AVIS DU CONSEIL QUÉBÉCOIS DES RESSOURCES HUMAINES EN CULTURE

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							           AVIS DU CONSEIL QUÉBÉCOIS DES RESSOURCES HUMAINES
                            EN CULTURE (CQRHC)

              ET DU FONDS DE STABILISATION ET DE CONSOLIDATION
               DES ARTS ET DE LA CULTURE DU QUÉBEC (FSCACQ)

             EN REGARD DE LA STRATÉGIE D’ACTION JEUNESSE (SAJ)
                      DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC

  ORIENTATION 4 : FAVORISER L’INSERTION PROFESSIONNELLE DES JEUNES



                                                                         Montréal, le 6 juin 2005


PORTÉE DE L’AVIS


L’Avis du CQRHC et du FSCACQ concerne prioritairement le choix stratégique « Mieux
soutenir l’insertion professionnelle des jeunes qui éprouvent des difficultés à intégrer le
marché du travail » et « Améliorer la préparation des jeunes en vue de leur participation
au marché du travail ».

L’Avis expose que les moyens recommandés ont des répercussions positives sur
l’Orientation 1, particulièrement « Favoriser le renforcement des liens
intergénérationnels » en raison du mentorat ou de l’encadrement des diplômés par des
personnes d’expérience, et sur l’Orientation 5, particulièrement « Favoriser le retour ou
l’établissement des jeunes en région ».

L’Avis est de portée sectorielle : la politique culturelle du gouvernement du Québec
convoque l’effort de tous les ministères à œuvrer de concert au bénéfice de la culture,
que ce soit la compétitivité des créateurs et des interprètes qui sont au cœur de la
création, ou la viabilité des institutions et des organisations qui en assurent le
rayonnement. Une instance tel le Secrétariat permanent de la jeunesse, dont l’action est
transsectorielle, a tout à gagner de mieux comprendre que l’attrait des jeunes pour les
arts et la culture doit se conjuguer avec un accompagnement adéquat. Il en va du bon
fonctionnement de ce marché du travail si particulier, et de façon responsable, de les
aider à apprivoiser leur carrière artistique ou professionnelle dans le respect des outils
collectifs que le secteur culturel s’est forgés, dont l’adoption des lois sur le statut de
l’artiste est le moteur.


                                                        Dans ce document, la forme masculine désigne
                                                              tout autant les hommes que les femmes.
Avis du CQRHC et du FSCACQ
pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes                                     page —1
STRUCTURE DE PRÉSENTATION DE l’AVIS


Choix stratégique :           Mieux soutenir l’insertion professionnelle des jeunes
                              qui éprouvent des difficultés à intégrer le marché du
                              travail


L’Avis positionne les difficultés d’accès au marché du travail culturel selon les trois
principaux modes d’accès à une première expérience de travail :

          — la première expérience artistique, pour les diplômés en arts
       d’interprétation, en arts visuels, en arts médiatiques et en littérature qui doivent
       composer avec un statut d’artiste ;

         — l’assistanat dans les fonctions administratives, pour les diplômés qui
       sont appelés à occuper une fonction de travail, généralement un poste salarié, au
       sein d’une organisation culturelle ;

          — le stage dans les fonctions artistiques de création ou de production :
       le stagiaire doit se familiariser avec le fonctionnement des cycles de productions
       culturelles en agissant sous la supervision d’un professionnel expérimenté
       (relation maître-élève).


L’Avis commente ensuite les conditions de succès éprouvées par les mesures et les
programmes qui ont offert une réponse adaptée selon ces trois modes d’accès au
marché du travail. Il faut savoir que, parmi ces mesures d’intégration professionnelle, les
deux outils les plus performants que le secteur culturel a connus avaient une durée
déterminée. Le secteur a besoin d’intégrer la relève, pour profiter de sa contribution et
de son regard neuf sur l’activité culturelle. En contrepartie, les diplômés ont tout à
gagner à côtoyer les praticiens et les gestionnaires du secteur culturel pour réussir leur
intégration au marché du travail, et ce, en participant à la consolidation des structures
actuelles, plutôt qu’en créant de nouvelles compagnies ou entreprises, pour se procurer
eux-mêmes un revenu. Cette conjoncture explique l’intérêt porté par le CQRHC et le
FSCACQ à participer à la présente consultation.

L’Avis conclut sur une offre de collaboration à chercher des modalités de livraison pour
les solutions que la SAJ retiendra en faveur du secteur culturel. En raison des statuts
variés des organisations culturelles, OBNL ou entreprise culturelle, les leviers sont
parfois distinctifs, de même que les conventions qui régissent les relations de travail.




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1.0 Les difficultés d’accès au marché du travail culturel

La voie du projet personnel : la première expérience artistique

La « première expérience artistique » prend souvent la forme d’un projet personnel. La
relève doit composer avec un double enjeu : la démonstration de talent et le
développement d’un réseau de contacts.

•    La démonstration de talent : il faut réaliser un premier projet artistique pour
     amorcer la constitution d’un portfolio propre à témoigner des habiletés artistiques
     et des aptitudes liées à la gestion de projet (par exemple en littérature, en arts
     visuels, en arts médiatiques) ; parfois, pour réussir à se faire engager dans une
     production des arts de la scène, le diplômé doit préparer une audition (réelle ou
     simulée), peut agir comme doublure ou se faire confier un rôle secondaire.

•    L’amorce du développement d’un réseau de contacts propre à briser l’isolement,
     à favoriser les rencontres avec les leaders de la discipline et à s’initier aux
     mécanismes formels et informels qui vont conduire aux occasions d’engagement
     (proposition d’un projet avec portfolio à l’appui, préparation aux auditions, etc.).


