Programme MEDIA 2001-2006 présentation des formations et des

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Programme MEDIA 2001-2006  présentation des formations et des Powered By Docstoc
					  Programme MEDIA 2001-2006 : présentation des formations et
      des soutiens au développement accessibles aux films
                          documentaires
         « Filmer à tout prix », jeudi 25 novembre 2004

Participaient à cette session d’information : Participeront à cette session d'information,
Judith Johannes (MEDIA Formation), Corinne Mimran (MEDIA Développement), Thierry
Leclercq (Mediadesk Communauté française de Belgique), Aurélien Bodinaux et Jean-
Christophe Zelis(Néon Rouge).

Thierry Leclercq
Le programme MEDIA a récemment mis l’accent sur le soutien aux jeunes producteurs,
auteurs et réalisateurs, ainsi que sur l’aide au documentaire. Il y a environ un an a été
créé un nouveau mécanisme qui facilite l’accès au soutien au développement MEDIA pour
les producteurs qui ont participé à des sessions de formation MEDIA. Judith Johannes
interviendra pour présenter les cycles de formation MEDIA ouverts aux documentaires,
Corinne Mimran les soutiens au développement, et Aurélien Bordinaux et Jean-Christophe
Zelis, de Néon Rouge Productions, vous donneront un éclairage pratique en évoquant
leur expérience à la fois en tant que participants aux sessions de formation, et
bénéficiaires du soutien au développement Nouveaux Talents.

Judith Johannes
Les ateliers de formation organisés par MEDIA permettent souvent d’accompagner les
participants dans le développement de leur projet, on peut considérer qu’ils proposent en
quelques sorte du conseil en développement. Ils permettent également aux producteurs
de travailler concrètement sur leur projet. En effet, ces formations sont destinées à des
producteurs qui présentent des projets en début de développement. Elles ont pour but de
faire mûrir les projets, en aidant à l’amélioration des scénarios, des budgets, etc. Les
formations sont essentiellement pratiques, il y a très peu de théories. Par ailleurs, les
formateurs et intervenants sont des professionnels confirmés des milieux de l’audiovisuel
européen. Il existe 5 types de formation ouverte aux films documentaires.

Sources 2
Cette formation est ouverte aux documentaires de création, elle est destiné à des projets
en début de développement. Le travail est effectué un peu plus en amont : scénarisation,
narration, conceptualisation cinématographique. Elle ne traite pas vraiment de marketing
ou de financement.
Il s’agit d’un projet d’origine hollandaise, qui au début ne s’adressait qu’à la fiction, mais
qui a créé deux ateliers par an pour le documentaire. L’atelier de base dure 7 jours,
durant lesquels les participants assistent à des séances plénières dispensées par des
professionnels, mais travaillent aussi en groupes restreints de 4 ou 5, en commun sur les
projets de chacun, ainsi l’expérience de chacun peut enrichir les autres. Cette session de
7 jours permet de mettre au point une liste des choses à corriger ou des axes à explorer.
Durant les trois mois suivants, les participants bénéficient d’un tutorat en ligne, pour
suivre leurs progrès. A la fin de la formation, les participants ont un rendez-vous
individuel avec le tuteur qui les a suivi, afin de faire le point sur l’évolution du projet.
En théorie, cette formation est ouverte aux auteurs, aux réalisateurs et aux producteurs,
mais nous préférons cependant avoir affaire à une équipe complète de production, ce qui
rend le projet plus solide, il est toujours préférable de travailler de concert à ce moment
du développement. Elle est ouverte à tous types de documentaires de création : il doit
être un long métrage, avoir un potentiel international, et être destiné au cinéma ou à la
télévision. Quand on parle de potentiel international, il n’est pas indispensable que le
thème soit l’Europe, bien sûr, mais il faut que le traitement du sujet soit universel.
Au cours des sessions sont abordés plusieurs thèmes : la recherche avant le tournage, la
structuration, l’approche cinématographique, le plan de financement, etc.
Cette formation coûte 1.900 €. Les deux sessions de 2005 auront lieu en avril à Budapest
(la deadline pour l’application est fixée au 1er décembre), et en juin en Finlande.

Eurodoc
Les participants accompagnent ici aussi un projet. Il s’agit d’une action française créée en
1997, destinées exclusivement aux producteurs de documentaires. Elle accueille 30
producteurs par an, et se compose de deux ateliers de 6 jours, et d’une session finale de
4 jours, durant laquelle les projets sont présentés à des responsables européens de
chaînes de télévision.
L’Atelier 1 traite les phases suivantes : développement de l’histoire, analyse
scénaristique, définition du public cible, analyse du positionnement horaire sur une grille
de programme télévisé. Il convoque les producteurs et les scénaristes.
L’Atelier 2 traite de la commercialisation, du financement et des aspects juridiques. Il
convoque seulement les producteurs.
L’Atelier 3 propose une sorte de marché où les chaînes de TV peuvent mettre une option
ou proposer une coproduction. La formation Eurodoc a une excellente réputation, et les
responsables des TV sont très enthousiastes.
Il s’agit de l’action de formation MEDIA qui a le taux de « réussite » le plus élevé. 40%
des projets soutenus ont été produits, ce qui est énorme.
Cette formation coûte 2.000€. Ces ateliers sont itinérants, et se déroulent
systématiquement dans des pays différents. Ceci permet aux producteurs de se créer un
réel réseau professionnel, ce qui est crucial pour leur activité.

