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Age industriel

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					DIFFUSION ET MUTATIONS DU MODELE INDUSTRIEL A PARTIR DE L’EUROPE
Les documents cités (ex : "doc 3 p. 20") sont extraits du manuel d'histoire-géographie, première STG, éditions Magnard, Paris, 2006. Pour le sujet d'étude : vous pouvez visiter le site officiel d'Ellis Island (en anglais) qui donne des informations complémentaires sur le sujet (www.ellisisland.com) ; le site officiel de la Statue de la Liberté (voir adresse plus bas) est également riche en informations et données de toute sorte.

Instructions officielles :
A- Capitalisme, société industrielle, culture européenne à la conquête du monde (milieu XIXe - siècle – milieu XXe siècle). Notions : âge industriel / crise / croissance / classe sociale / libre-échange / protectionnisme / impérialisme

A- On étudie la montée du capitalisme industriel qui invente de nouveaux modes de production (usine, entreprise) et dynamise
l’Europe, puis les États-Unis et le Japon. - Cette extension n’est pas linéaire, elle connaît des cycles et passe par des moments de crise. - Elle entraîne la croissance des villes, transforme en profondeur les sociétés et suscite des mouvements de résistance. - L’industrialisation se diffuse à l'échelle du monde de manière très inégale et selon des modalités différentes.

B- Modèle industriel et changement social du milieu du XIXe siècle au milieu du XXe siècle. Un sujet d’étude au choix :
Autant que possible, l’étude recourt aux documents littéraires, artistiques, audio-visuels. - Les mutations d’une filière économique : les transformations techniques sont mises en relation avec leurs conséquences sociales et culturelles. - Le mouvement ouvrier : le mouvement ouvrier est appréhendé à travers son évolution et la diversité de ses manifestations dans l’espace. - Immigration et immigrants : Avant 1914, un vaste mouvement d’émigration conduit à l’installation d’Européens dans l’ensemble du monde ; progressivement le mouvement s'inverse. L’étude associe la description des flux migratoires, la présentation des immigrants et celle de leurs représentations, notamment littéraires et cinématographiques.

INTRODUCTION : La Révolution industrielle est avant tout un processus économique qui a commencé à toucher l’Europe occidentale au XVIII° siècle. Le véritable décollage industriel date cependant de la 2° moitié du XVIII° siècle avec la découverte et l’utilisation d’une source d’énergie nouvelle : le charbon, abondant dans les pays d’Europe occidentale, véritable or noir de l’époque. La révolution Industrielle est cependant multiforme : en bouleversant les modes de productions et l’économie elle-même, elle a transformé en profondeur les sociétés touchées par le phénomène, bouleversant les mentalités, les modes de vie, les paysages. C’est pourquoi le XIXe siècle est qualifié d’ « âge industriel »* et peut, dans une certaine mesure, être appréhendé à travers la diffusion du modèle industriel dans les différentes parties du monde. Il s’agit donc d’étudier la naissance et les formes prises par l’industrialisation au XIXe et début du XXe siècles afin de mieux saisir l’impact de ces changements dans les sociétés occidentales mais aussi dans d’autres régions du monde qui ont connu elles aussi l’industrialisation.

 Quels sont les modalités et les effets de l’industrialisation aux XIXe et XXe siècles dans les sociétés
européennes et mondiales ? Peut-on parler d’un modèle industriel mondial ? * Age industriel : entrée des économies et des sociétés dans une période dominée par l’essor de l’industrie

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I)

LA NAISSANCE ET DIFFUSION DU MODELE INDUSTRIEL DANS LE MONDE...

A) Les fondements de l’industrialisation 1) Des transformations à l’origine de la croissance … - une révolution démographique : à la fin du XVIIIe siècle, la population européenne augmente grâce notamment aux progrès de l’agriculture (meilleure alimentation), de l’hygiène et de la médecine (ex. Pasteur et le vaccin : mise au point en 1867). - des progrès dans l'agriculture, préalable nécessaire à la révolution industrielle : Les techniques agricoles s’améliorent dès la fin du XVIIIe siècle. Les rendements s’accroissent, grâce à la mécanisation, aux engrais et à la sélection des espèces. Ces progrès stimulent l’industrialisation : les paysans plus riches peuvent acheter des biens industriels ; la main d’œuvre libérée va travailler dans les usines en ville (c’est l’exode rural) - la croissance économique (notions p. 258) : entre 1850 et le milieu du XXe siècle, les pays connaissant le processus d’industrialisation enregistrent une forte croissance générale. Cela se caractérise par une augmentation de la production qui crée des richesses et toujours plus d’emplois. Le pouvoir d’achat des populations augmente, stimulant la consommation. Les échanges internationaux s’accroissent avec le libreéchange (=politique favorisant la liberté du commerce international). La croissance est à la fois cause et conséquence de l’industrialisation. (doc 3 p. 18)

