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					Classe 1G5 :

BEAU Anne-Lise
NAULET Florian
SAVRY Grégoire




Grand conflits contemporains   M. ENCEL
                                         Sommaire




Feuille de Plagiat                                          p2



Introduction                                                p3



I – L’OPEP : son rôle et ses fondements                     p5



II – Le pétrole irakien depuis la chute de Saddam Hussein   p11



III - L’OPEP face à la crise irakienne                      p17



Conclusion                                                  p20



Annexes                                                     p21



Bibliographie                                               p22




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                            DECLARATION SUR L’HONNEUR



    A remettre complétée et signée en 1ère ou 2ème page du dossier ou du mémoire de
                                  recherche appliqué


                              ANNEE SCOLAIRE 2006 - 2007


              NOM                                     PRENOM                      CLASSE / OPTION
              BEAU                                   ANNE-LISE                         1G5
             NAULET                                   FLORIAN                          1G5
              SAVRY                                  GREGOIRE                             1G5


ANNEE : 2008

MATIERE : Les Grands Conflits Contemporains

NOM DU PROFESSEUR : M. Encel


Nous, soussignés Melle Beau, M. Naulet et M. Savry attestons avoir pris connaissance du
règlement intérieur de l’école et certifions que le dossier ou mémoire de recherche appliqué
ci-joint ne fait l’objet d’aucun plagiat. Par ailleurs, nous nous engageons à respecter les règles
du dit règlement intérieur et les sanctions disciplinaires qui en découlent.


Paris, le 18/04/2008

SIGNATURES DE TOUS LES PARTICIPANTS AU DOSSIER OU MEMOIRE (précédées
de la mention « lu et approuvé »)

« Lu et approuvé »              « Lu et approuvé »           « Lu et approuvé »
 Beau Anne-Lise                   Naulet Florian               Savry Grégoire




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                                       Introduction


        L’Organisation des pays exportateurs de pétrole ou OPEP ( en anglais Organization of
Petroleum Exporting Countries – OPEC – ) a été crée le 14 septembre 1960, lors de la
Conférence de Bagdad. C’est une organisation intergouvernementale de pays visant à
négocier avec les sociétés pétrolières pour tout ce qui touche à la production du pétrole, à son
prix et aux futurs droits de concessions. Elle a été reconnue comme organisation
internationale par l’ONU en 1965. L’actuel Président de l’OPEP est le ministre Algérien de
l’Energie et des Mines Chakib Khelil. Son siège, qui fut pendant les cinq premières années de
son existence, situé à Genève, en Suisse, a été déplacé le 1er septembre 1965 à Vienne en
Autriche*(photo siège). L'autorité suprême de l'organisation est la Conférence, constituée de
représentants haut placés des gouvernements des membres qui se réunissent au moins deux
fois par an pour formuler leur politique. Le Conseil des gouverneurs applique les résolutions
de la Conférence et dirige l'organisation. L’OPEP est composée de treize membres*(carte des
pays membres) : six pays du Moyen-Orient avec l’Arabie Saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït,
le Qatar, et les Emirats arabes unis (EAU), mais également quatre pays d’Afrique avec la
Libye, l’Algérie, l’Angola, et le Nigeria, un pays d’Asie du sud-est, l’Indonésie et enfin deux
pays d’Amérique du Sud, le Venezuela et l’Equateur. Mais il existe d’autres importants pays
producteurs dont certains sont exportateurs nets, qui ne sont pas membres de l’OPEP, tels que
le Canada, le Mexique, la Russie. L’OPEP dispose cependant à elle seule de 81% des
réserves, mais ne produit actuellement que 43% du pétrole consommé dans le monde*(tableau
réserves pétrole).

        L’Irak est l’un des cinq membres fondateurs de cette organisation. Il possède
d’importantes réserves de pétrole. Il est troisième après l’Arabie Saoudite qui détient près du
quart des réserves mondiales et l’Iran. Pendant longtemps l’Irak a été un acteur clé et très
influent de cette organisation sous la présidence de Saddam Hussein. Par exemple jusqu’à la
Guerre du Golfe de 1990-1991, celui-ci a demandé à l’OPEP de monter les cours du pétrole
afin d’aider l’Irak et d’autres pays membres à résorber leur dette. Mais la guerre éclair lancée
par les Etats-Unis et leurs alliés de mars 2003 à avril 2003 contre l’Irak et le régime de
Saddam Hussein, provoquant la chute du régime, a considérablement modifié la donne,
notamment au niveau du statut de l’Irak et de son pétrole.

        Nous allons tout d’abord voir pourquoi l’OPEP a été créée, quels sont ses objectifs,
quel est son principe de fonctionnement. Puis nous ferons un bilan de la situation du pétrole
irakien depuis la chute de Saddam Hussein et enfin nous nous interrogerons sur l’influence de
cette crise irakienne sur l’OPEP, et verrons les différentes réactions de celle-ci face à cette
crise.




