Gilles Deleuze, Dialogues

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Gilles Deleuze, Dialogues Powered By Docstoc
					Devenir, ce n’est jamais imiter, ni faire comme, ni se conformer à un modèle,
fut-il de justice ou de vérité. Il n’y a pas un terme dont on part, ni un auquel
on arrive ou auquel on doit arriver. Pas non plus deux termes qui s’échangent.
La question « qu’est-ce que tu deviens ? » est particulièrement stupide car à
mesure que quelqu’un devient, ce qu’il devient change autant que lui-même.
Les devenirs ne sont pas des phénomènes d’imitation ni d’assimilation, mais
de double capture, d’évolution non parallèle, de noces entre deux règnes.
Les noces sont toujours contre nature. Les noces, c’est le contraire d’un
couple. Il n’y a plus de machines binaires : question-réponse, masculin-féminin,
homme-animal, etc. Ce pourrait être ça, un entretien, simplement le tracé
d’un devenir. La guêpe et l’orchidée donnent l’exemple. L’orchidée a l’air de
former une image de guêpe, mais en fait il y a un devenir-orchidée, un devenir
orchidée de la guêpe, une double capture puisque « ce que » chacun devient
ne change pas moins que « celui qui » devient. La guêpe devient partie
de l’appareil de reproduction de l’orchidée, en même temps que l’orchidée
devient organe sexuel pour la guêpe. Un seul et même devenir, un seul bloc
de devenir, ou, comme dit Rémy Chauvin, une évolution a-parallèle de deux
êtres qui n’ont absolument rien à voir l’un avec l’autre. (...)
C’est comme les oiseaux de Mozart : il y a un devenir –oiseau dans cette
musique, mais pris dans un devenir –musique de l’oiseau, les deux formant un
seul devenir, un seul bloc, une évolution a-parallèle, pas du tout un échange,
mais une confidence sans interlocuteur possible comme dit un commentateur de
Mozart - bref un entretien.



                                                   Gilles Deleuze, Dialogues




                                  Roland furieux
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NOTE D’INTENTION



    Ne lèche pas, ne polis pas.
    Sois au contraire maladroit et téméraire,
    gracieux et insolent.
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    Quelques intuitions, des questions aussi...
    Seulement et simplement l’étape où l’on sait que c’est cette histoire qui vous
    habite et que vous allez partager avec le plateau puis le public.

    Voir les pièces de Tchekhov – Oncle Vania, pour nous, ici et maintenant –
    comme une partition musicale faite de moments calmes et féroces et de
    pauses. Trouver le rythme de ces alternances aux antipodes afin d’éclairer
    une question racine : comment recommencer une nouvelle vie ?
    Et plus loin : comment ne pas devenir, dans ce temps qui passe, spectateur de
    la défaite de nos désirs ? Là, qu’il faut s’effrayer.
    Explorer le rebond, la répétition, le raté, le rien, la contradiction, la friction,
    la présence des corps et le poids de l’oralité. Le silence. Ce moment où
    l’inconscient lutte avec le conscient *.Tendre les relations jusqu’à l’échappement
    avant cassure.Tourner autour de l’orage (oui – la sensation d’une nuit d’orage)
    et de la colère, cracher sur la nostalgie et l’ironie qui empoisonnent tout.

    Oser prendre le texte comme un matériau, le distiller vers ce qui interpelle,
    tout en préservant l’énergie et la vibration de ce classique. Parce qu’ici la
    langue est aiguë, les personnages façonnés en orfèvre, parce qu’il y a absence
    de toute banalité et que l’on peut perdre pieds dans l’exploration des rapports
    possibles entre l’homme et l’univers – les yeux en rire et en larme.


                                                                     Laëtitia Pitz




    * O.Von Horvath




                                        Roland furieux
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ONCLE VANIA
d’Anton Tchekhov
Traduction Arnaud Le Glanic




Conception           Compagnie Roland furieux

Mise en scène        Patrick Haggiag

Dramaturgie          Laëtitia Pitz

Avec                 Agnès Guignard
                     Laëtitia Pitz
                     Daniel Proïa
                     Alain Ganas
                     Arnaud Le Glanic
                     Nicolas Moreau
                     Irina Vavilova

Compositeur          Xavier Charles

Musique originale    Xavier Charles
                     Ivar Grydeland
                     Nikos Veliotis
                     Christian Wallumrod
                     Ingar Zach


Création costumes    Dominique Burté

Création lumière     Christian Pinaud

Assistant lumière
et régie             Guillaume Lorchat


Coproduction         Centre Culturel André Malraux - Scène nationale de
                     Vandoeuvre-les-Nancy
                     Action culturelle du Pays de Briey
                     Compagnie Roland furieux




                                     Roland furieux
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UNE COMPAGNIE, UN GROUPE, UN TRAVAIL



    Le projet Oncle Vania est porté par une compagnie, une équipe. Il s’agit pour nous aujourd’hui
    de penser un dispositif qui permette à chaque artiste et interprète de livrer la part la plus
    sincère de son art.

    Nous réunissons une équipe confirmée, de personnalités venues d’horizons différents, ce choix
    de la compagnie impose de s’interroger sur une méthode de travail afin que le frottement
    dont nous avons parlé précédemment crée un objet artistique lisible et transmissible à un
    public. Tenter de lancer des liens dans la société fragmentée, des fils d’or dans la trame d’un
    tapis tissé par un fou... La création d’Oncle Vania représente cet enjeu pour la compagnie :
    inventer une façon de faire.

    Avant nous des équipes ont marché sur les traces d’une forme de collectif. Osons le mot ! Il
    s’agit de trouver une méthode de travail qui ouvre les perspectives les plus justes face à un
    chef d’œuvre que nous souhaitons explorer au plus près de la partition de Tchekhov.
    Une histoire d’êtres humains face à eux-mêmes.
    Face à leur vie.
    Face à leur temps – trouble – troublé – cela va changer, cela va finir, c’est déjà fini. Ils le
    sentent : plus rien ne sera comme avant. Et de cela ils ne savent pas quoi faire, comment faire.
    Aucun ne le sait pourtant quelque chose doit avoir lieu.
    La peur, l’énergie et la fatigue de cela.
    Le rire aussi.

    Lors de nos périodes de répétitions (de juillet 2008 à janvier 2009), nous avons envie
    d’entendre Christian Pinaud, l’homme de la lumière, nous parler de sa vision de l’espace
    lumineux, Xavier Charles, l’homme de la musique, nous livrer ses premières impressions
    sonores. Nous avons le désir d’entendre les acteurs lire et relire la pièce pour l’équipe
    réunie. Examiner la construction de la pièce, les rythmes, les récurrences. Dominique Burté,
    l’homme des tissus, que perçoit-il de ces univers ? Quels paysages colorés ? Et, Patrick
    Haggiag, l’homme de la mise en scène pour orchestrer cette choralité.

