Docstoc

LES CHRONIQUES PRECEDANTES

Document Sample
LES CHRONIQUES PRECEDANTES Powered By Docstoc
					                      DA ZGLGH AR SSIGHIGH
                         LES CHRONIQUES D’ALI OUIDANI



   Avertissement : Comme j’ai dit un jour à un ami, il m’arrive de ne
   m’adresser qu’à moi-même ; et lorsqu’on parle à soi-même, c’est le rêve et
   l’utopie prennent le dessus.
   D’avance je m’excuse auprès de mes lecteurs si à leurs yeux certains de
   mes écrits transgressent ou ne respectent pas les bonnes règles de
   l’écriture.
                                                                       Ali Ouidani




LA GUERRE DES MINARETS N’AURA PAS LIEU !
Si vous suivez l’actualité et ce qui se passe dans le monde, vous avez
certainement appris que les suisses ont organisé dimanche passé un
referendum non pas pour réviser ou amender un quelconque article de leur
constitution mais pour décider s’il faut ou pas interdire la construction des
minarets sur le territoire helvétique !
Ce referendum qui ne peut être qualifié que de referendum de la honte s’est
soldé comme le souhaitaient les militants de l’extrême droite suisse par un
vote massif pour le non, montre avant tout la méfiance qu’à la Suisse à l’instar
des autres pays européens envers l'islam !

Je conçois que les gens aient peur d’être dérangés par les appels à la prière
des muezzins par hauts parleurs, mais ne pas accepter d’ériger au dessus des
mosquées des minarets ferait perdre à Guillaume-Tel, le plus célèbre des
suisses son flegme et sa légendaire concentration !
Ne soyons pas dupes, les européens ont peur de l’islam même s’ils prétendent
que leurs actes ne sont destinés qu’à se protéger contre l’islamisme et pour
combattre le terrorisme. Ce qu’ils ignorent, c’est que paradoxalement, leur vote
ne fera que renforcer le camp des intégristes et de ceux qu’ils craignent.
Ce vote ne traduit que l’esprit craintif et une volonté de repli des suisses,
même s’ils ne seront pas les seuls à essayer de trouver comment freiner la
progression de l’islam dans le monde.
En ces temps de crise, tout est bon même au prix de certains amalgames, pour
calmer les revendications des populations mécontentes ou pour gagner une
échéance électorale !
Les européens ne trouvent les minarets beaux que lorsqu’ils se rendent en
terre d’islam. Je ne vois pas en quoi un édifice religieux doté d’un beau minaret
gâcherait un paysage!
Tous les prétextes sont bons pour stigmatiser l’islam: ici on montre du doigt la
burqa, et là c’est l’amalgame qui est fait exprès entre la sécurité et
l'immigration, pour faire peur et nourrir un sentiment de rejet contre certains
immigrés venus de pays musulmans.
La mauvaise foi de certains va jusqu’à prétendre qu’ils agissent de la sorte
pour défendre la laïcité, oubliant que la laïcité c’est de permettre à chacun de
pratiquer en toute liberté ses croyances ! en France les jours fériés
correspondent à des fêtes catholiques, alors que les musulmans doivent poser
des RTT ou des congés payés pour les fêtes musulmanes comme l'Aïd.
Et puis qui est vraiment laïque, nous qui avions des écoles chrétiennes et qui
avons toujours une école hébraïque à Casablanca ou ceux qui interdisent qu’il
y ait chez eux des écoles coraniques ?
On ne remet pas en question le calendrier des jours fériés bien que ceux-ci En
France l’islam qui est la deuxième religion du pays ne bénéficie pas des
mêmes avantages que les autres religions. Regardez chaque dimanche matin
le temps alloué à la messe comparativement aux quelques minutes réservées à
l’éducation religieuse musulmane sur la chaine publique France 2. Et puis
combien de temps d’antenne les chaines tv françaises accordent-elles aux
érudits musulmans qui maitrisent la langue française pour parler de l’islam aux
téléspectateurs français ?
L’islam fait peur, non pas par les actes de quelques extrémistes agités, mais
par plus sérieux que ça. L’islam est une religion qui n’a pas de clergé et qui
continue de se répandre contrairement aux autres religions qui disposent de
missionnaires et qui disposent de moyens financiers importants n’arrivent pas
à avoir le même succès que l’islam.

Ce que je trouve stupide dans cette affaire, c’est le fait que des personnes
croient que c’est le minaret qui fait la mosquée, ou qu’une mosquée sans
minaret sera moins fréquentée par les fidèles.
Minaret ou pas, la marche de l’islam ne s’arrêtera pas, et ce malgré les
entraves et les interdictions de ceux qui craignent la religion de Mohamed et
malgré les actes irresponsables que commettent certains extrémistes qui n’ont
rien compris du message de tolérance et de paix que prône l’islam.

Rex, mon épagneul breton a été privé de sa queue, mais cette « amputation »
ne l’empêche pas d’être un bon chien de chasse.

Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima le 05/12/2009


LE SACRIFICE D'ABRAHAM N'A RIEN A VOIR AVEC BOULFAF !
"Aska id'mkorne", aussi, fête oblige, ma chronique qui est avancée d'une
journée par rapport a son jour d'insertion, va être brève et je m'en excuse
d'avance.
Tafaska, est la fête du sacrifice. Elle est aussi une communion entre
musulmans. Même si elle ne devrait pas être exclusive aux seuls musulmans
puisqu'elle perpétue un rituel que le prophète Sidna Ibrahim (Abraham) a légué
à tous ses fils. Je ne sais pas si dans la bible et l'évangile, le texte insiste sur
ce rituel comme il le fait dans le saint coran.
Son importance est grande puisque cette fête fait partie du rituel d'El Haj qui
est le cinquième pilier de notre religion.
Ceci étant dit, venons maintenant à l'esprit de cette fête qui commémore
l'asservissement d'Ibrahim (Abraham) à Dieu qui lui a ordonné de sacrifier son
fils Ismaël. Ibrahim n'hésitant pas à montrer sa soumission à Dieu en décidant
de sacrifier son fils . Et même si le bon dieu au dernier instant lui a offert un
bélier pour qu'il le sacrifie à la place d'Ismail, je ne pense pas que Sidna
Ibrahim avait passé son temps a griller des brochettes et boulfaf et à festoyer
comme nous le faisons actuellement !
En plus du fait qu'elle soit un événement religieux, cette fête doit être
l'occasion pour se rencontrer avec la famille et les proches, elle doit être aussi
synonyme de partage et de générosité envers les pauvres et les nécessiteux.

Par sacrifice, je comprends deux sens; un sacrifice peut être une offrande,
donc une chose que nous donnons et qui ne nous appartient plus. Mais elle
peut aussi signifier l'abnégation, le renoncement.
Dans ce que nous faisons, il n'y a ni l'un ni l'autre dans notre façon de célébrer
cette fête. Non seulement, nous ne partageons pas avec les pauvres comme il
nous a été recommandé, mais certaines personnes vont jusqu'à utiliser le sang
et certaines parties du sacrifié à des fins de sorcellerie. Elles se servent de
l'omoplate pour lire l'avenir et certaines femmes organisent la‘'gadida''
(morceaux de viande séchée et épicée), pour guérir la stérilité. (aucun écrit ne
dit que Hajjar ou Sara les deux épouses de Sidna Ibrahim avaient usé
d'Assawar pour qu'elles soient fécondes !
Heureusement que des exceptions existent et que certaines personnes
perpétuent le rituel de cette fête et n'oublient pas de partager ce qu'elles
sacrifient avec les familles pauvres. Et heureusement que certains Ghrissois
n'oublient pas de manifester leur solidarité en apportant leurs aides aux
familles nécessiteuses afin d'acheter des habits neufs à leurs enfants.
Raison pour laquelle je tiens à remercier les deux bienfaiteurs qui se
reconnaitront et qui ont pense à rendre heureuses une vingtaine de familles
nécessiteuses de notre ksar.

Je termine ma présente chronique sur un petit air que nous chantions lorsque
nous étions gamins: Aska id makorne ..... Alors n'oubliez pas "atdoum ssid
khali noun".
je vous souhaite une bonne fête et Tafaska ighoudane !

Ainsi va Ghriss
                                                        Goulmima, le 27/11/2009




LA BOSSE DU DROMADAIRE !
Qui parmi les marocains petits et grands qui le dimanche passé n'as pas été
déçu par la prestation de notre équipe nationale de football ?
La déception se lisait sur tous les visages et nous avions tous du mal à
contenir notre colère envers les joueurs de notre équipe; car être éliminés de la
coupe du monde et de la coupe d'Afrique et surtout perdre à domicile devant le
Cameroun est une humiliation suivie d'une bonne gifle.
Mais, car il y a toujours un mais (celui qui a inventé ce mot est un vrai
champion), si nous prenons un peu de recule et si nous essayons de mettre de
coté notre patriotisme qui dans ce cas précis nous a aveuglés pour regarder et
analyser avec objectivité la situation de notre football, nous ne pouvons nous
attendre qu'à ce résultat !
Et pour cause, l'équipe de foot en fin de compte n'est qu'une équipe à l'image
de toutes les autres équipes de notre pays !
vous avez deux ou trois éléments qui brillent et qui prennent au sérieux leur
mission et puis le reste, walou, de vrais canards boiteux !
Pourquoi voulez vous que l'équipe de foot soit ce que ne sont pas les équipes
 de la justice, de la sante, de l'enseignement et de tous les autres
départements. Là aussi des matches se jouent contre la pauvreté, l'injustice, la
précarité, la maladie, l'illettrisme, la corruption, l'incompétence etc. Et là
également vous avez des "joueurs" qui non seulement jouent mal, mais qui
vendent le match !
La différence avec le foot, c'est qu'au football le match se joue en 90 minutes et
vous connaissez le résultat juste apres, alors que dans les autres domaines la
partie se joue en décennies et en générations et les dégâts n'apparaissent que
tardivement.

j'ai souri ou plutôt dit "Allah in3all li ma yahchem" lorsque j'ai entendu une
personne connue pour être un vrai flémard dans son travail, insulter et crier
son indignation apres la défaite des nos joueurs qu'il a qualifiés de "chats de
l'Atlas", oubliant que si on appliquait ce genre de qualificatifs à ceux ne
réussissent pas leurs missions, on l'aurait qualifié de "raton du désert" !

Notre comportement ressemble à celui du dromadaire qui ne voit que la bosse
de l'autre et qui en rit (je ne sais pas si les dromadaires ricanent ou pas !), mais
il est temps de leur montrer comment se servir d'un miroir. et là je suis
certainement que leur rire ne sera que jaune !

je n'essaie pas de défendre les joueurs qui doivent être plus affectés que nous,
mais de dire que nous ne récoltons que ce que nous avons semé. le
tâtonnement, l'improvisation et les décisions hâtives, n'ont plus leur place et
ne peuvent conduire qu'à des résultats catastrophiques comme celui que notre
équipe vient de connaitre,
Notre ère est celle de la réflexion, de la préparation, et de l'action. Atteindre un
but fait appel à la définition puis à l'application d'une stratégie bien réfléchie et
c'est ce qui manque dans de nombreux domaines.
Naviguer à vue c'était bien avant Christophe Colombes. En son temps déjà, on
se servait d'un sextant pour pour s'assurer qu'on a pris le bon cap !

Pour terminer, je dirais que ce que je crains, c'est la perte du grands match
dont nous sommes tous joueurs et acteurs, quant au football, les solutions
correctives existent et la situation peut être redressée.
G'dgh itna ouri tawy ouroukou !

Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima, le 21/11/2009


DES MURS A ABATTRE !
Le 09 novembre est une date historique pour l'Allemagne, l'Europe et pour le
monde entier ! Une journée où la raison, et l'intelligence de l'homme ont pris le
dessus sur son mépris, sur son arrogance et sur son incompréhension. C'est
ce qui donne à cet événement sa dimension internationale, humaine et
historique.
La chute du mur qui divisait en deux parties la ville de Berlin, divisait plus les
esprits des berlinois que les quartiers de la citée. Il symbolisait également la
division du monde en deux blocs idéologiquement opposés qui entretenaient
un climat de guerre froide, basées sur la méfiance et l'espionnage mutuel.
Bien sûr que 20 ans après, de nombreuses personnes vont s'étonner qu'on ait
construit cet ouvrage de la honte pour séparer un même peuple, C'est ne pas
comprendre ces années de plomb, de guerre de nerfs, de mépris et de haine
que le monde a connu au début du 20eme siècle.
Les habitants de Berlin ouest appelaient ce mur "le mur de la honte" alors que
ceux de l'Est le qualifiaient de "mur de la protection". Le paradoxe dans ces
appellations est le fait que c'était l'Ouest qui se protégeait contre les menaces
des états de l'Est et les visées expansionnistes des communismes !

Aujourd'hui que le mur qui divisait la capitale du Reich est tombé, et que les
populations peuvent se déplacer et aller d'un quartier à un autre sans avoir
peur d'être pris pour cible par les nombreuses sentinelles, peut-on dire que le
but que le monde entier attendait de la chute du mur est atteint?
la réponse est bien sûr, non !
La disparition des morceaux de béton n'ont pas fait tomber les murs qui
cloisonnent encore les esprits des gens malgré les énormes efforts fournis par
les gouvernements allemands qui se sont succédés depuis 1989. Les murs de
la pauvreté et de ma méfiance continuent d'exister .
Cette situation, et la mise à niveau de l'ex RDA risquent de prendre encore
quelques années vu la profondeur du traumatisme subi par les population sa
population.

Je ne vais pas m'étaler plus sur l'Allemagne est son "défunt" mur, mais parler
des murs invisibles qui séparent les différentes composantes'' de la population
Ghrissoise et plus spécialement de Goulmima.
Nos ksar ne sont pas dotés de miradors, ni de sentinelles qui interdisent leurs
accès ! Et pourtant si vous essayez de connaitre le nombre d'hommes de tout
âge du ksar de Goulmima qui ont visité le ksar d'Ait Ihya Ou3tman, vous
risquez d'être surpris, car il est presque nul ! L'inverse est aussi valable et
c'est la même chose pour presque pour la totalité des ksars de la palmeraie !
Même les cafés qui devraient servir de lieux de rencontre et d'échange, ont
leurs clientèles spécifiques. Chaque café à quelques exceptions près est
fréquenté par une ethnie ou par les habitants d'un même ksar !
C'est ce mur de "l'exclusion", de l'intolérance, de la méfiance qu'il faut que
nous essayons de faire chuter à Goulmima !
Personne n'est plus Goulmimi qu'un autre et les uns ne sont pas plus savants
que les autres !
Je l'ai écrit à plusieurs reprises, notre contrée a la chance d'avoir une diversité
ethnique et culturelle que d'autres régions n'ont pas. Cette diversité doit
enrichir notre communauté et non l'affaiblir.
Le mur de la honte existe encore chez-nous, malgré des petites brèches
ouvertes par quelques personnes qui osent briser les tabous. Les
établissements scolaires, les clubs sportifs et le monde associatif doivent tous
œuvrer pour faire disparaitre ce mur qui entrave l'esprit de fraternité citoyenne
qui doit marquer chaque habitant de Goulmima.

Oui, si le 09 novembre est une date mémorable pour le monde entier, elle l'est
encore plus pour moi, car non seulement elle correspond à la chute d'un mur,
mais aussi à la naissance d'un être qui m'est très cher.
Bon anniversaire Meryem, bon anniversaire illy et mère d'Ellie !

Ainsi va Ghriss
                                                        Goulmima, le 14/11/2009




LES PIQUE-POCKET A LA CRAVATE
Cette semaine encore une fois le lycée de Goulmima a connu des perturbations
et des interruptions des cours. Et cette foi-ci ce sont les étudiants et non les
professeurs qui ont décidé de sécher les cours.
j'ai essayé de comprendre les raisons de ces débrayages successifs qui
inéluctablement auront un impact négatif sur la bonne marche des études de
nos enfants et je me suis rendu compte que les raisons sont multiples et
diffèrent les une des autres au point ou si on ne fait rien pour redresser la
situation, on risque de continuer dans cette situation d'alternance entre reprise
des cours et grèves jusqu'à la fin de l'année.
d'un cote vous avez les étudiants qui ne demandent qu'à suivre tranquillement
les cours, en face d'eux vous avez un groupe d'étudiants qui en général ne font
pas parti des bon etudiant qui essaient par tout les moyens de perturber les
cours en profitant de tout événement minime qu'il soit pour déclencher l'arrêt
des cours
L'insolence de ces groupes minuscules est allée jusqu'à faire évacuer des
classes les élèves non grévistes !
Le corps enseignant n'est pas non plus dépourvu de ses brebis galeuses. A
titre d'exemple ces professeurs qui affichent un "je-m'en-foutismes" et un
désintéressement total à leur mission de donner un enseignement de qualité
ou ceux qui carrément font tout pour ne pas enseigner ou assurer le nombres
d'heures qui leur est demandé. Ces "professeurs" n'oublient pourtant pas de
se présenter chaque fin de mois à la banque pour encaisser les 8000 dh pour
les 18 ou 21 heures de cours pour lesquelles ils sont payes et qu'ils sont
censés donner avec professionnalisme.
Cette catégorie de profs m'écœure, car qui peut comprendre et savoir plus
qu'eux, que l'avenir de ces étudiants dépend aussi de la qualité des cours
qu'ils leurs donnent.
Ces profs qui savent que les étudiants d'aujourd'hui sont aussi les hommes et
les décideurs de demain et qui ne font pas leur devoir de les préparer
justement pour affronter les défis de demain !
Ne ressentent-ils pas de gène lorsqu'ils apprennent que leurs étudiants
trouvent des difficultés à suivre les cours avec des étudiants issus des autres
classes ou lycées ?
Ces personnes que j'ai appelées les pique-pockets cravatés son plus
dangereuses que ceux qui rodent dans les gares routières à l'affut d'un
voyageur distrait ! car voler le savoir et plus grave que voler des sous !
Ce n'est pas le fait de toucher un salaire sans rien faire qui est grave, mais
c'est le fait de compromettre l'avenir des jeunes qui l'est, surtout à un moment
où nous lançons des appels aux bénévoles pour donner des cours de soutien !
Face donc aux étudiants perturbateurs et aux profs "je-m'en-foutistes", nous
avons une administration qui n'a pas les mains libres et qui ne peut rien faire
et une association de parents d'élèves qui si elle existe ne réagit pas .
Quoi faire faire alors ?
Si je savais ce qu'il faut faire en plus que dénoncer cette situation, je vous le
dirais volontiers. Mais je pense que le mal qui touche notre enseignement n'est
pas spécifique à notre lycée ni à notre région.
Raison pour laquelle ceux qui sont en charge de ce grand département qui
forme les marocains de demain doivent avoir le courage de mettre un terme
aux agissement qui entravent la bonne marche des cours. Ils doivent mettre
en place un système de motivations et de sanctions pour récompenser ceux
qui font bien leur travail et punir ceux qui "jouent" avec l'avenir de nos enfants
C'est vrai que l'école le collège et le lycée ne sont pas des usines, mais si on
veut sortir de cet engrenage ou le copinage et l'arbitraire sont pris en
considération plus qu'autre chose, il faut qu'on parle un jour de "la productivité
qualitative" du travail des enseignants comme on le fait dans les entreprises.

Je ne terminerai pas cette chronique sans rendre hommage aux nombreux
professeurs qui heureusement exercent leur mission avec abnégation et amour
et qui je le sais, sont les premiers à souffrir à chaque fois qu'un événement
vient perturber la bonne marche de leur établissement.


Ainsi va Ghriss
                                                        Casablanca le 06/11/2009


UNE NICHE QUI POURRAIT ETRE MIEUX EXPLOITEE !
Quelle fut ma surprise lorsque la semaine passée, j'ai appris que par Merzouga
passe 50% des touristes qui visitent notre pays.
vous vous rendez compte, ainsi Merzouga dépasserait Fès, Marrakech, Agadir,
Ouarzazate et toutes les autres villes du royaume !
Si c'est le cas, pourquoi l'essor touristique de la région du Sud-est du Maroc
n'est pas aussi prospère que le sont ceux de Marrakech ou d'Agadir ?
La réponse est toute simple, Notre région n'est qu'une destination de passage
certains touristes arrivent le matin pour la quitter l'apres midi ou arrivent
l'après-midi pour la quitter le lendemain. Ce qui se traduit par un taux de
fréquentation très élevé mais qui n'est pas du tout phase avec le nombre de
nuitées passées par les touristes dans les établissements hôteliers de la
région.
Ce qu'il faudrait faire si on veut qu'il ait une adéquation normale entre les taux
de fréquentation , le taux d'occupation et bien sur le nombre de nuitées que
passeront les touristes dans les hôtels de la région, serait de faire en sorte que
les touristes arrivent directement a Errachidia ou ils seraient pris en charge par
des réceptifs pour leur faire le circuit choisi et puis reviendraient a Errachidia
pour prendre l'avion et rentrer chez eux.
En clair il faudrait que l'aéroport d'Errachidia soit plus utilise aussi bien par les
charters que par les vols de la RAM.
Je me souviens des efforts et du lobbying qu'avait mené le GRIT (Groupement
Régional d'intérêts Touristique) d'Agadir devenu actuellement CRT auprès des
instances compétentes a Rabat pour que la RAM programme des vols directs
entre Agadir et certaines villes européennes et que l'ONDA participe a l'effort
en réduisant les taxes de handling et de parking des avions des charters.
C'est vrai que ca ne s'est pas fait facilement, la RAM exigeait un taux minium
de remplissage des avions pour programmer les vols demandés, ce qui ne
pouvait pas être garanti surtout pour le début d'une mise en exploitation d'une
ligne. mais nous avons constate qu'apres quelques mois, notre compagnie
aérienne a connu des surbookings sur la destination Agadir.
Comme quoi, lorsque le potentiel est la, la prise du risque est amplement
justifiée.
Je me souviens qu'avant que des vols directs reliant Agadir aux villes
européennes soient mis en place, le principal problème qui entravait le
développement de l'activité touristique et que les professionnels du tourisme
ne cessaient de soulever a chaque réunion du "GRIT" était celui du nombre
heures d'attente que passaient les touristes a l'aéroport Med V a Casablanca.
Cette attente qui durait des heures réduisait a zéro l'atout majeur qu'avait
Agadir a savoir celui d'être a deux heures de vol de Paris !
Ceci étant dit, je pense que pour le touriste, faire Marrakech, Ouarzazate,
Errachidia Merzouga et revenir a Agadir pour quitter le Maroc ou partir
d'Errachidia et faire le même circuit puis revenir prendre son avion a
Errachidia, ne lui poserait aucun problème. Pour lui ca serait kif-kif.
Ce qui changera, sera le nombre de nuitées qui sera doublé et puis toutes les
activités liées au tourisme qui seront développées dans notre région.
Cette approche ne va pas plaire aux hôteliers de certaines villes, mais
Errachidia ne fera que prendre la part de marché qui est la sienne.

Faut-il encore que les professionnels du tourisme de notre région le veuillent
et que le CRT de Meknès Tafilalet, fasse du lobbying comme l'ont fait ceux
d'Agadir et de Marrakech.

Le sujet traité cette semaine, ne nous éloigne pas trop de Ghriss. Les
retombées d'une meilleure activité touristique dans la région du sud-est
profitera aux habitants de Ghriss et mettra en valeur les beaux sites de nôtre
vallée qui sera plus fréquentée et mieux visitée.

Ainsi va Ghriss
                                                           Goulmima le 31/10/2009




UNE VISITE TANT ESPEREE ET TANT ATTENDUE !
Notre région, se prépare à recevoir la visite de Sa Majesté Mohamed VI, cet
honneur qui va être fait à notre région sera aussi une opportunité pour les
responsables et les operateurs économiques locaux pour faire connaitre les
potentialités de la région et plaider pour qu'un intérêt tout particulier lui soit
porté afin de la hisser au niveau de développement des autres régions du
Maroc.
Sans énumère tous les domaines qui peuvent constituer des leviers de
développement pour Ghriss, je me contenterais de n'en citer que trois.

Tout d'abord, le secteur agricole. La construction d'un barrage sur le Ghriss
apres celui de Tmaquite sur le Frekla transformera toute la région en un grenier
pour tout le sud et le centre du Maroc. l'irrigation des étendues situées entre le
haut et l'Anti Atlas peut transformer toute la région allant de Tinghir à Fezna
en un second Tadla.
Une mise en valeur agricole de ses terres donnera naissance aux unités
agroalimentaires et agroindustrielles qui à leur tour fourniront des emplois à
tous les jeunes et transformera la région qui actuellement ne trouve pas
d'emplois à ses chômeurs en une région importatrice de main d'œuvre.

Le second domaine est celui du tourisme. La diversité de l'offre dont dispose
notre région, qui va du tourisme de montagne au tourisme du désert en
passant par le culturel constitue une niche et une opportunité certaine. Faut-il
encore convaincre les responsables à inciter les Tours Operateurs à vendre
ces circuits dans leurs brochures et intéresser les investisseurs à venir
fructifier leur argent chez-nous.

Le troisième domaine est aussi important que les deux premiers, Il s'agit de la
prospection minière. Là aussi notre région n'est pas du tout dépourvue de
gisements et de minerais, même si leur exploitation est quasiment inexistante.
La mise en exploitation de la mine de Bou M3aden et la mine située au nord de
Timezguite, et la réalisation des petites unités de transformation sur place
fourniraient plusieurs emplois aux habitants et éviteraient le transport jusqu'à
Meknès ou Casablanca pour le traitement des minerais..

Des programmes à présenter dans le cadre de l'INDH ne manquent pas, ils vont
de la protection de la palmeraie des crues par le renforcement des berges de
l'oued à la restauration des ksars en passant par le traitements des eaux usées
qui actuellement polluent la nappe phréatique et de la sauvegarde de la qualité
des eaux d'irrigation par la construction des lavoirs.
Le maillage de la région en ce qui concerne les centres de santé est lui aussi à
ne pas oublier comme il ne faut pas oublier le désenclavement de Taltraoute,
de Mmou, de Tizirte, d'Ait Wachhou et d'Idelsen.
L'INDH peut aussi intervenir dans le domaine du transport scolaire pour
assurer le transport des collégiens et lycéens des localités enclavées et ainsi
supprimer la première cause de la déscolarisation des filles rurales apres
l'école primaire et la défection des garçons collégiens.

Ce ne sont que quelques réflexions sur des actions qui peuvent être initiées
pour assurer aux populations de notre région un développement économique
durable.
J'espère que les personnes à qui il revient de préparer les dossiers ont bien
fait leur travail et qu'ils sauront présenter aux différents responsables qui
accompagneront Sa Majesté des propositions bien étudiées et des dossiers
bien ficelées et qu'ils saurons argumenter et convaincre.

Encore une fois bienvenue à Sa Majesté Mohamed VI .

Ainsi va Ghriss
                                                        Goulmima le 24/10/2009


POUR UNE ACTION CITOYENNE !
Dans l'une de mes précédentes chroniques j'ai soulevé le niveau de nos
étudiants qui ne cesse de dégringoler d'année en année.
Les parents qui ont les moyens ont compris le phénomène depuis un moment
et ont tourné le dos à l'enseignement public. Leurs enfants sont scolarisés
dans des institutions privées, couteuses mais qui assurent un enseignement
de qualité.
Je ne montre pas du doigt mes amis du corps enseignant qui même, s'ils sont
animés de bonne volonté ne peuvent rien faire face à la démission généralisée
de l'ensemble des intervenants dans le domaine de l'enseignement, Un
domaine pourtant vital pour notre pays et pour l'avenir de nos enfants.
L'absentéisme, l'indiscipline, le copiage, ne sont plus sanctionnés comme ils
l'étaient avant. Je dirait même qu'ils sont souvent tolérés. La largesse de
l'attribution des notes par certains enseignants est connue aussi bien des
étudiants que de leurs collègues.
Tout le monde ferme les yeux même si on sait qu'en fin de compte nos
étudiants, une fois arrivés a l'université, paieront le prix fort de ce laxisme.
Actuellement, un bac avec mention passable ou assez bien n'ouvre que les
portes de la faculté et ne permet pas d'accéder aux écoles qui sont bien
cotées.
Si vous ajoutez à cet handicap, le fait que nos étudiants n'habitent pas des
villes qui disposent de centres culturels et de maisons d'étudiants qui leur
permettent de savoir communiquer et d'avoir un minimum de connaissances
générales leur chances de réussir un entretien ou un examen oral sont faibles
par rapport aux étudiants des grandes villes.
Je pense que la société civile ne doit pas rester sans réaction devant cette
situation. Les Associations des parents d'élèves semblent ignorer la gravité de
la situation. Nos étudiants en terminales en besoin d'être encadrés. Des cours
de soutien doivent être assurés pour les classes de terminales si nous voulons
les voir demain réussir avec mention leur bac.
Aussi ai-je pensé initier une action qui consiste à apporter une assistance aux
étudiants en terminales scientifiques afin qu'ils réussissent leur bac avec une
mention très bien ou bien.
Je projette trouver un local qui serait aménagé en une salle multifonctionnelle
qui pourrait servir de bibliothèque et de salle de révision pour les écoliers et
les collégiens, mais aussi de salle de cours de soutien en maths et physique
pour les étudiants des classes terminales.
l'organisation pourrait être faite de la façon suivante
 - Lundi de 17h à 19h cours de Maths
 - Mardi de 17h à 19h cours de Physique
 - Mercredi de 17h à 19h cours de Communication, de connaissances générales
et de Marketing.
 - Jeudi de 17h à 19h cours de Maths
 - Vendredi de 17h à 19h cours de Physique
Les après-midi des samedis seront réservées aux jeunes qui viendront
consulter les livres et les documents qui seront mis à leur disposition à la
bibliothèque. Le local pourra aussi servir de salle de réunions et de
projections,

Pour réaliser cette action qui peut servir d'essai et dont nous ferons une
évaluation à la fin de l'année apres l'examen du bac, il reste à trouver un ou
deux profs volontaires et bénévoles de maths et de physique qui accepteraient
d'assurer deux ou quatre heures de cours par semaine. Moi même, j'assurerai
les cours des mercredis soirs.
Les frais d'aménagement du local, et l'acquisition des tables et des chaises
seront pris en charge par un bienfaiteur, l'Association Arraw n'Ghriss fournira
pour la bibliothèque les livres et les documents.
D'autres personnes peut être penseront à mettre à la dispositions des jeunes
leurs encyclopédies qui sont rangées comme décor dans des vitrines et que
personne ne consulte !

Cette action qui peut démarrer début janvier et se terminer fin juin pour les
cours de soutien, pourrait en cas de succès servir d'exemple à suivre à
d'autres ksars et d'autres localités l'année suivante.

Il est vrai que l'idée même si elle se concrétise ne sera qu'une petite rustine de
plus sur une vieille chambre que représente l'état de l'enseignement dans
notre région mais si pour une quelconque raison elle ne se concrétise pas, elle
aura le mérite d'être pensée et proposée !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 17/10/2009




LES RETROUVAILLES !
Que mes amis habitués à lire ma chronique chaque samedi m'excusent de leur
avoir faussé compagnie cette semaine.
La raison est toute simple, quatre amis marocains dont deux sont de
confession juive et qui vivent en dehors du Maroc, l'homme est originaire de
Marrakech et habite Paris, la femme elle est originaire de Fès et vit en
Californie.
Nos deux visiteurs qui vivent à l'étranger sont venus nous voir et voir leur ami
Oustouh mais ils sont venus aussi dans le cadre du devoir de mémoire et
veulent retrouver des vestiges ou des souvenirs des populations juives qui
habitaient notre région.
Ensemble en compagnie de Moha Oustouh, de Haddou Kecha et de moi même,
nous avons visité le Ksar de Goulmima et son Mellah, ainsi que les deux
cimetières juifs qui sont situés sur la rive gauche de oued Ghriss. La visite des
lieux nous a permis de constater que l'âge de ces cimetières remonte à
plusieurs siècles
.Apres le déjeuner et avant qu'ils reprennent la route pour Ouarzazate et
Marrakech, Arrik et moi avons improvisé un dialogue que je vous propose
d'écouter.
La carte mémoire de mon appareil ne m'a pas permis de vous faire écouter
l'intégralité de l'intervention de mon ami Arrik cet amoureux inconditionnel de
son pays natal. Ce n'est que partie remise, dès la réception de l'enregistrement
intégral que madame Ana Shosh (écrivaine et historienne) a fait de son coté, je
l'insérerai pour écouter la réponse qui m'a été faite par mon ami et frère arrik.

   Pourquoi es-tu parti mon ami, pourquoi es-tu parti mon frère ?
Ainsi va Ghriss
                                                        Goulmima le 10/10/2009




L'EXCES DE ZELE DES GHRISSOIS !
Je sais d'avance que ce que je vais écrire ne va plaire à de nombreuses
personnes, mais tant pis, je n'écris que ce que je pense et je ne demande à
personne de penser comme moi.
J'ai même dit un jour à quelqu'un que j'ai créé ce site pour que je puisse de
temps en temps m'écrire et me parler, Et aujourd'hui, c'est cette envie qui me
prend.
Je me demande si dans tout ce grand pays qu'est Tamazgha et qui va des iles
Canaris à l'oasis de Siwa en Egypte, c'est à Goulmima que revient la lourde
tache de défendre Tamazighte ?
Sommes-nous plus Amazigh que les autres ?
Ou les autres sont-ils moins concernés que nous ?
Pourquoi même les habitants de Khénifra et plus exactement les Zayanes à
travers lesquels les arabes nous désignent pour nous distinguer des Soussi
ou des Rifains ne défendent-ils pas Tamazight comme le font les militants de
Ghriss ?
Ne voyons-nous pas que notre région a besoin d'être dotée d'infrastructures
qui lui font défaut et sur lesquels nous devons nous focaliser au lieu de nous
intéresser aux préoccupations d'ordre national ou international ? .
Manifester pour la construction de la route de Taltfraout, pour le
désenclavement d'Ait Wachhou et d'Idelsen, pour la construction du barrage
sur le oued Ghriss, pour la mise en place d'un transport scolaire pour
permettre de poursuivre leurs études aux collégiennes des localités enclavées
qui arrêtent leur scolarité à cause de l'éloignement et du manque de moyen de
transport , manifester pour demander la délocalisation d'un ou de deux
départements de la faculté à Goulmima ou pour un meilleur maillage et une
meilleure couverture de la région en ce qui concerne la sante publique et la
poste ou tout simplement se mettre d'accord pour partager les terres
collectives comme l'ont fait les autres tribus. Voila des causes qui méritent
qu'on s'y mobilise tous et qui sont plus nécessaires que de crier des slogans
qui ne dépassent pas Assedrem.
Tout en étant fier de mon Amazighité, je pense que le lourd fardeau de sa
défense ne doit pas se reposer sur une ou deux localités du Maroc. J'irai même
jusqu'à dire que ce problème dépasse Ghriss et sa région. Et même s'il faut
crier notre amazighité, cela ne doit pas nous faire oublier que notre combat et
tous nos efforts doivent s'orienter sur les choses prioritaires qui font défaut à
la région et sur les manquements dont souffrent les habitants de notre contrée.
Il est temps de laisser les autres aussi aller en première ligne !
De nombreux Ghrissois, enseignants et étudiants ont séjourné dans les
prisons pour leurs engagements dans la lutte pour que Tamazight ait la place
qui lui revient dans notre pays.
Nos amis de Telili, en connaissent quelque chose !
L'Ircam qui a été crée par sa majesté le roi et qui répond à la revendication
concernant la sauvegarde de la culture amazigh, nous a lui aussi tourné le dos.
Notre région est parmi les régions amzighophones qui ne bénéficient pas de
grand chose de cet institut et aucune personne de la région du Sud-Est du
Maroc ne figure dans son conseil d'administration,
Je parie qu'en ce moment où les autres régions sont en train de préparer des
émissions et des films pour investir demain la nouvelle chaine de tamazight, a
ghriss nous continuons à nous reprocher de dire bonjour au lieu d' "Azul" et à
battre le pavé chaque premier mai en criant des slogans creux !
Nous sommes à l'image de cette femme "na sndoune" (qui bat le lait) et qui ne
profite ni du beurre ni du petit lait ! On ne lui donne "aghou ghass asna gui
smoum" !
Voila, je me suis dit ce que j'ai voulu me dire, et tout en hurlant un grand
"bibiw", je vous dis à vous qui avez pris la peine de me lire: Tanmirte noune,
Aytma d'istma !

Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima le 03/10/2009


POUVEZ-VOUS ECLAIRER MA LANTERNE ?
Dans la chronique de cette semaine, je viens vers vous pour vous demander
d'éclairer mon chemin.
Oui j'ai étudié comme tout le monde un peu de géographie, je sais que le soleil
se lève à l'est et se couche a l'ouest, je sais aussi que l'inclinaison de l'axe de
notre planète influe sur les saisons. je sais que la terre tourne autour du soleil
et que la lune tourne autour de la terre. Ces connaissances, je ne suis pas le
seul à les détenir, mon petit fils Zidane qui est en cours préparatoire les
connait aussi. il sait même que le croissant avant de devenir une pleine lune
commence par le premier quartier et qu'apres la pleine lune vient le dernier
quartier.
Je sais aussi qu'à l'est de notre pays se trouve l'Algérie et de nombreux pays
arabes et musulmans. A son nord l'Espagne et les pays européens, au sud la
Mauritanie et les pays de l'Afrique noire et puis à l'ouest l'océan atlantique et
le continent américain.
Je sais aussi que le soleil éclaire l'Algérie avant le Maroc même si du coté des
frontières le décalage n'est que de quelques fractions de secondes .
Tout ce que j'ai dit plus haut sont des évidences me diriez-vous !
Oui c'est vrai et c'est pour cette raison que je ne comprends pas comment ces
pays qui sont à l'Est, au sud , à l'ouest et au nord de notre pays ont vu le
croissant de l'Aïd et pas nous ?
Je pose la question, parce que j'ai "rendu mon âne" comme on dit lorsqu'on
sèche devant un problème.
Je vous pose à vous la question parce que l'explication ou l'interprétation de
"Mane Ra ahou" qui m'a été donnée par un fkih ne me convainc pas.
Est-ce que chaque individu doit voir lui même le croissant ?
Est ce que même la vue du croissant par un seul individu suffit pour tout le
pays.
Est-ce qu'il ne suffit pas qu'une personne l'observe n'importe où dans le
monde pour que le début du mois lunaire commence pour toute la Ouma?
Je ne sais pas et je ne pense pas que nos moufty soient d'accord sur une
même réponse !
Entre nous, jeuner un jour de plus ne me gène absolument pas, puisqu'apres le
mois de ramadan, nous jeunons encore six jours de Chouwal.
Ce qui me gène le plus, c'est qu'aujourd'hui samedi 06 chouwal chez-nous au
Maroc et c'est toujours samedi mais 07 chouwal en Algérie et ailleurs !
Alors là , je ne suis plus d'accord qu'un quelconque événement qui se passe le
même jour dans le monde soit daté de deux dates différentes. C'est illogique et
ça manque de bon sens.

Revenons à l'observation du croissant; que vont faire les musulmans qui
habitent des contrées couvertes souvent par les nuages ?
Et puis plus compliqué encore, ceux qui habitent les pays où la nuit et le jours
durent plusieurs mois ?
C'est sur cet ijtihade que nos responsables des affaires islamiques doivent se
pencher pour apporter des réponses convaincantes aux population.
Continuer à demander aux cadis et à des fonctionnaires de se mettre sur les
toits pour observer le croissant me semble dépassé !

Ceci étant dit, moi je ne placerai pas de longue-vue ni de télescope sur le toit
de ma maison pour l'observation du croissant. Et si ce n'était pas la crainte de
me voir appliquer les sanctions que prévoit l'article 222 de notre loi, j'aurais
pris en considération le fait que le croissant ait été observé par une personne
de la Ouma d'où qu'elle soit. Car je considère que les frontières qui séparent
les pays ne sont fabriquées et imposées que par des hommes et ne font que
répondre à des impératifs politiques.
Mais bon, ou "Mali" ana ?
On me dis de jeuner, je jeune. et lorsqu'on me dis de manger, je mange Ou rabi
ihasb koul wahd!

Quant au décalage des dates, même s'il laisse perplexes les non-musulmans,
ça ne nous surprend plus car il reste conforme au dicton " Itafaqa Al 3arabou
an la yatafiqo".
Chez-nous c'est samedi 06 chouwal chez d'autres c'est le 07. Espérons que
l'absurdité ne nous pousse pas un jour jusqu'au point où ça sera vendredi
chez les uns et dimanche chez les autres.
.
.
Ainsi va Ghriss

                                                        Goulmima le 26/09/2009


LE TEMPS DE "BESSIF" EST REVOLU !
Je vais revenir sur un fait qui a marque la fin de la semaine passée et qui à
mon sens devrait rester un non événement si les autorités n'avaient aidé à sa
médiatisation en mobilisant ses forces pour faire face au comportement de
cette dizaine de personnes qui sont à l'origine de ce fait divers.
Que quoi s'agit-il au fait ?
Un groupe de marocains qui se sont regroupés sous l'appellation de "mali"
(qu'est-ce que j'ai) se sont donnés rendez-vous devant la gare de
Mohammedia, en se donnant le mot d'ordre de ne pas jeuner. et de manger
leurs sandwichs en public devant la gare.
C'est certains que ces personnes ont cherché à provoquer même s'ils
prétendent que leur geste est de mettre le doigt sur la contradiction qui existe
entre la Constitution marocaine qui garantit la liberté de culte et l’article 222
du Code pénal marocain qui stipule que tout individu connu pour son
appartenance à l’Islam qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public
pendant le Ramadan est passible de un à six mois d’emprisonnement et d’une
amende .
Mais fallait-il tomber dans le piège de ce groupe de personnes qui ne
représentent qu'eux même et faire leur jeu en mobilisant des forces de l'ordre
et en faisant de ce fait divers qui serait passé inaperçu un événement que des
medias nationaux et internationaux n'ont pas manqué de saisir pour nuire à
l'mage de notre pays ?
Ne fallait-il pas d'un coté laisser cette dizaine de personnes manger sans
donner aucune importance à leur geste, ce qui les affaiblirait mieux qu'une
intervention des forces de l'ordre et de l'autre coté faire pencher nos
législateurs pour éventuellement réviser cet article 222 dont la phrase: "tout
individu connu pour son appartenance à l’Islam" est plus que subjective.
ce fait divers nous entraine aussi à reconsidérer la position ambigüe que les
autorités observent vis à vis de la commercialisation et la consommation de
l'alcool. Une décision courageuse doit être prise. Le texte interdit sa vente et
sa consommation aux musulmans, alors qu'il suffit de faire un tour du coté
des caisses "alcool" des grandes surfaces, ou jetez un coup d'œil à l'intérieur
des bars pour se rendre compte que les acheteurs et les consommateurs ne
sont pas des blonds aux yeux verts, ni des personnes qui portent sur leurs
tètes une kipa !
Et entre nous, pensez-vous que le fait d'interdire à une personne de
consommer de l'alcool ferait d'elle un bon musulman ?
Et puis tous ces marocains issus de mariages mixtes et qui ne sont pas de
confession musulmane, doit-on les obliger à se cacher pour boire ou manger ?
La spiritualité et la relation entre l'homme et son créateur reste un domaine
prive et n'est soumise à aucun autre jugement autre que celui d'Allah.
 Car qui connait qui est musulman et qui ne l'est sauf celui qui sait ce que nous
faisons apparaitre et ce que nous cachons ?
Je ne suis pas juriste et je n'ai aucune formation dans ce domaine, mais
lorsqu'il s'agit de donner un avis ou prendre une quelconque décision , je me
réfère a mon bon sens.
Je me souviens qu'un jour, un DRH (Directeur des Ressources Humaine) d'une
grande entreprise, me montant le code du travail, m'avait dit en me montrant ce
volumineux manuel, tu sais Ali , dans chacune des page ce code tu as un
justificatif pour licencier une personne innocente comme tu as un moyen de
défendre un vrai fauteur ! Tout dépendra de l'interprétation que fera le
décideur du texte!

Parlant un jour de l'islam au Maghreb et en Asie orientale, j'avais dit que
contrairement à l'islamisation des pays asiatiques comme l'Indonésie, le
Bangladesh, l'inde et la Malaisie qui a été faite pacifiquement par les
commerçants et les voyageurs, au Maghreb c'était par la voie de la répression
et de la violence que les populations ont embrassé l'islam. Ce qui d'ailleurs a
donné naissance au terme Bessif (Bi Assayf) (avec l'épée) qui continue à être
employée de nos jours pour signifier a quelqu'un une obligation !
Ce qui me fait dire que les populations de ces contrées asiatique ont embrassé
l'islam par conviction contrairement à celles du Maghreb qui l'avaient fait par
force !
Or obliger une personne à faire une chose par force, traduit l'impuissance de
celui qui ordonne à convaincre. Et dans plusieurs cas, ce ne sont pas les
arguments qui manquent pour convaincre, mais leurs incompréhension si ce
n'est pas leur ignorance, sans oublier la méthode pédagogique nécessaire
pour que le message soit bien compris.
Sans utiliser la langue de bois, je dirais que c'est l'arme de plusieurs
personnes qui cachent leurs maigres connaissances ou leurs interprétations
erronées pour imposer leur point de vue dans le domaine religieux.
L'islam est une religion de tolérance et de bon sens, qui n'a nullement besoin
d'être imposée par la force. Notre religion est elle même une force; reste à
savoir l'utiliser .

Pour clore cette chronique, je dirais que les agissements des uns et les
réactions des autres montrent l'immensité du chemin qui reste a parcourir.
L'islam n'a pas besoin d'être impose par quiconque, il s'impose de lui même
par ses messages de tolérance et ses appels à la coexistence pacifique entre
les hommes, s'il faut faire quelque chose à cette religion, c'est d'aider à ce que
ses messages soient bien compris.

Ainsi va Ghriss
                                                        Casablanca le 19/09/2009




TOUTES NOS DECEPTIONS NOUS VIENNENT DE L’EST !
Le 03 mars 1986, feu Hassan II, affirmait, ce jour-là : " Le Maroc est un arbre
dont les racines plongent en Afrique et qui respire par ses feuilles en Europe. "
Je me souviens de la joie que j’avais éprouvé ce jour, me disant enfin on a
compris qu’à part l’islam, tout ce qui nous vient de l’est est mauvais.
Notre pays ne s’est jamais vu trahir par ses voisins de l’Afrique sud sahélienne
ou d'Europe. A chaque fois qu’un pays de l’Afrique noire nous tourne le dos,
nous trouvons que c’est un pays arabe de l’est qui est derrière sa magouille.
Que de tentatives de renversement de régime et de déstabilisation du pays ont
été pensés et téléguidées de nos voisins arabes !
Du temps du président Assad qui avait vite oublié le sang des soldats
marocains qui avait coulé sur les monts du Golan, jusqu'au temps de Nasser
qui avait envoyé ses généraux faire de l’espionnage au dessus du Maroc et qui
avaient été fait prisonniers dans le sud-est de notre pays.
Meme nos voisins immédiats dont l'actuel président a oublie le pays de sa
naissance , de son enfance et de sa jeunesse.
Le pays qui a servi à lui et à ses compagnons du groupe d’Oujda de base
arrière dans la lutte pour l’indépendance de son pays
Quant au colonel Kadhafi, lui on dirait qu'il est de Moulay Yacoub, ( ha
skhoune, ha lbard ) à volonté. Il souffle le chaud et le froid et tourne comme
une girouette selon la direction du vent de la circonstance.
Rien que cette semaine, alors qu’un détachement de notre armée participait au
défilé organisé lors de la célébration de l’anniversaire de la prise du pouvoir
par Maamar Kadhafi, ce dernier ne s’est pas gèné d’inviter le président de la
RASD à ces festivités auxquelles assistaient de nombreux chefs d'Etats.
Moi, homme de la rue et simple citoyen marocain, je considère que cet acte est
une insulte envers mon pays et envers son peuple, d'autant plus que ce n’est
pas le premier coup de poignard dans le dos que le leader libyen nos assène !
Vous allez voir la suite, le colonel trouvera mille excuses pour expliquer son
forfait et justifier l'injustifiable et nous, comme d'habitude, nous allons encore
une fois passer l’éponge comme si de rien n’est fait.

Sérieusement, qu’est-ce que notre pays a gagné de notre appartenance au
monde Arabe, si ce n’est que déceptions et trahisons de tous les genres ?
Les arabes qui nous aiment prennent notre pays pour leur lieu de défoulement
et viennent nous humilier avec leurs pétrodollar en se payant l’honneurs de
nos concitoyennes.
Ceux qui ne nous portent pas dans leurs et cœurs et qui nous détestent ne
cessent de fomenter des coups tordus contre notre pays !

Pourquoi continue-t-on à tendre la joue à ceux qui ne cessent de nous gifler ?
Pourquoi nous n’avons pas mis en application la citation de feu Hassan II en
nous approchons plus de l’Europe et des pays du sahel ?
N'oublions pas que si notre pays a pu résister aux turcs et aux diverses
tentatives d’occupations européennes c’est parce qu’il a su garder sa
spécificité d’être un pays ou l’Arabité, l’Amazighité et la Négritude se
conjuguaient pour faire face à toute ingérence étrangère et à toute menace
d'où qu'elle vienne.
Le Maroc est à l’image d’un homme dont le corps. est protégé par trois habits,
lui ôter ces deux habits que constituent Amazighité et la Négritude ne fera que
l’exposer à une grippe qui l’affaiblira et le rendra fragile et vulnérable.
C’est ce que devraient comprendre celui qui voulait transformer Ifrane en
Yefrane et celui qui a remplacé « Tizi n’Taghoumte » par Faj Talghoumte » en
attendant de remplacer « Talghoumte par Naqa ! Celui-là même qui porte un
nom qui fait référence à au pays de feu Saddam.
Au lieu de faire des efforts pour apprendre Tamazighte avec tout ce qu’elle
comprend comme richesse culturelle, certains marocains font tout pour
l’éradiquer et imposer au peuple la langue Arabe classique qui comble de
l'ironie, n'est même pas parlée par les arabes eux même !

Même si certains pensaient en 1986 que la déclaration de feu Hassan II n'avait
pour but que de gagner la sympathie des européens, je pense que le défunt roi
pensait déjà lui à la manière de se dégager des chamailleries arabo-arabes et
de leurs querelles qui ne se terminent pas.

Il faut reconsidérer la citation de feu Hassan II et comprendre que notre pays et
comme un arbre, il ne se développera que s’il se nourrit par ses racines
africaines et respire par ses branches et ses feuilles européennes.
Le panarabisme et le nationalisme arabe ont comme le communisme et les
autres doctrines éphémères montré leurs limites,
Le temps des illusions est derrière nous, continuer à croire aux mirages est
utopique.
.
Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima le 12/09/2009


"ZAIDAT AHAWJ I TMARA" !
La chronique de cette semaine qui coïncide avec la rentrée scolaire, essayera
de poser sur la table un aspect de ce que vit l'enseignement dans notre pays.
Souvenez-vous il y a quelques mois pour ne pas dire quelques semaines les
hautes autorités du pays avaient montré du doigt les lacunes et le
disfonctionnement de notre système éducatif. Notre attente reste de voir
quelles sont les actions correctives qu'il faudrait entreprendre pour mettre un
terme à la chute de niveau de nos étudiants. Je ne sais pas si une commission
a été créée dans ce sens
Mais une surprise de taille ou plutôt une douche froide vient remettre en
question notre attente de voir les responsables de notre enseignement nous
présenter un plan de redressement qui permettrait de relever le niveau de nos
étudiants.
l'annonce de recrutement direct de professeurs et d'instituteurs a surpris plus
d'un. Car si d'un coté on peut se féliciter que de nombreux chômeurs vont
finalement trouver un emploi, d'un autre cote nous nous posons la question
sur l'avenir de nos écoliers et de nos collégiens qui vont bénéficier des leçons
données par ces "recrutés" qui n'avaient suivi aucune formation et aucune
préparation pédagogique.
Si les élèves et collégiens sont les premières victimes de cette décision
hasardeuse, les chômeurs recrutés le sont aussi pour deux raisons:
La première est de se voir lancés dans un métier difficile pour lequel ils n'ont
pas été préparés
La seconde sera pour certains le fait d'exercer par nécessité un métier pour
lequel ils n'ont aucune vocation.
Je suppose que le manque d'effectif est connu depuis longtemps?
Alors pourquoi attendre le mois d'aout pour lancer l'opération de recrutement
?
Ne pouvait-on pas organiser dans des centres régionaux ou dans des camps
sous forme de colonies de vacances une session de stage ou de formation
même courtes pour ces recrutés ?
Certes, notre pays comme tous les autres pays est confronté au problème de
chômage. Mais ne devrait-on pas déjà commencer par optimiser et bien
exploiter ce dont on dispose ?
Une des raisons a mon avis de la médiocricité de la qualité de service dans nos
administrations a pour cause principale le fait que de nombreuses personnes
exercent leurs métiers non pas par vocation mais par nécessite et par le désir
de quitter le chômage
C'est vrai qu'il est impossible de satisfaire le souhait de chacun, mais si les
divers départements ministériels coordonnent entre eux pour que les concours
de recrutement se passent tous au mois d'aout avec un décalage de deux jours
entre chaque concours, cela permettra au candidats de passer plusieurs
concours et d'opter apres l'annonce des résultats pour le métier pour qui ils
ont une vocation.
Cette opération qui ne demande qu'une bonne coordination aux niveau des
départements de recrutement, permettra aussi aux étudiants et demandeurs
d'emplois de passer tous les concours dans une période courte et planifiée
d'avance. Ce qui évitera des déplacements fréquents et onéreux aux
personnes habitants hors de Casa et Rabat.

Je ne sais pas quelle est la position des divers syndicats des enseignants
concernant cette opération de recrutement , ni comment sera la réaction de
ceux qui vont suivre des années de formation aux écoles régionales et à l'école
normale supérieure, si ceux qui vont être recrutés vont bénéficier des même
avantages sans avoir eu a subir des années d'études contraignantes?

En fin de compte, toute cette crainte de voir le niveau scolaire de nos enfants
baisser, ne concerne que les enfants du peuple, les nantis ont les moyens de
scolariser leurs enfants dans des écoles privées ou l'enseignement est assuré
par des enseignants chevronnes qui ont bénéficié du DVD (Départ Volontaire
Daba) et dont la formation a été supportée par le contribuable marocain, c'est a
dire vous et moi.

Pour conclure, je dirais que si le tâtonnement est tolèré dans certains
domaines, je pense qu'il est criminel de compromettre l'avenir de notre pays en
adoptant des mesures qui sont loin de bien préparer le marocain de demain.
.
Ainsi va Ghriss

                                                        Goulmima le 05/09/2009




FOLKLORISATION = DECULTURISATION
Le folklore, voila un mot non pas magique mais maudit qui a contribué à
réduire à leurs plus simples expressions tant de pratiques de notre patrimoine
culturel.
Pour ne parler que de Goulmima et plus précisément du ksar (ighrem), alors
que nos grands parents savaient monter à cheval et pratiquer la fantasia, à ce
jour pas une personne est capable de monter à cheval parmi la population du
ksar. d'ailleurs depuis la mort du cheval du Caid Bassou Oualla, aucun
habitants ne possède cette belle et prestigieuse monture. Même chose pour les
mules qui n'arpentent plus les ruelles du ksar. seuls demeurent quelques ânes
aux longues oreilles dont le nombre est depuis longtemps dépasse par des
bourriquots aux oreilles courtes.
il y a moins de 50 ans Goulmima comptaient plus de quatre grands poètes chez
les ait Morghades et autant chez Iqbliyen, les ihidass sont dansés sans fausses
notes (3aouch), et les gens petits et grands sortaient pour écouter et décoder
les izlanes qu'accueillent les femmes avec des youyous.
nous qui étions jeunes et qui ne comprenions pas grand chose du sens et de la
valeur artistique ainsi que la portée de ces izlane, c'est par les youyous des
femmes que nous apprenions quel était le poète le plus pertinent dans ses
vers. C'est en quelques sortes un applaudimètre, qui sert à départager les
poètes lors des joutes oratoires.
L'origine de cette "déculturisation" est connue, elle a commence depuis qu'on
utilise "ihidass" non seulement pour célébrer les mariages mais pour égayer
l'assistance lors des fêtes nationales.
Comment voulez-vous qu'un grands poète soit inspiré et crée alors qu'il sait
que les personnes assises dans des fauteuils sur une estrade ne
comprennaient pas sa langue et encore moins le sens de ses vers de poésie ?
Lorsqu'ils ne pouvaient pas dire non aux autorités qui leur demandaient de
participer lors des fêtes, ils le faisaient même si c'est sans conviction,
maintenant que cette obligation n'est plus de rigueur, ihidass qui se jouent lors
des fêtes ne sont plus qu'Ihidass Imjade !

Le problème ne serait pas grave si cette "teigne" ne s'est pas propagée jusqu'a
atteindre les occasions qui n'ont rien à voir avec les manifestations organisées
lors des fêtes nationales. Même dans des mariages célèbres à la traditionnelle,
certaines personnes refusent de participer parce qu'elles considèrent
dégradant le fait de danser en public; alors qu'avant ces danses étaient
exécutées par des personnes d'un certain âge.
Aujourd'hui on ne compte que quelque irréductibles aux cheveux blancs au
milieu des jeunes qui dansent et chantent faux !

Que faut-il faire alors ?
Je pense qu'il faut que nous tous qui tenons à sauvegarder ce patrimoine
culturel que nos parents nous ont légué et dont nous avons la responsabilité et
le devoir de le transmettre à nos enfants, de tout entreprendre pour que nos
ihidass, nos poètes retrouvent leurs lettres de noblesse.
Avant, dans sa tribu le poète était considéré comme l'étaient amghar et l'imam.
c'était le défenseur de sa tribu ou de son ksar lors des joutes oratoires et ces
izlane sont repris, appris et chantés par les habitants.
Pour ce faire, non seulement il faut changer notre façon de voir ces danses,
mais il faut participer à leur sauvegarde en y participant et en veillant à ce
qu'elles ne perdent pas de leurs authenticité et de leur valeur culturelle.
Ces danses qui font partie de notre culture nous appartiennent tous et ne sont
pas l'exclusivité d'une caste ou d'une catégorie sociale, il n'a jamais été dit
qu'un ingénieur, un médecin ou un cadre ne puisse pas danser! A moins que
dans sa tête, il considère que ce volet de notre culture "l'abaisse" ou le
rétrograde !
Si c'était le cas je serais le plus heureux des 2eme classe de toutes les armées
et à chaque fois qu'un Ahidouss se joue, je m'y introduis tout d'abord parce
que ça me plait et ensuite assurer ce devoir de transmission.


Ainsi va Ghriss
                                                          Casablanca le 29/08/2009


LES STARS ET LES ETOILES-FILANTES
En attendant de voir de quel dossier, les medias vont se saisir cette année
pour occuper et distraire les gens durant ces journées ramadaniennes qui sont
déjà assez chaudes par ce temps caniculaire qui s’abat sur le pays, les gens se
contentent de suivre et de commenter le championnat de monde d’athlétisme
qui se déroule à Berlin.
Il faut dire que l’enthousiasme des années Aouita et El Guerrouj pour ne citer
que ces deux athlètes sont bien derrière nous !
Finis les temps où la question qu’on se posait n’était pas si notre délégation va
ramener des médailles, mais combien de médailles va-t-elle ramener ?

Que s’est-il passé alors, pour ne plus figurer parmi les nations qui se
distinguent dans ce genre de compétions dont notre avait son mot à dire ?
A ma connaissance, les moyens matériels ont été mis à la disposition de nos
athlètes, la matière première à savoir l’élément humain ne fait pas défaut non
plus, je dirais au risque de me tromper que les encadrants et les entraineurs
sont les mêmes ou presque. Et si les résultats ne sont pas là, ça ne peut
provenir que dans la motivation ou plutôt dans le but à atteindre que se fixent
les participants.
Contrairement aux stars qu’étaient Aouita et El Guerrouj qui ont continuer à
briller durant des années et à s’éteindre avec l’âge comme le font les étoiles,
nos athlètes d’aujourd’hui sont à l’image des étoiles filantes, elles ne brillent
qu’un laps de temps qui ne permet même pas au commun des mortel de se
souvenir de leurs noms !

Ils me semble que nos athlètes actuels ne sont pas assez préparés
psychologiquement pour assimiler que le plus difficile n’est pas seulement de
gagner une course ou une médaille mais de savoir la garder et garder son titre
le plus longtemps possible.
Et pour garder son titre, il n’y a pas trente six mille façons, la seule d’y parvenir
c’est de s’entrainer et de s’éloigner des problèmes de gestion et de leadership
et encore moins se prendre pour une star et basculer dans le monde des
mauvaises fréquentions.
Hicham El Guerrouj a su rester égal à lui-même, malgré ses nombreux titres et
médailles, pour lui ce qui importe se sont ces entrainements et non les
querelles ou les tensions qui existaient au sein de la fédération.
Il faut reconnaître que derrière cet esprit et ce comportement d’El Guerrouj, il y
avait aussi un homme de poigne à la tête de la fédération. Lhaj Mediouiri
n’aurait jamais accepté d’ingérence des athlètes dans des problèmes de
gestion qui ne sont pas les leurs.
Peut être que sa méthode est pour certain une « méthode musclée », mais à
défaut de préparer les athlètes psychologiquement pour qu’ils assimilent et
comprennent leurs droits et leurs devoirs, la méthode forte reste une
nécessité !
Etre un bon athlète ne veut pas dire être un bon manager !
Bien sûr que des exceptions existent, mais elles restent toujours des
exceptions.
Faut-il en vouloir à nos étoiles filantes ?
Non et encore une fois non, s’il faut en vouloir c’est à ceux qui ont faillit dans
l’encadrement de ces jeunes qui n’ont pas peut être bénéficié d’un
accompagnement leur permettant d’éviter les nombreux pièges qui conduisent
vers la notoriété.
C’est n’est pas du tout du mépris pour eux si je dis que pour certains c’est de
« lhmara l’tyara » et ce n’est pas de leur faute si on a négligé de leur apprendre
les manières de se comporter, hors du pays.

Je n’ai rien contre l’actuel président de la fédération qui continue à développer
avec brio et beaucoup de savoir faire l’entreprise dont il assure la
responsabilité, mais et même si je risque de me faire couper ma ligne
téléphonique, je vous avoue que lorsqu’on a confié la charge de former nos
coureurs à un « Ahizoune » (boiteux en tamazight), je me suis dit qu’il risque
de les faire trébucher et mordre la poussière !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 20/08/2009



"AMZ IFF A MEMMI" !
Ne voyez pas dans ce titre une quelconque provocation, ni un manque de
respect pour les lecteurs et lectrices. Ce titre ne signifie autre chose que ce
qu'une maman demande à son bébé lorsqu'elle l'invite à téter. Voila ce qui va
arrêter et couper court aux pensées de ceux qui espèrent fantasmer sur les
poitrines généreuses, moi la seule générosité que je vois à ces bonnes
sources de lait c'est de nous voir donné autant de lait lorsque nous étions
bébés .

La semaine écoulée a été marquée par le petit remaniement ministériel au
niveau de l'équipe de Abbas El Fassi. Rien d'anormal me diriez-vous; les
gouvernements sont faits pour être formés et défaits. Vous auriez raison mais
là c'est un peu différent et je vais vous expliquer pourquoi.
Dans le cas de ce remaniement, nous connaissons pourquoi les sortants sont
partis sans savoir qui a motivé ceux qui sont arrivés.
On me dit que celui qui remplace Mme Jabrane à la culture est un homme de la
maison, je dis amen. Même chose parait-il pour celui qui remplace notre
championne Nawal aux sports, même s'il nous arrive du Fus, (suivez mon
regard). Mais Laanser et Ouzine, j'aurais aime connaitre ce qui les a motivé
pour faire partie de cette équipe dont beaucoup d'analystes disent que ces
jours sont déjà comptés.
Voila Mr Laanser qui, quelques mois disait tout le mal de l'équipe Abbas.
Qu'est-ce qu'il y a de changer aujourd'hui, pour qu'il décide de faire parie de
cette équipe avec un poste de ministre d'état sans portefeuille !
Moi qui suis même si c'est de loin ce qui se passe au niveau des dirigeants
haraki, je sais que ce parti ressemble au serpent à deux têtes des histoires de
nos grands mères. Les têtes passent leur temps à se mordre faisant le grand
bonheur des souris qui vont sans inquiéter voler le beurre de la jarre.
Mr Abbas savait qu'il n'aura pas le serpent dans son panier sans satisfaire à la
fois les inconditionnels de Lmahjoub et les supporters de Mhand. Il a reussi un
bon coup de maitre rien que par le fait de montrer à l'opinion publique que
ceux qui disent que le pain est ranci n'hésitent pas à sauter sur sa moindre
miette !
Ce qui me choque c'est de voir que dans nos campagnes et sur nos
montagnes des gens continuent à croire au militantisme, et répondre à l'appel
de ceux qu'ils pensent qu'ils vont les défendre ou développer leurs localités.
Dans ce petit remaniement les ficelles sont tellement grosses qu'elles
n'échappent à personne. Et si hier les gens riaient d'un éléphant porteur d'un
sac à dos ils peuvent se plier en deux de rire maintenant que le pachyderme
est rejoint par le chameau, même si ce dernier va avoir du mal à garder son sac
à dos sur la bosse .

Pour clore cette chronique, je vais vous raconter une histoire, qui est arrivée
au temps du Siba à Asrir (Tinjdad).
Un des fils du grand caïd Mohamad d'Asrir est allé voir son père le caïd pour
lui confesser une grande bêtise qu'il a faite. Apres l'avoir bien écouté, le grand
caid lui dit:
 - Hane amti ourda tajrounte.
 - Ar mk jrante ourda Farounte
 - Ar mk frante, hate ouri ikimi mayd ourifaroune.

Si en répondant à Jean Léonard, l'empereur Napoléon Bonaparte a écrit : « Ce
n'est pas possible, m'écrivez-vous : cela n'est pas français »,
Moi je dirais que la formule "tout est possible" est bien de chez-nous !

Ainsi va Ghriss
                                                      Casablanca, le 03/08/2009



"WALA TAQNATE MINE RAHMAT ALLAH" !
Apres tout le tralala que notre pays a connu durant les élections municipales et
la constitution des équipes appelées à gérer les affaires des municipalités et
des commune, la tension est retombée à son plus bas niveau
L’activité de nos divers ministres sur le terrain ressemble aux pulsations d’un
électrocardiogramme branché sur une personne victime d’un infarctus. La
courbe est presque plate
Heureusement que sa majesté le roi par sa volonté de faire bouger les choses
ne cesse de lancer des programmes de développement à travers le pays. Ceux
qui n’ont pas visité le nord depuis une dizaine d’années risquent de ne plus
reconnaitre les lieux apres tout ce que cette région de notre pays a connu
comme développement durant ces dix années de règne de Mohammed VI.
C’est aussi pour cette raison que nous pensons que le salut de notre région
n’est pas à attendre d’un quelconque ministre. Son décollage et son
développement économique ne se fera que dans le cadre de la programmation
d’une visite royale.
Il suffirait que cette visite soit programmée pour voir non seulement les vieux
projets sortir des tiroirs mais aussi voir les grands commis de l’Etat se
précipiter pour trouver des niches de développement et des projets qui
peuvent être lancés durant cette visite.
Le temps ou les gens attendaient une visite d’un ministre pour qu’il lance les
travaux d’un chantier ou programme est révolu. Leurs rares visites,
lorsqu’elles ont lieu chez-nous rentrent en général dans un cadre politique et
se font tout particulièrement dans les mois qui précédent les élections.

Personnellement je reste convaincu que les beaux jours pour notre région sont
devant nous. Les potentialités de développement économique existent et sont
là ! L’honnêteté et le sérieux des habitants dans l’exécution des travaux qui
leurs sont confiés sont reconnus dans tout le pays, l’implication de la diaspora
et des cadres locaux ne sera que totale.

Vous savez, chez-nous à Ghriss, lorsqu’une fille se marie, toutes les autres
filles qui ont l’âge de se marier et qui attendent qu’un prétendant se présente,
viennent demander à la mariée de leur donner une tape avec sa babouche, il
parait que ca porte bonheur et ca fait venir des prétendants.
Je ne sais pas si ça ne serait pas judicieux de demander à nos élus de profiter
de leur futur voyage au nord pour aller se faire frapper sur le dos aves les
babouches des élus de Nador>
Même bons musulmans que nous sommes, à Ghriss, nous continuons à croire
à la baraka de certaines pratiques ancestrales.

Si j’étais "Goulmima", sans hésitation aucune, je dirais « Outi à Nador
sou Kourbiy nek « !
Ainsi va Ghriss
                                                      Goulmima, le 25/07/2009
LA JUSTESSE D’UNE INJUSTICE !
Il y a quelques mois, j’avais posé le problème de la caisse de compensation qui
depuis sa création profite plus aux nantis qu’aux pauvres.
Les prix du sucre, de la farine, du gaz, de l’essence et des autres produits
subventionnés profitent à ceux qui les utilisent plus c'est-à-dire les riches
qu’aux familles pauvres.
Compenser les prix de certains produits de première nécessité ne suffit pas si
en face le gouvernement ne définit pas ceux qui doivent profiter de ces prix.
Car l’opération ne fera qu’élargir l’écart entre les classes de la société.
Le contribuable marocain qui participe directement ou indirectement à
l’alimentation de cette caisse n’accepte pas de subventionner ceux qui roulent
avec des grosses cylindrées ou qui utilisent du sucre et de la farine par
dizaines de kilos.
C’est vrai que ce n’est pas facile de trouver un système plus équitable qui
profitera pauvres et non aux riches, mais on attendant rien n’empêche le
gouvernement de trouver des astuces ou des petites actions correctives pour
réduire cette injustice sociale faites aux pauvres.
Les ministères concernés « grouillent » de cadres et de compétences qui
peuvent plancher sur ce dossier afin de lui trouver des solutions.

Si on prend par exemple le cas d’un citoyen qui roule avec une 4x4 et un autre
qui roule avec une petite cylindrée comme une R4 ou une Uno, la différence
entre ce dont profite le propriétaire de la 4x4 et celui de la R4 peut être
compenser par la prise en charge pas la caisse de compensation des frais de
vignettes et d’assurance !
Ainsi, on pourra par exemple généraliser cet exemple pour tous les véhicules
de moins de 8 cv et la on pourra dire que la caisse compense équitablement
les carburants par le biais des les utilisateurs de véhicules.
D’autres idées plus intéressantes pour que la caisse profite à tous les
marocains avec plus d’équité doivent certainement exister.

Je conçois encore que l’état puisse compenser les produits de première
nécessité que consomment les marocains, mais compenser du gas-oil pour les
bateaux de pèche qui exportent et vendent en devises le produit de leurs
pêches me parait plus qu’anormal.
On ne compense pas des activités qui dégagent des marges bénéficiaires
importantes et c’est le cas de cette activité.

Si le budget de ce fonds qui était de 3 milliards de dirhams en 2002 et qui est
passé à 20 milliards pour 2008 profitait équitablement aux familles marocaines,
faites la division cela vous donnera pour une population d’à peu près 5
millions de familles une subvention de 5 milles dirhams par an.
C’est certain que pour quelques familles cette somme de suffira même pas
pour passer un week-end à Ifrane ou Marrakech, mais je vous assure que pour
d’autres familles, elle suffira pour assurer un repas quotidien durant toute une
année. Et si le gouvernement use de plus d’Ijtihade pour que l’argent de cette
caisse soit distribué en excluant les familles aisées, on ne parlera plus que de
classes moyennes et aisées dans notre pays !
Aussi, en attendant de réviser le système de compensation actuel pour le
rendre plus efficace en le dotant d’un mécanisme assurant une meilleure
équité, les habitants de nos montagnes se contenteront des 30 dirhams que
représente la compensation sur les 12 pains de sucre qu’ils achètent par an !
Cela fait partie des contrastes de notre pays ! les plaines sont arides et l'eau
continue d'alimenter l'ocean !
Ainsi va Ghriss
                                                       Goulmima, le 18/07/2009



« KOLOUKOUM RA3INE » !
Dans la chronique de cette semaine, je vais essayer de revenir sur ce qui me
semble être des événements majeurs qui avaient remis en question ce que
beaucoup d’entre nous pensaient pérenne, il s’agit bien sûr les deux
principales idiologies politiques qui avaient marque le 20eme siècle.
Je commencerai par le communisme et dirais :
 - Qui aurait pensé que le communisme allait s’effondrer comme un château de
cartes et que le puissant empire soviétique qui le symbolise et qui dans les
années 80 faisait trembler le monde allait disparaitre après 69 ans d’existence
cédant ainsi sa place a ce qu’on avait appelé la CEI (Communauté des États
Indépendants)?
 - Qui aurait douté de l’enthousiasme de ces hommes et de ces femmes qui
travaillent dans des usines et dans des fermes collectives et dont l’objectif
était de produire plus pour leur communauté ?
 - Qui aurait pensé qu’un système qui rejette le capitalisme et l’exploitation de
l’homme par un autre allait montrer ci rapidement ses limites ?
Et pourtant, la vie de ce modèle de système qui avait séduit les dirigeants de
plusieurs pays allait mourir le 21 décembre 1991 à Alma-Ata, au Kazakhstan.

Aujourd'hui, avec un peu de recul, on se rend compte que certains événements
n’étaient que des prémices de ce qui allait arriver; à commencer tout d’abord
par l'élection à Rome d'un pape polonais en la personne de Karol Vojtyla
(Jean-Paul II), qui avait ébranlé la puissance soviétique.
L’action des ouvriers polonais qui étaient tous acquis au pape avaient fait
chanceler le gouvernement communiste de Varsovie. Avec cela venait s’ajouter
avec un président américain (Ronald Reagan) qui avait balayé les stigmates de
la guerre du Viêt-Nam et engagé les États-Unis dans une course aux
armements défiant les dirigeant soviétiques qui avaient une économie à bout
de souffle, est incapable de suivre son rival sur ce terrain.
La crise du système était si profonde, que même l’arrivée de Mikhaïl
Gorbatchev au pouvoir, et ses tentatives de moderniser l’économie en
introduisant la « perestroïka» (réforme ou restructuration) ne pouvait pas
arrêter l’effondrement du système.
Certains événements comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (en 1986),
la chute du Mur de Berlin tombé en 1989, et bien d’autres événements ont fini
par fissurer les bases du système qui n’a pas tardé a s’écrouler.
Prédire qu’un jour, les populations de l’urss risqueraient de manquer de
nourriture suite à une production insuffisante de céréales était impensable.
Comble de l’ironie, c’est en adoptant certaines réformes capitalistes que de
nombreux pays qui avaient adopté des systèmes socialistes ou communistes
ont pu sauver leurs économies de l’effondrement total !

Mais, attention il ne faut surtout pas croire que le modèle capitaliste est
dépourvu de risques ou qu’il est le meilleur système de gouvernance. La crise
économique mondiale que nous vivons actuellement n’est qu’une
conséquence des perversités de ce système.
Et là aussi comble de l’ironie, c’est en nationalisant des entreprises privées,
cas des banques en Angleterre ou en prenant des participations dans certaines
grandes sociétés cas de Général-Motors aux Etats-Unis que les
gouvernements des pays qui ont adopté le modèle capitaliste essaient de
juguler les effets de la crise !

Comme quoi, entre le capitalisme, le communisme et le socialisme doit exister
d’autres systèmes plus appropriés et qui sortent du cadre des idéologies. Il me
semble avoir lu quelques parts que le respect des règles de ces systèmes
idéologiques inventés par l’homme ne sont que des manières d’empêcher
« l’ijtihad » à défaut de pouvoir l'interdire.

Je devine l’envie de mon voisin barbu, qui tient sa gandoura par ses dents et
qui brûle d’impatience d’intervenir dans le sujet, même si ce n’est que pour
nous dire qu’il connait un système de société qui déclasse celui de Marx, de
l’oncle Sam et de leurs adeptes.
Il s’agit d’un système qui rend cohérente l’architecture organisationnelle de
toute gouvernance et dont est inspiré le titre de cette chronique.

Ainsi va Ghriss
                                                        Goulmima, le 11/07/2009



LE MANAGEMENT A LA SUNNA !
Pour la chronique de cette semaine. je vais emboiter le pas à l'imam de
Tarmaste qui dans son prêche du vendredi avait insisté sur le sens de la
crédibilité dans le comportement de tout un chacun.
Notre fkih donna l'exemple du poids de cette qualité que nous devions tous
posséder et qui est le meilleur argument pour convaincre par le comportement
de notre prophète (que le salut de dieu soit sur lui).
Dans son premier exemple, il rappela ce que notre prophète avait dit aux
habitants de la Mecque lorsqu'il leur fit part de la mission dont il fut chargé en
tant qu'envoyé de Dieu et qu'il avait remarqué que beaucoup d'entre eux lui
semblaient douter de ses paroles.
Le prophète leur dit alors:
 - A vos yeux, ne suis-je pas crédible ?
Ce à quoi bien sur ils répondirent tous, qu'il est l'homme le plus crédible de
leur tribu.
 - Alors pourquoi douter de ce que je vous dis leur demanda-t-il ?
Cette réponse faite au gens par le prophète, montre l'importance de la
crédibilité "Assedq" dans la vie d'un homme !
Notre imam enchaina sur le management participatif et sur l'importance de
l'exemple que doivent donner les décideurs et les leaders en prenant toujours
l'exemple du comportement du prophète qui ne demandait aux gens de faire un
geste ou un acte qu’une fois il l’a fait lui-même.
Il rappela qu’avant de demander aux gens de sa tribu de libérer leurs esclaves
le prophète avait lui-même acheté un esclave, puis l'avait affranchi en lui
rendant sa liberté.
Lorsqu’il demanda aux autres personnes de libérer leurs esclaves, certains lui
répondirent
 - Et pourquoi ne l’as-tu pas fait avant cette date ?
 Ce à quoi il avait répondu:
- J’ai attendu d’avoir de quoi acheter un esclave et de l’affranchir pour vous
demander de le faire aussi.

Ces deux exemples qui décrivent le comportement de notre prophète résument
à eux seuls tout ce qui s’enseigne dans les écoles de management.
Etre honnête et crédible, donner l’exemple en s’impliquant soi-même, voila les
clés de la réussite.

Je me souviens de l’étonnement de certaines ouvrières de l’usine dans laquelle
j’occupais la fonction de directeur technique lorsqu’elles me virent me pencher
pour ramasser un flacon vide ou des bouchons en plastiques tombés de la
chaine de remplissage.
Pour elles ce travail « dégradant » est réservé aux personnes qui s’occupaient
du nettoyage, mais lorsqu’elles me virent le faire tout naturellement, le
qualificatif « dégradant » disparait par enchantement. Et lorsque je leur fis
savoir lors d’une réunion sur l’hygiène et la sécurité que ce qui est dégradant,
c’est de travailler dans un poste qui n’est pas propre, je vous assure que
chacune prenait soin de son poste de travail et s’assurait de sa propreté.

Donner le bon exemple, c’est à mon avis ce qui manque en ces temps dans
notre vie de tous les jours. Nous sommes devenus plus individualistes, plus
égoïstes et plus matérialistes. La solidarité entre les personnes, entre les amis
et quelquefois même entre frères s’est effritée.
Si au moins, à défaut de donner un bon exemple les gens évitent de donner le
mauvais, ça serait déjà bien. Mais en ces temps qui courent, ce sont les
mauvais actes qui sont colportés par les gens. C’est comme à la télé, ne sont
montrés que les scoops des catastrophes, des braquages et des agressions.
3mi Mahdi avait raison lorsqu'il avait dit il y a exactement trente neuf ans dans
un "izli:
           Taghoul Lqa3ida da tkhlaf **** Iroura ouznar s'tadawte aqa !

Ainsi va Ghriss
                                                       Goulmima, le 04/07/2009


D'JENQUER" POUR OUBLIER !
Cette semaine j'ai envie plus de "me parler" que de m’adresser aux autres. Me
parler, car depuis un moment, je me suis oublié et durant plusieurs semaines
je me suis adressé plus aux autres qu'à moi même.
Et puis qui va accepter mes propos et mes élucubrations plus que moi ?
Je vous assure qu'avant d'accoucher cette chronique, j'ai fait ma prière et que
je porte une barbe de plus d'une semaine qui j'espère me rapprochera un peu
plus de mes "frères" !
Voilà pour l'introduction, maintenant passons au reste.

J’ai passé tout le mois de juin à Goulmima et je me prépare à y aller pour les
mois de juillet et d'aout, pour vous dire le plaisir que j’ai pour retrouver mes
amis et ma région natale.
Mais malheureusement, car il y a toujours un mais, même si vous essayez de
relativiser les choses et de n’accorder pas beaucoup d’importance aux petits
désagréments que vous constatez, cela n ’empêche pas certaines choses de
vous rester coincées à la gorge, car vous en ressentez plus une sorte de
« hogra » qu’autre chose.
Personnellement, je ne suis pas un amateur de vins ni de spiritueux, je leur
préfère une bonne eau plate de "Boukhazm", mais je ne dis pas que je suis
contre ceux qui préfèrent savourer le glouglou d’une bonne blonde ou brune
bien fraîche, il parait que ça procure plus de plaisir, tant mieux pour eux !
Là ou je ne suis pas d’accord, c’est le fait qu’on interdise chez-nous ce qu’on
tolère pour ne pas dire qu’on accepte partout ailleurs !

J’ai vu des marocains à Rabat, Casa, Meknes, Fes et partout au Maroc quitter
les grandes surfaces avec des caddys plein à craquer de barquettes de bières
et de bouteilles de vins sans que personne ne vienne leur dire quoi que ce soit
alors que chez-nous le zèle de certains agents va jusqu'à demander aux
chauffeurs de grands taxis qui arrivent à Goulmima, d’ouvrir les coffres de
leurs voitures pour s’assurer qu’une bouteille de vin n’est pas cachée dedans !
Cette "répression zélée", ne sert actuellement que les intérêts des Guerraba et
des apprentis "alambiquiers" qui font bouillir dans des cocottes-minute des
dattes pourries pour en tirer le l’eau de vie (Mahhiya). Un alcool qui est
fabriqué dans des conditions ne garantissant aucune hygiène et dont la teneur
en degrés n’est pas du tout contrôlée.