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                           Actuels pays membres de l’OPEP




Légende :
 Rouge : Actuels Pays Membres




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                        I – L’OPEP : son rôle et ses fondements

1) La naissance de l’OPEP

Cette organisation a été crée le 14 septembre 1960, lors de la
Conférence de Bagdad, principalement à l’initiative du Shah d’Iran
Mohammad Reza Pahlavi et du Venezuela pour pallier la baisse du
prix du baril qui était alors à moins de 5 dollars. En effet, la
création de cette organisation est intervenue dans un contexte
d’exacerbation de la concurrence entre les compagnies pétrolières
qui a provoqué ainsi la baisse du prix du pétrole. Rappelons qu’à
l’époque, la production de pétrole était principalement prise en
charge par les grandes compagnies à grande majorité anglo-saxonnes. Les compagnies
s’occupaient à la fois de produire le pétrole brut, de le raffiner et de vendre les produits
raffinés (carburant…) au consommateur final. Le prix du brut était ainsi fixé unilatéralement
par les compagnies pétrolières, l’imposant ainsi aux pays producteurs, et celui-ci ne servait
qu’à calculer les royalties que ces compagnies devaient verser aux Etats dans lesquels elles
opéraient. C’est la diminution imposée des prix par les compagnies en 1959 qui ont amené les
principaux Etats producteurs à se rassembler au sein d’un cartel. Mais il ne s'agit alors que
d'un syndicat de pays du tiers-monde, chargé de négocier avec les grandes compagnies
pétrolières, les majors, qui étant propriétaires de 90% des réserves, continuent de régner sur le
marché du brut. A l’origine, seuls cinq pays étaient membres de cette organisation : l’Arabie
Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela.

2) Les objectifs de l’OPEP et son fonctionnement

a) Le but de l’OPEP :

Depuis sa création, l’OPEP a réussi à s’affirmer face aux compagnies pétrolières qui l’ont
finalement acceptée comme étant un important interlocuteur. Au départ les fondateurs avaient
uniquement pour principaux objectifs de s’opposer aux baisses arbitraires des majors, et de
s’assurer du rééquilibre du partage des revenus entre eux et les compagnies pétrolières en leur
faveur. Aujourd’hui l’OPEP a trois objectifs fondamentaux : coordonner et harmoniser les
politiques pétrolières des pays membres, stabiliser les prix du pétrole et déterminer les
meilleurs moyens de sauvegarder leurs intérêts, individuellement et collectivement. L’OPEP
s’est ainsi engagée à assurer un avenir énergétique durable pour le monde. Elle s’est dotée
alors d’un rôle fondamental de contrôle du marché pétrolier, et est devenue un précieux
élément stabilisateur des prix pétroliers, se portant ainsi garante de la stabilité de ce marché.
L’OPEP joue un rôle central dans l’équilibre de l’offre et de la demande, qui a une
répercussion sur les prix. Elle a ainsi pris d’importantes décisions qui ont permis à l’industrie
de surmonter de graves crises.

b) Les mécanismes de base de l’OPEP

L’OPEP cherche à réguler la production et les prix par un effort coordonné de ses pays
membres, notamment en instaurant un système de quotas de production.




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                   Quotas de production de l'OPEP (en million de
                                 barils par jour)

              30
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Le contrôle des prix du pétrole et le contrôle de la production :

L’OPEP a un rôle de fixateur et de régulateur de prix du pétrole. Les décisions de l'OPEP ont
une influence sur le cours mondial du pétrole. Par exemple, en 1970 des augmentations eurent
lieu sous la pression des membres les plus militants du cartel comme la Libye, l’Algérie ou le
Venezuela. Mais il faut cependant relativiser l’importance de ce rôle. En octobre 1973, avec la
guerre du Kippour, le prix du brut connut une augmentation sensible. Ce fut le premier choc
pétrolier durant lequel le prix du brut fut multiplié par quatre pendant cinq mois (17 octobre
1973-18 mars 1974). On attribua tout d’abord cette augmentation au désir de l’OPEP
d’utiliser « l’arme pétrole », et ainsi d’imposer une hausse massive du brut. L’OPEP a été
perçue comme disposant d’une capacité de contrôle importante sur le prix du pétrole. Mais
cette interprétation, qui met en avant le rôle politique de l’OPEP, tend à négliger l’explication
structurelle de ce choc. En effet, il s’est avéré que même lorsqu’elle semblait gérer les prix du
brut, l’organisation n’accompagnait en fait que les mouvements de fond du marché, sans
réellement les provoquer, notamment en ce qui concerne le premier choc pétrolier comme le
second, ainsi que la brève envolée de 1990. Ces augmentations du prix du brut ont été
provoquées par des ruptures politiques intervenant sur un fond de tension extrême de l’offre et
de la demande, que les treize pays membres n’ont pas réussi à maîtriser.

Malgré cette remise en question du rôle de l’OPEP sur le contrôle des prix pendant cette
période, il n’en demeure pas moins que l’OPEP garde un certain pouvoir sur les prix. Un
exemple est celui des années 1980 lorsque le prix est resté élevé alors que la demande
diminuait ou stagnait en raison de la crise économique mondiale, et que l’offre augmentait
sensiblement avec la mise en exploitation massive des réserves hors OPEP. Durant toute cette
période, l’OPEP a agi comme un frein à la baisse des cours : elle n’empêcha pas la retombée
des prix, mais la retarda considérablement grâce à l’introduction de quotas de production.

L’ajustement de la production apparaît alors comme le principal outil pour jouer sur la
fixation des prix. La force de l’OPEP réside avant tout dans le contrôle de la production de
pétrole, qui est son atout majeur. Rappelons que c’est la politique de nationalisation
progressive de l’exploitation pétrolière dans la plupart des pays membres de l'OPEP, qui eu
lieu au cours des années 1970, qui consacra la prise de contrôle de la production de pétrole
par les gouvernements des États producteurs. L'Algérie, l'Arabie saoudite, l'Irak, l'Iran, le
Koweït et le Venezuela instaurèrent, à l'occasion des nationalisations, un monopole d'Etat


                                               -7-
complet. La Libye, l'Indonésie, le Nigeria et les Emirats arabes unis restèrent partiellement
ouverts aux capitaux étrangers.




