Association France Union Indienne Dalits Musulmans Religion et politique de

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Association France Union Indienne Dalits, Musulmans, Religion et politique de castes Réflexions de Jeremy Goody D’origine anglaise, Jeremy Goody, connu aussi sous son nom bouddhiste Lokamitra, a choisi de vivre à Poona au milieu de la communauté des dalits convertis à l’exemple du Dr Ambedkar (voir note n°2) Installé en Inde depuis plus de vingt ans, marié et père de deux enfants, se consacrant à l’amélioration de la condition des « intouchables ». Il a vécu et observé de près les dernières élections importantes non seulement au Maharashtra, mais au Gujarât, en Uttar Pradesh et ailleurs, et nous rend compte des glissements électoraux intervenus après la chute du parti du Congrès et l’installation au pouvoir du BJP. Nous remercions André Lewin d’avoir traduit de l’anglais pour notre commodité cet article particulièrement instructif. Pour l'État du Gujarat, et particulièrement pour sa capitale Ahmedabad, les troubles communautaires ne sont pas une nouveauté. Des affrontements entre Hindous et Musulmans d'une violence terrifiante y ont éclaté à intervalles réguliers depuis l'Indépendance. Mais depuis 1981, cette propension locale à la violence communautaire a pris une tournure différente. L'irritation et la colère de beaucoup d'Hindous de caste élevée se sont tournées non pas contre les Musulmans, mais contre les Dalits (1), parce qu'une petite proportion de postes dans l'administration gouvernementale leur avait été réservée. Cette politique gouvernementale visait à tenter de réparer l'effroyable arriération subie par une majorité de Dalits, mais aussi à combattre les préjugés des Hindous de caste élevée chaque fois qu'un Dalit essayait de progresser dans sa vie économique et sociale. Les Dalits s'estiment toujours aliénés par la religion hindoue ; non seulement ils ont subi de très sévères discriminations dans toutes les phases de leur existence, mais beaucoup, particulièrement dans les villages, vivent dans la crainte quotidienne de violences, qui ne sont pas réellement empêchées ou réprimées, puisque la plupart des policiers sont eux aussi des Hindous appartenant au système des castes et sont généralement enclins à partager les sentiments des agresseurs. Pendant les troubles de l'année 1981, j'ai été invité à parler dans des localités peuplées de Dalits à propos des vues du Docteur Ambedkar (2) sur la manière de sortir de l'intouchabilité. La plupart de mes entretiens se déroulaient dans des "slums" et parmi l'auditoire, je remarquais toujours des gens qui avaient la tête ou les bras bandés de pansements encore rouges de sang. Un jour j'ai visité un nouveau type de logements destinés à la classe moyenne inférieure des Dalits ; ils avaient été attaqués et brûlés la nuit précédente, et ce qui restait de la plupart des maisons ressemblait à des coquilles vides. Moi-même je résidais dans un quartier de Dalits, mais où habitaient également de nombreux Association France Union Indienne Copyrights AFUI/2005 Association France Union Indienne Musulmans. En ce temps-là, les Dalits et les Musulmans étaient compatissants les uns vis-à-vis des autres, et mes amis Dalits ainsi que mes amis Bouddhistes (beaucoup de Dalits s'étaient convertis au Bouddhisme) vivaient en sécurité. L'année dernière, en mars 2002, l'Inde a été profondément secouée lorsqu'un un groupe de Musulmans a attaqué un train, massacrant brutalement beaucoup de karsevaks revenant d'Ayodhya (3). Les Hindous sont immédiatement passés à la vengeance collective, enflammant l'ensemble du Gujarat en un cycle de violences communautaires comme l'Inde n'en avait pratiquement jamais connues Je n'entrerai pas dans les détails, ils sont trop horribles : ce ne fut rien moins qu'un carnage pas toujours spontané et dans bien des cas programmé. Alors certes que beaucoup de Musulmans jouaient un rôle actif dans les affrontements, l'extrême violence perpétrée sur la communauté Musulmane par des Hindous a battu tous les records et doit être considéré comme une honte nationale. Cependant ce sentiment de honte n'a pas semblé gagner les électeurs de cet État. Le