

  - la promotion d’un leadership régional et interrégional ;

  - le désarmement, et la lutte contre le trafic des drogues et des
    stupéfiants ;

  - le développement de l’intercommunalité ;

  - la mise en œuvre d’une bonne gouvernance (lutte contre la
    corruption, l’injustice, le clientélisme et le népotisme)

  - la mise en place des financements des programmes de
    développement des régions du Nord et le suivi de leur mise en
    œuvre,

  - Le relèvement du taux de scolarisation et de réussite des enfants
    des trois régions notamment les filles par des mesures incitatives
    (cantine scolaire, internat, équipements) visant à réduire les
    déperditions scolaires ;

  - La promotion de rencontres intercommunautaires             comme
    mécanismes de renforcement des liens sociaux,

  - La promotion de festivals et autres rencontres artistiques et
    culturelles à même de favoriser les échanges ;

  - l’élaboration d’une feuille de route pour l’accompagnement des
    résolutions du Forum et la mise en place d’un mécanisme de suivi
    des résolutions du présent Forum.

Le Forum a en outre recommandé la tenue du prochain forum à Gao.




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Pour la Sécurité et Développement :

Il apparaît à l’issu des débats en commission que le développement et la
sécurité forment un binôme inextricable. Vu sous l’angle de la bonne
gouvernance il convient toujours d’associer le développement à la
sécurité et considérer que la sécurité est une condition du
développement. Cet équilibre ne saurait se maintenir dans la durée
sans une réelle appropriation par les populations et le développement de
partenariats conséquents avec l’Etat.

L’analyse faite par le forum de la situation de non développement permet
de retenir les facteurs qui favorisent l’insécurité ci après :

     le chômage des jeunes,
     l’enclavement des régions du Nord,
     l’absence de l’administration de l’Etat dans certaines zones,
     l’absence de neutralité de l’administration de l’Etat dans la gestion
      des affaires politiques et administratives,
     le règne quasi absolu de l’impunité,
     la multiplication des milices armées,
     l’effritement du pouvoir coutumier,
     le manque à gagner en termes d’emplois et de création de
      richesses du fait de l’inexploitation du potentiel des ressources
      minières et Agricoles,
     l’instauration d’un climat de méfiance et de suspicion entre les
      communautés,
     le repli communautariste,

Le Forum recommande :

   l’élaboration d’un programme de recrutement dans toutes les
    sphères socioéconomiques de l’Etat en fonction des besoins
    d’emplois exprimés,

   la promotion d’activités génératrices de revenus et d’emplois,
    notamment dans les secteurs de l’artisanat et du tourisme,

   le renforcement de la présence de l’Etat à travers une
    administration neutre et active sur l’ensemble du territoire,




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 l’engagement et l’adhésion de toutes les communautés à
  promouvoir la sécurité,

 le désarmement total et collectif des milices armées et toutes les
  personnes détenant des armes, sous la houlette des responsables
  coutumiers, politiques et administratifs de chaque communauté,

 le renforcement de l’autorité des chefs coutumiers et religieux,

 l’implication des femmes dans la lutte contre le banditisme sous
  toutes ses formes et la lutte contre le trafic de drogue,

 l’accélération de la mise en œuvre du Programme décennal de
  développement des régions nord du Mali,

 l’application effective de l’Accord d’Alger du 04 juillet 2006,

 la mise en place de commissions régionale et inter régionale
  chargée du suivi de la mise en œuvre des résolutions de la
  rencontre.

 l’institution d’une rencontre périodique d’échanges sur les
  problèmes communautaires entre les responsables et chefs
  coutumiers,

 l’organisation d’une rencontre de pardon et de réconciliation,




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Pour l’Administration en zones nomades :

Le Forum en passant en revue les différents modes d’administration
successifs mis en œuvre par l’État en direction des populations nomades
est arrivé à la conclusion qu’à l’évidence les choix n’ont pas toujours été
adaptés à leurs particularismes et à leur mode de vie.

Les réflexions et actions menées ont abouti à des instruments qu’il
convient d’expérimenter au plus vite en s’appuyant sur le contexte
nouveau de la décentralisation. Au nombre de ces dispositifs ont peut
citer la charte pastorale, et l’intercommunalité pour la gestion,la
valorisation des ressources naturelles et l’atténuation des conflits entre
autres.

Dans cette perspective le Forum recommande :

   La large diffusion de la charte pastorale en vue de son
    appropriation par les communautés, notamment par sa traduction
    dans les langues nationales,

   L’accélération du processus de la décentralisation dans les zones
    nomades à travers le transfert effectif des compétences et des
    ressources aux collectivités territoriales,

   La mise a contribution des chefs traditionnels et leaders dans la
    gestion des affaires locales et dans la prise de décisions,

   La valorisation des ressources humaines locales dans la gestion
    administrative des communautés locales. Elles sont les mieux a
    même d’intégrer les spécificités locales,

   Le renforcement des capacités des élus locaux en mode de
    gestion décentralisée,

   La création des conditions favorisant le retour effectif des
    administrateurs et services techniques à leurs postes,

A l’adresse des communautés dans leur rapport avec l’Etat, le Forum
recommande qu’elles fassent preuve de civisme et de loyauté.




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Pour L’Islam facteur de cohésion et de paix :

Etant donné la laïcité de l’Etat Malien, la pratique religieuse est libre et
chaque citoyen et /ou communauté à la liberté d’exercer le culte de son
choix dans le respect de la liberté des autres.

Au Mali et particulièrement dans les régions Nord les populations sont
majoritairement de confession musulmane. Les fondamentaux sur
lesquels doit reposer la pratique de l’islam sont entre autres le respect
en toutes circonstance des principes de justice, de tolérance, de
solidarité de bon voisinage et de paix, l’Islam signifiant
étymologiquement , « paix ».

Cette pratique religieuse, séculaire constitue le socle même de nos us
et coutumes sur lesquels repose les différents liens sociaux et les
mécanismes de règlements des conflits.

Au regard donc de la place qu’occupe l’Islam dans notre capital social, le
Forum recommande :

    La motivation des imams et des chefs religieux dans leur rôle
     d’encadrement des fidèles à travers leurs formations ;

    La restauration et la promotion de l’autorité religieuse dans le
     règlement des litiges et différends sociaux ;

    Faire prévaloir par la sensibilisation la primauté du dialogue et de
     la concertation sur la violence dans tout règlement de conflit,
     conforment aux percepts de l’Islam ;

    Améliorer l’encadrement tant par l’Etat que par la société civile de
     l’éducation islamique en prenant en compte des mutations de nos
     sociétés, en particulier à l’adresse des zaouïa et mosquée ;

Par ailleurs le Forum a noté l’intérêt de ce type de rencontres ; cadres
d’échanges et de rappel des vertus de la fraternité en islam et
recommande qu’il soit institutionnalisé en rencontres périodiques et
rotatives entre les trois régions.


Fait à Kidal le 02 Novembre 2009
Le FORUM


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ANNEXES
INTERVENANTS

REGION DE TOMBOUCTOU

Message de la communauté Berabich de la région de Tombouctou :
Le porte parole de la communauté a indiqué que cette communauté de plus de 100
fractions et occupant le territoire du Sahara Central de la Mauritanie au Timitrine a
toujours évolué dans la démocratie, l’équité et la solidarité et a toujours été
préoccupé par la paix et la stabilité. Il a déclaré que la paix a pour exigence
fondamentale la concertation entre tous les groupes vivant sur le même terroir.

Message de la communauté Kel Tamasheq de Tombouctou :
Le porte parole de ce groupe a salué l’initiative et souhaité plein succès aux travaux
de la rencontre et dit espérer la construction d’une communauté forte a l’issue de
celle-ci. Il a affirmé que les Ifoghas et les Kountas sont des piliers puissants des
sociétés du Nord sur lesquels on peut fonder un grand espoir pour exorciser les
démons de la discorde. Il leur a demandé de crever l’abcès. Il a félicité le Président
de la République pour son sens du dialogue afin de construire une société plus
cohérente et plus sûre dans un Mali uni, fort et prospère. Il a invité le chef traditionnel
Intalla AG ATTAHER de s'impliquer pour la paix entre toutes les communautés.

Message de la communauté Ikounaden de Tombouctou
La fraction Ikounaden de l'arrondissement central de Tombouctou par la voix de son
chef Hamma Ag Mohamed a adressé ses vifs remerciements à la tenue de cette
rencontre. Elle reste convaincue qu'au sortir de cette rencontre, la psychose
d'insécurité ne serait plus qu'un mauvais souvenir. Elle a proposée des
recommandations qui ont été discutées dans les commissions.

Message de l’association Chérifienne pour la paix et le développement :
Elle s’est félicitée de la tenue de la rencontre et a remercié ses initiateurs. Elle
soutient toutes les initiatives qui vont dans le sens de restaurer la concorde pour le
développement du Nord Mali. Elle a recommandé la cohésion entre toutes les
communautés du Nord du Mali.

REGION DE GAO

Message de la communauté Songhoï de Gao :
Pas de développement sans paix. Les différentes rebellions depuis 1963 ont fait trop
de morts. Si les ifoghas et les Kountas promettent de faire la paix, c’est la joie dans
la vallée du Niger ; Des sédentaires depuis longtemps travaillent à Kidal, mais
découragés aujourd’hui par l’insécurité, car souvent victimes de braquages sur les
routes.




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Message de la Communauté Arabe de Gao :
Cette communauté dit être solidaire de la déclaration de la communauté Berabich de
Tombouctou.

Message de la communauté Tamasheq de Gao :
La Coordination de la fraction Idnan et alliés considère qu’il est temps de prendre un
nouveau virage. La paix doit s’accompagner d’un plan véritable comme le plan
Marshall en Europe après la 2e guerre mondiale. A rendu hommage à Amadou
Toumani Touré pour ses efforts depuis le Pacte National à nos jours en passant par
Djema.

Message de Bajan AG Hamatou, chef traditionnel de la communauté Iwillimiden
de Menaka
Il a remercié les autorités maliennes, les délégations Algériennes et celle de la
Jamahiriya Arabe Libyenne pour leur appui à la paix. Il s’est félicité du fait que tous
les cadres des régions Nord soient là. Il a nommé les problèmes qui feront l’objet de
débats : banditisme, drogue…IL a ajouté qu’ils sont là pour discuter sérieusement
des problèmes.

Message de la communauté Peulh de Gao :
Le porte parole a remercié les Ifoghas et les Kountas pour leur initiative. Pour lui les
rencontres permettent de se défouler, car les cœurs se parlent. Il a regretté
qu’aujourd’hui chacun ai peur de son voisin, ce qui n’était pas le cas il y a 50 ans. La
communauté Peulh du Nord Mali exhorte toutes les autres communautés du Nord à
se pardonner et à s'investir avec force pour que la paix revienne définitivement dans
notre pays. Dans le cercle d'Ansongo, se déroule au quotidien un drame humanitaire
avec enlèvements d'animaux et mort d'hommes, il lance un appel à tous ceux qui de
près ou de loin peuvent aider à mettre un terme à ce conflit douloureux et fratricide.

Message de la Communauté Chamanamas :
Elle a prôné la cohésion nationale, a fait des recommandations sur : la mise en
œuvre des Accords d’Alger en mettant l'accent sur la réinsertion socio-économique
des jeunes. Elle invite toutes les communautés à s'engager auprès du
Gouvernement dans le processus de lutte en faveur d'une paix durable.

Message de la communauté DAK-SAHAK :
Communauté de 100 000 âmes liée par le sang et l’Histoire aux Ifoghas, constate
que son territoire ( surtout à la frontière du Niger) est celui des vols à main armée.
Elle a exprimé son inquiétude face à l’incivisme et à la dégradation de l’Etat nation.
Demande à l’Etat de transférer la gestion de l’Insécurité aux chefferies
traditionnelles. La mise en place d’un cadre de réflexion sur le Pacte National, la
reprise du 1er cycle de l’Enseignement Fondamental par l’Etat.

Message des communautés de la boucle du Niger :
Elles ont évoqué l’insécurité particulière dans laquelle se trouve le cercle d’Ansongo
et invitent les autorités à désarmer tous ceux qui sèment la mort quotidiennement
dans l’impunité.

Message s de Monsieur Akly IKNANE : Porte parole des ex-combattants



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« Il ne suffit pas de faire la flamme de la paix ou de retirer les armes pour faire une
paix durable. Après cette rencontre, les arabes et les touaregs doivent se
rencontrer. »


SOCIETE CIVILE

Message de la Coordination des femmes pour la paix et le développement :
Le Docteur Mariam MAIGA a souligné l’impact négatif des conflits sur les femmes et
a lancé un appel pour mettre fin à la crise. Elle s’est inquiétée de la détérioration de
la cohésion sociale par l’existence de milices à caractère ethnique.

Message des femmes touaregs de Tamsidhalt :
Mme NIANTAO Simone au nom de son association a remercié les autorités et les
initiateurs de la rencontre. Elle a rappelé le rôle combien déterminent des femmes
dans notre société. Ne dit-on pas que la femme est la ceinture de l'homme et le pillier
de la maison? Elle inscrit l’action de son association dans la recherche de la paix, la
cohésion sociale et le développement.

Message de L’Association TEMEDT :
Ibrahim Ag Idbaltanen, porte parole de TEMEDT a estimé que la sagesse a pris le
dessus sur les dérives. Il adhère à l’initiative qui cadre avec ses objectifs, car
convaincue que Kidal 2009 est un point de départ pour la paix dans les cœurs et le
développement qui passe par la garantie des droits Humains qui préoccupe
TEMEDT. Il a dit qu'aujourd'hui les communautés du Nord sur leur initiative, les
représentants de l'Etat Malien, des associations de la société civile on décidé de se
retrouver pour parler à cœur ouvert des causes de nos souffrances, nos misères et
trouver les solutions idoines à mettre en œuvre mais aussi pour que chacun en ce
qui le concerne prenne l'engagement d'honneur pour s'acquitter du rôle qui lui sera
assigné.

Message de l'Association Chet Aguena
L'association suit de prêt les actions des communautés car lorsque la violence
s'installe, les femmes et les enfants sont les premières victimes. Le Mali sera ce que
ses fils du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest feront de lui.