    Nous avons besoin d’écouter ceux que nous convoquons autour de ces mots de Tchekhov.
    Besoin de s’accorder, de s’ajuster. Pour que cela sonne.
    Se trouver, être ensemble, pour la beauté simple d’essayer, de tenter, de faire et d’être libre
    de défaire.
    Oser frôler une utopie de fonctionnement qui ne soit pas dans le pérenne, la stabilité et
    le toujours mais qui cherche le brassage, le bruissement et le parfois. Ne pas atteindre.
    Approcher, peut-être...

    Questionner toute forme de hiérarchie entre pensée, corps, objet, texte, voix, musique.
    Etre, ensemble, ici, maintenant, pour oser la discussion des idées, pour laisser les contradictions
    circuler, sans retenir. Pas pour montrer, simplement pour rendre les choses sensibles.
    Ecouter toutes les voix et les vibrations.
    Ecouter avec toutes les oreilles qu’on a sur la peau.




                                              Roland furieux
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L’ÉQUIPE DE CRÉATION
Patrick Haggiag
metteur en scène
         Patrick Haggiag s’engage sur la voie de la mise en scène en 1979 avec Feuilles de route de Blaise Cendrars.
         Il a présenté La Trilogie du revoir de Botho Strauss au Centre Dramatique National de Gennevilliers
         et à l’Atelier du Rhin, Le Chant des chants à l’Odéon, et Ben Zimet et Talila au théâtre des Bouffes du
         Nord, Le Canard sauvage d’Henrik Ibsen au Centre Dramatique National de Genevilliers et à Lausanne.
         Récemment, il a présenté Tribune Est d’Alexandre Galine à l’Atelier du Rhin. Planète et La ville d’Evgueni
         Grichkovets sont en tournée en France et en Suisse en 2007. Il a mis en scène Soie d’Alessandro
         Baricco en janvier 2007 à Verdun et créé en septembre 2007 au Théâtre de Vidy-Lausanne La Trilogie de
         la villégiature de Carlo Goldoni.
         Patrick Haggiag a été collaborateur de Luis Pasqual, à l’Odéon (Paris) de 1991 à 1996. Il fut également
         assistant à la mise en scène de nombreux metteurs en scène, parmi lesquels Patrice Chéreau, José Luis
         Gomez. Il est par ailleurs chargé de cours à l’université Paris III, au département d’Etudes théâtrales. Il
         est depuis 2004 en résidence à l’Atelier du Rhin de Colmar.

Laëtitia Pitz
comédienne
         Après un parcours de formation au sein de l’Ecole Florent et du Théâtre des 50 (Atelier Andréas
         Voutsinas – Actor’s studio) à Paris, Laëtitia Pitz a travaillé notamment avec Patrick Haggiag, Michel Massé
         (Compagnie 4 Litres 12), Bernard Beuvelot et Anne-Margritt Leclerc pour le Théâtre du Jarnisy.
         Parallèlement, elle poursuit son travail de directrice de compagnie au sein de la Compagnie Roland
         furieux où elle alterne entre mise en scène et jeu dans cinq créations : On ne badine pas avec l’amour
         et Un Caprice d’Alfred de Musset, Quartett d’Heiner Müller, Exterminez toutes ces brutes d’après Sven
         Lindqvist et Joseph Conrad et Soie D’Alessandro Baricco.

Agnès Guignard
comédienne
         Formée de 1989 à 1992 à l’Institut Supérieur National des Arts du Spectacle (INSAS), à Bruxelles, elle a
         travaillé depuis en Belgique notamment au Théâtre national et au Théâtre Varia avec entre autre, Michel
         Dezoteux (Excédent de poids, insignifiant, amorphe de W. Schwab, Mademoiselle Julie de Strindberg, L’Eveil
         du Printemps de Wedekind), Martine Wijckaert (Et de toutes mes terres ne me reste que la longueur de mon
         corps d’après la double tétralogie de Shakespeare), Philippe Van Kessel (Noce d’E. Canetti), Marc Liebens
         (Sand de M. Bertholet), Pascal Crochet (Personne ne m’a prise par la main pour m’emmener là-bas d’après
         un documentaire de R. Depardon, et Tout le reste n’est que cendres d’après Strindberg).
         En France et en Suisse avec Dominique Feret au Centre Dramatique de Besançon (Les Yeux rouges
         d’après des témoignages d’anciennes ouvrières LIP), Marcel Guignard (Feu la Mère de Madame de
         Feydeau et La Cigale chez les fourmis de Labiche), Catherine Epars (Le Cas Franza d’I. Bachmann).
         Dernièrement avec Anne-Margrite Leclerc, au Théâtre du Jarnisy (Juste la fin du monde de J.L. Lagarce).
         Elle fait actuellement un Master en Arts du Spectacle à l’Université de Louvain la Neuve.

Daniel Proïa
comédien
         Dès 1989, il commence par jouer des auteurs classiques, Molière La Jalousie du barbouillé, Le Médecin
         volant, Tchekhov Le Jubilé, L’Ours avec Le Théâtre sous la Pluie, Tristan L’Hermite Le Parasite avec Le
         Studiolo, Beaumarchais Le Mariage de Figaro avec le Théâtre du Jarnisy. En 2002 il participe aux V°
         Festival International de Théâtre en Corse dirigé Par Robin Renucci en jouant dans Penthésillée de
         Kleist, mise en scène par R. Loyon et dans Mateo Falcone de P. Mérimée dirigé par A-M Lazarini.
         Egalement des auteurs contemporains, T. Williams La Ménagerie de verre mise en scène par J. Martin au
         Festival de Valréas, A. Gatti La Journée d’une infirmière par M. Melha en 2004.
         En 2005 avec la compagnie Roland furieux il co-dirige avec Laëtitia Pitz La Mastication des morts de
         Kermann. Depuis 2006, il met en scène certains spectacles de l’ensemble vocal de musique renaissance
         et contemporaine Paschal de L’Estocart. Il a joué dans Le Moulin aux alouettes de M. Pagnol dirigé par le
         Théâtre de Nihilo. Par ailleurs il obtient un DEA d’études théâtrales sous la direction de R. Abirached
         en 1997.

                                                       Roland furieux
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Alain Ganas
comédien
          Réalisateur, scénaritse, Alain Ganas est avant tout comédien. Au théâtre, il travaille avec des metteurs
          en scène tels que F. Dascanio (Woyzecj, Léonce et Léna), J.P. Lucet (Roméo et Juliette, Ne jouez pas avec
          l’amour), J. Valois (La Fessée), L. Valton (Un bon petit diable), A. Tartas (Ferme et définitif), Paola Brunet
          (Les Harengs rouges), A. Sherban (Le Maître et Marguerite), P. Haggiag (La Trilogie du revoir, La Ville, Le
          Cantique desCantiques). Il a par ailleurs joué dans de nombreux films pour le cinéma et la télévision,
          parmi lesquels Le Château de ma mère (Y. Robert), Les Ténors (F.De Gueltz), et Le Soulier de satin (M. De
          Olivieira).