Bharatiya Janata Party (BJP), fort de son attitude pro-hindoue et anti-musulmane, a remporté comme un raz-de-marée les élections régionales tenues en décembre 2002. Quand la violence communautaire entre Hindous et Musulmans sévissait à son maximum l'an passé, des amis d'Ahmedabad m'ont dit que les Dalits avaient besoin d'être soutenus et aidés. Comment avaient-ils été impliqués dans ces troubles, auxquels ils auraient dû normalement échapper, ai-je demandé ? Apparemment, des Hindous de caste les avaient poussés à affronter les Musulmans, et par réaction, ils étaient les premiers à être attaqués par ces derniers. Dans l'affaire, ils avaient perdu leurs maisons et leurs biens, et avaient donc besoin de produits alimentaires, de tentes et de couvertures. Pendant vingt-cinq ans, j'avais eu des contacts étroits avec ces Dalits d'Ahmedabad convertis au Bouddhisme, mais ce nouveau développement m'a pris tout à fait au dépourvu. Comment et pourquoi les Dalits ont-ils changé leur allégeance ? Pour bien comprendre cette évolution, trois facteurs principaux doivent être mis en valeur. Tout d'abord, il y a le problème du parti du Congrès. Pour avoir été auparavant le seul parti puissant à se prononcer pour la laïcité et pour le socialisme, il s'était attiré le soutien des Musulmans comme des Dalits (4). Mais pendant les vingt dernières années, le parti du Congrès s'est rapidement désagrégé, partout en Inde et particulièrement dans le Gujarat. Cela est dû en partie aux luttes pour le pouvoir (à la fois entre les partis et pour les individus au sein des partis), qui ont pris le pas sur l'idéologie. L'idéologie globale passant au second plan, l'électorat s'est rabattu sur les caractéristiques spécifiques des candidats, et se sont déterminés le plus souvent en fonction de leur caste, pour le meilleur et pour le pire. L'affaiblissement de sa position idéologique a mené le Congrès à trop de compromis et le parti a perdu son image emblématique de bastion de la laïcité. Le deuxième facteur concerne la faiblesse de la communauté Dalit du Gujarat. Ils représentent seulement 7 % de la population, beaucoup moins que la moyenne nationale d'environ 15 %, et n'ont donc pas le poids politique que les Dalits possèdent dans d'autres États de l'Inde comme l'Uttar Pradesh et le Maharashtra. De plus, ils ont été affaiblis par leurs propres divisions internes de caste et par des désaccords de sous-castes, qui ont été exploités et exacerbés par le Congrès au fil des années, les Association France Union Indienne Copyrights AFUI/2005 Association France Union Indienne réduisant progressivement à l'insignifiance politique. Et à la différence de leurs camarades du Maharashtra et de l'Uttar Pradesh, ils n'ont pas été englobés dans le mouvement de libération Dalit fondé et inspiré par l'imposante personnalité du docteur Ambedkar. En troisième lieu, le Rastriya Swayamsevak Sangh (RSS) et les regroupements de la même famille, l'Hindou Vishva Parishad (VHP), le Bajrang Dal (BD) et bien sûr leur aile politique, le BJP, a fait pendant les vingt dernières années un effort considérable pour se rallier les Dalits. Le RSS s'est consacré à promouvoir l'Hindutva et le nationalisme hindou, et les Musulmans ont été sa cible principale depuis sa création, il y a plus de 70 ans. Les brahmanes dominent le mouvement RSS et beaucoup de Dalits restaient méfiants, craignant que leur politique nationaliste hindoue ne signifie avant tout que le seul maintien des traditions de base de l'Hindouisme que sont la hiérarchie des castes et la suprématie brahmanique. Malgré tout, d'une façon ou d'une autre, ces organisations ont réussi à convaincre la majorité des Dalits du Gujarat, et le BJP, qui existait à peine il y a vingt ans, y a maintenant conquis une forte proportion de l'électorat Dalit. Mais le pire, c'est que lors des troubles communautaires, les Dalits forment maintenant un tampon entre les Musulmans et les Hindous, et qu'ils pâtissent ainsi des deux côtés. Dans l'Uttar Pradesh (U.P), le plus vaste et en même temps l'un des États les plus pauvres de l'Inde, la part de la population Dalit est plus forte que la moyenne nationale. Les Dalits y sont généralement encore plus pauvres, plus