Message du Colonel Issa Ongoïba
Il a déclaré que s'est avec joie qu'il participe à la présente rencontre de paix, de
sécurité et de développement des trois régions du Nord. Il a dit que le feu n'est bien
qu'à la cuisine, partout ailleurs, il est la cause de désolations et de misères sans fin.
Son souhait à l'issue de cette rencontre est la paix renforcée et un développement
durable pour que vive notre pays le Mali.

Message de l’Association Gandakoy :
Il a présenté l’association comme une association de droit malien oeuvrant pour la
paix au Mali dont les objectifs sont entre autres œuvrer pour la paix et au Nord et au
Mali par le dialogue.
Il s’est félicité de la tenue de la rencontre et fondé l’espoir que les travaux seront
couronnés de succès, car tous les acteurs : gouvernement et communautés sont
présents à la rencontre


                                                                                      15
Il a incité les autorités à intervenir dans les zones les plus démunies et à reconstituer
le cadre de vie là où il est dégradé.
Il a dit que nous n'avons pas besoin d'aboutir simplement à un rapport final de
routine qui sera jeté dans les tiroirs et se dit confiant que ce forum nous conduira à la
solution définitive aux répétitions cycliques de toutes formes d violence dans les
régions nord du pays.


REGION DE KIDAL

Message de la communauté des forgerons de Kidal :
Le porte parole a souhaité que les retombées du développement aillent jusqu’aux
couches les plus démunies : éleveurs, maraîchers, artisans…

Message de l’alliance des communautés : Imghad, Arabes, Idnan et Taghat
Mallet et sympatisants
Le porte parole de cette alliance a salué l’initiative de la rencontre. Il s’est inquiété
qu’on ne puisse parvenir a des recommandations pertinentes en peu de temps
même si les débats pourraient détendre l’atmosphère. Il a souligné qu’aucune
communauté ne peut se prévaloir d’imposer la paix ou de l’empêcher. La présente
rencontre doit faire prévaloir dans les débats la force de l'argument et non l'argument
de la force. Il a salué l’existence du Programme Décennal de développement des
régions Nord.

Message des communautés Idnans, Ifoghas et alliés du cercle de Tessalit
Elles saluent l'initiative grandiose de cette rencontre et sollicitent le démarrage
imminent des programmes de développement dans la région de Kidal et invitent le
gouvernement à ouvrir les casernes de Timtaghene et Inhalil pour assurer la
protection des personnes et des biens dans ces zones. Que vive la paix dans un Mali
uni et prospère.

Message du collectif des Oulad Melouk de Kidal et d'Ansongo
Le porte parole remercie les organisateurs de la rencontre et exhorte toutes les
communautés présentes à trouver un consensus qui sera une solution durable pour
la sécurité au Nord Mali.




                                                                                      16
ORGANISATION

Modérateur Plénière : Abouzeïdi MAIGA
Le Rapporteur général : Inalkhamar Ag Oumar
Rapporteur Adjoint : Abdoullahi Madougou
                             Traducteurs : Ibrahim Ag Mohamed
                                              Abdalla Ould Mohaed
En Travaux de groupes
Thème I : Cohésion Sociale et Paix
Conférence : Sicaye Ag Ekawel
Facilitateur : Sicaye, Ibrahim Idbaltanat,
Rapporteurs : Mohamed Ag Erless, Oumar Abdou Talfi


Thème II : Sécurité et développement
Conférence : Daouda MAIGA
Facilitateur : Daouda MAIGA, Mitène Ag Oufène
Rapporteurs : Sidimohamed Adjawakoy, Haballah ag Hamzatta


Thème III : L'Administration en zones nomades
Conférence : Cheick Baye,
Facilitateur : Cheik Baye, Ibrahim Ag Litny
Rapporteurs : Ilalkamar Ag Oumar, Abdoulahy Madougou


Thème IV : L'Islam dans notre société
Conférence : Moufti Ahmadou,
Facilitateur: Moufti Ahmadou, Sidi Mohamed Ould B’Ahmed
Rapporeurs: Alhassane Ag Assadeck, Mohamed Fall


Deux commissions de travail ont travaillé en synergie, l'une à Kidal et l'autre à
Bamako.
Commission d'organisation Kidal
   A.   Commission des Sages
   - Baba Ould Sidi Elmokhtar
   - Mohamed AG INTALLA




                                                                                    17
B.     Commission d'Organisation
Président:        Alghabass AG INTALLA
Vice président: Sidaghmar Ould Lakhwaysine
1.     Sous Commission Communication
Président: Ibrahim AG RHALY

Membres:
- Assikadey AG WAYERZAGANE
- Attayoub AG INTALLA
- Lakhcene Ould Ali
- Alousseiny Coulibaly

2.    S/Commission Accueil Hébergement et Restauration

Président Cheikh AG AWISSA
Membres:
- Boba Ould Baba
- Attaher AG SIDALAMINE
- Bayen AG AKHAWALI
- Adaya
- Baye DICKNANE
- Sweyfi
- Belkheir Ould Mochi
- Madou Jibba
- Kasni AG MASKAL
- Et les jeunes dynamiques de la région

3.     S/Commission Organisation Matérielle et Technique
Président: Yacouba MAIGA
Membres:
- Mohamed AG ILJIMIT
- Saghid Ag Eghless
- Alla Ag sarid
- Moulaye Ag Gomou
- Katata Ould Algharbi
- Idiarine

4.     S/Commission Administration et Finances
Président: Cheikh AG BAYE
Membres:
- Koyna AG AHMED
- Khaballa AG KHAMZATA
- Badi Ould Sidimohamed
- Gamni AG IDJACHTAN
- Ahmed AG HAMMA
5.     S/Commission Sécurité
- Hassan FAGAGA

6.    S/Commission Santé
- Dr. Mohamed Ali


                                                           18
Commission d'organisation de Bamako
Président : Abouzeydi MAIGA
Membres:
   - Ibrahim Litny
   - Ibrahim Ag Idbaltanat
   - Rhabdi Ag Mohamed Ibrahim
   - Baye Ag Dicknane
   - Alhassane Ag Assadeck
   - Nasser Ag
   - Mitène Ag Oufene
   - Mahamane Maïga
   - Badi Ould Sidilmokhtar
   - Mohamed Ali Ag Hameya
   - Sidimohamed Adjawakoye
   - Inalkamar Ag Oumar
   - Mohamed Fall
   - Azaz Ag Loudagdag

Consultants
  - Mohamed Ag Erlaf
  - Mohamed Ould Matali




                                      19
     Motion de Remerciement

La rencontre Intercommunautaire des Régions Nord-Mali initiée
par les Ifoghas, les Kounta et Alliés le 31 octobre et 1er Novembre
2009 à Kidal sur les enjeux et problématiques sécuritaire de
développement des régions du nord du Mali adresse ses vifs
remerciement à son Excellence Monsieur Amadou Toumani
Touré, Président de la République et Chef l’Etat pour son
adhésion aux objectifs visés par la rencontre, son soutien
technique, matériel et moral qui ont contribué à leurs atteintes.

Fait à Kidal, le 1er Novembre 2009.




                                                                 20
Motion de Remerciement

La rencontre Intercommunautaire des Régions Nord-Mali initiée
par les Ifoghas, les Kounta et Alliés le 31 octobre et 1er Novembre
2009 à Kidal sur les enjeux et problématiques sécuritaire de
développement des régions du nord du Mali adresse ses vifs
remerciement au Gouvernement de la République du Mali pour
son adhésion aux objectifs visés par la rencontre, son soutien
technique, matériel et moral et pour sa présence effective qui ont
contribué à leurs atteintes.

Fait à Kidal, le 1er Novembre 2009.




                                                                 21
Motion d’encouragement
La Rencontre Intercommunautaire des Régions Nord-Mali initiée
par les Ifoghas, les Kounta et Alliés tenue les 31 octobre et 1er
Novembre 2009 à Kidal sur les enjeux et problématiques
sécuritaires et de développement des régions du nord du Mali,
    consciente de la pertinence de sa tenue,
    satisfaite des résultats atteints et,
    confiante dans les espoirs suscités par ces résultats
adresse ses encouragements et son soutien aux initiateurs et les
invite, à persévérer dans la même lancée. A travers eux, appelle
tous les participants à la sauvegarde de la cohésion sociale entre
nos différentes communautés, le renforcement de la sécurité et de
la paix pour un développement durable de nos régions, de notre
pays.




                                                                22
Motion de Remerciement

La rencontre Intercommunautaire des Régions Nord-Mali initiée
par les Ifoghas, les Kounta et Alliés le 31 octobre et 1er Novembre
2009 à Kidal sur les enjeux et problématiques sécuritaire de
développement des régions du nord du Mali adresse ses vifs
remerciement à son Excellence Monsieur Amadou Toumani
Touré, Président de la République et Chef l’Etat pour son
adhésion aux objectifs visés par la rencontre, son soutien
technique, matériel et moral qui ont contribué à leurs atteintes.

Fait à Kidal, le 1er Novembre 2009.




                                                                 23
    MESSAGE ISSU DE LA DECLARATION DE IBRAHIM AG BAHANGA
                 DU 31 OCTOBRE 2009 A TRIPOLI

Je salue la tenue, à Kidal, du forum intercommunautaire des régions du
Nord-Mali et formule le vœu qu'il aboutisse à la restauration d'une cohésion
sociale renforcée et enfin retrouvée.

En réponse à l'appel lancé le 17 août 2008 par le Guide Mouammar EL
KADHAFI, à Oubary, exhortant les Mouvements rebelles touaregs à déposer
les armes et à renoncer à l'usage de la violence contre le Mali et le Niger, je
fais la présente déclaration qui s'inscrit dans la logique de celle que j'ai faite
le 3 mars 2009.

Moi, Ibrahim Ag Bahanga, affirme solennellement, que, tout comme mes
frères qui m'ont précédé, je m'inscris résolument dans le processus de la
paix et renonce à l'usage de la violence comme moyen de revendication.

A son excellence Amadou Toumani TOURE, Président de la République du
Mali, Chef de l'Etat et au peuple malien, je déclare que, dorénavant, j'inscris
mon action politique dans le dialogue, la paix et la démocratie.

A tous ceux qui ont œuvré au dénouement heureux du long processus de
conquête de la paix au Mali et dans la sous région, je voudrais exprimer ma
profonde gratitude.

En premier lieu, au Guide Mouammar El Kadhafi qui a toujours accompagné
de ses conseils éclairés les parties en conflit pour qu'une paix durable soit
recouvrée au Mali et au Niger.

Ensuite, au peuple algérien et à son Président Abdel Aziz BOUTEFLIKA qui
ont vécu dans leur chair ce douloureux conflit fratricide, toujours présents,
toujours fraternels des deux parties.

Aux cadres maliens qui ont œuvré, difficilement et dans l'anonymat, à une
médiation souvent ingrate.

Je voudrais remercier tout particulièrement son Excellence Amadou
Toumani TOURE, Président de la république, Chef de l'Etat pour la patience
dont il a fait preuve et pour la sagesse qui a guidé les nombreuses actions
qu'il a posées afin que la paix soit dans le septentrion du Mali

                                                    Tripoli, le 31 Octobre 2009.
                                                         Ibrahim AG BAHANGA




                                                                               24
Le forum a entendu un poème "Cri de jeunesse"
          de l'association Chet-Aguena

                 Jeunesse je suis
                  Jeunesse d'ici
               Jeunesse du temps
      Je m'accroche au mirage de l'homme
              On me dit paresseux
             Je me dis débrouillard
                On me dit ignorant
              Je me sens incompris
              On me dit inconscient
               Je me dis désintégré
                 On me dit rebelle
           Je me dis par l'indifférence
                 Naîtra la violence
                 On me dit rebelle
               Je me sens accablé
                 On me dit rebelle
        Je me dis lourde est ma détresse
                 On me dit rebelle
            Je me dis de Kidal je suis
         Toute mon histoire je porterai
                 On me dit rebelle
              Je me dis seul je suis
               Seul je me relèverai
         Mais dans le regard de l'autre
                 Je me chercherai
         Et toujours des autres regards
                 Je poursuivrai…

                                 Keltoum SENNHAUSER




                                                 25
EXPOSES DES THEMES




   Administration des populations nomades
           dans la région de Kidal.




(Document de travail à la Rencontre Inter Communautaire initiée par: Ifoghas, Kounta
et Alliés, réflexion sur l’administration des régions nomades, cas de la région de Kidal).




Par: Cheick Ag Baye




Kidal, du 30 Octobre au 1er Novembre.




                                                                                       26
SOMMAIRE :


I.    INTRODUCTION

II.   AUTONOMIE TRIBALE

III. PERIODE DE L’ADMINISTRATION COLONIALE

IV. LA PREMIERE REPUBLIQUE

V.    LA DEUXIEME REPUBLIQUE

VI. DECENTRALISATION ET DEMOCRATISATION

VII. QUELLE GOUVERNANCE POUR LES NOMADES ?

VIII. CONCLUSION




                                             27
I.    INTRODUCTION
La présente intervention a pour objet de susciter les questionnements et réponses
des participants de la présente rencontre à un sujet, traité plusieurs fois, qui est
l'administration dans les zones nomades. Compte tenu de l’étendue de la période
à étudier, je me limiterais à un rapide condensé des différentes phases de
l’administration dans la région de Kidal.

Le nomade dans le nord du Mali est celui qui mène un genre de vie non
sédentaire et qui vit principalement de l’élevage ; c’est aussi pour certains celui
qui se déplace sans cesse et qui n’a pas de domicile fixe. Notre compréhension
du nomade dans la présente étude rejoint la première définition.

La région de Kidal est essentiellement peuplée de pasteurs nomades dont la
présence sur place remonte à la préhistoire.
L’organisation administrative traditionnelle qui régit ce mode de vie repose sur
les clans et les tribus.

Si la période coloniale a confirmé l’organisation administrative tribale qu’elle a
trouvée sur place, les différents régimes post-coloniaux ont voulu une
administration territoriale moderne, à l’image du mode de vie sédentaire
conformément au reste du pays.

La première république a axé ses efforts sur l’unité de la nation en instaurant un
centralisme jacobin avec l’idéologie du socialisme « scientifique ».
La deuxième république a voulu réconcilier les citoyens avec les institutions et
promouvoir la déconcentration des services de l’état.

L’avènement de la troisième république a démocratisé les institutions et
généralisé la décentralisation de la même manière sur tout le territoire national.