2) …permettant progrès techniques et inventions :
• Innovations et inventions-clés

Doc 3 p.20 : Chronologie des grandes inventions Le XIX° siècle est le siècle d’inventions capitales. Les scientifiques, stimulés par les progrès de la science et la demande économique alimentent des progrès considérables notamment dans la 2° moitié du XIX° siècle. Ces inventions capitales révolutionnèrent tous les domaines économiques mais aussi la société toute entière. - mise au point de la machine à vapeur par Watt en 1782 qui a été l’invention capitale de la 1° RI. - convertisseur Bessemer (1856) qui permit de convertir la fonte en acier (plus résistant) matériau essentiel de la RI - téléphone de Bell (1876) - moteur à explosion (1885)…
• Nouvelles énergies, nouveaux matériaux

On distingue deux révolutions industrielles selon le type d’énergie privilégiée : Fiche 1 (voir page 11 du dossier) : compléter le tableau à l’aide du manuel
Ière Révolution Démarrage et pays initiateurs Energie Activités pilotes Transports et communication Organisation du travail 1780-1810 Grande-Bretagne Charbon, vapeur Textile (coton), métallurgie et sidérurgie (fabrication de l’acier) Train (locomotive à vapeur) Bateaux à vapeur Travail manuel en partie mécanisé 2ème Révolution 1880-1900 Etats-Unis « fée électricité » et pétrole Automobile métro, tramway télégraphe l’automobile (ex : Ford T en 1908) Travail mécanisé et rationalisé : travail à la chaîne (=série de tâches simples et répétitives réalisées par des ouvriers qui ne se déplacent pas)

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3) La montée du capitalisme industriel Pour créer des entreprises, construire des usines, acheter des machines il faut de l’argent : c’est le capital. Les capitalistes = les bourgeois, les patrons qui possèdent les moyens de production. Le capitalisme = système économique dans lequel les capitalistes possèdent les moyens de production et emploient des ouvriers. • Banques et industrie

Fiche 1 (voir page 11) : publicité pour le Crédit Lyonnais et texte présentant une société par actions Pour financer leur développement, les grandes entreprises ont de plus en plus recours aux capitaux des banques (comme le Crédit Lyonnais ou le Crédit Mobilier des frères Pereire créée en 1852) : celles-ci, par leur crédits et investissements, contribuent ainsi à l’industrialisation. A partir de 1850, pour réunir des capitaux importants, des entrepreneurs fondent des sociétés par actions* (ou sociétés anonymes) : le capital nécessaire est divisé en parts, appelés actions qui sont vendues à la Bourse*. *Action : une petite part d’une entreprise. Celui qui la possède touche une part des bénéfices de l’entreprise (dividendes) *Bourse : lieu où se vendent et s’achètent les actions d’une entreprise. • La constitution de grands groupes : l’exemple de Peugeot

Fiche 2 (voir page 12) : l’exemple d’une firme familiale en Franche-Comté, Peugeot B) Des modes de production nouveaux La Révolution Industrielle se caractérise par l’apparition de nouveaux modes de production : on passe de la fabrication artisanale dans des ateliers à la fabrication à grande échelle (= production de masse) dans des usines. Le travail est mécanisé (il emploie des machines à la place des hommes), ce qui permet de produire plus et plus vite. 1) Des lieux emblématiques : la mine, l’usine - la mine : fiche 3 (voir page 13) : remplir le tableau au sujet d’un extrait de Germinal (début) : l’arrivée d’Etienne Lantier à la mine - l’usine : étude du doc 1 p. 20 (intérieur d’une usine au début du XXe siècle) 2) Etude de cas : la production automobile Fiche 4 (voir page 14) : le fordisme Transition : la révolution industrielle passe aussi par des progrès dans les moyens des transports, ce qui permet sa diffusion C) La révolution des transports Carte 1 A p.16 : Carte des chemins de fer en Europe Fiche 5 (voir page 15) : l’arrivée du chemin de fer à Besançon L’application des innovations, des nouvelles sources d’énergie et des matériaux de plus en plus perfectionnés entraîne une révolution dans le domaine des transports.

