ENQUETES DE SURVEILLANCE DE COMPORTEMENTS RELATIFS AUX ISTSIDA AU

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ENQUETES DE SURVEILLANCE DE COMPORTEMENTS RELATIFS AUX ISTSIDA AU Powered By Docstoc
					  Présidence du Faso                                                                 Burkina Faso
         -----------                                                                     ----------
Conseil National de lutte                                                     Unité, Progrès, Justice
Contre le Sida et les IST
       ------------
Secrétariat Permanent
        -----------




                                    RESUME


               ENQUETES DE SURVEILLANCE DE
                COMPORTEMENTS RELATIFS AUX
                 IST/SIDA AU BURKINA FASO
                           (BSS1)


                              Étude réalisée par le



                                    B ureau d’A ppui en S anté P ublique’96
                                                 B A S P '96




Ce travail a été réalisé en collaboration avec Family Health International avec des fonds du
 Gouvernement du Japon à travers la Banque Mondiale et en préparation du “HIV/AIDS
                                  Disaster Response Project”




                                   Novembre 2002
                                  ACRONYMES

AAS :      Association Africain Solidarité
AFAFSI     Association des Femmes Africaines Face au SIDA
BASP’96    Bureau d’Appui en Santé Publique 1996
BBC :      British Broadcasting Corporation
BF :       Burkina Faso
BSS :      Behavioral Surveillance Survey (Enquête de Surveillance de Comportements)
CADI :     Centre Anonyme de dépistage et d’Information
CERPOD : Centre d’Etudes et de Recherche sur la Population pour le Développement
CICDoc :   Centre d’Information de Conseil et de Documentation sur le Sida et la Tuberculose
CSPS :     Centre de Santé et de promotion Sociale
FHI :      Family Health International
FHI/IMPACT Family Health International/Implementing AIDS Prevention and Care Project
FPM :      Femme à Partenaires Multiples
IEC :      Information, Éducation et Communication
IST :      Infections Sexuellement Transmissible
MST :      Maladies Sexuellement Transmises
MUAO :     Migration et Urbanisation en Afrique de l’Ouest
OMS :      Organisation Mondiale de la Santé
SP/CNLS : Secrétariat Permanent/Conseil National de Lutte contre SIDA et les IST
ONG :      Organisation Non Gouvernementale
ONUSIDA : Programme conjoint des Nations Unies de lutte contre le SIDA
PNLS :     Programme National de Lutte contre le SIDA
PNUD :     Programme des Nations Unies pour le Développement
PROMACO : Projet de Marketing Social du Condom
PS :       Professionnel du Sexe
PSAMAO : Projet SIDA sur les Axes Migratoires de l’Afrique de l’Ouest
PVVIH :    Personne Vivant avec le VIH
RCA :      République Centre Africaine
RFI :      Radio France Internationale
SFPS :     Santé Familiale et Prévention du Sida
SIDA       Syndrome de l’Immuno Déficience Acquise
SOGEBAF : Société de Transport Bamogo et Frères
SONABHY : Société Nationale Burkinabè d’Hydrocarbures
SP/CNLS-IST Secrétariat Permanent du Comité National de Lutte contre le Sida et les IST
STMB :     Société de transport Mixte Bangrin
VIH        Virus de l’Immunodéficience Humaine




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                                     I. INTRODUCTION
1.1. Aperçu de la situation du VIH/SIDA au Burkina Faso

Dans les pays africains, le SIDA et les IST frappent principalement les groupes d’âge de 15 à
50 ans, qui représentent les forces vives de ces pays. Il touche surtout les jeunes et adultes
urbains, disposant d’un salaire et entretenant une famille élargie.

Les conséquences démographiques de l’épidémie du SIDA sont si désastreuses que plusieurs
pays africains connaîtront d’ici 25 ans une réduction sensible d’un tiers de leur taux actuel de
croissance de leur population1; certains analystes évoquent un processus de dépopulation des
nations africaines gravement affectées par le SIDA1.

Au plan macro-économique, les conséquences sont également catastrophiques : réduction du
potentiel de main d’œuvre, baisse de la compétitivité sur le marché international, remise en
question des grands axes de circulation routière, etc.

Au plan social, la cohésion familiale et communautaire est mise à rude épreuve par le SIDA :
isolement des malades et séropositifs, discriminations diverses. L’Afrique déjà confrontée à
des graves problèmes de santé doit affecter une part importante de ses maigres ressources aux
soins des patients atteints de SIDA. En plus, l’infection à VIH interfère directement avec
l’incidence et l’histoire naturelle d’autres maladies comme la tuberculose et pourra
compromettre les programmes de lutte contre cette maladie.

La situation de l’épidémie du SIDA au Burkina Faso n’est pas fondamentalement différente
de celle du reste de l’Afrique. Le rythme d’évolution de l’épidémie est préoccupant. De 1986
à 2000, le pourcentage d’adultes infectés a ainsi été multiplié par plus de 10, passant de moins
de 1% à plus de 10% soit plus de 660 000 porteurs du virus2. Au 31 décembre 2000, plus de
17000 cas cumulés de SIDA ont été notifiés à l’OMS par le Burkina Faso.
Les autres infections sexuellement transmissibles en raison de leur morbidité élevée, restent
un grave problème de santé ; en outre, nombre d’entre elles facilitent la transmission du VIH.

Pour évaluer l’impact des ces différentes interventions et suivre la tendance de l’épidémie, le
SP/CNLS utilise trois sources d’informations :
       - les données de routine notifiées par les structures de santé au Burkina Faso ;
       - les données de sero-surveillance de 5 sites sentinelles (Ouagadougou, Bobo
          Dioulasso, Tenkodogo, Ouahigouya et Gaoua) ;
       - les données des enquêtes ponctuelles.

Le SP/CNLS a besoin en plus des données sur la prévalence du VIH obtenues par la
surveillance sentinelle, de suivre les tendances comportementales des populations relatives au
VIH/SIDA. Les données sur les comportements peuvent être obtenues par des enquêtes de
surveillance des comportements (ESC). C’est pourquoi, le CNLS en collaboration avec SFPS
et FHI/IMPACT, a entrepris de mener des enquêtes BSS dans certains groupes cibles de
quelques villes du Burkina Faso.

1
  SIDA en Afrique : infection à VIH, aspects en zone tropicale. Ed par Rosenheim M. et Itoua-Ngaporo A. Paris.
ELLIPSES / AUPELF. 1989 :336
2
  VIH/SIDA au Burkina Faso, Comité National de Lutte contre le SIDA , mars 2001


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1.2. Justification de la surveillance des comportements
La surveillance de l’épidémie de VIH et l’évaluation des interventions de prévention est une
procédure à plusieurs phases et par conséquent complexe. Il en est ainsi à cause de la
dynamique de l’épidémie, la nature des interventions nécessaires pour réduire sa propagation,
et les limites de mesure de l’impact des multiples interventions synergiques visant surtout au
changement de comportement.

La surveillance sentinelle du VIH, base traditionnelle des efforts de surveillance du VIH d’un
pays, devient moins utile à mesure que l’épidémie persiste. Ceci à cause du fait que la
prévalence du VIH évolue très lentement en fonction des changements de comportements de
la population vu la nature chronique de l’infection à VIH. Par conséquent, les données de la
surveillance du VIH ne peuvent pas indiquer à court-terme si les interventions de prévention
sont entrain d’avoir leur effet escompté en matière de changement des comportements.

Les enquêtes comportementales répétées quant à elles peuvent permettre de mettre en
évidence les tendances dans les changements de comportements qui amènent à la réduction de
l’infection à VIH. Il s’agit notamment de la réduction du nombre de partenaires sexuels et de
l’augmentation de l’utilisation du préservatif avec les partenaires non-réguliers. Ces
changements peuvent être liés soit aux effets d’un certain nombre d’interventions mises en
place pour réduire les comportements à haut risque, soit simplement en fonction des réponses
naturelles à l’épidémie. Quel que soit le cas, le type d’information produit par les enquêtes de
surveillance comportementale peut aider à guider les programmes d’intervention en donnant
aux planificateurs des programmes une image plus claire des comportements à risque dans les
différentes catégories de la population. En même temps, ces données peuvent être utilisées
pour avoir une idée sur la manière dont fonctionnent les effets combinés d’un ensemble
d’interventions.

La réalisation des présentes enquêtes BSS est justifiée par la nécessité d’obtenir des données
sur les tendances des comportements dans les populations cibles. Ces données seront
complémentaires à celles de la surveillance sentinelle déjà en cours depuis plusieurs années et
permettront au SP/CNLS et autres intervenants dans la lutte contre les IST/SIDA de suivre
l’évolution de l’épidémie et d’orienter leurs actions de prévention sur le terrain.




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       II. OBJECTIFS DE LA SURVEILLANCE DE
  COMPORTEMENTS RELATIFS AU VIH/SIDA ET AUX IST
2.1. Objectif général
L’objectif général du BSS au Burkina Faso est de mesurer les tendances des comportements
des populations cibles vis-à-vis du VIH/SIDA et des IST afin de fournir les informations au
SP/CNLS et autres intervenants dans leurs activités de prévention.

2.2. Objectifs spécifiques
Les objectifs spécifiques des ces enquêtes sont les suivants:
   • Déterminer dans chaque groupe cible :
       - les comportements sexuels notamment le nombre et type de partenaires sexuels, les
           antécédents de IST et l’utilisation des préservatifs.
   • Mesurer dans chaque groupe cible :
       - les connaissances et attitudes vis-à-vis des IST/VIH/SIDA,
       - la perception du risque VIH/SIDA,
       - l’exposition des populations aux interventions dans le domaine des IST/SIDA,
       - l’impact des interventions de prévention et de prise en charge des IST/SIDA.


         III. POPULATIONS D’ENQUETE SUR LA
    SURVEILLANCE DE COMPORTEMENTS RELATIFS AU
                  VIH/SIDA ET AUX IST
Le choix des groupes retenus pour ces enquêtes est justifié par le stade de l’épidémie du VIH
au Burkina Faso ainsi que part le fait que ces enquêtes chercheront à fournir les informations
sur les mêmes groupes cibles afin d’établir des tendances de comportements dans ces
populations. Conformément à la classification de l’épidémie proposée dans la publication de
la Banque Mondiale «Confronting AIDS», l’épidémie au Burkina Faso peut être qualifiée
d’épidémie généralisée étant donné que la prévalence du VIH est supérieure à 5% dans la
population des adultes sexuellement actifs. Par conséquent les groupes suivants ont été
retenus pour être enquêtés à intervalles réguliers compte tenu de leurs comportements à risque
et leur vulnérabilité vis-à-vis de l’infection à VIH :
        - les jeunes en milieu scolaire et ceux en milieu non scolaire, non mariés de la
            tranche d’âge 15 - 19 ans ;
        - les routiers (chauffeurs et accompagnateurs) ;
        - les Professionnelles de sexe ;
        - les orpailleurs.

A chaque fois, ces enquêtes auprès des différentes populations cibles seront conduites dans les
mêmes sites et suivant la même méthodologie.




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       IV. DEROULEMENT DE L’ENQUETE SUR LA
   SURVEILLANCE DE COMPORTEMENTS RELATIFS AU
                VIH/SIDA ET AUX IST

4.1. La cartographie des cibles pour préparer l’enquête sur la surveillance
de comportements relatifs aux IST/SIDA

L'étude cartographique préalable des cibles du BSS s’est justifiée par le fait que l’accès aux
cibles devait être cohérent et guidé par une bonne connaissance de leur environnement. Elle
avait pour finalité de disposer de données descriptives sur les sites de rencontre des cibles du
BSS. Les enquêtes sont menées dans les cinq zones suivantes du Burkina Faso à savoir :
Bobo-Dioulasso, Gaoua, Ouagadougou, Ouahigouya et Tenkodogo.

 L’enquête de cartographie pour le BSS s’est intéressée aux informations permettant de mieux
localiser les cibles :
        • les différents sites (lieux) où l’on retrouve les éléments du groupe,
        • le nombre moyen des individus dans chaque site,
        • le nombre de points de rencontre des partenaires sexuels,
        • les lieux de rencontre entre amis et partenaires sexuels,
        • les différentes voies les plus fréquentées par les chauffeurs et les points de repos,
        • les difficultés éventuelles que les enquêteurs pourraient rencontrer sur le terrain,
        • les différentes langues à utiliser lors de l’enquête BSS.

La cartographie des cibles s’est déroulée courant Mai 2001


4.2 L’enquête sur la surveillance de comportements relatifs au VIH/SIDA
aux IST proprement dit
L’enquête s’est déroulée du 24 octobre au 30 Novembre 2001.


4.2.1. Présentation des outils de collecte de données

Les données ont été collectées au moyen d’un questionnaire standardisé et pré codé. Pour
chaque population cible, un questionnaire spécifique a été élaboré et couvre les thèmes
suivants :
- Caractéristiques socio-démographiques des répondants,
- Comportements sexuels,
- Connaissance et utilisation des condoms,
- IST,
- Connaissances, opinions et attitudes vis-à-vis du VIH/SIDA,
- Exposition aux interventions de prévention du VIH.

Les outils de collecte de données pour ce type d’enquête proposé par FHI ont été adaptés au
contexte du Burkina Faso. Ces données sous un format standardisé permettront de faire des


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comparaisons avec d’autres études de surveillance des comportements conduites dans d’autres
pays. Afin de s’assurer que les questionnaires tiennent compte des réalités socioculturelles du
pays et sont acceptés par les différentes catégories de populations auxquelles ils sont destinés,
un pré test de l’outil de collecte auprès d’un effectif réduit de la population a été mené.