II.   AUTONOMIE TRIBALE
Bien que la région ait connu une vie sédentaire très ancienne avec le commerce
trans-saharien et le peuplement des cités médiévales comme
Tadamakkat(actuelle commune d’Essouk), l’élevage, base du mode de vie
nomade est la principale activité des populations.

Avant la colonisation, la société était organisée autour d’un chef « amenokal »
qui était entouré d’un conseil de chefs d’autres tribus « aljamaghat ». Les
principales décisions se prenaient en assemblée, toute fois la voix de l'amenokal
est prépondérante en cas d’hésitations.


                                                                                 28
Toutes les tribus participaient à la défense de leur territoire sous l’autorité
politico-militaire des Kel-Affala ("Gens du Nord").

La justice était assurée par des Cadis (selon les préceptes de l’islam) qui se
recrutent essentiellement dans les communautés Kel Essouk, Kounta ou Ifoghas.

Toute la population vivait de l’élevage extensif exploitant de façon écologique
les ressources en eau et les pâturages existants, les Imghad étaient les plus
professionnels dans cette activité.

Le peu d’agriculture pratiquée dans la région, surtout dans les palmeraies, était
assurée par les Kal Eghashar et les Izigaghen.

L’artisanat est l’activité principale des forgerons- artisans bien que chaque
famille puisse confectionner quelques objets utilitaires.

Malgré cette spécialisation tribale, on retrouve dans chaque noyau de
campement presque toutes les différentes compétences.

A cette époque, il suffisait d’une lettre de l’amenokal de l’Adagh dans n’importe
quel endroit de son territoire pour régler un différend ou changer une situation.
Certaines lettres étaient valables même en dehors de son territoire, parmi les
confédérations voisines comme les Ihaggaren au nord et les Iwilimiden au sud.

L’élevage extensif où le nomadisme d’un pâturage à l’autre est une exigence et
c'est l’activité la mieux adaptée au climat désertique. Les éleveurs ont des
stratégies de gestion de pâturages et de l’eau de façon à allier la
complémentarité des zones et le particularisme des saisons. Les nomades ne se
déplacent pas par hasard mais, ils suivent des itinéraires réguliers bien précis en
fonction des lignages familiaux, de la disponibilité des pâturages et de l’eau.
Chaque famille a son terroir d’ancrage et de préférence. En saison sèche et
chaude de mars à juin, les regroupements se font autour des principaux puits.
Durant l’hivernage de juin à septembre c’est la dispersion pour chercher les
meilleurs pâturages ou le regroupement le long des principaux oueds. La saison
froide d’octobre à février est celle où les nomades sont le plus à l’aise, ils
choisissent les meilleurs pâturages et l’eau dans certains endroits devient
secondaire car les animaux peuvent endurer des jours sinon des mois sans boire
(taghrift).

Le stockage de nourriture sous forme d’animaux sur pied était pratiqué, les
bonnes années de pluviométrie permettaient un accroissement des troupeaux
supérieur aux besoins afin de pallier les pertes des mauvaises années en troquant
des bêtes contre des céréales.


                                                                                29
D’autres activités comme la chasse et la cueillette de grains et de fruits sauvages
offraient encore un complément appréciable durant les périodes difficiles.

La solidarité existait entre les différentes familles ou fractions, sous forme
d’entre-aide basée sur la circulation d’animaux (par exemple : akh idarren, inuf,
tiyaten, la zakat…).

III. PERIODE DE L’ADMINISTRATION COLONIALE
Lors de la pénétration coloniale française, les Ifoghas, se voyant cernés de toutes
parts, ont fait une double soumission volontaire aux français. La première a été
faite à Bamba, qui dépendait du Soudan puis la seconde à In Salah en Algérie le
3 novembre 1903.

En 1909 les français ont fixé les frontières avec l’Algérie, les Iwilimiden et les
Kounta, délimitant ainsi l’actuelle région de Kidal.
Pour administrer les régions nomades le chef de bataillon Bétrix1 de Gao cite
neuf actions fondamentales à mener :
« 1. Assurer la tranquillité par l’occupation avec des unités ordinaires ou
méharistes suffisants. Installation du système des secteurs nomades avec des
postes greniers ou marchés.
2.    Classement des groupes et tribus touareg. Etude de la forme politique du
      groupe et de la tribu.
3.    Application du principe de responsabilité.
4.    Fixation des limites des groupes.
5.    Action directe des officiers sur les tribus. Unité de la tribu, imposition,
      recensement, justice.
6.    Emancipation des tribus poussées à la sédentarisation.
7.    Libération des Bellahs de case.
8.    Ouverture de routes commerciales et forages de puits en tenant compte
      des ressources locales, des besoins de la population nomade et de ceux
      des pays voisins.
9.    Création de goum touareg et appel des fils des chefs dans les écoles ».

La politique de l’administration nomade durant toute la période coloniale a été
ainsi élaborée et suivie dans ses grandes orientations.
L’administration coloniale a établi une organisation pyramidale de
responsabilités selon laquelle le chef de famille est responsable devant son chef
de fraction ; le chef de fraction est responsable devant le chef de tribu et celui-ci
est responsable devant l’autorité administrative coloniale.



1
  Rapport de chef de bataillon Bétrix, commandant de la région de Gao. 22 janvier 1909 ANM , 1N114, Bamako,
fonds anciens .


                                                                                                        30
Suite aux différentes conventions de séparation de territoire entre les Ifoghas-
Iwilimiden et Ifoghas-Kounta (10 février 1909) ; il a été précisé l’attitude que
les Kel Adagh auront avec le pouvoir colonial :
1.    les tribus payeront l’impôt (dès 1910) ;
2.    elles repousseront les rezzous mais n’y répondront pas par des contre
      rezzous, elles se borneront à demander justice au retour ;
3.    elles se rendront à toutes les convocations ;
4.    elles fourniront des guides, émissaires, courrier, animaux de pâturage et
      de consommation.

Le premier administrateur civil de Kidal fut Jean Clauzel en février 1948. Les
populations ont gardé plutôt une bonne image de cet administrateur qui parle la
langue du terroir, se déplace entre les campements et qui a donné des conseils
qui sont devenus proverbiaux aux leaders de la société.

Pour asseoir la paix, la nécessité s’imposait de concevoir des unités aussi
mobiles que leurs adversaires nomades ; ainsi furent créés les méharistes
coloniaux.
Chaque compagnie méhariste dispose ainsi d’un groupe servant à la garde du
poste et d’une section méhariste. La section de l’Adagh dépendant de la
deuxième compagnie de Gao surveille avec 60 hommes le massif des Ifoghas.
Plus tard furent créés les goums, qui ne sont pas des unités régulières mais une
réunion de volontaires. Leur rôle dans l’Adagh a été fixé en trois points :
-      rôle offensif, pour servir d’éclaireurs,
-      rôle défensif, pour protéger les pâturages et les points
       d’approvisionnement,
-      rôle spécial pour faire accepter l’influence française et faire mieux
       connaître les nomades aux français.

L’administration coloniale a fonctionné sur ces deux leviers : directement par le
biais des goums et indirectement par l’intermédiaire de l’amenokal.

Les chefs étaient régulièrement notés en fonction des critères suivants :
1.    l’autorité, 2. Le loyalisme, 3. Qualités morales et intellectuelles, 4.
      Dynamisme, 5.        Fortune, 6. Bon vouloir, 7.    Diplomatie,      8.
      Qualités guerrières, 9. Noblesse, 10.        Parade.

Leurs fonctions étaient : transmission des volontés françaises et leur application,
perception d’impôt, formation et direction des groupes de partisans, règlement
de litiges, renseignement.




                                                                                31
L’administration coloniale a renforcé l’autonomie tribale en confirmant
l’autorité de l’amenokal de sorte que les affaires internes des nomades étaient
gérées selon leurs coutumes.
Selon Pierre BOILLEY2 « Dans l’Adagh, à la volonté première de mettre à
l’écart les chefferies traditionnelles pour les remplacer par l’autorité
administrative, s’est rapidement substituée l’organisation d’une administration
que l’on pourrait qualifier d’indirecte, qui leur laissait jouer un rôle important ».

L’école française a été introduite, d’abords près du campement de l’amenokal à
Tintersen, puis à Intadeyni. Les parents d’élèves apportaient les animaux 3 pour
nourrir leurs enfants et l’administration le reste.
Des puits, le commencement de la route trans-saharienne et le balisage de
certaines routes ont été réalisés dans la région.

Les relations entre les administrateurs et la population ont été régulièrement
entretenues, néanmoins leur administration est perçue comme une intrusion des
infidèles en terre d’islam.
Elle a rencontré certaines résistances :
-      résistance au contrôle de l’autorité, avec Alla AG ALBACHIR et
       Inallaghen, qualifiés de « bandits d’honneur » par les colons et
       d’authentiques résistants par la population ;
-      résistance au recensement et à l’impôt, la dispersion des campements
       facilite la dissimulation, l’éloignement et la fuite ;
-      résistance à l’assimilation par l’école.

IV. LA PREMIERE REPUBLIQUE
En mars 1957 la population de l’Adagh a voté plus de 88% des suffrages
exprimés pour l’US-RDA, le parti de l’indépendance, dirigé par Modibo Keïta,
mais quelle ne fut pas sa déception quand elle s’est aperçue que le poste de
représentation politique (député) lui revenant de droit, a été occupé par un
sédentaire désigné par le pouvoir central du parti US-RDA? Lors des élections
du 12 avril 1964, monsieur Allassane TOURE de Bamba fut le député de Kidal.

A partir de 1958, les administrateurs français furent rapidement remplacés par
leurs homologues africains. Un effort a été fait pour que la région nomade de
Kidal soit dirigée par des administrateurs issus du milieu nomade. C’est ainsi
que Mohamed ould Mohamed Najim fut le premier administrateur civil de 1959
à 1963.

2
  Pierre BOILLEY, les Touaregs Kel Adagh, Dépendances et révoltes : du Soudan français au Mali
contemporain. Editions KARTHALA 1999.
3
  Avant chaque rentrée scolaire l’administration fixe le nombre d ‘élèves à recruter et les repartit entre les
différents chefs de tribus. Chaque tribu pour chaque élève doit amener : une vache laitière, une chamelle laitière
et cinq moutons.


                                                                                                                32
L’administration héritée de la colonisation ne cherche que l’obéissance et la
soumission. Afin d’assurer un plus grand contrôle sur les populations, en plus de
l’unité méhariste de Timetrin d’autres ont été créées à Tessalit, Boughessa et
Aguelhoc dès 1960.

Face aux craintes de revendications régionalistes et pour mieux consolider
l’unité nationale, le gouvernement a pris des ordonnances réprimant toute
contestation exprimée sur des bases régionales. Cependant en Mai 1963 éclate la
rébellion dans la région.

La société traditionnelle éclata en deux camps opposés. L’un qui soutient la
rébellion et l’autre le nouvel état central « mais la répression généralisée qui
s’en suivit, et qui ne fit pas le détail des opinions, engloba toute la communauté
dans une même image négative, rejetant l’ensemble des Kel Adagh dans
l’humiliation et la violence employée dans la réduction de la révolte toucha tous
les nomades de la région, décimant leurs rangs, diminuant leurs potentialités
économiques et les plaçant à son terme sous une sévère surveillance militaire4 ».
L’Adagh fut placé sous administration militaire depuis lors. Le cercle fut divisé
en cinq arrondissements : Kidal central, Tessalit, Boughessa, Aguelhok et
Tinzawaten ; les arrondissements de Tin-Essako et Tinkar furent créés plus tard.

Le régime socialiste de la première république se voulait centralisateur et
unificateur, pour cela l’éducation des masses fut l’une de ses priorités. Dans son
discours du 22 septembre 1964, le capitaine Diby Sillas Diarra, qui était le chef
militaire, administratif et politique du cercle a donné les grandes orientations de
l’action qu’il aura à mener : « désormais, tout en veillant jalousement sur la paix
et la tranquillité de nos masses, c’est à leur éducation profonde, à leur
organisation que nous allons nous attaquer5 ».
L’école a connu un grand essor dans la région, durant l’année 1967-1968, il y a
eu 901 élèves scolarisés dans la région.

Tout en reconnaissant l’autorité du chef de tribu en l’utilisant comme médiateur,
l’administration a cherché à sédentariser les nomades dans l’optique de mieux
maîtriser leurs mouvements et leur apport dans l’économie nationale.

V.         LA DEUXIEME REPUBLIQUE
Le régime du comité militaire de libération nationale (CMLN), présidé par
Moussa Traoré, a mis fin à l’option socialiste et proclama la réconciliation
nationale. Le discours sur la lutte des classes, qui avait conduit l’état à faire une

4
    Pierre BOILLEY, 1999. P.317.
5
    Capitaine Diby Sillas DIARRA, discours, Kidal 22 septembre 1964, in essor hebdo du 28 septembre 1964.


                                                                                                            33
distinction dans la société Kel Adagh entre la «classe exploitée et
révolutionnaire » des tributaires et anciens esclaves et la classe aristocratique
« réactionnaire et exploiteuse » des nobles, disparut.

Les chefs de fractions ont été partiellement réhabilités et l’amenokal principal
devient le député de Kidal au sein du parti unique au pouvoir (UDPM).

La région est restée fermée sur elle-même, sous administration militaire.
Pendant que dans les autres régions du pays, quand on nommait un militaire
comme administrateur, on le détachait de son corps d’origine et on le place sous
l’autorité d’un autre administrateur civil ; dans le cercle de Kidal, c’est le
ministère de la défense qui nommait ses chefs d’unités et ces derniers devenaient
ipso facto administrateurs6 de cercle ou d’arrondissement. Ces militaires
s’occupent d’abord des questions de l’armée, l’administration civile est reléguée
au second plan.

Plus tard l’Etat a procédé à la déconcentration de son pouvoir, avec la
conception de l’administration dite de développement. Les comités régionaux et
locaux de développement furent créés. Le comité de développement est
administratif et est sensé exécuter les actions planifiées par le conseil de
développement qui est électif. Dans la réalité c’est l’administration qui gérait
tout sans partage.

Néanmoins, c’est sous ce régime que les nomades ont été le plus impliqués dans
la gestion du pays et dans l’appareil de décisions de l’état. Il y a eu des députés à
l’assemblée nationale, des ministres et des membres du bureau exécutif central
du parti au pouvoir.