Arnaud Le Glanic
comédien
         Après avoir suivi une formation de comédien, il joue en 1982 dans Le Dîner bourgeois, mis en scène par
         Laurent Pelly, puis fait partie de 1982 à 1986 de la compagnie Emballage Théâtre dirigée par Eric Da
         Silva (Don Juan ; La grande et la petite manœuvre d’A. Adamov ; Tombeau pour cinq cent mille soldats de
         Pierre Guyotat), avant d’entreprendre des études de philosophie et de russe à l’université. A partir de
         1992, il est traducteur / interprète franco-russe pour différentes sociétés en Russie et en France, puis
         revient au théâtre en 1996.
         Il a travaillé avec Patrick Haggiag, Théo Kailer, Emmanuel Patron, Carole Drouelle, Anne-Marie
         Chanelière, Nicolas Truong, Jean-Paul Quéinnec, Tatiana Stépantchenko.
         Arnaud Le Glanic continue parallèlement ses activités de traducteur et depuis 2001, il traduit oralement,
         sur scène, les spectacles d’Evguéni Grichkovets présentés dans les pays francophones. Ses traductions
         écrites des textes de cet auteur sont publiées aux Editions Les Solitaires Intempestifs.


Nicolas Moreau
comédien
         Formé à la Classe Libre de l’Ecole Florent dans la classe de Francis Huster, à l’ENSATT, puis au
         Conservatoire National Supèrieur d’ Art Dramatique dans la classe de Stuart Seide et de Jacques
         Lassalle, il rejoint la troupe du T.N.P. de Villeurbanne dirigée par Roger Planchon (Le Radeau de la
         méduse, R. Planchon; la Tour de Nesle). Il travaille ensuite avec Claude Yersin (Mesure pour mesure),
         Jacques Lassalle (La vie de Galilée, B. Brecht), Christophe Thiry (La ménagerie de verre, T. Williams; Dom
         Juan, Molière), Frédéric Tokarzdans (Le Petit maître corrigé, Marivaux), Gilles Gleize (Angèle, A. Dumas, ),
         François Roux (Petits meurtres en famille).
         Il crée en 1997 Minetti de Thomas Bernhard, au Jeune Théâtre National puis au Festival d’ Avignon; le
         Peep show Théâtre au Théâtre du Rond-Point; Un impromptu à Versailles en 2004 ; puis A bout de souffle
         aux cotés de Thierry Niang.
         Dès 1995, il joue dans de nombreux films pour la télévision (parmi lesquels Maigret et l’affaire Saint-
         Fiacre, Denys de La Patellière; Pasteur, cinq années de rage, Luc Béraud; Des jours et des nuits de Thierry
         Chabert), dans la série SCALP (Xavier Durringer), mais aussi pour le cinéma (Lautrec, Roger Planchon ;
         Gabrielle de Patrice Chéreau). Il tourne actuellement le prochain film de François Ozon.
         Nicolas Moreau est également diplômé d’ Etat en enseignement du Théâtre. Parallélement à sa vie d’
         acteur, Nicolas Moreau est également collectionneur et marchand d’ art contemporain.


Irina Vavilova
comédienne
          Irina Vavilova, comédienne professionnelle depuis plus de trente ans, a commencé sa carrière à Moscou,
          où elle a été pensionnaire du Théâtre Maly durant huit ans. Puis elle a travaillé à Bratislava( Slovaquie)
          et enfin en France où elle travaille depuis vingt ans avec le metteur en scène Wladyslaw Znorko
          (Cosmos Kolej).
          En Russie, elle a interprété de nombreux rôles principaux dans le répertoire classique, et a tourné
          dans une dizaine de longs métrages et téléfilms (rôles principaux).
          En France , elle a travaillé avec le Théâtre de l’Unité (Jacques Livchine) et le Cosmos Kolej (Wladislaw
          Znorko). Elle a tourné des seconds rôles dans plusieurs longs métrages et a aussi créé sa propre
          Compagnie, avec laquelle elle a monté plusieurs spectacles et a organisé des stages AFDAS.




                                                        Roland furieux
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Xavier Charles
compositeur
            Clarinettiste, il est à la fois complice de Jacques Di Donato et Frédéric Le Junter. Il multiplie les
            collaborations du noisy à l’électro en passant par la poésie sonore : Martin Tetreault, The Ex, Pierre
            Berthet, Etage 34,Axel Dörner, Jérôme Jeanmart, John Butcher, Jean Pallandre, Marc Pichelin, Cris Cutler,
            Martine Altenburger, Camel Zekri, Frédéric Blondy, Ossatura. Il travaille en relation avec différents
            groupes et collectifs (des Kristoff K.roll à La Flibuste), aborde la relation musique - autres arts avec le
            marionnettiste-acteur Philippe Rodriguez-Jorda (Le Soupir du Catadioptre) et compose pour le théâtre,
            notamment la Compagnie François Lazaro et la Compagnie Roland furieux.
            Ses recherches musicales actuelles l’orientent vers un système incluant clarinette, basse préparée et
            installation de hauts parleurs vibrants : des univers sonores aux frontières de la musique improvisée,
            du rock noisy, de l’électroacoustique.


Ivar Grydeland, Nikos Veliotis, Christian Wallumrod, Ingar Zach
musiciens
           Ivar Grydeland et Ingar Zach ont commencé à travailler ensemble à la fin du 20è siècle ; ils créent le
           label SOFA, et travaillent avec plusieurs groupes composés de musiciens de la scène de l’improvisation
           musicale en Europe. C’est pendant leurs études de Musique de Chambre à l’Académie de musique de
           Norvège que leur style prend forme. Ils invitent Christian Wallumrod à enregistrer et répéter avec
           eux.
           Suite à la rencontre avec Xavier Charles, ils forment le quartet Dans les Arbres.
           Nikos Veliotis se définit comme “un artiste vidéo enfermé dans le corps d’un musicien”. Il est considéré
           comme l’un des improvisateurs clés de la scène européenne.


Dominique Burté
créateur costumes
           Dominique Burté débute à l’Opéra de Nancy, commence par la figuration, la couture et la création
           d’accessoires. Il se perfectionne dans l’un des meilleurs ateliers parisiens. Antoine Bourseiller lui
           confie sa première création de costumes pour Les Fiançailles au Couvent qu’il met lui-même en scène.
           S’ensuivent Rigoletto, Roméo et Juliette, Alcina ainsi que quelques opérettes. Il intégre l’atelier couture
           de l’Opéra-Théâtre de Metz, et signe les costumes de Les Huguenots, Shéhérazade, Death in Venice,
           Les Contes d’Hoffmann, Monsieur de Chimpanzé/Monsieur Choufleuri, La Route Fleurie. Il travaille pour
           toutes les créations de la Compagnie Roland furieux (à l’exception de Soie), ainsi que pour la création
           mondiale de l’opéra de Charles Chaynes, Mi amor.