4.2.2. Formation des enquêteurs

La formation des enquêteurs tous sites et cibles confondus s’est déroulée en deux phases.
Dans un premier temps un groupe chargé de la collecte auprès des jeunes, des routiers et des
PS a bénéficié d’une formation de deux jours à Ouagadougou.

Ce groupe était constitué de 40 étudiants en sociologie ou des personnes ressources ayant une
excellente connaissance du terrain. Ils étaient chargés de la collecte et se sont engagés à
appliquer les consignes et les recommandations pour un recueil d’informations le plus fiable
possible dans le respect des personnes interrogées. Des cartographes-sociologues ont aidé les
enquêteurs à retrouver les contours des zones de dénombrement en ce qui concerne les jeunes.
Par ailleurs, ils avaient une activité d’enquêteur et administraient les questionnaires.

Un second groupe d’enquêteurs ayant le même profil a été formé durant une journée et a
enquêté sur les sites aurifères de Bouda, Essakane et Guéguéré.

4.2.3. Suivi/contrôle et supervision de la collecte des données

L’équipe d’enquête dans chaque ville est composée d’enquêteurs et de contrôleurs, dont le
nombre est variable selon l’importance de la ville, et d’un superviseur. Le rôle du contrôleur
était de suivre les enquêteurs sur le terrain afin de leur apporter l’appui technique, logistique
et psychologique nécessaire au bon déroulement de l’opération. Ils assuraient également un
contrôle systématique des fiches remplies pour vérifier la qualité du travail. Les fiches mal
remplies étaient retournées sur le terrain pour correction ou remplacement. Un deuxième
niveau de contrôle a été assuré par un superviseur. Deux missions de supervision ont été
planifiées par ville. L’organisation des équipes sur le terrain était variée significativement
d’une ville à l’autre. Au niveau de Ouagadougou, les contrôleurs avaient également un
certain nombre de cibles à interviewer par jour, ce qui n’était pas le cas des autres sites où ils
se sont dévolus uniquement aux tâches de contrôle. A Ouahigouya par exemple, toute
l’équipe était impliquée dans le travail de contrôle, de sorte que les contrôleurs ont pu
s’investir totalement dans la collecte des données.

Pendant la première semaine, des réunions fréquentes étaient nécessaires (l’équipe de
Ouagadougou et de Gaoua se réunissait une fois par jour à la fin de la journée) pour faire le
point et échanger sur les difficultés rencontrées, réajuster la méthode de travail et convenir du
programme du lendemain. Cette organisation fit place à des réunions plus espacées
(hebdomadaires pour Ouaga) dès que l’équipe a eu une certaine maîtrise des questionnaires.


4.2.4. Saisie et traitement des données collectées

Dès le début de la collecte des données, un masque de saisie a été élaboré sur le logiciel EPI
INFO 6. Le masque de saisie suit le schéma de pré-codification des questionnaires. Tous les
items de chaque questionnaire ont été pris en compte au niveau du masque. Un pré-test du
champ nous a permis d’apporter les ajustements nécessaires. Nous n’avons pas retenu l’entrée


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systématiquement obligatoire au niveau de tous les champs pour éviter de perdre les
informations venant des fiches incomplètes.

Chaque cible a fait l’objet d’une approche spécifique l’identification des cibles et la collecte
des données. Les détails sont dans la rubrique méthodologie de chaque partie du rapport.

4.2.5. Difficultés rencontrées

Les difficultés d’ordre général rencontrées lors de la collecte des données sont :

•   Une sous-estimation du volume du travail pour la reproduction des fiches d’enquête avant
    le démarrage de la collecte des données sur le terrain ; ce qui a conduit à quelques erreurs
    dans l’assemblage des fiches (absence de certaines pages, agrafage à l’envers, etc.). Pour
    y pallier, il a fallu dégager du temps pour trier et compléter les questionnaires incomplets.
    Certaines corrections signalées lors de la formation n’ont pas été intégrées aux
    questionnaires.

•   Une faiblesse de coordination entre les contrôleurs et les opérateurs de saisie a conduit :
    a) au fait que certaines fiches n’ont pas été enregistrées par le contrôleur et b) à la saisie
    de fiches non contrôlées qui ont dues être récupérées et contrôlées par les contrôleurs et
    ressaisies à nouveau (cas de Ouagadougou).

•   Difficulté de trouver les jeunes, surtout ceux scolarisés ou ayant un emploi, tout au long
    de la journée. Ce qui a occasionné plusieurs visites dans un même ménage, d’où
    beaucoup de perte de temps au cours de la première semaine. Les solutions ont consisté
    à : a) prendre des rendez-vous pour minimiser les pertes de temps ; b) mener l’enquête
    parallèlement chez les autres groupes cibles dans le cas de Ouaga.

•   L’inexistence de jeunes de 15-19 ans dans la plupart des ménages de certaines ZD.

•   Refus de certains parents de laisser les enquêteurs interviewer leurs enfants.



                       V. SYNTHÈSE DES RESULTATS

La présent document constitue la synthèse des résultats obtenus pour les différents cible de
l’enquête BSS à savoir :
       - Les jeunes de 15 à 19 ans
       - Les professionnels du sexe
       - Les routiers
       - Les orpailleurs




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      V.I – SYNTHESE DE LA SURVEILLANCE
COMPORTEMENTALE CHEZ LES JEUNES DE 15 A 19 ANS

La réalisation des présentes enquêtes BSS est justifiée par la nécessité d’obtenir des données
sur les tendances des comportements dans les populations cibles. Ces données seront
complémentaires à celles de la surveillance sentinelle déjà en cours depuis plusieurs années et
permettront au SP/CNLS et autres intervenants dans la lutte contre les IST/SIDA de suivre
l’évolution de l’épidémie et d’orienter leurs actions de prévention sur le terrain

Les jeunes non mariés de la tranche d’âge 15 - 19 ans ont été retenus pour l’enquête de
surveillance de comportement. Ces enquêtes sont répétitives à intervalles réguliers dans les
mêmes sites et suivant la même méthodologie. Les sites d’enquêtes pour les jeunes sont les
villes de Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Ouahigouya, Gaoua et Tenkodogo. Ces villes qui
sont les sites sentinelles actuels de la serosurveillance du VIH chez les femmes enceintes
(fonctionnels depuis 1997) ont été choisies en accord avec le SP/CNLS. Les résultats obtenus
par la surveillance comportementale permettront de mieux expliquer les données de séro
prévalence.
- Ouagadougou et Bobo Dioulasso sont les deux plus grandes villes du Burkina Faso. Elles
    comptent respectivement 1 000 000 et 550 000 habitants.
- Ouahigouya et Gaoua sont des villes moyennes qui donnent l`accès aux frontières du
    Burkina avec respectivement le Mali et le Ghana. Elles sont les lieux de transit et
    d’échanges commerciaux.
- Tenkodogo est une ville moyenne de transit intéressant le trafic entre le Togo, le Burkina
    Faso, le Mali et le Niger. C’est un lieu de brassage de culture et de comportements
    sociaux.

Le contenu de l’investigation se subdivise en plusieurs thèmes suivants :
- Caractéristiques socio-démographiques des répondants,
- Comportements sexuels,
- Connaissance et utilisation des condoms,
- Connaissances, opinions et attitudes vis-à-vis du VIH/SIDA/IST,
- Exposition aux interventions de prévention du VIH et des IST.

Les adolescents de 15 à 19 ans au Burkina Faso ont un début précoce de l’activité sexuelle.
Ils ont des connaissances trop générales et parcellaires sur les modes de transmission du VIH,
les moyens de prévention contre l’infection et les attitudes appropriées vis-à-vis des PVVIH.
Scolarisés ou non, résidents dans les villes moyennes et les zones rurales, les adolescent(e)s,
n’ont pas un accès suffisant à l’information sur les modes de transmission du VIH, les
moyens de prévention contre l’infection et les attitudes appropriées à adopter vis-à-vis des
PVVIH.

Ces jeunes connaissent précocement la situation de partenaires sexuels multiples et sont peu
enclins à connaître leur statut sérologique en matière de VIH/ Sida. Les rapports sexuels
monnayés chez les filles comme chez les garçons restent une préoccupation dans ce contexte
de pauvreté et de dislocation des valeurs morales et culturelles. Ils augmentent avec le niveau
                                      BSS1 - BURKINA FASO




d’études. Plusieurs facteurs déterminent l’ampleur du Sida dont la faible autonomie des
adolescents scolarisés ou non qui accroît leur vulnérabilité aux comportements à risque.

Les PVVIH bénéficient de plus en plus d’attitudes positives de la part des adolescents de leur
entourage. Les structures sanitaires quoique sous fréquentées demeurent le premier recours en
soins en matière d’IST, pour les adolescent(e)s des zones urbaines et semi-urbaines en
particulier. Ces structures ne peuvent pas toujours assurer le diagnostic de l’infection à VIH
ou de certaines maladies opportunistes, encore moins leur traitement.

Des obstacles subsistent dans la lutte contre la pandémie; a) la faible qualité de la source de
l’information (IEC), l’inadéquation du canal d’émission, la faible qualité de la réceptivité de
l’information sont une réalité ; b) on note une absence de réglementation sur l’annonce des
résultats des tests de dépistage ou diagnostiques de l’infection à VIH et une faible couverture
sanitaire et sociale du pays (soins généraux et soins des IST, assistance sociale) ; c) la
méconnaissance par les adolescents de l’impact de l’infection sur leur environnement de vie
(productivité, espérance de vie…) ne contribue pas à motiver ce groupe à risque.
Néanmoins, la déconcentration des radiodiffusions avec l’existence d’émissions spéciales sur
la santé, les femmes, les clubs d’écoute, la bonne disponibilité du préservatif, son coût
abordable et son acceptation grandissante par les usagers, l’existence d’associations / ONG
d’information sur le SIDA et la distribution du préservatif sont autant d’atouts permettant
d’espérer.


De cette étude, on peut dégager les déterminants ci-après :

1. Déterminants de la transmission du VIH
1. Les adolescents de 15 à 19 ans au Burkina Faso ont un début précoce de l’activité
   sexuelle.
2. Les adolescents de 15 à 19 ans au Burkina Faso ont des connaissances trop générales et
   parcellaires sur les modes de transmission du VIH, les moyens de prévention contre
   l’infection et les attitudes appropriées vis-à-vis des PVVIH.
3. Les adolescent(e)s scolarisés ou non, des villes moyennes et des zones rurales n’ont pas
   un accès suffisant à l’information sur les modes de transmission du VIH, les moyens de
   prévention contre l’infection et les attitudes appropriées à adopter vis-à-vis des PVVIH.
4. Les rapports sexuels monnayés chez les filles comme chez les garçons augmentent avec
   le niveau d’étude et tendent à s’amplifier dans ce contexte de pauvreté et de dislocation
   des faveurs morales et culturels.
5. Les adolescents connaissent précocement la situation de partenaires sexuels multiples.
6. Les adolescents sont peu enclin à connaître leur statut sérologique en matière de VIH/
   Sida.

2. Déterminants d’impact de l’infection à VIH
1. Les adolescents scolarisés ou non sont peu autonomes au plan économique; cette
   situation accroît leur vulnérabilité à l’infection à VIH et aux IST ;
2. Les PVVIH bénéficient de plus en plus d’attitude positives de la part des adolescents de
   leur entourage.




Synthèse BBS1                        FHI / SP CNLS / BASP’96                         Page 10
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3. Les structures sanitaires quoique sous fréquentées demeurent le premier recours pour les
   adolescent(e)s des zones urbaines et rurales et semi-urbaines en particulier.
4. La médecine traditionnelle est le second recours en matière de quête de soins et pourtant
   la médecine moderne ne collabore pas assez étroitement avec elle en matière de lutte
   contre l’infection à VIH ;
5. Les structures sanitaires ne peuvent pas dans leur ensemble assurer le diagnostic de
   l’infection à VIH ou de certaines maladies opportunistes, encore moins leur traitement

3. Obstacles
1. la qualité insuffisante de la source de l’information (IEC), l’inadéquation du canal
   d’émission, la faible qualité de la réceptivité de l’information sont une réalité ;
2. l’absence de réglementation sur l’annonce des résultats des tests de dépistage ou
   diagnostiques de l’infection à VIH ;
3. la dépendance économique des adolescentes ;
4. la faible couverture sanitaire et sociale du pays (soins généraux et soins des IST,
   assistance sociale) ;
5. la méfiance réciproque des deux médecines traditionnelle et moderne ;
6. la méconnaissance par les adolescents de l’impact de l’infection sur leur environnement
   de vie (productivité, espérance de vie….).

