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2001_04 - MEP

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									                     Avril 2001
                          N° 95




              Editorial par Jean Charbonnier
          Où en est « la vérité dans les faits » ? p.2

Rencontres chinoises à Madagascar par Jean Charbonnier, p.3
        Qi chinois et Anthropologie chrétienne, p.7
      Echos « patriotiques » de l’Eglise en Chine, p.9

 Prochaines rencontres chinoises au programme 2001, p.10
                    Expositions, p.11
                Publications récentes, p.12
                 Voyage en Chine, p.12




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       EDITORIAL : Où en est « la vérité dans les faits » ?

        L’ère d’un renouveau décisif s’est ouverte pour la Chine en 1978 sous le signe du
célèbre slogan de Deng Xiaoping : « chercher la vérité dans les faits » (shishi qiushi). Grâce à
cette approche pragmatique d’une modernisation réelle et efficace, la Chine sortait enfin du
carcan de ses luttes idéologiques ruineuses et paralysantes pour entrer dans une nouvelle ère
plus confiante et plus entreprenante. Toutes les forces vives du pays ralliées par le Front Uni
du Parti pouvaient désormais coopérer à la modernisation.
        La société chinoise a de fait évolué considérablement. Le progrès le plus significatif
est peut-être dû aux techniques de communication grâce auxquelles les échanges se sont
multipliés dans le pays même et dans les relations du pays avec l’étranger. Grâce à la
télévision, les campagnes les plus reculées ont une fenêtre ouverte sur l’ensemble du pays et
sur le monde. Même les illettrés peuvent y découvrir la vie en dehors de leur village. Ces
dernières années les téléphones portables et Internet ont décuplé les moyens d’information.
Dès lors, il n’est rien de caché qui ne puisse être publié sur les toits.
        Les domaines réservés dans lesquels pouvait s’abriter la nomenclature derrière des
rideaux bien tirés se font de plus en plus rares. Les autorités sont elles-mêmes forcées de faire
tomber les masques dans la mesures où elles s’engagent sérieusement dans la lutte contre la
corruption. La lutte contre les cadres corrompus est devenue un mouvement de masse. Quelles
que soient les précautions prises pour présenter une version officielle voilant les faits, la vérité
finit souvent par éclater. Telle est la leçon qu'on peut tirer de quelques cas récents dont la
justice a dû se saisir. La presse de Hongkong a fait connaître entre autres le cas d’un juriste
détenu 26 mois – simplement pour avoir fait son devoir. L’un des meilleurs juristes de la
province du Henan, M. Li Kuisheng était arrêté le 2 décembre 1998 par Wang Xiaodong,
directeur du Bureau anti-corruption de Xingyang dans les faubourgs sud-ouest de Zhengzhou.
Soumis à des tortures que lui-même avait dénoncées dans un ouvrage, il obtint le soutien de
ses amis juristes les plus qualifiés et fut finalement innocenté par la Cour suprême. L’officiel
corrompu fut démasqué. Il exigeait en fait que le juriste lui remette les comptes en banque de
l’un de ses clients, ancien directeur du Bureau des finances de Xingyang, mort dans des
conditions douteuses. Il en aurait tiré 3.8millions de Yuans. Cette faveur aurait préservé le
juriste Li Kuisheng de deux années de prison et de tortures qui ont ruiné sa santé. (South
china Morning Post, 12 Février 2001).
        Il s’agit là d’un cas entre mille. Mais le souci de faire la lumière se manifeste en des
affaires plus conséquentes. Le drame des explosions faisant une quarantaine de victimes dans
une école où les enfants étaient astreints à fabriquer des pétards a fini par embarrasser le
Premier Ministre Zhu Rongji lui-même qui avait d’abord accepté une explication
insuffisamment contrôlée. Et la lumière est loin d’être encore faite sur les explosions qui ont
causé l’effondrement d’immeubles à Shijiazhuang. Là aussi, la désignation facile d’un bouc
émissaire n’a satisfait personne et seule la poursuite des vrais coupables pourra apaiser la
colère des familles des victimes. Ces expériences douloureuses ont pour effet d’exercer le
système judiciaire chinois à plus de rigueur et de diminuer peu à peu l’arbitraire de cadres
abusant de leur pouvoir. Il va de soi que l’abus du mensonge dans des campagnes de
dénonciations commandées d’en-haut ne favorise pas la rigueur dans le système judiciaire et
devrait peu à peu disparaître aussi de méthodes politiques héritées d’un autre âge. Une logique
de vérité et de justice est indispensable pour maintenir la cohésion sociale en un temps où les
réformes économiques entraînent bien des souffrances parmi le peuple.




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        Rencontres chinoises à Madagascar
        Notes de voyage par Jean charbonnier

        Tandis que l’avion en provenance de l’île Maurice prépare son atterrissage à
Tananarive, la couche de nuages qui s’entrouvre laisse apparaître une terre vallonnée semée
de grandes flaques jaunes et sillonnée ça et là par les traces vertes de rizières. Les villages
surprennent par leurs maisons aux toits à forte pente découpant un haut fronton triangulaire en
façade. Voici donc la Grande Ile, pays lointain de l’hémisphère australe, un peu plus vaste que
la France avec une superficie de 587 040 km2 mais une population beaucoup plus faible et
essentiellement rurale (78%) de 15 497 000 habitants.
        A l’aéroport, la vision de douaniers portant uniforme et képi de gendarme français
évoque de suite la longue période de colonisation française qui ne s’est achevée qu’en 1960
avec la proclamation de l’indépendance. La route qui mène de l’aéroport au centre ville n’est
pas bien large et très encombrée, traversant des faubourgs populaires. Le jeune stagiaire
français Henri de Solages m’accompagne à la maison des Missions étrangères d’où nous
sortons faire un tour dans l’avenue centrale de l’Indépendance. Il y a foule devant la grande
gare, bien que les trains, paraît-il, ne fonctionnent guère sinon celui de Tamatave au moins
sur une partie du parcours. Il est vrai que nous sommes en période d’inondation. La route
nationale N°4 menant à Antsirabé vient d’être coupée par un effondrement de 20 mètres de
profondeur. On ne sait pas encore si la déviation est viable. Il me faut renoncer à rejoindre à
Antsirabe la grande réunion d’une cinquantaine de confrères des Missions étrangères venus de
divers pays d’Asie pour réfléchir à leurs orientations. Je les verrai rentrer à Tananarive deux
jours plus tard, les plus courageux ou les plus fatigués en petit avion, les autres en taxi brousse
avec traversée à pied d’un bord à l’autre de la coupure de la route au prix d’une marche
hasardeuse sur des pentes boueuses et glissantes.