A moyen terme, il est certain que nous constaterons les dégâts que se
breuvage ne manquera pas de provoquer au niveau des appareils digestifs des
personnes qui en prennent.
Aller jusqu'à Tinghir ou Errachidia pour prendre une bière ou un ou deux
verres de « Samkhou » ou se contenter d’un bon litre de « Djanka » (mélange
d’eau de vie de dattes coupée avec du coca), sous Agoulf (les palmiers) au
bord de l’oued ?
La réponse est toute simple à trouver, car à défaut d’avoir les moyens pour le
premier, les jeunes se replient vers le second en dépit des dangers qu'il
représente.
Là encore on n’est pas comme tous les autres, comme si le makhzen veut nous
obliger à rester conscients pour mieux ressentir ce qu’il nous inflige comme
hogra !
Moi pour oublier l'indifférence, de ceux qui nous gouvernent à l'égard de notre
région, je me suis résigné à attendre d’être au paradis pour bien m’enivrer en
plongeant dans le plus grand fleuve de vin et en y "frappant" un énorme
"derdouz"! Beaucoup d’autres, ont choisi de ne pas attendre l'au-delà pour se
soûler, ils le font avec « ichochane ikhmarn» (dattes pourries et fermentées)
qu’ils font bouillir dans des cocottes minutes, en attendant qu’une grande
surface ouvre ses portes à Tilouine !
Mais tout compte fait, je pense qu’ils ont raison de se soûler ici-bas sans
attendre d’être au paradis. car si le fait de se griser, permet d’oublier, c’est en
ce monde de la hogra qu’il faut le faire !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 27/06/2009


CHARRETTES ET AUTOROUTES !
Il y a plusieurs mois j’avais réservé une de mes chroniques à ce qui a été un
grand événement politique en son temps, à savoir la création par Fouad Ali El
Hima du PAM (Parti de l’Authenticité et de la Modernité) et j’avais avancé que
l'implication de l'ami du roi n'est qu'un remake de la période Osman au temps
de feu Hassan. Je dois reconnaître que même s’il y a similitude dans la
démarche entre l’implication dans domaine politique puis la création d’un parti
politique d’Ahmed Osman et Fouad Ali El Hima, tous deux proches du palais,
les buts visés diffèrent.
Pour Osman c’était pour briser (avec l’appui du Makhzen) l’arrogance de
certains leaders des partis d’opposition qui pensaient être les seuls à
représenter le peuple. Le coup était bien étudié et bien exécuté, puisque les
SAP (Sans Appartenances Politique) transformés après en RNI
(Rassemblement National des Indépendants) se sont retrouvés majoritaires au
parlement et Ahmed Osman Reconduit en tant que premier ministre.
Pour ceux qui ne se rappellent pas de cette phase de l’histoire de notre pays, je
rappellerais que suite aux élections législatives de 1977, un groupe de
parlementaires composé de 167 députés au sein de la chambre des
représentants constitué d'élites économiques et intellectuelles et sans
appartenance politique avait lancé une réflexion collective en vue de créer un
nouveau courant politique plaidant pour l'instauration d'une démocratie
sociale. En octobre 1978 soit une année plus tard, ce groupe créa
officiellement le Rassemblement National des Indépendants (R.N.I) sous la
présidence de Ahmed Osman.
Je rappelle aussi que parmi les fondateurs de ce nouveau parti figurait comme
par hasard un certain Mohammed Haddou Chiguer, qui était juste avant les
élections, ministre de l’intérieur (1973-1976).

Avec Fouad Ali El Himma, même si demain il a de fortes chances d’être nommé
premier ministre, je pense que son implication dans la politique avait un autre
but que celui d'Ahmed Osman. Car si pour l'équipe Osman le but comme je l'ai
dit plus haut était d'instaurer une démocratie sociale, pour El Hima le but est
de moraliser le champ politique et surtout les partis.
Devant l’indifférence si ce n’est le rejet des jeunes et des cadres des
agissements des dirigeants des partis politiques dont le nombre d’adhérents
décroît d’année en année alors que la population augmente, il fallait agir vite
en moralisant le champ politique avant d’arriver à une situation ou les partis ne
seraient que des coquilles vides (certains le sont déjà) !

Ceux qui sont là-haut, en bon stratèges, ont commencé par créer une
association qui s’est transformée par la suite en parti politique mais en prenant
soin que es membres de cette association soient bien choisis. C'est ainsi que
les personnes approchées représentaient soit des gens qui ont bien réussi
dans leur vie professionnelle, ou des technocrates pas trop politisés qui
avaient claqué la porte aux partis auxquels ils appartenaient des que Mr El
Hima les avait appelés.
Jusque la, c’était bien joué puisque de nombreuses personnes ont adhéré au
nouveau parti, mais ce n’était pas suffisant pour gagner les élections car ces
technocrates n'étaient pas des locomotives pour drainer des gens lors des
élections.
On s’est rendu compte qu’a la campagne et dans certaines régions les
notables et certaines personnes dont le parti ne voulait pas au départ ont leur
poids auprès des électeurs. Ce qui a poussé, je pense les patrons du PAM à
revoir leur copie et accepter les candidatures de ces notables sous le signe du
tracteur même si leurs passés n'étaient pas aussi clean que l'aurait souhaité le
patron du PAM.
Mr Ali El Hima et son équipe se sont rendu compte que la construction d’une
autoroute ne fera pas gagner du temps aux charrettes qui l’empruntent. Et chez
nous, le parc du domaine politique comprend plus de charrettes que de
voitures et encore moins de voitures de course !
La suite me diriez-vous ?
Faute de ne pas pouvoir les interdire, on va permettre aux charrettes de
continuer à circuler tout en se gardant de les entretenir. Elles seront
remplacées au fur et a mesure de la "production" de voitures neuves et de
compétition.
Cette phase transitoire prendra une ou deux législatures et si le PAM garde le
cap de la moralisation de la politique, les vieux partis seront comme les
tambours des Gnawas, ils ne feront danser que ceux qui les tapent.

Si aucun des partis existants n'arrive pas à faire sa révolution et se moraliser
pour faire de l'opposition au PAM, il est fort probable qu'une autre personnalité
du même calibre que Mr El Hima se lancera dans la politique pour créer un
second parti clean qui avec le PAM donnera au paysage politique marocaine le
bipolarisme, tant souhaité.

En attendant les élections de 2012 pour s’emparer du pouvoir, après que ses
députés soient issus des urnes et non récupérés des autres partis, le PAM va-t-
il se contenter d’observer tout en consolidant ses bases, ou va-t-il se jeter
dans le bourbier politique actuel en poussant ses députés à voter une motion
de censure contre l’équipe Abbas? C’est la question qui reste posée et dont
nous n’aurons la réponse que dans quelques semaines.

Ainsi va Ghriss
                                                       Casablanca le 20/06/2009
UNE PAELLA SANS FRUITS DE MER !
Lorsque j’étais étudiant et que je commençais à participer aux réunions d’un
parti de gauche dans lequel je militais, il n’y avait pas une seule réunion ou les
personnes qui conduisaient ces meetings ne rappelaient que pour aller de
l’avant, le militant, le dirigeant et le parti doivent faire leur autocritique (Anaqd
Dati) et à chaque fois en tirer les enseignements mais surtout en tirer les
conclusions qui s'imposent.
Or, depuis plus de 50 ans, aucun parti et encore moins leurs dirigeants ne se
sont soumis à cette règle fondamentale qui caractérise le sens politique du
militantisme.
On essuie une déroute électorale, on fait le dos rond quelques semaines, pour
réapparaitre et recommencer après.
Je ne crois pas que ca soit par manque de courage de leurs dirigeants de
reconnaitre leur échec et en assumer les conséquences, les intérêts
personnels doivent être tellement importants qu'ils ne veuillent pas lâcher le
morceau !

Notre pays a raté une bonne occasion d’assainir le champ politique après les
élections législatives ou le taux de participation des citoyens au vote n’était
que de 37%. Il fallait à mon avis saisir cette occasion et donner un bon coup de
pied dans cette fourmilière que représentent les partis politiques.
Actuellement nous avons un parlement qui dans les textes représente le
peuple alors que nous savons tous ce que cette représentativité manque de
soutien populaire.
Certains candidats en ville ne sont élus que parce que leurs partis les ont
imposés têtes de listes quelquefois au détriment de bonnes gens.
Ce comportement n'est pas pour rien dans le désintérêt de beaucoup de gens
de la chose politique.

Certains vont me dire, qu’est ce qu’il fallait faire ?
Sans prétendre être quelqu'un qui s'y connait en politique, je répondrais tout
simplement qu’après le constat de ce faible taux de participation qui était de
37% et qui traduit en premier lieu l’échec des partis politiques dans la
réalisation de leur principal objectif qui consiste à encadrer les populations, il
ne restait à mon avis que deux alternatives.
La première consiste, quitte à passer par un referendum à dissoudre cette
panoplie de partis politiques dont le nombre dépasse la trentaine, qui
bénéficient des subventions de l’état et qui n’arrivent pas à encadrer ni refléter
la volonté des populations. Le rejet exprimé par la majorité du peuple devrait
être entendu et pris en considération.

Si cette première suggestion parait lourde ou difficilement réalisable sur le
plan pratique, une seconde solution qui est d’une facilite extrême existe. Elle
consiste à autoriser les candidats sans appartenance politique et les
représentants des associations de la société civile à être candidats, et non les
obliger à passer par des partis dont-ils ne se reconnaissent pas.
Cette seconde suggestion sans aucun doute ne plaira pas aux partis politiques
car elle mettra encore plus à nu leur non-représentativité et les privera de toute
légitimité.
Alors qu’avant les candidats se bousculaient pour avoir l’accréditation d’un
parti, Il parait que certains partis ont gratifié les personnes qui se sont
présentées sous leurs couleurs.
Les élections communales de cette année ressemblent à une paella sans fruits
de mer. Ceux qui connaissent et qui apprécient ce plat espagnol, savent bien
que sans les produits de la mer, la paella n'est pas qu'un plat de riz teinté d'un
colorant artificiel et au gout fade !
Est-ce pour me déculpabiliser que moi qui ne suis ni candidat, ni électeur je
parle de ces élections, ou justement parce que je ne suis ni l’un, ni l’autre ?
Ca serait bien, si vous m’aidez à trouver la raison sans me demander de
m’allonger sur le divan !

Ainsi va Ghriss
                                                         Goulmima le 13/06/2009



ISRAEL LE FAIT A LA MANIERE DES CHATS !
Cette semaine, c’est le break sur Ghriss et ses nombreux problèmes. La
rubrique « Da zglgh ar sighigh » préfère laisser la place aux candidats des
élections du 12 juin pour faire connaitre leurs programmes et les solutions
qu’ils pensent apporter aux nombreuses attentes des populations.
Raison pour laquelle je prends mon envol vers le proche orient, ou l’entrée en
exercice de la nouvelle équipe gouvernementale d’Israël est entrée en fonction
et a pris des risquées d’un joueur de poker, car de nombreux pays du monde
sont de plus en plus informés de la réalité des agissements de cet état et
commencent à comprendre la tactique israélienne inspirée de ce que font les
chats de gouttières.

En réponse à la demande des Nations unies et de Barack Obama pour geler la
colonisation des terres palestiniennes en Cisjordanie, un membre du
gouvernement israélien affirme, que son pays "n'acceptera en aucune façon
que la colonisation légale soit gelée". "Le gouvernement défendra les intérêts
vitaux de l’état d’Israël a maintenu le ministre des transports qui est un proche
de Netanyahou.
Ainsi donc l’état d’Israël malgré les déclaration du secrétaire général des
nations unies maintient son cap d’occupation des terres arabes et d’en
chasser les propriétaires sans tenir compte des recommandations de l’Onu et
même de ses amis.
Leur arrogance qui peut un jour être la cause de leur perte va jusqu'à taxer
d’antisémitisme toute personne qui oserait critiquer ou tenir des propos qui ne
vont pas dans le sens souhaité par les israélien. Toute personne qui ose
critiquer les agissements de cet état est taxée d’antisémite, quel que soit son
sa fonction, son pays ou son statut social.
Dieudonné, l’artiste et humoriste français a beau expliquer que l’antisionisme
est diffèrent de l’antisémitisme, rien a faire, pour le lobby juif c’est kif kif !

Vous vous souvenez tous de la mobilisation du monde lorsque Saddam avait
occupé les terres Koweïtiennes. L’indignation du monde est allée jusqu'à
déclencher une guerre contre l’occupant irakien et la libération des terres de
l’émirat des Sabbah !
 Alors pourquoi deux poids deux mesures me diriez-vous, et pourquoi le
monde ne réagit-il pas de la même manière avec Israël ?
La réponse est toute simple, Israël détient au niveau planétaire le quatrième
pouvoir que ne détient aucune autre puissance.
Ce pouvoir est celui de l’information !
Déjà durant la guerre des six jours en juin 1967, toutes les radios du monde
annonçaient qu’Israël est attaqué par les armées arabes, alors qu’en réalité
c’était Israël dans une opération qu‘il avait qualifiée par la suite de guerre
préventive, avait cloue au sol toutes les aviations égyptienne, syrienne et
jordanienne !

Encore aujourd’hui, tout en étudiant les possibilités pour bombarder l’Iran,
Israël continue de se faire passer aux yeux du monde comme victime des
iraniens.
Les dirigeants israéliens depuis la création de ce pays, se comportent comme
un chat de gouttières, à chaque fois qu’il est en bonne compagnie avec sa
femelle et pour ne pas être dérangé, il pousse des miaulements plaintifs pour
faire croire qu’il s’est fait pris dans un piège et qu’il souffre le martyre.
Seulement en ces temps ou l’information ne peut plus être contenue comme on
le souhaite certains états et dirigeants, les images et les récits sont en train de
mettre à nu les agissements et les comportements qui jadis se déroulaient
dans l’ombre loin des yeux indiscrets.

Je pense que les mondes arabes et musulmans doivent s’impliquer encore
plus dans le domaine de l’information et de la communication. C’est en
gagnant de bonnes postions dans ces domaines qu’ils auront de fortes
chances de gagner des guerres que leurs avions et leurs armées aussi
nombreuses qu’elles étaient ne leur ont jamais permis de gagner.
La traduction du livre saint en différentes langues a permis aux habitants du
monde de comprendre que l’islam est une religion d’amour et de tolérance,
loin des faux clichés négatifs véhicules intentionnellement à son sujet.
Les chaines satellitaires arabes doivent communiquer en plusieurs langues
étrangères pour mieux faire connaitre la culture et la civilisation musulmane.
Le pouvoir de la communication dispose d’un champs d’action et d’un échos
que les pouvoirs exécutif, législatif ou judiciaire ne possèdent pas.
Faut-il encore que les responsables soient en premier lieu conscients de ce
pouvoir et en second lieu sachent en faire un bon usage !

Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima le 06/06/2009
ALI OU CHIBANE L’AVAIT PREDIT !
On dit souvent que les poètes et troubadours vivent en avance sur leur temps.
Raison pour laquelle, leurs prédictions ne sont comprises par leurs
contemporains que plusieurs années plus tard.
Les circonstances qui caractérisent cette période des élections et ce que vit
notre région en ces temps des moissons, donnent encore une fois raison au
grand poète que fut Ali Ou Chibane, qui avait dit dans un de ses « izlane » :
"Am Ouhardane, Am 3allal, am Lmehdi"
"Kouyane Ray Ighfns ayda Igare"
(Aussi bien Ahardane, que Allal ou Mehdi)
Chacun ne planifie que pour son intérêt)
Ce vers de poésie qui a été dit au temps du leader Mehdi Benbarka, est encore
d'actualité aujourd'hui. Il correspond à ce que pense la majorité des marocains
de leurs partis politiques.

Je ne sais pas si c'est le cas dans tout le pays, mais chez-nous, les « Tazkiyate
» (accréditation) se donnent et se prennent avec une facilité déconcertante !
On devient socialiste ou Istiqlali du jour au lendemain quelquefois même sans
connaître ce que signifient les initiales du parti pour lequel on se présente.
Un candidat s’est même arrêté de se raser la barbe depuis une semaine pour
faire plus islamiste aux yeux des électeurs de sa circonscription !
Oui demain chaque parti dira qu'il a tant d'élus et qu'il a remporté tant de
communes ou de municipalités, ca sera leur façon de justifier les sommes dont
ils ont bénéficiées auprès de l'état.

Parlant de cette situation ce matin avec un ami à moi, ce dernier m’a dit. Tu
sais Ali à quoi ressemble les adhésions de dernières minutes aux partis
politiques des candidats aux élections?
Ils sont à l'image de ceux qui se font prêter une Djellaba et qui l'enfilent le
temps de participer à un Ahidouss puis l’enlèvent une fois Ahidouss terminé !

Moi, depuis hier, je me suis mis à jouer aux boules. Je vous avoue que déjà
pour les premières parties, je fus le moins bon des deux triplettes, ce qui s’est
traduit sans surprise par la défaite de mon équipe !
Ne pensez surtout pas que la cause de cette défaite est due à ma maladresse,
ni au mauvais jeu de mes partenaires !
Non !
La raison de cette défaite est simple à comprendre. A chaque fois que c'est
mon tour de jouer, le cochonnet m’apparaît comme la tête chauve d’un de ces
leaders qui se foutent de nous> Alors, sans hésitation aucune je le tire même
de toutes mes forces, faisant supporter a cette petites boules en liège qui
prennent les coups d’un Ali en colère!

Je termine ma présente chronique Ghrissoise par un vers culte du poète
Sakkou qui sachant ce dont il souffrait et sentant sa mort prochaine avait dit :
"Ourit tyaf Oussafar n'maydi Inghane"
"Issoutri oudbib Abzide n’oumatine"
(Le médicament de mon mal est introuvable)
(Puisque le médecin m’a prescrit l’urine d’un mort)
Par ce vers, le grand poète voulait tout simplement dire que le remède pour
son mal est inexistant comme l’est l’urine chez un mort !
Sakkou, certes nous a quitté, mais ses poésies demeurent d'actualité.

Ainsi va Ghriss
                                                         Goulmima le 30/05/2009



QU’EST-CE QU’IL Y A SOUS LE BEURRE ?
Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de « Tazirte n’woudy » (la jarre au
beurre), alors je me permet de vous en raconter la première partie et laisserai la
fin, pour la fin !
Hammou qui avait besoin d’argent et qui se croyait malin avait rempli au trois
quart sa jarre de bouse de vache avant de remplir le quart restant de beurre.
Il se rendit au souk hebdomadaire et vendit sa jarre à un honnête qui pensait
faire une bonne affaire en acquérant cette jarre a un bon prix.
Je ne vous décris pas l’état de cet homme lorsqu’il découvrit que la
jarre contenait plus de « tarfa que de beurre » !
Il laissa passer sa colère mais fit regretter à Hammou sa tricherie.
Vous saurez comment à la fin de la fin, qui n’est pas la fin de cette chronique.

Pour ceux qui suivent de près les querelles politiciennes entre partis
politiques, certainement qu’ils ont relever la tension qui existent entre les deux
principales formations de la gauche « caviar » de notre pays.
L’accusation que porte le bouillant mais courageux maire de Fès contre Feu
Benbarka, qui était le leader de l’opposition marocaine avant son enlèvement
et sa disparition au quartier Saint-Germain a Paris est d’une grande gravité.

Alors qu’on s’interroge encore sur les assassins supposés de Benbarka, voila
que Chabat accuse ce dernier d’avoir tuer Ben Driss , un nationaliste qui ne
partageait pas ses projets.

N’attendez pas de moi de vous confirmer ou d’infirmer les dires du maire de
Fès, mais j’ai aussi mes quelques gouttes d’eau à ajouter à son moulin !

Pour ceux qui ont connu cette période «un peu confuse » des premières
années qui suivaient l’indépendance du Maroc, ils doivent se rappeler de la
chasse aux sorcières et des règlements de comptes que certains éléments du
parti qui était au pouvoir exerçaient dans toutes les régions du maroc.

Je me contenterais de rappeler deux sortes d’agissements de ces personnes
dans notre région.

Tout d’abord ils sévirent en bandes de voyous contre les notables de la région
les accusaient d’avoir servi l’administration française, Oubliant que ces
notables ont été désignés par le colonisateur non seulement pour leur
appartenance à de grandes familles mais aussi pour avoir tenu têtes aux
armées coloniales durant l’occupation de la région.
Et c’est tout naturellement que les postes de Caïds et d’Amaghars furent
confiés à ces personnes.
Les pseudos nationalistes dont certains n’ont jamais tenus entre leurs mains
une armes se comportèrent en bandits pour menacer et voler ces honnêtes
gens.
Un Baslam des Ait Atta, un Ouskounti d’Amellago, Un Hajjar de Tadighouste,
un Khettouche d’Igoulmimen, un Bassidi de Waqa, un Hadj Lahbib d’Ait
Guetto, un Moha Machroh d’Igly ou un Mohamad d’Asrir, n’étaient pas
seulement des résistants mais de grands hommes qui avaient montré à
l’occupant qu’on peut être vaincus militairement mais qu’on peut toujours
garder sa dignité et sa fierté d’homme.

Pour le second agissement de cette horde d’ «imbéciles», et avec la complicité
des autorités de l’époque, les personnes qui avaient adhérées au Hizb Chora
furent ramassés et mis en prison, leur bêtise alla jusqu’à mettre dehors de
Tibakchine (école du ksar) les enfants dont les parents n’étaient pas de leur
parti.
Je fus partie de ces petits que « l’Imam » un instituteur d’arabe qui n’avait de
maître que le nom avait chassé de sa classe ;
Avec l’intervention de mon défunt père je fus inscrit m’inscrivit à l’école du
centre distante de 1km de chez-moi alors que l’ancienne école n’était qu’a une
centaine de mètre du ksar.

Revenons donc à notre jarre de beurre pour dire, qu’en enfonçant la main un
peu plus qu’il faut dans la jarre de l’Istiqlal, Le maire de Fès risque de faire
monter « Tarfa » de ce parti !

L’affaire de l’assassinat du nationaliste Ben Driss fait partie de ces mauvais
coups qui risquent de bien salir l’image du parti. Déjà la couleurs blanche du
beurre commence à devenir verdâtre

Mma Itto, ma défunte mère m’aurait dit, si elle était encore là :
Ne te fie pas mon fils à la couleur des gants, leur blancheur ne garantit point la
propreté des mains qu’ils cachent !
Et moi je ferais comme si mma Itto est encore parmi nous, et je lui répondrais:
Tu as raison comme toujours maman !


Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 23/05/2009



   « TANOUHINE DA TNADANTE IGDAD ! »
   LES HIBOUX A LA RECHERCHE DES MOINEAUX !
   Avant de vous exposer le sujet de ma chronique pour ce samedi, je tiens
   tout d’abord à vous dire combien j’étais émerveillé par la beauté des
   paysages le long de la route menant de Goulmima à Casablanca. Les pluies
des deux dernières années ont rendu vie a nos plaines et a nos montagnes,
les étangs desséchés regorgent d’eau, le bon coté de la nature a repris le
dessus, au point d’envier les bergers et les nomades qui ont la chance de
profiter plus que les autres de dame nature.
Toutes les personnes qui longent la route le long du barrage Hassan
Eddakhil d’Errachidia ne peuvent être éblouies devant la beauté du plan
d’eau d’un bleu azur qui contraste avec la couleur ocre des collines qui
l’entourent. Le barrage est plein à son plus haut niveau et les eaux
continuent de couler par le déversoir.
Je ne sais pas si c’est une bonne chose de maintenir le barrage plein
comme il l’est actuellement ou s’il ne faut pas réduire le volume des eaux
retenues ? Nous sommes à la mi-mai, il ne reste plus que deux mois et demi
pour la saison des orages, si le barrage est maintenu à son niveau actuel,
les eaux des prochaines crues ne seront plus retenues par manque de place
et risquent de causer des dégâts pour les ksars en aval du barrage.
Gardons en tête que les inondations connues par le Gharb il y a quelques
mois étaient dues au fait que le barrage d’El Kansara construit sur oued
Beht au nord de khemisset était plein au moment des orages que la région a
connus et ne pouvait pas retenir les eaux que charriait l’oued.
J’ajouterais pour clore cette remarque qui me parait importante, que le fait
d’ouvrir les vannes du fond du barrage permet entre autres son dragage et
le débarrassera des boues qui se sont déposées au fond.
J’espère que ceux qui gèrent cet ouvrage ont intégré toutes les possibilités,
moi, ça m’est passé par la tète et je l’ai accouché !

Maintenant revenons à Tanouhine.
J’ai hésité entre hiboux et ours comme logo pour nos partis politiques (n’y
voyez rien de dégradant, le parti démocrate américain a pour symbole un
âne !)
Pourquoi ces deux animaux ?
Tout simplement parce qu’ils peuvent être à la fois doux et effrayants,
gentils et méchants ils peuvent inspirer la confiance pour certains et de la
méfiance pour d'autres.
Les ours une fois bien rassasiés, hibernent et attendent la prochaine saison
pour amasser plus de graisse. Nos partis politiques agissent de même,
beaucoup d’agitations lors des campagnes électorales et une fois la
subvention de l’état en poche c’est le ronronnement en attendant les
prochaines élections.
Pour le hibou, c’est différent, leur ramage lent et mélancolique met en
confiance les moineaux qui viennent se précipiter croyant avoir trouvé un
champ de blé, alors que leurs gazouillements et picotements ne servent
qu’à faire sortir des trous les petites souris qui serviront de festins aux
hiboux.

Lors de mon passage à Goulmima, j’ai approché les personnes qui
projetaient de se présenter pour les prochaines élections pour leur faire
passer le message suivant :
La rivalité qu’entretiennent les partis politiques et qui se manifestent sur le
terrain à travers leurs candidats respectifs pour les élections législatives se
comprend, puisque l’enjeu est de taille. Il y va de la formation de l’équipe
gouvernementale, jusqu’à l’adoption des textes de loi engageant l’avenir du
pays et bien sur que dans ce cas, chaque parti a son approche puisqu’il y
va de la mise en œuvre de son programme politique. (faut-il encore qu’ils
aient un programme, mais bon la n’est la question)

Pour une commune ou une municipalité le but est le même pour tout le
monde qu’on soit de gauche ou de droite, il s’agit de gérer en bon père de
famille les affaires locales et de veiller au bien être des populations. Dans
ce cas que peut-on attendre d’un parti ou d’un autre ? Rien.
Nos grands-parents et nos pères ont assez donné et ont été bien utilisés
par les partis politiques, il faut que ces derniers renvoient l’ascenseur, ce
qu’ils n’ont pas encore fait à ce jour.

Pour rattraper le retard enregistré dans le développement de la localité et
redorer l’image qui a été ternie par les diverses gestions hasardeuses
antérieures, notre localité a besoin d’hommes compétents, honnêtes et
travailleurs. Il n’y a plus de place a l’amateurisme et aux disputes stériles.
Pour cette raison j’ai proposé de constituer une équipe intelligente
d’hommes et de femmes sans tenir compte de leurs appartenances
politiques et qui ne sont motivés que par volonté de servir Goulmima et sa
population.
La proposition ne semblait pas intéresser les futurs candidats qui au lieu de
se pencher ou de discuter de ce qu’il faudrait faire, se tirent les balles dans
les pays et constituent déjà des groupes dont l’intention de se débarrasser
des autres aussi élus qu’ils soient !

Il y quelques jours, lors d’une discussion avec mon ami Lahcen ce dernier
m’avait dit :
Tu sais Ali depuis les premières élections, c’était toujours comme ça, c’est
la règle !
Lahcen a raison, les prochaines élections risquent malheureusement de
confirmer cette règle!

Midelt est devenue une province, Erfoud le devient à son tour et ce n'est
pas du mépris pour Tilouine si demain cette bourgade devient province
avant Goulmima! La citation qui dit que, "chaque peuple n'a que ce qu'il
mérite" se vérifie bien chez-nous. A nous donc de voir ce qui ne tourne pas
rond dans notre demeure !

Je termine en disant qu’heureusement « Tignoute N’Ghriss » (le tonnerre de
Ghriss) est là pour nous éloigner de ces tractations qui divisent plus
qu’elles réunissent et pour moi qui suis fédérateur jusqu aux ongles, je ne
peux que désavouer les divisions qui sont en train de se dessiner et qui ne
vont pas dans l'intérêt de notre localité.

Ainsi va Ghriss

ALI'CE AU PAYS DES MERVEILLES … !
Que Charles Lutwidge Dodgson auteur de cette grande œuvre de la
littérature enfantine me pardonne d'avoir associé le titre de son conte pour
parler non pas des merveilles et délices de Goulmima mais de ses petits
problemes !
J’ai beaucoup hésité entre le titre Alice au pays des merveilles et Alice au
pays des délices, mais finalement je me suis dit pour Alice c’est du kif-kif.
Les merveilles et les délices sont synonymes de gaieté et de plaisir et puis
la petite Alice ne doit certainement pas s’ennuyer qu’elle soit dans un pays
ou l’autre.
Mais moi Ali : Dans quel pays suis-je ?
Voilà une très bonne question qui mérite une bonne réponse !
Alors sans hésitation aucune, je vous dirais, si Alice a le choix entre les
merveilles et les délices, Ali lui n’a le choix que d’être dans le pays de la
discorde !
Je ne sais pas d'ailleurs si ca ne vaut pas le coup d'en parler à Mme
Nassima El Horr, je vous assure qu'elle aura à Ghriss une niche inépuisable
pour alimenter son émission "Lkhit Labyad" durant plusieurs semaines,
même si les chances d'aboutir à des réconciliations ne sont pas du tout
garanties.
Le climat est tellement conflictuel que je me demande si le grand poète Al
Hotay’a n’était pas de chez nous !
Vous avez lu certainement la poésie de cet homme qui après avoir dit du
mal sur tous les habitants de sa localité et de sa tribu et qui ne trouvant
plus personne pour déverser son venin s’est regardé un matin dans un
miroir et a dit son vers culte :
"Qabahh Allahou Wajhane, Wa Qobihha Hhamilouhou" !
A vous d'en juger:
- Conflit entre les habitants du ksar Magamane et celui d’Ail Ihya ou Atmane
- Mésentente entre les responsables de certaines administrations
- Mésentente entre les membres de Taqbilte
- Mésentente de Taqbilte pour la location des terres entre Errachidia et
Goulmima
- Conflit entre ti3wanine et Ighrem au sujet des terres collectives
- Division et conflits entre certains membres du conseil municipal
- Mésentente pour l’adoption d’un système de partage des terres des
fractions tribales.
Et j'en passe !
Tu essaies d’amorcer une discussion constructive avec une personne
sensée s’intéresser au devenir de la localité, tu te rends compte que la
personne est tellement rodée à l’hypocrisie et au mensonge au point ou tu
en sois dégoûté et que tu regrettes d'avoir entamé le dialogue avec elle !

Les élections sont proches, certains membres du conseil municipal sont
toujours en attente d’être jugés à la prison de Sidi Said à Meknes, d’autres
planifient pour se faire réélire, même si le bilan de leur mandat ne plaide pas
pour une réélection. La culture de faire soi-même le bilan de son mandat et
d’en tirer les conséquences n’est pas encore entré dans les mœurs, à
moins que certains considèrent qu’ils ont rempli et réussi leur mission,
dans ce cas, je dirais qu'ils ont raison de se représenter pour la simple
raison qu'on ne change pas une équipe qui gagne !
Je veux bien croire un ami à moi qui ce matin m’a dit, attendons que les
candidats déposent officiellement leurs demandes, de nouvelles têtes vont
certainement apparaître car il est inconcevable que Goulmima revive encore
une fois ce qu’elle a vécu durant cinq années !

L’énigme qui me taraude se résumé en une seule question qui est la
suivante:
Pourquoi les nombreuses personnes Ghrissoises qui sont sur place, qui
connaissent le terrain mieux que quiconque et qui possèdent les qualités
nécessaires pour gérer les affaires de la municipalité en bons pères de
familles, redorer l’image de Goulmima et re-dynamiser son développement
se tiennent-elles à l’écart et refusent de s'impliquer ?
C’est la question qui reste posée et à laquelle je n’ai pas trouvé à ce jour de
réponse !

Pour terminer cette chronique Ghrissoise et même si la petite histoire est
légèrement en marge de ce qui est écrit plus haut, je vous la raconte parce
qu’elle mérite méditation.

Un homme avait demandé à une femme dont le courage et la bravoure sont
reconnus de tous les habitants de son ksar :
- Dis-moi Ito, qui crains-tu ?
Ito lui répondit :
- A part Dieu, je ne crains qu’une seule et unique personne.
- Laquelle demanda l’homme ?
- La personne qui ne craint pas Dieu répondit Ito .

Merci à SSI Haddou de m'avoir raconté ce matin cette belle petite histoire
qui mérite d'être méditée.

Ainsi va Ghriss
                                                      Goulmima le 09/05/2009



LES PROFITEROLES !
A tout seigneur tout honneur dit la citation. Arrivé il y a quelques heures à
Ghriss, je tiens à lui réserver la chronique de cette semaine même si la
fatigue du voyage et l’étroitesse du temps ne vont pas faciliter la réflexion.
Mais un engagement reste un engagement, alors je m'y mets.

Avant de vous proposer une charade, je vais vous en rappeler deux.
- Si je vous dis, des habitants noirs dans un palais rouge, vous allez me
répondre avec certitude, la pastèque ;
- Et si je vous dis, « Idrkawiyne » (Soufis aux turbans bleus) dans une
maison en carton ? Vous allez me répondre sans hésitation: les allumettes !
Mais si je vous dis, des habitants pauvres dans une région riche ?
Là « vous allez rendre votre âne » et vous allez rester bouche bée !
Et pourtant c’est facile à trouver !
C’est Ghriss mes amis !!!!
Eh bien oui, Ghriss au passé riche et au présent pauvre !
Ghriss qui dispose d’une richesse humaine sans égale
Une population multiraciale, courageuse, travailleuse et honnête
Un taux de cadres des plus élevé du pays
Une diaspora appréciée et occupant des postes de responsabilité dans
toutes les villes du Maroc
Des étudiants qui se distinguent par leurs bons classements dans diverses
écoles supérieures
Un potentiel agricole énorme qui ne demande qu’à être mis en valeur !
Un secteur minier qui n’attend que sa mise en exploitation !
Une activité touristique prometteuse !
Un patrimoine culturel millénaire !
Mais, avec tout ce que je viens de citer, comment se fait-il que les habitants
soient pauvres me diriez-vous ?
Je vous répondrais à la manière de ma grand-mère et vous dirais :
Ce n’est pas parce que dans la cuisine on dispose des meilleures épices et
que les frigos contiennent légumes, viandes, poissons et fruits que vous
étés sûr de dîner et encore moins de réussir une bonne recette!
Les hommes et femmes qui sont derrière les fourneaux doivent être des
professionnels, qui savent doser les produits, respecter l’ordre
d’introduction des différents ingrédients et temps de cuisson, sinon c'est
une préparation sans gout que vous risquez de présenter à ceux qui sont
autour de la table!

Je pense que Goulmima est dans la même situation qu’une grande cuisine
qui dispose de tout pour préparer, réussir et servir de bon mets, mais dont
les grandes toques sont tenues ou sont restées à l’écart.
Donc à défaut de rester sans manger, on ne servira qu’un médiocre repas
qui ne fera qu’alourdir les estomacs et causer de bonnes indigestions.

Pour remédier à cette situation qui n’arrange personne et encore moins les
jeunes qui vont devoir relever de nombreux défis et faire face à beaucoup
de difficultés, je pense que pour reconstruire la maison Ghrissoise sur des
fondements solides. il faudrait tout reprendre à partir de la base en
impliquant toutes les personnes mues par l’intérêt général et qui aspirent à
voir les choses changer.
Je suis certain que de nombreux cadres de la diaspora se manifesteront
avant qu’on fasse appel à eux. Il suffirait qu’ils constatent que le
redressement s’effectue et que les personnes qui sont chargées de gérer le
quotidien des gens ne sont motivées que par l’amour qu’ils portent à leur
contrée.

Pour ma génération et celle qui l’a précédée, je dirais qu’elles sont des
générations du passé et du présent aussi, mais celles des jeunes sont
celles du présent et du futur ! Raison pour laquelle, il faut qu’ils soient
impliqués d’une manière ou d’une autre dans tout ce qui est relatif à la
région. Ils faudrait leur faire comprendre que ce qui se construit et
s’entreprend aujourd’hui sera exploité et utilisé demain et demain leur
appartient plus qu’aux autres !
Alors aux jeunes du passé et vieux du présent, et aux jeunes du présent et
vieux du futur, je dis que le but nous est commun et se résume en une
phrase :
Vivre bien le présent et bien préparer le futur ! Paroles d’Arhhal !

Un bon chef sait réussir de bons plats en mariant le sucré et le salé. Si j'ai
choisi de donner a ma présente chronique le titre de ce délicieux dessert
que sont les profiteroles c'est parce que non seulement ce met que
j’apprécie est fait de chaud et de froid mais aussi de blanc et de noir !

Ainsi va Ghriss
                                                      Goulmima le 02/05/2009



PLUS HYPOCRITE QUE CA, TU MEURS !
J’aimerais réagir au retrait des pays européens de la conférence sur le
racisme tenue a Genève lors du discours du Président iranien. Mais avant
que vous lisiez cette chronique, je tiens au préalable à dire deux mots sur l
‘Iran et Israël dont il est question dans ce qui va suivre.
Concernant l’Iran, Contrairement à ce qu’ont pensé de nombreuses
personnes les mollahs n’ont pas passé leur temps rien qu’à prier, ils ont
développé leurs pays et l’ont imposé en tant que puissance régionale en
dépit de l’embargo qui lui est imposé par les USA et les pays européens,

A part la régression dans le domaine des libertés de la femme, je pense que
ce pays est devenu incontournable pour toute solution aux différents
conflits de la région.
Pour Israël, je dirais tout simplement que de nombreux marocains de
confession juive y vivent. Parmi eux de nombreux amis à nos parents, je ne
sais pas s’ils sont plus heureux en Israël qu’au Maroc, ils sont les seuls à le
savoir, «ahlou Haifa Adra bi chi3abiha »
De nombreux juifs d’Europe ont vécu une période dramatique qui a coûté, la
vie dans des conditions inhumaines à de nombreuses personnes de cette
communauté. Ne pas reconnaître ce fait, ne serait que de la malhonnêteté
intellectuelle. Mais cela n’autorise pas ce peuple à se comporter comme il le
fait avec les Palestiniens, qui ne sont pour rien dans ce qu’il a vécu !
Voilà pour le préambule
Comme vous le savez, cette semaine Genève a abrité la conférence dite
"Durban II" sur le racisme, de peur qu'elle ne serve de tribune anti
israélienne comme l’a été la précédente conférence, cette rencontre a été
boycottée par Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, le Canada et Israël,

Jusque la je dirais que de nombreuses personnes le savait à l’avance, mais
ce qui a surpris c’est l’attitude des pays européens qui avaient quitté la
salle de réunion lorsque le président iranien prononçait son discours.
Je pense que ce n’est pas parce que dans son discours, le président iranien
Mahmoud Ahmadinejad a qualifié le gouvernement israélien de "régime le
plus cruel et le plus raciste", (ce qu’il est d’ailleurs par rapport aux
palestiniens pour la cruauté et pour les Arabes d’Israël pour le racisme) qui
a causé la sortie des européens, non, la raison de leur sortie est le fait que
le président iranien ait rappelé une réalité historique en disant haut et fort
que les Européens étaient seuls responsables du génocide des juifs dans
leurs pays, pendant la deuxième guerre mondiale
Mahmoud Ahmadinejad a ajouté que pour se racheter pour les atrocités
qu’ils ont fait subir aux juifs de leurs pays, les Européens ont voulu se
racheter en créant un état sioniste au dépend des Arabes de la Palestine.
Le fait que le président iranien ait rappelé aux européens une phase sombre
de leur histoire qui ne les honorent pas les a fait quitter la salle !
Que les pays européens quittent la conférence ou y restent, cela ne
changera rien à cette réalité qui leur colle à la peau !
Je suis sur qu’a la prochaine conférence (Durban 3) dans quatre ans
quelqu’un d’autre que le président iranien leur rappellera qu’Auschwitz et
les camps d’extermination des juifs étaient l’œuvre des européens et non
celle des pays arabes chez qui de nombreux juifs avaient trouvé refuge.

Aussi démocrates ou développés qu’ils pensent être, tant qu’ils n’auront
pas le courage de reconnaître et d’assumer leurs erreurs du passé, ces
pays demeureront petits aux yeux de beaucoup de gens à travers la planète.
Lorsque les représentants des pays européens se sont levés pour quitter la
salle alors que le président iranien prononçait son discours, ils n’ont pas
été suivis ni applaudis par les 80 autres représentants présents. Au
contraire ils étaient hués ! Hués pour leur hypocrisie et leur refus
d’entendre un iranien leur rappeler qu’ils sont responsables du génocide
juif et qu’ils ont une grande part de responsabilité dans la situation
conflictuelle que connaît actuellement le proche orient !
C’est vrai que les Européens continuent de refuser a reconnaître leurs
forfaits durant la colonisation, les espagnols pour le Rif, les français pour
l’Algérie etc. Ils n’ont même pas le courage d’un Ian Smith l'ancien «raciste»
invétéré de la Rhodésie qui est devenu aujourd'hui l'un des plus fervents
adeptes de Nelson Mandela. Qui assume et déclare aujourd’hui en parlant
de son ancien prisonnier «Je n'aurais jamais cru qu'il ferait aussi bien !
C'est le premier véritable chef d’état africain. Je peux dire que je l'admire.»
Même si le texte final de la déclaration qui a été adopté n’assimile pas le
sionisme au racisme, il demeure que les déclarations du Premier ministre
israélien et de son ministre des affaires étrangères me rappellent celles
d’un certain Pieter Willem Botha qui fut à la tête du régime de l’apartheid en
Afrique du Sud et dont toute la carrière politique a été profondément
marquée par le racisme.
C’est mon interprétation au retrait des délégués des pays européens, lors
du discours du président iranien, c’est vrai que c’est peut être un non
événement pour certains et que ça éloigne des préoccupations de Ghriss,
mais ca me permet de diversifier les sujets abordés dans mes chroniques et
surtout de continuer à cultiver mon jardin !

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 25/04/2009


LE RAS LE BOL !
        Voilà presque une semaine que les transporteurs observent une grève
        causant un immense dérangement dans la vie quotidienne des gens et une
        grande perturbation dans l'approvisionnement de plusieurs entreprises du
        pays.
        La grève est certes un droit que garantit la constitution, mais faut-il encore
        l’exercer en respectant ses règles et ses exigences.
        Je ne vais pas m’attarder sur les détails et les conséquences de cette grève
        qui même s’ils sont importants ne sont pas l’objet de ma présente
        chronique.
        Il est vrai que personne ne peut rester insensible au nombre d’accidents de
        la circulation qui se produisent chaque année dans notre pays, causant
        plus de 4000 morts et 15000 blessés avec toutes les conséquences
        dramatiques qui se traduisent par le désœuvrement de centaines de
        familles !
        Des actions correctives énergiques doivent être entreprises pour mettre un
        terme à ce fléau qui endeuille chaque année de nombreuses familles
        marocaines. Je suis certain que dans notre pays on ne trouvera pas une
        seule personne qui ne sera pas d’accord pour qu’à défaut d’éliminer les
        accidents on les réduise !
        Le problème qui se pose et qui est à mon avis une des causes du conflit
        social actuel réside dans la définition et dans l’ordre de « priorisation » de
        ces actions. Et la, je dirais que même si la moudouwana du ministère des
        transports est utile, elle est excessive en ce qui concerne les sanctions et
        les amendes qu’elle réserve aux fautifs, mais surtout, elle occulte à mon
        avis des préalables auxquels il faut trouver des solutions en toute urgence.
        De ces préalables, je me contenterais de n’en citer que deux.
        - Le premier est l’état des routes qu’il faudrait améliorer pour les rendre
        moins dangereuses et surtout supprimer les nombreux nids de poules dont
        sont parsemées les routes et les rues de nos villes.
    -   Le second point qui me semble aussi important que le premier si ce n’est
        pas plus, est celui de la moralisation de certains agents qui pour quelques
        dirhams ferment les yeux devant des comportements fautifs de certains
        conducteurs.
        En rendant exorbitant le montant des infractions, la crainte serait que ces
        agents ripoux soient encore plus gourmands et exigent des sommes plus
        importantes contre le non établissement des procès verbauxl, ce qui
        permettra à ces indélicats de s’en mettre encore plus dans les poches.
        Lorsqu’on visionne certaines vidéos qui sont insérées dans la toile et qui
        montrent certains agents en train de salir et de déshonorer leur uniforme en
        se faisant remettre par les camionneurs de l’argent, on ne peut ressentir
        que du dégoût envers ces gens qui au lieu d’assurer la sécurité des gens
        les rackettent.
    -   Donc pour moi, je dis oui à toute action permettant de rendre plus sures
        nos routes et d’éviter cette hécatombe qui fait des milliers de victimes et
        d’orphelins, mais le Makhzen doit prendre ses responsabilités en
        commençant par balayer devant sa porte.
    -   Mettre toutes les causes de ses accidents sur le dos des conducteurs, c’est
        continuer à faire du « 3ine mika ».
-       Ceux qui s’enrichissent sur le dos de leurs concitoyens au détriment de la
        sécurité des personnes qu’ils sont sensés protéger doivent être démasqués
    et punis sévèrement. Se taire c’est encourager les ripoux à être encore plus
    pourris !
    Pour conclure, je dis oui à la sanction des fous de la route, mais oui aussi à
    la sanction des ripoux qui pour quelques sous laissent rouler ces fous du
    volant qui mettent en danger la vie des citoyens.
    Je ne sais pas si comme moi, vous avez remarqué que même les enfants
    dans les cars de transport en commun ne chantent plus « Zid zid ya chifor,
    zid n’ghiza f’lmotor », les images des accidents que nos télés montent sont
    pour beaucoup dans ce silence.
    A chaque fois qu’on prend un car ou un grand taxi (vache folle) on implore
    le seigneur pour que le voyage se termine bien et qu’on arrive en bonne
    santé à bon port.
-   Si ma défunte mère "Mma Itto" était encore, elle m'aurait certainement dit
    "3raq Iwawal à mimi" pourris !
-   Pet comme d'habitude je lui répondraispourris !
    P " Hate Our Badgh à Mma "! ! ! !

    Ainsi va Ghriss
                                                        Casablanca le 18/04/2009



    LA BARBE NE FAIT PAS L’IMAM !
    Je ne sais pas si l’action que mène le gouvernement contre les minorités
    chrétiennes et chiite est une bonne chose, d’autant plus que cette réaction
    fait suite aux écrits d'une certaine presse elle même porte parole de
    certains mouvement islamistes, qui même s’ils ne l’avouent pas (pour le
    moment) ont comme but de restreindre nos libertés individuelles.
    Tout ce tralala ne devrait pas avoir lieu, car la majorité pour ne pas dire
    l’ensemble des marocains croient à l’islam tolérant qui est notre religion et
    qui était celle de nos parents.
    Les rites que certaines sectes pratiquent n’ont jamais eu une grande
    influence sur les populations, leurs activités se déroulent toujours autour
    de quelques Zawiya sans plus.
    Je ne prendrais comme exemple que les "hadra" qui se tiennent au
    Mouloud chaque année à Ghriss et dans d’autres localités du pays, et qui
    sont des rites d’origine chiites irakienne. Ces manifestations ne sont pour
    les jeunes que des occasions pour se donner comme ils l’aiment au jeu de
    Takrfiyte. Le coté religieux de ces manifestations ne préoccupe pas nos
    jeunes et n’est pas du tout pris en considération !

    Les cinq piliers de l’islam sont connus et sont simples dans leurs pratiques.
    Essayer de compliquer ce qui ne l’est pas ne donne jamais un bon résultat.
    C’est sur qu’il faut s’inspirer des actes et pratiques de notre prophète pour
    nous conduire, mais il n’a jamais été interdit de chercher le savoir et de
    profiter des avantages issus de la recherche scientifique pour améliorer sa
    condition de vie et c’est ce que beaucoup de gens confondent !
    Si on veut s’aligner sur le comportement de notre prophète, il suffit
    d’observer le même comportement qu’il observait envers les gens et envers
    les minorités non musulmanes et d’être honnête, réconciliant, généreux,
tolérant, non raciste, voilà quelques fondamentaux de la conduite de notre
prophète et non pas le fait de porter une veste sur une gandoura ou d’être
mal rasé.
Maintenant refuser de porter un pantalon, de regarder la télé ou d’écouter la
radio parce que notre prophète ne le faisait pas, c’est du n’importe quoi et
ça n’a rien de religieux !
Pour mieux expliquer le degré de «tklakh » (absurdité) de quelques
personnes je vais vous narrer une petite histoire véridique que j’ai vécue en
Arabie Saoudite lors de l’accomplissement du pèlerinage il y a plus d’une
dizaine d’années.
En nous rendant par autocar de la Mecque à Médine, j’avais demande au
chauffeur du bus de faire marcher la vidéo dont est équipée le car, il nous
demanda alors si nous aimerions voir le film Rabi3a Al 3adaouiya d’Oum
Keltoum qui est d’ailleurs un film soft et religieux nous répondîmes oui sauf
deux Afghans, mal rases, mal habilles et qui certainement n’avaient pas pris
de douche depuis plusieurs jours qui répondirent « haram, haram !
Bon, nos deux barbus ont dit non, il faut se résigner alors j’ai demande au
chauffeur de mettre en marche la radio, car le trajet est long et monotone et
puis nous n’avons pas cessé de chanter depuis plus d’une heure «Labeik
Allahouma Labeik ».
Une fois encore les deux Afghans se levèrent de leurs sièges en criant «
Haram, Haram ».
Je leur demandai alors, qu’est ce qui est haram ?
L’un des deux me répondit,
- écouter la radio car le prophète ne l’avait pas fait !
Je me tourne vers lui et lui dis
- Tu es sure que le prophète a pris le car et qu’il n’avait pas écouté la radio?
Sans attendre qu’il me réponde j’enchaînais
- Si tu veux faire comme a fait le prophète, descends du car et fais le trajet
sur le dos d’une chamelle !
J’insiste alors auprès du chauffeur qui a finalement mis la radio en marche
et nos deux "Zygoto" pour ne pas écouter la radio ont enroulé des
couvertures autour de leurs tètes pour cacher leurs oreilles le reste du
trajet.

Moi, la réponse que je fais à toutes ces bonnes gens qui prônent l’exclusion
et l’intolérance envers d’autres religions se résume en cette prière :
«Lakad ja at roussoulou rabina bi alhaq, allahou malak al hamd »
Les prophètes de notre seigneur nous ont ramené la vérité, louange à Dieu !

Pour moi Ibrahim (Abraham), Daoud (David), Moussa (Moise), Aissa (Jésus)
et Mohamed sont tous des envoyés de Dieu comme le sont les nombreux
autres prophètes cités dans livre saint. L'oublier c'est aussi manquer de foi!

Ainsi va Ghriss
                                                     Washington le 10/04/2009



LES RAISONS DES PLUS FORTS...
Ces derniers mois, deux événements ont pris le devant de l’actualité au
Maroc, le premier concerne la lutte contre la drogue et plus particulièrement
le kif et le second, concerne l’influence ou plutôt l’activité suspecte des
chiites qui sont soupçonnés de servir d’éclaireurs pour l’Iran afin de
faciliter l’introduction du chiisme au pays comme cela s’est produit avec le
Hizb Allah au Liban et le Hamas à Gaza.

Cette semaine je vais laissé de coté les hommes aux turbans noirs et me
contenter de dire ce que je pense de cette herbe verte qui rend gai et fou,
qui est recherchée par certains et bannie par d'autres.
Jeune étudiant, j'avais "kifé" pour quelques sebsi avant une interrogation
écrite en maths et j'avoue qu'elle m'avait fait planer au point ou c'était la
seule et unique fois dans ma vie ou j'ai eu un zéro tout rond sur ma copie !
Contrairement à ce que m'avait dit un ami de classe, les bouffées de fumée
que j'avais avalées n'avaient pas stimulé mes neurones, au contraire elles
les avaient bien endormies !

Ce qui surprend dans la lutte contre le trafic du kif, c’est tout de même le
volume de cette drogue saisi un peu partout dans le pays, rien que durant
l’année écoulée et les premiers mois de cette année. Et plus inquiétant
encore l’implication dans les réseaux des trafiquants de certains qui sont
sensés lutter contre ces réseaux !
C’est certain que l’argent facile tente de nombreuses personnes mais pas
au point ou pour lutter contre ce fléau, il faudrait mettre un gardien pour
garder le premier gardien !
Le slogan istiqlalien «min ayna laka hada ? » aurait été un moyen efficace
pour lutter contre la corruption, et l’enrichissement illégal, mais hélas, ce
slogan est bafoué même par ceux qui l’ont initié.

Je ne vais pas être l’avocat du diable et défendre la culture ou la
commercialisation de cette herbe qui a choisi de n’être excellente que si elle
est cultivée dans nos montagnes du Rif, mais ma modeste connaissance
dans le domaine commercial me permet de dire que dans toutes les
transactions commerciales, c’est la demande qui conditionne l’offre et non
l’inverse !
Lutter contre la culture du cannabis ne suffit pas pour ne pas dire ne servira
qu’à augmenter son prix et faire profiter les intermédiaires et les trafiquants
de tous genres si on ne réduit pas en aval sa consommation.

Si cette herbe hachée et fumée dans un bon « sebsi » est vraiment néfaste,
ce qui ne fait pas l’unanimité de tout le monde car certains la trouvent
moins dangereuse que certaines marques de tabac.
Ce qu’il faut alors entreprendre, c’est plutôt l’interdiction de sa transformer
en chira et en produits dérivés très concentrés.
A défaut de ca, c’est la demande d'achat qu’il faut réduire qui est plus du
ressort des pays occidentaux qui nous montrent du doigt et qui ne font rien
pour interdire sa consommation chez eux.
Je doute fort que la même position envers cette herbe serait observée si
demain les pays européens arrivent à produire une substance chimique
identique à celle du kif. La preuve c’est que certains pays tolèrent
actuellement sa consommation en public !
Ce n’est pas une boutade si je dis que peut être, on veut tout simplement
nous priver de notre «or vert » !
Peut être qu’il faudrait contrôler tout le processus par le financement de sa
culture et l’achat de toute la production qui sera vendue aux laboratoires
pharmaceutiques pour être transformée en médicaments, c’est un peu ce
qu’on fait pour la culture de la betterave et de la canne a sucre.
C’est aux autorités compétentes de trouver une solution pour tirer profit du
kif et rectifier son image négative auprès de l’opinion publique.
En attendant, et tant que la demande est là, les trafiquants continueront à
s’enrichir et à se payer immeubles et voitures de luxe, les ripoux à vendre
leurs dignités pour quelques liasses de dirhams, et les pays occidentaux à
nous montrer du doigt et nous designer comme seuls responsables !

Je termine ma chronique en citant encore une fois Jean de La Fontaine qui
dans sa fable le loup et l’agneau, nous a expliqué, que la raison du plus fort
est toujours la meilleure, car il est vrai que le droit ne s’impose qu’envers
les faibles et que ces derniers ont souvent du mal à le faire valoir lorsque
c’est quelqu’un de plus fort qu’ils ont en face.
Cette maxime ne s’applique pas seulement aux personnes mais également
aux nations.

Ainsi va Ghriss
                                                   Washington le 04/04/2009


LE MAL DU BLED !
Voilà à peine un peu plus de deux semaines que j’ai quitté le pays et je
commence déjà à ressentir le manque du bled. Et pourtant, même à des
milliers de kilomètres du Maroc, grâce à l’Internet, je suis tout ce qui se
passe de l’autre cote de l’atlantique. La presse en ligne et les diverses
radios captées permettent de s’informer de tout ce qui se passe au Maroc.

A Washington, les musées, les galeries ne manquent pas et les entrées sont
gratuites, les jardins et les parcs sont bien entretenus et les rues sont
propres, les automobilistes sont plus que respectueux envers les piétons.
Les gens sont cool et chaleureux. Prendre un bus ou le métro ne donne lieu
a aucune bousculade et c’est avec beaucoup de respect que les personnes
avant de monter et de franchir les portières de ces véhicules attendent que
la dernière personne soit descendue.

La neige et le froid ont cédé la place à la douceur printanière. Les 3000
cerisiers offerts par le Japon en 1912 aux Usa qui entourent l’étang du
mausolée de Georges Washington commencent à fleurir. Il ne manquerait
plus qu’à fêter la coutume du "hanami" (hana) désignait la fleur de cerisier)
en allant festoyer sous ces arbres fleuris.
J’espère pouvoir assister cette année au National Cherry Blossom Festival,
dont la 97e édition aura lieu du 28 mars au 12 avril 2009 (avec une parade le
4 avril).
Depuis mon arrivée, je me suis promené sans être obligé de porter sur moi
mon passeport ou ma carte d’identité chose que je n’oublie pas de faire à
Agadir.
La seule fois qu’on m’a demandé de présenter un document d’identité, c’est
lorsque que j’ai voulu pénétrer dans une caserne militaire, les gardes m’ont
expliqué avec beaucoup de gentillesse que la visite du fort ne pourra pas se
faire sans la présentation de l’ID (Identification Document).
Durant ces premiers quinze jours, j’ai eu des journées pluvieuses et
d’autres bien ensoleillées et pourtant quelque chose me manque !
Peut être que le manque serait moins ressenti si les gardes de la caserne ou
le seul agent qui sirotait tranquillement son café devant les grilles de la
maison blanche en me voyant assis devant la demeure de l’homme le plus
puissant du monde, m’avaient crié :
Rja3 lor, fine Ghadi nta ? Ou qu’en prenant le bus, j’entendis fuser des
obscénités de tous genres comme chez-nous

Cette situation m’a rappelé l’histoire de ce français qui a séjourné deux
semaines au sein d’une famille marocaine du sud, Le roumi au bout de
quelques jours devient accro du thé à la menthe que préparait son hôte
après chaque repas. La veille de son départ, il demanda a son hôte de lui
transcrire avec précision sa manière de préparer le thé et insista pour
acheter les ustensiles identiques pour s'assurer de réussir sa recette, mais
comme il fallait attendre le jour du souk pour pouvoir acheter les mêmes
ustensiles, le Marocain emballa dans un carton tous ses ustensiles y
compris le « mejmar » le rabouss, le thé vert « al kafila » et un pain de sucre
de la Cosumar et les remit à son invité . Et c ‘est ainsi que le Parisien quitte
le Maroc ravi de pouvoir continuer à savourer son thé chez lui.
Une année après lors d’une seconde visite au Maroc, le Français tout déçu
dit à son ami marocain que malgré ses plusieurs tentatives et le respect à la
lettre da la façon de préparer, il n’a jamais réussi à préparer le même thé
que lui.
Le Marocain fut étonné et pour s’en assurer demanda au parisien de
préparer le thé devant lui. On ramène donc le brasero (mejmar). Le rabouss
et tout ce qu’il faut.
Le Parisien avant de mettre dans la théière la poignée de thé vert rinça avec
beaucoup d’insistance la théière, ce qui fit réagir le Marocain et qui lui dit :
- C’est ça ton erreur dans la préparation cher ami. Trop de propreté diminue
le goût ! Et puis c’est bien un dicton de chez-vous qui dit : "c'est dans les
vieilles marmites qu'on prépare de la bonne soupe ! " Contente-toi donc de
rincer la théière et laisse les bonnes bactéries faire leur travail.

A vous de faire le rapprochement, quant à moi je me contenterais pour
conclure de dire que finalement, la réplique que le douanier m’a faite et qui
m’avait déplu en quittant le Maroc, n’était pas si méchante que ça, même si
après avoir dévoilé ma fonction à son collègue qui se tenait a quelques
mètres de lui, il s’était adressé à moi en me disant «mabrouk la3wacher
»d’un ton qui m'a fait comprendre ce que sa phrase voulait dire.
Ce genre de réflexions ne doit plus nous surprendre, car il a fini par faire
partie de notre quotidien
Ainsi va Ghriss
                                                   Washington le 28/03/2009



LA REALPOLITIK
Je pense que l’avènement de l’ère Obama, a permis aux Usa de
reconsidérer leur manière de voir le monde, qui au temps de son
prédécesseur était marquée par une arrogance et un mépris envers les
autres nations,
Souvenez-vous que Bush a un certain moment, déclarait vouloir instaurer
un nouvel ordre mondial et imposer un système de gouvernance a certains
pays.
Ces déclarations télévisuelles ressemblaient aux bluffs d’un joueur de
poker qui bien qui même sachant que ses cartes ne valent pas grand chose
arrivait a faire croire qu’il possédait une meilleure main que les autres.
Il faut reconnaître que nous étions pour quelque chose dans cet état de fait,
car bien que le temps de la guerre froide ou les grandes nations jouaient a
se faire peur en gonflant leurs plumage comme les dindons soit révolu,
nous avons continuer a surestimer les possibilités réelles de ces pays.
Il y a déjà plus d’un demi-siècle qu’on nous disait que les Usa avaient des
satellites espions capables d’identifier le numéro d’immatriculation d’une
voiture circulant dans une rue de n’importe quel pays du monde !
Alors comment expliquer que cinquante ans après, ils ne peuvent toujours
pas repérer Ben Laden et ses troupes alors qu’on les croyait capables de
compter le nombre de poils blancs de sa barbe ?
Souvenez-vous aussi du temps mis malgré leur armada d’hélicoptères et
leurs satellites pour repérer avec exactitude l’endroit ou était tombée la
capsule de la navette spatiale Challenger après son explosion au-dessus de
leur territoire !
Comme la crise financière, qui malgré les artifices employés pour la cacher
a fini par éclater a la face du monde, la politique menée par Bush et son
administration avait atteint ses limites de crédibilités. La fin de son mandat
était une délivrance non seulement pour le monde mais égaiement pour lui.

Les initiatives de rapprochement avec la Syrie et l’Iran prises par Obama et
son équipe, et sa récente déclaration reconnaissant que les Usa ont besoin
des autres pays comme ces derniers ont besoin de son pays est en quelque
sorte un pied de nez a la politique arrogante de Bush !
Je pense que le réalisme qui a longtemps fait défaut a la politique étrangère
américaine reprend petit a petit sa place.
Vous verrez que dans les prochains mois les Etats Unis ne parleront plus
de l’axe du mal et reconnaîtront que la paix en Afghanistan ne se fera pas
par les armes et que la solution du conflit ne sera que politique.

Un autre domaine ou l’équipe Obama a fait preuve de beaucoup de réalisme
par rapport à l’administration Bush c’est dans le domaine de l’écologie.
Souvenez-vous de la situation paradoxale d’il y a une année ou le Vice
Président, Al GOR sillonnait les capitales du monde entier pour plaider la
préservation de la planète alors que Bush continuait de refuser que les Usa
ratifient le protocole de Kyoto. Là aussi, le virage pris par Obama est de 180
degrés et c’est tant mieux !

Je pense également, que dans une décennie ou deux, les armes
conventionnelles seront obsolètes. Chaque pays disposera d’armes plus
destructrices mais de fabrication facile pour la dissuasion, (capsules à gaz,
fioles virales ou nuages radioactifs), et qui en plus ne nécessiteront pas
d’entretenir une armée de plusieurs bataillons.
Imaginez ce que deviendra un pays qui allouera le budget de son ministère
de la défense à l’amélioration des conditions de vie de sa population !
Le Costa Rica qui se traduit littéralement comme «riche côte», est un petit
pays d’Amérique centrale qui en 1949, avait introduit l'abolition de l'armée
dans l'article 12 de sa Constitution. Le budget consacré précédemment à
l'armée est désormais dédié à la sécurité, l'éducation et la culture.

Mais ne vous faites pas trop d’illusions, avant d’arriver à cette situation, les
pays dotés de ces armes conventionnelles trouveront toujours un moyen de
s’en débarrasser en les vendant au prix fort a certains pays qui n’auront
jamais l’occasion (heureusement) de s’en servir que pour parader.

Pour conclure et rester dans l’esprit du titre de cette chronique, je dirais,
que Bush n’avait certainement pas lu dans sa jeunesse les fables de Jean
de la Fontaine, sinon il aurait appris, dans "le lion et le rat" ou dans "la
colombe et la fourmis", qu’on a toujours besoin d'un plus petit que soi.

Ainsi va Ghriss
                                                      Washington le 21/03/200


L’EMANCIPATION DES DEMOISELLES
Exceptionnellement cette semaine je vais soulever dans ma chronique deux
sujets qui me paraissent importants. Le premier auquel le titre fait allusion
n'a bien sur rien a voir avec nos charmantes demoiselles qui n’ont pas
besoin qu’on les émancipe puisqu’elles le font si bien toutes seules.
Les demoiselles dont je parle sont d’une toute autre beauté puisqu’il s’agit
de ces îles éparpillées dans les mers et les océans et qui continuent de
subir une forme de colonisation déguisée.
Comme je l’écrit il y a quelques mois dans l’une de mes chroniques, le
retrait des forces américaines de l’Irak est inéluctable comte tenu de la crise
économique que subit le pays de l’oncle Sam., le contribuable américain ne
va pas accepter de supporter le poids du coût de cette guerre en plus en
plus de la détérioration de son pouvoir d’achat.
Même chose pour ces petites colonies qui commencent a peser sur les
économies des pays qui les administrent. Hier, elles étaient une source de
profits avec tout ce qu’elles produisaient, canne sucre, bananes etc.
aujourd’hui leurs populations sont en majorité subventionnées et les seuls
emplois qui leurs sont offerts sont des emplois de fonctionnaires. Les
dernières grèves connues par les départements français d’outre-mer ne
sont que le commencement de la fin de leur colonisation. Le temps que cela
prendra dépendra plus de la conjoncture économique que d’une volonté
politique des pays qui les administrent.
Les derniers événements que la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion
ont connus, ne sont a mon avis que les prémisses d’un mouvement de
décolonisation qui durera ce qu’il durera mais dont l’issue est
inéluctablement l’indépendance.
Maillorque, des Canaries, de la Sardaigne, la Sicile, la Corse, finiront toutes
un jour par être indépendantes. Ce n’est qu’une question de temps. Le
temps qu’il faudra pour que les exigences économiques prennent le dessus
sur les exigences politiques.
Et de vous a moi, franchement que «fout» la France à Polynésie pour avoir
un département français qui porte le nom de la Polynésie française ?

Voilà pour le premier sujet quant au second, au risque d’irriter quelques
lecteurs et de déplaire a d’autres, je ne vais pas m’empêcher de dire ce que
je pense.
Vous suivez comme moi ce qui se passe au proche orient et l’inquiétude
manifestée par certains pays du golf arabique face aux visées
expansionnistes de l’Iran. L’Iraq de Sadam qui était le garde fou n’étant plus
la, la percée perse vers le proche orient n’est plus discrète comme elle
l’était avant. Le Hamas, Hizb Allah et quelques partis syriens font le jeu des
Ayatollahs et occupent le terrain pour eux. La déclaration d’un ex ministre
iranien qui a fait du Bahreïn une province iranienne n’est pas du tout
fortuite. Je pense que les pays arabes et les pays occidentaux ont compris
maintenant l’intention des iranien et que la paix au proche orient n’est plus
une nécessite mais une obligation.
J’ai dit une obligation car a moins d’un déclenchement d’une guerre contre
l’Iran, la seule alternative pour contrer les visées iraniennes demeure la
création d’une alliance arabo-israelienne,
Pour de nombreux pays arabes le choix entre Israël et l’Iran est vite fait. Ils
disent qu’ils avaient pu coexister avec les juifs durant des siècles sans
problèmes alors que leurs relations avec les Perses avaient connu
d’innombrables conflits,
Et si certains disent que choisir entre la fièvre et le choléra, ils opteront
sans hésiter pour la fièvre, pour moi, kipa ou turban noir, c’est kif-kif, ce qui
fait pencher ma préférence, revient a la gent féminine, car voir demain flâner
devant les vitrines de nos villes des "Chmihha" bien maquillées et portant
des robes fleuries est de loin plus gai et agréable a voir que des tchadors
noirs qui attristent encore plus les tristes et égaient moins les plus joyeux !

Ainsi va Ghriss
                                                       Washington le 14/03/200


SPORTIVEMENT VOTRE !
Dans ma chronique de cette semaine, je vais essayer de soulever la
problématique du développement du sport dans notre région en posant la
question toute simple pourquoi nos équipes locales n’arrivent pas à se
hisser au niveau des grandes équipes du pays ?
Nos joueurs sont-ils moins doués que ceux des villes ?
La réponse à mon avis est non !
La preuve nous est faite par de nombreux joueurs qui ce sont illustrés dans
de grandes équipes, je ne citerais à titre d’exemple que Abderrahman
Boufares pour le Basket ; Merry Krimau et son frère, ainsi que Ouadou pour
le foot. Ces grands sportifs qui se sont distingués par leur technicité, leur
discipline et leur comportement sont aussi originaires du sud-est marocain.
C’est certain que le choix de la discipline sportive incombe en premier lieu à
la personne qui veut la pratiquer, mais lorsqu’il s’agit d’un sport collectif
représentant une localité et qui de surcroît exige un accompagnement
financier, l’intérêt général de la ville doit être pris en considération.
Souvenez-vous des années 70 où la ASG (Association Sportive de
Goulmima) avait évolué en première division du basket-ball. Et qu’est- ce
qu’il y a de changer entre hier et aujourd’hui ?
Certainement pas l’envie, ni la motivation chez les jeunes de Ghrissois !
Ce qui a changé est au niveau des moyens et de l’intérêt qui est porté au
sport par un peu tout le monde, pour ne pas désigner tout seul le
département de tutelle.
Dans les années 70 Goulmima avait un super Caïd qui était vraiment
"super" en plus d’aimer le sport et les sportifs, il avait aussi les moyens de
leur apporter un soutien logistique qui fait défaut présentement. il faut
reconnaitre aussi que les attributions de sa fonction lui permettaient de
venir en aide à l’équipe lors de ses déplacements à Fès, Meknes ou Rabat.
Sans oublier le fait qu'en assistant lui-même à tous les matchs que disputait
localement l’équipe de Ghriss, c’est tout ce que comprend la ville comme
fonctionnaires et notables qui viennent soutenir et applaudir l’équipe.
Entre temps les choses ont beaucoup changé, l’affectation de subventions
est maintenant du ressort des élus et les aides ne sont plus ce qu’elles
étaient avant. La cherté de la vie et le prix des carburants n’encouragent
plus le bénévolat, ce qui rend difficile le déplacement d’une équipe de plus
de douze personnes de Goulmima à Fès, Meknès ou Rabat.
Faut-il dans ce cas désespérer et laisser toute ambition de voir nos sportifs
se distinguer au niveau national ?
La réponse est encore une fois non !
Un adage dit : A défaut des moyens de sa politique, on fait la politique de
ses moyens ! et si l’argent manque pour équiper et entretenir une équipe de
football, les moyens dont on peut disposer permettront certainement de
former une équipe de cross-country ou d’athlétisme qui n’exigent pas des
frais de déplacement importants. Et cela ne nous empêche pas de jouer au
foot entre nous et de garder intacte la passion que nous avons pour ce
sport
Les villes d’Oulmes, de Tidass et de Fkih ben Salah qui sont de la même
grandeur que Goulmima ce sont illustrées et se sont faites une grandes
publicité médiatique par les exploits de leurs athlètes.
Ceci étant, je pense qu’un débat autour du thème «Quel sport pour notre
ville » s’avère indispensable pour arrêter une stratégie qui permet aussi à
notre contrée de se faire connaître sur le plan sportif.
Je pense qu’entre la pétanque qui est plus un passe-temps qu’un sport et le
football qui exige des moyens d’accompagnement important, nous avons
une panoplie de jeux qui peuvent être pratiqués sans grands frais.
Et si parmi vous il y a quelqu’un qui est d'un autre avis, "Igzd Anagh
Tighilte" !

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 07/03/2009



ADAWAMOU LI ALLAH !
L’éternité n’appartient qu’à notre créateur et tout ce qui est créé par
l’homme ne dure que ce que le bon Dieu lui a prescrit comme temps.
Les non avertis de cette réalité fondamentale ont essayé et continuent
d’essayer de se mesurer à cette évidence qui n’appartient qu’à Dieu seul, en
construisant des édifices qu’ils pensaient éternels, mais aussi bien eux que
leurs constructions finiront un jour en poussière. D’autres inventent des
systèmes de gouvernance et doctrines qu’ils pensaient leur permettre de
gouverner le monde, oubliant que les meilleurs systèmes de gouvernance
ne se trouvent que dans les livres du seigneur.
Communisme, socialisme, capitalisme, n’ont duré et ne dureront que ce que
dure « lmchmach » (les abricots). Pas plus de trois jours.
Il y a quelques mois, ceux qui croient diriger notre monde ne parlaient que
de globalisation, mondialisation, libre échange, mais depuis l’apparition de
la crise financière, qui est devenue par la suite économique et dont on
ignore ce qu’elle sera demain, ceux qui ne rataient aucune occasion dans
leurs speeches et discours à vanter les bienfaits de cette mondialisation se
sont tus et ne savent pas (bach manfoukha) de quoi sera fait demain !
Mais ne pensez pas qu’ils ne vont rester longtemps silencieux, non, demain,
à défaut de vous dire le contraire de ce qu’ils disaient hier, et afin de nous
faire avaler la pilule ils trouveront les mots pour expliquer l’inexplicable et
nous faire accepter le contraire de ce qu’ils nous disaient avant .
Ils ne penseront plus globalisation, ni mondialisation, ni même
régionalisation. Ils ne se s’occuperont en premier que de ce qui est dans
l’intérêt de leur pays « ou bass » !
Lorsque les pays occidentaux implantaient leurs usines et leurs entreprises
en dehors de leurs territoires, ce n’était pas seulement à la recherche d’une
meilleure rentabilité due au coût de main-d’oeuvre, il y avait certes ça mais
pas que ça !
Sinon comment expliquer la décision par exemple de certains groupes de
commencer les fermetures des usines installées en dehors de leur pays
alors qu’elles sont plus rentables « financièrement » parlant que celles
installées dans leurs propres pays ?
L’explication me semble toute simple à comprendre, et je vais prendre
comme exemple une multinationale Française qui suite à la crise
économique se trouve dans l’obligation de fermer une de ses deux
entreprises qui sont de même taille et qui fabriquent les mêmes produits,
mais qu’une des usines se trouve en France et l’autre au Maroc.
Supposant que l’entreprise installée au Maroc, dégage un bénéfice net deux
fois ou même trois fois supérieur à celui généré par l’usine installée en
France, croyez-vous que la décision de fermeture va concerner l’usine qui
est moins rentable ?
Logiquement, vous me diriez oui.
Et pourtant ce n’est pas du tout ce qui se passe actuellement. Tout
simplement parce que d’autres critères plus déterminants sont pris en
considération même s’ils sont extra- financiers.
L’usine en France une fois fermée, va occasionner des pertes d’emplois qui
vont se traduire par une perte de pouvoir d’achat des personnes licenciées,
et si les personnes licenciées n’ont plus de quoi acheter, ce sont d’autres
commerces qui vont voir leurs chiffres d’affaires chuter, et c’est l’effet
boule de neige, puisque ces mêmes commerces vont à leur tour licencier si
leurs chiffres d’affaire baissent, etc.
Vous voyez bien dans cet exemple très simple, que ce n’est pas la
rentabilité de l’usine qui est prise en considération, mais la protection des
emplois et du pouvoir d’achat des français ! Et le choix stratégique de la
nation prime sur la stratégie de l’entreprise.
D'ailleurs les Etats qui autorisent l’implantation des usines en dehors de
leurs territoires sont des pays qui n’ont pas un problème crucial de
chômage et qui sont en général importateur de main d’œuvre étrangère. Et
puis comme je l’ai mentionné plus haut un salaire élevé payé à un ouvrier
en France s’injecte d’une façon ou d’une autre dans l’économie française,
contrairement aux salaires des ouvriers qui travaillent dans des entreprises
délocalisées et qui profitent au pays d’implantation.

Ce qui se passe un peu partout dans les pays occidentaux n’est autre qu’un
début du protectionnisme, même s’il se fait discrètement et en douceur.
Il ne faut pas s’étonner de voir demain des pays revenir à un
protectionnisme pur et dur qui ira jusqu’à interdire l’importation de certains
produits ou qui leur appliquera des taux d’importation très élevés (frais de
douane),

Quant à moi qui n’arrive même pas à protéger, les dattes de mes quatre
palmiers de Ghriss que les collégiens et lycéens de Goulmima dévorent
avant qu’elles mûrissent, il serait bon de me protéger contre ces projections
pessimistes qui risquent de rendre mes cheveux encore plus blancs qu’ils
le sont.

Ainsi va Ghriss
                                                         Agadir le 21/02/2009


LE MAROC, EST-IL TOUJOURS UN PAYS A VOCATION
AGRICOLE ?
Depuis fort longtemps, à chaque fois qu’on parle de notre pays, on dit que
c’est un pays à vocation agricole.
C'est vrai que déjà pendant les années soixante, nos responsables disaient
que le Maroc atteindra dans quelques années son autosuffisance
alimentaire. Il faut reconnaître que quelques années avant notre pays
produisait assez de blé et se permettait même d'avoir un excèdent en maïs
qu’il exportait vers un pays voisin !
La création en 1966 des ORMVA (Office Régional de mise en Valeur
Agricole) qui avaient remplacé l'ONI (Office National de l'Irrigation) avaient
comme objectif l'application de la politique agricole du royaume surtout
après l'orientation prise par le Maroc relative à la construction des barrages.
Il est vrai que des efforts ont été déployés dans certaines régions dans le
domaine de l'irrigation et les résultats ont été plus que suffisants au
lancement de cette réforme. Je ne citerais que le cas de l'industrie sucrière
qui a permis au Maroc qui importait 100% de son sucre brut à produire 45%
de ses besoins, grâce a la plantation de la canne et de la betterave
sucrières. les régions du Gharb, du Tadla, des Doukkala, de la Moulouya et
du Loukos pour ne citer que celles qui avaient connu un développement
extraordinaire.
Ce développement s'est ralenti lorsqu’il a été décidé vers les année
soixante-dix de supprimer à ces établissements la subvention de état en
leur demandant de couvrir leurs budgets de fonctionnement et les
dépenses relatives à la construction des ouvrages d’irrigation par les
redevances d’eau que paieraient les fellahs.
Peut être que cette autonomie financière qu’on a exigée des ORMVA qui
était pour beaucoup dans ce ralentissement des réalisations des
équipements et des systèmes d’irrigation. Ceci étant, je signale que chaque
office employait entre 600 et 1200 personnes, ce qui représente en frais
fixes, une charge assez importante pour ne pas dire très lourde,
transformant ainsi ces offices en gouffres qui dépensaient plus qu’ils
produisaient. Plusieurs fortunes s’étaient aussi construites à travers
quelques uns de ces établissements au dépend du contribuable, mais le cas
n’était pas spécifique aux seuls offices.

Au problème évoqué plus haut, est venu s’ajouter celui de la SODEA et de
la SOGETA. Ces deux sociétés étatiques créées dans les années 70 à
l’occasion de la réforme agraire avaient pour mission, pour la première de
gérer des terres non irriguées et de s’occuper, en plus de la gestion des
terres plantées, de la production, la transformation et le conditionnement
des agrumes et primeurs destinés en partie à l’export. Quant à la deuxième,
elle était chargée de gérer les terres non irriguées.
Pour ces deux sociétés, je me contenterais de dire qu’avant la récupération
de ces terres des colons à qui elles appartenaient et leur mise à la
disposition des deux sociétés, ces domaines permettaient à leurs
propriétaires de vivre comme de petits rois.
J’ai personnellement connu un domaine non loin de Meknès dont les
amandes étaient exportées au Japon. L’ingénieur agricole qui gérait ce
domaine veillait sur la bonne marche de sa ferme, le choix des cultures
n’étaient pas fortuit il savait utiliser les « synergies » et la complémentarité
des cultures et des plantations. A titre d’exemple au centre de ses dix
hectares d’amandiers il avait aménagé une surface où il avait installé plus
deux cents ruches ; ce qui lui permettait d’avoir d’une part une bonne
pollinisation des arbres par les abeilles et d’autre part, une grande
production d'un miel d'une excellente qualité.
Vous savez tous aussi bien que moi comment s’est terminée l’histoire de
ces deux sociétés étatiques ! Elles étaient passées d’une situation de
fermes productrices de profits avant que l’état les récupère à une situation
où c’était le contribuable qui mettait la main dans sa poche chaque année
pour résorber leurs déficits !
Mon grand-père qui n’avait que « krade yigrane » (3 champs) mais auxquels
il tenait beaucoup disait souvent « 3ti Larde Ta3tiq ». (Donne à la terre, elle
te donnera). Pour ces deux sociétés étatiques auxquelles appartenaient
plusieurs domaines agricoles, de nombreux gérants se donnaient et
oubliaient de donner à la terre !

Maintenant que la cession des terres appartenant à la SODEA et à la
SOGETA a été effectuée au profit du privé, je ne sais pas comment ça
marche au niveau du département qui pilote l’activité agricole de notre
pays, et quelle est la mission assignée actuellement aux différents offices.
Ont-ils dans leurs stratégies l’assistance, le conseil et l’accompagnement
de nos fellahs ou non ?
Conseille-t-on aux fellahs de cultiver des produits à fortes valeurs
marchandes ?
C’est vrai qu’il y’a quelques années les prix des bananes à l’importation
était élevé et justifiait sa production localement, mais maintenant que le prix
facturé aux importateurs est de moins de deux Dirhams franco ( FCT), faut-il
encore continuer à planter des bananeraies sous les serres?
Ne doit-on pas conseiller et orienter nos fermiers pour produire des fruits et
des légumes plus rentables ou que notre pays importe au prix fort ?
L’olivier, le palmier dattier, le maïs, le soja et bien d’autres cultures
rapporteraient plus que certains produits qu’on finit par donner au bétail
faute d’acquéreurs ou par surproduction !

Je ne vais pas trop m’étaler sur le sujet pour la simple raison que je ne suis
q’un profane en la matière. De nombreux lecteurs du forum qui avaient
l’occasion d’exercer de hautes responsabilités dans le département de
l'agriculture connaissent mieux le sujet que moi et vont certainement réagir
et prendre le relais pour rectifier ou donner plus de précisions.
Moi, je n’ai fait que lever le lièvre (Ahhiyah), maintenant c’est aux vrais
chasseurs de le tirer sans toutefois me viser.
Mais si par hasard je prends quelques plombs aux fesses, je ne en voudrais
pas, je considérerais ça comme faisant partie des risques du métier.

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 14/02/2009


L’ARBRE DES CAUSES
Lorsque j’avais pris l’engagement d’écrire une chronique chaque semaine,
je ne pensais pas que je traverserai des moments où j’allais me trouver
comme une pompe qui a pris de l’air et qui ronronne sans faire monter une
seule goutte d’eau. Si ma mémoire est bonne, dans le jargon technique on
dit de cet état, que la pompe "cavite" ! C’est un peu mon cas cette semaine.
Et puisque je parle de pompe et d’eau c’est une bonne transition pour parler
d’un arbre, celui des causes !
Il ne s’agit pas bien sûr d’une quelconque variété de palmiers qui ne
pousserait qu’à Ghriss. Non, mon arbre n’a de commun avec l’agriculture
que le nom. Et puis un arbre dont les branches sont des causes et qui ne
donne comme fruits que la compréhension d’une situation donnée, ne peut
exister que dans les têtes de ceux qui « cultivent leurs jardins » ! Les
personnes qui ont lu Candide auront compris ce que signifie « cultiver son
jardin » et diront que Voltaire n'avait fait durant sa vie que cultiver le sien !
Voilà donc pour l’introduction et revenons maintenant à notre arbre des
causes. Ceux qui ont eu un jour à gérer la sécurité dans une entreprise ou
son processus de production connaissent bien la signification de cette
appellation, qui est utilisée pour étudier à posteriori tout évènement
indésirable, accident du travail, mais aussi défaillance d'un processus de
production, mais qui est aussi utilisé à priori pour anticiper les événements
qui risquent de survenir au cours du déroulement d’une tache ou d’un
travail quelconque.
Dans la vie chaque événement heureux ou malheureux qui intervient n’est
que la conséquence d’une multitude de causes qui, en se conjuguant
ensemble aboutissent à la concrétisation de l’événement.
Il suffirait qu’une et une seule cause aussi infime qu’elle soit manque pour
que l’évènement ne se produise pas ! je vais essayer de trouver un exemple
simple et banal qui arrive chaque jour et qui illustre ce que je viens de dire .
Prenons l'exemple d'un homme qui se lève en retard et qui sans attendre de
prendre son petit déjeuner, enfourche sa bicyclette pour rejoindre son
travail. Au cours de route il se fait renverser par une voiture et se blesse.
Situation toute banale, mais si vous essayez de construire l’arbre des
causes à posteriori de cet événement, vous constaterez que la suppression
d’une des causes que comporte le déroulement de cet évènement entraîne
de facto la suppression de l'accident
Se lever en retard : s’il s’est levé à l’heure il aurait évité l’accident. Même
chose si même en se levant en retard il est resté prendre son petit déjeuner.
Et si la roue de la bicyclette était dégonflée, il serait parti à pied et aurait
évité l’accident. Même chose s’il avait mis plus de temps à se brosser les
dents ou s’il avait fait à sa femme un câlin matinal un peu plus long que
d’habitude. etc. etc.
La même chose pour le conducteur du véhicule, qui s’il ne roulait pas vite
aurait évité le cycliste, s’il s’était arrêté un peu plus dans la station service
pour vérifier l’état de son véhicule, il aurait évité l’accident. Même chose s’il
s’est arrêté pour prendre un auto-stoppeur qui lui faisait des signes au bord
de la route avant qu'il percute le cycliste. Etc. etc.
Vous voyez qu’effectivement, il aurait suffit qu’une de ces causes n’arrive
pas pour que l’accident n’ait pas lieu !
Voilà schématisée, une situation d’analyse à posteriori et de cette analyse
on sépare les causes endogènes et exogènes dans le déroulement de
l’événement pour apporter des actions correctives aux causes internes afin
d’éviter que l’accident se répète.