4. Opportunités
1. la déconcentration des radiodiffusions, existence d’émissions spéciales sur la santé, les
   femmes, les clubs d’écoute ;
2. la bonne disponibilité du préservatif, son coût abordable et son acceptation grandissante
   par les usagers ;
3. l’existence d’associations / ONG d’information sur le SIDA et la distribution du
   préservatif;
4. l’existence de stratégies de diagnostic-traitement des IST et des principaux problèmes de
   santé dans les structures de soins;
5. l’existence d’une politique de population et d’un fonds conséquent (PMLS) ;
6. l’existence de fonds de solidarité aux PVVIH ;




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  V.II– SYNTHESE DE LA SURVEILLANCE COMPORTEMENTALE CHEZ LES
                     PROFESSIONNELLES DE SEXE

L’ensemble de cette discussion et conclusion s’inspire des résultats de la présente étude, mais
aussi, des études réalisées comme celle faite par le projet Yerelon du Centre muraz et des
programmes du Projet Sida III en direction des professionnelles du sexe. Yerelon et Sida III
sont les principaux intervenants dans la lutte contre les IST et le VIH/SIDA en direction des
Professionnelles de sexe au Burkina Faso. Ce chapitre suivra une construction similaire à la
présentation des résultats et s’achèvera sur des considérations à propos de cette première
expérience au Burkina, sur l’intérêt de compléter la recherche quantitative par une étude
qualitative et enfin sur la diffusion des présents résultats.
Les études examinées soulignent les points saillants suivants que l’on retrouve dans le
diagnostic que l’on peut faire de la situation des PS au Burkina Faso : la pauvreté et la
précarité des emplois, le faible niveau de scolarisation et la place des femmes dans la société
sont des déterminants majeurs de l’entrée dans la prostitution.

1. Caractéristiques Socio-démographiques

Les professionnelles du sexe ont été 1430 à être interrogées dans cinq grandes villes du
Burkina Faso (Tableau 3). Elles se répartissent en quatre catégories qui correspondent à des
pratiques commerciales différentes (graphique 1). Les «tabourets» attendent les clients, les
«trotteuses» et les racoleuses se déplacent, les filles de bars peuvent rencontrer leurs clients
durant leur travail de serveuse. Le nombre des PS tant au niveau des villes que du type de
prostitution s’est avéré inégal. La répartition de notre échantillon s’est fait selon les résultats
de la cartographie qui avait permis de situer les PS selon leurs lieux d’exercice et leur
nombre. Les PS sur «tabourets» sont les plus nombreuses et comme il a été dit précédemment
elles ont une pratique visible et elles admettent la profession exercée. Les «trotteuses» et les
racoleuses ont un exercice plus caché surtout dans les villes secondaires. Dans ces sites les
plus nombreuses sont les filles de bars qui peuvent ainsi dans de petites localités cacher leurs
pratiques. AFAFSI montre dans l’analyse situationnelle des femmes à partenaires multiples
(FPM) que : «…Les Professionnelles de sexe Burkinabè pratiquent une prostitution qui ne les
marginalisent pas et ne les stigmatisent pas … contrairement aux étrangères elles retrouvent
sitôt leur activité terminée les formes de sociabilité…».

Les comportements vis-à-vis du VIH sont forcément différents selon le type de prostitution.
Comme le souligne les chercheurs du Centre Muraz (P. Huygens, 2001) les «plus ou moins
PS» ou femmes vulnérables ou femmes à partenaires multiples pour reprendre une
appellation utilisée par certaines autres associations, sont les plus difficiles à toucher et celles
qui se protègent le moins. Des programmes de prévention existent en faveur de cette
population vulnérable mais elles ne sont pas toutes concernées par ceux-ci.
Dans son étude de juillet 2001 le centre Muraz donne des informations qui permettent
d’appréhender la composition de la population des PS. Les Nigérianes et les Ghanéennes
constituent le sous-groupe qui pratique une prostitution à visage découvert. Les Ghanéennes
sont les plus anciennes dans la prostitution au Burkina et souvent on peut constater que se
sont les plus vieilles. Leur nombre diminue au fil des ans. Elles sont remplacées par les
Nigérianes et celles-ci sont de plus en plus jeunes.
Les Burkinabè pratiquent une prostitution dans la plupart des cas clandestine. Le faible
niveau socio-économique de la famille explique l’entrée dans la prostitution (Soubeiga A.,




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2000)3 mais l’étude du centre Muraz signale aussi un besoin d’indépendance et d’échapper à
la tutelle paternelle de certaines filles dont les parents ont des moyens pour subvenir à leur
besoin. La famille peut dans certains cas fermer les yeux sur la prostitution de la jeune fille si
elle en tire un bénéfice, mais, il y existe toujours quelqu’un de la famille qui désapprouve et
met en marge la PS. Dans la majorité des cas elle est rejetée et ne peut plus bénéficier de
l’appui de sa famille et se retrouve la proie de souteneurs et autres individus qui jouent le rôle
de protecteur. Quand elles habitent seules, les voisins de façon générale, n’ont pas de
relations de voisinage avec elles. Ils les évitent dans les meilleurs des cas où essayent de les
faire déménager. Cette situation explique en partie la forte mobilité des Professionnelles de
sexe.

2. Exposition aux médias

La radio est très écoutée par toutes les couches de la population mais plus particulièrement
par les hommes. Cependant, dans la majorité des cas et cela particulièrement en milieu rural
se sont les hommes qui possèdent les postes. Les moments et les taux d’écoute des femmes
dépendent dans ce cas des hommes. Notre population d’enquête est citadine et a un plus
grand accès à la radio et à la télévision mais subit aussi la situation décrite ci-dessus. Les
auditrices et les téléspectatrices ont donné des informations sur leur degré d’exposition à la
télévision et à la radio (Soubeiga A., 2000)4. En fonction des villes et des tranches d’âge les
stratégies de communication doivent être différentes, si on souhaite toucher cette population
particulièrement vulnérable. Une alternative pour accéder à l’information est d’utiliser les
mêmes médias que la population générale. Les femmes étrangères sont les plus nombreuses
et nous voyons aussi que les prendre en compte dans une campagne de sensibilisation
nécessite une plus grande proximité et une particularité en terme de message (forme et
contenu). Une attention pourrait être accordée à la langue.
Les plus jeunes de même que celles qui ne sont pas instruites ne sont pas les meilleures
auditrices (graphique 8), cependant, parmi les vulnérables elles sont les plus exposées. Il
serait utile de connaître les stations les plus écoutées par ce type de population afin d’affiner
l’approche.
Il serait utile de savoir si les anglophones ont accès à des stations émettant dans leurs langues.
Les Burkinabè et les Togolaises sont francophones et on remarque qu’elles sont plus
téléspectatrices qu’auditrices (graphique 9).
On peut faire le parallèle entre les heures d’émission de la télévision et les heures d’activités
de ces personnes. Par ailleurs, leur mode de vie et la précarité de leur situation leur autorisent
un moindre accès à la télévision. Celles qui travaillent dans des bars ayant un poste de
télévision sont les plus nombreuses à regarder la télévision.
Le centre Muraz est intéressé par une approche transfrontalière de la lutte contre le sida, en ce
qui concerne les PS, cette stratégie peut se révéler d’une grande efficacité.




3
  « La recherche du numéraire est la principale raison de la pratique de la prostitution, 95% des femmes
interrogées disent le faire pour de l’argent »
4
 « Les sources d’informations sur les MST des Femmes à Partenaires multiples sont les amis, les parents et les
voisins. La radio et la télévision viennent en deuxième position avec 54,8%… »




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3. Connaissance des méthodes de prévention

Au Burkina Faso, le niveau de connaissance sur les modes de transmission et protection sont
bien connus. Les analyses de situations et de réponses au VIH menées par le SP/CNLS
depuis 1998 montrent que plus de 90% des personnes connaissent le VIH et savent comment
on l’attrape et comment on le prévient. On peut se pencher sur le document diffusé en 2000
par le PNUD et remarquer que les résultats corroborent5 ceux de la présente étude et ceux du
SP/CNLS.
Les connaissances sont meilleures à Ouagadougou qu’à Bobo-Dioulasso mais quand il s’agit
de combiner ces connaissances avec des fausses informations sur le VIH/SIDA, les PS de
Bobo ont des attitudes plus exactes (graphique 19 et 20). On peut émettre l’hypothèse
qu’elles sont plus réceptives que celles des autres villes et aussi sont plus disponibles pour un
changement de comportement. Il faudrait prendre en compte les actions qui sont menées dans
les différents sites pour comprendre le lien qui peut exister entre le niveau de connaissance et
les attitudes. Ces éléments jouent en faveur du choix d’un préservatif, les PS sont sans doute
de grandes utilisatrices, de part leur profession. Les Nigérianes et les Ghanéennes pratiquent
une prostitution plus active et sont les mieux informées sur les modes de prévention de
transmission du VIH. Par ailleurs, elles sont de plus grandes utilisatrices des centres de santé
pour se soigner des IST (graphique 38). Cette visibilité amène à les désigner souvent comme
cibles potentielles des programmes de prévention. A l’opposé, les Burkinabè dissimulent le
plus souvent leurs activités commerciales ce qui les amènent à prendre plus de risque. A
priori, elles n’ont pas de problèmes de langue et peuvent mieux profiter des messages de
prévention.
Il convient de souligner que malgré le très bon niveau de connaissance, des informations
erronées circulent sur des modes de transmission. La proximité avec des personnes infectées
et le niveau de connaissance permet de confirmer l’adéquation entre niveau de connaissance
et comportements.
Un autre point concerne le nombre de personnes capables de citer trois modes de prévention
et en même temps rejeter les informations erronées. Il s’agit d’un peu plus d’un tiers de la
population enquêtée (graphique20). Ces données confortent l’idée que le niveau de
connaissance ne suffit pas pour augurer du changement de comportement.
Les informations sur la transmission mère-enfant sont marginales et inutilisables. Très peu
d’enquêtées ont répondu à ces questions et les données infimes recueillies montrent peu de
connaissances sur la transmission mère-enfant.

4. Comportement sexuel

L’entrée dans la sexualité se fait de plus en plus jeune et en dehors des conventions sociales,
c’est à dire le mariage. Concomitamment, les jeunes filles sont encore données en mariage
très précocement sans leur avis. Pour échapper à un mariage non désiré certaines filles disent
préférer avoir des relations avec un jeune du quartier et quelquefois avoir une grossesse non
désirée pour décourager le mari choisi par la famille. Ces situations donnent lieu
fréquemment au rejet de cette fille par sa famille. Quelque fois malgré la grossesse le
mariage voulu par la famille a lieu. Les filles scolarisées comme le montre cette étude entrent
dans la sexualité plus tardivement que celles qui ne sont jamais allés à l’école. Une étude
(FHI/Impact/ENSEA/SFPS, 1998) menée en Côte d’Ivoire, montre que plus de la moitié des
Professionnelles de sexe interrogées ont eu leur premier rapport sexuel avant l’âge de 15 ans.
5
    «85,7% des Professionnelles de sexe disent que la capote protège contre le sida»




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Les relations sexuelles des jeunes filles se font aussi souvent dans la violence et sans leur
consentement. On peut citer le cas des vendeuses à «assiettes» qui au cours de leurs tournées
sont malmenées par des garçons et aussi souvent des moins jeunes selon le Ministère de la
Promotion de la femme. C’est la même situation pour les petites bonnes qui sont violées par
leurs patrons ou les autres hommes présents dans la concession de leur employeur.
L’étude menée par le projet Yerelon du Centre Muraz montre que ces filles en situation de
grande vulnérabilité glissent dans la prostitution quand la situation se présente. Filles
abusées ou abandonnées sont le lot de la plupart des PS. Elles se trouvent dans une telle
situation qu’elles ne font plus confiance aux hommes.
Il est peu probable que ces premières relations réalisées dans un tel contexte permettent
l’usage du préservatif.

Les PS globalement ont quatre types de partenariats : les partenaires fixes ou petits amis, les
protecteurs, les clients réguliers et les partenaires ordinaires. Les petits amis et les protecteurs
sont des clients non payants. Les clients réguliers et les ordinaires payent. Cette
catégorisation n’autorise pas une classification nette en terme d’utilisation ou non du
préservatif. Il est bien entendu plus facile de proposer le préservatif à celui qui paye.
L’activité commerciale et le nombre de relation payante varient en fonction de certaines
caractéristiques comme nous l’avons vu dans la présentation des résultats.
Les plus jeunes ont encore des relations plus ou moins normale avec un homme. Elles
entretiennent des relations avec des partenaires non payant et avec des protecteurs plus
systématiquement que les plus âgées. Celles-ci ont une meilleure connaissance du milieu et
souvent ont moins de pression de la part d’un souteneur ou d’un petit ami. Les partenaires
fixes peuvent aussi dans certains cas être des concubins. On peut aussi remarquer d’autres
types de relations non payantes avec des hommes qui sont leurs protecteurs. Ceux-ci
facilitent leurs entrées dans les bars et les night-clubs mais aussi les protègent des agresseurs.
Les Togolaises et les Burkinabé sont d’un certain point de vue semblables dans leurs
comportements, par exemple, elles sont celles qui ont le plus de relations non payantes
(graphique 15). Les anglophones ont plus de relations commerciales. Elles sont les plus
nombreuses parmi les «tabourets» ce qui est signe de prostitution visible qui est souvent leur
principale activité.

5. Utilisation des condoms

De manière générale, le taux d’utilisation déclaré du préservatif est très élevé. Le PNUD
assure que 95,1% des Professionnelles de sexe qu’elle a enquêté en 2000 ont déjà utilisé une
capote. En Côte d’Ivoire, FHI, dans son étude de 1998 affirme que 84% des Professionnelles
de sexe ont des rapports sexuels protégés avec les clients non réguliers et 82% avec les
réguliers.
Dans la présentation des résultats nous avons vu des modulations en fonction de l’âge de la
nationalité mais surtout en fonction du type de prostitution (graphique 25). Le marketing
social du condom permet maintenant au Burkina Faso une bonne accessibilité financière et
géographique. De plus, divers programmes de prévention facilitent l’accès gratuit au
préservatif soit par des distributions classiques ou par des pairs. Certains réduisent les prix au
minimal et c’est le cas au niveau de certains services de planning familial.
Les différents types de partenaires des PS peuvent eux aussi avoir plusieurs partenaires. Le
risque de contracter une IST ou le VIH existe avec n’importe lequel de ces partenaires.




