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POLITIQUE D'ACQUISITION DES SAVOIRS _

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POLITIQUE D'ACQUISITION DES SAVOIRS _ Powered By Docstoc
					                     POLITIQUE D'ACQUISITION DES SAVOIRS :
                 L'EXPÉRIENCE DES PATRIMOINES DOCUMENTAIRES
                          DE L'IFAN CHEIKH ANTA DIOP,
                      UN MODÈLE D'INTÉGRATION AFRICAINE1

                                       par Khady KANE TOURÉ2



         INTRODUCTION

        Les sociétés d'Afrique noire sont de tradition orale, et forment des mosaïques
d'ethnies, de langues, de cultures, de religions et de savoir-faire, constituant ainsi un
patrimoine ancestral transmis de génération en génération depuis les temps immémoriaux.
Ces communautés humaines, riches de leur diversité, vivant sur des aires géographiques,
linguistiques et économiques communes ou voisines, sont soudées par une mémoire
collective, marquée par l'histoire pré-coloniale et coloniale ainsi que par celle des
indépendances.
        Les trésors inestimables de savoir et de sagesse du vieux continent soit demeurent
        intacts, soit se métamorphosent, voire même sont en voie de disparition dans une
        Afrique en pleine mutation.
        Cet état de fait explique l'importance et l'urgence, avant tout, d'identifier, de localiser,
de répertorier, de sélectionner et de collecter ces savoirs. Toutes ces opérations composent les
principaux axes de la politique d'acquisition, qui constitue la base de la politique
documentaire des services d'information. Mais, en Afrique aujourd'hui où la majorité de la
population reste toujours de tradition orale, les imprimés et les supports sont importants, mais
le savoir l'est davantage, pris dans le sens que lui donne le grand penseur africain Amadou
Hampaté Bâ :

        << L'écriture est la photographie du savoir, mais elle n'est pas le savoir lui-même. Le
        savoir est une lumière qui est en l'homme. Il est l'héritage que les ancêtres ont pu
        connaître et qu'ils nous ont transmis en germe, tout comme le baobab est contenu en
        puissance dans une graine >> 3 (Bâ, 1973).
        Il est important de préciser que les savoirs, en tant que connaissances "photographiées
par l'écriture" se trouvent :
        - soit dans des documents, qui eux sont acquis, traités, stockés, conservés et valorisés
dans des services d'information documentaire, où ils sont transformés en information par des
professionnels, pour être diffusés auprès des publics-cibles;
        - soit dans la mémoire des peuples de tradition orale, qui ont leurs modes et leurs
réseaux de communication et de transmission des médias oraux.
        C'est ainsi que se présente la problématique de la nécessaire prise en compte des
patrimoines écrits, mais surtout oraux, par les professionnels africains de l'information et de la
documentation dans la conception de leurs politiques documentaire et d'acquisition.


1
  A fait l'objet d'une communication au Colloque international "les Bibliothèques nationales en Afrique
subsaharienne au XXI ème siècle". Table ronde : patrimoine intellectuel et identité nationale; la collecte et le
recensement
2
  Assistante de recherche au Département de l'information scientifique de l'IFAN Cheikh Anta Diop.
3
  Bâ, Amadou Hampaté.- la tradition vivante, vol. 1, chap. 9.- paris : UNESCO, 1973.



                                                                                                                   1
1. LA POLITIQUE D'ACQUISITION DES SAVOIRS, DES DOCUMENTS ET DE
L'INFORMATION DE L'IFAN CH. A. DIOP

      Elle comprend le recensement, la sélection et la collecte des savoirs et des patrimoines
documentaires de L'IFAN Ch. A. Diop. Elle pose les questions suivantes relatives :
      - à l'historique, aux missions, aux lois et règlements. Pourquoi? Quand?
      - aux domaines d'intérêt ou champs scientifiques( sur quoi? )
      - aux sources ( auprès de qui ? )
      - aux types de savoirs ( quoi? )
      - aux périodes ( de quand? )
      - aux endroits couverts ( où ? )
      - aux acteurs ( par qui ? )
      - aux usagers ( pour qui et quels besoins ? )
      - aux modes et procédures ( comment et avec quoi ? )
      - aux moyens nécessaires (combien ? )
      - aux impacts des domaines connexes et des contextes.

1. 1. HISTORIQUE, MISSIONS, LOIS ET RÈGLEMENTS.: POURQUOI ? QUAND ?

       L'Institut français d'Afrique noire (IFAN) crée en 1936 est intégré comme institut de
recherche à l'Université de Dakar en 1959. Il devient Institut fondamental d'Afrique noire en
1966, et Institut fondamental d'Afrique noire Cheikh Anta Diop en 1986 (après la disparition
du Pr. Cheikh Anta Diop, l'un de ses plus éminents chercheurs).
       Les acquisitions de l'IFAN sont liées à ses missions, définies dans l'arrêté de sa
création n° 1945/E du 19 août 1936. 4

           1.1.1 Acquisitions antérieures à l'IFAN Ch. A. Diop

        Les acquisitions antérieures à la création de l'IFAN proviennent : premièrement du
Comité d'études historiques et scientifiques de l'AOF crée en 1915, qui publie le Bulletin du
Comité d'études historiques et scientifiques de l'AOF (BCEH-SAOF); et deuxièmement du
rattachement en 1942 de la Bibliothèque et des Archives du Gouvernement Général de l'AOF
à l'IFAN crée en 1936

1.1.2. LES PRINCIPALES MISSIONS DE L'IFAN DEPUIS 1936

        Elles sont entre autres :
        << L'étude scientifique de l'Afrique noire en général et de l'AOF en particulier, du
pays, de ses habitants, de son histoire, de son évolution, de ses ressources, de ses productions;
>> (Article 2)
        << […] de réunir dans ses musées, ses archives et sa bibliothèque les collections
scientifiques et la documentation nécessaires à la connaissance et à l'étude des questions
intéressant l'Afrique noire 5 ; >>
         << …de contribuer à la renaissance culturelle de l'Afrique, et à l'africanisation des
programmes d'enseignement, […]>>




4
    Notes africaines, n° spécial 90, 1961, p. 37.
5
    mis en gras par nous


                                                                                               2
Les mesures prises par l'IFAN pour remplir ses missions dès 1936 :

         - la mise en place de la Section des publications;
         - la publication de deux revues scientifiques en 1939 (le Bulletin de l'IFAN et Notes
         africaines)
         - la création d'une Section de documentation ;
         - le recrutement d'un chartriste pour organiser sa bibliothèque et ses archives en 1936;
         - la création en 1950 d'une Photothèque avec un fonds datant de 1942 et d'une Section
         Ciné-son, dont les missions principales étaient : l'appui à la recherche, la production et
         l'acquisition de photographies et de films.

Les mesures d'accompagnement prises par l'administration coloniale pour aider l'IFAN
dans ses missions, dont l'acquisition :

         - Le Service de la Bibliothèque-Archives du Gouvernement général de l'AOF est
         rattaché à l'IFAN en 19426 ;
         - des Centrifans sont crées depuis1942,7, et sont dotés de bibliothèques et de
         photothèques. Ils avaient une importante mission d'aide à l'acquisition de documents;
         - le dépôt légal renforce cette mission d'accroissement des fonds documentaires;
         - l'IFAN devient un institut d'université par le décret du 21 mars 1959. Ses missions,
         pour ce qui concerne les acquisitions restent les mêmes, et sont même renforcées par le
         décret n° 84 -1184 du 13 octobre 1984, qui reprend les missions d'acquisition de
         collections sur l'Afrique noire, complétés par les règlements intérieurs des Services du
         Département de l'Information scientifique. L'IFAN Ch. A. Diop perd officiellement la
         couverture de AOF avec l'accession des Etats à l'indépendance, mais garde sa vocation
         régionale d'étude de l'Afrique noire, et particulièrement occidentale.
         - La loi n° 73.16 du 3 avril 1973 dote l'Institut de la personnalité juridique et de
         l'autonomie financière.
         - Le décret n° 89-909, portant statut du personnel de la recherche de l'Université
         Cheikh Anta Diop (UCAD) fait mention de la publication obligatoire des travaux des
         personnels de recherche, en priorité dans les publications de l'IFAN et de l'UCAD.

