Le Château de Caen by Levone

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									                    R EDECOUVRIR LE
                   CHATEAU DE CAEN
         Mille ans de vie et d'architecture


                          DOSSIER PEDAGOGIQUE




Avertissement : les mots en gras sont expliqués à la fin de ce dossier, dans le lexique.
                                      SOMMAIRE




                    TEXTES                                ILLUSTRATIONS


  INTRODUCTION                                 Plan actuel du château (1)


  I- LES SOURCES         HISTORIQUES     DU
CHATEAU DE CAEN

  1) Les fouilles archéologiques               Carnet de fouilles de Michel de Boüard,
                                               1960 (2)
                                               Coupe stratigraphique (3)
                                               Planche de céramiques (4)

  2) Les archives                              Vue Gaignières de 1702 (5)
                                               Plan de 1773 (6)


  II- L'HISTOIRE DU CHATEAU DE CAEN

  1) De l'époque ducale à la guerre de Cent    Plan de la ville au XIe siècle (7)
Ans                                            Plan du château au XIe siècle (8)
                                               Plan du château au XIIe siècle (9)
                                               Plan du château au XIIIe siècle (10)

  2) Le château du XVIe siècle à la            Description du château par le Sieur de Bras,
Révolution Française                           1588 (11)
                                               Détail du plan de Bignon de 1762 (12)
                                               Mémoire abrégé de l'état du château par
                                               Legier, 1781 (13)

   3) De la forteresse à la caserne Lefèbvre   Plan de 1808 (14)
(1800-1945)                                    Lettre de Napoléon au Duc de Feltre, 1811
                                               (15)
                                               Maquette de la caserne (16)
                                               Diplôme d'honneur du caporal Canu (17)
                                               Carte postale : souvenir du 36e Régiment
                                               d'Infanterie (18)
                                               Lettre d'un soldat en 1918 (19)
                                               Témoignage d'un ancien du 36e RI
                                               (Paris-Normandie, 9 décembre 1958) (20)
  III- DES   PROJETS POUR LE CHATEAU DE
CAEN

   1) Les projets de la Reconstruction :      Photo du dégagement des fondations du
l'enceinte des musées                         donjon (21)
                                              Projet de Brillaud de Laujardière (22)

  2) Le projet actuel de conservation et de   Délibération du conseil municipal, 2000
mise en valeur du château de Caen             (23)
                                              Atlas Louis XIII (24)
                                              Plan du projet (25)
                                              Relevé de la porte des Champs (26)


  IV- ANNEXES

  1) Chronologie

  2) Lexique

  3) Bibliographie


  V- EXPLOITATION PEDAGOGIQUE

  1) Première approche

  2)Version approfondie
INTRODUCTION                                                                           Illustration n° 1


    INTRODUCTION


    Ce château est l'une des plus vastes forteresses urbaines d'Europe (5 hectares). Il a été construit
 par Guillaume le Conquérant vers 1060, pour faire de l'agglomération naissante de Caen une
 ville-capitale. Il accompagne donc les Caennais dans leur histoire depuis près de mille ans.

     Rattachement à la France, guerre de Cent Ans, guerres de Religions, Révolution Française et
 Seconde Guerre Mondiale ont provoqué de multiples destructions et reconstructions pour aboutir à
 la forteresse actuelle, riche de bâtiments et de vestiges de toutes ces époques.
     Les fonctions du château ont elles-mêmes évolué : forteresse, résidence princière sous les ducs
 de Normandie, lieu de garnison sous la Royauté, caserne jusqu'à la fin de la seconde guerre
 mondiale, puis enceinte des musées de la ville de Caen.

    Cette exposition propose de découvrir la très longue histoire du château de Caen, à travers les
 sources de connaissance que constituent les fouilles archéologiques et les archives. Elle présente
 également le projet de conservation et de mise en valeur du château qui ouvre une nouvelle étape
 dans la longue vie de ce monument.
CHAPITRE I
LES SOURCES HISTORIQUES DU
CHATEAU DE CAEN
1) Les fouilles                                                                Illustrations n° 2, 3 et 4
2) Les archives                                                                   Illustrations n° 5 et 6


     Pour plusieurs raisons, l’histoire du château de Caen restait à découvrir. En effet, les Caennais
  en avaient presque oublié l’existence et ce sont les bombardements de la ville de Caen en 1944, par
  leurs destructions, qui ont remis à jour les murs de la forteresse. Grâce à l’archéologie et à l’étude
  des archives, on a pu reconstituer l’évolution historique du château.


     1) Les fouilles

     A côté de Guillaume le Conquérant, Michel de Boüard est incontestablement la seconde figure
  emblématique de l'histoire du château de Caen : par ses recherches et les fouilles archéologiques, il
  a su, après les bombardements de la seconde guerre mondiale, faire renaître le château.

     Nommé professeur à l'Université de Caen en 1940, Michel de Boüard s'appuie sur l'archéologie
  et l'ethnographie pour renouveler des sujets historiques dont l'accès reste difficile, voire
  impossible, par l'unique étude des textes.
     Il applique cette démarche nouvelle pour le Moyen Age en menant, à partir de 1949, des
  fouilles archéologiques dans le château de Caen. A ce moment l'archéologie médiévale n'existe pas
  encore en France. La terre considérée jusqu'ici comme un emballage des vestiges archéologiques
  (édifices ou objets) - emballage gênant dont il fallait se débarrasser au plus vite - devient l'objet
  principal de l'étude.
     Il crée en 1954 le Centre de recherches archéologiques médiévales (CRAM) à l’Université de
  Caen, centre aujourd’hui rattaché au CNRS.
     En 1956, les fouilles systématiques du château débutent, elles durent dix ans et se transforment
  en une école, un laboratoire où viennent se former des générations d'archéologues venus de toute
  l'Europe.
     Une partie importante des travaux a porté sur le dégagement des fondations du donjon et de sa
  chemise mais aussi sur la mise à jour du palais ducal de Guillaume le Conquérant. Les fouilles
  archéologiques du château de Caen ont également permis la découverte d’une grande quantité
  d’objets de la vie quotidienne, des céramiques et des monnaies, grâce auxquels on peut connaître
  l’évolution du mode de vie des habitants du château.
     Michel de Boüard peut être considéré comme le pionnier de l'archéologie médiévale en France.
  En 1979, il reçoit pour son travail le Grand Prix National de l'Archéologie. La même année, il sort
  un ouvrage sur le château de Caen qui continue de faire référence (voir bibliographie).
2) Les archives