La voie de l’assistanat dans les fonctions administratives

Pour la voie « assistanat », l’enjeu est la capacité financière de l’organisation à
rémunérer le diplômé, à la valeur du marché pour un poste d’entrée à l’une ou
l’autre des fonctions de l’organisation culturelle. Celle-ci bénéficiera de la contribution de
la relève et, en retour, lui offrira un premier emploi significatif en regard de ses
connaissances et habiletés.


La voie du stage dans les fonctions artistiques de création et production

L’enjeu principal qui convoque des conditions favorables à la voie du stage à partir de la
relation maître-élève :

•    la composante professionnelle (pratique) d’une formation initiale : la voie du
     « stage » est incontournable pour bon nombre de finissants des programmes de
     formation en arts et culture. Par exemple, même s’ils ont acquis diverses
     connaissances, la plupart des concepteurs et des techniciens n’ont pas eu la
     chance de les mettre en application, dans un projet concret et en temps réel, sous
     supervision d’un expert du métier (relation maître-élève). Dans certains domaines,
     comme dans le cas du perruquier, du coupeur de costumes ou du maquilleur, la
     formation initiale spécialisée pour le cinéma ou la scène n’existe pas, ou peu ; la
     préparation de la relève pourra supposer, pour les diplômés des soins personnels
     ou de la mode, d’adapter leur métier au contexte du plateau ou de la scène grâce
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     au stage ou en assistant un expert du métier. Selon le domaine d’exercice, il
     manque un incitatif pour encourager les concepteurs ou les producteurs à prévoir
     les apprentis appropriés afin de préparer la relève et de contribuer à la qualification
     de la main-d’œuvre pigiste dont ils souhaiteront bénéficier ultérieurement.


2.0 Les conditions de succès éprouvées par des mesures et des
    programmes ayant offert des solutions adaptées à l’insertion
    professionnelle dans le secteur culturel

Nous référons aux résultats connus pour les quatre programmes ou mesures suivants :

1) Le programme « Développement de la relève dans le secteur artistique» du Fonds
   de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec (FSCACQ)
   selon les trois volets « premières expériences artistiques », « assistanat dans les
   fonctions administratives » et « stage dans les fonctions artistiques ». Ces volets ont
   financé l’insertion professionnelle des diplômés, au bénéfice d’organismes culturels à
   but non lucratif (OBNL). Le projet ou l’emploi était lié au champ d’études. Les
   résultats sont très positifs. Les volets du programme étaient jugés transférables par
   les entreprises (but lucratif) qui auraient apprécié y avoir accès. Faute de
   financement public à redistribuer, le FSCACQ n’a pas pu accueillir de nouvelles
   demandes depuis 2003.

2) Le Fonds Jeunesse Québec (FJQ) : ce fonds a principalement financé l’insertion
   professionnelle selon la voie « projet artistique » en encourageant l’entrepreneurship.
   Selon la phase I de l’évaluation des consultants Johnson & Roy, 13% des
   bénéficiaires provenaient du secteur des arts, de la culture ou de l’information. C’est
   dans ce domaine que le projet était le plus souvent lié au champ d’études.
   Parmi les projets primés du FJQ, plusieurs provenaient du secteur des arts, de la
   culture et de l’information. Ce fonds a terminé ses activités.

3) La mesure « Jeunes Volontaires » d’Emploi-Québec (JV) repose sur l’identification
   d’un projet, par le jeune, qui améliorera ses compétences pour trouver du travail.
   L’aide accordée est un complément de la prestation de la sécurité du revenu ou de
   l’assurance-emploi, pour soutenir les coûts directs du projet. L’évaluation
   gouvernementale de février 2004 démontre que 75% des projets soutenus
   proviennent du secteur des arts, de la culture, du divertissement ou de l’information.
   Ces projets sont liés au champ d’études. Les résultats sont positifs quant au taux
   élevé de complétion du projet et au taux de rétention dans le marché du travail après
   un an. Les participants du secteur culturel, pourtant, ne correspondent pas à la
   clientèle cible : la majorité n’a pas connu d’échec scolaire (est diplômée) et n’est pas
   prestataire (doit avoir un moyen de subsistance). La mesure « Jeunes Volontaires »
   se poursuit et l’accueil des diplômés des arts et de la culture demeure acquis au
   regard des difficultés d’accès au marché du travail qui sont spécifiques au milieu
   artistique.

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4) La mesure « Objectif carrière » de la Stratégie Jeunesse Canada (SJC), dont
   l’enveloppe dédiée au secteur culturel est confiée en impartition au conseil sectoriel
   canadien de la culture, le Conseil des ressources humaines du secteur culturel
   (CRHSC). Une part des demandes d’embauche provient des organismes du
   Québec, ce qui permet aux diplômés québécois d’obtenir un stage rémunéré en
   lien avec leur champ d’études. Selon la demande de l’organisme, cette mesure
   peut soutenir les deux voies « première expérience artistique » et « assistanat dans
   les fonctions administratives». Les organismes soulèvent un motif d’insatisfaction à
   l’égard des règles administratives dictées par le CRHSC : La contribution de 60% au
   salaire et la prise en charge de tous les bénéfices semblent représenter des coûts
   trop élevés et découragent certains OBNL d’y recourir.