        Ainsi, certains faits, textes et dates, qui permettent de suivre à peu près l'évolution des
acquisitions des patrimoines documentaires depuis plus d'un demi-siècle, montrent que la
politique d'acquisition de l'IFAN, est fondée sur des héritages de fonds importants
judicieusement enrichis par le prestigieux Institut, grâce notamment au dépôt légal, mais aussi
et surtout à ses missions d'Institut fédéral africain de recherche avec ses chercheurs et
techniciens, ses Centrifans et ses bases (Atar, Diafarabé,…)., et celles de documentation, de
publication et d'université.
        En outre, il fait apparaître le lien originel entre la recherche scientifique, l'homme noir
et son milieu naturel, les savoirs, la documentation, les publications, l'enseignement et la
culture en Afrique noire, en somme, entre les domaines d'intérêt de l'IFAN Ch. A. Diop.


6
 par l'arrêté n° 3248/P du 17 septembre 1942.
7
 Les centres locaux, appelés centrifans sont implantés dans les chefs-lieux des territoires français de l'AOF : à
Porto-Novo au Dahomey (1942) ; à Abidjan en Côte d'Ivoire (1944) ; à Conakry en Guinée; à Niamey au
Niger (1944) ; à Saint-Louis (Sénégal-Mauritanie, 1944) ; à Ouagadougou en Haute-Volta (1944), et à
Bamako au Soudan français (1944). Les Centrifans extérieurs à l'AOF étaient intégrés à des structures déjà
existantes comme ceux du Cameroun (1944), du Togo (1944) et de la Somalie (1946).



                                                                                                                    3
     1.2. DOMAINES D'INTÉRET. OU CHAMPS SCIENTIFIQUES : SUR QUOI?

     La pluridisciplinarité des domaines8

             Les missions de l'IFAN Ch. A. Diop, sa production des savoirs et ses publications
     indiquent clairement la pluridisciplinarité de ses thèmes d'étude, qui ont déterminé
     l'organisation de ses départements, de ses laboratoires et de ses services (voir organigramme).

                            Les domaines d'intérêt ou champs scientifiques
                          Sciences humaines et Sciences de la vie et de la terre

Agriculture                      Droit                    Information                  Parures et coiffures
Alimentation                     Elevage                  scientifique                 Pêche
Archéologie                      Enseignement             Industries et techniques     Personnages
Arts                             Ethnographie             Jeux et sports               historiques
Biologie animale et              Foires et                Linguistique                 Préhistoire
marine                           expositions              Littérature africaine        Recherche scientifique
Botanique                        Géographie               Médecine                     Religion
Civilisations africaines         Géologie                 Musique                      Sociologie
Documentation                    Habitat                  Muséographie                 Transports
                                 Histoire                                              Urbanisme
                                 Islamologie                                           Vêtements
                                                                                       Zoologie
                                                                                       etc.


     Cette liste montre toute la diversité et la richesse des domaines avec leurs sujets d'intérêt, qui
     ont fait l'objet de travaux de recherche de chercheurs, puis de publications, grâce à l'appui de
     sources et fournisseurs internes et externes.

     1. 3 SOURCES DE SAVOIRS, DE DOCUMENTS ET D'INFORMATIONS : AUPRÈS
     DE QUI ?

            Les principales sources de savoirs, de documentation et d'information, sont identifiées
     grâce aux rapports annuels depuis 1948. 9
            Les sources de l'IFAN Ch. A. Diop sont des personnes physiques ou morales, des
     ouvrages de références, des bases bibliographiques, et maintenant des sources électroniques,
     qui permettent non seulement de repérer les documents et les savoirs, mais aussi de les
     acquérir à titre gracieux ou onéreux.

     1.3.1. Les sources internes

             Les chercheurs et les techniciens des départements, des laboratoires et des services,
     ainsi que les professionnels de la Documentation, de la Photothèque, de la Section Ciné-son et

     8
        Les principales sources qui ont permis l'identification des domaines d'intérêt ou champs scientifiques de
     l'Institut sont : le numéro spécial de 90 de Notes africaines, les rapports annuels de l'IFAN Ch. A.Diop, les
     catalogues de la Bibliothèque et de la Photothèque, les prospectus de présentation de l'IFAN et du Département
     de l'information scientifique.
     9
         Rapports annuels 1948, 1950, 1962-63, 1964-65, 1965-66, 1969-70, 1978-79


                                                                                                                 4
des Publications de l'IFAN, les agents de ses services extérieurs comme les Centrifans et les
Bases, ainsi que les musées sont les principales sources de savoirs, de documentation et
d'information, recueillis le plus souvent dans le cadre de missions sur le terrain. Cette
production interne de l'IFAN Ch. A. Diop est institutionnelle.

1.3.2. Les sources externes

        1.3.2.1. Les personnes physiques et morales productrices et détentrices de
        littérature conventionnelle et grise

        Ces personnes productrices et détentrices de littérature conventionnelle et grise,
essentiellement sous forme écrite et imprimée à acquérir par l'IFAN Ch. A. Diop, étaient : des
services généraux de l'administration coloniale à Dakar et dans les chefs-lieux territoriaux
africains10 ; des membres de l'Ecole française d'Afrique ; des chargés de missions et des
correspondants de l'IFAN; des éditeurs; des libraires ; des instituts de recherche ; des
universités ; des établissements publics et privés, etc.
        Cette littérature conventionnelle et grise provient du dépôt légal, des publications de
l'IFAN Ch. Diop, des achats, des dons et des échanges.

        1.3.2.2. Les personnes physiques et les organisations productrices et détentrices
        de patrimoines oraux et écrits

        Elles comprennent : les sujets étudiés (individus ou groupes des sociétés africaines)
dans le cadre de programmes de recherche, avec leurs mythes et leurs légendes, leurs savoirs-
être et savoirs-faire. Les producteurs et les détenteurs de ces patrimoines sont des initiateurs,
des gardiens des traditions, des maîtres de la parole, et des spécialistes de la littérature orale.
Ce sont les anciens, les griots, les féticheurs, les chanteurs, les lutteurs, les chasseurs, les
artisans, les paysans, les éleveurs, etc. toutes ces sources ont permis la constitution des
patrimoines documentaires.

1.4. LES TYPES DE SAVOIRS, DE DOCUMENTS ET D'INFORMATIONS : QUOI ?

        Le Département de l'Information scientifique détient des patrimoines documentaires
textuels et non-textuels, qui s'accroissent plus ou moins régulièrement. Des inventaires
donnent les chiffres suivants, qui datent de 2001. Les présentations des collections réparties
entre les trois Services de la Documentation, des Publications et de l'Audiovisuel sont
illustrées par quelques exemples représentatifs.

        1.4.1. Le Service de la documentation
Il abrite les fonds suivants :
*Les livres et les brochures : sur une base d'accroissement, par exemple de 1176 nouveaux
ouvrages et 1173 brochures reçus en 1963-64 (Rapport annuel IFAN, 1964). Les fonds de la
Bibliothèque comptent :
         - 62 640 monographies composées de livres, de mémoires, de thèses et de brochures
         Voici quelques exemples de livres :

10
  Haut Commissariat, Inspection générale de l'élevage, Service de l'information, Direction des affaires
économiques, Direction des travaux publics, Inspection générale de l'agriculture, des eaux et forêts, des mines et
de la Régie des chemins de fer, etc.



                                                                                                                 5
       << L'Afrique ou histoire, mœurs, usages et coutumes des africains. Dahomey/ par Jhon
       M'Leod, … trad. de l'angl. par Edouard Gauthier,…- Paris : Nepveu, 1821.- 145 p.; 14
       cm; >>
       << Chronique du Fouta sénégalais : trad. de 2 manuscrits arabes inédits de Siré Abbas
       Soh et acc. de notes, documents annexes et commentaires d'un glossaire et de cartes /
       par Maurice Delafosse; avec la collab. de Henri Gaden.- Paris : E. Leroux, 1913.- 328
       p., 4 pl. .- 25 cm; >>
       << À travers la Mauritanie occidentale de Saint-Louis à Port-Etienne / par A.
       Gruvel,… et M. Chudeau .- Paris E. Larose, 1911.- 2 vol. 281 p.; 383 p.; pl.;25 cm >>

* Les périodiques : de 1116 reçus en 1948 (Rapport annuel IFAN, 1948), ils s'accroissent à
2972 titres en 1993-94 (Rapport annuel IFAN, 1993-94), (exemple Le Monde colonial
illustré, ). Il n'y a pratiquement plus d'abonnements.