Ces nationalisations constituèrent une rupture radicale dans l’évolution de l’industrie
pétrolière. En quelques années, les compagnies internationales, qui avaient auparavant le
contrôle de ces réserves, se sont vues amputées de leurs activités d’exploration et de
production dans la plupart des pays de l’OPEP, c’est à dire de la presque totalité des réserves
mondiales. On est ainsi passé à un système où la production, désormais assurée par les
compagnies nationales des Etats producteurs, et le raffinage ainsi que la distribution, toujours
laissée sous contrôle des compagnies pétrolières internationales, forment deux pôles distincts.
Devenus maîtres de leur production, les pays producteurs ont pu de cette manière influencer le
cours du baril de pétrole et ainsi augmenter leurs revenus. L’OPEP eut ainsi la possibilité de
fixer les prix de vente du brut de 1970 à la moitié des années 1980.

Le marché financier pétrolier est ainsi né du besoin de faire se rencontrer l’offre et la
demande, c’est-à-dire les vendeurs (les producteurs) et les acheteurs (les raffineurs) de
pétrole. Depuis le milieu des années 1980, il y eut donc un profond changement dans le
fonctionnement du marché, celui-ci consistant désormais en l’équilibre de l’offre et de la
demande. Cet équilibre s’est imposé comme l’unique mécanisme de fixation des prix, alors
que jusque là ce mécanisme résultait de la seule volonté de l’acteur dominant, c’est à dire tout
d’abord les compagnies pétrolières, puis l’OPEP.

La décision de l’OPEP de recourir à des quotas de production en 1982 résulte de cette
évolution du marché pétrolier. L’OPEP fonctionne en effet depuis 1982 sur le principe d’une
limitation de la production de pétrole grâce à l’attribution de quotas (maxima autorisés) à
chacun de ses membres en fonction de ses réserves. Ces quotas sont ajustés en fonction de
l’état et des besoins de l’économie mondiale, lors de conférences régulières ou


                                              -8-
extraordinaires*(annexe quotas de production). Ce système a permis à l’OPEP, en tout cas
quand les quotas étaient respectés par ses membres, de fixer une fourchette des prix du pétrole
et ainsi de maintenir leur stabilité, cette stabilité étant bien sûr bénéfique pour le monde entier.
Mais l'OPEP ne fixe plus aujourd’hui le prix auquel se vend son pétrole : se sont les marchés
de cotation (à Londres ou à New York) qui s'en chargent, retirant ainsi du pouvoir à l’OPEP.
L’Iran a voulu établir un contre-pouvoir à ces marchés en ouvrant en février 2008 sa Bourse
internationale iranienne du pétrole, où s’échange dans un premier temps des dérivés du
pétrole. Ainsi, le seul réel moyen de pression sur le prix dont dispose encore le cartel est donc
d’ajuster sa production pour peser sur l’équilibre entre l’offre et la demande.


          Les chiffres de réserves de pétrole par pays et par régions au 1er janvier 2006

Pays                         Réserves (milliards de barils)                Années de réserves
Etats-Unis                   21,8                                          8
Mexique                      12,9                                          9
Canada                       12                                            11
Venezuela*                   79,7                                          77
Brésil                       11,2                                          15
Equateur                     4,6                                           24
Norvège                      7,7                                           7
Royaume-Uni                  4                                             6
Russie                       60                                            17
Kazakhstan                   9                                             18
Azerbaïdjan                  7                                             44
Arabie Saoudite*             266,8                                         66
Iran*                        132,5                                         86
Iraq*                        115                                           166
Koweït*                      104                                           107
Emirats Arabes Unis*         97,8                                          95
Qatar*                       15,2                                          38
Oman                         5,5                                           19
Yémen                        4                                             27
Libye*                       39                                            62
Nigeria*                     36                                            38
Algérie*                     11,4                                          15
Angola                       5,4                                           12
Chine                        18,3                                          14
Inde                         5,8                                           20
Indonésie*                   4,3                                           10
* pays membres de l’OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole).

Il est toutefois à noter que les transactions de pétrole se faisant en dollars américains, le
changement de la valeur du dollar par rapport aux monnaies des pays producteurs affecte les
décisions de l'OPEP quant à la quantité à produire. Par exemple, lorsque le dollar baisse par
rapport aux autres monnaies, les États de l'OPEP voient leurs revenus diminués pour les
achats effectués dans d'autres monnaies, ce qui réduit leur pouvoir d'achat puisqu'ils
continuent à vendre leur pétrole en dollars.




                                                -9-
La coordination des politiques pétrolières passe par les réunions :




Enfin, le dernier rôle de l’OPEP est de coordonner les politiques pétrolières de ses membres.
Pour cela, l’OPEP se réunit aujourd’hui en session ordinaire au moins deux fois par an, fixe
ensemble un objectif de prix, et décide de l’ajustement de la production, c’est à dire soit d’une
augmentation soit d’une réduction, en fonction des conditions de marché afin d’atteindre
l’objectif. L'OPEP a par exemple décidé le 10 février 2004 une diminution de sa production
de 2,5 millions de barils par jour (mbj). Toute hausse ou baisse de plafond de production est
répartie proportionnellement entre tous les membres, mais certains d'entre eux comme
l'Algérie ou le Nigeria réclament depuis plusieurs années une redistribution en leur faveur.
Depuis mars 2000, l'OPEP a mis en place un système de régulation qui autorise un ajustement
"automatique" de la production sans pour autant nécessiter une réunion des pays membres.
Auparavant, les décisions prises par l'OPEP devaient se faire à l'unanimité des voix des
membres. Ce nouveau système a permis de réduire le nombre de réunions et a doté l'OPEP
d'un mécanisme rapide d'ajustement de sa politique de production