    Le château de Caen est une résidence des ducs de Normandie et rois d'Angleterre souvent citée
dans les chroniques à l'occasion des événements marquant le passage des princes. Néanmoins, au
Moyen Age les descriptions détaillées du château sont rares et ses représentations figurées plus
encore. Seuls quelques documents d'archives apportent des informations comme une charte du
XIIe siècle qui, la première, mentionne une séance de la "cour des comptes" du duc-roi
(l'Echiquier) dans la grande salle du château de Caen.
    C'est seulement à partir de l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles) que le roi de France se
préoccupe de faire établir des cartes et des relevés précis des places fortes nécessaires à la défense
du royaume.
    Le Grand Atlas des fortifications établi sous Louis XIII montre notamment une exceptionnelle
vue cavalière du château au début du XVIIe siècle Enfin, quelques rares archives privées, comme
le carnet d'un architecte caennais du XVIIIe siècle et les croquis du célèbre Gaignères, complètent
les sources officielles.

    Le château de Caen est remarquablement documenté, dès lors qu’il devient bâtiment militaire,
dès l'Ancien Régime. C’est le cas de tous les édifices propriété de l'Armée (château de Vincennes,
Palais des Papes d'Avignon, …).
    Compte tenu des relations houleuses entre la France et l'Angleterre, le rôle militaire du château
s'accroît de la fin du Moyen Age à la seconde guerre mondiale. Cela a pour conséquence indirecte
l'existence d'une masse importante d'archives, générées par les divers services de la Défense ayant
en charge l'édifice.
    Si aux termes d'un décret du 5 juin 1867 le château de Caen est définitivement rayé du tableau
de classement des places fortes, il est conservé dans le domaine de l'Etat affecté au département de
la Guerre jusqu'en 1956.
    Les services du Génie du Havre, de Cherbourg et surtout de Caen ont été chargés des travaux
réalisés au château jusqu'à cette date. Une petite part des archives de ces services, avec des
documents remontant au XVIIe siècle, sera conservée sur place, avant son transfert aux Archives
Départementales du Calvados. Par contre, l'essentiel des documents envoyés aux services centraux
de l'administration de la Défense à Paris, depuis la fin de l'Ancien Régime, est toujours conservé
dans les divers fonds qui constituent désormais le Service Historique de l'Armée de Terre (SHAT),
installé au Château de Vincennes depuis 1948. Cette documentation considérable est répartie entre
plusieurs fonds, eux-mêmes divisés en séries puis en articles.
    Le fonds le plus important et le plus intéressant pour l'histoire du château est celui du Génie qui
est constitué de deux ensembles: le dépôt des fortifications et le dépôt de la Guerre.
    Mais il faut savoir que des archives non inventoriées ou "disparues" peuvent encore compléter
les connaissances sur ce monument, et que d’importantes découvertes peuvent donc être encore
faites.
CHAPITRE II
L'HISTOIRE DU CHATEAU DE CAEN

1) De l’époque ducale à la guerre de Cent                                  Illustrations n° 7, 8, 9 et 10
Ans
2) Le château du XVI e siècle à la                                              Illustrations n° 12 et 13
Révolution Française
3) De la forteresse à la caserne Lefèvre                     Illustrations n° 15, 16, 17, 18, 19 et 20
(1800 – 1945)


    CHAPITRE II
    L'HISTOIRE DU CHATEAU DE CAEN

    1) De l’époque ducale à la guerre de Cent Ans

       Vers 1060, les premiers éléments d'une grande forteresse voient le jour sur un éperon rocheux
    qui domine la vallée marécageuse où coulent l'Orne et ses affluents. A l’intérieur de ce château très
    vaste, on trouve le palais ducal et une paroisse avec ses habitants. Au pied du château, se
    développe, autour d'un village ancien (Darnétal), le noyau central de Caen, le Bourg-le-Duc.

       Le nom de Guillaume le Conquérant est étroitement associé à celui de Caen, ville qu'il a créée
    en la faisant passer du rang de gros bourg commerçant à celui de deuxième capitale du duché de
    Normandie après Rouen.
       Grâce au duc, Caen devient une ville puissante, comme en témoignent les constructions
    hautement symboliques que sont l'énorme château ducal et les deux abbayes bénédictines, érigées
    en signe de réconciliation avec le Pape.
       Vainqueur des Anglo-saxons à Hastings en 1066, le duc-roi devient sans doute le plus riche des
    princes d'Occident. L'or de la conquête ne sert pas seulement à l'embellissement de la Normandie
    mais aussi à assurer son rayonnement intellectuel à travers l'Europe entière.

        Pendant les deux premiers siècles de son existence, des constructions majeures sont élevées
    dans le château : à l'enceinte et au palais construit par Guillaume, s'ajoutent la salle de l'Echiquier
    et le donjon élevés par son fils Henri Ier Beauclerc.
        De cette époque pourtant fastueuse, de rares témoins archéologiques sont parvenus jusqu'à nous
    du fait des incessants travaux et conflits dont le château a été le théâtre au cours des siècles
    suivants.

