Le journal des étudiants-es d’Histoire de l’Université de Montréal
Volume 3, numéro 1, janvier 2009
Version électronique : http://sablier.wordpress.com
«Pour mesurer le temps, il n'y a que le Sablier.» - S. Lusignan
ÉDITORIAL ACTUALITÉS OPINIONS CHRONIQUE CULTURE ET DIVERTISSEMENT HUMOUR JEUX p. 2 p. 3 p. 8 p. 11 La suggestion de lecture du mois de janvier! —————————–>
p. 12 p. 15 p. 19
CE MOIS-CI, DANS LE SABLIER…
ÉTUDIANTS DANS LA RUE par Frédéric Vachon Pages 8 et 9 NOUVELLES CRITIQUES DE FILMS par Anh Khoi Do Pages 13 et 14
LA DETTE DES PAYS EN DÉVELOPPEMENT par Simon Vézina Pages 3 à 7
ARTICLE HUMORISTIQUE Par Yvan Destracteurs Pages 15 et 16
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INVASION DE GLACE
On casse le sablier pis on sacre le sable sur le trottoir
Équipe du Sablier :
Rédacteur en Chef : Philippe Gendron
ÉDITORIAL
Appel aux membres de l’AÉHUM
uite à un départ, il y a un poste à combler dans le comité de rédaction du Sablier. Si vous êtes intéressé à vous impliquer dans la rédaction, la mise en page ainsi que la maintenance quotidienne de notre valeureuse publication, nous faisons appel à vous et à votre force créative! L’adhésion à ce comité est élective. Ce faisant, l’élection pour combler le poste se déroulera lors de la première assemblée générale de l’hiver 2009 de l’AÉHUM, dont la date est encore indéterminée. Toute personne membre de cette association pourra s’y présenter. Considérant que trois membres actuels de l’équipe sont en phase terminale de leur baccalauréat, nous favoriserions l’élection d’une personne qui continuera ses études à l’automne 2009 pour ainsi effectuer une transition « rédactionnelle » pour le bien de notre publication.
Collaborateurs et Collaboratrices :
Kevin Audet-Vallée Correction de textes Marianne Martin Rédaction Jérémie Thériault-Langelier Mise en page
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On rote encore un peu de dinde Courriel : sablier.aehum@gmail.com Les milliers de réunions de famille du temps des fêtes vous ont épuisé? Prenez quelques jours de répit durant les premiers balbutiements de la présente session… mais pas trop, sinon la prochaine fin de session vous le fera rapidement regretter.
Site Web :
http://sablier.wordpress.com
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ERRATUM
Le Sablier n’a aucunes erreurs à communiquer concernant le dernier numéro (décembre 2008).. En espérant que ce message se retrouve, une fois de plus, dans notre prochain numéro. De toute évidence, la perfection elle-même n’égalera jamais le dernier numéro du Sablier! Date limite d’envoi pour vos articles du prochain numéro:
AVERTISSEMENT : Le Sablier est un mensuel indépendant du département d’Histoire de l’Université de Montréal et il ne possède aucune ligne éditoriale. Chaque article ne représente que l’opinion de son auteur et non celle de la rédaction de ce mensuel.
1er février 2009
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ACTUALITÉS
OPÉRATION NEZ ROUGE
Par Marianne Martin oi, qui dans la dernière parution du Sablier vous incitais à ne pas boire lorsque vous savez que vous devez utiliser votre voiture pour revenir à la maison, me suis surprise à avoir le temps de m’impliquer auprès de ma communauté, durant le temps des fêtes. J’ai donc travaillé quelques heures pour l’organisme Opération Nez rouge, qui offre un service de raccompagnement pour les gens ayant un peu trop bu pendant le mois de décembre. À travers les contributions volontaires, tout l’argent recueilli est retourné à différents organismes de la région desservie. L’expérience fut, ma foi, très enrichissante, autant pour le côté humain que pour moimême. Elle permet de pouvoir en savoir plus sur la région et les gens qui vous entourent. Malheureusement, dans la plupart des régions, le nombre d’appels reçus dans les différentes centrales téléphoniques excède la capacité des équipes sur le terrain à pouvoir y répondre. Il manque trop souvent d’équipes et c’est pour cette raison que certains décident quand même de prendre la route avec leur voiture après avoir bu et logé un appel chez Nez Rouge. Le temps d’attente est souvent trop long pour certains, surtout à la sortie des bars… Je vous invite donc de tout cœur à vous impliquer dans votre communauté. Vous pourriez y gagner un sourire, mais aussi une vie… pensezy.
LA DETTE OU LA VIE ?
Entrevue avec Damien Millet, Par Simon Vézina lus d’un billion de dollars viennent d’être injectés en vain et sur le dos des contribuables américains par la réserve fédérale pour « sauver » le système bancaire de manière plus que douteuse par l’homme de Goldman Sachs, le président de la réserve fédérale Paulson. En vain, car derrière l’arbre de la crise immobilière et les « swaps », se cache la forêt des produits dérivés qui représentent plus de 650 billions selon la Banque des règlements internationaux (hypothèse très conservatrice selon plusieurs), plus de 23 fois la production totale de la planète, qui sont impayables; reconnaître ces « dettes » et vouloir les payer, c’est plonger assurément le monde dans une hyperinflation du type de Weimar en Allemagne en 1923. De même, vouloir continuer à exiger le paiement de la dette des pays en voie de développement, déjà payée plusieurs fois et une demande souvent illégitime, sommes toutes dérisoires à la vue des sommes colossales mise à la disponibilité de la racaille financière par les gouvernements, c’est privé les possibilités de développement dans ces pays et condamner à la mort prématuré des millions de vies humaines. Pour en savoir plus, j’ai interviewé Damien Millet, président de la branche française du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde (CADTM). plus de parler du mauvais impact que ça aurait sur les créditeurs occidentaux qui ont prêté en toute bonne foi à ces pays. Que répondez-vous à cela? D. Millet : Le remboursement d'un prêt contracté dans des conditions régulières et raisonnables est quelque chose de moralement exigible. Mais dans le cas de la crise actuelle de la dette qui touche de plein fouet les pays en développement (PED), le cadre est tout autre. Cette obligation morale de rembourser, qui existe habituellement, tombe dès lors que le piège se referme au début des années 1980 et annihile tout espoir de développement. Il ne s'agit nullement de s'affranchir d'une obligation légitime, mais de tenir compte des mécanismes de domination, du pillage et de la misère que subissent les PED, pour exiger une mesure de justice. Le système mis en place par les États les plus industrialisés grâce au FMI et à la Banque mondiale a assuré leur domination sur les PED. La dette est un des centres nerveux. Le remboursement de la dette est un obstacle essentiel à la satisfaction des besoins humains fondamentaux, comme l’accès à l’eau potable, à une alimentation décente, à des soins de santé essentiels, à l’éducation primaire, à un logement correct, à des infrastructures satisfaisantes. La satisfaction de ces besoins doit primer sur toute autre considération, géopolitique ou financière. Sur un plan moral, les droits des créanciers, rentiers ou spéculateurs ne font pas le poids par rapport aux droits fondamentaux de six milliards de personnes. Ce qui est immoral, c’est de demander aux PED de consacrer leurs maigres ressources au remboursement de créanciers aisés (qu’ils soient du Nord ou du Sud)
S. Vézina : Le CADTM demande l’annulation de la dette publique des pays du tiers-monde et d’abandonner définitivement les politiques dites d’ « ajustement structurel » imposées par le Fonds monétaire international (FMI). Certains rétorquent qu'il est immoral de ne pas payer sa dette en
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plutôt qu’à la satisfaction de ces besoins fondamentaux. La dette est immorale car elle a été contractée très souvent par des régimes non démocratiques, qui n’ont pas utilisé les sommes reçues dans l’intérêt de leurs populations, et ont souvent organisé des détournements massifs d’argent, avec l’accord tacite ou actif des États du Nord, de la Banque mondiale et du FMI. Les créanciers ont largement profité de la dette et ont prêté en connaissance de cause à des régimes souvent corrompus. Ils à l’étranger, pour éviter le retour des dollars en excès et une flambée de l’inflation. Voilà pourquoi dans les années 1960, les banques occidentales re gorgea ie nt d e d olla rs ( le s « eurodollars »). Elles les ont prêtés alors à des conditions avantageuses aux pays du Sud, notamment les États asiatiques et africains nouvellement indépendants et les pays d’Amérique latine en phase d’industrialisation. À partir de 1973, la forte augmentation du prix du pétrole a apporté des revenus confortables aux pays exportateurs, notamment aux émirs du Golfe, qui les ont placés à leur tour dans les banques occidentales. Les banques ont proposé ces « pétrodollars » aux pays du Sud, à des taux d’intérêt faibles pour les inciter à emprunter. Se sont ajoutés à cela les prêts des États du Nord qui, à partir de 19731975, ont été touchés par la première récession généralisée depuis la Seconde Guerre mondiale. Les marchandises produites au Nord ont eu du mal à trouver preneur. Les pays riches ont décidé alors de distribuer du pouvoir d’achat au Sud, afin de l’inciter à acheter leurs marchandises. D’où des prêts d’État à État, souvent sous forme de crédits