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Le préservatif n’est pas toujours utilisé avec les partenaires non payants, mais aussi
quelquefois avec les clients. Avec les fixes les PS ont plus de difficulté à exiger le port du
préservatif (Soubeiga A., 2000)6. Par ailleurs, c’est aussi une façon de différencier le lien
qu’elles ont avec ses personnes. D’une part, pour elles il s’agit de sentiments et non de
négoce alors il n’est pas utile de se protéger. D’autre part, ces hommes sont plus réticents au
port du préservatif (Soubeiga A., 2000)7. Nous l’avons déjà vu celles qui cachent leurs
activités commerciales ont encore plus de mal à demander l’utilisation d’un préservatif.
Certaines «trotteuses» peuvent renoncer à l’usage du préservatif si les négociations avec le
client leur permettent de gagner plus. Le frein à l’utilisation du préservatif selon certaines PS
suivies par l’association AAS peut être du au manque de lubrifiant pour les préservatifs.

6. Dépistage et attitudes envers les personnes infectées

On peut faire un test de dépistage du VIH dans les laboratoires privés munit d’une
prescription d’un médecin mais le coût est élevé. Une autre alternative est de se rendre dans
un centre de dépistage volontaire et anonyme il n’en existe que deux au Burkina Faso, à
Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou. Le prix de cet acte est de 500Fcfa. Il est subventionné
par des partenaires intervenant dans la lutte contre le VIH au Burkina Faso.

Des informations collectées dans les différentes études décrivent une situation
épidémiologique alarmante dans le milieu de la prostitution. Il nous semble important de
partager quelques données à ce propos. Selon le PNUD, la prévalence observée chez les
Professionnelles de sexe était de 58,2% en 2000. L’ONUSIDA confirme ces chiffres et
précise que le taux de séroprévalence à VIH-1 et/ou VIH-2 chez les Professionnelles de sexe
est passée de 17% en 1986 à 58% en 1994 dans les deux plus grandes villes du Burkina Faso.
Au Bénin, au mali et en Côte d’Ivoire on observe un taux très élevé et une augmentation de la
séroprévalence (ONUSIDA, Epidemiological Facts Sheets, 2000).

Le BSS au Burkina Faso ne compare pas la séroprévalence chez les PS pour diverses raisons.
Cependant, il est intéressant de noter qu’environ un quart des personnes interrogées ont fait
un test de dépistage et se sont intéressées aux résultats (graphique 31).
On remarque que quelques personnes ont été contraintes de le faire. Généralement, se sont les
femmes qui sont victimes. Cela se présente dans les cas de mariage et de lévirat et souvent
sans le consentement éclairé de la personne concernée. Nous ne disposons pas de chiffres sur
le pourcentage de la population générale ayant fait un test de dépistage. Une comparaison
aurait pu ainsi être faite. Lors de la prochaine enquête de surveillance de comportement il
sera utile de porter un regard particulier sur le dépistage. Des programmes sont en train de se
mettre en place et le cadre stratégique définit la mise en place de centres de dépistage comme
un domaine d’action prioritaire. Le monde communautaire est déjà très impliqué puisque les
deux structures existantes sont des associations. Elles travaillent en lien avec des services de
l’État.
Selon l’étude menée par l’équipe de Soubéiga A. pour l’association AFAFSI 73,8% des FPM
manifestent un intérêt pour la connaissance de leur statut sérologique mais seulement 13,2%
affirment avoir réalisé le test. Nous avons vu que les PS enquêtées par ce BSS sont plus

6
  «Certaines FPM abandonnent l’utilisation du condom avec des partenaires plus réguliers…» ; «le mari, le copain et le
client qui paie cher constituent des catégories privilégiées avec lesquelles elles n’utilisent pas de condom»
7
  «…au départ, avec mon copain, on faisait avec des capotes, maintenant on fait sans, … le partenaire dit
qu’avec la capote il ne sent rien »




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nombreuses à avoir effectué un test de dépistage du VIH, mais l’attitude générale observée
par AFAFSI est la même.

7. Infection sexuellement transmissible

Les IST sont une porte d’entrée du VIH. L’accès aux soins des IST constitue une des
stratégies du projet sida III qui prend en compte les populations vulnérables dont les PS. Un
certain nombre de Professionnelles de sexe ont bénéficiées de ces programmes qui valorisent
la formation des pairs éducateurs.
Les résultats de la présente enquête montrent que les PS les plus âgées, les chrétiennes, celles
qui ont un bon niveau scolaire et les Nigérianes sont les sous-groupes qui globalement ont le
meilleur niveau de connaissance, ont les pratiques les plus sécurisantes en matière de
VIH/SIDA, sont celles qui utilisent volontiers les services de santé pour soigner leurs IST
(graphique 38). Ils savent ou se procurer des préservatifs et sont ceux qui mettent le moins de
temps pour atteindre un point de vente à pied. Ces personnes pourraient constituer des relais
pour toucher les plus clandestines et pour faire circuler l’information.
Nous savons que la stratégie des pairs éducateurs est très usitée par les programmes de lutte
contre le VIH/SIDA et les IST et appréciée par les bénéficiaires. Cependant, certaines PS se
soignent en fonction des conseils recueillis dans leur entourage. Elles se fient à l’expérience
d’une autre personne qui leur conseille un produit qu’elle juge efficace. Un autre moyen est
de se procurer des médicaments auprès des «pharmacies par terre» ou de tradipraticiens. Tant
qu’elles ne présentent pas de symptômes visibles et gênant pour leur travail, comme les
ulcérations par exemple beaucoup négligent les soins.




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 V.III – SYNTHESE DE LA SURVEILLANCE COMPORTEMENTALE CHEZ LES
                             ROUTIERS


Ce document présente les résultats de l’enquête BSS chez les chauffeurs routiers ou
camionneurs. Au total 638 routiers ont été interrogés dans les cinq sites retenus pour
l’enquête. Les données collectées ont permis de recueillir des informations détaillées sur les
connaissances, attitudes et comportements du groupe cible liés au VIH/SIDA. Elles
fournissent également des indications sur la réussite des diverses interventions mises en
œuvre pour combattre la maladie et mettent en évidence les domaines à renforcer, identifient
les sous-populations de routiers auxquelles les interventions devraient accorder plus
d’attention. Les pages qui suivent mettent l’accent sur les points saillants de l’étude.

Les résultats selon les différentes caractéristiques socio-démographiques retenues vont dans
l’ensemble dans le sens attendu. L’âge, le niveau d’instruction, le statut matrimonial et la
religion constituent des variables déterminantes dans les comportements sexuels.

L’étude a mis en évidence un effet de génération du point de vue de la précocité des rapports
sexuels, des unions, de l’accès à l’information sur le VIH/SIDA, de l’utilisation du condom et
du nombre et type de partenaires sexuels. La propension à avoir un comportement a moindre
risque est plus le fait des jeunes que des adultes. Les jeunes sont généralement plus précoces
et plus instables sexuellement. Cependant, ils sont plus susceptibles d’utiliser le préservatif et
de protéger leurs rapports sexuels comparativement à leurs aînés en raison du fait qu’ils sont
probablement plus instruits, mieux informés et plus réceptifs aux messages de sensibilisation
et de prévention.

Les personnes instruites ont l’avantage de profiter de possibilités d’informations variées via
la radio, la télévision et la presse écrite et ceci se traduit par leur propension plus élevée que
les autres à avoir un comportement sécuritaire.

La religion constitue un facteur de différenciation en ce sens qu’elle est susceptible d’influer
sur le comportement de l’individu et son importance dans les études de populations n’est plus
à démontrer. La faiblesse des effectifs n’a pas permis de vérifier l’influence de la religion
dont les différentes modalités ont été regroupées en deux catégories (musulmane et non
musulmane). Néanmoins, un schéma de comportement différent entre musulmans et non
musulmans se dégage dans l’ensemble. Les musulmans sont plus enclins à avoir moins de
partenaires sexuels et à recourir aux partenaires occasionnelles et plus particulièrement aux
prostitués, comparativement aux non musulmans. Ils se révèlent également moins enclins à
utiliser les préservatifs avec leur partenaire régulière. La résistance des religions aux
messages de prévention a été mise en évidence par plusieurs études. L’étude de Ouango sur le
Burkina Faso (Ouango, 1997) soulignent que celles chrétiennes et musulmanes notamment
ont farouchement combattu les programmes de promotion sociale du condom qui a été
pendant longtemps perçu comme un moyen de dépravation.

Étant donné la mobilité des camionneurs et la faiblesse de la taille de l'échantillon dans
chaque ville, surtout à Gaoua et Ouahigouya, les résultats ne sont pas significatifs au sens
statistique.




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1. Connaissances liées au VIH/SIDA
Les résultats montrent que le niveau des connaissances générales des routiers sur le
VIH/SIDA est élevé en raison notamment d’une grande accessibilité aux médias de masse et
d’une exposition quasi générale (98,7%) à l’information sur la pandémie. En effet, la radio et la
télévision sont les sources d’information privilégiées de la population. Ces deux médiums sont
également largement utilisés par les programmes d’intervention au Burkina Faso en général et
dans les principales villes en particulier pour diffuser l’information sur le VIH/SIDA.

L’importance de la proportion des personnes qui savent qu’une personne apparemment en bonne
santé peut transmettre le virus (91,7%) et celles qui ont une attitude positive (98,7%) envers les
personnes vivant avec le VIH (PVVIH) confirment l’importance du niveau des connaissances
générales sur le VIH/SIDA et le fait que la stigmatisation des personnes infectées commencent
peut-être à s’émousser.

Le niveau des connaissances spécifiques de la maladie gagnerait cependant à être renforcé.
L’évaluation de la connaissance des méthodes de prévention indique qu’un peu plus de la
moitié (52,10%) des camionneurs sondés citent simultanément les trois méthodes reconnues
efficaces pour la prévention du VIH. Ce résultat est appréciable et montre les efforts
consentis en matière de sensibilisation, non seulement à l’adresse de la population générale,
mais surtout pour ce groupe cible. Le fait que l’abstinence soit la moins bien connue dénote
du peu d’attention qu’y a accorde les programmes de sensibilisation, mais également de la
perception que la société et les hommes en particulier ont de ce comportement sexuel.
Contrairement a l’abstinence, les rapports sexuels sont valorisés et culturellement perçus
comme un signe de virilité chez l’homme. Dans l’étude réalisée sur les centres jeunes de
l’ABBEFet du Ministère de la Santé, les jeunes pensent que l’abstinence peut rendre malade
(Adamshack et al., 1997). Aussi, certains jeunes deviendraient sexuellement actifs juste pour
éviter d’être la risée de leurs camarades ou pour se préserver des maladies qui sont supposées
y être associées.

Contrairement à la transmission sexuelle, les routiers exhibent une très faible connaissance
(moins de 8%) de la transmission mère-enfant et de ses moyens de prévention. Ce résultat est
surprenant, surtout en ce qui concerne Ouagadougou et Bobo-Dioulasso ou l’exposition à
l’information sur le VIH/SIDA est potentiellement plus grande que dans les autres villes. Il
montre par ailleurs que les campagnes d’information ont plus focalise sur la transmission
sexuelle, négligeant les autres modes de transmission du VIH, et particulièrement la
transmission utérine. Il est souhaitable que les campagnes ultérieures tiennent compte de ce
biais.

Les résultats de notre étude sont similaires à ceux de l’étude réalisée dans le cadre du
PSAMAO qui a montré une persistance de connaissances erronées, et une faible connaissance
des précautions à prendre pour éviter le SIDA en dépit du niveau de connaissance générale
élevé dans chez les routiers.




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2. Comportements sexuels et utilisation du condom
Les études conduites dans le domaine du VIH/SIDA indiquent que la maladie se transmet
essentiellement par voie sexuelle. En Afrique, ce mode de transmission représente environ
80% des transmissions contre environ 15% et 5% respectivement pour la transmission par
voies sanguine et de la mère a l’enfant. Une bonne connaissance des comportements sexuels
des populations est donc déterminante pour l’élaboration de stratégies efficaces de prévention
de la maladie.

L'adoption de comportements sexuels sans risque sous-tend la protection de l'individu et de ses
partenaires face au SIDA. Des informations portant sur l’âge d’entrée dans la vie sexuelle, le
type de partenaire et l'utilisation du condom aident à répondre à certaines questions
fondamentales sur le comportement sexuel de la population et permettent de disposer
d'informations capitales à la mise en place des programmes d'information, d'éducation et de
communication relatives au SIDA..

Les données indiquent que la grande majorité de la population enquêtée est sexuellement
active. Cette sexualité est de plus en plus précoce, commençant généralement avant 20 ans.
Une activité sexuelle élevée doublée d’une précocité augmente les risque de contamination
par le VIH si elle n’est pas protégée. Ainsi, les adultes, en particulier les parents qui sont
généralement hostiles à la promotion du condom, doivent se rendre compte que les « choses »
ont changé. Les comportements alors inattendus sont de nos jours courants. Il faudrait plus de
tolérance à l’égard de la promotion du condom car le besoin est là. Une des manifestations de
ce besoin se traduit par le souhait des très jeunes garçons (10-15 ans) lors d’une enquête
menée en Côte d’Ivoire de pouvoir disposer de condom a leur taille (Zoungrana et al., 1999).