       En 1204, les troupes capétiennes conquièrent le duché de Normandie et l'intègrent alors au le
    domaine royal. Philippe Auguste, roi de France, s'approprie le château et y apporte de notables
    transformations.
       Il dote le donjon de sa propre autonomie en l'entourant d'une chemise bordée d'un profond
    fossé et pourvue d'une tour à chaque angle Le donjon devient dès lors indépendant du reste du
    château et en constitue le dernier refuge. Cet aménagement entraîne la destruction de l'entrée
    primitive du château et voit ainsi la naissance de la porte des Champs et de sa barbacane. Philippe
Auguste crée aussi deux nouvelles tours rondes sur le rempart : la tour de la Reine Mathilde et la
tour Puchot, qui relient l'enceinte du château aux remparts de la ville.
   Le roi séjourne rarement dans son nouveau château. Celui-ci, qui abrite une population aisée
(bourgeois), est le siège de fêtes fastueuses. Témoin la vaisselle luxueuse (XIIIe-XIVe
siècles)découverte dans une citerne de l'Echiquier.

   Entre 1417 et 1450, le château est sous domination anglaise. On doit à l'occupant la
transformation en style gothique de la nef de l'église Saint-Georges et la construction de la
barbacane Saint-Pierre, à partir de 1435, lorsque la reconquête française est entamée et que la
population caennaise constitue alors une menace.
2) Le château du XVI e siècle à la Révolution Française

   Au début du XVIe siècle, pour consolider le château face aux importants progrès de l'artillerie à
poudre réalisés pendant la guerre de Cent Ans, d'importants talus de terre sont élevés le long des
murailles à l'intérieur de l'enceinte.
   Jacques de Silly, bailli de 1491 à 1503, fait reconstruire le chœur de l'église Saint-Georges. La
paix revenue favorise les échanges commerciaux. Par exemple, la vaisselle que l'on trouve sur les
tables change. On y rencontre désormais des produits nouveaux comme les céramiques produites
dans la région de Beauvais ou la multiplication des grès du Cotentin ou de Ger.

   Du XVIIe au XVIIIe siècle, la "maison du roi" (actuel Musée de Normandie) reste la résidence
des capitaines, puis des gouverneurs de la ville et château de Caen. Mais la vieille place forte est
dépassée par les progrès de l'art de la fortification et de l'organisation militaire.
   Après les guerres de Religion, seuls quelques épisodes de troubles civils lui redonnent vie.
   Les civils quittent peu à peu le château et la vie quotidienne s'organise alors autour d'une
modeste garnison chargée du service des officiers royaux, de l'artillerie de la ville, et des prisons
qui reçoivent parfois un détenu prestigieux, victime d'une lettre de cachet.
   Sous le règne de Louis XIV, on construit un nouveau bâtiment pour une compagnie détachée de
l'Hôtel des Invalides. Mais la dernière grande œuvre de cette période est la façade du logis des
gouverneurs refaite en 1682 dans un style classique, par le comte de Coigny, gouverneur.

   A la Révolution Française, le château de Caen se trouve dans un état de semi-abandon.
En 1793, pendant l'insurrection fédéraliste à Caen, deux représentants de la Convention Romme et
Prieur de la Côte d’Or sont emprisonnés dans le presbytère de l’église St Georges. En représailles,
la Convention ordonne par décret la destruction du château. La démolition du donjon et du
presbytère commence le 31 Août 1793. Si le second est vite détruit, il n’en va pas de même pour le
premier, solidement construit. La démolition en est ajournée. Le château échappe à la destruction.
A partir de 1798 on commence même à restaurer le rempart pour se garder d’une éventuelle
attaque anglaise.
    3) De la forteresse à la caserne Lefèvre (1800 – 1945)

         Les plans de 1804 indiquent encore des structures en place dans les ruines du "ci-devant
      donjon". Les projets de magasin à poudre, en 1818, montrent la base des murailles.
         En 1811, Napoléon envisage un moment de raser entièrement le château, devenu à ses yeux
      inutile, mais on le convainc de conserver finalement cette forteresse, afin de surveiller la
      population caennaise.
         Entre 1835 et 1846, ce qui subsiste du donjon et de l'enceinte de Philippe Auguste est détruit au
      niveau du sol. Les officiers du Génie prévoient une nouvelle fortification conforme aux exigences
      de l'artillerie moderne, mais le projet n'est jamais achevé.
         La construction des casernes du 36e Régiment d'Infanterie, après 1870, fait disparaître toute
      trace du donjon.
         Les autorités militaires, les bureaux du Génie, quelques artilleurs et des troupes de passage
      occupent des bâtiments mal entretenus.
         De 1876 à 1939, le château accueille une importante garnison d'infanterie pour laquelle on
      détruit les derniers vestiges du donjon médiéval.
         Le château est devenu la Caserne Lefèbvre et ne sera rendu aux civils qu'après les
      bombardements de 1944.
         Enfin, en 1949, les fouilles menées par le Doyen Michel De Boüard dégagent les fondations du
      donjon et de sa chemise.




Le 36e Régiment d'infanterie
Le 36e Régiment d'Infanterie prend ses quartiers dans la Caserne Lefèbvre au château de Caen après la
réorganisation militaire qui suit la défaite de 1870.
Dès 1876-1877 un grand bâtiment est construit sur l'ancien emplacement du donjon pour héberger un
bataillon et ses réservistes. En 1901, un second bâtiment prés de la Porte des Champs vient compléter ce
dispositif pour une garnison renforcée d'éléments du 129e R.I.
Les bâtiments anciens du château sont conservés mais adaptés aux exigences de la garnison.
Le château est désormais coupé de la ville. Ses murailles sont en partie cachées par les maisons qui
l'entourent. Les Caennais en oublient même jusqu'à son existence. Mais la présence de nombreux soldats,
les défilés, les parades, et surtout un service militaire au recrutement local, maintiennent le lien entre la
ville et le château.
Héros de la guerre de 14-18, le 36e R.I. est cependant dissous en 1923. Le 129e R.I. reste seul au château
jusqu'en 1939. Le 36e RI est alors reformé mais succombe au plus fort de la bataille en juin 1940.
CHAPITRE III
DES PROJETS POUR LE CHATEAU
DE CAEN
1) Les projets de la Reconstruction :                                        Illustrations n° 21 et 22
l'enceinte des musées
2) Le projet actuel de conservation et de                           Illustrations n° 23, 24, 25 et 26
mise en valeur du château de Caen