Pour le jeune, une insertion professionnelle réussie comprend les éléments suivants :

       La combinaison de différents leviers :
       − L’encadrement doit être significatif
       − L’accueil du projet : l’idée ou le profil du jeune doivent être respectés
       − S’il y a lieu, la formation manquante ou l’orientation (conseils, mentorat)
         doivent être identifiées et prévues au cours du projet ou de la durée d’emploi
       − L’évaluation des retombées du projet ou la valeur de l’emploi occupé doit tenir
         compte du point de vue du jeune et non seulement de celui de l’organisme
         d’accueil ou de l’employeur/superviseur

       Le développement de compétences professionnelles significatives :
       −   Savoir communiquer (son projet, ses aspirations)
       −   Acquérir de l’assurance, de la confiance en soi
       −   Développer l’esprit critique
       −   Travailler en équipe, faire sa place dans une organisation
       −   Parfaire ses connaissances
       −   Développer le sens des responsabilités ou sa capacité d’initiative
       −   Développer sa capacité d’adaptation, son autonomie

       Une durée significative pour le mode d’accès au marché du travail :
       − La première expérience artistique a une durée déterminée ; celle-ci doit
         correspondre aux conditions normales de sa réalisation.
       − L’assistanat dans les fonctions administratives appelle idéalement une durée
         stratégique de 3 à 5 ans pour favoriser, du côté de la relève, la pleine maîtrise
         des compétences et, du côté de l’employeur, le plein rendement du diplômé et
         un transfert réel des connaissances de la recrue vers l’organisation.
       − Le stage ou l’apprentissage a une durée déterminée ; celle-ci est spécifique à
         la production culturelle ou à l’objectif de maîtrise des compétences visé par le
         mentor ou le maître.



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       Des modalités de financement qui font parfois toute la différence :

       − L’aide au projet doit être évaluée en lien avec les conditions qui prévalent
         habituellement dans le domaine artistique (ex. bourse), de manière à préparer
         le diplômé à composer avec les contraintes qui l’attendront inévitablement.
       − La rémunération de l’assistanat dans les fonctions administratives appelle, de
         la part de l’organisme employeur, un positionnement par rapport à la valeur de
         sa rémunération à l’ « entrée en poste » (ex. emplois repères), selon que cela
         respecte l’équité interne de la rémunération des autres membres du
         personnel.
       − La valeur du temps de stagiaire ou d’apprenti est conditionnée par les
         ententes cadres qui régissent les relations de travail. Parfois, les coûts directs
         de projet doivent être estimés et consentis de manière à ce que le mentor ou
         le maître ne se désiste pas de l’expérience parce que celle-ci entraînerait des
         frais en plus de sa propre perte de productivité ; à cet égard, un cachet
         forfaitaire ou un crédit d’impôt consenti au mentor ou au maître peut être un
         atout pour stimuler le jumelage.

Des retombées significatives méritent d’être soulignées, grâce au contenu de
l’évaluation du jeune et de l’évaluation de l’organisme d’accueil dans les volets du
programme « Développement de la relève » du FSCACQ :

       − Le renforcement des liens intergénérationnels : l’organisation culturelle ou le
         mentor/maître s’est engagé à fournir l’accompagnement et l’encadrement
         pertinents, lesquels ont d’ailleurs été évalués à la fin. Le jeune diplômé a vécu
         un mentorat ou un coaching avec une personne d’expérience, ce qui lui a
         permis d’augmenter sa confiance en soi. En retour, le diplômé a laissé une
         contribution réelle, parfois un véritable legs à l’organisation en suscitant une
         remise en question des procédures, une façon de réorganiser les ressources
         ou les manières de faire.
       − La rétention des diplômés en région : les stages ou les emplois offerts, à la
         valeur du marché et pour une durée significative, par les organismes culturels
         régionaux ont eu l’effet incitatif d’intéresser les diplômés originaires et, du
         même coup, ont favorisé le retour en région. Les résultats quantitatifs ne sont
         pas encore disponibles, mais une proportion des projets ont été convertis en
         emplois par la suite. Le FSCACQ est disponible pour fournir toute donnée
         utile à cet effet.

Les conditions de succès reposent en grande partie sur l’expertise d’un intermédiaire,
un guichet d’accueil des demandes, que les promoteurs soient directement des
jeunes ou des organisations culturelles qui envisagent l’intégration d’un diplômé.



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Par exemple, la mesure Jeunes Volontaires d’Emploi-Québec appelle la mise sur pied
d’un comité conseil pour chaque projet ; ce rôle est parfois délégué à un organisme
culturel qui le fait bénévolement. Emploi-Québec admet que cela constitue le maillon
fragile de la mesure, ou au contraire, l’encadrement reçu de la part de cet organisme est
le motif le plus important de la satisfaction ressentie par le jeune. D’autre part, le jeune a
rarement accès aux ressources d’information et d’orientation de type « gestion de
carrière artistique ». Le CQRHC évaluera son implication en la matière afin que les
jeunes bénéficient d’une orientation appropriée au positionnement de leur carrière
potentielle, et adéquate en lien avec l’information concernant les conditions qui régissent
le secteur.


3.0. L’offre de collaboration pour les modalités de livraison des solutions

L’Avis conclut sur notre offre de collaboration du CQRHC pour structurer un guichet
unique, sensibilisé aux conditions particulières de ce marché du travail, soucieux de la
complémentarité des rôles et des crédits en jeu, capable de mener les consultations
utiles. L’accueil et l’accompagnement des demandes peut supposer la mise en place de
jurys (évaluation par les pairs) et de mécanismes de contrôle (preuve des conditions
d’engagement et de rémunération du diplômé selon l’aide accordée). L’écueil à éviter :
la multiplication indue de nouvelles structures alors que le financement public stagne et
n’encourage pas une telle effervescence.

