Le Sablier - Décembre 2008

Description

L'�dition de d�cembre 2008 du mensuel du d�partement d'Histoire de l'Universit� de Montr�al, "Le Sablier".

Reviews
«Pour mesurer le temps, il n'y a que le Sablier.» - S. Lusignan Le journal des étudiants-es d’Histoire de l’Université de Montréal Éditorial : Opinions : Culture et Divertissement : p. 2 p. 3 Version électronique : http://sablier.wordpress.com Le Sablier Volume 2, numéro 8, décembre 2008 La suggestion de lecture de votre Abbé Groulx! ———–> p. 10 Littérature et poésie: p. 14 Humour Inutilités p. 16 p. 18 Vos textes/cadeaux sous le sapin! Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 1 La neige remplace le sable! Éditorial http://sablier.wordpress.com Équipe du Sablier : Rédacteur en Chef : Philippe Gendron Collaborateurs et Collaboratrices : Kevin Audet-Vallée Correction de textes Marianne Martin Rédaction Jérémie Thériault-Langelier Mise en page Collaborateur à la rédaction Anh Khoi Do Site web et correction de texte Pour la première fois de son histoire, le blogue/site officiel du Sablier a franchi le cap des 500 visiteurs pour le mois de novembre! Continuez à l’utiliser en grand nombre et n’oubliez pas que vous pouvez y laisser vos questions et commentaires concernant tel ou tel article. Joyeuses fêtes ! Pour vous faire oublier cette fin de session d’enfer le temps de quelques secondes, l’équipe du Sablier tient à vous souhaiter à toutes et à tous un joyeux temps des fêtes quel que soient vos croyances… ben oui, les accommodements raisonnables nous interdisent de dire les deux mots en N… *** Courriel : sablier.aehum@gmail.com AVIS DE RECHERCHE - On demande quatre petites roues pour fixer sur un gros traineau rouge. Cause : manque de neige. Composez le 1-800-765-HOHO, Site Web : http://sablier.wordpress.com demandez Victor L. - Rudolf Renneaunezrouge : aperçu pour la dernière fois à la sortie *** du McCarrol’s le 26 décembre 2007 accompagné d’une bande d’historien saouls. Caractéristiques : nez rouge, allure titubante, poilu et AVERTISSEMENT : Le Sablier est un mensuel indépendant du département d’Histoire de l’Université de Montréal et il ne possède aucune ligne éditoriale. Chaque article ne représente que l’opinion de son auteur et non celle de la rédaction de ce mensuel. malpropre. Prière de ne pas confondre avec un historien en fin de session. Erratum Des erreurs se sont glissé dans le dernier numéro du Sablier: 1. Un problème d’impression du titre et du sous-titre du Sablier 2. Commentaire sur la photo en page 3 : on doit lire « Renaud Morin-Gagnon » 3. Loterie étudiante : les mots inique, répandre les et récente devraient être barrés. 4. Entroque philanthropique : dans le premier petit paragraphe; il faut lire « étant donné les propos démesurés que je tiens ». Date limite d’envoi pour vos articles du prochain numéro: 29 décembre 2008 Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 2 Opinions Quand un Acadien « pète sa coche » Par Louis Otis Bon. Selon mon horoscope du mois dernier, novembre sera « gris et déprimant ». C’est peut-être pour ça que le dernier numéro du Sablier m’a vraiment écœuré pis que ce mois-ci je vais me défouler, sans sérieux évidemment, entre un travail d’intellectuels québécois et un autre de Moyen Âge. Chaque article va passer au batte passque c’tait vraiment pas fort les gars et les filles. Donc, barricadez vos portes et fenêtres et attachez votre chien solidement après un arbre passque l’ouragan va vous tomber dessus en etol. Bon on commence par la page couverture. Pas fort pantoute. Je lis « Le (rectangle) Sablier (rectangle) ». C’est quoi les rectangles?? J’va vous le dire moi c’est quoi : C’EST LAITTE! J’lirai pas la citation en dessous du titre, mais on retrouve encore une gang de rectangles après chaque mot. C’est encore plus laitte que tantôt! Pis en-dessous on a une suggestion de lecture. Y’a tu vraiment quelqu’un qui va le lire? NON. Donc, faites une suggestion qui a de l’allure. Moi je recommande l’édition du mois de décembre de Maxim. Bon faut que quelqu’un fasse le travail passque sinon... Hein? On se transporte à la page 2. C’est plate, mais je sais que c’est pas fait pour être la page la plus intéressante du journal. J’vous donne un break, mais profitez-en passque vous en aurez pas beaucoup. Mais que vois-je sur la partie gauche de la page? Un autre rectangle! Vous avez l’air de les aimer en soda vos rectangles. Pis à la fin on lit que quelques lignes d’un article ont été oubliées le mois passé? Eille. C’est qui le responsable de cette bévue? Moi j’ai pas pu lire ma critique de film au complet pis je suis en ti-pépére. Accuseronsnous le responsable d’être cave et l’enverrons-nous chier? Non passque moi j’fais pas ça. J’viens pas du 418 moi. J’viens du 506. Ça fait klasse (avec un k) hein? Page 3. Frédérique. Tu pensais que j’te tomberais pas dessus passque t’es nouvelle pis c’est le premier article que t’écris? Watch moi ben aller. Entre Le Sablier d’octobre et celui de novembre (date de tombée le 3 novembre), y’a eu plus que le tournoi de flag-foot hein? Messemble qu’y a eu escalade, volley 4 contre 4, basket et soccer hein? Pis messemble que t’as participé aux tournois de volley, basket et soccer hein? Ben comment ça se fait que t’en parles pas? C’est ben les premières années ça qui coupent les coins ronds à chaque fois. Etol. J’va finir ta job : volley on s’est fait détruire mais on a eu du plaisir, basket on s’est fait détruire mais on a eu du plaisir pis soccer on s’est fait détruire mais on a eu du plaisir. Pis en escalade ben une excellente sixième place pour Gabriel, Fred Vachon, Maxime Durand et Isabel. Pis y’ont eu du plaisir! Félicitations! Bon tu vois Fred c’tait pas compliqué hein? Parlons maintenant des articles d’Hadil et de Steve. Bon mes deux petits écureuils volants préférés. Je commence par quoi? Essayez-vous de repartir un dialogue intellectuel comme dans les journaux des années 1950? Réalisez-vous que vos articles sont trop intellectuels pour le monde BS que sont les membres de l’AÉHUM et dont je suis le porte-parole? Abaissez-vous à notre niveau SVP. Ou au moins au mien. Kevin, Kevin, Kevin. Tu tentes ta chance en art contemporain mon loup hein? Pis Jérémie, Jérémie, Jérémie. Kevin n’a pas assez contribué donc on va lui faire écrire un article d’art contemporain encore? Pis la plupart des interfacs, pis l’activité au verger, pis la vie en général à l’asso? On en parle pas mais on se lâche lousse sur l’art contemporain? T’étais au basket pis aux pommes faque t’aurais pu écrire un article sur ça au pire. Pis mon petit Craig Billington de Kevin, on venait de se faire battre au hockey quand t’as écrit ton article... T’as pas pensé à raconter le tournoi?! Pourtant, ça devait être aussi frais dans ta mémoire que les tartes aux fraises et à la rhubarbe de mémère pas vrai? Jérémie j’va te g’ler dans bande tout de suite tant qu’à faire. T’as l’air vraiment fier d’être un chroniqueur apolitique. Allume le grand. En vois-tu plusieurs articles politiques dans Le Sablier? Moi non plus pis ma vue est à -3,75. Pourtant, tu le dis à peu près 100 fois dans ton article de la page 12 que t’es chroniqueur apolitique. BIG DEAL. Pis Etol. Bon à qui le tour? Peu importe, je tire sur tout le monde comme un Russe borracho avec sa kalachnikov bulgare, c’est-à-dire partout, mais tout croche. On va dire Félix. Bon là faut j’le dise... Y’a des limites. D'abord, y’a eu Phil Gendron qui insultait le ping-pong mais j’me suis fermé la trappe. Mais la Félix qui s’attaque à la course automobile et qui prend les rednecks pour des caves? T’as traversé la ligne mon ti-pitt. Tu sauras Félix que la course automobile c’est TRÈS technique et aussi tactique. Tu dis qu’y a juste le dernier tour de la dernière course qui a été intéressant? Non mais ça va faire les niaiseries. Pis j’va t’en faire un commentaire sur le hockey. C’est comme dire que le seul match qui compte au hockey c’est le dernier des playoff. La Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 3 Quand un Acadien « pète sa coche » (2 de 3) centaine d’autres matchs veut rien dire hein? N’importe quoi ton affaire. Pis à part de t’sa, oui je suis déjà allé à Dallas et que c’est original en sale comme ville. Tu t’attendais pas à ça hein? Et vlan. Ma p’tite vache a mal aux pattes... Maxime Durand. Ton texte de la page 3 est pas péï comme dirait mon bon ami Ron Fournier. Ton poème de la page 16, ben j’vais m’y attarder un peu. Tsé tu peux varier tes rimes hein? Dans le texte, y’a au moins 7 mots qui finISSENT en –ISSE. Ben ça me gosse en câlICE. Tu vois? Moi aussi j’suis un poète. Etol. Pis tes critiques culinaires? Bonne initiative, mais au rythme où tu vas on en a pour jusqu’à la séparation du Québec c’est-à-dire jusqu’à ce que God fasse sauter la Terre. Donc j’vais les finir ça va aller plus vite. Al-Amine ça coûte pas cher mais ça vaut pas cher non plus. Almanar ça coûte plus cher mais ça vaut moins cher. Pis avis aux amateurs, y servent pas de « pipe au shish taouk ». Frite alors! c’est correct. Pizzadélic c’est cher, les portions sont petites mais c’est bon. Pizza Fiore c’est encore plus cher, les portions sont encore plus grosses pis c’est encore