Article 5 - Juin 2008
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En direct de Trame
Agroéquipements – Compostage – Méthanisation – Formation – Relations Humaines – Activités de service
Des agriculteurs creusois se forment
à la rentabilité des productions fermières
Le réseau Bienvenue à la Ferme et la FDGeda de la Creuse ont organisé en 2007 une formation pour
producteurs fermiers en activité et des porteurs de projet. L’objectif était de se poser des questions sur la
rentabilité de ses activités, de rechercher les améliorations possibles, de préparer de nouveaux réseaux
de commercialisation ou investissement, en abordant les différents coûts d'investissement et charges de
fonctionnement, ainsi que le travail nécessaire. Elle était animée par Valérie Moreau (animatrice Creuse) et
Bernard Charpenet (Trame). Chaque participant travaillait sur ses chiffres, résultats et critères, déterminait
ses points forts et points faibles en échangeant avec les autres.
Témoignage de Gaëlle : « Une exploitation en petits fruits qui cherche à améliorer son
activité »
Cette formation m’a permis de mieux connaître mon activité de diversification, différencier les données
spécifiques à l’activité petits fruits par rapport à l’ensemble de l’exploitation en bovins allaitants. J’ai pu
analyser, identifier les différents postes de charges et le temps passé à la vente et à la transformation. Il faut
savoir affecter précisément les charges aux différentes activités de diversification. Je pressentais les choses
mais cela restait vague. Il est plus facile de raisonner avec des supports précis et chiffrés, cela m’a aidé à
réfléchir aux améliorations et préparer des décisions de nouvelles orientations sur les produits transformés et
mes formes de vente.
Quels changements réfléchis suite à la formation ?
Il faut s’adapter au marché et à la clientèle qui évolue, trouver de nouveaux produits et pratiques
commerciales. En Creuse, nous sommes une quinzaine de
producteurs de petits fruits. La population locale diminue et fait
plus souvent ses confitures. Je suis sur l’axe Aubusson – lac de
Vassivière, région de touristes et de résidents secondaires. J’ai
réduit les confitures aux commandes, paniers composés et
goûters à la ferme. J’ai réfléchi à des produits transformés plus
originaux. En 2007 j’ai lancé l’apéritif à la fraise et en 2008 les
liqueurs de rose et d’acacia. J’ai diversifié les conditionnements
avec des bouteilles de formes et de capacités différentes. Ces
produits sont attirants, appréciés des consommateurs, curieux des
nouveautés ; les confitures sont trop classiques.
Je réfléchis aux lieux de vente. En 8 mois je fais plus de
2 marchés par mois : l’été les marchés de producteurs de pays. Pour les marchés associés à des fêtes et autres
marchés en Creuse et en dehors, il faut choisir ceux correspondant le mieux à mes produits. Je fais un marché
à la ferme en août avec 5 producteurs fermiers et des artisans d’art ; je participe à ceux d’autres producteurs,
les consommateurs y achètent toujours. Je suis méfiante avec les restaurateurs, certains tardant à régler et
voulant un prix bas. Les dépôts-ventes d’alcools en offices de tourisme posent des problèmes de trésorerie.
Je pourrais vendre 8 000 € par an d’apéritif et 4 000 € de liqueurs. Les charges des alcools sont inférieures à
celles des confitures, le temps de fabrication est la moitié. Je ferai le point chiffré de 2008 sur les bases de la
formation.
J’ai plein de projets : développer les goûters à la ferme, les stages « confitures », la ferme pédagogique,
démarrer un camping à la ferme et une ferme-découverte. Je vais continuer la réflexion sur ces projets avec la
démarche apprise en formation. Je suis en GAEC, les tâches de production sur les bovins et les petits fruits, de
transformation et de vente sont réparties entre ma mère, mon père, mon mari et moi.
Mes parents ayant 63 ans, nous réfléchissons à la reprise de leur activité avec des cousins. Cette formation
permet de raisonner sur tous ses chiffres, de réfléchir autrement. Elle doit pouvoir aider les agriculteurs qui ont
des projets d’installation. Il faut prendre le temps de préparer ses évolutions et ses projets.