Durant cette époque la région a connu deux sécheresses (1973 et 1984). La
famine s’est répandue sur tout le territoire spécifiquement en zone nomade. Une
véritable hécatombe a eu lieu sur les hommes et leurs animaux. Face à la crise,
la société nomade a été encore plus déstabilisée et déstructurée.

Les nomades ont émigré vers les pays voisins dans lesquels ils découvrent le
traitement fait à leurs semblables par d’autres administrations. Ils ont pris
conscience de leur marginalisation. C’est dans ce contexte qu’éclata la seconde
rébellion en 1990.

Après d’âpres négociations ayant impliqué toute la nation, depuis le Comité
Transitoire pour le Salut du Peuple (CTSP) en passant par la conférence
nationale et la conférence spéciale de Mopti ; l’entente fut trouvée autour d’un
6
 Le cercle de Kidal n’a pas connu d’administrateur civil de 1964 à 1991. Sur 21 administrateurs qu’a connu le
cercle de 1959 à nos jours 4 seulement furent des civils.


                                                                                                            34
pacte national de paix consacrant un statut particulier pour les régions du Nord
Mali.

VI. DECENTRALISATION ET DEMOCRATISATION
La troisième République a vu s’instaurer le multipartisme. La loi et le code
électoral ont été adoptés. Pour la première fois dans l’histoire du pays on assiste
à des élections présidentielles à plusieurs candidats briguant chacun le pouvoir
au nom d’un parti.
Le Pacte National est une des principales sources de la décentralisation
généralisée, telle qu’elle est mise en place actuellement au Mali. Dans les
régions septentrionales du pays, le processus de la décentralisation a suivi les
phases suivantes:

     La création de la Région de Kidal décidée sous la 2 ème République a été
      officialisée par ordonnance N#91-039/P-CTSP du 8/08/91
     La loi N#93.008 sur la décentralisation a été votée le 11/02/93
     La dissolution des MFUA et Gandakoy a eu lieu lors de la cérémonie de
      la flamme de la paix à Tombouctou le 27/03/96
     Les premières élections municipales dans les trois régions du nord se sont
      déroulées le 6/06/997
La décentralisation répond à un souci démocratique pour une bonne
gouvernance et un besoin réel de développement local et régional. Elle
s’organise autour des échelons de pouvoir suivants :
Echelon               Instance                                    Autorité
                      Décentralisée         De Tutelle            Décentralisée         De Tutelle

Commune               Conseil               Cercle                Maire                 Préfet
                      communal

Cercle                Conseil         de Région                   Président        du Haut
                      cercle                                      conseil          de commissaire de
                                                                  cercle              la région

Région                Assemblée             MATCL                 Président   de MATCL
                      régionale                                   l’Assemblée
                                                                  régionale


Le projet politique des populations du Nord -Mali est désormais dans les mains
de leurs élus qui font face aux défis que pose la décentralisation :

7
 Elles concernaient les quatre régions du nord: Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal, soit 190 communes. Les
élections pour les autres régions du sud : Kayes, Koulikoro,Segou et Sikasso ; se sont déroulées le 2 Mai 1999 et
ont concerné 492 communes.


                                                                                                              35
       Défi d'infrastructures et de ressources humaines

Il n’existe pas un seul kilomètre de route bitumée sur l’étendue de toute la
région de Kidal.
La quasi- totalité des communes démarre sans infrastructures de base (souvent
un seul puits et rien autour). Les ressources humaines sont peu formées, surtout
dans la langue officielle8 de la République.

       Défi de limites inter- communales

Jusqu'à présent c'est la levée de boucliers dès qu'on aborde ce sujet délicat. Les
frontières inter- communales doivent tenir compte du mode de vie nomade des
populations. Dans tous les cas, jusqu'à présent aucune commune ne connaît sa
délimitation précise. Les éleveurs se retrouvent autour de leurs terroirs
d’ancrage dont voici la répartition par commune:

Commune                    Secteurs d’éleveurs
                   TESSALIT
Timtaghen Tin Kar          Tinkar, Inabag, Tawhoten
Tessalit                   Terist, Abanco, Taghlit, Tadjnut,Telakak,
                           Ubankort, Intibdoq, Awil, Tadjodjamet, In
                           Khalil
Aguelhoc                   Tassidjdimt, Ukinik, Telabit, Inakafel,
                           Tamucast, Matalmen, Tagharabat, Soran,
                           Laway laway, Aslagh, Inamzil
                   ABEYBARA
Bouressa                   In tahek, Toximen I, Toximen II, Tasseyalt,
                           Talahandak,
Abeybara                   Tassissat, Intiwiké, Intihaggaren, Ahdjar,
                           Anhar, Aghli, Djoumit, Tidinamist,
Tin Zawaten                Zakak, tanghamer
                    TIN-ESSAKO
Tin Essako                 Abiyou, Inboulal, Guiljiyat, Inakarot
                  9
Tamesna-Ashibogho          Tagorast, Ibalaghan, Infalfalen,
                    KIDAL
Kidal                      Tin Tersen, Agharus, Tanaynayt, Sindiman,
                           Intadyni, Djounhan, Aghelhek, Agharus Alkit,
                           Kannay, Aghabo, Takalot, Tassik, Intibzaz,
                           Amacine, In Koufé
Essuk                      Tanezruft, Dehedj, Djarhen, Tinazraf, In
                           Tashdayt, Shadjam,
Anefis                     Taboraq, Dedet, Djenshashé,

8
  4 sur 11 maires de la région sont capables de tenir une conversation normale en français.
9
  La commune d’Ashibogh est la plus récente. Elle fut créée en Avril 2001. Les élections s’y sont déroulées en
février 2002.


                                                                                                             36
      Défi de tutelle
Les différentes tutelles au niveau de cercle et de région malgré leur préparation
pour assumer le nouveau rôle qui leur est dévolu par les textes de la
décentralisation, n'ont pas toute la volonté requise; à cela s'ajoute le manque
d'autorité de l'Etat. Dans la plupart des cas les fonctionnaires chargés d'encadrer
les communes ne résident pas dans le chef-lieu de commune mais plutôt dans le
chef-lieu de région. Dans ce cas comment pourront-ils former, appuyer et
conseiller les responsables élus ?

Les services techniques de l'état sont confrontés à un manque chronique de
moyens techniques et humains pour assumer leur fonction auprès des
collectivités territoriales. Le transfert de compétences de la tutelle vers les
collectivités se fait très lentement. Ce transfert doit se faire par un savant
équilibre entre les compétences à transférer, les capacités humaines disponibles
et les ressources financières à allouer.

VII. QUELLE GOUVERNANCE POUR LES NOMADES ?
La bonne gouvernance ne doit pas être considérée que sous l’angle de la finalité
économique mais aussi sous l’angle social. « La réduction des inégalités devrait
être aussi un élément constitutif de la bonne gouvernance10 ». Afin de réparer
ces inégalités, les administrations comme celle des Etats Unis d’Amérique ont
procédé à « la discrimination positive » des minorités touchées, et d’autres
comme la France ont adopté « un statut particulier » pour les régions
concernées.

Bien que ce problème ne se pose pas dans la région de Kidal, au Mali le
pastoralisme, victime de la législation, est sans cesse repoussé par l’agriculture
vers des zones peu productives. Il est couramment admis que toute terre non
cultivée est vacante de sorte que pour peu qu’un agriculteur plante quelques
tiges de mil quelque part, la terre lui revient et il pourra y exercer un droit
foncier. Quant à l’éleveur, ses territoires de pâturage ainsi que ceux de ses
ancêtres ne lui étaient reconnus par aucun texte juridique. La charte pastorale
est-elle venue à point nommé pour combler cette lacune ? La loi portant sur la
charte pastorale votée en février 2000 met l’accent sur les principes
fondamentaux suivants :
-      la mobilité des animaux,
-      l’utilisation durable des ressources et la préservation de l’environnement,
-      l’accès équitable aux ressources pastorales,
-      la gestion décentralisée et participative des ressources pastorales,


10
     les non-dits de la bonne gouvernance, Haut Conseil de la Coopération Internationale, éditions Karthala, 2001.


                                                                                                                37
-        l’exploitation paisible des ressources pastorales et la gestion locale des
         conflits liés aux activités pastorales.

Pourquoi ne pas créer des secteurs d’éleveurs au niveau de chaque commune
reconnus par la législation et consacrant l’appropriation de l’espace pastorale par
ses utilisateurs ? Ces secteurs pourront être dirigés dans la plus part des cas par
des chefs de fractions influents, ce qui fera le compromis entre l’organisation
traditionnelle de la société et la nécessité moderne de l’exigence
démocratique et de développement.

Le recensement est l’un des principaux problèmes que rencontre
l’administration en milieu nomade. La mobilité et la dispersion sur de vastes
territoires ne facilite pas la tâche des administrateurs qui font le plus souvent
recours aux chefs de fractions.
Les nomades ont vu dans le recensement un facteur de dénombrement de leurs
animaux en vue de payer l’impôt ; donc pour payer moins, ils ne déclarent pas
tous leurs biens et souvent eux-mêmes fuient les agents recenseurs.
La région de Kidal a connu trois types de recensements :
-      le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH)
-      le recensement administratif à caractère fiscal (RA) et
-      le recensement administratif à caractère électoral (RACE).
Le tableau11 ci-après détermine les résultats des différents recensements de 1942
à 2001 :
          1942 1960 1966 1976 1987 1996 1998 2001
RA        18.000 20.610 22.315 26.283 30.956 77.104 37.062 65.949
RGPH              20.610 22.315 25.454 33.249 P.D              42.386 45.280
RACE                                                  75.423 77.104 62.379

Un recensement objectif et juste est un outil privilégié pour les élus au service
du développement local et régional.
De 1991 à 2002 le taux de recouvrement des impôts, voire de la TDRL est
presque nul. Jusqu’à présent les élus ont du mal à recouvrir les impôts de leurs
contribuables.

A défaut de recensement véritable et d’état civil clair, comment peut-on faire
des élections transparentes et représentatives de l’expression des nomades ? « Il
est peut être grand temps de considérer la spécificité du mode de vie nomade
pour qu’enfin la démocratie et la décentralisation leur soient de réelles
opportunités de s’intégrer grâce à des lois qui seraient plus adaptées à leur
quotidien » (Ahmed Mohamed AG GUIDI).

11
  Problématique de données statistiques dans la région de Kidal, cas des chiffres de population et du cheptel.
Soumaïla Ibrahima, PACAD, Kidal, septembre 2002.


                                                                                                                 38
Les responsables élus doivent débattre des problèmes de leurs collectivités avec
leurs populations. Elles sont rares les communes qui tiennent régulièrement
leurs conseils prévus par la loi.

Faut-il repenser le système électoral en zone nomade ? Les nomades n’ont
pas la conscience de l’utilité du vote, leurs décisions sont prises le plus souvent
en fonction des affinités familiales ou par intérêt immédiat lié aux élections. Les
bureaux de vote itinérants ont montré leurs limites, que ce soit en ce qui
concerne le gaspillage de ressources par la dispersion d’efforts (autour d’un
même puits, plusieurs bureaux peuvent défiler pour faire voter les différentes
fractions), ou ce qui est des possibilités de fraude. Lors des dernières élections
législatives de 2002, la cour constitutionnelle a supprimé les résultats de vote
des bureaux itinérants.

La marginalisation des nomades est ressentie comme un désintéressement de
l’administration à leur sort. Les nomades viennent rarement se plaindre au près
des administrateurs parce qu’ils pensent qu’ils suffit d’avoir quelques moyens
pour les corrompre, peu importe qu’ils aient tort ou qu’ils aient raison. Les
administrateurs sont sédentaires et ne se rendent pas chez les nomades, ces
derniers méfiants évitent l’administration. Il est difficile d’administrer les
nomades à partir d’un bureau. Faire chercher les nomades quand ont a besoin
d’eux n’est pas la solution, un proverbe touareg dit : « awa tarhed itart awa
wartarhed soutart 12». Pourquoi ne pas insérer dans les tâches mensuelles des
administrateurs une tournée obligatoire dans les campements d’au moins
quelques jours pour mieux connaître le territoire et les populations qu’ils
administrent?

Ces administrateurs pourront-ils faire un effort pour apprendre quelques
rudiments de la langue de leurs administrés ? Car rien ne peut remplacer la
communication directe et la confidentialité n’est pas assurée avec un interprète
même au niveau de la justice. L’administration française a expérimenté cette
méthode qui a bien fonctionné et a été appréciée par les populations.

Pour les planificateurs centraux, en disposant d’une enveloppe financière qui
peut sauver soit 100 enfants d’un village ou 20 enfants nomades, la décision à
prendre va pour le grand nombre. Cependant, la faible densité, les longues
distances entre les différents campements et leur dispersion font qu’il est
difficile de gérer une fraction nomade comme un village, sans tenir compte des
spécificités et des particularités du mode de vie nomade dans le domaine de la
santé publique et de l’éducation. Dans la région, jusqu’à présent, certaines
personnes vulnérables font plus de 200 kilomètres pour recevoir les premiers

12
     ce que tu veux, cherche-le, ce dont tu n’as pas besoin fait –le chercher.


                                                                                 39
soins. La rentabilité économique est aussi importante que la rentabilité
sociale car l’exclusion est la source de frustrations, donc de conflits.

A partir du moment où le monopole de la violence et de la sécurisation des
citoyens ne sont plus les domaines exclusifs de l’état, apparaît la nécessité de
faire recours au capital social des communautés de base. Pour Georg KLUTE
13
   ,« Il ne me parait pas inconcevable de penser que certains chefs ou plutôt
certaines familles ou certains groupes de chefs seront à mesure non seulement de
repousser l’influence de l’état dans leur territoire, mais aussi de renforcer leur
pouvoir, et qu’ils s’affirmeront dès lors comme des para souverains régionaux ».

VIII.   CONCLUSION
Pendant la dernière décennie, le Mali a connu des grands changements dans son
environnement sociopolitique et économique dus à des réformes tendant à une
plus large vision de la démocratie, de la décentralisation et une réflexion qui se
veut participative pour l’élaboration d’une stratégie nationale de développement
durable. Ainsi la pauvreté, la santé, l’éducation et la justice ont été autant de
thèmes qui impliquent désormais des acteurs à la base pour une gestion saine et
équitable des affaires publiques. La cheville ouvrière de toute cette chaîne
demeure les collectivités territoriales décentralisées qu’il faut absolument
préparer aux rôles qui leur sont dévolus et renforcer leurs capacités à travers une
société civile forte pour réussir la mise en oeuvre de tout le processus.