exploités et plus exposés aux atrocités que leurs frères partout ailleurs en Inde. Actuellement, il y a une alliance entre le Bahujan Samaj Party (BSP), qui s'appuie sur les Dalits, et le BJP, et leur coalition y est au pouvoir. Le BSP est le plus déterminé des partis indiens qui s'appuient sur les Dalits, et aussi celui qui a le mieux réussi, bien que qu'il ne soit vraiment puissant que dans le seul Uttar Pradesh. Compte tenu de la longue histoire de dissensions entre les politiciens Dalits, il est tout à fait remarquable que Kashi Ram, leur leader national, et Mayawati, la femme qui dirige ce parti en U.P. et qui en est à l'heure actuelle la Premier ministre, aient réussi à consolider sous la bannière victorieuse du BSP le vote Dalit dans cet État. Ce succès est déjà en soi une grande source d'inspiration pour tous les Dalits de l'Inde. Ils ont utilisé (certains diraient exploité) l'exemple et l'enseignement du docteur Ambedkar pour motiver et mobiliser les masses Dalit. Sans mâcher leurs mots, ils déclarent ouvertement que leur but est la conquête du pouvoir à n'importe quel prix ; c'est ce qu'ils ont fait en Uttar Pradesh. Certains peuvent considérer cette approche comme très cynique, mais pour les Dalits qui pendant des siècles ont été exploités de la pire façon et dont la situation n'a pas sensiblement changé pendant les décennies de gouvernement du Congrès et de politique socialiste, l'accès au pouvoir est la clef de l'amélioration de leurs inhumaines conditions sociales et économiques. Alors qu'il est difficile pour le BSP d'obtenir une majorité dans le gouvernement de l'État, ils sont désormais le deuxième parti par le nombre et ont une très forte position de négociation que Mayawati exploite à fond. Pour obtenir le soutien du BJP, elle a dû sacrifier l'appui que les Musulmans lui accordaient d'habitude. Les Musulmans ne peuvent soutenir personne qui pactise avec ceux qui ont détruit la mosquée d'Ayodhya. Elle a fait récemment campagne pour le BJP lors des élections au Gujarat, immédiatement après les massacres dont les Musulmans y avaient été Association France Union Indienne Copyrights AFUI/2005 Association France Union Indienne victimes. Ceci a non seulement aidé à renforcer la division entre les Musulmans et les Dalits du Gujarat, mais a encore davantage éloigné d'elle les Musulmans dans son propre État de l'U.P. En même temps, elle ne dissimule pas son extrême aversion pour tout ce qui a un relent de Brahmanisme. Le BJP accepte ses insultes avec mansuétude, non seulement pour se maintenir au pouvoir, mais aussi pour tenter d'améliorer son image aux yeux de tous les autres Dalits du pays. Le parti du Congrès a été pendant de nombreuses années le parti le plus puissant de l'Uttar Pradesh, mais il a maintenant décliné jusqu'à n'être plus qu'un vestige pathétique de lui-même, avec environ 15 députés dans l'assemblée législative locale qui compte au total plus de 400 membres. Traditionnellement, le Congrès attirait beaucoup de votes musulmans, mais le fait qu'il n'ait rien fait pour empêcher la démolition de la mosquée d'Ayodhya (bien qu'il n'ait pas été à ce moment-là au pouvoir dans l'État d'Uttar Pradesh, il était alors le parti dirigeant au niveau national) et sa position vacillante sur la laïcité, lui a fait perdre ces suffrages. Alors que quelques Musulmans sont allés vers le BSP naissant, la majorité s'est ralliée à Mulayam Singh Yadav et à son parti Samajwadi, qui a aussi tiré profit plus récemment des "flirts" de Mayawati avec le BJP. La base de ce parti consiste en camarades de caste de Mulayam Singh, la basse caste des Yadavs, qui ne sont pas des Dalits. Son parti a gagné plus de sièges électifs qu'aucun autre lors des récentes élections de l'État, mais il ne peut pas accéder au pouvoir, d'une part parce que le parti du Congrès ne le soutiendra pas, et d'autre part en raison de l'alliance entre le BSP et BJP. Dans l'État du Maharashtra, la situation diffère beaucoup de celle du Gujarat et de l'Uttar Pradesh. À l'heure actuelle, le vote des Dalits se partage entre le Congrès, sa dissidence le Congrès Nationaliste mené par Sharad Pawar, et les factions du Parti Républicain de l'Inde (RPI) (5). Le vote musulman