d’exportations : c’est l’aide liée. En gros, je te prête 10 millions de dollars à bas taux, à condition que tu m’achètes pour 10 millions de dollars de marchandises… De son côté, la Banque mondiale a accru considérablement ses prêts aux pays du Tiers-Monde à partir de 1968, sous la présidence de l’Américain Robert McNamara, ancien secrétaire à la Défense durant la guerre du Vietnam. Son but est de soutenir les alliés stratégiques des États-Unis, même s’ils ne respectent pas les droits de l’Homme et détournent des sommes considérables, comme Mobutu au Zaïre, Pinochet au Chili ou Suharto en Indonésie. De 1968 à 1973, la Banque mondiale a accordé davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968. Enfin, les gouvernements et les classes dominantes du Sud ont joué durant toute cette période un rôle important : ils ont écouté le chant des sirènes occidentales et se sont engagés sur la voie d’une forte augmentation de l’endettement de leur pays. Ils y ont souvent vu le moyen de renforcer leur pouvoir et de prélever au passage, pour leur compte personnel, des sommes empruntées au nom de l’État. Jusqu’à la fin des années 1970, l’endettement est resté supportable pour les pays du Sud car les taux d’intérêt étaient faibles et ces prêts leur permettaient de produire davantage, donc d’exporter plus, et de récupérer des devises qui permettaient de rembourser. L’augmentation de la dette extérieure des PED a été exponentielle : multipliée par 11 entre 1968 et 1980, elle est passée de 50 milliards de dollars à 540 milliards de dollars. En 2007, elle s’élève à 3 360 milliards de dollars. Depuis 1970, les PED ont déjà remboursé en tout 7 150 milliards d’Euros à leurs créanciers ! Entre 1985 et 2007, les PED ont remboursé 760 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont reçu en nouveaux prêts. C’est l’équivalent de 7,5 fois le plan Marshall, envoyé par les populations du Sud à leurs créanciers ! S. Vézina : En quoi consistent les politiques d' « ajustement structurel » du FMI et pourquoi sont-elles néfastes selon vous ? D. Millet : À la fin de l’année 1979, pour sortir de la crise qui les frappe, lutter contre une inflation importante et réaffirmer leur leadership mondial après les échecs cuisants au Vietnam en 1975, en Iran et au Nicaragua en
Entre 1985 et 2007, les PED ont remboursé 760 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont reçu en nouveaux prêts.
ne sont pas en droit d’exiger des peuples qu’ils remboursent. Jubilé Sud a raison de proclamer : « Nous ne devons rien, nous ne payons rien. » S. Vézina : Pour comprendre votre revendication principale, pouvezvous nous expliquer l'origine des dettes du pays du tiers-monde ? D. Millet : Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont mis en place le plan Marshall pour la reconstruction de l’Europe. Ils ont investi massivement dans l’économie européenne pour l’aider à se remettre debout et les pays européens sont redevenus très vite des partenaires commerciaux privilégiés. De plus en plus de dollars se sont mis à circuler à travers le monde, et les autorités américaines ont tenté de freiner les demandes de conversion de dollars en or (qui était possible avant 1971), pour ne pas assécher leurs coffres-forts. Elles ont encouragé alors les investissements des entreprises américaines
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1979, les États-Unis amorcent un virage ultra-libéral, qui sera poursuivi après l’élection de Ronald Reagan à la présidence. Paul Volcker, le directeur de la Réserve fédérale des ÉtatsUnis, décide une forte augmentation des taux d’intérêt américains. Cela signifie pour celui qui possède des capitaux qu’il devient soudain très intéressant de les placer aux ÉtatsUnis car il en tirera un meilleur bénéfice. C’est bien là le but de Volcker : attirer les capitaux pour faire baisser l’inflation et relancer la machine économique américaine (notamment par un grand programme militaroindustriel). Les taux d’intérêt des prêts bancaires accordés aux États du Sud étaient certes faibles, mais variables et liés aux taux anglo-saxons. De l’ordre de 4-5 % dans les années 1970, ils passent à 16-18 %, voire davantage au plus fort de la crise, car la prime de risque devient énorme. Ainsi, du jour au lendemain, les pays du Sud doivent rembourser trois fois plus d’intérêts. Les règles ont été modifiées de façon unilatérale : le « piège » se referme. De surcroît, les pays du Sud sont confrontés à un autre changement brutal : la baisse des cours des matières premières et des produits agricoles qu’ils exportent. La grande majorité des prêts a été contractée dans des monnaies fortes comme le dollar. Au cours des années 1970, les pays débiteurs doivent donc se procurer de plus en plus de devises pour rembourser leurs créanciers. Ils exportent donc de plus en plus et se font concurrence entre eux sur les mêmes matières premières (café, cacao, coton, sucre, arachide, minerais, pétrole, etc.) alors qu’au Nord, la demande n’a pas augmenté. Cela entraîne une sévère chute des cours. Le Sud doit donc rembourser davantage en disposant de revenus moindres : il se retrouve alors pris dans l’étau de la dette, incapable de faire face aux échéances de remboursement. La situation se détériore très rapidement. En août 1982, le Mexique est le premier pays à annoncer qu’il n’est plus en mesure de rembourser. D’autres pays très endettés vont suivre. C’est la crise de la dette, qui va ébranler tous les pays du Sud l’un après l’autre. Mais il ne faut pas oublier que les décisions qui ont conduit à cette crise ont été prises au Nord. Bien sûr, la corruption, la mégalomanie et le manque de démocratie au Sud ont constitué bien sûr des facteurs aggravants mais ce ne sont pas eux qui ont déclenché la crise. C’est alors que le FMI est intervenu. Par décision des gouvernements des pays les plus riches, il a accepté de prêter aux pays en difficultés, non pour améliorer les conditions de vie sur place, mais pour qu’ils puissent faire face aux remboursements. De cette manière, le FMI a sauvé la mise aux prêteurs privés des pays industrialisés. Ces prêts ont eu une contrepartie importante : les pays concernés ont dû s’engager à suivre la politique économique dictée par le FMI, à travers ses fameuses conditionnalités détaillées dans les « plans d’ajustement structurel ». Même plus besoin d’entretenir une administration et une armée d’occupation sur place comme au temps du colonialisme, la dette crée à elle seule les conditions d’une nouvelle dépendance. Les mesures imposées par le FMI et les grandes puissances sont bien connues : abandon des subventions aux produits et services de première nécessité (pain, riz, lait, sucre, essence...) ; réduction drastique des dépenses publiques, notamment par des coupes sombres dans les budgets sociaux, le gel de salaires et des licenciements dans la fonction publique ; dévaluation de la monnaie locale ; taux d’intérêt élevés ; développement des exportations au détriment des cultures vivrières ; ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières et mise en concurrence déloyale des petits producteurs avec les sociétés transnationales ; libéralisation de l’économie, notamment l’abandon du contrôle des mouvements de capitaux et la suppression du contrôle des changes ; fiscalité aggravant les inégalités avec le principe d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et la préservation des revenus du capital ; privatisations massives des entreprises publiques et désengagement de l’État. Privilégiant l’aspect statistique sur l’aspect humain, ces mesures ont eu, et ont encore, des conséquences terribles pour les populations et les économies. Cet échec ne résulte en rien de malchance ou d’incompréhension, mais de l’application délibérée de la politique néolibérale. Joseph Stiglitz, ancien économiste en chef de la Banque mondiale, est très clair : « Le FMI a cessé de servir les intérêts de l’économie mondiale pour servir ceux de la finance mondiale. La libéralisation des marchés financiers n’a peut-être pas contribué à la stabilité économique mondiale, mais elle a bel et bien ouvert d’immenses marchés nouveaux à Wall Street. […] Si l’on examine le FMI comme si son objectif était de servir les intérêts de la communauté financière, on trouve un sens à des actes qui, sans cela, paraîtraient contradictoires et intellectuellement incohérents. » S. Vézina : Peut-on réellement blâmer le FMI si les pays du Sud acceptent de faire affaire avec ce dernier ? Après tout, ne sont-ils pas libres de refuser son aide avec les conditions qu'ils connaissent ? Et ne sont-ils pas responsables des échecs du développement, tant leurs dirigeants ont été
