SAMIA KAROUI ZOUAOUI HAJER CHAKER BEN HADJ KACEM
1
L’encouragement à la création d’entreprise, la promotion de l’initiative et de l’innovation l’impulsion de l’investissement
constituent les axes essentiels de la politique économique de la Tunisie
Il est alors justifié de s’intéresser à l’entrepreneuriat en tant que thème de recherche et de tenter d’approfondir la compréhension de ce phénomène complexe
2
L’entrepreneuriat renvoie à des situations tellement hétérogènes qu’il est vain de se limiter à une seule définition (Laviolette et Loue, 2006): L’entrepreneuriat est un acte d’innovation qui entraîne l’augmentation de la capacité de production des richesses nouvelles par les ressources existantes (Drucker, 1985) L’entrepreneuriat est un acte d’innovation qui entraîne la production de la première marque sur le marché (Lachman, 1980). L’étude de l’entrepreneuriat passe par l’étude des facteurs clés de succès pour l’entrepreneur tels que les réseaux d’information et les conditions de l’environnement (Birley, 1990 ; Mc Clelland, 1961 ; Carland et al., 1984). L’entrepreneuriat est liée à la création d’une nouvelle organisation et l’entrepreneur est un fondateur d’une nouvelle affaire (Brockhaus, 1980 ; Mescon et Montanari, 1981 ; Gartner, 1989).
3
VENKATARAMAN a défini l’entrepreneuriat comme:
« l’approche académique de comment, par qui et avec quels effets les opportunités sont-elles découvertes, évaluées et exploitées pour créer des produits et services futurs ».
Et depuis une attention particulière a été accordée par les chercheurs en entrepreneuriat à l’étude des opportunités entrepreneuriales
4
L’entrepreneuriat
est l’examen approfondi de comment, par qui et avec quels résultats sont découvertes, évaluées et exploitées les opportunités de création de futurs biens et services (Shane et Venkataraman, 2000). L'entrepreneuriat est le processus de création de la valeur en combinant des ressources pour exploiter une opportunité (Stevenson et Jarillo-Mossi, 1986). L’entrepreneuriat est un processus de transformation d’opportunités en démarrage d’affaires (Verstraete et Saporta, 2006).
5
La reconnaissance de l’opportunité est considérée
par plusieurs auteurs comme un élément central et unique de l’entrepreneuriat (Christensen et al., 1994 ; Gaglio et Katz, 2000 ; Gartner et al., 2001, Kirzner, 1997 ; Shane et Venkataraman, 2000)
6
• Du moment où l’entrepreneuriat ne se produit qu’à la connexion entre un individu et une opportunité, Shane et Venkataraman (2000) ont suggéré que l’étude convenable de la reconnaissance d’opportunités passe par l’étude du processus cognitif de l’entrepreneur. • Shane et Venkataraman (2000) qui pensent que l’étude de l’entrepreneuriat doit apporter une réponse à la question centrale suivante : pourquoi certains individus reconnaissent des opportunités entrepreneuriales alors que d’autres ne le font pas ? • Shane et Venkataraman (2000) ajoutent que la réponse sur cette question s’articule sur deux questions : « (1) la possession d’informations antérieurs nécessaires pour identifier une opportunité et (2) les propriétés cognitives nécessaires pour l’évaluer ».
7
Problématique :
Quels sont les facteurs personnels qui stimulent la reconnaissance d’opportunités chez l’entrepreneur ?
8
Sur le plan théorique:
Apporter une contribution à la compréhension de la reconnaissance d’opportunités et par la même la compréhension de l’entrepreneuriat Sur le plan empirique: Permettra de développer l’esprit entrepreneurial auprès des jeunes Permettre à l’entrepreneur de reconnaître plus d’opportunités
9
Approche par les traits:
Hypothèse de base : examiner les caractéristiques personnelles de l’individu créateur Apport : a mis en évidence quelques traits de caractère récurrents pour les entrepreneurs qui ont réussi. Limites : elle n’a pas pu établir un profil type de l’entrepreneur et les résultats des recherches empiriques allant dans ce sens sont, dans l’ensemble, ambigus, voire même contradictoires et donc peu convaincants (Danjou, 2002). Ces études ne sont pas avérées efficaces à prévoir systématiquement le succès de l’entreprise (Ozgen, 2003).