Dans ce contexte comment développer sinon administrer les régions nomades du
nord Mali, après un lourd cumul de retards, en gardant pour seul modèle le mode
de vie sédentaire qui reste par essence l’opposé du mode de vie nomade, bien
que demeurant largement complémentaires?
Ce faisant, il importe d’adopter une stratégie pragmatique, flexible, respectueuse
des us et coutumes des populations dans le cadre institutionnel réglementé par
une législation adaptée aux conditions de ceux qui sont concernés, sans verser
dans un conservatisme outré, toujours préjudiciable au progrès.

Il me semble que seul un statut particulier dûment réfléchi, accompagné d’une
réelle volonté nationale de résorber le retard accumulé par les sociétés pastorales
et le déséquilibre de développement entre le nord et le sud du pays, pourra
intégrer les nomades dans la construction d’un état moderne et démocratique.




13
  Georg KLUTE, de la chefferie administrative à la parasouverainété régionale. Horizons nomades en Afrique
Sahélienne. Editions Karthala. 1999.


                                                                                                         40
       FORUM DES COMMUNAUTES DES REGIONS DU
       NORD MALI
                              KIDAL, les 31 Octobre, 1er et 2 Novembre 2009




                               SECURITE
                                                    &
                   DEVELOPPEMENT




Préparé et présenté par
                                                                                 Daouda
                                             MAIGA
                                                                              Directeur du
       Programme Intégré de
                                                             Développement Rural de la
       Région de Kidal (PIDRK)




                                                                                         41
                                INTRODUCTION

La problématique qui va être évoquée à travers la présente communication revêt une

importance capitale pour notre pays, nos régions et la région de Kidal en particulier.

Les notions de Sécurité et de Développement son intimement liées en raison de la

négation/exclusion respective qui résulte de la corruption de l’une ou de l’autre. En

d’autres termes, le manque de sécurité altère dangereusement les actions de

développement et un développement malingre crée l’insécurité sous des formes

comme l’insécurité alimentaire, les actions de brigandage et autres activités non licites

liées à la satisfaction de besoins qualifiés d’élémentaires.


                       CONCEPTS ET DEFINITIONS


1. SECURITE

Cette notion s’apparente à une situation dans la quelle aucun danger ou risque

d’accident n’est à redouter. Elle symbolise la tranquillité, le calme, la paix et la

confiance résultant de cette absence (relative) de danger. Les synonymes de Sécurité

sont nombreux et l’on peut en citer quelques uns tels que : la confiance, le calme,

l’assurance, la sérénité, la fiabilité, la quiétude, la sûreté, la tranquillité, la paix,

l’apaisement, l’ataraxie, l’ordre, la justice…

Le manque ou l’absence de sécurité conduit à un état qui peut être caractérisé

comme une situation d’Alarme. Lorsque la sécurité se détériore, il s’installe une




                                                                                      42
  atmosphère d’angoisse, d’anxiété, de crainte, d’appréhension, d’inquiétude, de peur,

  de préoccupation, d’insécurité, d’instabilité, de danger, de précarité, de péril…



2. DEVELOPPEMENT

Le concept de Développement fait allusion à l’idée que l’on peut se faire de la croissance

d’un ou plusieurs systèmes de production tant sur les plans quantitatifs, qualitatifs,

environnementaux que des progrès sociaux qui seront engendrés par ledit essor.

Lorsque l’on parle de Développement on pense à l’épanouissement, le progrès,

l’évolution, l’accroissement, l’enrichissement, l’expansion, l’amplification, l’avancement,

l’augmentation, la prospérité, le grossissement…

En tout état de cause, le Développement doit être d’abord endogène même si sa

véritable impulsion mettra à profit des facteurs exogènes comme la technologie ou la

recherche de capitaux.

Lorsque le Développement est souffreteux (sous développement) ou mal conduit (mal

développement) on parlera généralement de récession, de ralentissement, de

rétrogradation, de sclérose, de piétinement, de stagnation, de régression, d’atrophie, de

déclin, de décadence…


                   BREF APERCU DE L’ETAT DES LIEUX


La Sécurité dans les régions Nord du Mali à l’instar de la sous région, est aujourd’hui une

préoccupation et un enjeu à l’échelle planétaire. Les manifestations en sont les différents

trafics (stupéfiants, cigarettes, armes de guerre, êtres humains), les rébellions liées aux

                                                                                        43
crises sociales aux origines complexes et nombreuses et plus récemment à des

groupuscules sectaires qui arpentent une partie du Nord Mali et pratiquement toute la

bande sahélo-saharienne.

Plus près de nous, la manque de Sécurité se manifeste par l’enlèvement et le braquage

de véhicules appartenant aux Programmes/Projets et ONG, à l’Etat, ou à des privés, le

vol de bétail notamment des camelins et des bovins, différentes formes d’injustice allant

jusqu’au meurtre dans les campagnes.

Malgré un bond notoire des actions de Développement dans le Nord Mali en général, le

constat est que beaucoup reste à faire notamment en matière de désenclavement

(routes, aéroports), d’infrastructures productives et sociales (hydraulique, exploitation

des ressources naturelles, santé, éducation), d’une meilleure gouvernance

(administration adaptée, société apaisée, règne de l’ordre). Il ne faut guère occulter un

enrichissement notoire d’une certaine frange de la population et la constante progression

d’une certaine intelligentsia dont les revenus ne sont que très peu liés au système de

production agro pastoral et pastoral.


                     REFLEXIONS/QUESTIONNEMENTS


    Comment convaincre les Partenaires au Développement (bailleurs de fonds et

       investisseurs) de maintenir et/ou de renforcer leur intervention dans les régions

       du Nord, tout en sachant qu’un individu ou un groupuscule malveillant peut à tout

       moment tenter des actions visant à compromettre les acquis.




                                                                                      44
 Quelles peuvent être les stratégies à adopter pour insuffler une véritable vision

   de développement endogène, axé sur nos propres ressources et capacités.

 Quels type et forme d’intervention (projets/programmes) faut-il proposer lorsque le

   structurel jouxte avec le conjoncturel et que l’urgence est aussi criarde que la

   consolidation

 Que pouvions-nous proposer à l’Etat et à la communauté internationale pour

   assurer une meilleure gouvernance pour les populations en zone nomade.

 Comment poser les jalons d’une société plus juste dans un environnement en

   perpétuel compétition tendancielle, au moment ou les grandes nations de ce

   monde s’allient pour faire face aux nouveaux défis.

 Quelles sont les stratégies à mettre en œuvre pour soutirer une jeunesse qui

   souffre de manque et de sous-emploi, aux nébuleuses qui proposent de l’argent

   nombreux et facile contre l’enrôlement dans leurs sphères.

 Quels engagements concrets les leaders (élus, chefs coutumiers, chefs militaires

   et chefs de guerre, les femmes, les jeunes…) peuvent-ils prendre à l’issue de

   cette rencontre pour renforcer la Sécurité et promouvoir un Développement

   équitable au bénéfice des masses silencieuses qui subissent les affres de la

   précarité économique et l’angoisse de l’insécurité.




                                                                                  45
        Liste des participants aux commissions de travail

I- Commission : Islam dans notre société
Conférencier : Moufti Ahmadou Ag Hamzatta
Rapporteur : Alhassane Ag ASSADECK

                Prénoms                              Noms
Ahmedou                        Ag          Abdallah
Mohamed Aly                    Ag          Amakmoud
Assaleck                       Ag          Sidi Aly
Mohamed                        Ag          Abdourahibi
Mahma                          Ag          Abourahammane
Ibrahim                        Ag          Idoual
Elmehdi                        Ag          Rhissa
Alhader                        Ag          Issa
Aboubakrine Abdou                          Maïga
Abdoulahi                                  Adjarmakoy
El Ferdaous                                Bouhlel
Sidi Mohamed                   Ag          Mohamed
Souma                                      Adachi

II- Commission sécurité et Développement
Président : Issa ONGOÏBA
Rapporteurs : Me Maliki IBRAHIM
              Mohamed Ag Erless
Facilitateurs :Daouda MAÏGA
               Mitène Ag OUFENE
     Prénoms                                 Noms
     Col. Issa                               Ongoyba
     Col. Salia Mohamed                      Lamine
     Samba Aliou                             Maïga
     Mohamed                        Ag       Oumar
     Mme Dadia                      W/       Mossa
     Hamma                          Ag       Iknastan
     Abdou                                   Talfi
     Abdassalam                              Boncana
     Zayd                           Ag       Mohamed
     Sididi                         Ag       Mohamed Assaleck
     Mohamed                                 Assaleck
     Abdou                          Ag       Abdorahman
     Kamalmal                       Ag       Inzarara
     Dr. Mariam                              Maïga
     Bilal                          Ag       Orki

                                                                46
     Hakimoun                       Ag       Sidi Mohamed
     Mme. Sema                               Issa
     Ahmeyed                        Ag       Mohamed
     Abdoulkarim                    Ag       Taki
     Midouwa                        Ag       Houda
     Mme Tacharift
     Mme Alghaliya
     Mme Zéynabou                            Sidi
     Bilal                          Ag       Ousmane
     Sahadati                                Mahamane
     Malick Mohamed                          Maïga
     Bayes                          Ag       Abbilal
     Lt Col. Abdoullahi                      Hamadahaman Maïga

Commission Administration en zones nomades
Présidente: Mme Famma Walett IDAL
Facilitateur : Cheick Ag BAYE
               Ibrahim Ag LYTNI
Rapporteur: Mohamed AZALI
            Abdoullahi MADOUGOU

     Hama                           Ag   Ahmed
     Djibrila Boubey                     Sameké
     Dr Najim                       Ag   Moussa
     Altanata                       Ag   Ebalagh
     Ibrahim                        Ag   Mohamed
     Rhaly                          Ag   Aloumatey
     Hamdinou                       Ould Lakhsane
     Ehya                           Ag   Ibrahim
     Mme Fadimata                   W/   Oumar
     Ahamdou                        Ag   Hantafay
     Abasse                              Touré




                                                                 47
Le Forum a pris acte de la création d'un réseau de plaidoyer pour la
paix au nord Mali.


Pistes pour la création d’un réseau de plaidoyer lobbying : Paix dans les trois régions du Nord
Mali.


Constats : 2 niveaux de difficultés
1. Sociopolitique :
       Déperdition des codes sociaux et des espaces de références, désintégration des liens sociaux,
        multiplication des sources d’autorité politiques qui ont engendré une multiplication des sources
        de conflits autour du pouvoir local, perte du pouvoir traditionnel, infiltration des trafics de
        drogues créant des nouvelles axes de tensions, délinquance et manque d’accès aux
        débouchés professionnels chez les jeunes, désir de plus en plus poussé d’accès à l’argent
        facile et présence de groupes islamiques armés. Une politique de paix nationale insuffisamment
        construite pour conserver les bases d’une paix solide ; démission de l’Etat face à ses
        prérogatives régaliennes, non respect des accords successifs de paix et de développement
        relatifs aux crises Nord.
       Manque d’engagement de l’Etat et des acteurs internationaux dans une politique de
        développement des régions du Nord.
       Tout cela contribue à générer un sentiment d’abandon et à créer un climat d’insécurité et de
        tensions.


2. Organisationnel :
       Manque de moyens d’analyse et d’évaluation des enjeux du Nord.
       Difficultés à mesurer les véritables problèmes (imprécision des données, disparités des
        analyses, manque de réalisation d’une politique commune et concertée).
       Manque d’organisation et de concertation entre les différentes communautés et les fractions
        des régions Nord.
       À partir de cela, nous pensons que nous pouvons en nous groupant apporter des solutions, et
        cela de plusieurs manières :


Objectifs
       Rétablir les liens sociaux



                                                                                                     48
       Initier des modes revendications non-violentes- prévenir les conflits potentiels
       Créer un groupe d’acteurs inter fractionnel, concerné et spécialisé sur les questions du Nord.
Perspectives et Actions.
    1. Mettre en place et dynamiser un réseau d’acteurs stratégiques et référents sur les questions
        du Nord     (élus, société civile, chefs politiques traditionnels, chefs religieux, notables, acteurs
        extérieurs etc.…)
    2. Créer une cellule de veille et d’analyse des problèmes de paix dans le Nord (réalisation
        d’études, veille de crise) et d’informations sur ces questions ;
    3. Mener des actions de plaidoyer lobbying politique : émissions de travaux-propositions de loi ;
        interpellation des élus locaux et nationaux pour la prise en compte des problèmes du Nord dans
        les différents programmes de politiques publiques (appui aux élus du Nord).
    4. Créer une cellule d’intervention dans le règlement et la gestion des conflits (par exemple une
        cellule référente par région)
    5. Mettre en place des outils pour une action politique concertée qui pèse dans les décisions.
        Notre méthode d’analyse consiste à avoir une approche transversale et non stigmatisante
        pouvant rendre compte d’une réflexion globale (pas uniquement d’ordre sécuritaire) sur les
        causes de la crise.
La composition du réseau
Nous accordons une priorité à l’hétérogénéité de notre réseau. Ce réseau se caractérise donc par une
approche Inter communautaire, inter fractionnelle, inter professionnelle, inter générationnelle.
A la fin du forum environ 360 fractions et villages ont déjà adhérés au réseau et un bureau provisoire de
45 membres a été mis sur place.