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incompétents, corrompus ou tyranniques ? D. Millet : Il ne s’agit à aucun moment d’opposer Nord et Sud dans leur globalité. Ces mots sont uniquement utilisés pour traduire une réalité géographique : la plupart des décisions se prennent au Nord et ont de lourdes conséquences sur les pays du Sud. Mais à intérieur de chaque région, le mécanisme de domination se reproduit. En bout de course, il s’agit avant tout de l’oppression d’une partie de l’humanité (qui n’est pas localisée exclusivement au Sud) par une autre, bien moins nombreuse mais bien plus puissante. Autrement dit, des intérêts très différents opposent tous ceux qui subissent le système actuel (la grande majorité de la population, au Nord et au Sud) à une poignée d’individus qui en profitent, tant au Nord qu’au Sud. Cette poignée d’individus constitue la classe capitaliste, dont le comportement est mû par la recherche du profit maximum. Voilà le vrai clivage. Pourquoi des dictatures parviennentelles à s’installer et à se maintenir en place si longtemps ? Pourquoi les percées démocratiques ont-elles du mal à se consolider quand elles existent ? Pourquoi des dictateurs comme Suharto en Indonésie, Mobutu au Zaïre, Omar Bongo Ondimba au Gabon, Gnassingbé Éyadéma au Togo ou le régime d’apartheid en Afrique du Sud ont-ils pu rester en place pendant plus de trente ans ? Parce qu’ils servent le système en place et sont donc soutenus par les créanciers. Pourquoi tant de coups d’État ont-ils renversé des gouvernements démocratiques, comme celui de Salvador Allende au Chili ou de Patrice Lumumba dans l’ex-Congo belge devenu indépendant ? Parce que ces gouvernements cherchent à s’extraire de ce système. Il arrive même fréquemment que des régimes succédant à des dictatures à la suite d’élections à peu près satisfaisantes continuent de servir la même logique économique. Parfois même, c’est le dictateur luimême qui, dans un deuxième temps, se faisait élire lors de mascarades électorales, avec l’appui des bailleurs de fonds internationaux, par exemple Idriss Déby Itno au Tchad, Zine elAbidine Ben Ali en Tunisie, Paul Biya au Cameroun… Opposer la lutte contre les dictatures et l’annulation de la dette est une erreur grave. En fait, les dictateurs et PED contre les régimes autoritaires et corrompus puisque, par intérêt personnel, les créanciers seraient enfin devenus vigilants sur la nature des pouvoirs auxquels ils prêtent des fonds. Par ailleurs, l’expropriation des biens mal acquis est une étape indispensable. Selon nos estimations, en juin 2007, les avoirs déposés par les riches des PED dans les banques du Nord (environ 2 380 milliards de dollars) dépassaient largement la dette extérieure publique des PED (1 350 milliards). Une partie significative de ces montants correspond à des capitaux accumulés de manière illégale, voire criminelle. S’il est avéré que des détournements ont eu lieu, il faut organiser l’expropriation des biens mal acquis et leur rétrocession aux populations. Les sources de financement occultes seront ainsi coupées, les trésors de guerre des dictateurs confisqués et le clientélisme, privé de moyens, aura vécu. Même s’il est arrivé que des fonds momentanément saisis soient finalement rendus au dictateur chilien Augusto Pinochet et au président argentin corrompu Carlos Menem, il est arrivé à plusieurs reprises que des biens détournés soient restitués aux peuples ces dernières années. La Suisse, qui constitue l’un des principaux refuges pour l’argent sale de la planète, a déjà accepté de rendre aux pays concernés en tout plus de 1,6 milliard de dollars provenant de comptes bloqués ayant appartenu à des dirigeants étrangers : environ un demi-milliard de dollars détournés par chacun des ex-dictateurs Ferdinand Marcos (Philippines) et Sani Abacha (Nigeria), quelques dizaines de millions de dollars détournés par Alberto Fujimori (Pérou) et Vladimiro Montesinos Torres, l’ancien chef
Endettement, corruption et bradage des ressources sont trois éléments […] qui permet de faire accepter […] la tutelle du FMI et du Trésor américain, de la finance et des multinationales du Nord.
les corrompus sont renforcés par l’endettement : le soutien des créanciers renforce le pouvoir en place et accroît les opportunités de détournement de fonds. Avec la mondialisation néolibérale, la dette s’accroît, la corruption s’accroît, la misère s’accroît. Ce n’est pas un hasard. Les trois avancent d’un même pas. Une annulation de dette serait une bonne thérapie préventive pour empêcher une rechute dictatoriale : si une dette odieuse a été contractée par un régime dictatorial et si les créanciers sont privés de son remboursement suite à l’annulation de cette dette après un audit méticuleux, les prêteurs potentiels éviteront à l’avenir de se risquer à octroyer des prêts à des dictatures. Un âne ne bute pas deux fois sur la même pierre. Ce serait là une garantie pour prémunir les
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des services secrets péruviens, sans oublier Saddam Hussein (Irak), Nursultan Nasarbáyev (Kazakhstan) et Moussa Traoré (Mali). En juin 2008, elle s’est engagée à remettre au Mexique 74 millions de dollars d’avoirs illicites de Raul Salinas, frère de l’ancien président mexicain Carlos Salinas de Gortari, après 13 ans de bataille judiciaire. Le Royaume-Uni a également rendu au Nigeria quelques fonds dissimulés à Jersey par le même Sani Abacha. Les mobilisations doivent se renforcer pour éviter par exemple que des fonds détournés par la famille Duvalier (Haïti) et par le clan Mobutu (ex-Zaïre) ne soient rendus à leurs familles… Endettement, corruption et bradage des ressources sont trois éléments d’un même problème. La corruption (par la dette notamment) est l’instrument qui permet de faire accepter à un dirigeant en poste de placer l’économie de son pays sous la tutelle du FMI et du Trésor américain, de la finance et des multinationales du Nord. Alors que la dette profite aux dictatures, l’annulation permet de les remettre en cause fondamentalement. S. Vézina : Le gouvernement argentin sous la gouverne des Kirchner a non seulement effacé une partie de la dette qu'elle avait, mais a en plus adopté des politiques contraires à celle promue par le FMI. De même, le gouvernement d'Équateur, sous la présidence de Correa, vient tout juste d'annoncer le non-paiement d'une grande partie de la dette, soit 3,8 milliards de dollars, pour cause d'illégitimité. Est-ce une voie à suivre ? D. Millet : Après un quart de siècle d’accord continu entre le FMI et les autorités (de la dictature militaire entre 1976 et 1983 au gouvernement De la Rua en passant par le régime corrompu de Carlos Menem), l’Argentine a effectivement démontré qu’un pays pouvait arrêter de rembourser la dette de manière prolongée sans que les créanciers ne soient capables d’organiser des représailles. Le FMI, la Banque mondiale, les gouvernements des pays les plus industrialisés, les grands médias avaient annoncé que le chaos s’installerait. Or qu’est-il arrivé ? Loin de sombrer, l’Argentine a commencé à se redresser. Le président élu en mai 2003, Nestor Kirchner, a défié les créanciers privés en leur proposant d’échanger leurs titres contre de nouveaux de moindre valeur. Après de longues négociations achevées en février 2005, 76% d’entre eux ont accepté de renoncer à plus de 60% de la valeur des créances qu’ils détenaient. Là aussi, la fermeté a payé. Le principe de l’audit est une piste essentielle pour lutter contre la domination par la dette. Il a déjà fait l’objet d’applications concrètes au Brésil et au Pérou, et, depuis 2005, la dynamique semble s’intensifier dans ce domaine. Le Président de l’Équateur, Rafael Correa, a signé en juillet 2007 un décret présidentiel instituant une Commission pour l’audit intégral du crédit public, composée de représentants de l’État mais aussi de mouvements sociaux équatoriens et de réseaux internationaux comme le CADTM, a eu pour mandat d’identifier les dettes illégitimes qui pourraient faire l’objet d’une annulation. Et effectivement, des annonces ont eu lieu récemment dans ce sens. Mais mis à part quelques cas particuliers, la plupart des gouvernements n’ont pas eu, pour l’instant, la volonté d’aller à l’encontre des politiques néolibérales. Beaucoup d’entre eux sont reliés par de nombreux intérêts aux centres de décision des pays les plus industrialisés. Une partie des présidents actuellement en place notamment en Afrique ont été portés au pouvoir au moment de la guerre froide ou en sont les héritiers directs. Certains sont là parce qu’ils ont contribué à éliminer ou parce qu’ils ont laissé renverser des chefs d’États qui, comme Thomas Sankara, le président du Burkina Faso assassiné en 1987, voulaient engager leur pays sur une voie de développement endogène et de justice sociale. D’autres ont préféré respecter le dogme néolibéral, de peur d’être déstabilisés ou renversés. Les populations du Sud ne sont jamais consultées sérieusement et sont maintenues soigneusement à l’écart. Pourtant, il est parfaitement possible en tant que gouvernement démocratique de briser la chaîne de l’endettement. Il faut pour cela répudier la dette illégitime sur la base d’un audit de la dette. Le droit international offre des instruments efficaces à un gouvernement du Sud pour refuser la poursuite du paiement d’une dette odieuse ou plus largement illégitime. Encore faut-il être prêt à s’en servir. Depuis plusieurs siècles, la constitution des rapports de domination Nord/Sud (ainsi que des grandes fortunes au Nord) s’est souvent appuyée sur le pillage des ressources du Sud, l’esclavage et la colonisation. Il est alors tout à fait légitime de demander des réparations financières pour cette exploitation illégitime. La dette f inancière actuelle e st odieuse et les classes dominantes du Nord sont redevables d’une dette historique, humaine, culturelle, sociale, morale et écologique. Pour elles, il est temps désormais de rendre des comptes. Pour en savoir, consulter le site Internet du CADTM : http://www. cadtm.org/