        Tananarive, 28-31 janvier 2001

         Dès l’après-midi de mon arrivée, je suis heureux de pouvoir rencontrer quelques uns des
catholiques chinois parmi les plus actifs, en particulier M. Jean- Baptiste Guerra, directeur des
Assurances ARO et Mlle Eliane Chan qui assure un service social dans les plantations.
         M. Guerra me donne un aperçu général des Chinois intégrés depuis longtemps à la vie
malgache. Ces Chinois sont nés à Madagascar, de parents ou grand parents venus de la province de
Canton comme travailleurs souvent non scolarisés. Les pionniers chinois à Madagascar ont répondu à
des appels de main d’œuvre à une époque où la province de Canton était ravagée par les guerres,
épidémies et un forte croissance démographique. Ils sont passés par Singapour, par l’île Maurice.
Arrivés dans la Grande île, ils se sont implantés dans la brousse pour défricher le sol et souvent ouvrir
une boutique en faisant venir des produits dont la population locale manquait. On les accueillit comme
des étrangers habiles qui pouvaient donner des soins médicaux, fournir les produits nécessaires, prêter
de l’argent qu’ils récupéraient bien sûr lors des récoltes de vanille, de giroffle ou de café. Ils se sont
souvent mariés à des Malgaches. Leur présence a été bénéfique au développement du pays.
         Le Centre franco-chinois ouvert à Tamatave par le père Cotto, MEP, a joué un rôle important
pour élever le niveau d’éducation de ces chinois et leur permettre d’améliorer leur statut. D’abord
missionnaire du diocèse de Pakhoi au sud de la Chine, le père Cotto était familier de la langue
cantonaise. Expulsé de Chine comme tous les missionnaires étrangers après l’établissement de la
République populaire, il put se rendre à Madagascar dès 1953 et se consacrer à l’éducation des jeunes
Chinois.
         Avec la prise de pouvoir en 1975 du nouveau président Didier Ratsiraka d’orientation
socialiste et nationaliste, certains Chinois ont été renvoyés à Taiwan. Des conditions restrictives ont
été imposées sur les activités professionnelles et les commerces chinois. Certains ont pris peur. le Père
Cotto s’est alors rendu au Canada pour rencontrer le Premier Ministre du Québec et négocier avec lui
un accueil de ‘réfugiés politiques’ chinois de Madagascar. Ceux qui sont partis à ce moment là


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voulaient surtout ménager l’avenir de leurs enfants. Plus tard les anciens qui avaient peine à s’adapter
au Canada sont revenus à Madagascar. Les plus jeunes s’y sont bien adaptés et vivent maintenant
mieux qu’à Madagascar.
          Par contraste, M. Guerra me fait un tableau plutôt négatif des nouveaux migrants de Chine. Ils
ne parlent, dit-il, aucune des langues locales et communiquent par un interprète. Ils viennent de
Xiamen, Fuzhou, Shanghai etc. Ce sont des gens qui ont de l’argent, qu’ils doivent peut-être blanchir,
et qui investissent dans des commerces, restaurants et boîtes diverses. Ils sont implantés surtout dans
les quartiers nord de la capitale : Antanimena , rue Rasamimanana, à proximité d’un petit lac aux rives
agrémentées d’une roseraie, et plus à l’est vers Ambony, Resarety. Leur venue a été favorisée par un
régime politique sympathisant et la présence d’un ambassadeur de la République populaire de Chine.
Les grands travaux du stade national ont été pris en charge par la Chine. Ces Chinois arrivés dans l’île
au cours de la dernière décennie se comportent avec une certaine rudesse vis à vis de leurs employés
locaux et se sont aliénés une partie de la population, y compris les Chinois qui sont intégrés depuis
longtemps à la vie du pays et qui pour la plupart ne savent plus écrire le chinois. S’ils peuvent encore
parler chinois, leur langue est cantonaise. Rarissimes sont ceux qui ont appris le mandarin. Les
nouveaux migrants ont afflué à partir de 1996 avec un maximum en 1998. Depuis le courant tend à se
tarir et certains d’entre eux sont retournés en Chine.
          Ceux qui restent dans le pays cherchent à placer leurs enfants dans une bonne école. Ils
pénètrent les associations chinoises locales, en particulier le Cercle chinois où s’organisent les fêtes,
mariages, banquets. Ce cercle va d’ailleurs déménager dans les locaux plus vastes de l’école chinoise
près de l’hôpital. Le Club de loisirs est un autre lieu de rencontres plus régulières entre les Chinois
Malgaches. Une centaine d’entre eux y prennent leur repas du dimanche et restent l’après-midi pour se
détendre à des jeux aussi divers que le mahjong et le ping-pong.
          Les jeunes catholiques ont leur association : l’A.C.J.C. qui s’occupe de la liturgie du
dimanche, de la catéchèse et de bénévolat. Ils financent leurs activités en se faisant un peu d’argent
avec des séances de théâtre à Noël et à Pâques et rendent divers services.
          Le lendemain 29, une promenade dans le quartier de Behoririka me permet de repérer les
enseignes de commerçants chinois. L’une d’entre elle, étalée sur toute la longueur d’une façade, attire
les regards : ‘Magasin Beijing’ suivi des quatre caractères pour ‘Beijing shangdian’. Je ne résiste pas à
la tentation d’aller fureter dans ce magasin. Les vendeurs sont Malgaches. Mais un Chinois bien en
chair et trapu est assis devant un comptoir, plongé dans la lecture d’un livre chinois. Nous faisons un
brin de causette en mandarin. Il me dit être ici depuis cinq ans. Il fait le va et vient entre Pékin et
Madagascar. Il ne sait parler ni français ni malgache. En fin d’après-midi, dans les bâtiments de
l’Episcopat, le père Marcel Messer, spiritain, me parle des Chinois de Mahajunga qu’il a rencontrés
avec le père Pinsel, MEP. Autant les Chinois-Malgaches lui sont sympathiques, autant il condamne
sans appel les Chinois continentaux venus récemment. Ils traitent les Malgaches de haut, me dit-il, et
ceux-ci le ressentent. Les anciens chinois intégrés au pays, ajoute-t-il sont solidaires des Malgaches
pour marquer leur hostilité à ces nouveaux Chinois enrichis.