Christian Pinaud
créateur lumière
           Formé à l’Ecole de la rue Blanche à Paris de 1983 à 1985, il a travaillé avec Alain Françon, Lorenzo
           Mariani, Andréas Homoki, René Koering, Moshé Leiser, Michel Didym, Patrick Haggiag, Philippe Berling.
           Ses dernières créations pour le théâtre : Les Pièces de guerre, mise en scène d’Alain Françon au Festival
           d’Avignon, La Mouette et Edouard II, mise en scène d’Alain Françon, Sallinger, mise en scène Michel
           Didym au Théâtre de la Ville, Daewoo, mise en scène de Charles Tordjman, Le Soldat Tanaka, mise en
           scène de Guillaume Levèque au Théâtre National de la Colline et Tribune Est et Soie, mise en scène de
           Patrick Haggiag. Christian Pinaud est co-directeur de la compagnie In Situ.


Guillaume Lorchat
assistant création lumière et régisseur lumière et général
           Formé à l’Ecole de la rue Blanche à Paris, il a travaillé au Théâtre du Saulcy à Metz, au Théâtre Amphigouri,
           et dans le cadre du festival Mousson d’été. Pour la compagnie Roland furieux, il a assuré la création
           lumière de Funérailles d’Hiver, de Hanokh Levin, et travaille actuellement à la création de La Bonne Ame
           de Se-chouan, de Bertolt Brecht, avec le théâtre du Jarnisy.




                                                         Roland furieux
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Elena – Je veux dire
Sans colère
Si possible sans le moindre accent d’héroïsme
Sans même cette ambition modeste d’exprimer la vérité qui n’est jamais qu’une vulgarité de plus
Dire que
Je ne suis pas ce que j’étais
En effet
Je n’étais rien et maintenant je suis au moins la possibilité de quelque chose
Et ça
Je vais le défendre
...
                                                                  Howard Barker, dans Vania




                                              Roland furieux
                                                    9
LA COMPAGNIE ROLAND FURIEUX

La Compagnie Roland furieux, fondée en 1996 par Laëtitia Pitz,
Valéry Plancke, metteurs en scène et acteurs et Stéphanie Verger,
administratrice est en résidence à Hagondange jusqu’en 2003 et crée un
lieu de travail ouvert sur la ville avec des lectures mises en espace : les
Jeudi furieux, des ateliers de pratique artistique avec le jeune public, stages,
accueil de spectacles de petites formes, et enfin quatre créations.

Musset, par deux fois : On ne badine pas avec l’amour et Un                                                     Soie
caprice.
Puis une lecture déterminante, Heiner Müller – Quartett.
Et une composition à partir de l’essai de Sven Lindqvist Exterminez
toutes ces brutes, l’odyssée d’un homme au cœur des ténèbres et les
origines du génocide européen. Cette adaptation théâtrale, réalisée par
Laëtitia Pitz a été cooptée par le Stadtsteater de Stockholm.



                                                                                        Exterminez toutes ces brutes

Aujourd’hui, une nouvelle famille d’acteurs... Laëtitia Pitz, Agnès Guignard,
Daniel Proïa. Et puis des invitations artistiques majeures... Le metteur en
scène Patrick Haggiag et le compositeur et clarinettiste Xavier Charles.
Ce compagnonnage a donné naissance à une nouvelle création : Soie
d’Alessandro Baricco, créé en janvier 2007 à Verdun et actuellement en
tournée. Oncle Vania d’Anton Tchekhov, demain, pour se dire que l’on
n’a pas rêvé.

De 2008 à 2010, la Compagnie Roland furieux est accueillie par l’Action                                    Quartett
Culturelle du Pays de Briey en résidence artistique. Cette résidence
s’articulera autour de la création de trois spectacles – Oncle Vania,
Les Anges mineurs, d’Antoine Volodine et..., d’une reprise de Soie,
de rendez-vous réguliers de lectures et musiques improvisées – les
Surprises théâtrales et sonores, ainsi que d’un travail d’ateliers en lien avec
le territoire.
La compagnie poursuit ses échanges avec la Scène nationale deVandoeuvre-
les-Nancy et le Théâtre des Deux Sapins à Giromagny.
                                                                                                         Un caprice
L’approche artistique de la compagnie sur ce territoire d’accueil se fonde sur une recherche
esthétique entre texte et musique, formes brèves improvisées et chef-d’œuvre pour creuser
autour du frottement entre langue et son.

Tenter d’être dans une philosophie de l’exercice pour rester en mouvement et partager
avec le public cette vibration, celle de la créativité de l’erreur.



                                                                                                On ne badine pas
                                                                                                     avec l’amour



                                                    Roland furieux
                                                         10
ONCLE VANIA

Anton Tchekhov
Traduction Arnaud Le Glanic


Mise en scène         Patrick Haggiag

Scénographie          Patrick Haggiag &
                      Gustavo Kortsarz

Avec                  Alain Ganas,
                      Arnaud le Glanic,
                      Agnès Guignard,
                      Nicolas Moreau,
                      Laëtitia Pitz,
                      Daniel Proïa,
                      Irina Vavilova,

Musique originale     Xavier Charles

Interprétée par       Xavier Charles
                      Ivar Grydeland
                      Christian Wallumrod
                      Ingar Zach

Lumières              Christian Pinaud
Assistant             Guillaume Lorchat

Costumes              Dominique Burté

Régie Lumières
& Générale            Guillaume Lorchat

Production déléguée   Compagnie Roland furieux

Coproduction          Compagnie Roland furieux
                      Action culturelle du
                      Pays de Briey -
                      Communauté de Communes,
                      CCAM/Scène nationale de
                      Vandoeuvre-les-Nancy,
                      Centre Dramatique National
                      Thionville-Lorraine,




                              Roland furieux
                                   2
               “Devenir, ce n'est jamais imiter, faire comme,
ni se conformer à un modèle, fût-il de justice ou de vérité.
    Il n'y a pas un terme dont on part, ni auquel on arrive”
                                               Gilles Deleuze




                         Roland furieux
                              3
NOTE D’INTENTION

                                 La Compagnie Roland furieux et
                            le metteur en scène Patrick Haggiag,
                                               un désir commun



                                                        « Ne lèche pas, ne polis pas.
                                            Soit au contraire maladroit et téméraire,
                                                              gracieux et insolent ».
                                                                         A. Tchekhov


Quelques intuitions, des questions aussi...

Seulement et simplement l’étape où l’on sait que c’est cette histoire qui vous
habite et que vous allez partager avec le plateau puis le public. Voir les pièces
de Tchekhov comme une partition musicale faite de moments calmes et féroces
et de pauses. Trouver le rythme de ces alternances aux antipodes afin d’éclairer
une question racine : comment recommencer une nouvelle vie ?
Et plus loin : comment ne pas devenir, dans ce temps qui passe, spectateur de
la défaite de nos désirs ? Là, il faut s’effrayer. Explorer le rebond, la répétition, le
raté, le rien, la contradiction, la friction, la présence des corps et le poids de
l’oralité. Le silence. Tendre les relations jusqu’à l’échappement avant cassure.
Tourner autour de l’orage (oui, la sensation d’une nuit d’orage) et de la colère,
cracher sur la nostalgie et l’ironie qui empoisonnent tout.
Oser prendre le texte comme un matériau, le distiller vers ce qui interpelle, tout
en préservant l’énergie et la vibration de ce classique. Parce qu’ici la langue est
aiguë, les personnages façonnés en orfèvre, parce qu’il y a absence de toute
banalité et que l’on peut perdre pieds dans l’exploration des rapports possibles
entre l’homme et l’univers – les yeux en rire et en larme.
                                                                      Laëtitia Pitz
                                                                      Janvier 2008

Oncle Vania, ça suit son cours...

