ENERGIE - Pour un substitut au pétrole et la réd by ntz11397

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									ENERGIE - Pour un substitut au pétrole et la réduction de la facture
énergétique : La Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) va bientôt
commercialiser de l’éthanol

Les difficultés d’approvisionnement du pays en énergie fossile ont sans doute servi de leçon,
et les expériences tentées au Brésil et à l’Ile Maurice sont des incitatifs. La Compagne sucrière
sénégalaise pense produire ses premiers hectolitres d’éthanol dans un an. Cela, pour une
quantité estimée au départ, à 60 000 litres par jour.

Dans son plan d’investissement, la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) veut se tourner vers la
production d’éthanol. Un produit qui n’est pas nouveau, mais qui peut être substitué à l’essence. Cet
investissement tourne au tour de six millions de dollars, soit plus de trois milliards de francs Cfa. Le
premier hectolitre sortira de l’usine entre mai et juillet 2007. Selon M. Louis Lamotte, le chargé de la
communication et des relations extérieures de l’entreprise, d’ici là, la compagnie va «installer la
distillerie et faire certains investissements qui sont en cours de réalisation. Et l’usine ne sera
opérationnelle qu’à cette date. Ce sont de nouvelles installations et des équipements nouveaux. En
termes de quantité, on va parler surtout d’hectolitres, et dans un premier temps, il s’agira de produire
215 mille hectolitres par an ou 60 mille litres par jour. Pour arriver à ce résultat, il s’agit d’utiliser
uniquement de la mélasse». Pour produire de l’éthanol, c’est la mélasse qui sera utilisée pendant
l’inter-campagne et le jus de canne, pendant la campagne de canne à sucre. «Ce qu’il faut savoir,
c’est qu’il y a la sucrerie qui est là, et à côté de cette sucrerie, nous allons installer une distillerie qui va
produire de l’alcool et de l’éthanol.»

Cependant, tient à préciser M. Lamotte, cette production ne sera pas forcément destinée à
l’autoconsommation de la société, mais elle est plutôt destinée à approvisionner le marché sénégalais.
«On pense déjà que, du point de vue de l’alcool, on pourra satisfaire les besoins du marché
sénégalais en alcool pharmaceutique, en alcool de bouche et l’alcool de parfumerie aussi. On pense à
la disponibilité de l’éthanol comme nouvelle source d’énergie pour permettre au Sénégal de faire
quelques économies en termes de milliards. Elle permettra de soulager un peu la facture pétrolière de
la Senelec, mais tout dépendra aujourd’hui de la disponibilité des uns et des autres à consommer
l’éthanol.»

L’éthanol est un alcool hautement concentré et qui a des vertus de carburant, de fuel et d’essence. Il
peut être mélangé à l’essence à hauteur de 40%. Les biocarburants sont un peu à la mode avec le
renchérissement du coût du pétrole. Les gens se sont rendu compte que l’essence peu être substitué
petit à petit par l’éthanol. Ce n’est pas une nouvelle découverte en tant que telle, mais en termes de
substitution de l’essence, c’en est une.

Le Brésil, qui est l’un des plus grands producteurs de sucre, a viré 50% de sa production de sucre
vers la production de l’éthanol qui est considéré comme mille fois plus rentable que l’énergie fossile et
qui préserve l’environnement. Déjà, au Brésil, sept nouvelles voitures sur dix roulent à l’éthanol. Ce
biocarburant, produit à partir des champs de canne à sucre, est en pleine croissance dans le géant de
l’Amérique latine, qui est en passe d’en devenir le premier fournisseur mondial. En Afrique, un pays
comme l’Ile Maurice s’est, lui aussi, tourné vers la production d’éthanol. Mais du fait de sa surface
réduite, la production du pays ne peut être que limitée. Il faut croire que, si la Css réussit son
expérience, les Sénégalais pourront un jour dire, par antiphrase de l’ancien président français Valéry
Giscard d’Estaing, qu’au Sénégal, on a des idées et du pétrole !

sakane@lequotidien.sn

                                                                                                Safiétou KANE

EXTRAIT DU JOURNAL LE QUOTIDIEN DU 26 JUILLET 2006

								
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