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FOAD et intégration des TICs Le cas des enseignants camerouna

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FOAD et intégration des TICs Le cas des enseignants camerouna Powered By Docstoc
					FOAD et intégration des TICs: Le cas des
enseignants                  camerounais                      en        formation
continue.


Marcelline Djeumeni Tchamabe.
Laboratoire EDA,
Université René DESCARTES
45 rue des Saints-pères-75270 Paris cedex, France
marcelline.djeumenitchamabe@yahoo.fr


RESUME       : Les enseignants en Afrique se tournent de plus en plus vers les FOAD pour
assurer leur formation continue dans le but d’une action d’adaptation ou de mobilité
professionnelle. Au cours de ces formations, ces apprenants adultes en contexte d’innovation
adoptent plusieurs postures. Cette étude exploratoire en se basant sur la typologie des
utilisations des TIC en éducation, s’intéresse aux usages des TIC qu’ont les enseignants en
formation continue au Cameroun et les facteurs favorables pour l’inscription durable de ces
pratiques dans leur professionnalité. Les participants ont des usages personnels,
pédagogiques, professionnels des TIC et d’autres usages. De leurs avis, les principaux
écueils à l’usage durable des TIC sont internes (liés à l’apprentissage ou à l’enseignement en
FOAD), d’une part et externes (liés au contexte sociétal en général) d’autre part.
MOTS-CLES : FOAD, Intégration des TICs, Formation professionnelle et continue.
2    CEMAFORAD 4, Strasbourg 2008




1. Introduction


    Pour combler l'abîme qui sépare la société de l’école, depuis quelques années, les
principes d'efficacité et d'efficience qui gouvernent le monde moderne ont des
répercutions sur les professions et particulièrement l’enseignement. Cette dernière,
cette décennie est traversée par des reformes de toutes part, pour l'adapter aux
exigences d'un nouvel environnement social, politique économique et aussi
financier. L'école par sa fonction sociale essaie de s'ajuster pour épouser les formes
d'une société moderne, globale et compétitive. Avec des TIC, plusieurs professions
dans le monde, dans cette volonté de modernité intègrent les TIC. Les TIC sont au
coeur des processus d’apprentissage (Depover, Karsenti et Komis, 2007), avec les
TIC, les principes de l'approche pédagogique behavioriste ou comportementaliste de
l'éducation hérité du taylorisme et de son organisation fragmenté du travail, est
aujourd'hui contesté et remplacé par une approche constructiviste qui a des
implications sur l'organisation pédagogique et la profession enseignante. Toutefois,
cette innovation comme toute innovation ne va pas de soi. S’agissant de l’ordinateur
et d’Internet qui sont les principaux vecteurs des TIC, une préoccupation centrale
demeure, à savoir: quels usages fait-on de ces technologies? Les TIC et les FOAD
en Afrique, ont de nombreux enjeux. Au total, au Cameroun tout comme en Afrique
en général, la FOAD grâce à l’essor des TIC contribuerait à éliminer un certain
nombre de contraintes et de barrières auxquelles la plupart des pays sont confrontés :
le manque d’enseignants qualifiés, l’insuffisance des locaux et de places,
l’isolement, le coût prohibitif des formations, l’inadéquation de la formation par
rapport au marché de l’emploi, les méthodologies inadaptées au regard du nombre
d’apprenants à former, les recyclages quasi inexistants, etc…Mais, Les TIC sont une
innovation en Afrique et les enseignants en formation continue semblent de plus en
plus adopter la FOAD. C’est pourquoi nous nous sommes intéressée dans cette
article à la question de la FOAD et de l’intégration des TIC chez les enseignants en
formation continue, dans le but d’analyser le type d’usage des TIC qu’ils ont et les
facteurs de durabilité de l’intégration de ces usages dans leur pratique
professionnelle.