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• • •

Le chemin de fer : après la création de la locomotive à vapeur en 1817 par Stephenson et l’inauguration de la première ligne en 1830 en Angleterre, le réseau ferré s’étend. Il permet à la fois de transporter hommes et marchandises plus rapidement et à moindre coût, d’où une diffusion rapide des nouveautés. Dans le domaine maritime, le bateau à vapeur mis au point par Fulton en 1807 remplace les voiliers et permet de relier les 2 rives de l’Atlantique, c’est-à-dire les 2 régions industrialisées du monde en moins d’une semaine dès la fin du XIX° siècle. L’automobile utilise les progrès d’une nouvelle source d’énergie fossile exploitée aux USA : le pétrole. Cependant, ce mode de transport individuel est très coûteux et reste réservé à une élite.

D) Géographie de l’industrialisation 1) Point de départ : l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord Dès la fin du XVIIIe siècle, le Royaume-Uni est le premier pays à entrer dans le processus d’industrialisation. L’industrie se diffuse ensuite dans d’autres régions d’Europe du Nord - Ouest puis aux Etats-Unis. Peu à peu ; les EU s’impose pour devenir la première puissance industrielle en 1890. Son essor conduit à une première poussée impérialiste* en Afrique et dans le Pacifique. *Impérialisme : politique d’expansion d’un Etat plaçant d’autres territoires sous sa dépendance politique, économique et culturelle. 2) Dans le reste du monde : une diffusion inégale Carte 3 p. 17 : les nations industrielles dominent le monde Vers la fin du XIX° siècle, les foyers industriels se multiplient en dehors de l’Europe comme en Russie et au Japon. L’Afrique, le reste de l’Asie et l’Amérique du sud, sous domination coloniale, reste en dehors de ce processus. 3) Au sein des Etats : les foyers de l’industrialisation Carte 1A p. 16 : quels facteurs permettent d’expliquer la répartition des foyers industriels ? Les régions industrielles se développent essentiellement autour des : - gisements de charbon / minerai de fer (ex) - villes / ports (ex) - voies de chemin de fer ou fleuves 4) Industrialisation et urbanisation Pp 22-23 : industrialisation et révolution urbaine (questions) Entre 1850 et 1950, les pays du monde industriel connaissent un phénomène de croissance urbaine très rapide. Là où l’industrialisation est la plus forte, la population urbaine dépasse celle des campagnes. Le phénomène de l’exode rural profite aux plus grandes villes, offrant davantage d’emplois. Les villes se transforment sous l’effet de leur croissance : aménagements et grands travaux (percement de larges avenues, construction d’immeubles…) transforme le paysage urbain, même si les banlieues ouvrières souvent insalubres contrastent avec les quartiers chics.

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II)

...PROVOQUE DES BOULEVERSEMENTS SOCIAUX ET CULTURELS …
A) Ouvriers et bourgeois : deux mondes qui s’ignorent ?

Document 3 p. 24 et question 2 Fiche 3 (voir page 13) : remplir le tableau à partir d’extraits de Germinal : le petit-déjeuner chez les ouvriers et chez les bourgeois 1) Naissance de la classe ouvrière La condition ouvrière est très dure durant la RI. La faiblesse relative des salaires, bien qu’en hausse, les conditions de travail très pénibles ainsi que la dégradation des conditions de vie dans des banlieues industrielles sales, insalubres, bruyantes entraînent une paupérisation de cette couche de la population, bientôt majoritaire au XX° siècle. Les ouvriers consacrent 2/3 du budget pour leur nourriture, ce qui laisse peu de marge. Cependant, les programmes sociaux de quelques grands patrons, et surtout l’intervention de l’état dans le domaine économique par la législation du travail permettent une amélioration relative et limitée mais bienvenue. Cette amélioration est surtout due à l’action des ouvriers par le biais des syndicats 2) L’essor de la classe moyenne La RI est l’occasion de l’ascension sociale d’une nouvelle couche de la population : la classe moyenne urbaine : fonctionnaires, professeurs, avocats, médecins, ingénieurs. Ses aspirations sociales la poussent à s’extraire et se différencier du prolétariat dont elle est souvent issue, et rêve d’accéder à la bourgeoisie dont elle imite les modèles. 3) La bourgeoisie, une classe sociale diverse La bourgeoisie est la grande gagnante de la RI. Les patrons des grandes entreprises font fortune et deviennent des acteurs incontournables de la société du XIX° siècle. Leur ascension est fondée non sur la naissance mais sur la fortune. Ces patrons développent les valeurs de la bourgeoisie qui deviennent les valeurs dominantes de la société contemporaine : travail, mérite, libéralisme, autorité du père, rôle subalterne de la femme, valeurs chrétiennes (charité…). Certains fondent des oeuvres caritatives et encadrent la vie de leurs ouvriers qu’ils améliorent mais qu’ils contrôlent aussi plus étroitement : c’est le paternalisme social. Le patron fait véritablement figure de père de ses employés mais aussi de sa ville voire de sa région. Exemple : Peugeot et le pays de Montbéliard, Michelin qui fait de Clermont-Ferrand la ville du pneu et de sa famille, Rotschild en Angleterre, Agnelli en Italie… La bourgeoisie est cependant une classe sociale hétérogène : on distingue la haute bourgeoisie, très aisée, de la petite bourgeoisie dont le train de vie est plus modeste. B) Naissance d’une société de consommation 1) Progrès dans la vie quotidienne Doc 4 p. 24, question 4 p. 25 Doc 6 p. 25, question 4 Les inventions et découvertes scientifiques, au départ réservé à une élite, pénètrent peu à peu dans les foyers et simplifient la vie quotidienne des familles, surtout des femmes. L’apparition des grands magasins et l’essor de la publicité reflètent cette évolution du mode de vie et de consommation. L’allongement du temps libre, consacré par la mise en place de congés payés en 1936 en France, permet le développement des loisirs (sport, cinéma…) et les débuts du tourisme populaire.