        Mahajanga, 1-3 février

        L’occasion de faire une visite à Mahajanga se présente justement le jeudi 1 er février. Deux
confrères s’y rendent en avion : le père Emile Louis-Tisserand de Hongkong et le P. Joseph Selvaraj
qui rentre dans son diocèse après avoir participé à la réunion de Antsirabe. Mahajanga, qu’on écrit
Majunga à la française, est une ville portuaire située au nord-ouest de l’Ile, à environ 600km de
Tananarive. Nous y arrivons sous une pluie battante. Repos forcé de quelques heures dans la chaleur
moite des vastes chambres sans fenêtres de l’évêché. Le ciel s’éclaircissant en fin d’après-midi, nous
faisons un tour sur le port des boutres où accostèrent il y a un siècle les premiers Indiens musulmans,
suivant de près des migrants venus des Comores. Le front de mer, orné d’une longue rangée de
palmiers ne manque pas d’allure, bien que l’esplanade soit défoncée par endroits faute d’entretien.
        Sur ma demande, Joseph Selvaraj nous mène ‘Chez Karon’, Hôtel de la Plage tenu par M.
Chen Jiakang, cantonais. Son père, nous dit-il, en venant à Madagascar, a ouvert une école chinoise à
Tananarive avec enseignement du chinois le matin et du français l’après-midi. Lui-même s’est marié à
une française venue comme coopérante pour enseigner les langues à l’Ecole Notre-Dame. Il allait y
vendre des glaces de sa fabrication, alliant ainsi flirt et commerce. Ils ont maintenant trois fils. M.


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Chen s’interrompt pour réprimander vertement une jeune serveuse malgache, Francine, qui a omis de
couvrir nos verres de bière pour les protéger des mouches. Sur quoi il nous fait des commentaires
plutôt acides sur son personnel local. Il a 26 employés au service de l’hôtel. « Cinq français, ajoute-t-
il, suffiraient à faire leur travail… » M. Chen nous reçoit en compagnie d’un ami de Hongkong, M.
Chan Chün Yao qui vient récolter des fruits de mer après avoir suivi des itinéraires fantastiques par
l’Inde, les Seychelles et autres lieux.
          Le lendemain après-midi, nous faisons une visite à une épicerie surmontée d’une longue
enseigne :‘Epicerie Chan Kouan , Fils et Compagnie’. Cette épicerie bien achalandée connaît un
nouvel essor depuis le retour récent du patron avec son fils aîné après un séjour de 15 ans au Canada, à
Laval dans la province du Québec. Le reste de la famille est resté au Canada. D’autre membres de la
famille sont à Paris et le commerce principal est à Hongkong chez Leung Ying Fatt, 35-36 Des Vœux
Road West.
          Dans les années difficiles, raconte le patron, l’insécurité l’avait poussé à émigrer au Canada où
le P. Cotto avait déjà fait migrer un certain nombre de Chinois menacés. La vie au Canada s’est
révélée plus confortable qu’à Madagascar, sauf les hivers par trop froids. En son absence, son frère
avait pris en charge la boutique puis il l’avait confiée à un gérant. Aujourd’hui, les conditions sont
plus libérales et l’approvisionnement se fait normalement.
          D’après M. Chan, les Chinois nés à Madagascar ne sont plus que deux à Mahajanga. Il y aurait
par contre une dizaine de couples venus récemment du continent pour lancer diverses entreprises. M.
Chan nous signale entre autres un Chinois du continent qui tient le restaurant Le Sampan d’Or. Il
exerce en fait, note-t-il, une activité encore plus lucrative que la restauration en allant pêcher des
trépands, sorte de grosse chenille qu’on appelle en anglais « sea cucumbers ». Les Chinois de
Singapour et de Hongkong en raffolent, pensant que ce plat gélatineux possède des vertus curatives.
C’est d’ailleurs un met particulièrement coûteux On aime faire honneur aux invités en remplissant leur
bol de ces sortes de grosses limaces gélatineuses. Il faut bien en engloutir ostensiblement un ou deux
morceaux et, en plus, avoir l’air d’apprécier mais avec assez de discrétion pour qu’on ne vous en
remette pas.
          Je ne tarde pas à rencontrer une autre personne venue du continent chinois au Magasin
Wealsweet, situé au 1er étage de la Salle d’œuvres de la cathédrale. Karon nous en avait parlé, jugeant
qu’il n’était pas normal que l’Eglise loue ainsi à des fins commerciales des locaux prévus pour
activités catholiques. Certains font remarquer pourtant que ce genre d’utilisation est recommandé en
Chine pour soutenir l’autofinancement de l’Eglise. Au comptoir de ce magazin, je fais un brin de
conversation avec Dou Xiulan, une grande chinoise venue du Liaoning il y a une vingtaine d’années.
Son mari s’appelle Xu Wenping . Leur grande fille a fait de bonnes études françaises et part
maintenant poursuivre des études universitaires à Paris. Xiu Lan ignore tout de l’Eglise, sauf sans
doute le curé de la cathédrale qui leur loue les locaux. Mais elle ne sait pas ce qu’est un prêtre ou un
évêque, ni en français ni en mandarin sa langue maternelle.