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OPINIONS
ÉTUDIANTES ET ÉTUDIANTS DANS LA RUE
Un bilan de la manifestation étudiante du 19 novembre 2008
Par Frédéric Vachon e 19 novembre dernier, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) organisait une manifestation étudiante mettant de l'avant trois revendications : un réinvestissement massif dans les services sociaux, le retrait du secteur privé des institutions publiques et la démocratisation de la gestion des institutions scolaires. La plate-forme de revendications de l'AÉHUM comporte une revendication allant en ce sens. Néanmoins, n'ayant pas eu la possibilité de consulter les étudiants et les étudiantes en assemblée générale, nous n'avons pas consenti à y participer en tant que contingent de l'association étudiante. Nous y avons participé plutôt en tant qu'étudiants et étudiantes en colère (euphémisme). Voici comment elle s'est déroulée, selon ma mémoire et ma perspective. personnel pour apposer leurs affiches électorales. Bien pénarde au départ, la manifestation a gagné en dynamisme lorsque, de la rue, nous sommes descendu-e-s dans les catacombes de Montréal et avons fait métro populaire afin de déjouer temporairement les forces de l'ordre, qui étaient, à leur habitude, à nos trousses. Je ne suis pas certain de la station que nous avons empruntée, mais je crois qu'il s'agissait de Papineau. Lassé-e-s de l'ambiance un peu trop populaire d'Hochelaga (non pas qu'elle me déplaise, mais je doute que l'argent qui manque cruellement au système d'éducation se trouve dans les poches des habitants et habitantes de ce quartier), c'est au métro Peel que nous ressurgîmes et nous accaparâmes la rue. Sièges sociaux caressant les nuages, Mercedez, Hummer et VUS énergivores fourmillant dans les rues, voilà un endroit plus pertinent pour faire valoir nos revendications. À tout le moins, ces gens n'ont certainement pas la vie aussi difficile que l'ont présentement les étudiants et étudiantes du Québec ! Détaché-e-s temporairement des forces policières – répressives ou paramilitaires aux dires d'Yves Francoeur, chef de la Fraternité des Policiers et Policières de Montréal -, nous avons tranquillement continué notre marche. Mis à part quelques organisateurs et organisatrices « éclairé-e-s », personne ne savait vraiment où ce trajet nous mènerait. Cela ne nous empêcha pas de continuer notre route, épurant au passage les lampadaires des portraits des candidats et candidates aux prochaines élections. Étonnamment, ceux exposant le doux visage de Jean Charest étaient décrochés (euphémisme) d'une manière particulièrement brutale. Je dois par contre dénoncer le manque d'organisation à ce sujet. N'ayant probablement pas prévu le coup, il n'y avait aucun dispositif visant à ramasser ces pancartes, ce qui fit en sorte que plusieurs restèrent au sol après notre passage. Heureusement, nous allions bientôt quitter la rue de nouveau.
Le bilan de la manifestation est plutôt positif si l'on regarde le poids de nos actions par rapport au nombre que nous étions.
Arrivant au Square Victoria, nous passâmes par le parc et nous ruâmes vers la cour intérieure du Centre de Commerce Mondial. Le décor de l'endroit témoigne de la richesse qui y circule. Majestueuse fontaine en marbre noir, plantes exotiques, verrière, passerelles liant les deux bâtiments qui nos côtoyaient, petits balcons à chacun des étages, murs entièrement vitrés, voilà l'environnement dans lequel travaillent des centaines d'employé-e-s. On est bien loin de celui de MABE, l'usine dans laquelle j'insérais quatre vis dans le châssis d'une sécheuse, et ce, 700 fois par quart de travail… Un organisateur de la manifestation prit la parole, aidé d'un porte-voix légèrement défectueux. Les travailleurs et travailleuses repue-s sortirent de leurs bureaux pour aller aux fenêtres, aux balcons et sur la passerelle, se demandant visiblement ce qui troublait leur paisible journée. Nous avons retenu leur attention pendant une dizaine de minutes. L'orateur a fait valoir nos revendications et a scandé quelques
Les travailleurs et travailleuses repu-e-s sortirent de leurs bureaux pour aller aux fenêtres, aux balcons et sur la passerelle, se demandant visiblement ce qui troublait leur paisible journée.
Les manifestants et manifestantes, environ 200 à 300 personnes, réuni-es au Carré Berri ont débuté la marche vers 14h45. Des membres de Québec solidaire s'y sont joints, tentant, entre autres, d'accroître leurs résultats aux prochaines élections et de recruter du
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ÉTUDIANTES ET ÉTUDIANTS DANS LA RUE (suite)
diatribes à ces employé-e-s, qui jouent un rôle considérable au sein de l'économie de marché et du néolibéralisme grugeant, à grandes mordées, nos acquis sociaux et ne nous laissant qu'un os vermoulu auquel nous devons fournir la chair. Ayant perdu leur attention, nous quittâmes le bâtiment et nous réappropriâmes la rue. La noirceur tomba et il en fut de même de la température. Qu'importe, nous étions motivé-e-s et il en faudrait beaucoup plus pour nous arrêter. Bientôt, une autre occasion de se réchauffer se présenta. À quelques coins de rue de là, plus précisément au 500 René-Lévesque Est, se trouve un immeuble d'une vingtaine d'étages dans lequel siègent des fonctionnaires jouant un rôle dans les partenariats public-privé (PPP). Voilà la
seule information que je détiens à son sujet… S'opposant à ces partenariats, l'ASSÉ n'avait pas omis d'y rendre une brève visite. Nous pénétrâmes dans le bâtiment et, brandissant la banderole rouge de l'ASSÉ, un porteparole reprit le porte-voix et scanda quelques discours. Cette action n'avait pas la saveur de la première, mais fut tout de même appréciable par son symbolisme. La manifestation tirait à sa fin. Sorti-e-s de cet endroit, les étudiants et les étudiantes reprirent la rue jusqu'au Square Philips où elle se termina. Après quelques discours, nous nous dispersâmes, allant chacun et chacune rejoindre le métro le plus proche. Le bilan de la manifestation est plutôt positif si l'on regarde le poids de nos
actions par rapport au nombre que nous étions. Néanmoins, il est tout de même étonnant qu'après le dégel des frais de scolarité, la hausse des frais afférents, les plans de redressement de certaines universités (je pense à l'UQAM et à l'Université de Montréal) prévoyant de brutales coupures, les étudiantes et étudiants n'expriment pas leur mécontentement – ou ne sont tout simplement pas en désaccord avec les mesures adoptées… Le contingent qui parti de l'Université de Montréal ne regroupait pas plus de 15 personnes, malgré le fait qu'anthropologie s'était voté une levée de cours pour la manifestation. Du haut de la montagne, tout semble tellement plus beau…
PROVINCIALES 2008
par Philippe Gendron ue vous l’attendiez, la redoutiez ou vous en foutiez, voici ma revue des élections provinciales québécoises 2008. Victoire libérale écrasante? Certains vous diront oui puisqu’ils ont eu ce qu’ils voulaient, un gouvernement libéral majoritaire. Après tout, c’est une chose nécessaire vu la présente conjoncture économique. Contrairement à ce que certains disent, il ne s’agit pas seulement d’un prétexte qui a servi à déclencher des élections dont personne ne voulait. On l’a bien vu lorsque les libéraux ont permis aux commerces d’ouvrir le 2 janvier. C’est une mesure pour l’économie qu’ils n’auraient pas pu prendre sans un gouvernement majoritaire puisque les partis d’oppositions n’auraient clairement pas entériné une mesure dont la population ne voulait pas. La façon dont l’annonce de cette mesure a été faite nous montre également une chose, comme il le dit luimême si bien, Jean Charest nous a vraiment compris. En fait quelle annonce? Il n’y en a tout simplement pas eu. Les gens l’ont appris en regardant leur horaire au travail. Jean Charest nous montre ainsi qu’il a compris qu’il ne faut pas tenter de contenter les Québécois et Québécoises, mais les empêcher de chialer et qu’ainsi il sera réélu. De toute façon comme le ministre Béchard l’a dit, les magasins ne sont pas obligés d’ouvrir le 2 janvier, la décision leur appartient ce n’est donc pas la faute des Libéraux. C’est seulement moi ou on voit déjà ressortir le côté libéral qui leur a valu d’être le gouvernement le plus impopulaire de l’histoire québécoise? Parce qu’il y a d’autres chats à fouetter, parlons ADQ puisque nous n’en parlerons plus beaucoup dans les années à venir. D’un chef sans parti, l’ADQ passe à un pas de parti sans chef. La droite a subi un dur coup lors de ces élections. Partant de l’opposition officielle à un tiers parti quasi inexistant, l’ADQ a reculé montrant ainsi la grande déception des Québécois et Québécoises à son égard ou même encore que le dernier vote en leur faveur n’était en réalité qu’un vote de contestation. De plus, ceci montre que Mario Dumont ne suffit plus. Il ne peut plus porter ce parti seul, ce qui l’a poussé à démissionner. La question que les gens se posent maintenant est : que deviendra le parti sans l’homme qui l’incarnait? Et bien, c’est simple, il disparaitra après quelques temps dans l’oubli. Il restera peut-être quelques temps en trame de fond, mais ne résistera pas au temps. Bref, il ira rejoindre l’Union Nationale, même parti avec un nom différent.