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2) L’automobile, de l’objet de luxe à l’objet du quotidien Dossier pp. 32-33 : vers une société de l’automobile Au début de la production automobile, rares étaient ceux qui avaient les moyens de s’acheter un véhicule ; seuls les plus riches , bourgeois et membres des classes moyennes, pouvaient espérer acquérir ce qui était un objet de luxe. Avec l’abaissement des coûts de production et la baisse progressive du prix d’une automobile, l’automobile s’est peu à peu popularisée La mise en place de systèmes de crédits a de plus permis à bien des foyers de s’équiper, initiant ainsi l’ère de la société automobile. 3) Des pratiques culturelles nouvelles : les débuts du cinéma Un exemple : extrait des Temps Modernes de Charlie Chaplin (un travail peut être mené sur l’affiche qui se trouve dans le manuel de Première Générale Hachette)
Ouvrier à la chaîne dans une usine, Charlot est soumis à la dure loi de la taylorisation, et à celle d'un patron autoritaire. Rendu fou par la machine, il est interné puis, guéri, se retrouve chômeur. Pris à tort pour un leader syndical, il est incarcéré et devient un héros en empêchant une mutinerie. Libéré, il fait une première expérience désastreuse de travail sur un chantier naval, puis rencontre la gamine, une orpheline vagabonde. Pour elle, il se fait engager comme veilleur de nuit dans un grand magasin où il la fait profiter d'un instant de luxe avant de se faire arrêter, injustement, comme complice d'un cambriolage. À sa sortie, la gamine le fait engager comme " serveur chantant " dans le cabaret où elle danse. Mais rattrapés par les forces de l'ordre, les deux amoureux prennent la route et s'en vont vagabonder vers des jours meilleurs.

Le cinématographe, inventé par les frères lyonnais Lumière en 1895, devient très rapidement populaire. Le « muet » est illustré par plusieurs générations de grands cinéastes, comme l’Anglais Charlie Chaplin. Il devient parlant à la fin des années 1920 et son succès devient alors considérable : il favorise l’essor d’une culture de masse (= ensemble des pratiques culturelles qui se diffusent dans toutes les couches de la société à l’âge industriel) III) …SUSCITANT DES MOUVEMENTS DE RESISTANCE FACE AU MODELE INDUSTRIEL C) Le modèle industriel remis en question par la crise économique 1) Des crises régulières provoquant chômage et misère sociale Fiche 6 (page 16) : rythme de la production et chômage La croissance économique liée à l’industrialisation n’a pas été continue aux XIXe et XXe siècles : il existe des phases de croissance, entrecoupées de période de recul prolongé appelées dépressions. Les périodes de crises, liées à une surproduction, sont souvent précédées par des faillites bancaires ou un krach boursier comme celui de New York en octobre 1929. De nombreuses entreprises ferment alors leurs portes et le commerce international recule, amplifié par la tendance au protectionnisme (= politique visant à protéger le marché national de la concurrence extérieure par des droits de douanes élevés et des limitations aux importations) . Les crises, en particulier celle de 1929, ont des répercussions à l’échelle mondiale et touche l’ensemble de la société : tous les secteurs économiques sont touchés, l’augmentation du chômage provoque misère sociale et mécontentements. 2) Les campagnes, les oubliées de la croissance ? Doc 6 p. 19, question 6 De nombreux produits agricoles connaissent une crise : chute des prix agricoles, crise des producteurs du vin suite à la phylloxera notamment au début du XX° siècle, maladie de la pomme de terre en Irlande qui provoque une famine et des millions de morts au XIX° siècle, (conduisant une très grande partie de la population irlandaise à émigrer vers le Royaume-Uni plus industriel et surtout vers les USA où ils sont alors la première catégorie d’immigrants). De façon générale, la baisse des revenus tirés de la terre entraîne une paupérisation des ruraux qui contribuent à pousser la population des campagnes à l’exode rural vers les villes et les bassins industriels.