        Dimanche 4 février à Tananarive

        Dimanche matin, la grande église Saint François Xavier du quartier de Antimena est remplie
d’une foule compacte. Sous le porche d’entrée un panneau est couvert de photos de la visite du pape
en avril 1989. C’est dans la chapelle voisine de l’ESCA qu’est célébrée à 10 heures la messe de la
communauté chinoise sous un fort beau vitrail aux couleurs vives. L’ESCA est une école tenue par les
Sœurs du Sacré-Cœur de Antimena. Une centaine de personnes y assistent, dont M. Guerra au
premier rang et la chorale de jeunes. Nous concélébrons avec le Père Michel Ladougne, MEP, qui
s’occupe habituellement de cette communauté. C’est le dimanche de la Communication. Mon homélie
porte naturellement sur les communications développées depuis plus de vingt ans avec les Catholiques
de Chine, grâce à de nombreuses visites, à la publication d’un bulletin chinois par le groupe Zhonglian
de Singapour et du Guide to the Catholic Church in China utilisé par des visiteurs de divers pays. De
nouvelles possibilités de communication se développent aujourd’hui sur le web. C’est le nouveau filet
de Saint Pierre qui peut toujours faire une pêche miraculeuse.
        Après la messe, je peux faire connaissance avec les jeunes grâce à leur chef d’équipe Monique
Ranaivosoa qui sait écrire son nom en chinois : Chen Shuzhen. Elle dirige discrètement mais
efficacement l’Association des Jeunes Catholiques Chinois. Elle projette alors un parcours en France


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avec une équipe de six jeunes, en particulier pour passer quelques jours auprès du P. Pinsel dans la
maison de repos de Lauris près d’Avignon. Le P. Pinsel savait rendre visite à toutes les familles
chinoises dispersées dans l’île et se tenir au courant de leur vie. C’est sans doute lui qui dut baptiser
ces jeunes peu après leur naissance. Aux côté de Monique, une jeune femme, Mirana, parle mandarin
couramment. Elle étudie cette langue depuis 1995 avec une professeur de Taiwan, Mlle Wang. Sa
connaissance du chinois lui permet de remplir des fonctions bien utiles dans les nouvelles entreprises
créées par les Chinois venus récemment du continent.
        Nous nous rendons ensuite au Foyer des Filles du Cœur de Marie dans la rue où se trouve
aussi les bâtiments de l’Episcopat et l’imprimerie catholique. Eliane, une des animatrices les plus
active de la communauté chinoise y a fait des études d’assistante sociale. Elle travaille maintenant
dans des plantations maraîchères. Elle nous accompagne au Foyer où les jeunes de l’A.J.C.C. tiennent
leur réunion du premier dimanche de chaque mois. Il y a là une vingtaine de jeunes bien disposés que
le père Pinsel a pu réunir autour d’activités diverses : animation liturgique, catéchèse d’une
quarantaine d’enfants, célébrations pour Pâques et Noël, etc.
        Nous prenons notre repas avec le P. Michel Ladougne au restaurant chinois « Music
Restaurant », proche du Foyer. L’enseigne bien visible au coin d’un carrefour porte les caractères
chinois Yinyue Canting. Le restaurant est tenu par des Cantonais et les clients sont surtout chinois. Ils
sont en famille et prennent leur repas tranquillement. L’une des causes de mésentente entre les Chinois
continentaux et les Malgaches a été parfois le comportement à table des nouveaux venus. Lorsque
ceux-ci festoient entre hommes d’affaires, ils boivent sans doute bruyamment comme en Chine.
Lorsque les cadavres de bouteilles de bière emplissent la table et que leur visage devient tout rouge, ils
se mettent mutuellement au défi de faire cul sec. Puis certains se mettent à brailler de plus en plus fort
en jouant deux par deux à deviner le chiffre du poing fermé. Ce n’est pas tout à fait du goût de la
population locale…
        D’après le P.Ladougne, l’une des urgences de la mission chrétienne serait surtout de prendre
contact avec les Chinois parlant mandarin et de les mettre en relation avec les Chinois bien intégrés à
la vie du pays. Il s’agirait de visiter leurs familles et de s’intéresser activement à eux, non pas d’abord
dans un but pastoral puisque l’immense majorité d’entre eux ne sont pas chrétiens et n’ont
probablement jamais eu de contact avec l’Eglise. Mais ils sont sans doute curieux d’en apprendre
davantage sur l’Eglise catholique et ses écoles qui marquent la vie de la population locale. Ils auront
sans doute recours aux institutions catholiques pour assurer l’éducation de leurs enfants. Un prêtre
parlant le cantonais et le mandarin aurait devant lui une vaste tâche de prise de contact avec ces
migrants récents en vue de les familiariser avec la vie locale dans une ambiance amicale.