Maintenant essayons de construire un arbre de causes pour un événement
heureux. Et je ne trouverais pas un événement plus heureux en ce moment
que celui de voir le peuple palestinien récupérer ses terres et vivre en paix.
Je ne vais dessiner l’arbre avec toutes ses causes mais certaines sont déjà
là et commencent par constituer les premiers éléments du puzzle.
J’en citerai pêle-mêle :
L'attaque de Gaza par l’armée israélienne
La médiatisation de cette attaque surtout par al Jazeera
   Le bombardement des locaux des ONG et de l’ONU par les Israéliens
   L’interdiction aux journalistes occidentaux de couvrir le bombardement de
   Gaza.
   Le départ de Bush et l’élection d’Obama. Etc. etc.
   A propos d’Obama puisque je le cite, vous ne trouvez pas que le fait que ce
   président empreinte d’Ehud Barrak et Saddam Hussein leurs deux prénoms
   pour en faire ses deux prénoms lui "Barak Hussein" Obama est une drôle
   de coïncidence ?
   Cette coïncidence ne serait-elle pas une cause parmi celles qui
   constitueront l’arbre des causes de la paix au proche orient ?
   Croisons les doigts et disons wait and see!
   Pour ceux, pour qui « je me suis mal exprimé », laissez tomber mon "arbre
   des causes" et le conseil de Voltaire et continuez à cultiver Azgar (jujubier),
   il parait que Wari est très apprécié par Ibarèdn (boucs) et les bergers !

   Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 07/02/2009




POUR UNE DEMOCRATIE AU SEIN DES PARTIS
Je me souviens comme si c’était hier, de la composition du gouvernement
marocain dont feu Hassan II fut Président du Conseil, c'était durant la période
1965 - 1967.
Année 67 qui m'avait marqué par plusieurs événements, sur le plan personnel,
c'était l'année de mon échec au Bac (pour démentir ceux qui pensaient que
j'était brillant), sur le plan international, c'était la déroute des armées arabes
face au Tsahal pendant la guerre des six jours et sur le plan national, la
dissolution de l'équipe gouvernementale et la nomination de Mohamed
Benhima en tant que premier ministre alors que le gouvernement qui précédait
n'avait pas de premier ministre mais le roi feu Hassan II comme Président du
conseil de Gouvernement.

Si l'échec au bac et la défaite des armées arabes sont des événements qui
importants qui ne s'oublient pas, La composition de l'équipe gouvernementale
qui venait d'être dissoute m'avait aussi marqué. Non pas parce qu'elle n'avait
pas à sa tête un premier ministre, j'avoue que je ne voyais pas la différence
entre un premier ministre et un président du conseil du gouvernement, mais
tout simplement parce qu'elle comportait deux membres de la même famille et
que je trouvais cette situation anormale!
Et pourtant personne ne pouvait mettre en cause la droiture ou la compétence
de ces deux illustres personnes qui n'étaient autres que feu Mohamed
Benhima et feu Ahmed Taybi Benhima. Le premier occupait le poste de
ministre de l’Education Nationale, des Beaux Arts et de la Jeunesse et des
Sports et le second celui des Affaires Etrangères.
Même si leurs formations de grands commis de l’Etat, et leurs compétences
ainsi que leur appartenance à une grande famille de Safi leur permettaient
d’occuper des postes au sein d'un gouvernement, je trouvais anormal qu’une
équipe gouvernementale représentant tout le Maroc comprenne dans sa
composition deux membres d’une même famille.
J’aurais aimé que le gouvernement soit plus cosmopolite et comprenne plus
d’ethnies et de personnes de différentes régions du Maroc. Un équilibrage
régional et ethnique même discret devrait être mis en place. Les compétences
existent dans toutes les région du pays et parmi toutes les composantes
ethniques de sa population. C'était ma façon de voir les choses et dans ce
domaine je crois ne pas avoir beaucoup changé d'avis !

Je me souviens du premier gouvernement de feu Mohamed V où cette règle
était appliquée avec intelligence. On y trouvait à titre d’exemple, Bekkay qui est
originaire de l’oriental, M’Hammedi de Meknes, Cherkaoui de Boujaad, Zeghari
de Fès, Lyoussi de Séfrou, Guédira de Rabat, Benjelloune de Salé, Mokhtar
Soussi du Souss, Ben Bouchaib de la Chaouia etc.
Le second gouvernement fut encore amélioré avec la réservation d’un poste
ministériel à un représentant de la communauté juive marocaine et Mr Léon
Benzaken, fut nommé ministre des PTT ! .
En ces temps, les choses ont bien changé et même trop changé ! C’est sûr que
l’avènement de la démocratie dans tout système de gouvernance ne peut
qu’être salué, mais la démocratie a elle aussi ses exigences et ses
préliminaires qui à défaut d'être respectés lui enlèvent toute crédibilité. On ne
maquille pas un visage qui n’a pas été lavé et nettoyé auparavant !
« La3kr fouk louskh » ne donne jamais une belle apparence !

C’est vrai que démocratiquement un gouvernement doit être formé par le parti
politique ou une coalition de partis qui ont reporté les élections et qui
disposent d’une majorité au sein du parlement. Personne ne conteste cette
règle. Mais faut-il encore que ces partis appliquent dans leurs instances et
dans leur système de désignation de leurs bureaux cette même règle de la
démocratie; et ce n’est pas le cas de tous nos partis politiques.
Et pour être direct, est-ce le parti dont est issu l’actuel premier ministre n’a pas
de militants ministrables qu’au sein d’une même famille ou d’une même ville ?
Un cadre « istiqlali » d’Amellago ou de Beni Mellal, ou Sebt Gzoula, est-il moins
« istiqlali » que celui de Fès ?
Pour se voir confier des responsabilités importantes au sein d’une
administration, un ingénieur d’une grande école originaire d’Ait Shaq ou de
Tinejdad, est-il moins ingénieur que celui de Fès, de Salé ou de Rabat ?
La déontologie et l'étique doivent être observées et respectées au sein des
partis politiques pour éviter que les membres d'une même famille ou des
proches de leurs dirigeants se retrouvent au sein d'une même équipe
gouvernementale, ce qui évitera de dénaturer la démocratie et de d'augmenter
le sentiment de frustration auprès de beaucoup de cadres et de militants.
Un ami à moi m'avait dit l'autre jour, que certaines réunions de familles autour
d’une Harrira fassia ressemblent à de mini réunions interministérielles, même
si on y parle de "Khli3" et de Sqli plus que de grands chantiers du pays !

Le leadership d’un parti ou d’un syndicat ne s’hérite pas et ne se transmet pas
de père en fils ni de père en fille, il se mérite par le militantisme et par la
capacité de la personne à être un bon meneur d’hommes en un mot à être un
leader !
Ce n’est que maintenant que j’ai compris l’imploration qu’avait faite à Dieu un
Hdidioui en visitant pour la première fois Fès, Moha avait levé ses mains vers
le ciel et avait dit :
"Adyawi Rabi ait fass s’Ljente yawyaghd s’fass" !
Il savait qu’il fallait passer par la cité de Moulay Driss pour avoir une chance de
faire partie un jour d’une équipe gouvernementale ! A bons entendeurs salut !

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 30/01/2009


LE DROIT DES UNS ET CELUI DES AUTRES
S’il y a un domaine où les avis de toutes les composantes de la société
marocaine sont d’accord c’est sur celui de notre enseignement ou plutôt sur le
niveau de nos élèves et étudiants.
Tout le monde reconnaît que d'année en année, le niveau des connaissances
des élèves et des étudiants ne cesse de baisser.
Les professeurs, les parents d’élèves, les partis politiques, les syndicats, la
société civile, et les étudiants eux même reconnaissent que le niveau a
beaucoup chuté et continue de baisser.
Cet état de fait n’arrange pas en premier lieu les affaires de nos étudiants
surtout lorsqu’ils sont appelés à poursuivre leurs études dans des écoles
supérieures ou étrangères et en second lieu ne répond pas la demande des
recruteurs et des entreprises qui sont obligés souvent à mettre en place un
programme de mise à niveau pour relever le niveau de leurs nouvelles recrues.

Ceci étant dit, je pense qu’au vu de ce constat, les actions qui devraient être
entreprises devraient toutes converger vers un seul but, celui de relever le
niveau scolaire de nos étudiants à commencer par la suppression de ce
nombre perdu de jours par les grèves des enseignants !
Ne vous énervez pas, je ne remets pas en question le droit de grève des
enseignants ni celui des étudiants. Ce qu’il faut revoir, c’est plus le "comment"
et le "quand" il faut faire la grève!
Depuis quelques jours nous entendons et lisons à travers la presse le
mécontentement dont fait part les enseignants et les inspecteurs de
l’éducation nationale.
Commencer à grogner, c’est le signe avant coureur pour le déclenchement de
manifestations et de grèves. D’ailleurs, je ne sais plus depuis combien de
temps nous n’avons pas vu une année scolaire se dérouler sans qu’il y’ait une
ou plusieurs grèves !
Ce que je vais dire ne va pas plaire à de nombreux amis enseignants, mais je le
dis quand même parce qu’il me parait convenir à ce que j’ai dit plus haut, celui
 d’entreprendre des actions qui n’abaisseraient pas encore plus le niveau de
nos étudiants.

Actuellement, les grèves qui sont déclenchées par le corps enseignant et qui
ont pour objectif d’attirer l’attention de leur ministère sur leurs conditions de
travail ou sur une revendication salariale se soldent en général par la
perturbation au niveau des cours et la perte de quelques jours d’enseignement
qui en fin de compte ne pénalisent que les étudiants. Or il y’a mieux pour se
faire entendre sans pénaliser les étudiants. Le corps enseignant a tout les mois
de juillet et d’août pour protester et faire connaître ses diverses
revendications; les enseignants peuvent s’organiser en équipes et pourquoi
pas s'il le faut en 3x8 devant leur ministère ou devant le parlement, ils sont
assez nombreux Tbark Allah pour former autant d’équipes qu’ils le souhaitent
avec pancartes et mégaphones s’ils le veulent, mais là au moins en cas
d’interventions des (ça va cogner, "Chabakouni") ça sera eux qui prendront les
coups de matraques et non pas les pauvres étudiants !
Si c’est pour faire connaître leurs préoccupations et leurs revendications, je
suis certain que leur but sera atteint. Maintenant si c’est pour faire pression
sur les décideurs, c’est certain que l’entrée des étudiants dans la grève est
plus efficace pour atteindre un de leurs objectifs.
Je dis bien un de leurs objectifs qui leur est spécifique, car ils compromettent,
l’atteinte de l’autre objectif qui me parait plus important et qui est celui de
former le marocain de demain.
Mais comme me dira Moha, « Demain ihane Moulana » !
Nous sommes à l’image des bûcherons qui opèrent des coupes dans une forêt
sans se soucier de son reboisement. De nombreux enseignants doivent
méditer la citations qu’ils apprennent à leurs étudiants et qui dit :« Gharassou
fa akalna, sa naghrissou li ya'kouloune »
Je ne sais pas si j’ai mis mon doigt dans une ruche d’abeilles ou dans un nid
de guêpes, mais bon qu'importe, connaissant la réaction de mon ami Moha, je
me suis dis, " li liha liha ! "

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 23/01/2009


A CHACUN SA RAISON !
Il y a plus de deux semaines, soit quelques jours après le déclenchement des
bombardements de Gaza par l’aviation israélienne et suite à l’appel du Qatar
pour la tenue d’un sommet arabe, j’ai écrit qu’il y a de fortes chances que les
leaders arabes n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la date et le lieu pour la
tenue d'un sommet.
Et si les chefs d’Etats n’arrivent pas à se mettre d’accord pour une date et
pour un lieu de leur rencontre, comment voulez-vous qu’ils se mettent
d’accord sur des résolutions qui vont déplaire aux amis américains et
européens de certains.
Mais bon, je pensais tout de même que sous la pression de la rue et à la vue
des images transmises par les télévisions, les chefs d'Etats allaient finir par se
réunir quitte à clôturer leur sommet par une déclaration bateau, qui viendra
s’ajouter aux dizaines de résolutions déjà décidées et restées sans suite.
Dans cette agression, Israël utilise son aviation, sa marine, ses blindés et son
artillerie pour attaquer un territoire de 40 kilomètres de long sur 8 kilomètres
de large. Un pays qui de surcroît ne possède ni armée ni armes et dont on a
bloqué les issues depuis deux ans. C’est utiliser un pilon à air comprimé pour
écraser un petit pois.
Quelle que soit l’issue de cette bataille et quel que soit le nombre de tués
palestiniens, le fait d’avoir tenu face à une des meilleures armées du proche
orient est une victoire pour les combattants palestiniens.
Même si Israël arrive à supprimer les dirigeants du Hamas par des
bombardements, il ne supprimera pas le mouvement Hamas qui sortira de
cette bataille plus grandi pour avoir tenu tête et résisté à l'armée israélienne.
Revenons à notre sommet qui finalement s’est transformé en trois mini
sommets, pour dire que les principales raisons qui empêchent la tenue de ce
sommet sont connues ; mais jusqu'à mercredi même si certains ne
s’empressaient pas de dire oui à la tenue d’une réunion au sommet, personne
n’osait dire qu’il ne participait pas à cette réunion. Ce n’est que mercredi
après-midi que l’Egypte déclare ne pas participer au sommet, suivie une
journée après par l’Arabie Saoudite et puis après par la Tunisie, avant que
d’autres pays leur emboîtent le pas. Inutile de vous dire que les raisons
évoquées même si elles différent d’un pays à l'autre ne sont pas
convaincantes.
Certains pays ont justifié leur non participation en prédisant que le quorum
pour la tenue de ce sommet ne sera pas atteint !
Comment atteindre le quorum si chaque pays au lieu d’annoncer et confirmer
sa participation se limite à dire, je n’y vais pas parce que le quorum ne sera
pas atteint ?
Mais bon, passons, les couleuvres nous en avons tellement avalées !
Pour ces trois pays, en plus des raisons qui sont connues par tout le monde ils
ont en plus une qui leur est propre. Je dirais que pour la Tunisie c’est plutôt à
cause des relations d’amitié nouées par les dirigeants de l’OLP et du Fatah
avec les autorités tunisiennes lors du séjour forcé des dirigeants palestiniens
dans ce pays. La Tunisie soutient sans réserve l’équipe Abbas et ne voit pas
d’un bon œil la prise en force de Gaza par le Hamas même si c’était fait par la
voie des urnes.

Pour l’Egypte et l’Arabie Saoudite, je pense que la raison de leur refus de se
rendre à Doha est tout autre, et c’est ce que je vais essayer d’expliquer ci-
après:
Vous savez, la nature est indomptable et la vie crée et impose des événements
qui changent le cours de l’histoire.
C’est ainsi que des fortunes se font et se défont, que des empires se forment
grandissent puis se font surprendre par la décadence, deviennent faibles et
quelquefois disparaissent. Ces changements font partie de l’évolution de la
vie. Et si l’homme ne ressent pas directement ces changements c’est tout
simplement parce que leurs déroulements se passent sur une période assez
étalée.

Pour rentrer directement dans le vif du sujet, je vous dirais que le refus de
l’Egypte, suivi de celui de l’Arabie Saoudite de participer au sommet auquel a
appelé l’Emir du Qatar n’est pas étranger à ce que je viens de dire plus haut.
Le refus de ces deux pays trouve son explication dans le basculement du
leadership arabe et musulman en faveur du Qatar.
Voilà un petit Etat qui, il y’a un demi-siècle ne pesait rien face à une Egypte qui
se considérait comme creuset du panarabisme et du nationalisme arabe et face
à l’Arabie Saoudite, pays porte drapeau de l’Islam ; qui surgit du néant et qui
en trois décennies arrive à disputer à ces deux pays le leadership arabe et
musulman qu’ils avaient toujours eu !
C’est un peu à l’image de deux coureurs de fond qui étaient durant des années
des champions de leurs catégories et qui pendant un meeting sportif se voient
en train d’être dépassés par un outsider qu’ils pensaient ne pouvoir jamais
arriver à les battre.
La différence entre ce qui se passe dans une course sportive et cette affaire de
sommet, c’est que dans une course, il est strictement interdit au risque de se
faire sanctionner de faire un croche-pied à un adversaire.
Et dans le cas du sommet arabe de Doha, l’Egypte et de l’Arabie Saoudite ne se
sont pas empêchés de faire un croche-pied et de tirer le Qatar par le maillot !.
Que l’Egypte et l’Arabie Saoudite refusent de participer au sommet du Qatar
pour ne pas déplaire aux USA ou pour se débarrasser du Hamas, il n’empêche
que le développement économique et la notoriété grandissante du Qatar à
travers le monde les dérangent énormément.
L’Emir a fait de son pays un des plus riches pays du monde, de sa capitale une
ville comparable aux meilleures city de la planète, d’Al Jazeera une chaîne qui
a déclassé toutes les télés du monde arabe et qui concurrence la CNN
américaine ; c’est déjà assez pour être envié et jalousé !
Maintenant, laisser le chemin libre à ce pays et à son Emir pour prendre le
leadership arabe et islamique, ni l’Egypte, ni l’Arabie Saoudite n’accepteront
pas facilement d’être détrônés par ce petit poucet du Golf.

Indépendamment de ce qui sera décidé lors de ces différents sommets, Israël
sera obligé de se retirer de Gaza sans avoir réalisé ses objectifs, la pression
internationale est tellement forte suite aux bavures de son armée, que les
dirigeants de ce pays vont décider s'il le faut d'un retrait unilatéral dans les
jours qui suivent.
Et vous allez voir que ceux qui avaient décidé cette abominable agression
contre Gaza, vont voir dans quelques jours qui viennent leur opinion publique
se dresser contre eux, pour avoir sali l'image d'Israël dans le monde sans
réaliser les objectifs qu'ils s'étaient fixés avant cette attaque !

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 17/01/2009


"ARAHHAL" ET LA CRISE ECONOMIQUE
Il est vrai qu’avec ce qui se passe à Gaza, il est impossible de faire l’impasse
sur ce massacre qui se déroule devant les yeux du monde entier.
Mais comme je l’ai écrit dans une de mes précédentes chroniques, le silence
qu’observent les grandes puissances et par la majorité des pays arabes ne
devrait pas nous surprendre. Le mouvement Hamas fait peur et son élimination
ne déplairait pas à beaucoup de monde. Je suis certain que s’il n’y avait pas
cette énorme bavure de l’armée israélienne qui a bombarde une école et qui a
causé la mort de plusieurs personnes dont de nombreux enfants, les réactions
des pays occidentaux seraient encore plus timides qu’elles le sont aujourd’hui!
Ne soyez pas surpris si demain Israël ignore la résolution qui sera votée par
l’ONU, ce pays n’a jamais appliqué une seule recommandation de ‘’ce machin’’
comme l’avait surnommé Le Général De Gaule. Les résolutions onusiennes ne
sont pas contraignantes pour tout le monde et encore moins pour Israël.
Mais comme on dit chez-nous : «le bon Dieu patiente mais n’oublie guère !»
Le jour viendra ou les auteurs de ce massacre rendront compte de leurs
forfaits.

Je ne vais pas m’empêcher de dire aussi ce que je pense du Hamas; Ce
mouvement qui cherche sa légitimité et sa reconnaissance à travers le
sacrifice des centaines de ses fils ! Ses dirigeants ont une grande
responsabilité de ce que vit la population de Gaza aujourd'hui.
Une guerre se prépare et on ne la déclenche pas lorsqu’on a aucune chance de
la gagner ou lorsqu'on a un doute sur son issue !
Des roquettes Al Kassam n'est en face de l’arsenal militaire israélien que de
petits pétards. Avoir déclenché cette guerre face à une puissance nucléaire est
un acte suicidaire. Et puis nous en avons marre d’entendre depuis plus d’un
demi-siècle des slogans du genre « ca n’antasser » !
Avec quoi "ca n’antasser" ?
Avec l’bakour Al Handi ?
Rester à Damas en sécurité et vivre aisément avec des aides des ONG et des
Nations Unies , quelquefois même avec plusieurs épouses et une douzaine
d’enfants, puis crier sur les ondes : "Assomod, Assomod" ne peut être qualifié
que de folie si ce n'est de lâcheté !

Il ne faut pas faire sciences politiques pour savoir quand il faut exiger et quand
il faut faire le dos rond. A Ghriss on apprend cette technique à l’âge de sept
ans en jouant à « Ba n’Sfal » on sait quand il faut tirer sur la ficelle et quand il
faut la détendre afin d’éviter qu’elle casse !
J’espère qu'un jour, les dirigeants de ce mouvement rendent compte eux aussi
à leur peuple !

Voilà pour Gaza, passons maintenant à autre chose.
Cette semaine j’aimerais revenir sur la crise économique qui continue de
remettre en question les prévisions et les plans économiques de tous les pays
de la planète. Cette crise dont les premières conséquences et non les
dernières se traduisent par des licenciements de plusieurs milliers de
personnes à travers le monde suite aux fermetures d’usines et aux faillites
d’entreprises risque de s'aggraver en 2009 si des actions correctives ne sont
pas entreprises à temps..
Sans prétendre être un spécialiste dans le domaine de l’économie ou de la
finance, j’aimerais exposer ce qui me semble être une meilleure approche pour
non seulement arrêter la dégringolade mais relancer les économies.
Et puis, nous n’avons plus à nous faire des complexes ni à recevoir de leçons
de ces experts et de ces grands analystes, car si nous sommes dans cette
situation aujourd'hui, c'est aussi de leur faute.
Et puis le raisonnement d’un Arahhal (nomade) ne s’est jamais basé sur de la
fiction ni sur le virtuel pour faire ses prévisions. Un dromadaire n’est
comptabilisé que s’il se tient sur ses quatre pattes et possède une bosse !
Mais bon laissons nos dromadaires de coté et revenons à notre crise. Comme
vous l’avez sûrement remarqué, les premières actions correctives entreprises
par les gouvernements et les grandes entreprises sont comme suit :
- Les déblocages par les gouvernements au profit des grandes entreprises et
des banques de sommes importantes d’argent en subventions ou en prêts à
taux préférentiel ou nul.
- La réduction des charges des entreprises, par la réduction des effectifs et du
temps de travail. (80% des charges d’une entreprise financière par exemple
sont représentés par la masse salariale du personnel. Ce qui pénalise en
premier lieu l’ouvrier et l’employé qui à défaut de perdre leurs emplois perdent
une partie de leurs salaires !
Vous me diriez, à quoi ça sert de continuer à produire, si les ventes ne se font?
Vous n’avez pas tort mais la clé du problème est dans la dernière phrase de la
question, c’est à dire le pouvoir d’achat.
Que faut-il entreprendre me diriez-vous ?
 « Arahhal » pense qu’une autre approche existe. Une approche qui certes à
cours terme ne rémunère pas le patronat dans un premier temps mais
sauvegarde les intérêts des ouvriers et des employés et surtout permet de
relancer l’économie après une courte période.

Les gouvernements doivent apporter deux sortes d’aides aux entreprises. La
première aide en faisant des déblocages de subventions et de prêts à un taux
préférentiel ou nul, la seconde en exonération fiscale pour une durée de deux
ans.
En contre partie les entreprises doivent vendre leurs produits durant ces deux
années au prix coûtant, c’est à dire sans marge bénéficiaire. Ce qui se traduira
par la réduction des prix de vente de 20 a 50% ce qui relancera certainement
l’activité des entreprises par la relance des ventes!
Une réduction de 30% du prix d’une voiture ou d’un équipement
électroménager ne nous laissera pas indifférents et nous incitera à acheter !
Le seul bémol, c’est que durant deux années les actionnaires ne recevront pas
de dividendes, mais entre ne pas recevoir de dividende durant deux années et
risquer de tout perdre et de mettre la clé sous le paillasson, le choix est vite
fait!
Je ne sais pas si je suis arrivé à bien expliquer mon point de vue. Si vous
trouvez l'idée confuse ou boiteuse, mettez la sur le dos «d’assawar » et de
«takourdaste » que j’ai ramenés de Goulmima et qui ont fait partie de mon
déjeuner avant l’écriture de cette chronique.

Ainsi va Ghriss
                                                       Casablanca le 10/01/2009




"ARAHHAL" ET LA CRISE ECONOMIQUE
Il est vrai qu’avec ce qui se passe à Gaza, il est impossible de faire l’impasse
sur ce massacre qui se déroule devant les yeux du monde entier.
Mais comme je l’ai écrit dans une de mes précédentes chroniques, le silence
qu’observent les grandes puissances et par la majorité des pays arabes ne
devrait pas nous surprendre. Le mouvement Hamas fait peur et son élimination
ne déplairait pas à beaucoup de monde. Je suis certain que s’il n’y avait pas
cette énorme bavure de l’armée israélienne qui a bombarde une école et qui a
causé la mort de plusieurs personnes dont de nombreux enfants, les réactions
des pays occidentaux seraient encore plus timides qu’elles le sont aujourd’hui!
Ne soyez pas surpris si demain Israël ignore la résolution qui sera votée par
l’ONU, ce pays n’a jamais appliqué une seule recommandation de ‘’ce machin’’
comme l’avait surnommé Le Général De Gaule. Les résolutions onusiennes ne
sont pas contraignantes pour tout le monde et encore moins pour Israël.
Mais comme on dit chez-nous : «le bon Dieu patiente mais n’oublie guère !»
Le jour viendra ou les auteurs de ce massacre rendront compte de leurs
forfaits.

Je ne vais pas m’empêcher de dire aussi ce que je pense du Hamas; Ce
mouvement qui cherche sa légitimité et sa reconnaissance à travers le
sacrifice des centaines de ses fils ! Ses dirigeants ont une grande
responsabilité de ce que vit la population de Gaza aujourd'hui.
Une guerre se prépare et on ne la déclenche pas lorsqu’on a aucune chance de
la gagner ou lorsqu'on a un doute sur son issue !
Des roquettes Al Kassem n'est en face de l’arsenal militaire israélien que de
petits pétards. Avoir déclenché cette guerre face à une puissance nucléaire est
un acte suicidaire. Et puis nous en avons marre d’entendre depuis plus d’un
demi-siècle des slogans du genre « ca n’antasser » !
Avec quoi "ca n’antasser" ?
Avec l’bakour Al Handi ?
Rester à Damas en sécurité et vivre aisément avec des aides des ONG et des
Nations Unies , quelquefois même avec plusieurs épouses et une douzaine
d’enfants, puis crier sur les ondes : "Assomod, Assomod" ne peut être qualifié
que de folie si ce n'est de lâcheté !
Il ne faut pas faire sciences politiques pour savoir quand il faut exiger et quand
il faut faire le dos rond. A ghriss on apprend cette technique à l’âge de sept ans
en jouant à « Ba n’Sfal » on sait quand il faut tirer sur la ficelle et quand il faut
la détendre afin d’éviter qu’elle casse !
J’espère qu'un jour, les dirigeants de ce mouvement rendent compte eux aussi
à leur peuple !
Voilà pour Gaza, passons maintenant à autre chose.

Cette semaine j’aimerais revenir sur la crise économique qui continue de
remettre en question les prévisions et les plans économiques de tous les pays
de la planète. Cette crise dont les premières conséquences et non les
dernières se traduisent par des licenciements de plusieurs milliers de
personnes à travers le monde suite aux fermetures d’usines et aux faillites
d’entreprises risque de s'aggraver en 2009 si des actions correctives ne sont
pas entreprises à temps..
Sans prétendre être un spécialiste dans le domaine de l’économie ou de la
finance, j’aimerais exposer ce qui me semble être une meilleure approche pour
non seulement arrêter la dégringolade mais relancer les économies.
Et puis, nous n’avons plus à nous faire des complexes ni à recevoir de leçons
de ces experts et de ces grands analystes, car si nous sommes dans cette
situation aujourd'hui, c'est aussi de leur faute.
Et puis le raisonnement d’un Arahhal (nomade) ne s’est jamais basé sur de la
fiction ni sur le virtuel pour faire ses prévisions. Un dromadaire n’est
comptabilisé que s’il se tient sur ses quatre pattes et possède une bosse !
Mais bon laissons nos dromadaires de coté et revenons à notre crise. Comme
vous l’avez sûrement remarqué, les premières actions correctives entreprises
par les gouvernements et les grandes entreprises sont comme suit :
- Les déblocages par les gouvernements au profit des grandes entreprises et
des banques de sommes importantes d’argent en subventions ou en prêts à
taux préférentiel ou nul.
La réduction des charges des entreprises, par la réduction des effectifs et du
temps de travail. (80% des charges d’une entreprise financière par exemple
sont représentés par la masse salariale du personnel. Ce qui pénalise en
premier lieu l’ouvrier et l’employé qui à défaut de perdre leurs emplois perdent
une partie de leurs salaires !
- Mais Vous me diriez, à quoi ça sert de continuer à produire, si les ventes ne
se font ?
- Vous n’avez pas tort mais la clé du problème est dans la dernière phrase de la
question, c’est à dire le pouvoir d’achat.
- Que faut-il entreprendre me diriez-vous ?
 « Arahhal » pense qu’une autre approche existe. Une approche qui certes à
cours terme ne énumère pas le patronat dans un premier temps mais
sauvegarde les intérêts des ouvriers et des employés et surtout permet de
relancer l’économie après une courte période.
Les gouvernements doivent apporter deux sortes d’aides aux entreprises. La
première aide en faisant des déblocages de subventions et de prêts à un taux
préférentiel ou nul, la seconde en exonération fiscale pour une durée de deux
ans.
En contre partie les entreprises doivent vendre leurs produits durant ces deux
années au prix coûtant, c’est à dire sans marge bénéficiaire. Ce qui se traduira
par la réduction des prix de vente de 20 a 50% ce qui relancera certainement
l’activité des entreprises par la relance des ventes!
Une réduction de 30% du prix d’une voiture ou d’un équipement
électroménager ne nous laissera pas indifférents et nous incitera à acheter !
Le seul bémol, c’est que durant deux années les actionnaires ne recevront pas
de dividendes, mais entre ne pas recevoir de dividende durant deux années et
risquer de tout perdre et de mettre la clé sous le paillasson, le choix est vite fait

Je ne sais pas si je suis arrivé à bien expliquer mon point de vue. Si vous
trouvez l'idée confuse ou boiteuse, mettez la sur le dos «d’assawar » et de
«tikourdaste » que j’ai ramenés de Goulmima et qui ont fait partie de mon
déjeuner avant l’écriture de cette chronique.

Ainsi va Ghriss
                                                          Casablanca le 10/01/2009


L'HOLOCAUSTE PALESTINIEN
Ce qui se passe à Gaza est atroce et inhumain et ne peut que révolter toute
personne éprise de paix et de dialogue.
Ce massacre que l’armée israélienne entreprend contre les populations sans
distinction entre enfants et adultes est révoltant sur tous les plans, d’autant
plus qu’elle est en tain de faire subir au peuple palestinien le pogrom dont les
juifs avaient souffert au temps du nazisme.

Les Palestiniens, les arabes et les musulmans ne sont pour rien dans la
concentration au Vel d’Hiv des Juifs raflés, ce ne sont pas eux qui ont imposé
aux juifs d’habiter dans les ghettos à Varsovie, et ce ne sont pas non plus eux
qui les ont gazés dans les camps de concentration Allemands!
Si l'histoire à retenu dans ses mémoires l'holocauste juif dont sont
responsables les nazis, elle retiendra sans aucun doute, la responsabilité
d’Israël dans l'holocauste du peuple palestinien.
Utiliser des avions F16, des hélicoptères Apaches et des dromes pour
bombarder une population sans défense et un mouvement de libération qui ne
dispose même pas d'armes pour se défendre ne peut être qualifié que de crime
contre l’humanité.
Le silence qu’observent les dirigeants du monde en général et des pays arabes
en particulier et ce malgré les manifestations et les appels de leurs peuples,
est incompréhensif. Seules la France et la Turquie multiplient contacts et
déplacements pour arrêter ce massacre que les sionistes entreprennent à leur
guise en suivant le plan qu’ils avaient établi.

Les déclarations de Bush sont à son image exécrables, racistes et débiles, et
n'honorent pas ce grand pays que sont les Etats unis.
C’est vrai que le Hamas n'est pas porté dans le cœur de toutes les populations
musulmanes, c’est vrai que de nombreux pays aimeraient voir disparaître ce
mouvement qui pour certains pourrait représenter à l’avenir une menace et une
source de déstabilisation pour leurs pays, c’est vrai aussi qu’il y a beaucoup
de choses à reprocher au Hamas, à commencer par son refus qui est
irresponsable de se réconcilier avec l’autorité palestinienne même si ce n’est
pour permettre l’ouverture du point de passage de Rafah.
Mais fallait-il passer par ces massacres de civiles d'enfants, de femmes et de
vieillards pour parvenir à l’élimination du Hamas ?

La réponse est bien sûr non, car si Israël n'avait pas imposé le blocus de Gaza
et si Israël avait aidé le Président Abbas à améliorer la situation de son peuple,
le Hamas ne serait pas ce qu'il est devenu aujourd'hui. C'est Israël qui a
contribué au renforcement et à la radicalisation du Hamas qui ne l'oublions pas
avait remporté démocratiquement les élections organisées à Gaza. Israël a
imposé un blocus sur la bande de Gaza pour que les populations se révoltent
contre le Hamas, mais c'est l'inverse qui s'est produit. Et Israël au lieu
d'attaquer Hamas et les populations de Gaza devrait tirer les conséquences qui
s'imposent de ses choix et des erreurs de ses stratèges.

Ceci étant dit, je ne vais pas me contenter de condamner Israël sans signaler
certaines déclarations qui risquent de créer un amalgame dans les esprits de
beaucoup de gens des pays arabes et musulmans.
Nous reprochons aux occidentaux et surtout à certains médias de ne rien faire
pour que leurs populations ne fassent pas d’amalgame entre les musulmans,
les terroristes et les extrémistes. Nous savons que cette confusion qui est
souvent faite dans le but de nuire à notre religion est plus que dangereuse. A
chaque fois que c’est possible de rappeler que l’Islam est une religion
pacifique nous devrons le faire.

Cette guerre de Gaza nous apprend que de nombreux marocains pour ne pas
dire arabes ou musulmans font aussi l’amalgame entre sionistes et juifs.
Le judaïsme est une religion à laquelle nous croyons et Moise est aussi notre
prophète comme le sont Jésus, David et les autres.
En Israël, existent des pacifistes et des juifs qui dénoncent ce qu’entreprend
l’armée israélienne à Gaza et qui militent pour une paix juste et durable entre
Israël et la Palestine.
Dans beaucoup de déclarations et de discours, j’ai remarqué que les orateurs
ne font aucune différence entre le juif et le sioniste, ils les mettent dans un
même panier et appellent les gens à les combattre.

Tout en espérant que cette sale agression prennent fin dans les plus brefs
délais, je pense qu’il faut que les médias, les Imams et les Fkihs mènent une
action de communication auprès de la population pour que les gens fassent la
distinction entre le judaïsme qui est une religion divine révélée au prophète
Moise et le mouvement sioniste qui est né à la fin du XIX siècle sous la
pression des pogroms.

Combattons les sionistes et le sionisme mais évitons de qualifier tous les juifs
de sionistes, ils ne le sont pas tous heureusement !

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 06/01/2009


EST-CE LES PREMICES D’UNE CATASTROPHE ?
Demain nous allons entamer une nouvelle année, et chaque fois en pareille
occasion, les gens échangent des vœux de santé de bonheur et de prospérité.
Cette année, je ne vais pas manquer à cette règle et à cette bonne habitude.
Donc à vous tous qui me lisez chaque semaine et à chaque membre de votre
famille, je présente mes vœux de bonheur, de santé et de prospérité.
C’est aussi l’occasion de faire pour les habitants de notre planète des vœux de
paix de tolérance, car ce qui se passe, qui se prépare et qui se dessine en cette
fin d’année 2008 et début 2009 fait peur et même trop peur !
La nouvelle année ne sera pas seulement marquée par les conséquences de la
crise économique avec son lot de licenciements et de fermetures d’usines et
de sociétés mais aussi par la récession que beaucoup de pays vont connaître.
Le seul coté positif qui pourrait être une conséquence de cette crise et qui
n’est pas des moindres, sera la mise en place par les gouvernements des
systèmes de régulation pour éviter que les spéculateurs qui sont pour
beaucoup dans cette crise, reprennent les commandes des places financières
comme c’était le cas avant.

C’est aussi en cette fin d’année et plus exactement le jour du nouvel an de
l’hijir qu’Israël a choisi pour encore une fois lancer ses bombardiers contre la
population de Gaza, ne faisant pas de distinction entre civils et militaires, entre
enfants et adultes.
Comme à leur habitude ils agressent et déclarent au monde qu'ils sont des
victimes et qu'ils sont agressés; Souvenez-vous du 05 juin 1967 où ils
déclaraient être victimes des armées arabes alors qu'ils avaient auparavant
détruit au sol les avions égyptiens, syriens et Jordaniens! Ils continuent à
utiliser la même tactique bien qu'avec les chaînes satellitaires les gens ne sont
plus dupes comme ils l'étaient avant ! Ils ne savent pas qu’avec leurs
agressions ils ne font que renforcer le camp des extrémistes et « fabriquer »
plus de kamikazes qui, demain viendront se faire exploser au milieu de leurs
centres commerciaux ou de leurs bus bondés de monde .

Cette affaire de Gaza me fait peur, car elle présente des prémices d’un conflit
qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques et qui risque de déborder
et d’embraser toute la région si ce n'est pas toute la planète.
J’espère que l’Europe et les Etats-Unis vont peser de tout leur poids pour
désamorcer cette bombe dont la mèche vient d’être allumée.

En effet, Israël continue de bloquer tous les accès de Gaza, aussi bien les
terrestres que les maritimes, Hier, une vedette de la marine israélienne n’a pas
hésité à éperonner un bateau venant de Chypre, transportant quelques paquets
de médicaments aux habitants de Gaza et qui avait à son bord des militants
pacifistes pro palestiniens dont une sénatrice américaine, c'est dire leur
détermination d'aller jusqu'au bout !
Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est la décision de l’Iran d’envoyer un bateau
pour la même mission c'est-à-dire pour briser le blocus de Gaza.
Ce bateau n’arrivera aux eaux territoriales palestiniennes que dans quinze
jours, ce qui laisse le temps aux uns et aux autres se préparer à ce bras de fer
qui se jouera entre l’Iran et Israël.
Si demain le navire iranien est attaqué, l’Iran va-t-il supporter l’humiliation sans
réagir ?
Je ne le pense pas. L'Iran trouvera l'occasion de se défendre et risque de le
faire. Et si l’Iran riposte, ça sera le déclenchement du jeu des dominos, car
Nasr Allah qui contrôle le sud du Liban et la Syrie d’Assad rentreront dans le
conflit sans être invités. L’Egypte et la Jordanie sous la pression de leurs
populations n’auront pas d’autres choix que de s’y mêler s'ils ne veulent pas
faire face à la colère de leurs populations.
Et après, que va-t-il arriver me diriez-vous ?
Après, Al 3ilmou Illah !
Si ce scénario se produit et si les Etats Unis s’y impliquent et viennent épauler
Israël comme ils l'avaient toujours fait, ça risque de se terminer par une autre
humiliation du monde arabe qui mettra encore un siècle pour se relever. Dans
le cas contraire ça sera la disparition de l’Etat d’Israël comme le souhaite
Ahmed Enejad !
Je ne vous parle pas des dégâts collatéraux car ils n’épargneront aucune
région et aucun Etat !

Mais, et heureusement qu’il y a un mais ! Car aussi bien les Européens que les
Américains qui certainement sont conscients du danger que cette escalade fait
prendre au monde, ils feront prendre au conflit une autre voie que celle du
scénario décrit plus haut.
Ils laisseront le temps nécessaire pour que les israéliens éliminent ou à défaut
affaiblissent le Hamas, ce qui ne déplairait à la plupart des pays arabes qui ne
le cachent d'ailleurs pas, puis ils exigeront d'Israël d’arrêter ses attaques, et de
reprendre les discussions avec les Palestiniens d’Abbas pour la réouverture
des accès de Gaza. Et s'il faut que l'élimination de Hamas passe par des
centaines de tués et des milliers de blessés tant pis pour ces pauvres
malheureux                                                                    !
Vous verrez que les pays arabes ne vont même pas se mettre d'accord pour
arrêter une date pour une réunion au sommet ! Comme quoi, à défaut d'une
surprise, je peux dire que les jeux sont faits et que les carottes sont cuites !
La suite dépendra de ce qu’entreprendra la nouvelle équipe d’Obama, soit
prendre le taureau par les cornes en obligeant Israël de se conformer aux
résolutions des Nations Unies et en instaurant une paix durable avec ses
voisins, soit ça sera l’instauration encore une fois d’une paix qui durera le
temps que tiendra la nouvelle rustine qu’ils auraient appliquée à la chambre à
aire de cette bicyclette qui a pour nom le Moyen-Orient.
Pour balayer de ma tête ces mauvais présages, je vais me rendre à Goulmima
et essayer de passer un moment avec mes « juifs pacifiques » (Oudayen
N’T3chorte), car avec eux, tout ce que je risque de prendre en pleine figure,
sont des éclats de rires et non les éclats d’obus.
Bonne et heureuse année

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 31 déc. 2008



NOS GENES CONFLICTUELS !
Cette semaine, je vais laisser de coté les affaires Ghrissoises, non pas parce
qu’il n'y a rien à dire, mais tout simplement parce qu’à partir de la semaine qui
s’achève commence une succession de fêtes religieuses et sociétales pour les
trois religion monothéistes. à commencer par la Noël (25 décembre) qui
marque la naissance de Jésus, (3alayh Salam), même si certains historiens
prétendent que Jésus est né quatre années avant, ce qui se traduirait par
 Jésus est né quatre ans avant Jésus Christ !!
Puis le premier Moharrem (29 décembre) qui correspond à l’anniversaire de
l’hijir du prophète Mohammed (SWS) de la Mecque à Médine et qui marque le
début de l’année du calendrier musulman,
Ensuite vient le jour de l’an (1er janvier) qui marque le nouvel an du calendrier
grégorien,
Puis c’est la fête juive du 10 Tévet (6 janvier) qui correspond au Jour de jeûne
et de deuil pour les juifs qui commémorent le début du siège de Jérusalem par
les Babyloniens.
Puis la fête d'Achoura (le 7 ou 8 décembre) qui est célébrée de différentes
manières.
- Tout d’abord par les juifs qui observent un jeûne pour remercier Dieu d'avoir
épargné Moise (3alayh Salam) et son peuple de la tyrannie du pharaon
d’Egypte en leur facilitant la traversée de la mer rouge .
- Par les musulmans Chiites pour qui elle rappelle l’assassinat par Yazid Bnou
Mou3awiya de Hussein Bnou Ali, petit fils du prophète Mohammed (SAS) .
- Enfin par Imazighen pour qui l’eau durant dix jours représente la matière de
l’abondance et de la fertilité "Ta3chorte d’Assa Ila Lkhir g’Amane"
La dernière fête du mois est le premier Yennayer Amazigh (13 janvier) qui
marque le jour de l’an du calendrier Amazigh ou agraire et que nous fêtons par
la préparation du couscous au sept légumes (sb3 Khdar).
Comme quoi il y a de quoi festoyer si on avait pas en nous ces gènes
conflictuels qui à défaut de n’avoir avec qui se chamailler l’homme le fait avec
lui-même. Ce qui par conséquence ne fera jamais de notre monde un havre de
paix.
Et si demain on instaure une paix entre juifs et musulmans, le lendemain un
conflit éclatera entre les fractions de ces deux religions. Chiites contre
sunnites pour les musulmans, orthodoxes contre les libéraux pour les juifs.
Quant aux chrétiens, les dissensions entre Arméniens, Orthodoxe et les
catholiques sont là pour témoigner du désaccord qui existe entre les adeptes
de Jésus.
Dans les pays où l'appartenance religieuse ne pose pas de problème, c'est
l’appartenance tribale qui prend le relais pour faire perdurer l’état conflictuel
entre les gens !
Faut-il alors désespérer ?
Non, Car il n’est pas exclu que demain la recherche génétique arrive à extirper
de nos corps les gènes conflictuels et fait de nous des OGM (organisme
génétiquement modifié), là on ne se battra plus entre nous, mais ne va -t-on
pas souffrir du manque de ne pouvoir nous engueuler?
L'autre solution qui me parait amusante serait celle qu’avait recommandée il y
a plus de cinquante ans 3mi Bihi de la tribu des Ait Izdg et qui consiste à
bannir les armes et à ne se battre qu’avec des touffes de terre (Ardguen
Akchaw'ngh imalalene) ! Après chaque bataille nous serons tous couverts de
poussière au point de ressembler aux bourdons (Id Harzouz) mais cela nous
évitera de nous entretuer et nous permettra de nous retrouver après chaque
bataille dans l’étang de l’oued afin de prendre un bain de dépoussiérage!

Bonne et heureuse année

Ainsi va Ghriss
                                                            Agadir le 27/12/2008

Y A-IL SAHRAOUI ET SAHRAOUI ?
Après les événements dramatiques qu’a connus Agadir cette semaine, qui ont
coûté la vie à deux étudiants originaires de nos provinces de sud et les
troubles survenus au campus de Casablanca dimanche passé dont les auteurs
sont encore une fois des étudiants sahraouis, je pense qu’il faut que nos
responsables prennent les choses bien en main et ne laissent pas la situation
pourrir et dégénérer en batailles rangées entres étudiants.
Ces manifestants dont certains crient à haute voix leur soutien au Polisario en
brandissant les drapeaux de la RASD et qui troublent l’ordre public sont nés
dans les années quatre-vingt, c'est-à-dire quinze années après la récupération
de nos provinces du sud. Ils bénéficient d’avantages dont sont dépourvus les
fils des martyrs qui ont combattu les français avant et pendant la colonisation.
Bourses d’études, emplois garantis quelque soit leurs niveaux scolaires,
gratuité des transports, subventions de tout genre et que sais-je encore ? Et
malgré tous ces efforts que supporte tout le peuple marocain en ces temps
difficiles, ces jeunes croient être au dessus de la loi et ne cessent de narguer
tout le monde!
Sahraouis, nous les étions et nous les sommes aussi !
Allez y prendre un car dans une gare routière de Fès, de Meknès ou d’Azrou,
vous entendrez les courtiers crier « Sahara, Sahara » à l'adresse des
voyageurs à destination de Tafilalet !
Mais chez-nous, dans notre « Sahara » les produits alimentaires ne sont pas
subventionnés comme ils le sont dans l'autre Sahara. Ils coûtent même plus
cher qu’en ville puisque les prix de certains produits sont majorés du prix du
transport. Les carburants, le gaz ne sont pas subventionnés et nos
fonctionnaires ne touchent pas la double solde !
Pensant qu'il n'y a qu'un seul Sahara, nous avions adopté Feu Saïd Al Joumani
qui était Chef de la Jmaa Sahraoui au temps de la colonisation Espagnole et
avions fait de lui le député de Rissani lors des élection 1976 !
Que faut-il faire de plus, sinon être ferme avec tous ceux qui troublent l’ordre
public et qui prennent les mains tendues de notre administration pour de la
faiblesse.
Nous sommes tous Marocains et tous Sahraouis. Nous devrons tous avoir les
mêmes droits et soumis aux mêmes obligations de Tanger à Lagouira comme
aiment le crier nos médias .
Céder au chantage ou à l’intimidation n’est pas recommandable. Il faut être très
ferme avec ces étudiants qu’on chouchoute et qui continuent à semer le
désordre.
Les autres pauvres étudiants qui sont originaires de nos campagnes et nos
montagnes commencent à considéré ce favoritisme un peu pesant. Eux, ils ne
demandent pas la gratuité du transport, tout ce qu'ils veulent c'est juste d'avoir
des cars qui desservent leurs régions.

Même nos maigres pâturages dans le Ghriss sont envahis par des centaines de
troupeaux de chameaux venus du sud sans que les autorités puissent faire
quelques choses. Leurs propriétaires quelques fois en 4x4, font la sourde
oreille aux protestations des tribus à qui appartiennent ces pâturages.
Certains éleveurs ont même essayé d’exiger que nos commerçants leur
vendent les produits aux prix avec lesquels ils les achètent chez eux !
Et Puis faut-il porter une gandoura bleue pour qu ’on soit écouté et qu’on se
voit ouvrir les portes de certains bureaux? Ou Faut-il que les filles s’habillent
en Sahraouiates pour éviter des contrôles et échapper aux rafles ?
Je pense que les limites de tolérances sont atteintes. Un redressement de la
situation s'impose avant que la situation se détériore et génère des conflits
dont notre pays n'a aucunement besoin

Cette situation, me rappelle un fait historique des années quarante que feu
Moha Ouidani, mon grand père m’avait raconté.
Le fait s’est déroulé à Assrir, un des ksars d’Afrkla qu’habitait une grande
communauté juive du Tafilalet.
Alors qu’on organisait une fête en l’honneur du nouveau commandant français
qui venait d’être nommé chef des affaires indigènes de Tinjdad, le Caïd
Mohamad d’Assrir avait demandé à toutes les tribus de venir danser devant la
tente où étaient installés le nouveau chef et ses convives.
Avant qu’arrive le tour de la troupe juive, un homme vint apprendre à Moshé
qui était le chef de la troupe juive que leur rabbin venait de mourir. Moshé
couru vers le caïd Mohamad et lui demande de les exempter de leur tour de
danse vu la circonstance douloureuse que sa communauté venait de connaître.
Le caïd refusa malgré l’insistance de Moshé et ordonna que la troupe juive
s’aligne et commence sa danse.
Moshé tout triste aligna sa troupe devant la tente officielle des convives et au
moment de dire son Izli, Chmihha son épouse leva la main et demanda qu’Izli
soit dit par elle.
Elle se tourna vers Mohamad le regarda dans les yeux et lança son Izli resté
culte dans tout le Ghriss:
« Iwa toudayte youguerne toudayte aya ! » (Il n'y a pas de peur plus humiliante
que notre peur !)

Chmihha épouse de Moshé avait bien raison !

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 22/12/2008



NON MADAME LA MINISTRE !
Suite à la réponse négative que vous avez faite à la question d'un membre de
la Chambre des conseillers relative à la construction d’un barrage sur Oued
Ghriss, vous ne pouvez pas imaginer ma déception et certainement celle de
tous les habitants de la vallée du Ghriss et particulièrement celle de plus de
5000 personnes qui ont signé une pétition demandant la construction du
barrage, non parce que le barrage ne sera pas construit, mais plus pour la
raison avec laquelle vous avez justifié la non réalisation de ce projet à savoir la
non fiabilité du site.
Aussi, vous dis-je :

- Non Madame la ministre, les endroits susceptibles de servir de site pour la
construction de ce barrage qui vont de Tadighouste à Ait Hanni via Assoul ne
sont pas tous sur des terrains meubles !

- Non Madame la ministre, La Société Yougoslave qui avait mené les études du
barrage du Ziz et de Ghriss avait écrit dans son rapport: "Pour mieux utiliser la
quantité d'eau totale, le projet prévoit la construction d'un barrage de retenue.
A cet effet, sont analysés trois profils, considérés pour l'implantation du
barrage, à savoir:

- Le profil 1: situé à 1 km en aval du Ksar Timezguite.
- Le profil 2: situé à 500 m en amont de la source Aghbalou n'Oumssed.
- Le profil 3: situé à 1,5 km en aval du Ksar Lahroun (commune d’Amellago).

L'analyse a démontré que :
Le profil 1 est creusé dans des calcaires fracturés et en tant que tel
n'assurerait pas un volume suffisant de retenue.
Le profil 3 exigerait un grand et large barrage dont le volume de retenue serait
également insuffisant.
Le profil 2 est le plus convenable, car il est creusé dans des calcaires
compacts. Il est étroit et assure un volume suffisant de retenue".

- Non Madame la ministre, nous n’allons pas nous contenter d’une réponse qui
ne nous convainc pas et qui n’est pour nous qu’une manière de botter en
touche !
Nous demandons de consulter les documents du laboratoire qui attesteraient
de la non faisabilité de ce projet.

- Oui Madame la ministre, nous continuons à croire les géologues qui sont
unanimes à penser que la partie de la vallée en amont de la source d'Amssed
présente une structure géologique favorable et bien des sites capables
d'abriter ce genre d'ouvrage.

- Oui Madame la ministre, s’il faut redemander que les analyses soient refaites,
nous le ferons car il y va de la sauvegarde de vies humaines et de biens de la
population.

- Non Madame la ministre, nous n’allons pas rester aux aguets et trembler de
peur pour nos enfants, nos terres et nos bêtes à chaque fois q’une grande crue
est annoncée.

- Oui Madame la ministre, nous qui sommes de la région, restons persuadés
que la construction du Barrage sur le Ghriss est le levier principal pour le
développement socio-économique de notre région.

- Oui madame la ministre, l’irrigation de toute la plaine allant de Tinejdad à
Rissani y compris les champs du Tafilalet sera assurée à partir des eaux du
barrage sur le Ghriss.

- Non Madame la ministre, les palmeraies du Tafilalet continueront à bénéficier
les crues des affluents de Ghriss dont les eaux ne seront pas captées par le
barrage (Oued Todgha, Oued Afrekla, Oued Taltfraoute, Oued Idelsen, Oued
Bouwlgou, Oued tarda) et bien d’autres

- Oui madame la ministre les eaux du barrage seront d’un grand apport pour la
nappe phréatique de toute la région ce qui augmentera sûrement les débits de
nos sources

- Oui Madame la ministre, Si le barrage Hassan Addakhil sur le Ziz à quelques
kilomètres à vol d’oiseau, a fait ses preuves et amplement justifié sa réalisation
en matière d'irrigation de l'agriculture et de sécurisation des populations face
aux inondations catastrophiques pourquoi ne serait-il pas de même pour le
Barrage sur le Ghriss ?

- Oui Madame la Ministre, nous continuerons à consulter la documentation
géologique élaborée par les géologues de la Direction de la Géologie (laquelle
relevait de votre Département) et où il est aisé de relever que le Ghriss coule
dans des formations géologiques similaires à celles du Ziz

- Oui madame la ministre, pour les raisons énumérées plus haut, nous
continuerons à revendiquer la construction du barrage jusqu’à sa réalisation.

- Oui madame la Ministre, quelle qu'ait été notre déception par votre réponse,
les Ghrissois sont respectueux des normes et je vous transmets nos
salutations respectueuses.
                                   Ali Ouidani
                   Président de l’Association Arraw N’Ghriss
                                   Goulmima

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 19 déc. 2008


WAIT AND SEE
Je vais revenir sur ma chronique du 29 novembre dont le titre est « Plus jamais
ça ! » pour dire que certains lecteurs en lisant ma chronique ont du
comprendre que je suis trop clément envers les Ghrissois du conseil municipal
poursuivis pour détournement des deniers publics suite au rapport de la cour
des comptes.
Tout d’abord je tiens à dire que je n’ai pas à être clément et même si je l’étais,
ma clémence ne servirait à rien. Par contre je ne me réjouis jamais d’un
malheur qui frappe une personne quelques soient les rapports que j’entretiens
avec elle. Est-ce un défaut ou une qualité, je ne me pose même pas la question.
Nos compatriotes sont incarcérés certes, mais ne faut-il pas se réserver de les
condamner avant que la justice rende son verdict ?
Et même si demain ils sont reconnus coupables, Ne faut-il pas les plaindre et
nous plaindre au lieu de pavoiser comme le font certains à Ghriss?
Les plaindre, eux qui n’ont pas su être à la hauteur de la confiance qui a été
placée en eux, mais nous plaindre aussi, nous qui n'avons pas su choisir des
personnes capables de réussir la mission dont elles avaient la charge.
Dans un message qui m'est adressé en privé, un lecteur m'a reproché le
commentaire que j’ai fait au message d’une lectrice (voir courrier du lecteur),
lorsque j’ai écrit :
 « Oui j'ai de la pitié mais pour mon village, pour ma municipalité et pour ma
région ! Et si demain les personnes incarcérées sont reconnues coupables et
condamnées, je leur en voudrais plus, Car à la lecture du rapport de la cour
des comptes et de ce qui s'est passée dans certaines entités et si c'est voler
pour voler ils auraient dû voler un boeuf et non un oeuf ! »
Bien sûr que je n’incite ni encourage personne à voler, le premier paragraphe
de mon commentaire le dit sans aucune ambiguïté, et si la dernière phrase a
été formulée de façon à donner lieu à une interprétation autre que ce que je
pensais, je le regrette, car je ne pensais pas que cet ami lecteur l’aurait
interprétée et comprise comme il l’a fait. Je pensais qu’il allait lire entre les
lignes et me comprendre comme l’ont fait de nombreux lecteurs.
Aussi, pour enlever toute ambiguïté « chrah Mllah », je dirais qu'en écrivant
cette phrase j’ai voulu exprimer ma crainte de voir mes compatriotes
Ghrissois aussi fautifs qu’ils soient, payer pour eux et pour d’autres !
Je ne souhaite pas les voir servir de boucs émissaires et leur faire porter le
chapeau de toutes les malversations commises et être condamnés à de
lourdes peines rien que pour répondre à l’attentisme des gens et satisfaire
l’opinion publique. Je ne veux pas non plus que leur condamnation le cas
échéant serve de paravent pour occulter d’autres affaires révélées dans le
même rapport et dont les auteurs sont plus connus ou ont des relations dans
la sphère politique du pays. Pour être encore plus claire, je dirais que je
n'aimerais pas que notre "petit Istiqlali" de Goulmima paie à la place des deux
"gros Istiqlali" de Fès et de Casablanca qui eux n'avaient pas volé un oeuf
mais tout un troupeau de boeufs !
"Qui vole un oeuf vole, un boeuf" dit l'adage, et je ne m'oppose pas à ce que dit
le dicton qui réserve la même sanction et considère des deux cas comme un
même délit. Certes, un vol reste un vol, mais il est demandé aussi de ne pas
punir le voleur de l'oeuf et laisser libre celui du boeuf !
C’est ma grande crainte et je ne le cache pas. Mais comme disent les anglo-
saxons, « wait and see »;
Je termine ma chronique en citant un Izli (ver) du grand poète du moyen atlas,
feu Moha Ou Mouzzoune que Dieu ait son âme qui avait chanté :
Hawlat il 3youbinw awi iktabit Rabi **** Hane ouna Tssane Adass Ichd oudar
adigue am nakine
 (Ne vous réjouissez pas du malheur qui m’est destiné)
 (Celui qui en rit, peut fauter et se retrouver dans la même situation que moi)!
(Traduction approximative)

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 13 déc. 2008



PLUS JAMAIS CA !
Après avoir appris l’incarcération du Président et de quatre membres de notre
Conseil Municipal, la première chose qui m’est venue à l’esprit est le dicton de
chez-nous qui dit : « N’ Zayd Ahhwj i tmara ngh ! » (Nous avons ajouté la
souffrance à notre misère)

Loin de moi de porter à quiconque l'accusation d’avoir failli à sa mission ou
d’avoir volé ou détourné quoi que ce soit, car c'est à la justice que revient
d’infirmer ou de confirmer les accusations portées contre mes compatriotes
Ghrissois; Mais n'empêche que cette nouvelle m'attriste énormément et je la
ressens comme une gifle non méritée.
Ce qui a été écrit et publié dans le journal « Al Ahdaths al Maghribia » du 27
courant salit l'image de Ghriss, jette un discrédit et un doute sur nos élus et
remet en question un grand acquis qui qualifie jusqu’à aujourd’hui les gens du
Sud Est et particulièrement les gens de Ghriss de bonnes gens et de gens
honnêtes et intègres.
Moi qui vis depuis une quarantaine d’années hors de Goulmima, j’ai toujours
ressenti une fierté lorsque mes interlocuteurs à chaque fois qu’ils apprennent
que je suis de Ghriss n'hésitent pas à dire " hadouk Nass Ma3qouline"
qualifiant ainsi mes compatriotes de personnes honnêtes et d’intègres, et c'est
ce capital de confiance que nous risquons de perdre.

Un ami à moi m’a dit en discutant de cette affaire, que Goulmima bat le record
des lettres anonymes qui sont adressées à certains départements pour
dénoncer les comportements ou la mauvaise gestion de certains responsables.
Je lui ai répondu, que même en regrettant que ces lettres soient anonymes et
ne reflètent que le manque de courage de leurs auteurs à s’identifier et
assumer ce qu'ils écrivent, elles restent un moyen pour porter à la
connaissance de qui de droit les agissements qu’on juge illégaux de certains
responsables.
Les lettres anonymes ou toute sorte de délation ne doivent pas faire peur ni
prises en considération tant que ce qu’elles révèlent reste non fondé et faux et
que les commissions qui sont diligentées pour contrôler et vérifier ne
constatent aucune malversation !

Tout en me gardant de porter un jugement sur ce qui est reproché à certains de
mes concitoyens, et à qui je souhaite qu’ils aient des preuves pour démontrer
leur innocence et se laver de toute accusation et de tout soupçon, je lance un
appel à mes compatriotes qui projettent de se présenter aux futures élections
municipales pour leur dire :
- Que notre village qui est déjà défavorisé par son enclavement et par ses
manques de ressources a besoin de personnes qui lui donnent de leur temps
et de leur argent et non du contraire.
- Que si certaines villes ou villages ont les moyens et les ressources qui leurs
permettent certaines dépenses qui ne sont pas totalement nécessaires, chez-
nous, ce n’est pas le cas. Chaque dirham doit être dépensé en bon père de
famille c’est à dire dans l’intérêt des populations. Je ne suis pas au courant de
la situation de la trésorerie de notre municipalité, mais si un quelconque
excédant existe, il suffit de regarder autour de soi pour se rendre compte de
tout ce qui reste à faire.
Nos riches sont moins riches que les riches des autres contrées et nos
pauvres sont plus pauvres que tous les pauvres des autres régions. Cette
situation doit inciter nos élus à une bonne gestion des deniers publics dont ils
ont la charge, car une situation de précarité exige une gestion rigoureuse plus
que l'exige une situation d'aisance et de richesse.

Cette affaire qui tombe en plein « 3wachr » m’attriste beaucoup et certainement
attriste de nombreux Ghrissois et particulièrement les familles et les amis des
personnes incarcérées en ces temps de grand froid.

Qu'est ce qu'il y a de mieux pour terminer ma présente chronique, que
d'adresser l'imploration et la prière suivante au seigneur et dire : «Allah ikteb
3lina makatib al kheir»

Ainsi va Ghriss
                                                                    Agadir le 29 Nov



                                                    Agadir le 06 décembre 2008


UNE MALADIE APPELEE : LE POUVOIR
Vous serez certainement d’accord avec moi si je vous dis que certaines
maladies qui sévissent ces derniers temps n’étaient pas connues par nos
parents et nos ancêtres, Non pas parce que, jadis la médecine était plus
performante, mais tout simplement parce que ces maladies ont un lien direct
avec notre façon de vivre et avec l’environnement dans lequel nous vivons.
Le stress, la dépression sont des maladies spécifiques à notre siècle. Et si ces
deux maladies datent aussi de quelques années, notre pays découvre une
toute nouvelle maladie à qui j’ai donné le nom de « maladie du pouvoir ».

Pourquoi donc on ne découvre cette nouvelle maladie que maintenant ?
La réponse est toute simple, c’est maintenant que de nombreux marocains qui
occupaient des postes d’autorité et de pouvoir sont mis à la retraite. Et
beaucoup d’entres eux, ceux qui n’ont pas préparé leur retraite ou ceux qui
avaient oublié qu’un jour, ils seront appelés à abandonner à d’autres
personnes qui viendraient les remplacer le fauteuil sur lequel ils s’étiraient et
pensaient être le leur jusqu'à la fin leur vie.

Me vient à l’esprit l’histoire de ce haut responsable qui n’arrivait pas à
s’adapter à son nouveau statut de retraité et qui à la maison prenait son
épouse pour sa secrétaire particulière et son jardinier pour son directeur de
cabinet !
Lorsqu’il s’adressait à sa femme, c’est pour lui dire apporte-moi tel ou tel
dossier ; son épouse jouant le jeu lui présentait un bol de harrira ou une
théière qu’elle venait de préparer.
Son jardinier imitant l’épouse se présentait à chaque appel de l’ex responsable,
la houe à la main pour s’entendre dire envoie tel message ou écris à telle
administration !

L’autre histoire est celle d’un autre haut responsable qui dès la première
semaine de sa retraite a commencé à être dépressif, ne parlant plus à personne
et évitant de sortir voir ses amis. Son fils haut cadre qui avait tout essayé en
vain pour que son père retrouve sa joie de vivre, s'est adressé aux anciens
amis de son père pour leur demander conseil. Un de ces hommes dit au jeune
homme : Si tu veux que ton père se remette de son état dépressif, construis lui
un hammam public et fais-le vite !
Le jeune cadre, même s’il ne voyait pas le rapport qui peut exister entre la
maladie de son père et le hammam avait suivi le conseil que l’ami de son père
lui avait donné et a donc construit un hammam public dans leur quartier.
Et là' le miracle arriva ! Son père retrouva l’envie de vivre, car il avait sous son
autorité le préposé à la chaufferie (Fernatchi), les deux masseurs (Lkssala) et le
guichetier.
Au premier il n’arrêtait pas de dire que le hammam est trop ou moins chaud,
aux seconds, ils les engueulaient en leur montrant des coins qu’ils avaient mal
nettoyés avec leurs raclettes et au guichetier c’est la vérification de la recette
et les reproches de pas avoir encaissé le prix d'entrée d’un jeune enfant
accompagnant son père.
Notre retraité trouvait aussi du plaisir à reprocher à certains clients de porter
certains maillots de bain qu’il ne trouvait pas à son goût ! Mais en contre partie
de tout ça, chaque soir il rentre chez-lui heureux d’avoir fait du bon boulot.
Notre retraité prenait sa nouvelle fonction au sérieux au point où il se
permettait de dire à sa femme, aujourd’hui c’est jour férié, je ne vais pas au
boulot !

voilà encore une autre histoire et j'arrête. C'est celle d'un ex caïd que Dieu ait
son âme, qui un mois après sa mise à la retraite s'est retrouvé chez un
marchand de légumes du souk, nez à nez avec le mokhazni qui tenait la garde
devant son domicile lorsqu'il était encore en fonction. Voyant le mokhazni
continuer à choisir ses tomates sans se mettre au garde à vous, le caïd lui
asséna un coup de panier sur la tête. Il a fallu l'intervention des gens pour
empêcher le mokhazni de lui donner une bonne correction.
Comme quoi, pour certains, retrouver le statut de personne lambda après des
années de pouvoir n'est pas toujours chose facile.

Lorsque j’ai fait état de mon prochain départ à la retraite, j’ai reçu de nombreux
messages d’amis et de lecteurs, qui me demandaient ce que j’allais faire après.
Un ancien camarade de classe qui doit avoir à peu près le même âge que moi
et qui est de surcroît à la retraite depuis un an, me dit: tu vas t’ennuyer à ne
rien faire !
Mon ancien camarade de classe me voyait comme lui, attablé toute la journée
sur la terrasse d’un café en train de remplir les cases d’une grille de mots
fléchés !
Je lui ai tout simplement dit, que je vais continuer à travailler, mais que
certainement lui et moi n’avons pas la même définition de ce qu’est la retraite !
Je dis à mon interlocuteur que la différence entre aujourd'hui et demain est
toute simple à comprendre, Actuellement lui dis-je, je perçois un salaire pour
faire un travail que me demande mon employeur et qui certainement lui plait.
A ma retraite je percevrai ma pension, mais en ne faisant que ce qui me plait !
Je lui fais comprendre que dans les deux cas le verbe faire, qui caractérise
l’action est présent !

Je terminerais ma chronique en remerciant Dieu de m'avoir épargné cette
maladie du pouvoir, ce qui évitera à mon fils la construction d’un hammam
public dans notre quartier !

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 22 Nov. 2008



LES JOURS FERIES
Nous voilà à moins d’un mois de l’Aïd El Kebir (Tafaska pour Imazighen), une
grande fête que chacun de nous souhaite passer en famille, et qui chaque
année se traduit par un grand nombre de déplacements à travers tout le pays
avec tous les risques que cela comporte.
Bien sûr que c’est avec beaucoup de plaisir que ces voyages parfois longs se
font car se ressourcer et voir les siens est un événement tant attendu et
souhaité par tout un chacun.
Seulement il y a un hic pour ne pas dire un grand hic pour ceux qui ont un long
trajet à faire et même pour ceux qui sont proches de leurs familles. Deux jours
ne suffisent pas pour voyager, passer la fête comme il se doit en famille et
revenir à son lieu de travail. Le fait de penser au voyage et surtout au retour
pendant cette unique journée de l’Aïd, ne permet pas je jouir convenablement
des retrouvailles et de la bonne ambiance de fête.
Raison pour laquelle de nombreuses personnes passent par des moyens
détournés pour allonger la durée de cette fête allant de la prise de jours congé
ou l’envoi carrément des certificats de maladie qui n’attestent rien d’autre
qu’une simulation de maladie.

Certains vont se dire que faut-il faire alors ?
Je pense que tout en gardant le même nombre de jour fériés et chômés que
nous avons par année, on peut déjà définir des fêtes nationales ou religieuses
majeures qu’il faudrait garder et dont la durée pourrait éventuellement être
allongée et d’autres où une commémoration officielle suffirait sans qu’elles
soit fériée !
Ainsi on peut porter le nombre de jours fériés de l’Aïd El Kebir à sept jours
calendaires au lieu de deux qui sont accordés actuellement.

Dans cet ordre d’idée, pourquoi ne pas mener aussi une réflexion sur le congé
annuel ?
Nous constatons que chaque année durant le mois d’août, la grande majorité
des administrations sont désertées par les fonctionnaires qui choissent ce
mois pour leur repos annuel !
C’est vrai qu’août est le plus prisé de tous les mois (Peut être pas pour l’année
prochaine à cause du ramadan), et qu'il est tout désigné pour être le mois des
vacances, Faut-il encore s’organise en conséquence et qu’on arrête d’avance
les permanences et les établissements qui doivent continuer à fonctionner
normalement durant ce mois (Hôpitaux, hôtels, sécurité, … etc.)

Oui, c’est vrai que celui qui écrit ces lignes n’est pas aussi concerné que ceux
qui ont encore plusieurs années de travail devant eux, puisque dans quelques
mois pour ne pas dire quelques semaines tous les jours que le bon dieu lui
accordera seront pour lui des jours fériés et chômés !

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 15 Nov. 2008



LE REVE AMERICAIN
Le rêve américain est cette possibilité pour n'importe quel immigrant de
réussir à partir de rien, qui a été fortifiée par l'étendue territoriale, les
ressources et le libéralisme politique et économique qui caractérisent les
États-Unis. Cette idée qui est aussi vieille que la découverte du continent
américain est devenue un état d'esprit typiquement américain, il n’est pas
seulement lié à une expansion économique ou territoriale car il ne se référait
pas seulement à la conquête de l'espace, mais aussi à des changements dans
la société et les mentalités.
L’élection de Barak Obama est là pour confirmer cette spécificité américaine
qui fait de ce pays une grande nation.

Et comme preuve, voilà un pays qui n’avait aboli l’esclavage qu’en 1865 (1794
en France, 1833 en Angleterre) et qui a continué à entretenir une politique
ségrégationniste jusqu’en 1960 et même jusqu’en 1967 pour les mariages
mixtes.
Il y a moins de cinquante ans, homme de couleur ne pouvait monter qu’à
l’arrière d’un autobus, les enfants noirs ne pouvaient pas fréquenter les même
écoles que les enfants blancs et encore moins s’asseoir sur le même banc
d’une classe, les habitants noirs n’avaient pas le droit de voter et encore moins
d’être élus ! Les bars et les restaurants étaient interdits aux noirs et quand il
leur est permis d’y accéder, ils ne pouvaient le faire que par une porte située a
l’arrière de ces établissements et non pas par la porte principale !
Et voilà que ce peuple vient de porter à la plus haute fonction des Etats-Unis
un homme de couleur, dont le père et d’origine kényane et dont l’épouse est
une descendante d’esclaves ! Que de chemin parcouru en quelques décades !

Chez-nous, voilà quinze siècles que notre religion nous dit que « seule la foi
fait la différence entre un être et un autre » ! Mais dans la pratique de tous les
jours, c’est autre chose. Les termes "Hartani" ou "Azzi" ne sont employés que
dans leur sens péjoratif. Les mariages mixtes (noirs / blanches) sont toujours
mal vus lorsqu’ils existent ! Et les fonctions d’"Amghar" ou de "Cheikh" ne
sont occupées à quelques exceptions près que par les blancs !
A quand donc notre révolution ?
Nous nous disons être des musulmans sans être en conformité avec ce que
nous recommande notre religion! Nous voulons être des gens civilisés et nous
continuons à pratiquer des ségrégations que toute société civilisée doit
rejeter ! L’hypocrisie est plus en nous que le sont les vraies valeurs que
doivent avoir de vrais musulmans !
Qu’on le veuille ou pas, l’avenir de notre société pour ne pas dire de toutes les
sociétés de la terre tendra et ira vers le métissage ! Ne pas reconnaître ou
rejeter cette vérité, n’est que nager en contre-courant de l’histoire.

Pour clore cette rubrique, moi qui à chaque occasion ne cesse de revendiquer
mon Amazighité, mon Arabité et ma Négritude, je dirais tout simplement que
c'est dommage que je ne sois plus là pour admirer, mes descendants qui
certainement auront cette belle couleur d’ébène !
Je suis certain qu’avec cette belle couleur de leurs peaux, ils ne
peuvent être que plus beaux que leur ancêtre !

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 08 Nov. 2008



"IFOUROUSSN" (Les Gerçures) DE NOTRE SEGUIA !
Voilà une semaine bien chargée qui s’annonce ; les élections présidentielles
aux Etats Unis, la désolation et la souffrance de ceux qui ont tout perdu lors
des dernières inondations et le concert de la tolérance à Agadir ! Le dicton
« Koul wahd ilghi blghah » trouve dans cette situation toute sa signification. Et
c’est dans ce contexte que je vais de mon coté chanter à ma façon, même si de
nombreux lecteurs aimeraient agir comme le fait Cétautomatix au Barde du
village d'Astérix en me bâillonnant.
Voilà, c’est pour vous avertir d’avance et de vous dire que mon chant n’est pas
du tout gai. C’est un chant plaintif qui ressemble à celui d’un coyote
d’Assdrem qui ne trouve rien à mettre sous sa dent.
Je veux consacrer la chronique de cette semaine exclusivement à Goulmima et
tout particulièrement à Ighrem n’Igoulmimen et à tous les ksar qui sont en aval
de Tizi n'Imnayen pour attirer leur attention sur la dérive collective dans la
gestion des affaires de leur communauté. Je ne désigne du doigt personne, car
nous sommes tous responsables à commencer par moi qui suis loin du terrain
et continue d’entretenir un monologue qui n’a aucune porté à part celle
d’extérioriser ma colère.
Voilà plus d’un mois et demi que la seguia est à sec et que cet état de fait ne
semble émouvoir personne !
Quelles sont les raisons de cette démission collective et de ce comportement
désintéressé des populations Igoulmimen ?
Notre communauté a-elle perdu l’esprit de solidarité et la prise en
considération de l’intérêt général qui la caractérisait ?
Sommes nous réduits à ne nous occuper que de ce qui nous concerne, et de
ne voir que notre intérêt personnel en disant tant pis pour l’autre et le voisin ?
Il y a une vingtaine d’années, on n’aurait jamais laissé l’eau de la seguia se
perdre dans l’oued. A chaque passage d’une crue toute la population se
mobilise pour retaper les digues afin que la palmeraie soit irriguée et ne
souffre pas d’un manque d’eau. Depuis plus d’un mois ce nerf vital de toute
l’oasis est a sec, mais l’inacceptable c’est l’indifférence un peu généralisée de
tout le monde.
Ce n’est pas parce que certains ont d’autres sources de revenus, qu’ils doivent
oublier que s’ils sont devenus ce qu’ils sont, c'est grâce aussi à cette seguia
nourricière.
A-t-on pensé à toute cette faune aquatique et à tous ces micro-organismes qui
filtrent notre eau et que nous avons fait disparaître par notre indifférence?
Je lance un appel à tous ceux qui sont concernés et nous le sommes tous
même si les services de l’Agriculture, Taqbilte, le Conseil Municipal, les
Autorités locales le sont plus que nous.
Je leur dis que le curage de la grande seguia et de Tamazozte ainsi que la
réparation de la digue de dérivation de Magamane doivent être entrepris sans
délai !
Ce n’est pas parce qu’il pleut et que la palmeraie est arrosée qu’il faut négliger
l’entretien de la seguia et se passer de son eau.
Je ne vais rappeler que cette citation de chez-nous qui dit : « Hane ouna itsodn
g’oughou Atiwte Fadn’s » A bon lecteur salut

Ainsi va Ghriss
                                                     Agadir le 01 Novembre 2008



L'AMAZIGHOPHOBIE DE CERTAINS !
Il n’y a pas que les élèves d’une école qui ont besoin d’une récréation ; chacun
de nous à sa manière, se libère de temps à autre de ses occupations ou de son
travail pour observer une pause ou se donner à une distraction !
Une de mes distractions à moi (j’en ai plusieurs), consiste à parcourir les
pages d’un canard qui parait chaque vendredi.
Je ne le fais pas pour avoir des nouvelles fraîches ni pour la pertinence des
analyses des journalistes de cet hebdomadaire.
Non, je le fais pour ne pas me priver de ma dose d’informations erronées, et
d’analyses subjectives et ce canard m'en procure.
Et si vous voulez connaître un moment de dégoût, allez directement parcourir
le billet d’un certain Abed El Hafid à la page 15 du numéro de cette semaine.
Voilà un monsieur d’une amazighophobie sans égale. Il confond l’identité et la
langue, il qualifie certains concitoyens de frères tout en nommant d’autres par
leurs simples noms et va jusqu’à ne point nommer d’autres ;
C’est ainsi qu’il interpelle le doyen de l’IRCAM par « ya 3amid hada Al
Ma3had » sans nommer Monsieur Bouqous et qu’il écrit à propos de Maître
Draghni « wa hada chakhs houwa Draghni » alors qu’un peu plus loin il traite
Mohamed Alami de frère ! C’est son droit si sa religion a d’autres critères que
ceux de l'Islam pour désigner un frère;
Ce monsieur qui se dit journaliste reproche à l’IRCAM d’avoir choisi Tifinagh
qu’il qualifie par mépris de figurines. Il parle de l’islam comme si cette religion
n’appartient qu’aux Arabes, oubliant de dire que tous les Arabes ne sont pas
musulmans ! Les Arabes libanais, syrien, égyptiens irakien ne sont pas tous
musulmans ! Notre chroniqueur le sait-il ?
Et si l'Islam appartient aux Arabes pourquoi les Arabes n'appartiennent pas
tous à l'Islam ?
Avant d’écrire des contrevérités il aurait mieux fait de visiter les campagnes
marocaines, il se rendra compte que c’est en pays amazigh qu’on trouve
encore des « Madariss 3atika » (écoles coraniques) alors que dans d’autres
campagnes le vin rouge est distribué dans des jerricanes. Il se rendra compte
que c’est en pays Amazigh que les gens lisent le coran sans tendre la main ni
en attendre une quelconque récompense à par celle de leur créateur.

Dans un de ses paragraphes il reproche à Draghni d’avoir visité Israël ! Allah
ou Akbar !
Il oublie que le premier concerné à savoir le Président Palestinien visite et
discute avec les Israéliens. Et que nous avons reçu ici dans son Maroc des
dirigeants israéliens à plusieurs reprises !
Monsieur Abd El Hafid, finit par qualifier les défenseurs le la langue amazigh de
« racistes » alors qu’entre les lignes de son billet se dégage l’odeur d’un
racisme que rejette l’islam dont il se réclame.
Pour terminer je dis Abd El Hafid que tout en clamant mon amazighité et mon
arabité, ou tout simplement ma marocanité, je communique en Tamazight, lis et
fais mes prières en arabe, écris en français ; c’est ma façon à moi de lui faire
un pied de nez !

Ainsi va Ghriss
                                                        Agadir le 25 octobre 2008


CA SERA OBAMA, A MOINS QUE …
Après les quatre débats télévises, organisés entre les candidats MacCain et
Obama, presque tous les observateurs sont unanimes pour dire que le
sénateur Obama s’est imposé et a remporté haut la main ces confrontations
très médiatisées.
Tous les sondages effectués à ce jour le donnent vainqueur et le créditent
d'une avance de neuf à dix points sur MacCain.
Ce retard me semble irrattrapable pour le candidat républicain à quinze jours
des élections. Faut-il alors dire alors que Barack Obama sera le prochain
président des Etats Unis d’Amériques ?
Je répondrais affirmatif à deux conditions :
La première, c’est que le sénateur de l’Illinois ne soit pas victime d’un geste
fou de la part d’un des cinglés extrémistes que compte l'Amérique (ils sont
nombreux aux USA) qui viendrait mettre un terme non pas à la carrière
politique d'Obama mais tout simplement à sa vie !
La seconde raison qui mettrait en péril la démocratie américaine, serait le fait
que demain devant les urnes le grand monstre qu’on a cru mort resurgisse. Ce
monstre n’est autre que le racisme. Et je crains que de nombreux américains
ne se soient pas totalement débarrassés de ce jugement de valeur odieux et
dépassé !

Ceci étant dit, pour nous marocains qu'est ce qu'on aimerait ?
Dur à répondre, car là aussi il y a ce que le cœur aime et ce qu'exige la raison.
Pour le cœur indiscutablement sa préférence ne fait pas de doute, elle est pour
Obama. Son charisme, sa jeunesse, son engagement à changer les choses font
de lui notre préféré, contrairement à MacCain qui pour de nombreux
observateurs, ne sera que continuer la politique de Bush; Cette politique aux
nombreux dérapages en Irak en Afghanistan et son hostilité aux nombreux
pays de l’Amérique latine.
Coté raison, c’est une autre paire de manches, Je pense que les intérêts de
notre pays et la défense de notre position sur notre Sahara seront plus
soutenus et défendus par MacCain que par Obama.
Le Sénateur MacCain était le président du groupe « amitié Maroco-américaine »
au sénat, il a toujours appuyé la position du royaume, à l’inverse du Sénateur
Obama qui avoue une admiration sans limite pour Mr Mandela le Past-
Président de l’Afrique du Sud. Et tous les Marocains connaissent la position de
l’Afrique du Sud sur l’affaire du Sahara marocain et son soutien au Polisario et
à l’Algérie.