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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PROVINCIALES 2008 (suite)
La chute de la droite s’est aussi illustrée par la montée de la gauche. Oui je parle ici de l’élection d’Amir Khadir et ainsi du premier représentant de Québec Solidaire à l’Assemblée nationale. On voit une nouvelle option pour la gauche québécoise émerger. On voit également par ceci que les magouilles politiques dans les élections ne sont pas réservées à la droite. On pouvait lire dans Le Devoir la semaine avant les élections que des sympathisants de Québec Solidaire ont proféré des menaces au candidat du Parti Vert dans le comté pour qu’il se retire laissant ainsi le champ libre à Amir Khadir. Monsieur Khadir, interrogé sur le sujet, a dit ne pas y avoir pris parti, mais ne les a pas condamnés non plus. Il les a plutôt qualifiés de normales. Comme quoi la gauche n’est aucunement parfaite et a également lu Machiavel.
D’un chef sans parti, l’ADQ passe à un pas de parti sans chef.
Les derniers et non les moindres, ceux que je gardais comme dessert,
les Péquistes. Ceux-là mêmes qui ont fêté le résultat des élections comme une victoire, en grande pompe. Certes, ils ont grandement repris des forces par rapport aux dernières élections, reprenant ainsi l’opposition officielle. Il est aussi vrai que leur réel objectif n’était pas de prendre le pouvoir. Ils savaient que cela leur était quasi impossible. Pour certains ils ont donc atteint leur objectif. Cependant, ils ont échoué dans leur objectif d’empêcher un gouvernement libéral majoritaire. De plus, un parti politique dans l’opposition restera toujours un parti politique perdant ne nous trompons pas. Cependant, le Parti Québécois est sur une ascension importante. Il regagne tranquillement la confiance de la population qu’il avait auparavant perdue. Il sera donc intéressant de voir ce qui se passera aux prochaines élections d’autant plus que les Libéraux ont de plus en plus de difficulté à obtenir le vote des francophones qui votent maintenant en grande partie pour le Parti Québécois. Est-ce un retour prochain de l’enjeu référendaire? L’avenir le dira. Quoique nous disions, le plus grand gagnant de cette élection reste l’abstention. Nous avons assisté a un taux
de participation désolant voir quasi antidémocratique. Ceci envoi un message important à Jean Charest qui l’a probablement compris, mais ne veut pas l’écouter. C’est une protestation massive à sa façon de gouverner en se foutant totalement de l’opinion des Québécois et Québécoises. Il reste toutefois dommage que ces gens n’aient pas été voter pour empêcher la réélection de monsieur Charest et lui donnant ainsi une illusion de victoire qu’il peut brandir devant tout le monde. Pourtant, nous savons tous qu’il s’agit bien d’une défaite, du moins pour la démocratie. Je m’engage cependant à rappeler chaque fois qu’il le sera nécessaire à notre premier ministre que le Québec n’est pas seulement le Québec jonché sur la colline, là ou les membres des conseils d’administration de grandes entreprises, bref la minorité de Québécois et Québécoises demeurent. Je brandirai ma pancarte haute et avec conviction de façon à ce que notre premier ministre puisse la voir du haut de sa demeure de Westmount. Il est temps que nous pensions à un avenir meilleur pour l’ensemble des Québécois et Québécoises. Libéronsnous des Libéraux.
SORTEZ VOS MITAINES, RANGEZ VOS PELLES
Par Marianne Martin, météorologue amateur
Si vous ne l’avez pas remarqué, il fait présentement très froid sur Montréal (article écrit le 16 janvier 2009, alors qu’il fait 29° degrés). C’est donc dans le but de pouvoir mieux classifier l’intensité du froid qu’un élève du département, dont nous allons taire le nom, à donc brillamment inventé l’indice de froid Fruité©. Philippe Gendron a remarqué que la conservation de son jus devenait plus périlleuse lors des périodes de grands froids. Le punch aux fruits semblerait donc meilleur que le mercure pour indiquer la température, selon le niveau de glace atteint dans le processus de glaciation. Sur ce, n’oubliez pas de ne pas vous découvrir avant le mois d’avril.
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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CHRONIQUE
CHRONIQUE APOLITIQUE
La chronique qui refuse de parler de politique… parlons plutôt d’humanité et d’amitié! Par Jérémie Thériault-Langelier
24 décembre, 00h41
e me retrouve dans un abribus de S a inte- A nne- de Bellevue, seul. Il neige assez pour me convaincre que c’est bel et bien la veille de Noël, que ma session d’enfer est réellement terminée et que ma solitude pourrait finalement me rendre heureux. Un vieil album d’In Flames joue dans mes écouteurs comme un brin de nostalgie – retour aux années du secondaire où la vie semblait plutôt sombre et peu joviale. J’arrête de penser à tous mes tracas passés – exploit inimaginable depuis longtemps – et je réalise comment j’ai bien pu arriver ici, le seul piéton à un kilomètre à la ronde, en pleine nuit, attendant mon lift qui me ramène chez nous. Vous allez voir, c’est d’une simplicité incroyable.
sont rarement prévues plus qu’un jour ou deux d’avance. Vous devriez essayer, c’est plutôt simple, relaxant et ça peut apporter du grand bonheur. Avec cette attitude en tête – tentant de me convaincre que des choses simples pourraient m’apporter un minimum de bonheur – je me rend d’avance à Montréal, à 9h30 du matin, en train, pour être certain d’être à l’heure au rendez-vous. Bon. Là, prenez une pause et respirez car je sent que vous me trouvez cinglé d’arriver sept heures avant tout le monde. Mais sept heures bien remplies, vous verrez… *** 10h15 : Arrivée à la Place des Arts, je m’achète deux romans de fiction, je constate que le Musée n’ouvre pas avant 11h et je m’installe, café mocha à la main, pour dévorer la première nouvelle littéraire de ma récente acquisition. J’oublie les mots horaire, temps, stress et plusieurs autres termes agressants dans le même genre. 11h20 : Le Musée d’art contemporain m’offre sa nouvelle exposition de sa collection permanente. Je regarde, je lis tous les cartons, je marche très (trop) lentement et mon cerveau n’essaie surtout pas de tout analyser (les habitués de ce musée doivent comprendre). Je m’enivre quelques instants au son d’une musique classique et de son vidéo. Avant de partir, je m’assoie sur un banc en pierre dans le hall d’entrée. Moment de silence intérieur… ce moment qu’on oublie rapidement mais qui nous rappel, un bref instant, notre singulière humanité.
12h50 : Soupe tonkinoise en solitaire, avec le Complexe Desjardins comme décor, parmi la nuée de magasineurs encore trop pressés. Le ventre plein, l’esprit léger, mais mon cœur criant encore famine de ces moments uniques de la matinée, je part en direction du magasin. Lequel? Demandez plutôt à mes jambes, elles sont les seules responsables.
Je m’enivre quelques instants au son d’une musique classique et de son vidéo.
13h10 : boutique de vêtements : j’essaye quelques morceaux, j’aime, j’achète et je m’éclipse. Autre boutique : je regarde quelques trucs et je ressort. Je m’étonne, moi qui attrape un mal de tête après 30 minutes de magasinage. Pas cette fois-ci. Tout semble irréel et différent. 15h30 : Après 5 magasins et quelques kilomètres de marche, je me dirige vers le point de rencontre prévu pour 16h30, station de métro Bonaventure. Arrivé là-bas, je lis une autre nouvelle littéraire du livre de ce matin. Je regarde les gens passés en hâte dans le métro et j’aimerais bien leur offrir ma place, juste un court instant, pour qu’ils puissent voir ce que je vois. 16h45 : Je ferme mon livre, mon récit terminé, je regarde par-dessus mon épaule au loin et j’aperçois mes amis, au rendez-vous. Je les rejoins. Chaque pas me rapproche d’eux et je fais l’effort de sortir de ma bulle solitaire construite peu à peu depuis ce matin.