Témoignage de Stéphane : « Une exploitation qui prépare son projet de création d’une
miellerie »
J’ai 20 ans d’expérience en apiculture, salarié chez des apiculteurs de différentes régions j’y ai démarré la
réflexion. La Creuse m’a intéressé par la végétation propice à l’apiculture pour y créer mon entreprise, hors
cadre familial en 2007. J’ai commencé à petite échelle avec des prêts de locaux à 4 km d’Auzances sur la
route Evaux-les-Bains–Aubusson, avec une bonne accessibilité. Je souhaitais préciser et revoir mon projet initial
qui était un peu confus. Avec la formation, j’ai pu mesurer la rentabilité de mon projet et voir exactement ce
que je pouvais en sortir. J’ai réfléchi aux investissements et matériels nécessaires, ainsi qu’aux produits
possibles d’élaborer. J’ai vu que les investissements prévus étaient trop importants et j’ai mesuré les possibilités
de chiffre d’affaires.
Quels changements réfléchis suite à la formation ?
J’ai réduit les investissements de 150 à 105 000€, d’où des charges moins élevées et une marge positive. La
formation m’a fait étudier les différents produits possibles en allant sur des marchés. J’ai pu cerner produits et
clientèle, bâtir sérieusement mon projet, même s’il n’est pas simple de travailler sur tous ses chiffres. Puis j’ai
refait les calculs avec les nouvelles données, en utilisant le document d’analyse de la formation. Je ferai
plusieurs sortes de miel, je transformerai mon miel en pâtisseries qui dégagent une assez bonne marge.
Actuellement, j’ai 200 ruches, je projette d’en avoir 300-400 et de faire des visites d’exploitation pour les
scolaires et les touristes. Cela m’imposera des locaux aux normes pour l’accueil des enfants et handicapés.
Pour la commercialisation, je prévois de vendre sur les marchés à la ferme, les marchés de producteurs et sur
des marchés et salons biologiques avec le Groupement des agriculteurs biologiques du Limousin. Les ventes à
des commerçants seront limitées ; je vais étudier les marges demandées ne voulant pas descendre trop bas. Les
ventes à la ferme seront au bâtiment d’accueil en bordure de route. Je ferai le dépôt-vente en offices de
tourisme et la vente par correspondance auprès de clients des marchés et à l’export. Pour vendre l’image de la
région avec le produit, je réfléchis au packaging et la vente en lots (important dans les ventes pour cadeaux).
Etudier son projet
Je n’avais pas de formation économique pour appréhender le projet globalement. La formation permet d’avoir
un autre regard, prendre du recul sur ses projets, calculer la rentabilité de ses produits, apporter les
modifications et préparer un nouveau projet cohérent. Désormais, je calculerai régulièrement l’intérêt de tel
produit ou tel marché et j’irai à d’autres formations sur ce thème. La prochaine étape est le financement des
investissements. Pour prétendre à une aide de la région, il faut élaborer une étude économique, pour laquelle
j’ai pu apporter des chiffres étant plus à l’aise suite à la formation. Après l’acceptation je ferai les travaux et
démarrerai mon activité complète à l’automne 2009. Actuellement je suis seul sur l’exploitation, ma
compagne, travaille à l’extérieur. Notre but est de travailler et vivre tous les deux du revenu des activités
autour du miel.
Etre avec d’autres agriculteurs permet de connaître d’autres situations avec leur rentabilité. Ils apportent leur
point de vue et aident à la réflexion pour trouver des solutions Nous allons plus vite dans la réflexion. Cette
formation a été encourageante pour moi.
Pour en savoir plus : TRAME peut aider des groupes de développement ou
Bernard Charpenet, d’autres structures à bâtir des formations sur la rentabilité
Tél. : 01 44 95 08 15 et y intervenir. Des documents de travail pour les
Mail : b.charpenet@trame.org agriculteurs sont fournis aux participants. Des formations
analogues peuvent se faire sur la rentabilité des activités
d’accueil – tourisme rural.
Article écrit par : Trame – Ancema – Bcma – FNAsavpa - FNGeda
Bernard Charpenet 6 rue de La Rochefoucauld – 75009 Paris
Agriculture innovante Tél. : 01 44 95 08 00 – Fax : 01 40 74 03 02 – www.trame.org
et développement durable - Trame
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