10
Hypothèse de base : l’identification des
caractéristiques démographiques chez les entrepreneurs doit permettre de prédire le potentiel entrepreneurial d’une population. Apport: elle a permis de mieux comprendre pourquoi un individu entreprend. Limite : elle n’a pas permis de prédire l’acte entrepreneurial.
11
Sandberg (1986) et Sandberg et Hofer (1987) ont proposé trois implications possibles à ces limites: soit que les traits n’ont pas d’importance ; soit que les traits ne fonctionnent pas isolés à d’autres facteurs ou soit que ce sont les mauvais traits qui ont été testés dans ces études .
12
Revue des différentes théories économiques
13
L’école de Chicago dont le représentant est Frank Knight (1921). L’école austro-allemande dont le représentant est Schumpeter (1934). L’école autrichienne avec les travaux de Hayek (1945), Mises (1949) et Kirzner (1973, 1979).
14
• Hypothèse de base : Les entrepreneurs doivent être considérés comme des preneurs de risque calculé dans un environnement incertain (Knight, 1921). • Apports : Cette tradition soutient que l’entrepreneur est une personne qui a des qualifications et des compétences différentes des non-entrepreneurs et qui est prêt de mettre en jeu sa carrière et sa sécurité financière pour mettre en œuvre une idée. Knight considère que l’entrepreneur est quelqu’un qui a certaines capacités requises pour transformer les idées en produits marchands (King et Levine, 1993). • Limite: Elle n’explique pas comment l’entrepreneur arrive à transformer ces idées en opportunités d’affaires.
15
Hypothèse de base : Pour Schumpeter, la notion
d’innovation est centrale : il s’agit d’un entrepreneur héroïque qui place sa démarche au cœur de l’innovation (Truong, 2005). Le processus de destruction créatrice décrit par Schumpeter (1934) souligne l’importance de l’innovation qui constitue l’essence de l’entrepreneuriat. Apports : Cette perspective donne une idée sur l’importance de la recherche active d’information pour la découverte d’opportunités entrepreneuriales (Ozgen, 2003). Limite: Elle n’explique pas comment l’entrepreneur arrive à transformer ces informations en opportunités d’affaires.
16
Hypothèses de base :
Le marché ne peut pas rester à l’équilibre et l’information n’est pas
parfaite (Mises, 1949). Une opportunité entrepreneuriale est une imperfection du marché ou un déséquilibre économique qui peut être exploité en ramenant le marché à son état d’équilibre (Kirzner 1973, 1979).
Apports :
• L'entrepreneur est un découvreur d’opportunités qui est capable de percevoir et d'exploiter les opportunités de profit à chaque fois où le marché était en déséquilibre (Kirzner , 1973; 1979). • L’entrepreneur arrive à reconnaître des opportunité grâce à sa vigilance qui est la capacité d’identifier, sans recherche, des opportunités qui ont été négligées jusqu’ici (Kirzner , 1973) ou qui est un savoir sur la localisation des informations et sur comment les utiliser (Kirzner , 1979). • La manière dont les gens utilisent l’information qu’ils possèdent pour découvrir des opportunités est à l’origine des différences entre eux et non les caractéristiques et les traits des individus (Venkataraman, 1997).