Vous conviendrez avec moi, qu’il n’est pas facile de faire un choix dans ces
conditions. C’est comme dans un mariage, les parents vous recommandent la
raison mais vous, vous êtes plus tenté par n’écouter que votre cœur !
Alors lequel préférer des deux candidats aux élections américaines ?
Je vous donne une solution à la Ghrissoise; elle aura l’avantage de répondre à
l’appel du cœur sans perdre sa raison !
Cette solution reste tout de même tributaire de la réussite de l’action
diplomatique que doit mener sans tarder notre Département des Affaires
Etrangères, pour mieux présenter et expliquer la position du royaume au
sénateur Obama.
Si le Département des Affaires Etrangères réussit sa mission cela serait l’idéal,
mais dans le cas contraire, comme les amoureux qui répondent à l’appel du
cœur au détriment de la raison, nous risquerons de passer les années de la
présidence d’Obama à vivre d'eau et d'amour !

A Ghriss, les tornades vont-elles nous laisser cueillir quelques dattes pour
nous nourrir ou allons-nous être obligés de partager "ichochane" avec nos
brebis ?
C'est de ça qu'il faut s'occuper et non des élections présidentielles
américaines !
Chmiha, mère de Doudou Khaïmy, si elle m'avait lu, m'aurait dit la même chose
qu'elle avait dit à son époux feu Khaïmy : "Bard Brdoudk à Moshé ou Skoute"

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 18/10/2008


L’ECONOMIE ET LA POLITIQUE !
De quoi aimeriez-vous que je vous parle cette semaine ?
Je ne vais pas dire à tout seigneur tout honneur, car en ces derniers jours où
on ne parle que de récession et de crise, je ne vois pas qui mériterait d’être
qualifié de seigneur !
La situation est à l’image d’une tête de teigneux, d’où vous la toucher elle
saigne !
Mais puisque nous sommes dans cette conjoncture très difficile pour les
économies de tous les pays, Je vais essayer de voir s'i y a quelque chose de
positif dans cette situation difficile.
Je suis certain que si je vous demandais de me dire si c’est la politique qui
décide de l’économie ou si cette dernière qui influe la politique, vous seriez
majoritaires me répondre comme suit :
SSI Ali, tu sais bien que ce sont les gouvernements qui préparent les lois de
finance et que ce sont les parlementaires qui les votent; d’où l'évidence que
c’est la politique qui décide de l’économie !
Peut être, mais ce que nous risquons de voir dans les jours à venir vous
démentira ! Et pour cause cette crise économique que vit le monde et plus
particulièrement les Etats Unis et l’Europe !
Vous voulez une petite explication à la Ghrissoise ?
Ok, la voilà :
Pour soutenir leurs banques qui sont en difficultés et au bord des faillites, les
gouvernements américains et européens sont obligés de pomper de leurs
réserves des centaine de millions de dollars ou d’Euros pour faire face à la
crise. Seulement leurs réserves ne sont pas des puits sans fonds et ne sont
pas inépuisables et l’abus de l’utilisation de la planche à billets entraînerait une
inflation aussi grave que ce que vit le monde actuellement !
Un jour qui ne sera pas loin si cette crise persiste les USA et les pays
européens n’auront de choix s’ils ne veulent pas faire supporter à leurs
populations le poids de ce soutien aux banques que de réduire et rationaliser
leurs dépenses !
Et savez-vous par quoi ils vont commencer ?
Certainement par la révision des aides octroyées aux pays pauvres et par la
suite par la réduction si ce n’est pas la suppression des dépenses militaires en
Irak et en Afghanistan qui représentent un gouffre pour leurs dépenses !
Ce qui est aussi certain, c'est qu'à partir de maintenant beaucoup de pays ne
vont plus avoir les moyens de leurs ambitions de dominer le monde.
Et si Ahmed Karazay président Afghan a lancé un appel au Mollah Omar
l’invitant à rentrer au pays et à participer aux négociations de paix et qu’il
demande aux saoudiens une médiation avec les Talibans, c’est qu’il sait que
les carottes sont cuites et que les talibans sont entrain de gagner la guère. Ce
n’est qu’une question de semaines ou de quelques mois!
Autre paradoxe de cette situation que vit le monde, et qui déboussole les
fervents des idiologies du vingtième siècle c’est ces virages à 180° que
prennent certains pays dans l’exercice de leurs gouvernances ; Vous constatez
comment la Chine de Mao le pays le plus communiste de tous les
communistes est en train de libéraliser son économie, à l’inverse du pays de
l’oncle Sam le plus libéral des libéraux et de la Grande Bretagne championne
de la libre entreprise qui sont en train de nationaliser leurs entreprises ! les
communistes qui libéralisent et le libéraux qui nationalisent ! Si vous y
comprenez quelque chose, moi « j’y rends mon âne » !
Mais tout compte fait je trouve que le proverbe « A quelque chose malheur est
bon » risque de démonter encore une fois sa perspicacité, car si cette crise
financière oblige les américains et les européens à quitter et l’Irak et
Afghanistan et à mettre un terme à leur hégémonie, nous dirons que
l’économie a pris sa revanche sur la politique et qu’elle a réussi ce que les
nations unies toutes entières n’ont pas pu réaliser et c’est tant mieux !

Oui, je te vois toi Moha qui es attablé sur la terrasse du café en face la poste,
une théière et six verres à thé sur un plateau en fer blanc me dire : Ali, laisse
l’économie et la finance aux vrais experts et occupe-toi de tes « Tifdaz »
(palmiers sans grande valeur) !
Moha tu n’as pas tort mais, "Hate our badgh" ! (c'est plus fort que moi)

Ainsi va Ghriss
                                                      Agadir, le 11 Octobre 2008



LES LIMITES DU LIBERALISME !
Avec la crise financière que connaît le monde et qui a fait plier l’échine de
plusieurs établissements bancaires qui jusqu'à quelques semaines étaient des
fleurons du libéralisme, nous nous rendons compte que le libéralisme n’était
pas aussi parfait que le pensaient ses adeptes.
Nous voyons un peu partout dans le monde comment les Etats et leurs trésors
publics     c’est a dire les contribuables sans distinction de rang social
interviennent pour sauver certains établissements financiers de la faillite.
Faut-il alors faire une marche arrière et tout étatiser ?
Bien sur que non. Entre le libéralisme «fou» qui rend les riches plus riches et
les pauvres plus pauvres et « les nationalisations non contrôlées » qui
transforment tout le monde en prolétaires il y a un juste milieu même si ce
juste milieu n’a pas encore de nom.

Nous avons vu comment sont devenus les domaines agricoles et les fermes
qui ont été étatisés lors de la campagne de marocanisation. Alors qu’avec ce
qu’ils produisaient, ils permettaient à leurs propriétaires non marocains de
vivre comme de petits rois, en quelques années ils sont devenus un gouffre
qu’il faut chaque année combler par l'argent du trésor !
Tout cela pour dire que ce qu’il faudrait comme système économique se trouve
ailleurs.
C’est facile a dire, mais cet «ailleurs» ou se trouve-t-il me diriez-vous ?
Sans jouer au spécialiste de l’économie et de la finance, je répondrais que
« cet ailleurs » existe entre le libéralisme et les nationalisations (prises de
contrôle par l’état) il est en quelque sorte leur médiane ou résultante.
Je m’explique: Tout en laissant la liberté d’intervention et d’entreprise au
secteur privé pour améliorer la productivité et assurer leur compétitivité, l'Etat
ne doit pas abandonner son rôle de contrôleur et de régulateur. il doit être à
l'image d'un chef d’orchestre qui veille à ce qu’il n’y est pas de fausses notes
dans l’exécution partition.
L’état doit déterminer la stratégie économique globale du pays et veiller à ce
que son exécution soit assurée. Les opérateurs économiques doivent agir
dans un cadre souple mais réglementé.
Ces deux adjectifs ne se contredisent pas ils se complètent !
L’état doit aussi veiller à réduire les écarts qui existent entre les différentes
classes de notre société.
La classe moyenne doit être plus importante et dois constituer l’épine dorsale
de notre société. Ce qui n’est pas le cas actuellement puisque nous constatons
qu’une grande partie de cette classe moyenne a basculé vers le bas et que
l’écart entre elle et la classe aisée ne cesse de s’élargir. Ces situations peuvent
être la source de mécontentement et finir par occasionner des actes
d'incivilité.
A l’inverse des couches supérieures de la croûte terrestre qui occasionnent
des frictions et des séismes lorsqu’elles se rapprochent dans les sociétés
l'éloignement des classes de la société les une des autres sont souvent la
cause des agissements des populations.
In fine, comme aime dire un ami, je trouve que le meilleur système économique
était celui que nos grands-parents avaient connu, c'est à dire, celui ou tout en
essayant de bien et mieux produire, ils partageaient les fruits de leurs récoltes
avec ceux qui avaient travaillé pour eux, sans oublier le fkih, le muezzin, le
fossoyeur et les pauvres de leur communauté,

Ainsi va Ghriss
                                                                 Agadir, le 04/10/2008


NOTRE DETERMINATION FERA PLIER
LEUR OBSITINATION !
La semaine passée, notre région a encore une fois vécu des moments
difficiles, pour ne pas dire qu’elle a encore une fois frôlé la catastrophe suite
aux pluies diluviennes qu’elle a connues.
Une semaine après la vie a repris son train-train comme si de rien n’était et je
ne sais pas si les élus et les autorités ont tire des conclusions suite à
l’incapacité des buses installées à contenir et à permettre l’écoulement des
eaux de pluies ?
Que seraient devenues les habitations et les commerces si les précipitations
avaient durées quelques heures de plus ?
Nos responsables ne doivent pas continuer à observer une attitude passive et
se contenter de regarder les gens subir.
Nous ne voulons pas attendre que nous soyons sinistrés pour qu’une
quelconque commission arrive de Rabat pour constater les dégâts et compatir
pour nos malheurs.
Nous ne voulons pas qu'ils viennent demain, nous distribuer des tentes et des
couvertures pour nous abriter et nous couvrir contre le froid.
Nous voulons que les responsables anticipent pour nous éviter de connaître
ces moments difficiles qu'un homme ne peut souhaiter à quiconque!

Il y a quelques années, lorsque les forces armées américaines et marocaines
avaient simulé des manœuvres d’entraînement à Ghriss pour sauver les
populations en cas de crue, j’avais écrit dans ce même site: que s’entraîner
pour sauver les vies humaines en cas d’inondations est une bonne chose,
mais ce qu’il fallait faire était d’entreprendre des actions pour éviter toutes
menaces d’inondations ! Pour ce faire et comme nous n'avons rien pour
réguler les précipitations de pluies, il ne nous reste plus que la construction
de barrages de retenues.
Qu’importe que ca soit un grand barrage au niveau d’Amssed ou des petits
barrages de retenues aux niveaux des grands affluents de Oued Ghriss, ce qui
prime c’est la sauvegarde des vies humaines et de mettre à l’abri leurs
palmeraies dont l’érosion des crues emporte à chaque crue des champs
cultivés !
Lors de la dernière pluie, en plus de la perte de biens et de cheptel, il y avait
perte de vie humaine, une femme et sa femme ainsi qu’un homme ont été
emporté par la crue. Alors doit-on attendre les prochaines pluies pour
constater impuissants les dégâts que l’oued occasionnera ?
Nous qui sommes en dehors de Ghriss, allons-nous continuer à poser à
chaque crue de l'oued la même question qui est : Est-ce que l’oued a fait des
victimes ?
La question de la construction du barrage doit être notre principale
préoccupation à tous et doit être au-dessus de toute autre considération.
Que nous soyons de gauche, du centre, de droite ou sans appartenance
politique, demain «ila kadar Allah », la crue ne fera pas de distinction et ne
regardera pas pour qui chacun de nous a voté !
Devant l’obstination de ceux qui refusent de nous écouter et d’écouter leurs
consciences, nous devons continuer à faire preuve de détermination jusqu’à
ce que le barrage soit construit.
A chaque occasion, nous devons rappeler aux responsables que le premier
devoir de l’état est d’assurer la sécurité de ses citoyens et que ces derniers ont
droit de vivre dans la quiétude !

Ainsi va Ghriss
                                               Casablanca le 27 septembre 2008




CEUX QUI FUIENT
ET CEUX QU’ON A FAIT FUIR !
Une certaine presse ne découvre la fuite des cerveaux de notre pays
qu’aujourd’hui, comme si ces mouvements et ces exodes humaines ne datent
que de nos jours, alors qu'elles remontent à plusieurs années si ce n’est pas à
plusieurs siècles.
En laissant de coté tout ce qui se rapporte aux conquêtes et aux guerres, les
déplacements des personnes d’un pays à un autre sont plus souvent motivés
par des considérations économiques. On quitte son pays et on s’installe
ailleurs pour améliorer sa condition de vie et assurer un avenir pour ses
enfants.
C’est vrai que de nombreux marocains ingénieurs ou médecins cherchent à
s’établir en dehors de leur pays; certains, pour s’assurer un mode de vie
meilleur que celui qu’ils vivent au Maroc, d’autres pour pouvoir continuer leurs
recherches dans des domaines pointus et que la recherche scientifique au
Maroc ne leur permet pas, par manque de moyens.

Cette presse donc soulève ce problème crucial, des départs des cadres qui
quittent le pays après que le Maroc ou plus exactement le contribuable ait
investi sur eux, en supportant le coût de leurs études et de leur formation
(environ 1 million de dirhams par cadre) !
Ont-ils le droit de partir et de mettre leur expertise et leur savoir à la
disposition d’un pays qui n’a pas dépensé un sou pour leurs formations ?
Je vous laisse tout le temps qu'il faut pour méditer et trouver une réponse à
cette question.
Mais rassurez-vous, ce n’est pas ce à quoi j’ai voulu arriver. Je vais vous dire
pourquoi j'en veux à cette presse qui soulève ce problème important mais
oublie peut être volontairement un autre problème qui me semble plus
important que le premier !

Dans cette fuite de cerveaux dont elle parle, n'a-t-elle pas vu celle de tous les
cerveaux marocains qui ont contribué à faire d’Israël le pays qu’il est devenu
aujourd’hui ?

Et pour être direct et franc, ne doit-on pas nous mordre les doigts en voyant
des marocains de confession juive, natifs d’Erfoud, de Debdou, de Demnate,
de Benhmed, d'Essaouira, de Boujaad ou d'une autre ville du Maroc occuper et
réussir leurs missions dans les postes de ministres et de hauts cadres en
Israël ?
Ces cerveaux là, notre presse n’en parle guère!
Peut être qu’elle fait la différence entre ceux qui ont tout fait pour fuir leur pays
et ceux pour qui on a tout fait pour les faire fuir !
Et s’il faut faire des reproches à ceux qui ont tout fait pour fuir, un jour il
faudrait demander des comptes à ceux qui ont fait fuir les autres!
Un clin d’œil, à mon ami, Zennou Moshé fils de Bahdidou !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 20 sept 2008


QU’AVONS-NOUS FAIT DE NOTRE CIVISME ?
Je ne sais pas si vous connaissez l’histoire de cet homme des Ait Hlidou, qui
en se promenant en été au bord de la mer avait répliqué à une personne qui, lui
avait reproché de regarder les femmes se baigner en lui disant :
« Igragh rabbi s’lbhar yini yagh a dour tmgham ! »
(Le bon dieu nous a jeté dans la mer et nous interdit de nous mouiller !)
Voilà une citation, qui à mon avis a été mal interprétée, car si le bon Dieu nous
a jeté en mer c’est justement pour qu’on se mouille et qu’on use de
« Derdouze » qui par des battements des pieds éclabousse quelques voisins
indélicats !

Dans cet océan de l'information et de la communication, comment voulez-vous
qu’un marocain qui surfe sur le net, lit la presse et qui suit ce qui se passe
dans le monde à travers les chaînes de tv ne fasse pas de comparaison entre
ce qui se passe dans le monde avec ce qu’il vit chaque jour dans son pays ?

Qu’est ce qui nous empêche de réagir lorsque nous sommes témoins ou nous
voyons des atrocités se dérouler devant nos yeux ?
Pourquoi acceptons-nous et pourquoi nous nous taisons lorsque nous
subissons une injustice ?
Pourquoi faisons nous semblants de n’avoir rien vu et continuons notre route
lorsque nous voyons un camionneur se faire « racketter » ?
Pourquoi nous tournons la tête et faisons 3ine Mika lorsque nous surprenons
un pauvre homme obligé de remettre un billet pour se faire délivrer une
attestation ?
Que faisons-nous de notre civisme en acceptant ce genre de passivité?
Pourquoi ne dénonçons pas ces actes qui portent atteinte à l'image de notre
pays ?
Sommes-nous devenus des citoyens béliers qui ne savent que dire béééé3 ?
Notre roi a donné un signal fort aux marocains en intervenant plusieurs fois
pour rectifier des injustices ou pour réprimander les responsables fautifs.
Faut-il encore que ceux qui sont chargés de l'informer fassent leur travail !

Notre société en général et nos administrations en particulier, doivent être au
diapason avec l’évolution du monde et revoir leurs pratiques et leurs façons de
faire avec les citoyens, car les marocains ne sont pas des agneaux, même si
un agneau acculé peut lui aussi charger et écorner !
Certaines pratiques qui étaient acceptées par nos parents ne sont plus tolérées
par nous-mêmes et d’autres que nous acceptons seront certainement rejetées
par nos enfants.
Le développement d’un pays ne se définit pas seulement par les marques des
véhicules qui circulent dans ses villes ni par le standing de ses villas mais par
d’autres critères qui sont liés à l’éducation et l’état d’esprit de sa population et
qui se traduisent dans la pratique de tous les jours dans les domaines de la
justice et de la liberté d’expression pour ne citer que ces deux domaines.
Dans notre pays, nous constatons que souvent c’est notre roi qui intervient en
personne pour rectifier des injustices lorsqu’il en est informé.
Et nous connaissons tous malheureusement, la suite souvent réservée aux
écrits de protestations que les citoyens lésés dans leurs droits adressent pour
se plaindre contre un responsable.
Nous savons également que de nombreuses affaires sont camouflées et
occultées suite à des interventions d’amis ou de connaissances bien placées.
Le copinage, les liens familiaux et le partage d’intérêts commun sont en train
de tout biaiser et de décrédibiliser certaines de nos administrations.
Aujourd’hui avec tout ce que permet l’Internet, je pense que la création d'une
adresse émail permettant aux citoyens qui se sentent lésées dans leurs droits
de faire part de l’injustice qui les frappe serait une bonne chose.
Cette adresse émail peut aussi contenir des idées, ou suggestions qu’un
citoyen lambda souhaiterait porter à la connaissance de son roi, car être sujet
de Sa Majesté n’empêche aucunement une personne de faire faire part de son
avis au souverain sur une affaire concernant notre pays.
Et si on fait savoir à tout un chacun que le souverain peut à chaque instant
consulter le contenu des envois, je vous assure que les choses changeront,
car les interceptions de plaintes, les tris abusifs et les mises de cotés suite aux
interventions seront éliminées !
De cette façon seront également éliminées les bousculades des citoyens qui
essaient de remettre au roi des lettres durant ses visites officielles et les tris
quelques fois volontaires et malintentionnés qui empêchent une lettre
d’atteindre sa destination.
Voilà une idée que « Majliss Al Madalim » peut saisir et améliorer avant de la
mettre en place !
Des informaticiens peuvent mettre des clés de recoupement qui ne permettent
l’acceptation et l’insertion des envois que lorsqu’il y a concordance entre le
numéro de la CIN, le nom de la personne ou tout autre élément permettant
l’identification de l’envoyeur.

Ainsi, donc seront shuntés tous les goulots d’étranglements et sera mis en
place un outil qui permet au souverain d’être plus en contact direct avec ses
sujets sans l’intermédiaire de personnes qui quelques fois ne lui transmettent
que ce qu’elles veulent lui transmettre !

Voilà pour la chronique de cette semaine ramadanienne, je reconnais qu'elle
est un peu lourde, et pas assez élaborée c'est la faute aux krafss contenus
dans la harira !

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 15 sept 2008


ADMIRABLE ET DERANGEANTE
Il y a quelques jours au cours d’une émission tv d’une chaîne française, la
présentatrice soulignait avec beaucoup d’insistance, l’élégance de la garde des
sceaux (ministre de la justice) d’origine maghrébine. Photos à l’appui on
montrait Rachida portant des robes d’un grands couturier parisien et disant
que la ministre dispose d’un vestiaire personnel dans l’atelier du grand
couturier.
Ma réaction immédiate fut de penser à une réflexion discriminatoire de la part
de la présentatrice,
Si une femme me suis-je dit, occupant un poste de ministre ne peut pas se
payer une robe signée par un grand couturier qui pourrait le faire ?
Veut-on qu’une fille d’immigré demeure à l’image de toutes ces personnes qui
avaient quitté leurs villages et leurs bleds et dont le souci n’était pas celui de
faire des études supérieures ou de s’habiller de vêtements signés mais de se
limiter à faire vivre les leurs qui sont restés au bled ?
Je me suis dit alors: Continue Rachida, montre à ces complexés qu’une
beurette peut réussir ses études et peut occuper de hautes fonctions au sein
de l’administration française. Montre leur qu’une fille d’origine maghrébine
peut s’habiller avec élégance et montrer que ses jambes sont belles et ne sont
point arc-boutées par une quelconque carence de calcium !
Là c’était il y a quelques jours !
Hier rebelote, Rachida a fait la une de toute la presse, et pour cause, elle serait
enceinte nous dit-on et tairait le nom de l’homme qui lui a «gonfle» le ventre !
Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas le fait d’être enceinte qui a motivé
tout ce brouhaha, mais plutôt le fait que Rachida n’ait jamais fait savoir qu’elle
était mariée. Et au-delà de ce fait. Rachida qui est une fille musulmane aurait
commis un acte condamnable par sa religion !
Alors supposons que Rachida serait mise enceinte par un ami ou un amant
qu’elle aurait choisi et dont elle ne veut pas divulguer le nom, ne doit-on pas au
lieu de faire tout un amalgame sur cette affaire saisir l’occasion pour poser le
problème de ces milliers de filles mères qui vivent dans nos villes et qui sont
marginalisées par la société et par leurs familles ?
Ne devrait-on pas faciliter aux filles qui ne trouvent pas de maris ou qui
refusent le mariage par choix d’adopter un enfant, leur évitant peut etre de se
servir autrement ?
Lorsque je parle de faciliter, je ne désigne pas les autorités mais notre société
entière !
A quand un père, un frère pourra t-il conseiller à sa fille ou à sa sœur non
mariée d’adopter un enfant si elle le désire ?
Avons nous le droit de condamner une fille qui n’a pas trouvé compagnie
durant sa jeunesse à vivre seule sa vieillesse ?
Tout en respectant les règles de notre religion, je pense que des solutions
existent. A nous de briser certains tabous qui poussent nos filles à commettre
des actes qui les mettent en marge de la société et de leur religion.
Au-delà du cas de Rachida qui serait enceinte ou pas ou qui serait mariée ou
non, je pense qu’une réflexion doit être menée sur le cas de ces nombreuses
filles qui à défaut de connaître la maternité ne devraient pas être privées de
transmettre et de recevoir de l'affection d’un enfant même s’il n’est pas sorti de
leur ventre.
Cela aussi fait partie de l’ijtihad !

Ainsi va Ghriss
                                                            Le 05 septembre 2008




NOS PARENTS, ETAIEN T-ILS DES RESISTANTS OU DES
INSOUMIS ?
Dans une de mes chroniques précédente (QN AMGLAGAL.doc), j’ai soulève
l’événement connu sous l’appellation de la bataille d’Amglagal en posant la
question pourquoi cet événement est occulte aussi bien par les autorités que
par nous même.
Je suis allé même jusqu'à nous culpabiliser, nous les habitants de Ghriss en
écrivant: "Si nous même, nous oublions notre histoire, pourquoi reprocher aux
autres de l'oublier".
C’est pour cette raison qu’à la veille de la commémoration du 79eme
anniversaire de cette bataille, je tiens à rappeler certains faits historiques qui
sont en rapport avec cet événement.

- Au mois d’avril 1908 l’armée française sous le commandement du Général De
Vigny occupe Boudnib.
- En 1924 l’armée française s’installe à Tarda à 36 km de Goulmima
- Le 30 août 1929 eut lieu la bataille d’Amglagal.
Sur les 130 soldats de l’armée française qui patrouillaient dans les environ de
Goulmima, 126 furent tués et seuls 6 soldats arrivèrent à regagner Tarda sous
la poursuite des Imssayfen.
Mr Yves Hubert qui faisait partie de ces légionnaires survivants s’est installé à
Goulmima quelques années après et occupait un poste dans l’administration
coloniale.
Il faut dire que cette colonne de l’armée française qui a été décimée à Amglagal
ne se dirigeait pas pour prendre Goulmima, mais elle poursuivait les insurgés
de la tribu des Ait Hammou de Talsinte (Ait Chaghrouchen) qui s’étaient
réfugies entre Ksar-es-Souk (Errachidia) et Goulmima âpres l’occupation de
Talsinte
Cette colonne fut surprise par un Groupe d’Imssayfen (nomades des Ait Herro
et Ait Aissa Izm) à Amglagal et qui avaient ce jour là une grande chance, celle
de toucher avec les premières balles qu’ils avaient tirées, les officiers qui
commandaient cette colonne, ce qui avait entraîné sa désorganisation et par
voie de conséquence sa défaite.
Quelques jours après cette bataille et en signe de représailles, l’aviation entra
en action et commença ses bombardements.
Goulmima Ksar en premier, puis, tout en épargnant Aourir et Mmou, Lhart à
Tadighouste fut bombardé à son tour.
A Goulmima, les habitants se cachaient le jour dans les grottes d’Asdrem et
harcelaient l’armée française la nuit car l’aviation ne pouvait pas intervenir
après la tombée de la nuit.
Hammou ou Lhoussaine (père de Baddou Bouyahmidn) dont la mission était
d’avertir les habitants en donnant l’alerte des qu’il entendait le bruit des
moteurs des avions, fut surpris et tué par un bombardier alors qu’ils criait et
demandait aux gens de se cacher.
- Le mercredi 18 novembre 1931 soit deux années et trois mois après
Amglagal, l’armée française s’installe à Aghenbou sur les hauteurs qui
dominent toute la palmeraie de Ghriss. Des canons furent pointés sur
Goulmima Ksar, Hart, Ait Ihya ou3tmane et Wakka.
Deux événements avaient marqué cette période ou l’armée française s’est
installée sur les hauteurs d’Assedrem :
Le premier événement fut la mort d’un légionnaire qui voulait viser le dôme du
mausolée de Sidi M’hamd Ou3mar de Hart et qui fut déchiqueté par le retour
d’obus de son canon.
Le second fut l’acte de bravoure d’un Fkih d’Ait Ihya ou3tmane qui un jour
porta ses plus beaux habits et se dirigea vers les légionnaires avec une
serpette (lmzbarte) sous le bernouss. Les français croyant qu‘il s’agissait d’un
notable qui voulait négocier le laissèrent s’approcher. Une fois arrivé au centre
de la troupe, il sortit sa serpette et commença à attaquer les soldats. La
sentinelle qui n’était pas loin tira sur le malheureux Fkih et le tua.
Voyant que la prise de toute la palmeraie de Ghriss était inéluctable, plusieurs
familles quittèrent Goulmima pour des localités non colonisées, certaines
famille se rendirent à Aghbalou n ‘Kerdouss ou à Assoul mais les plus
nombreuses se rendirent à Alnif pour combattre avec Oubaslam dans le
Saghro. Parmi ces familles, je citerais celle de Zaid ou Da3li (son fils Ali ou
Zaid fut né à Saghro), de Moha Berri (feu Hammou Berri qui était enfant fut
touche par un éclat d'obus et eut la lèvre supérieure fendue)l, des Ait
Khettouche, de Moha Ouidani , de Sidi Moh ou3oumar (khettabi) et bien
d’autres.
De cette résistance de Saghro, je me contente de signaler la mort de l’épouse
de Lahcen ou Idir de Marroutcha qui fut tuée par un obus alors qu’elle était en
train de puiser de l’eau d’une petite source pour préparer un couscous aux
moujahidine.
Et voilà, le grand mot est lâché!.
Ces combattants d’Amglagal de Saghro et de Badou sont-ils des moujahidine
ou sont-ils des insoumis ?
Je répondrais sans hésitation et sans user de la langue de bois en disant qu'ils
sont les deux à la fois ! Ils sont moujahidine parce qu’ils combattaient pour
défendre leur liberté et leur religion qui est l’Islam, mais ils sont aussi des
insoumis, car ils n'avaient jamais adhéré à l’accord signé par le roi de l’époque
avec la France et qui faisait du Maroc un protectorat français. D'ou l’ambiguïté
qui dure à ce jour et qui permet à certains de qualifier cette campagne de
colonisation et à d'autres de pacification

Mais là ou le bat blesse , c’est que dans certaines régions, combattre l’armée
française était considéré comme un acte de résistance, alors que pour
Amglagal et ses combattants, leur acte a été lui qualifié d’acte d’insoumission.
Nos parents étaient-ils des insoumis ?
Ma réponse est ; Oui, tout en précisant que c'est leur qualité de résistants qui a
fait d'eux des insoumis !

Ainsi va Ghriss
                                                         Goulmima le 28/06/2008



LA PERTE DES VALEURS !
Lorsqu’un peuple, une communauté ou une tribu commencent à perdre
certaines valeurs ancestrales qui le caractérisent et qui lui procurent l’estime
et le respect des autres, si rien n’est entrepris pour corriger et arrêter cette
dérive, cela peut être le début de sa fin.
A Ghriss nous avons une de ces qualités essentielles qui font de l’être un
homme, cette qualité a un nom et s’appelle l’honnêteté.

Nos parents n’avaient pas de chèques et ne signaient pas d’effets de
commerce pour conclure leurs transactions, une tape sur la main rien qu'en
prononçant "Allah irrabah" suffisait pour conclure un achat ou une vente. Le
respect de la parole et des engagements pris ne laissait aucun doute quant à
leur respect. Ils connaissaient et appliquaient le «justing-time» avant qu’il soit
découvert par les Américains et les Européens.
Le mot escroquerie n’existait pas dans le lexique de nos tribus et les histoires
y afférentes ne nous sont rapportées que par nos commerçants qui revenaient
de Fès, Meknes ou Casablanca.
Depuis quelques temps ce mal méconnu par les nôtres jusqu'à hier a fait son
apparition. Et rien que pour cette année trois des nôtres n’ont pas hésité à user
de cette pratique indigne et condamnable qui n’a jamais existe dans notre
communauté. C’est pour cette raison que je n’hésiterai pas un instant de la
dénoncer et à montrer du doigt tous ceux qui essaient de salir l’image que nos
parent ont mis des années à façonner.
Le reste de la chronique, je vous le livre à ma manière, « celle de planter les
choux »

A Omar qui me dit dans un de ses messages «avoir adoré ma dernière
chronique », je dédie cette chronique du mois de chaabane tout en implorant le
seigneur de l’écarter du mauvais chemin qui lui fait jouer de mauvais tours à
ses concitoyens.

Je sais que Addi Azza comme chacun de nous apprécie les histoires que nous
racontaient nos parents en hiver autour de l’âtre. Faut-il encore faire la
distinction entre «lakiste» l’histoire qui est le fruit d’une imagination et «
Lamjriyte » qui elle, est la narration d’un événement qui s’est réellement
produit.
Ce que je vais vous raconter n’est pas un conte, mais la narration d’un
événement du même goût que celui de Moha Bout3akazte. (Pour ceux qui ne
connaissent pas l’histoire de Ha Assou je les invite à la lire dans la rubrique
«brèves d’ici et d’ailleurs ») Peut être vais-je vous éviter d’être déçus par le
comportement d'un des nôtres.

Revenons donc à nos moutons et à Lmajriyte n’Omar.

- Le vendredi 11 avril, je recevais un coup de fil d’Omar qui me propose de faire
partie de la caravane de la tolérance qui va séjourner du 5 au 20 août au
Canada.
- Le samedi 12 avril, il me fait parvenir le message suivant :
« Bonjour Ssi Ouidani
Voici comme convenu la fiche technique de participation à la caravane
Tolérance Canada.
Je dois envoyer la liste définitive le mardi 15 avril au soir. Alors si tu es
toujours intéressé, je te serais reconnaissant de bien vouloir me renvoyer cette
fiche dûment remplie ainsi que les 1900 dhs de ta participation en mon nom et
de préférence par wafacash.
Je souhaiterais aussi inviter Ssi Moha Khettouch à participer à cette caravane,
peux-tu l'informer de ça.
J'ai adoré ta dernière chronique sur le monde refait à la manière des
discussions N'Imi N'ighrem »

Le 16 avril j’envoie à Omar un mandat de 1900 Dh. Apres c’est silence radio
jusqu’au 16 juillet, soit 20 jours avant la date du voyage ; et la Omar me
téléphone pour dire qu’un sponsor canadien s’est retiré et qu’il est fort
probable que le voyage serait annulé. Il me promet de me rappeler vendredi
pour m’informer de la décision finale (j’avoue que pour moi je savais à l’avance
ce qu’il allait me dire vendredi)

Vendredi donc, Omar me rappelle pour me dire que le voyage est reporté à
l’année prochaine, mais il me demande si je veux garder mon inscription ou si
je préfère que je sois remboursé dans ce dernier cas il m’enverrait les 1900 Dh
le mercredi 22 juillet.

Je lui dis alors que j’opte pour le remboursement !
Et depuis, plus de nouvelles ni des 1900 Dh ni d’Omar qui ne répond même
plus a mes appels !

Moi qui pensais qu’à Ghriss nous n’avons que des amandes douces, je me
rends compte que nous avons aussi des amandes plus amères qu’une vraie
amende.
Omar qui tire son nom de famille de ce fruit sec que nous apprécions croquer
accompagné d’un verre de thé à la menthe fait partie des ces amandes que
votre palais refuse de laisser passer.
Je ne sais pas le nombre de personnes que Omar semble avoir arnaquées mais
qu’importe si au lieu de nous faire voyager en avion, il nous a emmenés en
bateau. Pour lui, certainement faire voler les gens ou les voler, c’est du Kif Kif.
Et dire, qu’il y a quelque mois notre Omar voulait prendre la tète d’un parti
politique ! Et si c’était pour arnaquer plus d’un, je dirais que le PDAM l’a
échappé belle ! !

Si je vous raconte cette histoire, c’est pour deux raisons, la première c'est de
vous épargner des mauvais tours de la part de certains apprentis arnaqueurs
qu'il faut dénoncer sans hésitation, la seconde c'est pour qu'en retour vous me
disiez ce que vous pensez de ma façon de raconter Lmjriyate !

Ainsi va Ghriss
                                                            Goulmima le 17/08/08




L'ELABORATION DES CARTES D'IMPLANTATION S’IMPOSE
Apres la grogne des femmes institutrices qui avaient protesté contre leurs
affectations dans les zones rurales, c’est au tour des femmes médecins du
secteur public qui se rebiffent et qui protestent contre leur affectation dans des
régions qu’elles jugent éloignées.

Il est vrai qu’il est du droit pour chacun de nous de s’inquiéter de son confort
personnel et de celui de sa petite famille, et les institutrices et les médecins
femmes sont aussi concernées comme tout le monde, mais ne devrait-on pas
aussi savoir hiérarchiser les droits et les obligations ?
Où va-t-on alors placer la vocation dans tout ça ?
Et puis quand on choisit un métier, ne doit-on pas accepter ses règles du jeu ?
C’est vrai que le médecin dont la mission est de sauver les vies humaines doit
faire passer avant tout autre considération la noblesse de sa mission ; mais
cela ne veut pas absolument dire que l’Etat ne doit prendre ses responsabilités
en assurant un minimum de confort acceptable à tous les médecins affectés
dans ces zones et ce n’est pas le cas actuellement.
Ce qui fait rallier les médecins femmes affectées dans des centres hospitaliers
ruraux ne peut être cantonné dans l’éloignement des localités où elles exercent
aux grandes villes ; il a aussi ses raisons dans le manque d’infrastructures de
base comme les routes, l’eau potable, le téléphone, mais aussi de petits
commerces dont l’importance n’est palpable que lorsqu’on en manque
(boulangerie, journaux, hammams etc.).

Je pense qu’il est temps d’arrêter de mettre des rustines et de rapiécer. Nous
n’allons pas continuer à envoyer nos malades à Meknès, Rabat ou Casa pour
se soigner, nous n’allons pas continuer à interrompre la scolarité de nos filles
par manque de collèges et de lycées dans nos campagnes, l’Etat qui se dit
lutter contre l’exode rural ne fait que l’aggraver en concentrant tout le
développement du pays sur l’axe El Jadida / Kenitra.
Chaque ministère doit sans tarder élaborer et mettre en place une stratégie qui
tout en permettant la couverture et un bon maillage de tout le territoire du
royaume, offre des conditions normales de travail pour. Des cartes
d’implantation d’hôpitaux, de tribunaux de collèges et lycées doivent être
préparées et discutées comme en discute une loi de budget.
Il y va de l’avenir de notre pays et cet avenir ne sera que ce que nous sommes
en train de faire de lui.

Ainsi va Ghriss
                                                                 Le 09 août 2008



UN PAVE DANS LA MARE !
Je ne sais pas qui a dit que le passé nous aide à comprendre le présent et que
le présent nous permet de préparer l’avenir. Mais qu’importe l’auteur de la
citation si ce qu’elle prétend est juste.
Dans vingt neuf jours exactement (30 août) un des événement majeurs que
notre région a connu risque encore une fois de passer inaperçu, ci de rien
n’était. Or cette date devrait être célébrée comme il se doit.
Il s’agit comme vous l’avez certainement deviner du soixante dix huitième
anniversaire de la bataille d’Amglagal.
Cette bataille est différentes de toutes les autres que notre pays a connu
durant sa colonisation pour deux raisons.
La première elle est la seule à s’être terminée par la victoire des Ait Morghades
sur l’armée française composée de légionnaires et supplétifs sénégalais et
marocains qui avant d’avancer sur Ghriss avaient installé une garnison dans la
localité à Tarda (36km de Goulmima) qui représentait la frontière entre Ait
Morghade et Ait Izdeg. Malgré le grand nombre de ses soldats et l’artillerie dont
elle disposait et malgré qu’elle soit cantonnée durant quatre années à Tarda
pour préparer l’invasion de Ghriss, l’armée coloniale fut décimée à Amglagal.
La deuxième raison est aussi importante car c’est suite à cette déroute
cuisante de leur armée que les autorités militaires s’étaient rendues compte
que la prise de Ghriss leur était impossible qu’elles avaient pris la décision
quelques mois après de bombarder Goulmima et de faire intervenir pour la
première fois l’aviation dans cette campagne de colonisation du Maroc. Et c’est
suite à ces bombardements que certaines famille prirent le chemin d’Alnif puis
du Saghro pour continuer à se battre aux cotés des Ait Atta. Cette exode est
communément connue à ce jour sous l’appellation d’ « Lhijr » faisant ainsi
allusion à l’exode du prophète. Cette appellation n’est pas fortuite car nos
3oulama de Fès continuaient de demander aux nôtres de résister à l’occupant.
Finalement Goulmima tomba sous l’occupation de l’armée française et le
Résident Général accompagné de du Général Giraud vinrent assister du haut
d’Assedrem à la prise d’Ighrem N’Igoulmimen le 1930 ; Voilà pour l’histoire.
Maintenant revenons à ce que j’ai appelé plus haut « comme il se doit »
Cette résistance et cette bravoure des nôtres, on ne peut qu’en être fiers elles
honore nos parents comme elle honore nous qui sommes leurs petits et les
arrières petits fils, mais, il faut aussi savoir qu’une année (1929) avant la chute
de Goulmima le premier marocain (de Fès comme par hasard) obtenait son
baccalauréat !
Faut-il chanter et danser la bravoure de nos parents ou pleurer tout ce temps
perdu qui a désavantagé nos parents par rapport aux habitants des villes qui
avaient levé le drapeau blanc dès 1912 ?
Moi j’ai trouvé la solution, le 30 août, j’irais à Amglagal et je me comporterai
comme Abred N’Taydwine, lorsque je penserai au courage et à la bravoure des
miens je chanterai et danserai et quand je penserai à tout ce temps perdu qui a
désavantagé ma région, je pousserai des cris de colère et regret.

Ainsi va Ghriss
                                                                  Le 02 août 2008



LA REVOLUTION DE L’ISLAM
Pour choisir le titre de cette chronique, j’ai hésité entre les mots révolution et
renouveau. Finalement, j’ai opté pour le terme révolution parce qu’à mon sens,
il correspond plus à ce que notre religion l’Islam est en train de vivre.
Ne vous leurrez pas, cette révolution que vit l’Islam n’a rien à voir avec la
révolution à la Che Guevara ou à l’iranienne de Khomeiny. C’est une révolution
pacifique, intelligente est surtout convaincante.

Ce n’est pas un tabou ni un secret pour nous de dire que nous sommes des
musulmans par héritage que par conviction. Nos parents étaient nés
musulmans alors pourquoi ne le serions-nous pas nous aussi?
C’était de cette façon que nos parents et nos grands parents qui étaient
analphabètes et qui ne pouvaient lire et encore moins comprendre les texte du
Coran sont devenus musulmans. Ils connaissaient les cinq piliers de l’Islam, ils
en pratiquaient quatre, pour le cinquième pilier l'insécurité au cours du voyage
et le manque de moyens de transport ne permettaient pas d'accomplir le
pèlerinage, seuls quelques uns ont d'après leurs dires se rendre à la Mecque,
(moins de dix pour tout le 19eme siècle)
Pour palier à l’insuffisance de leur connaissance dans le domaine religieux, on
leur avait trouvé une formule magique qui reste à nos jours valable cette
formule est : « A niyatou ablaghou min al 3amal » (l’Intention est plus méritante
que l’action)

Ceci étant dit, il faut aussi reconnaître et cela est une vérité historique que
l’islamisation de plusieurs pays s’est faite par obligation et par contrainte. Tu
dis la « Chahada » ou on te tranche la tête, leur disaient les
conquérants porteurs du message d'Allah ! Et ce n’est pas une exclusivité des
conquérants musulmans. Les catholiques ont fait de même en Andalousie, les
juifs qui sont restés en Espagne au temps d’Isabelle la catholique étaient
obligés de déclarer en public leur conversion au Christianisme même si chez
eux en cachette, ils continuaient à porter la kipa et à pratiquer le Judaïsme.
Il va de soit que lorsque vous êtes obligé de faire une chose par contrainte et
non par conviction, souvent le cœur n’y est pas !

Pour comprendre l’Islam il faut non seulement lire le saint Coran mais le
comprendre et pour le comprendre il faut bien maîtriser la langue Arabe, ce qui
n’est pas le cas pour le commun des mortels.
Si à cette difficulté vous y ajoutez le fait que l’Islam n’a pas de clergé ni de
missionnaires qui se chargeraient de faire connaître à d’autres peuples la
religion islamique. Il ne reste plus qu’une chose, celle de faire comprendre
l’islam par un moyen que tout le monde comprend et cet autre moyen n’est
autre que sa traduction en d’autres langues !

Faites lire à un Juif la Soura de Youssouf (Joseph) ou à un Chrétien la Soura
d’ »Al 3imrane » (la famille d’Imrane), vous verrez après avoir fini sa lecture, il
s’étonnera et vous demandera
Est-ce que c’est écrit dans le Coran?
Je me souviens de la réaction d’un ami Chrétien Canadien qui n’en revenait
pas lorsque je lui ai expliqué le rituel du Haj (pèlerinage), et qu’il s’est rendu
compte que tout ce rituel n’est que la commémoration d’une partie de la vie du
prophète Abraham (Sidna Ibrahim) !
Le Coran apprend aux juifs l’histoire du prophète Moussa (Moïse) et tout ce
qu’il avait enduré avec le pharaon (Fir3aoune) que ne le fait la Thora !

Vous avez certainement compris ce que j’ai voulu dire par la Révolution de
l’Islam; Cette révolution pacifique intelligente qui consiste à expliquer la parole
de Dieu aux populations du monde à travers leurs langues.

Pour se faire, il ya bien sûr les livres et l’Internet, mais nous pouvons
accompagner ces deux moyens par un atout majeur que nous les musulmans
avons et que les deux autres religions monothéistes n’ont pas. Celui de dire
aux Juifs que Moïse est aussi notre prophète et nous musulmans que nous
sommes nous croyons en lui. On peut dire aussi aux Chrétiens que Jésus fils
de Marie est aussi notre prophète et que nous croyons en lui également.

Seulement il me semble qu’avec cette révolution que vit l’Islam, il faut
commencer à vivre notre propre révolution. Celle de croire aux écritures et à
tous les envoyés de Dieu, celle de distinguer entre les versets révélés pour
répondre à une question ou à un problème conjoncturel de l’époque du
prophète et puis les versets qui traitent les fondamentaux de notre monde.
Le fait de tout confondre et de ne pas se référer « aux motivations de la
révélation » (Asbab n’ouzoul) peut induire plus d’un en erreur et entrainer une
interprétation erronée du livre saint.
Pour clore cette chronique je citerais le 7éme verset de sourate Al Imrane
(famille d’Imrane) il fait allusion à ce risque de confusion et d’interprétation :

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
7. C'est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre: il s'y trouve des versets sans
équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à
d'interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclinaison
vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à équivoque, cherchant la
dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n'en
connaît l'interprétation, à part Allah. Mais ceux qui sont bien enracinés dans la
science disent: ‹Nous y croyons: tout est de la part de notre Seigneur!› Mais,
seuls les doués d'intelligence s'en rappellent. (Saddaq Allah Al3adim).

Ainsi va Ghriss
                                                     Goulmima le 26 Juillet 2008



HRK BARARA, IRARTID OUSSAMID !
Ne cherchez pas chers lecteurs de trouver une quelconque relation entre le
titre que j’ai mis à cette chronique et son contenu.
Ce titre qui m’est venu après avoir écrit le texte n'a aucun rapport avec la
chronique sauf peut être qu'il compare notre vie à Hark Barara !
C'est vrai qu'à l’inverse de Harkjdi qui reste un jeu sans danger, celui de Hark
Barara consiste à leurrer son partenaire et à le faire chuter !
Cherche-t-on à nous faire chuter ?
Je ne sais pas !
Bon passons à la chronique, je pense que le coup de lune de cette nuit (c’est la
pleine lune l’avez-vous remarqué) est pour quelque chose dans mes
élucubrations.

Faut-il mettre à contribution nos méninges pour réinventer la roue ?
Bien sûr que non, me diriez-vous, car ça ne serait qu’une perte de temps et une
utilisation fortuite de nos méninges sans aucune garantie d’aboutir à une roue
plus circulaire que celle qui a été déjà inventée !
Dans ce cas, pourquoi ne pas exploiter et capitaliser les idées et les
expériences de ceux qui nous ont précédés ?
En faisant ma marche matinale, me revient à l’esprit le temps où chaque fin de
mois à Goulmima les commerçants faisaient un bon chiffre d’affaires avec les
militaires et les mokhaznis des trois casernes installées chez-nous lorsqu’ils
percevaient leurs soldes. Cette bouffée mensuelle d’oxygène permettait de
maintenir une certaine animation commerciale de mon village ! et c’était le cas
de certaines villes qui ne se sont développées que par l’implantation de
casernes militaires. Je ne citerais comme exemple que le cas de Sidi Ifni,
Midelt, Tadla, Errachidia, Goulmima, Boumalne du Dadès, etc.
Bien sûr que certaines villes comme Tadla ont d’autres leviers pour maintenir
et développer leurs activités commerciales, mais Midelt Goulmima, Ifni et
d’autres encore n’ont rien pour compenser le départ des militaires.
La suppression des casernes s’est traduit par un ralentissement de l’activité
commerciale et par l’introduction de la précarité.
J’aimerais savoir ce qui justifie l’installation des grandes casernes à
Casablanca, Rabat, Marrakech, Meknès, Agadir pour ne citer que ces localités
Autant je comprends qu’on ne peut pas installer une base navale à Midelt, Rich
ou Goulmima mais qu'est ce qui empêche l'installation de grandes casernes
dans ces villes ?
On n’est plus près des frontières à partir de chez-nous que le sont Rabat,
Marrakech ou Meknès !
Imaginez ce que serait l’activité économique de ces petites villes si on avait
installer des casernes dans leurs parages !
Si les villes de Sidi Ifni et de Midelt sont devenues des villes sinistrées, c’est
tout simplement parce qu’on a fermé les casernes sans mettre en place des
moyens qui permettent de compenser le manque à gagner causé par le départ
des militaires. C’est aussi simple que ça !
Pour Goulmima, c’est encore plus grave, car à la suppression de la caserne
d’Agoumad, vient s'ajouter le fait que notre région ne profite pas totalement
des soldes de ses nombreux enfants militaires dont les casernes sont situées
dans les grandes villes.

D’un coté, "Dat'zayadn amane i Labhar" et de l’autre coté, "Dat'zayadn ahhwj i
tmara ngh" !

Ainsi va Ghriss
                                                                Le 19 juillet 2008


POURQUOI UPM ET NON UM ?
Le dimanche 13 juillet a vu la naissance d’une nouvelle organisation, appelée
l'UPM (l’Union Pour la Méditerranée).
Ce coup de maître dont le mérite revient au Président Sarkozy ne se limite pas
seulement à la création proprement dite de cette nouvelle organisation, mais
surtout dans le fait d’avoir réuni autour d’une même table autant de chefs
d’états dont les relations entre certains demeurent à ce jour conflictuelles. A
titre d’exemple je ne citerais que les conflits qui existent entre la Syrie et le
Liban; entre le Liban et Israël; entre Israël et la Palestine; entre Israël et la
Syrie, etc.
Donc rien que pour ça, on peut déjà dire que Sarko à presque gagné son pari.

Maintenant si nous revenons à la nouvelle organisation qui vient d’être créée,
la question que tout un chacun peut se poser est la suivante,
Pourquoi a-t-on appelé cette nouvelle organisation : Union Pour la
Méditerranée (UPM) et non Union de la Méditerranée (UM) qui paraît plus
logique puisqu’au départ cette organisation ne devrait regrouper que les pays
du pourtour méditerranéen ?
La réponse à cette question est contenue dans le mot « POUR », car on peut
être pour une chose sans qu’on soit directement concerné ou qu'on s'y
implique.
Etre pour la guerre ne veut pas dire la faire. Etre membre de l’Union Pour la
Méditerranée n’exige pas d’être un pays qui borde cette mer dont l’appellation
Méditerranée vient du latin mediterraneus qui veut dire « au milieu des terres »,
La preuve est que les pays comme l’Allemagne et la Mauritanie font partie de
cette organisation alors qu’ils n’ont pas de liens directs avec cette mer et c’est
justement, ce que ce « POUR » permet.

La seconde question qu’on peut se poser est : Pourquoi vouloir inclure au sein
de cette organisation des pays non riverains de la méditerranée?
La réponse à mon avis réside dans une exigence d’ordre financier qui va
permettre la survie de cette organisation, car pour financer des projets et
assurer la bonne marche de l'UPM, il faut de l’argent, et l’argent on ne peut le
trouver qu’en Europe, d’où la participation des pays comme l’Allemagne ou la
Slovénie. Mais il ne faut pas croire que c’est la seule raison, derrière tout ça, il
y a bien sûr un calcul et une stratégie d’ordre géopolitique dont l’objectif est de
faire de ces pays de la rive sud pour ne pas dire carrément du Sud une zone
d’extensions ou de recul pour les pays d’Europe. Après l'insertion des pays de
l'Europe de l'Est, le vieux continent ne peut lorgner que sur les pays de la rive
sud de la méditerranée qui par leurs grands espaces et leurs faibles densités
s'opposent à l'étroitesse des pays d'Europe.
Ne soyons pas surpris si demain on commence par mettre en place un accord
de libre-échange entre les pays de cette nouvelle organisation.

Je voudrais revenir sur ce coup de maître de Sarkozy pour dire que le timing
choisi pour lancer UPM n’est pas du tout dû au hasard. Il a été certainement
bien réfléchi et bien choisi puisqu'il correspond au dernier semestre qui reste à
l’administration de G. W. Bush et des difficultés que rencontre son
administration avec le gouvernement irakien son allié d’hier. Mr Sarkozy sait
que c'est le moment opportun pour replacer la France et l’Europe dans le
processus de paix au moyen orient et il l'a fait en bon tacticien.
Les Etats Unis ne peuvent qu’encaisser sans réagir à l’image d’un boxeur à
moitié assommé et acculé aux cordes du ring qui n'attend que la résonance du
gong pour éviter un Ko.

Au début de son élection, de nombreuses personnes voyaient en Sarkozy un
second Blair, c’est à dire une personne qui s’alignerait sans réserves sur la
position Américaine ; mais ses dernières prises de positions concernant le
Moyen Orient, osant dire à l’intérieur de la Knesset que la ville de Jérusalem
doit être la capitale d’Israël et de la Palestine et recevant à Paris quelques jours
après le Président Assad bête noire des américains et de la gauche française
démontrent tout le contraire de ce que nous pensions de cet homme qui dans
ses déclarations n’use pas de la langue de bois et qui n’a pas peur de
bousculer et de s'attaquer à tout ce qui lui parait injuste.

Oui, Sarko bouge, il fait bouger sa tête ses mains, allant même jusqu'à être
mimer par certains humoristes des chaînes françaises de tv. Je ne dirais que
tant mieux pour nous si on plus de nous faire rire, il fait bouger les choses
dans le bon sens.

Ainsi va Ghriss
                                                                Le 15 juillet 2008



SAKOU LE POETE ENGAGE !
Après une semaine chargée aussi bien par mes activités professionnelles que
par mon déplacement à Goulmima, je me suis levé ce matin en me disant
qu’exceptionnellement ce samedi, je vais faire un break et laisser l’écriture
d’une nouvelle chronique pour le samedi prochain, mais en feuilletant la
presse je tombe sur un article dans la page 9 d’un hebdomadaire du vendredi
qui est consacré au livre de notre ami Zaid Ouchna, avec en photo la première
page du livre illustrée par la photo de feu Sakou et en médaillon la photo de
Zaid auteur du livre.

Rassurez-vous ce que l’auteur de l’article a écrit n’est point pour faire une
promotion au livre de notre ami Zaid ni de rendre hommage au grand poète que
fut feu Sakou. Je vous propose de lire l’article et vous allez constater vous-
même que son auteur ne fait qu’inviter et préconiser une poursuite judiciaire
contre l’auteur du livre (rien que ça) !
Comble des comble, une presse qui continue de se plaindre d’être opprimée et
qui réclame plus de liberté d’expression, la voila qu’elle s’élève contre les
propos d’un poète engagé recueillis, puis écrits par un écrivain Amazigh !

Dans un paragraphe l’auteur de l’article dit que Sakou n’étant plus là pour
affirmer ses dires. Je réponds à l’auteur de l’article que Sakou n’a pas besoin
d’être là pour confirmer ce que Zaid a écrit, nous qui connaissons ce grand
poète, nous sommes encore là pour témoigner de l’engagement de ce grand
artiste et plus que ça, à Ghriss il peut se procurer les enregistrements du poète
dans lesquels feu Sakou relate ce qu’il pense être pour lui une vérité.
Nous savons tous qu’à défaut d’une vérité convaincante, chacun à sa manière
et selon ses capacités intellectuelles, essaie d’établir sa vérité. Et Sakou n’a
fait exactement que ça !
Est-ce que nous savons à ce jour ce qui s’est passé dans les affaires
Benbarka, Oufkir, Addi ou Bihi, ou Dlimi ?
La réponse est bien sûr non !
Il est normal donc, qu’en attendant de connaître la vérité sur ces évènements,
chacun de nous va pour sa vérité, et ce que Zaid Ouchna a relaté dans son
livre n’est que la vérité de Sakou !

Sakou pour les non Ghrissois qui ne le connaissent pas était de ces poètes qui
ne s’achètent pas, il dit ce qu’il pense être juste, et n’hésite pas à reconnaître
de s’être trompé quand ça lui arrivait.
Il était un poète engagé et un fervent militant du parti de Benbarka et de
Bouabid. Ses poésies traitaient des événements de l’heure mais cela ne
l’empêchait guère de fustiger à sa manière lors d’un Ahdidouss à Ghriss l’un
des siens et personnellement, moi qui lui suis très proche (Ait Hrou), je n’étais
pas épargné par ses vers, mais cela ne l’empêchait pas de venir me rendre
visite à Marrakech et partager un repas avec moi.

Alors pourquoi ce tralala pour un livre écrit en Tamazight ?
Et pourquoi l’auteur de l’article dit-il, que le livre de Zaid Ouchna édité par
l’Ircam est un appel à la discrimination raciale?
Veut-on nous interdire d’écrire en Tamazight ?
Nous Imazighen, avons-nous un jour interdit ou reprocher a quelqu’un de
discuter Arabe ou Français ?
Va-t-on continuer à supporter d’entendre des réflexions du genre « Tklam
b’lought lblad » lorsque nous discutons entre amis en Tamazight, comme si
Tamazighte n’est pas une langue marocaine ?
Qui de nous est complexé, nous qui sommes Amazigh et parlons arabe et
français ou ceux qui ne fournissent aucun effort pour apprendre une des
langues de leur pays ?
Le comportement de certains marocains me rappelle celui de certains juifs
français qui traitent d’acte antisémite tout évènement qui touche l’un des leurs.
Ce comportement ne peut être qualifié que d’une étroitesse d’esprit !

Ainsi va Ghriss.
                                                        Agadir le 05 Juillet 2008



BARRAGE D’AMSSED !
Voilà plus de 14 mois que la pétition pour la construction du barrage d’Amssed
signée par plus de 5 000 personnes a été remise à la Primature. Des copies ont
été envoyées respectivement à :
Mr le Wali de la région Meknès / Tafilalet,
Mr Le Président de la région Meknès / Tafilalet
Mr le Gouverneur de la Province d’Errachidia.
A ce jour, aucune réponse ne nous est parvenue, On aurait souhaité qu’on
nous réponde et qu’on nous informe de la suite qui a été réservée à notre
demande, si elle est irrecevable qu’on nous explique les raisons, nous sommes
assez grands pour les comprendre le cas échéant !
Si par contre notre requête est fondée comme nous le pensons, qu’on nous le
fasse savoir et qu’on nous précise la date approximative du début des travaux
de la construction du barrage pour calmer les gens et répondre à la question
qu'ils ne cessent de nous poser.
Continuer à observer un silence à une demande légitime de toute une
population peut être interprété comme une indifférence et un mépris envers
elle et c’est inacceptable.

Que veut donc le Makhzen ?
Nous pousse-t-il à commettre la faute ?
Nous avons tous entendu ce qui a été dit par les autorités à travers les médias
après les manifestations de Séfrou et de Sidi Ifni. Elles n'ont pas cessé de
reprocher aux gens d'avoir manifesté dans la rue prétendant qu'il y a une
manière « civilisée » de revendiquer !
S’il y a plus civilisé que ce que nous avons entrepris jusqu’à ce jour, qu’on
nous le dise, nous nous engageons d’avance à nous y conformer.
Mais laisser tomber une revendication que nous jugeons capitale et légitime
jusqu'à preuve du contraire de ce que nous pensons être juste, nous ne
pouvons que répondre jamais et toujours jamais !
Alors comment interpréter le silence de ceux qui ont été sollicités ?
Est-il prémédité ?
Attendent-ils que nous manifestions ou que nous organisions une marche qui
risque d'être infiltrée par d'éventuels casseurs pour nous désigner
responsables du désordre et des débordements ?
Si c’est le cas, alors qu’on n'attende pas que nous manifestions ou qu'il y ait
des dégâts pour nous coffrer. Nos parents et grands parents ont été déjà
emprisonnés pour beaucoup moins que ça !

Faut-il rappeler encore une fois que notre revendication ne rentre pas dans un
quelconque jeu politicien ou syndical. Elle émane de toute la population de la
vallée de Ghriss qui estime à juste titre que la construction du barrage
d’Amssed reste pour toute la région le principal levier pour son développement
économique et social durable.
Oued Ghriss charrie chaque année des millions de mètres cubes d’eau qui se
perdent dans le désert algérien alors que la région dispose de milliers
d’hectares de terre vierge non cultivés par le manque d’eau !
Pour une cause pareille dans un autre pays, on aurait vu non seulement la
société civile et le monde associatif prendre le devant d’une telle revendication
mais leurs élus seraient en premières lignes des manifestants mais comme l'a
chanté 3mmi Mahhdi "Iroura ouzanar s'tadawte aqqa !

Pour terminer, je souhaite que ceux qui demandent aux gens d’être
responsables et civilisés commencent par donner le bon exemple et prennent
la peine non seulement d’être à l’écoute des gens mais de comprendre leurs
revendications et de répondre aux requêtes qui leur sont adressées.
Faut-il rappeler que l’indifférence est souvent la cause de beaucoup
d’incompréhensions et de tensions inutiles dont les conséquence peuvent
coûter cher non seulement à la région mais aussi l'image de notre pays et à
tout ce que ne cesse d'entreprendre notre roi.

Ainsi va Ghriss.
                                                           Agadir le 26 Juin 2008



LES EVENEMENTS D’IFNI !
Fallait-il attendre que le mécontentement de la population se transforme en
manifestations, puis révolte pour finir en affrontements entre les habitants et
les forces de l'ordre pour que les autorités se déclarent prêtes à étudier leurs
doléances et à proposer des actions pour faire sortir la ville de Sidi Ifni de sa
marginalisation ?
J’ai eu l’occasion de visiter cette ville juste après le départ des espagnoles et
je l’ai visitée pour la dernière fois il y a moins de deux années ; et pour être
sincère et franc avec vous, j’ai regretté d’avoir entamé cette dernière visite, car
j’aurais préféré garder en moi le premier souvenir d’une ville propre et bien
entretenue.
Ma seconde visite m’a montré une ville morte, mal entretenue ; les regards des
jeunes sont hagards et traduisent l’oisiveté qui a fini par marquer les jeunes
d’Ait Baamrane. Tribu combattante et insoumise durant des années aux
troupes coloniales.
Faut-il rappeler que de nombreux des Ait Morghade sont allés se réfugier au
début puis combattre au coté de cette tribu lorsque ils furent vaincus à Saghro
et Baddou ?
D’ailleurs dans tout le Souss, seule la tribu d’Ait Baamrane prononce la
phonétique « GH » au lieu de « HH ». Ils disent « Righ » au lieu de « Rihh » (je
veux) que prononcent toutes les tribus du Souss. Il parait que cette phonétique
est un de nombreux apports des nôtres auprès de cette tribu

Revenons maintenant aux événements qui ont marqué Sidi Ifni la semaine
passée pour dire que pour moi, Bien que je rejette toute violence d’où qu’elle
vienne, les premiers responsables de ce qui est arrivé doivent être cherchés
parmi ceux qui n’ont pas su détecter le mécontentement des habitants et qui
n’ont pas pu anticiper et trouver des solutions aux problèmes que vivait la
région de Sidi Ifni.
Qu’on ne vienne pas nous dire que c’est une manifestation spontanée qui s’est
déclenchée subitement comme ça ! Avant qu’elle explose et que sa sauce se
répande sur les murs de la cuisine, certainement que la soupape de la cocotte
d’Ait Baamrane a depuis longtemps arrêter de siffler sans qu'on y prête
attention !

Maintenant que le mal est fait, qu’il a affrontements entre marocains avec plus
d'une quarantaine de blessés et que tous les médias se sont saisis de l’affaire
qu’on se déclare prêt à répondre aux doléances des populations !
Alors pourquoi avoir attendu que l’image de notre pays soit ternie par cette
affaire pour agir ?
Si les manifestants ont tort, ce n’est pas parce qu’ils ont manifesté qu’il
faudrait répondre favorablement à leurs demandes ; car cette façon de faire
risque de créer un antécédent et donner des idées aux habitants des autres
localités ; ce qui entraînera notre pays dans un engrenage sans fin ; Mais si les
manifestants ont raison, que font ceux qui sont payés par l’Etat pour répondre
aux demandes légitimes des populations et pourquoi ont-ils attendu jusqu’au
pourrissement de l’affaire pour agir ?

Que ceux qui sont payés pour servir le peuple se ressaisissent, et fassent le
travail pour lequel ils sont rémunérés. Si le couvercle de la cocotte d’Ait
Baamrane a fini par sauter, d’autres soupapes commencent à se gripper un
peu partout et particulièrement dans les régions oubliées et marginalisées.
Je suis sûr que rien qu’avec ce qu'avait coûté le déplacement du millier
d’agents d’intervention à Sidi Ifni, on aurait pu solutionner une partie des
problèmes qui sont à l’origine du soulèvement de la population !

- A qui le dis-tu Ali, me diriez-vous ?
- A moi même, vous répondrais-je !
Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 13 juin 2008



EN MARGE DES EVENEMENTS DE SIDI IFNI (suite)
Ce qui est arrivé à Sidi Ifni, ne doit pas être pris à la légère ni faire l’objet d’une
exploitation politicienne de certains qui agissent comme des vautours qui
attendent que l’animal s’affaisse pour se ruer sur lui!

Ceux qui gesticulent aujourd’hui à travers les écrans de tv et via certaine
presse ne peuvent pas se défaire de leur responsabilité, ils doivent l’assumer
et reconnaître d’avoir failli à leur mission.

Je ne préconise pas de sévir ni même de punir, cela ne servira rien. Ce qu'il
faut c'est de tirer des enseignements de ce qui est arrivé pour que ce genre
d’évènements ne se répètent pas à Sidi Ifni ou ailleurs !

On ne solutionne pas les problèmes par la répression et les coups de
matraques ni par l’arrestation de ceux qui ont agi même s'ils ont mordu sur les
lignes rouges tracées par le Makhzen. La solution des problèmes se fait par la
concertation, par le dialogue, par l’écoute et la compréhension des
revendications de l’autre.

« Fhamni oula T3tini » (Comprends-moi sans me donner) dit l’adage ! Et s'il se
termine par « sans me donner» c’est tout simplement parce qu’on est sûr
qu’après être écouté et compris on ne peut pas être renvoyés « sans rien » !

Le paradoxe dans les relations Autorités et Elus d'une part et la population
d'autre part, c’est que les premiers qui sont sensés écouter pour prévenir et
anticiper sur certains évènements, évitent de rencontrer et de dialoguer avec
les seconds. Ils font le dos rond et observent un attentisme volontaire espérant
que tout soit « calme » jusqu’à leur prochaine mutation ou à la fin de leurs
mandats d’élus.

J’ai déjà écrit que nous avons un vrai problème au niveau des gens qui se
présentent aux élections locales, nombreux sont ceux pour qui, être élu
représente un objectif et une fin en soi. Donc une fois élue, la personne
considère qu’elle a atteint son objectif, un objectif qui consiste à faire partie
des notabilités pour assister aux cérémonie et d’être conviée aux divers
événements (même familiaux) qui se déroulent dans sa circonscription.
Rares sont ce qui comprennent qu’être élu est avant tout « Taklif » (charge).
Avant d’être « Tachrif » (honneur) !

Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs, mais dans ma localité j’aurais
aimé voir nos élus initiés des rencontres avec les jeunes, avec les cadres de la
diaspora , avec nos MRE pour discuter des problèmes, ébaucher des solutions
locales qui certainement existent.
Les visites sur terrain qui étaient fréquentes un mois avant les élections se
sont arrêtées d’un coup dès la proclamation des résultats!
Plus grave encore ces personnes qui avant cherchaient le contact et la
discussion font tout maintenant pour éviter de vous rencontrer !
J’ai déjà écrit dans une de mes précédentes chroniques que je rejette la
violence d’où qu’elle vienne, cela ne veut pas du tout dire qu’il faut se taire et
subir. Si ceux qui venaient nous promettre mont et merveilles pour avoir nos
voix ne viennent plus nous voir, il ne nous reste à nous que d’aller les voir !
C’est légitime non ?
C’est pour cela que personnellement les manifestations pacifiques et calmes
devant le parlement ne me surprennent pas.
Ceux qui venaient sonner à nos portes pour que nous votions pour eux doivent
aussi accepter qu’on vienne en groupe sonner à leurs portes et leur faire part
de nos mécontentements !

Je ne sais pas si sur le plan juridique, il est possible de déposer une plainte
contre un élu ou un agent d’autorité qui n’aurait pas bien rempli sa mission ?
Une telle possibilité ferait bouger ceux qui perçoivent un traitement sans
remplir leurs missions et servirait aussi d’indicateurs en décelant à l’autorité
centrale les défaillances là où elles sont, bien mieux que le ferait une mission
d’audit.

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 21 juin 2008



DE MARTIN LUTHER KING A BARAK OBAMA
Les primaires du parti démocrate américain viennent de se terminer avec la
victoire du Sénateur Barak Obama sur Hillary Clinton. Cette dernière dans son
allocution de ce jour a remercié tous ceux qui ont voté pour elle tout en
déclarant prête à participer et à soutenir son vainqueur contre le candidat
républicain MacCain.
Si de nombreuses personnes avaient déjà vu il y a quelques mois en une
victoire aux présidentielles d’Obama ou de Clinton une vraie révolution qui fera
voler en éclats certains tabous, (Obama, étant métisse, dont le père est
d’origine africaine avec une grand-mère et un frère musulman, Hillary est une
femme qui brigue pour la première fois dans l’histoire des Usa le poste de
président), un ticket Obama/Clinton pour les postes de Président et de vice
Président ne serait qu’apprécié par ceux qui attendent et aspirent à un vrai
changement de la politique américaine !
Va-t-on laisser le processus démocratique arriver à sa fin ?
Ce n’est pas sûr, je crains que les extrémistes qui mêmes minoritaires,
essaieront tout pour empêcher ce beau rêve de se réaliser.

Je pense que vous serez d’accord avec moi sur le fait qu’actuellement une
majorité d’américains n’aiment pas G.W. Bush et que seule une minorité le
soutient. Pour Obama c'est complètement l’inverse de cette situation, car lui, il
est aimé par la majorité et n'est rejeté que par une minorité !
- Où est le problème me diriez-vous ?
Le problème réside dans le fait que la majorité qui déteste Bush est pacifique
et la minorité qui n’aime pas Obama est violente et extrémiste; Cette minorité
qui a déjà éliminé JF Kennedy et Martin Luther King il y a quelques décades.

Martin Luther King qui représentait l’espoir des hommes de couleur et
symbolisait l’émancipation du peuple noir des USA avait martelé avec force sa
fameuse phrase « I have a dream… » (J’ai un rêve…), nous avons tous vu que
les racistes ne lui ont pas laissé la vie pour qu’il voit son rêve se réaliser.
Obama lui a martelé sa phrase « Change We Can Believe In» (le changement
nous pouvons croire en lui», qui pour moi va dans le même sens que celle
prononcée jadis par Martin Luther King ; et c’est pour cette raison que je crains
pour sa sécurité.

Aux Usa les armes à feu détenus par la population dépasse le nombre
d’habitants de ce pays ! Mais si une majorité ne s’en sert que pour se défendre
éventuellement, la minorité extrémiste elle, s’en sert pour commettre des
crimes crapuleux et racistes et c’est ce qui me fait craindre le pire.

Une étape importante et dangereuse reste à franchir pour Obama, celle de la
campagne électorale pour la présidence, il sera appelé à tenir des meetings et
des réunions dans lesquelles il serait très difficile d’assurer sa sécurité. Je
pense qu’une protection rapprochée à la mesure du risque qu’il court doit
l’accompagner lors de cette étape pour éviter tout dérapage dont les
conséquences seraient catastrophiques non seulement pour les Etats-Unis
mais pour tout le reste du monde. Les autorités américaines doivent lui assurer
la même protection que celle qui est assurée à Bush, mais c'est à lui aussi de
prendre toutes les précautions nécessaires pour éviter tous les risques même
si nous savons que "risque zéro" n'existe pas.

Je finirais ma chronique en accouplant les deux phrases des deux leaders
noirs américains en disant tout simplement : « J’ai un rêve; le changement,
nous pouvons le réussir ».
On peut bien les appliquer à Ghriss et à vous de leur donner le sens qui vous
convient.

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 07 Juin 2008


PLUS PENIBLE SERA LE DERACINEMENT !
J’ai laissé passée la semaine où les juifs d’Israël fêtaient le soixantième
anniversaire de la création de l’état d’Israël et où les populations palestinienne
ce même état commémoraient l’anniversaire de la Naqba (catastrophe), pour
dire ce qu’à mon humble avis sera le devenir de ce pays où se mélangent les
rires et les pleurs, le sacré et le profane, le chaud et le froid, le halal et le
casher.
Même si l’arrogance des dirigeants Israéliens est toujours là, tout le monde a
constaté, à commencer par les Israéliens eux mêmes, que la donne a bien
changé depuis quelques années.
Les armes conventionnelles ne sont plus suffisantes pour gagner une guerre.
Nous avons vu, comment un parti libanais a pu tenir tête à toute une armée
Israélienne, qui il y quarante ans ne faisaient qu’une bouchée de toutes les
armées arabes (guerre des six jours) !
Demain il sera encore plus vrai que vous ne remporteriez pas une bataille et
vous ne gagnerez pas une guerre que par la Paix.
Or la paix se travaille et se prépare comme on prépare une guerre avec une
seule est importante différence, c’est que la paix se prépare dans la
convivialité et sans stress, ce qui n’est pas bien sûr le cas pour la guerre.
La paix qui sera la plus difficile à réaliser pour Israël n’est pas celle avec ses
voisins Arabes, mais celle qui doit s’établir entre les composante arabe et juive
de sa propre population. La politique de ségrégation appliquée entre les
israéliens juifs et Israéliens arabes n’est que la semence de la haine de
l’intolérance et du rejet de l’autre qui inéluctablement se traduira par des
conflits intercommunautaires.
Un Israélien ne peut pas vivre toute sa vie une kalachnikov à la bandoulière
pour se défendre ni continuer chaque jour à attendre stressé que ses enfants
reviennent sains de leurs écoles !
Si certains l’avaient ou continuent de le faire c’est tout simplement parce que
la motivation de créer un état pour le peuple juif justifiait pour eux tout ce
sacrifice. Cette motivation n’existera pas pour ceux qui sont nés en Israël et
qui n’ont rien à créer mais dont la motivation ne sera que de vivre dans la
sérénité et d’assurer à leurs enfants une vie paisible.
Et c’est justement à la recherche de cette vie paisible que beaucoup
d’Israéliens reconsidèrent le choix qu’ils avaient fait de s’installer en Israël.

La blague qui a circulé même en Israël pendant la commémoration de
l’anniversaire de la création d’Israël qui disait que si les Israéliens ont fêté avec
faste le soixantième anniversaire de la création de leur état, c’est tout
simplement parce qu’ils savent qu’ils ne fêteront pas le centenaire de sa
création !
Méchante comme prédiction, mais elle reste plausible !
Et c’est pour cette raison que je dis, qu’il faut que les dirigeants d’Israël
fassent attention et abandonnent d’appliquer la formule deux poids deux
mesures. Cette attitude pourra faire dans le futur de leur peuple, un peule
errant !
Les Israéliens qui avaient émigré vers Israël ont encore la possibilité de se
réinstaller dans leurs pays d’origines et d’aider leurs enfants à s’y adapter, s’ils
ne le font pas, après leurs décès le déracinement de leurs enfants ne sera que
plus pénible et plus dur.
Raison pour laquelle je m’adresse à toi, mon ami Doudou Khaimi. Je veux que
tu saches que si tu reviens, je suis prêt à te refiler les quatre palmiers que ton
père Khaimi avait vendu à mon grand père et qui chaque année continuent à
nous donner d’excellente dattes.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 23 mai 2008


LE TAUX DE RETOUR
Lorsqu`on veut faire une évaluation des performances touristiques de notre
pays, on se réfère souvent à certains indicateurs comme le nombre des
arrivées ou de nuitées des touristes ou encore aux taux d`occupation ou de
fréquentation des hôtels, oubliant à mon humble avis le taux de retour qui est
plus signifiant, car il nous renseigne sur le degré de satisfaction de la clientèle.
A ma connaissance ce taux de retour qui nous donne le pourcentage des
touristes qui reviennent au Maroc après un premier séjour n’est que de l’ordre
de 2%. Ce qui est non seulement insuffisant mais peut être un révélateur d’une
éventuelle insatisfaction de la clientèle suite à des non qualités qu’ils auraient
observées durant leurs séjours. Et dans ce chapitre il y a certainement à boire
et à manger, même s`il n`est pas le sujet de la chronique de cette semaine.

Je n’ai utilisé cette introduction que pour servir de transition pour aborder un
autre taux de retour qui me semble inquiétant pour notre pays puisque ce taux
est nous dit-on de l`ordre de 65%. Ce taux est le taux de récidive qui concerne
les prisonniers qui reprennent le chemin des cellules après y avoir déjà
séjourné.
On ne va pas tout de même croire que les prisonniers se plaisent dans leurs
cellules au point ou ils se hâtent à y retourner dés leur libération !
Mais je pense que leur séjour dans ce milieu carcéral d`une part et le manque
d`emplois d`insertion d`autre part sont pour beaucoup dans ce retour aux
prisons.
Je ne cherche pas à traiter les conditions d`incarcération des détenus, ni la
manière dont ils passent leur temps dans leurs cellules, mais je peux avancer
sans trop me tromper qu’on y sort pas comme on y entré ! De nombreuses
personnes qui après un séjour en prison acquièrent d`autres métiers qui ne
vont pas toujours dans le sens souhaité par la communauté ne tardent pas à
mettre en exécution ce qu`il ont appris en prison .
C’est ainsi qu’on peut y entrer pour un petit larcin et en sortir prêt à braquer
une banque !
Certaines filles qui y séjournent après être condamnées pour prostitution en
ressortent sans abandonner la prostitution mais souvent avec en plus le vice
de la cigarette si ce n’est pas de la drogue a laquelle elles deviennent accro !
Certaines prisons au lieu de service de centres de redressement sont
devenues des foyers ou on côtoie toutes sortes de délinquances.
Faut-il alors s`étonner de voir une personne qui vient d`être libérée regagner sa
cellule après quelques jours de liberté ?
La réponse est non, tant que les prisons ne jouent pas leurs rôles punitifs et
mais aussi éducatifs.

Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima le 23/03/2008


LES REVOLUTIONNAIRES DE SALONS !
Un dicton Ghrissois (de ma propre invention) dit : « Attends que tu casse
l’amande et que tu la goûtes pour dire qu’elle est douce ou amère ! »
A quelques jours de la tenue du congrès de l’USFP, je me demande si ce parti a
encore dans sa stratégie et sa ligne politique quelque chose qu’aurait validé un
Benbarka ou un Bouabid s’ils étaient encore en vie?
Le terme socialiste, trouve-t-il toujours sa place dans ce parti ou serait-il en
train de subir la torture de ceux qui, chaque jour le dénaturent ?
Moi, je dis que ce parti n’a de socialisme que son appellation ; car le
socialisme est d’abord un état d’esprit avant d’être une doctrine ! Un état
d’esprit de ceux qui l’incarnent et de ceux qui parlent en son nom et agissent
sous sa couverture !

Tout le monde se rappelle des interventions au parlement de l’ancien ministre
qui, avant d’être nommé au gouvernement contestait en vrai homme
d’opposition et de gauche ce que proposait l’équipe gouvernementale de
l’époque ! Mais hélas, une fois au gouvernement notre contestataire est
devenu docile, oubliait même ses chiffres et leurs virgules. Ce n’est pas ses
charges de ministre qui l’ont érodé et lui ont fait prendre le pli, mais il avait pris
goût au mode de vie de la bourgeoisie qu’il dénonçait auparavant.
« Billahi 3alaykoum » (j’arabise, quand il le faut et berbérise lorsque c’est
nécessaire !), pensez-vous un instant qu’un Ben Barka, un Bouabid ou un
Yousfi aurait accepté un poste de ministre sans portefeuille, qui se contenterait
de percevoir un salaire de ministre tout en sachant que ce salaire qui lui est
versé par l’Etat provient pour une partie des impôts prélevés des salaires des
classes laborieuses de notre pays ?
Abbadane ! (Jamais) Car ces hommes avaient le sens de l’éthique et
respectaient les principes de leur parti!
Nos révolutionnaires de salons ne voulaient que révolutionner leur mode de
vie et leur statut social ! Et là je pense qu’ils ont atteint leur but ; une ou
plusieurs grosses cylindrées, une belle battisse du coté de la route de Z3er et
peut être une ferme de quelques dizaines d’hectares acquise auprès de la
SODEA à un prix préférentiel pour ne pas dire symbolique, Mehdi, Abderrahim
et Abderrahman, vous pouvez dormir en paix, vos successeurs font du bon
travail !

Revenons donc au prochain congrès qui va se tenir dans quelques jours. Nous
constatons que ces personnes qui appelaient il y’a quelques décades au
rajeunissement des instances dirigeantes du parti sont en train de tout faire
pour se maintenir aux commandes et barrer la route aux nouvelles
générations.
Ceux-ci sont en train d’élaborer des textes et d’inventer des stratégies qui
n’ont qu’un seul objectif, assurer leur maintien aux commandes du parti.
Nous avons vu tous comment les militants de base de l’USFP avaient réagi
après les résultats désastreux enregistrés par le parti lors des élections
législatives. La majorité, sinon tous réclamaient le départ de tous ceux qui sont
à l’origine de cette déconvenue, à commencer par le Premier Secrétaire qui a
été poussé à la sortie (même s’il est resté au perron) !
Mais les éléphants ne veulent pas jeter l’éponge ni même pas faire leur
autocritique (Annaqd Addati) terme que les gens de gauche aiment utiliser
lorsqu’ils ne s’agit pas d’eux !
Au lieu d’organiser des élections individuelles pour désigner les membres du
prochain bureau politique, ils ont inventé des artifices qui permettent le
maintien des anciens, excluant la chance de voir les jeunes aux commandes
du parti.
Le vote par liste est une bonne chose lorsqu’il s’agit de garantir la
représentativité de plusieurs partis politiques ou des courants d’idées
différents au sein même d’un même parti, mais si c’est pour permettre à
chaque tête de liste de passer, demain nous aurons des personnes qui seront
réélues tout simplement parce qu’elles se sont arrangées pour être des têtes
de liste et ceci au grand dam de la base militante qui réclamait leur départ
Hier, c’étaient El Yazghi, Radi, Oulaalou, El Malki et quelques autres, demain à
moins d’une grande surprise, ça sera Radi, Oulaalou, El Malki, El Yazghi et les
mêmes autres. Bonnet blanc ou blanc bonnet c’est kif, kif m’avait dit un
Mejdoub !
A défaut de laisser la place aux nouveaux, pourquoi les anciens ne laissent-ils
pas ceux qu’ils avaient écartés au sein même du bureau politique, précisément
les pro-Yousfi prendre les commandes du parti ? Pourtant, certains d’entre eux
ont démontré leurs compétences et leur savoir faire en réussissant là où on les
donnait pour perdants ! Mais comme dit un adage Amazigh « Atkhmaj oula
Itchate 3ami » (mieux qu’elle pourrisse, que de la voir mangées par mon
oncle) !

Habitué à ne voir qu’espoir dans la fraîcheur et la beauté des pétales d’une
rose, la voir se faner ne peut que me rendre bien triste !