L’expertise du CQRHC en matière de formation continue et les acquis du FSCACQ en
matière d’accompagnement d’insertion professionnelle des diplômés sont reconnus par
les ministères concernés par « La Stratégie québécoise de développement des
ressources humaines en culture » adoptée en juin 2000. On y trouve notamment
l’objectif de fournir aux artistes, aux artisans et créateurs le soutien approprié aux
compétences de gestion de carrière, d’élaboration d’un plan d’affaires et
d’entrepreneurship. Du côté des organisations culturelles, la stratégie atteste les
besoins prioritaires en développement organisationnel, ce que le FSCACQ a notamment
soutenu entre 2001 et 2005 :

       −   les fonctions administratives
       −   la mise en marché et les communications
       −   le développement des publics
       −   le développement de nouveaux marchés (internationalisation)
       −   le développement du financement privé




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Choix stratégique :           Améliorer la préparation des jeunes en vue de leur
                              participation au marché du travail

Le rôle des collèges (programme professionnel et technique) et des écoles supérieures
en art est crucial. Ces joueurs institutionnels sont bien placés pour mettre en place les
activités d’intégration professionnelle propres à améliorer la confiance en soi et la
capacité de faire face aux mécanismes de sélection du marché du travail.

Par exemple :

Se familiariser avec le processus d’une audition, vivre une première audition pour
expérimenter sa capacité de gérer le stress et de mettre au point la préparation
adéquate, tant au niveau mental et physique, que sur le plan de la maîtrise des
compétences artistiques qui seront sollicitées.

Se familiariser avec le cycle d’une production culturelle ; faire partie d’une équipe,
expérimenter le rythme changeant du travail (par exemple, création, répétition,
préparation de la générale, prestation devant un public) et être témoin des processus de
résolution de problèmes qui surgissent inévitablement.

Assister des répétitions pour apprivoiser le contexte d’exercice et les relations
hiérarchiques qui définissent les rôles de chacun ; agir comme doublure pour
expérimenter de façon concrète le type d’engagement qui caractérise son statut.

Vivre une tournée, idéalement un échange international, pour vérifier ses aptitudes à
exercer une carrière en voyageant, à concilier la vie professionnelle et la vie privée en
groupe, à vivre l’éloignement de son cadre familial, etc.

Les leviers pour répondre à cette orientation sont doubles :

-   soutenir les écoles pour les coûts de ces mécanismes d’adaptation et de préparation
    des expérimentations ; ces ressources n’existent tout simplement pas du côté des
    écoles soutenues par le ministère de la Culture et des Communications du Québec ;

-   le CQRHC offre son soutien pour coordonner les efforts des associations
    disciplinaires et professionnelles qui ont à cœur de mettre en place ces conditions de
    perfectionnement et d’expérimentation des mécanismes du marché du travail, en
    gérant les ressources financières qui y seraient ciblées, en établissant les critères
    d’attribution et en supervisant des actions en vue d’une reddition de comptes.




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PRÉSENTATION DES DEUX ORGANISMES : LE CQRHC ET LE FSCACQ


Les précisions relatives aux trois modes d’accès au marché du travail en culture
découlent de la connaissance et de la vision stratégique des deux organismes.


L’Avis énonce des conditions de succès et offre la collaboration de ces deux organismes
pour la livraison des solutions adaptées au monde du travail si particulier qu’est le vaste
domaine artistique et culturel. Par-dessus tout, les solutions souhaitées visent le double
défi de faire une place significative à la relève et de contribuer au bon fonctionnement
du marché du travail culturel. Elles privilégient prioritairement la consolidation des
organisations culturelles en place. Par le passé certaines mesures, parfois louables
dans leur intention, ont produit l’effet pervers de stimuler la création de compagnies et
d’entreprises sans véritablement encadrer et orienter les jeunes. Une fois le projet
terminé, malgré le test de réalité pour leur aptitude à l’entrepreneurship, les écueils
étaient nombreux pour assurer la survie ou la pérennité de leur entreprise.

Ces réflexions visent à engager le secteur culturel dans une culture de la relève en
envoyant un signal clair aux diplômés des arts, de la culture, des communications et de
l’administration à l’effet que nos organisations ont besoin d’eux et que leur
renouvellement dépend de la capacité des jeunes d’apprendre et de s’adapter. Elles
illustrent en quoi le secteur culturel peut assurer le plein potentiel des jeunes, en
offrant des premières expériences, des emplois ou des stages qui respectent leurs
motivations et leurs qualifications, plutôt que de les perdre au profit des secteurs du
commerce de détail, de l’hôtellerie et de la restauration, du tourisme et des services,
lorsque la méconnaissance des particularités du marché du travail culturel s’est
transformée en obstacle. Les conditions de succès documentées représentent des
leviers concrets pour faciliter l’accès au marché du travail et améliorer la qualité de
la vie professionnelle grâce à un encadrement qui les sensibilise au monde du travail,
de manière à ce que leur progression en carrière soit respectueuse des règles et des
outils que le secteur culturel s’est forgés au fil du temps. Si ces conditions se
transforment en solutions, elles permettront de développer un sentiment
d’appartenance en démontrant qu’ils ont leur place au soleil, parfois même en
répondant à l’appel d’une organisation culturelle de la région de provenance, parce que
tous les efforts sont faits pour donner une chance au diplômé d’œuvrer dans son champ
d’études.

Enfin, nous croyons que les propositions avancées auront une retombée positive sur la
polyvalence des compétences et la préparation à moyen et long termes d’une
transition de carrière car certaines pratiques artistiques connaissent une durée de vie
relativement courte. La relève a tout à gagner d’élargir ses compétences qui lui
permettent à court terme d’augmenter ses opportunités d’engagement, et, pour le
moyen ou long termes, de maîtriser une fonction de travail qui lui permettra de préparer
une transition de carrière qui respecte sa motivation et son intérêt pour le secteur
culturel.