    2. Contexte et question de recherche
    2.1 Situation du Cameroun
    Le Cameroun, pays de l’Afrique Centrale avec une superficie de 475442 km2 a
une population estimée à plus de 16 millions d’habitants (Tchombe, 2006; World
Bank, 2006. Le Cameroun est considéré comme un pays de grande diversité qui lui
vaut l’appellation «d’Afrique en miniature» ou encore de «toute l’Afrique dans un
pays»en raison de sa position géographique médiane dans le continent africain et de
la conjonction harmonieuse d’une diversité de ressources. Cette pluralité est à la fois
géographique et écologique (plusieurs types de climat, de paysage, de relief, de
végétation, etc.), ethnique et culturelle (279 ethnies et une mosaïque d’environ 250
dialectes), et religieuse (christianisme, islam, animisme etc...)




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    En Afrique en général et au Cameroun en particulier, les ressources allouées à
l'éducation proviennent de l’Etat, à travers les crédits alloués aux différents
ministères en charge de l’Education 1) éducation de Base (MINEBUB) 2)
Enseignement Secondaire et Professionnelle (MINESEC); 3)Enseignement
Supérieure (MINESUP), des ménages à travers le paiement des frais d’école ; des
associations de parents d’élèves (APE) qui assurent généralement : l’achat des
équipements spécialisés (mobiliers, tableaux,ordinateur), la réfection des bâtiments
la construction des salles de classes, des blocs des latrines, des points d’eau, des
laboratoires, le paiement des salaires des enseignants vacataires; du secteur privé;
des partenaires bilatéraux et multilatéraux. Unesco (2000)
    La formation s’avère insuffisante aussi bien qualitativement que
quantitativement des défis de formation que doivent relever les systèmes éducatifs
africains : «…dans bien des pays d’Afrique, écrit (Unesco, 2007), tous les enfants
n’ont pas la chance de pénétrer dans une salle de classe ou d’acquérir les
compétences de base en matière de lecture, d’écriture et de calcul, tout simplement
par manque d’enseignants. La pénurie croissante d’enseignants constitue le
principal obstacle à la réalisation de ces objectifs. Mais le problème n’est pas
seulement d’ordre quantitatif. La qualité des enseignants et de l’enseignement est
tout aussi essentielle à la réussite de l’apprentissage. Le système éducatif doit donc
attirer et fidéliser un personnel enseignant bien formé, motivé, performant et
composé à égalité de femmes et d’hommes ; il doit épauler les enseignants en classe,
et tout au long de leur carrière. La dévalorisation des enseignants, la faiblesse de
leurs rémunérations, la médiocrité des conditions d’enseignement et d’apprentissage
et le manque d’évolution de carrière ou de formation professionnelle adéquate sont
autant de causes de mécontentement, qui ont conduit nombre d’entre eux à quitter la
profession, parfois après seulement quelques années de service»