Discovery Campus
Cette formation s’intéresse au développement de documentaire à audience internationale
et grand public. Elle est financée en partie par les chaînes européennes de télévision
« Discovery ». Elle est basée en Allemagne. Elle se compose de 4 ateliers, s’échelonnant
sur 10 mois. Elle regroupe 15 participants, chacun suivi par 2 tuteurs. Les 4 sessions se
divisent comme suit : écriture et narration ; coproduction internationale et financement ;
distribution et marketing ; formation au pitching.
Elle est ouverte à tous types de documentaires, qu’il s’agisse de documentaires
animaliers, de découvertes, d’histoire, des portraits, etc.
Les participants ont également l’occasion de faire un stage en entreprise dans de grandes
compagnies de production et de distribution. Cela leur permet de voir comment
fonctionne le marché de l’intérieur, et de se rendre au MIP Com, au Sunny Side of the
Docs, etc.
Cette formation est prise en charge par les organisateurs et les sponsors, les participants
doivent se loger et payer leur déplacement.
Pour les participants qui ne peuvent assister aux 10 mois de formation la structure
propose des sessions ouvertes.
www.discovery-campus.de
EsoDoc
Cette formation est située en Italie. Elle aborde le développement de projet sous un
angle spécifique, puisqu’elle privilégie les documentaires au contenu social, humanitaire
ou environnemental. Elle travaille en collaboration avec des ONG, et certaines agences de
l’ONU. En effet, il a été constaté que beaucoup de documentaires sont produits par ce
biais, et qu’ils connaissent de plus en plus une exploitation commerciale. Cette action est
très récente, puisqu’elle n’est soutenue que depuis 2 ans. Elle se divise en trois ateliers,
et une consultance continue. Elle regroupe 22 participants.
On coût est de 1.000€.
www.esodoc.com

EAVE
Cette formation n’est pas spécifiquement axée sur le documentaire. Elle est née en
Belgique, et est soutenue notamment par la Communauté française de Belgique. Il s’agit
d’une formation intensive en développement de projets. C’est elle qui a initié le système
des modules progressifs répartis sur plusieurs mois : Développement ; Packaging et
financement ; Financement, distribution, et introduction au marché.
Elle rassemble une cinquantaine de participants, qui ont un projet, ou qui sont
simplement observateurs.
Le coût est de 2.500€ pour les participants qui accompagnent un projet, et de 1.500€
pour ceux qui sont observateurs.
www.eave.org

Corinne Mimran
Je vais vous présenter le programme de soutien au développement à l’industrie
audiovisuelle européenne. Je voudrais tout d’abord insister sur la nécessité de présenter
un dossier de qualité au niveau de sa rédaction, car outre leurs qualités intrinsèques, les
projets sont également jugés sur la capacité des porteurs de projet à respecter les règles
administratives imposées.

Soutiens existants
Il s’agit uniquement de soutiens au développement, ce qui englobe l’acquisition des
droits, les recherches, l’écriture, la recherche de technicien, le montage financier, la
recherche de partenaires. Les coûts de production ne sont pas éligibles. Ces soutiens
s’adressent aux documentaires de création. Par documentaires de création, nous
entendons des documentaires qui proposent un réel point de vue d’auteur, et un vrai
travail d’écriture. Cette notion exclut les reportages, les magazines d’information, la télé
réalité, les talks shows, ainsi que les documentaires animaliers depuis peu. Il faut que le
documentaire dure au moins 25mn. S’il s’agit d’une série, chaque épisode doit durer au
moins 25mn.
    - Soutien MEDIA Nouveaux Talents : cette aide est liée aux actions de formation,
        elles s’adressent en priorité aux projets qui ont suivi une formation MEDIA durant
        les deux dernières années. Il s’adresse aux jeunes sociétés. L’appel à
        candidatures sera clôturé le 15 février prochain.
    - Soutien au développement de projets individuels. Ce soutien s’adresse à des
        sociétés ayant déjà une certaine stabilité financière. Les montants vont de 10.000
        à 30.000€, c’est-à-dire 50% maximum du budget de développement. Pour
       postuler, il faut être une société (un auteur seul ne peut postuler), être établi
       dans un pays de l’UE, et détenue par des actionnaires originaires de pays de l’UE.
       La société doit exister depuis au moins 1 an, et avoir produit dans les deux ans un
       documentaire de création (min. 25mn), une fiction (min. 50mn) ou deux courts
       métrages (min 5mn chacun). Il faut avoir été coproducteur majoritaire sur ces
       productions, sauf s’il s’agit d’une fiction, où il faut être coproducteur à au moins
       30%. Par ailleurs, la production doit être achevée (c’est-à-dire que la copie zéro
       doit être prête). Si la société n’a rien produit car elle est trop jeune, elle peut se
       prévaloir de l’expérience de l’un de ses producteurs. Elle doit détenir au moins
       50% des droits d’auteurs.
   -   Soutien au catalogue, ou Slate Funding : ce soutien est adressée aux sociétés
       ayant une bonne assise financière, et présentant entre 3 et 6 projets de
       documentaires. Les montants accordés vont de 60.000 à 90.000€. Les critères ont
       les mêmes que pour les projets individuels, sauf que la société doit exister depuis
       au moins 3 ans, que l’œuvre de référence doit avoir été distribuée, en plus d’être
       produite, et la société doit impérativement être coproducteur majoritaire, même
       pour une fiction.