*les 750 Cahiers de l'Ecole normale William Ponty sont sous forme de brochures
manuscrites en français. Ce sont les devoirs de vacances ou mémoires de fin d'études
merveilleusement illustrés des anciens élèves de la célèbre école, dont voici quelques
exemples :
       << Chrysogone Abel Goumba de l'Oubangui Chari.- La circoncision en Oubangui -
       Chari (AEF). Devoir de vacances. Année 1944-1945 >> ;
       << Phillipe Yacé.- Au pays Alladian >> ;
       << Coulibaly Bakary. Devoir de vacances.- La pharmacopée chez les Bambaras.
       Promotion 1941-44 (Soudan français) >> ;
       << Thianar N'Doye.- L'alimentation indigène au Cap-Vert. Rufisque et Banlieue >> ;
       << Barry Ibrahima.- Tonnage et teinturerie au Fouta Djallon à Pita. 1944 "Amadou
       Mossi.- les rêves. Devoir de vacances. Colonie du Niger >>;
       << Emmanuel Degbeho.- Les boissons. Devoir de vacances 1940-1943. Togo >> ;
       << Aly Bocar Kane.- La chasse au Fouta. Devoir de vacances. Année scolaire 1938 -
       1939 >>;

*Les 5784 dossiers documentaires comprenant ces exemples :
      - Mythes et légendes :
      << Les Gow-Mambari.- Tombouctou, 1907.-manuscrit de 46 p. ;
      31 cm >> ;
      << À propos des crocodiles sacrés de Bandiagara / par Joseph Yaro et Salam Diko >>
      ;
      << Petite mythologie des pêcheurs du Sénégal. In : Sénégal, n° 62, avril 1944 >> ;
      - Organisation des coutumes juridiques :
      << Coutumier Bamiléké et Bamoun (Cameroun) / par Mipert 1923.- 240 p. >> ;
      - Pratiques magiques et superstitions :
      << La vie occulte des sonianké / par Boubou Hama.- Niamey, 1939. >>

* Les 6200 cartes.

       1.4.2. Le Service des publications
Il conserve
        * des publications périodiques :
        - du Bulletin du Comité d'études historiques et scientifiques de l'AOF (1918-1938);



                                                                                              6
        - de plus de 120 numéros des deux bulletins de l'IFAN, le Bulletin. Série A (sciences
        de la vie et de la terre) et le Bulletin. Série B (sciences humaines) depuis 1954;
        - de 197 numéros de Notes africaines depuis 1939;

         * des publications non-périodiques :
         - 92 numéros de Mémoires de l'IFAN (en général des travaux de thèses édités) de 1939
         à 2001
                 * 22 numéros de Catalogues et Documents de 1939 à 2001;
                 * 37 numéros de Initiations et études africaines de 1939 à 2001.
                 * 65 titres de hors série qui sont des publications diverses en langues nationales
                 et étrangères produites en fonction des subventions.
         L'examen des exemples de ce fonds montre la "liaison Recherche - Savoir-
Publications - Enseignement", ainsi que le processus de la transformation des documents
primaires en ouvrages de références (exemple les catalogues de manuscrits de l'IFAN), grâce
à l'édition scientifique. Ces quelques titres font partie du fonds du Service des publications :
         << Rinchon, R.P.D.- Pierre-Ignace Liévin Van Alstein, capitaine négrier, Gand, 1733.
         Nantes, 1793.- 1964, 452 p., 16 fig. >> ;
         << Dekeyser, P.L. .- Les mammifères de l'Afrique noire française (2ème éd.) . 1953,
         145 p., 242 fig. >> ;
         << Villiers, A. .- Les serpents de l'Ouest africain (3ème ed.) . 1975, 196 p., 282 fig. >> ;
         << Holas, B. .- L'homme noir d'Afrique. 1951, 105 p., 53 fig., 50 phot.,
         h. t. >> ;
         << Brasseur, G.- L'AOF. 1957, 74 p., cartes, pl., 23 phot. h. t. >> ;
         << Bardon, H.- Collection de masques d'or Baoulé de l'IFAN. 1949, 22 p., 23 pl. h. t.
         << Gaden, H.- Dictionnaire peul-français. Fasc. I, 1970, 120 p.; fasc. II, 1972, 106 p.

        1.4.3. Le Service audiovisuel
Il conserve des documents non-textuels, qui pour certains intègrent du texte :

* les documents iconographiques :
        - Des clichés et des positifs en noir et blanc au nombre de 60 000, dont 5000
        plaques de verre ( voir en annexe la présentation de quelques photographies )
        - 324 photographies en couleur datant de 1995;
        - 266 cartes postales anciennes;
        - Des diapositives en couleur du "Fonds Adrien Benoît De Worm11" de 7631
        unités. Nous vous en présentons quelques exemples :
        << Sanctuaires ethniques (d'initiation et royaux ) / Réal. Adrien Benoît De Worm.-
        Casamance : IFAN, 16 mars 1988.- 37 diapos; 24 x 36 mmm.- Mission joola. >> ;
        << Thérapeutique magique / Réal Adrien Benoît De Worm.- Casamance, Nyassia :
        IFAN, 1992 >> ;
        << Case impluvium / Réal. Adrien Benoît De Worm.- Casamance, Mlomp : Nyassa :
        IFAN, mars 1991.- 23 diapos ; 24 x 36 mm; coul..- Mission Joola. >>

* Les documents sonores :
       - 130 disques anciens de 78 tours

11
  ancien chercheur belge associé, qui a servi à l'IFAN C A Diop et qui a fait don à au Service audiovisuel
ancien chercheur belge associé, qui a servi à l'IFAN C A Diop et qui a fait don à au Service audiovisuel



                                                                                                             7
       - 38 bandes folkloriques.
Des enregistrements de musique africaine et d'enquêtes ethnographiques, sont achetés par
l'IFAN en 1953 chez des producteurs français, américains ou suisses, auprès du Musée de
l'Homme, qui éditait aussi des disques à partir de quelques enregistrements de l'IFAN (Diallo,
N'D. T, 1981, p. 12), comme nous le montre ces quelques exemples représentatifs des
patrimoines de disques anciens :
       << Musique (enr. Sonore). Madagascar : d'hommes, chant de lutteur / Andrainjatu
       Betsileu du Nord; Musée de l'Homme ; Mission Clerisse.- Madasgascar : Musée de
       l'Homme, (sd).- Disque >> ;
       << Malinké Guinée (enr. Sonore). Anikouga Dozolou : salutations aux chasseurs / par
       Mazangro Sidibé et chœur de femmes ; Tomo Samoré Dozo Brila : hommage aux
       anciens chasseurs.- Guinée : Africavox, solo.-disque >> ;
       << Haoussa AOF (enr. Sonore). Chanson de Dyahadi / griots de Tahoua.- Niger :
       AOF. Mission, 1950-51.- Disque >> ;
       << Falah Bouda. Chant religieux, El Hadj Malick , louanges / Guèye Amadou
       Lamine.- Germany : Pariophon, Carl Lindstron A.G. , (sd). Disque >> ;
        <<Pygmées (Moyen Congo) (enr. Sonore). Chant magique avant la chasse à
       l'éléphant, danse rituelle après la chasse ; chant magique en partant pour la chasse au
       filet, chœur d'hommes au retour de la chasse / enr. par A. Didier, rec. Par G. Rouget.-
       France : BAM, (1946). Mission Ogoué - Congo.- Disque >> ;