   2.2 FOAD et formation continue en Afrique
   Dernier arrivé dans le paysage médiatique camerounais (c’est en avril 1997 que
le Cameroun a été connecté au Réseau des réseaux), Internet s’y est implanté
d’abord modestement, puis rapidement, en affichant une croissance exponentielle.
Des 60 000 utilisateurs d’Internet recensés au Cameroun de 2002 à 2004, le ratio
d’utilisation d’Internet par les enseignants était d’un pour cent (Unicef, 2005).
    Grâce aux «cybercentres», aux «cybercafés», aux «centres de calcul», aux
«campus numériques» et «les CAI» (centre d’accès à Internet) dont le nombre
augmente sans cesse dans les grandes villes, les FOAD ont été rendues possibles en
Afrique. On évalue déjà à plus de 167 000 le nombre d’utilisateurs des TIC au
Cameroun (World fact book, 2007). Mais, le taux de pénétration d’Internet (1,4%)
comparativement à ceux du Maroc (15,1%) et de l’Afrique du Sud (10,3%) reste
faible (Internet World Stat, 2007). Les enseignants du primaire seraient les moins
utilisateurs d’Internet au Cameroun Djeumeni (2006).
   Le Cameroun figure malgré cet effort d’intégration, parmi les pays les moins
avancés dans l’intégration pédagogique des TIC à cause de l’insuffisance et le
défaut d’infrastructures qui rendent la logistique presque inopérante (Intsiful,
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Okyere et Osae, 2003). Selon le Comité consultatif pour l’apprentissage en ligne
«l’apprentissage en ligne peut être défini par ce qui se produit quand l’enseignement
et la formation sont offerts et appuyés par des réseaux comme Internet ou des
Intranet». En FOAD, l’utilisation des TICs dans la pédagogie suppose leur usage
approprié en contexte d'apprentissage. Comment sont donc utilisées les TIC par les
enseignants ? Ces technologies permettraient-elles à tous les enseignants
d’actualiser au mieux leurs connaissances au quotidien. Les TIC sont-elles utilisées
à des fins professionnelles? Comment les employeurs perçoivent-ils l’utilisation
professionnelle que font les enseignants en formation continue des TIC ? Ces
questions et bien d’autres appellent justement une multitude d’opinions de la part
des acteurs des FOAD.


    2.3 Question de la recherche :
   Quels sont les principaux types d’usage des TIC et les facteurs favorisant la
durabilité de l’intégration pédagogique des TIC dans les pratiques professionnelles
des enseignants en formation continue?


    3- méthodologique
    Cet article tente d’apporter des réponses à cette question. Plus spécifiquement, il
vise deux objectifs: tracer un profil des différents usages des TIC par les enseignants
en formation continue, et identifier les facteurs importants qui contribuent à la
durabilité de l’intégration pédagogique des TIC dans le contexte spécifique de quatre
FOAD francophone proposée par l' AUF. C’est une recherche qui s’est déroulée
pendant trois ans au sein du campus numérique francophone de Yaoundé.
    3.1 Présentation de l’AUF
    L’ AUF ou l’Agence Universitaire de la Francophonie http://www.auf.org
compte en Afrique plusieurs bureaux dont celui de l’ Afrique Centrale. Ouvert en
Octobre 1995 à Yaoundé au Cameroun, il couvre toute la région de l’Afrique
centrale et les régions des grands lacs. A travers son programme de formation à
distance, plusieurs étudiants au Cameroun se forment en initiale ou en continue. Et
d’années en années le nombre de demandeurs en formation (1) est toujours en nette
croissance. Le campus numérique de Yaoundé quant à lui, compte plusieurs salles
de formation et d'auto formation disposant de ressources multimédias: Une
infothèque disposant des ressources scientifique et technique pour les étudiants, les
enseignants et les chercheurs; des formations presentielles aux TIC et aux NTE; des
formations à distances… Nous n’avons retenus pour cette recherche que les
enseignants en formation continue à distance et 13 répondent à ce critère. Nous les
avons recrutés dans les filières telles que, Mardif; Uticef ; Icf; Licence Education
Et Promotion De La Santé.




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    Formation              Niveau    de       Sélection des candidats        Durée      et                   N
                           recrutement                                   déroulement de la   Certification
                                                                         formation

    Licence                   Bac+2            Professionnel        en        D’un à 2 ans       Licence     2
éducation et pro                          formation continue à partir    selon le rythme
                                          de l’appel d’offre lancé par   de l’étudiant
    motion    de      la
                                          l’AUF
santé

     Utilisation des          Bac+4           Idem                           1ans            Master      2   4
TICs             pour                                                                        professionnel
l’enseignement et la
formation (UTICEF)

     Master                   Bac+4           Idem                           2ans                Master 2    3
recherche en sciences                                                                        recherche
de        l’éducation
(MARDIF)

    Master                    Bac+4           Idem                           10 mois             Master2     4
ingénierie et conseil                                                                        professionnel
en formation (ICF)