Ainsi va Ghriss
                                                            Agadir le 28 Mai 2008



PLUS PENIBLE SERA LE DERACINEMENT !
J’ai laissé passée la semaine où les juifs d’Israël fêtaient le soixantième
anniversaire de la création de l’état d’Israël et où les populations palestinienne
ce même état commémoraient l’anniversaire de la Naqba (catastrophe), pour
dire ce qu’à mon humble avis sera le devenir de ce pays où se mélangent les
rires et les pleurs, le sacré et le profane, le chaud et le froid, le halal et le
casher.
Même si l’arrogance des dirigeants Israéliens est toujours là, tout le monde a
constaté, à commencer par les Israéliens eux mêmes, que la donne a bien
changé depuis quelques années.
Les armes conventionnelles ne sont plus suffisantes pour gagner une guerre.
Nous avons vu, comment un parti libanais a pu tenir tête à toute une armée
Israélienne, qui il y quarante ans ne faisaient qu’une bouchée de toutes les
armées arabes (guerre des six jours) !
Demain il sera encore plus vrai que vous ne remporteriez pas une bataille et
vous ne gagnerez pas une guerre que par la Paix.
Or la paix se travaille et se prépare comme on prépare une guerre avec une
seule est importante différence, c’est que la paix se prépare dans la
convivialité et sans stress, ce qui n’est pas bien sûr le cas pour la guerre.
La paix qui sera la plus difficile à réaliser pour Israël n’est pas celle avec ses
voisins Arabes, mais celle qui doit s’établir entre les composante arabe et juive
de sa propre population. La politique de ségrégation appliquée entre les
israéliens juifs et Israéliens arabes n’est que la semence de la haine de
l’intolérance et du rejet de l’autre qui inéluctablement se traduira par des
conflits intercommunautaires.
Un Israélien ne peut pas vivre toute sa vie une kalachnikov à la bandoulière
pour se défendre ni continuer chaque jour à attendre stressé que ses enfants
reviennent sains de leurs écoles !
Si certains l’avaient ou continuent de le faire c’est tout simplement parce que
la motivation de créer un état pour le peuple juif justifiait pour eux tout ce
sacrifice. Cette motivation n’existera pas pour ceux qui sont nés en Israël et
qui n’ont rien à créer mais dont la motivation ne sera que de vivre dans la
sérénité et d’assurer à leurs enfants une vie paisible.
Et c’est justement à la recherche de cette vie paisible que beaucoup
d’Israéliens reconsidèrent le choix qu’ils avaient fait de s’installer en Israël.
La blague qui a circulé même en Israël pendant la commémoration de
l’anniversaire de la création d’Israël qui disait que si les Israéliens ont fêté avec
faste le soixantième anniversaire de la création de leur état, c’est tout
simplement parce qu’ils savent qu’ils ne fêteront pas le centenaire de sa
création !
Méchante comme prédiction, mais elle reste plausible !
Et c’est pour cette raison que je dis, qu’il faut que les dirigeants d’Israël
fassent attention et abandonnent d’appliquer la formule deux poids deux
mesures. Cette attitude pourra faire dans le futur de leur peuple, un peule
errant !
Les Israéliens qui avaient émigré vers Israël ont encore la possibilité de se
réinstaller dans leurs pays d’origines et d’aider leurs enfants à s’y adapter, s’ils
ne le font pas, après leurs décès le déracinement de leurs enfants ne sera que
plus pénible et plus dur.
Raison pour laquelle je m’adresse à toi, mon ami Doudou Khaimi. Je veux que
tu saches que si tu reviens, je suis prêt à te refiler les quatre palmiers que ton
père Khaimi avait vendu à mon grand père et qui chaque année continuent à
nous donner d’excellente dattes.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 23 mai 2008


LA DEPRECIATION
Il va de soit que je ne vais pas traiter dans cette rubrique la dépréciation du
dollar par rapport à l’Euro ou au Yen, je laisse ce soin à ceux qui font leurs
business dans l’import et l’export et aux opérateurs de change.
Ma chronique de ce jour est consacrée à quelque chose qui ne se vend et qui
ne s’achète pas, à quelque chose qu’on peut perdre en quelques mois mais qui
ne s’acquière qu’après plusieurs années.
Et même si le nom qui les désigne les approche de l’argent, elles sont les
seules, qui dans un monde qui se respecte ne se monnayent jamais, car elles
n’ont pas de prix .
Vous avez certainement compris qu’il s’agit des valeurs. Ces dernières qui
sont en nous ou qui nous sont léguées par nos parents et nos ancêtres et qui
font de nous des êtres humains.
Et c’est de cette dépréciation des valeurs que je vais parler (plus à moi-même
qu’à d'autres).
Il est certain que plus votre âge est avancé, plus vous sentez cette dépréciation
qui touche tous les domaines. Du rial avec qui on pouvait jadis faire son
marché, au titre de Bacha (pacha) qui n’a plus le prestige qu’avait un bacha
Hammou, en passant par Amghar, le caïd, le maître etc.
Tant mieux si tout le monde peut manger à sa faim et qu’ « Ayouh Annas » peut
se payer un véhicule que ne pouvait posséder dans le passé que le plus riche
des notables.
(j’ouvre une parenthèse pour dire que me revient à l’esprit un texte d’un livre
de lecture qu’on avait en classe du CE1 dans les années 50 qui disait à peu
près ça :
« Si j’étais un riche marocain, j’achèterais un âne ….. » je fais abstraction du
sens péjoratif du texte et de l’esprit dans lequel il a était écrit. Je ferme la
parenthèse)
Donc je disais que tout le monde applaudirait si cette de démocratisation qui
permet à tout un chacun de s’octroyer suivant ses moyens ce qu’il désire.
Malheureusement la dépréciation touche aussi certaines valeurs que nos
parents n’ont acquises et mises en place qu’après plusieurs décades. Je
citerais à titre d'exemple:
- Le respect des personnes âgées ;
- Le respect de la parole donnée ;
- L’observation d’une grande pudeur dans les propos
- Le sens de la solidarité communautaire
Et j’en passe !
Ce sont ces valeurs qui se déprécient plus vite que le fait le Dollar, et que si
nous ne faisons rien pour les rétablir et de les considérer, nous risquons de les
perdre à jamais.
En 1993, alors que j’exerçais la fonction de Directeur des ventes dans une
multinationale américaine, je me suis déplacé avec deux hauts responsables
américains à Imilchil, car ils voulaient avoir une idée sur le niveau de
pénétration des produits de leur entreprise en milieu rural.
J’ai fait coïncider notre visite avec le Moussem des fiançailles qui se tenait
chaque année durant la dernière semaine de septembre chez les Ait Hlidou
(pour information: aujourd'hui ce moussem est avancé à la dernière semaine
du mois d'août).
Arrivés sur place après avoir passé quatre heures pour faire les soixante seize
kilomètres de piste qui séparent Aghbala d’Imilchil, nous assistâmes à une
transaction commerciale de troc; Un vendeur de sel germe échangeait deux
mesures de son sel contre une mesure de dattes (de moindre qualité ). Les
Amerloques connaissaient le troc, mais ils furent étonnés qu’il soit encore
utilisé quelques parts .
Deuxième transaction à laquelle nous avions assisté concernait le bétail. Un
éleveur (pas Amekssa) vendait vingt cinq moutons à un boucher. Ils
marchandèrent le prix pendant quelques minutes et lorsqu’ils se mirent
d’accord, ils se tapèrent les mains droites et le boucher emmena avec lui les
vingt cinq têtes de bétail. Les américains n’ayant pas vu le paiement se faire,
un des deux se tourna vers moi et me dit :
- Ali chèque ? Monnaie ?
J’appelle l’éleveur et je lui demande pourquoi il ne s’est pas fait payer.
Avec un sourire malicieux, il me répondit qu’il a convenu avec le boucher que
ce dernier lui apportera son argent le premier souk après Tafaska (Aid el
Kebir). Je souligne tout de même que nous étions à plus de deux mois de
l’Aid !
Lorsque j’ai traduit aux américains ce que m’a dit l’éleveur, celui qui m’avait
questionné me dit :
- Vous êtes arrivés déjà à ce niveau au Maroc ?
Je lui répondis que je n’ai pas saisi le sens de sa question.
Et c’est là qu’il m’expliqua qu’aux Etats-Unis en ce moment, les entreprises
sont en train de se faire assister par des cabinets de conseil pour établir des
relations de confiance entre elles, leurs fournisseurs, leurs clients et qu’elles
font tout pour que les engagements pris et les délais fixés, soient respectés
(c'était le temps où le "just in time" était à la mode !).
Il termine en me disant :
Ce que nous sommes en train d’entreprendre chez nous, je l’ai vu ici chez-
vous, pendant le déroulement d'une seule transaction commerciale.
Je lui répondis
Mr John, tout ça existait bien chez-nous dans nos villes, nos villages et nos
campagnes, malheureusement, nous l’avons perdu, il n’existe encore
aujourd'hui que dans certaines localités enclavées à qui leur enclavement a
permis de sauvegarder certaines valeurs dont celles que vous venez de
constater.
Inutile de vous dire, qu'après notre retour à Casablanca, la transaction
commerciale d’Imilchil est restée gravée dans les têtes des deux américains
plus que l'est le niveau de pénétration de leurs produits en milieu rural.
Moralité: Si la dépréciation des monnaies peut avoir dans certains cas un coté
positif, celle des valeurs et de l'éthique ne peut être que la source d'une
dégradations des relations des membres d'une communauté.

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 21mai 2008


L'ENFANT PRODIGE
Si les villages et les localités avaient la possibilité de s’exprimer et de dire ce
qu elles ressentent, je suis certain que des villes de Marrakech et de Settat
vous entendrez Benguerir dire :
"Sir awouldi Allah irdi 3lik" !
Moi même, qui ne suis pas de cette ville connue plus pour sa base militaire que
par son agriculture ou ses phosphates, j’ajouterais mon "Rdda" à celui des
R’Hamna et prierais pour qu’un jour Ghriss ait aussi son enfant prodige.
Me vint à l’esprit le verset coranique « Wala Tay Ass mine Rahmati Allah » !
Il y a quelques mois après l’ouverture de l’autoroute dont le tracé shunte le
petit village de Benguerir, personne ne misait un sou sur le devenir de ce
village dans la principale recette de ses commerçants est faite à partir des
voyageurs qui ont l’habitude de marquer des pauses de repos dans ses cafés.
Des reportages avaient même été faits dans ce sens, montrant la désolation
des lieux et de ses populations.
Et puis « Faraj Allah » est arrivé via un des enfants de ce village comme se fût
pour Settat auparavant. Un enfant que les fastes des grandes villes et
l’importance de ses charges ne lui ont jamais fait oublier ni son village ni la
population dont il est issu et dont il continue à s’identifier avec fierté.
Je le savais dès le début, car lorsqu’on se met sur un tracteur ce n’est pas
pour frimer, mais c’est pour labourer et le faire en profondeur !
SSI Ali à commencé par labourer ses champs et ceux de ses proches, il a
raison de commencer par là ! Cette approche ne peut être qualifiée que
d’intelligente,
L’approche des nôtres, par nôtres je désigne les Ghrissois haut placés de la
diaspora manque de prévoyance parce qu’elle manque de stratégie. Les nôtres
se contentent de labourer les champs des autres, oubliant que le tracteur sur
lequel ils sont montés ne leur appartient pas et qu’en cas de mauvaises
récoltes ils seront les premiers à en souffrir et à subir les conséquences des
caprices du temps.
Que d’enfants prodiges a enfanté Ghriss !
Mais prodiges pour les autres non pour Ghriss et même pas pour eux-mêmes !
J’ai trouvé dans l’évangile un texte qui me semble nous convenir nous qui en
voulons aux enfants prodiges de Ghriss qui ont oublié leur contrée de
naissance.
comme l’a dit le père à son fils aîné dans l’évangile, Ghriss nous dira : «… vos
frères que voilà, étaient morts, et il sont revenus à la vie ; ils étaient perdus , et
il sont retrouvés »

[Jésus] leur dit encore : " Un homme avait deux fils, dont le plus jeune dit à
son père : "Mon père, donne-moi la part du bien qui me doit échoir." Ainsi, le
père leur partagea son bien. Et peu de temps après, ce plus jeune fils ayant
tout amassé, s'en alla dehors dans un pays éloigné, et il y dissipa son bien en
vivant dans la débauche. Après qu'il eut tout dépensé, il survint une grande
famine en ce pays-là ; et il commença à être dans l'indigence. Alors il s'en alla,
et se mit au service d'un des habitants de ce pays-là, qui l'envoya dans ses
possessions pour paître les pourceaux. Et il eût bien voulu se rassasier des
carouges que les pourceaux mangeaient ; mais personne ne lui en donnait.
Etant donc rentré en lui-même, il dit : Combien ya-t-il de gens aux gages de
mon père, qui ont du pain en abondance ; et moi je meurs de faim ! Je me
lèverai, et m'en irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le
ciel et contre toi, et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi
comme l'un de tes domestiques. Il partit donc, et vint vers son père. Et comme
il était encore loin, son père le vit, et fut touché de compassion ; et courant à
lui, il se jeta à son cou et le baisa. Et son fils lui dit : "Mon père, j'ai péché
contre le ciel et contre toi, et je ne suis plus digne d'être appelé ton fils". Mais
le père dit à ses serviteurs : "Apportez la plus belle robe et l'en revêtez ; et
mettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux pieds ; et amenez un veau
gras et le tuez ; mangeons et réjouissons-nous ; parce que mon fils que voici
était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, mais il est retrouvé.
Et ils commencèrent à se réjouir. Cependant son fils aîné, qui était à la
campagne revint ; et comme il approchait de la maison, il entendit les chants et
les danses. Et il appela un des serviteurs, à qui il demanda ce que c'était. Et le
serviteur lui dit : "Ton frère est de retour et ton père a tué un veau gras, parce
qu'il l'a recouvré en bonne santé". Mais il se mit en colère, et ne voulut point
entrer. Son père donc sortit, et le pria d'entrer. Mais il répondit à son père :
"Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais contrevenu à ton
commandement, et tu ne m'as jamais donné un chevreau pour me réjouir avec
mes amis. Mais quand ton fils que voici, qui a mangé tout son bien avec des
femmes débauchées, est revenu, tu as fait tuer un veau gras pour lui". Et son
père lui dit : "Mon fils, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi. Mais
il fallait bien faire un festin et se réjouir, parce que ton frère que voilà, était
mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu , et il est retrouvé" Évangile selon
Saint Luc, 15

Faut-il encore que ces enfants de Ghriss soient pris par le remord et reviennent
vers leur père, qui n’est autre que leur bled.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 17 mai 2008


DES REFORMES A ENTREPRENDRE
Nous savons tous que les deux leviers qui ont un impact direct sur les
résultats d’une entreprise et sur lesquels on intervient en cas de récession
sont ses recettes et ses dépenses (charges).
La combinaison de ces deux critères par leur amélioration ou leur aggravation
ou l’amélioration de l’un et l’aggravation de l’autre déterminent l’importance du
résultat final de votre entreprise.
Bien sûr que pour chaque activité des ratios standard qui servent de balises et
de repères pour ne pas dépasser les lignes rouges sont mis en place, mais une
certaine liberté d’action est laissée au management pour combiner entre
l‘amélioration de ses recettes, et l’optimisation de ses charges afin de réaliser
le meilleur résultat possible.
Il va sans dire que l’amélioration de ses recette est soumise à des contraintes
de coût et de prix et non à augmenter comme on le désire son prix de vente.
Comme l’optimisation de ces charges ne signifie pas de réduire ses effectifs ni
de mal payer ses employés. Elle concerne d’autres domaines aussi importants
que ceux que j’ai cité comme par exemple :
L’acquisition des matières premières aux meilleurs prix
La bonne gestion des stocks
Le rationalisation des dépenses énergétiques
Etc.
Un bon management est celui qui arrive à améliorer le résultat net de son
entreprise par un gain de productivité mais aussi avec une bonne optimisation
de ses dépenses !
Voilà pour l’introduction. Dans les faits et sans user de la langue de bois, Je
dirais que nos administration sont loin d’être dans cet esprit, même si pour les
administrations le terme recette n’est pas adéquat et que le critère qu’il
faudrait utiliser est « service rendu à la population ou à la communauté ».
Pour Goulmima, Si j’exclue la sécurité, l’enseignement et la santé, l’apport
pour les populations et pour la communauté de certaine administrations est
nul !
Et alors, me diriez-vous ?
Si en face de ce nul, nous n’avions pas des dépenses et des charges en
salaires en carburants en frais de gestion, je vous dirais qu’il n’y a rien de
dérangeant ; Mais que ça soit le contribuable, c’est à dire vous et moi qui
supportons ces charges et que dans la colonne du bilan qui fait face aux
dépense, je n’ai rien, là je ne suis pas d’accord et je dis Non !
Désormais, il est tant de mettre un terme à cette gestion approximative des
affaires de l’état.
Tout doit être géré en professionnel et en bon père de famille et chaque dirham
qui est dépensé doit être justifié.
Je dirais même qu’il faut qu’on arrive à transformer dans notre quotidien
chaque dépense en investissement.
Nous qui sommes employés ou fonctionnaire, nous connaissons le poids des
impôts dont nous sommes assujettis et qui sont prélevés chaque mois de nos
salaires. Ces impôts qui sont une composante importante des recettes de
l’Etat.
Nous savons également que l’amélioration de notre pouvoir d’achat peut se
faire par l’allègement de ces impôts que nous payons. Doit-on continuer à
payer et entretenir ces administrations dont le bilan n’est constitué que de
charges ?
Je m’arrête là car je vois rougir les yeux de mon ami Assou, qui a envie de me
dire : Dou Awite g’Ighf nk a 3li !

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 10 mai 2008


UNE VISITE TANT SOUHAITEE
Dans nos campagnes, en dehors des grandes agglomérations, notre
administration semble être atteinte d’une paralysie généralisée. Les
responsables des divers départements donnent l’impression de laisser le
temps au temps et attendent que passent les quatre années dans les localités
de leurs lieux de travail pour espérer se voir affectés ailleurs et recommencer
l'attente.
Si effectivement ces changements d’affectations après quatre années de
service dans une localité ont leurs avantages et évitent que se nouent des
relations de copinage entre certains responsables et les patrons des
entreprises qui opèrent dans leurs circonscriptions, ils ont le désavantage de
ne pas laisser le temps nécessaire aux responsables départementaux pour
planifier et mettre en exécution leurs projets et ainsi les responsabiliser du
début jusqu’à la fin de la bonne exécution et du respect des normes de qualité
de leurs ouvrages, ce qui permettra par la suite d’évaluer le travail effectué et
de demander des explications et surtout de punir en cas de constatation d’un
quelconque manquement à la règle ou à la déontologie de la profession.
Que de chantiers ont été mal entrepris et mal exécutés et lorsque quelques
mois après on se rend compte de ces manquements et qu’on demande qui
était responsable de l’exécution ou de la supervision de ces travaux, on nous
dit c’est un tel qui a été muté entre temps loin de l’endroit de son « forfait ».
S’il était encore là au moins pour voir « Lfdihte nss ! » le résultat de son
mauvais travail pour ne pas dire autre chose !

Il fut un temps ou la mutation d’un responsable est vue comme une sanction
qui est conséquente à l’insatisfaction de sa hiérarchie dans l’exercice de sa
fonction.
Des fois même c’étaient les populations qui demandaient qu’un responsable
soit relevé de ses fonctions ou muté quand elle constatent que les choses
n’évoluent pas dans leurs villages.
Me vint en tête, cette histoire arrivée dans un village du Haut Atlas oriental,
chez les Ait Hlidou pour les citer.
Les habitants de ce petit village du Haut Atlas avaient constaté que leur localité
n’a vu aucune amélioration après une douzaine d’années de fonction de leur
caïd.
Un jour ils décidèrent d’aller voir le gouverneur à Errachidia et lui dirent :
Monsieur le gouverneur de Sa Majesté, le caïd que vous nous avez affecté est
chez nous depuis douze ans, si il est performant il faut que d’autres villages
aussi profitent de son efficacité car chez nous, en douze ans, il avait tout le
temps pour finir ce qu’il a entrepris!
Si au contraire il ne l ’est pas, est-ce que nous sommes les seuls a être
victimes de son laxisme et son inefficacité ?
Je garderais pour moi la suite réservée à cette doléance des Ait Hlidou.

Dans l’incapacité de trouver des stimuli pour que tous ceux dont le
développement de notre région fait partie de leurs missions et de leurs charges
de travail se mettent au boulot, tout ce que je souhaite, c’est que notre
souverain honore notre région par sa visite.
Une visite tant attendue par les populations qui, certainement, à l’instar de ce
qui est fait dans la province de khénifra et bien dans d'autres, lancera la mise à
niveau des infrastructures qui permettront à notre région d’entamer son
développement socio-économique.
C'est un voeu que je formule et je garde l'espoir de le voir se réaliser.

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 10 mai 2008


JUSQU’OÙ IRA L’ARNAQUE ?
Depuis l’existence de l’homme, l’eau a toujours constitué un bien appartenant
à toute l’humanité.
Certes, son utilisation dans le domaine agricole est réglementé dans certaines
contrées mais elle n’a jamais fait l’objet de restrictions quand il s’agit d’une
utilisation pour faire sa cuisine, laver son linge ou tout simplement se
désaltérer.
Dans nos villages des fontaines coulent sans interruption, permettant à la
population de s’approvisionner pour leurs utilisations ménagères et pour
assouvir la soif du visiteur et du voyageur.
La modernité est arrivée avec son lot de petits avantages, qui à première vue
facilitent la vie mais dont les énormes méfaits ne se verront qu’à long terme. Je
ne citerais pour exemple que la pollution de l’environnement par des rejets des
eaux usées et non traitées dont les conséquences ne se verront qu'à long
terme.
Mais là n’est pas l’objet de ma chronique. Ce dont je veux parler, c’est cette
nouvelle mode que nous observons dans nos rues, en ces personnes qui se
trimballent, avec une bouteille d’eau dans la main.
Cette eau pompée à partir des sources qui appartiennent à tout le monde qu’on
met en bouteille et qu’on vend aux citoyens à un prix supérieur à celui du lait !
La publicité mensongère du lobbying, qui d’une part est arrivée à faire croire
que cette eau est plus pure et d'autre part, que sa consommation en grande
quantité est bonne pour la santé.
Ce que de nombreux scientifiques et médecins démentent.
Parmi ces bienfaits qu'ils évoquent, je citerai :
- Qu'elle purifie le corps et élimine les toxines.
- Qu'elle rend la peau douce et évite les rides
- Qu'elle fait maigrir
Etc.
En parallèle, ils nous déconseillent l’eau du robinet, en nous laissant entendre
que sa pureté n’est pas garantie ! Ils ne leur reste qu'à nous : Ne buvez que
notre eau, et ne cuisinez qu'avec elle !
Tous ces arguments ne sont que des arguments marketing qui n’ont qu’un
seul objectif, nous faire acheter et nous faire consommer plus d’eau, leur eau
bien évidemment !
C’est sûr qu’il faut boire lorsqu' on fournit des efforts ou quand on transpire
suite à un effort sportif ou tout simplement quand on a soif. Mais ce gaver
d’eau croyant purifier son corps ou garder sa jeunesse, ce n’est
qu’une tromperie qui cache derrière elle des enjeux pécuniaires importants.

Ce qui est inquiétant, c’est le risque de donner par cet exemple l’occasion aux
plus malins que ces malins qui nous vendent de l’eau pour qu’ils nous vendent
de l’air !
On nous dira alors, que l’air que nous respirons est pollué (ce qui n’est pas
faux dans certaines villes) et on nous proposera d’acheter des installations
pour purifier l’air dans nos maisons avant de nous vendre des filtres portables
et des sacs en plastique remplis d’air pur aromatisé à l’orange ou au jasmin !
(Voilà une bonne niche et un potentiel de profit pour notre région, si demain on
commercialisera l’air pur, la vente de l'air de Tamaloute se fera par milliers de
mètres cubes ! Je ferme cette parenthèse humoristique)

Que faut-il faire alors, me diriez-vous ?

 - Il faut que les autorités arrêtent de céder et d'octroyer des licences pour
l'exploitation commerciale des eaux de nos sources. (cas de Ben-Smim) et
déclarent l’eau « bien appartenant à toute l'humanité »

 - Il faut mener une double action de communication; La première en informant
la population que l’excès de la consommation d'eau peut être nuisible pour la
santé et que le corps humain puise ses besoins en eau à travers l'alimentation
quotidienne de chaque personne. Deuxièmement, il faut mener une
sensibilisation de la population pour qu’elle consomme l’eau de robinet et
insister sur sa bonne qualité et sa potabilité.
 - Il faut nettoyer les canaux et les conduites d’eau (seguia) et interdire les
rejets des eaux usées dans tous les cours d’eau.
 - Etc.
Déjà avec ces actions on mettra un terme aux agissements de ceux qui nous
arnaquent doublement:
1°) En nous vendant ce qui nous appartient;
2°) En nous faisant croire que notre corps a besoin qu'on boive beaucoup
d'eau.

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 06-Mai-2008




Si la petite localité de Tarmilat disposait du produit des ventes des eaux de ses
sources, elle aurait construit une autoroute au lieu de cette piste qui n'est
même pas bitumée. Quelle honte !



IMAZIGHEN, SONT-ILS DE MAUVAIS STRATEGES ?
Si l’histoire, le passé et le présent des Imazighen ne laissent de doute quant à
leur courage et à leur opiniâtreté, ils mettent aussi en évidence, pour réaliser
leurs projets ou atteindre leurs objectifs leurs faiblesse et leur médiocrité dans
l’élaboration de bonnes stratégies .
Je ne veux prendre comme exemple que l’échec essuyé dernièrement pour la
création et la reconnaissance par les autorités du parti Amazigh !
La stratégie choisie est loin d'être une approche intelligente. A moins que
l’appellation choisie à ce parti était préméditée pour justement justifier son
interdiction !
La question reste posée ! Sinon pourquoi alors avoir choisi une appellation qui
aux yeux même d’un non juriste n’a aucune chance d’être acceptée ?
C’est tendre sa joue pour être bien giflé, et c’est ce que Abbas et son équipe
ont fait, qui après avoir marqué l'essai en suspendant ce parti, ont transformé
l'essai en faisant prononcer sa dissolution par un tribunal !

Défendre l’Amazighité ne se limite pas dans le choix d’une appellation. On
aurait pu l’appeler Parti du soleil ou Parti de la lumière, qu’importe l’appellation
si on met en évidence dans les articles de ses statuts la place que doit prendre
l’Amazighité dans les rouages de la société marocaine et en incluant dans son
programmes des actions permettant d’atteindre cet objectif.
Essayer de réinventer la roue est bête et n’est qu’une perte de temps ! Mais
inventer une roue en forme de carré est débile ! Car la chute est inéluctable !
Les Fassi, Jdidi, Kadiri, Osmane et qui sont de bons stratèges n’avaient pas
appelé les partis qu’ils avaient créés Parti Fassi, Parti Doukkali, Parti Chaoui
ou Parti de l’Oriental. Tous ces partis avaient choisi des appellations qui
veulent à la fois tout dire et ne rien dire. L’essentiel c’est qu’ils soient crées et
reconnus. Le reste se travaille tranquillement en coulisses loin des regards et
des projecteurs des médias.

Mais doit-on se limiter à ne faire des reproches qu’aux initiateurs de ce projet
de création d’un Parti Amazigh alors que des Imazighen continuent de militer
dans des partis qui ne reconnaissent pas leur identité et leur culture ?
N’est-il pas aussi aberrant de voir des cadres amazighs se targuer d’être parmi
les dirigeants ou dans les conseils régionaux des partis qui refusent que
Tamazight soit reconnue comme langue officielle au même titre que l’Arabe ?

Et pourquoi les « Harakate al Moutaharika » et leurs députés et conseillers
n’ont jamais présenté d’amendements ou de projet de loi ni levé le petit doigt
pour défendre cette langue au parlement ?
Ils font de Tamazight leur cheval de bataille qu’ils oublient dans son l’étable
des mois et des années et ne le sortent de son box que lorsqu’ils se sentent
écartés ou que leurs intérêts sont menacés !

Hier c’étaient nos parents enturbannés qu’ils faisaient venir de la campagne à
Rabat pour impressionner et se faire servir auprès du Makhzen, A défaut de
nous avoir à la place de nos parents, ces arnaqueurs des temps modernes
veulent utiliser notre identité et notre culture comme monnaie de change avec
lui !

C’est vrai que ce n’est pas aux vieux singes qu’on apprend la grimace, mais
personne ne prend plus les grimaces d'un vieux singe au sérieux, car elles ne
font même plus rire !

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 03/05/200


LE SOUS-DEVELOPPEMENT :
C’EST PLUS UN ETAT D’ESPRIT
C'est certain que notre pays a besoin d’une mise à niveau dans presque tous
les domaines y compris dans la façon de penser et dans la manière de gérer de
beaucoup de gens.
Notre pays a connu la semaine passée une grande tragédie qui a coûté la vie à
plus de 55 personnes et par voie de conséquences sera aussi la cause du
désœuvrement de plusieurs familles, Il s’agit comme vous l’avez certainement
deviné de l’incendie qui a ravagé une usine de matelas à Casablanca.
La question que tout un chacun a le droit de se poser comment un incendie
dans une usine peut-il occasionner tant de pertes de vies humaines ?
Y’a-il dans cette usine un système d’alarme pour signaler et déclencher
l’évacuation du personnel des lieux ?
Dispos-t-on de moyens d’extinction de feu à l’intérieur des locaux ?
A-t-on formé le personnel pour l’utilisation des extincteurs et des lances
incendie?
Dispose-t-on d’un piquet de sécurité ou d’une équipe de première intervention
en attendant l’arrivée des pompiers ?
A toutes ces questions la réponse est certainement non ! Car la sécurité des
personnes et des biens n’est que rarement prise en considération par de
nombreux patrons.
Et puis si vous n’avez pas intégré en vous le souci sécuritaire, vous pouvez
vous balader dans des établissements publics ou privés sans que l’existence
ou pas des extincteurs, ni leurs emplacement ou encore moins s’ils sont pleins
ou non n'attire pas votre attention.
Ce que je décris est une triste réalité qui résume notre degré de sensibilisation
à la sécurité contre l’incendie.
C'est vrai que quelques établissements font exception et sont dotées d’équipe
de premières interventions et de moyens efficaces pour lutter contre l’incendie.
Ces établissements ont installé des détecteurs de fumées, des sprinklers et
quelques fois même des réserves d’eau pour faire face à un manque de
pression au niveau des canalisations publiques ! Mais c'est vrai aussi que ces
établissements sont rares ou qu'ils appartiennent à des multinationales.
Je ne citerais pas le nom de l’entreprise à Casablanca où chaque semaine on
simule un incendie et on chronomètre le temps mis par le piquet d’intervention
pour que l’eau jaillisse au bout de la lance d’incendie.
C’est sûr que ces exercices ont un coût, mais ce coût n’est pas à imputer dans
la rubrique des dépenses mais dans celle des investissements.
Que de fois les sapeurs pompiers se sont déplacés après une alarme au feu
pour constater que l’équipe sur place, formée à partir du personnel de
l’entreprise à maîtrisé et éteint l’incendie ; épargnant ainsi aux propriétaires de
l’entreprise et aux ouvriers de connaître des situations difficiles ou des
drames ?
Ce qui m’amène à dire pour conclure, que le PNB du Maroc peut être ce qu’il
veut, le sous-développement restera toujours en nous, tant que certains
patrons continuent à considérer la formation, la sécurité, l’entretien préventif
des machines et des installations comme des dépenses et non pas comme des
investissements.

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 30/04/2008


YOU CAN MAKE A DIFERENCE !
"Vous pouvez faire la différence", voilà un titre qui à première vue parait ne pas
signifier grand-chose ! Et pourtant que de nouveaux produits ont été créés et
que d'améliorations ont été réalisées grâce à ce système qui est d’une grande
simplicité.
Cette méthode inventée par un Président d’une grande multinationale
américaine de produits de grande consommation n’avait qu’un seul objectif,
celui de développer le bisness de son entreprise.
Mais développer un bisness est facile à dire, quant à le faire c’est une autre
paire de manches, car chaque fois on doit apporter des réponses à certaines
questions comme :
Qu’est ce qu’on fait ?
Pourquoi on le fait ?
Comment on le fait ?
Avec qui on le fait ?
A combien on le fait ?
Certains d’entre vous vont se rappeler de la formule des W (dablyou) !
La particularité de ce système qui fait participer tous les employés de
l’entreprise c’est qu’il pose toutes ces questions d’une manière intelligente car
il demande à chaque employé ou à un groupe d’employés de faire une fois par
trimestre une proposition qui leur semble la meilleure pour
Améliorer les conditions de travail
Améliorer la sécurité des biens et du personnel
Améliorer la productivité
Améliorer la qualité des produits

J’ai eu la chance d’être parmi l’équipe chargée de mettre en place et de suivre
ce système dans la filiale marocaine de cette multinationale, et je vous assure,
qu’à chaque trimestre, nous nous trouvons avec des idées émises de petites
gens qui n’ont rien à envier aux trouvailles de grands marketteurs et aux idées
d’ingénieurs en organisation du travail !

J’évoque ce système, qui tout en incitant les gens à créer, a son grand mérite
de faire participer le plus grand nombre de gens et de faire savoir à tout le
personnel les innovations et les améliorations qui sont proposées.

Ce qui m’amène à dire, qui empêche nos élus municipaux, communaux,
parlementaires, ou même les autorités à organiser des rencontres de ce
genre ?
Une rencontre chaque année au niveau de nos communes dans laquelle on
ferait participer toutes les personnes qui ont des choses à proposer pour le
bien de la commune ne peut être qu’une bonne chose.
Les moyens logistiques (salles, chaises etc.) qui font défaut aux associations
ne manquent pas chez nos élus qui en disposent pour d’autres occasions qui
quelques fois n’apportent rien de plus pour leurs communes.

Et puisqu’il ne faut pas se limiter à dire ce qu’il faut faire mais comment le
faire, voici une proposition de rencontre qui pourrait par exemple être initiée
pour Goulmima.

S’y prendre en avance et annoncer la rencontre pour le 3eme et le 4eme jour
après L’Aïd El Kebir (Tafaska) pour que les Ghrissois de la diaspora y
assistent.

Pour le 1er jour, après le mot d’ouverture qui sera prononcé par le président du
conseil municipal ou un des députés, constituer des ateliers de réflexions et de
propositions à qui on demandera de faire des recommandations (se limiter au
maximum à cinq) pour chaque atelier.
Pour la première année, on peut se contenter par exemple des thèmes
suivants :
- Emploi des jeunes et lutte contre le chômage
- Agriculture, son développement et sa mise en valeur
- La santé, la carte d’implantation des dispensaires et le maillage de la région
de Ghriss
- L’enseignement, comment mieux accompagner nos écoliers et nos étudiants
- Le tourisme, quels aménagements pour quel tourisme ?

L’après midi du deuxième jour sera réservée à la présentation des
recommandations par les rapporteurs de chaque atelier et la désignation d’une
commission pour le suivi et la réalisation des recommandations retenues

Lors de la deuxième année avant de former les ateliers de réflexions, faire le
point sur les réalisations des recommandations de l’année passée.

Vous voyez que finalement « you can make a difference « peut bien
devenir « We can make a difference » (nous pouvons faire la différence), si nos
élus avaient voulu tirer profit des idées de ceux qui aimeraient que les choses
changent dans le bon sens pour notre région !

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 25/04/2008


LA CRISE ALIMENTAIRE EST A NOS PORTES !
Sommes-nous pris dans cet engrenage dangereux que connaissent les accros
qui ne peuvent plus se passer du jeu auquel ils se donnent au point de mettre
en danger leur propre existence ?
Nous constatons tous, la flambée qu’enregistrent ces derniers mois les prix
des denrées alimentaires dans presque tous les pays de la planète.
Ces augmentations qui ont dégénéré en révolte des populations qui ont
saccagé des magasins dans certains pays et dans d’autres se sont
transformées en insurrections contre les régimes en place.
Nous commençons à ressentir un peu partout dans le monde la conséquence
de la réduction des surfaces de terres arables qui sont transformées en
quartiers d’habitations, et la réservation de milliers d’hectares de terre
cultivables aux cultures de colza ou de betteraves pour produire de l’éthanol et
d’autres alcools qu'on appelle les biocarburants.
Est-ce que les défenseurs de la nature vont encourager cette démarche pour
produire cette énergie qu’ils qualifient énergie propre au point de mettre en
danger l’existence de millions d’êtres humains?
Les recherches doivent être accentuées sur les énergies renouvelables comme
le solaire, éolien, et hydraulique qui n’occasionnent pas de dégâts collatéraux
et qui n’affectent en rien la vie des population.
Je pense que l’augmentation de la population de notre planète due entre autres
à l’augmentation de l’espérance de vie, doit nous inciter non pas à réduire les
surfaces cultivables mais à mettre en exploitation celles qui sont laissées un
peu partout dans le monde en jachère.
C’est bien de penser à assurer l’alimentation pour nos véhicules et nos engins
mais pas au détriment de notre propre alimentation.
On nous dit que les stock de réserve sont à leur plus bas niveau, va-t-on allez
jusqu'à ne plus pouvoir venir en aide aux pays dont les populations souffrent
de famine ?.
Malheureusement c'est une éventualité si des mesures draconiennes ne sont
pas prises rapidement.
Nous voyons tous chaque jours sous nos yeux les drames que vivent certaines
personnes qui tentent de traverser le Sahara ou l’océan pour fuir le chômage.
Que ne tentera pas demain une population pour fuir la famine ?
Les montagnes, les océans, les murs, les barbelés et même les armes ne
seraient d’aucune utilité contre une population affamée !
Pour revenir à notre pays, je ne comprends pas l’attitude de nos responsables
qui lisent et entendent chaque jours des prévisions alarmantes et des
perspectives qui annoncent pénuries et famines de ne pas accélérer la
politique des barrages afin d’irriguer le plus de surfaces possibles et
d’anticiper sur une crise alimentaire dont les augmentations de prix des
denrées alimentaires ne sont que des prémisse d’une crise majeure !
Voilà, au risque de me voir dire que tout ce que j’écris n’est que baratin, ce qui
n’est pas totalement faux, je ne vais pas m’inspirer de Sidi Abderrahman
Belmajdoub mais d’un des nôtres, feu Addi Foulous que nous prenions pour
un fou quand dans les années soixante il faisait des va et vient dans la
principale rue du ksar en criant :
- L3ajaib Al Mouta3ajiba !
- Alharakate Al Moutaharika !
Il n’avait pas du tout tort feu Addi Foulous, car nous voyons chaque jour que le
bon Dieu fait « L3ajaib Al Mouta3ajiba ». Quant aux "Harakate Al Moutaharika",
nous avons vu tous, comment les "Harakate" d'Ahardane ont bougé et
comment un autre mouvement s’apprête à labourer avec son tracteur les
plaines et les montagnes du pays !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 17/04/2008


L’OTAN D’HIER A AUJOURD’HUI !
En mettant de coté l’Irak et la guerre qui lui est imposée, la Palestine et les
incursions répétitives de l’armée israélienne, la répression chinoise au Tibet, le
trafic de voix aux élections présidentielles au Zimbabwe , la flamme olympique
qui a du mal à traverser certains pays et la mobilisation pour la
libération d'Ingrid Bétancourt, la semaine écoulée reste marquée par le
sommet à Bucarest en Roumanie de l’OTAN qui pour moi demeure l'événement
majeur sur le plan géostratégique.
Et si vous le permettez, je vais jouer au « petit politologue » comme le faisaient
nos parents qui en prenant un bain de soleil à Tamardoulte ou devant la grande
porte du ksar « Imi N’Ighrem » passaient en revue selon leurs connaissances
les évènements qui faisaient l’actualité. Ils faisaient et défaisaient le monde à
leurs manières même si dans leurs bouches Nikolaï Podgorny (Président de l'
ancienne URSS de 1965 à 1977) devient "Bou Tgourine"!
Revenons donc à l'OTAN; Faut-il rappeler que cette alliance atlantique a été
créée pour faire face aux menaces que représentait pour l’Europe occidentale
l’ex URSS. Cette URSS qui par la suite a créé elle aussi un groupement d'états
de l'Europe de l'est (le Pacte de Varsovie) pour contrer l'OTAN. C'était le début
en quelque sorte de l'ère de ce qu'on appelait communément par la suite la
guerre froide.
L’URSS ayant disparue, certains pays qui faisaient partie de cette union
comme l’Ukraine, la Georgie, le Kazakhstan se sont détachés et ont pris leurs
libertés. les autres, les états satellites comme la Pologne, la Hongrie, l’ex
Tchécoslovaquie ont déjà tourné leurs vestes et ont intégré pour certains le
camp occidental, ce qui de facto fait disparaître ce pacte de Varsovie qui aux
yeux du monde justifiait l'existence de l'OTAN.
Ce qui surprend encore plus, c’est d’une part l’invitation faite à Poutine pour
assister à ce sommet et la réintégration de la France au commandement unifié
de l’Otan qu’elle avait quitté au temps du général De Gaule.
Quelle interprétation faut-il donner à toutes ces manœuvres qui à l’image d’un
iceberg ne font apparaître que la partie infime de ce qu’elles représentent ?
Je pense personnellement que le blocage de l’adhésion au sein de l’alliance de
la Géorgie et de l'Ukraine, ainsi que le rejet de la Russie du déploiement d’un
bouclier antimissile américain en République Tchèque et en Pologne ne sont
des leurres comme l’est la lutte contre l’intégrisme en Afghanistan.
La vraie menace à mon avis se situe ailleurs. La Russie finira dans un court ou
moyen terme par intégrer elle aussi l’OTAN mais après que tous les autres
pays d’Europe l’aient fait pour faire face au réveil du géant de l'Asie: La chine
L’heure de la prédiction d’Alain Peyrefitte « Quand la chine s ‘éveillera, le
monde tremblera » est arrivée. La chine s'est éveillée et le monde commence à
trembler !
Les besoins énergétiques de cette grande puissance sont énormes et le seront
encore plus dans les prochaines années. Le motif de la « défense des intérêts
stratégiques du pays » évoqué par les pays européens et les USA à chaque
fois pour justifier leurs interventions en dehors de leurs frontières, sera utilisé
par la Chine pour être plus active dans les pays qui détiennent les matières
premières dont elle aura besoin.
Ce qui se dessine en perspective ne doit pas rassurer plusieurs pays. La
question que doivent se poser certaines nations qui disposent de matières
premières sans avoir les moyens de les défendre, c’est à quelle sauce vont-
elles être mangées?
Une sauce béchamel à l'occidentale ou une sauce chinoise aux prunes douce
au palais et piquante pour la suite ?
Vu ce qui se dessine et ce que les nations expansionnistes nous préparent, je
dirais que finalement ne pas disposer de pétrole ne serait pas une mauvaise
chose. A Ghriss, Il nous faut juste notre barrage d'Amssed pour assurer
l'irrigation de nos champs et notre autosuffisance alimentaire et « baraka » !
C’est ce qu’auraient certainement dit les chroniqueurs de Tamardoulte et
d’Immi n’Ighrem de jadis !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 12/04/2008


LE DAHIR BERBERE : UN VRAI FAUX MENSONGE !
Voila le dahir Berbère qui renaît de ses cendres comme un phénix !
On dit que les vérités finissent toujours par apparaître. Même si ce qui est fait
entre temps est fait et qu’ on ne rattrape jamais le temps perdu même on
corrigeant les mauvaises interprétations qui ont été faites!
Un mensonge « blanc » qui n’est dit que dans l’intérêt de bien faire n’est pas
considéré comme un vrai mensonge au vrai sens du mot. Faut-il encore
rappeler que ce faux mensonge doit être corrigé et rectifié dès que le but pour
lequel il a été dit est atteint.
Et c’est justement cet oubli qui n’a jamais été fait pour le Dahir Berbère.
Lors du protectorat, le principal objectif pour tous les marocains était de
rejeter bon ou mauvais tout ce qui venait des autorités coloniales. Et même si
ce Dahir répondait aux attentes des populations Amazigh, car il ne faisait que
reprendre « Azerf » (droit coutumier), il fût rejeté prenant comme prétexte qu’il
avait pour but de diviser les populations du pays.
Ce comportement me rappelle ce qu’on avait dit aux français lorsqu’ils nous
avaient proposé de définir nos frontières avec l’Algérie voisine toujours sous
occupation française.
- Commencez par libérer l’Algérie sœur, après ça sera entre les deux peuples
frères de s’arranger nous leur avions dit !
L’histoire nous a démontré que nous avions fait une erreur d’appréciation et
que cette erreur continue de nous coûter cher à nos jours!
Pour le dahir berbère c’est un peu la même chose. Tout le peuple marocain
l’avait rejeté parce que ce qui était prioritaire était l’indépendance du Maroc et
tout ce qui pouvait affaiblir ou fragiliser les autorités françaises était bon !
Donc Azerf, l’3orf, le droit coutumier et toutes les lois communautaires
n’étaient pas prioritaires, on les réglera entre nous sans l’implication des
autorités coloniales avaient même cru ceux qui tenaient à l’application de ces
lois coutumières.
Un demi-siècle après l’indépendance de notre pays, doit-on continuer à
entretenir ce « blanc » mensonge et dire que le droit coutumier n’avait comme
but que de diviser les populations?
Bien sûr que non !
Même si dire Non ou oui sans qu’une analyse objective soit faite auparavant ne
semble pas être une approche juste et raisonnable.
Ce qu’il faudrait peut être faire pour éviter de parler d’un sujet aussi sensible et
qui certainement fera encore couler beaucoup d’encre, c’est de le publier, de
l’étudier, de le discuter tranquillement sans avoir déjà pris une position qui ne
se base que sur sa sensibilité à l’égard de la question Amazigh.
Cette méthodologie ou cette approche n’a pas été utilisée à ce jour de peur
peut être comme le disent certains qu’on se rende compte qu’Azerf ne faisait
qu’aller dans le sens du renforcement et de la défense des droits de l’homme !
Aussi dois-je penser, que des lois spécifiques qui régissent les droits et les
obligations ainsi que les problèmes communs d’une communauté ou d’une
tribu restent nécessaires surtout lorsque la loi n’est pas formelle ou manque
de précisions dans le domaine.
A titre d’exemple je ne prendrais que le cas de chez-nous à Ghriss où la date
de la cueillette des dattes ou des olives sont déterminées par « Amghar » de la
tribu. Et que même s’il s’agit de vos palmiers ou de vos oliviers, vous n’avez
pas le droit d’en jouir à votre guise !
Je ne sais pas ce que dira un juge à qui on présentera une personne qui a
cueilli les dattes du palmier de son champ avant terme, et si dans la loi actuelle
il y a une « mistara » qu’on peut appliquer pour condamner une personne pour
avoir profité de ce qui lui appartient !
N’étant pas juriste, je laisse le soin aux plus compétents en la matière pour
nous éclairer et nous dire avec plus de précision les points communs ou les
points qui différencient le dahir berbère d’Azerf et de Ta3quite.
S’agit-il d’un vrai faux mensonge comme je le pense ? Je vous propose de
débattre dans notre forum de ce dahir « li 3aoud Dhar » et de consulter ses
articles ci-après.

Ainsi va Ghriss
                                                            Agadir le 05/04/2008


LE DAHIR BERBERE
Louange à Dieu,
Que l’on sache par la présente, que notre Majesté Chérifienne, Considérant que
le dahir de notre Auguste père, S.M. le Sultan Moulay Youssef, en date du 11
septembre 1914 a prescrit dans l’intérêt du bien de nos sujets et de la
tranquillité de l’Etat de respecter le statut coutumier des tributs berbères
pacifiées..., qu’il devient opportun de préciser aujourd’hui les conditions
particulières dans les quelles la justice sera rendue dans les mêmes tribus:
A décrété ce qui suit :

Art. 1 - Dans les tribus de Notre Empire reconnues comme étant de coutume
berbère, la répression des infractions commises par les sujets marocains (1)
qui serait de la compétence des Caïds dans les autres parties de l’Empire, est
de la compétence des chefs de tribus.
Pour les autres infractions, la compétence et la répression sont réglées par les
articles 4 et 6 du présent dahir.

Art. 2 - Sous réserve des règles de compétence qui régissent les tribunaux
français de Notre Empire, les actions civiles ou commerciales, mobilières ou
immobilières sont jugées, en premier ou dernier ressort, suivant le taux qui
sera fixé par arrêté viziriels, par les juridictions spéciales appelées tribunaux
coutumiers. Ces tribunaux sont également compétents en tout matière de
statut personnel ou successoral. Ils appliquent, dans les cas, la coutume
locale.

Art. 3 - L’appel des jugements rendus par les tribunaux coutumiers, dans les
cas où il serait recevable, est portée devant les juridictions appelées tribunaux
d’appel coutumiers.

Art. 4 - En matière pénal, ces tribunaux d’appel sont également compétents, en
premier et dernier ressort, pour la répression des infractions prévues à l’alinéa
2 de l’article premier ci-dessus, et en outre de toutes les infractions commises
par des membres des tribunaux coutumiers dont la compétence normale est
attribuée au chef de la tribu.

Art. 5 - Auprès de chaque tribunal coutumier de première instance ou d’appel
est placé un commissaire du Gouvernement, délégué par l’autorité régionale
de contrôle de laquelle il dépend. Prés de chacune de ces juridictions est
également placé un secrétaire-greffier, lequel remplit en outre les fonctions de
notaire.

Art. 6 - Les juridictions françaises statuant en matière pénale suivant les règles
qui leur sont propres, sont compétentes pour la répression des crimes commis
en pays berbère quelle que soit la condition de l’auteur du crime (2). Dans ces
cas est applicable le dahir du 12 août 1913 (9 ramadan 1331) sur la procédure
criminelle.

Art. 7 - Les actions immobilières auxquelles seraient parties, soit comme
demandeur, soit comme défendeur, des ressortissants des juridictions
françaises, sont de la compétence de ces juridictions.

Art. 8 - Toutes les règles d’organisations, de composition et de fonctionnement
des tribunaux coutumiers seront fixés par arrêtés viziriels successifs, selon les
cas et suivants les besoins.

Fait à Rabat, le 17 Hijja 1348 (16 mai 1930) vu pour promulgation et mise à
exécution : Rabat, le 23 mai 1930.
Le commissaire Résident général, LUCIEN SAINT.

(1) : Preuve irréfutable que le dahir s'appliquait sans discrimination à tous les
citoyens marocains et qu'il avait une compétence territorial et non ethnique.

(2) : Le législateur avait tenu, pour éviter d'éventuelles contestations
judiciaires sur la compétence des tribunaux français en la matière, à préciser
que ces juridictions étaient compétentes quel que fût le régime juridique de
l'auteur du crime (Orf ou Chraâ), ou leur appartenance ethnique ou religieuse.
Source: Amazighworld



INTERVIEW L'intégralité de l'interview parue dans l'opinion du jeudi 27/03/08
Une année après la remise par le Président de l’Association Arraw N’Ghriss à
l’ex- Premier ministre, Driss Jettou, d’une pétition pour la construction d’un
barrage sur Oued Ghriss, nous avons rencontré Mr Ali Ouidani Président de
ladite Association pour faire le point sur ce sujet et sur les événements que la
région du SUD-EST a connus ces derniers temps.

Q. : Tout d’abord, que signifie Arraw N’Ghriss ??
R. : Ca ne signifie rien d’autre qu’ « Enfants de Ghriss », en Tamazight.?

Q. : Où en est l’Association Arraw N’Ghriss que vous présidez ?
R. : Elle entame sa troisième année d’existence avec à son actif
     L’organisation de Trois opérations « Cartable pour chaque écolier »,
     Une assistance permanente aux malades nécessiteux pour l’achat de
        médicaments
     Une participation au parrainage d’une étudiante qui poursuit ses études
        de médecine
     Le projet de construction de Tadarte N’Tmahdarte à Tadighouste
    Le projet de création d’une bibliothèque itinérante au profit des élèves
     des écoles enclavées
    La signature d’une pétition pour la construction du Barrage d’Amssed

Q. : Alors, justement pour le barrage, où en êtes-vous
R. : Une pétition signée par un peu de 5000 personnes a été remise par mes
soins au secrétariat de l’ex- Premier ministre, Driss Jettou, et des copies ont
été adressées au Wali et au Président de la région de Meknès Tafilalet ainsi
qu’au gouverneur d’Errachidia. Nous avons aussi utilisé les médias (Radio et
Presse) pour faire passer nos doléances.

Q. : Et quels sont les résultats obtenus suite à toutes ces actions ?.
R. : Rien à ce jour. Et c’est ce qui nous fait mal. Il n’y a pas plus méprisant que
l’indifférence ! Mais il y a tout de même un aspect positif qui est le fait que tous
les habitants de la région sont conscients de la nécessité de la construction du
barrage.

Q. : Et qu’elle est la prochaine étape ?
R. : Nous allons nous concerter pour arrêter les actions à entreprendre. Soyez
sûr que le barrage reste notre préoccupation jusqu’à sa construction

Q. : Avez-vous d’autres projets ?
R. : Bien sûr,
     L’opération cartables pour la prochaine rentrée scolaire est en
       préparation. Cette année elle concernera les écoliers de Goulmima
       centre, d’Ighrem, de Waqqa et de Tilouine.
     Nous tenons toujours à la réalisation de Tadarte N’Tmahdarte à
       Tadighouste qui permettra aux filles rurales de poursuivre leurs études
       au-delà de la 6eme année du primaire.
     Nous travaillons sur la création d’une bibliothèque itinérante pour les
       élèves des écoles enclavées,
     Nous avons en projet la création d’un dispensaire « nomade » pour
       soigner mais surtout apprendre aux femmes nomades l’hygiène sanitaire
       ainsi que les premières règles de la Protection Maternelle et de l’Infantile
       (PMI) .
     Nous avons en projet l’organisation d’un festival culturel « Ihidass
       N’Ghriss » à Goulmima, il ne nous manque que l’accord des élus et des
       autorités pour un soutien logistique et organisationnel.


Q. : En quoi consiste ce festival ?
R. : Ce festival permettra de sauvegarder notre patrimoine culturel, et de faire
connaître la richesse culturelle de notre région. Vous savez contrairement à
certaines régions dont les habitants sont issus de la même tribu, la région de
Ghriss est culturellement plus riche par la diversité des tribus qui composent
sa population. Vous avez les Ait Morghade, Iqqabliyen, Ait Atta, Ait Hlidou,
Chorfa, Igouramne, Issamkhane et Arab Sbah

Q. : Vous avez une tribu arabe à Ghriss ?
R. : bien sûr, et nous en sommes fiers car même si nos Arab Sbah ne sont pas
aussi riches que leurs cousins du Kuweit, ils sont fiers de leur appartenance à
Ghriss

Q. : Est-ce qu’on peut traiter le domaine politique aussi ?
R. : Pourquoi pas. Seulement je précise que ce que je vais déclarer n’engage
que ma personne et non l’association que je préside.

Q. : Que pensez-vous des évènements que le Sud-Est a connu ces derniers
mois ?
R. : Ce qui est arrivé n’est que les prémisses de ce qui risque d’arriver dans
toutes les localités de la région si on n’anticipe pas pour trouver les solutions
aux problèmes qui touchent les habitants de la région.

Q. : Quels sont justement ces problèmes ?
R. : Je commencerai par le chômage qui touche, les jeunes et particulièrement
ceux qui ont terminé leurs études universitaires. Vous savez que lorsque l’Etat
avait décidé la construction d’une faculté à Errachidia, tout le monde a
applaudit, car on pensait aussi qu’un accompagnement par un développement
économique de la région allait se faire qui permettrait aux étudiants terminant
leurs cursus universitaires de trouver un emploi. Malheureusement rien n’est
fait dans ce sens. Après leurs études, nos lauréats ne trouvent pas
d’embauches. Même l’administration qui était un dernier recours pour eux
n’est plus preneuse ! Donc au mécontentement de tous ces jeunes vient
s’ajouter celui des parents qui ont fait tant de sacrifices et qui comptaient sur
l’emploi de leurs enfants pour les sortir de la précarité dans laquelle ils vivent.

- Vient ensuite la marginalisation dont fait l’objet la région. Les gens constatent
via la télévision ce qui se fait dans d’autres régions et se demandent pourquoi
oublie-t-on cette région du Sud-Est ? A titre de comparaison, en ville on est
mécontent parce que quelques lampes manquent dans une rue, dans nos
campagnes on manque de vaccins parce qu’on n’a pas d’électricité pour faire
marcher des frigos dans les dispensaires quand ces derniers existent. En ville,
les gens protestent lorsqu’une rue est coupée pendant deux heures pour une
forte chute de pluie. Dans nos localités de montagnes les pistes cahoteuses
sont coupées durant des jours et on attend que la neige fonde tranquillement
sous l’effet du soleil.

Q. : D’après vous quels sont les raisons de cette marginalisation à laquelle
vous faite allusion ?
R. : Beaucoup pensent, que c’est une conséquence des événements que
Goulmima a connus en 1973; mais ils oublient que l’officier qui commandait les
troupes qui avaient mâté la rébellion était de Goulmima et que cet officier avait
reçu une rafale de mitraillette qui l’avait gravement blessé !

Q. : Est-ce que la question Amazigh n’est pas pour quelque chose aussi ?
R. : Si elle est pour quelque chose c’est parce qu’on veut qu’elle y soit !

Q. : Comment ça ?
R. : L'Amazighité comme l’Arabité appartiennent à tous les marocains et ne
peuvent apporter que fierté et richesse culturelle à notre pays. Les gens qui
interdisent les prénoms Amazigh ou qui essaient de traduire les noms
amazighs des villes ou des localités sont dans leur tort. Je dirais même qu’ils
n’ont pas compris le signal fort que notre auguste Roi leur a donné en
baptisant des nouvelles villes en construction par des noms Amazigh
(Tamansourte à Marrakech, Tamesna à Rabat et Tagadirte à Agadir) Je vais
vous dire une réalité il y a quelques années cette appartenance ethnique ne
posait aucun problème au Maroc. On trouvait des Arabes et des Chorfas
berbèrisés (cas des Belghitti à Ghriss), mais aussi des berbères arabisés (les
Znatas et d’autres) en plus du bilinguisme de plusieurs autres tribus.

Q. : Et pourquoi ce bilinguisme n’est-il pas généralisé ?
R. : Ce que je peux vous dire c’est que ce sont les berbères qui apprennent
l’arabe, la réciprocité n’est pas toujours de mise!

Q. : Peut être que c’est difficile d’Apprendre Tamazighte ?
R: Non, c’est la volonté qui fait défaut. J’étais l’année passée à Imilchil pendant
le moussem de Sidi Ahmed Oulmghenni (fête des fiançailles), vous savez, j’ai
trouvé deux filles aux yeux bleus donner des leçons d’éducation sanitaire en
Tamazighte aux femmes d’Imilchil. Quand j’ai demandé de quelles villes du
Maroc elles sont originaires, on m’a répondu qu’elles sont américaines et
qu’elles ne sont dans la région que depuis une année ! Je connais aussi des
marocains qui ont occupé durant plusieurs années des postes importants dans
l’administration dans des régions Amazighophones sans fournir d’effort pour
apprendre leur langue. Je dis leur langue parce qu’en tant que marocain
Tamazight leur appartient aussi.

Q. : Et comment ils communiquaient avec les populations ?
R. : Imaginez toutes les incompréhensions qui peuvent résulter de ce fait !
combien de fois on a fait appel au chaouch pour traduire les dires d’un
Amazigh au juge qui est appelé à prononcer un jugement ! Bonjour les erreurs
judiciaires ! Je précise tout de même que ce problème de langue existe dans
toutes tes régions du Maroc et non seulement à Ghriss

Q. : Et L’IRCAM qu’est-ce que vous en pensez ?
R. : C’est une bonne chose qu’il soit créé, Je ne connais pas les missions qui
lui sont confiées, mais personnellement je reste sur ma faim quant à ce qu’il
fait et ce qu’il peut faire.

Q. : Peux-tu mieux t’expliquer ?
R : Je pense que l’IRCAM qui est tout de même un institut créé par la Plus
Haute Autorité du pays ne doit pas se contenter jouer des petits rôles. Il doit
s’élever et travailler plus sur la stratégie de développement et de la sauvegarde
de la langue et de la culture Amazigh. Ce n’est pas son rôle à mon humble avis
de former les enseignants de Tamazight. Les enseignants de la langue doivent
être formés par l’éducation nationale comme le sont les enseignants de l’arabe,
de français ou de l’anglais. Même chose pour la future TV amazigh, l’IRCAM,
peut faire des recommandations des propositions mais c’est au ministère de
tutelle de prendre la formation et d’établir les programmes de cette chaîne.
L’IRCAM est un Institut qui appartient à tous les marocains et ne doit pas se
considérer comme chargé uniquement de la « chose Amazigh» avec un petit A

Q : Il apporte tout de même une aide importante aux diverses associations
pour l’organisation des manifestations culturelles ?
R. : Peut être, même si notre association n’a pas reçu un seul dirham de leur
part !

Q. : avez-vous sollicité les responsables de l’institut ?
R. : A vrai dire non, mais je pense que c’est aussi à eux de se déplacer et de
voir ce qui se fait sur le terrain et de s’assurer de la crédibilité des associations
à qui ils accordent des subventions. Mais bon ce n’est pas important, nous
travaillons avec nos moyens de bord.

Q. : Vous avez quelque chose à ajouter sur la culture Amazigh ?
R. : De quoi écrire des pages. Mais je me contenterai de vous dire que c’est la
même chose que pour l’enseignement. Il faut que le patrimoine culturel
Amazigh soit pris en charge par le ministère de la culture. On devrait même
créer un département ou une direction chargée de la culture Amazigh pour
rattraper tout le retard cumulé depuis plusieurs années. Il faut absolument
arrêter de cantonner toute la culture amazighe dans son folklore même si nous
en sommes fiers

Q. : Et les artistes Amazigh, sont-ils un peu aidés ?
R: Vous voulez certainement parler des poètes et chanteurs ? Les artistes
peintres amazighs sont aussi nombreux et je peux vous en citer des femmes et
des hommes qui sont reconnus aussi bien au Maroc qu’à l’étranger pour leurs
créativités,

Q. : Oui vous avez raison, je pensais aux artistes chanteurs.
R. : Pour répondre à votre question je ne prendrais simplement comme
exemple de ce que vivent les artistes amazigh que deux cas. Le premier est
celui de Mohamed Rouicha et Najate Attabou et le deuxième cas est celui de
Lghazi Bnaceur.
Pour le cas de Rouicha et Attabou, voilà deux artistes qui écrivent les paroles
de leurs chansons, qui les composent qui les mettent en musique et qui jouent,
pour le cas de Rouicha d’un instrument musical ! Qu’a-t-on fait pour ces deux
artistes par rapport à certains et certaines qui ne font que prêter leurs voix et
se présenter sur scène avec un décolleté ou une chevelure passée au gel ?
Pour le cas de Lghazi Bnaceur, c’est une honte pour nous tous d’accepter
qu’un artiste de son calibre qui a tant donné à la chanson amazigh et dont les
chants ont bercé notre enfance soit réduit à vivre la précarité qu’il vit à M’rirte !

Q. : Revenons à Ghriss, quels sont les secteurs qui peuvent être développés ?
R. : En premier lieu , l’agriculture Vous vous rendez compte de ce qu’on peut
faire de cette région si on décide de construire des Barrages sur les oued du
versant sud du haut atlas qui sont : le Ghriss, le Ferkla (programmé pour cette
année) le Todgha et le Dadès. Toute la plaine située entre le haut atlas et l’Anti-
Atlas et qui s ‘étend de Boulmane du Dadès à la frontière algérienne, plus
grande que le Tadla sera irriguée et mise en valeur ! C’est la solution pour le
décollage économique de toute cette région du SUD-EST du Maroc.
Vous avez aussi le domaine minier qui peut servir de levier aussi avec
l’implantation sur place de petites unités de transformation de minerais.
Vous avez le tourisme, avec cette spécificité qu’à la région d’offrir aussi bien
un tourisme de montagne et de désert.

Q. : Et les secteurs qui demandent une amélioration ?
R. : Tous, avec une priorité pour la santé et la scolarisation des filles en milieu
rural !

Q. : Votre dernier mot ?
R. : Mon dernier mot n’est pas seulement pour les décideurs mais aussi pour
nos jeunes à qui je dis de ne pas désespérer ni plonger dans l’oisiveté. A nos
cadres et à la diaspora pour soutenir ces jeunes et rester attachés à leur
contrée ; puis aux décideurs pour les inviter à venir nous rendre visite, ils
verront sur le terrain les conditions de vie de ces marocains du SUD-EST !
J’essaie de me rappeler de la dernière visite d’un ministre chez-nous, c’est
tellement loin que je ne m’en souviens pas.
                                                   Interview réalisée par Mohamed RIAL

Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 23/03/2008



LE TAUX DE RETOUR
Lorsqu`on veut faire une évaluation des performances touristiques de notre
pays, on se réfère souvent à certains indicateurs comme le nombre des
arrivées ou de nuitées des touristes ou encore aux taux d`occupation ou de
fréquentation des hôtels, oubliant à mon humble avis le taux de retour qui est
plus signifiant, car il nous renseigne sur le degré de satisfaction de la clientèle.
A ma connaissance ce taux de retour qui nous donne le pourcentage des
touristes qui reviennent au Maroc après un premier séjour n’est que de l’ordre
de 2%. Ce qui est non seulement insuffisant mais peut être un révélateur d’une
éventuelle insatisfaction de la clientèle suite à des non qualités qu’ils auraient
observées durant leurs séjours. Et dans ce chapitre il y a certainement à boire
et à manger, même s`il n`est pas le sujet de la chronique de cette semaine.

Je n’ai utilisé cette introduction que pour servir de transition pour aborder un
autre taux de retour qui me semble inquiétant pour notre pays puisque ce taux
est nous dit-on de l`ordre de 65%. Ce taux est le taux de récidive qui concerne
les prisonniers qui reprennent le chemin des cellules après y avoir déjà
séjourné.
On ne va pas tout de même croire que les prisonniers se plaisent dans leurs
cellules au point ou ils se hâtent à y retourner dés leur libération !
Mais je pense que leur séjour dans ce milieu carcéral d`une part et le manque
d`emplois d`insertion d`autre part sont pour beaucoup dans ce retour aux
prisons.
Je ne cherche pas à traiter les conditions d`incarcération des détenus, ni la
manière dont ils passent leur temps dans leurs cellules, mais je peux avancer
sans trop me tromper qu’on y sort pas comme on y entré ! De nombreuses
personnes qui après un séjour en prison acquièrent d`autres métiers qui ne
vont pas toujours dans le sens souhaité par la communauté ne tardent pas à
mettre en exécution ce qu`il ont appris en prison .
C’est ainsi qu’on peut y entrer pour un petit larcin et en sortir prêt à braquer
une banque !
Certaines filles qui y séjournent après être condamnées pour prostitution en
ressortent sans abandonner la prostitution mais souvent avec en plus le vice
de la cigarette si ce n’est pas de la drogue a laquelle elles deviennent accro !
Certaines prisons au lieu de service de centres de redressement sont
devenues des foyers ou on côtoie toutes sortes de délinquances.
Faut-il alors s`étonner de voir une personne qui vient d`être libérée regagner sa
cellule après quelques jours de liberté ?
La réponse est non, tant que les prisons ne jouent pas leurs rôles punitifs et
mais aussi éducatifs.

Ainsi va Ghriss
                                                        Goulmima le 23/03/2008


LA GRANDE MUETTE
Pour ceux qui ignore la signification du titre de ma chronique, je leur donne
cette définition que j’ai piochée dans le net : « Nom donné à l'armée française
avant 1945, en raison des restrictions apportées par la Loi aux libertés
individuelles des militaires (droit de vote, milieu associatif, écrire, etc. »
Avec le temps l’utilisation de cette appellation est devenue courante pour
désigner une armée.
Mais avant d’entamer ma chronique, je tiens à faire remarquer que mon écrit de
la semaine écoulée qui a traité le problème de la Marge arrière n’a pas fait
l’objet d’aucun commentaire. Est-ce parce que les utilisateurs du net ou les
lecteurs de mes chroniques (s’il y en a) sont moins touchés par la baisse du
pouvoir d’achat pour que cette chronique n’ait soulevé un quelconque intérêt ?
Mais bon, continuons et faisons comme si la compréhension du sujet traité
était totale. Et qu’il ne nécessitait pas de commentaires.
En visitant Casablanca il y’ quelques jours je fus surpris de voir des vendeurs
à la « sauvette » proposer aux automobilistes qui s’arrêtaient devant un feu
rouge des matraques qui n’ont rien à envier aux battes de base-ball.
En réponse à ma question quant à l’utilité de ces matraques le chauffeur de
taxi me répondit que c’est pour se défendre en cas d’agression par des
voyous.
Moi qui ai vécu plus de 30 ans dans cette ville, je fus surpris. Je reconnais que
la ville n’est plus aussi blanche qu’elle l’était avant, mais être touchée à ce
point par l’insécurité, ce fut un vrai choc pour moi.
Faut-il se résigner à ne plus sortir le soir, ou à avoir une matraque sous le
siège de son véhicule pour circuler ?
Bien sûre que non.
L’état doit absolument prendre les mesures qu’il faudrait pour garantir la
sécurité des citoyens.
Et c’est dans ce sens que je me suis dit, si en période de guerre on fait appel
aux partisans et aux civils pour défendre la patrie aux cotés des militaires,
pourquoi ne pas faire appel en période de paix aux militaires pour assurer la
paix des civils ?
Je ne suggère pas de transformer nos militaires en policiers, mais au lieu
de rester cantonnés dans leurs casernes quelques fois à ne rien faire, leurs
présences bien visibles dans nos villes en renfort aux forces de police dans
leurs tâches fera reculer plus d’un voyou qui tenterait de commettre une
agression.
Je suis certain que contre une indemnisation forfaitaire, de nombreux soldats
se porteraient volontaire pour cette opération de maintien d’ordre.
Nous voyons tous le rôle dissuasif que joue en France le plan Vigipirate. Ce
plan qui est un dispositif de sécurité destiné à prévenir les menaces quand il
est déployé réduit considérablement le nombre d’agressions et d’actes de
petites délinquance dans les gares et les bouches de métro.
Je suis certains qu’un déploiement d’un nombre de soldats en renforcement de
la police urbaine ne sera que bénéfique et réduira le nombre d’agressions qui
se déroulent chaque jours dans nos rues et boulevards et dont sont victimes
d’honnêtes citoyens..
Il aura aussi le mérite de donner l’occasion à nos braves soldats qui en temps
de paix peuvent faire valoir leur disposition à œuvrer pour le bien être de leurs
concitoyens !

Hammou qui vient de prendre sa retraite m’a dit qu’il n’avait fait usage de son
arme que durant quelques exercices de tirs. Je lui ai dit que c’est tant mieux
que les vies humaines soient épargnées, mais au fond de moi-même je savais
que ce qu’il voulait me dire n’est autre qu’il pourrait être plus utile à la
communauté

Ainsi va Ghriss
                                                            Agadir le 08/03/2008


LES MARGES ARRIERES
Je ne sais pas si le thème que j’aborde cette semaine dans ma chronique va
intéresser grand monde mais, il aura au moins le mérite de nous détacher
même si ce n’est qu’une semaine des sujets traitant le domaine politique. Je
vais donc laisser la politique aux politiciens et me retourner vers un domaine
qui nous concerne tous puisqu’il affecte nos porte monnaies et notre pouvoir
d’achat.
Sans être un spécialiste de la grande distribution, ma modeste connaissance
dans ce domaine m’amène à réagir, puisqu’elle est liée au pouvoir d’achat qui
fait l’actualité ces derniers jours en France.
Comme on peut tous le constater, la grande distribution est en plein
développement au Maroc. Rien qu’à voir le nombre de grandes surfaces qui
ouvrent chaque année dans nos villes pour se rendre compte que dans
quelques années les épiceries seront réduites à ne servir que d’échoppes de
dépannage ou de proximité.
Où est le mal me diriez vous puisque ces grandes surfaces permettent de
s’approvisionner en produits et articles de tout genre toute en offrant un
espace de parking pour ses clients ?
Je vous répondrais que ça pourrait être mieux, si les intérêts des clients que
nous sommes sont mieux pris en considération. Et qu’on ne leur fasse pas
supporter cette marge arrière que la grande surface se partage avec son
fournisseur.
Qu’est ce que c’est une marge arrière ?
Sans prétendre donner une quelconque leçon à quiconque, je vais remettre ma
casquette d’ex « Sales manager » et je vais essayer d'expliquer comment ça se
passe lors d’une négociation entre un fournisseur et une centrale d’achat
d’une grande surface.
Pour qu’un fournisseur vende ses produits à une grande surface, la centrale
d’achat de cette dernière propose pour ne pas dire oblige le fournisseur à
acheter ses divers produits de publicité qui sont généralement :
- Les PLV (Publicité sur les Points de vente) ;
- Les Insertions dans les catalogues ;
- Les Présentations en tête de gondoles ;
- Les Spots publicitaires en audio dans le magasin. Etc.
Il va s’en dire que le refus du fournisseur d’acheter ces services que lui
propose la grande surface peut se traduire par l’absence de ses produits dans
les rayons de cette grande surface, ce que bien sûr il doit éviter à tout prix.
Donc ce que fait le fournisseur bon gré ou malgré lui, c’est l’achat de ces
services à la grande surface. Inutile de vous préciser que le coût de ces achats
sont ensuite intégrés dans le prix de vente des produits du fournisseur. Ce prix
auquel la grande surface ajoute bien sûr sa marge pour définir son prix de
vente au client !
Et c’est ainsi qu’en fin de compte, c’est le client qui paie un service que la
grande surface vend à son fournisseur !
Je ne vous parle pas des arrangements qui peuvent se faire pour restituer une
partie de cette marge arrière aux fournisseurs (tout ça est traité au cours de la
négociation des prix des produits entre le fournisseur et la centrale d’achat de
la grande surface).
La situation se complique lorsqu’un intermédiaire vient s’intercaler entre le
producteur et la grande surface. Je vais essayer de prendre un exemple
concret pour que la compréhension soit plus aisée.
Un fellah producteur de tomates à qui un intermédiaire achète sa production à
3 Dh/kg ; En intégrant les frais de lavage, de tri et sa marge, le prix peut déjà à
ce niveau arriver à 5 Dh/kg.
A ce prix il faut ajouter justement les frais de cette marge arrière qui peut être
d’1Dh/kg.
Nous arrivons au prix de vente à la grande surface de 6 Dh/kg dont un dirham
lui est restitué.
La grande surface ne tient pas compte de ce dirham qui lui a été restitué et
vend au consommateur le kilo de tomate au prix de 6 Dh/kg majorée de sa
marge bénéficiaire. Si cette marge bénéficiaire n’est que 9%, cela donnera un
prix d’achat pour le consommateur de 6,5 Dh/kg.
Ainsi donc, les deux perdants dans tout ce tralala sont le fellah et le
consommateur, c'est à dire vous et moi.
Le Fellah qui est à la merci des aléas du climat et qui s’est donné de la peine
pour produire sa tomate et la céder même pas à la moitié de son prix de vente
au consommateur.
Et puis le consommateur à qui on fait payer le prix des insertions dans des
catalogues et des annonces publicitaires qu’il n’emmène jamais dans son
panier et qui affecte largement son pouvoir d'achat !
« Chi 3aych b'rzk chi », me disait mon père !

Ainsi va Ghriss
                                                            Agadir le 29/02/2008


LES RACINES DU MAL !
Suite aux événements que notre pays a connu ces derniers temps, avec la
découverte d’armes de guerre et l’implication supposée de personnes
occupant des postes de premiers ordres dans la hiérarchie de certains partis
politiques, tout en me réjouissant que les hommes de la sécurité de notre pays
ont pu découvrir et déjouer les plans de ceux qui planifiaient des actes
terroristes, il me semble qu’il est temps de prendre le taureau par les cornes
quitte à déplaire à certaines personnes.
Prendre le taureau par les cornes pour moi se résume en une seule phrase :
Dissoudre et interdire tout parti politique se référant ou se réclamant d’une
appartenance religieuse ou ethnique.

Ni l’islam, ni le Judaïsme ou le Christianisme ne peuvent être utilisés à des fin
politiques. L’Arabité et l’Amazighité appartiennent à tous les marocains et ne
doivent servir à des partis en manque d’arguments pour attirer plus
d’adhérents.
Cette anarchie vers laquelle certains veulent entraîner notre pays doit être
combattue. Des règles de sécurité et des lignes rouges à ne pas dépasser
doivent être mises en place,
S’arrêter dans un feu rouge même si vous êtes seul à circuler est certes
contraignant, mais il vous met à l’abri d’un éventuel télescopage lorsque la
circulation devient dense !
Notre pays a vécu pacifiquement des siècles avec son islam tolérant et modéré
ainsi qu’avec ses différentes composantes ethniques sans que cela n’ait
jamais posé un quelconque problème.
La diversité qui est une richesse doit nous unir et non nous séparer.

Ce qui se passe dans certains pays même s’il nous affecte, ne doit pas nous
pousser jusqu’à hypothéquer ou mettre en danger la sécurité et la stabilité de
notre pays.
S’il faut aider, commençons par aider les nôtres qui nous sont proches. Les
réfugiés, les nécessiteux, ceux qui manquent de soins de routes pour se
déplacer ne sont qu’à quelques centaines de kilomètres de nos grandes villes
et ceux là qui souffrent en silence et qui n'ont jamais désespéré qu'on leur
vienne en aide, ne demandent pas que leur silence soit rompu par Au lieu de
regarder ce qui se passe au Moyen-Orient et de s'inspirer de ceux qui
s'entretuent pour des idéologies ou pour des appartenances tribales, les
marocains feraient mieux de prendre exemple des européens et plus
particulièrement de nos voisins espagnols et portugais, qui étaient ils y a
quelques décennies au même niveau de développement que nous, mais qui
ont pu attacher leurs pays au train des nations développées.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 23/02/08



L’OPERATION DVD
Comme « Ayouh Annass » ça m’arrive d’essayer à mon niveau, selon mes
capacités intellectuelles qui sont modestes (je vous le concède) de réfléchir
aux problèmes de l’heure, et même de jouer au connaisseur (Fdoli) en
ébauchant des solutions qui me semblent appropriées pour résoudre ces
problèmes.
Le premier problème qui me préoccupe est la marginalisation et l’oubli dont
souffre ma région, cet oubli qui perdure depuis plusieurs décennies et qui
handicape le développement du Ghriss le reléguant parmi les régions les plus
pauvres du Maroc. Ce problème a fait l’objet de plusieurs écrits dans le site
aussi bien de ma part que celle de nombreux Ghrissois.
Le second problème est celui auquel je réserve ma chronique de cette
semaine. Il s’agit du chômage qui touche à quelques exceptions près tous les
jeunes du Maroc même si là aussi, non jeunes sont défavorisés par le manque
d’une offre d’emploi sur place et par l’éloignement de notre région des villes et
des centres à potentiel d'emplois,
Ce chômage qui dure et qui commence à semer chez nos étudiants le doute
quant à leurs capacités et l’utilité des diplômes acquis avec tant de sacrifices.
J’avais cru que l’opération DVD (Départ volontaire Daba) allait dans le sens de
la solution à laquelle j’avais pensée et qui pour moi répondrait à l’attente des
personnes qui sont à la recherche d’un emploi.
Mais hélas, et même si les responsables de la fonction publique sans faire une
vraie post-évaluation de l’opération s’étaient félicités du résultat obtenu en
mettant en exergue l’économie faite au niveau de la masse salariale des
fonctionnaires, je pense qu’ils se sont limités à ne jeter le coup d’œil que du
coté jardin en oubliant de voir ce qui s'est passé coté cour !
Et dans ce coté cour justement, je ne signalerais que ces quelques grandes
ratés qui son :
- Le manque d’enseignants (-2800) dans nos écoles, collèges et lycées,
- Le fonctionnement boiteux de nos hôpitaux par manque de médecins
- Le ralentissement que connaissent nos administrations dans le traitement
des dossiers suite à un manque d’effectif.
Moi je pensais que l’opération allait être mieux menée et qu’elle ne soit pas
seulement une opération win-win mais une opération de « trois fois gagnants »
!
Gagnant pour l’employeur (Etat ou privé), gagnant pour la personne qui part en
DVD et gagnant pour le demandeur d’emploi.
Je m’explique.
Pour que l’opération soit une réussite et réponde en tant que solution au
problème du chômage que connaît notre pays, il fallait que les conditions
suivantes soient observées :
- Que le départ de la personne n’entrave en rien la marche du service ou le
développement de l’entreprise à laquelle elle appartient.
- Que le postulant au départ ait un projet de création d’une activité qui génère
l’emploi d’une personne au moins.
- Que toute personne qui part soit remplacée par un jeune en chômage, Le
saving que fera l’état et l’entreprise ne sera pas négligeable, vu le différentiel
entre le salaire d’un ancien et celui d’un débutant.
Et déjà, rien qu’en se limitant à ces trois conditions nous aurions :
- Permis à des milliers de chômeurs de trouver un emploi suite au
remplacement des partants et à la création des nouveaux postes par les DVD
initiateurs de petits projets.
- De mettre à l’abri nos caisses de retraites qui vont bénéficier des cotisations
des nouvelles recrues, (On n’exclue pas des difficultés de trésorerie à partir de
2011 pour certaines caisses)
- D’accroître le nombre de nos PME et PMI. imaginez le nombre de petites
entreprises qui seront crées par les techniciens les ingénieurs et tous ceux qui
ont une expérience et une expertise dans leur domaine d’activité et qui non
seulement feront travailler d’autres personnes mais contribueront d’une
manière significative aux recettes de l’état par les divers impôts et taxes
qu’elles vont payer.
Je n’exagère pas en disant que l’opération DVD chez nous à augmenté le
nombre de chômeurs au lieu de le réduire. Car qu’est ce qu’il y a de différent
entre un fonctionnaire de chez-nous, âgé de 45 ans qui est en DVD et qui ne
fait rien, avec une personne du même âge en France qui touche ses allocations
de chômage sans rien faire ?
Tous deux: ils chôment !
Pour terminer, je dirais qu’entre ceux qui veulent faire et qui ne trouvent pas
quoi faire (les chômeurs), ceux qui peuvent faire et qui ne veulent plus faire
(les DVD) et ceux qui font tout pour ne rien faire (Fonctionnaires fantômes),
mon pays n’est pas sorti de l’auberge !

Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 16/02/08



MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE MAIS AUSSI EXECUTIVE !
Je pense qu’il n’y a pas plus dangereux que de mettre une arme entre les
mains de quelqu’un qui ne sait pas ou qui risque de mal s'en servir.
Quelques personnes qui regardent plus les chaînes étrangères que locales, et
qui connaissent mieux le quartier latin et les rues de Paris tout en ignorant où
se trouve Krouchen ou Outarbate, se trompent beaucoup lorsqu'ils demandent
que notre monarchie doit être à l’image des monarchies européennes.
Ils oublient ou plutôt font semblant d’oublier le fossé qui sépare le niveau
intellectuel des populations et leur degré d'imprégnation dans le domaine
politique, à moins que le but recherché n'est qu'avoir la possibilité de pêcher
dans une eau trouble.
Le but de tous les partis politiques est le même et cet objectif n'est autre que
celui de s'emparer du pouvoir et de gouverner. Ce qui diffèrent d'un parti à
l'autre, ce sont les méthodes et les chemins choisis pour y parvenir.
Ce n'est pas parce que la personne est élue sur un programme qu'elle avait
présenté à ces électeurs, qu'une fois aux commandes elle applique ou modifie
des lois pour lesquelles elle n'a pas été élue ni fait part à ces électeurs lors de
sa campagne électorale. Malheureusement il arrive souvent que l'élu profite de
sa position pour faire passer certaines décisions qui ne vont pas toujours dans
l'intérêt de la communauté. De tels faits ne peuvent être qualifiés que d'abus de
confiance et de pouvoir.
C'est pour cette raison que je dis que le Maroc qui a la chance d'avoir une
monarchie constitutionnelle et exécutive à la fois a tout intérêt à garder ce
mode de gouvernance qui évite de mettre le destin et le devenir du pays entre
les mains d'un premier ministre issu d’un parti et dont le souci ne serait que
d’appliquer les recommandations issues d’une idéologie qui souvent ne vont
pas dans l’intérêt de la nation.
Pour être plus claire et sans user de la langue de bois, imaginez que le premier
ministre dispose des pouvoirs dont dispose son homologue espagnol dans
une monarchie semblable à celles de nos voisins ibériques ou des belges, je
suis sûr qu’une des premières décisions qu’il prendra sera l’arabisation de
tout, y compris l’enseignement supérieur et le secteur privé. Quitte à mettre en
péril les investissements étrangers et rendre encore plus difficile l'accès de
nos étudiants aux grandes écoles étrangères.
Et là qui dira quoi ? Même en descendant dans la rue, il répliquera qu'il n'a fait
qu'appliquer ce que la loi lui permet.
Dans la même vision, supposons que c’est le PJD qui remporte la mise des
élections et que son patron devienne premier ministre et impose le hijab
partout, interdit les plages aux femmes et ferme les bars et interdit même
Takerfiyte !
On n'aura plus que nos yeux pour pleurer, à moins de tenter de s’embarquer
dans une pattèra pour aller mieux respirer ailleurs !
Ainsi, la chance qu’a notre pays réside justement dans le fait qu’il soit une
monarchie constitutionnelle et en même temps exécutive.
Le roi qui est au-dessus de tous les partis reste garant des libertés de tous les
marocains et du respect des valeurs qui constituent les fondamentaux
intouchables de la nation. Il règne c'est certain, mais il gouverne aussi, même
si c'est à distance et tant mieux.
Avant de penser à donner plus de pouvoirs au premier ministre comme le
demandent certains, attendons qu'il utilise dans le bon sens ceux dont-il
dispose et que lui confère la constitution sans favoritisme, sans copinage et
sans tenir compte de liens de parenté. Vous conviendrez avec moi que ce n'est
pas le cas actuellement chez-nous !
La révision que nous souhaitons et que nous demandons est celle qui
consolidera les valeurs marocaines ou qui en ajoutera d'autres afin de mettre à
l’abri notre pays des manipulateurs aux petits calculs malintentionnés et qui ne
voient en premier que leurs intérêts personnels.
Parmi ces valeurs, qu'il faudrait ajouter à notre constitution je citerais.
- La reconnaissance de l’Amazighité du Maroc et l'adoption de sa langue
comme langue officielle au même titre que l’arabe.
- L’application par les faits et non seulement dans les textes de l’égalité des
droits de la femme et de l’homme.
- La garantie de la liberté du culte. Car si on a accepté que les enfants de
marocaines mariées aux étrangers non musulmans portent la nationalité
marocaine, ce qui est une très bonne chose, il faut qu’Edouard Moha, Rachida
Dupont, Ali Abitbol et tous les autres puissent en toute liberté implorer Dieu et
prier pour les prophètes auxquels ils croient sans qu'ils soient montrés du
doigt ni regardés du coin de l'oeil sous une barbe !

Ceci étant dit, Ali est toujours égal à lui même, loin d'être plus royaliste que le
roi !

Ainsi va Ghriss
                                                                 Agadir le 09/02/08


N’ETAIT-IL PAS LE RUSE DONT ON LE QUALIFIAIT ?
Lundi et mardi passés la chaîne de TV France 2 avait programmé un film sur le
disparition de Mehdi Benbarka. Je m’attendais à ce que ce film tant annoncé
allait apporter quelques éléments de réponses aux nombreuses questions que
les marocains continuent à se poser et qui se rapportent à la disparition du
leader de l’opposition des années soixante. Hélas, rien de nouveau ne fut
apporté en plus de ce que la presse nous a déjà appris, à savoir les rôles
supposés joués par Oufkir et Dlimi. Pour ce dernier, la presse marocaine de
cette semaine n'a pas manqué de rappeler l’anniversaire de l’accident de
circulation, réel ou monté qui lui avait coûté la vie un 25 janvier 1983 à
Marrakech. Mais pour Oufkir son cas reste obscure et continue de m'intriguer
par tant d'incohérences et d'interrogations.
Je commencerais par dire que ce qui va suivre, il y a quelques années je
n’aurais même pas osé en parler à moi-même de peur d’être entendu par les
murs et emprisonné pour m’avoir posé certaines questions !
Heureusement que l’avènement de Sa Majesté Mohammed VI a permis à tout
un chacun de faire part de ce qu’il pense et que la liberté d’expression a fait
d’énormes avancées, nous permettant d’exprimer nos avis sans qu’on vienne
nous chercher à cinq heure du matin pour avoir pensé autrement qu’eux. Et
c’est déjà important comme changement !
Avant on avait mal et on ne pouvait pas le dire, aujourd’hui même si le mal est
toujours là, on le dit et on le crie !
Est-ce qu’on nous entend ?
Allahou A3lam !
La question qui de temps à autre et ce depuis plusieurs années me taraude se
rapporte au dramatique événement que notre pays a connu en 1972 ou plutôt à
ce qui est arrivé à celui qui a été désigné comme traite et auteur de cette
tentative de coup d’état.
Je précise tout d’abord que je n’essaie pas de disculper le général Oufkir
puisque c’est de lui qu’il s’agit ni de minimiser tous les actes odieux dont on
disait qu’il était l’auteur ou dont ses proches l’étaient.
Je n’arrive toujours pas à oublié le décès d’un des meilleurs cadres de
Goulmima feu Moha Oualla gouverneur détaché au palais qui devrait se
présenter aux élections et à qui on avait ordonné de retirer sa candidature pour
laisser la place à un des frères du général. Feu Moha s’est tué dans un
accident de route lorsqu’il se rendait à Rabat après s’être déplacé à Goulmima
pour retirer sa candidature. Il est inutile de préciser que le frère du général était
étranger à la région et n’avait aucun lien avec la circonscription de Ghriss.
Mais c’était chose courante en ces temps de Parachutage et d’élections qui
n’avaient de démocratiques que la qualification.
Ceci dit, je reviens à ce coup d’état, et je me permets de vous soumettre
quelques interrogations qui se rapportent à cet événement tragique que notre
pays a connu.
Tout d’abord, je rappelle que le général était jusqu’à 1971 ministre de l’intérieur
et il fût nommé commandant en chef de l'armée et ministre de la défense après
le coup d’état de Skhirate.
On disait de lui, qu’il bénéficiait de la confiance totale du défunt roi Hassan II.
C’était lui qui avait maté le soulèvement du Rif en 1958 et les événements de
Casablanca en 1965. La répression exécutée avec tant de zèle par ses troupes
à Casablanca lui a valu le surnom de « boucher » de Casablanca !
C’était lui aussi qui avait supervisé l’exécution des officiers auteurs du coup
d’état de Skhirate en 1971. Je me rappelle de cette scène insoutenable où le
général dégradait les officiers supérieurs comploteurs avant que le peloton les
fusille !
Un des officiers, le colonel Chelouati pour le citer lui a d’ailleurs craché au
visage au moment où Oufkir lui ôtait ses grades de colonel. Je rappelle ce fait
expressément pour dire que le général ne devrait pas avoir la côte auprès de
ses frères d’armes qui le craignaient plus qu’ils le respectent. Tous savaient ce
que le général ferait d’eux en cas où ils tenteraient une quelconque aventure
comme l’avait fait l’équipe d’Ahermamou.
Ce qui m’emmène à ne pas du tout exclure que les officiers auteurs du second
coup d’état qui sachant ce qui les attendait en cas d’échec de leur forfait
pouvaient décider d’impliquer le général si leur tentative échoue pour une
raison ou une autre.
Si vous ajouter à cela le fait que de nombreuses personnes qui le craignaient
et à qui il faisait de l’ombre se réjouiraient de le voir disparaître, pour avoir un
accès plus libre auprès du roi, vous conviendrez avec moi que l’accusation des
militaires était une occasion à ne pas rater.
Autre chose qui m’intrigue dans cette affaire, ce général que même ses
ennemis qualifiaient de rusé et d’intelligent, qui avait gagné ses galons de
capitaine en Indochine dans l’armée française, était-il si sûr de réussir son
coup au point où il avait négligé de mettre ses propres enfants à l’abri
quelques part en dehors du Maroc ?
Tout le monde savait qu’il disposait de biens et d’amis sûrs en Europe et au
Canada au sein de la communauté juive marocaine.
Autre interrogation qui reste sans réponse, après avoir su que la tentative de
putsch a échoué, s’il était l’auteur principal, allait-il se présenter tranquillement
au palais de Skhirate sans essayer de prendre la fuite comme l’avaient fait
certains auteurs de la tentative du coup d’état qui avaient essayé de fuir en
hélicoptère et de se réfugier en l’Espagne ?
Ne serait –il pas tenté de poursuivre son action vu qu’il demeurait même après
la tentative le parton des forces armées ?
Et en bout de compte, s’est-il suicidé ou s’est-il fait suicider ?
Ne serait-il pas tué par ceux à qui il barrait la route pour être plus proche du
roi et qui ont profiter de l’accusation des officiers comploteurs pour se
débarrasser à jamais de lui ?
Oufkir ne serait-il pas victime de sa fidélité et de la confiance dont il jouissait
auprès du roi qui lui avait fait trop de jaloux parmi les dignitaires du régime ?
Sa désignation par les officiers comploteurs en tant que patron de la tentative
ne serait-elle pas une vengeance des comploteurs qui ne lui ont pas pardonné
sa sévérité et surtout le fait d’avoir fusillé leurs frères d’arme une année
avant ?
Tous les protagonistes et les témoins de ce douloureux événement sont sous
terre, Oufkir, les officiers comploteurs, et ceux qui ont joué un rôle dans cette
tragédie et qui sont restés dans l'ombre. Demain « Fi Al Mahhchar » chacun
sera appelé pour rendre compte de ses actes et là, nous saurons qui a fait quoi
dans ce bas monde !
Même Mma Itto n'est plus là pour me dire: Amemmi 3rak iwawal !

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 02/02/08


LES JUSQU’AUX-BOUTISTES !
Lorsqu’il y a quelques mois, j’avais essayé dans les colonnes ce site de
m’élever contre la marginalisation dont fait l’objet notre région, et que j’avais
déclaré que cette situation d’oubli prémédité que vit Goulmima ne peut durer,
quelques voix malveillantes se sont levées pour crier à la trahison en avançant
que mon initiative n’est due qu’au calcul bien programmé de ma part pour bien
préparer ma présentation aux élections législatives.
C’est gens là n’ont pas compris que des compatriotes peuvent n’être motivés
que par l’amour qu’ils portent pour leur contrée et par leur désir d’atténuer la
souffrance des leurs.
Qu’est ce que j’avais écrit ?
J’avais dit a peu près ceci: Si les Ghrissois avaient fauté un jour envers le
makhzen, pour qu'on punisse leur région, ils n’étaient pas les seuls. Les
habitants de Marrakech, de Casablanca, de Fès et de Nador avaient fauté eux
aussi et avaient connu aussi la colère du défunt roi suite à leurs agissements
jugés hostiles au Makhzen. Mais eux, avec toutes les composantes de leur
population, ils avaient su comment faire pour que la page soit tournée.
Sommes-nous à Goulmima moins intelligents que les habitants de Marrakech,
de Casablanca, de Fès ou de Nador, pour ne pas suivre leur exemple ?
Mais, sachant que ma suggestion n'allait pas plaire aux "jusqu’au-boutistes" et
qu'il vont la rejeter, je ne me suis pas arrêté là et j'avais fait une contre-
proposition, en écrivant que dans le cas où ce que vit notre région ne serait
pas une punition collective qui ne serait levée que par une demande de pardon,
Il faudrait que nous prenions nos responsabilités et que nous chargions un
collectif d’avocats pour déposer une plainte contre le gouvernement pour non
assistance à une population en danger !
Ceux qui ont rejeté la première suggestion se sont tus et ont occulté cette
deuxième proposition car ce qu'ils préfèrent, c'est faire durer cette misère et
cette précarité dont souffrent les populations et qui hypothèquent l’avenir de
notre jeunesse.

Si au moins ces pseudos militants vont jusqu’au bout de leur militantisme et
partagent leurs salaires chaque fin de mois avec ceux qui ne disposent
d’aucun revenu, je comprendrais. Mais aller se bronzer au bord de mer en été
et se féliciter à chaque fois que ce même makhzen qu’ils huent décide
d’augmenter leurs salaires de quelques dirhams n’a rien d’un comportement
militant. Marcher sur des cadavres n'a jamais été une attitude d'hommes
courageux !

Ceux qui continuent de croire que la politique se limite à pousser à haute voix
des slogans creux se trompent d'époque. Un bon politicien est celui qui
ressemble à un bon surfeur qui sait tirer profit des vagues les plus déferlantes.
Au lieu qu'elles fracassent ou endommagent sa planche, il les utilise et lui
permettent de regagner le rivage sans dégâts ni pour lui ni pour son matériel.

L'indifférence et le silence qu’observe la majorité de la population de notre
région, qui laisse un groupuscule de « je m’enfoutistes » salir l’image d’une
région qu’on qualifiait il y a quelques années de pépinière de cadres, doit
cesser.
Les habitants doivent comprendre que c'est le devenir de notre région qui est
en jeu et que nous n'avons pas le droit de compromettre l'avenir de nos
enfants et de nos petits enfants !

Ainsi va Ghriss
                                                            Agadir le 20/01/2008


LA POUDRIERE DU SUD-EST !
Les évènements que Tilmi, Msemrir et Boumalne du Dadès ont connu doivent
nous interpeller nous tous qui sommes originaires de cette région et qui
l’aimons.
Ce qui se passe dans cette région du Sud-Est du Maroc qui va de Kal3at
M’Gouna à Errachidia ne doit pas nous laisser indifférents.
Ne dit-on pas que la prévention est préférable aux meilleurs soins ?
Raison pour laquelle, je me demande ce qu’attendent les responsables, les
élus pour tirer la sonnette d’alarme sur la situation que vivent les populations
de cette région.
Une région oubliée, marginalisée au point où la patience des populations est
arrivée à ses limites.
En période de sécheresse les gens sont abandonnés à leur sort, en périodes
de crues, c’est la peur d’être emportés par les eaux boueuses des oueds qui
laissent les habitants sans sommeil, en période de neige, l’isolements de
certaines localités se répètent dans une indifférence presque totale.
Nos campagnes sont dépourvues d'infrastructures de base, de bureaux de
postes d'écoles et de dispensaires. A Goulmima l'hôpital manque de médecins
et d’équipements. les chambres sont glaciales et le personnel hospitalier n’a à
vous offrir que ce dont il dispose, sa sympathie et sa pitié !
A cette marginalisation et à cet oubli vient se greffer le problème de nos jeunes
et de nos diplômés qui ont du mal à trouver facilement un emploi du fait de
l’éloignement des villes et des centres d’emplois.
«Li Sabr Hdoud» dit la chanson, et je pense que ces limites sont atteintes et ce
n’est pas en disant que tout va bien que les autorités en place arrangent les
choses. Ils faut qu’elles soient les premières à avertir qui de droit de la
situation et du risque de dérapage.
Le mécontentement grandit de jour en jour, la précarité et la pauvreté gagnent
d’année en année plus de foyers. Je ne me suis jamais déconnecté de la région
et à chaque visite, je constate l’amertume et le désespoir qui s’emparent des
jeunes qui à chaque fois je j'ai l'occasion de discuter avec eux, font part de leur
incompréhension quant au manque de volonté des décideurs de venir en aide
à cette région du Sud-Est.
Le Maroc est un seul pays de Tanger à Lagouira, il n' a pas de populations et
de sous populations! il ne doit pas y avoir de Maroc utile et de Maroc Inutile !
Les régions défavorisées doivent être les premières à bénéficier de l’aide et du
soutien de l’état pour mettre en place un développement durable.
On nous apprend que l’annulation du rallye Paris / Dakar cause au pays un
manque à gagner de plusieurs millions de Dirhams ou d'Euros. Je ne suis pas
sûr que notre région qui chaque année est traversée par ce rallye bénéficie de
quelque chose d’autre que de la poussière soulevée par les bolides et la
fermeture de ses pistes durant le passage du rallye.
Un programme de mise à niveau est nécessaire et urgent avant que le ras de
bol gagne toute la population.
J’ai vu dans YouTube de la manifestation de Tilmi, elle était impressionnante et
heureusement qu'elle s’est déroulée dans le calme. A Boulmane du Dadès ce
n’était pas le cas puisqu’on parle d’affrontements entre les manifestants et les
forces de l'ordre et qu'il y'avait des arrestations,
Nous devons faire en sorte que cela ne se répète pas et ne se propage pas
dans toute notre région. C'est pour cette raison qu'il faut que, les autorités, les
élus les associatifs se penchent sérieusement sur les problèmes que vit notre
région et doivent anticiper et trouver les remèdes qui faut pour que notre
région retrouve son calme et sa sérénité.
Notre région ressemble à une cocotte minute sur le feu dont la soupape ne
tourne plus, si on laisse bouillir plus longtemps, la sauce et les légumes qu'elle
contient risquent plus d'éclabousser les murs et le plafond de la cuisine que de
servir de repas !

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 11/01/2008



CAISSE DE COMPENSATION OU CAISSE D’AIDE AUX RICHES ?
Pour ceux qui ne le savent pas, la caisse de compensation a été crée par les
autorités coloniales en 1941 et avait comme objectif d’intervenir dans le
maintien des prix de certaines denrées de première nécessité (Huile, sucre
farine …etc.). Par la suite elle a intégré avec ces produits d'autres dont
l'augmentation peut se répercuter sur le pouvoir d'achat des populations à
modestes revenus, exemple du carburant ou du gaz.
La mise en place de cette caisse même si par la suite elle est alimentée par des
taxes prélevées de la vente de ces produits subventionnés profite plus aux
plus nantis et aux industriels qu’aux pauvres familles. D'où les questions:
A qui profite ladite caisse ?
Est-elle adaptée au contexte actuel de notre société ?
La réponse est bien sûr non.
Car vous conviendrez avec moi qu’une riche famille consomme plus de sucre,
d’huile et de farine qu’une modeste famille ?
Le même raisonnement peut être tenu en ce qui concerne le carburant. Quel
est le montant de la subvention qui revient à un petit fonctionnaire qui ne
dispose que d’un vélomoteur et qui y met 5 litres d’essence par mois par
rapport à certaines familles aisées qui disposent de plusieurs voitures ?
Le plus grave c’est que certaines industries, même si les sucres liquides qui
sont plus adaptés et qui peuvent mieux être utilisés dans les process de
fabrication de leurs produits existent, continuent à acheter du sucre
subventionné pour le dissoudre dans l’eau afin de l’utiliser dans leurs
fabrications. Je ne citerais comme exemple que les limonadiers et les
pâtissiers qui sont de grands utilisateurs de ce produit.
J’avais travaillé dans une société qui fabriquait du glucose et qui avait comme
projet la fabrication du fructose qui a un pouvoir sucrant plus élevé que le
saccharose et qui a l'avantage d'être liquide, mais les industriels n’en voulaient
pas et préféraient continuer a dissoudre le sucre granulé et à défaut les pains
de sucre dans l'eau quitte à créer une pénurie de cette denrée aux niveau des
ménages.
Il me semble qu'il faut revoir le mécanisme d'intervention de cette caisse dont
profitent plus les familles aisées par l'attribution d'une aide directe au familles
nécessiteuses et par l'augmentation des bas salaires. Ainsi la libération des
prix de vente de ces produits subventionnés entraînera leur augmentation ce
qui augmentera le montant de la taxe prélevée sur leur vente qui justement
alimentent cette caisse et qui in fine reviendra aux nécessiteux et aux
personnes à revenus modestes !

Par ce système, les seules qui profiteraient de cette caisse seraient les familles
qui en ont besoins et les familles aisées contribueront à cet élan de solidarité
en payant les prix réels des produits qu'ils achètent.
A défaut de revoir le mécanisme de cette caisse, la subvention continuera à
profiter plus à ceux qui n’en ont pas besoin laissant de coté les ménages
modestes qui au départ étaient la raison de sa création.

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 05/01/08


ACH KHASSAK AL 3ABD ?
LKHATM A MOULAY !
Le comportement des Imazighen vis à vis des partis politiques me fait penser à
ce dicton populaire dont j’ai fait le titre pour ma chronique.
Si non, comment comprendre le comportement des Imazighen qui continuent
de militer au sein des partis politiques qui refusent de reconnaître leur identité
et leur langue ?
On m’a toujours appris que l’Essentiel passe bien avant l’accessoire! Je
conçois qu’il faudrait améliorer la santé l’enseignement, l’habitat et que sais-je
encore, mais importants qu’ils soient ces domaines, ils ne sont que des
accessoires par rapport au droit de reconnaissance de l’identité d’un peuple !
Ces partis nous prennent pour des bébés, à qui on fait tinter un joujou pour
leurs faire oublier la faim qui tiraille leurs tripes !
Je pense qu’un électrochoc est nécessaire pour réveiller puis sensibiliser les
Imazighen là où ils sont. Il faut les emmener à adopter une position commune,
qui consiste à démissionner de ces partis qui ne les reconnaissent pas et
n’adhérer qu’à un parti qui place en priorité dans son programme
l’officialisation de la langue Amazigh.
Que deviendraient l’Istiqlal, l’USFP et les autres sans les militants du Rif des
trois Atlas et du Souss ? A défaut de dire qu’ils ne seraient que des coquilles
vides, je dirais qu’ils pèseraient encore moins dans le paysage politique du
pays qu’ils ne pèsent aujourd’hui !
Comment agir donc ?
Je pense que le MCA (Mouvement Culturel Amazigh) ou à défaut un collectif
d’Associations Amazigh devraient décréter l’année 2008, année de la
reconnaissance de la langue Amazigh comme langue officielle du Maroc au
même titre que l’arabe.
Aussi faudrait-il mettre en stand by toutes les autres activités et revendications
durant cette année pour mener une action de sensibilisation dans toutes les
localités amazigh du Maroc et demander aux Imazighen militants des partis
politiques de faire pression sur leurs partis en leur faisant comprendre qu’à
défaut de reconnaître Tamazighte comme langue officielle, ils les quitteraient!
Pour terminer, et pour joindre l’action à la parole, je déclare être prêt à
m’impliquer au sein d’un collectif ou d’une organisation qui adopterait une
démarche qui va dans ce sens.

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 21/12/07


TOUDJAM IMENDI, AR DJMOU3M ALIM !
Le comportement des Imazighen vis à vis des partis politiques me fait penser à
ce dicton populaire dont j’ai fait le titre pour ma chronique.
Sinon, comment comprendre le comportement des Imazighen qui continuent
de militer au sein des partis politiques qui refusent de reconnaître leur identité
et leur langue ?
On m’a toujours appris que l’Essentiel passe bien avant l’accessoire! Je
conçois qu’il faudrait améliorer la santé, l’enseignement, l’habitat et que sais-je
encore, mais importants qu’ils sont ces domaines, ils ne sont que des
accessoires par rapport à la reconnaissance de l’identité d’un peuple !
Ces partis nous prennent pour des bébés, à qui on fait tinter un joujou pour
leur faire oublier la faim qui tiraille leurs tripes !

Basta! Je pense qu’un électrochoc est nécessaire pour réveiller les
consciences et sensibiliser les Imazighen là où ils sont. Il faut les emmener
à adopter une position commune, qui consiste à démissionner de ces partis
qui ne les reconnaissent pas et n’adhérer qu’aux partis qui placent en priorité
dans leurs programmes l’officialisation de la langue Amazigh.

Que deviendraient l’Istiqlal, l’USFP et les autres sans les militants du Rif des
trois Atlas et du Souss ? A défaut de dire qu’ils ne seraient que des coquilles
vides, je dirais qu’ils pèseraient encore moins dans le paysage politique du
pays qu’ils ne pèsent aujourd’hui !
Comment agir donc ?
Je pense que le MCA (Mouvement Culturel Amazigh) ou à défaut un collectif
d’Associations Amazigh devraient décréter l’année 2008, année de la
reconnaissance de la langue Amazigh comme langue officielle du Maroc au
même titre que l’Arabe.
Aussi faudrait-il mettre en stand-by toutes les autres activités et revendications
durant cette année pour se consacrer à cette cause et mener une action de
sensibilisation dans toutes les localités amazigh du Maroc en demandant aux
Imazighen militants des partis politiques de faire pression sur leurs partis pour
reconnaître Tamazighte comme langue officielle, et à défaut leur signifier qu'ils
quitteraient ces partis.

Pour terminer, j'espère que mon appel trouvera un écho favorable et je me
déclare déjà prêt à m’impliquer au sein d’un collectif ou d’une organisation qui
adopterait une démarche qui va dans ce sens.

Ainsi va Ghriss
                                                             Agadir le 18/12/2007



EN MARGE DES EVENEMENTS DE KSAR LEKBIR !
Va-t-on un jour nous traduire devant la justice pour avoir osé simulé un vrai
faux                                                                   mariage ?
La question est sérieusement posée suite à ce qu’a connu la ville de Ksar El
Kebir, car ce qui s'est passé dans cette ville ne nous met pas à l’abri, nous qui
chaque année nous fêtons « Oudayne n’Ta3chourte » (3achoura) en simulant
des mariages juifs comme ils se déroulaient chez nous avant que notre
communauté juive émigre vers d’autres cieux.
Ne risque t-on pas de nous voir un jour embarqués par la police et présentés
devant un juge et d’être accusés d’homosexualité tout simplement parce qu’on
s’est déguisé en Moshé et en Bihha ?
Est-ce que le fait qu’un homme se déguise en femme en portant une robe et
des soutiens gorges remplis de ouate suffisent pour faire de lui un
homosexuel ?
Ces différentes cérémonies qui sont organisées un peu partout dans le pays ne
font que reprendre certains vieux rites de notre culture et leurs célébrations
sont faites au su et au vu de tout le monde. Chez nous c’est devant Imi
N’Ghrem sous les regards des petits et grands que se déroulent ces
cérémonies !
Les personnes accusées d’homosexualité et condamnées à Ksar El Kébir sont
victimes de la pression que la foule a exercé et qui elle même est victime d’une
certaine presse qui ne cherche qu’à liquider le maximum de ses canards avec
des titres et des scoop sulfureux.
Tout ça bien sûr au détriment des libertés individuelles de chacun et tout en
bafouant l'Etat de Droit dont ce targue notre pays.
Demain, si nous laissons faire, on risque d’arrêter nos jeunes filles et garçons
et de les traduire devant les juges en considérant Takerfiyte comme une
incitation à la débauche !
Les fascistes ne doivent pas arrêter la démocratisation de notre société. Tout
le monde comprend qu’ils n’utilisent la religion et l’Islam que pour freiner la
voie du progrès dans laquelle notre pays s’est engagé !
Et puisqu’ils y sont, pourquoi n’iraient-ils pas à Jam3 El Fna et
n’embarqueraient-ils pas ces hommes amuseurs du Haouz qui se déguisent
sur la célèbre place chaque après-midi en femmes, qui dansent et chantent en
faisant des clins d’œil aux spectateurs? Sont-ils aussi homosexuels ces
artistes ?
Nous devons réagir avec force contre cette dérive que veulent nous imposer
certains fascistes malintentionnés qui de surcroîts ne représentent dans notre
pays qu’eux même.
Jouer le rôle d’une femme ou simuler un mariage lors d’une fête ou d’une
réplique d’un rite n’a rien à voir avec la homosexualité. Et s’il faut pousser la
plaisanterie jusqu’au bout, Pourquoi ne pas demander aux personnes
déguisées avant de les embarquer de baisser leurs pantalons ?
Je suis certain que la suite ne sera que « Roule atnjemd à 3li »

Ainsi va Ghriss
                                                                 Agadir le 15/12/07



ASSIT A RABI GHARFISS, ASSIT A RABI FADZISS!
Nombreux sont les marocains qui avaient fait part de leurs étonnements de
voir Abbas El Fassi nommé à la tête de la primature, surtout après l’affaire
Ennajate et sa belle planque de cinq années en tant que ministre d’état sans
portefeuille. C’est oublier que le souverain avait promis de nommer un premier
ministre du parti qui reporterait le plus de sièges au parlement ! Ce fut l’Istiqlal
et ça va de soit, que son patron soit nommé au poste de premier ministre.
La suite vous la connaissez toutes, les tractations qui ont duré des semaines
rien que pour négocier le nombre de postes ministériels qui reviendrait à
chaque parti de la coalition, ceci après avoir pris le soin de larguer le
Mouvement Populaire (MP). Vint après l’affectation des portefeuilles aux
militants ou plutôt aux dirigeants de ces partis avec l’attente de ceux qui se
voyaient déjà ministres et ceux qui espéraient l’être.
L’Istiqlal à part la grogne de Khalifa de Marrakech les choses passèrent sans
difficultés même si Adil Diouri avait fait savoir qu’il déclinerait toute
participation si le portefeuille des finances lui est refusé. Hjira, Ghallab,
Baddou et les autres sont là et le nombre de portefeuilles réservé au parti ne
peut être que supérieur à ce qu’il était, vu ses résultats aux élections et le
largage du MP de la coalition.
Le cas de l’USFP est complètement différent, au mauvais résultats des
élections qui ne peut se traduire que par la réduction du nombre de
portefeuilles impartis au parti, viennent se greffer en plus les problèmes
internes que vivait depuis plusieurs années le parti de la rose.
Personnellement c’est déjà depuis plusieurs années que je ne reconnaissais
plus le grand parti de Ben Barka et de Bouabid. J’ai vu comment certaines
affaires ont été politisées par ce parti (CIH) pour des raisons politiciennes et
j’ai vu comment ce parti a géré l’accréditation de ses candidats aux élections
législatives précédentes, allant jusqu’à bafouer le principe le plus sacré qui
était celui de ne designer comme candidats que des personnes qui ont milité
au sein du parti ! Ce qui m’a fait dire à un ami et grand militant de ce parti, qui à
chaque rencontre m’adresser sa «Tahiya Nidaliya» que sa Tahiya ne vaut que
ce qu’elle vaut en I3rabe : « Al Moubtada wa Khabar » sans plus.
Et pour être plus direct, j’avoue que le secrétaire général de ce parti ne m’a
jamais emballé. Il ne m’a jamais laissé apparaître qu’il serait quelqu’un qui
ferait passer les intérêts du parti et des militants avant ses intérêts personnels.
Je n’ai retenu sur ses interventions et ses apparitions à la télé que l’image d’un
homme hautin qui manque de modestie. Peut être que je ne connais pas assez
l’homme, mais cette impression je ne la ressens qu’avec deux autres grandes
gueules qui font partie de l’équipe dirigeante de ce parti.
Ce qui m’a surpris le plus c’est comment ce dirigeant et ses proches ont géré
l’après élection! Alors que le parti a essuyé sa plus grande défaite électorale
qui devrait enclencher un congrée de réflexion sur les résultats obtenus, on a
agi comme si de rien n’était et on s’est occupé à octroyer aux fidèles des
postes de ministres ou de directeurs de cabinets tout en émettant des veto
pour certains militants qui ne partageaient pas la même approche que leur big
ou qui refusaient d’être ses béni oui oui. Le jeune ElGahs pour ne citer que lui
est l’une des victimes du veto du boss. Le monsieur qui se prenait pour un
géant ne savait pas qu’il n’était qu’un géant aux pieds d’argile ! .
Je terminerai en disant « 3qal N’Widwaden » car des géants aux pieds d’argiles
existent chez les cousins et chez les voisins de l’USFP. Aussi, vais-je
demander de reprendre avec moi ce refrain que nous chantions lorsque nous
étions des gamins :
Assite A Rabi Gharfiss ! Assite A Rabi Fadziss !

Ainsi va Ghriss
                                                                 Agadir le 08/12/07


TIMAHDITE LA GARDIENNE
Il a quelques décennies et par les voix les plus officielles on nous avait
annoncé la découverte d’un grand gisement de schistes bitumineux dans la
région de Timahdite. Une grande plaque fut même installée entre Timahdite et
Hjirte (col du Zad) sur la route allant vers Imtgharne (Errachidia) indiquant à
tous ceux qui empruntent cette route nationale le site de la prochaine
exploitation minière.

Quelques années après, ne voyant rien arrivé, on avait posé la question au
responsables du domaine énergie du pays sur la non mise en exploitation de
ces schistes qui non seulement avaient fait couler tant d’encre mais dont les
perspectives avancées faisaient rêver toute la population du moyen Atlas. Ces
responsables avaient répondu avec assurance et conviction à peu près ceci :Il
n’est pas du tout intelligent d’exploiter pour l’instant ces schistes vu que le
coût de revient d’un baril de pétrole extrait de ces schistes coûterait 33 $ alors
que le coût du brut actuellement sur le marché n’est que de 23$ !
Amen, avions nous dit même si ce calcul qui n’a pas intégré toute la
dynamique transversale allant de la création des emplois pour nos jeunes aux
emplois indirects que cette exploitation va générer nous paraissait faux.
Mais, maintenant que le baril de pétrole se négocie autour de 100$, que
peuvent nous répondre ceux qui détiennent la vérité concernant cette affaire ?
nous dire que le SMIG au Maroc est tellement élevé que le coût de revient du
baril dépassera 150 $ ?
Quel argument vont-ils trouver pour expliquer la non mise en exploitation de
ces schistes bitumineux de Timahdite.

Ce beau village du moyen Atlas dont le nom en Tamazighte signifie « la
gardienne » connu depuis des siècles par ses alpages, ses pâturages ses
nombreux troupeaux d’ovins et dont les étangs et les rivières d’eaux vives et
fraîches sont renommés pour leurs abondances en truites, carpes et brochets,
ne veut plus être la gardienne d’un quelconque mensonge !
S'il y a pétrole il faut démarrer sans tarder son exploitation le pays en a besoin
et encore plus les populations de ce plateau du moyen Atlas.

Schistes bitumeux ou roches volcaniques calcinées, les gens ont droit de
savoir et s’il faut que Timahdite garde quelque chose, alors qu’elle garde la
beauté de ses sites et la couleur bleue azur des eaux d’Aguelmam de Sidi Ali.

Ainsi va Ghriss
                                                     Agadir le 1er décembre 2007




LES RAISONS DE LA DECADENCE D'UN SYSTEME
Il y a plus de quarante ans, commentant les nominations aux postes de
caïds d’un nombre de personnes dont les compétences étaient jugées
insuffisantes, un grand Super Caïd de chez nous avait dit à l’un de ses
secrétaires :
Ne t’en fais pas Assou, un jour tu seras toi aussi caïd !
Il ajoutera ensuite:
Mais ne te leurre pas, ce n’est pas toi qui monteras et accéderas à
« Takiyadiyte », c’est elle qui descendra et s’abaissera à ton niveau ! Dures
étaient les paroles du super Caïd envers un de ses collaborateurs, mais notre
homme ne visait certainement un de ses hommes, c'était le chemin que prenait
le système qu'il voulait dénoncer !
Il est inutile de vous préciser qu’en effet Assou est devenu quelques années
après caïd.
Le grand visionnaire qu'était notre homme, voyait lui déjà les prémisses du
déclin qu’allait connaître la fonction publique en général et certaines fonctions
en particulier !
Je ne jette la pierre à personne, mais j'ai connu une période où les personnes
faisaient tellement bien leur travail qu'on les aurait aujourd'hui taxées d'user de
beaucoup de zèle!
Depuis le temps où les gens n’avaient plus le choix d’exercer les métiers de
leurs vocations il est évident que les prestations rendues en souffriraient et ne
seraient pas des niveaux requis.
Des enseignants qui primaient leurs bons élèves en leurs offrant des bons
points et des bonbons, des infirmiers qui apportaient des fruits aux malades
hospitalisés, des agents d’autorité qui pensaient plus à vous conseiller qu’à
vous verbaliser, des cadis qui n’ont que le souci de connaître la vérité et de
rendre justice, tout ça fait partie d’un passé que les nouvelles générations
n'ont pas toutes connu.
Vous vous présentez dans une administration pour régler un quelconque
problème on vous montre et on vous oriente vers le plus véreux des hommes
tout en vous disant que c’est lui qui trouvera solution à votre requête, contre
bien sûr un bakchich qui ne fait plus rougir. Les honnêtes gens qui refusent de
rentrer dans ce jeu pourri sont mis à l’écart et on vous dira à leur égard
« haddak dakhl souk rassou ».
Est ce donc un problème d'argent et de rémunération qui est à l'origine de ce
mal qui ronge notre administration ?
je répondrais que non; car quelque soit la rémunération que vous attribuez à
un emploi, cela ne suffirait pas si la personne qui l'exerce n’y met pas un peu
de son cœur. Ce n’est pas les deux mille dirhams que perçoit une infirmière qui
vont compenser le fait que celle-ci déshabille, lave, et mette du talc à un
homme qui n’est ni son mari ni son père ou son frère ! Celles qui le faisaient et
qui continuent à le faire consciencieusement le font par cette vocation qui est
la leur de venir en aide à leur prochain et de remplir un contrat qui est au
dessus de toute rémunération quelque soit son montant.
Je termine cette rubrique en disant que tant que l’inadéquation profil / emploi
persiste le service rendu ne peut être que d’une qualité médiocre quelque soit
le domaine concerné. Ce qui n’empêche pas cette médiocrité d'être plus visible
dans certains domaines plus que dans d’autres et à titre d’exemple je ne
citerais que l’enseignement, la santé et la justice.

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 25/11/0


«AITMA D’ISTMA» DE CIRCONSTANCE!
Plus hypocrite que ça je meurs !
Il y’a une semaine un député du Rassemblement National des indépendants
(RNI) a osé et pour la première fois dans l’histoire du Maroc s’adresser en
Tamazighte à un ministre lors d’une séance des questions orales.
C’est certain que l’événement ne va pas passer comme si de rien n’était. Tous
les partis ou presque ont réagi, chacun à sa manière et selon sa position par
rapport a la question Amazigh.
Si la réaction d’un membre du parti de l’Istiqlal est conforme à l’attitude de ce
parti qui demeure contre l’officialisation de la langue Amazigh, je pensais que
l’Usfp avait modéré sa position depuis les élections passées. J’étais à Ghriss
lors des dernières élections. J’ai suivi de près le déroulement de cette
campagne et j’avais remarqué une évolution positive que je pensais sincère
par l’introduction de Tifinagh dans les affiches de la liste des candidats de ce
parti. Mais là encore c’est ma naïveté qui m’a induit en erreur ; les élections
passées ; l’électorat Amazigh n’a qu’à attendre qu’on ait besoin de lui dans
cinq ans.
Ce qui est regrettable c’est la position d’un député Haraki, qui au lieu
d’applaudir et d’appuyer l’audace du député du RNI n’a trouvé d’autre
explication que de dire que « les extrémistes de la cause amazighe vont
considérer que ce parlementaire a accompli un acte de bravoure en posant une
question en langue amazighe sous la coupole » Ce député sent déjà que de
nombreux Imazighen risquent de ne plus se reconnaître dans ce parti qui
risque de se faire doubler à gauche par la jeune mouvance Amazigh qui place
sa question identitaire au dessus de toute autre considération.
Qui empêche nos honorables députés Haraki à user au parlement de leur
fameuse formule «Aitma Istma » dont ils commençaient tous leurs discours
durant la campagne électorale ? Ont-ils perdu cette valeur ancestrale qui
interdit de se faire du beurre sur le dos de ses compatriotes ?
 Le seul différent son de cloche nous vient d’un grand avocat du Souss maître
Abdellatif Ouamou, membre du bureau politique du PPS et chef de groupe de
l'Alliance socialiste à la Chambre des conseillers, qui courageusement a dit
« qu'on ne peut pas empêcher un député de s'exprimer en langue amazighe
sinon c'est le toucher dans sa propre identité d'autant qu'il a un mandat de
représentativité. De la même manière qu'on ne peut empêcher un Imam de faire
son prêche en amazigh »
J’aurais aimé que cette position reflète la position du PPS qui ne l’oublions pas
était le seul parti dont le journal « Al Bayane » réservait chaque semaine une
page pour la culture Amazigh. Mais là aussi depuis la mort de SSI Ali et le
départ de Thami El Khiari le parti s'est affaibli et s'est trouvé obligé de
composer et de faire des concessions à ses partenaires de la Koutla pour
éviter d'être marginalisé.

Je termine ma chronique en disant à Mimiss N’Tanouhte que les Imazighen
n’ont pas besoin d’Aitma Istma de circonstance !

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 19/11/07



DOIT-ON LAISSER ASSASSINER NOS LANGUES ?
J’essaie de comprendre ce qui pousse certains marocains à défendre avec
acharnement la langue arabe littéraire au dépend de Darija ou Tamazighte,
alors qu’elle n’a jamais été une langue parlée par les marocains.
Je comprendrais si c’était notre arabe dialectal que nos compatriotes parlent
dans nos campagnes qu’ils défendent avec fougue.
Je dis ça tout en précisant que je n’ai rien contre la langue arabe littéraire qui
est une belle langue et qui est la langue de notre saint Coran, mais pourquoi
c’est nous au Maroc et rien que chez nous qu’on veut que cette langue
remplace les langues de nos ancêtres qui sont le Tamazighte et la Darija ?
Même en Egypte et en Syrie qui étaient le creuset du panarabisme, les
populations de ces deux pays ne parlent que leur arabe local. A ce que je
comprends, « Izzak ya Afandy » n’a rien de littéraire ! Pareil pour les pays
arabes du golf qui parlent leurs dialectes locaux et les utilisent dans leur vie de
tous les jours. Est-ce que c’est par crainte de voir Tamazighte accéder au rang
de langue officielle qui poussent certains hauts responsables de notre
gouvernement à sacrifier même la Darija ?
Si c’est le cas je comprends les lamentations et les larmes chaudes que verse
« Cham3a » dans la belle Qassida de Chérif Ben Ali, et je comprends pourquoi
« Al harraz » est si regardant envers tous ceux qui tournent « ka hawmou »
autour de sa bien aimée, sa langue.
Les 3roubi et les Imazighen doivent faire entendre ensemble leurs voix, et
dirent à ceux qui persistent dans leur rêve Baasistes qu’ils ne font que pédaler
dans la semoule !
La Darija et Tamazighte font partie de nous et ce n’est pas demain qu’on
entendra dans nos rues : « Ila ayna anta dahiboune ! »
Ce que nous continuerons à entendre sera: « Fine Ghadi » ou « Mass Tdid ».
C’est plus doux à l’écoute, plus court et écolo !
Nous ne laisserons pas les apprentis sorciers à la solde d’une idiologie
dépassée assassiner nos langue ni porter un quelconque préjudice à notre
patrimoine. Al Malhoune, Al 3ita, Ahidouss Ahwach, Timedyazine, Assayss ne
se chantent et ne se dansent qu’avec Tamazighte ou Darija. Je termine ma
chronique en disant:
3bass, a 3bass,
3ndak I3mr Lkass,
Rah ikoune fih Lbass !

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 10/11/07


LE DROIT NE SE DONNE PAS !
Si la visite du roi d’Espagne a suscité tant de réactions et d’indignation chez
beaucoup de marocain, moi j'interprète autrement cet événement et le
considère comme un message de grande importance que le roi Juan Carlos
nous envoie.
Choisir la date anniversaire de la marche verte qui a permis la récupération de
notre Sahara pour visiter les villes de Ceuta et Mellilia toujours sous
l’occupation espagnole se traduit pour moi en ces termes : Marocains
qu’attendez-vous pour venir libérer vos deux villes ?

Essayer de régler les problèmes par voie diplomatique comme le Maroc l'a fait
jusqu'à présent est une excellente chose si cette démarche qui privilégie le
dialogue et la négociation laisse apparaître une solution de dénouement à
cours ou à moyen terme, Ce qui n’est pas du tout le cas de l’occupation de nos
deux villes. Un demi siècle d’occupation après l’indépendance du pays, ça
devient une honte pour nous tous de continuer à vivre cette situation
humiliante, d’autant plus que les espagnols continuent à rejeter ou à faire la
sourde oreilles à toutes nos revendications.

Les marocains qui ont pu aller au Sahara et libérer les provinces du sud avec
tout ce que cette opération à demandé de sacrifice et de préparation logistique,
peuvent en une journée investir les deux villes marocaines. Les marocains
n’ont pas peur de mourir pour leur pays. Combien de marocains sont morts
pour des terres qui ne sont pas les leurs; le Sinaï, le Golan et Lubumbashi ont
vu couler le sang des soldats marocains et peuvent témoigner et le dire à ceux
qui doutent de notre capacité et de notre engagement.

Le message du roi d’Espagne doit être compris par nos décideurs et doivent
lui répondre comme l'a fait le berger à la bergère en définissant le timing de la
récupération de nos deux villes. Le temps n’est plus aux déclarations au
parlement ni aux approches diplomatiques qui ont montré leurs limites. Il faut
qu’on y aille et le plus tôt possible serait le mieux. Le droit ne se donne pas. Il
se prend et à défaut, il s’arrache !!

En attendant le jour de nous retrouver devant les barbelés de Ceuta et Mellilia,
je dis à nos responsables que je ne comprends pas leur attitude de continuer à
faire les gendarmes pour le compte des espagnoles en faisant la chasse aux
étrangers qui veulent quitter le Maroc en transitant par nos deux villes
occupées. S’il faut interdire à ces gens de séjourner au Maroc c’est aux
frontières Algériennes et Mauritaniennes qu’il faudrait le faire et non devant les
barbelés que les espagnoles ont dressés autour de nos deux villes! Les laisser
traverser cette frontière fictive c’est déjà monter à tout le monde que pour
nous, Ceuta et Mellilia sont marocaines autant que le sont Nador ou Tétouan.

Je terminer cette chronique, en espérant que l’années 2008 soit l’année des
retrouvailles avec les habitants de nos deux villes occupées et que nous
serons nombreux à traverser ces frontières fictives comme l'avaient fait nos
aînés en 75 et de dire à Juan Carlos, merci de nous avoir rappelé notre devoir
de libérer nos deux villes sous occupation.

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 07/11/07



ZAYDNASS AMANE I TGATOUTE !
Nombreux sont ceux qui parmi vous connaissent la souffrance qui advient
lorsque on verse de l'eau sur la corde qui attache une personne. La personne
attachée ressent au début une légère accalmie avant de se rendre compte par
la suite que la douleur devient plus forte que ce qu'elle était avant que la corde
soit mouillée. (Titre de ma chronique pour les non Amazighophones).

Dans ma chronique de cette semaine, je vais vous relater ce que je pense
quant à l’implantation d’une faculté à Errachidia et le projet d’une seconde à
Ouarzazate.
A défaut de disposer d’une post-évaluation de cette implantation, je soumets à
tous les lecteurs et particulièrement aux Ghrissois ce qui me semble être une
grande erreur d’appréciation de ceux qui ont initié ce projet.

J’étais parmi ceux qui avaient applaudi la création d’une faculté à Errachidia.
Pour avoir vécu ce que vivaient et ce qu’enduraient les étudiants pour aller
poursuivre leurs études à Meknes, Fès, Rabat ou dans d’autres villes. Les
longs trajets, les difficultés de transport et bien sûre tout ce qui se rapporte à
l’hébergement étaient autant d’embûches pour nos étudiants. Seulement en
allant continuer leurs études dans des grandes villes cela permettait aux
étudiants non seulement de découvrir la vie citadine,mais aussi d’être tout
près d’un environnement à grand potentiel d’emplois. Il leur permettait
également de trouver facilement des stages de fin d’études, et à la fin de leurs
parcours universitaire de pouvoir chercher avec moins de difficultés une
entreprise ou un employeur qui pourraient les embaucher.
Je pensais donc que l’implantation de cette faculté à Errachidia allait être
accompagnée par un développement de la région qui allait permettre aux
étudiants de trouver une embauche et un job une fois leurs études terminées.

Trois secteurs et non des moindres pouvaient servir de levier pour le décollage
de la région et répondre à cette demande prévisible des lauréats de cette
faculté.
Le secteur agricole vient en tête, si les autorités avaient décidé de mettre en
valeur toute cette plaine se trouvant entre l’Anti-Atlas et le Haut Atlas, qui
s’étend de Boumalen du Dadès jusqu’à Rissani par la construction de barrages
sur les cours d’eau qui charrient chaque année des millions de mètres cubes
d’eau qui vont se perdre dans les sables du dessert. le Ghriss, le Ferkla, le
Todgha et le Dadès peuvent transformer ces étendues de terres fertiles de
cette région à qui ne manque que l’eau. Elles deviendraient un second Tadla si
nos décideurs l’avaient voulu. L’agriculture et le secteur agro-alimentaire
fourniraient des emplois à des milliers de jeunes.
Vient ensuite le secteur Touristique qui ne demande qu’à être pris en main et
développé avec tout ce qu’il offre comme possibilités d’emplois, mais là aussi
le CRT de Meknes / Tafilalet et L’office Marocain du tourisme ne semblent pas
pressés pour créer une dynamique pour ce secteur. L’absence du produit
spécifique de la région lors de la tenue des salons du tourisme en Europe et le
manque d’une desserte aérienne directe Europe / Errachidia handicape la
destination. Là aussi, un grand potentiel emplois existe mais nécessite une
volonté politique de nos décideurs.
Le troisième secteur est celui de la prospection minière qu’il faut entreprendre
et redynamiser, mais surtout construire des unités de transformation sur place
et non transporter le minerai comme on le fait actuellement jusqu’à Meknes ou
Casablanca pour le transformer et priver ainsi nos jeunes d’un travail qui
devrait leur revenir en premiers.

Revenons maintenant à nos étudiants de la faculté d’Errachidia. Est-ce que
vous pensez qu’un licencié de la faculté d’Errachidia qui a passé son Bac à
Goulmima, Tinejdad, Assoul, Mellab, Erfoud ou Rissani et qui n’est jamais allé
au-delà de Tizi N’Talghoumte a les mêmes chances de trouver un emploi qu’un
casablancais, ou Rbati qui après avoir chaque jour pris son petit déjeuner sort
de chez lui et va à la recherche d’un emploi ?
A nos étudiants se pose déjà le problème de moyens pécuniaires pour se
rendre en ville ! Quant à s’y retrouver et repérer les entreprises c’est pour eux
plus dur que le parcours du combattant. Je vous laisse le soin d’imaginer l’état
moral et physique d’un candidat qui viendrait de notre région pour un entretien
d’embauche en ville. Je n’ose même pas imaginer ce que ça serait dans le cas
où ça serait une fille !
Même l’administration qui jadis permettait de trouver un emploi ne recrute plus
! C’est l’impasse totale et chaque année nous voyons grossir le nombre de nos
jeune diplômes qui malgré leurs persévérance et leur volonté de ne pas céder
au désespoir finissent pas être oisifs pour certains, aigris et furieux pour
d’autres !

Je pense qu’implanter des facultés dans des villes comme Errachidia et
Ouarzazate sans anticiper sur le devenir de ces jeunes à la fin de le parcours
universitaire par la création des activités qui permettraient leurs embauches
n’est autre chose qu’une grave erreur d’appréciation.
A défaut de palier à cette défaillance il serait préférable de laisser nos
étudiants aller poursuivre leurs formations en villes. C’est vrai que les quatre
années d’études risquent d’être vécues dans des conditions difficiles, mais
elles leurs offrent l’avantage de s’acclimater à la vie citadine, et surtout avec
plus de chance de trouver un emploi pour le reste de leur vie.

Voilà le genre réflexion qui doit bénéficier de toute l’attention de nos élus, des
autorités et de la société civile. Un problème qui dépasse les clivages
politiques et qui touche la totalité des jeunes de notre région.

Ainsi va Ghriss
                                                           Casablanca le 27/10/07



EST-CE LA NAISSANCE D’UN « BIG » ?
Il y a exactement trente ans, lors des élections législatives de 1977, nous
avions assisté à une victoire des candidats sans appartenance politique que
nous appelions dans le temps les "SAP"(Sans Appartenance Politique) et qui
avaient remporté 145 sièges du parlement.
Or si la logique voudrait que ça soit les partis politiques qui font pour ne pas
dire qui créent les parlementaires, dans ce cas de 1977 c’est l’inverse qui
c’était produit. Ce sont les parlementaires qui ont créé un parti ! Il s’agit bien
sûre comme vous le savez du RNI (Rassemblement National des
Indépendants). Dont le patron actuel (Mansouri) vient d'être élu au perchoir de
la nouvelle assemblée.
Ce parti donc qui était présidé par Ahmed Osman qui n’était autre que le beau
frère de feu Hassan II, à la tête de nouveau parti, et avec les partis
traditionnellement situés à droite, le tour est joué. l’Istiqlal, l’USFP, le PPS et
l’OADP ne pouvaient qu’attendre des jours meilleurs pour une autre tentative
de gouverner, car ils ne pouvaient pas prendre ni exiger ce que les urnes leur
avaient refusé.
Ce que nous vivons ces jours après les élections et l’avènement de Mr Ali El
Himma en tant que parlementaire a de fortes chances de ressembler au même
processus qui avait donné naissance au RNI. Si Mr Ali El Himma s’est retiré du
gouvernement pour se présenter aux élections c’est que lui, il devrait savoir
que les sondages qui donnaient un taux de participation aux élections
supérieur à 75% avec une victoire certaine pour le PJD ne sont pas du tout
crédibles. Et c'est ce que les résultats des élections ont confirmé par la suite.
Il savait certainement que si les jeunes se sont désintéressés à la chose
politique et au combat syndical ce n’est pas par ignorance ou par un manque
d’intérêt pour la vie politique. Presque tous ont lu Germinal de Zola et
connaissent les noms des personnes politiques du monde ainsi que les
courants idéologiques qui ont marqué le siècle passé. Ce qui les a éloigné des
partis et des syndicats, n’est autre que le fait de ne pas se reconnaître dans les
agissements des leaders de ces partis et de ces syndicats.
Avant un leader s’engageait et lutait pour améliorer la situation des autres,
actuellement c’est sa situation et celle de ses proches qu’il veut améliorer.
Avant il n’hésitait pas à se sacrifier et aller en prison pour ses idées et les
idées des autres, actuellement il sacrifie les autres pour assurer ses arrières et
garantir une place au soleil pour lui et les siens.
Le Maroc a mal. Il a mal de certains de ses partis politiques et de ses syndicats
!
Regardons ce que sont devenus les différents partis politiques et les syndicats
aujourd’hui ! Est-ce que l’Istiqlal a aujourd’hui le même aura qu’il avait au
temps de Allal El Fassi ou de M’Hamed Boucetta ?
L’USFP, est-il ce qu’il était au temps de Bou3bid ou d’El Yousfi ?
El Haraka avec son éternel Ahardane, est-elle ce qu’elle était même si son
vieux Amghar continue à tour superviser ?
Quant aux syndicats, ils sont aussi inoffensifs que l’est le lion dessiné sur la
boite d’allumettes. Gueule grande ouverte, mais incapable de mordre !
Que faut-il faire alors ?
Je pense que certains partis politiques et nos centrales syndicales doivent
faire leur propre révolution en rajeunissant leurs équipes dirigeantes. Les
vieux "tacots" n'ont plus leurs places dans la course. Ils doivent faire de
l’intérêt général du pays leur principal objectif ce qui n'est pas du tout le cas
hier et aujourd'hui.
Je pense aussi que l’implication de Mr Ali El Himma en tant que parlementaire,
va dans le sens de cette révolution pacifique dont a besoin la classe politique
de notre pays. Si pour le moment il s’entoure de députes issus des autres
partis c'est pour peser sur l’échiquier politique actuel en contrôlant le
gouvernement et en pesant sur ce qui se fera au niveau du parlement. Il saura
le temps venu se débarrasser de ceux qui ont pris le mauvais pli et s’entourera
de personnes jeunes, intègres et dynamiques qui auront comme objectif de
bien servir leur pays et non de se servir et servir leurs proches.
Il a occupé un poste sensible qui lui a certainement permis de connaître ce qui
ne tourne pas rond dans les rouages de notre administration. Il a l’avantage
énorme d’être très proche du souverain.
Va-t- on assister à la naissance d’un grand parti du centre qui dans un futur
proche sera la principale composante d’une équipe gouvernementale? Je
pense que oui. Un Big est en train de naître !
Pour réussir une aussi grande mission et en tant qu'enfant du monde rural
comme lui, j'aimerais rappeler à SSI Ali que pour s'assurer une bonne récolte,
le pays (terre) doit bien être labouré en profondeur, et pour se faire, il faudrait
bien plus que les trois tracteurs des Rhamna.

Ainsi va Ghriss
                                                           Casablanca le 20/10/07


VERS LA BALKANISATION DE L’IRAN
Cette semaine je vais m’éloigner de Ghriss et du Maroc et vais réserver ma
chronique hebdomadaire à ce qui se trame depuis quelques jours du coté de
l’Iran.
Vous avez certainement suivi comme moi l’actualité de cette dernière semaine
et avez remarqué les différentes déclarations faites par les USA et ses alliés à
propos de l’Iran. Vous avez relevé aussi la déclaration faite par Mr Kouchner
ministre des affaires étrangères françaises qui se résume en cette phrase : «
Des bombes sur l’Iran ou la bombe Iranienne » !
Ainsi, nous voyons la seule puissance occidentale qui était contre la guerre en
Irak se ranger du coté des USA. Bush a perdu Blaire mais semble avoir gagné
Sarkozy qui a fait prendre à la France un tournant diplomatique de 180°.
Si ce n’est qu’à son compte que la France s’en prend à l’Iran, je ne
m’inquiéterais pas car l’Iran n’est pas l’Irak et le duo Sarkozy/Kouchner n’est
pas le duo Bush/Ramsfield, mais je crains que le plan n’est autre que celui des
USA et que la France n’agit que comme éclaireur au compte des américains.
Je dirais même que la bombe n’est qu’un prétexte pour s’en prendre à l’iran.
Comme ce qu’ils ont fait à l’Irak en provoquant l’éclatement du pays en zone
pro kurde au nord, Sunnites au centre et Chiite au sud compromettant pour
des années si ce n’est à jamais l’unité et le potentiel de ce pays, les USA ont
certainement le même objectif concernant l’Iran.
Si nous jetons un coup d’œil sur les principales ethnies de ce grand pays dont
le nombre d’habitants avoisine 70 millions (feux fois le Maroc) nous trouvons :
- Ceux qui parlent une langue indo iranienne
• Les Persans (51%),
• Les Gilakis/Mazandaranis (8%),
• Les Kurdes (7%),
• Les Baloutches (2%),
• Les Lors (2%)
- Ceux qui parlent une langue Turque
• Les Azéris (24%),
• Les Turkmènes (2%),
• Les Qashqais
- Ceux qui parlent une autre langue
• Les Arabes (3%),
• Les Arméniens,
• Les Juifs iraniens,
• Les Assyriens,
• Les Géorgiens,
• Les Circassiens,
• Les Tats
• Quelques autres minorités
Imaginez la pagaille qui arriverait dans ce pays si par hasard les USA et leurs
alliés mettent en exécution leur plan et arrivent à briser l’unité de ce pays! Ça
serait sa balkanisation avec en prime une situation conflictuelle entre ces mini
états que viendraient encourager les pays voisins composées des mêmes
ethnies.
Ceci dit, je ne pense pas les USA ne vont pas employer la même stratégie
qu’ils avaient employé pour l’Irak. La stratégie pour l’Irak s’est avérée trop
coûteuse en hommes pour eux. A mon avis, ils vont profiter de leur présence
en Irak pour infiltrer les forces iraniennes et aider l’opposition pour déstabiliser
le pays et provoquer la chute du régime des mollahs. La deuxième phase qui
consisterait à faire éclater et à semer la pagaille ne serait pour eux après qu’un
jeu d’enfants..
Les Iraniens vont-ils continuer à suivre ceux qui les provoquent ou vont-ils
ôter aux USA toute justification d’une probable attaque, en mettant un terme ou
en gelant leur programme nucléaire, c’est ce que nous saurons dans les mois à
venir.
De mon coté je reste persuadé que ce n’est pas la bombe qui fait peur aux
américains, le Brésil et le Mexique pour ne citer que ces deux pays qui ne sont
pas loin d’eux développent leurs programmes nucléaires sans soulever autant
de protestations. Ce qui fait peur aux américains et qui les hantent n’est autre
chose que les réserves en pétrole et en gaz dont dispose la région et dont ils
veulent s'assurer et pourquoi pas contrôler les approvisionnements. Car en
mettant la main sur l’Iran après l'occupation ou la mise au pas de l’Irak tout le
moyen orient sera sous leur tutelle,
Et si vous souhaitez savoir ce que feraient les pays arabes du golf ? Je vous
répondrais qu'à part l'île d'Abou Moussa qu'occupe l'Iran depuis plusieurs
années et qui pourrait être récupérée par les Emirats Arabes, tous les pays du
Golf resteront tétanisés par la peur de se voir occupés et ne vaudront que ce
que valent la somme des zéros qu’ils ont sur les têtes.

Ainsi va Ghriss
                                                                Agadir le 23/09/07


L’APRES ELECTIONS
Je ne vais pas revenir sur les résultats des élections législatives ni sur le taux
de participation qui n’est que de 37% (d'après le ministère de l'intérieur) et qui
de ce fait ne renforce aucunement la légitimité d’Arraw N’Tanouhte, (partis
politique) mais au contraire met en évidence leur echec d'encadrer les
populations.
Je relève le manque de maturité et de responsabilité dans la réaction de
certains leaders de ces partis suite à la défaite subie par leurs partis.
Les uns qui n’ont pas réalisé le score dont ils se disaient être sûres d’atteindre,
accusent les autorités de passivité ou de complicité, d’autres qui se sont faits
éliminés par les urnes et qui devraient en tirer toutes les conséquences
menacent de dissoudre leur parti oubliant même que la dissolution d’un parti
n’est pas de leurs compétences. D’autres encore continuent d’afficher un
sourire de façade comme si de rien n’était alors qu’en démocrates dont ils se
réclament ils devraient céder leurs postes suite à leur rejet par la base et les
militants de leurs partis.

Comme je l’ai déjà dit et redis, chez-nous le ridicule ne tue pas. J’allais même
dire que certains s’en vantent ! Un parti pour ne pas le citer qui est au pouvoir
pour ne pas dire aux commandes et qui s’est trouvé devancé par quatre autres
partis alors qu’il était en pool position lors des précédentes élections devrait
se poser plus qu’une question.

Moi dont la connaissance en politique est très limitée, je savais que ce parti
partait se cogner contre Le mur. Si non pourquoi laisser de coté des cadres qui
ont juré fidélité au parti et prendre la décision de mandater des personnes qui
n’ont jamais appartenu au parti et qui jusqu’à quelques semaines avant les
élections étaient dans l’autre camp ?
Pourquoi demander à un militant soutenu par les habitants de sa région de ne
pas se présenter et de laisser la place au proche d’un leader qui n'a aucun lien
avec la région. Tous ces agissements ne peuvent être qualifiés que de
n’importe quoi.

Je suis certain que si Arraw N’Tanouhte ne revoient pas leurs copies d’ici les
communales, un raz de marée des élus sans appartenances politiques leur fera
plus de mal que les législatives.

Voilà, c’est tout ce que j’ai voulu vous dire bien que je me demande si je ne
devrais pas me dire de m’occuper de mes deux chèvres et de mes quatre
palmiers et laisser la politique à ceux qu’elle amuse ou plutôt à ceux dont elle
s’amuse!

Ainsi va Ghriss
                                                           Goulmima le 14/09/07



TDA TOWDANE AMZIL AWAR IGHF A LAHBAL !
Résultat des élections de la circonscription Ghriss / Tislite:
Mr Lahbib Choubani du PJD
Mr Ali Kbiri du MP
Mr Addi ou Hsain Ourho d'Al 3ahd
Maintenant que la fièvre électorale est dernière nous et que le résultat des
urnes est connu, j’ai envie de demander à mes amis Ghrissois de méditer cet
Izli :
"N’k Adaktigane Aya Dounw" (Je suis responsable de ce qui m’est arrivé).
Tout en félicitant les vainqueurs de cette consultation électorale, je relève avec
regret l’absence pour la deuxième fois consécutive d’une représentation
Ghrissoise au parlement. Goulmima et Assif N'Ghriss méritent au même titre
que Rich et Errachidia d'avoir un député parmi les élus de la nation.
Ce qui est encore plus regrettable c’est que nous avons attiré l’attention des
Ghrissois et leurs avons dit que la présentation de plusieurs listes à Ghriss ne
signifie autre chose qu’une élimination certaine, et c'est ce qui est
malheureusement arrivé.
L’addition des voix des deux candidats (USFP et PPS) de Goulmima aurait
permis à l'un d'eux d’être au coté du candidat PJD issu d’Errachidia et du
candidat du MP issu de Rich.
J’allais dire comme le dit le dicton arabe «Tajri Arriyah bima la tachtahi a
souffoune» mais dans notre cas ce n’est pas le vent qui nous a fait défaut,
c’est le manque de cohésion et d'accord pour ne désigner qu’un seul barreur
parmi-nous.
De petits calculs mesquins et des règlements de comptes entre individus sont
venus à bout des aspirations de toute une région.
Sans m'avancer sur ce que feront cette fois pour Ghriss messieurs Lahbib
Choubani et Addi Ourho dont c'est la deuxième élection dans notre
circonscription, ma grande consolation vient de l'élection pour la première fois
de Mr Ali Kbiri qui est un grand Ghrissois de coeur.

Ainsi va Ghriss
                                                              Goulmima le 08/09


"IHRK BARARA IRARTIDE OUSSAMIDE" DES ELECTIONS
Cette semaine la campagne électorale rentre dans sa dernière ligne droite.
Dans six jours nous saurons ceux que les urnes ont désignés comme
vainqueurs de cette course au parlement que je pourrais qualifier aussi de
course aux voix.
En attendant la semaine prochaine pour faire une analyse des résultats de
cette campagne, je vais vous livrer mon impression quant au déroulement de
cette première semaine.
En ce qui concerne la circonscription Ghriss/Tislite, je soulignerais tout
d’abord la timidité et le manque d’enthousiasme de cette campagne. Une partie
de la population se dit ne pas croire à tout ce que promettent les candidats qui
représentent les dix-sept listes en course dans cette circonscription. Elle
trouve aussi que tous les programmes se ressemblent et ne diffèrent souvent
que dans la manière dont ils sont présentés pour ne pas dire dont ils sont lus !
Même les militants de certains partis qui étaient si motivés et qui attendaient
ces élections avec beaucoup d’empressement ne cachent pas leur déception
lorsqu’ils se sont vus contraints de faire campagne pour des personnes qui
n’ont jamais fait partie de leurs familles politiques. Le parachutage n’a plu qu’à
ceux que certains Arraw N’Tanouhte (Partis politiques) ont imposé comme
têtes de listes malgré la protestation de leurs représentants régionaux. Je
pense que cette attitude qui a fait plusieurs mécontents fragilisera, et ébranlera
la conviction partisane de beaucoup de militants.
Je relèverais tout de même un point qui me semble important, c’est le fait que
les gens commencent à comprendre les attributions et ce que pourrait faire ou
apporter un parlementaire à sa région. Ils commencent à savoir que les
problèmes de voiries, de traitement des eaux usées ou de tout ce qui relève
des infrastructures de leurs villages sont du ressort des conseils municipaux
et des communes plutôt que des parlementaires. Je pense que les gens seront
plus intéressés aux prochaines élections communales qu’ils ne le sont
aujourd’hui pour les législatives.
Je relèverais enfin que l’étiquette politique du candidat ou le symbole qui
représente son parti auront moins d’impact que ce que représente le charisme
du candidat auprès des populations, exception faite pour un seul parti qui a
entrepris depuis longtemps un travail en profondeur auprès des populations à
travers les associations qui lui sont affiliées.
Pour conclure et à défaut de faire un pronostic à six jours de la date des
élections, et sans avoir aucune sympathie pour Arraw N'Tanouhte (Partis
politiques) qu'ils représentent, mon souhait est de voir ma région représentée
par un Ghrissois qu'il soit de naissance ou de coeur afin d'éviter ce que Ghriss
a connu durant les cinq dernières années.

Ainsi va Ghriss
                                                           Goulmima le 02/09/07
J’AURAIS AIME
Nous voilà en pleine campagne électorale. Je ne vais pas revenir sur le
découpage électoral qui a été fait et qui défavorise le Ghriss, je ne vais pas non
plus refaire une nouvelle fois la suggestion d’une stratégie pour que Ghriss ait
un représentant au parlement. Ce qui est fait est fait, espérons que le chemin
pris par les événements, ne prive pas la région d’être représentée..
Les partis politiques (Arraw N’Tanouhte) se valent et ne diffèrent l’un de l’autre
que par leurs noms. Leurs messages sont plus creux que les tambours
n’Issemkhane (Gnawa) et leurs programmes sentent la démagogie et ne sont
que des copier-coller de ce qui a été déjà promis.
Ceci dit, je ne m’empêche pas d'apporter mon humble éclairage sur le cours
des événements. C’est vrai que j’aurais aimé que Ghriss soit représenté au
parlement par un Ghrissois, mais à condition que ce Ghrissois soit à la hauteur
et puisse défendre les intérêts de la population et de la région, Ce qui n’a pas
été toujours le cas durant les élections législatives passées où quelques uns
des nôtres ne nous ont laissé que déception.
Pour rester honnête avec moi-même, je dirais qu’un bon Ghrissois de
naissance et de cœur serait l’idéal mais à défaut, je préfèrerais un Ghrissois de
cœur à un ghrissois de naissance qui ne se présenterait que pour défendre ses
intérêts personnels ou pour se faire de l’argent sur le dos de ses concitoyens.
J’aurais souhaité que même si le nombre des listes est de 10 ou 16, Ghriss ne
soit représenté que par une seule liste. Ce n’est pas bien sûr le cas
aujourd’hui, nous nous trouvons avec deux listes qui ont à leur tête un
Ghrissois, mais ce que je crains c’est la fragilisation de nos deux candidats par
les Ghrissois qui se présentent en seconde position dans d’autres listes.
J’espère que l'apport en voix à leurs listes ne privera pas Ghriss d’un
représentant au parlement..
En résumé et pour être plus clair dans mes propos, sur les trois sièges qui
reviennent à la circonscription Ghriss / Tislite dont fait partie Ghriss, j’aimerais
voir mes deux amis passer. Le premier qui est de Goulmima et qui a eu le
courage intellectuel de s’adresser aux Ghrissois à travers le site et l’autre de
Rich avec qui je me suis entretenu et qui est Ghrissois de cœur. Quant au
troisième qu’il soit d’Errachidia, de Gourrama ou de Boudnib cela ne
m’affectera point !
Attendons donc le résultat des urnes pour savoir. Mais espérons que Ghriss ne
sera pas oublié quelque soit ceux qui représenteront la région. Un septennat
de plus dans l’oubli serait de trop pour notre région !

Ainsi va Ghriss
                                                             Goulmima le 26/08/07

3KBAL N’GH !
Comme je l’ai déjà mentionné, ce qui est écrit dans ma chronique n’engage que
moi et ne reflète que ce que je pense. Certaines personnes partagerons peut
être ma vision des choses d’autres non. Ce libre choix fait partie de la liberté
de pensée et d’opinion et tant mieux.
Notre pays, même si beaucoup de choses restent à faire et à améliorer connaît
un développement certain depuis l’intronisation de Sa Majesté Mohamed VI.
Les choses ont beaucoup changé en ce qui concerne les droits de l’homme,
les droits de la femme, la liberté d’expression …etc.
Des grands chantiers concernant les infrastructures de base sont lancés, le
réseau autoroutier, les télécoms, les villes satellites, l’aménagement de zones
touristiques tout ça démontre que notre pays bouge. Même s'il faut du temps
pour rattraper le retard cumulé depuis des décennies.
Ceci étant, moi ce que je voudrais souligner, c’est la sagesse et surtout le
courage du souverain qui n’a pas hésité à renouer avec des villes et des
régions qui étaient presque oubliées au temps du règne de feu Hassan II.
Agadir, Meknès se sont métamorphosées. Le Rif et sa région voient
actuellement un développement que le nord du Maroc n’a jamais connu.
Tout marocain ne peut que se réjouir des efforts entrepris et de tout ce qui est
en train de se faire. Nous ne voulons pas que nos enfants et petits enfants
retrouvent les traces d’un Maroc utile et d’un Maroc inutile. Nous voulons voir
les villes du sud ressembler à celles du nord et à celles du centre du pays.
Ghrissois que je suis, je ne peux qu’espérer voir bientôt notre souverain venir
donner le coup d’envoi au développement de ma région et lancer le
développent du Sud Est à l’instar du nord.
Ma région a des potentialités de développement très importantes. L’adhésion
de toute la population pour accompagner le décollage socio-économique et
faire face aux défis de l'avenir est garantie. Les leviers du développement ne
manquent pas.
- L’Agriculture par la construction des barrages sur le Ghriss et le Frekla,
permettra de mettre en valeur les plaines du Ghriss, d'Amagha, du Frekla et de
Fezna.
- Le tourisme de montagne et de désert par l’encouragement des investisseurs
locaux et l’aménagement des circuits inter vallées (Ghriss, Todra et Ziz) et à
travers les Ksour le long des palmeraies fera de notre région une destination
prisée.
- L’artisanat par la mise en place d’un circuit de commercialisation des
produits locaux, relancera une activité économique et socioculturelle et offrira
une source de profits aux femmes rurales, prisée.
- Le secteur des mines qui n’est qu’à ses premiers balbutiements et qui
présente un potentiel certain et qui ne demande qu’à être exploité, réduira le
taux de chômage et répondra au voeux des demandeurs d’emplois,
Bref notre région n’attend que la visite de Sa Majesté le Roi pour sortir de cette
léthargie qui s’est emparée d’elle depuis des décennies.
Et comme il est de tradition de dire chez-nous, à celui dont on envie la
situation : « Outi sou kourbiy !! » (frappe-moi avec ta babouche)
Je dis aux gens du Rif « outatagh si Kourbine noune ! »

Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le10/08/07



LE TEMPS DU BESSIF EST REVOLU !!
Notre grande Institution « Dar Al Hadith Al Hassani » d’où sortent nos Imams et
théologiens vient de prendre une excellente initiative en incluant dans ces
programmes l’étude des trois autres grandes religions à savoir le Judaïsme, le
Christianisme et bouddhisme. Et comme une bonne nouvelle ne vient pas toute
seule, l’apprentissage du Français et de l’anglais feront partie des matières qui
seront dispensées par cette grande institution.
Si cette programmation va permettre à nos théologiens de mieux saisir et
comprendre les autres religions, il reste à faire passer le message au grand
public et lui rappeler que pour nous les musulmans, Jésus et Moise sont des
prophètes et qu’ils étaient aussi porteurs de la parole divine.
Et sans user de la langue de bois, je dirais, que sans être en accord avec un
juif ou un chrétien qui est réticent à reconnaître notre religion, je comprends sa
position du fait que l’islam est venu bien après la religion à laquelle il croit .
Ce qui n’est pas le cas pour nous les musulmans qui savons que David
(Daoud), Moise (moussa), Jésus (Aissa) et tant d’autres sont « Anbiya Allah »
au même titre que notre prophète Mohamed.
Je ne comprends donc pas et je ne suis pas d’accord avec tous ceux qui voient
en ces « Ahl Alkitab » autre chose que des personnes qui croient en un dieu
unique et en l’un de ses prophètes.
Le meilleur moyen d’expliquer l’islam reste la manière de se conduire qui doit
être exemplaire en se conformant à ce qui nous a été recommandé par notre
religion qui est une religion de compréhension, de respect et de tolérance ;
La loi du glaive n’est plus de mise et si j’avais le pouvoir de supprimer un mot,
un terme de la langue arabe je choisirais le terme « Bessif » car on n’use du
glaive que quand on est en court d’arguments pour convaincre et ce n’est pas
notre religion qui en manque.
Une religion qui recommande à ses adeptes de saluer par la formule « A Salam
ou 3alaikoum » (paix sur vous) toute personne étrangère qu’ils croisent ne
peut user en même temps du « Saif » contre cette même personne !
La contradiction se trouve quelque part et ce n’est pas à l’autodidacte que je
suis de trouver cette contradiction même si l’Ijtihade nous est tous
recommandé.

Ainsi va Ghriss ...
                                                               Agadir le 04/08/07


UN « DEUX EN UN » EXCEPTIONNEL !
Pour changer un peu, j’ai réservé la chronique de cette semaine à un sujet qui
ne concerne pas directement notre région même si la personne dont il est
question à beaucoup apprécié le Sud Est de notre pays. Je vous livre ma
pensée et à vous d’apprécier.
Il y a quelques années la grande trouvaille des marketteurs était la formule «
Deux en Un » (2 en 1). C'est ainsi que tout le monde s’y jette. Les vendeurs de
produits d’hygiène et des produits cosmétiques proposent au grand public via
des spots publicitaires des nettoyants - assouplisseurs ou des shampooings –
démêleurs.
Même si on n’est pas certain de l’efficacité totale du produit les gens achètent
parce que ça fait nouveau et aussi parce qu’on a l’impression d’avoir fait une
bonne affaire en achetant deux produits au prix d’un !
Ce qui se prépare outre atlantique est un grand et énorme « Deux en Un ». Bien
sûr qu’il ne s’agit pas de savonnettes ni de détergents miracle, Plus que ça,
vous dirai-je, puisqu’il s’agit d’Hillary et de Bill Clinton ! En effet, je reste
persuadé que Mme Clinton remportera l’investiture de son parti pour les
présidentielles américaines et encore plus sûr que son parti sortira vainqueur
et remportera l’élection présidentielle de l’année prochaine face aux
républicains trop affaiblis par la politique trop hasardeuse de G.W. Bush.
Ainsi, les USA se retrouveront avec deux présidents pour une même fonction,
un Past-Président qui a laissé une bonne impression aussi bien dans son pays
que dans le monde malgré le petit scandale de Monika (mais bon pour nous les
hommes on lui pardonne ce n’est pas si grave que ça et puis c’est elle qui l’a
certainement provoqué) et Puis une Présidente qui a été une bonne conseillère
pour son mari durant ses deux mandats et qui a su être intelligente et déjouer
les coups bas que ses adversaires voulaient asséner à son couple. .
Même si au début je vous ai dit que ma chronique ne traite pas d’un sujet
concernant Tamazirte, Je pense que les élections législatives prochaines
auraient pu donner à notre région un (3 en 1) et pourquoi pas un (2 en 3) si les
Ghrissois avaient présenté une seule liste comprenant un Marghadi, un Akbli
et un Chrif quelque soit le rang que chacun occupera ! .
Oui, je sais que je rêve et c’est ce qui me rapproche des gens du marketing !

Ainsi va Ghriss ...
                                                              Agadir le 28/07/07



LA COMPLEMENTARITE GHRISSOISE
La discrimination positive, voilà une formule que les français ont trouvé pour
intégrer les élites d’origines étrangères dans les grandes sphères de l’état.
Formule qui peut répondre même si ce n’est que partiellement au problème
que rencontre tous les français qui ne sont pas de souche à décrocher un
emploi ou à occuper une haute fonction qu’ils n’arrivent pas à avoir du fait de
leurs origine non française même s’ils disposent d’une bonne formation ou de
diplômes de grandes écoles.
A Ghriss, Dieu merci la notion d’étranger est inexistante tous ceux qui vivent
ou sont d’origine de Ghriss sont Ghrissois. Notre région dispose d’un potentiel
humain considérable composé de plusieurs ethnies. Mais cela ne suffira pas
pour que notre région profite de cette diversité et accentue son développement
tant que chaque ethnie se renferme dans son petit cercle, ignorant toutes les
autres composantes de la population et tout ce qui se passe autour d’elle. Ce
qu’il faut que nous intégrons d’une manière positive c’est notre
complémentarité même si la complémentarité ne peut être que positive.
Cette diversité des habitants de Ghriss devrait avantager notre région et non
l’handicaper. Des Imazighen, des Arabes, des Imazighen arabisés et des
arabes berbèrisés avec leurs différentes origines et couleurs de peau. Avec
leurs us et coutumes différents, voilà qui devrait être un plus et nous avantager
sur les populations monochrome ou composées d’une même ethnie.
Tamazirte a besoin des apports et contributions de toutes les composantes de
sa population. La diversité de cette dernière ne l’appauvrit pas mais au
contraire l’enrichit et la complète. Voir les choses sous cet angle ne fera que
nous rapprocher les uns des autres et ne sera que bénéfique pour notre
région.
L’histoire récente nous a appris que toutes les populations qui adoptent une
ségrégation raciale ne font que précipiter leurs disparitions
Ainsi va Ghriss ...
                                                               Agadir le 22/07/07



LA RAISON DU PLUS FORT
Certainement que vous connaissez la fable « le loup et l’agneau » de La
fontaine où toutes les explications fournies par le petit agneau n’ont servies à
rien pour convaincre le méchant loup de lui laisser la vie sauve.
Je fais allusion à cette fable pour aborder l’attitude des pays développés
envers les pays en voie de développement même si quelques uns auraient
préféré que je dise "pays sous-développés". D’ailleurs pour moi c’est kif-kif «
Halouf Karmouss » !
Il y’a quelques années les pays occidentaux et particulièrement la France ne
cessaient de plaider pour la libre circulation des personnes et des biens,
montrant du doigt accusateur tous les pays qui limitaient ou conditionnaient la
délivrance de passeports à leurs citoyens et les accusant d’atteinte aux droits
de l’homme. J’aurais apprécié et continué à applaudir si par la suite il ne s’est
avéré que tout ce qu’on nous reprochait n’avait pas comme objectif autre
chose que le respect d’un principe noble.
Mais hélas nous n’avons compris que ce tralala n’avait pour but que de faire
bénéficier la France d’une main d’œuvre bon marché pour l’exploitation de ses
mines de charbon et son industrie qui n’était pas encore mécanisée.
Aujourd’hui que les mines sont fermées et que les robots ont remplacé les
gros bras chez les constructeurs automobiles, c’est un autre gros lapin que
Sarko nous sort de son chapeau. Et ce leurre a pour nom « l’immigration
choisie » !.
Ainsi donc que le pays des droits de l'homme, de la liberté,de l'égalité et de la
fraternité n’ouvrira ses portes qu’aux candidats qu’elle aurait triés et choisis.
Bonjour donc l'égalité!
Des ingénieurs des médecins, des informaticiens, tous ceux dont le pays aura
besoin pour l’aider à sortir de son sous-développement et qui lui ont coûté une
fortune pour leur formation seront accueillis les bras ouverts en France. Belle
trouvaille de Sarko !
Apres avoir profité de richesses minières, après l’utilisation de nos braves
montagnards pour défendre la patrie et lutter contre le nazisme, après les
gueules noires marocaines exploitées dans les mines de charbon du nord, et
tout en nous parlant d’encourager l’instauration du commerce équitable, voilà
qu’on vise nos cadres ! Ce qui est inacceptable, c’est qu’au moment où ils
essaient d’attirer nos cadres, ils font tout pour renvoyer au pays ceux qu’ils
estiment usés et non exploitables, laissant même entendre qu’ils pourront aller
jusqu’à refuser le renouvellement (je dis bien renouvellement et non obtention)
d’une carte de séjour pour une épouse marocaine parce qu’elle ne parle pas
bien la langue de Molière !
Que faire alors me diriez-vous ?
Tant que la situation économique de notre pays ne nous permet pas
d’appliquer le principe de la réciprocité et de refuser ici à Françoise ce qu’on
refuse à Aicha de l’autre coté, on risque de ne faire que ce qu'a fait l’agneau de
la fable et subir la loi du plus fort.
Si ça ne dépendait que de moi, je réagirais avec force à ces manœuvres qui
nous humilient et qui veulent faire de nous des hommes et des femmes de
seconde catégorie en appliquant à la lettre le message que Zaid ou Hmad avait
adressé au commandant de l’armée coloniale de Tinghir qui voulait l'encercler
l’affamer dans la montagne de Badou, ce message était comme suit:
"Je me nourris de ma liberté et de ma fierté, vous pouvez m’arrêter et me priver
de la première mais sachez que vous n’arriveriez jamais à me faire perdre la
seconde".