Les données mettent en évidence la prévalence d'un comportement sexuel dangereux dans la
population enquêtée. Ce comportement se définit par la multiplicité des partenaires sexuels et
le recours aux prostitués. Le fait que le phénomène persiste quelque soit la caractéristique
socio-économique considérée indique que le multi-partenariat est une pratique courante dans
cette population. Ce « vagabondage sexuel » est favorisé par le statut de camionneurs qui est
appelé à se déplacer souvent et à rester plusieurs jours, voir des mois hors de son domicile. Si
les rapports sexuels sont liés au fait de passer la nuit à l’hôtel, il semble nécessaire de
développer des actions favorisant l’utilisation du condom en ces lieux (développer des
actions ciblées sur les hôtels et les associer aux actions éducatives). Les prostitués gravitent
souvent autour des hôtels.

Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, les routiers en union n’ont pas un comportement
a moindre risque. Chez ces personnes, les résultats indiqueraient un taux d’infidélité qui est
relativement élevé (50,7%). C’est à Bobo-Dioulasso et à Ouagadougou que l’on observe la
fréquence la plus élevée de recours aux partenaires non payant autres que le conjoint
cohabitant, ce qui laisserait apparaître le phénomène des copines, des maîtresses ou
« deuxième bureau ». Il y a de fortes chances que l’ampleur du phénomène soit sous-estimée
du fait de la sensibilité du sujet, en témoigne le fort taux de non-réponse. Environ un quart
(24,5%) des routiers n’ont pas voulu répondre à la question sur le type de partenaire lors du
dernier rapport sexuel.




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Il est bien reconnu que le multipartenariat et le recours aux prostitués accroissent le risque
d’infection à VIH. En effet, plusieurs études de séroprévalence menées dans certains pays
africains montrent que la population des camionneurs et des prostitués sont généralement les
plus affectées par le VIH en raison justement d’un niveau d’exposition élevé caractérisé par
la prévalence de comportements à haut risque.

Ce risque est atténué par l’utilisation du condom qui est relativement importante dans la
population : pour 79,70% des cas, le dernier rapport sexuel a eu lieu avec un préservatif. Les
jeunes, les personnes instruites, celles pas en union ou pratiquant une religion autre que
musulmane sont les plus enclines à se protéger comparativement à leur homologues. Le
risque subsiste pourtant puisqu’une proportion non négligeable de routiers (12.5%) n’ont pas
utilisé le condom lors du dernier rapport sexuel avec une partenaire commerciale; cette
proportion est de 21,3% avec une partenaire occasionnelle non commerciale et de 54,3% avec
une partenaire régulière. Ainsi, les rapports sexuels avec une partenaire régulière sont les
moins protégés. Ce comportement comporte un risque important de contamination par le VIH
étant donne le caractère éphémère de la notion de partenaire régulière. Dans un contexte de
multipartenariat, le comportement le plus sécuritaire serait de toujours utiliser le condom - ne
serait-ce qu’avec les partenaires occasionnelles et commerciales - pour se protéger et protéger
sa partenaire régulière. C’est loin d’être le cas. Ce comportement traduit une relation ambiguë
entre les connaissances liées au VIH/SIDA et l’utilisation du condom. Nous pouvons faire un
parallèle avec l’étude du PSAMAO (Tapsoba, 2000) qui a montre une appréciation
approximative par les routiers des risques réels qu’ils encourent : la perception du risque de
contracter le SIDA est relativement grande (61% se sentent concernés). Toutefois, les
rapports sexuels non protégés et le mutipartenariat occupent le bas de l’échelle de
contamination (6% et 4%).

Il est nécessaire de comprendre pourquoi ce type de comportements persiste malgré
l’intensité des campagnes de sensibilisation et le niveau des connaissances sur la maladie. La
comparaison du niveau des connaissances sur le VIH/SIDA, de ses modes de prévention et
de celui de l’utilisation du condom amène aux conclusions suivantes: 1) les routiers ne sont
pas convaincus de ce qu’ils savent ; 2) la connaissance de la maladie est superficielle ; 3) la
qualité des messages sur le VIH/SIDA et/ou des supports et canaux utilises laissent à désirer ;
4) les mauvaises habitudes sont tellement bien ancrées qu’il est difficile de s’en débarrasser.
En somme, le chemin qui reste à parcourir pour amorcer un changement significatif dans les
comportements sexuels est encore long. Il faudrait développer des actions qui aideraient à
provoquer « le déclic ». Il faudrait par exemple encourager les PVVIH à témoigner
publiquement, briser le silence autour des personnes malades ou mortes du SIDA, étant
donné que les études (Tapsoba, 2000 ; Zanou et al., 1997) montrent que la connaissance
d’une personne malade ou morte du SIDA augmentent la probabilité d’utiliser le condom.

On peut cependant remarquer que l'utilisation du préservatif augmente considérablement avec
le risque encouru. En définitive, la population sondée semble avoir un comportement
rationnel dans l'utilisation du condom, même si ce comportement est loin d’être sécuritaire et
responsable. L'utilisation du préservatif est basée sur l'évaluation du risque que comporte la
relation sexuelle. Le risque encouru étant plus élevé par ordre d'importance avec les
partenaires commerciales, qui ne sont autres que des Professionnelles de sexe, et les
partenaires occasionnelles (non régulières, non commerciales) qu'avec celles régulières. On
peut y voir un changement dans les comportements, bien qu’encore timide - parce que pas à




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la mesure des attentes et des moyens mis en oeuvre - dans la mesure où les gens sont en train
de choisir le moment d'utiliser le condom après avoir reçu l'information sur le SIDA. Ce qui
n'était vraisemblablement pas le cas il y a une dizaine d'années.

L’utilisation du condom est importante mais on ne devrait pas perdre de vue que le taux de
non-utilisation est aussi importante et varie significativement selon le type de partenaire.
Cette question, comparativement aux autres, enregistre le taux le plus élevé de non-réponse,
soit 64,42%. Ce taux est impressionnant et indique la nécessite de faire des recherches
ultérieures pour mieux comprendre les motivations profondes de la non-utilisation du
condom. En particulier, des études approfondies sur les motivations profondes des routiers à
ne pas utiliser les condoms aideraient à l’élaboration de programmes plus efficaces a leur
endroit. Les enquêtes qualitatives peuvent mieux nous renseigner sur la question. En effet
pour avancer dans les solutions, il faut d’abord comprendre le pourquoi de la situation.

Ces données vont dans le même sens que celles de l’étude qualitative du PSAMAO sur les
relations entre les chauffeurs routiers et les prostitués. Cette étude révèle une forte réticence
des routiers à utiliser les condoms. Ils n’hésitent pas à engager des sommes importantes
d’argent pour vaincre la résistance des prostitués qui s’opposent aux relations sexuelles sans
capotes (Tapsoba et al., 1998).

Le type de raisons avancées pour la non-utilisation des condoms indique que beaucoup
restent à faire. Ces raisons ne sont pas justifiées, surtout dans une population telle celle des
routiers. Une proportion importante des routiers (42,3%) n’ayant pas utilisé le condom lors
du dernier rapport sexuel déclarent que « le condom n’était pas nécessaire ». Dans une
population à moindre risque, la raison « condom pas nécessaire » peut signifier « confiance »
ou encore que les gens sont avertis du danger et qu’ils ont évalué les risques avant de prendre
une décision. Si aucun des partenaires n’est infecté et s’ils ont confiance l’un en autre, ne pas
utiliser le condom est une décision raisonnable. Toutefois, ce comportement comporte des
risques quand on sait que l’infidélité est assez répandue et que les gens ne savent
généralement pas s’ils sont infectés ou non. Seulement 15% des routiers ont fait le test de
dépistage du VIH. Cet état des faits serait lié au coût du traitement, à la méconnaissance des
avantages à connaître son statut sérologique et peut-être à la peur d’affronter la réalité dans le
cas où le résultat serait positif. Il faudrait encourager les routiers à faire le test de dépistage
car le fait de connaître son statut aide à prendre les dispositions nécessaires pour mieux se
protéger, protéger sa famille et planifIer l’avenir. Toutefois des mesures relatives à la prise en
charge (prise en charge psychologique pré et post counseling, médicaments, traitement des
maladies opportunistes devraient accompagner cette initiative.

3. Connaissance et prévalence des IST
Bien que 93,60% des enquêtes aient déjà entendu parler d’infections sexuellement
transmissibles (IST), le niveau de connaissance des symptômes est relativement faible. Par
exemple, 57,6% ne connaissent aucun symptôme d’IST chez la femme; ils sont 42,4% et
21,4% à citer correctement au moins un symptôme respectivement deux symptômes et plus
chez la femme. La connaissance des IST chez l’homme est nettement meilleure.

On remarque cependant que la prévalence des IST est anormalement faible chez les routiers (4,6%),
contrairement à ce qu’on a pu observer dans d’autres études. Même si on n’a enregistré aucun refus de
répondre à cette question, ce niveau de prévalence indiquerait une volonté manifeste de cacher la




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réalité. On pourrait également suspecter la façon dont les questions ont été formulées et/ou posées lors
de l’enquête. Cette question est très personnelle et fait partie de celles connues pour leur sensibilité et
de ce fait nécessite qu’un minimum de précautions soient prises. Toutefois, la faiblesse de l’effectif
des répondants (N=29) recommande que l’on interprète les résultats avec précaution.

Le comportement des routiers lors des épisodes d’IST laisse à désirer. Une proportion
importante ne cherche aucun traitement (31%). Le recours aux tradipraticiens est tout aussi
importante que celui des services modernes de santé (20%) et l’automédication non
négligeable (5%). Seulement 17% des routiers ont notifié la maladie à leur partenaire sexuelle
ou ont cessé d’avoir des relations sexuelles, 13,80% ont amené leur partenaire consulter et
3,5% ont utilisé un condom lors des rapports sexuels. Tout comme précédemment, ce schéma
de comportement est à prendre avec précaution vue la faiblesse des effectifs. On note
toutefois que globalement, les routiers n'ont pas le réflexe de se protéger et de protéger leurs
partenaires. C’est un comportement à risque déterminant dans la propagation du VIH/SIDA.

Des études ont en effet montré que l’importance de l’épidémie du SIDA dans les pays en
développement et plus particulièrement en Afrique est due en grande partie aux IST. Leur
prévalence y est élevée et la probabilité moyenne de transmission y est importante (cite dans
Zoungrana, 1999). Cet état des faits serait dû à un brassage de population relativement
important, au retard dans le diagnostic et le traitement et à une proportion relativement faible
de patients traités. Des programmes de contrôle des IST, grâce à un diagnostic et traitement
précoces combinés à la promotion de pratiques sexuels à moindre risque ont prouvé qu’ils
réduisent significativement le taux d’infection à VIH par le biais des IST. Des expériences de
programmes efficaces en Zambie et au Zimbabwe ont ainsi pu être rapportées (AIDSCAP et
al., 1996).

Globalement, les connaissances relatives aux VIH/SIDA et les comportements sexuels sont
encourageants. Le bon niveau de connaissance dénote de l’existence d’une bonne information
sur le VIH/SIDA et de la forte promotion du condom, notamment par le CNLS et
PROMACO. En dépit de cela, son utilisation est relativement faible. La résistance à
l’utilisation du condom, la faible connaissance sur les IST, de certains modes de transmission
ou de prévention du VIH/SIDA sont liées à un large éventail de valeurs et croyances diverses
qui ne peuvent pas être facilement surmontées. Il existe toujours un décalage entre les
connaissances acquises et les changements de comportement et entre les déclarations des
individus sur leur comportement et la réalité de ce comportement. La répétition d’une enquête
d’opinion utilisant la même méthodologie permettrait de mettre en évidence des évolutions
dans les comportements. Par ailleurs, certains indicateurs indirects tels que les antécédents
d’IST permettent de contrôler l’enquête d’opinion. Cette comparaison est difficile dans le
cadre de notre étude car la faiblesse des effectifs rend l’interprétation non pertinente.




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           V.IV – SYNTHESE DE LA SURVEILLANCE
         COMPORTEMENTALE CHEZ LES ORPAILLEURS

La présente étude sur la surveillance comportementale relative aux IST/VIH/SIDA chez les
orpailleurs avait pour objectifs de déterminer les comportements sexuels chez les orpailleurs
et de mesurer les connaissances et les attitudes vis-à-vis des IST/VIH/SIDA, la perception du
risque VIH/SIDA, l’exposition des orpailleurs aux interventions et l’impact des interventions
de prévention et de prise en charge des IST/SIDA.

Pour atteindre ces objectifs, un questionnaire adapté au contexte du Burkina Faso a été utilisé.
Il a permis de recueillir des informations sur les connaissances, attitudes et comportements
des orpailleurs au niveau de 3 principaux sites d’orpaillage du pays. Au total, 619 orpailleurs
ont été interrogés dans les sites aurifères de Guéguéré, de Bouda et d’Essakane.

Malgré les difficultés rencontrées liées surtout à l’indisponibilité des orpailleurs, les données
collectées permettent d’apprécier le comportement sexuel des orpailleurs et surtout de
répondre aux objectifs assignés à cette étude.