17
Limites: Elle se contente d’une vision statique de la découverte d’opportunité qui décrit l’illumination de l’entrepreneur et néglige l’aspect construit du projet, lequel s’inscrit dans un processus de recherche (Chabaud et Ngijol, 2004). Or l’identification d’opportunité se fait en réalité à travers plusieurs étapes au cours du temps, plutôt qu’un seul moment d’illumination (Hills et Lumpkin (1997) Demsetz (1983) soutient que la vigilance était simplement un terme académique de la « chance ». Minniti (1990) reproche à Kirzner le fait qu’il n’a pas fourni une théorie de l’apprentissage entrepreneurial qui pourra expliquer comment les entrepreneurs apprennent pour devenir vigilants. Fiet, Piskounov et Gustavsson (2002) ont critiqué la théorie de la vigilance en soutenant que cette théorie n’offre aucune aide pratique à ceux qui aspirent devenir entrepreneurs sauf la prescription de demeurer vigilants ce qui est physiologiquement impossible et difficile à enseigner.
18
Les travaux récents sur la reconnaissance d’opportunités:
• une approche orientée plus cognitive a été présentée dans le domaine d'entrepreneuriat (Baron, 2004 ; Mitchell et al., 2004). • L’approche cognitive s’est concentrée sur la manière dont les gens pensent et traitent l'information (Baron et Markman, 1999) et a essayé d’apporter une réponse à la question pourquoi certains sont capables de découvrir et exploiter des opportunités entrepreneuriales particulières alors que d'autres ne peuvent pas? (Cools et Van Den Broeck, 2006). • Plusieurs travaux empiriques ont ainsi été entrepris en vue de déterminer quel(s) facteur(s) cognitifs stimulent la reconnaissance d’opportunités.
19
Les résultats trouvés sont les suivants :
Connaissances antérieures : Shepherd et Detienne (2001)
Shane (2000) Expérience : Timmons (1999) Réseau social : Hills, Lumpkin et singh (1997)
Singh, Hills, Hybell et Lumpkin (19991) Cognitive et comportemental Woo, Daellenbach et Nicholls-Nixon (1994) Hostager, Neill, Decker et Lorentz (1998) Forbes (1999) Rae (1999) Krueger(2000) McCline, Bhat et Baj (2000) Ucbasaran, Westhead et Wright (2001)
20
Les travaux récents sur la reconnaissance d’opportunités:
• Apport: offre une vérification empirique pour les travaux sur l’opportunité entrepreneuriale.
chacun des auteurs se concentre sur un facteur et approfondie l’étude sur ce facteur tout en négligeant d’autres facteurs importants et qui permettent de comprendre la reconnaissance d’opportunité
21
Bandura (1992) a noté que notre sens de la
compétence et notre croyance que nous pouvons exécuter un comportement de cible constituent une attitude puissante qui conduit la prise de décision humaine et il a ainsi introduit la notion d’auto-efficacité.
22
L’auto-efficacité : Est notre sens de la compétence, c’est-à-dire la croyance que nous pouvons faire quelque chose de spécifique (Bandura, 1997, 2001). Est la croyance d’un sujet en sa capacité d'accomplir efficacement certaines tâches (Chen et al., 1998 ; Markman et Baron, 2001) Est la conviction qu'a un individu d'être capable d'organiser et de réaliser les actions nécessaires à l'accomplissement d'une tâche (Bandura, 1997 cité par Karsenti et Larose, 2001).
23
Boyd et Vozikis (1994) ont proposé que l’auto-
efficacité joue un rôle important dans le développement des intentions et des actions entrepreneuriales puisque l'auto-efficacité entrepreneuriale tourne autour de la notion selon laquelle les entrepreneurs ont besoin de développer une perception de la confiance en soi dans leurs capacités entrepreneuriales avant qu'ils ne soient disposés à se lancer dans les affaires (Bandura, 1986). Krueger et Brazeal (1994) ont proposé que l'autoefficacité doive prévoir le potentiel entrepreneurial.
24
L'auto-efficacité est une variable cognitive cruciale
dans l'évaluation du comportement entrepreneurial (Levander et Racuia, 2001). L’auto-efficacité est fondamentale pour s’engager dans des activités entrepreneuriales (Markman et Baron, 2001).