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Le Conseil québécois des ressources humaines en culture (CQRHC)

Président : Michel Laurence
Directrice générale : Louise Boucher
1450, rue City Councillors, bureau 440
Montréal, Québec
H3A 2E6
(514) 499-3456
cqrhc@cqrhc.com

Le CQRHC est le comité sectoriel de main-d’œuvre du secteur culturel financé par
Emploi-Québec. Il regroupe 54 membres : les 13 Conseils régionaux de la culture et 21
associations professionnelles ou regroupements disciplinaires ayant une mission
sectorielle dans les huit domaines d’activité professionnelle suivants :
       − Arts visuels
       − Arts de la scène
       − Audiovisuel
       − Enregistrement sonore
       − Littérature
       − Métiers d’art
       − Muséologie et patrimoine
       − Spectacles, variétés et humour

Le CQRHC est le seul organisme permanent de concertation des enjeux de ressources
humaines. Grâce à sa représentativité de plus de 50 000 travailleurs, son plan d’action
vise le bon fonctionnement du marché du travail et concerne à la fois les artistes, les
producteurs, les diffuseurs ou les institutions de conservation et de mise en valeur, peu
importe que leur soutien provienne du ministère de la Culture et des Communications
(MCC), du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) ou de la Société de
développement des entreprises culturelles (SODEC).

Le CQRHC est l’instigateur de la Stratégie québécoise de développement des
ressources humaines en culture, adoptée en juin 2000 et articulée autour de trois axes :
l’emploi artistique et culturel (axe 1), l’accès à la formation continue (axe 2) et la
connaissance du marché du travail (axe 3).

L’engagement conjoint du MCC et du MESS s’est manifesté, en octobre 2000, par la
signature de l’Entente favorisant la mise en œuvre de la Stratégie québécoise de
développement des ressources humaines en culture. Parmi les objectifs ciblés pour
chacun des axes, mentionnons que le FSCACQ est devenu l’outil stratégique pour l’axe
1 (emploi artistique et culturel), incluant le programme « Développement de la relève ».
Initialement créé par le MCC, le FSCACQ a reçu un appariement de fonds de la part
d’Emploi-Québec pour soutenir la pérennisation de certains des emplois créés par les
programmes du FSCACQ, une expérience inédite et bienvenue, faisant écho aux
revendications incessantes du secteur.


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Le Fonds de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec
(FSCACQ)

Président : Marcel Dallaire
Directrice générale : Francine Lalonde d’Entremont
225, Grande Allée Est, Bloc A
Québec, Québec
G1R 5G5
(418) 380-2337
fscacq@clic.net

Créé en 1999, le FSCACQ a développé et administré cinq programmes susceptibles de
soutenir, d’une manière souvent inédite, le développement des organismes culturels et
artistiques québécois :
        − Développement organisationnel
        − Consolidation et stabilisation financière
        − Développement international
        − Innovation et expérimentation
        − Développement de la relève dans le secteur artistique

Le programme « Développement de la relève » dont il est question dans cet Avis inclut
ces trois volets :
       − Premières expériences artistiques
       − Assistanat dans les fonctions administratives
       − Stage dans les fonctions artistiques (création et production)

Les clientèles visées par les programmes du FSCACQ étaient les OBNL soutenus par le
MCC, le CALQ et la SODEC. Les industries culturelles (OBL) n’ont pu bénéficier
d’aucun investissement visant le développement organisationnel ou l’intégration de la
relève. Pourtant, leur intérêt s’est manifesté et permet au FSCACQ de conclure à la
pertinence et à la transférabilité des programmes pour les industries culturelles.

Les modalités des programmes répondent aux besoins des clientèles et leur
complémentarité aux mesures d’aide publique en arts et culture a été validée avec les
bailleurs de fonds. Des modalités de contrôle serrées garantissent l’utilisation
appropriée des subventions accordées. Le processus d’évaluation des demandes, par le
biais de jurys de pairs, est rigoureux. Le FSCACQ a pu compter sur le concours
indispensable de 66 évaluateurs venant des secteurs d’activités visés.

Signalons que les trois volets du programme « Développement de la relève » ont permis
de soutenir 119 projets parmi les 179 demandes admissibles. Malheureusement, aucun
nouvel investissement n’a favorisé l’accueil de nouvelles demandes. Le FSCACQ est le
véhicule tout désigné pour administrer de nouveau tous les volets de son programme
« Développement de la relève » et ce, au bénéfice de toutes les clientèles, tant les
OBNL que les entreprises culturelles.


Avis du CQRHC et du FSCACQ
pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes                      page —11
Montréal, le 1er septembre 2005


Monsieur Jean Charest
Premier ministre
Gouvernement du Québec
Édifice Honoré-Mercier, 3e étage
835, boul. René-Lévesque Est
Québec (Québec)
G1A 1B4



Objet : La seconde phase de consultation de la Stratégie d’action jeunesse 2005-2008


Monsieur le Premier ministre,

Nous avons reçu votre invitation, le 22 août 2005, faisant suite à l’Avis déposé par le
Conseil québécois des ressources humaines en culture (CQRHC) et le Fonds de
stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec (FSCACQ). En
raison du mandat national qui caractérise nos actions, le rendez-vous proposé fut fixé
ce 1er septembre.

Cette invitation témoigne bien sûr de l’importance que votre gouvernement accorde à
l’avenir des jeunes et constitue une réponse concrète au souhait de plusieurs acteurs
de la société de renchérir sur certains messages ou pistes d’action.