3) L’OPEP dans la compétition internationale

L’OPEP contrôle l’essentiel des réserves mondiales de pétrole, mais face à la concurrence des
Etats producteurs non membres de l’OPEP, le cartel a de plus en plus de mal à rendre efficace
sa politique de quotas. L’OPEP souffre en effet de sa politique de quotas, qui a permis le
développement d’une production concurrente dans de nombreux pays. Cette politique
maintient des prix élevés, rendant ainsi la production dans les pays non membres de l’OPEP,
donc non soumis à celle-ci, plus rentable. La compétition internationale est par conséquent
devenue rude entre les pays producteurs non membres de l’OPEP et l’OPEP. L’OPEP se
retrouve donc dans une position délicate. En effet, toute tentative de réduction de la
production de l'OPEP visant à réduire l'offre de pétrole est une opportunité de plus pour les
pays producteurs non membres d'augmenter leurs parts de marché. L’OPEP se montre ainsi de
plus en plus réticente à assumer seule une régulation de l’offre qui se ferait au détriment de
ses parts de marché. La part de l’OPEP dans la production mondiale, qui était de plus de 50 %
en 1973, est tombée à moins de 30 % en 1985 avant de remonter aujourd’hui à environ 40 %.
Cette réticence se comprend d’autant mieux que les Etats de l’OPEP sont dépendants des
revenus pétroliers, ce qui limite leurs marges de manœuvre. Cependant l’OPEP, n’a pas
renoncé à son rôle fondamental de contrôle du marché, mais semblant désormais impuissante
à le faire seule, une coopération parmi et entre les producteurs et les consommateurs doit être
instaurée. Sans cette coopération, l’OPEP n’a probablement plus un contrôle suffisant sur
l’offre pour convaincre les marchés financiers de sa crédibilité. Aussi les pays membres de
l'organisation ne veulent pas être les seuls à réduire leur production et demandent à ce que
tous les pays exportateurs prennent conscience de leur rôle dans la régulation du marché du


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                                              - -
pétrole. L'OPEP a cependant des difficultés à parvenir à un accord avec les autres
producteurs. Ainsi, un accord a été passé entre l'OPEP et d'autres producteurs non membres
du cartel afin de coordonner leurs productions mais cet accord est difficile à appliquer,
quelques pays dérogeant parfois à leurs obligations.

Le poids de l'OPEP dans le contrôle du marché diminue donc, mais l'organisation demeure
cependant un acteur clé. Sa part dans la production mondiale augmentera et sera d'autant plus
importante que l'organisation souhaite s'élargir. Dans tous les cas, le développement du
marché financier pétrolier depuis les années 1980 limite le pouvoir des acteurs étatiques et de
l'OPEP dans la détermination du prix du brut.




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                                              - -
            II -Le pétrole irakien depuis la chute de Saddam Hussein

1) Situation actuelle de l’Irak :

L’Irak, sixième plus gros producteur de pétrole au sein de l’OPEP, se place aujourd’hui en
troisième position en terme de réserves. Officiellement, l’Irak a des réserves de 115 milliards
de barils de pétrole, soit environ 10% du total mondial. L’Irak retrouve peu à peu son niveau
de production d’avant l’intervention américaine, soit 2,5 millions de barils par jour. Les
autorités irakiennes se prêtent à rêver parlant de 4,5 millions de barils par jour en deux ans,
puis de 6 millions de barils par jour d’ici 2015 grâce à de nouveaux champs dans le Western
Desert et le Kurdistan. Le pétrole irakien est de très bonne qualité et est très facile à extraire, à
tel point que dans certaines zones les autorités ont dû jeter des coulées de béton pour éviter
que les citoyens, en creusant, fassent jaillir l’or noir du sol.

Alors que la majorité de la population vit dans la misère, le paradoxe est que jamais l’Irak n’a
été aussi riche. Son économie a rapidement surmonté les suites immédiates du conflit avec les
Etats-Unis et connaît une croissance prometteuse malgré les innombrables difficultés actuelles
avec 17 % de croissance en 2005 et une estimation de 13 % de croissance en 2006. Le pétrole
est la principale ressource financière du pays et le revenu des exportations de pétrole ainsi que
les concessions étrangères ont rapporté près de 41 milliards de dollars à l’Irak en 2006. La
production pétrolière irakienne souffre désormais surtout d’un manque criant de technologies
et de capitaux plus que d’insécurité.

Ressource stratégique extrêmement lucrative, le pétrole attise les convoitises. En effet, cet
Eldorado pour les pétroliers, sera bientôt prêt pour être exploité à des conditions très
favorables par les grandes multinationales comme la BP et la SHELL britanniques et les
américaines EXXON et CHEVRON. Les compagnies pétrolières étrangères attendent la mise
en application d’une nouvelle loi sur le pétrole qui permettra de négocier des contrats
d’exploitation à long terme. Une centaine de compagnies ont offert leurs services, et les
Irakiens sont sur le point d’en sélectionner certaines.




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2) L’Irak : un enjeu de poids :

Avec 10 % des réserves mondiales de pétrole, l’Irak aiguise les appétits des principales
compagnies d’autant plus que les coûts d’exploitation y sont parmi les plus bas au monde.
Inquiétée par la stagnation du cours de ses actions et par la diminution des retours sur
investissements, l’industrie pétrolière anglo-saxonne redoutait à l’époque d’être
définitivement exclue de la plus riche zone pétrolifère au monde.