   CHAPITRE III
   DES PROJETS POUR LE CHATEAU DE CAEN

   1) Les projets de la Reconstruction : l'enceinte des musées

      Après les bombardements de 1944, l'architecte en chef de la Reconstruction, Marc Brillaud de
   Laujardière, fait du château un élément majeur de son plan d'urbanisme. Le château, aménagé en
   une succession de grandes esplanades doit être un vaste jardin public assurant le lien entre le
   centre-ville reconstruit et l'université.
      L'emplacement du donjon n'est pas oublié mais on n’envisage pas de le restaurer. Il est marqué
   par un espace symbolique, première idée d'un Mémorial de la Paix.
      Les découvertes des archéologues conduisent au dégagement total des vestiges de l'ancien
   donjon et de son enceinte du XIIIe siècle, entourée de profonds fossés. Mais d'autres urgences
   dans le programme de reconstruction ne permettent pas de trouver de solutions satisfaisantes pour
   la mise en valeur de ces vestiges.
      Pourtant, la décision d'installer dans l'enceinte du château le Musée de Normandie (1962), puis
   le Musée des Beaux-Arts (1970), prélude aux développements actuellement envisagés.
2) Le projet actuel de conservation et de mise en valeur du château de Caen


  Ce projet est dirigé par Daniel Lefèvre architecte en chef des Monuments Historiques du
Calvados, auteur des lignes suivantes :

   “ Le château de Caen est l’une des plus vastes enceintes castrales d’Europe. Cet édifice insigne
situé au centre de la ville, renferme aujourd'hui deux musées importants et accueille des
expositions temporaires réputées. Bien qu’il soit traversé par de nombreux étudiants, car placé
dans l’axe du chemin principal menant de l’université au centre-ville, le château reste mal connu et
relativement mal appréhendé par les habitants de Caen et de la région. Consciente des potentialités
du monument, la ville de Caen a souhaité que soit rédigé en 1999 un schéma directeur de
conservation et de mise en valeur du château, afin de dégager des actions prioritaires en vue de sa
sauvegarde, projets qui pourront s’étaler sur une dizaine d’années au moins.

   Les désordres qui affectent actuellement le château sont de différentes natures. Ils sont tout
d’abord d’ordre technique à travers l’instabilité de certaines parties des remparts et la mauvaise
conservation de l’ensemble. Ils sont également d’ordre qualificatif avec l’absence d’organisation
des espaces intérieurs ou le défaut de leur perception depuis l’intérieur de l’enceinte, comme
depuis l’extérieur.
   Les travaux projetés sur le monument lui-même visent à une stricte conservation des
maçonneries anciennes.

   Les accès
   L’organisation du château de Caen selon un axe nord-sud est une constante. Aujourd’hui, cet
axe nord-sud reste le plus fréquenté, notamment par les étudiants, car il correspond au chemin le
plus court de l’université au centre-ville.
   Les véhicules emprunteront un nouveau pont d’aspect contemporain et réversible, pour accéder
depuis la rue au nord-est du château. Les piétons quant à eux seront orientés de l’autre côté (vers le
nord-ouest) sur deux passerelles légères dont l’arc sera posé sur la double arcature qui clôt le fossé
à cet endroit. Cet accès nord n’étant cependant pas un accès logique dans l’organisation du château
fort, le donjon devant en rester l’ultime réduit, les deux accès médiévaux, la porte Saint-Pierre au
sud, et la porte des Champs à l’est, doivent être privilégiés dans la mise en valeur du château et sa
découverte touristique.
   La porte Saint-Pierre dans son état actuel est le résultat hybride des travaux de restauration
d’après-guerre qui ont effacé les éléments symboliques datant de sa reconstruction du début du
XIXe siècle, tels que colonnes et fronton. La restauration de cette porte, parfaitement documentée,
et dont les fragments du frontispice déposé ont été conservés, peut donc être proposée sous réserve
d’une étude préalable spécifique.
   A l’est, la porte des Champs est un des éléments les mieux conservés de la forteresse médiévale
et sa restauration, dans ses dispositions du XVe siècle, est souhaitable parallèlement au
rétablissement du passage du chemin de ronde. Cette porte doit devenir l’accès principal des
touristes, les parcs de stationnement correspondant à cette activité étant à terme recentrés dans ce
secteur.

   L’espace central
   Les espaces à l’intérieur de l’enceinte sont actuellement très morcelés et mal articulés,
juxtaposés et sans cohérence. La mauvaise définition de ses limites et son envahissement par les
véhicules empêchent toute perception globale des espaces et des bâtiments situés à l’intérieur de
l’enceinte.
    Le projet de mise en valeur du château doit s’articuler sur la réorganisation de son espace
central dont la requalification est primordiale pour la “ reconquête ” du monument par le public.
Irrigué par les trois principaux accès qui génèrent un plan triangulaire, avec le donjon fermant l’un
des côtés, cet espace est attesté au début du XVIIe siècle sur une vue cavalière de l’enceinte (atlas
Louis XIII).

   Le donjon
   Le petit côté du triangle est fermé par le donjon. Celui-ci, bien qu’à l’état de vestiges au sol, a
été légèrement remonté vers 1950, ainsi que la chemise qui le cerne. L’évacuation des remblais sur
ces abords sud permettra d’en améliorer la lecture.
   D’autre part, un éclairage nocturne ainsi que la mise en œuvre d’une sculpture contemporaine
formant peigne, par l’implantation d’une série de mats par exemple, permettront d’évoquer la
masse disparue du donjon et de clore l’espace triangulaire central.