*Des documents audiovisuels :
      - Les 63 films ethnographiques du "Fonds Potentier" (chef de la Section Ciné-son),
      produits pendant les années 1950, sont soit produit par la Section Ciné-son, soit
      achetés à des firmes commerciales (AFRICAVOX? BAM?, toutes deux mentionnées
      sur les disques). Selon N'Dèye Touga Diallo (1981, p. 12), La Société des amis de
      l'IFAN a contribué à l'achat de films en 1953.
      - Les bandes lisses sont des produits de missions des chercheurs de l'IFAN.
      - 120 bandes vidéo;
      - 118 bandes magnétiques;
      Voici quelques exemples de films:
      - films en couleur :
      << Le pays Bassari : 343 M. 22 minutes (Guinée). Le milieu physique, le village,
      détails des cases, dessins et plans des cases, la vie familiale, débroussaillage avant
      culture, danses rituelles annuelles >> ;
      << Chinghetti : 220 M 20 minutes (Mauritanie), dans l'Adrar, ses artisans, les cultures
      de sa palmeraie, le départ d'une caravane de sel vers l'intérieur >>;
      << Chez les Laobés, artisans du bois : Fouta-Djalon (Guinée) 265 M. 26 minutes. La
      technique du bois par la secte des Laobés, en pays Foula : depuis l'abattage jusqu'à la
      décoration des objets usuels par le forgeron du Foulassou voisin >> ;
      << Les petits hommes de bronze- La technique complète de la cire perdue ou la
      fabrication des petits sujets mossis en bronze : modelage du sujet en cire, enrobage du
      moule, confection du creuset, coulage du métal en fusion, noircissement, ébarbage,
      décoration en couleurs >> , etc. ;

       - Film en noir et blanc :
       << Reptiles d'AOF : 440 M. 40 minutes "les tortues" : documents sur les principales
       tortues de mer, de marigots et de terre d'Afrique occidentale dans leur milieu physique




                                                                                             8
       - "Série de films sur différents habitats indigènes d'afrique occidentale avec
       quelques éléments humains, plans et dessins des dits habitats" :
       << Habitat en Casamance (Diola) 132 M. 12 minutes >> ;
       << Habitat de Bobo Fing (Haute-Volta) 120 M. 11 minutes >> etc.

       1.4.4. les manuscrits
        Les fonds de manuscrits sont conservés au Laboratoire d'Islamologie. Leurs domaines
d'intérêt sont l'histoire, la littérature, l'ethnosociologie, la religion, la magie, la science, les
récits mythologiques, les contes, etc. Nous vous présentons des exemples représentatifs des
patrimoines de manuscrits : In : (Diallo, Thierno; M'Backé, Mame Birahim; Trifkovic,
Mirjana et Barry, Boubacar.- Catalogues des manuscrits de l'IFAN, Fonds Vieillard, Gaden,
Brévié, Figaret, Shakh Moussa Kamara et Cremer en langue arabe, peule et voltaïques. 1966,
155 p.
        << Le Fonds Vieillard de 220 cahiers porte sur le Fouta Djalon, le Mâsina, le Niger, la
        Mauritanie, etc. >> ;
        << le fonds Gaden de 93 cahiers concerne le Fouta Toro, le Fouta Djalon, le Mâsina,
        le Niger et la Côte d'Ivoire >> ;
        << le Fonds Figaret de 21 cahiers traite du Mâsina, de la Haute-Volta et du Niger >> ;
        << le Fonds Brévié de 26 cahiers porte sur la Mauritanie, le Fouta Toro, le Soudan
        (Mali), le Fouta Djalon, le Dahomey, le Niger et le Nigéria >>;
        << le Fonds Shaykh Moûsa Kamara de 19 cahiers concernent le Fouta Toro >> ;
        << le Fonds Cremer de 228 cahiers concerne la Haute-Volta.

        Les savoirs endogènes et exogènes, les documents et les informations collectés que
sont les patrimoines documentaires sont sous forme orale, écrite (manuscrite ou imprimée),
visuelle et audiovisuelle (prises de vues fixes ou animées et de sons). Ils sont acquis soit par le
circuit de l'édition conventionnelle (Maison d'édition), soit par le circuit de la littérature grise
(institutions diverses qui produisent des documents manuscrits, dactylographiées, ronéotypées
ou automatisés), soit auprès de dépositaires de savoirs oraux, ainsi que par les travaux et les
publications de ses chercheurs. L'IFAN utilise tous ces circuits, particulièrement le dernier.
Ces acquisitions variées, qui ont grandement contribué à l'accroissement et à l'enrichissement
des patrimoines documentaires de l'IFAN Ch. A. Diop proviennent d'Afrique noire en général
et d'Afrique de l'Ouest en particulier.




                                                                                                  9
1. 5. ZONES GÉOGRAPHIQUES ET PAYS COUVERTS : OÙ ?


        Cette carte du continent africain montre les zones géographiques et les pays couverts
par les patrimoines documentaires de l'IFAN. Cette carte d'Afrique est l'adaptation d'une carte
extraite du site www.atmond.com.




Quels sont les acteurs de ces acquisitions?




                                                                                            10
1.6. LES PERSONNELS DE L'IFAN CH. A. DIOP ET AUTRES ACTEURS :
PAR QUI ?

        Les personnels de l'IFAN Ch. A. Diop acteurs de la collecte sont des chercheurs et des
techniciens, ainsi que des personnes-ressources extérieures comme des boursiers de l'Ecole
française d'Afrique, des chargés de mission patronnés par l'IFAN, et des correspondants
étrangers.
        Le Pr. Théodore Monod, grand précurseur de l'information documentaire en Afrique
noire francophone, a également joué un rôle important dans l'enrichissement des collections
documentaires de l'IFAN CH. A. Diop. Il en est de même que certains donateurs, dont il sera
question plus loin..
        Les responsables et les personnels des services de la Section, puis du Département de
la documentation, et aujourd'hui du Département de l'information scientifique, non seulement
ont contribué à l'accroissement des patrimoines documentaires, mais encore ont patiemment
construit la politique d'acquisition de l'IFAN Ch. A. Diop, qui avait démarré en 1936 avec un
seul agent.12 On peut citer parmi les contributions aux acquisitions des professionnels de
l'information documentaire et des personnels des services d'information :

       * la publication de documents :
       le catalogue des périodiques d'Afrique Noire francophone (1858-1962)13 (Thomassery,
       M.,1965) ; le catalogue des Manuscrits de l'IFAN14 ( M'Backé, M. B); la revue " Doc-
       Info " 15 avec un catalogue collectif des Microfilms sur l'Afrique conservés par l'IFAN,
       la Bibliothèque universitaire et la Direction des Archives nationales ; le catalogue des
       "Cahiers de Ponty"; et un catalogue d'exposition sur la documentation en sciences
       sociales16. Les listes des nouvelles acquisitions étaient élaborées par le responsable de
       la Bibliothèque, en application de l'arrêté rectoral n° 161 du 6 février 1989 portant
       Règlement intérieur de l'IFAN Ch. A. Diop.

       * des missions de collecte des responsables dans le cadre de leurs activités
       Ainsi, Paul Potentier Chef de la Section Ciné-Son avec son assistant a produit 1200
       mètres de pellicule, 450 clichés, 40 dessins et croquis, et des enregistrements de
       folklore réalisés lors d'une mission d'enquête sur l'habitat en AOF (Rapport IFAN,
       1950).

1.7. LES USAGERS : POUR QUI ? POUR QUELS BESOINS ?

       Les acquisitions sont également faites à partir des besoins et des propositions des
usagers internes et des suggestions des usagers externes. En plus des chercheurs de l'IFAN
Ch. A. Diop, des usagers d'origines diverses ont toujours fréquenté les services d'information



12
     le Département compte à présent trois chercheurs, deux conservateurs, trois bibliothécaires, deux
documentalistes, deux techniciens photographes, un relieur, quatre préposés au prêt, aux magasins, aux
publications et aux expositions.
13
   Par Marguerite Thomassery en 1965.
14
   Par Diallo, Thierno; M'Backé, Mame Birahim; Trifkovic, Mirjana et Barry, Boubacar.- Catalogues des
manuscrits de l'IFAN, Fonds Vieillard, Gaden, Brévié, Figaret, Shakh Moussa Kamara et Cremer en langue
arabe, peule et voltaîques. 1966, 155 p.
15
   Initiée par M. Fontvielle
16
   par Dominique Hado Zidouemba


                                                                                                   11
documentaire de l'Institut.17 . Ils sont les publics de l'Université de Dakar (enseignants,
chercheurs, étudiants), des chercheurs étrangers, élèves des écoles primaires et secondaires et
occasionnellement le grand public18 (Diallo, N'D. T. , 1981).
        En 1950, la Bibliothèque avait enregistré 1834 lecteurs et 3322 livres avaient été
communiqués (Rapport annuel 1950). En 1979, 8852 utilisateurs, avec une moyenne de 19
par jour fréquentaient la Bibliothèque, pour se documenter, préparer et illustrer des devoirs
thématiques, des dossiers pédagogiques, des expositions, etc.
        Compte tenu des missions de l'IFAN, des divers fonds, des besoins des usagers,
quelles sont les opérations de recensement et de collecte menées par les professionnels de
l'information documentaire de l'Institut?