Dans le but d’organiser la privatisation de l’économie irakienne, le département d’État des
États-Unis a fait appel à la société BearingPoint. Cette société a été embauchée par le
gouvernement américain pour « conseiller » les autorités de Bagdad par un représentant fixe à
l’ambassade américaine dans la « zone verte ». Elle mène ses activités conjointement avec
l’USAID dans plus de 60 pays, principalement en Afghanistan et en Irak, mais aussi en Serbie
et en Égypte. La SEC (Security and Exchange Commission), organisme états-unien de
contrôle des activités financières, examine de près ses comptes depuis quelques années, sans
que toutefois la procédure n’aboutisse.

L’argument le plus souvent avancé pour justifier la privatisation des revenus pétroliers
irakiens dans la presse liée aux grands groupes financiers, est celui du besoin
d’investissements massifs, que le pays ne sauraient débloquer seul, en vue d’augmenter la
production pour répondre à la demande toujours croissante des pays consommateurs. Or ce
raisonnement entre en conflit direct avec les intérêts des États producteurs. A la différence des
compagnies qui doivent maximiser leurs profits à court terme pour verser dans l’année des
dividendes à leurs actionnaires, les États doivent gérer leurs ressources nationales en pensant
à leurs ressortissants et aux générations futures.

Toutefois, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie se sont toujours défendus d’avoir
envahi l’Irak pour ses ressources pétrolières. Le 18 mars 2003, le Premier ministre britannique
Tony Blair déclarait que « les revenus pétroliers, que certains désignent à tort comme notre
objectif de guerre, devraient être placés dans un fonds destiné au peuple irakien et administré
par l’ONU ».

3) La loi sur les hydrocarbures :

Après avoir renversé le seul gouvernement au monde qui prétendait ne plus libeller ses
contrats pétroliers en dollars, la Coalition anglo-saxonne tente de contraindre l’Irak occupée à
céder ses revenus pétroliers aux compagnies occidentales. Maintenant que l’occupation du
pays s’auto justifie, à savoir qu’elle vise officiellement à stabiliser la situation, la priorité pour
les puissances de la Coalition est de faire passer la loi sur les hydrocarbures qui permettra de
déplacer les revenus pétroliers de l’État vers les compagnies pétrolières étrangères.

Une fois encore c’est BearingPoint qui est chargée par le département d’État de la rédaction
de la proposition de loi. Une première version a été aussitôt adoptée par le gouvernement de
collaboration de M. Maliki en janvier 2007. Parallèlement, une importante opération de
lobbying auprès des décisionnaires irakiens aurait été organisée.

La nouvelle loi, qui a été discutée par le gouvernement de Bagdad proaméricain et pro-
iranien, se détache totalement des lois normalement appliquées dans la région et dans les pays
en voie de développement. En effet, elle permet aux sociétés pétrolières, sous un système
appelé « Production-Sharing Agreements » de bénéficier d’un statut fort intéressant. Les


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termes des PSA conclus par l’Irak avec les majors, en vertu de la loi proposée, porteront la
part revenant aux majors à une tranche comprise entre 60 et 70 % des revenus dans une
période d’amortissement allant jusqu’à 40 ans, et les majors empocheront 20 % des profits à
l’issue de cette période. Les conditions exceptionnellement avantageuses pour les majors dans
la proposition de loi irakienne sont officiellement justifiées par la situation sécuritaire du
pays. Ne voulant pas exposer leur personnel, les majors exigent de solides garanties de retours
sur investissements. Généralement, lorsqu’un contrat PSA est en vigueur, la compagnie
étrangère n’a plus qu’à prétendre cumuler les investissements, réels ou non, et prolonger ainsi
ses prérogatives. C’est la situation que connaît actuellement la Russie, le seul pays ayant
d’importantes réserves mais ayant signé des PSA.

Par ailleurs, BearingPoint affirme travailler en tenant compte du pic pétrolier. Pour les
grandes compagnies pétrolières, signer aujourd’hui des PSA dans un pays comme l’Irak
constitue une garantie de garder un certain équilibre si jamais un déclin devait survenir, et
contribue à maintenir à flot leurs économies nationales respectives. Ici, les intérêts des
compagnies pétrolières anglo-saxonnes et des États de la Coalition se rejoignent. De plus, les
retours sur investissements calculés en proportion des revenus du pétrole pourraient priver
l’économie irakienne de milliards de pétrodollars à mesure que les prix augmenteront.

Il s’agit en l’occurrence d’un accord difficilement accepté par le peuple irakien. Les accords
de PSA laissent la propriété des gisements au pays qui reçoit mais octroient une grande partie
des profits aux sociétés qui ont investi dans les infrastructures et dans la gestion des puits, des
oléoducs et des raffineries. C’est pour cette raison que la nouvelle loi irakienne serait la
première de ce type jamais adoptée par un grand pays producteur de pétrole de la région. Sans
compter que, en cas de controverses entre l’Etat irakien et les sociétés pétrolières, la
souveraineté irakienne n’aura aucune valeur et les parties devront avoir recours à un arbitrage
international. En outre les sociétés pétrolières pourront exporter librement leurs profits sans
aucune condition et elles ne seront ainsi soumises à aucune taxe. Alors que de 1972 à
aujourd’hui l’Irak contrôlait le pétrole par des sociétés publiques où il n’y avait aucun espace
pour les compagnies étrangères, de même que la plupart des pays adhérant à l’OPEP, la
situation actuelle peut paraître surprenante.