Organisation logistique et financière :
       Un bureau national-interrégional, des comités locaux …
       Répartition des travaux et des tâches (veille communication, suivi logistique, lobbying…).
       Le but de ce réseau étant à but non lucratif, quels moyens financiers (cotisation des fractions ?
        dons ? demandes de financements) ?…




                                                                                                            49
                         ‫‪Mots du porte parole de la rencontre‬‬

                 ‫. بسم اهلل الرحمان الرحيم وصلى اهلل على نبيه الكريم .‬


                                           ‫وبعد/‬

                         ‫فٙزٖ وٍّخ إٌبعك ثبصُ ٌدٕخ اٌزٕظ١ُ .‬

‫أوال : ٔس١١ىُ ثزس١خ أإلصالَ ٟٚ٘ اٌضالَ ػٍ١ىُ ٚسزّخ اهلل ٚثشوبرٗ .‬

‫وزٌه ال ٠فٛرٕب أْ ٔمبصّىُ اٌشؼٛس ثّؼبٔبد اٌغش٠ك أٌزٞ صٍىزّٖٛ رٍج١خ ٌذػٛرٕب ٌىُ ٌٍسضٛس‬
‫ٚاٌّشبسوخ اٌفؼٍ١خ فٟ ٘زا اٌٍّزمٝ اٌّجبسن اٌزٞ ٔضأي اهلل أٌؼٍٟ اٌمذ٠ش أْ ٠ٛفمٕب ف١ٗ ٌّب ٠ست‬
                                           ‫ٚ٠شضبٖ .‬
‫ثبٔ١ب: فٙبوُ ا ٌّٛاض١غ اٌزٟ أػذدٔب٘ب ٌٙزا اٌٍّزمٝ ٌزضبّ٘ٛا ف١ٙب ثٛخٙبد ٔظشوُ اٌّؼزجشح-‬
‫ِٛضس١ٓ أألصجبة ٚاٌسٍٛي ِؼب- .‬

‫ٚاٌّٛاض١غ اٌّزوٛسح ٟ٘ وبٌزبٌٟ :‬

‫أ- و١ف١خ رمٛ٠خ اٌشٚاثظ أالخزّبػ١خ ٚاٌزضبِٓ ٚإػبدح اٌثمخ ٚاالززشاَ اٌّزجبدي ث١ٓ اٌؼشبئش‬
‫ٚاٌّدزّؼبد ِٓ خٙخ ٚاززشاَ ٔظبَ ٚلٛأ١ٓ اٌذٌٚخ ِٓ خٙخ أخشٜ ٚاٌضالَ اٌشبًِ ٚاٌؼبدي‬
‫اٌزٞ ٠ضزٛٞ ف١ٗ اٌمٛٞ ٚاٌضؼ١ف ٚ٠ضبّ٘بْ ف١ٗ وً زضت لذسرٗ .‬

‫ة- أألِٓ ٚاالصزمشاس ٚاالعّئٕبْ ٚاٌضؼٟ اٌدبد فٟ صج١ً اٌسصٛي ػٍ١ُٙ .‬

‫ج- اٌزّٕ١خ اٌّضزذاِخ ٚرسض١ٓ رض١١ش اإلداسح اٌسىِٛ١خ ٚاٌّسٍ١خ ٌٍٛصٛي إٌٝ زىُ أفضً ،‬
‫ٚفُٙ ٚرفُٙ ِ١زح اٌالِشوز٠خ ِغ ِب رسٍّٗ ِٓ ِؼغ١بد ص١بص١خ إ٠دبث١خ ٚلٍ١ال ِب ٟ٘؟ ٌؼذَ‬
‫رفُٙ ٚٚػٟ اٌىث١ش ثمٛأ١ٕٙب ٚرٌه ٠ؼٛد ٌّٕبلضزٙب ش١ئب ِب ٌٍمٛأ١ٓ اٌزمٍ١ذ٠خ ٚاألػشاف اٌجذٚ٠خ‬
‫ٚوثشح األِ١خ فٟ اٌؼبٌُ اٌش٠فٟ ٚػذَ اٌشفبف١خ ٚإٌزا٘خ فٟ اٌّسبٚس االٔزخبث١خ ، ٚأخ١شا ٌٚ١ش‬
‫آخشا فٕٙبن آفبد اخزّبػ١خ ٚإِٔ١خ ٌُ ٠زوش اصّٙب فٟ اٌّٛاض١غ ٌىٛٔٙب اٌخغش أٌسبف دٌٚ١ب‬
‫ٚإلٍ١ّ١ب ٚٚعٕ١ب ، ِٚٓ ٘زا إٌّظٛس فال ثذ ٌٙب ِٓ اٌّىبفسخ ٚاٌّؼبٌدخ ِؼب ٌٍزخف١ف ِٓ زذح‬
‫خغش٘ب ػٍٝ اٌجشش٠خ ، رّبش١ب ٚرغج١مب ٌٍّؼب٘ذاد ٚاٌّٛاث١ك اٌذٌٚ١خ فٟ ٘زا اٌّدبي ، ٚػٍ١ٗ‬
‫فئٔٗ ال ثذ ٌٕب خّ١ؼب ِٓ أْ ٔؼٟ ثٛػٟ ربَ ٚسٚذ ٚعٕ١خ ٚإٔضبٔ١خ ثأْ شش٠ظ اٌصسشاء‬
‫اٌىجشٜ أصجر ِمشا شجٗ سئ١ضٟ ٌٍسشوبد اٌدٙبد٠خ ِٚسغخ ٌؼجٛس ردبسح اٌّخذساد‬
‫ٚاٌؼصبثبد إٌّظّخ ٚغ١ش إٌّظّخ ٚاٌزٍصص اٌفشدٞ ٚاٌدّبػٟ ثبإلضبفخ إٌٝ رٛسط‬
‫ثؼض اٌشخص١بد فٟ اٌشؤْٚ اٌض١بص١خ ِٚسبٌٚزُٙ اٌسصٛي ػٍٝ إٌّبصت ػٓ عش٠ك اٌمٛح‬
‫ِّب ززُ ػٍ١ُٙ رشى١ً خال٠ب ِضٍسخ غ١ش ػضىش٠خ رس٠ؼخ ٌٍذخٛي فٟ ٔزاػبد ػشل١خ ِّب‬
‫رضجت فٟ اٌزفشلخ االخزّبػ١خ ٚاٌضجبق ػٍٝ اٌزضٍ١ر غ١ش اٌّششٚع ، ٌٚؼٍٕب أعٍٕب فٟ ٘زٖ‬

                                                                                        ‫05‬
‫اٌىٍّخ ػٍ١ىُ إال إٔٔب ػٍٝ ٠م١ٓ ِٓ ٚخٛدوُ اٌ١َٛ ٕ٘ب ِؼٕب فٟ ٘زا اٌّىبْ ٌٙٛ دٌ١ً لبعغ ػٍٝ‬
‫أٔىُ رشبعشٚٔب اٌفىش . ٚاإلزضبس ٚاٌشؼٛس ٚاٌّضؤٌٚ١خ ، ِٚٓ ٘زا إٌّغٍك فئٕٔب ٚإ٠بوُ‬
‫خّ١ؼب ٌ١ٕزظش ِٕب رغ١١ش ٚخٗ اٌشّبي ِّب خٍفزٗ أ٠ذ٠ٕب ػٍ١ٗ ٚأ٠ذٞ ِخزٍف أإلداساد ِٕز‬
‫أالصزمالي إٌٝ ٠ِٕٛب ٘زا ٚاالٔزمبي ثٗ ِؼب إٌٝ شّبي خذ٠ذ ِٕزٚع اٌضالذ ٠ضٛدٖ األِٓ‬
‫ٚاالصزمشاس ٚاٌّسجخ ٚاإلخبء ٚزضٓ اٌدٛاس ثؼ١ذا ػٓ اٌزغشف اٌذ٠ٕٟ ٚاٌض١بصٟ ِٕٚٙح‬
‫اٌؼٕف ثدّ١غ أٔٛاػٗ ، ٚأشىبٌٗ. ٚاإل٠ّبْ ٚاٌزّضه ثبٌسٛاس، ٚاٌشفبف١خ ٌزضٛ٠خ خّ١غ‬
  ‫اٌخالفبد فٟ إ عبس د٠ّمشاعٟ ٔز٠ٗ ٠سفظ ٌىً رٞ زك زمٗ .‬
                                       ‫ّ‬
‫ٚفٟ األخ١ش ٔٛد أْ ٍٔفذ أزجبٖ اٌسبضش٠ٓ إٌٝ أْ ٘زا اٌٍّزمٝ ٚإْ وبْ أل١ُ رسذ شؼبس‬
‫ػشبئشٞ ، فئْ رٌه ال ٠ؼزجش ض١مب أٚ رض١١مب فٟ ثشٔبِدٗ اٌٛعٕٟ ٚاإللٍ١ّٟ ، أٚ رمص١شٖ‬
‫ػٍٝ خٙخ دْٚ أخشٜ وّب ٠مٛي اٌجؼض , ال ٚإّٔب أل١ُ رسذ ٘زا اٌشؼبس زشصب ِٕب ػٍٝ‬
                        ‫اٌّضزٕذاد اٌشصّ١خ ألٔٙب صجك ٚأْ أٚدػذ ثٙزا اٌؼٕٛاْ .‬
‫ٌُٚ ٠جك ٌٕب إال أْ ٔمٛي ٌىُ أ٘ال ٚصٙال ِشح ثبٔ١خ ثأفىبسوُ أٌسّ١ذح اٌزٟ صزٕٙض ثبٌشّبي ِٓ‬
‫ثؤسح اٌزٛرشاد ٚإٌزاػبد اٌؼشل١خ ٚرزٚ٠جٗ فٟ اٌدٕٛة ثبٌؼذي ٚاٌّضبٚاح ٚدػُ اٌّضبػٟ‬
‫اٌسمٛق ، رمجٍٛا رّٕ١برٕب ثأْ رىْٛ‬       ‫اٌّجزٌٚخ ِٓ اٌذٌٚخ ِٓ أخً ردض١ذ ٚرغج١ك لبْٔٛ دٌٚخ‬
‫أ٠بَ ٘زا اٌٍّزمٝ أ٠بَ وأ٠بَ أألػ١بد ِسفٛفخ ثبٌفشذ ٚاٌضشٚس ٚاٌؼًّ اٌدبد إل٠دبد ص١غخ‬
‫رٛافم١خ رزضّٓ ٚزذح لشاس ِٓ صىبْ اٌٛال٠بد اٌثالثخ ٔسٛ اٌضالَ ٚاألِٓ ٚاالصزمشاس ٚاٌزّٕ١خ‬
       ‫اٌّضزذاِخ .‬




                                                                                      ‫15‬
TERMES DE REFFERENCE DE LA RENCONTRE
   INTERCOMMUNAUTAIRE INITIEE PAR:
       IFOGHAS, KOUNTA et ALLIES




THEME DE LA RENCONTRE:

   Les nouveaux enjeux sécuritaires et de développement
               dans les régions Nord Mali




Lieu: Kidal

Date : du 31 Octobre au 2 Novembre 2009.




                                                          52
   I-    CONTEXTE ET JUSTIFICATION

Les trois régions du Nord Mali de Tombouctou, Gao et Kidal comptent
ensemble 10% de la population totale du pays, alors qu'elles représentent
70 % du territoire national. Sur les deux tiers de cette immense étendue
désertique habitent, de façon dispersée, des populations nomades, semi-
nomades et sédentaires vivant traditionnellement des produits d’élevage,
d'agriculture, de la pêche et de commerce transsaharien.

De l’indépendance du Mali, en 1960, à nos jours, ces régions n’ont pas
connu d’accalmie durable. Perturbées tout à la fois par des rebellions
récurrentes et des sécheresses cycliques, ces régions connaissent au cours
de cette dernière décennie des phénomènes nouveaux et exogènes
d’insécurité et d’instabilité (contrebande, narcotrafic, trafic humain,
terrorisme, prise d’otages…)

Le mode d’administration moderne que l’Etat a toujours proposé aux
populations nomades de ces régions ne semble pas être très adapté par
rapport à leurs particularismes et à leur mode de vie. A cet écueil inhérent
au mode de gestion, vient s’ajouter l’aspect transnational des phénomènes
nouveaux d’insécurité.

Il est vrai que maintes réflexions et actions ont été menées pour remédier
aux insuffisances, mais il reste notoire que l’ampleur prise par les nouveau
facteurs d’insécurité, dans des régions déjà naturellement fragiles, nécessite
une réflexion plus innovante, interpellant tous les acteurs, qu’ils
appartiennent à l’Etat ou aux communautés.

Le développement et la sécurité forment un binôme inextricable qui exige
une attention soutenue et équilibrée. Si la sécurité est la condition sine qua
non du développement, il faut reconnaître que le non développement et le
mal développement peuvent engendrer l'insécurité. C'est dire que ce précieux
binôme inextricable "sécurité/développement" doit demeurer l'ultime objectif
recherché, et ne doit être conçu que lié à une bonne gouvernance.

Conscientes plus que jamais que l’Etat ne peut à lui seul gérer de façon
constante tous ces fléaux et leurs effets collatéraux, les communautés du
Nord ont convenu de se réunir le 31 octobre 2009, à Kidal pour ébaucher et
proposer des voies innovantes de gestion.

Dans le but de dégager des pistes de solutions consensuelles et opérantes, la
commission d’organisation de la rencontre intercommunautaire de Kidal



                                                                           53
soumet aux participants les thèmes ci-dessous et les invite à les analyser
sans concessions :

   1. Cerner les facteurs majeurs d’insécurité et d’instabilité et
      s’interroger sur leurs origines et les sources qui les alimentent.

L’insécurité au Nord s’est beaucoup accentuée au cours de ces 10 dernières
années et se caractérise par une accumulation de facteurs divers et
complexes : rébellions à répétions, naissance et prolifération de trafics
multiples transnationaux (drogue, armes, vols de véhicules, braquages des
voyageurs, immigration clandestine, terrorisme (prise d’otages, assassinat…).
La faiblesse / absence de l'Administration, l'exclusion des leaders
coutumiers de la gestion des affaires, la déstructuration des liens sociaux…


A ces facteurs majeurs d’insécurité ci-dessus énumérés viennent s’ajouter
d’autres sources conflictuelles connexes qu’il ne faut ni ignorer ni sous-
estimer et dont voici quelques exemples :
   - Le chômage endémique des jeunes qui les pousse à tomber dans la
      logique de l'exode, de la révolte et de la délinquance.
   - Le mauvais exercice du pouvoir qui freine les énergies et les
      innovations au profit du népotisme créant ainsi la suspicion et la
      méfiance.
   - La rareté des ressources exacerbe souvent la compétition et favorise le
      recours à la violence (émergence de groupes armés).
   - La faiblesse des structures administratives due à la corruption et la
      mauvaise formation des gestionnaires, crée de l’injustice et des
      frustrations, surtout quand la volonté d'arbitrer et de rendre justice
      n'est pas bien perceptible du sommet de l'Etat

   2. Y a t il des liens avérés entre ces facteurs énumérés ?


   3. Y a-t-il un lien de causalité entre tous ces éléments d’insécurité et
      le mode de gestion de l’Etat ?

   -   Pourquoi il n’y a jamais eu d’Etat (ou très peu) dans la forme attendue
       et acceptée par les populations locales : Etat protecteur des libertés,
       Etat de justice, Etat émancipateur et non destructeur des valeurs
       culturelles et spirituelles (l’acculturation imposée et les exactions
       contre les valeurs traditionnelles et l’élimination physique et morale
       systématiques des symboles spirituels durant la rébellion de 1963-64
       ont été très marquants).
   -   A cause de ces symboles sur le terrain, l’Etat se fait lui-même souvent
       déconsidérer (image négative d’un Etat parasite vivant sur le dos des
       populations qui, elles- mêmes, se sentent souvent marginalisées par le
       non accès aux services sociaux de base).