Ainsi va Ghriss ...
                                                              Agadir le 14/07/07



EN MARGE DU FESTIVAL "TIMITAR"
Depuis quelques années nous constatons que dans notre pays aucune
manifestation ou événement ne se déroule sans que la question de
l’Amazighité soit posée. La revendication de tout un peuple pour que sa culture
ait sa place sans qu’elle soit folklorisée et que sa langue soit reconnue comme
langue officielle au même titre que l’arabe ne cesse de s’amplifier d’une année
à l’autre.
Hier en rentrant chez-moi après avoir suivi la prestation en plein air du grand
groupe Kabyle, Amazigh « Djur Djura », J’ai suivi l’émission q’une de nos
chaîne de tv diffusait à l’occasion du 40éme jour du décès du grand militant
des droits de l’homme feu Driss Benzekri. Plusieurs intervenants qui après
avoir rappelé le militantisme et les années de souffrance et de détention du
défunt, ont mis l’accent sur ce nouvel esprit de réconciliation qui doit prévaloir
entre ceux qui jadis donnaient des coups et ceux qui en recevaient !
Amen aurais-je dis ! Mais à condition que l’âme de la commission que présidait
feu Driss Benzekri qui n’est autre que « L’Equité » soit effective et appliquée
pour tous et pour tout !

Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas bien sûr le cas en ce qui concerne
la langue et la culture Amazigh ! Et ça m’inquiète !
Ca m’inquiète parce que certains militants Amazighs, qui il y a quelques
années se contentaient de demander que leur langue soit acceptée et reconnue
commencent maintenant à rejeter l’autre. Les prémisses d'une radicalisation et
d'une dérive sont là et ce n’est pas du tout un bon signe. Quelques artistes ont
vu leur prestation et leur voix devenir inaudible par les cris des centaines de
jeunes qui criaient « Imazighen, Imazighen, Imazighen ».
Il est vrai que des personnes ont connu la prison et l’isolement durant des
années, mais n’oublions pas que toute une culture, une langue et une identité
continuent d’être marginalisée et isolées depuis des siècles !
Il me semble qu’il est du devoir de nos responsables d’anticiper et de trouver
des solutions qui vont dans le sens de l’histoire et d'oeuvrer dans le même
esprit de ce que voulait feu Driss Benzekri (Marocain et Amazigh pour ceux qui
ne le savent pas). Cet esprit qui se résume en deux mots Equité et
Réconciliation. Mais notez bien que même dans sa formulation, réconciliation
ne vient qu’après équité. Et sans équité la réconciliation ne sera que de façade
!!
Ainsi va Ghriss ....
                                                               Agadir le 08/07/07



LA CULTURE DU DOUBLE LANGAGE EST DE RETOUR
A la veille des élections législatives, voilà que réapparaît le double langage que
certains excellent à travers les médias. Soit qu’ils vous disent une chose le
matin et son contraire le soir, soit ils vous promettent de corriger ce qui vous
semble injuste et anormal tout en assurant l’autre de ne rien changer à la
situation.
Cette technique de double langage ne date pas d’aujourd’hui, elle a toujours
été utilisée pour tromper des personnes sinon des tribus toutes entières.
Me vient à l’esprit ces messages envoyés de Fès à ma tribu et aux miens qui
résistaient aux attaques de l’armée française et qui leurs disaient : Combattez
les mécréants jusqu’au dernier homme de votre tribu » et Aux généraux de
l'armée française on disait ; mâtez ces tribus rebelles et insoumises qui ont la
tête dure » Et pendant ce temps, eux il envoyaient leurs enfants aux écoles
françaises et collaboraient avec l’occupant.
D’Ameglagal de Goulmima à Saghro puis à Baddou que de souffrance et que
de morts, alors que certains fêtaient à Fès, Rabats et Casa la réussite de leurs
enfants dans différents niveaux scolaires, nos grands parents eux, traînaient
leurs progénitures entre les monts escarpés et les vallées rocailleuses du haut
et de l’anti-Atlas pour les protéger des obus et des bombardements de l’armée
française.
De 1912 à 1934 que de privations et de disettes pour les uns alors que d’autres
sont coiffés à la « Frizi » et passaient leurs vacances scolaires en colonies de
vacances sous les chênes de Maamora ou les cèdres d’Ifrane.
Ce fait est une réalité historique qui a concerné ma tribu et mes proches
parents et je ne regrette rien de ce qu’ont fait les hommes de ma tribu. Au
contraire je ne peux qu’être fier de leur courage et de leur ténacité. Mais ce qui
m’écœure c’est ce double langage que certains continuent d’entretenir « Bla
hhya bla hchma » selon les circonstances du moment et le temps de se faire
encore une fois du beurre sur dos des Imazighen. Tantôt ils vous disent que
Tamazighte sera reconnue, le jour suivant ils disent qu'elle ne le sera pas !
Ce double langage que nous tiennent aujourd'hui certains leaders "N'Warraw
N'Tanouhte" est du même genre que celui que "Tanouhine" avaient tenu à ma
tribu et aux troupes françaises il y a plus d'un demi-siècle:
« Combattez les mécréants jusqu'au dernier homme de votre tribu disaient-ils
aux résistants et matez ces tribus berbères insoumises demandaient-ils aux
troupes françaises» !

Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 01/07/07


LA MUSIQUE GNAOUIE
Sans être un mélomane ni un averti dans le domaine musical, je suis comme le
commun des mortels, quelqu'un qui s’intéresse à sa manière ou plutôt suivant
ses possibilités à ce domaine qui fait partie de notre vie de tous les jours.
Il est vrai que le domaine de la musique avec toutes ses variétés n’épargne
personne, du sacré au profane en passant par le spirituel chacun y trouve son
dada.
Même reconnaissant que mes connaissances dans le domaine musical sont
très limitées, j’ai choisi cette semaine de vous parler de la musique pour deux
raisons.
La première c’est que le 21 juin est en train d’être reconnu mondialement
comme journée de la musique. Même les USA qui sont d’habitude réticents à
tout ce qui est « Frenshes » ont fini par fêter cette journée cette année. Les
rues de New York a vécu une nuit entière aux rythmes de toutes sortes de
musiques. Ce qui n’a pas déplu à Jacques Lang, initiateur de cette
manifestation qui s'est d'ailleurs déplacé pour la circonstance aux USA.
La deuxième raison est la tenue pendant ces derniers quatre jours du dixième
festival Gnawa à Essaouira.
Déjà dix ans me diriez-vous !
Eh bien oui, dix ans enfin pour que cette musique des esclaves ait sa place et
soit reconnue comme telle.
Les USA n’étaient pas les seuls à avoir pratiqué l’esclavagisme. Les pays
arabes l’avaient pratiqué aussi pour ne pas dire que certains continuent à
l’entretenir d’une manière moins voyante. Mais les USA lorsqu’ils l’ont aboli et
peut être même avant qu'ils le fassent ont tout fait pour que cette musique des
esclaves ait sa place et soit reconnue comme musique d’un peuple opprimé
dont le saxophone et les autres instruments traduisent les complaintes des
ouvriers des plantations de coton de la Louisiane.
Notre musique Gnaoui elle, est restée « esclave » malgré l’affranchissement
des personnes. Le timbre grave du "Hajhouj" qui traduit les coups de fouets
assénés aux esclaves qui travaillaient dans les mines de sel et les « cris »
aigus des castagnettes « Tikarkachine » qui symbolisent le bruit des chaînes
métalliques qui attachaient les pieds de ces malheureux à qui on ne reprochait
autre chose que d’avoir la peau à la couleur d’ébène !
Et pour revenir au festival d’Essaouira, ce festival donc qui essaie de faire
connaître notre jazz, a le mérite d’essayer de regrouper ces deux variétés de
musique d’un même peuple.
Eh surprise ! la fusion entre les rythmes des M3alem du Gnaoui et des grands
artistes du jazz est totale. Les acteurs sur scène n’ont pas besoin de
traducteurs pour communiquer. Le Hajhouj aussi traditionnel qu’il est en
accord total avec le saxo et la batterie. Les balancements des corps ont le
même rythme et les esprits communiquent entre eux à travers des canaux que
l’homme ne maîtrise plus !
C’est normal me suis-je que les instruments qui expriment la même souffrance
d’un même peuple s’entendent et s’accordent !
Voilà ce que cet alizé qui caresse chaque jour la fille du vent qu’est Essaouira
m’a inspiré ce jour. Mais rassurez-vous, aussi frais que soit le vent d'Essaouira
cela ne m'a pas fait oublier Ravel et son boléro, Vivaldi et ses quatre saisons,
N3ini3a et son « kard a bounou » et Lhhamouniya et son "Bsmelmel ka
tmelmel"
Ceci étant dit, j’attends le jour ou le sens péjoratif de la négritude soit oublié et
que ce mot ne soit plus compris que dont le sens dont le voulait feu Senghor.
Et si le Jazz et le Gnaoui sont des musiques de nègres ; alors je revendique
cette négritude et vous dis que je suis le plus nègre de tous les nègres !

Ainsi va Ghriss ...
                                                              Essaouira le 24/06/07



SOUSSIS AVEC DES SOUCIS ET FELLAH SANS DLAH !
La mondialisation et le libéralisme dont beaucoup de pays vantent les mérites
et dont d’autres dénoncent la mainmise des pays riches sur l’économie
mondiale, est en train de s’opérer à échelle réduite dans notre pays.
Il y a quelques années on disait que la finance est détenue par les Fassis,
l’Agriculture par les 3roubi et le commerce par les Soussis. Ce schéma aussi
caricatural qu’il était, reflétait une certaine réalité des domaines d’intervention
sur le terrain de chaque ethnie.
L’arrivée des multinationales d’une part et des grands groupes bien organisés
et disposant de grands moyens financiers sont en train de chambouler cette
situation qui prévalait depuis plusieurs décades au Maroc.
Nous constatons que le domaine de l’épicerie est en train de mourir à petit feu
cédant malgré lui le terrain aux grandes surfaces et aux supérettes. La
prochaine évolution dans ce domaine qui sera un coup de grâce pour la
domination des Soussis n’est autre que l’implantation de petites boutiques de
proximité appartenant à une chaîne de grande distribution. Et là nous dirons
adieu aux inscriptions "Ali-mentation Générale" et "Brahimentation Générale"
Ca sera "Hanouti" ou quelque chose de proche.
Aussi, si les Soussis veulent éviter des soucis qui pointent à l’horizon, il faut
réagir très vite. Et à défaut de trouver un moyen de contre attaquer, il faut
qu'ils pensent à une éventuelle reconversion !
Moins voyante la mutation qui s'opère dans le domaine agricole qui tout en se
modernisant est en train de vivre une mutation en douceur en faveur des
grands exploitants. Les petites parcelles et « Igamoune » sont en train d'être
phagocytés par plus grands qu’eux. La rareté de l’eau et le prix de revient des
petites productions finiront par mettre à genoux les petits fellah qui céderont
leurs petits champs de pastèques et viendront recréer des « villes avec
bidonvilles »
Quant au domaine financier, je n’en parle même pas car plus financier
qu’Oudghiri tu meurs !

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 12/06/07

LES DROITS N’TMAZIRTE
Un Grand homme, vient de nous quitter il s’agit de feu Driss Benzekri président
du Conseil consultatif marocain des droits de l'Homme.
Nommé en 2003 par le roi Mohammed VI à la tête de l'Instance équité et
réconciliation (IER), Feu Benzekri en grand militant, intègre a su mener à bien
la mission dont il fut chargé. Acteur actif dans le processus démocratique que
vit notre pays il est resté toujours égal à lui-même un homme à la recherche de
la vérité.
Sa droiture, son honnêteté et son intégrité ont fait de lui l’homme qu’il fallait
pour présider la commission chargée de dévoiler les vérités sur les violations
des droits de l'homme que notre pays a connu durant les années de plomb
(1960-1999).
Nombreux sont les militants qui ont passé de nombreuses années dans les
cachots de Derb My Chérif à Casablanca, à Tazmamarte, à Agdz ou à Kenitra et
qui après avoir été écoutés par la commission que présidait feu Benzekri et
raconté ce qu’ils avaient enduré comme tortures et souffrances dans leurs
geôles ont retrouvé l’envie de revivre . C’était déjà une énorme délivrance que
d’extérioriser ces mauvais souvenirs qui hantaient les jours et les nuits de ces
anciens prisonniers.
Même s’il est difficile d’indemniser une souffrance vécue par un détenu pour
ne pas dire un torturé. L’état a essayé de se rattraper en allouant une
indemnisation à certains et en se préparant à le faire pour d’autres.
Notre région n’a pas été épargnée et de nombreux Ghrissois ont souffert dans
leur chair des suites de ce que notre pays et particulièrement notre région a
vécu après les événements de 73. Des amis ont souffert le martyre certains en
sont revenus malades et diminués. D’autres en ont laissé la vie (Louzi Bassou)
pour ne citer que cet ami de classe qui aimait la vie et dans les smash au
volley-ball ne laissaient aucune chance aux équipes adverses,
Feu Driss Benzekri n'avait peut être pas tort quand il demandait à toutes les
personnes qui étaient emprisonnées qu’il faut savoir tourner la page et
pardonner. Mais Tamazirte elle, elle n’a jamais été écoutée ni indemnisée pour
faire le deuil de ce qu’elle a vécu.
Pour Goulmima et Amellago la souffrance continue, cette souffrance qui n’est
pas due ni aux coups de matraques ni aux électrochocs d’une magnéto mais
qui a pour nom : la marginalisation.
Et pour que le travail de réconciliation aille jusqu'au bout Il serait souhaitable
que la dynamique initiée par le souverain continue et intègre dans son action la
relance du développement de la vallée du Ghriss. Car qui dit droits de l’homme
dit droits n’Tmazirte !

Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 26/05/07


AM OUSKA, AM WASSA, AM WASNATE !
ON ELIT LES MÊMES ET ON RECOMMENCE !
Les échéances électorales sont des occasions toutes désignées pour proposer
et innover dans les domaines de la gouvernance d’un pays.
C’est une occasion de rompre avec une certaine manière de faire du passé et
d’intégrer les nouvelles donnes pour une gestion et une approche en phase
avec l’évolution de la société et du monde.
Pour ce faire, il faut avoir le courage de se remettre en question, d’admettre
que chaque chose a son temps, de savoir passer le témoin quand il le faut aux
nouvelles générations et de croire qu’on peut toujours améliorer ce qui a été
fait ou entrepris par soi-même ou par quelqu'un d'autre.
Pour un pays, les élections législatives et le nouveau gouvernement qui en
découle sont comparables au renouvellement d’une garde-robe. On se sépare
même si c'est avec regrets de ses vieux habits que le temps et la pratique ont
usés et on y intègre de nouveaux vêtements qui répondent à la mode et l'air du
temps.
Chez-nous, les vieux bernouss veulent toujours être de la fête même si leurs «
Tawtatine » sont toutes dégarnies et que leurs couleurs ne sont plus aussi
éclatantes qu’elles l'étaient jadis.
On leur à fait savoir qu’il ne s’agit plus de danser Ahidouss ou Ahwach dont ils
excellaient, et que ce temps que nous vivons est celui du « hip hop », du « hot
bot » et du « rap » dont les rythmes endiablés n'ont rien à voir avec les
mélodies endormantes qu'ils ont l'habitude de pratiquer, rien à faire, nous y
sommes et nous y restons répondent-ils.
Ainsi encore une fois, le renouvellement des élites politiques, au niveau de nos
partis et de notre parlement risque de ne pas être au rendez-vous avec
l'histoire.
Le rajeunissement dont les partis nous ont cassé les oreilles durant des
années reste un slogan creux. Ce qui est en train de se préparer démontre
qu’on ne laissera aux candidats fils du peuple que les restes de l’Ouzi3te.
Ca ne sera pas encore demain que nous verrons un gouvernement avec des
Assou, Bassou, Sékou ou Moha. Les dirigeants d’Arraw N’Tanouhte qui sont
en majorité de Fès, Rabat et Casa ont bien préparé leur stratégie pour rester
aux commandes. Après les élections ils se partageront les fauteuils
ministériels ou à défaut y mettront un fils, une fille, un gendre ou quelqu’un qui
leur est proche.
Atmane tu as beau être lauréat d'une grande école, d'être major de ta
promotion et compétant dans ton domaine, à leurs yeux cela ne suffit pas. Il te
faut apprendre à imiter le hibou, ce que tu ne feras pas j'en suis certain.
Mme Rachida Dati, a de la chance d'être de l'autre coté de la mer où le critère
de la compétence est prépondérant !

Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 19/05/07




ZAYDASS NA3NA3 I WATAY !!!
Un adage dit : Le malheur des uns, fait le bonheur des autres.
Bien que pour moi, le bonheur n’est complet que lorsque il n’est pas la
conséquence d’un malheur qui aurait touché l'autre, je continue à penser que
la vie n’est qu’une suite d’événements qui sont heureux pour les uns et
malheureux pour d’autres. Wiyha et Warrou, les deux grands dieux de la
mythologie berbère ne cessent de nous faire pleurer et rire, de nous faire peur
et de nous laisser espérer. Jusqu'où veulent-ils nous emmener, personne ne le
sait. Et "Loundja" fille de l'ogresse (Tarire) n'Haror ne saura non plus le
prédire.

Ces dernières années nous constatons que les grands de ce monde
commencent à prendre au sérieux le changement climatique que connaît notre
planète. Ce changement qui touche la globalité des continents avec son impact
négatif pour les uns et une lueur d’espoir pour les autres.
De la fonte des glaciers au chevauchement des saisons en passant par El nino,
le tsunami, les cyclones etc. Nous voyons que ce changement prend une allure
rapide au point où il suffit d’une décade pour le constater.
Les savants sont unanimes sur les conséquences que cela engendrerait.
Certains ne cessent de nous bombarder d’informations apocalyptiques en
avançant toute une série de catastrophes dont, la disparition des espèces, la
déforestation de nos montagnes, la disparition à jamais sous les flots de
certaines îles et îlots suite à l’augmentation du niveau des mers et océans. Ils
prétendent qu’une augmentation d’un degré de la température des eaux des
océans remettrait en cause l’équilibre de l’écosystème, modifierait la
répartition des pluies, ainsi que la durée et l’intensité des saisons.

Mais ces savant ne nous disent pas quel est le devenir des régions déjà arides
et sèches ? celles qui sont déjà « au fond du puit ! » Il ne nous disent pas, si
nos montagnes rocailleuses vont rester toujours chauves, et si le tarissement
continuera a frapper nos fleuves et nos lacs ? ou par contre si ce
chamboulement planétaire qui est en train de s’opérer va redonner une vie à
notre région et transformer nos plaines arides en pâturages ?.
Dans notre région, depuis deux années, les pluies abondent, les sources taries
depuis plusieurs années rejaillissent au bonheur des populations, les champs
et les palmiers redeviennent verdoyants, nos oueds continuent de couler d’une
eau claire et limpide même si de temps à autre de nouvelles crues viennent
troubler pour quelques jours cette limpidité.
Tout ce que je souhaite c’est que ce changement bénéfique pour notre région
continue. Peut être que nos petits enfants verront comme l’ont vu nos parents,
les arbres recouvrir nos montagnes, des troupeaux de gazelles gambader entre
Goulmima et Errachidia, des mouflons escalader les falaises escarpées de nos
montagnes et des canards sauvages peupler paisiblement les étangs formés le
long de nos oueds. Sans aller jusqu’à voir réapparaître les dinosaures dont les
squelettes ont été retrouvés pas loin de Ghriss, ça serait déjà magnifique et
suffisant si notre oasis a assez d'eau pour assurer sa survie.
Ainsi va Ghriss
                                                                 Agadir le 12/05/07

DE ROUICHA A 3TABOU
- Que faut-il avoir ou faire pour être reconnu en tant que grand artiste du
showbiz chez-nous et avoir droit au passage sur les plateaux de nos chaines
de TV ?
- Faut-il être un bon parolier, un bon compositeur, un bon musicien ou un bon
chanteur ?
Vous me diriez que la réponse est évidente et qu'ill suffirait d’être bon dans
l’un des quatre domaines !
Et bien non ! Cela ne suffit pas, même si vous êtes excellent dans deux, trois,
ou même dans les quatre domaines . Il faut être autre chose ou pour être plus
précis ne pas être autre chose !
La preuve ? Voyez vous-même la marginalisation dont sont victimes nos
artistes Amazigh et particulièrement nos deux grands artistes que sont Najat
3tabou et Mohamed Rouicha.
3tabou jeune femme émancipée fière de son amazighité n’est pas seulement
interprète mais également auteur et compositeur de ses chansons.
Mohammed Rouicha encore plus puisqu’il est parolier, compositeur, interprète
et musicien. Et pourtant nos boites à images ou ceux qui se chargent des
programmes continuent à ignorer ces artistes de grand talent et font appel à
certains artistes du moyen orient qui attirent plus l’attention par l’exhibition sur
les plateaux de TV de leurs chevelures traitées aux gels ou leurs généreuses
poitrines qui sentent la silicone
Les efforts fournis par Rouicha, et 3tabou de chanter en arabe n’ont pas suffit
pour leur ouvrir les portes des studios, car le problème ne réside pas dans le
fait de chanter en arabe mais dans le fait qu’ils sont Amazigh !
Ces messieurs ne savent pas que même pour tout l’or du monde nos deus
artistes ne renonceront jamais à leurs identités quitte à aller chanter sous
d’autres cieux pour l’une et rester au cœur de son atlas natal pour l’autre. .
Moha ou Mouzzoune avait déjà chanté: «Ourda zalagh nsbinou, a yaytma
laslinou d’amazigh»
Ainsi va Ghriss
                                                               Agadir le 06/05/07


CA SERAIT BIEN SI ARRAW N’TANOUHTE ….
L’expérience démocratique que vit notre pays serait exemplaire si Arraw
N’Tanouhte (Partis politiques) commençaient par respecter les règles de la
démocratie. Mais hélas, ce que nous constatons est loin de nous rassurer. Les
vieux partis et particulièrement leurs dirigeants refusent de passer le témoin
aux plus jeunes qu’eux ; et s’ils sont obligés de le faire pour une raison ou une
autre, ils s’arrangent pour se faire remplacer par leurs descendants directs, et
c’est ainsi que les enfants du peuple se trouvent par la force des choses
«démocratiquement« écartés.
Cette technique qui permet de s’emparer du pouvoir et le léguer par la suite à
ses proches a de fortes chances de se reproduire après les futures législatives.
Je vais essayer de vous expliquer le cheminement de cette stratégie qui
continuera de faire de nous les dindons de la farce et les grands marginalisés
de cette « affaire politique ».
Nous voyons déjà comment les ténors des partis politiques cherchent à
s’assurer une place au parlement en choisissant des circonscriptions dans
lesquelles ils n’auraient pas de problèmes pour être élus, même si c’est au
dépend des enfants natifs de ces circonscriptions. Par la suite ces mêmes
ténors qui détiennent le droit d’accréditer les futurs candidats (Tazquiya) feront
tout pour choisir les béni ouioui qui suivront à la lettre leurs consignes et
recommandations.
In fine, les leaders des partis appelés à constituer le gouvernement se
proposeront pour occuper les postes ministériels et à défaut y nommeront
leurs fils ou filles.
Sans douter de la valeur de certains ministres de l’actuel gouvernement, je
constate que pour un parti que vous connaissez tous, le pouvoir est passé «
démocratiquement » des pères aux enfants ! Tout simplement parce que ces
les parents qui font partie du bureau politique du parti ont tout naturellement
proposé leur propres enfants aux postes de ministres !
Drôle de démocratie me diriez-vous !
Hé oui, les partis politiques et leurs leaders bien qu’ils sachent que la majorité
des marocains et particulièrement des jeunes ne se reconnaissent pas dans
leurs programmes ont tout fait pour fermer la porte devant les ambitions des
personnes indépendantes et ont mis tout en œuvre pour étouffer au sein de
leurs partis l’émergence de gens du peuple.
Et si on ajoute à toutes ces manoeuvres les difficultés que rencontre toute
personne qui souhaiterait créer un nouveau parti politique, vous en déduirez
que le prochain gouvernement ne sera qu’un remake de l’actuel.
On ne verra certainement pas dans la prochaine formation gouvernementale un
Moha, un Maâti et encore moins un Mansour. Ca sera peut être pour plus tard !
Quand Arraw N’Tanouhte et Tanouhine se rendront compte qu’ils sont seuls à
écouter leurs lugubres ramages.
Les enfants d’«Anfgou» et des localités de l’Atlas, préparez-vous à vivre des
moments encore plus difficiles.

Ainsi va Ghriss !
                                                                Agadir le 15/04/07



MON BREF SEJOUR A TAMAZIRTE
Bien que mon séjour à Goulmima soit de courte durée, j’ai pu tout de même me
rendre compte des effets positifs des pluies qui cette année ont arrosé à
plusieurs reprise notre bled. Les ergs rocailleux qui séparent les oasis sont
recouverts de verdure au point où les apiculteurs ont envahi ces espaces
verdoyant en y installant des centaines de ruches d’abeilles. Ce qui présage
d’un bon « cru » de miel dans quelques semaines.
J’ai pu m’entretenir aussi avec quelques membres de Taqbilte « Lajma3te
n'Ighrem». nous avons discuté de divers points et plus particulièrement des
demandes de location des terres entre Goulmima et Errachidia émises par
certaines personnes à la recherches de profit. Sur ce point je me réjouis de
constater que taqbilte est consciente du risque que constituerait tout pompage
d’eau de la nappe phréatique alimentant nos sources et comme ils m'ont dit si
un jour une location se ferait, elle concernerait en premier "Dawi Lhoukouk" à
savoir les gens de Ghriss ou originaires de Ghriss.
J’ai aussi fait part aux membres de « Lajma3te » de mon idée concernant «
Akkal N’barra », mon approche n’a pas fait l’unanimité au sein des membres. Et
d’après ce qu’un membre m’a dit une autre approche plus « directe » est
entamée et donnerait ses fruits dans des délais plus courts.
Les membres de Ljma3te m’ont fait part de leur souhait de voir la Diaspora
impliquer plus avec eux dans la gestion des affaires du bled ils et espèrent
recevoir d’elle un soutien moral et financier pour faire face aux diverses
dépenses auxquelles ils font face. Je lance donc un appel à tous les fils du
ksar pour épauler la Jm3a en lui adressant des aides d’argent.
Voilà pour le coté jardin, voyons donc le coté cour.
J’ai vu de mes propres yeux les conséquences des dégâts causés au Ksar par
les dernières pluies. Plusieurs maisons sont en ruines et d’autres menacent de
s’écrouler. J’ai vu l’état des aires à battre « Inourir » que des tas de briques en
argile que la pluie avait fondus et que l’entreprise chargée de la restauration du
ksar a laissé à l’abandon, occupant ainsi les aires à battre que les populations
vont bientôt utiliser pour faire sécher leurs moissons d’orge et de blé. J’ai vu
les lessiveuses au bord de la seguia laver tranquillement leurs linges et
déverser sans aucune gène les eaux de lessive chargées de Chlore et de
détergents dans la séguia, sans se soucier des dégâts qui seront occasionnés
aux cultures.
Sur ces points Taqbilt ne semble pas être assez préoccupée. Est-ce Comme l’a
mentionné Mr Youssef Safiri dans son message, c'est parce que la majorité
des membres de cette assemblée n’habitent plus le Ksar ?
Comment ne pas s’occuper en premier lieu de ce ksar qui tombe en ruine alors
que c’est lui qui justifie l’existence même de Taqbilte ?
Akkal N’barra c’est pour demain, mais Ighram, c’est maintenant qu’il faut s’en
occuper, et Taqbilt qui en tire sa légitimité et parle en son nom doit faire des
problèmes du ksar une priorité.
Je termine ma chronique en disant combien m’a fait plaisir l’intervention de
notre ami Lahcen Bouarfa lors de la journée de l’eau organisée à Erfoud les 29
et 30 mars. C’est comme ça que nous finirons par faire valoir les droits de
notre région.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 05/04/07


LE DEVELOPPEMENT DU MONDE RURAL !
La qualité de vie dans nos villes est tributaire du développement de nos
villages et de nos campagnes. Je ne comprends pas pourquoi nos décideurs
n’ont pas toujours compris que tant que nos villages ne bénéficieront pas de la
même attention et du même développement que nos villes, l’exode se
poursuivra et entraînera dans son sillage des problèmes d’insécurité et de
logements insalubres dans les périphéries des villes.

La création des villes satellites à l’image de Tamansourte à Marrakech,
Tamesna à Rabat et prochainement Tagadirte à Agadir devrait plus répondre
au besoin en logements aux populations de ces villes mères qui ne cessent
d'accroître qu'à l'hébergement des populations qui viennent du monde rural.

Maintenant que nos villages sont reliés aux réseaux électrique et téléphonique
et que le problème d’adduction de l’eau potable est en train de se faire, il me
semble que l’état doit encourager l’implantation de petites entreprises selon la
spécificité de chaque région.

On n’est pas obligé de transporter jusqu’à Casablanca ou Meknes le minerai
extrait des mines du sud pour le trier ou le transformer. La création sur place
de petites unités de transformation des produits du terroir dattes, henné, etc.
permettra de fixer sur place des populations et procurera du travail à une
frange de la population.
Il est vrai que l’épanouissement et le niveau de développement d’un pays est à
quelques exception près, plus lié à la volonté, la ténacité et le sérieux dans le
travail de ses habitants qu’aux richesses minières ou agricoles de ces pays. Le
cas du Japon, de Singapour, de Monaco qui ne possèdent ni pétrole ni
agriculture est là pour répondre à ceux qui prétendent qu’en étant défavorisés
par la nature il ne nous resterait plus qu’à nous asseoir sous les remparts des
ksars et jouer à «Ronda» ou à «Fly».

J’ai lu quelque part que le meilleur chocolat du monde est produit en Suisse
alors que ce petit pays ne récolte pas un seul gramme de fève de cacao ! Mieux
que ça, si je vous dit que ce pays dont la population parle plus de quatre
langues et qui ne possède aucune ouverture sur une quelconque mer s’est
permis de remporter la coupe d’Amérique de la prestigieuse régate que les
meilleurs skeeprs et constructeurs de voiliers aimeraient remporter.

Si je laisse de coté les pays et ne compare que nos régions ou nos villages, je
n’aurais aucun complexe à reconnaître le dynamisme des gens de Tinghir qui
sont arrivés à donner une certaine animation à leur village en comparaison à
Goulmima dont les gens semblent avoir absorbé des somnifères.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 13/03/07



UN DECOUPAGE DEFAVORABLE, MAIS ! (Deuxième Partie)
 Dans les arts martiaux, ce qu’on vous apprend et qui constitue la base de ce
 sport, c’est comment arriver à vaincre l’adversaire en utilisant sa propre
 force.
Dans ma précédente chronique, j’avais avancé qu’un moyen de déjouer le plan
 de ceux qui veulent priver notre région d’avoir un représentant au parlement
 existe. Toutefois j’ai précisé que nous devrons répondre aux exigences
 suivantes :
         Ne proposer qu’une seule liste dans chaque localité ?
         Savoir déjouer les tentatives qui seront entreprises pour faire
            échouer notre plan.
 Nous partons tout de même du principe que tous ceux qui vont se porter
 candidats aux élections ne sont motivés que pour servir les intérêts de
 Ghriss et aucunement par un intérêt personnel quelconque et surtout pas
 pour une question d’argent. Et si c’est vraiment l’intérêt général de la région
 et de la population qui prime il va de soit que les candidats ne vont pas se
 bousculer comme ils le faisaient autrefois, et qu’ils sauront non seulement
 choisir le meilleur d’entre eux mais participer activement à sa campagne
 électorale.
 Nous savons que si Ghriss avec l’ensemble de ses localités Igoulmimn, Ijiyal,
 Aferkla et Amagha aurait sans aucun doute son représentant si on ‘n’avait
 pas maintenu le découpage de la législature précédente qui avait scindé
 notre région en deux en intégrant chaque partie à un autre ensemble de
 région. Mais rappelez-vous que ce n’était pas ça qui avait fait perdre les
 nôtres car pour Goulmima et Ijyal, si on additionne les voix qui ont voté pour
 nos quatre listes, on serait en tête par rapport aux autres listes. Ce qui nous
 avait fait perdre c’était notre échec à ne constituer qu’une seule liste
 représentative de Ghriss. Plus grave que ça quatre listes avec en tête de
 chacune une personne d’Ighrem N’Igoulmimn ! Bonjour la bonne entente,
 bonjour la solidarité, bonjour l’intérêt général et bonjour le désastre!
 Ce qui est passé, est passé, me diriez-vous. Je suis d’accord à condition
 qu’on en tire des leçons pour l’avenir et de ne pas commettre les mêmes
 erreurs. Ce qui serait inacceptable et impardonnable.
 Si c’est l’intérêt de la région qui motive les candidats qui vont se présenter
 comme je l’ai expliqué plus haut, il me semble qu’il n’est pas difficile de leur
 faire admettre que présenter plus q’une liste équivaut à une élimination
 certaine. Et c’est la région de Ghriss qui se verra représentée par une
 personne qui n’a aucune attache avec elle et qui ne se déplacera même pas
 pour se rendre compte de la situation des populations quand celles-ci
 traversent des moments difficiles.
 Je pense donc que nous devrons exiger de nos futurs candidats de ne
 présenter qu’une seule et unique liste en se mettant d’accord sur le mieux
 qualifié d’entre eux pour être en tête de liste et que les autres s’engagent à la
 soutenir en participant activement à la campagne électorale. (Le choix du
 parti importe peu même s’il est préférable de s’adosser à un parti qui aura
 plus de chance de faire partie de l’équipe gouvernementale qui sera
 constituée après les élections).
 Comme je l’ai dit plus haut aussi, la meilleure preuve à donner pour montrer
 que ce n’est pas de l’argent qui motive la candidature de la personne
 désignée, celle-ci doit s’engager devant les notables, les cadres et les
 étudiants Ghrissois qu’en cas de son élection non seulement elle défendra
 les intérêts de la région mais elle versera aussi 50% de ses indemnités de
 parlementaire aux Associations, aux maisons de jeunes, aux équipes
 sportives de la région. 15.000 Dh par mois voilà qui mettra à l’abri entre autre
 nos associations sportives de quémander de quoi payer les déplacements
 sportifs de leurs équipes et qui permettra aux différentes associations
 d’initier des actions associatives, culturelles et artistiques.
 Il reste bien entendu que nous tous, nous devrons rester vigilants et ne pas
 hésiter un seul instant à dénoncer toute action de corruption ou d’achat de
 voix et mener une campagne d’information intense pour expliquer aux
 habitants l’importance de leurs votes pour le devenir de notre région et de
 ses habitants.

Ainsi va Ghriss
                                                          Agadir le 03/03/07



UN DECOUPAGE DEFAVORABLE MAIS ! (Première Partie)
Lorsque le gouvernement avait annoncé la révision du découpage électoral, j’ai
espéré que Ghriss allait être concerné pour réparer cette injustice qui a été
faite à cette région dont le découpage mis en place lors des élections
législatives passées ne traduisait que la volonté de donner moins de chance
pour que notre région soit représentée au parlement.
Séparer Tinejdad de Goulmima alors que ces deux localités appartiennent à la
même région, partagent les mêmes affinités et sont constituées des mêmes
tribus ne peut être expliqué que par des calculs politiciens que tout citoyen
épris de justice doit dénoncer.
Mais, car il y a toujours un mais, et ce mais il est de taille! car si les Ghrissois
de Goulmima avec ceux d'Ijyal et les Ghrissois de Tinejdad avec ceux
d'Amagha s’organisent chacun de leur coté pour que pendant les élections
législatives, chaque localité ne présente qu’une Seule liste de candidats, Notre
région aura de fortes chances d’avoir non seulement un représentant mais
deux. Et là ça serait un pied de nez que nous aurions fait à ceux qui voulaient
priver notre région de représentants au parlement.
Sommes nous donc capables de relever le défi et de barrer la route aux
ennemis de notre région en plaçant les intérêts de notre région au dessus de
toute autre considération ? La réponse à cette interrogation passe par deux
exigences.
    - La première en ne proposant qu’une seule liste dans chaque localité
    - Et la seconde, en sachant déjouer les diverses tentatives qui seront
       certainement entreprises par nos ennemis pour faire échouer notre plan
   -
      De toute façon c’est ça ou rien. Aux Ghrissois de choisir. Veulent-ils
      multiplier les listes et se voir éliminés comme c’était le cas il y a sept ans
      ou vont-ils choisir d’infirmer ce que les ennemis de notre région pensent
      de nous ?
Dans ma chronique de la semaine prochaine je ne manquerai pas de vous faire
part de ce que je pense être une bonne stratégie pour répondre aux deux
exigences citées plus haut. Sur ce, je vous dis bonne semaine et à dimanche
Prochain

Ainsi va Ghriss
                                                                 Agadir le 25/02/07


LES CHRONIQUES DE 3MI ADDI
Il y a quelques décades nos grands pères et par la suite nos pères, se
retrouvaient les après midis après la prière d’Al Asr devant la grande porte du
Ksar et commentaient l’actualité selon ce qu'ils savaient et leurs
interprétations de la chose politique. Parmi eux ils y'avaient quelques uns qui
étaient plus informés parce qu’ils disposaient d’un poste radio ceux là,
jouaient aux chroniqueurs qu’on écoutait attentivement. 3mi Addi était le
spécialiste de tout ce qui concernait L’URSS. Il connaissait les noms de ses
leaders à l’image de Brejnev, Kossyguine Podgornyï qu’il appelait « Bou T’
Gourine ». D’autres étaient plus spécialisés dans les affaires de la palmeraie et
savaient quand ça sera le tour d’irrigation de telle ou telle partie de la
palmeraie. Il y avait aussi ceux qui rapportaient les jugements prononcés aux
tribunaux de la région et qui les commentaient selon leurs points de vue. Et
c’est ainsi que nos parents faisaient et défaisaient le monde à leurs manières
en pronostiquant sur les futurs événements.
In fine et avec du recul je me rends compte qu’ils ne se trompaient pas plus
que les meilleurs politologues et qu’ils avaient raison de s’occuper comme ils
le faisaient même s’ils savaient que leurs avis ou prédictions n’intéressaient
personne d’autre qu’eux.
Et c’est en suivant la méthode de 3mi Addi que je m'amuse à faire des
pronostics et à commenter certains événements tout en sachant que je le fais
plus pour moi-même que pour quelqu’un d’autre.
Ce qui cette semaine m’amène à parler d’un événement qui a retenu mon
intention et que j’ai lu dans l’hebdomadaire Le Journal . Le titre de cet article
est « Benkirane attaqué à Fès ». L’article raconte que Mr Benkirane qui est
Président du Conseil national du PJD a été victime d’une attaque le 11 février à
Fès, alors qu’il s’apprêtait à animer une conférence. Le PJD montre du doigt
les militants de l’Istiqlal et de l’USFP …etc.
Vous connaissez ma position envers Arraw N’Tanouhte toutes tendances
confondues. Mais ce qui m’inquiète et qui doit nous interpeller tous et
particulièrement ceux dont la charge est d’assurer et garantir le sécurité de
tout citoyen, c’est cette dérive dangereuse vers la constitution de
groupuscules d’anarchistes affiliés aux partis qui font fi de l’ordre public et
n’hésitent pas à passer à l’action. Ces groupuscules ne sont que des
embryons des futures milices et que leur éradication doit intervenir sans
ménagement avant qu'il soit trop tard.
   Attention au laxisme, les droits de l’homme ne signifient pas l’anarchie et le
   désordre et je pense que notre pays n’est pas encore arrivé au stade de dire
   qu’il peut se passer des services des « ça va cogner » (Chabakouni) N’oublions
   pas que plus de 90% de la population adulte de notre pays sontt illettrés et ces
   populations peuvent être manipulées ce qui serait catastrophique pour notre
   nation et pour le devenir de nos enfants.
   Je pense qu’il existe une autre approche que celle d’une police répressive ou
   d’une anarchie suicidaire. Cette approche est celle du bon sens et du rappel à
   l’ordre dans l’ordre.
   C'est ma chronique pour cette semaine, elle est du genre de celles dont
   excellait 3mi Addi, Chronique d'un autodidacte !

   Ainsi va Ghriss
                                                                  Agadir le 18/02/07


EETRANGERS DANS LEUR PROPRE PAYS !
   Lors d’une émission télé du samedi soir, une animatrice s’est demandée quelle
   est l’origine de cette « Libanisation » qui envahit les plateaux et les
   programmes des télévisions marocaines ?
   Sa question concerne bien sûr le domaine artistique dans lequel nos médias
   n’arrêtent pas de nous servir dans leurs programmes de nombreux artistes
   libanais. Jeunes hommes aux cheveux « gélés » et jeunes filles portant des
   décolletés qui mettent en relief leurs généreuses poitrines et qui montrent
   leurs nombrils (Lbote) d’où brillent de fausses perles.
   Nous savons tous que ces artistes qui nous viennent de l’orient en plus de la
   promotion qui leur est faite pour leurs disques , repartent avec des cachets
   conséquents que vous et moi contribuables de ce pays payons à travers les
   redevances d’électricité ou tout simplement par le biais des impôts !

   Alors quand je pense à l’oubli et à la marginalisation de nos artistes Amazigh
   comme Oumguil, Ahouzar, Oaâla et d’autres qui non seulement, sont auteurs
   des paroles et des musiques de leurs chants et qui se font accompagner par
   des danseuses habillées de bas en haut à la berbère et qui elles aussi essaient
   d’être créatives dans leurs chorégraphies, je ne peut dire que « Lhgarte Aya ! »

   Nous savons tous que la vulgarisation d’une langue se fait aussi à travers les
   médias et si nos boites à images voulaient promouvoir Tamazighte, elles
   l’auraient fait en invitant sur leurs plateaux les artistes amazighs et en passant
   des clips de ces artistes comme elles le font pour les chanteurs arabes, anglo-
   saxons ou hindous.

   J’espère que les initiateurs de cette "libanisation" qui s’empare de nos médias,
   sauront arrêter cette contamination au domaine artistique et ne vont pas
   jusqu’à nous importer tout ce qui se passe au pays du cèdre. Notre pays est
   bien dans l’unité de ses habitants qui aimeraient n’entendre que le bruit des
   tirs du baroud d’une fantasia lors des moussem et lors des fêtes et non les
   rafales de kalachnikovs dans les rues de ses villes.
Pour terminer, je dirais que de loin, je préfère écouter nos artistes chanter
l’amour, l’amitié et la nature, voir nos gazelles de l’Atlas habillées à la
traditionnelle, fournir des efforts pour améliorer leurs danses en y ajoutant
leurs propres chorégraphies que de voir certains artistes orientaux dont le coté
artistique se limite à leurs moustaches bien coupées, aux courbes de leurs
hanches ou à l’exposition de leurs poitrines siliconées.

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 13/02/07



UNE OPPORTUNITE QUI NOUS PASSE SOUS LE NEZ
Souvenez-vous de ma réaction lorsque la 2eme chaîne avait consacré toute
son émission Abwab Al Madina à Errachidia, Erfoud et Rissani oubliant
Goulmima, Tinjdad, Rich et Imilchil. Dans ce site je n'avais pas manqué de
dénoncer cet « oubli » et avais inséré une chronique et l’article du journaliste
Jamal Ouzzine dont le titre était «2M ouvre les portails du Tafilalet et ferme
ceux de Ghriss» (Lire L’article) J'avais fait de sorte que cet article et ma
chronique arrivent à qui de droit au niveau de la chaîne de Ain Sba3. On
m'avait alors fait savoir qu’une autre émission sera consacrée aux autres
localités et que Goulmima y fera partie.
Et si 2M a tenu parole en enregistrant il y a quelques jours son émission et en
la diffusant vendredi, je ne vous cache pas ma déception de voir cette
opportunité passer encore une fois sous notre nez sans qu’on ait fait part des
problèmes que vit notre région.
Le premier intervenant qui était au bord de l’oued sur la falaise bordant «
Loullouff » que chaque crue emporte, n’a pas trouvé mieux que de dire que
Ghriss n’a pas manqué d’eau durant la sécheresse de ces dernières années
alors que toute une partie de la palmeraie « Waqqa » n’est irriguée que
rarement. Il aurait pu demander au cameraman de tourner de quelques degrés
sa camera pour montrer les dégâts importants subis par la palmeraie et
l'urgence de trouver une solution à cette érosion causée par les crues.
Le second intervenant à traité lui du problème de la désertification qui menace
les palmeraies du sud en oubliant de dire que cette désertification pour Ghriss
peut être stoppée par la construction du Barrage d’Amssed et la mise en valeur
des terres de la plaine située entre le Todgha et Rissani. Ce barrage dont la
réalisation reste à juste titre le principal levier pour un développement socio-
économique de la région et pour lequel une pétition est signée à ce jour par
plus de 5 000 personnes.
Contrairement aux intervenants de Skoura, Kl3at Mgouna, Boumaln et Tinghir
qui ont pu faire passer certains messages en évoquant le patrimoine culturel et
architectural de leurs localités tout en posant les problèmes qui s’opposent à
leurs développements, les nôtres ont donné l’impression que nous sommes
dans le meilleur des mondes, ce qui d'ailleurs a fait dire au commentateur de
2M en conclusion de son émission que Goulmima et le pays des merveilles.
Lui a-t-on peut être soufflé les merveilles qui caractérisent Ghriss et que je
rappelle ci après aux lecteurs de cette chronique ?
- L’inexistence du chômage des jeunes
- Les soins de santé assurés et gratuitement pour tout le monde et l’existence
partout des centres de santé
- La scolarisation assurée pour les filles rurales qui disposent d’assez d’écoles
et d’internats pour poursuivre leur scolarité
- La mise en valeur et la distribution aux fellahs des terres agricoles irriguées
par le barrage d’Amssed.
- La qualité des infrastructures routières entre localités qui permettent une
bonne circulation des biens et des personnes.
- Le Traitement des eaux usées, excluant tout risque de polluer la nappe
phréatique dont on puise l’eau à usage domestique et d'où sortent nos
sources.
- Le pouvoir d’achat de la population qui croît d’une année à l’autre et nos
représentants qui sont parmi les plus honnêtes et les plus entreprenants du
pays.
Ceci dit et pour rester sérieux je dirais que ma déception serait atténuée si
j'apprends que c'est Dozem qui a fait usage de touzline n'ouhajjam "ciseaux" et
n'a diffusé que ce qu'elle a voulu diffuser.
Là je dirais que les miens n'ont pas changé et Dozem non plus.

                                                                  10 février 2007



PARLONS EN SANS TABOUS ! !
Dans une de mes insertions dans la rubrique « courrier du lecteur» J’ai fait part
de ce que je pense sur l’alcool et ses ravages réels ou supposés qu’il est en
train de faire au niveau de notre jeunesse. Certains ont apprécié mon approche
sur le sujet d’autres l’ont rejetée ce qui est normal dans le jeu de la démocratie
et du respect de l’avis de l’autre.
Dans ce billet je vais soulever un sujet qui revient souvent dans le débat et qui
d’après certains écrits représente une menace pour nos jeunes et
particulièrement pour les filles. Il s’agit de la prostitution.
Je commencerais tout d’abord par mentionner que ce sujet n’est soulevé et
dénoncé que par les garçons ou les hommes en montrant du doigts les filles
comme responsables de cette dérive. Et dans cette attitude « hypocrite »
l’homme essaie de se laver les main de ce péché alors qu’en général il est son
initiateur et avec certitude un de ses acteurs.
En effet, c’est rare pour ne pas dire inexistant de voir une fille draguer un
garçon !
Et c’est aussi rare de voir une fille proposer à un garçon de passer à l'acte !
C’est plutôt l’inverse qui se produit, et même si la fille refuse on essaie de la
faire tomber en jouant à l’amoureux ou en promettant mariage et quelques fois
en poussant la ruse jusqu’à la présenter à quelques membres de sa famille
pour « faire » sérieux.
Le problème dans tout cela, c’est que souvent l’homme joue à l’amoureux qu’il
n’est pas et arrive à rendre la fille réellement amoureuse. Et quand une fille est
amoureuse elle n’entend plus que la voix de son cœur !
Ce qui arrive souvent c’est qu’une fois que l’homme atteint l'objectif de sa
drague, il ne tarde pas à prendre le large en commençant tout d'abord par un
changement de comportement envers celle à qui encore hier il disait qu'il
l'aime.
A-t on jamais vu un homme pleurer une fille qui l’a laissé tombé ?
Mais pourquoi va-t-il pleurer puisque pour lui, conquérir un cœur n’est tout
simplement qu’un jeu de conquête comme un autre.
Celle qui va pleurer et verser des larmes chaudes est la fille ; qui non
seulement se rend compte qu’elle s’est faite avoir, en croyant au partage d’un
sentiment. Mais constate avec beaucoup d'amertume que quelque chose de si
chère lui a été volée.
Apres être victimes d’une telle usurpation qu’elles ne peuvent même pas
dénoncer par peur du scandale, la cigarette l’alcool et le reste ne sont plus
pour elles que de petites murettes faciles à franchir..
Alors nous qui sommes parents, si nous voulons aider nos filles et leur éviter
de telles aventures, commençons par éduquer nos garçons. La prostitution
existe certes, mais certains l’initient et d’autres la subissent.

Ainsi va Ghriss

                                                                   26 Janvier 2007



NOTRE JEUNESSE: EN ROUE LIBRE
C’est vrai que certains agissements de notre jeunesse ne sont pas admissibles
et ne vont pas dans le sens qui pourrait servir notre cause et celui de notre
région ou de l’Amazighité en général. Mais ne devrait-on pas en vouloir à nous
même qui sommes leurs aînés et qui devrions être à leurs cotés pour les
encadrer et leurs éviter de commettre les mêmes erreurs que nous avions pu
éviter lorsque nous étions jeunes.
La fougue de la jeunesse ne peut pas être étouffée ni contenue par un autre
moyen que le bon sens. Il est donc vain d’essayer d’agir autrement. Tout ce qui
peut être fait, c'est de la canaliser pour qu’elle travaille et serve notre cause. A
ce jour et sans user de la langue de bois, je dirais que notre jeunesse est en
roue libre. Elle est laissée se débattre toute seule. Ses grands frères qui
devraient l’épauler lui ont tourné le dos oubliant qu’un jour ils étaient aussi
fougueux que le sont les jeunes aujourd’hui. Les cadres Ghrissois ne se
manifestent que quand il faut reprocher aux jeunes d’avoir agi maladroitement
ou d’avoir manifesté leurs mécontentements d’une manière un peu immature.
Les membres de nos conseils municipaux et de nos communes à ce jour ne
semblent pas être préoccupés par ce que vivent nos jeunes, bien que c’est à
eux en premier que revient la charge d’initier des actions qui pourraient être
des amorces de solutions pour les problèmes que vivent nos jeunes. Ils
peuvent le faire en faisant appel aux cadres Ghrissois là où ils sont pour
participer à la réflexion sur cette situation qui s'aggrave d'une année à l'autre.
Est-ce vraiment si difficile d’organiser, même si ce n’est qu’une fois par an une
réunion, une table ronde pour débattre des problèmes rencontrés par nos
jeunes ?
Je suis sûr que ça ne coûterait pas plus qu’une des fêtes organisées chaque
année et dont la région ne tire aucun profit.
C’est pour cette raison que je pense, tant que nos élus font la sourde oreille et
restent insensibles aux problèmes de notre région en général et de nos jeunes
en particulier, les associations aussi volontaires qu’elles soient ne
parviendront pas à trouver des solutions appropriées, d'autant plus qu'elles
non plus ne bénéficient d'aucune aide ou assistance de la part de ceux pour
qui une élection est une "Tchriff" et non une "Takliff".
On dit que les gestionnaires qui n'anticipent pas sur les problèmes n'auront
pas d'autres choix que de les subir. Dans notre cas c'est notre jeunesse qui les
vit et les subit.
Faut-il penser un jour à investir les citadelles?
C'est aux Ghrissois sur place d'y penser.

Ainsi va Ghriss
                                                                  19 Janvier 2007



LES INGRATS D’UN KSAR
Avec une tour à chacun de ses quatre coins, et les deux borj de son entrée
principale qui s’élançaient dans le ciel et dont les motifs Amazigh sculptés
dans l'argile par les grands maalem de l'époque ressemblent à des tatouages,
le Ksar n’Igoulmimn n’était pas seulement une fierté pour ses habitants mais
lui-même il était si fier de ses fils qu’il se voyait déjà bénéficier d’une vie
pérenne.
Comment ne pas être confiant dans l’avenir quand on compte parmi ses fils
tant d’ingénieurs, d’architectes, de médecins d’officiers supérieurs, de
professeurs d’instituteurs de techniciens et de cadres ?
Comment ne pas être fier des siens alors que ces derniers l'avaient défendu
jusqu'au bout et que sa prise en janvier 1932 avait nécessité le déplacement en
personne de Lucien Saint Résident Général Français au Maroc, et du Général
Giraud ? Mais, c’est sans compter avec le dicton arabe qui dit :
« li makhraj men dnia, ma khraj men 3kaib ha » Car aujourd'hui le grand Ksar
n’est pas au bout de ses peines ! Il continue à être malmené et charcuté par
des apprentis sorciers qui ne connaissent rien de son histoire ni de son
système de fonctionnement.
Mais que peut faire le vieux Ksar quand ses propres fils ingénieurs, architectes
et autres observent sans réagir ce qui lui arrive?
Je suis certain que sa défiguration lui fait moins mal que l'indifférence et
l'ingratitude de ceux qu'il a vu grandir et qui n'ont plus d'yeux que pour les
grandes métropoles.
Je suis sûr que s’il pouvait parler, il aurait supplié qu’on le rase et qu'on mette
un terme à son agonie à l’image d’un malade incurable qui demandera d’être
euthanasié.

Ainsi va Ghriss
                                                                     Janvier 2007


LE TAUX DE RETOUR
Lorsqu`on veut faire une évaluation des performances touristiques de notre
pays, on se réfère souvent à certains indicateurs comme le nombre des
arrivées ou de nuitées des touristes ou encore aux taux d`occupation ou de
fréquentation des hôtels, oubliant à mon humble avis le taux de retour qui est
plus signifiant, car il nous renseigne sur le degré de satisfaction de la clientèle.
A ma connaissance ce taux de retour qui nous donne le pourcentage des
touristes qui reviennent au Maroc après un premier séjour n’est que de l’ordre
de 2%. Ce qui est non seulement insuffisant mais peut être un révélateur d’une
éventuelle insatisfaction de la clientèle suite à des non qualités qu’ils auraient
observées durant leurs séjours. Et dans ce chapitre il y a certainement à boire
et à manger, même s`il n`est pas le sujet de la chronique de cette semaine.

Je n’ai utilisé cette introduction que pour servir de transition pour aborder un
autre taux de retour qui me semble inquiétant pour notre pays puisque ce taux
est nous dit-on de l`ordre de 65%. Ce taux est le taux de récidive qui concerne
les prisonniers qui reprennent le chemin des cellules après y avoir déjà
séjourné.
On ne va pas tout de même croire que les prisonniers se plaisent dans leurs
cellules au point ou ils se hâtent à y retourner dés leur libération !
Mais je pense que leur séjour dans ce milieu carcéral d`une part et le manque
d`emplois d`insertion d`autre part sont pour beaucoup dans ce retour aux
prisons.
Je ne cherche pas à traiter les conditions d`incarcération des détenus, ni la
manière dont ils passent leur temps dans leurs cellules, mais je peux avancer
sans trop me tromper qu’on y sort pas comme on y entré ! De nombreuses
personnes qui après un séjour en prison acquièrent d`autres métiers qui ne
vont pas toujours dans le sens souhaité par la communauté ne tardent pas à
mettre en exécution ce qu`il ont appris en prison .
C’est ainsi qu’on peut y entrer pour un petit larcin et en sortir prêt à braquer
une banque !
Certaines filles qui y séjournent après être condamnées pour prostitution en
ressortent sans abandonner la prostitution mais souvent avec en plus le vice
de la cigarette si ce n’est pas de la drogue a laquelle elles deviennent accro !
Certaines prisons au lieu de service de centres de redressement sont
devenues des foyers ou on côtoie toutes sortes de délinquances.
Faut-il alors s`étonner de voir une personne qui vient d`être libérée regagner sa
cellule après quelques jours de liberté ?
La réponse est non, tant que les prisons ne jouent pas leurs rôles punitifs et
mais aussi éducatifs.

Ainsi va Ghriss
                                                          Goulmima le 23/03/2008


AGHYOUL N’RAHHOU (L’Ane de Rahhou)
A Ghriss après l’occupation française et avant que les nouvelles autorités
imposent leur loi. Certains Habitants de Ghriss avaient instauré des tournois
de jeu d’argent (Lqmar), Et c’est ainsi que chaque ksar avait ses parieurs
«Iqmriyen » qui passaient des nuits à jouer aux cartes et à miser aussi bien de
l’argent que leurs biens personnels allant des champs jusqu’à leurs maisons.
Un ami à moi m’a raconté qu’un soir à Tadighouste (Lharte), après avoir tout
perdu un Ghrissois misa Akidour qu’il portait. La chance n’étant pas de son
coté, il perdit son habit et sortit dans la rue tout nu.
Heureusement que c’était la nuit et l’été et que c’était un homme de bonne
famille qui l’avait trouvé dans cet état et qui lui avait remis son Azenar
(burnous) pour qu’il ne revienne de Tadighouste à Igoulmimn nu.

La deuxième histoire est celle de Rahhou dont la maison abritait une autre nuit
d’été une grande réunion d’Iqmriyen. Ce soir là Rahhou qui d’habitude faisait
chaque nuit de petits gains perdit tout ! mais comme le jeu se déroulait chez lui
il ne pouvait pas se retirer et n’avait pas un autre choix que d’attendre que la
partie se termine.
Voyant que la partie allait encore durer longtemps, Rahhou décida d’aller
prendre un peu d’air frais en dehors de la maison. Au rez-de-chaussée de sa
demeure et devant la porte de Tihouna (étable) il trouva son ânon qui s’est
libéré de sa corde et qui attendait à Tassakifte (hall).
Rahhou gratta une allumette et vit que son âne le regardait avec pitié il le
caressa et lui murmure à l’oreille
Tsnd issi tchane ! ( tu sais que j’ai tout perdu)
Comme s’il avait compris, l’âne hocha la tête !
Rahhou le souleva, le mit sur ses épaule et remonta les escaliers pour
rejoindre les parieurs. Ces derniers éclatèrent de rire en voyant leur ami avec
un petit âne sur les épaules. Rahhou posa la petite bête sur la natte en feuilles
de palmier qui leur servait de nappe de jeu et leur dit :
Je mise mon petit âne !
Tous éclatèrent de rire; Mais pour s’amuser et aussi se moquer de Rahhou les
parieurs acceptèrent et le petit âne fit partie de la cagnotte de jeu pour une
somme de cinq rials !

La chance sourit à Rahhou qui gagna cette mise comprenant son âne. Et avant
d’attacher son âne à la fenêtre du salon où se déroulait le jeu et reprendre sa
place au milieu des parieurs, il posa un baiser entre les yeux de son bourriquot
et lui chuchota à l’oreille :
Awa sahank al-mardi ! (merci mon béni !)
Partie après partie Rahhou finit par tout gagner. Quelques instants après avoir
tout perdu, Rahhou devint grâce à son âne un des riches du Ksar.
Le lendemain sans rien dire à personne il se rendit chez Oukich au village. Il
acheta à sa maman un A3bane neuf et de belles babouches et il choisit la plus
belle de Tisbniyine (foulards) pour son âne. )
Revenu au Ksar Rahhou remit son cadeau à sa mère, et conduit son âne à
Tamrdoulte après lui avoir ajusté Tasbniyte sur la tête. Devant toute
l'assistance il cria à haute voix:
Hane Aghyoul inw I3fa Ghifs Rabi (Mon âne est dispensé de tous les travaux)
Depuis ce jour, l’âne de Rahhou fut dispensé de toutes les taches et à chaque
fois qu’il le conduisait à l’abreuvoir, il lui ajustait sur la tête Tasbniyte aux
belles couleurs que de nombreuses femmes du ksar souhaitaient porter sur
leurs têtes.

Ainsi va Ghriss
                                                                 Décembre 2006
TANOUHINE !
Qui de nous à Ghriss n’avait assisté aux empoignades entre amis et membres
de la même famille tout simplement parce qu’ils n’appartenaient pas au même
parti politique.
Les nôtres ont été les dindons de la farce de cette période post-indépendance,
où malgré leur engagement total et sans réserve dans leurs partis, l’ascenseur
ne leur a jamais été renvoyé !
Je me souviens de la visite de feu Mehdi Ben Barka au ksar de Goulmima et les
promesses faites aux militants de son pari et aux jeunes de ces années sixties.
Mon grand père m’avait tenu la main et m’avait emmené écouter déjà dans les
années soixante la formule « Aytma d’Istma » d’Ahardan dans un meeting au
souk de Goulmima où les youyous fusaient à chaque parole qu’il prononcait.
Nous étions au terrain de foot pour voir feu Allal El Fassi le leader de l’Istiqlal
prononcer son discours qu’il n’avait pas terminé parce que la tribune
construite en troncs de palmiers s’est écroulée sous le poids de la délégation
qui l’accompagnait et dont les membres portaient tous le Tarbouche rouge que
les turcs leurs ont passés.
Je me souviens de feu 3mi Ali, qui lorsqu’il avait opté pour le parti du Docteur
Al Khatib et quitté al Harraka d’Ahardane avait placardé un écriteau de son
nouveau parti (Jebha) précédé de « Dieu le Roi la Patrie » Et quand on lui a fait
remarquer que le l’ordre de la devise du pays n’était pas le bon, il nous avait
répondu que son parti passe avant le pays !
Une pensée toute particulière a mon ami Lhou dont les parents avaient choisi
un nom de famille dont l’origine est « hizb Chora » de feu Hassan Ouazzani, au
moment où tous les choris étaient envoyés en prison par un Caid de l’Istiqlal.
Qui ne connaissait pas feu 3akka Ghabouch du ksar d’Ait Moch ? Ce pauvre
homme qui n’avait pas de quoi dîner et qui faisait passer son militantisme en
criant haut et fort des slogans pour son parti avant de s’assurer d’avoir quoi
manger.

Ainsi va Ghriss !!



ORDRE ET DESORDRE !
Il y'a deux ans, les trois mots qui faisaient la une des instances internationales
et des chancellerie étaient "Nouvel Ordre Mondial". cette formule que les USA
ont inventé avec l'appui sans réserve du Royaume Uni pour dominer le monde
et mettre au pas certains pays, y compris leurs alliés ont semé le doute chez de
nombreux dirigeants qui commençaient à se demander à quelle sauce ils vont
être mangés.
Un Président qui croit être investi d'une mission divine, un Ministre de la
Défense dont l'arrogance n'avait pas de limite, un Représentant aux Nations
Unies qui n'hésite pas à faire usage de son veto à chaque fois qu'une
résolution ne va pas dans le sens qu'il souhaite et un Premier Ministre d'un
pays allié qui n'a pas de difficultés à reconnaître et à répéter la voix de son
maître ! Voilà comment était la situation il y a deux années! Mais c'était sans
compter avec la volonté divine qui lui de partout est au courant des desseins et
des intentions des uns et des autres. Peut être que personne de leurs
nombreux amis arabes ne leur a jamais fait part du dicton "Tahoubou Arriyah
bima la tactahi Souffoune"!
Ils ont voulu imposer un ordre mondial à leur manière et ils ont créé un vrai
"Désordre Mondial" qui commence par leur désordre et celui de leurs troupes !
Et c'est ainsi que le Président des USA a fait perdre à son parti le Sénat et le
Congrès, son Ministre de sa défense a "été démissionné" et n'est pas à l'abri
de poursuites judiciaires, son Délégué auprès des Nations Unies s'en va rejeté
par les siens et par les autres, le Premier Ministre du pays allié s'est trouvé
obligé d'annoncer son prochain départ pour éviter une déroute prévisible à son
parti.
Damas et Tehéran, les deux capitales qu'il désignait il y a deux ans comme
"Axe du Mal" sont courtisées et deviennent un passage obligé pour trouver
une solution pour sortir du bourbier irakien !

Rabi Kbir !!



L'HANDICAP DES NOTRES
Partout au Maroc à chaque fois que Ghriss, Goulmima sont évoqués c’est une
avalanche de superlatifs que nous entendons. On qualifie cette région de
pépinière de Cadres, de région creuset d’étudiants matheux et de militants
tenaces et à conviction. On vous rappellera que les étudiants originaires de
Ghriss se classaient toujours parmi les premiers aussi bien dans les facs que
dans les grandes écoles où ils ne trouvaient aucun problème à passer avec
succès les concours d’admission.
Quand vous entendez ça, la question qui vous vient à l’esprit est la suivante:
Pourquoi nous ne trouvons pas de Ghrissois parmi l’élite du pays ?
Sont-ils comme des saumons qui avant d'arriver à la fin de leurs parcours
s'épuisent et se laissent entraîner par le torrent de la vie ?
Les élimine-t-on, ou manquent-t-ils d'ambition ?
Personnellement, je pense que c’est un peu la conjugaison de tout ça ! Nous
savons tous que les événements vécus par notre région ne militent pas pour la
promotion des nôtres même si ces derniers ne sont pour rien de ce qui s’est
passé mais il y a un peu de La Fontaine: "Si ce n'est pas toi, c'est donc ton
frère" avait dit le loup à l'agneau. Néanmoins, il n’y a pas que ça et il faut bien
le reconnaître.
Le fait d’appartenir à une région défavorisée et pauvre, fait qu’après les études
aussi réussies qu’elles soient, non seulement on se retrouve avec une famille
qui attend de vous un soutien financier mais en parallèle aussi il faut démarrer
à partir de zéro la construction d’un chez-soi, allant de la location d’un
logement, à son ameublement, à l’achat d’une voiture, en finissant ou plutôt en
enchaînant par un mariage et tout ce qui en découle. Choses que leurs
semblables de Rabat, Fès, et des autres villes n’ont pas forcément, puisque
souvent toutes ces choses pour lesquelles les nôtres consacrent plusieurs
années pour les acquérir, eux ils leurs sont offertes en cadeaux de fin d’études
si ce n’est pas avant même pour leurs mariages les frais qui leurs sont
afférents sont pris en charge par leurs familles !
Je ne veux pas dire par là qu’il ne faut pas agir comme les nôtres l'ont fait ou
continuent de le faire, mais juste pour expliquer qu’au moment où les nôtres
s’attèlent à bâtir un chez-soi et commencent à s’occuper de leurs familles, les
autres font du relationnel et cherchent à bien se positionner dans les
différentes hiérarchies et fonctions aidés par leurs parents et leurs proches.
Même pour le militantisme, les nôtres s’y mettent pendant les études où on ne
peut rien gagner que prendre des coups de matraques, alors qu'eux ils n’y
vont qu’après pour pouvoir occuper un fauteuil de ministre ou de grand
commis de l’état.

Ainsi va Ghriss



SADAM ET L’IRAK
ll y’a un mois je vous ai donné mon avis sur la situation en Irak en la qualifiant
de bourbier.
J’ai osé avancer que l’homme qui pourrait rétablir la situation en Irak et faire
face à la déferlante des chiites iraniens est en train d’être jugé.
Depuis les choses ont évolué, les Républicains ont perdu le congrée et le
sénat. Le président est contraint de négocier avec les démocrates, ses
ennemis d’hier qui n’ont pas cachés leur volonté de quitter l’Irak le plus tôt
possible. Ce qui comme je l’ai dit risque d’entraîner une situation chaotique
pour le pays si ce n’est pas pour toute la région.
Que faut-il faire alors ?
Un scénario à la « cow boy » me parait plausible et le voici :
Les américains se rendront compte que Sadam reste la seule personne
capable de pacifier l’Irak. Ils s’arrangeront pour qu’il s’évader, et se réfugier
dans un pays arabe ou au en Amérique latine (Venezuela. Par exemple)
De son pays d’exile Sadam appelle à la résistance qui en Irak occupé finit par
se reconnaître en lui. Quelque temps après, et sur l’intermédiation de plusieurs
pays amis les USA finissent par négocier avec lui pour que la résistance arrête
ses attaques.
Les américains font tout pour que Sadam revienne en grand vainqueur en Irak.
Ils l’arment sans réserve pour qu’il arrête l’hégémonie iranienne et ferment les
yeux sur sa façon de remettre de l’ordre chez lui.
Les membres du gouvernement pro-amèricain qui ne seront pas assassinés se
réfugieront en grande Bretagne ou aux USA.
Sadam deviendra un allié des Américains, et Hillary Clinton future Présidente
des USA ira visiter l’Irak de Sadam où elle sera reçue en grande amie de l’Irak
de Sadam.


                                                                    Octobre 2006


POURQUOI PAS EN TAMAZIGHT ?
Je commencerai par vous raconter une anecdote à laquelle j’ai assisté un jour
pendant la prière du vendredi dans une mosquée à igoulmimn . le Fkih qui
prononçait le sermon était originaire du Tafilalet, Il parlait couramment l’arabe
dialectal sa langue maternelle, la langue Amazigh qu’il a apprise durant les
années passées avec la population du Ksar. Quant à sa maîtrise de l'Arabe
classique, elle se limitait à la récitation des versets de coran qu’il avait appris
par cœur !

Lors d'un sermon du vendredi, il m’est apparu que l’assistance ne comprenait
aucunement le sens de ses phrases et encore moins le message qu’il voulait
leur transmettre. Les prieurs se limitaient à dire « Salla allah ou 3alayhi wa
salam » (que la prière de dieu soit sur lui) à chaque fois que le fkih évoquait le
prophète Sidna Mohamed.
Soudain un homme se leva et s’adressa au Kkih en langue Amazigh et lui dit :
Our nassine mayd tinide ar tsghzifd lkhotbt nek al fakih ! (Nous ne comprenons
pas ce que tu racontes, et tu prolonges trop ton sermon!)
Si comme nous le pensons, l’objectif des sermons du vendredi est de passer
des messages de bonne conduite, de conseiller les populations ou de
comprendre les préceptes de l’Islam , je vous assure que cet objectif est loin
d’être atteint. Et ce constat n’est pas exclusif aux mosquées dans les régions
Amazighophones, voyez vous-même qui êtes en ville ce qui se passe le
vendredi dans les mosquées de vos quartiers. Depuis combien d’années avant
la prononciation du sermon on rappelle aux croyants le fameux hadith « Fa
mane lagha fala joumou3ta lah » (la prière de celui qui parle durant la
prononciation du sermon n’est pas acceptée) ! et pourtant les gens continuent
à parler. Sont-ils si indisciplinés ?
Je vous dirais que non, Le problème est que ces personnes ne comprennent
pas l’arabe classique pour comprendre la signification du verbe « lagha »
(parler, discuter), et personne n'a prit le soin de le leur expliquer!
Et de ce qui précède, je me demande, pourquoi nos imams Amazighophones
ne prononcent-ils pas les sermons du vendredi en Tamazighte ou en arabe
dialectal (darija) ?
Pourquoi n’expliquent-ils pas aux gens le sens des hadiths et des versets de
coran dans un langage compris par tout le monde ?
Il n’est pas écrit ni dit que prononcer le sermon en Tamazighte fait partie des
"moubtilate a sala" (interdits)
Les turcs, les bosniaque, les kurdes, les perses les indous le font chez eux
avec leurs langues. Alors pourquoi pas chez nous? Et puis le bon Dieu lui
entend et comprend toutes les langues, et bien plus encore celles des
opprimés !!
 (A L'IRCAM je fais un clin d'oeil)



LE PET-ROLE DE TILOUINE (Elucubrations)
En regardant la carte géographique de l’Afrique, vous constaterez que tous les
pays de la cote sud de la méditerranée excepté notre pays sont en phase
d’exploitation pétrolière.

La Mauritanie, notre voisin du sud a cette année rejoint le club des
exportateurs de l’or noir.
Alors Quid de notre pays me diriez-vous ?
Du Maroc en entier je ne pourrais pas vous répondre, surtout après la
désillusion de Talsinte où le pétrole nous a joué le rôle d’un pet et les schistes
de Timahdite nous ont fait savoir qu’ils n’ont rien de commun avec le bitume
que la couleur !

Mais ne désespérez pas. L’avenir nous réserve de très bonnes surprises et
pour cause, La prospection faite par un spécialiste à la manière des puisatiers
chercheurs de nappes souterraine a révélé l’existence d’un énorme gisement
d’or noir sous le sol de Tilouine.
Son instrument de mesure qui est composé d’un fémur de dromadaire et qui
est aussi précis qu’un compteur Geiger ne s’est pas contenté de trembler entre
ses mains quand il a entreprit ses recherches, il s’est complètement envolé et
n’est tombé qu’à Hannabou à 17 Km de l’endroit prospecté !!!
Ce n’est pas un gisement que nous avons sous nos pieds mais une mer de
pétrole s’est alors écrié le prospecteur !
Alors qu’attendons nous pour l’exploiter me diriez-vous ?
C’est simple à comprendre.
Dans quinze ans la Chine, aura besoin d’une quantité équivalente à la
consommation des USA qui doublera aussi d’ici là. Les pays du proche orient
verront leur production accuser une tendance baissière. Le prix du brut sur le
marché international dépassera les 200 dollars le Baril. Et c’est à ce moment là
que les descendants de feu Jbara vont commencer à pomper leur richesse.
Les habitants « 3rb Sbah » de Tilouine pourraient alors porter sur leurs têtes
des turbans avec six zéros au lieu des trois zéros que portent leurs cousins
« Al Sabah » du Koweït ! Des cartes bancaires non plafonnées leur seront
offertes et des charters seront organisés pour ceux qui souhaiteraient passer
leurs week-ends à Honolulu.

En attendant l’an 2020, soyons patients et contentons-nous de « boire »
azwou » comme le font si bien «Ihardatne » de nos montagnes rocailleuses il
est inodore et ne sent pas le Pet-role !

Ainsi va Ghriss
                                                           Agadir le 24 août 2006



L’IRAK LE BOURBIER
Comme je l’ai déjà expliqué, cette page-web qui ouvre ses colonnes à travers la
rubrique «courrier du lecteur» à tous les Ghrissois, est aussi pour moi, mon
mur de lamentations. Elle me permet d’évacuer tout ce qui me préoccupe et
dire ce que je pense de certains événements qui ont attrait à notre région ou
qui se sont déroulés ailleurs.
Cette fois ci, c’est l’hécatombe en Irak qui m’a interpellé, et j’en parle.
Rien que pour ce mois d’octobre qui n'est pas encore à sa fin, plus de six
cents irakiens et plus de cent G.I. américains ont été tués!
Le nombre de morts depuis l’invasion de ce pays à dépassé le nombre des
victimes de la tragédie du world-center. Des exactions quotidiennes à
l'encontre des populations commises par ceux qui prétendent être des «
libérateurs » dépassent de loin celles commises par des hordes de barbares
qui envahissaient les pays aux siècles passés.
Des innocents qui perdent la vie et sur lesquels on tire sans aucune hésitation,
doivent révolter plus d’un. Des jeunes G.I. dont la plupart sont de misérables
latinos qu’on est en train de transformer en assassins et qui pour un grand
nombre ne sont là que pour bénéficier à leur retour de la citoyenneté
américaine, est plus que révoltant.
J’ai visité lors de mon passage à Washington le fameux cimetière « Arlington
cemetery » et j’ai assisté de très près à l’enterrement d’un G.I. tué à Al Anbar.
La douleur de sa maman qui repart après l’enterrement de son fils avec un «
flag étoilé » qu’un officier lui a remis était insupportable. Le drapeau ne
remplacera jamais mon fils criait-elle a qui voulait l’entendre.
Alors comment va t-on sortir de ce guêpier me suis-je demandé ? Je pense que
les américains ne tarderont pas à quitter l’Irak même si leur dirigeants disent le
contraire. Leur départ pour ne pas dire leur défaite est inéluctable et le chaos
de la situation en l'Irak suivra ! A moins que les américains reconnaissent leur
erreur, mettent leur orgueil dans un tiroir et négocient avec la seule personne
qui pourra faire de l’Irak un pays paisible et respecté par ses voisins.
Cet homme ils sont en train de le juger !!!.

Ainsi va Ghriss



QUI AIME BIEN CHATIE BIEN !
Un dicton français dit « Qui aime bien châtie bien »
J’ai reçu de nombreux messages et des appels téléphoniques suite à mon écrit
intitulé Tasselt N’Ighardayen (voir Rubriques en bas). Certaines personnes
vont au-delà de ce que j’ai écrit et cherchent une tête pour casser leur sucre,
d’autres plus compréhensives, estiment que j’ai vu juste et que certaines
personnes pour ne pas dire le Makhzen veulent se servir de l’IRCAM pour
noyer le poisson.
Avant de vous faire part du fond de ma pensée, je tiens à préciser que l’IRCAM
est un acquis considérable pour la cause Amazigh. Il est le fruit d’une lutte de
plusieurs années que les différentes associations Amazigh ont menée. Ceci
étant il n’est nullement une finalité mais reste un moyen parmi tant d’autres
pour que Tamazight retrouve la place qui est la sienne dans notre société.
Et quand on a l’honneur et le privilège d’être créé par la plus haute autorité du
pays, je pense qu’on doit être à la hauteur de cette volonté royale, et
comprendre ce signal fort comme il se doit, en défonçant les portes qui restent
fermées ou qui résistent à ce que l’Amazighité au même titre que l’Arabe soit
reconnue comme composante de notre pays
Doit-on continuer à emprunter les petits chemins alors que la voie royale nous
est ouverte ?
Doit-on implorer tel ou tel ministre pour qu’il fasse ce qu’il doit faire , ou laisser
nos militants qui étaient si actifs quand ils étaient au sein des Associations à
s’occuper de travaux grands ou petits mais dont la charge revient à un
département ministériel ?
L’enseignement de Tamazight est important, très important même mais il ne
doit pas occulter d’autres actions qui sont a mener sur le terrain, dans les
régions à populations Amazighophones d’abord pour rappeler aux habitants
qu’un peuple qui oublie sa culture s’oublie lui-même. Ensuite dans les grandes
métropoles pour expliquer à l’autre que Tamazight fait partie de son patrimoine
à lui aussi et qu’elle le complète et le grandit.
L’IRCAM doit rester à l’écoute de toutes les Associations qui militent pour la
cause Amazigh. Le fait d’être critique envers cette institution ne devrait être
compris que dans le sens de notre souhait de la voir plus entreprenante et plus
audacieuse
Nous n’étions jamais des Béni oui-oui pour l’être aujourd’hui. Nous
applaudirons quand c’est mérité et taperons du poing quand il nous parait que
l'action menée n’est pas à la hauteur de l’attente des Imazighen.

Ainsi va Ghriss


TASSELT N'IGHARDAYEN (LE PIEGE A RATS)
CA M'EST VENU AVANT LE FTOUR !!
Si vous êtes un enfant de la campagne comme moi, certainement que vous
connaissez le fameux panier métallique que nous utilisons dans nos maisons
en pisé pour capturer et nous débarrasser des rats.
La particularité de ce piège à rats réside dans le fait que contrairement au
piège à mâchoires qui étrangle et tue sa capture, le panier se contente
d’emprisonner les petites bêtes qu’on laisse mourir de faim ou qu’on noie dans
une bassine d’eau.
Ainsi, certains militants Amazigh qu’on surnomme les IDS (Imazighen De
Service) se sont faits prendre comme de petits rats dans le beau panier situé
du côté de Hay Ryad; sinon, comment ont-ils fait pour choisir le Tifinagh
comme alphabet pour enseigner la langue Amazigh alors qu’ils savent que ce
bel alphabet même s'il fait partie de notre patrimoine ne pourra jamais être au
diapason avec l’évolution des moyens de communication actuels et futurs.
Faut-il avoir toujours avec soi son clavier en Tifinagh pour pouvoir écrire en
tamazight, ou va-t-on se promener avec une clé USB autour du cou pour
transformer ses textes de l’alphabet latin en Tifinagh ?
Si la volonté était de faire de cette langue une langue à part entière l’alphabet
latin était le plus approprié et le mieux indiqué. Nous constatons déjà la
difficulté de la langue arabe à s’imposer dans le monde des SMS. Les
messages en termes arabes qu’échangent nos jeunes sont écrits en alphabet
latin (Mabrouk Ramdane, Koulchi Bikhir… etc.)
L’argument avancé par ceux qui sont contre l’alphabet latin en disant que c’est
l’écriture du colonisateur ne tient pas debout pour ne pas dire est stupide !
Personnellement je pense que le choix de Tifinagh n’est que l’aboutissement
d’une stratégie et d’un plan bien préparé par ceux qui au lieu de mettre cette
langue sur la voie du progrès, l’ont aiguillée vers une impasse sans issue.
En bons stratèges, ils ont utilisé les IDS et Tamazihgt est en train d'être
asphyxiée par ses propres enfants ; un matricide en quelque sorte.
Ces enfants qui se sont comportés comme de petites souris attirées par le
morceau de fromage qu’on leur a posé à l’intérieur du panier à Rats se
rendront compte un jour de la gravité de leur erreur,
Je vous promets de relire après le ftour !
Aini va Ghriss

                                                                Agadir le 17/10/06




 AL AMAZIGHIYOUNE YAHYAOUNE ZAMANE SIDNA ISSA
(LES IMAZIGHEN CELEBRENT LE TEMPS DE JESUS)
PARU DANS D’UN HEBDOMADAIRE DU VENDREDI !
Que cherche d’autre l’auteur de cet article sinon créer l’amalgame et semer le
doute et la discorde entre marocains.
Que des Imazighen Chrétiens fêtent un événement qui y a t il de particulier
pour faire l’objet d’un titre en seconde page avec plein de nuances et de
rapprochements approximatifs et non fondés.
Si c’est pour parler ethnies et religions, omet-il que plus de 50% d’arabes du
Liban sont Chrétiens ? et que la Syrie, l’Irak et l’Egypte ont en compte par
milliers si ce n’est par millions?
Et où est le problème ?
Les « Bani Kouraida » étaient des Arabes juifs comme on avait aussi nos
Imazighen juifs !
Depuis quand la liberté de culte est-elle supprimée au Maroc même si ce que le
journal rapporte s’est passé en France !
Maintenant si c’est pour parler des Imazighen et de l’Islam, j’invite l’auteur de
l’article à faire un tour à travers les régions du pays. Il se rendra compte que la
majorité des « Madariss Al Atika » existent bel et bien dans les régions à
populations Amazighophones. Et que de nombreux cheikh Amazigh sont des
érudits en théologie et dirigent des prières dans plusieurs villes de notre pays
Arrêtez donc de jouer aux pyromanes aux allumettes mouillées. Les Marocains
ne sont pas dupes et ne sont plus preneurs de vos idées obsolètes.
Et si c’est pour vendre plus d’exemplaires de votre journal, votre approche est
d’une bassesse sans égale !
Aux Juifs arabes et Amazigh je dis, shalom et aux Arabes et Amazigh chrétiens
je dis, Paix sur vous et à l’auteur de l’article : 3aoud l’rask !!