Il est des œuvres, si rares, dont l’écho et l’aura ne dépendent plus de rien, ni de
personne. Elles ont fini par se placer à l’écart des contingences, des sollicitudes,
et des rondes séductrices. Non pas dans un écrin, ni derrière un écran de fumée.
Tchekhov se tient en embuscade, un plongeon vers le haut.
Une œuvre qui échapperait au commerce de qui l’accepte etde qui la refuse.
Serions-nous une multitude à nous frotter à Oncle Vania, quelle importance ?
Mais n’y a-t-il pas encore une dignité des mots, une inspiration neuve, un
surcroît d’exigence à espérer ? Un sursaut de singularité aussi ; apposer à notre
tour à cette liste des passeurs occasionnels, une marque, la trace durable de
notre élan. C’est à cela que nous travaillons.
Le théâtre de Tchekhov, Oncle Vania en particulier, nous dispense de la
surenchère. Un théâtre qu’on ne peut élucider qu’en continuant d’en faire. Alors
juste éclaircir un mystère ou deux, compter sur quelques coïncidences
heureuses et débordements d’audaces et poursuivre l’expérience en cours.
Restituer du mieux qu’on puisse, l’homogénéité entre faire et dire. Oncle Vania,
une œuvre dont le dire constitue le vivre.
« Un dire qui n’est plus un être, ni un avoir, mais un se faire, un agir sur… »
Henri Meschonnic.
Oncle Vania, ça suit son cours.

                                                                    Patrick Haggiag
                                                                       Octobre 2008

                                           Roland furieux
                                                4
UNE NOUVELLE TRADUCTION DE
ARNAUD LE GLANIC

L'idée d'ajouter une nouvelle traduction d'Oncle Vania à la nombreuse liste des
versions déjà existantes ne m'avait jamais effleuré. Je suis avant tout comédien,
et mon « second métier » de traducteur de russe s'était spécialisé depuis
quelques années dans le travail sur les œuvres théâtrales de l'auteur
contemporain Evguéni Grichkovets. Et quand Patrick Haggiag me fit l'honneur, il
y a quelques semaines, de me proposer le rôle de Vania dans le spectacle qu'il
allait mettre en scène à l'initiative de Laëtitia Pitz, il n'en était pas question.
Mais le problème du choix de la traduction n'était pas pour lui, à ce moment-là,
résolu. Il avait bien sûr envisagé la possibilité de faire appel, après d'autres, à la
version d'André Markowicz et Françoise Morvan, références contemporaines
majeures, grands traducteurs ayant tout simplement ouvert une nouvelle
époque de la traduction des auteurs classiques russes. (..). En même temps, les
autres traductions intéressantes, comme celle d'Elsa Triolet dans la Pléiade,
avaient indéniablement vieilli par plusieurs aspects (…).

J'ai mieux pris conscience, à l'occasion de cette expérience, nouvelle pour moi,
de traduction d'un texte déjà traduit par beaucoup d'autres, des effets de la
conception que chaque traducteur se fait de l'acte de création de l'auteur dans
sa langue, ainsi que du rapport entre deux langues. En particulier, quant à
l'ordre des mots.
L'exigence contemporaine de rigueur dans le rapport au texte d'origine, en soi
évidemment tout-à-fait louable, peut par exemple conduire à transposer tel
quel, le plus souvent possible, l'ordre des mots des phrases d'origine dans la
langue « d'arrivée », ici le français, au risque de produire des effets différents
sur les auditeurs et lecteurs des deux langues, puisque les habitudes
syntaxiques dans ces deux langues sont différentes (…).
Ces questions peuvent sans doute recevoir des réponses différentes selon les
auteurs, et le type d'élaboration formelle de leur écriture.
Mais sans me lancer dans des développements qui n'ont pas leur place ici, je
dirais que le pari de cette traduction aura été de « tenir les deux bouts » de la
rigueur dans la référence au texte d'origine, et de la recherche d'une langue
française à la fois cohérente et « réellement » parlée, comme il me semble que
Tchekhov a voulu mettre sur le théâtre, à sa manière et en son temps, une
langue russe réellement parlée.
Il est vrai que j'avais déjà été orienté dans cette voie de travail sur le français
par un auteur russe vivant, Evguéni Grichkovets, dont les rapports à l'héritage
de Tchekhov me semblent à la fois complexes et profonds (…).

Enfin, je fais partie, grâce à l'histoire de ce projet, des traducteurs ayant
bénéficié, en cours de travail, de la mise à l'épreuve de l'appropriation par les
(autres) acteurs, et de leurs réactions, comme j'ai bénéficié de l'aide de l'actrice
de langue maternelle russe Irina Vavilova lorsque j'avais des doutes sur le texte
original, et comme j'ai bénéficié de l'accompagnement permanent et précieux de
Patrick Haggiag et de Laëtitia Pitz, que je remercie d'avoir à la fois suscité,
encouragé et aidé ce travail par leurs réactions et suggestions.
Ce sera finalement au public français que nous rencontrerons, évidemment
destinataire ultime et raison d'être de la traduction, de l'apprécier comme un
élément du spectacle à venir.

                                                                 Arnaud Le Glanic
                                                                     Octobre 2008

                                          Roland furieux
                                               5
L’EQUIPE

Patrick Haggiag, metteur en scène
Patrick Haggiag s’engage sur la voie de la mise en scène en 1979 avec Feuilles de route de
Blaise Cendrars. Il a présenté La Trilogie du revoir de Botho Strauss au Centre dramatique
national de Gennevilliers et à l’Atelier du Rhin, Le Chant des chants au Théâtre de l’Odéon
et Ben Zimet et Talila aux Bouffes du Nord à Paris, Le Canard sauvage d’Henrik Ibsen au
Centre dramatique national de Gennevilliers et à Lausanne.
Récemment, il a présenté Tribune Est d’Alexandre Galine à l’Atelier du Rhin. Planète et La
ville d’Evgueni Grichkovets sont en tournée en France et en Suisse a même année où il
met en scène Soie de Baricco à Verdun (janv. 2007) et créé au Théâtre de Vidy-Lausanne
La Trilogie de la villégiature de Carlo Goldoni (septembre).
Patrick Haggiag a été collaborateur de Luis Pasqual, au Théâtre de l’Odéon (Paris) de 1991
à 1996. Il fut également assistant à la mise en scène de nombreux metteurs en scène,
parmi lesquels Patrice Chéreau, José Luis Gomez. Il est par ailleurs chargé de cours à
l’université Paris III, au département d’Etudes théâtrales. Depuis 2004, il est en résidence
à l’Atelier du Rhin de Colmar.