La constitution provisoire de l’Irak, écrite par les experts américains, ouvre la voie à la
division du pays en trois « patries ethniques » une kurde, l’autre sunnite et la troisième chiite,
qui gèreront d’une façon autonome l’exploitation des nouveaux puits pétroliers en ne laissant
au gouvernement central qu’un pourcentage des revenus dérivant des gisements déjà en cours
d’exploitation. Un tel système pourrait entraîner un conflit permanent entre les trois entités,
dont chacune peut être facilement l’objet de chantage de la part des multinationales. D’autre
part, cela pourrait représenter la fin d’un rôle prééminent du gouvernement central et donc de
n’importe quelle forme de « welfare » et d’intervention de l’Etat dans l’économie.

Comme nous l’avons évoqué précédemment, tout litige entre l’État irakien et une compagnie
étrangère doit être arbitré par une cour internationale et non pas irakienne. De fait, si le
gouvernement irakien demande un jour des comptes sur les cargaisons fantômes qui n’ont pas
cessé de quitter les terminaux de Bassorah depuis la période d’embargo de l’ONU, la
« communauté internationale » se réserve le droit d’être juge. Certains individus dénoncent le
fait qu’elle profiterait de ces cargaisons, sans quoi elle aurait déjà imposé un système de
mesure. Finalement, sur les 80 gisements découverts en Irak, seuls 17 resteraient sous
contrôle majoritaire de l’État central irakien avec le passage de cette loi.



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                        Gisements et exploitations de pétrole en Irak :




4) Les réactions face à un tel projet :

Tout d’abord, les parlementaires irakiens n’auraient pris connaissance du projet de loi qu’en
janvier 2007, au moment de son adoption par l’administration de M.Maliki. Une telle
proposition rencontre une ferme opposition de la part des parlementaires et des syndicats.
Certains affirment que cette loi serait rédigée par un cabinet de consultants spécialisé dans le
démantèlement des services publics, et appuyée par une campagne de lobbying des
compagnies étrangères auprès d’un gouvernement fantoche. D’autre part, le gouvernement
central a déclaré ces contrats illégaux et a menacé de boycotter les compagnies concernées,
sans beaucoup d’effet jusqu’à présent. Les conventions internationales sont formelles : des
troupes d’occupation ne peuvent confisquer à leur profit les richesses d’un pays en général et


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                                              - -
le pétrole en particulier. Les irakiens ont voulu dénoncer le comportement de la Coalition
anglo-saxonne et donc montrer leur mécontentement.

C’est dans ce contexte qu’une grève des ouvriers du secteur pétrolier irakien, lancée le 4 juin
2007, a paralysé la principale zone productrice au Sud du pays et a interrompu les
exportations légales de pétrole durant plusieurs jours. Celles-ci atteignent officiellement
jusqu’ici 2 millions de barils par jour ; une catastrophe pour les compagnies étrangères en
comparaison des 3,5 millions de barils quotidiens avant le conflit de mai 2003.

Parmi ses revendications, outre l’annulation de mesures ayant sérieusement dégradé les
conditions de travail et augmenté le taux de chômage dans le secteur, la Fédération irakienne
des travailleurs du pétrole (IFOU), qui représente 26 000 individus, demande à être consultée
à propos du très controversé projet de loi sur les hydrocarbures. Elle demande également que
soit annulée l’augmentation générale du prix des carburants à l’intérieur du pays, qui aggrave
une situation économique déjà pénible pour la population. Les responsables syndicaux
affirment agir au nom du peuple irakien et dénoncent en particulier, dans le projet de loi, la
privatisation des revenus pétroliers de leur pays dans des « conditions scandaleusement
profitables » pour les compagnies étrangères.

                   Grève des travailleurs du pétrole à Basra, le 4 Juin 2007




Le passage de cette loi par l’Assemblée nationale irakienne à du faire face à plusieurs
obstacles. Les résistances des syndicats évoquées ci-dessus viennent s’ajouter la réticence de
la minorité kurde du Nord, deuxième région productrice du pays après le Sud majoritairement
chiite, qui entend gérer ses ressources pétrolières de manière autonome. Ainsi, les autorités
kurdes ont déjà attribué plusieurs contrats de partage de production et même déclaré la mise
en place de leur propre ministère du Pétrole, sous le regard bienveillant des puissances
occupantes, qui affirment pourtant souhaiter l’unité du pays et le partage de la rente pétrolière.
S’étant vus promettre une rapide émancipation en échange de leur collaboration avec
l’occupant, les Kurdes réalisent un peu tard qu’au lieu de devoir partager la rente pétrolière
avec leurs compatriotes sunnites et chiites, ils vont devoir en céder une bonne partie aux
majors occidentales, ce qui n’est pas forcément pour leur plaire.

Le mois dernier, l’amiral Fallon, puis John Negroponte, numéro deux du département d’État,
se sont rendus à Bagdad pour faire pression sur le gouvernement Maliki afin qu’il accélère
l’application de la loi sur les hydrocarbures. Cette loi a donc été acceptée fin 2007 et devrait


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être mise en application au mois de mai 2008. George W. Bush n’a pas plus l’intention
d’exposer encore ses troupes que de les retirer du pays. Simplement, il souhaite imposer une
privatisation de ses revenus pétroliers à un État irakien en situation de faiblesse puis replier
ses troupes dans des bases permanentes selon un « modèle coréen » souvent évoqué par le
gouvernement américain. Mais avant, les parlementaires irakiens doivent décider du sort de
leur économie nationale pour les 40 prochaines années. Beaucoup dénoncent la pression des
120 000 GI empêchant l’Irak de choisir sa propre destinée. Il est parfois dit que la stratégie
américaine consiste à assurer, pour 40 ans au moins et donc bien au-delà du pic pétrolier, le
monopole des majors occidentales sur le pétrole irakien et mitiger ainsi le déplacement du
pouvoir pétrolier vers les pays du Moyen-Orient.