    Les espaces secondaires
    Les espaces intérieurs secondaires viennent s’organiser autour et en annexe de cet espace
triangulaire. Le principal d’entre eux est constitué d’une vaste esplanade parallèle au rempart
ouest, qui relie les différents monuments et notamment les deux musées, l’église Saint-Georges et
l’Echiquier.
    Le jardin clos existant, et apprécié, est à conserver avec des aménagements susceptibles de
permettre l’accueil de groupes, ainsi que le remblai du rempart ouest au nord, la placette vers la
porte des Champs et le quinconce entre l’espace central et l’esplanade des musées pour accueillir
les jeux d’enfants.

   L’église Saint-Georges
   L’église Saint-Georges, incluse dans un des côtés de l’espace triangulaire, est perceptible
depuis l’ensemble des accès aux château et, de ce fait, est choisie pour être le point de
rassemblement et d’information du public. Afin de renforcer cette identité de signal, le
rétablissement du clocher de charpente et de sa flèche, visibles sur plusieurs gravures, est proposé,
la poutre support de cet élément étant encore en place à l’intérieur de l’église. La restauration de
cette flèche affirmera la perception du château depuis l’extérieur de l’enceinte.

   Le chemin de ronde
   La continuité du chemin de ronde, actuellement interrompue en plusieurs endroits, peut
facilement être rétablie. Equipé de garde-corps et de passerelles au droit des interruptions
actuelles, il traversera les tours selon les dispositions anciennes attestées.
   Cette promenade permettra d’avoir en continu des vues remarquables sur la ville. Elle dominera
en outre le Vieux Palais et le donjon qui, après restauration et aménagement des sols et des
vestiges, sera ainsi parfaitement lisible. Deux belvédères en bois aménagés en balcon aux
extrémités nord de la courtine amélioreront encore la découverte en plan des éléments les plus
anciens et les plus symboliques du château.

   Le "Vieux Palais" et la salle de l’Echiquier
   Le secteur du "Vieux Palais", de l’Echiquier et le front nord du rempart feront l’objet d’une
attention particulière et de travaux prioritaires. Les vestiges du "Vieux Palais" et l’Echiquier sont
des témoins fondamentaux de l’histoire du monde anglo-normand qui s’étendait de l'Ecosse à la
Méditerranée. Difficilement lisibles et dans un mauvais état de conservation, ils sont actuellement
menacés de disparition. Dans ce secteur, les problèmes de stricte conservation des vestiges
archéologiques sont les plus cruciaux, rendant prioritaire l’élaboration parallèle de travaux de
conservation et de projets d’aménagement.
    L’Echiquier pourra être utilisé pour présenter l’histoire anglo-normande en exposition
permanente. L’aménagement d’un plancher partiel, élément mobilier contemporain en bois, lisible
et réversible, palliera au manque de surfaces d’exposition tout en permettant la visite et la mise en
valeur de la salle. Depuis l’intérieur de l’édifice, un accès sera aménagé afin de permettre au public
d’accéder directement au chemin de ronde restauré du rempart nord.

   Les expositions temporaires actuellement présentées dans l’église Saint-Georges seront
installées dans de nouvelles salles construites au revers du rempart nord à l’ouest de l’Echiquier et
dans le cavalier, ces salles étant totalement recouvertes d’un talus en herbe tel qu’il est représenté
sur les gravures et les plans d’archives depuis le XVIIe siècle. Celles-ci seront donc très peu
perceptibles depuis l’extérieur bien qu’en liaison directe avec l’Echiquier.

    Les abords
    Malgré l’importance de la forteresse, la perception qu’elle offre depuis l’extérieur est très
souvent limitée à des vues latérales, avec très peu de recul. Aucun élément n’émerge de l’enceinte
si ce n’est, du côté sud, le Musée de Normandie, implanté partiellement sur la courtine.
    La circulation automobile se fait autour du château en sens unique, par des voies au fort
caractère routier et à grand débit, de telle sorte que le château est appréhendé comme un
gigantesque rond-point. Des propositions d’aménagement des abords du château sont rendues
nécessaires afin de mieux le relier au tissu environnant. Sa perception, son accessibilité et ses
rapports d’échelle avec la ville reconstruite doivent être particulièrement améliorés.

   L’Esplanade de la Paix et la garenne
   Au nord, l’université est implantée selon un plan orthogonal rigoureux dont l’axe majeur est
prolongé par l’Esplanade de la Paix, aujourd’hui parc de stationnement désaffecté, depuis lequel
on ne perçoit presque pas le château. Ce lieu devra être réorganisé en décomposant l’espace
occupé par l’esplanade en deux espaces distincts mais progressifs, l’un étant dans le prolongement
direct de l’Université, l’autre formant transition vers le cadre plus naturel du château. Les remblais
récents, les aménagements paysagers et haies de thuyas qui encombrent la garenne devront être
supprimés afin de permettre la découverte des vestiges de la courtine nord du donjon depuis
l’extérieur de l’enceinte.

   La rue de Geôle
   Avant les bombardements de 1944, la rue de Geôle, située à l’ouest du château, était assez
étroite et bordée des deux côtés de maisons qui ont été démolies après 1945. La rue de Geôle a
alors pris un caractère routier très affirmé avec ses quatre files de voitures et son tracé aux courbes
amollies. Le projet en cours, de transport collectif en voie réservée, devrait prochainement
modifier le tracé de cette rue, en tenant compte des orientations des projets liés à la mise en valeur
du château, car les rapports d’échelle entre le château et le tissu urbain posent de ce côté
énormément de difficultés.
   L’espace situé entre la rue et le château mériterait d’être aménagé, afin de dissimuler le parc de
stationnement, existant actuellement le long de la rue, par un mur de soutènement, et de marquer
au sol la structure du quartier ancien qui existait jusqu'en 1945. Le fossé, révélé par des sondages
archéologiques, serait légèrement recreusé afin de permettre la promenade des piétons au pied du
rempart.