meilleur. Nickel’s j’ai été malade les deux fois que j’y suis allé. St-Hubert si vous connaissez pas encore ça y doit avoir un hospice quelque part en ville. Les Français qui ont lu jusqu’ici sont pardonnés. La Brûlerie c’est correct, la cafétéria de l’école c’est de la marde pis Mike’s c’est moyen. Y m’en manque une couple mais je vous reviens en janvier c’est promis. Parlant de nourriture, disons que l’article de Simon me donne pas le goût de manger. C’est hardcore un peu hein? Parlez-vous tous comme ça à Québec? J’me posais des questions mais j’me dis qu’il vient du 418 donc ça doit être normal. On dirait que tu vises au moins tes deux colocs dans ton article hein? Tout va bien dans votre ménage à trois? Tu t’entends bien avec tes colocs, colocs? (As-tu vu? J’ai mis deux fois le mot coloc. Tu l’avais pas vu? Ça fait référence aux deux colocs que t’as blasté dans ton article. J’te gage qu’en bout de ligne c’est toi qui a fini par aller chier hein?). Ça achève. À qui le tour? À notre rédacteur en chef? Non je vais le garder pour la fin celui-là, son chapeau pis ses idées séparatistes. Pfff! Disons Anh Khoi, notre chroniqueur apolitique cinéphile préféré. Bon j’pense que c’est pas en disant aux gens que « si vous êtes un fier Canadien, allez voir ce film » que tu vas convaincre la bande de sécessionnistes qui sème la terreur au département. Pis dans la deuxième critique, tu dis « même si le film est extrêmement divertissant » pis après tu rajoutes « (de l’avis de l’auteur de cette critique) ». Écoute le gros, t’as pas besoin de préciser. Ton nom est écrit en dessous du titre faque j’m’imaginais pas que c’était le chien saucisse de Nicolas Martinez qui pensait ça. Pis on dirait toujours que le film que tu critiques aurait pu être un chef d’œuvre mais qu’il lui manquait un petit quelque chose. C’est impossible! Blast-les. Visualise. Fais comme les Vietcongs d’Ho Chi Minh, cache-toi dans la jungle pis quand les Américains passent, ben TAGADAGADA. Tu tires dessus comme un déchaîné. Mais là les Américains représentaient le film que tu critiques. J’veux pas ouvrir mon Journal de Montréal demain matin pis lire que t’as assassiné une demidouzaine d’Amerloques. Bon au tour de Sébastien maintenant. Toi t’es chanceux passque j’vais te shooter des fleurs. Oui, des fleurs de caoutchouc en forme de puck de hockey. Non c’est une blague passque grâce à ton P.S. t’auras pas encore besoin de dentier. Je te cite : « Par ailleurs, le terme de régime mao-lénino-stalino-trotskocastro-marxiste veut peut-être pas dire grand-chose, mais c’est plus facile écrire ça que gauche, d’autant que ce terme peut porter à confusion à savoir entre la direction d’un parti politique ou de son habilité d’exécution et d’élocution, ainsi, dire un parti de gauche ne veut pas toujours dire un parti avec des idées socialistes, le parti de Harper est un parti de gauche au sens où l’on ne l’interprète pas de façon droite quand on regarde ses ministres gauches avec leurs discours pas adroits ». C’est long en sale mais ça vaut la peine. Chapeau. Parlant de chapeau, voici finalement venu le tour de Philippe Gendron, ou Filou Félin comme il aime bien se faire appeler. Mais appelez-le comme vous voudrez, y va passer au batte lui avec. Bon môssieu veut se séparer? Mon animal, tu veux détruire le Canada que j’aime. Qu’est-ce vous allez faire sans mon Acadie? Vous aurez pu d’endroit où aller à la plage pis jeter vos déchets partout. Vous pourrez pu aller dans les restaurants pis chialer parcque vous comprenez pas c’que le monde dit même si y parlent en français. Vous pourrez pu v’nir chez nous conduire comme des épais pis causer des accidents à gauche pis à drètte. ... Ben à bien y penser séparez-vous donc, ça nous donnera un break. Encore mieux, en attendant la séparation, restez chez vous pis allez pu dans le reste du Canada si vous l’haïssez tant que ça. Bon j’y ai tu dit? Sauf erreur, j’ai critiqué le travail de chaque étudiant qui a écrit dans le dernier numéro de façon tout à fait scientifique. Si j’ai oublié quelqu’un Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 4 Quand un Acadien « pète sa coche » (3 de 3) et que cette personne est déçue, je m’en excuse. Je voulais sans doute vous faire passer un mauvais quart d’heure, mais ce sera pour une autre fois. On verra ce que mon horoscope me réserve pour le mois de décembre. Je répète que mes commentaires ne sont pas du tout sérieux. Mais pour pouvoir commenter, j’ai lu chacun de vos articles avec intérêt et ils étaient tous bons. Continuez le beau travail. Sur ce, joyeux Noël et bonne année! Opinions intellectuelles de Sébastien Par Sébastien Bordage Oui, oui, vous avez bien lu. Ceci ne sera pas un article de nature humoristique, mais vise plutôt à remettre en perspective certains éléments abordés lors des dernières parutions du Sablier. Car devant certains propos émis par mes camarades, je ressens l’obligation de remettre << le train sur les rails >>. Permettez-moi ici d’expliquer ma pensée; je considère les articles Diatribe Défécatoire et Entroque philanthropique comme un train qui a déraillé, et malgré le texte d’Hadil visant à donner une perception un peu plus pertinente et avec un plus de tact, j’aimerais tout de même y faire une critique. Ce texte sera donc une série de remarques personnelles sur des petits points et je le commence de ce pas. Premièrement, j’aimerais que l’on m’explique ce retour à la phase anale de Freud avec toutes ces allusions stupides de nature sexuelle. Je peux comprendre qu’il s’agit ici de métaphores visant simplement à détendre l’atmosphère, mais je crois tout de même qu’il y a un certain abus commis dans ces textes et ceci devient de mauvais goût. En tant qu’adulte, je crois qu’il y a moyen d’employer d’autres termes que des mots vulgaires dignes d’enfants de douze ans. Deuxièmement, pour retourner à l’origine des choses, Steve n’a cherché qu’à susciter un débat sur un sujet donné. Sans vouloir me porter à sa défense (car il est capable de le faire par lui-même), je n’ai jamais lu dans son article quelque phrase que ce soit où il mentionne que sa perception des choses est la vérité absolue. Je crois que certaines personnes devraient se prêter à une relecture du texte. Ceci dit, bien que le désir de susciter un débat soit fort louable (ne serait-ce que pour maintenir en santé nos neurones), je crois qu’il y a tout de même une façon de présenter les choses pour encourager les gens à participer au débat. Selon ma vision des choses, je trouve que Diatribe Défécatoire manquait de tact et, de par sa nature inutilement provocante, ne pouvait réellement susciter un quelconque débat sinon des répliques acerbes. Troisièmement, pour avoir assisté à de nombreux CE (et je me permettrais même d’avancer que j’ai assisté à probablement davantage de CE que certains membres exécutifs de ce même comité), il me semble y avoir entendu de nombreux discours sur l’importance du respect d’autrui, l’égalité de tous les membres et sur l’importance d’une communication viable et saine. Comment comptezvous inciter de nouveaux étudiants à rejoindre la politique étudiante lorsque vous dégagez l’image de luttes intestines et carrément enfantines? Il va de soi, lorsque l’on fait une relecture de ces articles, <> si vous me permettez l’expression. Il est normal et souhaitable pour un individu de s’exprimer et de faire valoir ses opinions, mais il y a une façon respectueuse de présenter les choses. Ce genre d’insultes, malgré une subtilité quasi humoristique, n’a pas sa place, à mon avis, dans ce journal. Même s’il s’agit d’énoncer son désaccord ou pour critiquer un sujet donné, je maintiens qu’on peut le faire sans insulter quelqu’un ou dégrader de façon insultante et gratuite. Quatrièmement, bien que je déplore le manque de participation générale au sein de l’A.É.H.U.M., il faut savoir respecter le choix de ceux qui ne veulent pas s’y mêler (et quand je regarde les critiques émises à l’égard de certaines personnes, je me demande si ceux qui n’y participent pas font bien de rester chez eux). Ceci dit, il est vrai que l’on peut légitimement faire des efforts pour les encourager et les intéresser à s’impliquer dans l’association, mais on ne peut pas leur tordre un bras. Les intérêts des individus varient grandement et il faut donc savoir quand arrêter de s’acharner à rechercher l’implication de tous et chacun(e). D’autant plus quand les critiques concernant le faible taux de participation sont adressées à la seule minorité étudiante qui s’implique dans l’association d’histoire. En conclusion, bien que je croie que n’importe quel sujet peut être matière à caricature, il faut savoir quand arrêter l’exagération (et je parle en connaissance de cause) avant que cela ne devienne plus drôle. Je crains malheureusement que la limite a été franchie à quelques reprises, mais, certes, je ne suis pas en train d’écrire ce texte pour exiger des excuses ou pour dénoncer un individu, mais bien pour ramener tous ces textes à l’intention d’origine, celui de susciter un débat selon des propos rationnels et pertinents. Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 5 Plénitude incendiaire Par Steve Lamarche Ça y est, c’est écrit, au vu et au su de tous et toutes, le gouvernement s’empresse d’en découdre de ses ressources, pour la postérité individuelle. Nos élu-e-s, nos chers et chères compatriotes, ont usé d’un vent de nonchalance, d’une inébranlable quête de reconnaissance, puisant dans les eaux les plus tourmentées malgré tout, un brin de contentement. Enfin dironsnous, il nous est possible de jouir davantage du fruit laborieux de notre intellect. Car de nos mains, nous n’en obtiendrions que si peu. Ce qu’il faut, c’est la reconnaissance du cerveau, de l’idée, de la spécialité. Nous sommes uniques, et notre gouvernement nous en est reconnaissant. Nous sommes seul-e-s et uniques, en fait. Même l’infime brin communautaire se meurt dans son propre paradoxe d’être le fruit d’individuel-le-s. Où alors aller chercher les certitudes, celles qui transforment en actions et en états, nos idéologies profondes? L’ouest s’avère perdu d’avance : occident de tous les maux, prévôt du satanisme oublié. L’Orient s’élève. Celui-là apporte un vent de nouveauté, par la récupération des vieux systèmes. Le précédent, quant à lui, s’est effondré, et la barrière de nos cœurs nous en éloigne, nous le fait craindre. Il faut chercher outre cette dichotomisation diront certains et certaines, trouver une nouvelle tangente. Que faire d’une nouvelle tangente, dès lors que nos sens nous dictent l’inaction, produisant une pléthore de réactions pécuniaires? Pourquoi nous lever, quand rester assis procure, en plus du loisir de la nonchalance, ce qu’il faut pour ne pas avoir à se lever? Où en étions-nous donc? Oui, à ces transferts monétaires, du centre au particulier, du chef au discipliné. La discipline, celle en effet que nous inculquons à nos jeunesses. Qui veut d’un système d’éducation gratuit, lorsqu’il est justement bâti sur le principe que rien ne coûte rien? Qui veut d’un système d’éducation de qualité, quand tout ce qui compte, c’est de trouver l’emploi, la voie, la vie? Qui voudrait, encore là, d’un système d’éducation accessible à tous, quand les jeunes honnissent par-dessus tout les bancs d’école? Rendons-les heureux et heureuses. Ils et elles veulent travailler : faisons-les travailler. L’éducation est la porte d’entrée vers la société, et là-dessus, même les plus bougons s’en voient en nécessité d’acquiescer. Elle est nécessaire pour comprendre une société, de l’intérieur. Pourquoi donc réformer ce pan d’insertion, lorsqu’il convient déjà au modèle social en vigueur? Notre politique nationale est défaillante. Les gens ne laissent pas suffisamment la chance au coureur, qui par stress et pression, échoue souvent à parfaire son parcours. Car il s’agit en effet d’un parcours bien à lui, d’idées toutes personnelles, mais qui élevées au rang de chef, dirigent telle une étoffe gantelée de fer, l’essentiel du troupeau. Depuis l’Ancien Testament les preuves culminent pour démontrer cette nécessité d’être dirigée-s. Dieu l’a prouvé; le marché l’exerce, ses tenants aussi. Dieu aurait-il tort? S’il existe, il est infaillible, s’il n’existe pas, sa non-existence n’admet pas qu’il puisse ne pas avoir raison. D’une logique socratique nous écartons de visée les intentions d’admettre qu’il y a d’autres modèles. Nous tenons au marché, nous y louons jusqu’à nos moindres sous. C’est d’un état religieux – spirituel – dont il est question, et non d’une simple question matérielle. Aucune raison ne chapeaute cet état ataraxique connu lors d’un achat. C’est le besoin, ou l’illusion d’un besoin. Désormais, ces échanges sont mondiaux, pourvus d’une volonté d’unification. Qu’y a-t-il de mieux que l’union, le consensus? C’est l’harmonie à son paroxysme. Ceci amène à mentionner la question internationale, plutôt de la communication internationale. Certains originaux (tous des hommes en effet) ont, il y a longtemps, élaboré une langue internationale, dépourvue des préjugés et classifications qui font d’une langue ce qu’elle est : un véhicule culturel. Eh bien camarades, ce langage, existe depuis fort longtemps. Les grands et les grandes de ce monde l’ont louangé, l’ont développé, affiné, aux besoins du temps. Je parle ici de l’argent, du marché. Seul véritable moteur d’unification et de relations internationales. Qu’en serait-il des échanges mondiaux et de la télécommunication, sans la nécessité du marché? D’autres originaux et marginales se positionnent sur l’immoralité du marché. Mais là, ils et elles semblent oublier qu’il n’y a pas de morale à telle entité. Dieu a-t-il une morale? Si oui, pourquoi permetil les génocides, pour ne mentionner que ceux-ci? Mais nous divaguons. L’exposé présent s’avère pourvu d’une volonté multiple, et d’un enthousiasme à tout rompre. L’évolution est, au mieux, un mal nécessaire, et toute révolution, un mal absolu. Du moins, c’est ce qu’en pensent nos dirigeants et nos dirigeantes, élu-e-s par nous, pour leurs idées. Simple effet corollaire : nous pensons comme eux sur la majorité des points. Les élu-e-s sont une prolongation de nos êtres, une fusion des volontés communes en un point. Ces individus ne représentent-ils pas l’ensemble de la société ? De ce simple fait, ils et elles en sont une somme, un produit, l’effet d’une équation. Plus qu’un simple pourcentage, ce sont d’idées qu’il s’agit. Si le chef le veut, c’est donc parce que nous le voulons. N'est-ce pas? Le monde approche l’état de plénitude à grands pas. Mais c’est d’un Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 6 Plénitude incendiaire (suite) incendie qu’il s’agit, d’une destruction. Complète dans son essence, à coûts élevés. L’apex climatique est proche, et celui de l’espèce également. Le feu est. Mais tout bon incendiaire sait qu’il est maniable. La question est donc la suivante : où dirigerons-nous l’incendie? Frapperonsnous les grands de ce monde, en plein coït monétaire, ou la planète elle-même? C’est un appel clair à l’anarchie, au chaos et la désolation. Pris seul, un individuel (qu’il soit homme ou femme) peine à se départir de son confort, de sa nonchalance. Regroupé, le même individu parvient à beaucoup pour le simple fait qu’il n’est plus isolé. Le matériel offre une protection, un confort que seules les relations sociales peuvent égaler, voire dépasser. Le feu est. C’est à nous de décider de quoi il brûlera. Il est interdit de ne pas se salir les mains. Même l’inaction apporte son lot de taches. Depuis quand acceptons-nous d’être dirigée-s ? Depuis quand ose-t-on clamer «liberté!», alors que nous acceptons de nous soumettre? Pourquoi acceptons-nous cet état d’inféodation fécale? Pour le bien commun? Soyez moins hypocrites, je vous en prie. Depuis quand le bien commun nécessite-t-il de privilégier certains et certaines plutôt que tous et toutes? Si pour vous le bien commun nécessite ces structures, c’est qu’il rime avec inégalité, et c’est là le cœur de l’illogisme. L’humain est-il naturellement porté à autant vouloir détruire son prochain? Au point où il faille donner à des gens un pouvoir permanent, absolu? Toutes ces questions vous donnent mal à la tête ? Tant mieux. C’est que vous vous posez des questions. À qui désire une existence éclairée se doit d’accepter de souffrir un peu dans le meilleur des mondes. Mais celui que nous foulons est vil et servile... Se contraindre, ne pas questionner, et accepter. Obéir. Ce sont là les principaux éléments qui détruisent la volonté humaine, l’amène à l’état d’âme errante d’un sofa au téléviseur. Parlons donc de l'article de Louis Otis pour terminer en beauté cette page Par Marianne Martin Ce que j’aimerais rétorquer à Louis Otis pour son article « Quand un acadien pète sa coche », parce qu’il manque quelques lignes pour boucler la mise en page. J’ai cru remarquer que dans ton article, qui paraît drôlement dans la même parution, que tu pétais ta coche sur Frédérique parce qu’il y avait plus qu’un Interfac entre les deux dernières parutions. Hey bien sache que c’est parce que j’étais supposé en écrire un sur le Volleyball mais que je n’ai pas eu le temps! Mais vu que tu as terminée la job, la prochaine fois tu les écriras! Marianne Martin, qui pense que Louis Otis en a après les premières années, =) Mais tout ceci n’est qu’une blague, évidemment! Un simple prétexte pour remplir le bout de page qui aurait resté blanc. Joyeux Noël! Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 7 La Stratégie du Choc : Derrière le mythe démocratique, l’horreur du néolibéralisme par Simon Vézina Qu’auriez-vous proposé de faire si vous aviez été en mesure d’agir suite au désastre de l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans? Si vous vous appeliez Milton Friedman, gourou de la pensée économique néolibérale dite de l’école de «Chicago», vous auriez réussi à profiter de la crise et du désarroi de la population pour privatiser les écoles!! Réduire le nombre d’écoles publiques de 123 à 4 et ouvrir une trentaine d’écoles privées, syndicat en moins… Quoi de mieux qu’une situation de crise, de choc quand un patient est désorienté, en incapacité de penser pour introduire des soi-disant «Réformes»? L’erreur ici, c’est de dissocier les deux : pour implémenter des mesures aussi impopulaires, la dictature fut nécessaire. Dès le jour 1 de l’arriver de Pinochet, les «Chicago boys» chiliens précédemment lavés de cerveau à l’université de Chicago mettaient les pieds dans le gouvernement pour passer à l’ouvrage. Et contrairement aux légendes urbaines véhiculées jusqu’ici dans une revue comme l’Actualité, en aucun cas ses réformes n’ont aidé à développer le Chili, bien au contraire. De même, la dictature argentine en 1976 avec son ministre de l’économie José Martine de Hoz put implanter les politiques de George Shultz (acolyte de Friedman à l’Université de Chicago et toujours actif, grand manitou derrière Bush fils) de démantèlement systématique de l’État et permettre le pillage du pays par les intérêts financiers internationaux, avec une modique somme de 30 000 morts et disparus, tortures et terreur d’État inclus. Il est vrai qu’il n’est pas toujours nécessaire d’une dictature pour ouvrir les marchés, il peut y avoir d’autres situations de crises utiles : crises de la dette (début des années 80), catastrophe naturelle (NouvelleOrléans, tsunami en 2004, qui permirent entre autres d’imposer la thérapie de choc au Sri Lanka qui était auparavant retissant d’implanter les mesures si ruineuses du Fonds Monétaire International), crise financière en Asie en 1998, ou encore, pourquoi pas, faire percevoir un faux sentiment de crise par une propagande intense dans les médias comme le «problème de la dette» au Canada en 1994 afin de pouvoir sabrer dans les programmes sociaux. À remarquer que les «thérapies de choc» dans les démocraties ne peuvent jamais être aussi radicale que sous une dictature qui peut faire tabula rasa de la société, écrire de jolis mots sur une page blanche comme dirait Mao, et éliminer la fâcheuse résistance de ceux qui ne comprennent pas que la main invisible du marché est la Voie vers le paradis terrestre… Mais d’où vient donc cette idée de «thérapie de choc»? Pourquoi ce langage médical de la part des fondamentalistes du marché? C’est ici que Klein nous ramène dans notre ville, Montréal dans les années 50, au Allan Memorial Institute de l’université de McGill. Surpris? Après guerre, la CIA finança en autre le projet MK ULTRA qui expérimenta l’effet du LSD sur la population, des possibilités de reprogrammation d’individu en rasant leur personnalité et repartir à zéro. Et pour ce faire, le Dr. Ewen Cameron mena des expériences cliniques (sans le consentement des patients…) d’isolation sensorielle, d’électrochoc et d’utilisation de drogue comme le LSD. Vous reconnaissez des méthodes d’Abu Ghraib? Ce n’est pas un hasard. En tous les cas, si ces expériences ne réussirent qu’à détruire les patients, on tirait l’observation «utile» que l’état de choc fût le moment idéal pour tirer de l’information ou faire avouer n’importe quoi au patient. Et Milton Friedman, l’auteur de la formulation «thérapie de choc», d’avoir la même idée, ce qu’on peut faire au niveau d’un individu, on peut le faire au niveau d’une nation. D’où l’introduction des «réformes» dans les moments de crise, au moment où le «patient» est dans un état très vulnérable. Ne vous rappelez-vous pas des formulations militaires d’un Rumsfeld, parlant à propos de l’Irak de la stratégie du «chock and awe», du choc et de la terreur? Si, bien sûr, derrière la guerre d’Irak il y a plusieurs raisons, dont la raison officielle pour les naïfs de vouloir implémenter la démocratie, on ne mentionne Le livre fascinant La stratégie du Choc (The shock Doctrine) de la Canadienne Naomi Klein, nous mène derrière les rideaux de l’histoire officielle de l’implantation du néolibéralisme. Cette doctrine pour qui l’État est le mal absolu, surtout s’il défend l’intérêt général au détriment de quelques corporations, qui promeuvent les désastreuses «réformes» de privatisation à tout cran, de destruction des programmes sociaux et d’ouverture des marchés, loin de s’être implanté dans «la liberté et la démocratie» comme le répète ad nauseam ses adeptes, fut systématiquement implanté dans les pires formes de coercitions. A-t-on oublié que la première expérience de ce qui allait devenir les «thérapies de choc» fut implémentée par la dictature fasciste d’Augusto Pinochet le 11 septembre 1973? Et contrairement à l’histoire officielle qui veut nous faire croire que si bien sûr Pinochet fut un dictateur, ne fallait-il pas vaincre le communisme?, ses «réformes» (sic) économiques, elles, furent bonne pour le pays… Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 8 La Stratégie du Choc : Derrière le mythe démocratique, l’horreur du néolibéralisme (suite) que très rarement la politique de Paul Bremer de privatisation de masse, un libre-échange total avec droit de contrôle des entreprises nationales à 100% étrangère, un impôt unique de 15% pour tous et une réduction dramatique de l’État le tout s’accompagnant de la privatisation de l’armé américaine, ajoutant de juteux profit pour le privé, dans le plus pur style de l’Empire britannique; et si la démocratie locale s’organisant spontanément dans différentes villes d’Irak vient à s’opposer à ces mesures économiques, les électeurs ayant la fâcheuse manie de vouloir défendre leurs intérêts égoïstes au détriment du marché, au diable la démocratie et vivre la libre entreprise; ça vaut bien 600 000 morts, non? Certains penseront peut-être que, certes les méthodes d’implantations sont douloureuses, mais c’est pour le bien du patient à long terme (ça vous sonne familier? Il faut se serrer la ceinture pour que demain aille mieux…). Je ne citerai que deux exemples dont nous parle Klein pour nous ouvrir les yeux. Suite à la victoire de Mandela en Afrique du Sud contre le régime oppresseur de l’Apartheid, les «experts» économiques de la Banque Mondiale, du FMI et de tout acabit le convainquirent d’abandonner toute idée d’intervention dans l’économie comme le financement d’infrastructure ou la construction de maisons et qu’il était temps de se mettre à l’heure de la modernité (sic), de la globalisation. Résultat, il adopta les mesures du libre marché, d’une banque centrale privée indépendante du politique, mais très dépendante d’intérêts privés. Résultat : les noirs d’Afrique du Sud vivent dans de moins bonnes conditions de vie que sous le régime ségrégationniste de l’Apartheid!! Le cas russe fut éloquent. Terrain facile où le communisme était complètement discrédité, on pouvait mettre toute la gomme pour implanter les réformes magiques du marché. Facile? Il aura quand même fallu que le «très grand» démocrate Eltsine envoie les tanks en 1993 contre le parlement récalcitrant à l’implémentation de telles mesures économiques; résultat, la Russie au tournant du siècle eu un niveau de vie inférieur qu’au pire moment du communisme! Bien sûr, dans la presse occidentale le vilain antidémocrate ce n’est pas Eltsine, ami de Thatcher et Bush, c’est Poutine, lequel osa entre autres renationaliser le pétrole, quel tyran... Parlant de la Russie, on pourra mentionner deux faiblesses historiques du livre. D’abord, elle oublie le rôle britannique. Dans le cas russe, les oligarques et les «réformateurs» qui ruinèrent le pays ne furent pas entrainés à Chicago, mais à Londres, au Institute of Economic Affairs; ce n’est pas pour rien que tous les criminels russes, pardon, je veux dire les défenseurs de la liberté de la démocratie, comme Boris Berezovsky trouve refuge à Londres. Et puis, Bernard Landry, qui réussit à nous passer le sapin du libre-échange au Québec, n’a-t-il pas étudié au London School of Economics? Ce qui m’amène à la seconde critique importante dans la crise d’aujourd’hui, c’est que John Maynard Keynes ne fut aucunement le père du New Deal américain comme l’affirme Klein; FD Roosevelt reprenait la tradition du système américain (celle d’Alexander Hamilton, de Henry C.Carey, Lincoln) antibritannique, anti-laissezfaire. D’ailleurs Roosevelt lui-même d’affirmer qu’il ne comprenait rien à Keynes. Ce dernier était un monétarisme voulant sauver l’Empire britannique et il suffit d’indiquer ici que dans la version allemande de la Théorie générale d’emploi, il affirme que les mesures qu’il propose sont plus appropriées au type de régime qui sévissait dans l’Allemagne des années 30… Finalement, il est très intéressant de noter que Naomi Klein a mis en ligne beaucoup des sources primaires qui supportent les thèses qu’elle avance (http://www.naomiklein.org/shockdoctrine/resources). Il semble bien que la route à servitude (titre du livre du maitre à penser de Friedman, l’Autrichien Von Hayek) est toute droite indiquée par les mesures de la globalisation : Klein de nommer le système en place, générateur d’inégalité toujours plus grande entre une infime minorité de riches et une grande majorité de pauvres, le corporatisme. Dans les années trente, on avait moins peur des mots et on appelait cela le fascisme. Milton Friedman est mort en 2006. En pleine crise économique où les docteurs qui par leur prescription l’on créée, au lieu de retourner à l’école (ou en prison pour conseils médicaux criminels), sont à recommander plus du même poison pour le traiter le patient, soit plus de libre-échange, plus de pouvoir au FMI… il ne reste qu’à souhaiter que les idées de Friedman le rejoignent le plus vite possible dans la tombe. Le livre de Noami Klein devrait y contribuer. Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 9 Culture et divertissement Critique de film Que Dieu bénisse l’Amérique par Anh Khoi Do Avec ce film, le réalisateur Robert Morin (Le Nèg) demeure fidèle à sa réputation au mauvais sens du terme : si son film se veut provocant, le scénario, lui, est très moyen. De plus, en tant que drame policier, ce film nous fait parfois rire à certains moments. Le 11 septembre 2001, à Laval, Pierre (Sylvain Marcel), qui est accusé de pédophilie meurtrière, est mis dehors par sa femme même s’il clame son innocence. Chaque jour, il affronte le jugement sévère de ses voisins. De plus, ceux-ci le craignent encore plus, puisqu’une liste de délinquants sexuels est collée illégalement sur les lampadaires du quartier. Par contre, les choses tournent au vinaigre quand trois des cinq délinquants sont sauvagement tués et mutilés… Êtes-vous intéressés à voir ce film après avoir lu le résumé? Baissez vos attentes! Avec une prémisse intéressante et un peu tabou, Que Dieu bénisse l’Amérique avait la chance d’être un digne précurseur de l’excellente et sombre télésérie canadienne Durham County. Or, du début jusqu’au trois quarts de l’histoire, ce film déçoit, car Morin n’exploite pas assez la thématique du film, c’est-à-dire la criminalité en banlieue. Donc, au fur et à mesure que le film progresse, on sent que Morin perd de vue la raison d’être du film : traiter d’une manière équilibrée de 1) la justice faite par de simples individus contre les délinquants sexuels et 2) la réaction d’un voisinage face à la présence d’un criminel. Autant dire que Morin n’arrive aucunement à exploiter, comme ont su le faire les scénaristes de Durham County, l’ironie derrière l’idée reçue que la banlieue est un lieu sûr (si tel était son intention). Comme si ce n’était pas assez, si le film veut avoir l’air d’un thriller, il est dépourvu d’intérêt. En effet, au lieu de plonger dans les coins sombres de la nature humaine, Morin se concentre inutilement sur les aspects les plus banaux de la vie des personnages (ex : magasinage, dîner dans un restaurant, etc.), ce qui nous donne un peu l’impression qu’aucune enquête policière (pour trouver le tueur/justicier mystérieux ainsi que le vrai pédophile) se déroule. Ajoutez aussi à cela les longueurs énervantes. Wow, quelle manière de développer les craintes des personnages qui croient vivre avec un pédophile dans leur quartier! Malgré ces défauts, le seul moment où Que Dieu bénisse l’Amérique est intéressant, c’est à la fin. Cependant, l’identité du tueur/justicier semble nous avoir été balancée seulement dans le but de finir une fois pour tout ce film ennuyant et prétentieux. De plus, même si les personnages sont des caricatures des banlieusards, leurs interprètes semblent très bien se débrouiller. Par contre, si vous êtes un enthousiaste de vrais thrillers, regardez plutôt Durham County, dont la première saison est disponible en DVD. Note : 2.5/5 Que Dieu bénisse l’Amérique Canada (2006), 105 minutes. Drame policier scénarisé et réalisé par Robert Morin. Chantons Chantons Noël Par Philippe Gendron Noël approche! Tout comme moi vous avez votre quota des albums de Noël de Marie-Elaine Thibert, Mario Pelchat et Bruno Pelletier? Eh bien, cette chronique est pour vous! Je me suis proposé d’écouter quelques albums de Noël non traditionnels qui pourront vous surprendre. Vous en avez marre de vous endormir pendant vos réveillons au son d’une musique ennuyante? Noël dans la rue est pour vous! Il s’agit en fait de trois albums d’artistes variés du Québec pour la plupart. On retrouve entre autres « So this is Christmas » par Quo Vadis, « Caroll of the Bells » par Groovy Aardvark ainsi que « Falalalala » par Redcore pour ne nommer que ceux-là. Bref, c’est une excellente façon de tester vos « mononcles cool», vous n’aurez jamais autant « trasher » dans vos réveillons. Amateurs de violon, Acadiens ainsi que fans de musique celtique et écossaise voudront se procurer « A Cape Breton Christmas » par Ashley MacIsaac. Très versatile, ce Canadien nous présente des chansons de Noël en anglais, en français ainsi qu’en gaélique. On y trouve des classiques de Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 10 Chantons Chantons Noël (suite) noël tel « Il est né», « Ciuin An Oidhach » (version gaélique de « Silent night ») et un classique de la musique écossaise « Auld Lang Syne » mieux connu en français comme « Ce n’est qu’un au revoir». On retrouve également des pièces plus vivantes comme un medley pour enfants contenant entre autres « Jingle Bells » et « on l’appelait Nez rouge». Puisque MacIsaac est un excellent violoniste, le plus grand intérêt de son album réside dans les « Reel » qui vous rappelleront peut-être vos soirées passées à écouter votre grand-père violoneux. Ma dernière suggestion tentera certainement les nostalgiques du vieux rock des années 1970! « The Jethro Tull Christmas Album » vous rappellera la joie provoquée par l’écoute des solos de flute traversière d’Ian Anderson. L’interprétation de « Greensleved » est d’ailleurs exceptionnelle. C’est à se demander comment il peut trouver son souffle. On retrouve également des pièces de compositeurs connus telle « Bourée », de Johann Sebastien Bach, « Holly Herald », de Felix Mendelssohn, et « Pavane », de Gabriel Fauré. À noter que les autres chansons, bien qu’étant pour la plupart inconnues, sont un excellent remplacement aux chansons que vous ne pouvez plus entendre. En définitive, ces trois albums sont le meilleur remède aux réveillons trop monotones et routiniers. Ils surprendront toute la famille! Entrez donc, faites comme chez vous! Par Marianne Martin En ce merveilleux temps des fêtes, qu’on n’avait pas vu venir, j’en profite pour vous rappeler que c’est un temps de réjouissance, où la joie et l’allégresse sont au rendez-vous. De plus, si vous buvez, ne prenez pas le volant, sous peine de ne pas pouvoir revenir batifoler en janvier avec votre gang du département d’Histoire préférée. C’est donc avec beaucoup d’esprit du temps des fêtes que je me questionne sur les différentes façons de s’éclater durant le temps des fêtes 2008-2009. Qu’est-ce qui ne signifie pas plus Noël et l’arrivée du temps des fêtes que les airs festifs et pleins de joie de Johanne Blouin qui chante Noël dans les épiceries? Le temps des fêtes commence dans ces établissements avant même que le Père Noël fasse la descente de tous les centres d’achats, en date du 23 novembre cette année. J’ai la désagréable tâche de vous dire que malheureusement, on est bel et bien pogné dans l’enfer du temps des fêtes. Pour pallier à la situation, il me fait plaisir aujourd’hui de vous donner quelques idées pour vous sortir complètement l’école de la tête pendant ce LONG congé de deux semaines. D’abord, c’est l’occasion pour l’étudiant type de renouer avec ses habitudes, mises au rancard pour faciliter la fin de session, c’est-à-dire, se péter littéralement la face en dansant comme un défoncé, avec Grandmaman, sur le dancefloor du salon de la tante Sylvie. D’ailleurs, vous pourriez boire du gin à cochon avec cette même grand-mère, vivre l’expérience, c’est l’adopter. N’oubliez surtout pas d’enregistrer pour une quarantième fois Le sapin à des boules à TVA! En plus de préparer le sérum qui mettra le feu à votre party de famille, soit le punch, fortement conseillé d’être à base de scotch (pour Phil!), vous pouvez aussi vous occuper des décorations du temps des fêtes à l’extérieur de la maison, ce qui fera, sans doute, bien plaisir à vos si gentils parents! N’oubliez surtout pas de leur offrir une petite pensée pour Noël! Après la consultation de certains étudiants, j’en suis venue à certaines conclusions. Ces jeunes gringalets m’ont affirmé que pour pallier à l’ennui du temps des fêtes, ils se gavaient de pizza pochette jusqu'à ce que mort s'ensuive, faire un top dix des hommes les plus craquants de la planète, monter et démonter un meuble Ikea, tenter de réanimer un écureuil vivant et ainsi de suite. Si vous voulez assurément passer un beau et bon temps des fêtes, faitesvous donc beaucoup de plaisir et essayez de ne pas penser que les cours recommencent dans la deuxième semaine de janvier. Sur ce, bon temps des fêtes chers historiens! Citation humoristique (si vous aimez, allez à la page 16): [La politique de l'autruche, c'est] « Une politique qui court vite, une politique qui fait des gros œufs, c'est tout. » De Jean-Christophe Hembert (Karadoc), Kaamelott, Livre II, La Cassette, par Alexandre Astier Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 11 Critique de film Quantum of Solace par Anh Khoi Do Après une année d’attente, force est de constater que Quantum of Solace est un des pires films de la franchise James Bond. Néanmoins, si des fusillades et des explosions suffisent pour vous, alors allez voir ce film. En pourchassant le meurtrier de son amante Vesper Lynd morte à Venise, James Bond (Daniel Craig), un agent du MI-6, apprend l’existence de l’organisation Quantum. Conséquemment, cela mène Bond à Dominic Greene (Mathieu Almaric). Celui-ci, sous le couvert de philanthropie écologique, orchestre