Les personnes interrogées étaient équitablement réparties entre les 3 sites de l’étude. Les
jeunes de moins de 25 ans constituaient plus de la moitié des orpailleurs avec un âge médian
de 23 ans. Plus de la moitié des orpailleurs n’est pas mariée. Ceux qui sont mariés, l’ont été
pour la première fois à l’âge de 20 ans. Près des ¾ de ceux qui travaillent sur les sites
aurifères sont des adeptes de la religion musulmane. Ils sont presque tous de nationalité
burkinabé (96 %).

L’analyse du degré d’exposition aux masses médias montre que les orpailleurs ont plus
écouté la radio qu’ils n’ont regardé la télévision. Près de ¾ des orpailleurs ont été à la radio
pendant les 4 dernières semaines précédant la collecte des données. Alors que ceux qui ont
suivi la télévision pendant cette même période est de 57,2 %.

1 Connaissances liées au VIH/SIDA
Pratiquement tous les orpailleurs (98,4 %) ont entendu parler du VIH/SIDA mais cette
connaissance diminue considérablement lorsqu’il s’agit de la reconnaissance physique de
personnes infectées pour atteindre un plus d’un tiers (35,2 %). Les radio et télévision ont
largement contribué au bon niveau de connaissance général sur la pandémie du Sida. Elles
continuent d’être sollicitées dans les stratégies médiatiques de lutte contre le Sida.

Les connaissances liées au VIH/SIDA montrent que seulement un peu plus du quart (27,2 %)
savent qu’une personne apparemment en bonne santé peut transmettre le VIH. En analysant
le niveau de connaissance des orpailleurs sur les 3 méthodes majeures de prévention contre le
Sida, les données révèlent que pris isolément l’utilisation systématique du condom, la bonne
fidélité et l’abstinence sont relativement bien connues (près de ¾ des enquêtés). Mais
l’indicateur composite créé à partir de ces 3 méthodes de prévention montre que c’est la
moitié (52,5 %) des orpailleurs qui les citent simultanément. Ce niveau de connaissance est
moins élevé chez les jeunes de 20-24 ans (46,7 %). Cet indicateur recalculé en tenant compte
du rejet des fausses conceptions sur la transmission du Sida se situe à 17,1 %. Par ailleurs




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l’évaluation du degré de connaissance de la transmission mère-enfant montre que seulement
5,2 % et 4,2 % des orpailleurs savent qu’une femme enceinte infectée par le VIH peut
prévenir la transmission du virus à son enfant en prenant des médicaments ou en s’abstenant
de l’allaiter. Cela montre que les niveaux de connaissance spécifiques de la maladie
gagneraient à être renforcé notamment les connaissances sur les modes de transmission non
sexuelle du VIH surtout la transmission mère-enfant.

2 Connaissance et utilisation du condom
Au delà des niveaux de connaissances sur le Sida, la maîtrise des comportements sexuels des
orpailleurs est déterminante pour l’élaboration de stratégies de prévention. Cela passe
l’analyse des informations sur l’âge d’entrée dans la vie sexuelle, le type et le nombre de
partenaires et sur l’utilisation du condom.

En ce qui concerne le comportement sexuel, l’étude révèle que plus de 4 orpailleurs sur 5
(86,3 %) ont eu au moins un rapport sexuel au cours de leur vie. Presque autant (85,6 %) ont
eu une activité sexuelle récente les 12 derniers mois. Elle a également mis en évidence un
effet de génération du point de vue de la précocité des rapports sexuels surtout pour les
rapports sexuels récents, des unions, de l’accès à l’information sur le VIH/SIDA, de
l’utilisation du condom et du nombre et type de partenaires sexuels. La propension à avoir un
comportement à moindre risque est plus le fait des jeunes que des adultes. Les jeunes sont
généralement plus précoces (âge médian au premier rapport sexuel est de 16 ans chez les
adolescents) et plus instables sexuellement (plus forte proportion de rapport sexuel avec des
partenaires non régulières et commerciales). Cependant, ils sont plus susceptibles d’utiliser le
préservatif et de protéger leurs rapports sexuels comparativement à leurs aînés en raison du
fait qu’ils sont probablement plus instruits, mieux informés et plus réceptifs aux messages de
sensibilisation et de prévention.

Les données révèlent que ceux qui ne sont pas en union ont 2 fois plus recours (79,6 %) aux
rapports sexuels monnayés que ceux qui sont en union (40,0 %). Néanmoins près des 2/3
(65%) des orpailleurs ont déclaré entretenir des rapports sexuels avec d’autres partenaires
que leur conjoint. De plus un peu plus de la moitié des orpailleurs (50,8 %) ont eu recours à
au moins 2 partenaires sexuels différents.

Il est bien connu que le multipartenariat et le recours aux rapports sexuels monnayés
augmentent le risque d’infection à VIH. Les sites aurifères étant souvent associés à la
prostitution et à l’usage des stupéfiants, il y a de forte chance que les risques de
contamination soient plus élevés au regard des comportements sexuels constatés chez les
orpailleurs.

Ce risque est atténué par l’utilisation du condom qui est relativement importante dans la
population. L’étude montre que 83,0 % des orpailleurs ont déjà utilisé un condom au moins
une fois dans leur vie. Les plus jeunes, les plus instruits et ceux qui ne sont pas en union sont
plus enclins à utiliser le condom que leurs homologues. Toutefois, il faut souligner que
l’utilisation du condom au dernier rapport sexuel est relativement faible (58,6 %). Mais les
mêmes tendances s’observent pour ce qui est de la différence selon les caractéristiques socio-
démographiques. La proportion d’utilisation du condom passe du simple chez ceux qui sont
en union (40,2 %) à presque au double (76,4 %) chez les célibataires.




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Le risque subsiste toujours lorsqu’on s’intéresse à l’utilisation selon le type de partenaires. Il
ressort que 10,5 % des orpailleurs n’ont pas utilisé de condom avec les partenaires
commerciales et 22,3 % ne l’ont pas fait avec les partenaires non régulières. Aussi, les
rapports sexuels avec les partenaires régulières sont moins protégés (35,2 %). Ces
comportements augmentent le risque d’infection à VIH aussi bien avec les partenaires non
régulières et commerciales qu’avec les partenaires régulières au regard de la connotation que
cette notion de partenaires régulières au niveau des jeunes surtout.

Dans un contexte de multipartenariat tant chez ceux qui sont en union que chez les
célibataires décrit plus haut, l’idéal serait l’utilisation systématique du condom surtout avec
les partenaires commerciales et non régulières pour prémunir celles régulières des risques
d’infection à VIH. Les actions à venir doivent insister sur le fait que le choix de l’utilisation
du condom ne doit pas être lié au type de partenaire mais plutôt à l’urgence de se protéger au
regard du risque quotidiennement encouru à cause de l’augmentation de la proportion de
personnes séropositives.

Même si de manière globale, l’utilisation du condom est basée sur l’évaluation tacite du
risque avec différents types de partenaires : le risque étant plus élevé avec les partenaires
commerciales, des efforts restent encore à faire pour amorcer un véritable changement de
comportement d’autant plus que l’étude montre que les orpailleurs continuent d’avoir des
rapports sexuels payant c’est-à-dire avec les prostituées sans se protéger. Par ailleurs le
niveau de connaissance des orpailleurs, des méthodes de prévention du VIH pris isolément ne
suit pas le comportement observé chez eux. La bonne fidélité figurait en première place des
méthodes de prévention citée par les orpailleurs alors qu’il a été constaté un multipartenariat
sexuel même chez ceux qui sont en union. Il existe donc un écart important entre la
connaissance et le comportement sexuel des orpailleurs.

3 Connaissance et prévalence des IST
Bien que la grande majorité des orpailleurs (95,2 %) aient déjà entendu parler des IST, le
niveau de connaissance des symptômes est relativement faible. L’étude montre que la moitié
des enquêtés (50,4 %) n’arrive pas à citer un symptôme d’IST chez la femme. Ils sont 49,6 %
et 23,2 % à pouvoir donner respectivement au moins un signe d’une IST et deux symptômes
et plus chez la femme. Les signes des IST chez l’homme sont relativement bien connus
puisque près de 59,9 % et 34,1 % des orpailleurs ont identifié respectivement au moins un
signe d’IST et deux signes et plus.

La prévalence des IST est de 7,6 %. Cette prévalence augmente avec l’âge et le niveau
d’instruction témoignant ainsi que les jeunes se protègent davantage que les adultes. Selon
l’âge, la prévalence des IST passe de 7,1 % chez les adolescents à 10,3 % chez les adultes de
35 ans et plus. Selon le niveau, elle passe de 6,5 % à 10,0 % respectivement chez les non
instruits et chez ceux du niveau secondaire et plus. La prévalence est relativement plus élevée
chez les orpailleurs en union (8,2 %) que chez les célibataires (7,1 %).

Seulement un peu plus du tiers (36,2 %) des orpailleurs ont eu recours à une formation
sanitaire pour demander des conseils ou se faire soigner. Plus d’un orpailleur (21,3 %) ont
recours au service du guérisseur traditionnel et 8,5 % ont utilisé l’automédication pendant




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l’épisode d’IST. La notification du partenaire est le fait de 23,4 % des orpailleurs. Près de la
moitié (48,9 %) préférant s’abstenir de tout rapport sexuel pendant l’épisode de l’IST. Ces
indicateurs montrent que les orpailleurs n’ont non seulement pas encore le réflexe de se faire
une structure convenable de prise en charge des IST mais d’informer leur partenaire pour
qu’elle puisse se faire soigner. Comme du lien certain qui existe entre le fait de présenter une
IST et le risque d’infection à VIH, les actions à venir doivent insister sur la nécessité de se
faire soigner et de faire soigner son partenaire tout en n'omettant pas de souligner qu’il existe
des structures de prise en charge des IST. La prise en charge précoce de ces IST est assez
importante pour éviter toute complication pouvant entraîner à l’extrême la stérilité.

4 Test volontaire et attitude à l’égard des PVVIH
L’attitude positive des orpailleurs mesurée à travers les réponses affirmatives aux questions
portant sur la promptitude à soigner un parent infecté dans le foyer, le fait de continuer à
acheter de la nourriture chez un vendeur que l’on sait séropositif, la possibilité donnée à un
enseignant infectée de continuer à donner des cours indique que plus de 7 orpailleurs sur 10
(72,6 %) ont une attitude positive envers les personnes vivant le VIH. Cette attitude varie
selon l’âge, la situation matrimoniale et selon le site d’orpaillage où la différence est la plus
importante. En effet, l’acceptation des PVVIH passe de 50,7 % sur le site de Guéguéré à 90,5
% à Essakane. Les adolescents (50,7 %) ont une attitude moins positive que les autres, plus
particulièrement les plus âgés (85,9 %). L’attitude positive augmente au fur et à mesure que
l’on avance en âge. Ceux qui sont en union développent une attitude plus positive envers les
PVVIH (72,1 %) que chez les non mariés (69,8 %).

Si le fait de connaître une personne infectée par le VIH ne joue pas significativement sur
l’attitude positive vis-à-vis des PVVIH, le fait d’avoir fait son test de dépistage influence
positivement sur l’attitude des orpailleurs envers les PVVIH. Un écart de 10 points existent
entre ceux qui ont fait le test (81,8 %) et ceux qui ne l’ont pas fait (72,1 %).

Il ressort que seulement 5,4 % des orpailleurs ont fait le test de dépistage dont la majorité
était volontaire (87,9 %). Près de 4/5 de ceux qui ont fait le test sont allés chercher leur
résultat.

Au regard de l’influence possible entre le fait d’avoir effectué son test et l’attitude positive
vis-à-vis des PVVIH et surtout du fait la connaissance de son statut sérologique peut induire
des comportements sexuels responsables, le test de dépistage doit être promu afin de lutter
efficacement contre le Sida.




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                                     CONCLUSION
Il est sans doute possible dans une autre étape de faire une analyse plus approfondie des
résultats obtenus ainsi que des comparaisons avec une prochaine enquête et certainement
d’autres pays. Ces exercices apporteront leur réelle dimension à la surveillance et permettront
de réviser les outils et la méthodologie. Pour illustrer notre propos, la partie de notre
questionnaire sur le self control est tout à fait inadapté à notre contexte culturel et malgré les
tentatives d’adaptation les résultats n’ont pas été probants. D’autres aspects de ce type seront
à considérer. Les équipes formées à cette approche devraient participer à la prochaine
enquête et cela aussi bien en terme de maîtrise des outils et de la méthode que de
connaissance du terrain.

Si la surveillance des comportements nous fournit des informations utiles sur l’évolution des
attitudes et des pratiques elle ne peut rendre compte des contextes. Une bonne appréhension
du contexte fournit des éléments indispensables pour des actions adaptées.
Ces questions pourraient trouver une explication dans une étude quantitative. Nous pouvons
citer le hiatus entre le niveau de connaissance très élevé et un comportement peu sécure. Ces
recherches pourraient aussi en terme de prévention parvenir à la mise en place d’actions plus
spécifiques. L’inclusion d’une recherche qualitative dans le processus de surveillance des
comportements, mis en parallèle avec la surveillance sentinelle pourrait aboutir à une bonne
connaissance du milieu, des attitudes, des pratiques, de l’évolution de la population, de même
que de la séroprévalence pour les IST/VIH.
La diffusion des résultats de la surveillance des comportements se fera sans doute par le
CNLS qui choisira les cibles de cette diffusion. Cependant, il semble important d’associer les
cibles à cette diffusion des résultats. Les programmes destinés à ces populations peuvent être
des canaux de transmission.