   Le quartier Saint-Pierre et la barbacane
   Au sud, et avant les bombardements, les îlots d’habitation venaient jusqu’au bord des fossés.
Cet endroit a aujourd’hui pris l’aspect d’un jardin public en forte pente avec des plantations qui
génèrent des espaces mal adaptés à une bonne perception du château et de son accès principal.
   Le projet propose de recadrer cet espace en se référant au maximum à l’histoire du quartier qui
l’occupait jusqu’en 1945 : restitution du parvis de l’église Saint-Pierre et de la placette de
dégagement devant la barbacane, élimination de toute végétation haute, marquage au sol des
bâtiments détruits. La réalisation d’un ascenseur, montant depuis les fossés à la placette devant la
barbacane, pourrait permettre aux personnes à mobilité réduite d'accéder au château depuis le
parc de stationnement de la rue de Geôle ou depuis le parking sous dalle.
   L’avenue du 6 juin est le seul endroit d’où le château peut être vu de loin, il est donc proposé de
la prolonger visuellement par une montée pavée vers la barbacane Saint-Pierre.

   Le front est
   Sur le front est, l’aspect original défensif du château fort est le mieux mis en valeur, grâce à la
conservation de la courtine, des tours et de la porte à pont-levis. Aucune modification n’est
proposée de ce côté, outre la restauration de la seule tour non traitée dans les années 50, le
calibrage du fossé de la barbacane de la porte des Champs et le rétablissement du pont-levis.
   Le parc de stationnement existant près de la barbacane sera réaménagé pour accueillir les cars
de tourisme, privilégiant ainsi la découverte touristique du château depuis le front est. A terme, si
les besoins de stationnement se précisent en fonction de l’activité culturelle du site,
l’aménagement d’un parc de stationnement sous dalle, dans l’îlot non construit au sud de la
barbacane des Champs, pourrait offrir 200 places sans autre modification de l’aspect actuel. Ce
parc de stationnement pourrait être directement relié au château par un ascenseur placé dans la tour
restante.
   De manière générale, le stationnement des véhicules est organisé à l’extérieur de l’enceinte, à
l’exception d’un petit parc de stationnement de proximité pour les clients du restaurant, imposé par
le programme, et dissimulé sous les arbres existants le long du rempart est au nord.

   Parallèlement à ce schéma directeur de conservation et de mise en valeur du château de Caen,
des études annexes de documentation et de recherches archéologiques ont été organisées et sont
appelées à être poursuivies.


   Les relevés de structures architecturales

   Une équipe italienne d'archéologues conduite par Luigi Marino (Florence) procède à des
relevés des structures architecturales.
   Le relevé est un vecteur d'information capable de devenir lui-même une source privilégiée des
connaissances : dimensions, matériaux et usage, état de conservation... Il doit être un outil qu'il
convient de tenir à jour et, au fur et à mesure de la progression des recherches et des travaux, de
relier à d'autres sources d'informations.
CHAPITRE IV
ANNEXES


1) Chronologie


    DATES                                               EVENEMENTS

                      CHATEAU DE CAEN               CAEN-NORMANDIE                  FRANCE-EUROPE
  3000 av. J.C.                                     Premières traces d'habitation
                                                    humaine à Caen
Ier siècle av. J.C.                                 Implantation d'un village près Conquête de la Gaule par
                                                    de la rivière Odon, sur le site César
                                                    de l'Abbaye aux Hommes
    IVe siècle                                      Déplacement des habitants
                                                    vers le village Saint-Martin
       911                                          Traité de Saint-Clair sur Epte :
                                                    le roi de France concède à
                                                    Rollon les pays de la Basse
                                                    Seine. Ce territoire s'agrandit
                                                    en 924 et 933, pour former le
                                                    duché de Normandie
      987                                                                            Avènement d'Hugues Capet
Vers 1025-1030                                      Première mention écrite de la
                                                    ville de Caen : on y trouve un
                                                    port, un marché et une foire
      1027                                          Naissance de Guillaume le
                                                    Bâtard à Falaise
      1035                                          A la mort de son père, Robert
                                                    le Magnifique, Guillaume le
                                                    Bâtard devient duc de
                                                    Normandie
                                                    Période de troubles en
                                                    Normandie
      1047                                          La victoire du Val-ès-Dunes
                                                    consacre Guillaume le Bâtard
                                                    duc de Normandie
      1060            Début de la construction du
                      château de Caen
      1066                                          Dédicace de l'Abbaye aux
                                                    Dames
                                                    Guillaume conquiert le
                                                    royaume d'Angleterre
      1077                                          Dédicace de l'Abbaye aux
                                                    Hommes
      1087                                          Mort de Guillaume le
                                                    Conquérant
      1096                                                                        Première croisade
      1101                                                                        Roger II, petit-fils du normand
                                                                                  Tancrède de Hauteville, est
                                                                                  sacré roi de Sicile
DATES                                             EVENEMENTS