se concentre en grande partie sur les deux partis du Congrès. Les Musulmans ne peuvent pas bien sûr soutenir le BJP ou son associé le plus extrême dans la défense de l'Hindutva, le Shiv Sena, et il est également inconcevable que la plus importante communauté Dalit du Maharashtra, les Mahars, qui s'est presque entièrement convertie au Bouddhisme, se tourne vers le BJP, malgré les efforts de ce dernier. Les Mahars (ou les Bouddhistes que sont devenus la plupart d'entre eux) continuent à célébrer fidèlement leur fils le plus éminent, le docteur Ambedkar, qui cultivait une méfiance profonde vis-à-vis du Brahmanisme et particulièrement envers le RSS, dominé par les brahmanes, et son aile politique de l'époque, le Jan Sangh. En dehors d'une poignée d'opportunistes, les disciples d'Ambedkar au Maharashtra ne peuvent en aucun cas soutenir le parti BJP qui a succédé au Jan Sangha, ou encore le Shiv Sena, bien que ce dernier ait réussi certaines percées électorales dans le vote Dalit de quelques "slums" et de quelques villages. Ce qui est tragique, c'est que le Parti Républicain de l'Inde (RPI), en dépit de l'apport visionnaire que le docteur Ambedkar lui a fourni à l'origine, est devenu dans les mains de ses disciples, une formation en grande partie limitée aux anciens Mahars et donc à la nouvelle communauté Bouddhiste. Cependant le RPI aurait pu avoir un impact fort sur la politique dans le Maharashtra, avec presque 13 % de la population de l'État à sa portée, mais malheureusement il s'est fragmenté en de multiples factions en raison de la myopie égoïste de ses leaders, efficacement aidés par les machinations du parti du Congrès qui pratiquait le "diviser pour régner". Dans les autres plus grands États de l'Inde, le BJP accroît son influence. Le Congrès et le BJP s'équilibrent à peu près dans le Madhya Pradesh et au Rajasthan, Association France Union Indienne Copyrights AFUI/2005 Association France Union Indienne où chaque formation baisse et remonte tour à tour, mais pour combien de temps ? Au Karnataka, le BJP voit son influence grandir rapidement et le moment approche où il pourrait accéder au pouvoir. Dans d'autres grands États, des leaders autocrates dirigent leurs propres partis régionaux. Le BJP est soutenu par Chandra Babu Naidu, Premier ministre de l'Andhra Pradesh et membre du parti Telegu Desam, et il l'est de plus en plus par Madame Jayalalitha, Premier ministre du Tamil Nadu et membre du parti AIADMK. Naidu joue une partie serrée, entre l'obtention de grands avantages du gouvernement central en faveur de l'État qu'il dirige, et l'aliénation progressive de son vaste électorat musulman. Dans le même temps, il a toutefois réussi à enfoncer un coin entre les deux principales communautés Dalit, les Madigas et les Malas. Jayalalitha n'a pas manqué de dire sa satisfaction de la récente victoire du BJP au Gujarat, et son projet de loi contre les conversions a éveillé les doutes des Dalits comme des Musulmans. Cependant, dans le Bihar, le parti Rashtriya Janata de Laloo Prasad Yadav gouverne avec l'appui du Congrès. Comme Mulayam Singh Yadav en Uttar Pradesh, Laloo a l'appui de beaucoup de membres des castes inférieures aussi bien que des Musulmans. Alors que le BJP ne cache pas son souhait de voir se reproduire ailleurs en Inde ce qu'il appelle son "expérience gujarati", c'est-à-dire poursuivre la propagande pour faire des Musulmans les "croque-mitaines" de l'Inde tout en gagnant les suffrages des Dalits et des Tribaux, il n'y a hélas guère de chances de voir le parti du Congrès arrêter complètement son déclin sans pratiquer une chirurgie radicale à laquelle il ne semble pas prêt. Le Congrès regroupe encore beaucoup de politiciens capables, dévoués aux valeurs de la laïcité et du sécularisme, soucieux de faire progresser les Dalits, mais qui estiment qu'il est difficile de travailler ensemble sans la famille Gandhi pour les unir. Alors que beaucoup semblent désormais désespérer de Sonia Gandhi, l'espoir demeure chez beaucoup que sa fille Priyanka prendra un jour prochain les rênes du parti et fera des miracles pour le ressusciter. Si elle entre vraiment en politique, la jeune femme perpétuera la règle dynastique (la filiation