                                                                           54
-     La décentralisation est un acquis incontestable mais manque à
      présent d’approfondissement en termes d’affectation des ressources et
      des compétences.
-      Les administrateurs, civils comme militaires, ne connaissent pas
      souvent, ou très peu, les réalités profondes du pays nomade et passent
      une grande partie de leur séjour dans les missions entre les capitales
      régionales et la capitale nationale, ce qui diminue leurs prestations
      auprès des administrés. Par ailleurs ils font souvent foi aux écrits de
      certains administrateurs coloniaux civils et militaires qui n'avaient
      rien de républicains.
-     La gestion du Nord en général et de la région de Kidal en particulier a
      été souvent délaissée entre les mains d’individus peu soucieux de
      l’intérêt général. Il s’est souvent instauré une sorte de clientélisme
      entre le sommet de l’Etat et des intermédiaires locaux coupés des
      réalités objectives du terrain et qui s'improvisent en de véritables
      courtiers.
-     Le rôle des leaders communautaires (la chefferie) dans la lutte contre
      l’insécurité est éclipsé par l’interventionnisme de l’administration et
      l’intrusion de la rébellion dans le champ politique.
-     Qu'en est-il de la coopération que le Mali attend depuis auprès de tous
      les voisins et des occidentaux pour s'attaquer aux phénomènes
      d'insécurité qui sévissent le long de ses frontières?

II-      ORGANISATION DE LA RENCONTRE ET SON
         DEROULEMENT
L'organisation de la rencontre est confiée à une commission
d'organisation et une commission de sages.
La commission arrête la liste des participants, désigne le présidium et
nomme les rapporteurs et leurs assistants. Elle se charge aussi de l'envoi
des cartes d'invitation et assure par ailleurs la publicité de la rencontre.

Sous forme de tribune, différents animateurs viendront exposer,
commenter et analyser les différents thèmes et sous – thèmes proposés
afin de lancer les débats et susciter des questions, des commentaires et
des suggestions. Les rapporteurs et leurs assistants relèveront tous les
points et aspects pertinents sortis des débats, en feront des synthèses
fidèles et procéderont par la suite à la rédaction du rapport final de la
rencontre.

Les conclusions et les recommandations qui sortiront de la rencontre
seront partagées avec les autorités concernées et feront l'objet d'un suivi
rigoureux afin que l'amorce d'une ère nouvelle soit engagée et ressentie
par les populations.

III- QUE FAUT – IL ATTENDRE DE CETTE RENCONTRE?
         1. Les thèmes de la rencontre suscitent des débats fructueux et
            donnent lieu à des propositions et suggestions consensuelles
            innovantes.



                                                                          55
         2. Les communautés du Nord comprennent mieux leur
            responsabilité dans la gestion de paix et de la sécurité.
         3. La cohésion intercommunautaire est mieux renforcée.
         4. Les communautés et l'administration de l'Etat conviennent de
            mieux coopérer pour renforcer la cohésion nationale et défendre
            l'intégrité territoriale.
         5. Un comité ou mécanisme de suivi consensuel est mis en place
            pour le suivi des résolutions et recommandations

   IV-   PROGRAMME DE LA RENCONTRE

31 Octobre: Ouverture   à partir de 9 Heures
                    o    8:00 8:45     Mise en place des invités
                    o    9:00 installation des officiels
                    o    9:00 – 9:05 Annonce du programme de la rencontre
                         par le maître de cérémonie
                    o    9:05- 9:10 Discours de bienvenue du Maire de la
                         commune urbaine de Kidal
                    o    9:10-9:30     Mots     de     bienvenue  des   chefs
                         traditionnels Intalla Ag Attaher et Baba Ould
                         Sidilmokhtar
                    o    9:30-9:45     Intervention du porte-parole de la
                         rencontre
                    o    Traduction en arabe et français
                    o    9:45 – 11:45 Intervention des représentants des
                         différentes délégations invitées
                    o    11:45 – 12:15 Discours d'ouverture Officielle par le
                         Président de la République ou son représentant

            12:15          Prière du Vendredi

           14h 30     Reprise des travaux
           14:30 – 14:45    Exposé des termes de référence de la rencontre
           14:50 – 16:00    Exposé des quatre thèmes par les experts
           16:00 – 17:00    Débats
           17:00 - 17:15    Constitution de quatre commissions
           -    Cohésion Sociale et Paix
              - Sécurité et développement
              - L'Administration en zones nomades
              - L'Islam dans notre société
           17:15            fin de journée
           19:00 – 20:00    Dîner
           20:15 – 23:00    Animation

1er Novembre: 9:00 – 12:00      Travail en Commissions
             12:00 – 14:00      Pause Déjeuner
             14:30 – 15:30      Restitution des rapports     des   différentes
                                commissions
            15:30 -17:00        Débats et synthèse


                                                                           56
              17:15                Fin de journée
              19:00 – 20:00   Dîner
              20:15 – 23:00   Soirée Culturelle
2 Novembre:
              10:00 – 10:30   Lecture du Rapport de la Rencontre
                              Résolutions et Motions
              11:00 – 11:30   Discours de clôture
              12:00 – 14:00   Déjeuner Méchoui d'au revoir




                                                                   57
                           LISTE PROVISOIRE DES
                         FRACTIONS ET VILLAGES
                        AYANT ADHERES AU RESEAU


  Noms Fractions        Noms Chefs Fractions        Communes      Cercles signatures
Ikarbaghanan1          Almoumene AG KIYOU         Tilemssi     Gao
Ikarbaghanan2          Alladi AG ELMEHDI          Tilemssi     Gao
Ikarbaghanan3          Batna AG ADAMOU            Tilemssi     Gao
Kel Bardagh1           Adamou AG TINFAN           Anchawadj    Gao
Imaghran Aboubacr.     Mahamadou AG OUMAR         Tilemssi     Gao
Imaghran Tikly         Mohamed AG EFEREBE         Anchawadj    Gao
Kel Ehadh              Mohamed AG SIDAMAR         Tilemssi     Gao
Kel Amdheliss          Souleymane AG OUSMANE      Tilemssi
Ibohanane              Sidi AG AKLY               Anchawadj    Gao
Kel Tandharbatene      Hamadi AG ADIM             Tilemssi     Gao
Ikadeyene              Rhily AG MOHAMED           Tilemssi     Gao
Ihayawene              Mohamed AG ZEYDOUNE        Tilemssi     Gao
KelTondibi             Dafi AG ABOYA              Tilemssi     Gao
Kel Talmene            Oghadtane AG AOUSSOUK      Anchawadj    Gao
Kel Tangabo            Agaly AG SANEY             Anchawadj    Gao
Kel Talmene2           Alhousseyni AG ALBARKA
Imiticha2              Mohamed AG AKLY            Anchawadj    Gao
Inhadhane              Mohamed AG ALBAKAYE        Tilemssi     Gao
kel Ghala              Oumar AG SIDIKOYA          Tilemssi     Gao
Idnan Tilemssi         Hayadan AG SALAMANE        Tilemssi     Gao
Kel Amdheliss2         Albacher AG ATTAHER        Tilemssi     Gao
Iwarwarane             Kima AG INGAD              Alata        Menaka
Kel iket               Tanattane AG ALLADI        Alata        Menaka
Ikarbaghanane Almou.   Almoumene AG Kadede        Alata        Menaka
Kel Tandharbatene      Doudou AG EGHMAR           Alata        Menaka
Kel Takimeth Alata     Mohamed Lamine AG WADANE                Alata         Menaka
Tangh Akly             Rhissa AG IBRAHIM          Alata        Menaka
KEL Bardagh Alata      Alhousseyni AG AGHALY      Alata        Menaka
Imaghrane2             Sidi Mohamed AG LELE       Alata        Menaka
Ichrawchrawane         Atoki AG MALICK            Alata        Menaka
Ikarbaghanane Tanga.   Baye AG ABILAL             Alata        Menaka
Ikarbaghanane          Cheick AG IBRAHIM          Anefis       Kidal
Kel Takimeth Kidal     Zeid AG ILLAD              Kidal        Kidal



                                                                        58
Imaghrane1              Zetny AG RHISSA             Tidarmene      Kidal
Zambouroutene           Sideya AG AGALY             Menaka         Menaka
Aboghilitene Mka        Mohamed AG MOHAMEDINE                      Menaka        Menaka
Kel Ahara2              Egless AG BARKA             Menaka         Menaka
Kel Amoutess            Sidi Lamine AG ITTIWATASS   Menaka         Menaka
Tamizghida Bella        Atteyoub AG MOHAMEDINE      Anderanboukane Menaka
Kel Talmene Mka         Rakhmane AG WARISENE        Menaka         Menaka
Ichadhinharane Intad.   Attanifou AG AMARIZAGH      Tidarmene      Menaka
Jeunesse Ichadhniha.    Mohamed AGALY AG TOHIKA                    Tidarmene     Menaka
Malhaya
Takaragnat kawalat
Acharifane              Ismaguil AG BAYE            Tidarmene      Menaka
Idabagatane2            Oumar AG BILAL              Kidal
Ibilbitiyene1           Hami AG AHMED               Kidal
Ibilbitiyene2           Samma AG CHENDI             Kidal
Kel Affala2             Atteyoub AG OUSMANE         Kidal
Iboghilitane            Mohamed AG HAIBALLA         Kidal
Ichadjachene            Mohamed AG ALMOUGHAMAR
Idjaressouane           Sadidi
Ichouredjen
Kel Adrar               Malochi
Kel Dicknane            Atti AG BILAL               Tarkint        Gao
Tarjirijit Kawalat      Ahmed AG ASSANATE                          Gao
Tarjirijit chaghaghat   Assoultan AG ALMOGHAMAR                                  Gao
Idnan nadagh            Sidi Mohamed AG EGHLAF                     Gao
Imakhorda               Abdoulaye AG MOHAMED                       Gao
Inheren                 Habba AG INZIBINA           Tarkint        Gao
Tangabo                 Hamad Alamine AG SAMBO                     Gao
Ikounaden               Hamma AG MOHAMED                           TBT
Kel Ténéré 1            Haytal AG ALGHIMARAT                       Gao
Kel Ténéré 2            Oufeklan AG SIDAGHMAR       Tarkint        Gao
Kel Ténéré 3            Inalher AG MOSSA            Tarkint        Gao
Dag Hoha                Oulamene AG ANOGHMA
Kel Ghala               Assaghuid AG AGALY
Iffaq qar               Rhissa AG MOHAMED ASSALEH
Inalchinan
Kel Ahilwat             Mbeyri AG Mohamed
Taytoq                  Bakaye G AKOUKOU
Village Inabag          Ouka AG AHMOUDOU



                                                                            59
Taytoq2                Bakaye AG AMASSARA
Taytoq3                Bitou AG LAMEY
AnatabanARIGAGDA       Hamad ali AG HAMAD Assaleh
Inataban ichedjane     Elmoubareck AG ASSEWADJ
Inataban kelAlfahou    Mohamed AG AHMOUDOU
Inataban kel tazolt    Elmouner AG MOHAMED
Inataban Arabane       Hamouti ag Rhissa
Inataban               Ibrahim AG Rhissa
Ibalbitiyene           Box AG BABA
Tolefinadji            Alla AG                      Léré
Kel tidjbist1          Hamadou AG OUSMANE
Kel Tidjbist 2         Ehya AG ELHADJ
Kel Ertak              Hamad Attaher AG AMAHADI                  Doukouriya
Kel Amnanou            Ebarhey AGMAHAMAD            Ber
Idarfan Assaleh        Daniel AG MAHAMAD            Tina hama
Idarfan Tazidert       Hamadinta AG TAZIDERT
Iderfane Elmerdes      Sidi AG AGALY
Iderfane Awawa         Almahmoud AG AWAWA           Tina hama
IderfaneAnghatane      Mohamedine AG HAMADA         Tina hama
Idacksahaq
Taghat mallet
Techreret
Oulad MALOUK
Hal Sidalamine         Moulaye ALGHALAM
Idakakaman koy gour.
Kel Antssar
Imididaghan
Imididaghan
Imididaghan séréré     Idaytane AG MOULA            Hanza Koma
Klahane chaghaghane    Mossa AG                     Hanza Koma
Kel tardit1            Boukane AGAHMAD              Hanza Koma
Kel tardit2            Aghali AG IBRAHIM            Hanza Koma
Tabaradjewel           Anata AG ALHASSANE           Hanza Koma
                                                                 Hanza
Télékandit             Ahmed Mohamed AG ATTEYOUB                 Koma
Edarmadjan             Midi AG Almouhtadi           Hanza Koma
Idnan                  Talohate AG                  Hanza Koma
Imididaghan Erbaché    Ahnad AG                     Hanza Koma
Kel essouk n taram     Nasser AG GHAYMA             Hanza Koma
Kel essouk acherifan   Alkassim AG MOHAMED          Hanza Koma