        Lundi 5 février

        En cette dernière matinée de séjour à Madagascar, je me rends Avenue de l’Indépendance où
se trouve l’Agence de Voyages Charles Ranaivosova, voisine du Magasin d’articles d’électricité
Samkocwa. Le jeune Henry me rejoint dans ce magasin encombré de clients et me fait rencontrer le
patron M. Fong Po Thune qui est président de l’Association chinoise de Madagascar ( appelée
autrefois ‘Congrégation’). Bien que débordé, celui-ci se détache de son comptoir pour me conduire
dans ses bureaux du 2ème étage. Lui-même est cantonais mais nous pouvons converser en mandarin
sans difficulté.
        M. Fong me remet un formulaire d’enquête qu’il distribue aux familles des nouveaux arrivés
du continent chinois, les ‘xin qiao’ ou ‘Nouveaux Chinois d’Outre-Mer. Environ trois mille d’entre
eux, me dit-il, s’installent à Madagascar, dont environ un millier à Tananarive même. Un temple
bouddhiste est en construction à Ampefiloha. Outre les investisseurs dans l’import-export et les
entreprises industrielles ( textile, chaussures), il y a aussi un apport d’ouvriers spécialisés. Ils viennent
de diverses provinces de Chine.
        Du deuxième étage, nous descendons ensuite au premier où se trouve le bureau de Monique et
de Henry Ah-Son de l’Association Catholique des jeunes Chinois. La mère de Monique est présente.
Elle est chez elle dans l’Agence de voyage, car non seulement sa fille mais aussi ses trois fils y ont
leur bureau. Deux d’entre eux sont installés au rez-de-chaussée : Paul dans la boutique de l’Agence de
Transit et de Voyages et Georges dans un arrière bureau. Tous ces gens rencontrés la veille à la messe
sont aujourd’hui plongés dans la ruche de leurs affaires qui doivent être suffisamment lucratives en


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dépit de la pauvreté générale du pays. Leur origine chinoise les invite sans doute à combiner bien des
avantages humains qui leur donnent une certaine avance sur la population locale : éducation, ardeur au
travail, solidarité familiale, intégration sociale et religieuse, le tout dynamisé par un sens pratique des
affaires et une activité incessante.




        Qi chinois et Anthropologie chrétienne
        par Sœur Madeleine Kwong Lai Kuen, L’Harmattan, 2000, 429p.
        Recension de Jean Charbonnier

       Madeleine Kwong Lai Kuen, Chinoise cantonaise née à Hongkong, appartient à la
Congrégation religieuse chinoise du Précieux Sang. Après une formation de base à
l’Université catholique Fujen de Taipei avec le théologien chinois Chang C’hun-shen,SJ, elle
a poursuivi ses recherches plus de huit ans à Paris et obtenu son doctorat de théologie au
Centre Sèvres sous la direction du Père Michel Fédou SJ. Elle enseigne maintenant la
théologie dogmatique au Séminaire du Saint-Esprit à Hongkong.

        Le Qi Gong, exercice du souffle traditionnel en Chine, est en train d’acquérir une
notoriété mondiale. Le Qi Gong est plus que jamais pratiqué en Chine aujourd’hui sous
diverses formes. Le Falun Gong, une forme de Qi Gong enrichie d’objectifs de
perfectionnement spirituel, s’est fait connaître au monde entier à la suite de la répression
violente dont il fait l’objet en Chine. Le Qi, souffle vital, énergie vitale, peut nous faire penser
à cet élan vital dont parle Henri Bergson dans ses ouvrages Evolution créatrice et Les Deux
Sources de la Morale et de la Religion. Bergson pouvait puiser dans la tradition judéo-
chrétienne cette intuition de l’Esprit créateur, source de vie et de renouveau.
        L’ouvrage de Sœur Madeleine Kwong arrive ainsi à point nommé pour nous permettre
de mesurer quelles sont les affinités entre le Qi de la tradition chinoise et notre tradition
occidentale du souffle vital exprimé dans le Ruah hébraïque de la Bible et repris en théologie
chrétienne à l’aide du terme grec de Pneuma. Si les Pères de l’Eglise dans le monde de culture
héllènique ont pu se servir du mot pneuma pour désigner l’esprit créateur et le renouvellement
vital de ceux qui sont nés de l’Esprit par leur foi en Celui sur qui repose l’Esprit-Saint, les
croyants chinois peuvent-ils à leur tour élaborer une expression de leur foi en utilisant le
terme Qi ? Une telle entreprise théologique est de taille. Dès les débuts du XVIIe siècle, des
jésuites associés à de grands lettrés chinois ont tenté d’approfondir la tradition chinoise pour y
déceler quelles pouvaient être les expressions les plus appropriées pour exprimer Dieu en
chinois. Le mot Tian, le Ciel, l’expression Tai Ji, l’Etre suprême, le mot Dao, la Voie, et le
mot Qi, Souffle vital, ont alors fait l’objet d’analyses fouillées en de savantes dissertations
marquées par les distinctions subtiles héritées de la philosophie scolastique « servante de la
théologie ». On avait alors un souci très marqué d’éviter tout immanentisme et de préserver la
transcendance du Dieu personnel en distinguant très nettement nature et surnature. Il fallait
également éviter toute implication de matérialité pour parler de Celui qui est ‘Pur Esprit’. La
solution fut de donner à Dieu le nom chinois de Tianzhu, Maître du Ciel, signifiant ainsi que
Dieu est Seigneur suprême, créateur du Ciel et de la Terre. Le terme fut adopté en théologie
catholique et dans tous les catéchismes au point que « Tianzhu » devint synonyme de
« catholique », le catholicisme étant la « Religion du Maître du Ciel » ( Tianzhu jiao). Les
Protestants arrivant en Chine au XIXe siècle se démarquèrent des Catholiques en appelant
Dieu « Shangdi », Le Souverain d’en-haut, et en se donnant eux-mêmes le nom de « Religion
de Jésus » (Jidu jiao)