            CHATEAU DE CAEN                   CAEN-NORMANDIE                   FRANCE-EUROPE
  1106                                        Henri Ier Beauclerc, troisième
                                              fils de Guillaume le
                                              Conquérant, déjà roi
                                              d'Angleterre, devient duc de
                                              Normandie
Vers 1120   Construction du donjon et         Construction du donjon de      Début des constructions des
            d'une seconde aula (connue        Falaise                        fortifications de Carcassonne
            plus tard sous le nom de salle    Fondation de l'abbaye
            de l'Echiquier)                   d'Ardennes près de Caen
  1135                                        La mort d'Henri Ier Beauclerc
                                              provoque une série de troubles
                                              en Normandie
  1176      Première mention d'une
            séance de l'Echiquier dans
            l'aula construite par Henri Ier
  1182      A Noël, plusieurs centaines de
            chevaliers sont reçus au
            château de Caen
  1197                                    Construction en un an (!) de
                                          Château-Gaillard par Richard
                                          Cœur de Lion
  1204                                    Le roi de France Philippe
                                          Auguste s'empare de la
                                          Normandie
Vers 1210   Construction de la chemise du Construction de la tour Talbot Construction du château du
            donjon, de la porte des       au château de Falaise           Louvre
            Champs et de sa barbacane et
            des deux tours rondes de
            l'enceinte
  1256                                    Passage de saint Louis à Caen
  1337                                                                    Débuts de la guerre de Cent
                                                                          Ans
  1338      Première mention du logis des
            gouverneurs ou logis du roi
  1346                                    Edouard III, roi d'Angleterre,
                                          prend la ville de Caen, mais
                                          n'attaque pas le château
  1348                                    Caen compte 8 000 habitants Peste noire
  1417      Le château se rend aux        Prise et siège de Caen par les
            Anglais le 21 septembre       Anglais
  1432                                    Les Anglais fondent
                                          l'université de Caen
1438-1445   Construction de la barbacane
            de la porte Saint-Pierre
  1450                                    Fin de l'occupation anglaise en
                                          Normandie
                                          Le roi de France Charles VII
                                          fait une entrée triomphale à
                                          Caen, le 6 juillet
  DATES                                             EVENEMENTS

                 CHATEAU DE CAEN                CAEN-NORMANDIE                    FRANCE-EUROPE
    1452                                        Le roi de France Charles VII
                                                confirme la fondation de
                                                l'université de Caen
     1453                                                                       Fin de la guerre de Cent Ans
fin XVe siècle   Construction du choeur
                 gothique de l'église
                 Saint-Georges
    1492                                                                        Christophe Colomb arrive en
                                                                                Amérique
    1519                                                                        Début de la construction du
                                                                                château de Chambord
    1524         François de Silly, bailli de
                 Caen, fait renforcer les
                 fortifications du château
    1531         François Ier loge au château de
                 Caen
    1563         Les catholiques sont assiégés Sac des églises caennaises par
                 dans le château de Caen par     les Protestants
                 les troupes protestantes et     Caen compte 12 000 habitants
                 doivent se rendre
                 Charles IX loge au château de
                 Caen
    1598                                                                        Edit de Nantes
    1603         Henri IV séjourne au château
                 de Caen
    1620         Siège du château de Caen par
                 Louis XIII
    1624                                                                     Démantèlement de
                                                                             nombreuses places fortes par
                                                                             Richelieu
    1682         Réfection du logis du          Caen compte 26 000 habitants Installation de la cour à
                 gouverneur                                                  Versailles
    1718         Construction d'un bâtiment de
                 caserne dans le château de
                 Caen
    1735         La garnison du château tire sur Caen compte 32 000 habitants
                 la foule lors d'une émeute de
                 famine
    1789                                         Caen compte 40 000 habitants Le peuple parisien prend la
                                                                              Bastille
    1791         Expulsion des derniers
                 habitants civils du château de
                 Caen (il s'agit en fait
                 d'Invalides)
    1793         La Convention ordonne la
                 destruction du donjon
    1804         Les principaux bâtiments,
                 détruits pendant la
                 Révolution, sont reconstruits
                 Reconstruction de la porte
                 Saint-Pierre, surmontée des
                 armes de l'Empire
DATES                                              EVENEMENTS

            CHATEAU DE CAEN                    CAEN-NORMANDIE                      FRANCE-EUROPE
1809-1819   Réaménagement du secteur du
            donjon pour la construction
            d'un magasin à poudre
            Le donjon est
            progressivement arasé
  1811      Ordre de Napoléon de détruire
            le château dans sa totalité
  1812      Emeute à Caen : six
            condamnés à mort sont
            fusillés à la porte des Champs
  1815                                                                           Chute de Napoléon Ier
  1828      Exécution de Laurent, pour
            tentative de meurtre sur un
            officier. C'est la dernière
            exécution capitale au château
  1848                                                                           Deuxième République
  1852                                                                           Napoléon III empereur
  1855                                         Mise en service du chemin de
                                               fer Paris-Caen
  1857                                         Inauguration du canal de Caen
                                               à la mer
1865-1866                                      Le choléra à Caen
  1870                                                                           Troisième République
  1876      Prise de garnison du 36e R.I. :
            un premier bâtiment de
            bataillon est construit à
            l'emplacement du donjon
  1890      Construction des principaux
            bâtiments de la caserne
            Lefebvre
  1901      Construction d'un second
            bâtiment de bataillon près de
            la porte des Champs
  1913      Portes et remparts du château
            sont inscrits à l'inventaire des
            Monuments Historiques
1914-1918                                                                        Première guerre mondiale
1939-1945                                                                        Seconde guerre mondiale
  1944      Le château est touché par les      Destruction de la ville de Caen
            bombardements                      par les bombardements
1945-1963                                      Reconstruction de la ville de
                                               Caen
DATES                                             EVENEMENTS

            CHATEAU DE CAEN                   CAEN-NORMANDIE                  FRANCE-EUROPE
  1946      Le château est concédé au
            Ministère de la
            Reconstruction et de
            l'Urbanisme
            Logement des ouvriers de la
            Reconstruction dans les
            bâtiments du château
            La Salle de l'Echiquier et
            l'église Saint-Georges sont
            inscrits à l'inventaire
            supplémentaire des
            Monuments Historiques
            Michel de Boüard fonde le
            Musée de Normandie dans
            l'enceinte du château
  1953      Classement de l'ensemble du
            site aux Monuments
            Historiques
  1956      L'administration des
            Domaines transmet la
            propriété du château à la ville
            de Caen
1956-1966   Fouilles archéologiques sous
            la direction de Michel de
            Boüard
1956-1967   Chantiers de restauration des
            différentes parties du château
  1957                                        Inauguration de la nouvelle
                                              université de Caen
  1959                                                                      Cinquième République
  1963      Ouverture au public du Musée
            de Normandie, dans l'ancien
            logis des gouverneurs
  1970      Ouverture au public du Musée
            des Beaux-Arts
  1998      La ville de Caen entérine le
            projet de réaménagement du
            château
  1999                                                                      Eclipse totale de soleil
2) Lexique


Aula                   salle de réception.