L’extension des radiodiffusions locales avec leurs émissions ciblées sur la santé, les jeunes,
les femmes et leurs clubs d’écoute, la mobilisation des associations communautaires et
organisations non gouvernementales locales de lutte contre le SIDA, le marketing social
préservatifs (PROMACO), la rationalisation des diagnostics et des traitements des IST et des
maladies opportunistes et la mobilisation des personnes vivant avec le VIH, des veuves et
orphelins constituent autant de facteurs poussant à l’optimisme.




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                ANNEXES




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                                  LES INDICATEURS

Cette partie indique la manière dont les indicateurs ont été calculés. Le
mode de calcul est tiré du manuel développé par FHI dans le cadre des
Enquêtes de Surveillance Comportementale (ESC). Ceci n’est qu’une
synthèse. Pour informateur complémentaire, le lecteur pourra se référer au
manuel de base.


CONNAISSANCE DE LA TRANSMISSION DU VIH
I.R. 4.1.4:     Connaissances des méthodes de prévention du VIH

Définition: Pourcentage de tous les enquêtés qui ont correctement identifié les méthodes
suivantes de prévention: l’abstinence + utilisation de condoms + fidélité à un partenaire non
infecté

Numérateur: Nombre de garçons/files qui ont correctement identifié les méthodes suivantes de
                Prévention du VIH: l’abstinence + utilisation de condoms + fidélité à un partenaire
                non infecté


         Dénominateur: Nombre total de garçons et filles ayant répondu à la question

I.R. 4.1.5:     Absence de croyances erronées sur le VIH

                                             Définition:

Pourcentage de tous ceux qui ont affirmé que toute personne apparemment en bonne santé
peut transmettre le VIH et qui rejettent aussi les deux plus fréquente conceptions erronées sur
la transmission du VIH.

Numérateur: Nombre de garçons et filles ayant affirmé que toute personne apparemment en bonne
                santé peut transmettre le VIH et qui rejettent aussi les deux plus fréquente conceptions
                erronées sur la transmission du VIH.


         Dénominateur: Nombre total de garçons et filles ayant répondu à la question.

Les conceptions erronés peuvent varier selon le contexte local. Cela va de la transmission du
VIH par certains insectes à la transmission par la consommation de certains aliments, ou
encore la guérison du malade de SIDA\lorsqu’il a des rapports sexuels avec une femme
vierge. L’évaluation des réponses se focalisera sur le concept que toute personne peut
contracter le VIH en ayant des rapports sexuels non protégées avec une personne
apparemment en bonne santé.




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                                       Forces et faiblesses:

C’est un indicateur facile à obtenir qui donne une bonne image du niveau des croyances
erronées qui peut réduire la détermination des gens qui veulent bien se comporter. Lorsqu’on
désagrège les données on obtient des inestimables informations pour les responsables de
programmes IEC. En effet ils savent quels sont les conceptions erronées à combattre et dans
quels groupe cible de populations.

Un des limites de cet indicateur est son incapacité de distinguer les conceptions erronées qui
ont une influence directe sur le comportement des autres. Aussi si les conceptions erronées
changes dans le temps il est difficile de faire des comparaisons d’évolution.

I.R. 4.1.6:     Connaissances globales correctes sur le VIH

Définition:
Pourcentage des enquêtés qui identifient correctement les trois plus importantes méthodes de
prévention du VIH et qui rejettent les trois plus communes conceptions erronées sur la
transmission et la prévention du VIH.

                               Que mesure cet indicateur:
C’est une compilation des données des deux précédents indicateurs. Il reflète le niveau
d’efficacité des programmes nationaux d’IEC et des autres efforts de promotion des
méthodes correctes de prévention du VIH et des connaissances correctes sur la maladie.

                                     Comment le mesurer:
C’est une compilation des données des indicateurs de connaissances 4.1.4 and 4.1.5. Seuls
les enquêtés qui répondent correctement aux six questions sont pris en compte dans le
numérateur. Le dénominateur se compose de tous ceux qui ont répondu sans tenir compte du
fait qu’il ait déjà entendu parlé du VIH.

         Numérateur     Nombre des enquêtés qui identifient correctement les trois plus importantes
                        méthodes de prévention du VIH et qui rejettent les trois plus communes
                        conceptions erronées sur la transmission et la prévention du VIH.

         Dénominateur: Nombre total de garçons et filles ayant répondu à la question

                                    Forces et faiblesses:
Cet indicateur partage les mêmes que ceux de 4.1.4 et 4.1.5. Comme certaines personnes
ayant des bonnes connaissances sur le VIH ont également des conceptions erronées, il est
vraisemblable que cet indicateur soit plus faible que le premier indicateur de connaissance.
Un petit nombre de gens n’ayant aucune conception erronée vont induire une baisse de cet
indicateur comparativement à celui de 4.1.5.

I.R. 4.1.9:     Connaissance sur la prévention mère-enfant du VIH

                                           Définition:
Pourcentage de filles et garçons ayant correctement répondu aux questions sur la prévention
de la transmission mère-enfant par la connaissance des statut sérologique, la thérapie
préventive et la proscription de l’allaitement au cas où un risque existe.




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                                     Comment le mesurer:

         Numérateur: Nombre de garçons et filles qui savent que la transmission mère-enfant peut
                        être évitée par la prise de médicaments ARV et en proscrivant l’allaitement
                        maternel.

         Dénominateur: Nombre total de garçons et filles enquêtés.


COMPORTEMENT SEXUELS

I.R. 4.1.10:    Comportements à risque les 12 derniers mois

                                        Définition:
Proportion d’enquêtés affirmant avoir eu des rapports sexuels avec un partenaire autre que
l’époux (se), ou un partenaire autre qu l’époux(se) ou celui qui partage une vie commune,
durant les 12 derniers mois.

                                     Comment le mesurer:

Numérateur      Nombre d’enqu6etés ayant eu des rapports avec un partenaire autre que l’époux (se),
                ou un partenaire autre qu l’époux (se) ou celui qui partage une vie commune,
                durant les 12 derniers mois.


         Dénominateur: Nombre total de garçons et filles enquêtés.


I.R. 4.1.11:    Utilisation du condoms lors du dernier rapport sexuel à risque

                                       Définition:
Pourcentage des enquêtés qui affirment avoir utilisé un condom au cours du dernier rapport
sexuel avec un partenaire autre que l’époux (se) ou celui qui partage une vie commune,
durant les 12 derniers mois.
 .

                                     Comment le mesurer:

         Numérateur     Nombre d’ des enquêtés qui affirment avoir utilisé un condom au cours du
                        dernier rapport sexuel avec un partenaire autre que l’époux (se) ou celui qui
                        partage une vie commune, durant les 12 derniers mois.

         Dénominateur: nombre de garçons et filles affirmant avoir eu des rapports sexuels avec un
                        partenaire un partenaire autre que l’époux (se) ou celui qui partage une vie
                        commune, durant les 12 derniers mois.




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I.R. 4.1.12:    Rapports sexuels avec un partenaire commercial les 12 derniers mois

                                         Définition:
Proportion de garçons affirmant avoir eu au moins un rapport sexuel commercial avec un
professionnel du sexe au cours des 12 derniers mois

                                      Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de garçons affirmant avoir eu au moins un rapport sexuel commercial
                        avec un professionnel du sexe au cours des 12 derniers mois

         Dénominateur: Nombre total de garçons enquêtés.


I.R. 4.1.13:    Utilisation du condom lors du dernier rapport sexuel commercial

                                        Définition:
Proportion de garçons affirmant avoir utilise un condom la dernière fois d’un rapport sexuel
commercial avec un professionnel du sexe les 12 derniers mois .

         Numérateur: nombre de garçons affirmant avoir utilise un condom la dernière fois d’un
                        rapport sexuel commercial avec un professionnel du sexe.

         Dénominateur: nombre de garçons enqu6etés affirmant avoir eu des d’un rapport
                        sexuel commercial avec un professionnel du sexe les 12 derniers mois .


I.R. 4.1.14: Utilisation du condom lors du dernier rapport sexuel commercial, de la part
des PS

                                         Définition:
Pourcentage de PS affirmant avoir utiliser un condom avec le client le plus récent.

                                      Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de PS affirmant avoir utiliser un condom avec le client le plus récent


         Dénominateur: nombre PS enquêtés


I.R. 4.1.17:    Capacités des femmes de négocier le port du condoms avec le mari

                                          Définition:
Pourcentage d’enquêtés qui pense que si un mari porte une MST, l’épouse peut toujours
refuser des rapports sexuels ou proposer l’; utilisation du condom.




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                                      Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de garçons et filles qui pensent que si un mari porte une MST,
                        l’épouse peut toujours refuser des rapports sexuels ou proposer l’utilisation
                        du condom .

         Dénominateur:          nombre de filles et garçons enquêtés.


PREVENTION ET TRAITEMENT DES MST

I.R. 4.2.4.     Recherche d’un traitement de MST par les garçons et filles

                                         Définition:
Pourcentage de filles et garçons rapportant des signes de MST les 12 derniers mois qui ont
rechercher un traitement chez un prestataire de soins formé à la prise en charge des MST.

Cet indicateur représente le nombre de filles et garçons qui ont eu recours à un prestataire de
soins formé aux standards nationaux en matière de MST divisé par le nombre de garçons et
filles rapportant des signes de MST les 12 derniers mois

                                      Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de filles et garçons qui ont eu recours à un prestataire de soins formé
                        aux standards nationaux en matière de MST.

         Dénominateur: nombre de garçons et filles rapportant des signes de MST les 12 derniers
         mois

.
STIGMATISATION ET DISCRIMINATION
I.R. 4.3.3      Attitudes envers les personnes vivants avec le VIH (PVVIH)

                                       Définition:
Pourcentage des personnes ayant une bonne attitude envers les PVVIH.

                                  Comment le mesurer:
Les enquêtés sont en général soumis à une série de questions qui sont:
•   Si un membre de ta famille est porteur du VIH serait tu dispose à le prendre en charge
    dans ton foyer?
•   Si tu te rend compte que ton commerçant habituel est malade du VIH, est ce que tu serais
    prêt(e) à continuer à acheter de la nourriture chez lui ?

•   Si un enseignant est infecté du VIH mais apparemment bien portant, devrait-il (elle)
    continuer à enseigner?




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•    Pense tu qu’une personne vivant avec le VIH devrait bénéficier des mêmes soins qu’un
     autre malade?

         Numérateur:     nombre d’enquêtés dégagent une attitude correct sur la base des questions ci-
                        dessus indiquées.

         Dénominateur: nombre de filles et garçons enquêtés


INDICATEURS ADDITIONNELS

A.         Comportement sexuel parmi les jeunes gens

           1.   age médian du premier rapport
           2.   jeunes ayant eu des rapport sexuels hors mariage les 12 derniers mois
           3.   utilisation du condom lors du dernier rapport sexuel hors mariage
           4.   jeunes ayant eu des partenaires multiples les 12 derniers moins
           5.   utilisation du condoms lors des rapports sexuels à risque
           6.   différence d’age dans les relations sexuels

NB: ces indicateurs ont été calculés en rapportant le nombre de personnes répondant aux
critères sur le nombre total de personnes concerné par la question. Il en est de même pour
les indicateurs dont le mode de calcul n’a pas été précisé.


     A. COMPORTEMENT SEXUEL CHEZ LES JEUNES

A.1.     Age médian du premier rapport

                                          Définition:
C’est l’age de la première pénétration sexuelle pour la moitié des enquêtés

A.2.     Rapports sexuels avant le mariage chez les jeunes les 12 derniers mois

                                        Définition:
Pourcentage de jeunes non mariés (15 – 19) ayant eu un rapport sexuel les 12 derniers mois .

                                      Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de jeunes de 15-19 ans affirmant avoir eu au moins un rapport
                        sexuel les 12 derniers mois

         Dénominateur: nombre d’enquêtés non mariés de 15-19 ans.




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A.3.     Utilisation du condom lors du dernier rapport avant le marriage

                                       Définition:
Pourcentage de jeunes non marié (15 – 19 ans) ayant utilise un condom lors du dernier
rapport sexuel les 12 derniers mois

                                      Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de jeunes non mariés (15 – 19 ans) ayant utilise un condom lors du
                        dernier rapport sexuel les 12 derniers mois

         Dénominateur: nombre d’enquêtés non mariés de 15-19 ans

A.4.     Jeunes ayant des partenaires multiple les 12 derniers mois

                                       Définition:
Pourcentage de jeunes non marié (15 – 19 ans) ayant eu des rapport sexuel avec plus d’un
partenaire les 12 derniers mois

                                  Comment le mesurer:
         Numérateur: nombre de jeunes non mariés (15 – 19 ans) ayant eu des rapport sexuel avec
                        plus d’un partenaire les 12 derniers mois

         Dénominateur: nombre d’enquêtés non mariés de 15-19 ans sexuellement actifs les 12
                      derniers mois.

A.5.     L’utilisation du condom lors du dernier rapport sexuel à risque

                                          Définition
Pourcentage des enquêtés (15-19 ans) qui affirment avoir utilisé un condom au cours du
dernier rapport sexuel avec un partenaire autre que l’époux (se) ou celui qui partage une vie
commune, durant les 12 derniers mois.