Il neige assez pour me convaincre que c’est bel et bien la veille de Noël […] Un vieil album d’In Flames joue dans mes écouteurs comme un brin de nostalgie.
Ça commence avec un projet. Des amis qui décident de se rencontrer le lendemain d’une conversation routinière sur Internet, sans but précis, seulement se rencontrer, le 23 décembre, à 16h30. J’en fais partie. Depuis quelques temps, j’essaye de ne pas trop planifier ma vie. Mes activités
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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CHRONIQUE APOLITIQUE (suite)
C’est moi qui est arrivé en retard finalement, après tout. Et alors? Finalement, personne n’en tient rigueur. *** C’est ainsi qu’après des discussions électroniques la veille, quelques amis, moi inclus, se rencontrent un 23 décembre, en plein centre-ville de Montréal, perdus dans la foule des consommateurs « dernière minute » de Noël. Une poignée d’étudiants en liberté dans un océan de gens pressés. Quelle beau gâchis! Pour le reste de la soirée, je vous épargne des détails, par souci de ma vie privée et de celle de mes amis. Mais le plus important dans toute cette histoire, c’est que leur compagnie fut à l’image du début de ma journée : simple, enivrant, réconfortant, spontané et surtout, très humain…
CULTURE ET DIVERTISSEMENT
LA TÉLÉVISION PENDANT L’HIVER 2009
Par Anh Khoi Do et hiver, la télévision recèle sûreme nt que l que chose pour vos goûts! Notez que si une adresse URL apparaît à côté du titre, cela veut dire que l’émission peut être regardée légalement sur le site Internet du diffuseur. Bonne télévision et félicitez votre humble serviteur (et aussi le meilleur chroniqueur culturel du Québec, ha! ha! ha!) qui s’est donné la peine de faire des recherches entre deux bouchées de dinde juste pour vous!
Wild Roses
http://www.cbc.ca/wildroses Début de la 1ère saison : Mardi, le 6 janvier 2009 à 21h00 (CBC) Alors que la très endettée famille Henry (photo) tient à garder son domaine, la riche famille McGregor, elle, veut à tout prix le saisir. Qui sait, cette parcelle de terre cache sûrement du pétrole… Bref, un tel événement mettra à l’épreuve la loyauté que les sœurs Henry entretiennent entre elles, car chacune ont leur idée arrêtée pour que leur famille garde le domaine.
Flashpoint
http://watch.ctv.ca/flashpoint Début de la 2e saison : Vendredi, le 9 janvier 2009 à 21h00 (CTV) Premier épisode la série la plus populaire au Canada et aux États-Unis pendant l’été : Dans un chic hôtel du centre-ville de Toronto, la SRU doit protéger deux VIP, un philanthrope et sa femme. Celle-ci se fait enlever et est plus tard retrouvée avec une bombe attachée à son cou. La rançon? Les malfaiteurs veulent que le philanthrope admette ses torts commis en Amérique du Sud devant les médias du monde. Sinon…
La classe de 5e
Début de la 1ère saison : Jeudi, le 8 janvier 2009 à 20h00 (TVA) Adaptée de l’émission américaine Are You Smarther than a 5th Grader?, cette émission est animée par l’acteur Charles Lafortune. Le défi? Une personne de 18 ans et plus doit prouver qu’il est « plus brillant » qu’un élève de cinquième année dans des épreuves (histoire, français, géographie et mathématiques) tirées du programme scolaire primaire. Le magot à remporter? Les participants peuvent gagner jusqu’à 250 000$.
Lance et compte: Le grand duel
Prévue pour l’hiver 2009, TVA a décidé de reporter l’émission à l’automne 2009. Bien sûr, les fans invétérés de cette télésérie sur le monde du hockey professionnel peuvent maintenant la voir en payant 15$ pour les 10 épisodes (21$ en HD) sur Illico. Que nous réserve cette télésérie? Une rivalité entre le National de Québec (l’équipe suivie pendant la série) et les Canadiens de Montréal. À suivre.
La grosse vie
Suite de la 1ère saison : Mardi, le 6 janvier à 21h30 (Radio-Canada) Suivez les aventures (et aussi les mésaventures) d’une vedette au bout du rouleau qui veut consacrer plus de temps à sa drôle de famille. Dur, dur d’être à la fois un père et un artiste, n’e st- ce pa s? Soyez-en témoin dans la vie fictive de Normand Brathwaite!
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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LA TÉLÉVISION PENDANT L’HIVER 2009 (suite)
Being Erica
http://www.cbc.ca/beingerica Début de la 1ère saison : Lundi, le 5 janvier 2009 à 21h00 (CBC) Une jeune trentenaire, Erica Strange (Erin Karpluk) s’ennuie dans un emploi de bureau. Un jour, elle rencontre le Dr Tom (Michael Riley), un thérapeute. Celuici envoie Erica dans le passé afin qu’elle puisse régler des problèmes de vie qu’elle regrette. Après Sanctuary, Being Erica est la deuxième émission canadienne à passer aux capsules Internet (http:// www.beingerica.ca) à la télévision en format d’une heure.
ZOS : Zone of Separation
Début de la 1ère saison : Lundi, le 19 janvier 2009 à 22h00 (The Movie Network) Dans une ville fictive ressemblant à Sarajevo, des envoyés de l’ONU s’évertuent à garder la paix entre les Chrétiens et les Musulmans. Cependant, ces envoyés doivent aussi composer avec les casques bleus qui sont prêts à tout pour maintenir l’ordre et qui ne leur font pas confiance. Voilà une mini-série qui devrait plaire aux mordus d’action.
Somme-nous?
À vérifier sur http://video. telequebec.tv Début de la 1ère saison : Mercredi, le 7 janvier 2009 à 21h00 En dix épisodes, Patrick Masbourian et son équipe font un portrait du Québec et posent des questions dans le cadre d’une enquête : somme-nous (les Québécois)… paresseux, charitables, obsédés par le sexe, de bons parents, cultivés, de grands consommateurs, généreux, en santé, de bons citoyens, de gros pollueurs, croyants?
Les grands duels de la LNI
Début : Samedi, le 10 janvier 2009 à 18h00 (Télé-Québec) Toujours arbitré par Yvon Ponton, chaque duel n’oppose pas deux équipes, mais bien deux improvisateurs qui comptent parmi les meilleurs acteurs du Québec. Cela faisait du bien de rafraîchir ce concept typiquement québécois qui
Howie Do It
À vérifier sur http://www.globaltv. com Début de la 1ère saison : Vendredi, le 9 janvier 2009 à 20h00 (Global et NBC) Émission dans laquelle l’humoriste canadien Howie Mandel et son équipe joue des tours à des individus moyens. Le truc de chaque épisode : leur faire croire qu’ils sont en train d’auditionner pour soit un prochain grand film hollywoodien, un spectacle nord-américain ou même une télésérie. Apparemment, recevoir quinze minutes de gloire n’aurait jamais été aussi drôle.
Sanctuary
Début de la saison finale : Vendredi, le 9 janvier 2009 à 21h00 (The Movie Network) La Dr Helen Magnus et son équipe doivent protéger des créatures/ humains anormaux du public et parfois l’inverse par l’usage de la force, bien entendu. Après deux saisons, le Canada pourra se vanter d’avoir produit une télésérie tournée presque entièrement sur écran vert, ce qui est très rare en Amérique du Nord!