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         La recherche de Sœur Kwong ne remet pas en cause la désignation de Dieu. Mais les
recherches actuelles en pneumatologie et des approches philosophiques plus existentielles lui
permettent d’explorer diverses voies d’expérience spirituelle exprimées dans la littérature,
l’art, la musique, la médecine, la poésie, la calligraphie, la culture morale, le perfectionnement
de soi. En tous ces domaines de la culture chinoise, l’inspiration spirituelle est un don du Qi.
         Le deuxième volet de son ouvrage est une enquête approfondie sur la signification
anthropologique de la Ruah hébraïque et du pneuma grec en même temps que l’utilisation de
ces termes dans l’expérience judéo-chrétienne. Elle note certains glissements de sens qui
tendent à dépouiller l’Esprit de son dynamisme originel pour voir finalement en lui une
personne abstraite. L’addition du mot agion à pneuma ne fait sans doute qu’exprimer la
sainteteté de Dieu, mais l’appellation Esprit Saint tend à désigner exclusivement l’Esprit de
Dieu. « L’expression « Esprit Saint », note-t-elle p. 155, risque alors d’accentuer plutôt sa
« substance » et non pas sa « puissance » dynamique.
         En dernière analyse, c’est l’usage du mot « personne » qui semble créer le plus gros
problème. Sous le titre « Divinité ! Personne », Sœur Kwong résume ainsi les fruits de son
enquête p. 186: « Le Pneuma est la substance du dieu immanent des Stoïciens, la Ruah le
souffle de Dieu par lequel Dieu agit sur l’homme et dans la nature, et le Qi, la manifestation,
l’action du Dao dans le monde. Ainsi, c’est par le Qi, le Pneuma ou la Ruah que se fait la
communication entre le Ciel (le dieu, Dieu) et l’homme. Certes le Qi n’est ni une personne, ni
l’hypostase du Dao. Tandis que Dieu-Esprit est dit une « personne », la troisième Personne de
la Trinité. Mais Dieu est tout autant personnel que transpersonnel ; il est personne et plus-
que-personne ; il est au-delà et au-dessus d’une « personne ». Il est « Dieu ». Le terme
« personne », d’ailleurs est postérieur au langage biblique….La notion de Qi, elle, étant très
proche du langage biblique Ruah-Souffle, ne peut-elle pas contribuer à une recherche
théologique ? »
         Cette perspective d’une formulation théologique qui ferait l’économie de la
rationalisation grecque peut donner le vertige. Car l’entreprise nous ramènerait en-deça de
près de vingt siècles d’explications théologiques sanctionnées par de nombreux Conciles et
par les textes du magistère. D’un autre côté, fermer cette perspective serait renoncer à
élaborer une véritable théologie chinoise et ne voir dans l’expression chinoise de la foi que
des essais littéraires et poétiques sans fondements doctrinaux. Et ce serait de notre part en
Occident trouver un refuge confortable dans le bastion ecclésiastique édifié au cours des
siècles sur les ruines des temples grecs et romains avec l’idée rarement mise en cause que
nous sommes seuls à posséder la formulation correcte d’une Révélation que nous nous
sommes entièrement appropriée.
         Sans prétendre refaire toute la théologie, Madeleine Kwong nous ouvre deux pistes de
recherche : d’abord une christologie pneumatologique, car Jésus-Christ, « Homme achevé »
est rempli du Qi et répand en plénitude le Qi . En Jésus se trouve l’harmonie parfaite entre
Terre et Ciel dans sa relation filiale au Père. Jésus est profondément sensible à l’amour du
Père qu’il accueille en sa sagesse infinie et auquel il répond sans réserve. Cet échange accueil-
réponse correspond à l’expression traditionnelle en Chine du Gan-Ying. Madeleine Kwong est
particulièrement sensible à la richesse de cette expression. Elle la reprend au cœur de la
quatrième et dernière partie de son ouvrage intitulée « Vers une Anthropologie
pneumatologique ». La perception du mouvement descendant et ascendant propre à la
dynamique du Gan-Ying lui permettent de préciser l’action de l’Esprit en l’homme. Elle tente
inlassablement d’exprimer son intuition en procédant par touches successives comme avec un
pinceau qu’elle ne cesse de tremper sur la grosse plaque noire de son encre de Chine. Par
instants, elle parvient à formuler des raccourcis saisissants de sa pensée comme dans ces
lignes de la page 366 :



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        « L’Esprit, Qi du Ciel, est dynamique de Gan-Ying, Force d’engendrer sans cesse, il
s’incarne dans notre histoire ; il s’élance pour enfanter, nourrir, faire croître, parfaire, mûrir, le
« Corps » universel du Fils bien-aimé de Dieu, le Christ cosmique. C’est par lui et en lui que
toute l’humanité, tout l’univers, toute l’histoire se mettent en marche, en mouvement de retour
au Père, à la Grande Communion. »




       Echos ‘patriotiques’ de l’Eglise en Chine
       Extrait traduit du China Daily du 30 novembre 2000 :