Bailli                 officier royal rendant la justice au nom du roi. A partir du XIIIe
                       siècle, il exerce ses compétences sur un territoire fixe et très
                       étendu, le bailliage.

Barbacane              construction fortifiée, placée en avant de la porte d'un rempart,
                       pour la défendre.

Cavalier               ouvrage surélevé, à l'intérieur d'un bastion, qui sert de terrasse à
                       canons.

Chemise                à Caen, c'est le rempart qui entoure le donjon et qui l'isole du
                       reste du château.

Convention Nationale   assemblée française au pouvoir du 21 septembre 1792 au 26
                       octobre 1795.

Dédicace               consécration d'une église à un saint.

Donjon                 tour principale d'une place, la plus forte et la plus haute. Le
                       donjon servait pour la garnison du château et était le dernier lieu
                       de refuge.

Echiquier              cour des comptes et de justice des ducs de Normandie. Elle doit
                       son nom au tapis, divisé en cases, sur lequel on effectuait les
                       comptes avec des jetons.

Garenne                plate-forme entourée de fossés et située entre le donjon et
                       l'esplanade de la Paix

Génie                  service de l'armée chargé des travaux relatifs aux
                       communications et à l'aménagement du terrain et de la gestion
                       du domaine militaire.

Gouverneur             officier royal chargé des affaires de justice et du maintien de
                       l'ordre.

Guerre de Cent Ans     nom donné au conflit qui oppose la France à l'Angleterre, de
                       1337 à 1453. Par sa situation géographique entre les deux pays
                       et son histoire, la Normandie y joue un rôle majeur.

Invalide               ancien militaire que l'âge ou les infirmités ont rendu incapable
                       de servir.
Magasin à poudre        lieu de stockage des munitions.

Monuments Historiques   une des sous-directions de la direction du Patrimoine du
(service des)           Ministère de la Culture chargée de la protection des monuments
                        classés.

Peste noire             épidémie de peste pulmonaire à propagation rapide venant de
                        Méditerranée qui s'abat en 1348 dans le nord de la France. Les
                        morts sont nombreux, de 15 à 60 pour cent de la population
                        suivant les contrées.

Reconstruction          période de 1945 à 1963, pendant laquelle le pays fut remis en
                        état.
3) Bibliographie

Ouvrages de l’exposition “ Redécouvrir le château de Caen, mille ans de vie et
d'architecture ”

Katia KUKAWKA, Pascal LEROUX et Jean-François de MARCOVITCH, Connais-tu ? Le
château de Caen, Amis du musée de Normandie, 2000.

Jean-Yves MARIN et Jean-Marie LEVESQUE (sous la direction de), Mémoires du château de
Caen, Skira/Seuil, 2000.


Autres ouvrages

Jean-Jacques BERTAUX, Renaissance d'une ville, la Reconstruction de Caen, 1945-1963, Paris,
Delpha, Caen , Musée de Normandie, 1994.

BESNIER, "La garnison de Caen au XVIIIe siècle", Bulletin de la Société des Antiquaires de
Normandie, 1948-1951, t. 51, p. 286-303.
Ouvrage qui traite du logement de la garnison de Caen, en ville, à l'extérieur du château.

Michel de BOÜARD, Le château de Caen, Caen, CRAM, 1979.

Michel de BOÜARD, Guillaume le Conquérant, Paris, Fayard, 1985.

Michel de BOÜARD (dir.), Histoire de la Normandie, Toulouse, Privat, 1970.

Michel de BOÜARD, Manuel d'archéologie médiévale, Paris, Sedes, 1975.

A. CHARLES-LAVAUZELLE, Historique du 36e Régiment d'Infanterie, 1920.
Ouvrage général sur l'histoire du 36e RI, mais qui ne concerne pas Caen.

Les châteaux forts, Editions du Rocher, 1999.

Alain CHATELAIN, Châteaux forts. Images de pierre des guerres médiévales, Rempart, Desclée
Brouwer, 1995.

François DALLEMAGNE, Les casernes françaises, Paris, Picard, 1990.
Seul ouvrage qui évoque l'histoire de la caserne dans le château de Caen.

Gabriel DESERT (dir.), Histoire de Caen, Toulouse, Privat, 1981.

Hervé HALBOUT et Jean-François de MARCOVITCH, Le château de Caen, histoire et
évolution, dossier pédagogique, Musée de Normandie, 1990.

Jean MESQUI, Châteaux et enceintes de la France médiévale ; de la défense à la résidence, Paris,
Grands manuels Picard, t. 1, 1991 et t. 2, 1993.
Jean MERLET, "Le château de Caen, fouilles, aménagements, restauration", Les Monuments
Historiques de la France, Caen, Musée de Normandie, 1962, t. 1.

A. OLIVIER, Histoire du 36e régiment d'Infanterie, Caen, 1920.
Ouvrage général sur l'histoire du 36e RI, mais qui ne concerne pas Caen.



Ouvrages généraux pour les enfants

Andrew LANGLEY, Le siège du château fort, éditions Gallimard Jeunesse, les yeux de l'histoire,
1999.

Christopher GRAVETT, Le temps des chevaliers, éditions Gallimard Jeunesse, les yeux de la
découverte, 1993.

Philip STEELE, Les châteaux forts, éditions Nathan, 1995.
          CHAPITRE V
   EXPLOITATION PEDAGOGIQUE
Contacter le Musée de Normandie au 02.31.30.47.61

								
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