   Figure1.Description de ces 4 formations et échantillon
        3.2 Échantillon et instruments de recherche
       Cette étude de cas est basée sur des généralisations analytiques qui s’opposent
   aux généralisations statistiques (c’est-à-dire la théorie est utilisée comme approche
   pour généraliser les résultats) Baron (2005). Dans les études de Cas, comme le
   soulignent Rousseau et Saillant (1996): «un échantillon de grande taille est à
   éviter…, car il génère une masse de données encombrante, difficile à analyser». La
   validité externe de cette étude est donc obtenue par une description des cas et une
   analyse transversale des cas considérés
        C’est ainsi que pour cette étude, 13 enseignants ont participé à cette enquête.
   Deux responsables : un du Campus numérique francophone de Yaoundé et un
   responsable d'établissement, chef d'un établissement où exerce l'un des participants
   à l'enquête. Au total nous avons travaillé avec un effectif de 15 répondants.
       En plus, l’étude multi-cas demande habituellement la mobilisation de ressources
   variées, d’où l'intérêt de tout cumuler et l’importance de prendre en compte
   plusieurs points de vue (administration, responsables et enseignants de niveaux
   différents pour comprendre les expériences des participants avec les FOAD) ; et
   plusieurs outils en vue d’une complémentarité des données. D’où différents
   instruments et méthodes ont été combinés. La collecte a été effectuée notamment à
   partir de témoignages des individus obtenus par des entrevues semi structurées, par
   les journaux de bord, par l’analyse de documents pertinents. Dans cette étude, des
   éléments de signification de l’expérience des enseignants face à un apprentissage
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instrumenté par les TIC sont collectées, décrits et interprétés en nous référant au
modèle mixte proposé par l’Écuyer (1990). Cette analyse a permis d’appréhender
leurs opinions. De celles-ci, relativement à la typologie des usages des TIC en
formation presentielle et ouverte et à distance ; 29 typologies des usages des TIC
en éducation proposées par divers auteurs depuis 1980 et présentées en majorité en
langue anglaise (Basque et Lundgren-Cayrol, 2002), se dégagent clairement les
types d’usages et potentiellement très nombreux des TIC dans les FOAD au
Cameroun. Cette typologie se distingue quelques peu des nombreuses typologies
reconnues quelquefois d’utopiques, et, basées sur des descriptions d’usages
éducatifs des TIC généralement proposées hors contexte, et fondées sur des
classifications de logiciel (Charlier, Daele et Deschryver, 2002).




    4-Présentation des résultats et discussion
   Les résultats des différents usages se présentent sous deux principales
taxonomies: 1) les usages pédagogiques des TIC en FOAD et 2) les autres usages
des TIC. Les obstacles susceptibles d’entraver la durabilité de l’intégration des TIC
sont présentés par la suite.
    4.1 Usages pédagogiques des TIC par les enseignants en FOAD
    Les usages pédagogiques renvoient aux activités directement liées aux activités
d'apprentissages. Ils correspondent à l’utilisation pédagogique dans le modèle à
quatre stades de Raby (2005) qui comprend: la sensibilisation, l’utilisation
personnelle, l’utilisation professionnelle et l’utilisation pédagogique.
    Il s’agit en Foad de l’utilisation de la plate forme d’enseignement ou du campus
virtuel de façon pédagogique. Ce stade d’utilisation des TIC semble complexe, mais
différents types d’usage sont possibles. Les opinions fort diversifiées des
responsables et des enseignants le confirment et démontrent que les TIC en contexte
de formation à distance sont des ressources indispensables pour l’éducation et
l’apprentissage des enseignants. Les responsables voient les TIC et l’Internet
principalement à la fois comme outil d’accessibilité à la formation et une
bibliothèque accessible en un «temps record» ou comme un livre électronique
livrant une information de première main pour réaliser les travaux et les recherches.
    Ils pensent qu’Internet est un outil précieux pour favoriser les échanges inter
étudiants, entre étudiants et tuteurs entre étudiants et administrations. A cet égard, un
responsable déclare«Le Centre d’accès à information au Cameroun se veut beaucoup
plus un lieu de formation, une banque de ressources éducatives pour les apprenants.
Il contribue à la formation non seulement dans le domaine de l’initiation à
l’informatique, mais également dans beaucoup d’autres domaines, j’entends le droit
,le commerce, les sciences physiques, la littérature, ainsi de suite, donc formation
dans tous les domaines. Il se veut également une banque de ressources pédagogiques
pour les enseignants qui viennent y puiser des informations pour améliorer leurs
compétences. Ils l’utilisent également à peu près comme des lieux de rencontre lors
des regroupements dans le cas des formations hybrides ou des conférences en