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D) Naissance du mouvements ouvrier 1) Un monde ouvrier organisé : la naissance du syndicalisme Doc 5 p. 35, question 2. Docs 7, 8, 10, 12 p. 36, question 2 Pour améliorer leurs conditions de vie et de travail, les ouvriers se regroupent en syndicats (=association qui a pour but de défendre les intérêts communs d’une profession). Les syndicats réussissent par la négociation voire la grève (autorisée depuis 1864 en France) à dégager une législation du travail qui contribue grandement à l’amélioration des conditions de travail et de vie des ouvriers. C’est grâce à la République que la liberté syndicale est accordée en France en 1884 permettant la naissance du plus grand syndicat français : la CGT (en 1895). Ce sont les syndicats qui encadrent cette masse populaire des travailleurs de la Révolution Industrielle. Ce sont eux qui sont à l’origine de nos acquis sociaux fondamentaux.
Depuis 1890, le 1er mai est la Fête internationale du travail, en souvenir du 1er mai 1886 où des ouvriers de Chicago ont été tués lors d’une manifestation. A partir de cette date, le 1er mai est devenu le jour où tous les ouvriers manifestent pour obtenir de meilleures conditions de travail.

2) La contestation du capitalisme : les socialismes • Le communisme

Doc 13 p. 38 et doc 16 p. 39, question 3 Pour certains penseurs de l’époque, la croissance ne sert qu’à une infime minorité, ceux qui possèdent le capital, c’est-à-dire les patrons. La majeure partie de la société est en effet laissée pour compte par la croissance. Pour le philosophe, économiste et sociologue allemand Karl Marx, la société est coupée en 2 avec une minorité, la bourgeoisie exploitant les travailleurs, paysans mais surtout ouvriers qu’il nomme le prolétariat. C’est ce qu’il appelle la « lutte des classes ». Face à la dégradation des conditions de vie de ce prolétariat et face aux accidents du capitalismes, notamment les crises, Marx développe une théorie qui est à la fois économique, politique et sociale. Son mouvement, baptisé socialiste-révolutionnaire ou communiste vise à une révolution qui renverserait l’ordre de la société et le pouvoir bourgeois et le donnerait au prolétariat pour lequel il souhaite une dictature chargée d’améliorer les conditions de vie de la majorité du peuple. Après cette phase, Marx envisage une société sans classes où tous les hommes seraient égaux : le paradis communiste. Par contre, d’autres socialistes pensent différemment. Avec les mêmes objectifs, ils diffèrent suivant les moyens. C’est l’Etat qui doit réparer les injustices faites au prolétariat mais c’est par les réformes et non la Révolution qu’il faut envisager l’avenir : ce sont les socialistes réformistes, ancêtres du socialisme. Ils sont avant tout fidèles à la démocratie et à la République contrairement aux communistes. Ce courant est défendu en France par Jean Jaurès et s’impose dans les partis socialistes où le marxisme devient minoritaire. • L’anarchisme

D’autres socialistes sont hostiles à toute autorité, qu’elle émane de l’état ou de quiconque. Leur doctrine, théorisée par Proudhon en France, vise à une Révolution violente qui établira une société libre, sans autorité politique ni sociale qui ferait le bonheur de l’Homme. Les anarchistes ne reculent pas devant les assassinats politiques dès la fin du XIX° siècle
1881 : Assassinat 1894 : Assassinat 1898 : Assassinat 1900 : Assassinat 1901 : Assassinat 1932 : Assassinat d’Alexandre II, Tsar de Russie de Sadi Carnot, Président de la République française à Lyon d’Elisabeth de Habsbourg (Sissi), Impératrice d’Autriche-Hongrie d’Umberto Ier, Roi d’Italie de William Mac Kinley, Président des USA de Paul Doumer, Président de la République française