Grande Fille
Début de la 1ère saison : Jeudi, le 8 janvier 2009 à 19h00 (TQS) Une jeune fille dans la vingtaine quitte Trois-Rivières pour s’installer à Montréal. Elle s’installe dans l’appartement de sa cousine. Par contre, les choses semblent se compliquer quand son père, un policier à la retraite, emménage dans un apparteme nt du même quartier…
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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CRITIQUE DE FILM Changeling
Par Anh Khoi Do e film n’est pas la meilleure œuvre réalisée par Clint Eastwood (Mystic River) en raison d’une faille très patente dans le scénario. Néanmoins, nul ne devrait être déçu par la performance des interprètes, surtout celle d’Angelina Jolie (Girl Interrupted) qui nous avait trop déçus dans des films d’action minables dans le passé. Le 10 mars 1928, Christine Collins (Angelina Jolie), une mère célibataire, rapporte la disparition mystérieuse de son fils Walter après son retour du travail. Après cinq mois d’enquête par le Département de police de Los Angeles (DPLA), le capitaine J.J. Jones (Jeffrey Donovan) et le chef James E. Davies (Colm Feore) organise une réunion entre Christine et son fils devant la presse. Par contre, malgré le coup de théâtre organisé par le DPLA, Christine sait très bien que le garçon ramené de De Kalb, Illinois, n’est pas son fils. De plus, quand Christine, avec l’aide du pasteur Gustav Briegleb (John Malkovich), tente d’exposer la corruption gangrenant le DPLA, celui-ci l’envoie dans un asile. nous connaissons les motivations du capitaine Jones pour ordonner l’internement de Christine lors du procès contre le DPLA à la fin du film, le film laisse un trou en n’explorant pas assez bien la perspective du DPLA sur l’enquête de cinq mois. En se concentrant presque entièrement sur la perspective de Christine, le scénario répond mal à cette question : pourquoi l’enquête de cinq mois pour retrouver Walter fut sciemment bâclée considérant l’expression qui en dit long sur le visage de Jones et de Davies lorsque le « fils » de Christine est ramené? Est-ce une question de paresse, d’incompétence ou une autre chose? Impossible de le savoir. En fin de compte, pour le peu qu’on en sait sur cette enquête de cinq mois, nous n’avons que la perception de Christine (ainsi que ceux des gens tournant autour d’elle) et celui du détective Lester Ybarra (Michael Kelly), un policier du DPLA qui la croit et qui mène une enquête de sa propre initiative pour ramener Walter. Même si l’histoire du film nous divertit, je prédis que Changeling ne sera pas nominé pour l’Academy Award du meilleur film pour son seul et unique défaut : la présentation très unidimensionnelle et très en surface de la corruption souillant le DPLA. Rassurez-vous, loin de moi l’idée de vous inciter à éviter ce film somme toute bien fait! Malgré un défaut dans le scénario, le jeu d’Angelina Jolie devra ravir ceux qui attendaient le moment pour la voir bénir l’écran tant par son charme que par son talent. Cependant, sans vouloir dénigrer son travail, Jolie ne semble pas être la personne appropriée pour son personnage, car une recherche dans la Los Angeles Public Library Photo Database montre que la vraie Christine Collins était une femme d’apparence très ordinaire et non une déesse! Dans un autre ordre d’idée, soulignons aussi le bon travail des interprètes de soutien, surtout Michael Kelly (Generation Kill), Jeffrey Donovan (Believe in Me) et Amy Ryan (Gone Baby Gone), qui joue une internée d’asile victime de la corruption du DPLA.
Malgré un défaut dans le scénario, le jeu d’Angelina Jolie devra ravir ceux qui attendaient le moment pour la voir bénir l’écran tant par son charme que par son talent.
Finalement, Changeling, avec son défaut, est un thriller très efficace. Cela montre que Clint Eastwood, tout comme le vin, devient meilleur avec le temps, surtout comme réalisateur. De plus, si ce film ne reçoit pas la moindre nomination aux Oscars concernant la performance des interprètes, Eastwood peut clamer haut et fort d’avoir été victime d’un vol. Note : 3.5/5 Changeling USA (2008), 141 minutes. Thriller scénarisé par J. Michael Straczynski. Réalisé par Clint Eastwood.
En se concentrant presque entièrement sur la perspective de Christine, le scénario répond mal à cette question
À prime abord, l’histoire elle-même démontre ce flair légendaire de Clint Eastwood pour déterrer les bonnes histoires. Malheureusement, Changeling souffre du biais historique du scénariste J. Michael Straczynski dans la manière de dépeindre le DPLA. Si
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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CRITIQUE DE FILM Young People Fucking
Par Anh Khoi Do étrompez-vous, malgré le titre vulgaire, ce film est visuellement très léger en comparaison au thriller érot i q u e / psychologique Where the Truth Lies, du réalisateur canadien Atom Egoyan. En gros, c’est plutôt le genre de film que vous louez pour rire après une dure journée. Tourné à Toronto, ce film réunit l’histoire de quatre couples et d’un « ménage à trois ». Premièrement, Matt (Aaron Abrams) et Kristen (Carly Pope) sont deux amis, tout au plus, mais lors d’une soirée, ils acceptent de coucher ensemble. Deuxièmement, Abby (Kristin Booth) veut faire l’amour avec son mari Andrew (Josh Dean) – qui n’a pas l’air de vouloir le faire – le jour de l’anniversaire de celui-ci. Troisièmement, Mia (Sonja Bennett) et Éric (Josh Cooke) se rencontrent après s’être séparés récemment. Quatrièmement, Jamie (Diora Baird) passe la soirée dans son appartement avec Ken (Callum Blue). Cinquièmement, Gord (Ennis Esmer) invite son colocataire Dave (Peter Oldring) à faire l’amour avec Inez (Natalie Lisinska) alors que Gord se contente de regarder. People Fucking est tout au plus une comédie enchaînant industriellement des répliques cocasses. De plus, rares sont les comédies contenant comme celui-ci des répliques évitant habilement le simplisme et la vulgarité. ces deux personnages ressentent toujours l’un envers l’autre. En dépit de ce genre de défaut, les interprètes n’ont rien à se reprocher, surtout Kristin Booth (M.V.P.), qui interprète le personnage le plus développé psychologiquement, ainsi que Carly Pope (Hemingway vs. Callaghan) et Aaron Abrams (Flash of Genius), qui maîtrisent bien l’humour de leurs lignes.
Malgré sa dose d’humour assez appréciable, Young People Fucking possède une faiblesse, c’est-à-dire un développement peu élaboré des personnages.
Par contre, si ce film ne contient pas beaucoup de moments dramatiques, Young People Fucking se distingue de ses compétiteurs américains – exception faite sur Kinsey – en traitant avec une certaine maturité son sujet, c’està-dire le sexe. Donc, au lieu de renfermer des scènes impliquant des imbéciles en train de s’égosiller pour fracasser le mur du son, les scénaristes décortiquent schématiquement les problèmes reliés à la sexualité propres à chaque histoire. Bref, ce film rassemble une galerie de personnages se demandant chacun à leur façon si la baise est uniquement pour le plaisir ou bien quelque chose qui va de pair avec l’amour envers son âme sœur. Malgré sa dose d’humour assez appréciable, Young People Fucking possède une faiblesse, c’est-à-dire un développement peu élaboré des personnages. De plus, ce développement a parfois l’air forcé seulement dans le but de faire venir délibérément toutes sortes de situations. Par exemple, dans l’histoire impliquant Mia et Éric, les ex-amants, les scénaristes passent tout de suite à la scène de baise sans aborder les sentiments que
De plus, rares sont les comédies contenant comme celui-ci des répliques évitant habilement le simplisme et la vulgarité.
Même si ce premier film de Martin Gero est bien meilleur que virtuellement toutes les comédies américaines, ne vous attendez pas à voir un chef-d’œuvre. Effectivement, Young
Finalement, ne vous attendez pas à voir un film XXX, mais plutôt une comédie qui vous fera rire et sourire. Franchement, arrêter de lire cette critique insignifiante et allez louer ce film! Note : 3/5 Young People Fucking Canada (2007), 90 minutes. Comédie scénarisée par Martin Gero et Aaron Abrams. Réalisée par Martin Gero.
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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HUMOUR
JE RESPIRE LE MIRACLE DE LA VIE
Par Yvan Destracteurs onsidérant ma timidité excessive, je tiens à garder l'anonymat afin de pouvoir me défaire de tous ses papasradis. Également, l'état dans le lequel je me trouve actuellement est le produit de deux nuits blanches à anticiper une première fin de session universitaire. Voici mon délire post-examend'europe-moderne et post-examend'antiquité. être une octogénaire, obèse et alcoolique, ce qui heureusement n'est pas encore survenu), je diffuse le message d'espoir lancé par ma terre: eh bien non! L'amiante n'a PAS les mêmes fonctions que l'entraxe, c'est à dire, vous n'aurez pas le cancer en lisant ce magnifique panégyrique et encore moins en me touchant. Il ne faut pas me poser la question. C'est relatif à demander à M. Prévost (Voulant garder un esprit professionnel) s'il a une cirrhose du foie parce qu'il est natif du Lac-Saint-Jean. Eh vlan dans les dents! 2. Vous ne connaissez pas Lucius Antonius Saturninus? Moi non plus. 3. *ATTENTION SPOILER* Voici ma partie: Chronique filmographique Eh bien oui! Je suis allée voir le film Twilight, et malgré moi j'ai aimé ce film hautement prévisible et quétaine. Dans cette réalisation pré-pubaire, il est possible de constater que notre inconscient collectif joue un rôle très important. En effet, l'aventure amoureuse qui se déroule dans l'univers vampiresque-pseudo-maniaque est hautement plus intéressante que si le film c'était déroulé en Abitibi en 1989. J'anticipe déjà le scénario, et turquoise, s'embrassant sous le nuage de mouches à chevreuil. - par Le gros Destracteurs 4. Eh bien oui, M. Destracteurs est aussi un thérapeute de couple à temps partiel! Suite à ma récente rupture, j'affirme que les couples c'est trop compliqué. Les femmes ne savent pas ce qu'elles veulent et les gars non plus... Bien que l'homme reste un animal social, il devrait essayer le mode Solo. Pas le capitaine, ni le cellulaire. Par contre, l'esprit animal en viendrait, suite aux méandres de la vie, à refaire surface. Alors mon conseil est le suivant, après avoir vérifié par moi-même et sous la supervision d'un adulte, il est beaucoup plus aisé de fréquenter un gaucher-e lorsqu'on est gaucher-e et un droitier-e lorsqu'on est droitier-e. Tout cela dans le but d'éviter des chicanes de coudes.