En raison du court délai qui nous fut imparti, et par respect pour l’exercice
démocratique des instances de nos deux organismes, nous ne pouvons nous
présenter à la rencontre, mais nous avons jugé important de joindre de nouveau nos
voix pour participer à cette étape de consultation par le biais d’une lettre. Nous
sommes confiants de l’accueil et de l’attention que vous et votre équipe porteront aux
deux messages importants qui auraient ponctué notre tour de parole et que nous vous
présentons dans cette lettre.




                                                                                                               …/2

1450 City Councillors, bur. 440, Montréal (Québec) H3A 2E6, Tél (514) 499-3456   ou 1 877 475-6287   Téléc. 499-3632
                                                                                        2


Intégrer la relève : une question de développement durable pour le secteur
culturel

Le secteur culturel a besoin d’intégrer la relève pour profiter de sa contribution et de
son regard neuf sur l’activité culturelle et le fonctionnement de ses organisations. En
contrepartie, les diplômés ont tout à gagner à côtoyer les praticiens et les gestionnaires
du secteur culturel pour réussir leur intégration au marché du travail, et ce, en
participant à la consolidation des structures actuelles, plutôt qu’en créant de nouvelles
compagnies ou entreprises pour se procurer eux-mêmes un revenu. Cette conjoncture
a motivé le CQRHC et le FSCACQ à participer à la présente consultation,
particulièrement en lien avec l’orientation « Mieux soutenir l’insertion professionnelle
des jeunes qui éprouvent des difficultés à intégrer le marché du travail ». Du côté des
jeunes diplômés, les difficultés consistent à se bâtir un réseau de contacts et à
démontrer leur talent ou leurs habiletés; du côté des organisations culturelles — qui ont
tant besoin de ressources humaines —, les difficultés résident dans leur faible capacité
financière à embaucher des jeunes de la relève. Nous vous invitons à privilégier
toute recherche de solution qui favorise la consolidation du secteur et la viabilité
des organisations existantes et qui procure un contexte de travail significatif à la
relève, puisque lié à sa formation.

À cet égard, l’Avis déposé le 10 juin 2005 a illustré les succès obtenus par les
différents volets du programme « Relève » du Fonds de stabilisation et de
consolidation des arts et de la culture du Québec. Les jeunes ont profité d’un emploi
approprié aux compétences si chèrement acquises au cours de leur formation, que ce
soit en termes de pratique artistique, de métier technique lié aux fonctions de
création/production ou de soutien aux fonctions administratives. Faute de ressources,
ces volets ne sont plus accessibles, mais les besoins des organisations sont criants,
les aspirations des finissants sont légitimes et actuellement sans réponse. Notre
connaissance des conditions de succès pour le développement de la relève pourrait de
nouveau être mise à profit, selon les modes d’intervention que vous adopterez dans la
Stratégie d’action jeunesse. En effet, le programme « Relève » a permis d’obtenir des
résultats positifs qui ont été vérifiés. À la fin du projet, les organismes et les jeunes
devaient déposer des commentaires confidentiels. Il s’est avéré qu’un solide
encadrement des jeunes a joué un rôle important dans la réussite des projets. Les
jeunes ont témoigné avec enthousiasme du caractère précieux de leur participation à
la vie d’une organisation culturelle, de la confiance en eux qu’ils ont gagnée et des
connaissances spécifiques qu’ils ont acquises auprès de personnes expérimentées,
soucieuses de transmettre leur savoir. Les organismes, quant à eux, ont souligné que
le regard neuf du jeune et son dynamisme ont réellement contribué à leur
développement.




                                                                                      …/3
                                                                                          3

Pour contourner les difficultés d’intégration au marché du travail : notre offre
de collaboration

Nous réitérons notre offre de collaboration pour mettre à profit l’expertise accumulée,
notre sensibilité aux conditions particulières de ce marché du travail, notre souci de
la complémentarité des rôles (par rapport aux sociétés d’État qui interviennent dans
le soutien aux arts, à la culture et à l’industrie culturelle), notre capacité de mener les
consultations utiles. L’accueil et l’accompagnement des demandes d’embauche peut
supposer la mise en place de jurys (évaluation par les pairs) et de mécanismes de
contrôle (preuve des conditions d’engagement et de rémunération du diplômé selon
l’aide accordée, exigence d’une évaluation confidentielle de l’employeur et du jeune).
Nous le répétons, l’écueil à éviter est d’encourager, même implicitement, la
multiplication indue de nouveaux organismes alors que le financement public stagne
et que les organisations culturelles existantes sont avides de recrues et de sang
neuf.

L’expertise de nos deux organismes est reconnue par Emploi-Québec et par le
ministère de la Culture et des Communications, signataires de « La Stratégie
québécoise de développement des ressources humaines en culture » adoptée en
juin 2000. Cette stratégie confirme les besoins prioritaires en développement
organisationnel des compagnies artistiques et des institutions culturelles.

Nous demeurons disponibles pour tout échange sur les modalités concrètes de cette
collaboration, sur le bien-fondé de notre position visant le développement durable du
secteur plutôt qu’une stimulation effervescente de nouvelles structures. L’intégration
professionnelle des jeunes dans les multiples entreprises et corporations existantes
est de leur intérêt le plus direct et, de plus, contribue à combler les immenses
besoins des organisations culturelles en matière de ressources humaines. À cet
égard, vous trouverez ci-joint des témoignages fort éloquents qui ont été recueillis
auprès de quelques participants au programme « Relève ». Nous vous invitons à en
prendre connaissance.

Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de nos sentiments
respectueux.




Michel Laurence                                         Marcel Dallaire
Président du CQRHC                                      Président du FSCACQ


c.c.   Monsieur Roch Cholette
       Madame Catherine Ferembach, Secrétaire adjointe
                                      EXTRAITS DES COMMENTAIRES RECUEILLIS
                             AUPRÈS DES PARTICIPANTS AU PROGRAMME RELÈVE DU FSCACQ


Commentaires des jeunes

(…) De plus, je pense apporter à l'organisme une expertise intéressante : un regard novateur sur son matériel de communication que j’ai
entrepris de réviser au tout début de mon contrat mais surtout une approche marketing permettant à la compagnie de mieux se promouvoir ici
et à l'étranger et de créer une relation de fidélisation avec ses différents partenaires.


Je tiens à souligner l’importance du Fonds. Grâce à son soutien, j’ai pu acquérir une solide expertise dans la gestion d'un organisme
artistique, obtenant ainsi une première expérience crédible de travail, ce qui certainement aura un impact positif sur la suite de ma carrière. Il
m’apparaît donc fondamental que le Fonds poursuive son engagement auprès de la relève dans le secteur des arts….


Depuis ma sortie de l’école, le Fonds a été très présent et surtout d’un grand support pour moi autant dans l’approche de nouvelles fonctions
que dans l’approfondissement de certaines tâches reliées à mon métier. Je considère donc qu’il a joué un rôle déterminant au niveau des
rencontres que j’ai faites et par le fait même, dans les projets et les engagements que je continue à avoir depuis sa conclusion. Bien sûr je
recommande la reconduction de ce genre de fonds afin de donner la chance à de nouveaux diplômés dans des disciplines artistiques de
travailler au sein de compagnies organisées et à faire de nouvelles rencontres, toujours dans le but de faciliter leur accès au marché du
travail et ce, dans de bonnes conditions d’apprentissage et financière.

Ce programme est une merveilleuse façon d’entrer sur le marché du travail dans le milieu artistique, qui a ses enjeux spécifiques.
L’intégration se fait en douceur et nous acquerrons ainsi des bases solides dans notre secteur d’emploi.

Le programme Développement de la relève dans le secteur artistique a facilité mon intégration au marché du travail après l’université. Les
connaissances théoriques que j’ai développé à l’université sont complétées par les habilités que je développe.

Par ailleurs, je voudrais vous féliciter pour l'existence de ce programme. Je suis fier de savoir que les gens derrière ce programme croient en
ce type de projet. Je peux vous dire en toute franchise que ce stage a changé positivement mon cheminement de carrière. En fait, ce stage
m'a permis de trouver un emploi que j'adore et de travailler périodiquement sur des plateaux de tournage. (...) Pour terminer, je veux
mentionner à quel point il est utile et nécessaire de former des jeunes comme moi pour le futur et je remercie encore le Fonds.

J'ai appris, après quelques moments de doutes à avoir plus confiance en moi, à articuler mes idées, développer mes argumentaires et
défendre mes opinions. (…) Au niveau personnel également, je me sens plus posée, et j'ai acquis une certaine maturité.
(...) Je suis aussi fière de voir à quel point j'ai su me rendre indispensable.
(...) Je dirai toutefois que je me suis découvert de la flexibilité, de l'organisation, beaucoup de courage et d'humour, qualités dont je ne
pensais pas nécessairement avoir besoin au travail.
(...) Je n'ai que de bons mots à formuler sur votre programme. Il est important qu'on donne aux jeunes artistes l'opportunité de fréquenter
ceux et celles qui sont devenus des maîtres dans leur champ disciplinaire. J'ai aussi beaucoup apprécié l'opportunité de partager la vie
trépidante d'une compagnie artistique où les idées et les projets se bousculent.

(...) Il est selon moi très important de penser à revoir l'aide apportée aux entreprises culturelles afin de les aider à créer des postes
permanents qui vont donner une véritable chance à la relève de bénéficier de l'expertise et de l'expérience développées par les gens en
place.
C'est ainsi que la mémoire collective de la société québécoise aura une réelle chance de survivre d'une génération à l'autre.

Il n’y aura jamais assez d’aide auprès de la relève artistique. Une relève forte sera garante d’un avenir culturel fort. Cet avenir nous est
précieux à tous, il est important de le conserver.
J’ai pu participer à un processus de création du début à la fin et présenter un produit final de niveau professionnel. (…) Je crois qu’il y a une
partie de la profession d’interprète qui ne s’acquiert pas dans les écoles mais qui s’apprend en répétition et sur la scène, dans un contexte
professionnel.
Cette expérience m’a aussi permis d’élargir mon réseau de contacts dans mon milieu professionnel. Ce programme s’est révélé un premier
tremplin pour ma carrière qui débute et cette expérience m’a permis de comprendre mieux les rudiments de mon métier. J’en suis très
reconnaissant.

J’ai donc pris beaucoup de confiance en moi, en mes aptitudes à devenir scénographe.
Cette expérience de travail m’a mis sur les rails de ce métier. Je me sens respectée des gens de mon milieu, car j’ai eu la chance de leur
montrer ce qu’il y avait en moi.
À mon avis, tout jeune scénographe devrait avoir la chance de commencer sa carrière en jouissant des expériences, connaissances et
compétences d’un scénographe plus expérimenté.