   Massoud Barzani, leader du PDK et Président du gouvernement régional du Kurdistan
                          irakien, avec G. Bush (octobre 2005)




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                        III) L’OPEP face à la crise irakienne

    Avec 10% des réserves mondiales de pétrole, un sous sol
inexploité que certain spécialistes n’ont pas peur de comparé à
celui de l’Arabie saoudite et une position stratégique
géographiquement dans l’acheminement du pétrole vers les pays
importateurs (proximité du Détroit d’Ormuz, Golf Persique),
l’Irak a son destin sous ses pieds. Depuis la seconde guerre du
golf et la chute de Saddam Hussein c’est une page sombre qui se
tourne et un avenir incertain qui se profile pour ce pays stratégique. Nombreux sont les
acteurs qui voudraient prendre une part du gâteau Irakien, et c’est peu être là une première
explication de l’enlisement actuel de la situation.

   L’OPEP fait partit de ses acteurs et la place de l’Irak en son sein fait bien des émules.
Autrefois, sous le régime de Saddam Hussein, l’Irak était un membre très influent de l’OPEP,
au même titre que l’Arabie Saoudite aujourd’hui. Après la première guerre du golf un
embargo a été mis en place par les américains et certains de leurs alliés, ce qui a relayé l’Irak
au second plan de l’OPEP. De part sa production réduite de 2 à 2,5 millions de barils par jour
en 2002 contre 4 millions avant la guerre mais également à cause des nombreuses pressions
internationales visant à l’affaiblir.

    La seconde guerre mondiale et la chute de Saddam Hussein sont donc un tournant pour
l’Irak comme pour l’OPEP. Même si l’OPEP n’a pas exercé de contrôle réel sur ces
événements, notamment à cause des liens qui existent entre les USA et l’Arabie Saoudite qui
a mis son veto à toute action répressive de l’OPEP (une hausse des prix du pétrole avait été
envisagée par plusieurs membres), elle a toutefois surveillé la situation de façon à se
positionner le plus rapidement possible à la sortie de la crise. C’est pour cette raison qu’après
la chute de Saddam Hussein, la place de l’Irak au sein de l’OPEP a vite fait débat. L’Irak étant
présente nominalement mais n’intervenant plus dans aucune décision et n’étant pas soumise
au système de quotas de production.

   L’OPEP doit alors gérer deux problèmes majeurs, une hausse du prix du baril due à la crise
irakienne mais aussi le nouveau statut de l’Irak en son sein. En effet, les nouveaux
responsables irakiens souhaiteraient revenir à une production de pétrole de 5 à 6 millions de
barils journaliers, en tenant compte de la hausse de consommation au niveau mondial mais
aussi de leur production passée. Le problème étant que l’arrivée de 5 à 6 millions de barils sur
le marché et donc dans les quotas de l’OPEP, obligerait les autres membres à réduire leur
propre production. Quand on sait que les pays membres de l’OPEP n’ont pas réussi à
développer une économie diversifiée et que par conséquence, ils sont extrêmement dépendant
des revenus du pétrole, cela explique leur réticence face à toute baisse de leur propre
production et donc leurs revenus. Sans compter que s’ils ne baissent pas leur production, le
problème restera le même. A savoir hausse de la production globale suivie d’une baisse des
prix donc de leurs revenus.

   Tout ceci a donc créé des tensions entre les membres de l’OPEP, sans compter que la crise
ne permet pas de savoir quelle sera l’impacte d’une hausse de production du pétrole, puisse
que l’instabilité dans la région provoque une crainte pour les approvisionnements et donc une
hausse des prix, fictive, du prix du baril.



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   Les membres de l’OPEP agissent donc tels des rentiers protégeant leur capital. Pas de
changements importants et précipités ce qui a tendance à paralyser la situation.

   Les complications ne s’arrêtent pas là pour l’OPEP. Au-delà des pressions internes, la
communauté internationale a elle aussi son mot à dire. Au lendemain de la chute de Saddam
Hussein, l’AIE, Agence Internationale de l’Energie, organisme se composant de pays
importateurs de pétrole créé en 1974 suite à la crise pétrolière de 1973, fait pression sur
l’OPEP pour qu’elle augmente au plus tôt la production et l’offre en pétrole brut sur le
marché. Le but étant de freiner la hausse importante du prix du baril de l’époque. Nous
sommes alors en 2003, la seconde guerre du golf est qualifiée de guerre éclair, et une
résolution de la crise rapide est envisagée.

   Cependant, l’OPEP semble subir la situation plus que la contrôler. En effet le pouvoir de
l’OPEP n’est plus aussi important que par le passé. En 1973 pendant la guerre du Kippour,
l’embargo imposé par l’OPEP sur les pays soutenant Israël avait eu pour incidence de
quadruplé le prix du pétrole en 5 mois. Mais la puissance passée de l’OPEP n’est plus. Les
pays sont moins dépendants et avec l’émergence des NOPEP ( pays exportateurs non
membres de l’OPEP) tels que la Russie, le Mexique ou encore l’Angola, l’OPEP ne contrôle
plus le marché du pétrole.