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presentielles et à distance. Donc, c’est ça en bref, les objectifs des Campus
numérique en général au Cameroun » (document Res1, paragraphe4).
    Les déclarations des enseignants confirment d’ailleurs ces propos. L’un d’eux
affirme: «Les TIC sont utiles pour nous d’abord en tant que apprenant à distance,
ma formation se déroule entièrement à distance, nous sommes obligés de travailler
avec ces outils pour apprendre, pour communiquer entre étudiants avec nos
encadreurs et pour être évalué. Et en tant qu’enseignant, Internet particulièrement
nous donne des ressources en ce qui concerne notre discipline» (document Ens2,
paragraphe11). Dans le même sens, son collègue ajoute:
    «Les TIC me sont très utiles dans ma formation personnelle, dans le travail de
mes séminaires et de mes cours et parce que je ne dois pas évoluer en vase clos. De
temps en temps, j’ai recours aux expériences des collègues des autres pays pour
pouvoir améliorer mes productions. Il arrive fréquemment que les activités soient
travaillées en binôme; dans ces cas, nous utilisons beaucoup le forum et l’agora de
notre formation pour nous concerter». (Document Ens1paragraphe 3) « Bien que les
ordinateurs ne soient pas disponibles en quantité suffisante dans les campus
numérique pour les apprenants, et que les problèmes de connections et de
fluctuations de réseau soient fréquentes, nous arrivons à avoir des visioconférences
avec les universités partenaires déclare un responsable du campus numérique
francophone. (Document Resp1paragraphe6) par ailleurs, il affirme que le courrier
électronique est l’un des outils les plus régulièrement utilisés par les responsables
des campus numériques pour communiquer avec les apprenants. «On le sait, les
enseignants qui ont parfois des exposés que leurs encadreurs leur donnent, viennent
au centre, ils arrivent à faire des recherches pour leurs mémoires. Ils ont parfois des
rapports de mission à rédiger, ils naviguent sur le Net» (Document Resp4,
paragraphe 24).
     Selon les déclarations des responsables, légion sont les enseignants qui
arrivent dans les formations à distance avec parfois peu de connaissance en
recherche et en Internet « d’ailleurs ils n’ont pas postulés à la formation eux-mêmes
et des logiciels libres (il faut le dire nous avons depuis quelques années basculés en
logiciel libre), grâce à la formation que nous organisons en début de formation, ils
parviennent à la maîtriser du clavier et de l’ordinateur et nous avons en fin de
formation, des résultats de l’ordre des 90% comme le souligne un responsable.
(Document Resp1, paragraphe 18). La plupart des enseignants affirment avoir eu
recours au concours technique du responsable technique du Campus numérique
pour accéder à sa formation et plus régulièrement de l’aide des autres étudiants pour
les questions techniques et méthodologiques
    Par rapport à la différenciation entre les enseignantes féminines et les masculins,
les réactions des chefs d’établissement tout comme celles des enseignants sont à
des proportions quasi égales. À ce propos, un responsable commente: «La formation
à distance nécessite de l’engagement, beaucoup de travail et on y investit beaucoup
d’argent, le désir de réussir est le même chez les femmes que chez les hommes»
(document Resp3 paragraphe 12). Les émails et la messagerie instantanée sont
utilisés pour communiquer à travers le monde entier à peu de frais. Un responsable
explique:«nous utilisons le courrier électronique parce qu’il nous permet d’avoir les
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traces des échanges que nous avons avec nos étudiants. Nous gérons beaucoup
d’étudiants et il est essentiel de savoir toujours où l’on en est avec chacun pour
rappeler les dates des examens, les évènements et les tâches que nos partenaires les
universités nous délèguent comme la passation des épreuves et la publication des
résultats». La proportion des enseignants qui ont des usages professionnels des TIC
varie également selon les Foad, les utilisations personnelles et les disciplines
enseignées. Le taux d’utilisation des TIC serait plus élevés chez les enseignants en
UTICEF que chez les autres et les enseignants de la licence Santé serait les moins
utilisateurs professionnels des TIC
   Les enseignants utilisent les TIC pour sortir de l’isolement professionnel et pour
communiquer avec les autres enseignants à travers le monde « nous échangeons
avec nos collègues à travers le monde et nous en tirons le plus grand bien ».
    Bien plus les TIC sont utilisées par les enseignants pour l’adaptabilité
professionnelle. Les Tics sont une vaste bibliothèque pour la préparation et
l’adaptation des cours au nouveau contexte social Le Boterf (1999) ; et comme des
moyens salutaires de développement professionnels pour l’ensemble des principaux
acteurs de la formation à distance qui en disposent de différentes façons pour: des
tâches de maintenance informatique, d’administration de réseau, de gestion et du
fonctionnement des salles informatiques des établissements scolaires , le
téléchargement des cours et la recherche des informations sur Internet pour
compléter les cours, préparer les examens, la gestion des dossiers et des bulletins de
notes des élèves… . Un responsable d’institutions où travaille l’un des enseignants
en Foad à reconnu que les enseignants en Foad sont ceux qui utilisent le plus
l’ordinateur et Internet pour préparer leurs cours et ceux-là aussi qui incitent et
orientent plus les élèves à aller chercher des informations sur des sites de ressources
pédagogiques et viennent en aide à leurs pairs au sein de l’établissement pour les
travaux numériques.