(…) Sur le plan professionnel, le projet a complètement changé ma vie. Il m’a donné une visibilité et une crédibilité qui en temps normal
auraient pu prendre des années. Depuis ce temps, les propositions d’emploi affluent à un tel rythme, que je suis dans l’obligation d’en
refuser!!! Pour la première fois, je peux vivre de mon art et c’est un privilège que j’apprécie chaque jour.
Je trouve le milieu des arts difficile à pénétrer. (...) Ce type d'aide m'a fait comprendre que j’avais moi aussi ma place dans le milieu de l'art
contemporain et que certains organismes ont la curiosité de découvrir de nouvelles formes d'expressions artistiques et de donner une
première chance à ceux qui débutent.

                                                                                                                                      Page 1 de 2
                                      EXTRAITS DES COMMENTAIRES RECUEILLIS
                             AUPRÈS DES PARTICIPANTS AU PROGRAMME RELÈVE DU FSCACQ

(...) Je tiens à souligner que cette subvention devrait être reportée à chaque année afin d'encourager les jeunes artistes à rester dans la
région plutôt que de s'exiler vers la métropole. Le talent est là, mais les ressources ne le sont pas.
Je tiens à souligner que cette expérience m’a beaucoup enrichie sur le plan professionnel. En effet, elle a fait suite à ma formation en études
spécialisées en gestion des arts (HEC). Elle s’est par conséquent révélée être un complément pratique inestimable à la formation
académique que j’ai reçue. (…) J’ai bénéficié d’un encadrement extrêmement enrichissant, permettant un transfert de connaissances certain,
(...)


Cette expérience m’a permis de côtoyer des artistes et praticiens du milieu théâtral qui possèdent une grande expérience professionnelle. Le
fait de les voir travailler m’a permis d’apprendre beaucoup et d’approfondir encore plus les notions acquises lors de ma formation de
comédien. Les conseils prodigués par les autres comédiens me servent et me serviront tout au long de mon parcours artistique.

Je crois que tout programme qui a pour mission d'aider la relève, qui favorise les relations intergénérationnelles des différents intervenants en
lien avec la profession et qui bâtit un pont entre l'académique (nouvellement sorti de l'école) et le professionnel est fondamental pour le bon
fonctionnement du milieu. D'avoir accès à des gens d'expérience permet non seulement un transfert des connaissances mais donne aussi de
la perspective et permet d'aborder sous d'autres angles des expertises qui peuvent être consolidées, approfondies et même développées.
(...) Ce temps alloué à ce type d'apprentissage et de performance est un processus riche et complexe qui peut nous suivre tout au long de
notre parcours.


Commentaires des mentors


Ce programme, à ma connaissance sans précédent au Québec, est une excellente initiative qui devrait être reconduite. Pour les jeunes
artistes, l’impact de ces stages sur leur développement professionnel et sur leur implication dans le milieu est certainement très positif. Ils
leurs offrent une occasion unique de travailler de près et sur une longue période avec un artiste mentor.
De plus, le programme est bien conçu et la gestion du projet est simple et efficace tant pour l’organisme parraineur que pour le mentor.
J’espère sincèrement que ce programme, qui rappelle par sa formule maître/élève l’ancien système de compagnonnage, puisse profiter à
d’autres intervenants.


Commentaires des organismes
(…) Bien que notre centre soit relativement bien établi, nous sommes très enthousiastes à y accueillir du sang neuf et de nouvelles façons de
faire. C’est précisément ce que le projet nous a permis de vivre et notre lieu s’en est trouvé renouvelé. Nous accordons une grande
importance à la production de la jeune relève depuis un bon moment déjà, mais il est également apprécié que des jeunes soient intéressés à
la gestion de notre centre.

La grande souplesse de ce programme a été grandement appréciée. Plus fondamentalement encore, c’est l’esprit même de ce programme
qui est à saluer. Le problème de la relève est crucial dans nombre d’organisations culturelles et il est principalement attribuable à l’incapacité
financière de celles-ci d’engager de nouvelles personnes (pour plusieurs d’entre elles l'infrastructure de base est à peine assurée). (...) Le
Fonds, par son volet de développement de la relève permettait justement une insertion dans le milieu de travail recherché par les candidats
et ce, durant une période suffisante pour qu’un réel apprentissage puisse, à tout le moins, être amorcé.

De plus, pour nous, l'implication de la relève force la création à rester jeune, vivante et contemporaine.
Nous tenons à saluer les initiatives du Fonds dans leur mise sur pied de programmes tels que celui-ci qui facilitent bellement la tâche des
entreprises culturelles tout en permettant à la relève de s’implanter, favorisant ainsi la continuité, l’épanouissement et le rayonnement de la
culture québécoise.

(...) il nous semble capital que des incitatifs existent pour que les gens d'expérience puissent transmettre leur savoir et pour que de jeunes
professionnels puissent apprendre un métier qu'ils ont choisi tout en gagnant convenablement leur vie.

(…) Ce projet de développement de la relève dans le secteur artistique instauré par le Fonds est une initiative fort remarquable. L’expérience
en milieu de travail, complémentaire aux études du candidat, est une occasion unique de connaître tous les dessous et les à côtés d’une
entreprise culturelle, voir également, comment on maintient une saine gestion. L’encadrement et la supervision du candidat jouent un rôle
fondamental évitant les apprentissages aléatoires, donnant ainsi des points de repères précis et déterminants.

(...) À tous les points de vue, autant pour le stagiaire que pour l'entreprise, les deux parties auront acquis beaucoup d'expertises par cette
expérience. Les retombées de ce projet sont extrêmement positives pour nous, il aura été un élément de levier qui a permis à la compagnie
d'assurer sa croissance et d'entrevoir l'avenir avec sérénité. L'apport de nouvelles connaissances aura également permis à l'entreprise de
bénéficier de l'enseignement qui est transmis dans les universités québécoises.




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