Conseils pour présenter son dossier
Les aspects administratifs du dossier sont essentiels. S’il y a une pièce manquante, le
dossier est automatiquement refusé. Il faut par exemple faire attention à ce que la
preuve concernant les droits d’auteurs, ou la bonne production de l’œuvre de référence
soit fournie.
Par ailleurs, il ne faut pas se tromper de soutien, et se tourner vers les nouveaux talents
par exemple s’il l’on n’est pas très sûr de pouvoir accéder au soutien au projet individuel,
quitte à toucher moins d’argent. Les budgets sont limités, et les candidats très
nombreux, la sélection est donc drastique.
Il faut également bien construire ses stratégies, et veiller à la cohérence entre le budget
de développement, son calendrier, etc. Il faut apporter des preuves concernant le plan de
financement, que celui-ci soit crédible, et montrer comment les 50% non pris en charge
par MEDIA vont être financés (accords de coproduction, aides nationales, etc.)
Les coproductions étrangères représentent un avantage certain, de même que l’ambition
de conquérir des marchés étrangers. Les lettres d’intérêt sont également les bienvenues.
N’hésitez pas non plus à demander de l’aide auprès des Mediadesks, ou auprès du
Bureau d’assistance technique.
www.cfwb.be/mediadesk

Aurélien Bodinaux, Néon Rouge Productions
J’ai pu participé à Eurodoc, et reçu le soutien au développement Nouveaux Talents pour
notre prochain projet, Stolen Art. J’ai également participé dans le passé à la formation
EAVE.
Notre projet est ambitieux, à la fois par la taille, et par la problématique. Il s’agit d’une
réflexion sur le faux et sur le vol, s’étendant dans les différentes strates du marché
international de l’art. Nous avions envie d’avoir l’avis, les conseils d’autres
professionnels. Les formations MEDIA sont des expériences très positives, qui permettent
de confronter ses idées et ses points de vue aussi bien au niveau des thématiques que de
la production. On a l’occasion de rencontrer des professionnels chevronnés, qui plus est
venant de nombreux pays. Par ailleurs, cela permet aussi d’observer d’autres projets, et
de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas.
Mais ce qui est essentiel, c’est que ces formations permettent de se créer un réseau
international, ce qui est d’autant plus important aujourd’hui quand on sait à quel point il
est difficile de subsister et de trouver tous les moyens dans son pays d’origine. Ces
formations permettent d’identifier des partenaires potentiels, mais aussi d’être visibles
auprès des autres et auprès des institutions, et cela de façon internationale. Aujourd’hui,
j’ai des amis producteurs dans tous les pays d’Europe, et des contacts dans toutes les
télévisions européennes.
Nous avons également reçu un soutien au développement, ce qui nous a permis
d’engager une réflexion profonde, plutôt que de se précipiter dans le tournage. Il existe
également pour nous des possibilités en Communauté française de Belgique, mais cela
représente moins d’argent.
Cependant, les formations sont un poids lourd pour une société, à la fois en temps et en
argent. Remplir le dossier demande deux grosses semaines de travail, il faut donc que
cela en vaille la peine. L’autre problème, c’est qu’il s’agit d’un processus très long, les
résultats sont donnés 6 mois après. Si le tournage est prévu pour bientôt, ou si on a
besoin de rentrées financières imminentes, il ne faut pas s’en remettre à MEDIA. Cette
aide permet de prendre le temps, de faire un travail plus en profondeur, plus calmement,
du temps pour penser, pour reconcevoir.
Par ailleurs, les formations coûtent en tout 5 à 6.000€. Il y a bien des possibilités de
remboursement auprès de la Communauté française de Belgique et peut-être auprès des
régions (de type « aide à la consultance »), mais c’est quand même assez cher à
débourser sur le moment. Finalement, cela nous a quand même rapporté 20.000 €, et un
réseau solide. A long terme, c’est une stratégie presque indispensable.

Propos recueillis par Aurore Engelen Loosen