On commence à parler de l’auto-efficacité entrepreneuriale
25
Une haute auto-efficacité est fortement corrélée avec des
activités entrepreneuriales (Markman et Baron, 2001). La perception de l’auto-efficacité est un antécédent conséquent de l’opportunité perçue (Krueger et Dickson, 1994). Les individus ayant un sentiment élevé d’auto-efficacité considèrent les situations comme des opportunités réalisables (Bandura, 2002). L'optimisme entrepreneurial est lié à la croyance en l’autoefficacité (Krueger et Dickson, 1994 ; Krueger et Brazeal, 1994). Les entrepreneurs comparés aux non entrepreneurs ont un fort sentiment de maîtrise de leur avenir (Brockhaus, 1982).
26
• Posséder un sentiment d’auto-efficacité favorise la reconnaissance d’opportunités chez l’entrepreneur.
27
La théorie des schèmes suggère que les individus
interprètent différemment le monde en fonction de la manière dont ils analysent et traitent la connaissance c’est-à-dire en fonction de leur encadrement cognitif qui représente des connaissances organisées concernant un concept donné ou un type de stimulus (Fiske et Taylor, 1984).
28
Le schème est une structure cognitive qui se rapporte aux cadres
mentaux qui permettent à des individus de percevoir des connexions entre les événements et la connaissance (Baron, 2003). Les schèmes sont des structures mentales se concentrant autour d'un thème spécifique qui nous aide à organiser une information (Baron, 2003b). Le schème est une structure cognitive qui représente une connaissance organisée concernant un concept donné ou un type de stimulus (Fiske et Taylor, 1984). Les schèmes se réfèrent au traitement d’informations et au processus de réflexion et aux choix basés sur les informations réunies et stockées dans la mémoire (Levander et Racuia, 2001). Les schèmes comprennent la capacité d’acquérir, de classer et de coordonner les informations (Levander et Racuia, 2001).
29
Les connaissances antérieures
Les schèmes
Education Formation
Expérience Professionnelle
30
La théorie des schèmes met l’accent sur l’importance de
l’information antérieure dans le traitement de la nouvelle information (Baron, 2003b) puisqu’il a été trouvé que les individus se rappellent des informations nouvelles qui se rapportent avec leurs schèmes existants (Hastie et Kumar, 1997). Les entrepreneurs découvrent des opportunités liées à l’information qu’ils détiennent déjà car la connaissance antérieure déclenche l'identification de la valeur de la nouvelle information (Shane, 2000). La connaissance idiosyncratique antérieure de chaque individu lui permet d'identifier certaines opportunités, mais pas d'autres (Ronstadt, 1988 ; Venkataraman, 1997). L’expérience professionnelle et la formation peuvent influencer la capacité de l’entrepreneur de comprendre et d’interpréter la nouvelle information (Shane, 2000).
31
• Avoir des schèmes développés favorise la reconnaissance d’opportunités chez l’entrepreneur.
32
Schumpeter (1935) a introduit la notion de
«créativité» dans l’étude de l’entrepreneuriat en parlant de la « destruction créatrice ». Il pense que les opportunités résultent par définition d’une « destruction créatrice », à l’émergence de quelque chose de nouveau.
33
• L’opportunité peut être créée à partir de presque rien : L’individu est considéré comme la source de l’opportunité et celle-ci se situe dans son esprit et prend forme dans son action (Shackle, 1961). • Pas d’entrepreneuriat sans créativité (Brazeal et Herbet, 1999). • La « perspicacité créative » est l’essence même de l’entrepreneuriat (Vesper, 1980). • La créativité joue un rôle important dans la reconnaissance d’opportunités (Hills et al., 1997 ; De Tienne et Chandler, 2004 ; Daval, 1999).
34
• La créativité favorise la reconnaissance d’opportunités chez l’entrepreneur
35
Les facteurs personnels stimulant la reconnaissance d’opportunité chez l’entrepreneur
Auto-efficacité
H1 H2
H3
Schèmes
La reconnaissance d’opportunité
Créativité
36
37