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SUJET D’ETUDE : IMMIGRATION ET IMMIGRANTS A TRAVERS L’EXEMPLE D’ELLIS ISLAND (Etats-Unis)
Introduction : - étude de la carte 1 p. 40 : vers quel continent, vers quel pays émigrent principalement les Européens ? - étude du document 2 p. 40 : quels sont les pays européens qui fournissent le plus de migrants ? - étude du texte extrait de La Jungle d’Upton Sinclair : quelles raisons poussent les Européens à émigrer ? Aux XIXe et début du XXe siècles, l’émigration européenne prend des proportions inédites : Irlandais, Italiens…quittent en masse le Vieux Continent pour rejoindre le continent américain, l’Afrique ou d’autres terres plus éloignées. Ce sont les Britanniques qui émigrent le plus durant cette période, suivis par les Allemands et les Italiens. Si c’est avant tout l’espoir d’une vie meilleure (travail, salaire décent…) qui poussent les Européens à se lancer dans l’aventure de l’émigration, le « rêve américain » tient également une grande place dans les esprits : les Etats-Unis, première destination des émigrants européens, sont en effet considérés comme une terre de liberté, un nouvel « eldorado » où tout est possible.  Comment les immigrants vivent-ils le « rêve américain » ? Résiste-il à la réalité de la vie aux Etats-Unis ? Comment perçoit-t-on cet afflux d’Européens aux Etats-Unis ? I) L’ARRIVEE AUX ETATS-UNIS : PREMIER CONTACT AVEC LE « REVE AMERICAIN »

 Extrait du film Le Parrain II : sur le bateau - quelle est la première vision du garçon depuis le bateau ? comment réagissent les autres passagers ? 1. Première vision du bateau : la statue de la Liberté
Source : site officiel de la Statue de la Liberté http://www.nps.gov/stli/

a- Qu’est ce que la statue de la Liberté ?
La Liberté éclairant le monde, plus connue sous le nom de statue de la Liberté, est un monument situé à New York sur la petite île de Liberty Island, au sud-ouest de Manhattan. Elle fut offerte par la France pour le centenaire de l'indépendance des États-Unis et inaugurée par le président Grover Cleveland le 28 octobre 1886. Elle fut exécutée à Paris, en 1878, par le sculpteur Frédéric-Auguste Bartholdi et l'ingénieur Gustave Eiffel pour la charpente métallique. Celle-ci est, en effet, creuse, recouverte de plaques de cuivre rivetées. Elle fut remise aux États-Unis officiellement le 4 juillet 1884 à Paris, démontée, transportée par la frégate Isère, puis remontée à son emplacement définitif. b- Un symbole fort : l’incarnation du « rêve américain » D'une hauteur de 46,50 m (92,99 m en comptant le socle), elle représente une femme drapée brandissant une torche de la main droite. Dans sa main gauche, elle tient une tablette sur laquelle on peut lire la date de l'indépendance américaine : le 4 juillet 1776. Les 7 branches de sa couronne représentent les 7 continents. Les 25 fenêtres symbolisent les 25 pierres gemmes. À ses pieds, se trouvent des chaînes brisées qui symbolisent la paix. Située à l'entrée du port de New York, elle était le premier symbole américain pour les émigrants arrivant par bateau. Symbolisant la liberté éclairant le monde, elle incarne les Etats-Unis d’Amérique, terre de paix et liberté et est rapidement devenue un emblème national et un des symboles les plus universels de la liberté et de la démocratie. c- Le poème d'Emma Lazarus : un appel à l’immigration ? Sur sa base, gravé sur une plaque de bronze, est inscrit ce poème d'Emma Lazarus intitulé « The New Colossus » :
Give me your tired, your poor, Your huddled masses yearning to breathe free, The wretched refuse of your teeming shore. Send these, the homeless, tempest-tost, to me, I lift my lamp beside the golden door !" Donne-moi tes pauvres, tes exténués Qui en rangs pressés aspirent à vivre libres, Le rebut de tes rivages surpeuplés, Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte De ma lumière, j'éclaire la porte d'or !"