1.8. RECENSEMENT ET COLLECTE : COMMENT ?

       Le recencement et la collecte comprennent des critères, des opérations de repérage et
de sélection, des modes et techniques d'acquisition, de même que des sources, des langues,
des équipements, et des supports utilisés.

        1.8.1.Critères de repérage et de sélection de documents à acquérir

        Les premiers critères de collecte des patrimoines documentaires étaient l'intérêt
documentaire et africain.
        Les critères d'achat sont les indications des chercheurs, des chefs de Sections
spécialisés de l'IFAN. Les ouvrages de références, et les propositions de chercheurs sont des
sources qui permettent d'identifier des documents à acquérir, portant toujours sur les
domaines d'intérêt de l'IFAN Ch. A. Diop.




17
   Parmi eux, les services du Gouvernement général de l'AOF, de nombreux correspondants comme le Musée de
l'Homme, le Museum du Congo belge, la Faculté de médecine de Montpellier, l'Organisation des Nations Unies,
l'Institut géographique des Etats-Unis, etc. (Rapport annuel IFAN, 1948). Des éditeurs aussi en font partie
(Quid'AOF, Revue AOF, Réforme, France illustration, bois tropicaux, etc. (Rapport annuel IFAN, 1950).
18
   Diallo, N'Dèye Touga.- Le Département de documentation de l'Institut fondamental d'Afrique noire :
historique, présent, et perspectives d'avenir. Mémoire présenté par N'Dèye Touga Diallo, sous la dir. De Roger
Fontvieille.- Villeurbanne : Ecole nationale supérieure des bibliothèques, i981.- 67 p., ,p. 35.




                                                                                                           12
         1.8.2. Modes d'acquisition

               1.8.2.1. Le dépôt légal19
        Plus ou moins régulièrement appliqué, il a permis d'accroître les fonds d'ouvrages, de
périodiques, de cartes, d'affiches et de tracts. Pour les périodiques, 1116 ont été déposés en
1948 (Rapport annuel IFAN, 1948) et 997 titres de périodiques et d'ouvrages en 1979 à
multiplier par le nombre d'exemplaires (Rapport annuel IFAN, 1979)20. L'application
rigoureuse du dépôt légal permet d'accroître sensiblement les acquisitions, mais elle est
exceptionnelle. Ainsi, 1054 titres de périodiques et d'ouvrages qui font 4477 exemplaires
étaient enregistrés au titre du dépôt légal pour l'année 1980, composés de dépôts d'éditeurs
(3797 exemplaires) et d'imprimeurs (680 exemplaires), (Rapport annuel IFAN, 1979-80). Les
exemplaires du dépôt légal étaient répartis entre la Bibliothèque de l'IFAN, la Bibliothèque
Nationale de France, le Centre de recherche et de documentation de Saint-Louis (CRDS)21 .
L'IFAN Ch. A. Diop utilisait ces documents comme monnaie d'échanges dans sa coopération
avec d'autres bibliothèques et organismes de recherche.

                1.8.2.2. Les achats
        Les achats concernent les documents qui ne peuvent être obtenus par échange ou don.
Les commandes de périodiques d'intérêt africain édités en Europe et aux Etats-Unis étaient
regroupées chez un éditeur français spécialisé (Europériodiques) après 1966 (Rapport annuel
IFAN, 1965-66). Une nouvelle politique des commandes en 1965-66 intégrait les librairies
africaines dans les sources d'achats d'ouvrages(Rapport annuel IFAN 1965-66). Actuellement,
les difficultés de paiement par les bons d'engagement de l'Université rendent pratiquement
impossible ce partenariat. L'IFAN achetait des livres d'occasion, comme l'achat d'ouvrages
anciens sur l'Afrique (Rapport annuel IFAN, 1968-69)

               1.8.2.3. Les abonnements de périodiques
Les acquisitions de périodiques étaient anciennes et importantes, sur la période de 1938
jusqu'aux années.1960. Mais certains documents anciens traitent de questions fondamentales
toujours d'actualité, et sont utiles à la fois à la recherche rétrospective, à la mémoire des
peuples africains et de l'Institut. Par ailleurs, l'accent mis sur la publication interne et sur
l'acquisition de nombreux périodiques, qui constituaient un volet important des acquisitions
de l'IFAN (Institut de recherche et d'université) par achat et échange, montre l'importance
accordée à la recherche courante.

              1.8.2.4. L'Acquisition partagée
       Le constat d'abonnements aux mêmes publications périodiques, et d'achats d' ouvrages
et de microformes semblables, avait conduit les responsables de la Bibliothèque de l'IFAN et

19
   Le dépôt légal a fait l'objet des textes suivants : le décret n° 46-1644 du 17 juillet 1946 fixe les conditions du
dépôt légal19 dans les territoires relevant de la France d'Outre-mer; l'arrêté n° 4160 du 28 septembre 1946
nomme le chef de la Section Documentation de l'IFAN comme Directeur de la Régie du dépôt légal ; la loi 76-30
du 9 avril 1976 portant institution du dépôt légal sur l'ensemble du territoire national du Sénégal est adoptée. Elle
est suivie du décret n° 76-494 du 5 mai 1976 portant création d'un réseau national de bibliothèques publiques et
de la loi n° 2002-17 du 15 avril 2002 portant création de la Bibliothèque nationale du Sénégal.
20
   997 titres, répartis entre : 4753 exemplaires de périodiques et journaux divers; 162 livres déposés par les
Nouvelles Editions Africaines (NEA) ; 47 exemplaires de mémoires de maîtrise et 1 thèse d'Etat par la Faculté
des Lettres et Sciences Humaines,.
21
   Pour l'année 1978-79, 2635 exemplaires étaient répartis entre les institutions suivantes : 363 exemplaires à la
Bibliothèque nationale de France; 278 exemplaires au CRDS; et 1994 exemplaires à la Bibliothèque de l'IFAN
CH A Diop.


                                                                                                                 13
ceux de la Bibliothèque universitaire à coordonner leurs acquisitions. Une Commission des
achats fut mise en place pour œuvrer à l'élimination des doubles emplois. Des documents dont
le contenu intéresse l'Afrique noire, comme les périodiques, les cartes, les bandes
magnétiques, les films et les microformes devaient être acquis par l'IFAN, tandis que la
Bibliothèque universitaire, qui possédait un fonds important de romans, devait se limiter à
l'achat d'ouvrages scientifiques généraux (Rapport annuel de l'IFAN, 1966-67). La mise en
œuvre de cette expérience intéressante fut gênée par la baisse des acquisitions annuelles de
l'IFAN.

               1.8.2.5. Les dons
Des dépôts de tiers ont participé à l'accroissement des fonds documentaires par des dons.
L'IFAN a, par ce biais, pu acquérir des dépôts de documents d'africanistes décédés, grâce à
leurs familles (Rapport annuel 1948) ; 52 mémoires et 2 thèses de 3ème cycle étaient offerts
par des particuliers (Rapport annuel /IFAN, 1980-81). Des chercheurs ont fait don d'une partie
de leur bibliothèque personnelle à l'IFAN, comme le Pr. Monod (Fonds Monod composé
d'ouvrages, de brochures portant sur les sciences humaines et de périodiques)22 (IFAN, 1965)
et Adrien Benoît De Worm (Fonds de diapositives Benoît De Worm).