un coup d’État mettant au pouvoir le général Médrano (Joaquín Cosio) afin de pouvoir contrôler les réserves d’eau boliviennes. Dans sa lutte contre Quantum, Bond s’allie à Camille (Olga Kurylenko), une femme voulant venger la mort de ses parents aux mains de Médrano. Si Casino Royale, l’opus précédent, contenait des surprises, Quantum of Solace obéit trop aux vieilles formules de la série. Cela dit, nous avons plutôt droit à un scénario trop conventionnel et fade qui n’évolue que par paliers : Bond découvre quelque chose, donc il ne lâche pas le morceau et des cadavres gisent. Rien de plus, rien de moins. Cependant, à en voir le résultat final, on dirait que cette formule fut poussée dans une zone de laideur incroyable. Donc, toute exploitation de prémisse semble carrément absente du film. Entre deux scènes d’action enlevante, le développement de Bond est malheureusement figé et unidimensionnel. On aura beau dire, l’approche minimaliste ne fonctionne pas, parce qu’on dirait que seules comptent les scènes d’action. Conséquemment, quoiqu’en dise le réalisateur Marc Forster (Monster’s Ball), ni les dialogues qui sont aussi émincés que de la viande de bœuf vietnamienne ni les scènes d’action n’arrivent à exprimer avec nuances les états d’âme de cette machine de guerre (non, je ne parle pas de la responsable des activités socioculturelles!) qu’est Bond. Qui plus est, on pourrait même dire que James Bond est tellement en forme que Sir Roger Moore, un ancien interprète de James Bond, peut aller se rhabiller! En ce qui concerne le jeu de la distribution, il ne s’avère aucunement intéressant, car bon nombre d’entre eux sont pris avec des dialogues qui ne permettent pas d’exprimer la profondeur réelle de leur personnage. Seule Judi Dench (Iris), dans le rôle de M, semble lever le ton avec son jeu. Olga Kurylenko (Paris, je t’aime), démontre un talent dramatique jusqu’alors inconnu vers la fin, mais l’histoire trop mince ne permet pas d’exploiter la personnalité ambigüe de Camille. Pour ce qui est de Mathieu Almaric (Munich), sa performance est trop terne pour pouvoir nous convaincre de sa méchanceté. Finalement, Quantum of Solace surfe d’une manière honteuse sur le succès de Casino Royale. En gros, ce film affiche les symptômes d’une franchise qui revient aux mauvaises habitudes de l’ère Brosnan : scènes d’action en masse et évacuation de développement dramatique. Si Daniel Craig (Munich) ne bénéficie pas d’une marge de manœuvre pour bien exploiter James Bond comme ce fut le cas dans Casino Royale, on peut dire que ses performances dans les scènes d’action constituent une consolation. Puis dernièrement, depuis quand un film de James Bond ne comporte le passage « My name is Bond, James Bond »?!?! Heureusement que j’avais un laissez-passer pour voir gratuitement ce film… Note : 2.5/5 Quantum of Solace Grande-Bretagne/USA (2008), 106 minutes. Thriller scénarisé par Paul Haggis, Neal Purvis et Robert Wade. Réalisé par Marc Forster. Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 12 Critique de film The Rebel par Anh Khoi Do Enfin, le plus gros succès du boxoffice vietnamien sort en DVD au Canada! Avec son premier d’action de son histoire tourné avec un budget équivalant à trois millions de dollars américains, le Vietnam n’a pas de leçons à recevoir des autres pays asiatiques et encore moins d’Hollywood pour tourner des scènes d’action. Cependant, baissez vos attentes, car ce film n’est pas un chef-d’œuvre comme Hero ou Tigre et Dragon. 1922 : Avec l’occupation française, des rébellions anti-françaises éclatent à la grandeur du Vietnam. Pour régler cela, les Français emploient des espions vietnamiens, comme Cuòng (Johnny Nguyên), pour traquer et tuer le chef de ces rébellions. Par contre, se sentant inspiré par le nationalisme de Thúy (Ngô Thanh Vân), Cuòng se tourne contre Sy (Dustin Nguyên), son supérieur, et se joint à la rébellion. Avec son intuition Sy suit les deux rebelles, car il sait que cela le mènera au chef des rebelles. Évidemment, ce film ne devra pas vous ennuyer, car son rythme évolue plus rapidement que celui d’un film de Trân Anh Hùng (L’odeur de la papaye verte). D’autant plus que bien qu’ayant une structure familière, le scénario de The Rebel n’a pas recourt à trop de tours de manche pathétiques. Donc, nous avons là une histoire somme toute simple. Par contre, les scénaristes sont trop pressés pour passer aux scènes finales. Résultat : le développement des personnages s’avère superficiel. Par exemple, le changement d’allégeance de Cuòng est trop soudain et peu convaincant. En effet, les scénaristes ne prennent pas le temps d’exposer la moindre critique que le héros développe sur le colonialisme français et encore moins sa perception des nationalistes. Si l’histoire s’avère moyenne, la performance est inégale. Effectivement, nos deux héros, qui sont joués par Johnny Nguyên (The Protector) et la chanteuse Ngô Thanh Vân, ont peu d’expérience pour jouer des scènes dramatiques malgré leurs efforts et les dialogues passables. De plus, ils peinent à nous convaincre qu’une chimie existe entre eux, si chimie il y en a. Aussi bizarre que cela puisse paraître, ce sont les interprètes des méchants, furent-ils des Français ou des Vietnamiens, qui tirent leur épingle du jeu. Évidemment, cela ne doit pas être dur de bien paraître lorsque votre rôle consiste presque entièrement à faire des sautes d’humeur! En tout cas, si les performances inégales vous déçoivent, chose qui risque de se produire, vous ne serez pas déçu par les scènes de combat. En effet, cela représente une rare occasion pour nous, Canadiens, de voir cet art martial époustouflant qu’est le Viêt Võ ðao. Bien sûr, que serait un film de Viêt Võ ðao sans ces fameux coups de pieds ciseaux. Tout compte fait, espérons tout de même que ce film saura vous divertir avec ses scènes de combat, surtout ceux du début et de la fin. Alors, pour décrire The Rebel en quelques mots, c’est plutôt un mélange maladroit entre un drame historique et les arts martiaux. Certes, les acteurs font de leur mieux pour défendre leur personnage, ce qui évite au film de tomber dans la stupidité propre à certains films hollywoodiens. Note : 3/5 The Rebel Vietnam (2007), 104 minutes Drame historique scénarisé par Johnny Nguyên, Charlie Nguyên et Dominic Pereira Réalisé par Charlie Nguyên Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 13 Littérature et poésie De maux… à mots par Jérémie Thériault-Langelier Drapeau blanc par Jérémie Thériault-Langelier Aimer inutilement Ou trop prendre son temps Prêcher dans le désert Ou bien se taire Partir en bateau Ou écouter les oiseaux Tout cela semble très trivial Mais ce sont ces choix qui nous font mal La vie nous réserve plein de maux Mais le plus beau de ses cadeaux C’est la multitude de ses mots Sur ce plein écran Blanc comme quand j’attends J’attends l’impossible, le néant qui m’prend C’est pas mon talent qui me surprend Mais plutôt mon élan latent Celui qui m’entend, qui s’étend dans le champ Qui m’surprend, de temps en temps Pas trop souvent, faut pas devenir géant Galant ou impuissant, ma fortune se rend J’me rend, drapeau blanc, blanc, blanc… Sur ce plein écran Pourtant, pas pour l’instant, c’pas encore le bon moment Quand? Quand? Les mots deviennent trop francs J’t’entends, mais mon esprit se rend Drapeau blanc La Fleur de Lotus poésie expérimentée par Steve Lamarche Là où l’herbe s’écoule aux flots du vent Là où réside cet éternel printemps Un espoir plus vert que son arbre songe Coulant des vignes mûres jusque dans l’auge Une certaine ivresse, totale adresse Rien n’est plus vrai que la fausseté refusée Rien n’est plus vivant que la sublime caresse De l’herbe de ces plaines, lointain été Paradis perdu éperdu de beauté Tout n’est qu’ultime permission de bonté Humaines consciences en leur légèreté Vont et viennent sans pudeur de liberté Y grandit un chant d’une sublime intonation Où rayons de lumière s’emmêlent en émotions Puis viennent les envies d’une vie charnelle Puissante impression d’être près d’elle Ses lèvres rendent déserts les oasis Ses yeux reflètent plus de chaleur que la mer Son jus d’une agréable douceur pastis Justifie tout sacrifice, la raison aux fers Rêver d’une méditerranéenne baie, sublime C’est s’aventurer au bas du midi des terres Accepter l’unique aventure de sa chair, l’hymne La voir chanter cette ode à la vie, à la mer Du pourtour au centre de mon être Le rêve de me baigner en ses eaux Y trouver l’unique humaine vérité : être Pour savourer ce fruit, s’écoulant les flots Cette fleur de lotus est un opium en soi Mais toute dépendance même totale Possède des vertus à causer l’émoi D’en arriver à comprendre le banal Et le rejeter Cette âme de la mer, baignée par les plages Se déguste comme le plus délicieux cépage Comment donc éviter tout ce tournis? Causé par telle beauté qui fait voir la vie Humaine comme elle est M’être libéré, me jetant vers l’humanisme Je me rapproche de plein gré de son isthme Parcourir de mes sens ses effluves de rhum Et à deux faire l’addiction de toutes les saveurs Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 14 La Fleur de Lotus (suite) Suivre mon seul gré pour parcourir