Ainsi va Ghriss


LE BARRAGE
En parcourant cette nuit les nombreux messages que j’ai reçu depuis le
lancement du site, j’ai constaté que la préoccupation des Ghrissois qui revient
le plus souvent concerne la construction d’un barrage sur Oued Ghriss.
Ce constat ne me surprend guère car moi-même conscient de ce que
représente ce barrage sur le plan sécuritaire et économique j’en ai fait aussi
mon cheval de bataille.
Mais comme le soulignent de nombreux Ghrissois, il ne faut plus continuer à
parler pour parler. Baraka ont même dit certains, il faut agir !
Pour agir il faut définir des stratégies, en choisir celle qui parait être la plus
efficace ou plutôt la mieux adaptée en tenant compte de l’intérêt général de la
région et bien sûr des moyens dont on dispose.
Sans passer pour un quelconque donneur de leçons, j’aimerais vous faire part
de ce que je pense concernant cette affaire de barrage.
Soit comme le pensent certains lecteurs il y a une volonté réelle de la part du
makhzen pour que l’édification de cet ouvrage ne se fasse pas pour « punir » la
région pour son implication dans des événements qui ont marqué Goulmima
(Soulèvement de 1973, affaire des chiens, Implication dans la cause Amazigh
…etc. )
Soit, c’est juste une négligence de la part des décideurs qui sont plus à
l’écoute de ce qui se passe et du développement de l’axe El Jadida Kenitra que
pour ce qui se passe dans des oasis du sud du Maroc d’autant plus que ces
oasis perdues au sud sont même oubliées par les leurs.
Je vais revenir par la suite pour faire des suggestions qui me sembles
appropriées mais avant je tiens a vous dire que rester sans rien faire c’est
condamner Ghriss. Et Ghriss se meurt à petit feu.
Regardez autour de vous le nombre de Ghrissois qu’ils soient d’Ijyaln
d’Amagha d’Afrekla ou d’Igoulmimen qui ont quitté ou qui se préparent à
quitter la région pour s’établir à Marrakech, Agadir, Rabat, Casablanca et
ailleurs ! plus grave encore ces personnes sont en général celles qui disposent
d’un pouvoir d’achat et qui pourraient animer et donner un grand coup de
pouce à l’économie de notre région !
Imaginez chers amis si nos cadres à la retraite installés dans d’autres villes
venaient habiter leurs localités d’origine. Ca ne serait pas le super marché du
Souissi ou la grande surface d’Agadir qui profiteraient de leurs achats. Et on
ne verrait plus des étales presque vides de nos marchands de fruits et légumes
qui passent leur temps à guetter un acheteur qui ne vient pas ! Et là mes amis,
le Makhzen n’est pour rien ! Cet état de fait nous en sommes responsables.

Revenons maintenant à l’hypothèse qui serait celle de punir Ghriss et ses
habitants pour des actes jugés punissables par le Makhzen et dont nos
générations ne sont nullement responsables, Ne pouvons nous pas agir
comme l’avaient fait les habitants de Nador, Fès, Marrakech ou Casablanca qui
sont allés en délégations comprenant leurs élus, leurs notables, leurs cadres,
leurs chômeurs et leurs associations demander au roi de pardonner?
Sommes nous moins intelligents qu’eux ? Ou doit on rester fidèles à la devise
« Atrz oula Takna » quitte à ce qu’ « Adirz Ghriss » ?
Ne doit on pas profiter du fait d’avoir un Wali qui connaît bien la situation de la
région pour lui demander de solliciter une audience auprès de Sa Majesté pour
aller à rabat, Marrakech, Tanger, Agadir ou Erfoud témoigner de notre loyauté
et de notre attachement au roi ?
Où est le problème, et qui nous empêche de le faire ?

Pour le deuxième cas qui serait une négligence des décideurs, je pense que
nous pouvons agir simultanément par diverses actions dont :
1°) Il faut assurer une médiatisation permanente et soutenue à travers la
presse, la radio les sites web.
2°) Il faut que tous les Ghrissois fassent un envoi massif de lettres de
protestations pour leur insouciance à nos élus. L’adresse du parlement n’est
pas difficile à trouver, je vous la rappelle Avenue Med V Rabat.
3°) Il faut qu’une ou plusieurs Association de Ghriss saisissent un collectif
d’avocats afin d’ester le gouvernement devant le tribunal administratif pour
non assistance aux personnes en danger et détérioration de bien publics.
Un dossier comprenant les constats des dégâts subis par toutes les localités le
long de oued Ghriss suites aux crues attestés par des huissiers de justice
dans chaque localité doit être préparé et les Ghrissois doivent s’engager à
soutenir leurs associations en supportant les frais de justice et des avocats
afférents).

J’ai dit ou plutôt écrit haut ce que je pense bas, comme je l’ai annoncé au
début de cet écrit, je n’ai pas la prétention de donner des leçons à quiconque
ce sont des constats.
Ai-je raison ou tort ?
Suis-je plus ou moins sensible aux problèmes de Ghriss?
Is da tnadagh awal ?
A vous de faire part de vos propositions mais évitez de tirer sur
l’ambulancier !!!

Ainsi va Ghriss
                                                              Agadir le 17/09/06



LES VOIX DE LA RAISON
Cette semaine Ourika a faillit encore une fois revivre le même drame qu’elle a
vécu en 1995 et 1985. L’orage tombé dans la région de Setti Fadma a fait
beaucoup de dégâts matériels heureusement que le système d’alerte avait
fonctionné épargnant ainsi la perte de vies humaines.
Mais là au moins, la construction d’un barrage en amont est en cours, ce qui
mettra après sa réalisation toute la vallée de l’Ourika à l’abri des crues de
l’oued.
Pour Ghriss, on continue à faire la sourde oreille aux voix de la raison qui ne
cessent d’attirer l’attention de qui de droit sur les risques d’une catastrophe
humaine que pourrait encore une fois causer une crue de l’oued Ghriss.
Les Filali qui parait-il ne sont pas favorables tout au moins jusqu’aux dernières
crues à la construction du barrage d’Amsed risquent d’être les premières
victimes d’une éventuelle catastrophe !
La dérivation d’El Hmidate conduirait les eaux de l’oued vers des ksour en pisé
qui ne résisteraient pas longtemps à une petite inondations.
Les établissements touristiques de Merzouga ne seraient pas non plus
épargnés ! Les dernières crues qui ne sont pas aussi importantes que celle de
1965 ont mis à nue la vulnérabilité de nos infrastructures.
Alors messieurs les décideurs n’attendez pas qu’une catastrophe arrive pour
que vous accouriez tous par diverses commissions pour essayer de
comprendre ce qui s’est passé et proposer de mettre des rustines à l’image
d’une chambre à air usée qui ‘’pétera’’ au moindre « aghtir » (épine) !
Ecoutez la voix de la raison et construisez un barrage à Amsed. Seule solution
pour mettre à l’abri les populations de toute la vallée du Ghriss !!
Il y’a deux ans, après les manœuvres de secours conjointes des FAR et des
Forces USA, simulant un débordement de l’oued Ghriss, j’avais écrit dans les
colonnes de ce site que c’est louable de s’entraîner à porter secours aux
populations qui seraient demain peut être les victimes d’une éventuelle
catastrophe, mais l’important est de faire de sorte à ce que de telles
catastrophes ne se produisent pas en construisant un barrage sur le Ghriss.
Nous avons tous vu ce qui s’est passé cette année. Et ce n’est pas être de
mauvais augure si je vous dis que nous ne sommes pas à l’abri d’une
catastrophe majeure si rien n’est entrepris.

                                                            Agadir le 04 Août 2006



L’KAID OUKHLASS
Il y a quelques décennies, la nomination d’un Caïd dans une tribu tenait
compte de certains critères qui je l’avoue n’avaient rien de démocratiques. Le
seul critère acceptable à mon avis était le fait que les personnes nommées
devraient être de familles notables donc de gens qui ont à apporter et à donner
plus qu’à prendre.
C’est ainsi que le choix se porte sur les enfants de grandes familles pouvant
recevoir chez elles et organiser éventuellement des fêtes dans des grandes
circonstances.
Le titre de caïd n’est pas seulement honorifique, mais sa personne est
respectée et tout ce que dit le caïd doit être fait. Les citations « Inayawn l’kaid »
ou « galkoum l’kaid » sont encore utilisées pour dire qu’on doit exécuter un
ordre ou une instruction.
Quelques années après l’indépendance ce critère objectif ou subjectif a
disparu des conditions de nomination. Les lauréats des écoles de cadres sont
affectés un peu partout au Maroc en remplacement de ces fils de notables
arrivés à l’age de la retraite.
Tant mieux me diriez-vous même si dans certains cas, nous ne retrouvons plus
« Lhiba » (personalité et prestige) d’un caïd d’antan ! Mais n’est pas « Aglaou »
qui veut !

Durant la cérémonie de passations de consignes entre un caïd appartenant à
une grande famille des Ait Atta et un jeune administrateur fraîchement sorti de
l’école, qui venait d’être affecté à Ghriss et qui était originaire d’un des douars
de la Chaouia ; Ali ou 3mr à qui on avait confié la tache de préparer le thé
demanda au grand cheikh Sékou d’où est originaire le nouveau caïd ?
Le sage Sékou fit semblant de ne pas avoir entendu, car il n’avait pas la
réponse qui plairait et que l’assistance attendait. Cette assistance composée
de tout ce que Ghriss comptait de notables et de membres de toutes les
assemblées (lajma3te) d’Assif n’Ghriss aimerait entendre dire que le nouveau
caïd est de telle tribu, et qu’il appartient à une telle grande famille … etc.
Quelques instants encore, le préposé au thé profitant d’un moment de silence
de l’assistance revint à la charge et dit à haute voix :
- Mata l’kaid dgh a chikh Sékou ? (Qui est ce Caïd ? oh cheikh Sékou)
- Le cheikh Sékou le regarda du coin de l’œil et lui répondit :
- L’Kaid oukhlass ! (Caïd tout court !).
C’est vrai que nous sommes bien loin du prestige dont bénéficiaient un caïd
Ouala, un caïd Brahim n’ait Khettouch, un caïd Hro Hadjar, un caïd Bassidi, un
caïd Moha Machrouh ou le grand caïd Azouaoui.

Ainsi va Ghriss

                                                        Agadir le 28 août 2006



BOUDY, 3AGOU ET SIDI HMAD
Cette histoire survenue à Igoulmimn au début du siècle avait comme acteurs :
Sidi Hmad le fkih respecté du ksar. 3agou, un juif ghrissois commerçant de son
état et habitant Ait Moch et puis Boudy le musulman ghrissois associé à 3agou
et habitant Ait Moch également.
3agou et Boudy avaient une petite échoppe ne dépassant pas en tout 5m 2 où
ils vendaient aux habitants du ksar des produits de première nécessité comme
le thé, le sucre, les allumettes, le pétrole à lampe etc.
Nos deux associés que seule la religion différencie se faisaient confiance et
géraient leur petit commerce en bons pères de familles.
Chaque samedi 3agou observait le shabbat et se rendait à la synagogue située
à Tizi n’Imnayen, quant à Boudy lui, il assistait chaque vendredi au sermon de
Sidi Hmad qui officiait à la mosquée du ksar et qui répondait à toutes les
questions d’ordre religieux de la communauté musulmane.
Un vendredi, après la prière du Dohr, Sidi Hmad fkih, prit Boudy par la main et
lui demande de l’accompagner pour une discussion en privé. Une fois loin des
autres prieurs, Sidi Hmad lui dit :
 - J’ai vu que toi et 3agou, vous vous écoutez et vous vous faites confiance au
point où beaucoup de gens vous prennent pour des frères. Alors pourquoi
n’essaies tu pas de convaincre ton ami juif à épouser notre religion et devenir
musulmane ? Allah te récompensera d’avoir sauvé une de ses créatures de
l’enfer.
Le lendemain, tenant compte du conseil du fkih, alors que les deux amis
s’apprêtaient à déjeuner Boudy dit à son ami juif:
 - Dis moi 3agou, toi qui es comme un frère pour moi, pourquoi ne prononces-
tu pas la Chhada et que tu deviennes musulman ?
 - Boudy, mange tatajinte et tais-toi lui répondit 3agou.
La semaine suivante, après avoir été relancé par Sidi Hmad et toujours avant
de déjeuner, Boudy revint à la charge et dit à 3agou :
 - Pourquoi ne deviens tu pas musulman a 3agou ?
3agou le regarda et lui dit
 - Finis de manger tatajinte, je te répondrai après.
Après le déjeuner alors que Chmiha la femme de 3agou eu déposé les
ustensiles pour la préparation du thé, 3agou dit à Boudy :
 - Dis-moi mon ami, dans notre ksar il y a autant de musulmans que de juifs
n’est ce pas ?
 - C’est vrai répondit Boudy
 - As-tu jamais vu un juif tuer un autre juif ?
 - Non répondu Boudy
 - As-tu jamais vu un juif enlever à une femme un nourrisson « a3ssib » (neveu
orphelin) et le tuer pour profiter de l’héritage de son défunt frère ?
 - Non répondit Boudy
 - As-tu jamais vu un juif déplacer en sa faveur « agmoune » (sillon) délimitant
son champ ?
- Non répondit Boudy.
  - A-t-on jamais surpris un juif en train de voler de la luzerne ou des fruits d’un
« ourty » (jardin) d’un autre habitant?
- Non répondit Boudy.
 - As-tu jamais vu un juif dénoncer ou colporter aux autorités des informations
concernant un autre juif ?
 - Non répondit Boudy
 - Et les musulmans, s’interdisent-ils de faire toutes ces choses ? demanda
3agou.
 - Eux, ils font tout ça répondit Boudy
 - Tu vois que tu dis : Eux et non nous. Car toi, tu n’es pas comme eux ! Tu es
comme nous Boudy ! Et c’est à toi de devenir juif. Samedi prochain tu
m’accompagneras à la synagogue et je te présenterai au Rabin !!
Boudy baissa la tête et ne dit rien. Le vendredi suivant, quand Sidi Hmad lui
demanda s’il y a du changement dans l’attitude de 3agou, Boudy lui répondit :
 - Oullah 3nigh ghass nitni ayd ihlane ! (Je jure que peut être ils sont les
meilleurs)
 - Comment ? lui demanda Sidi Hmad.
Boudy lui redit tout ce que 3agou lui avait raconté , le fkih voyant qu’il y a plus
de chance que Boudy devienne juifs que de voir 3agou devenir musulman, Sidi
Hmad dit à Boudy :
 - Ne lui propose plus rien Boudy et ne discute plus religion avec lui. Ils ont
leur religion et nous la nôtre !

Ainsi va Ghriss
                                                        Marrakech le 27/08/06




UN DECOUPAGE CONTRE NATURE
FAREK TASSOUD DIT LE DICTON ARABE
Ne cherchez pas à comprendre comment le découpage électoral actuel en
vigueur pour Ghriss et sa région a été fait.
Sans user de la langue de bois, je vous dirai que le but recherché en séparant
Aferkla de Goulmima n’est autre que celui de diviser les deux principales tribus
de Ghriss a savoir Ait Morghad et Iqabliyen qui avec les Ait Hdidou d’Ijyal et Ait
Atta d’Amagha constituent les principales composantes de la population
Ghrissoise.
Avec l’ancien découpage qui englobait tout l’ancien cercle de Goulmima, un
Ghrissois soit-il d’Ijyal, d’Amagha, d’Aferkla ou de Goulmima représenterait le
Ghriss. Ce que le découpage actuel qui a divisé Ghriss et ses tribus et ses
deux principales tribus en deux, ne garantit pas. Ca sera quelqu’un de Rich,
d’Errachidia, d’Erfoud ou de Rissani qui demain représentera Ghriss au
parlement si rien n’est fait.
Aussi il nous revient à nous tous cadres, associations de dénoncer ce
découpage malveillant et suspicieux, et de nous poser les questions
suivantes :
    Faut-il envoyer nos cadres se mesurer à d’autres dans une compétition
      qui d’avance les défavorise ?
    Faut–il demain aller aux urnes si d’avance d’en haut on a tout fait pour
      que Ghriss reste marginalisé ?

A vous d’en débattre !

                                                           Agadir le 23 août 2006



IHIDASS N’GHRISS
Lors de mon passage ce week-end à Imilchil, j’ai appris que cette année la
capitale des Ait Hdidou n’abritera que son festival annuel traditionnel.

Comme je l’ai souligné l’année passée (Imilchil.doc) ce grand Moussem qui est
mondialement connu ne devrait pas voir s’y greffer d’autres manifestations qui
n’ont rien à apporter à ce grand Moussem.

Le festival des musiques des cimes trouvera en Midelt ou Ifrane des sites
adéquats, pouvant accueillir plus de visiteurs nationaux qu’Imilchil.

Quant à l’association Araw N’Ghriss qui projette organiser l’année prochaine
un grand Festival à Goulmima sous le thème d’IHIDASS N’GHRISS, elle lance
un appel au Conseil Municipal de Goulmima, au Centre Tarik Bnou Ziad à
l’IRCAM, et au Ministère de la Culture pour se joindre à elle afin d’étudier
ensemble la faisabilité de ce festival et les dispositions à prendre pour garantir
sa réussite.

Nous avons un projet de programmation, les moyens humains ne nous font
pas défaut ; seul le financement nous manque.

En nous aidant à faire connaître le volet culturel de notre région, vous aidez
nos artistes et vous participez à la sauvegarde et au développement de notre
patrimoine culturel commun.




LKANDARTE N’WAGAL
(LE PONT DES MARIAGES)
Si Avignon est célèbre entre autres par son festival culturel annuel et son
fameux pont où « on y danse, on y danse », Goulmima elle, bien qu’elle peine
à avoir sa Drdma annuelle a aussi son pont où « on s’y marie, on s’y marie ».
 Le nouveau pont de Tarmaste qui enjambe le Ghriss à Tizi N’Imnayen est
devenu un lieu de rencontres chaque fin d’après midi pour ceux qui cherchent
leur moitié. On se choisit et puis Takarfiyte prend le relais pour aboutir par la
suite aux fiançailles et à Ijiy N’Ouhidouss.
Pourquoi donc a-t-on choisit le pont ?
Je dirais que c’est du marchandising à son état naturel. Loin de comparer nos
jeunes à une quelconque marchandise, le pont représente pour les jeunes filles
ce que représente une tête de gondole dans une grande surface. Un bon
emplacement pour bien apparaître et attirer les regards des garçons qui
cherchent une épouse de leur bled.
Hedda qui l’année prochaine célébrera son mariage et accompagnera son mari
en Europe me dit que c’est sur le pont qu’elle a fait la connaissance de son
fiancé qui est un immigré de deuxième génération.
Il s’est adressé à moi en me disant :
Rabi Aydam Ikane Adagh Ik ! (Que Dieu qui t’a donné me donne !)*
Je lui ai répondu :
Amr Iyki Awlakhk (s’il m’avait donné je t’aurais épousé !)
Et c’est comme ça que c’est parti en commençant par Takarfiyte comme l’ont
fait nos parents. Nous nous sommes revus quelques jours de suite pour mieux
nous connaître et nous assurer qu’il n’y a pas d’incompatibilités et puis après
nous avons chacun de son coté informé nos parents respectifs.
Quelques jours après il est passé prendre un thé à la maison et faire
connaissance de ma mère. Maintenant il ne me reste plus qu’à réussir mon
bac, célébrer mon mariage et aller poursuivre mes études en Europe.
Et comment penses-tu t’organiser pour étudier et accomplir ton devoir
d’épouse dans un pays qui n’est pas le tien lui ai-je demandé
Les filles de Ghriss ont une grande faculté d’adaptation. Nous sommes comme
des VTT nous nous adaptons à toutes les situations m’avait-elle répondu.
Je suis certain que dans quelques années nombreuses seront les Ghrissoises
qui en traversant le pont diront à leurs enfants c’est ici que j’ai connu ton père.


                                                        Goulmima le 17 août 2006



LE RAID D’UN JOUR
Parti de Goulmima à dix heures ce dimanche 14 août le trajet Goulmima,
Tinghir via Tinejdad s’est déroulé dans une chaleur torride ?
Arrivés aux gorges du Todra où ma femme et moi pensions nous arrêter pour
déjeuner, nous fûmes surpris par le grand nombre de véhicules des MRE
stationnés des deux cotés de la route. Pas une place vide pour parquer notre
véhicule.
A voir les immatriculations des voitures stationnées on constate que toutes les
provinces de France étaient représentées à Tinghir. Les jeunes que nous
croisions s’exprimaient en français avec aisance. Leurs parents n’arrivaient
pas à faire disparaître cet accent propre aux personnes qui ont appris
phonétiquement une langue.
Tant pis pour les bonnes brochettes et le thé à la menthe de Yasmina. Ca sera
pour une autre occasion.
La métamorphose de Tamtatouchte surprend. Ce petit village est en train de
devenir une station de villégiature pour toute la région. Des maisons d’hôtes et
des campings sont aménagés le long de la route. Tout est propre et nickel. Le
désir des jeunes de faire sortir leur localité de la léthargie qui caractérise nos
villages du sud est plus que voyant ici. Une pensée pour Nora qui de France
milite dans l’associatif pour son bled traversa mon esprit.
La route de Tinghir à Ait Hani via Tamtatouchte est assez roulante. Même si
elle n’est pas assez large, le fait qu’elle soit bitumée rend la conduite agréable.
Nous nous arrêtâmes à Ait Hani un instant. Un groupe d’enfants qui nous ont
pris pour des touristes se forma autour de nous, nous parlâmes de leurs
scolarisation. Ils me dirent tous qu’ils sont de bons élèves dans leurs classes,
j’aurais aimé leur offrir des stylos ou des caramels à la place des dirhams que
je leurs ai remis.
Le tronçon de route de 36 kilomètres séparant Ait Hani et Assoul est en train
d’être refait. Je revis les moments que j’ai vécu il y’a deux ans quand j’avais
fait à pied et avec un sac à dos cette traversée. RECIT D'UNE ESCAPADE.doc
Ma femme ne cru pas ses yeux quand je lui montrais les endroits où j’ai passé
la nuit à contempler le ciel étoilé du sud.
Enfin Assoul, je vis ma femme s’émouvoir en retrouvant son village natal qui a
bercé son enfance et qu’elle n’a plus revu depuis plus de quarante ans. Elle
revis sa classe et se souvient de la foudre qui un après midi a frappé son
école bâtie sur une colline. Elle me montra les échoppes qu’occupaient dans
le temps les deux juifs d’Assoul, Simon et Haqi. La petite murette en pente
située devant la maison qu’occupait ses parents est toujours là. Elle me dit
que c’était sa pente de glissades à elle. Mais je pensais qu’elle était plus
grande que ça me dit-elle.
L’électrification d’Assoul est en cours. Tant mieux car la marginalisation de ce
village n’a que trop duré. Le GSM avec ses SMS « Sois Muet et Sourd » ça sera
pour des jours meilleurs.
Le mausolée de Sidi Bou Yaccoub « saint des lieux » est entouré de bâtisses
en pisé des habitants est situé en contrebas de vallée d’Assoul. Ma femme
voulait le visiter pour demander sa bénédiction, je lui fis la promesse de le faire
lors d’une autre visite.
A la sortie d’Assoul, nous fîmes monter un vieil homme qui attendait au bord
de la route un éventuel moyen de transport. Ils nous dit qu’il est un « chérif »
de la lignée se Sidi Bou Yaccoub et qu’il vit au sein de la tribut des Ait
morghade d’Amouguer. Je lui demandai s’il parlait arabe, il me répondit Imih
(un peu en Tamazight). J’ai souris et me suis dit : Enfin un arabe berbèrisé ! Il
nous dit aussi que les gens sont contents de voir leurs douars bénéficier de
l’électrification. Seul nous dit-il le « cartable » nous manque !!!
Et pourquoi le cartable lui demandai-je tout en croyant qu’il était au courant de
l’opération cartables pour chaque écolier qui est actuellement en cours.
Pour pouvoir téléphoner me dit-il !
Ouf, j’ai compris, notre chérif veut dire portable !!
Arrivé à Amouguer notre passager de quelques minutes fut déposé devant
chez lui. Il insista pour qu’on prenne un verre de thé chez lui. Nous le
remerciâmes et nous rendîmes à la source d’ « Ima Hogga Ali ». Le débit de la
source a augmenté par rapport à ma visite d’il y a deux années. Cinq filles
étaient là assises au bord de la source. Je descendis les marches pour boire et
jeter des miettes de biscuits aux poissons, quand une des cinq filles me dit : Il
faut faire un vœu avant de jeter la nourriture aux poissons.
Je lui demandai si elle a fait de même elle ?
Elle me répondit que oui
Je lui demandai alors quel était son vœu ?
Sans hésiter un instant elle me dit
J’ai fait le vœu de te rencontrer ici
Waw, on est en plein dans « Takarfiyte » me suis-je dit !
Et tu n’as pas peur de ma femme qui est là à mes cotés lui demandai-je
Pourquoi avoir peur me dit-elle, nous serons à toi toutes les deux.
Ma femme s’approcha plus de moi, la fille éclata de rire et me dit « Hate Tgd ak
awigh » (elle a peur que je t’enlève).
Nous restâmes à discuter un bon moment ensemble, deux des filles sont des
beurettes qui habitent tout près de Béziers en France et qui sont en vacances à
Amouguer. Elles espèrent un jour épouser un enfant du bled pour pouvoir
assurer les visites régulières à Amouguer. Dommage que dans trois jours ça
sera le retour me dit l’une d’elle en baissant les yeux.
Peut être qu’un Moha est en train de conquérir son cœur !!!!
La traversée d’Amellago s’est faite sans arrêt. Mais comme pour Tamtatouche
je ne pus m’empêcher d’avoir une pensée pour Said N’Oumellago qui devrait
bailler en ce moment !
Un dîner en brochettes accompagnées de verres de thé à la menthe fut pris à
la sortie de Rich et le retour tard dans la nuit à Goulmima notre point de départ
de ce raid d’un jour.

                                                        Le 15 août 2006


LES RESISTANTS ET LES NATIONALISTE DE GHRISS
Nombreux sont les Ghrissois qui confondent la résistance (Al Moqawama) et le
nationalisme (Al Wataniya).
Si pour le premier ma génération n’était pas encore née (1930-1934), et tout ce
que nous savons sur le déroulement de l’occupation de notre région par
l’armée française nous est raconté par nos parents et grands parents qui eux
avaient vécu cette période et résisté à la colonisation de Ghriss (Lire l’article
de Moha ou Ali Khettouch.doc). Certains parmi nous étaient témoins et avaient
vécu de près la période agitée d’ « Al Wataniya » qu’avait connu Ghriss durant
les années cinquante et qui avait précédé l’indépendance de notre pays.
Nous étions une poignée d’enfants qui chaque jour entre midi et quatorze
heures et ce durant plus d’une année à aller du Ksar à la prison de Tizi
N’Imnayen pour remettre la galette quotidienne de pain à nos parents ou
proches qui étaient emprisonnés pour leur activisme au sein de la cellule
régionale du parti de l’indépendance.
Pour moi, c’était mon oncle Da3ssou qui était ramené d’Asfla et mis en prison
à Goulmima. Mais avec lui, il y’avait d’autres activistes du ksar N’Igoulmimen
et j’en citerai entre autres Hammou Berri, Moha Ou3bou, Youssef ou Lhou, Sidi
Moh Belghiti, Moulay Belghiti, Ali Barka, Youssef N’Icharouidne, Hammou N’Ait
Sékou, Sékou 3alla, Ha ou Zda et son frère Ali Ou Zda. Quant à Hammou 3aza
et Hmad n’Ait Taleb ils furent incarcérés respectivement à Azrou et Meknès.
Feu Hamou ou Mokrane a été tué en 52 d'une balle et poussé avec son cheval
dans un ravin pour faire croire à un accident lors d'une partie de chasse aux
mouflons. D’autres nationalistes ont eu plus de chance et n’ont pas été arrêtés.
Le caïd de l’époque feu Haj Brahim N’Ait Khettouch a été destitué par les
autorités françaises pour avoir protégé son neveu feu Zaid N’Ait Khettouch qui
était très actif dans la cellule d’Ighrem et qui avec son groupe composé de Ha
ou Lhou n’Ait Lmouden, Brahim ou Sibou et d’autres, informaient les
prisonniers de tout ce qui se passait. Moi même et Ha ou You « Nasri Moha »,
combien de fois avions transmis de petits messages écrits à ceux qui étaient
derrières les barreaux.
A l’inverse des d’autres villes du Maroc et bien que cet épisode soit derrière
nous, à Goulmima, les gens connaissent bien qui militait et qui collaborait !
Alors de grâce, laissez la résistance aux résistants et le soulèvement pour
l’indépendance à ceux qui l’ont payé de leurs vies ou par des années
d’emprisonnement!
Les « Boundani Ihya Lmalik » et les défilés de gamins dans les ruelles du ksar
n’avaient rien à voir avec les sacrifices des uns et des autres.
A bon lecteur salut




IMKHIBNE AYA !!!
La discrimination raciale, tout le monde la connaît, la dénonce et la combat.
Mais la discrimination territoriale qui touche notre région. Qui en parle et qui
en dit un mot?

    Pas d’infrastructures routières: Il faut que nos pistes cahoteuses
     continuent à servir de spéciales pour les rallyes nous dit-on !.

    Non au barrage d’Amssed: La plaine de Ghriss est plus belle aride que
     verte. Et les populations de la vallée apprécient d'être sous la menace
     d'être emportés par une crue de l'oued. Ca fait augmenter leur taux
     d'adrénaline?

    Une ligne de chemin de fer: là, je continue à rêver, car le train ne siffle
     que dans mes oreilles !

    Les émissions de TV mal captées: Même pas avec le plus grand
     couscoussier du ksar, de toutes les manières il faut qu'un interprète soit
     présent pour traduire aux Amazighophones !

    Une salle de sport: En attendant sa construction, les sportifs
     continueront à s’entraîner en grimpant les palmiers au risque de
     terminer comme "Boutfadine" dans l'histoire de grand'mère !

    Une maternité à Ghriss: Moha, Assou, Itto et les autres doivent continuer
     à naître autour de l'âtre « Dart Ouaffa » ça fait plus écolo !!!

    Un internat pour jeunes filles lycéennes: Et qui va faucher la luzerne
     pour la vache, les deux brebis et remplir d'eau les gargoulettes ?

    Une mise en valeur des terres agricoles: Tu blagues. Le Ghriss ne sera
     jamais le Tadla ! Et puis Wari et Azougar n'ont pas besoin d'être irrigués!
       Une apparition de sauterelles à la frontière: DDT pour tout le monde! ça
        éradique les sauterelles et tout ce qui vole. Mais pas ceux qui volent !

       Un centre culturel à Ghriss: certains ne veulent pas "bronzer idiot". Nous
        ils veulent qu'on "meurt idiot"

      Ah les méchants (pour ne pas dire autre chose) !




   LA MALEDICTION D’UN KSAR
   Depuis les premières élections législatives Ighrem N’Igoulmimn n’est jamais
   arrivé à faire élire un de ses fils au parlement pour représenter le Ghriss.
   Ijyal s’est fait représenter à deux reprises par :
   Benhachem FAIQ et Sidi Moh IZIG
   Afrekla par Mohamed DAHMI
   Amagha par Mohamed HAMMA
   Waqqa par Sidi Moh OUMAMI
   Errachidia Par Ali ELFELLAH (rien à voir avec Ghriss)
   Ain Chiir Par My Hachm OUFKIR (rien à voir avec Ghriss)

Sans faire preuve de pessimisme je parie que les prochaines élections seront
comme les précédentes
Plusieurs candidats du ksar se présenteront et s’élimineront mutuellement en se
partageant les voix des Ghrissois
Les « dealers » à la solde des nababs étrangers à Ghriss et aux poches pleines
useront de tous les moyens illégaux pour faire passer leurs commanditaires en
achetant les voix des pauvres gens.
Ghriss sera représenté par quelqu’un de Rich, d’Errachidia si ce n’est de Tarda ! si
le découpage électoral reste comme il est.
Aux commentateurs et analystes avertis, de la chose Ghrissoise je demande de
m’aider à comprendre:
Pourquoi nous sommes le seul ksar à présenter plusieurs candidats à chaque
élection législative?
Pourquoi ne fait-on pas valoir les qualités de nos candidats ?
Pourquoi laisse t on les démarcheurs de voix opérer impunément alors que nous
savons qu’ils marchandent les voix des petites gens ?
Pourquoi on nous compare à Al Hotaîa qui après avoir haï tout son entourage se
hait lui même (kobiha wajhoune wa kobiha hamilouhou) ?
Pourquoi sommes nous les seuls à ne pas nous réjouir de la réussite d’un des
nôtres ?
Pourquoi nous privilégions l’esprit conflictuel à l’esprit de réconciliation et
d’acceptation de l’autre ?
Pourquoi ne fait on rien pour rapprocher les différentes composantes de notre
population ?
Pourquoi chez nous l’esprit individualiste prend il le dessus sur l’intérêt général et
l’intérêt de la communauté ?
Engageons sans langue de bois un débat responsable et trouvons ensemble des
actions correctives à nos nombreuses non qualités.



  LA RECIPROCITE N’EST PAS EFFECTIVE
  A l’inverse des européens et des américains qui séjournent aux pays et qui en
  quelques mois apprennent à parler Tamazighte même si ce n’est qu’en
  quelques mots, nos concitoyens arabophones, tout au moins la majorité
  d’entre eux ne fait aucun effort pour apprendre cette belle langue !

  Lors de mon court séjour aux USA, j’ai eu l’occasion de rencontrer un
  américain membre de l’association « Haut Atlas » qui a profité de son séjour à
  Tounfiyte pour apprendre à parler couramment Tamazighte. Là je n’ai pas
  manqué de faire le rapprochement avec ce médecin qui est resté plusieurs
  années à Goulmima sans apprendre à parler cette langue, qui l’aurait aidé à
  communiquer avec ses patients. (Bonjour les diagnostics exacts, me suis-je
  dis !

  Vous irez à Khénifra, Nador, Goulmima, à Tafraoute ou dans n’importe quelle
  localité à population Amazighophone, vous ne trouverez aucune difficulté à
  communiquer aussi bien en Tamazighte qu’en Arabe.
  L’inverse n’est pas du tout valable dans les localités Arabophones. Non
  seulement on ne parle pas un mot de Tamazighte mais quand vous discutez
  berbère avec un ami on vous regarde du coin de l’œil si on ne va pas jusqu’à
  vous dire : 3arab !
  Là aussi, un travail d’éducation et de mise à niveau des mentalités est à
  entreprendre !
  Si ce n’est que ça me diriez-vous !!



  GRAT’NGH (Entre nous)
  Au moment ou les plus hautes autorites du pays baptisent les nouvelles villes
  avec des noms Amazigh (Tamansorte a Marrakech, Tamasna a Rabat,
  Tagadirte a Agadir),
  Je propose que les localités suivantes retrouvent leurs appellations Amazigh :
  Targua Oufla pour Ghriss Al 3oulia (Ma L3ali ghir Allah)
  Waqqa pour Ghriss Assoufla (Jahanam hiya soufla)
  Bra N’Hart pour El Hay El Jadid (Ma Jdid ghir lakdoub)
  Tizi N’Imnayen pour le village (A fad n’ousbahi)
  Dans la même ordre d’idée pourquoi ne donnerait on pas les noms de nos
  martyrs et de nos personnalites locales a nos rues, nos places et nos
  complexes Je propose donc qu’on baptise :
  La route allant de Tizi N’Imnayen a Ait Moch et qui passe devant Imi N’Ighrem,
  soit baptisee : Avenue du Capitaine Moha Mezroub.
  Le complexe culturel Complexe culturel Ouasta.
  La maison de bienfaisance Zaouite N’Sidi Lahbib Lguerboub
ARAW N'TANOUHTE (suite)
Apres cinq années passées plus à se déchirer entre eux qu'à s'occuper des
vraies préoccupations des gens, voilà que les partis politiques toutes
tendances confondues retrouvent l’agitation qui annonce Lahdarte des
élections..
Certains retrouvent comme par hasard leur unité comme si de rien n'était,
d'autres profitent pour écarter des éléments qui risqueraient demain de les
concurrencer. Et tous, présentent pour être adoptées des recommandations
préparées à l'avance loin des assises des congressistes après une séance de
discours qui se ressemblent depuis des années.
Je suis d'accord, de considérer que toute cette agitation fait partie du jeu
politique et préélectoral, mais ce qui me gène le plus, c'est de voir ces pauvres
gens de nos campagnes qu'on embarque dans les cars, pour remplir les salles
des congrès afin de donner l'impression d'avoir l'adhésion de la population.
Pour comprendre le sens du titre de ce billet, je vous invite à lire le texte ci
après qui était inséré dans le site il y'a plus d'un an.




ARAW N' TANOUHTE (Les petits du hibou) !!
Au risque de me faire des ennemis, je pose la question suivante :
Qu’est ce que les partis politiques ont apporté à Ghriss depuis un demi siècle à
part le déchirement entre familles, la haine entre les ethnies et l’exploitation de
la naïveté de certaines gens qui continuent de croire aux discours
électoralistes?

    Ont ils fait quelque chose pour améliorer les conditions de vie des
     Ghrissois ?
    Ont-ils appuyé la revendication des gens pour la construction du
     barrage d’Amessed, clé du développement de toute la région?
    Ont –ils pensé à arrêter la désertification de nos palmeraies et à stopper
     leur ensablement ?
    Ont-ils pensé au problème de l’eau et de la pollution de la nappe
     phréatique ?
    Ont-ils inscrit dans leurs programmes une action favorisant nos jeunes
     diplômés qui sont loin des bassins à potentiel d’emplois ?
    Ont-ils fait quelques choses pour favoriser la scolarisation de nos filles
     rurales ?

La réponse à toutes ces questions est bien sûr Wallou !!
Mais n’empêche, le jour des élections nous nous précipiterons et nous nous
bousculerons tous pour élire «qui je ne sais pas d’un quelconque parti» Nous
serons comme I3issawiyne et lahdarte s'emparera de nous!!!
Moi, mon candidat ne sera pas celui dont le signe sera le chacal, la chèvre ou
le Rabouss ! Il sera

    Celui qui me dira que la seguia coulera d’une eau potable et claire,
    Celui qui se battra pour que le barrage soit construit
    Celui qui porte Ghriss et ses populations dans son cœur !
    Celui qui se battra pour Tamazighte et Tamazirte.

A défaut de ça : J’irai escalader le mont Badou, l’air y sera sûrement plus sain
et loin d'Araw N'Tanouhte!



NOS COUSINS LES ANDALOUS
J’ai suivi de près les hommages rendus par les grands du pays au Maréchal
Mohamed Mezian et à sa fille Leila.
D’Aherdane à Boukous, tout ou presque a été dit sur ce valeureux officier
Rifain qui vit le jour, à Béni Ansar dans la périphérie de Nador, et qui s’est
distingué durant sa vie par son courage son intégrité et sa fidélité à son pays
et à son roi.
Ils ont aussi énuméré les actions caritatives et l’engagement entier de sa fille
Leila pour les pauvres pour la culture et pour sa langue maternelle
Tamazighte.
Moi, petit de ce monde, natif d’un petit patelin du sud-est du Maroc, je veux
rendre hommage au couple Benjelloun / Mezian. Un couple formé par deux
personnes qui sont unis par le mariage et qui pour moi symbolise les
retrouvailles de cousins.
Car les Andalous que nous appelons communément « les Fassi » ne sont que
les descendants des Imazighen qui avaient conquis l’Espagne avec Tarek ou
Zaid !
    Alors que ça plaise ou pas à certains, les Ben.… et les Bou… . ne sont tous
    que les enfants de Mazigh !



LI MA CHRA ITNEZAH ! C’est l’été c’est la fête !
Certaines personnes ne vont pas apprécier, d’autres vont se régaler. Ainsi est
faite la vie !
Et puis parler politique et raller toute l’année n’est pas du tout conseillé. ça
stresse, réduit le nombre d’années de vie et vous fait pousser rapidement la
barbe !!!!! (Al 3ilm)

HAN AWAL !
HAN KA YADN !
HAN AMAN DI ....... !
IKHASSA MAY DI STERNE STRING !




ET ON FINIT S’TGHRITE !
MAYMOUNA LA DJNIA DE LA MER
      Yemaya

J’avais à peine 11 ans quand pour la première fois je vis la mer. C’était à Safi
capitale des Abda. Etant enfant du désert qui ne connaissait que l’immensité
des ergs je fus ébloui par cette étendue des eaux bleues que je voyais pour la
première fois.
Les déferlantes qui venaient fouetter la falaise rocheuse, éclaboussant le
rivage m’avaient impressionné tant par leur force que par la régularité de leur
mouvement.
Depuis ce temps, tout ce qui est en rapport avec la mer m’attire et me
passionne ;
Je ne vais pas vous réciter le poème de Victor Hugo qui commence tristement
par
       Oh combien de marins, combien de capitaines
       Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines ….etc.
Je ne vais pas non plus vous parler de Yemaya, ou Ymoja qui dans les
traditions afro-caraibes et particulièrement chez les Yorubas de l'Afrique
occidentale représente "la Mère des Eaux". On raconte qu’à sa mort, la
libération de ses eaux utérines causèrent une grande inondation qui, à son
tour, a créé les océans.
Je passerai sous silence. Neptune qui pour se venger de ses ennemis leur
envoyait souvent des monstres marins.
Je ne dirai non plus rien d’Amphitrite déesse de la mer par sa naissance,
petite-fille du titan Océan. qui séduit Neptune, mais se sauve pour ne pas
l’épouser. Seul le dauphin, envoyé à sa recherche par son maître, réussit à la
convaincre.
Je ne m’attarderai pas sur Lalla Aicha Al Bahriya qui d’Azemour sur la rive
droite de l’embouchure de oued « M’Rab3iyen » (Oum Rabia) se renvoyait la
balle avec Moulay Abdelkader Jillali installé lui à Baghdad. (Il faut dire qu’en
ces temps les patriotes des GI américains n’étaient pas là pour intercepter et
détruire le ballon dans le ciel de la cité Abasside)

Aujourd’hui, je vais vous parler de Maymouna la Djnia des océans et des mers.
Cette Djnia bienfaitrice que les femmes sollicitent au lever du jour avant que le
soleil apparaisse et qui même étant ce qu’elle est, n’avait pas connu de
bonheur dans sa vie amoureuse. Elle que le beau Chamharoch fils de du grand
Karkoch a laissé tomber après cinq années de vie commune, lui préférant une
autre Djnia moins belle qu’elle.. Elle ne s’est rendue compte que l’abandon
dont elle fut victime était la conséquence d’ensorcellement et que sa rivale lui
avait jeté un sort la séparant ainsi de son mari..
Depuis cette date, elle s’est jurée de consacrer une partie de sa journée à venir
en aide aux femmes qui vivent ou qui ont vécu une déception amoureuse
comme elle.
Et c’est ainsi que chaque matin avant le lever du soleil des femmes qui
voulaient solliciter son intervention se rendaient sur la plage pour le rituel de la
demande d’intervention.
Hier matin donc, je marchais pieds nus sur le sable longeant la plage allant de
la marina jusqu’à l’embouchure de Oued Souss, quand à hauteur de Tikida
Beach je voyais deux femmes vêtues de gandoura plonger et replonger dans
les eaux encore fraîches de l’océan.
J’ai attendu qu’elles sortent de l’eau et je me suis rapproché d’elles.
Surprise, une d’elle ne m’est pas inconnue puisqu’elle exerce en tant
qu’assistante commerciale dans une grande surface et porte le nom de Siham.
Femme belle et émancipée qui de part sa fonction discute librement avec la
gente masculine. Le fait que je ne lui sois pas inconnu l’avait rassuré, elle me
présenta son accompagnatrice qui s’appelle Fatiha mais contrairement à
Siham, portait un foulard qui cachait sa chevelure et parait être des
« Mouhtajibates ». Après les salutations d’usage, je lui demandai si c’est pour
implorer Maymouna qu’elle et son accompagnatrice étaient là ?
Elle me répondit par l’affirmatif.
Je la priai alors de m’expliquer ce qu’elles attendaient de cette démarche.
Tout d’abord me dit elle je tiens à te dire que contrairement à moi qui suis
mariée et qui ai des enfants, mon amie est célibataire. Donc nos sollicitations
diffèrent et leurs rituels aussi.
Pour mon cas me dit elle. Je dois m’asseoir dans l’eau avant le lever du soleil
et faire de sorte que le niveau de l’eau arrive à hauteur de mon menton. Une
fois bien assise, je dois me concentrer pour chasser les mauvais esprits et
attendre que sept vagues viennent fouetter légèrement mon visage.
Pourquoi sept vagues lui ai-je demandé ?
La première vague efface tous les mauvais sorts qui me sont jetés par ma
belle-mère.
La deuxième ceux de mes belles sœurs,
La troisième ceux des tantes de mon mari,
La quatrième ceux des cousines de mon mari qui espéraient l’épouser ;
La cinquième ceux de mes cousines qui ne sont pas encore mariées et qui me
jalousent,
La sixième ceux des anciennes copines que mon mari avait connu avant notre
mariage et qu’il a depuis laissé tomber.
La septième pour ceux de la secrétaire de mon époux en cas où cette dernière
ait des projets secrets à réaliser avec lui.
Et tu penses que ces petites vagues sont efficaces lui demandai-je ?
Bien sur c’est comme si tu scannes tous les fichiers informatiques de ton
ordinateur et tu les fais nettoyer par un anti-virus me répondit –elle.
Et pour Fatiha qui elle, n’est pas mariée, c’est aussi d’un anti-virus dont elle a
besoin ?
Non. Pour Fatiha qui est toujours célibataire, c’est un formatage qu’il faut !
Pourquoi le formatage et en quoi il consiste ?
Il consiste à plonger la tête sous l’eau et rester en apnée les yeux ouverts le
temps de passage des sept vagues. Ce rituel «délète » tout ce qui vous a été
fait pour vous empêcher de trouver un mari. Il place un filtre protecteur autour
de vous pour le reste de votre vie.
Le filtre est-il si efficace lui ai je demandé ?
Garanti cent pour cent me répondit elle.
Sur cette affirmation et sans attendre un instant, je courus et plongeai sous
l’eau attendant que les sept vagues passèrent en priant Maymouna de se
limiter à la mise en placer du filtre protecteur sans aller jusqu’au formatage de
tout mon disque dur !

                                                   Agadir le 29 juin 2006


LE PIRE EST A VENIR !!
Souvenez-vous, il y’a deux ans, après les manœuvres conjointes des FAR et
des Forces USA, simulant un débordement de l’oued Ghriss, j’avais écrit dans
les colonnes de ce site que c’est louable de s’entraîner a porter secours aux
population suite a d’éventuelles inondations qui surviendraient, mais que
l’important est de faire de sorte a ce que de telles catastrophes ne se
produisent pas en construisant le barrage sur le Ghriss.

Je ne prends pas même si ils sont évidents les aspects économiques de cet
ouvrage, car devant les risques de pertes humaines ils deviennent
accessoires !

Nos élus, nos autorités, nos associations, vont ils bouger et prendre le taureau
par les cornes en saisissant qui de droit ou va t-on attendre jusqu’a ce que
« les eaux nous emportent » (wakha oussinagh wamane yadn !).

Si rien n’est fait, je vous dis que le pire est a craindre pour les années a venir.
Les uns ont eu le Tsunami, évitons que notre région connaisse un «Assifani »

Et si les chèvres veulent continuer a avoir peur des chacals, c’est leur
problème. Moi aux chacals je dis, TOZZZ.

Ainsi va Ghriss


                      Assif N’Ghriss en crue le 25 mai 2006
 LES ASSOCIATIFS FONT CE QUE D’AUTRES DEVRAIEN FAIRE !
Paradoxalement, la dernière crue de l’oued Ghriss a pour conséquence de
priver d’irrigation les trois quarts de la palmeraie (Igoulmimen et Waqqa). les
quintaux de boue charriés par l’oued se sont déposes dans la seguia
empêchant l’eau d’y couler.
Et comme le montre les photos ci-dessous, ce sont des jeunes filles et garçons
encadrés par des Associations locales qui ce sont emparés de pioches et de
brouettes pour curer le canal.




Les associations Montada ksar Goulmima et Arraw N’Ghriss ont organisé une
journée pour le curage de Targa. Il est à signaler que MM Kamous Addi,
Oul3outri Ali, alias Samir, Kejji Lahcen et d'autres méritent d'être remerciés
étant donné que ce sont eux qui ont pris l'initiative pour mener à bien cette
tâche.




Dans le même cadre les plus jeunes des deux sexes n'ont pas manqué de
mettre en valeur leur attachement à l'artère qui ne cesse de donner vie à cette
belle oasis; point vert dans le désert .



SOS LOULOUF
Je profite de l’envoi par mon ami Moha Allali de cette photo qui met en
évidence les effets désastreux qui sont provoqués par les crues de l’Oued
Ghriss, pour vous présenter une série de photos que j’ai prises en 2001, et que
j’avais insérés dans le site pour attirer l’attention de qui de droit sur cette
menace qui met en péril une partie de notre palmeraie.

Hélas, mes appels et mes avertissements sont restés lettres mortes ! Peut être
que les personnes responsables des affaires publiques avaient d’autres
priorités comme l’élagages des eucalyptus.

Mais bon, on continue à réagir comme le faisait jadis la cavalerie américaine au
Far West. Elle arrive avec tout son tralala une fois la bataille terminée !
La culture de la prévention et de l’anticipation n’est pas encre ancrée dans la
mentalité de ceux qui doivent veiller sur notre sécurité et sur celle des biens de
la population

Ainsi va Ghriss




INONDATIONS LES ZONES A RISQUE
Dans son édition de ce jour, rubrique « De bonnes sources » L’Economiste
nous fait part des 16 sites menacés d’inondations. Ainsi il est écrit :

« Seize sites menacés d’inondations ont été recensés dans le cadre du plan
national de prévention contre les inondations, a annoncé le secrétaire d’Etat
chargé de l’eau, Abdelkébir Zahoud. Ces sites concernent les bassins de Ziz,
Ghris et Kir, a précisé Zahoud dans une réponse à une question à la chambre
des représentants, sur les inondations survenues dans certaines régions du
Maroc. Le secrétaire d’Etat chargé de l’eau a souligné que la priorité a été
donnée à la région de Merzouka et à la zone touristique de Todgha, Oued
Lahmar à Errachidia, Oued Chorfa (Rissani), Oued Lagraba (Boudnib), Oued El
Baida et Ksar Asrir près de Tinejdad»
Tant mieux pour Merzouga et les autres sites cités. Mais si je comprends bien
le bassin de Ghriss qui a été cité parmi les bassins à risque comprend
Goulmima, Tadighouste et tous les ksar d’Ijyal !!!
Est-ce un oubli du Secrétaire d’Etat chargé de l’eau ou faut –il encore lire entre
les lignes ?

Sghouy a Tarire !!!!



MESSIEURS DE LA COMMISSION, VOILA CE QUE LA REGION
DEMANDE !
Sur instructions royales, une première commission ministérielle s’est rendue
dans la province d’Errachidia pour voir de visu les dégâts causes par les
débordements des Oued Ghriss et Ziz.
Le ministre de l’intérieur a déclaré qu’une deuxième commission se déplacera
pour étudier le besoins des populations.
Et même si ma voix ne représente que ce qu’elle représente, c'est-à-dire Moi,
elle s’élève pour dire aux membres de la future commission :
Les besoins pour ma région sont nombreux et multiples mais le plus urgent et
le plus important reste: «LA CONSTRUCTION DU BARRAGE D’AMSSED »
     Le barrage épargnera les vies humaines et le cheptel des habitants;
     Il sauvegardera nos palmeraies et évitera l’élargissement du lit de l’oued
       aux dépends des terres cultivées;
     Il sera un levier de développement socio-économique de toute la région.



ILS LE DISENT A LEURS MANIERE ET ILS ONT RAISON
Croit-on qu’en interdisant de faire porter les prénoms Imazighen à leurs
progénitures que nos compatriotes vont baisser les bras ?

C’est méconnaître l’attachement des Imazighene à leur identité et a leur
culture.

Et voila que ceux qui sont de l’autre cote de l’atlantique chacun à sa manière
exprime son appartenance identitaire en immatriculant son véhicule d’un nom
Amazigh !!
   NB : Ah si les dunes d’Amagha et de Tighremt N’oughroud se couvrent de
   neige autant que l’est la voiture de notre Ghrissois



CA AURAIT ETE MIEUX SI J’ETAIS RESTE CHEZ-MOI
L’Institut Français d’Agadir a abrité hier une rencontre animée par Ahmed
Sabir au cours de laquelle les thèmes suivant ont été « traités »:
- L’histoires des Imazighen : L’Apport de l’Art Rupestre par Mr Abdellah Salih
- La culture Amazigh : Enjeux et Défis d’une Renaissance par Mr Ahmed
Boukouss

Laissant de coté le temps réservé à ces deux interventions qui ne dépassait
guère 1h30mn ce qui n’a pas permis à la nombreuse assistance d’instaurer un
véritable échange et de poser autant de questions qu’elle le souhaitait, je dirais
pour ma part que je suis resté sur ma faim. Je m’attendais à ce que Mr le
recteur de l’IRCAM nous fasse part de la stratégie de l’institut pour justement
relever les défis et assurer la renaissance de la culture Amazigh. Il s’est
contenté d’énumérer des actions de formation d’inspecteurs et de l’édition de
manuels de la langue Amazigh, ou de la formation de présentateurs de la future
chaîne de tv Amazigh. Il a aussi parlé des sommes d’argent distribuées aux
associations Amazigh (J’assure les lecteurs que l’Association Arraw N’Ghriss
n’a pas bénéficié d’un seul centime. Peut être que cet argent va plus aux
Associations du Souss auxquelles je dis. Adaknt izayd rabi !)
Je ne dis pas que ces actions ne sont pas importantes, mais qu’elles peuvent
être assurées par les départements des ministères concernés et non être la
préoccupation du recteur de L’IRCAM, qui à l’air de ne pas accorder au coté
politique de la cause Amazigh l’importance nécessaire.
J’ai eu encore une fois la preuve hier lorsque monsieur le recteur a passé sous
silence ma question qui était :
 - Est-ce que l’IRCAM pense réagir à la déclaration faite cette semaine dans la
presse par un ministre qui à dit que le Maroc n’aura comme langue que l’arabe
classique, et que même la Darija n’est pas une langue marocaine ?
Mr Boukouss n’a pas daigné répondre à ma question.
Ce qui me fait dire : Imazighen ne vous faites pas trop d’illusions, N’attendez
pas que ceux qui vous représentent exigent de l’autre ce qui vous revient car
ils se contentent de ce qu’on veut bien leurs donner.
    (De Gauche à Droite) : Ahmed Boukouss, Ahmed Sabir et Abdellah Salih

                                                        Agadir le 27/01/07



PRENONS LE TRAIN A TEMPS .....
TAMAZIGHTE a raté de peu son entrée en tant que langue officielle pour Ceuta
et Mellilia au même titre que l’espagnol.
 Imaginez la frustration des Imazighen vivant à l’intérieur du pays qui verront
leurs frères qui habitent les présides sous occupation réussir ce que nos
députés, notre IRCAM ou tout simplement nous tous, nous ne sommes pas
arrivés à réaliser.
 Mais comme on ne peut nager à contre courant, la reconnaissance de notre
langue est inéluctable.
Ce qui serait mieux et apprécié, c’est que nos décideurs anticipent et passent
pour être des initiateurs d’une telle reconnaissance au lieu de le faire un jour
sous la pression des marocains.
A bon lecteur salut


N’ZGL ABRID
Les années seventies avaient représenté pour Goulmima une opportunité de
développement qui risque de ne jamais se reproduire ?
- Un Gouverneur Ghrissois à la tête de la province,
- Un super Caïd Ghrissois de coeur et dont le dynamisme était sans égal !
Que s’est il passé ?
Qu’importe !
Je dirais tout simplement: N’Zgl Abrid !!!

Ainsi va Ghriss ......
LISTE DE LA HONTE
BASRI N'EST PLUS MINISTRE, SA LISTE RACISTE DEMEURE !!!!

Je viens d'apprendre par voie de presse (LE JOURNAL N° 246 du 11 au 17
mars), que certains bureaux d'état civil continuent à refuser aux citoyens
marocains Amazigh de donner un prénom Amazigh à leurs enfants. Cette
attitude raciste et discriminatoire doit être dénoncée avec vigueur!
Les prénoms Amazigh sont une partie intégrante de notre patrimoine.
Et par solidarité avec mon ami Omar Derrouich de Goulmima à qui on a refusé
de faire porter le prénom "Amazigh" à son bébé, désormais je me ferai appelé
YUGUERTEN



NON A LA FOLKLORISATION DE NOTRE CULTURE
Doit-on rester sans réaction à ce phénomène qui dure depuis longtemps et qui
consiste à réduire nos artistes poètes en de simples amuseurs folkloriques ?
Ne devrait-on pas reconsidérer notre appréciation envers ces hommes et ces
femmes qui jadis, par leurs poésies informaient et éduquaient les gens ?
Doit-on substituer le sens et les messages véhiculés par la poésie à travers les
paroles d’une Tamdiazte par des « Harrak mouzzoune » et par des prestations
de danseuses aussi belles qu’elles soient ?
Au lieu d’encourager nos Inchaden et Imedyazen à plus de recherche dans
l’élaboration de leurs textes, nous les poussons à aller dénicher de belles
danseuses qui amuseraient l’assistance.
Ainsi, sans nous rendre compte, nous folklorisons notre culture ! et nous lui
ôtons toutes ses lettres de noblesse !
Aussi, je lance un appel à tous Imazighen soucieux de la sauvegarde de notre
culture, pour la création d’une association qui pourrait être : Association des
Amis d’Imedyazen et d’Inachaden (A.A.I.I.) ou A2.I2 qui prendrait en charge ce
phénomène et qui réfléchirait sur des actions correctives à entreprendre pour
redresser la situation.
L’intervention de l’IRCAM, qui fait déjà beaucoup de choses pour notre langue,
serait plus qu’appréciée. Par ce billet je lui lance un appel !



TNAYI MANW...
Dans une prairie appelée Almou, Tafrawte N'Tzizwa était prospère et les
alvéoles N'Ighrane nss étaient engorgée de miel. Malgré les attaques
répétitives des Gouros venus du nord, la ruche tenait bon contre les assauts
de ses oiseaux aux yeux verts et bleus.

Un jour une horde d'Irz N'Tfrawine arriva et assiège à la ruche. Les
envahisseurs finirent par rentrer dans la ruche. Ils sucèrent le miel,
remplacèrent le doux bruit des abeilles de la ruche par leur bourdonnement et
tentèrent d'asservir leurs hôtes.
C'est ce que m'a raconté manw.........TIZIZWA.WAV
INCONGRUITE : UNE AFFAIRE D’ ORDE !
Avez-vous remarqué que contrairement au sentiment d’appartenance et de
solidarité que se manifestent les membres des autres tribus, nous les
Ghrissois non seulement nous ne nous solidarisons pas avec les nôtres mais
certains parmi nous se réjouissent de ce qui arrive de mal à l’un des nôtres.
quand un grand pet « Ord » arrive à Fès, Salé ou ailleurs on fait tout pour
l’étouffer, en le faisant passer par divers silencieux pour qu’on ne l’entende
pas et en utilisant toutes les techniques de maquillages possibles allant
jusqu'à asperger d’eau de rose ou de déodorant la pièce pour que la mauvaise
odeur ne soit pas détectée par les plus proches.
Chez-nous, c’est l’inverse. Même s’il ne s’agit que d’un petit pet « tourte » on
s’arrange pour la faire passer dans plusieurs amplificateurs pour qu'on
l'entende de toutes parts et c'est ainsi qu'une petite Torte devient un grand
"Ord". Certains trouveront même du plaisir à aller remuer Ihrarayen pour que
ça sente fort et que l'odeur envahisse les environs.
Ainsi va Ghriss…….


MON CHOIX EST FAIT !!
Qu'il ait déclaré comme le cite la presse que: "le parti de l’Istiqlal combattra
afin que l’amazighe ne soit pas une langue officielle au Maroc" ou encore
comme il aurait déclaré dans un entretien au quotidien Aujourd’hui Le Maroc
du 06 octobre 2005. "Nous ne sommes pas contre la constitutionnalisation de
cette langue, mais nous proposons que la langue arabe soit maintenue comme
langue officielle et qu’on ajoute que la langue amazighe est langue nationale»,
Abbas, ne nous surprend guère quant à sa postion envers notre langue.
Vous remarquerez dans sa déclaration l’utilisation des termes "cette langue"
au lieu de dire simplement « la langue Amazigh » N’y voyez-vous pas une sorte
de mépris pour Tamazighte ?
Moi si !
Alors, entre l’Amazighité ou le Parti d’Abbas, mon choix est fait !
Merci à l’Association Marocaine de Recherche et d’Echange Culturels
(L’AMREC) pour avoir réagi à de tels propos.



L’INITIATIVE NATIONALE POUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN
(INDH)
Si j’avais à suggérer des priorités pour ma région j’aurais proposé :
- La construction du barrage d’Amssed, clé du développement durable de toute
la région.
- Le désenclavement des Ksars de la vallée de Ghriss par la construction d’une
route bitumée allant de Goulmima à Imilchil via Amellago, Assoul et Ait Hanni ;
- La généralisation de l’accès des populations à l’eau potable et à l’électricité ;
- La construction de maisons d’hébergement pour jeunes filles rurales
poursuivant leurs études loin de leurs domiciles
- La construction de centres de santé au moins dans chaque commune ;
- La création d’une agence d’aide à l’emploi qui assisterait les diplômés
chômeurs dans la recherche d’un emploi hors de leur ville.
Monsieur le ministre du Développement Social dit que l’ INDH est un projet
volontariste, novateur et ambitieux, dont l'objectif est d'éradiquer, à court et
moyen termes, les poches de pauvreté et d'exclusion. Je lui dis que chez nous,
il ne s’agit pas de poches de pauvreté et d’exclusion, mais de toute une
population démunie et oubliée !!!



UNE ARABISATION FORCEE !!
Il faut avoir la compassion de Talghomt pour pouvoir garder son calme.
Car remplacer le mot Amazigh "Tizi" par "Faj" ne trouve son explication que
dans cette volonté d'arabiser n'importe comment!
Mais comme on est allé jusqu'à tenter de remplacer Ifrane par Yefrane, je dirais
que le ridicule ne tue plus !
Le chauve a fait des adeptes!!
     TIZI N’TALGHOUMT



IMILCHIL, L'AVIS D'UN REVEUR !
Comme chaque année, 2005 a drainé une foule immense venue assister au
festival des musiques des cimes, qui depuis sa création, apporte un grand plus
au Moussem des Fiançailles.
Sans remettre eu cause l'apport du Festival au Moussem, il me semble qu'une
nouvelle approche doit être explorée.
Le Moussem étant connu mondialement pour être le Moussem des Fiançailles,
pourquoi ne pas capitaliser cette médiatisation et cet acquis et ouvrir la
possibilité aux fiancés du monde entier de venir sceller leur union à Imilchil ?
La RAM et les Hôteliers pourraient offrir des gratuités, qui seraient de loin
compensées par les dépenses durant le séjours des accompagnateurs, qui
certainement seraient nombreux à venir assister au mariage de l'un des leurs.
Et pourquoi ne pas oser et installer en matériaux démontables une petite
chapelle et un temple bouddhiste pas loin du mausolée de Sidi Ahmed
Oulemgheni ou entre les deux lacs d'Isli et Tislite, et qui seraient
éventuellement démontés s'il le faut après le Moussem?
Ainsi, Imilchil retrouvera sa vocation initiale, et la légende d'Isli et Tislite
retrouvera son aura.
Quant au festival des musiques des cimes, Ifrane ou Midelt me semblent tout
indiqués pour abriter ce Festival qui permettra à une assistance plus
nombreuse de se déplacer et d'avoir une bonne ouie pour un concerto ou pour
une voix comme celle de Françoise ATLAN.
Ce n'est que l'avis d’un rêveur, victime d'une overdose d'air pur d'Imilchil !!



DROIT DE MEMOIRE
A la veille du 75éme anniversaire de la bataille de « Win Iwaliwn » dont Moha
Khettouch relate les faits dans la rubrique (Contes du bled Tribune des
lecteurs), je me permets de poser deux simples questions :

- Pourquoi l’instance chargée des affaires de la résistance passe t-elle sous
silence cet événement qui glorifie le courage et la bravoure des Ghrissois?

- Qu’est ce qui empêche notre Conseil Municipal de fêter cet événement et de
faire connaître cette glorieuse épopée aux jeunes générations ?

Nos résistants n'étaient pas des Tartarin de Tarascon et nous devrions tous
être fiers d'eux.



JUSTICE ET EQUITE POUR MA REGION !
Si les victimes des années de plomb ont retrouvé leur dignité et fait le deuil de
ce qu’ils ont vécu comme traitements inhumains, Ghriss attend elle, que
justice lui soit rendue !

Certes la réfection en cours de la route reliant Goulmima à Assoul via Amélago
permettra le désenclavement de la vallée du Ghriss, mais, elle demeure
insuffisante pour le développement de la région après trois décennies de
marginalisation.

La construction du barrage d’Amssed reste le levier principal pour le décollage
économique de la région et sera interprétée par cette dernière comme un
signal fort pour une réconciliation avec ses populations et une rupture avec sa
mise à l’écart.



POURQUOI CA N’ARRIVE QUE CHEZ NOUS ?
En 1973, notre pays avait connu des évènements dramatiques. Sans revenir
sur leurs circonstances et leurs causes qui sont loin de ne concerner que notre
région ; Pourquoi c’est Ghriss qui en a supporté les conséquences ?
En 1981, suite à la sécheresse qu’avait connu le pays, et à l’appel du roi feu
Hassan II de faire abstraction du sacrifice du mouton ; C’est encore chez nous
que l’affaire des chiens est venue éclabousser l’image de notre région !
La revendication pour que Tamazight soit une langue officielle devrait être le
leitmotive pour beaucoup de marocains. Mais elle ne trouve et ne prend sa
dimension la plus appuyée que c’est chez nous !
Alors, sommes-nous plus intelligents ou plus naïfs que les autres?
Et comme le dit a juste titre un ami, Le Maroc est comme la chambre à air d'une
bicyclette; et Ghriss sa partie vulnérable; dès qu'il ya un peu plus de pression,
c'est chez nous que ça "pète"!

Ainsi va Ghriss !!!
IMAZIGHEN VEULENT-ILS DE L’AMAZIGHITE ?
Si la réponse vous parait évidente, ce qui était mon cas aussi! Alors dites moi
pourquoi les parlementaires des Partis Haraki , majoritaires par leur nombre au
parlement n’ont jamais déposé d’amendement pour faire de la langue Amazigh
une langue officielle au même titre que l’Arabe ?

Certes L’IRCAM a été crée et nous nous en félicitons. Mais il doit faire la
distinction entre l’accessoire, et l’essentiel !!! Ecrire Tamazighte en lettres
latines ou arabe, de haut en bas, ou de bas en haut reste pour moi un
accessoire par rapport à la reconnaissance de la langue en tant que langue
officielle !

Il ne faut que cet institut dont la monde Amazigh attend beaucoup soit à
l’image du joujou qu’on donne pour faire taire le bébé. Le bébé est devenu un
grand enfant et n’a plus besoin ni de jouets ni de leures !!.

Si nos parlementaires Amazigh font la sourde oreille aux appels de leurs
électeurs et L’IRCAM s’amuse à nous traduire Tinzra ! Moha ne sera plus le
sage ni le fou !



QUESTION D’EQUITE !!
Pourquoi notre justice ne s’inspire-t-elle pas des séances d'auditions
publiques de l'Instance Équité et Réconciliation (IER) qui ont permis aux
victimes des années de plomb de s’exprimer en TAMAZIGHT ?
Si c’est pour comprendre les faits qu’on juge, il me paraît essentiel de
permettre aussi bien aux plaignants qu'aux présumés coupables de s’exprimer
dans la langue qu’ils maîtrisent. Je dirais même que tous les débats des
audiences devraient se dérouler dans la langue qu’ils comprennent !
Que de fois on a assisté à des jugements où les personnes les plus
concernées ne comprenaient rien de ce qui se disait et des échanges en arabe
classique entre les avocats et les magistrats !
HADDOU qui a comparu un jour devant un juge, m’a raconté que quand le
magistrat et son avocat parlaient d'«Al Mistara», il croyait qu’il s'agissait de la
règle graduée d’écolier de son fils Assou !!!
Notre pays ne manque pas de juges ni de greffiers Amazighophone et si un
apprentissage de langue s'impose, il devrait l’être pour ceux qui ont choisi de
comprendre les faits et de rendre JUSTICE !!!!!



NE LAISSONS PAS MOURIR NOTRE PATRIMOINE CULTUREL
COMMUN
Un appel est lancé pour la sauvegarde du patrimoine culturel Judéo-Berbère.
Ce patrimoine qui était jadis si riche et source d’inspiration pour les tribus
avoisinantes n’est actuellement que souvenirs et nostalgie ! La bonne cuisine
de Chmiha, les costumes traditionnels de Biha, les poésies de Moshé, les
bijoux d’Askak, les ustensiles d’Arbate, tout ça fait désormais partie du passé.
On dit certes que "le passé sert à comprendre le présent et le présent à
préparer l’avenir" mais faut-il ne se servir du passé que pour comprendre le
présent?.
Ne faut-il pas que certaines de nos traditions demeurent à jamais en nous
comme le sont nos génes ?
Un appel pressant est donc lancé aux Ghrissois d’Israël, de France, et du
Canada pour sauvegarder notre patrimoine culturel commun afin d'en assurer
la transmission aux générations futures. C'est aussi une preuve comme quoi la
coéxistance pacifique et harmonieuse entre toutes les composantes de la
populationu était réelle avant que le virus PP (politique politicienne)
s'introduise dans notre société. "Iyma Moshé, je te dis Azul Flawn" !



NE ME REVEILLEZ PAS, LAISSEZ MOI REVER
C'est par un coup de sifflet strident que le train quitta la nouvelle gare de Palm-
bay d’Agadir. Cette gare aménagée au bord de l’océan permet aux clients des
croisières arrivant des îles Canaris ou de la cote Ouest de l’océan d’être pris en
charge dès leur débarquement des paquebots. Chemin faisant nous
traversâmes la forets d’arganiers qui couvrent une bonne partie de la plaine du
Souss, avant de longer les remparts ocres de Taroudant. La halte ne dura pas
plus de 5 minutes dans la gare de cette ville, construite par les Almoravides
avant de lui préférer Marrakech. L’odeur du jasmin qui émane des jardins
entourant les luxueuses villas bâties en dehors de la grande muraille envahit
tous les wagons. Une dame assise dans le même compartiment baissa la vitre
pour faire pénétrer un peu plus de cette odeur disait elle. Mais notre Trans-
Atlas traversa en quelques minutes ce quartier huppé de la ville.
Le village d’Aoulouz adossé au flan sud du Haut Atlas annonça le début de la
montée qui mène vers le vaste plateau de Taznakt. Le train rampait comme un
serpent le long de cette vallée et traversa le gué d’Assaka avant d’arriver à
Taliouine. Les marchands du safran se précipitèrent munis de petits paniers
contenant ces précieuses étamines pour les proposer aux voyageurs. Ce
précieux produit végétal qui donne aux tagines un goût encore plus
appétissant n’est récolté que dans cette région du Maroc qui bénéficie d’un
micro-climat .permettant la pousse et la floraison de cette plante. L’ancienne
demeure du Pacha El Glaoui se dresse au bord de l’oued ; son style
architectural en forme de Kasbah se marie mieux avec le décor naturel des
lieux. Elle nous éloigne un peu plus de ces ensembles tout en béton qui
caractérisent nos villes. La traversée de la réserve naturelle aménagée sur ce
grand plateau, trait d’union entre le Haut et l’Anti-Atlas fut un grand plaisir. Les
gazelles et les mouflons broutaient sans se soucier du passage du train. Un
peu plus loin un groupe d’autruches improvisa une course et arriva à devancer
le convoi qui a réduit sa vitesse pour faire profiter les voyageurs de ce
spectacle. Cette réserve protégée qui s’étend sur plusieurs milliers d’hectare
abrite toutes sortes d’animaux qui peuplaient jadis les plaines et les plateaux
du Maroc et. n’avait rien à envier aux parcs d’Afrique du Sud ou du Kenya..
La traversée du plateau dura près d’une heure avant que le train ne
s’immobilisa dans une gare dont les murs sont pavoisée de tapis berbères.
Gare de Taznakt annoncèrent les hauts parleurs des wagons. Quelques
voyageurs descendent d’autres montèrent en tenant sous les bras des tapis
enroulés dans du papier kraft. Avant d’arriver à Ouarzazate le train marqua une
courte halte dans la petite gare en face des studios Atlas de cinéma. Des valets
en uniforme se précipitèrent pour prendre les bagages d’une actrice et de son
compagnon qui descendent du train. Ils les placèrent dans une voiture garée
derrière la limousine blanche qui attendait la star et son compagnon et prirent
la direction du Berbère Palace.
Ouarzazate devenue une méga-ville n’a plus rien à voir avec le petit village
qu’elle était il y’a une cinquante d’années. Ses luxueux palaces et ses casinos
rivalisent avec ceux de la cote Ouest des Etats Unis. Les limousines sont plus
nombreuses que les autres voitures de luxe ! le tramway nouvelle génération
relie la ville au Golf Royal aménagé au bord du lac formé par les eaux du
barrage Mansour Addahbi. Le sommet du M’Goun toujours enneigé offre aux
amateurs de randonnées la possibilité d’organiser des escapades en
montagne. Une station de sport d’hiver et un club d’escalades sont aménagés
à 2500 mètres d’altitude et permettent d’assurer une activité touristique durant
toute l’année.
La navette assurant la liaison entre Zagora et Ouarzazate rentra en gare. Cinq
minutes après le train prit sa voie vers Tinghir via Skoura, Kel3at M’Gouna et
Boumalen du Dades. Que de roses s’écria une dame à l’entrée d’El Kal3a! Les
haies qui délimitent les champs sont exclusivement faites de rosiers sauvages.
Leur floraison transforme toute la vallée du Dades en un immense tapis dont la
trame est faite de rosiers fleuris et de maraîchages qu’Imgoune cultivent pour
assurer leur auto-suffisance alimentaire. Jusqu’à Boumalne du Dades, ce n’est
que du plaisir pour les yeux. Les touristes qui étaient dans le wagon sont
tellement charmés qu’ils projetaient d’y revenir et de faire les trente kilomètres
qui séparent les deux villes à pied. Un groupe de jeunes européens se rendant
à M’Semrir pour faire du kayak attendaient au bord de l’oued l’arrivée du bus
reliant Boumalne à M’Semrir ; ils riaient aux éclats et agitaient leurs mains en
signes de salutation à l’attention des voyageurs.
Après une demi-heure de voyage la palmeraie verdoyante du Todra se dressa
devant nous. Le train marqua un petit arrêt pour permettre aux voyageurs
arrivés à destination de descendre et à d’autres de monter. La navette reliant la
ville a Assoul via Ait Hanni et les gorges du Todra est prête à prendre la route.
Un groupe de scouts revenant des gorges nous salua avant de prendre place
dans le dernier wagon. Le train démarra et continua sa route vers l’Est
traversant sans s’arrêter le village d’Ait El Farsi. Les fermes d’orangers,
d’amandiers et des plantations de palmiers dattiers s’étendaient sur des
centaines d’hectares. Il faut reconnaître que depuis la construction du barrage
d’Amssed toute la plaine allant de Tinghir à Rissani est devenue une zone
agricole de premier ordre. Des centaines de camions en plus du transport
ferroviaire assurent le ravitaillement de toutes les régions du Maroc. La main
d’œuvre avait manqué il y’a quelques années mais les gens du nord qui étaient
venus à la recherche du travail avaient comblé ce manque. Avant d’arriver à
Tinejdad le train traversa la zone touristique aménagée tout près de la source
thermale de Lalla Mimouna. dont l’eau gazeuse est aussi appréciée que celle
de Vichy. Il s’arrêta un instant dans la gare pour permettre aux voyageurs à
destination d’Erfoud, de Rissani et de la station de Merzouga de changer de
correspondance. Le pont enjambant l’oued Ferkla est de la plus récente
technologie. Tadarte n’Oumira qui est à mi-chemin entre Tinejdad et Goulmima
abrite la plus grande sucrerie du pays. Cette unité industrielle qui traite aussi
bien les betteraves sucrières produites par les vastes champs N’Bara
n’Iyssane que la canne des champs d’El Jorf. Assure un travail permanent pour
deux mille cinq cents familles. Notre train arriva à Goulmima ma destination
finale. Toute la ville est en fête à l’occasion des championnats du monde de
saut en parapente . La veille Moha ou Zwou vedette locale s’est qualifié pour la
finale, il faut reconnaître que déjà par son nom de famille la performance de
son envol dans les airs était prévisible. Une cérémonie en son honneur fut
organisée par la mairie de Ghriss sur le site d’Assedrem. De ce site
panoramique on aperçoit la flamme de la colonne d’extraction des gaz de la
raffinerie de pétrole de Tilouine il faut rappeler que les prospections faites à
Talsinte l’étaient suite à une erreur de localisation par GPS. La plus grande
nappe pétrolière était en fait située dans le sous sol de Tilouine. Monsieur le
maire sachant que je suis arrivé (le téléphone arabe avait bien fonctionné) il
m’envoya une invitation et ce fut un vrai plaisir de rencontrer le responsble du
département de recherche de l’école polytechnique d’Agaouz qui a développé
avec succès une méthode d’extraction d’une substance hautement radioactive
a partir du Takaoute (Tamaris). Le repas fut copieux et les truffes de
Mezlaghade enrobées de chocolat étaient aussi bonnes que celles du Périgord.
Les deux téléphériques reliant l'héliport d'Aoumad à Atoukkane et à Lboste ont
assuré avec toute sécurité le transport des convives. Ils faut reconnaître qu'ils
ont bénéficié de la dernière technologie existante et Hda ou Akka, Président de
l'usine de moutarde et de ket-chop de Taltfraoute assure à ses frais la
maintenance des installations.
Le lendemain une grande soirée de gala fut offerte en l'honneur de la
délègation japonnaise venue signer un accord d'échange entre la province
niponne de kaskoa et la province de Ghriss. L'échange concerne
l'approvisionnent le pays du soleil levant en "Wari" et "Kwawch".contre les
dents de requins dont la pharmacologie ghrissoise a besoin. Durant la soirée le
jus de datte accompagné de toast de jemare fut servi à gogo. la chanteuse
Hennou Hddou vedette locale interpreta les chants de Hamou Lyazid et la
soirée fut terminée dans la joie et la gaité par l'élection de miss N'wa3zouf.



UFOLOGIE : BKHOU BOU WASSID A GOULMIMA !
Les habitants de Ghriss âgés de plus de 50 ans se souviennent tous de ces
années cinquante où chaque jour les gens dignes de confiance, déclaraient
avoir vu ou être accompagnés durant leurs déplacements la nuit par un objet
lumineux qui semblait épier tous leurs faits et gestes. Les témoignages qui
étaient faits concordaient tous sur de nombreux points à savoir :
- La forme de cet objet ressemble à un Tagine » ou « Tiswite » c’est à dire en
forme de soucoupe
- Il filait sans bruit et à grande vitesse ;
- Plusieurs lumières éblouissantes scintillaient de cet objet ;
- Il semblait flotter sans être en contact avec le sol
- Dés qu’on s'en approche, il s ‘éloigne avant de disparaître dans le ciel
- Il semblait apprécier la manière dont les paysans irriguaient leurs champs la
nuit en se positionnant au dessus de leurs champs durant l'opération
d'irrigation.
Ce phénomène dont personne ne semblait connaître l’origine, intriguait toute la
population. Les autorités administratives françaises locales de l'époque,
observaient un mutisme complet ne sachant quelle explication donner à ce
phénomène. Au début on l’appelait: Bkhou bou Wassid (monstre aux lumières).
Puis, quand on s’est rendu compte qu’il ne faisait de mal à quiconque, le mot
monstre ne fut plus employé et les gens se contentaient de l’appeler Bou
Wassid. (chose aux lumières).
Serait-il un phénomène météorologique ou une exploration des extra-terrestres
? Il serait intéressant de collecter les témoignages des personnes encore en
vie à Goulmima, Tinjdad, Mellab, Oultouroug et Tilouine et qui ont vécu les
moments de ces apparitions. En attendant, et pour stimuler plus votre
curiosité, je vous présente une photo d’un OVNI pourchassé par un
hélicoptère, tout en soulignant que cette photo, ne constitue pas une preuve
scientifique irréfutable, car à ce jour, il est impossible de déterminer de façon
scientifique, qu'une photographie puisse constituer une preuve de l'existence
de vaisseaux spatiaux d'origine non humaine.

                               PHOTO D’UN OVNI


A MON AMI MOSHE ........
Je me permets de te répondre par le biais de la rubrique « Quoi de neuf » car la
question que tu poses dans ton message concerne toute la communauté juive
ghrissoise là où elle se trouve.
Tout d’abord, je te rappelle que le cimetière dont tu parles dans ton message
se trouve à « Mou N’Hya » sur la route allant à Sidi Aâmr et du coté de la
montagne. Les tombes sont en bon état comme leurs voisines du cimetière
musulman. Ce qui a changé, c’est l’absence de visites que la communauté
juive effectuait chaque vendredi après midi aux tombes et les offrandes
déposées sur la tombe du « Hazzane » (Rabin).
Quant à Goulmima, elle est restée Goulmima. Certes sans ses Oudayne « juifs
» (ne vois rien de péjoratif dans le mot), c’est tout naturellement que les juifs
disaient « lemslem » et que les musulmans disaient « oudaî » pour se désigner
mutuellement.
Je te signale enfin que depuis le départ de BA HDIDOU et le décès d’IBBOT
Goulmima est orpheline de ses juifs. Elle sera heureuse de t’accueillir toi et tes
enfants comme elle le fait pour tous ses fils sans aucune distinction
d'appartenance religieuse. Je te dis Shalom mon ami, et à la prochaine.


LAISSEZ NOUS NOS SAUTERELLES
Pourquoi c'est nous qui sommes limitrophes au désert qui payons a chaque
fois qu'une menace d'invasion acridienne est annoncée? On pulvérise nos
champs et nos cultures de DDT et d'insecticides dont personne ne connaît les
effets à long terme! On tue tous les insectes qui assurent la pollinisation de
nos arbres et on éradique toute l'apiculture par l'élimination des abeilles!! Si au
moins une assistance ou une compensation quelconque est accordée aux
habitants de la région pour les dégâts collatéraux causés à leurs champs et à
leur environnement !!! A défaut de cette aide, laissez nous nos sauterelles
nous nous chargerons de les ramasser la nuit, car bouillies et séchées elles
deviennent croustillantes et leur apport nutritif en protéines est très élevé!!. De
loin nous les préférons aux crevettes!!!! Parole d' un mangeur de sauterelles

				
DOCUMENT INFO
Shared By:
Categories:
Stats:
views:3388
posted:4/2/2010
language:French
pages:240