                 1.8.2.6. Les échanges et le partenariat

        Les échanges concernent les périodiques et sont gérés par un Service des échanges
(Rapport annuel IFAN, 1948). Le développement rationnel des échanges était également dû
d'une part, au dépôt de catalogues de l'IFAN dans les Ambassades étrangères installées à
Dakar, et d'autre part, à leur expédition aux nombreuses institutions intéressées en Afrique et
dans le monde, qui avaient les mêmes domaines d'intérêt que l'IFAN ( Rapport annuel IFAN,
1965-66). Seuls les documents ayant un intérêt pour les recherches s'effectuant dans l'Institut
et pour l'Afrique étaient acceptés pour les échanges. Les publications de l'IFAN étaient
échangées compte tenu du volume des documents reçus en contre-partie.
        Les principaux partenaires de l'IFAN pour les acquisitions étaient : la Bibliothèque
Universitaire de Dakar ; les services ministériels et administratifs territoriaux puis nationaux ;
les instituts et centres de recherche ; les éditeurs, les imprimeurs et les libraires ; le Centre
régional de formation des bibliothécaires (CRFB) devenu l'École des bibliothécaires,
archivistes et documentalistes (EBAD), pour le recrutement de professionnels de l'information
diplômés et pour la formation pratique, notamment aux modes et procédures de recensement
et de collecte des acquisitions. Les bulletins de l'IFAN ainsi que des périodiques reçus au titre
du dépôt légal étaient ainsi échangés contre des publications. Les échanges constituaient un
moyen important d'acquisition de périodiques étrangers, pour les instituts qui s'intéressaient à
l'Afrique noire. Les documents qui ne correspondaient pas aux critères définis par l'IFAN
étaient éliminés pour un gain d'espace et de temps.
        L'IFAN entretenait une vieille tradition de coopération et d'échanges au niveau des
dépôts légaux, notamment avec la Bibliothèque Nationale de France, qui était le plus
important partenaire de l'Institut23 (IFAN, 1980). Le Centre national de la recherche
scientifique (CNRS) et l'Office de la recherche scientifique Outre-mer (ORSTOM24 ) ; le
Muséum d'Histoire naturelle et le Musée de l'Homme étaient aussi de vieux partenaires de
l'IFAN Ch. A. Diop.


22
   In : Rapport annuel de l'IFAN de 1964-1965, p. 3.
23
   4022 titres de périodiques provenant des abonnements, des échanges et des dons sont conservés par l'IFAN. In
: Rapport annuel de l'IFAN, 1979-80.
24
   Actuel Institut de recherche pour le développement - IRD.


                                                                                                            14
               1.8.2.7. Autres modes d'acquisition

         En plus des modes d'acquisition formalisées citées, l'IFAN Ch. A. Diop en a initié
d'autres adaptées à ses besoins. Une autre forme de collecte est née de l'application des textes
de droits d'usage des photographies. En effet, il est exigé un dépôt de tout document ayant été
illustré par les "clichés IFAN" au Service audiovisuel. Les demandes de travaux de
photographies pour illustrer les publications ont également enrichi les fonds textuels de
l'Institut. Les statistiques sont des moyens importants d'évaluation de la nature, du volume et
de la régularité des entrées pour les acquisitions

       1.8.3. Les Langues

         Les langues des documents acquis, sont le français, l'arabe, et les langues d'Afrique
noire. Parmi ces dernières, le wolof (Sénégal), le peul dans ses variantes (en Afrique de
l'Ouest), et des langues voltaïques. Ces langues sont transcrites en caractères arabes, comme
par exemple le poème de Mamadou Aliou Thiam en peul par Gaden. Les manuscrits de
Cheikh Moussa Kamara sont écrits en caractères arabes. Des chants folkloriques, religieux,
magiques, etc. dans beaucoup de langues africaines sont des enregistrements sonores. Des
écritures africaines ont été photographiées (exemple le Bamoun du Cameroun) où transcrites
dans les "Cahiers de Ponty" portant sur la littérature orale, etc. Un problème d'accès se pose
pour les populations d'Afrique occidentale francophone. Ces dernières sont majoritairement
analphabètes en français, un peu alphabétisées dans leurs langues maternelles. Et même si
elles le sont, se heurtent à la pénurie de documents qui devraient nécessairement accompagner
la post-alphabétisation. Ainsi le français est la langue officielle omniprésente, face aux
multiples langues nationales très souvent marginalisées, mais qui cependant véhiculent les
messages et les patrimoines oraux. Des possibilités de passer de l'écriture à l'oralité et de
l'oralité à l'écriture existent, grâce à la transcription et à la traduction, mais pas pour tous les
genres de la littérature orale, dont certains comme les contes par exemples, perdent ainsi une
partie du contenu du message indissociable du mode de transmission oral.

       1.8.4. Les équipements et les infrastructures

        Les équipements de collecte du savoir sont : l'encre, les plumes et les stylos à billes ;
les appareils de photographie ; les caméras ; les magnétophones. Les infrastructures sont les
salles de traitement et de stockage, les fichiers et catalogues, ainsi que le laboratoire de
photographie en noir et blanc avec ses appareils, etc. Des consommables accompagnent ces
équipements.

       1.8.5. Les supports

       Outre le papier, les supports des patrimoines documentaires de l'IFAN sont
magnétiques (bandes sonores, disques, bandes vidéo), ou chimiques photosensibles
(photographies, films et microformes).
       Ces matériels permettent de recueillir le contenu des mémoires des détenteurs des
patrimoines oraux, qui sont sur d'autres supports plus fragiles.
       Désormais, il faudrait intégrer chaque fois que c'est possible l'usage des nouvelles
technologies de l'information et de la communication (NTIC) pour les opérations de
recensement et de collecte.




                                                                                                 15
        1.8.6. Les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC)

        Les NTIC peuvent faciliter les opérations de recensement et de collecte. Actuellement,
elles sont utilisées à l'IFAN pour effectuer des recherches dans les sources d'information en
ligne (des fonds de services d'information documentaire, des catalogues d'éditeurs ou de
libraires, etc.), afin d'y localiser et d'y sélectionner des documents. Les NTIC peuvent aussi
aider à une gestion efficace des commandes et d'enregistrement des entrées par types de
documents.
        Cependant, ces outils que sont les NTIC ne sont efficaces que quand elles sont
adaptées aux opérations en question. La collecte des patrimoines oraux nécessite la prise en
compte de certains aspects liés au contexte d'oralité. En effet, aborder les détenteurs de
patrimoines oraux pour recueillir correctement ceux-ci nécessite une approche
psychosociologique, pour dialoguer et traiter avec les personnes et les communautés
concernées, dans le respect de leurs traditions. C'est ce que les chercheurs de l'IFAN avaient
compris, en se faisant assister par les techniciens qui les accompagnaient, de même que par
leurs contacts sur le terrain, qui connaissaient la langue et la culture des populations étudiées.
Cela a beaucoup aidé à la collecte des savoirs, des documents et de l'information.

        1.8.7. Instances institutionnelles

        La sélection pour les acquisitions était faite en concertation avec les chercheurs des
départements de l'IFAN, tenant compte des objectifs de la Bibliothèque définis par les
professionnels de l'information documentaire. Le Service des acquisitions et le Service des
échanges ont été mis en place pour la gestion des acquisitions. La Commission des
périodiques et la Commission des achats ont été mises en place pour les assister, notamment
pour déterminer la liste des abonnements à des périodiques. Actuellement, les Commissions
de la documentation et de l'audiovisuel qui font partie des commissions de l'Assemblée de
l'IFAN Ch. A. Diop ont pris le relais.
        Un partenaire privilégié du Service de la documentation et du Service audiovisuel est
le Service des publications. Celui-ci est un gros fournisseur en ouvrages et périodiques
publiés par l'IFAN du Service de la documentation, qui utilise ces documents à des fins
d'accroissement de ses fonds et d'échanges. Les demandes de prises de vues, pour illustrer des
travaux de recherche de chercheurs ont enrichi les fonds de la Photothèque de l'IFAN Ch. A.
Diop. Les publications donnaient autant d'exemplaires que nécessaires au Service de la
documentation. C'est l'une des raisons pour lesquelles les deux Sections de la documentation
et des publications qui étaient séparées au début, furent regroupées en 1969 pour former le
Service de documentation et de publication (Rapport annuel IFAN, 1968-69) qui, en 197325,
devint le Département de l'information scientifique.

1.9. LE BUDGET : COMBIEN ?

       Des restrictions budgétaires sévères ont fait baisser le budget d'acquisition depuis
1967-68 jusqu'à 500 livres, et ont causé la suspension de 104 périodiques, d'après N'Dèye
Touga Diallo (1981). Le fonctionnement de la Commission des achats en a été affecté. Le
budget alloué à l'achat d'ouvrages de bibliothèque et de matériels de reliure, qui s'élevait à
3 000 500 f CFA pour l'année budgétaire 1993-94 (Rapport annuel IFAN, 1993-94) baisse
jusqu'à 200 000 f CFA pour l'année 2003. Les restrictions budgétaires dont souffrent les
services d'information documentaires sont un frein à l'accroissement de leurs collections et à
25
 Par décret 73 390 du 30 avril 1973 qui fixe les conditions de d'organisation et de fonctionnement de l'IFAN
Ch. A. Diop.