directe Jawaharlal Nehru - Indira Gandhi - Rajiv Gandhi - Priyanka) et érodera davantage encore l'idéologie du parti. En effet, même à l'heure actuelle, le Congrès semble avoir l'intention de développer la ligne d'un Hindutva modéré ("soft Hindutva") afin de récupérer quelques électeurs du BJP. Mais plus le Congrès suivra cette ligne, plus il s'aliénera les Dalits aussi bien que les Musulmans. Les seuls autres partis fondés sur une idéologie - en dehors du BJP - sont les partis communistes. Cherchant à s'accrocher au pouvoir qu'ils détiennent à Calcutta (Bengale occidental) et membres des coalitions qui gouvernent le Kerala, les communistes peuvent jouer un rôle positif dans les relations communautaires régionales ou locales, mais globalement leur influence ailleurs en Inde est minime. Paradoxalement, le sort actuel et le progrès des Musulmans et des Dalits ainsi que l'avenir de la laïcité elle-même semblent aujourd'hui être entre les mains de leaders autocrates qui ont leurs propres partis, Sharad Pawar, Malayam Singh Yadav, Laloo Prasad Yadav et Mayawati. Malheureusement, ils ne semblent guère capables de mener ensemble des actions communes à long terme. Et curieusement, un nouvel espoir pourrait résider dans les dissensions internes qui sont endémiques dans la vie politique indienne, et qui commencent à éroder les entrailles du BJP. Comme il est difficile d'envisager que l'élan idéologique Association France Union Indienne Copyrights AFUI/2005 Association France Union Indienne vital du BJP repose essentiellement sur le seul mouvement de cadres qu'est le RSS, une telle érosion n'est pas impossible. Qu'un effritement ou même un éclatement du BJP se produise ou non, le proche avenir de la politique indienne va probablement rester un assemblage perpétuellement mouvant d'alliances régionales et nationales, avec des pans anciens qui disparaîtront et de nouveaux éléments venant s'intégrer en permanence. Cela n'apportera sans doute que peu de progrès à la situation des Dalits et des Musulmans, mais au moins, cela empêchera de trop sérieux retours en arrière, sauf peut-être dans les États où le BJP et ses alliés seront capables d'établir des gouvernements très puissants. Notes : 1. Le terme de Dalits est le mot qu'utilisent aujourd'hui pour se définir ceux qui ont porté pendant longtemps la cruelle appellation d'Intouchables, et qui en ont subi le sort. 2. Le Docteur Ambedkar, né en 1891 et lui-même intouchable, est devenu leur leader le plus éminent. Il a été le Premier Ministre de la justice (Law minister) de l'Inde indépendante et a coordonné l'élaboration de la constitution du pays. Il a terminé sa vie illustre et brillante en se convertissant au Bouddhisme en même temps que 500.000 de ses disciples, convaincu que c'était la voie la plus sûre pour surmonter l'intouchabilité et ses désastreuses conséquences individuelles et collectives. 3. Ayodhya est la localité où une mosquée a été démolie en 1992 par des Hindous revendiquant ce lieu comme celui de la naissance de leur dieu Ram. Ils ont voulu construire à la place de cette mosquée ce qu'ils estimaient être le temple original de Ram. Les Karsevaks sont les Hindous qui se rendent à Ayodhya pour aider à y édifier un tel temple. 4. Bien que le parti du Congrès prétende avoir toujours agi en faveur de la laïcité et du socialisme, il a souvent été critiqué de manière très sévère, l'un des critiques les plus virulents ayant été le docteur Ambedkar, qui affirmait que ses revendications en ce domaine étaient creuses et hypocrites. 5. Le RPI a été conçu par le docteur Ambedkar, mais ne s'est lancé dans les batailles électorales que lors des élections de 1957, alors que son inspirateur était déjà mort. Il envisageait son parti non seulement comme celui qui recueillerait les votes de l'ensemble des Dalit (ce qui était déjà un objectif pas facile à atteindre, parce que cette catégorie est elle-même divisée en castes et en souscastes), mais aussi en rassemblant sous son égide d'autres Hindous de basse caste, des Musulmans et d'autres groupes faibles et exploités de la société indienne. Association France Union Indienne Copyrights AFUI/2005

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