    4.2 Les autres usages des TIC
    Outre les usages strictement pour l’apprentissage, les TIC sont aussi associées à
diverses activités au sein des campus numériques. Elles sont utilisées pour satisfaire
de multiples besoins y compris des activités ayant un impact sur le bon
fonctionnement de la formation ou pouvant affecter le maintien, l’engagement ou le
désistement dans la formation. «Je suis arrivée dans cette formation en croyant que
j’y retrouverai les mêmes façon d’enseigner et d’apprendre que celles que nous
connaissons ici chez nous. J’ai vite déchanté face à la rupture avec les canons de
l’enseignement et de l’apprentissage. Seuls l’échange avec les pairs m’ont permis de
me retrouver, le président de l’Afoad m’a mis en contact avec les autres apprenants à
distance»déclare un enseignant (document, ENS6 paragraphe13)
    Plus que de simples outils pédagogiques, les TIC sont vues aussi comme des
composantes nécessaires d’un environnement approprié d’apprentissage et un espace
privilégié de sauvegarde des archives et dossiers importants des formations;
comme des usages privatifs et personnels utilisés en marge de la formation pour
satisfaire de multiples besoins financiers. Plus que les enseignants, les chefs de CNF




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et les employeurs perçoivent les retombées de ces usages. Il s’agit précisément des
usages pour le travail d’administration, de gestion et du fonctionnement des
associations.
   5. Les principaux facteurs qui entravent les usages des TIC
    Ces principales embûches se déclinent en facteurs internes (liés à l’apprentissage
ou à l’enseignement en FOAD, d’une part, et en facteurs externes (liés à la société
en général), d’autre part. Le besoin de formation des enseignants à l’utilisation
pédagogique des TIC a été présenté de façon spécifique. Des avis des répondants, les
principaux écueils à l’usage des TIC sont de nature diverse. Certains auteurs
(Shafika, Broekman et Mogale, 2005) ont aussi relevé une diversité d’obstacles liés
à l’intégration des TIC à l’école comme la faible connectivité, les modes
d'enseignement et d'apprentissage, les modes d'évaluation
   5.1 Les facteurs internes
    Le terme «intégration» se réfère à «l’action de faire interagir divers éléments en
vue d’en constituer un tout harmonieux et de niveau supérieur».Cette définition
permet de mettre en lumière l’importance de faire interagir harmonieusement les
TIC avec les autres composantes de la situation éducative pour que la résultante,
c’est-à-dire l’apprentissage et l’enseignement soient de meilleure qualité. Et comme,
de nombreuses disciplines ne seraient pas, ou seraient mal enseignées en Afrique du
fait de la pénurie d’enseignants, les TIC par l’intermédiaire de la FOAD, par son