                                                                                                               16
leur fréquentation. La baisse du budget affecte aussi le recrutement de professionnels de
l'information.

1.10. LES DOMAINES CONNEXES

        Les maillons de la chaîne des savoirs endogènes et exogènes sont : la recherche
scientifique ; l'édition en français et dans les langues nationales ; la littérature orale ;
l'éducation et la formation professionnelle, accompagnée de l'alphabétisation et de la post-
alphabétisation, qui sont indispensables non seulement aux populations analphabètes, mais
également aux professionnels de l'information documentaire. La formation de ces derniers
n'est pas du tout adaptée à la collecte des savoirs endogènes. Des chercheurs des départements
de l'IFAN Ch. A. Diop ont toujours étudié ces domaines connexes, et leurs travaux ont fait
l'objet de publications dans les revues scientifiques de l'Institut ou celles d'autres institutions
nationales et internationales.
        L'IFAN Ch. A. Diop a toujours bénéficié de l'appui de l'Etat, particulièrement de celui
des Présidents de la République du Sénégal, dans le cadre des missions de service public de
recherche scientifique, de documentation, de publication et d'appui à l'éducation et à la
formation. Cet appui est indispensable, de même que le soutien du monde de l'édition et du
livre, ainsi que celui du secteur privé, associé à l'action des chercheurs, des enseignants, des
formateurs, pour collecter, traiter, conserver, valoriser et diffuser les patrimoines
documentaires. Il serait nécessaire d'harmoniser les activités de tous ces domaines connexes,
afin de promouvoir une vulgarisation scientifique des savoirs, des documents, de
l'information, et du multimédia de masse, qui est fondamental pour le développement humain
et durable.

1.1.1. LES CONTEXTES : SITUATIONS, DIFFICULTÉS ET ATOUTS

        La politique d'acquisition de l'IFAN s'est adaptée à plusieurs contextes qui sont d'ordre
physique, humain, politique et économique, mais les années 1960 marquèrent un tournant
dans l'évolution de l'IFAN, avec les indépendances des colonies, et la perte des Centrifans.
        Les acquisitions de l'IFAN ont ainsi vécu les contextes des époques coloniale et post-
coloniale, avec la contribution de grands chercheurs, érudits, traditionnalistes, africanistes,
etc. aux échelles locale, nationale, régionale, continentale et internationale. Elle est
aujourd'hui confrontée à la mondialisation.

         Les difficultés
         Les difficultés d'accroissement des collections documentaires concernent : les locaux,
les mobiliers de stockage et de traitement, les équipements spéciaux, l'insuffisance des
moyens matériels, humains et financiers, et la gestion rigoureuse et continue des acquisitions.
Ces dernières diminuent sensiblement à cause des restrictions budgétaires, mais aussi des
difficultés administratives de paiements des éditeurs, des imprimeurs et des libraires. Les
restrictions budgétaires sont consécutives à la crise économique et financière qui frappe les
pays en développement africains, et particulièrement leurs services d'information
documentaire. L'IFAN Ch. A. Diop étudie son adaptation pour l'acquisition permanente de
patrimoines documentaires contemporains, selon ses champs scientifiques, grâce toujours aux
travaux de ses chercheurs, assistés de techniciens, malgré les difficultés conjoncturelles et
structurelles auxquelles l'Université et le Sénégal font face. Les chefs de service du
Département de l'information scientifique ont très souvent rencontré des difficultés pour faire
respecter les textes régissant le dépôt légal, mais aussi pour assurer l'accroissement régulier de
fonds patrimoniaux anciens et contemporains. Les problèmes de droits d'auteurs, de propriété


                                                                                                17
intellectuelle pour le patrimoine écrit, iconographique, sonore, audiovisuel et électronique
devraient être pris en compte, surtout maintenant avec les NTIC.
         Les solutions à ces difficultés, pour l'IFAN Ch. A. Diop ne sont pas celles qui
consistent à vouloir faire coïncider les priorités des décideurs que sont les autorités
institutionnelles, académiques, ministérielles, gouvernementales, avec celles du professionnel
de l'information documentaire gestionnaire de service d'information. Ce dernier devrait bien
étudier les priorités de chacun de ces décideurs, d'en connaître les failles afin d'y glisser une
de ses priorités à lui, susceptible d'être prise en compte par eux.

Les atouts
         l'IFAN a bénéficié de ses missions de bibliothèques d'institut de recherche et
d'université, de gestion de Bibliothèque et d'archives fédérales de l'AOF, et de <<Bibliothèque
nationale>> (grâce à la direction de la régie du dépôt légal de l'AOF et du Sénégal
indépendant à diverses périodes). L'IFAN Ch. A. Diop a pris toutes les mesures
d'accompagnement et les moyens mis en place qui l'ont aidé à jouer ces différents rôles.
L'extension, la croissance et le rayonnement de l'Institut, avec le renforcement des
infrastructures, des équipes de Dakar et des Centrifans, ainsi que la volonté de ses décideurs,
de ses chercheurs et de ses techniciens, ont participé de façon efficace à l'enrichissement des
patrimoines documentaires africains, comme par exemple, l'accroissement exceptionnel des
clichés IFAN de 1951 26 (Kane Touré, 2000). La collecte des savoirs et des documents de tous
types pluridisciplinaires de l'homme africain et de son environnement par l'IFAN Ch. A. Diop
s'est effectuée dans de vastes territoires jusqu'en 1960, puis au Sénégal et dans les pays de la
sous-région, aussi bien pour les zones urbaines que rurales, grâce à un réseau dense de
partenaires nationaux et internationaux. En outre, elle est humaine, car faite auprès des
nombreux peuples et ethnies concernés, de dépositaires de savoirs endogènes et de détenteurs
de patrimoines documentaires, compte tenu de la force de la tradition orale et des langues
nationales. La collecte a suivi l'évolution des techniques de gestion des acquisitions, adaptées
aux besoins de l'IFAN Ch. A. Diop.
         L'examen de la constitution de ces fonds montre bien le lien originel indissociable qui
existe entre : la recherche scientifique, les savoirs pluridisciplinaires, les publications, la
documentation, l'enseignement et la formation, la muséographie, ainsi que le développement
des populations et de leurs milieux naturels. L'environnement universitaire, le partenariat avec
les facultés et les instituts, notamment l'EBAD, et plus précisément la Bibliothèque centrale
de l'UCAD, qui coordonne les activités du Service commun de la documentation, qui
regroupe tous les services d'information de l'Université de Dakar, et qui prévoit des
acquisitions d'ouvrages et de périodiques pour ses membres, sont autant d'atouts.
         Le schéma suivant tente de modéliser les liaisons entre toutes les parties prenantes de
l'information scientifique, technique, culturelle, économique, etc. et de sa communication : les
savoirs endogènes et exogènes ; l'édition ; l'éducation et la formation professionnelle ; les
NTIC; la recherche scientifique et ses domaines d'intérêt ; les chercheurs et les techniciens ;
les usagers ; les réseaux de partenaires de la Recherche-Développement ; l'Etat, les secteurs
privé et parapublic, les médias, avec les contextes et les domaines connexes ; les
professionnels et les services d'information documentaire.



26
 Kane Touré, Khady. Pour valoriser les fonds de la photothèque de l'IFAN, mémoire visuelle de l'Afrique. In :
Documentaliste - Sciencesc de l'information, 2000, vol. 37, n° 3-4, p. 181.




                                                                                                           18
        Savoirs - Recherche - Usagers - Professionnel de l'information - Partenaires
               - Contextes - Domaines connexes - Etat - privé et parapublic.