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2. Le débarquement à Ellis Island  Extrait du Parrain II : l’arrivée de Don Corleone à Ellis Island - qu’est ce qu’Ellis Island ? Où se trouve-t-elle ? -quelles sont les différentes étapes du contrôle après le débarquement ? Selon vous, pourquoi sont–elles nécessaires ? -à quels problèmes l’administration américaine d’Ellis Island doit-elle faire face? - pourquoi peut-on dire que le personnage a eu de la chance ? a- Qu’est-ce qu’Ellis Island ? Située dans l'état du New Jersey, Ellis Island est le lieu où les immigrants débarquaient. Elle était la porte d'entrée vers les États-Unis. L'île accueillit environ 17 millions de personnes entre son ouverture le 1er janvier 1892 et sa fermeture en novembre 1954. On pouvait en période de pointe examiner jusqu'à 5000 personnes par jour. On estime à plus de cent millions le nombre d’Américains comptant un parent ayant transité par ce lieu, soit 40% de la population actuelle. En débarquant du bateau qui les avait amenés jusque là, les aspirants à l'immigration subissaient un examen médical et un examen administratif. Le but était de vérifier que le candidat était apte à travailler et à gagner sa vie et ne constituait pas une menace pour la société. b- Première étape : l’examen médical L'examen médical commençait dès la montée des marches nécessaire pour accéder à la salle principale du bâtiment. Étant donné le très grand nombre de personnes à examiner chaque jour et le peu de médecins disponibles, 6 secondes étaient accordées en moyenne à chaque arrivant. Si un problème était suspecté, le sujet était marqué à la craie, identifié ainsi pour subir un examen plus approfondi. Puis chaque arrivant subissait une série d'examens plus précis, notamment un examen des yeux (le dessous de la paupière), effectué grâce à un crochet à boutons. Si lors, de cet examen plus approfondi l’on découvrait une infection quelconque, la personne était placée en quarantaine le temps d’être soignée, pour éviter toute épidémie. c- L'examen administratif Une série de questions était posée à chaque arrivant. Souvent, le problème de la langue se posait, on trouvait alors un traducteur. Il n'y avait aucun moyen de recouper les informations, les agents s'appliquaient donc à être intimidants et suspicieux afin de débusquer les menteurs éventuels. La règle voulait que chaque immigrant devait avoir avec lui de quoi payer le voyage jusqu'à sa destination finale et 25 dollars (l'équivalent d'une semaine de salaire d'un fonctionnaire comme ceux travaillant sur l'île) De manière paradoxale, le fait d'avoir une promesse d’emploi prévu en arrivant était une raison suffisante de renvoi. La principale raison était que les travailleurs américains refusaient la concurrence des étrangers sous-payés. d - Les rejetés En cas de refus de l'administration, le retour du candidat se faisait si possible dans le même bateau que l'arrivée, à la charge du transporteur.

II)

LA VIE AUX ETATS-UNIS : DU « REVE AMERICAIN » A LA REALITE

1. Trouver un emploi…

- Décrivez la photographie : où a-t-elle été prise ? À quelle date ? - D'après vous, quel type d'emploi exercent ces hommes ?

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2. … et vivre. Logements d’immigrés à Chicago
« Quelques jours d’expérience pratique leur avaient suffi pour comprendre clairement que ce pays des salaires élevés était aussi celui des prix élevés et que le pauvre y était tout aussi pauvre qu’en tout autre coin du monde. Aniele (une vieille logeuse lituanienne anciennement immigrée) avait un appartement de quatre pièces, dans un de ces taudis à deux étages comme on en trouve derrière les Stocks Yards. Certaines de ces pensions étaient tenues par des particuliers, d’autres étaient coopératives ; il y avait une moyenne de six locataires par pièce ; ils étaient même quelquefois treize ou quatorze, soit cinquante à soixante dans un appartement ! Chacun des occupants fournissait son mobilier, c’est-à-dire un matelas et quelque literie. Les matelas étaient rangés sur le parquet et il n’y avait rien d’autre dans la pièce qu’un poêle. »
Upton Sinclair, La Jungle, 1906.

- à quels problèmes de la vie quotidienne sont confrontés les nouveaux arrivants selon l’auteur du roman ? 3. S’intégrer  Extrait du Parrain II : la vie à Little Italy -quelle langue utilisent les deux personnages entre eux ? - à quel spectacle assiste-t-il ? - décris le quartier où vit et travaille le personnage principal : quelle est sa particularité ?  Document 2 - comment évolue l’origine des immigrants aux Etats-Unis après 1880 selon l’auteur ? -comment cette évolution est-elle perçue par l’opinion américaine ?
Source : manuel d'histoire-géographie, première STG, éditions Belin, Paris, 2006.

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FICHE 1
Les deux révolutions industrielles : - complète le tableau suivant :
Ière Révolution Démarrage et pays initiateurs Energie Activités pilotes Transports et communication Organisation du travail Travail manuel en partie métro, tramway télégraphe Travail mécanisé et rationalisé : (=série de tâches simples et répétitives réalisées par des ouvriers qui ne se déplacent pas) 1780-1810 2ème Révolution 1880-1900

Banques et entreprises : Questions (à partir des deux documents ci-dessous) : 1. Pourquoi peut-on dire que les banques sont « filles de la Révolution industrielle ? 2. Quel est le domaine d'activité de cette société par action ? 3. Expliquez le fonctionnement d'une société par action.