Je décidais de partager avec vous la profonde analyse des mystères de la vie.
Eh bien non, la réponse à votre question « Mais est-ce un article écrit de manière à combler une page blanche? » Comme répondrait monsieur le curé de mon villâââge, « Ne craignez rien mes enfants, car les brebis égarées retrouvent le chemin grâce à la gloire de Dieu. » *Phrase hors contexte pour mettre de l'emphase en périphérie de ma réponse*: Non. Alors ne trouvant pas le sommeil à 00:14, (Il semble que je sois sur le meilleur trip de ma vie, et ce, sans substances illicites, simplement un peu de stress, un manque flagrant de sommeil et quelques débilités qui traversent mon esprit...) la veille de l'examen de moyen-âge, je décidais de partager avec vous la profonde analyse des mystères de la vie. 1. Étant l'unique représentante Asbe strie nne de l'A.É.H.U.M. (Représentation au sens figuré, car si je voulais réellement représenter ma lointaine contrée, je devrais
Mais le drame se traduit lorsqu'on apporte la boîte de délicieux biscuits David.
5. Mon amour, mon minou (Ça passe encore), mais pas ma toutoune ou ma pitoune. Fin de la chronique couple. 6. Étant aussi philosophe à mes heures, je me dois de divulguer mon message: Le Vert et le Rouge ne sont pas des couleurs faites pour être agencées ensemble. 7. Note à moi-même: Un lit, c'est fait pour dormir/et-ou/pourpratiquer-des-sports-noctures, mais pas pour étudier. Cela commence sournoisement, le portable
Mon amour, mon minou (Ça passe encore), mais pas ma toutoune ou ma pitoune.
une mineure de descendance amérindienne et un gars de la mine, vêtu tous deux de coton ouaté rose
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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JE RESPIRE LE MIRACLE DE LA VIE (suite)
dans le lit défait, puis les livres se joignent à la partie. Ensuite, on est trop bien installé pour envisager changer de place alors on finit par manger son pâté chinois sur le lit. Avec un peu de chance tout va encore bien à cette étape. Mais le drame se traduit lorsqu'on apporte la boîte de délicieux biscuits David (Ceux qui goûtent l'érable pour ceux qui ne sont pas maître dans l'art culinaire) Ils sont subtils. Lorsqu'on se couche, on se révèle être victime d'un dangereux complot. Les miettes de biscuits ont envahi le lieu de repos...
8. Finalement, pour Marianne, Bonzour Mademoizelle Subway, z'aimerais za avoir un zizi peu de zalade dans mon zumarin. Zcuzer-moi, ze zézète un zizi peu.
00:45, ma mission est terminée, je peux enfin aller me coucher quelques heures en prévision de mon examen très matinal et peu convivial de moyen-âge.
PS: Je constate le lendemain, que la teneur de cet article est hautement supérieure en qualité et en pertinence
que la première page du journal de Montréal d'aujourd'hui : « Québec a renié le sapin de Noël. » On y voit un sapin de Noël ainsi que notre cher et aimé Jean Charest applaudissant d'un air tout frais et débile léger. Un vrai roman photo... Un problème de terminologie se transforme en drame multiculturel. - Conseil à Monsieur Charest : Mautadine, on est au Québec, les sapins qui soient de Noël ou pas, y en a partout et je ne pense pas que le mot « grand » et « fêtes » plutôt que « Sapin de Noël » va réellement changer quelque chose. (Voir archive du 11 décembre 2008)
LE SENS DE LA VIE POUR UN CHRÉTIEN, EXPLIQUÉ AUX ENFANTS
Blague trouvée sur Internet, traduite de l’anglais et légèrement augmentée par Jérémie Thériault-Langelier Il est 11h30 du matin. Dieu décide finalement de sortir du lit et débute son œuvre sur Terre. Le premier jour, Dieu créa le chien et lui dit : « Assis-toi devant la porte et aboie à tous les visiteurs et passants. Pour cela, je te donne une durée de vie de 20 ans ». Le chien répond : « C’est une vie longue à toujours japper. Qu’est-ce que tu dis si je prends seulement 10 ans et je te redonne les 10 autres? ». Alors Dieu, dans toute sa magnanimité, accepta l’offre. Le second jour, Dieu créa le singe et dit : « Amuse les gens, fait des pirouettes et fait les rire. Pour cela, je te donne une durée de vie de 20 ans aussi ». Le singe rétorque : « Des pirouettes pendant 20 ans? C’est un peu long à tenir. Et si je gardais 10 ans et te redonnais les 10 autres comme le chien? ». Dieu, étant si charitable, accepta l’offre. Le troisième jour, Dieu créa la vache et proclama : « Tu dois aller au champ avec le fermier toute la journée et souffrir sous le soleil, mettre au monde plusieurs veaux et donner du lait au fermier pour qu’il puisse nourrir sa famille. Pour cela, je te donne une durée de vie de 60 ans ». La vache répond promptement : « C’est quand même une vie assez dure, et pendant 60 ans en plus! Et si c’était seulement 20 ans et je te redonne les 40 autres? ». Dieu, rempli de bonté, accepta l’offre une fois de plus. Le quatrième jour, Dieu créa finalement l’Homme et dit : « Mange, dort, joue, marrie-toi et apprécie ta vie. Pour cela, je te donne 20 ans ». Mais, l’Homme dit, insistant : « Seulement 20 ans? Est-ce possible de me donner ces 20 ans plus les 40 ans que la vache a refusé, les 10 ans du singe et les 10 ans du chien – ça fait 80 belles années, d’accord? ». L’Homme souriait à Dieu pour attirer sa faveur. Dieu le regarda, pensa à cette offre un peu inhabituelle pour les animaux de la Terre, et afficha un petit sourire légèrement mesquin sur son visage. « D’accord », rétorqua Dieu d’un ton assuré, « Si tu es sûr de ton coup ». Alors, c’est pourquoi que pendant nos 20 premières années nous mangeons, nous dormons, nous jouons et nous nous amusons. Pour les 40 années suivantes, nous sommes esclaves sous le soleil pour nourrir notre famille. Ensuite, pour les 10 années suivantes, nous faisons des pirouettes et des singeries pour épater nos petits enfants. Et pour les 10 dernières années, nous nous asseyons sur la galerie et aboyons à tous les passants. Et ceci, mes amis, est le réel sens de la vie. Maintenant vous savez.
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CE TEXTE N’EN EST PAS UN DE DERNIÈRE MINUTE, IL FUT DÛMENT COGITÉ ET IL EST INTRINSÈQUEMENT RÉFLÉCHI
par Kevin Audet-Vallée Jérémie dit : Phil Gendron t'as tu parlé pour le blanc à remplir dans le Sablier? Le Kevin. dit : Ah oui, 3/4 de page? Le Kevin. dit : Hum. Le Kevin. dit : Défi. Jérémie dit : Moi j'ai ketchose qui pourrait faire 1 page. Le Kevin. dit : Ce serait ? Jérémie dit : Une blague, section humour. Jérémie dit : Mais, on est à 17 pages là, donc faudrait se rendre à 20. Le Kevin. dit : Okay. Jérémie dit : Faque ta page + ma page, y’en manquerait une. Le Kevin. dit : Okay Jérémie dit : Je demande à Phil si y ‘aurait pas de quoi d'autre. Jérémie dit : J'ai trouvé de quoi... alors si tu m’envoies ta page, je termine ça à soir. Le Kevin. dit : Okay. Le Kevin. dit : J'essaie de penser… Jérémie dit : Ok check, si t'as rien, s’pas grave... j'peux faire sans. Jérémie dit : M'a faire 2-3 pirouettes de mise en page, et hop! Voilà! Le Kevin. dit : Nonon! Le Kevin. dit : J'ai commencé Jérémie dit : Ok. Le Kevin. dit : Choke moi pas haha Jérémie dit : Haha. Jérémie dit : Ok. Jérémie dit : Ça va être dans quelle section? Humour? Le Kevin. dit : Hum… Le Kevin. dit : Moui.
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JEUX
Le Sablier, 3, 1, janv. 2009
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