       Les Catholiques chinois célèbrent leur patriotisme

         En célébrant le cinquantième anniversaire de son rejet de l’autorité politique et
économique du Vatican, L’Eglise catholique en Chine a réitéré l’importance de son
indépendance dans la gestion de ses affaires religieuses.
         Lors de la cérémonie commémorative, Fu Tieshan, président de’ l’Association
patriotique des catholiques de Chine, a déclaré que l’Eglise catholique chinoise a réussi à
établir et à maintenir sa ‘Sainte souveraineté’. Avant 1949, les églises catholiques de Chine
étaient gouvernées par des missionnaires étrangers qui recevaient finalement leurs ordres du
Pape à Rome. La seconde année de la fondation de la Chine nouvelle, une campagne nationale
fut initiée par un groupe de Catholiques de la Province du Sichuan au Sud-Ouest de la Chine.
Ils décidèrent de pousser au développement d’une nouvelle Eglise qui gérerait ses affaires en
fonction du principe des Trois Autonomies de gouvernement, de financement et d’exercice du
culte. « Le principe du gouvernement indépendant des affaires d’Eglise, dit Fu Tieshan,
garantit que les Catholiques chinois peuvent vivent en harmonie avec leurs compatriotes . Il
garantit que l’Eglise catholique de Chine ne sera pas troublée de l’extérieur et qu’elle pourra
ainsi se livrer totalement à l’annonce de l’Evangile.
         Fu a aussi réitéré hier que le gouvernement indépendant de l’Eglise ne signifie pas que
les Catholiques chinois ont coupé les liens avec le Pape en ce qui concerne leur foi. « Ce que
nous voulons dire par gestion indépendante des affaires d’Eglise, a-t-il expliqué, se réfère aux
questions politiques, économiques et administratives et non aux doctrines et règles
canoniques. En exigeant l’indépendance, nous voulons dire que les forces étrangères ne
doivent pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine, occuper des postes de
commandement dans les églises de Chine, ou se mêler des affaires intérieures chinoises sous
prétexte de religion. Nous ne cherchons pas à être hétérodoxes, a-t-il ajouté, en ce qui
concerne les pratiques et les croyances.
         En octobre, le Vatican a soulevé la colère des Catholiques de Chine en canonisant un
groupe de martyrs qui avait participé à la colonisation et à l’invasion de la Chine avant 1949.
Wang Zhaoguo, chef du département du Front Uni du Comité Central du Parti Communiste
chinois a fait hier l’éloge de l’opposition des catholiques chinois à la canonisation du Vatican,
notant que « c’était sauvegarder l’intérêt et la dignité nationale en même temps que la pureté
des catholiques chinois. »




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        Autre manifestation de patriotisme: la lutte contre les sectes.

        Fin mars et début avril 2001, une délégation chinoise dont faisait partie l’évêque de
Pékin Fu Tieshan s’est rendue à Genève puis à Paris dans le but à peine déguisé d’ exporter en
Europe la critique gouvernementale du Falungong. La délégation était soigneusement
composée d’un représentant catholique, d’un religieux bouddhiste, d’un scientifique et d’un
homme d’affaires. Tous les délégués faisaient partie d’une « commission de lutte contre les
sectes » Accompagnés par le personnel de l’Ambassade, ces délégués ont colporté ici et là
leur diatribe contre les soi-disant crimes et superstitions du Falungong. Ils se sont adressé bien
sûr au public chinois résidant en Suisse et en France, mais aussi aux Européens qui voulaient
bien les écouter. A Paris, ils ont même demandé à être reçus au Quai d’Orsay et au secrétariat
de l’Episcopat.
        On peut se demander quel rôle jouait l’évêque de Pékin dans cette entreprise. Se
déclarant indépendant de Rome, il ne pouvait guère avoir d’autorité auprès des évêques de
l’Eglise universelle en communion avec le Pape. Quant au principe sacro-saint de non
ingérence dans les affaires intérieures de la Chine, pourquoi ne pas appliquer le même
principe en évitant toute ingérence chinoise dans les affaires intérieures de la Suisse et de la
France ? Il est vrai que les diplomates français aussi bien que le secrétariat de l’épiscopat ont
accueilli volontiers cette délégation chinoise, car les occasions de dialogue ne sont pas si
fréquentes et il était utile de discuter ensemble de l’attitude des autorités de l’Eglise et l’Etat
face aux sectes qui troubleraient la moralité et l’ordre public. Il reste que cette commission de
« lutte anti-secte » s’affichait au départ avec une agressivité peu propice au dialogue. Ce type
de « lutte » pouvait même évoquer les heures les plus sombres des campagnes menées au nom
de la « lutte des classes » ou de la « Révolution culturelle ». L’accumulation d’accusations
mensongères contre une secte déclarée pernicieuse rappelait d’ailleurs tristement le style des
jugements populaires dont beaucoup de Chrétiens ont été les victimes dans les premières
années 1950 et plus tard lors de la Révolution culturelle des années 1960 . Ce genre de théâtre
démodé fait triste figure à côté des développements remarquables de la société chinoise des
vingt dernières années.


        Prochaines rencontres chinoises au programme 2001

        Lyon mardi 27 mars 2001.
        Poésie, mythe et histoire dans les mondes arabe et chinois.
        Université Jean Moulin-Lyon 3, 15, quai Claude Bernard, 69007 - LYON
        Salle Josserand, entrée libre. Programme de la journée et de la soirée

         Portieux, 28-29 avril.
         Week-end sur Jean-Martin Moye et l’Eglise en Chine.
         Cent cinquante religieuses de la Congrégation des Sœurs de la Providence de Portieux vont se
rassembler fin avril en Lorraine. Elles ont choisi de porter leur attention sur l’expérience apostolique
en Chine de leur fondadeur le Bienheureux Jean-Martin Moye et sur l’histoire de leur communauté
chinoise de la Province du Liaoning. Les sœurs chinoises aujourd’hui actives ou retirées en France
seront les témoins privilégiées de cette histoire toujours vécue. Les P. Jean Charbonnier et Paul Wang,
lui-même de cette province du Liaoning, participeront à cette rencontre.

        Paris Sorbonne, samedi 19 mai.
        Présences occidentales en Asie : le cas français.




