INTERVIEW DE JUDITH MOLLARD, PSYCHOLOGUE, CHEF DE PROJET FRANCE by bxl82158

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									          INTERVIEW DE JUDITH MOLLARD, PSYCHOLOGUE,
               CHEF DE PROJET FRANCE ALZHEIMER

Judith Mollard, vous avez élaboré le contenu des cinq modules de la formation des
aidants familiaux proposée cette année par France Alzheimer. Quel est l’objectif
global ?
Cette formation veut rendre les aidants plus compétents. C’est absolument indispensable.
Mieux ils sont armés, mieux ils vivront leur situation d’aidant.

Le premier module porte sur la connaissance de la maladie. De quoi s’agit-il ?
Même si aujourd’hui les médias parlent fréquemment de la maladie, le premier niveau de
connaissance des familles est souvent limité. On associe fréquemment la maladie
d’Alzheimer uniquement aux troubles de la mémoire. Il est important d’aller plus loin et de
connaître les autres symptômes, comme les troubles de l’attention et de la concentration, qui
ont une incidence sur le quotidien des personnes malades.
Ces éléments essentiels aux familles apprenant la maladie de leur proche ne sont pas
toujours expliqués par les médecins. Souvent, on croit que les familles savent mais, dans les
faits, on constate qu’elles savent peu ou que leurs connaissances sont erronées.

Le deuxième module traite des aides. De quelles aides s’agit-il précisément ?
Ce sont les aides sociales, financières, techniques, juridiques, ou assurées par des
personnes (aide à domicile, accueils de jour, hébergement temporaire, etc.). L’entourage
familial est souvent réticent à recourir à ces aides, notamment les aides assurées par les
personnes. Mieux les connaître peut réduire ces appréhensions et encourager la famille à
faire une demande d’aide.

Le troisième module concerne l’accompagnement au quotidien (toilette, repas,
coucher), ainsi que les temps de partage et de détente. Vous jugez ce module très
important. Pourquoi ?
Ce module apporte de nouveaux éléments de connaissance sur l’expression de la maladie et
l’évolution des troubles. Ces éléments vont permettre aux aidants familiaux d’adapter leurs
attitudes et leurs comportements dans les tâches concrètes du quotidien. Un seul exemple :
il ne faut jamais mettre la personne malade en situation de double tâche, comme laisser la
télé allumée pendant le repas. Plus les stratégies des aidants familiaux sont adaptées, moins
ils s’épuisent et plus la qualité de leur relation avec le malade est bonne. Ce module fait
aussi le point sur les activités que les aidants peuvent pratiquer avec leur proche. Des
activités qu’ils s’interdisent parfois de faire à tort.

L’accompagnement au quotidien passe aussi par le maintien de la communication
avec la personne malade, qui est l’objet du quatrième module. Pourquoi y avoir
consacré un module entier ?
Dans d’autres maladies, la communication verbale avec la personne reste quasi identique,
alors que dans la maladie d’Alzheimer, la qualité de l’échange se détériore progressivement.
Il est de plus en plus difficile de tenir une conversation et d’échanger sur des idées. Ce
module aide donc les proches à communiquer autrement. Ce n’est pas facile. Que répondre
par exemple quand une personne malade vous dit qu’elle veut retourner chez sa mère ?



                            Union Nationale des Associations Alzheimer
                                    21 boulevard Montmartre – 75002 Paris
                   Tél. : 0 811 112 112 coût d’un appel local – contact@francealzheimer.org
Enfin, ce module porte également sur la compréhension des modifications de l’humeur et du
comportement, comme la déambulation ou les réactions agressives.

Enfin, cinquième et dernier module, axé sur la place et le rôle de l’aidant familial.
Pourquoi conclure par ce thème ?
Ce module insiste sur la place prépondérante du proche qui, même s’il existe des aides
extérieures, reste très impliqué et investi. Ce rôle comporte aussi des risques, notamment
celui de ne plus savoir prendre en compte ses propres besoins et tenter d’y répondre. Aider
l’aidant à ne pas se sentir envahi par la culpabilité. L’aider à avoir une réflexion responsable
vis-à-vis de ses propres besoins. Faire qu’il s’autorise à prendre du répit en étant relayé
dans sa tâche par des aidants professionnels. Tout cela est important. De même, il est
impératif que les aidants maintiennent une vie sociale.

								
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