Source : Manuel d'histoire-géographie, classe de quatrième, Hâtier, Paris, 2006.

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A) FICHE 2 : UN EXEMPLE D'UNE GRANDE ENTREPRISE FAMILIALE, L'ENTREPRISE PEUGEOT A SOCHAUX L’histoire de la famille Peugeot et celle de l’entreprise sont étroitement liées à une région : l’ Est de la France, le pays de Montbéliard. Le Lion, emblème de la Marque, représente aussi les armes de Franche-Comté, berceau de la famille. Des premiers tricycles à moteur jusqu’aux modèles les plus récents, la firme au Lion est rapidement devenue l’un des tout premiers constructeurs français avant de s’imposer sur le marché international.
1847 : Implantés dans l’Est de la France dès le XVe siècle, la famille Peugeot possède de nombreuses terres sur lesquelles dès le XVIIIe siècle, elle érige des moulins et développe les activités de tissage, de filature et de meunerie. Dès 1810 les deux frères, Jean-Pierre et JeanFrédéric Peugeot avaient converti un moulin en une fonderie d'acier et une fabrique de lames de scie, créant ainsi la société Peugeot Frères. Le premier lion est dessiné pour le marquage de ces articles en acier. Il symbolise les trois qualités des lames de scies Peugeot : dureté des dents, souplesse de la lame, et vitesse de la coupe. En 1850 apparaît pour la première fois l'image du lion sur la flèche " Peugeot frères ". Ce logo sera déposé en 1858 et marquera pour longtemps, les outils fabriqués par la Marque (moulins à café, machines à coudre…)

1889 : Une année historique pour la Marque, avec la présentation du premier véhicule portant le nom de Peugeot : un tricycle, fruit de la collaboration de Léon Serpollet, le grand spécialiste de la vapeur, avec Armand Peugeot. Il le présente à l’Exposition Universelle de Paris en 1889. Le lion marque encore les outils et les cycles. Il est en revanche absent des premières automobiles fabriquées de 1890 à 1905. Depuis 1896 et la création de la "Société des Automobiles Peugeot" exclusivement vouée à la fabrication d’automobiles, Peugeot se place en effet parmi les pionniers de l’automobile. Entre 1905 et 1915, le lion de profil sur sa flèche est en revanche présent sur les voitures "Lion Peugeot" fabriquées par Peugeot Frères.

1910 : Suite à la fusion, en 1910, entre les activités cycles et automobiles, la société "Automobiles et Cycles Peugeot" apposera simplement le lettrage PEUGEOT à l’ancienne sur ses automobiles. Sur certains modèles, des lions « officieux » font leur apparition : le lion Baudichon (1923) et le lion Marx (1925), du nom de leurs sculpteurs, sont de véritables œuvres d'art. Il faudra attendre 1933 pour qu'un lion plus réaliste orne les capots des modèles réalisés en usine.

1948 : Le lion héraldique fait son apparition sur la 203. Il se redresse sur ses pattes arrières pour adopter la posture familière du lion héraldique des armes de Franche-Comté, berceau de l'entreprise.

Source : site officiel de la marque Peugeot (www.peugeot.com)

Questions : 1. Montrez comment les Peugeot diversifient au fil du temps les productions de l’entreprise. 2. Pourquoi avoir choisi le lion comme emblème de la marque ?

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FICHE 4
Ford, une nouvelle organisation du travail En 1908, la première Model T sort des usines de la Ford Motor Company de Détroit, fondée en 1903 par Henry Ford. A une époque où l’automobile est considérée comme un objet de luxe, Ford veut introduire en série pour un large public. Il met au point une nouvelle organisation du travail, appelée fordisme.

Source : Manuel d'histoire-géographie, première STG, éditions Belin, Paris, 2006.

Questions : 1. Qui est l’auteur du texte ? 2. Quel mode de production les premières lignes rappellent-elles ? 3. Quels nouveaux principes Ford met-il en œuvre pour améliorer les méthodes de production ? Comment cela se traduit-il sur le document 3 ? 4. Quelle est la place de l’ouvrier dans cette organisation du travail ?

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FICHE 5 L’ARRIVEE DU CHEMIN DE FER A BESANCON
(extrait du magazine Besançon Votre Ville, avril 2006)

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FICHE 6

Source : Manuel d'histoire-géographie, première STG, édition Belin, Paris, 2006.

Questions : 1. Comment se manifeste une crise économique à l’âge industriel ? 2. Quel élément est à l’origine de la crise ? 3. Qui est touché par cette crise ? 4. Quelles en sont les conséquences sociales ?

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posted:1/23/2009
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