Laëtitia Pitz, comédienne, dir. artistique de la compagnie. Interprète Eléna
Après un parcours de formation au sein de l’Ecole Florent et du Théâtre des 50 (Atelier
Andréas Voutsinas de l’Actor’s studio) à Paris, Laëtitia Pitz a travaillé notamment avec
Patrick Haggiag, Michel Massé (Compagnie 4 litres 12), Bernard Beuvelot et Anne-Margritt
Leclerc pour le Théâtre du Jarnisy.
Parallèlement, elle poursuit son travail de directrice de compagnie au sein de la Compagnie
Roland furieux où elle alterne entre mise en scène et jeu dans cinq créations : On ne
badine pas avec l’amour et Un Caprice d’Alfred de Musset, Quartett d’Heiner Müller,
Exterminez toutes ces brutes d’après Sven Lindqvist et Joseph Conrad et Soie
D’Alessandro Baricco.


Agnès Guignard, comédienne. Interprète Sonia
Formée de 1989 à 1992 à l’Institut supérieur national des arts du spectacle (INSAS) de
Bruxelles, elle a travaillé en Belgique au Théâtre national et au Théâtre Varia avec entre
autres, Michel Dezoteux (Excédent de poids, insignifiant, amorphe de W. Schwab,
Mademoiselle Julie de Strindberg, L’Eveil du Printemps de Wedekind), Martine Wijckaert
(Et de toutes mes terres ne me reste que la longueur de mon corps d’après la double
tétralogie de Shakespeare), Philippe Van Kessel (Noce d’E. Canetti), Marc Liebens (Sand de
M. Bertholet), Pascal Crochet (Personne ne m’a prise par la main pour m’emmener là-bas
d’après un documentaire de R. Depardon, et Tout le reste n’est que cendres d’après
Strindberg).
En France et en Suisse, avec Dominique Feret au Centre dramatique de Besançon (Les
Yeux rouges d’après des témoignages d’anciennes ouvrières LIP), Marcel Guignard (Feu la
Mère de Madame de Feydeau et La Cigale chez les fourmis de Labiche), Catherine Epars
(Le Cas Franza d’I. Bachmann). Dernièrement avec Anne-Margritt Leclerc, au Théâtre du
Jarnisy (Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce).
Elle termine actuellement un Master en arts du spectacle à l’Université de Louvain-la-
Neuve.


Daniel Proïa, comédien. Interprète Téléguine
Titulaire d’un D.E.A. d’études théâtrales sous la direction de R. Abirached (1997), Daniel
Proïa a commencé par jouer, à partir de 1989, des auteurs classiques : de Molière, La
Jalousie du barbouillé, Le Médecin volant ; de Tchekhov Le Jubilé, L’Ours avec Le Théâtre
sous la Pluie, Tristan L’Hermite Le Parasite avec Le Studiol ; de Beaumarchais, Le Mariage
de Figaro avec le théâtre du Jarnisy. En 2002, il participe à la cinquième édition du Festival
international de Théâtre en Corse dirigé par Robin Renucci, en jouant dans Penthésillée de
Kleist, mise en scène par R. Loyon et dans Mateo Falcone de Prosper Mérimée dirigé par
A.-M. Lazarini.
Parmi les auteurs contemporains, Daniel Proïa participe à La Ménagerie de verre de
Tenessee Williams mise en scène par J. Martin, à La Journée d’une infirmière d’A. Gatti par
M. Melha (2004).
Depuis 2006, il met en scène certains spectacles de l’ensemble vocal de musique
renaissance et contemporaine Paschal de L’Estocart. Il a joué dans Le Moulin aux alouettes
de Marcel Pagnol produit par le Théâtre de Nihilo.
Pour la Compagnie Roland furieux, il codirige avec Laëtitia Pitz La Mastication des morts de
Kermann (2005).

                                             Roland furieux
                                                  6
Arnaud Le Glanic, comédien, traducteur. Interprète Oncle Vania
Après avoir suivi une formation de comédien, il joue en 1982 dans Le Dîner bourgeois mis
en scène par Laurent Pelly, puis fait partie de 1982 à 1986 de la Compagnie Emballage
Théâtre dirigée par Eric Da Silva et participe aux projets Don Juan, La grande et la petite
manœuvre d’A. Adamov, Tombeau pour cinq cent mille soldats de Pierre Guyotat, avant
d’entreprendre des études de philosophie et de russe à l’université.
À partir de 1992, il est traducteur- interprète franco-russe pour différentes sociétés en
Russie et en France, puis revient au théâtre en 1996, pour travailler notamment avec
Patrick Haggiag, Théo Kailer, Emmanuel Patron, Carole Drouelle, Anne-Marie Chanelière,
Nicolas Truong, Jean-Paul Quéinnec, Tatiana Stépantchenko.
Arnaud Le Glanic continue parallèlement ses activités de traducteur et depuis 2001, il
traduit oralement, sur scène, les spectacles d’Evguéni Grichkovets présentés dans les pays
francophones. Ses traductions de ce dernier auteur sont publiées aux Editions Les
Solitaires Intempestifs.


Irina Vavilova, comédienne. Interprète Marina et Maria Vassilievna
Comédienne ayant commencé sa carrière à Moscou dans les années soixante-dix, Irina
Vavilova a été pensionnaire du Théâtre Maly, durant huit ans. Elle a travaillé ensuite à
Bratislava (Slovaquie),et enfin, en France où elle collabore depuis vingt ans avec le
metteur en scène Wladyslaw Znorko.
En Russie, elle a interprété de nombreux rôles principaux dans le répertoire classique, et
joué les rôles principaux dans une dizaine de longs métrages pour le cinéma ou la
télévision.
En France , elle a travaillé avec le Théâtre de l’Unité (Jacques Livchine) et le Cosmos Kolej
(Wladislaw Znorko).
Sans renoncer au cinéma – elle participe à de nombreux longs métrages – Irina Vavilova
créé sa propre compagnie, avec laquelle elle a monté plusieurs spectacles et a organisé
des stages de formation.


Alain Ganas, comédien. Interprète le Professeur Sérébriakov
Réalisateur, scénariste, Alain Ganas est avant tout comédien.
Au théâtre, il travaille avec des metteurs en scène tels que F. Dascanio (Woyzecj, Léonce
et Léna), J.-P. Lucet (Roméo et Juliette, Ne jouez pas avec l’amour), J. Valois (La Fessée),
L. Valton (Un bon petit diable), A. Tartas (Ferme et définitif), Paola Brunet (Les Harengs
rouges), Andreï Sherban (Le Maître et Marguerite), Patrick Haggiag (La Trilogie du revoir,
La Ville, Le Cantique des Cantiques).
Il a par ailleurs joué dans de nombreux films pour le cinéma et la télévision, parmi
lesquels Le Château de ma mère (Yves Robert), Les Ténors (F. De Gueltz), et Le Soulier de
satin (M. De Oliveira).