                                                                         60
Imididaghan 1          Houmaydata AG ALGHIMARAT                  Gossi
Imididaghan2           Inzoma AG AKADASSA           Gossi
Imididaghan3           Samba AG ATTEGHAL            Gossi
Imghad1                Souleymane AG GARIANE        Tessit
Imghad2                Oumar AG RHISSA              Tessit
Bella hadakat          Karamadt AG ABAKABOK         Tessit
Bella kel gossi        Haza AG INTABOTAN            Tessit
Iboghilitane sadha     Oumar AG SADHA               Tessit
Foulan kel gossi       Anislam AG MAHA
Kel Tabkra bella       Talohate AG                  Anza kouma
Kel Ouli ouest         Aghaycho AG MOGHAZ           Rharous
Kel ouli est           Mohamed AG ALOUDA            Banika
Kel wane               Ewa AG MOHAMED               Banika
Igawadarane ouest      Atta HOUD                    Rharous
Kel djencheche2        Otbata AG ALMOUGHAMAR        Rharous
Kel alkhorma           Mohamed AG HAMED RHISSA                   Rharous
Ikorchatane banguel    Almoughamar AG HADA          Rharous
Anawakitane            Hamad ahmad AG RABDOU        Rharous
Ikorchatane banguao    Rhaliou AG ALKASOUM          Rharous
Kel Ghergho            Saghdoune AG AMOUSSANE       Rharous
Inherene oussadja      Ingueyché AG M BARECK        Intililte
Inherene Gourma Rhs    Machada AG MOHAMED           Intililte
Inherene wichaghaghn   Inalher AG INTAZABOUT        Intililte
Ikorchatane abdou      Almouzer AG ABDOU            Rharous
Kel essouk taborak     Abdrahmane AG MAHAHA         Rharous
Ikamadayane            Aboubacrene AG NIFAD         Rharous
Kel Adjayiss           Ahmadou AG AYAD              Rharous
Kel ahkakakine1        Rhabdou AG MOGHAZ            Anza kouma
                                                                 Anza
Kel ahkakakine2        Hamad ahmad AG ANEYSSOUNE                 kouma
Idjaressouane          Hatata AG HAMTIKNANAE Temera
Kel alkhorma2          Mohamedoune AG mohamed                    Rharous
Edjadach               Ibrahim AG AFANFAN          Téssit
Icharamatane           Lahbib AG ALMOKHTAFI        Anchawadj
Arouane                                            tbt
Tidjar Assouloum       Ouffene AG MOHAMED          Intadjedite   Tinassako
Tangh Akly                                         Adjora        Rharous
Ichiyokhane                                        Adjora        Rharous
Ichiyokhane kona                                   kona          kona
Kel Adjit              Ahmad AG MOHAMED            Ouatagouna    Ansongo


                                                                           61
Kel Adjadach inalkam                               inekar          Menaka
kel Adjedech Intbakat                              inekar          Menaka
Kel adjedech anouzidj                              Anouzedjerine   Menaka
Kel adjedech Bankilar    SidiMohamed AG RHISSANE   Bankilaré       Menaka
Kel adjedech Tassirest                                             Menaka
Kel assakane             Almoubareck AG            Intililte
Kel adagh                                                          Kidal
Kel essouk Andrebouk     Ahmad AG AZAM ZIM         Andreboukane    Menaka
Kel bara                                           bara
Kel taborak                                        Anchawadj
Kel tadjalalt                                      Anchawadj
kel tedjedit                                       Intililte
Kel tekaragnat tn akof
kel tekeragnat bouress                             bouressa        Abeibara
Kel tekaragnat araband                                             Bourem
Kel tekaragnat moudat                                              Bourem
kel takoufouft                                                     TBT
Kel tikeratene                                     Anchawadj       Gao
Kel timoukassene                                   Intililte       Gao
Kel tinaqissane                                                    TBT
Kel tondibi
Kel tessit                                         Tessit
Kel djarat                                         Intililte
Kel Djanchéché1                                                    TBT
Kal Djancheche 2                                   Tinessako
Kal Djancheche Amsrk                               Tilemsi
Kal Djancheche ntllt                               Intililte       Gao
Kal Djounhane                                      Tinhamma        Ansongo
Kal Ghergho                                        Rharous
Kal Famboulgou                                     Tessit          Ansongo
Kal Wamy                                           Hombori
Ahl Sidi Sadeq
Ahl Labgar
Ahl Aghbar
Ahl Haj Boubakar
Ahl Mohamed Moustaf
Ahl Lahwaf
Ahl Sidi Brahim
Ahl Oumaydi



                                                                              62
Ahl Sidi Abba
Ahl Mohamed Sialamin
Ahl Sidi Yehia
Ahl Bouzakri
Ahl Abdoulmounine
Ahl Aghmar
Ahl Housseyn
Ahl Ahmouda
Ahl Sidi Ghoumar
Ahl Lelifi
Ahl Sidi Cheikh
Ahl Sid Ahdiya
Ahl Sidi Raïs
Ahl Anahri
Ahl Albeyt
Ahl Hoggar
Ahl Bayka
Ahl Amanoki
Ahl Kalika
Ahl Talib
Ahl Alkhalifa
Ahl Baydala
Ahl Hatri
Ahl Iddar
Ahl Oufene
Ahl dobakar
Ahl Oumrani
Ahl Oulad Almoulat
Ahl Oulad Rhali
Ahl Cheikh Sidaghmar    Cheikh Ould Boba              Anefif
Ahl Baye                Hamada Ould Cheikh            Anefif
Ahl Sidi Albekaye       Hammada Ould Sidi Almokhtar              Tarkint
Ahl Badi                Cheikh Ould Hamada            Tilemsi
Ahl Sidi Ammar          Hamadi Ould Matala            Anefif
Ahl Sidalamine          Diwan Ould Sidi Lamine        Anefif
Ahl Baba Ould Cheikh    Mohamed Ould Hamma            Rharous
Ahl Sidi Hamed Lamine   Hayballa Ould Baye            Tarkint
Ahl Sidi Abine          Hama Lamine Sidamar           Tilemsi
Ahl Sidi Mohamed Alkt   Mimi Ould Sidi Hayballa       Aguelhoc



                                                                           63
Ahl Sidi Babahmed        Boba Sidaghmar                 Tarkint
Oulad Alwafi             Sidi Ali Ould Lout             Tarkint
Ahl Sidi Abderahmane     Mohamed Ould Modi              Tagorast
Ahl Bouhamia             Alhassane Ould Sidi Hayballa              Anefif
Ahl Ben Hayballa         Abidine Ould Albekaye          Anefif
Ahl Albeyt Cherif        Hayballa Ould Mohamed Sidi Mohamed        Kidal
Oulad MALOUK             Said Ould Cheikh               Kidal
Ibokhanan 1              Rhissa Ag Niakouda             Anefif
Edaouragh                Mitène Ag Kalak                Anefif
Oulad Almoulat           Lahcene Ould Kahoul            Anefif
Alguiblaten              Mossa Ould Didi                Anefif
Ahl Cheikh Sidaghmar
Kohoul                   Matala Ould Roukbah             Anefif
Ahl Cheikh Sidaghmar 2   Mimi Ould Baye                  Anefif
Ahl Cheikh Sidaghmar 3   Barka ould Barak                Anefif
Oulad Benamar            Al Abd                          Tarkint
Oulad Sidi Almokhtar1    Boba Sidaghmar                  Tarkint
Oulad Sidi Almokhtar2    Hamadina Ould Salah             Tarkint
Ahl bakal                Alwata Ould Mohamed lamine                Tarkint
Ahl Sidi Moussa          Tahar Ould Mohamed Lamine                 Tarkint
Oulad Almokhtar          Ahmad Ould Abderahmane          Anefif
Ahl Ahmed                Ahmed Ould Sidaghmar            Anefif
Iboukhanane2             Milaka                          Anefif
Groupe Keliwatane        Almahmoud AG Abdoussamad
Kel Horo                 Aboubacrine Assadek Ag Idoual
Kel Tuitouhoune 2        Amanga Ag Alkhalifa
Kel Tuitouhoune 1        Amadou Ag Foraty
Kel Timoukri             Alkhalifa Ag Mohamed
Kel Intazotte 2          Ahmedou Ag Mohamed
Kel Tintahount 4         Mohamed Ag Ahmedou
Kel Ertak1               Mohamed Ag Mahamed
Kel Inokinder 3          Mohamed Ag Barayka
Village KOIGUIMA         Ahmedou AG ABDALLA
Kel Antsar               Med YehiaAG AHMEDOU
Kel Daigougou            Ali AG MOHAMED
Kel Tintihoun Ouest      Abdoulahi AG Mohamed
Kel Inokinder1           Aboubacrine AG ASSEDANE
Kel WAROZER 1            Akiou AG MOHAMEDOUN
Kel WAROZER 2            Mohamedoun AG INGONA
Kel Tintihoun est        Awaysoun AG Med ALMOSTAPHA


                                                                             64
Kel Inokinder2        MOHAMED ag Med aljoumat
Kel Tintihoun 3       Mohamer Assaleh AG Med AHMED
Kel tinagual elhadj   Med Ahmedou AG MOHAMED
Kel Rhezaf            Alwafi AG MOHMED
Oustaka site          Ousmane AG AHMEDOU
Kel Abeidane          Yehia AG IBRAHIM HAIDARA
Kel AbeidaneGoundam   Yehia AG IBRHIM
Kel Abeidane BER      Atijani AG OUSMANE
Kel Abeidane BER2     Ahmad AG AHMAD
Kel intichghaiene     Mohamed AG ABOUBACRINE
Kel ARHIZAF 1         Oumar AG HAMADI
Kel ARHIZAF 2         Oumar AG HAMADI
Kel ARHIZAF 3         Mohamed AG LASSADA
Idnane TANGABO1       Mohamed ALAMINE AG SAMBO                     TARKINT
Idnane TANGABO2       Sambo AG ALWATA                INTILILILTE
Idnane TANGABO3       Hamadi ag RHISSA
Idnane TANGABO4       Messaoud AG INDIT                KIDAL
Idnane TANGABO1       Atandou AG SIDI MOCTAR          TARKINT
Inherane Anefis       Alkalifa AG TINASSEM            ANEPHIS
Inherane KIDAL        Sidi Ham AG ADOBINT              KIDAL
Imakorda Anéphis      Nahano AG AL HADJ               ANEPHIS
Imakorda 2 Anéphis    Alwata AG MIDI                  ANEPHIS
Ahal alfardi          Said OULD BADI
Ahal MINI             Khatary OULD HAMA
Kei intazolte2        Ahmedou AG MOHAMED
Kel TINTIHOUN 4       Mohamed AG AHMEDOU
Kel Ertek1            Mohamed AG MOHAMED
Kel Inokindar 3       Mohamed AG BAREIKA
Taitok                Bakaye AG AKOUKOU
Dag Assil lissal      Nina AG AMAK
Dag Wan lala          Dahmane AG SIDARMAR
Kel Adrar             Amghar AG SIKIWE
Bal balitene          Beckny AG ANACLA
Kel AFFALA Iforas     Cheni AG MOHANA
Kel Tessalit Iforas   Ousmane AG MAHMOUD
Alinssar              Ousmane AG RHISSA
Kel Adrar Idnane      Dalla AG METI
Kel Rhalla            M Bareck AG AMOUROU
Idha baylalane        Alghalifa AG BOUBAKARE
Iradianatane          Niya AG HAINADE
Kel tirghachatt       Ahabone AG HASSANE



                                                                        65
Ibatanatane Tessalit        Alkhalifa AG DIDI
Taitok Idnane               Lamine AG BITOU
Idnane nadagh               Bareika AG HANDAKA
Kel Ter ghecht              Hassa AG LOLLANE
Kel tenere idnane           El moctar AG OKAYAD
Ahal Cheick Sidamar         Cheich OULD BABA                   ANEFIS
Ahel Baye                   Hamada OULD CHEICK                 ANEFIS
Ahel Cheick sidi albakaye   Hamadi ould SIDI ALMOCTAR         TARKINT
Ahel BADI                   CHEICK ould HAMADA                TELEMSSI
Ahel Abidine                Badi ould BIDINE                  TARKINT
Ahel Sidamar                Hamadi ould MATALA                 ANEFIS
Ahel Sidi Lamine            Diwan ould SIDI LAMINE             ANEFIS
Ahel Baba o cheick          Mohamed ould HAMA                ARHAROUS
Ahel Sidi Hama Lamine       Haibala ould BAYE                 TARKINT
Ahel sidi Abidine           Hama Lamine sidarmar              TELEMSSI
Ahel Sidi Med El Kounti     Mini ould Sidi Haibala           Aguel Hoc
Ahel Sidi Baba Ahmed        Baba ould SIDI AMAR               TARKINT
Aouloud ALWAFI              Sidi ALIould LOUT                 TARKINT
Ahel Sidi Abdrahmane        Mohamed ould MODI                 RHAROUS
AL Albet cherif             Haiba ould SIDI MOHAMED             KIDAL
Oulad Moulouk               Said CHEICK                         KIDAL
Ahel Sidi Lamine            Abidine ould HAMDI                  KIDAL
Ibokhanane 1                Rhissa AG Niakouda                 ANEFIS
Daourak                     Mitane AG KALOK                    Anefis
Oulad Almoulat              Lakhssane ould KHAHOUL             ANEFIS
Ilguiblatane                Mossa AG DIDI                      ANEFIS
Ahel cheich sidamar         Matala ould ROUABAH                ANEFIS
Ahel cheich sidamar 2       Mini ould BAYE                     ANEFIS
Ahel cheich sidamar 3       Barka ould M bareck                ANEFIS
Oulad Benamar               AL ABD                            TARKINT
Oulad Sidi El Moctar1       Baba ould SIDI AMAR
Oulad Sidi El Moctar2       Hamadina ould SALEK
Ahel Bakel                  Alwata ould Med LAMINE
Ahel Sidi Mossa             Taher ould Med Lamine
Oulad El Moctar             Ahmed ould abderhmane          ANEFIS
Ahel Ahmed                  Ahmed ould sidi Amar
Ibokhanane 1                MILIKA                         ANEFIS
Kel iwatane                 Almahmoud AG ABDOUSSAMAD
Kel Horo                    Aboubacrine Assadeck AG IDOUAL
Kel Tin tihoun              Amanga AG Alkhalifa
Kel tin Boukri              Alkhalifa AG MOHAMED



                                                                         66
Inaben kel chedane     Mohamed AG AHMEDOU
Inataban kel alfahou   Almoubareck ag ASSARID
Kel intazolt           Almouner AG MOHAMED
Inataban Araban        Hamoudi AG RHISSA
Inataban               Ibrahim AG RHISSA
Kel Ouzeyane           Elaghlagh AG M BEYE
Igdalan                Alhousseiny AG INTHATEN   MENAKA
Igdalan 1              Rhissa AG malick           kidal
Igdalan 2              Rhissa AG MOHAMED
Kel Taghlit tassik     Albakader AG MOSSA




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