         PARTENAIRES                 BIBLIOTHÈQUE NATIONALE                ETAT - PRIVÉ ET
              NTIC
       Personnes physiques        ET UNITÉS DOCUMENTAIRES                  PARAPUBLIC
        Outils de gestion s
        Personnes morales          Production, usages et communication     CONTEXTES
      Local-National-Mondial         Des savoirs, des documents et des     DOMAINES
            Recherche                          informations                CONNEXES
          Développement
                                        DOMAINES D'INTÉRÊT
                                            SCIENCES                            ÉDITION
                                                                               Commerciale
           MEDIAS
                                            SAVOIRS                      ÉDUCATION
                               Technique populaire = Savoir              Formation
                               endogène Langues nationales               Alphabétisation
                               Oral, écrit (tègg, beukette, conte,
                               épopée berceuse, kasak,
    CHERCHEURS ET
                                                                               USAGERS
     TECHNICIENS               Techno-scientifique=Savoir
                               exogène Français et autres                   POPULATIONS
Chercheur "Gëstukat"                                                 Divers publics
                                     - Oral- Numérisé, sonore,
                               Ecrit PROFESSIONNELS DE
Recenseur - Collecteur                                               Toutes catégories socio-
                               audiovisuel
                                        L'INFORMATION
"Utkat"                                                              Professionnelles
                                        DOCUMENTAIRE
Accumulateur "Dajalekat"                                             Profils
                                          MÉDIATEUR
Constatateur "Seetlukat"                                             Besoins d'information
                                         ACCUMULATEUR
Producteur "Defarkat"                                                Usages d'information
                                         "DAJALEKAT"
Constructeur "Liggéeykat"                                            Recenseur - Collecteur "Utkat"
                                         DIFFUSEUR
Qui a besoin "Soxlakat"                                              Qui a besoin "Soxlakat"
                                 "TASKATU XAMXAM"
Utilisateur "Djërinukat"                                             Producteur "Defarkat"
Fournisseur "Joxekat"            Chercheur "Gëstukat"
                                 Qui a besoin "Soxlakat"             Chercheur "Gëstukat
"Mayekat"                                                            Utilisateur "Djèrinukat
                                 Recenseur-Collecteur"Utkat
                                 Qui choisit "Tànnkat"               Fournisseur "Joxekat"
                                 Producteur "Defarkat"               "Mayekat"
                                          BIBLIOGRAPHIE              Accumulateur "Dajalekat"
                                 Constructeur "Liggéeykat"
                                 Gardien "Denckat"                   Constatateur "Seetlukat"
                                 Utilisateur "Djërinukat"
                                 Fournisseur "Joxekat" /
                                 "Mayekat
                                 Protecteur "Àarkat"
                                 Préteur "Àblekat"
                                 Qui échange "Weccekat"
                                 Qui assiste "Dimbalikat"




                                                                                           19
       CONCLUSION

        Le travail de recherche montre que la politique d'acquisition des patrimoines
documentaires écrits, oraux, sonores, audiovisuels et électroniques, est déterminante pour la
politique documentaire du Département de l'information scientifique, transversale dans
l'IFAN Ch. A. Diop. Elle permet en effet de planifier de façon judicieuse les autres opérations
de la chaîne documentaire que sont : le traitement matériel et intellectuel ; la conservation, la
prévention et la protection des droits patrimoniaux ; la valorisation ; la diffusion et la
vulgarisation scientifique avec l'animation culturelle ; la coopération, le partenariat, les
échanges et le commerce électronique. Viennent s'y ajouter la connaissance des besoins des
usagers, le conditionnement de l'information dans des supports et des langues accessibles à
tous les publics cibles, notamment par la fabrication de contenus adaptés grâce aux NTIC ou
aux techniques classiques, circulant dans des réseaux sectoriels, nationaux, mondiaux,
informels et formels, traditionnels et électroniques.
        Il est d'une impérieuse nécessité que la politique d'acquisition soit permanente, malgré
les difficultés conjoncturelles et structurelles, qui montrent qu'il faudrait une adaptation aux
contextes déjà évoqués.
        C'est de cette façon que les patrimoines participeraient, à partir de l'accumulation des
savoirs recueillis, au développement des communautés humaines. C'est ce rôle social de la
collecte, de l'échange et de la transmission des connaissances des services et des
professionnels de l'information documentaire, en vue de la collecte, du traitement, de la
conservation, mais aussi de la communication des savoirs, qui contribue à la préservation des
identités culturelles des peuples. La communication est essentielle dans les sociétés africaines.
        La politique d'acquisition de l'IFAN est à la base de l'existence des patrimoines
documentaires, mémoire collective et biens culturels d'Afrique, sous forme orale, écrite,
audiovisuelle et numérisée. L'IFAN Ch. A. Diop est né, a grandi et a vieilli avec ses
patrimoines documentaires, hérités des chercheurs et techniciens d'autrefois, et enrichis par
ceux d'aujourd'hui. Elle constitue une expérience originale et riche qui peut inspirer
l'organisation ou la réorganisation de bibliothèques nationales du Sénégal et de l'Afrique
subsaharienne. Celles-ci gagneraient, d'une part à adapter chacune sa structure à ses contextes
propres, à ses problèmes spécifiques, et d'autre part à se regrouper dans de grands ensembles,
qui permettraient de trouver des solutions aux nombreux problèmes généraux.
        L'IFAN Ch. A. Diop, compte tenu de sa vieille tradition de partenariat pourrait
coopérer dans le respect des lois et des réglements, avec la Bibliothèque nationale du Sénégal
ainsi qu'avec les Bibliothèques nationales des pays africains couverts par ses patrimoines.
        L'action des personnels de l'IFAN, des décideurs, des chercheurs et des techniciens,
des partenaires locaux et étrangers, la diversité et l'étendue des territoires concernés, ainsi que
la richesse des thèmes couverts ont été déterminants dans la constitution et l'accroissement
des patrimoines documentaires de l'IFAN Ch. A. Diop. On voit bien que la collecte et la
gestion des patrimoines documentaires, dans les contextes sénégalais et africain demande de
la créativité, de l'ingéniosité et de la patience. Beaucoup de choses sont à créer, à adapter et à
tester, d'où l'importance de l'expertise de l'IFAN Ch. A Diop dans ce domaine, qui est un
modèle réussi d'intégration africaine.

        Le Sénégal et l'Afrique sont riches de patrimoines de toutes natures, conservés dans les
maisons par des familles des villes et des villages. Mais, les populations n'ont pas le réflexe,
et ne sont pas sensibilisées sur les possibilités d'effectuer des dons ou des legs sous certaines
conditions, et des ventes de patrimoines documentaires et de savoirs, notamment la littérature
orale, dont le support fragile est la mémoire de la personne humaine.



                                                                                                20
       Nous affirmons, comme Foster et al, que le patrimoine documentaire est une
composante du patrimoine culturel, de la mémoire collective mondiale, essentielle à la
préservation des identités culturelles. Pour cela il faudrait quelle soit collectée, sauvegardée et
communiquée.
       Nous espérons avoir contribué, par l'étude de la politique d'acquisition de l'IFAN Ch.
A. Diop, modèle réussie d'intégration africaine, à l'organisation des bibliothèques nationales et
de recherche du Sénégal et d'Afrique, dans leur noble et difficile tâche de collecte, pour la
préservation et la diffusion des connaissances, à l'échelle des pays.


                                        BIBLIOGRAPHIE
Agence de coopération culturelle et technique. Conférence des ministres de la culture. Vers un
marché commun des biens culturels : documents de travail, industries culturelles et espace
linguistique. Paris : ACCT, 1990.- 83 p.
(La conférence s'est tenu à Liège en Belgique, du 2 au 6 novembre 1990).

Association sénégalaise des bibliothécaires, archivistes et documentalistes.- Rapport d'enquête
sur les bibliothèques de lecture publique au Sénégal.- Dakar:ASBAD, 2001

Bâ, Amadou Hampaté.- la tradition vivante, vol. 1, chap. 9.- Paris : UNESCO, 1973.

Blasselle, Bruno.- La bibliothèque nationale.- Paris: PUF, 1993.-128 p.
Coll. "Que Sais-je? N° 2496.

Bibliothèques nationales, extrait de : http// portico.bl.uk/gabriel/fr/welcome.html

De Sardan, Jean-Pierre.- Savoirs populaires et agents de développement. In : D'un savoir à
l'autre : les agents de développement.- Paris : Ministère de la coopération; Groupe de
recherche et d'échanges technologiques, 1991.- 204 p.-. Ouvrage collectif sous la dir. De J. P.
Olivier De Sardan et Elisabeth Paquot.

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