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                                            - -
 A cette accumulation de facteurs on peut également ajouter le rôle du dollar dans la non
résolution de la crise. En effet le pétrole est acheté avec cette devise et depuis quelques années
le dollar perd de sa valeur comparée aux autres devises telle que l’Euro (1,1 $ pour 1 euro en
2003 contre 1.6 $ pour 1 euro en avril 2008). Les conséquences étant une baisse des revenus
pour les pays exportateurs.

Le problème n’est pas méconnu, l’Irak et le Venezuela ont entamé un processus visant à
changer la devise à l’achat. L’Irak suite à la guerre a du stopper ce changement. Un
changement qui serait très gênant pour les américains qui peuvent à l’heure actuelle compter
sur un dollar faible pour atténuer la hausse des cours du baril (25$ en 2003 contre 115$ en
avril 2008).




   Toutes ces complications font oublier le problème initial qu’était le ‘retour’ de l’Irak dans
l’OPEP. Sans compter que la crise irakienne n’est toujours pas réglé en 2008 et que l’Irak
compte tenu des sabotages et des attentats n’est toujours pas capable de revenir à un niveau de
production plus en rapport avec la richesse de son sol.

   L’OPEP profite néanmoins de ce statut quo pour geler ses quotas de production pétrolière,
s’appuyant sur ce qui faisait sa faiblesse, à savoir un dollar faible et la présence de NOPEP
avec qui elle doit passer des accords avant de prendre des décisions influençant les cours du
baril. La situation reste donc la même, la communauté internationale souhaiterait une hausse
de l’offre pour faire baisser le prix du baril, et les pays exportateurs semblent eux s’accorder,
pour le moment, sur un maintient des quantités actuelles.



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                                        Conclusion


    Depuis la chute de Saddam Hussein, l’Irak est devenu le centre de tous les intérêts en
raison de son abondance en pétrole et de sa faiblesse actuelle. L’OPEP affaiblit n’a pas eu les
moyens de stabiliser la situation, si tant est que cela était possible.

Aujourd’hui, l’Irak est toujours plongé dans un chaos à la fois politique social et économique.
Mais on ne peut pas imputer à la situation du pays la crise actuelle du marché du pétrole.
Une crise pourtant bien réelle que personne ne semble pouvoir enrayer. Certains parlent
même déjà du fameux ‘pick oil’ c'est-à-dire un pétrole si cher qu’il ne devient plus rentable.
D’autres encore voient venir la déplétion du pétrole, un épuisement des ressources qui
obligera le monde à trouver un substitut au pétrole. Quoi qu’il en soit, la situation semble
paralysée et les grands acteurs comme l’OPEP restent bien passif depuis 2003 et la chute de
Saddam Hussein.




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                                       Annexes


I – L’OPEP : son rôle et ses fondements :




                          Siège de l’OPEP à Vienne en Autriche



II – Le pétrole irakien depuis la chute de Saddam Hussein :




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                                       Bibliographie :

I – L’OPEP : son rôle et ses fondements :

http://www.un.org
http://www.geostrategie.ens.fr
http://r0.unctad.org
http://fr.wikipedia.org/
http://lettres-histoire.ac-rouen.fr
perswww.lessius.eu/deschoesitter/énergie.pdf



II - Le pétrole irakien depuis la chute de Saddam Hussein :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accueil
http://www.wikio.fr/international/moyen-orient/irak/petrole_irakien
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/petrole/fluctuation-cours-petrole.shtml
http://www.lemoci.com/articles/20080319203528.Irak-cinq-ans-apres-l-argent-du-petrole-
coule-a-flot.html
http://www.politis.fr/article465.html
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=40822
http://www.voltairenet.org/article149203.html


Le sang du pétrole : Guerres d’Irak 1990-2003 : Pierre-Marie Gallois

Cet essai de géopolitique, remis à jour à l'occasion des récents événements du Golfe, présente
la plus importante documentation publiée sur les guerres menées en Irak en 1990-1991 et en
2003. Le général Gallois, en connaisseur des questions stratégiques, diplomatiques et
historiques liées à cette région, livre ici plus qu'une grande étude militaire. Le sang du pétrole
est aussi un témoignage personnel et une mise en question profonde de la politique des
puissances en cette fin de siècle.


III – L’OPEP face à la crise irakienne :

http://www.vie-publique.fr/actualite/dossier/prix-petrole/envolee-cours-du-petrole-
conjoncturelle-ou-structurelle.html
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/petrole/index.shtml
http://www.monde-diplomatique.fr/2004/07/SARKIS/11335
http://blog.mondediplo.net/2008-03-16-Guerre-d-Irak-cinq-ans-deja


Visions antagonistes de l’après-Saddam Hussein : Isam Al Khafaji

Article, Chronique paru dans ’’le Monde diplomatique’’ ou l’auteur expose ses visions d’un
Irak après Saddam Hussein ainsi que les points de vue et actions divergentes des différents
acteurs au sein et autour du conflit.


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L’économie mondiale : A.Gauthier

Livre traitant des années 1880 aux années 2000 contenant un chapitre parlant en détail de la
première guerre du golf et de la situation irakienne avant pendant et après ce conflit.

L’espace Mondiale fracture ou interdépendance : P. Dallenne et A. Nonjon

Livre de classe préparatoire contenant un chapitre sur les enjeux du développement au
Maghreb et au Machrek avec notamment une partie assez vaste consacré à la manne pétrolière
et au rôle de l’OPEP depuis sa création à nos jours.




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