mode de recyclage, de formation d’enseignants et d'acquisitions des savoirs et des
savoir-faire constitueraient une réponse à cette carence (Essono, 2003). La FOAD
contribuerait puissamment de ce fait, à l'égalité des chances entre tous les
apprenants, quel que soit le lieu géographique où ils étudient et, à l’ouverture des
apprenants africains au reste du monde
    Toutefois, et malgré ces avantages, en travaillant en réseau ou seul à
l’ordinateur, certaines personnes qui n’ont pas l’habitude d’apprendre de façon
autonome seraient tentées d’abandonner le programme à la moindre difficulté. Le
manque de tuteurs, d’accompagnateurs, l’insuffisance de ressources humaines et
matérielles pour assurer une meilleure formation des enseignants, l’absence de
compétences informationnelles et épistémologiques…sont des handicaps à
l’intégration pédagogique des TIC par les FOAD.
   5.2 Les facteurs externes
     En effet, avec le développement des TIC et des environnements d’apprentissage
intégrés qui facilitent l’organisation et la diffusion des cours sur Internet. Des
facteurs économiques et sociologiques sont apparus comme des facteurs limitant à
l'intégration des TIC par les enseignants. La FOAD serait particulièrement bénéfique
dans les milieux universitaires auprès des clientèles adultes en formation continue
(Karsenti, 2002). En outre, ce mode de formation permettrait d’éviter les contraintes
de la gestion étriquée des locaux, du manque de matériel didactique et d’enseignants
compétents (Butcher, 2004). D’ailleurs, la recherche présente l’avantage de
désynchroniser le temps des enseignants et celui des apprenants qui pourraient
communiquer selon leur disponibilité de façon asynchrone ou de façon synchrone.
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Or pour les enseignants camerounais en Foad, toutes ces conditions externes ne
seraient pas réunies pour faciliter leur apprentissage.
     6. Conclusions et perspectives
   Ce texte avait pour objectif de tracer un portrait des différents usages des TIC en
FOAD, et d’identifier les facteurs importants qui contribuent à l’intégration
pédagogique des TIC selon la perception des responsables et des enseignants dans le
contexte spécifique de quatre FOAD de l’AUF sur le site de Yaoundé au Cameroun.
Deux catégories principales ont été dégagées Dans le prolongement de cette étude,
nous avons proposée quelques pistes de réflexion qui pourraient orienter de futures
recherches sur l’intégration pédagogique des TIC par les FOAD notamment, nous
avons suggérée qu’une étude puisse s’intéresser aux apports culturels dans le
développement des normes en FOAD
Remerciements
   Nous tenons à remercier le laboratoire EDA, le professeur Georges- Louis Baron
pour leurs encouragements et l’Université du Courrier pour son soutien.
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