                                      Comment le mesurer:

         Numérateur     Nombre des enquêtés (15-19 ans) qui affirment avoir utilisé un condom au
                        cours du dernier rapport sexuel avec un partenaire autre que l’époux (se) ou
                        celui qui partage une vie commune, durant les 12 derniers mois.

         Dénominateur: nombre de garçons et filles (15-19 ans) affirmant avoir eu des rapports
                        sexuels avec un partenaire un partenaire autre que l’époux (se) ou celui qui
                        partage une vie commune, durant les 12 derniers mois.




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B.       TEST VOLONTAIRE ET COUNSELLING
B.1.     Personnes demandant et ayant reçu les résultats du test VIH

                                     Définition:
Pourcentage des personnes âgées de 15-19 ayant volontairement demandé le test HIV et
ayant reçu les résultats .

On pourrait collecter les données sur ceux qui on demandé le test HIV et ayant reçu les
résultats, au cours des 12 derniers mois.

                                    Comment le mesurer:

         Numérateur: nombre de jeunes non marié (15 – 19 ans) affirmant avoir demandé le test
                       VIH et reçu les résultats. ayant eu des rapports sexuel avec plus d’un
                       partenaire les 12 derniers mois      .
         Dénominateur:        nombre des enquêtés




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                                                               INDICATEURS BSS1FHI-BF (2002)
                                         JEUNES                                    JEUNES :                    PROFESSIONNELLES DE
                                                                                                                                                  CAMIONNEURS                    ORPAILLEURS
                                    15-19 ans : Masculin                       15-19 ans : Féminin                     SEXE
   Indicateurs BB1                                                                                                           Villes
                                                                                                                                                                              Guéguér          Essak
                           Ouaga   Bobo     Ohg     Tkdg    Gaoua   Ouaga     Bobo    Ohg      Tkdg    Gaoua   Ouaga   Bobo seconda    Ouaga   Bobo    Ohg    Tkdg    Gaoua           Bouda
                                                                                                                                                                                 é              ane
                                                                                                                              ires
        I.R. 4.1.4:
   Connaissances des        47.1    46.5    40.9     53.7    45.0    43.8     44.1     33.1     40.9    36.6    60     70.80    51      50.3    56.6   40.8    54.5             50.7    54.4    52.5
                                                                                                                                                                      52.9
       méthodes de         (750)   (590)   (648)    (667)   (595)   (480)     (508    (329)    (320)   (385)   (794)   398)    (228)   (179)   (159)   (76)   (165)            (207)   (206)   (200)
   prévention du VIH
I.R. 4.1.5: Absence de
                            93.5    94.5    89.3     85.9    95.7    85.4      93      87.2     88.0    89.2                           91.9    96.3    91.7   85.1    100       16.4   34.5     31.0
croyances erronées sur                                                                                          89.6   90.3    87.3
                           (449)   (327)   (333)    (340)   (359)   (234)     (213)   (150)    (176)   (165)                           (99)    (80)    (24)   (95)    (26)     (207)   (206)   (200)
          le VIH
        I.R. 4.1.6:
     Connaissances          47.9    52      38.3     55.6    47.6    46.7      49.3    33.1     47      42.2    56.5   60.8     49.1    26.8    27.0    7.9    32.7   15.7      8.2     22.8    20.5
 globales correctes sur    (750)   (590)   (648)    (667)   (595)   (480)     (508)   (329)    (320)   (385)   (794)   398)    (228)   (179)   (159)   (76)   (165)   (51)     (207)   (206)   (200)
          le VIH
        I.R. 4.1.9:
  Connaissance sur la       2.8     0.9     0.3              1.6                                                                                                                 -      7.7     0.6
                                                       -             0.7       1.7     1.4       0      1.2     0.1     0       0      0.60    0.80    0.0     0.0     4.5
    prévention mère-       (19)     (5)     (2)              (9)                                                                                                               (172)   (182)   (166)
      enfant du VIH
       I.R. 4.1.10:
   Comportements à                                                                                                                                                             58.1     88.3   88.3
                           27.7    29.3     29.3     16.5   18.8     26       30.5    31.8      15.3   25.1                            36.9    46.6    25.0   30.1    30.8
 risque les 12 derniers                                                                                                                                                        (45)     (34)   (10)
           mois
I.R. 4.1.11: Utilisation
   du condom lors du        82.6    22.2    95.0     87.5    75     90.0      75.0    63.0      71.4   71.4                                                                    61.6     81.6   87.0
                                                                                                                                       81.8    78.7    80.0   74.2    75.0
dernier rapport sexuel     (169)   (109)   (158)     (66)   (83)    (91)      (95)    (78)      (34)   (64)                                                                    (26)     (30)    (9)
         à risque
 I.R. 4.1.12: Rapports
     sexuels avec un
                                                                                                                                                                               55.6     73.5   70.0
partenaire commercial       6.5    12.15    9.7       5      4.3                                                                       25.5    17.6    18.3   30.1    23.1
                                                                                                                                                                               (45)     (34)   (10)
  les 12 derniers mois

I.R. 4.1.13: Utilisation
  du condom lors du                                                                                                                                                            84.0     100    71.4
                            88     70.8     88.8     65.3    79                                                                        89.5    87.0    81.8   83.9    100.0
dernier rapport sexuel                                                                                                                                                         (25)     (25)    (7)
      commercial




Synthèse BBS1                                       FHI / SP CNLS / BASP’96                                      Page 38
                                                                                        BSS1 - BURKINA FASO



 I.R. 4.1.14: Utilisation
    du condom lors du
 dernier rapport sexuel                                                                                          88.10   84.40   86.20
 commercial. de la part
          des PS
  I.R. 4.2.4. Recherche
    d’un traitement de                                                                                                                                                             41.7      14.3    55.6
                              20      7.3     40.6    18.8     46.4    35.7     22.2     8.7     11.1    62.1    44.4    58.7    63.2      *       *       *       *        *
 MST par les garçons et                                                                                                                                                            (24)      (14)     (9)
           filles
   I.R. 4.3.3 Attitudes
  envers les personnes
                             80.9     69.3    69.0     86.4    89.7     78.3     69.7    70.5   85.96    80.5     65.9   55.5     70.6    80.4    76.1    47.4    83.0              50.7     77.2     90.5
   vivant avec le VIH                                                                                                                                                     90.2
                            (750)    (590)   (648)    (667)   (595)    (480)    (508)   (329)   (320)   (385)    (794)   398)    (228)   (179)   (159)    (76)   (165)             (207)     206)    (200)
        (PVVIH)




 BSS KNOWLEDGE INDICATORS & COMPONENT

                                            JEUNES                                   JEUNES :                    PROFESSIONNELLES                      CAMIONNEURS                   ORPAILLEURS
    Indicateurs BB1                   15-19 ans : Masculin                       15-19 ans : Féminin                  DE SEXE
                            Ouaga   Bobo     Ohg     Tkdg     Gaoua   Ouaga    Bobo     Ohg     Tkdg    Gaoua   Ouaga  Bobo   Villes     Ouaga Bobo      Ohg     Tkdg    Gaoua    Guégu    Bouda    Essaka
                                                                                                                              seconda                                             éré               ne
                                                                                                                              ires
       IR 4.1.5: No
    Incorrect Beliefs
       about AIDS
    A:Une personne
       apparemment en
                             93.5    94.5     89.3     85.9    95.7    85.4      93.0    87.2    88.0    89.2     89.6    90.3    87.3    91.9    96.3    91.7    85.3    100.0    16.4     34.5     31.0
       bonne santé peut
                            (449)   (327)    (333)    (340)   (359)   (234)     (213)   (150)   (176)   (165)    (260)   (144)   (102)   (179)   (159)    (76)   (165)     (51)   (207)    (206)    (200)
      transmettre le VIH
              (Oui)
 B: Le moustique peut
                             72.1    63.9     65.7     66.4    71.4    64.6      55.7    60.8    70.6    59.2     43.3    42.2    53.5    62.0    55.3    39.5    62.4    52.9     27.1     42.7     36.5
         transmettre le
                            (750)   (590)    (648)    (667)   (595)   (480)     (508)   (329)   (320)   (385)    (794)   (398)   (228)   (179)   (159)    (76)   (165)    (51)    (207)    (206)    (200)
           VIH (Non)
C: Partager le repas avec
         une PVVIH ne        83.6    81.2     82.9     84.4    83.4    80.2      70.5    79.9    82.5    71.2     63.4    68.3    76.8    79.9    79.2    71.1    83.6    84.3     38.6     79.6     69.5
        peut transmettre    (750)   (590)    (648)    (667)   (595)   (480)     (508)   (329)   (320)   (385)    (794)   (398)   (228)   (179)   (159)    (76)   (165)    (51)    (207)    (206)    (200)
          le VIH (Non)
      IR.4.1.6:
    Comprehensive
   Knowledge about
       AIDS




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D: Peut se protéger du
                             74.4    74.1    79.9    76.8    78.3   65..6      66.7    72.3    62.5    63.1    87.5    87.4    79.4    98.4    99.4   97.4    98.8   100.0    69.6    80.6    74.5
  Sida en utilisant les
                            (750)   (590)   (648)   (667)   (595)   (480)     (508)   (329)   (320)   (385)   (794)   (398)   (228)   (179)   (159)   (76)   (165)    (51)   (207)   (206)   (200)
     condom (Oui)
E: Peut se protéger du
Sida en s’abstenant de       69.5    70.8    59.9    74.1    60.5    70.8      70.3    50.5    69.7    58.2    96.3    94.7    96.4    78.8    79.9   71.1    76.4   82.4     79.7    67.0    72.5
  tout rapport sexuel       (750)   (590)   (648)   (667)   (595)   (480)     (508)   (329)   (320)   (385)   (794)   (398)   (228)   (179)   (159)   (76)   (165)   (51)    (207)   (206)   (200)
         (Oui)
 F: Peut se protéger du
   Sida en restant fidèle    72.0    74.1    61.0    78.4    72.8    72.9      70.9    61.1    71.3    63.1    73.4    74.9    64.0    60.9    74.8   69.7    72.1   64.7     77.3    80.6    74.5
    à un partenaire non     (750)   (590)   (648)   (667)   (595)   (480)     (508)   (329)   (320)   (385)   (794)   (398)   (228)   (179)   (159)   (76)   (165)   (51)    (207)   (206)   (200)
       infecté (Oui).
I: Donner un baiser peut
        transmettre le
          VIH (Non)




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                                          JEUNES                                  JEUNES :                      PROFESSIONNELLES                CAMIONNEURS                     ORPAILLEURS
                                    15-19 ans : Masculin                      15-19 ans : Féminin                    DE SEXE
  Indicateurs BB1         Ouaga   Bobo     Ohg     Tkdg     Gaoua   Ouaga   Bobo     Ohg     Tkdg      Gaoua   Ouaga  Bobo   Villes    Ouaga Bobo    Ohg     Tkdg    Gaoua   Guégu   Bouda   Essaka
                                                                                                                             seconda                                         éré             ne
                                                                                                                             ires
A déjà eu des rapports     36.5    42.2     45.1     26.4    34.3    30.9      42.0     47.5    23.7    42.3                                                                  89.1    91.3    78.0
                                                                                                                                       94.0   96.3    97.4    88.0    94.1
                sexuels   (756)   (593)    (659)    (674)   (601)   (488)     (517)    (339)   (325)   (397)                                                                 (207)   (206)   (200)
    B.1.Personnes
 demandant et ayant                                                                                                                                                          66.7     75.0    100
                           76.5    71.4     66.7    93.3     65       85      75.7      80     91.7            93.60   84.90   81.50   80.0   84.8    80.0    95.5    57.1
 reçu les résultats du                                                                                                                                                        (9)     (16)    (8)
       test VIH
 A.1.Age médian du
                           16       16      16       17      16       16       16       17      17      16       17     16      16      18    18      19      18       17     17      16       17
premier rapport (ans)
   A.2: Adolescents
ayant eu des rapports      27.7    29.3     29.3     16.5    18.8    26.0      30.5     31.8    15.3    25.1
 sexuels au cours des     (756)   (593)    (659)    (674)   (601)   (488)     (517)    (339)   (325)   (397)
   12 derniers mois
Utilisation du condom
  au dernier rapport
                           82.6    22.2     95.0    87.5     75.0    90.0     75.0     63.0    71.4    71.4
    sexuel avec un
                          (169)   (109)    (158)    (66)     (83)    (91)     (95)     (78)    (34)    (64)
partenaire sexuel non
        régulier
Utilisation du condom
  au dernier rapport
                           88.0    70.8     88.8    65.3     79.0    77.8     66.0     83.0    87.2    66.7
    sexuel avec un
                          (169)   (109)    (158)    (66)     (83)    (91)     (95)     (78)    (34)    (64)
   partenaire sexuel
      commercial
A.4. Jeunes ayant des
partenaires multiples      44.8    64.8     50.5     47.3    46.9    33.3      46.7    50.0     37.9   23.2
 les 12 derniers mois     (203)   (168)    (192)    (112)   (113)   (120)     (152)    (42)    (103)   (99)

 A.5: Utilisation du
 condom au dernier
                           82.6    22.2     95.0    87.5      75     90.0     75.0     63.0    71.4    71.4
  rapport sexuel au
                          (169)   (109)    (158)    (66)     (83)    (91)     (95)     (78)    (34)    (64)
dernier rapport sexuel
       à risque




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