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        Salle F 363. Ouverture du Colloque à 9 h. Séance de la matinée sur les Concessions (cinq
intervenants) ; Séance de l’après-midi : les techniques, les sciences et les arts. Débats et clôture de 18h
à 19h.

        Paris, Collège de France, mai-juin.
        Série de huit cours en anglais sur le thème : « Wisdom in Traditional Chinese
Jurisprudence » par M. Wejen CHANG, professeur honoraire à l’Academia Sinica (Taipei) et
professeur à l’Université de New York.
        Les exposés de M. Chang, l’un des plus éminents spécialistes de l’histoire du droit chinois,
partiront des théories des penseurs de l’antiquité pour examiner les bases, les objectifs et l’application
du droit dans le cadre de la civilisation chinoise et dans une perspective comparative.
        Collège de France, 11 rue Marcellin Berthelot, 75005, Paris, salle 1, les vendredis 4,11,18 et
25 mai ; 1,8,15 et 22 juin 2001, à 14h30.

        Irlande, 8-12 juin 2001.
        Conférence œcuménique Européenne-Chinoise.
        Tous les trois ans, les Protestants et Catholiques d’Europe organisent un colloque avec
participation chinoise en vue de développer avec les Chrétiens de Chine un enrichissement mutuel
dans la foi grâce à une étude commune de questions humaines fondamentales dans notre monde actuel.
Le thème central retenu pour cette année 2001 sera « Spirituality and Values – an Exploration of
Chinese and European perspectives ».
        Les questions discutées seront :
        Comment le christianisme peut-il répondre à la transformation spirituelle et morale de la
société ? Qu’avons-nous à offrir aux valeurs nouvelles qui prennent forme dans la société actuelle ?
Comment ces valeurs touchent-elles l’Eglise ? Peut-il y avoir des influences positives quelconques de
la part de la société séculière ? Y sommes-nous attentifs en Eglise ? Quel est le terrain commun en
Chine et en Europe ?
        La Conférence prendra place à Dalgan Park, Navan, au nord de Dublin. Un programme spécial
est prévu le 13 juin pour les étudiants chinois de théologie qui doivent être invités.

        Expositions

        Au Musée Guimet, Paris, 3 février-2 avril
        L’Asie des steppes, d’Alexandre le Grand à Genghis Khan.
        Ensemble fabuleux de 180 œuvres – parures en or, vaisselle d’argent, feutres et soieries,
ornements de chevaux, armes, monnaies – dégagées des fouilles entreprises sur la Route de la soie.
L’exposition montre les influences helléniques des régions les plus méridionales de l’Asie centrale
après les conquêtes d’Alexandre le Grand (356-323 av. J.C.)

         Musée Cernuschi du 16 mars au 15 juillet 2001
         L’or des Amazones
         L’exposition propose au public un choix de pièces prestigieuses illustrant un moment crucial
de l’histoire des peuples nomades des steppes de l’Eurasie : celui où des apports venus de l’est (sud de
l’Oural, Kazakhstan, chine), renouvelant les formes traditionnelles de l’art scythe des steppes
d’Ukraine, génèrent un art nouveau. Tous les objets présentés proviennent des musées du sud de la
Russie et sont exposés à Paris pour la première fois.

       Parc de la Villette, Pavillon Delouvrier du 18 avril au 8 juillet 2001
       Médecines chinoises
       Présentation des thérapies chinoises d’une manière qui permet d’en saisir les principes
fondamentaux : harmonie des liens de l’homme et de la nature, équilibre des énergies dans le corps
humain, diagnostic médical, pharmacopée, acupuncture, etc. Entrée : 35F




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       Publications récentes

       François Cheng, D’où jaillit le chant. La voix des fleurs et des oiseaux dans la tradition des
Song. Phébus 2000, 160p. 345F

       François Jullien et Thierry Marchaisse, Penser d’un dehors (la Chine). Entretiens d’Extrême-
Occident. Seuil 2000, 508p. 150F

        Lynn Pann, Encyclopédie de la Diaspora chinoise, Editions du Pacifique/ Chinese Heritage
Centre, 2000, 300p. 295F, traduit de l’ouvrage publié en anglais à Singapour en 1998.

        Max Weber, Confucianisme et Taoisme. Traduit de l’allemand par Catherine Colliot-Thélène
et Jean-Pierre Grossein. Gallimard 2000. 377p. 175F

       Petite annonce

        Revue Mission de l’Eglise n° 131 d’avril 2001, L’espérance qui est en vous. Le dossier central
de ce numéro concerne les demandeurs d’asile qui, l’actualité récente nous le rappelle, se pressent
poussés par la désespérance-espérance aux portes de l’Europe. C’est en tous cas, à la façon dont nous
les accueillerons et dont nous essaierons de lutter, avec toutes les instances concernées, contre les
causes de ces exodes subis, que l’Europe, chrétienne ou non, sera jugée.
        A commander (35 FF l’exemplaire, port compris) à : Mission de l’Eglise, 5 rue Monsieur
75343 Paris cedex 07. Etablir votre chèque à l’ordre des Œuvres Pontificales Missionnaires.

       Voyage en Chine

        Le projet de voyage Route de la Soie annoncé dans notre numéro de février a été annulé.
        Reste le deuxième projet Descente du Yangzi, organisé par le P. Denis Moutel, curé de Notre-
Dame de Toute Joie à Nantes avec accompagnement du P. Jean Charbonnier. Une vingtaine de
personnes sont déjà inscrites. Le programme détaillé de ce parcours peut être envoyé par notre bureau
Relais France-Chine aux personnes intéressées. Départ de Paris pour Pékin le mardi 31 juillet après-
midi par Air China ; retour de Shanghai à Paris le samedi 18 août par vol de jour arrivant en fin
d’après-midi. Coût total : 16.000F




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