Nicolas Moreau, comédien. Interprète Astrov.
Formé à la classe libre de l’Ecole Florent dans la classe de Francis Huster, à l’E.N.S.A.T.T.
(rue Blanche), puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans les classes
de Stuart Seide et de Jacques Lassalle, Nicolas Moreau intègre la troupe de la Comédie
française, en 1994, pour les mises en scène de Jean-Luc Boutté, L’impromptu de Versailles
et Les Précieuses ridicules. Il rejoint ensuite, en 1996, la troupe du Théâtre National
Populaire de Villeurbanne dirigée par Roger Planchon (Le Radeau de la méduse, La Tour de
Nesle).
Il travaille avec Claude Yersin (Mesure pour mesure, Shakespeare), Jacques Lassalle (La
vie de Galilée, B. Brecht), Christophe Thiry (La Ménagerie de verre, T. Williams ; Dom
Juan, Molière), Frédéric Tokarz dans (Le Petit maître corrige, Marivaux), Gilles Gleize
(Angèle, A.Dumas), François Roux (Petits meurtres en famille).
En 1997, Nicolas Moreau créé Minetti de Thomas Bernhard, au Jeune Théâtre National,
puis au Festival d’Avignon ; Un impromptu à Versailles en 2004 dans le Potager du château
de Versailles ; Le Peep show Théâtre dans les jardins du Théâtre du Rond-Point en
2004/05 ; et participe enfin au projet chorégraphique de Thierry Niang, A bout de souffle.
Dès 1995, il joue dans de nombreux films pour la télévision (parmi lesquels Maigret et
l’Affaire Saint-Fiacre de Denys de La Patellière ; Pasteur, cinq années de rage de Luc
Béraud ; Des jours et des nuits de Thierry Chabert). Récemment, on a pu le voir dans la
série SCALP (Xavier Durringer).
Il tourne aussi dans des longs-métrages pour le cinéma, entre autres, Lautrec de Roger
Planchon et Gabrielle de Patrice Chéreau.
Nicolas Moreau est diplômé d’Etat en enseignement du Théâtre ; et il est, en parallèle de
son métier d’acteur, collectionneur et marchand d’art contemporain.


                                             Roland furieux
                                                  7
Xavier Charles, compositeur
Clarinettiste de formation, à la fois complice de Jacques Di Donato et Frédéric Le Junter,
Xavier Charles multiplie les collaborations, du noisy à l’électro, en passant par la poésie
sonore : Martin Tetreault, The Ex, Pierre Berthet, Etage 34, Axel Dörner, Jérôme Jeanmart,
John Butcher, Jean Pallandre, Marc Pichelin, Cris Cutler, Martine Altenburger, Camel Zekri,
Frédéric Blondy, Ossatura.
Il travaille en relation avec différents groupes et collectifs (des Kristoff K.roll à La Flibuste),
et s’intéresse au transdisciplinaire en abordant les liens entre la musique et les arts
vivants avec le marionnettiste acteur Philippe Rodriguez-Jorda (Le Soupir du Catadioptre).
Xavier Charles compose pour le théâtre, notamment la Compagnie François Lazaro et la
Compagnie Roland furieux (Soie d’après Alessandro Baricco, création janvier 07). Ses
recherches musicales actuelles l’orientent vers un système incluant clarinette, basse
préparée et installation de hauts parleurs vibrants. Des univers sonores aux frontières de
la musique improvisée, du rock noisy, de l’électroacoustique.


Ivar Grydeland, Christian Wallumrod, Ingar Zach, musiciens du quartet “Dans les
arbres”
Ivar Grydeland et Ingar Zach ont commencé à travailler ensemble à la fin des années
quatre-vingt-dix. Ils créent le label SOFA, et travaillent avec plusieurs groupes composés
de musiciens de la scène de l’improvisation musicale en Europe.
Concluant ensemble leurs études de musique de chambre à l’Académie de musique de
Norvège, leur style prend forme. Ivar Grydeland et Ingar Zach invitent alors Christian
Wallumrod à enregistrer et répéter avec eux.
Leur rencontre avec Xavier Charles donnent naissance au quartet Dans les Arbres, dont le
premier album (éponyme) paraît, en 2008, chez ECM (Allemagne).



Christian Pinaud, créateur lumière
Formé à l’Ecole de la rue Blanche à Paris de 1983 à 1985, Christian Pinaud a travaillé avec
Alain Françon, Lorenzo Mariani, Andréas Homoki, René Koering, Moshé Leiser, Michel
Didym, Patrick Haggiag, Philippe Berling.
Ses dernières créations pour le théâtre : Les Pièces de guerre, mise en scène d’Alain
Françon au Festival d’Avignon, La Mouette et Edouard II, mise en scène d’Alain Françon,
Sallinger, mise en scène Michel Didym au Théâtre de la Ville, Daewoo, mise en scène de
Charles Tordjman, Le Soldat Tanaka, mise en scène de Guillaume Levèque au Théâtre
national de la Colline et Tribune Est et Soie, mise en scène de Patrick Haggiag.
Christian Pinaud est co-directeur de la compagnie In Situ.



Dominique Burté, créateur costumes
Dominique Burté débute à l’Opéra de Nancy, en commençant par la figuration, la couture
et la création d’accessoires. Il se perfectionne dans l’un des meilleurs ateliers parisiens.
Antoine Bourseiller, metteur en scène, lui confie sa première création de costumes pour
Les Fiançailles au Couvent. S’en suivent Rigoletto, Roméo et Juliette, Alcina ainsi que
quelques opérettes.
Il intègre l’atelier couture de l’Opéra-Théâtre de Metz, et signe les costumes de Les
Huguenots, Shéhérazade, Death in Venice, Les Contes d’Hoffmann, Monsieur de
Chimpanzé/Monsieur Choufleuri, La Route Fleurie. Récemment, il s’est consacré à la
création mondiale de l’opéra de Charles Chaynes, Mi amor.
Régulièrement appelé par la Compagnie Roland furieux, Dominique Burté a participé à
toutes les créations, celle de Soie mise à part.


Gustavo Kortsarz, scénographe
Né en Argentine en 1955. En 1976, pendant sa 4° année à la faculté de médecine de
Buenos Aires, Gustavo Kortsarz passe le concours d'entrée à l'Ecole des Beaux-Arts . Ayant
obtenu une bourse du Ministère des Affaires Étrangères pour suivre des études de
perfectionnement en Scénographie il vient en France en 1988.
Depuis, il participe à de nombreuses expositions en Europe et en Argentine dont
notamment " No Lloc ", (vidéo, exposition collective); MX espai 1010, Barcelona, España ;
" Kortsarz, Lamas, Proteico " (projection) ; Kino Palais, Buenos Aires, Argentina ; " El Sol
en tu Cabeza " (manifestation d'art vidéo argentin, commissaire d'exposition). Il intervient
dans différents lieux dans la ville de Rennes: Musée des Beaux-Arts, Ecole des Beaux-Arts,
Galerie le Bon Accueil, Centre Culturel le Triangle, Lendroit Galerie, Delkographik Studio.
Enfin il réalise " 1000 ", Animation, vidéo, 4' 43".