les mers M’arrêter sur le sable chaud de son corps Mettre de volonté propre mes mains aux fers Et veiller nonchalamment à la construction du port Vouloir avoir tout perdu et y avoir trouvé Par ironie, envie et liberté, un ancrage Par sottise abuser des côtes, un naufrage Faire faner la fleur de lotus, désabusée Alors cette héraldique missive énonce Les dangers de perdre tout sens de l’amour En aimant sans se laisser la liberté, sans ronces D’aller et venir, suivant la mer, et son tambour Grand vide sur ton de gris Par Jérémie Thériault-Langelier Alllloooooooooooo? Ya tu quelqu’un? Laissez-moi pas tout seul! Alloooooooooo? J’ai peur de rester seul! S’il vous plaît! Quelqu’un! N’importe qui! J’arrive même pas à m’trouver moi-même dans c’grand vide-là! J’ai la chienne du vide! V’nez m’chercher, chu pu capable! Alloooo? Pourquoi ya personne? Allo? Chui ici! Iciiiiiiiiii! Allo? Allo? Al… … … Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 15 Humour Une autre épopée chevaleresque Par Kevin Audet-Vallée Un jeune homme début vingtaine se réveille lentement et avec assurance. Emmitouflé dans sa demi-douzaine [Note de l’auteur : six] de couvertes, il se dit que ce matin est le plus beau de toute sa vie et qu’il ne voudrait plus jamais sortir de ce lit pour toute sa vie, tel que le souhaitait John Lennon, le dieu qui pend au dessus de son propre lit. Puis après ce moment d’extase sensoriel, il se décide à revenir à la triste réalité… et de regarder son infâme cadran ! Prenant son courage à pleines joues, notre héros des temps post-grunge décide donc d’ouvrir ses paupières beigeblanches, chose difficile à accomplir compte tenu qu’une crasse blanche-verte un peu sèche, dont le nom scientifique nous échappe à l’instant, les retient collées l’une à l’autre. L’acte enfin réussi, il retourne difficilement sa tête vers sa droite et tente distinguer les chiffres du cadran éloigné ce d’une manière dangereuse… il ne porte pas ses verres de contact…scandale ! C’est alors qu’une horde d’optométristes ninjas descend de son plafond, en geulant : Yaaaaaaaaaaaaa ! Mets tes verres de contact connard ! Notre héros décide donc de défendre avec fierté son droit à l’autodétermination oculaire et il se bat comme jamais, tandis le sang coule à flot partout dans sa chambre. Puis… il se réveille. Encore une fois, il s’était rendormi avant même d’atteindre le cadran. Décidé à ne pas rater son coup une deuxième fois, il retient ses paupières à l’aide de ses deux annulaires [Note de l’auteur : je leur ai enfin trouvé une utilité !] et essaie de distinguer l’heure. Ça y’est! Il réussit! Formidable! Il est… 13h45. Encore une fois, il n’a pas aperçu le matin, tout comme à chaque jour de sa vie depuis le 21 août 2004, soit sa première journée de cégep. Hum… il devra encore trouver une excuse pour justifier son absence à une réunion académique de très basse importance. Après moult réflexions, il se décide pour le : « Ah, désolé, j’avais de la vaisselle à faire… tu me connais, je l’accumule puis après ça je dois la faire en toute urgence tandis que ma colocataire me menace avec son couteau à pain ! ». Ce à quoi tout le monde croira comme à l’habitude, puisque ses excuses génériques sont faites à la mesure de la personnalité qu’il projette, donc très crédibles. Puis… il se rendort. Épuisé par la gymnastique intellectuelle qu’il vient de faire subir à son cerveau. Au gré du feu dans mes cheveux ondulant selon la courbe de décroissance de Newton en pré-puberté mentale de l’hégémonie mentale du sommeil rempli d’hélianthine Par Fritz Au moment où j’écris ces lignes, j’imagine déjà vos tronches simplement après avoir lu le titre. Vous vous demandez très sûrement (question légitime) où le Bon Dieu que j’incarne à vos yeux peut-il bien se diriger avec ce titre. À cela, je vous répondrai très illégitimement nulle part (mais j’ose espérer que vous l’aviez déjà compris (à moins que vous soyez vraiment lent (mais ce texte ne vise personne) (bon d’accord sauf peut-être les féministes)(et la bitte à une couille (faut pas laisser ce pauvre individu dans l’oubli, déjà qu’il lui manque une couille faut bien lui garder une petite mémoire)))). Ah ha, vous les attendiez ces merveilleuses parenthèses. C’est ma marque de commerce, je sais. Par ailleurs, je dois faire attention quand je rédige des travaux pour les enseignants, car à force de pondre des articles pour ce journal, je tends à généraliser de façon (est-ce que abusive serait faible?) élevée cette manie. Bref, ça peut être dangereux. Mais jamais autant qu’une courbe de décroissance de Newton, car personne ne sait en réalité ce que ça représente (et je vous en supplie, si jamais vous croisez une personne qui sait qu’estce que c’est, fuyez (mais fuyez, genre, au plus sacrant) après tout, j’ai l’habi- Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 16 Au gré du feu dans mes cheveux ondulant selon la courbe de décroissance de Newton en pré-puberté mentale de l’hégémonie mentale du sommeil rempli d’hélianthine (suite) tude de vous prévenir uniquement sur des sujets sérieux pouvant vous mettre en péril). Par ailleurs, j’aimerai ouvrir une parenthèse ici (mais sans parenthèses (sauf que là, je viens lamentablement d’échouer)) pour vous dire que si jamais vous croisez quelqu’un qui ne sait pas ce que c’est une parenthèse (bah fuyez aussi car les abrutis, faut s’en méfier (et les féministes aussi (c’est vrai, tu sais jamais quelle connerie qu’ils et elles vont te demander (voyez, c’est rendu que je dois utiliser deux, DEUX pronoms pour les satisfaire (on parle plus juste de quelques lettres) ou autrement, faites-leur lire mon article (au risque d’assister à une implosion cervicale dont la crainte fait que ces individus louches se mettent à employer le système binaire en guise de communication entre eux (bref, je parle bel et bien ici des informaticiens (et toutes autres créatures aberrantes et biscornues (pas deux cornes ici)). C’est un mode de communication plutôt antisociale et c’est pourquoi il ne faut pas s’approcher de ces bêtes. Mais là, à cette étape d’un délire que je peine moi-même à comprendre, vous vous demandez sûrement comment éviter ces hérétiques (insulte histoire populaire (tout comme communiste (saviez-vous que con s’écrit en réalité com. qui est un diminutif de communiste (mais pas parce que le communiste est con tout comme un stalinisme ne se réduit pas à Staline (sans commentaire haha)))), bref pour fuir ces aberrations incapables d’avoir une pensée péripatéticienne (c’est vrai qu’il est dur de philosopher en marchant lorsqu’on est assis sur une chaise devant son ordinateur), il suffit d’éviter d’aller étudier en sciences naturelles. Voilà tout, étudiez donc en histoire ! Parce que histoire = plaisir est la seule formule mathématilogicochronologique valable (c’est comme la Révolution Française selon le plan départemental de l’A.É.H.U. M. (c’est un terme qui n’existe pas)). En parlant de non-existence, j’ai ouï dire que le sommeil était également un terme rare en cette période de fin de session d’historiens en herbe à fumer. Là, on arrive donc au moment où je m’offusque. Oui, je proteste contre ces fainéants qui agissent comme des zombies sous prétexte qu’ils dorment trois heures par semaine. Ça ne justifie pas non plus le fait d’arriver en retard dans les cours bandes de lâches (allez, riez dans vos barbes bandes d’imberbes (vous ne direz pas que j’ai le sens de l’autodérision)). Maintenant, retournez faire vos travaux, lâchez Facebook, Occupation Double, Claire Lamarche (qui malgré son nom de famille et le fait qu’elle aide les gens à se retrouver, non elle n’a pas de parenté avec son antithèse, un dénommé Steffen qui lui (au contraire) aide les gens à se perdre) puis si c’est pas assez, alors lâchez l’école tant qu’à faire, puis trouvezvous un job (le temps que vous n’êtes pas encore perdu(e) et/ou en train d’envisager de faire une maîtrise). Sur ce, j’aimerai abuser de l’espace gratuite fourni par ce journal pour faire quelques annonces, Félix ; achète-toi une caméra de surveillance dans le café mais ne dis pas à personne qu’elle est branché quelque part. Kevin, faudrait que je voie la feuille sur les pronoms accusatifs et nominatifs allemands pour que j’arrête de m’arracher des cheveux lors des mini-tests (même si au rythme de huit cheveux et demi, j’en aurai pour 324 ans à me les tirer (façon subtile de dire voter pour moi en tant que chef des poilus)). Danick, faut développer nos talents culinaires (juste rien d’autre à rajouter). Phil, arrête de me prévenir trois jours avant la date de tombée des articles (même si tout le monde sait pertinemment que je vais commencer à l’écrire la journée même) et je branche le jus de houblon (mais je sais pas quoi faire avec). Cédric, que tu n’oublies pas de ressusciter d’ici janvier (ton calvaire n’est pas fini, mouhaha !) et qu’on doit prendre des photos (clin d’œil pour déclencher les potins sur la nature de ces photos). Steve, il faut qu’on écoute le DVD d’Opeth, il faut que tu prêtes le jeu Civilisation à Geneviève, il faut me faire voter sénateur du café à vie, écouter le second DVD d’Opeth, changer mon statut de sénateur à empereur, dictateur ou n’importe quel terme autoritaire que je n’arrête pas d’utiliser quand j’évoque mon ancienne responsabilité du café étudiant (j’espère que tu as saisi le message subtil). Là-dessous, je retourne faire mes travaux. Puis arrêtez de perdre votre temps à lire cet article et faites dont de même! Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 17 Inutilités Nowel c’est l’amour Par Philippe Gendron J o y e u x N o ë l ! Ben oui décembre vient tout juste de commencer que je suis déjà pu capable de la musique de noël poche! C'est quoi le trip de commencer ça après l'Halloween? Non, mais un jour vous avez des spiders man partout dans rue et le lendemain C’est Noël ! Tant qu’à ça l’Halloween prochain on se déguise tous en Père noël, petit reine au nez rouge et petits lutin comme ça on sera déjà prêts pour Noël. En plus, faut toujours que ça soit les plus quétaines qu'on entende sans arrêt! Pas question de mettre We Wish you a metal Chrismas ben non faut que sa soit toujours MarieHélaine Thibert ou Bruno Pelletier. Au moins, j'ai pas encore entendu Fernand Gignac cette année bien que ça ferait changement des autres! Même chose pour les lumières de Noël qui sont déjà partout! Je vous le jure quand mon voisin d'en face allume son foutu sapin de noël (à l'intérieur dans sa maison avec les stores fermés) on doit le voir jusqu'à Iqualuit! Je vous jure si je me plug sur son sapin je suis certains que je peux alimenter Cuba en électricité pendant 3 ans. Il faudrait dire aux gens que des lumières de Noël ça sert pas à allumer tout le quartier. Imaginez, je n’en ai qu’un comme ça pour l'instant, mais quand tous les autres comiques vont voir que lui a plus de lumières qu’eux que pensez-vous qui va arriver? C’est ça la banlieue! Il faut toujours être plus in que son voisin. Par contre si ça continue ils vont tellement être tous in que quand je vais rentrer chez moi le soir je vais avoir l’impression de suivre la lumière au bout du tunnel. Moi je ne prends pas de chance. Je peinture ma porte en couleur dorée et je peinture Saint Pierre dans mon entrée. Ils vont avoir l’air fin! Moi aussi je peux être un v r a i c o m i q u e ! Le summum n’est pas encore arrivé! Attendez que les dindes envahissent les épiceries ! Là je ne parle pas des dindes derrière les carrosses, mais bien celle dans les étagères. Parce que ça, c’est un autre classique aussi Noël c’est comme l’alcool, plus t’en consommes plus tu deviens épais. C’est quoi le trip pendant le magasinage des fêtes, tsé là quand il y a des milliers de gens dans les magasins, de chercher à prendre le plus de place possible avec son foutu carrosse. La prochaine fois que je vois une de ces dindes, je lui demande son nom et je baptise ma dinde du réveillon en son honneur! En plus, la neige est remplacée par de la slush! C’est ben beau la slush, mais dans son petit contenant plastique du Couche Tard. Y neige après y mouille, pis y reneige et remouille! Faudrait y dire à lui en haut là : "Hey si tu veux qu'on fête la venue sur terre de ton fils envoie nous de la vraie neige"! Ah pis après tout qui se rappelle que Noël est une fête religieuse? On s'en fou tous ! Mais tant qu’à s’en foutre pouvez-vous me dire pourquoi on trouve encore des crèches sous les arbres de noël ? C’est sûrement pas parce que c’est beau en tout cas ! Ah je sais ! C’est pour paraître moins cheap quand il y a moins de cadeaux sous l’arbre ! Ça bouffe d e l ’ e s p a c e ! En tout cas moi je ne prends pas de chance! Cette année j’ai mon ami Johnny pas loin. Joyeux Nowel en avance! Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 18 Page Blanche Par Philippe Gendron Eh oui, c’est à mon tour de remplir une jolie page blanche! Je me vois cependant acculé à un problème notable que vous avez surement déjà tous connu, le syndrome de la page blanche. Je me vois face à ce magnifique dilemme. Est-ce que je vous livre une magnifique page blanche ou me forcerai-je à la remplir? Il y a fort à parier que vous préféreriez la première option. Cependant, malheureusement pour vous j’ai choisi la deuxième option, déversant ainsi un flot de conneries insensé sur cette page qui ne sera donc plus blanche. Contrairement à ce qui pourrait vous effrayer, je n’ai pas l’intention de faire une mauvaise association entre blanc et neige puisque de toute façon comme tout le monde le sait, rien n’est moins blanc que notre neige québécoise. On a qu’à visiter les fameux dépotoirs à neiges toujours garnis au mois de juin pour savoir que la neige a la même couleur que le Cheez Wizz avant sa coloration post-production, c'est-à-dire le gris. Maintenant, la question que cela nous laisse est simple! Est-ce que le Kraft Dinner est également gris à son état naturel ou est-il réellement jaune faux fromage? Vous me connaissez! C’est donc armé d’une bouteille de bière (ainsi qu’un peu de scotch puisque du scotch dans une bière brune c’est que trop bon) que j’ai voulu entreprendre cette si pertinente recherche! Le résultat de mes recherches fut celui auquel nous nous attendions tous. Quand on est ivre, on oublie que le Kraft Dinner c’est mauvais. En parlant de couleur et d’être ivre je pourrais facilement faire allusion au temps des fêtes et c’est exactement la raison pour laquelle je le ferai! Je tiens tout simplement ici à rappeler les coordonnées de Nez rouge Montréal (514) 256-2510. J’ai déjà fait la réservation pour la sortie au Dragon rouge! Wow ça fait beaucoup de rouge il me semble dans une page qui se veut blanche! Pensons un peu vert pour faire changement! Vert comme dans Johnny Walker Green label! Je ne dirais jamais suffisamment à quel point il est bon! En parlant de bonnes couleurs, j’ai envie de venir au bleu. Quoi de mieux que des Grands-pères aux bleuets? Je me demande ce que ça donnerait si on y ajoutait du scotch? Croyez-vous au mélange du sucré avec la boisson? Finalement non! Juste à penser à la Smirnoff Ice j’ai des hauts le cœur. En parlant de hauts! Avezvous remarqué que ça fait un bout que nous n’avons pas entendu la petite voix aiguë du petit Jérémie? Pourtant il y a quelques semaines on m’a demandé son CD! J’ignore s’il en a réellement un, mais que quelqu'un ait pu le penser c’est fort! Oui j’admire le fait qu’il a passé par-dessus son handicap et c’est sérieusement extraordinaire ce qu’il fait. Cependant, je pense qu’on peut tous s’entendre pour dire qu’il ne chantera jamais un opéra de Wagner dans quel cas le corps probablement très verdâtre aujourd’hui de Wagner se retournerait dans sa tombe. En conclusion, je pense que mon joyeux délire vous a enseigné comment transformer une page blanche en une page multicolore! Eh oui, pour ceux qui ne l’avaient pas remarqué j’ai réussi à placer au moins une couleur par paragraphe! Quel concept! Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 19 Horoscope—Foutu bordel Par Jérémie Thériault-Langelier Notre médium maison et votre idole éternel, Gevoa LaVenyr, est en congé de maternité pour tout le mois de décembre. Hé oui! Il a accouché d’un Lion dans son Verseau… euh berceau, pardon. Depuis hier, le Bélier lui a accordé son allocation familiale pour avoir engendré son rejeton en Cancer. Malgré le manque de Balance dans son Poisson ascendant Sagittaire, il pourra sûrement se permettre de vous prédire votre avenir toujours aussi médiocre, tout comme le Capricorne méprise le Scorpion quand il est dans son astre plutonien dérivé de Saturne. La Vierge aura tout le temps des fêtes pour côtoyer le Taureau, mais attention car les Gémeaux font mal lorsqu’on s’en sert pour autre chose que la décoration. Pour les malheureux qui croient avoir vécus leur dernier moment astral horoscopique transcendantal, ne vous inquiétez pas. Gevoa LaVenyr sera sûrement de retour en janvier, sauf si la Lune en Vierge se comporte comme une Salo… euh Sagittaire, pardon. Ma seule prédiction pour ce mois-ci: il semblerait bien que Neptune en son astre d’ascendance Virgilienne vous procure un plus grand bien dû à un grand stress qui se termine, et ce, dans les 2 à 3 prochaines semaines. ATTENTION : Lisez bien ceci!!! Le Sablier possède son propre site web! Vous pouvez y trouver tous les articles contenus dans le Sablier version papier, ainsi que la version intégrale en format PDF. De plus, étant fait sous forme de blogue, il est interactif. Vous pouvez réagir aux articles, y laisser vos commentaires et espérer une réponse de leurs auteurs. Par le site, vous avez également accès aux archives du journal. En lisant votre Sablier sur le web, vous nous permettrez d’imprimer moins de copie papier de votre journal préféré. Vous posez donc un geste écologique! Rendez-vous à l’adresse suivante : http://sablier.wordpress.com/ Si vous lisez ceci, c’est parce que vous êtes à la toute dernière page du Sablier. Vous pouvez fermer le journal et verser une larme parce que vous voudriez le relire encore et encore, ou bien vous pouvez retourner en arrière, trouver votre article préféré, prendre en note son auteur-e et allez lui faire une accolade en lui disant qu’il(elle) est la personne qui a redonné un sens à votre vie! Allez-y, ça vous fera un si grand bien! Le Sablier, 2, 8, déc. 2008 20

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