                                                Roland furieux
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Il collabore depuis plusieurs années avec le metteur en scène Patrick Haggiag, en tant que
peintre et scénographe (dernièrement : La Trilogie de la Villégiature de Goldoni- Théâtre
Vidy-lausanne ; Soie d’Alessandro Barrico)
Il a été par ailleurs professeur invité (workshop vidéo) à l’École Régionale des Beaux Arts,
Rennes, et à l’École Régionale des Beaux Arts de Dunkerque.


Guillaume Lorchat, assistant lumière, régisseur général et lumières
Diplômé en 2006 de l’ENSATT Lyon (Réalisateur Lumière), il travaille en tant que créateur
lumière, régisseur lumières et régisseur général, avec différentes équipes artistiques en
Lorraine et en Rhône-Alpes.
Notamment avec le Théâtre du Jarnisy (pour La Bonne Âme du Se-Tchouan, Brecht; Juste
la fin du monde, mises en scène Anne-Margritt Leclerc); la Compagnie Roland furieux
(Funérailles d'hiver, H. Levin ; Soie A. Baricco mise en scène P. Haggiag). De 2001 à
2008 : régisseur lumière sur le festival de « Théâtre Intime » et « La Mousson
d’Eté » (57).
Il a participé aux aventures suivantes. Création lumière, régie générale et lumière de
Daruma L. Binot et T.Devaux. Régisseur de tournée pour Face de cuillère Lee Hall, M
Didym, avec R Bohringer. Régisseur lumière et général de Lieu Commun, C. Dreyfus Cie
Les Pas Nommés, Un-Complet P. Maurin, Cie Les Patries Imaginaires ; En attendant Godot,
Beckett, B. Levy, Cie Fil en Aiguille. Assistant création lumière de Avec ou sinon rien Cie
Acte (danse) avec F. Dugied
Création lumière et régie lumière pour la compagnie Amphigouri à Lyon. Création lumière
Le songe d’une nuit d’hiver S. Purcarete.




                                             Roland furieux
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LA COMPAGNIE ROLAND FURIEUX

La Compagnie Roland furieux, fondée en 1996 par
Laëtitia Pitz, Valéry Plancke, metteurs en scène et
acteurs et Stéphanie Verger, administratrice est en
résidence à Hagondange jusqu’en 2003 et crée un lieu de
travail ouvert sur la ville avec des lectures mises en
espace : les Jeudi furieux, des ateliers de pratique
artistique avec le jeune public, stages, accueil de
spectacles de petites formes, et enfin quatre créations.                     Soie

Etre dans l’urgence de trouver d’autres issues dans un
monde qui ne satisfait pas et sentir un écho dans le
mouvement romantique, celui qui refuse les limites.
Musset, par deux fois : On ne badine pas avec l’amour
et Un caprice.
Puis une lecture déterminante, Heiner Müller – Quartett.
Et une composition à partir de l’essai de Sven Lindqvist
Exterminez toutes ces brutes, l’odyssée d’un homme au
cœur des ténèbres et les origines du génocide européen.         Exterminez toutes
Cette adaptation théâtrale, réalisée par Laëtitia Pitz a été     ces brutes brutes

cooptée par le Stadtsteater de Stockholm.

Aujourd’hui, une nouvelle famille d’acteurs... Laëtitia Pitz,
Agnès Guignard, Daniel Proïa. Et puis des invitations
artistiques majeures... Le metteur en scène Patrick
Haggiag et le compositeur et clarinettiste Xavier Charles.
Ce compagnonnage a donné naissance à une nouvelle
création Soie d’Alessandro Baricco, crée en Janvier 2007
à Verdun et actuellement en tournée. Oncle Vania
d’Anton Tchékhov, demain, pour se dire que l’on n’a pas
                                                                         Quartett
rêvé.
De 2008 à 2010, la Compagnie Roland furieux est
accueillie par l’Action culturelle du Pays de Briey en
résidence artistique. Cette résidence s’articulera autour
de la création de trois spectacles – Oncle Vania, Les
Anges mineurs d’après Antoine Volodine, et..., d’une
reprise Soie, de rendez-vous réguliers de lectures et
musiques improvisées – les Surprises théâtrales et
sonores, ainsi que d’un travail d’ateliers en lien avec le
territoire.
La résidence s’ancre sur le territoire de la Communauté                Un caprice
de communes du pays de Briey et crée des échanges
avec Transversales à Verdun, la Scène nationale de
Vandoeuvre-les-Nancy et le Théâtre des Deux Sapins à
Giromagny.

L’approche artistique de la compagnie sur ce territoire
d’accueil se fonde sur une recherche esthétique entre
texte et musique, formes brèves improvisées et chef-
d’œuvre pour creuser autour du frottement entre langue
et son.
Tenter d’être dans une philosophie de l’exercice pour
rester en mouvement et partager avec le public cette
vibration, celle de la créativité de l’erreur.
                                                                On ne badine pas
                                                                    avec l’amour




                                         Roland furieux
                                              11
SOIE           (spectacle disponible)
D’après l’œuvre d’Alessandro Barrico


Traduction : Françoise Brun                                         Scénographie: Patrick Haggiag
Adaptation : Laëtitia Pitz                                                              assisté de :
                                                                     Fabienne Boudon & Juan Sanz
Conception: Compagnie
Roland furieux                                                 Construction décor: Juan Sanz
Mise en scène : Patrick Haggiag

Avec:                                                      Musique originale: Xavier Charles
Agnès Guignard                                                         Lumières: Christian Pinaud
Laëtitia Pitz
Young-Soo Cho                                                         Costumes: Colette Huchard
Xavier Charles                                                          Régie : Guillaume Lorchat




Coproductions:
Centre Culturel André Malraux - Scène nationale de Vandoeuvre-les-Nancy /
Transversales Verdun /Compagnie Roland furieux.
Le projet bénéficie de l’aide à la production du Ministère de la Culture - DRAC Lorraine.



Le spectacle repose sur les acteurs et la combinaison de leurs relations. La
parole passe délicatement d’une voix à l’autre, et fait vibrer dans une clarté
inattendue les liens qui unissent parfois les êtres. Échanges aléatoires. La
musique dialogue avec la langue et l’histoire que portent les acteurs. Elle
rythme, elle refrain, elle vente, elle ritournelle, elle danse, elle gronde, elle crie,
elle siffle. L’espace flotte entre deux rêves. Celui de la réussite sociale, de
l’argent, de la famille, de la construction pérenne et solide et celui du vent qui
dessine des petites ondes sur l’eau d’un lac et d’une cage ouverte où s’envolent
des centaines d’oiseaux. C’est sur ce bord, le long de cette marge que l’art
d’une vie respire.

                                                                                        Laëtitia Pitz

Tournée 2007-2008
•CCAM  – Scène Nationale de Vandoeuvre les Nancy (54)
•Espace Georges Sadoul à Saint-Dié-des-Vosges (88)
•Théâtre de la Madeleine – Troyes (10)
Spectacle choisi par la région Lorraine dans le cadre de la manifestation « Plateforme 2007 »
•Hôtel de Ville à Sarreguemines (57)
•Théâtre Gérard Philipe à Frouard (54)
•Espace Saint-Pierremont à Mancieulles (54)
•Taps Gare à Strasbourg (68)




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